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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 07 Feb 2025 08:40:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Chronique d’un budget funèbre – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Prologue : L’hémicycle en ébullition</p><p>L’Assemblée Nationale, ce miroir brisé de la République, a offert hier un spectacle digne des tragédies antiques. Sous les ors fatigués du Palais Bourbon, les présidents de groupes politiques ou leurs émissaires ont défilé à la tribune, portant tour à tour les masques de la vertu, de la compromission ou de l’aveuglement volontaire. Deux motions de censure, déposées par La France Insoumise (LFI) contre le budget 2025, servaient de prétexte à cette mascarade. Mais derrière les joutes verbales, une vérité plus sombre se dessine : l’usage répété du 49.3 par François Bayrou, tel un metteur en scène épuisé, révèle moins la force d’un gouvernement que la déliquescence d’un système, le tout dans un hémicycle quasi vide, les députés devaient tous avoir piscine. </p><p>Acte I : Les incantations de la révolte </p><p>Les Insoumis, arque boutés dans leur rôle de tribuns, ont brandi l’étendard de l’austérité. « Le budget le plus sévère depuis vingt-cinq ans ! », clament-ils, accusant Emmanuel Macron et Bayrou de précipiter la France dans les ténèbres. Leur rhétorique, martelée avec la régularité d’un tocsin, se nourrit d’une colère légitime — celle d’un peuple étranglé par l’impôt — mais se perd dans les sables mouvants de l’opportunisme. Car leur véritable projet, moins économique que messianique, se résume à une litanie : « Macron doit partir », Mélenchon le sauveur doit le remplacer ! Las ! Leurs propositions, aussi creuses que bruyantes, évoquent moins un programme qu’un exorcisme. Leur vision sécuritaire, teintée d’angélisme autoritaire, promet non la concorde mais la fracture, allumant les braises d’une guerre civile dont ils feignent d’ignorer le souffle. Quant à leurs propositions de budget, c’est open bar pour tout le monde, une catastrophe.</p><p>Acte II : Les chuchotements des pragmatiques </p><p>Viennent ensuite les Socialistes, fantômes d’un passé, souvent peu glorieux, qui psalmodient leur refus de la censure « pour la stabilité ». Leur discours, enveloppé dans le linceul du réalisme, dissimule mal les tractations souterraines. Bayrou, ce Janus moderne, a su leur offrir — dans l’ombre des couloirs — les miettes nécessaires à sa survie. Le « Hell’s Kitchen » de la politique française, comme l’appelle avec délice l’auteur de ces lignes, mijote ici ses ragoûts les plus fades : des promesses échangées contre des silences, des postes contre des votes. Le Parti Socialiste, jadis porteur d’espérances pour certains dont je ne me reconnais pas, n’est plus qu’un notaire de l’immobilisme. </p><p>Les Républicains (LR), quant à eux, jouent la partition de la « responsabilité ». Le budget est mauvais ? Sans doute. Suicidaire ? Assurément. Mais voter la censure reviendrait à « jeter l’ancre en pleine tempête », argumentent-ils, préférant le naufrage programmé au chaos immédiat. Derrière cette posture se cache une guerre dynastique : Retailleau contre Wauquiez, deux prétendants au trône de 2027, qui calculent chaque geste à l’aune de leurs ambitions. La France, dans ce jeu d’échecs, n’est qu’un pion. </p><p>Acte III : Le Prophète et les Aveugles </p><p>Parmi ces voix discordantes, une seule résonne avec la clarté du cristal : celle de Charles de Courson. Le député centriste, tel Cassandre, dénonce sans relâche les dangers du budget — augmentation des dépenses publiques de 40 milliards, croissance fantôme à 0,9 %, dette abyssale. Ses mots, précis et tranchants, font écho aux analyses de Marc Touati, cet économiste persécuté pour avoir déchiré le voile des chiffres officiels. Ensemble, ils révèlent l’imposture : sous couvert d’austérité, l’État s’engouffre dans un délire dépensier, finançant chaque euro d’économie par neuf euros de dette. Le vrai visage de ce budget ? Un suicide à crédit, où les classes moyennes paieront l’addition tandis que les plus riches fuiront vers des cieux fiscaux plus cléments, tout comme nos plus grosses entreprises, dont on ne saurait que trop leur conseiller d’agir de la sorte. Quant aux petites, celles qui ne peuvent se le permettre, souvent pour des raisons légitimes, s’appliquera alors cette bonne vieille maxime romaine : « Vae victis », malheur aux vaincus !  </p><p>Acte IV : Le silence des complices </p><p>Et les autres ? Les Verts, « plus catholiques que le pape », brandissent l’étendard du Pacte Vert Européen, autre mirage coûteux, financé par la commission européennes des lobbies opaques, en charge de faire voter au parlement européen ce fameux pacte, qui aujourd’hui encore ne cesse de précipiter la France dans un abîme économique dont elle ne eut que perdre le combat face à des américains menés tambour battant par un président qui, lui, ne travaille que pour son pays, abstraction faite des dégâts que cela causera aux autres, là encore malheur aux vaincus. Le Rassemblement National, lui, grogne en chœur contre le budget mais se garde bien d’agir, préférant cultiver son statut d’opposant perpétuel responsable en vue de 2027. Quant à la majorité présidentielle, elle navigue en eaux troubles, entre psychopathie avérée d’un chef d’État, se rêvant un jour en Napoléon, l’autre en Jupiter, et, bassesses d’un Premier Ministre prêt à toutes les capitulations pour satisfaire son égo de rester le plus longtemps possible sur son trône, l’aboutissement de sa carrière dont la gestion de sa ville est à l’image de ce qu’il réserve à la France. </p><p>Épilogue : La comédie des masques</p><p>Alors, pourquoi ce refus général de censurer un budget mortifère ? La réponse se niche dans l’ADN même de cette classe politique, devenue une caste. Les députés ne travaillent plus pour le peuple, mais pour leur carrière, leurs prébendes, leur survie dans l’arène médiatique. La « stabilité » invoquée n’est qu’un leurre : elle sert à masquer la peur panique de perdre des privilèges, des postes, des réseaux. </p><p>L’exemple du gouvernement Barnier, censuré pour un budget similaire, en dit long sur l’hypocrisie du système. Hier comme aujourd’hui, les mêmes erreurs sont commises, mais les coupables changent de costume. Bayrou, stratège machiavélique, a compris que l’Assemblée dissoute en 2024 était une coquille vide, manipulable à souhait. Macron, en psychopathe froid, joue avec les institutions comme un enfant avec des allumettes. </p><p>Le Naufrage et les « Moujons » </p><p>La France sombre, lentement, irrémédiablement. Ses dirigeants, arc-boutés sur leurs certitudes, préfèrent les mensonges rassurants aux vérités douloureuses. Le peuple, transformé en « moujons » — moutons-pigeons —, regarde, impuissant, le navire prendre l’eau, pendant que le couple 14-39 continue de jouer sa partition sur le pont. Ce n’est pourtant pas le France qui coula, mais bien le Titanic, à moins que dans la réalité parallèle qui semble habiter cette caste, cela ne soit le France, qui sait ?</p><p>Mais dans les profondeurs de cette crise, une lueur persiste : celle de l’éveil citoyen. Car si les politiques ont renoncé à leur rôle, il revient aux Français d’exiger des comptes, de refuser la fatalité. Peut-être alors, dans la tourmente, renaîtra-t-il une démocratie digne de ce nom — une démocratie où les responsables assumeront leurs actes, où les budgets ne seront plus des actes de foi aveugle, mais des projets de vie. </p><p>En attendant, le rideau tombe sur un acte de plus de cette tragi-comédie. Et la question demeure : quand le public, enfin, sifflera la fin de la représentation ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1012/florian-philippot-dislocation-de-leurope-qui-partira-le-premier</guid>
	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 14:08:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1012/florian-philippot-dislocation-de-leurope-qui-partira-le-premier</link>
	<title><![CDATA[Florian Philippot : Dislocation de l&#039;Europe : qui partira le premier ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><img src="https://media.marianne.net/assets/asmwDOyZo8CJn9AlA.jpg?w=1540&h=924&r=fill" alt="Thinkerview" width="50%" height="50%"><br />Thinkerview a pour objectifs</p>

<p>– Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.– Écouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.– Appréhender toute la complexité des enjeux actuels...</p>

<p><iframe width="420" height="345" src="https://www.youtube.com/embed/32OJhh95FZU"><br /></iframe></p>

<p><a href="https://x.com/f_philippot?t=4HL9pjkxhn-4MuqpNp5kfw&s=09"><br />Florian Philippot</a>, Président du parti politique souverainiste <a href="https://les-patriotes.fr/">Les<br />Patriotes</a>.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1007/%C2%AB-la-france-a-scolarise-10-des-enfants-algeriens-en-130-ans-%C2%BB-sindigne-jean-michel-aphatie</guid>
	<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 09:46:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1007/%C2%AB-la-france-a-scolarise-10-des-enfants-algeriens-en-130-ans-%C2%BB-sindigne-jean-michel-aphatie</link>
	<title><![CDATA[« La France a scolarisé 10% des enfants algériens en 130 ans », s&#039;indigne Jean-Michel Aphatie.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par<br /><a href="https://x.com/FerghaneA?t=0jTDsM8d0bwTXwFdWSEBGw&amp;s=09"><br /> Fergane Azihari<br /></a></p>

<p>La faiblesse de l'oeuvre scolaire dans les colonies est en effet un lieu commun de la littérature anti-coloniale. Bilan d'autant plus accablant que la colonisation, ses atrocités incontestables, ses crimes, ses discriminations, ses spoliations étaient motivés par la nécessité de « civiliser les races inférieures », pour reprendre l'expression alors en vogue. </p>

<p>Or, si même sur l'école, les puissances européennes n'ont pas rempli leurs objectifs, c'est bien que « la mission civilisatrice » n'était que le faux-nez du despotisme menteur, n'est-ce pas ?</p>

<p>Mais comme la plupart des discours tiers-mondistes, ce lieu commun pèche par une lecture très paternaliste et partiale de l'histoire, avec de nombreux mensonges par omission.</p>

<p>Paternaliste, car s'il incrimine exclusivement une France, qui aurait sans doute pu mieux faire dans ce domaine comme ailleurs, il se garde bien d'interroger l'attitude des indigènes à l'égard des savoirs apportés par le colonisateur.</p>

<p>Ici, en effet, et comme toujours, l'indigène est relégué au rang de vulgaire spectateur à la remorque de l'histoire qui n'aurait pas la moindre emprise sur son destin, ce qui reproduit précisément un certain nombre de clichés coloniaux.</p>

<p>Ainsi, sur l'oeuvre scolaire dans les colonies, un journaliste objectif officiant dans pendant une heure de grande écoute aurait pu rappeler que les indigènes musulmans étaient particulièrement réfractaires au fait d'envoyer leurs enfants à l'école du mécréant. </p>

<p>En Algérie, « les chefs arabes se font toujours prier pour envoyer leurs enfants, notait le recteur Delacroix au début de 1860, et il en est sur lesquels les généraux sont obligés d’exercer une certaine pression pour leur faire accepter la concession d’une bourse ». </p>

<p>À l'inverse, le baron Jean-Jacques Baude note ceci à propos des juifs d'Algérie : « Leurs enfants fréquentent nos écoles, parlent notre langue, prennent notre costume : sans perdre leur esprit de caste, ils deviennent clercs d’avoués, notaires, employés d’administrations ; ils sont déjà initiés à notre législation »</p>

<p>A la fin des années 1850, le nombre d’élèves juifs scolarisés à Alger seulement est de 1700 ; 80 d’entre eux étudient dans le lycée de la ville, en 1854, alors que le nombre d’élèves musulmans n’y dépasse pas 12.</p>

<p>De fait, « Les « écoles Jules-Ferry », censées civiliser les indigènes en les sécularisant, étaient celles du colonisateur et c’est à ces deux titres (programmes d’enseignement laïcisés et rapport colonial) qu’elles seront boudées par les musulmans », rappelle l'historien Pierre-Jean Luizard.</p>

<p>Ainsi, en 1955 , 60 à 90 % des enfants juifs de Tunisie et du Maroc sont scolarisés (100 % en Algérie), contre 14 % à peine des enfants musulmans, qui demeurent sous le joug de ces lieux d'abrutissement qu'on appelle les écoles coraniques. </p>

<p>Dans son roman autobiographique, l'écrivaine marocaine Leïla Houari se remémore ceci : « Le premier jour de classe, manque de chance, je rencontre mon père, il devint rouge de colère, me prit par les oreilles et me ramena à la maison en criant que, lui vivant, aucun de ses enfants, encore moins une fille, n’irait étudier chez ces koufars (incroyants) de Français, cela suffisait qu’ils nous prennent notre pays, voilà qu’ils se mettaient aussi à détourner les jeunes de la religion par leur savoir ». </p>

<p>Il est remarquable de constater que l'on retrouve ce schéma dans tous les pays musulmans où pénètre l'influence occidentale.</p>

<p>Au Levant et en Egypte, les écoles administrées par les missions chrétiennes - qui joueront un rôle considérable dans l’émergence d’une bourgeoisie locale et occidentalisée - peinent à attirer des musulmans. Ces derniers demeurent sous-représentés dans les établissements européens. </p>

<p>En 1914, dans les provinces ottomanes de grande syrie, les missions catholiques françaises, ouvertes à toutes les confessions, scolarisent près de 50 000 élèves, mais ne comptent que 8,7% de musulmans sur un territoire où ils forment plus de 80% de la population. En Egypte, les Syro-Libanais, catholiques, juifs et étrangers dominent, suivis par les coptes et les musulmans.</p>

<p>Même configuration dans l'Inde britannique. </p>

<p>En Inde, « alors que les musulmans boudaient les écoles créées par les Anglais, les hindous avaient rapidement compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer d’une éducation de type occidental (...). D’après les divers rapports officiels anglais de la fin du XIXe siècle, la fréquentation musulmane des écoles anglaises était négligeable (...) Un journal bengalî, note que, de 1858 à 1875, seuls cinquante-sept musulmans avaient obtenu le B.A. (diplôme anglais de « Bachelor of Arts » équivalant à notre baccalauréat), contre trois mille cent cinquante-cinq hindous (...) Malgré les efforts faits par les Anglais pour remédier à cet état de choses, tout d’abord par Lord Mayo en 1871, puis deux ans plus tard par Lord Northbrook, enfin par la commission pour l’Éducation créée en 1882 et 1884, qui tendait à encourager les musulmans à s’éduquer en créant pour eux des bourses spéciales et en favorisant les associations pour le développement de l’éducation parmi les musulmans, ceux-ci firent peu de progrès. (...) Si une partie des classes aisées commença timidement à envoyer ses enfants dans les écoles publiques et les collèges, la majorité des musulmans des classes moyennes et pauvres demeurait attachée à l’enseignement coranique traditionnel », note l'indianiste Louis Frédéric.</p>

<p>Toujours en Inde, dans les années 1930, si les femmes musulmanes fréquentaient relativement assidûment les classes primaires, elles se trouvaient pratiquement absentes des universités. Dans la même année 1935, on ne comptait que trois cents jeunes filles musulmanes dans les institutions de haut niveau, contre cinq mille cinq cents hindoues.</p>

<p>Passons sur le rôle des merdesas, des écoles coraniques, confrériques, des zaouïas qui maillaient les pays musulmans...Alors que les structures ecclésiastiques européennes ont joué un rôle clef dans l'appropriation et la traduction du savoir gréco-arabe au moyen-âge, on ne trouve aucune initiative d'ampleur similaire dans les centres d'enseignement musulmans : « La curiosité a été atténuée, émoussée par la volonté de fidélité à l’Islam (...) qui a primé en quelque sorte sur la recherche de l’altérité », note l'historien Gérard Leclerc.</p>

<p>Du Maroc à l'Inde, en passant par le Levant, pourquoi certaines communautés se sont montrées plus réfractaires que d'autres à s'approprier les philosophies et les savoirs occidentaux, avec les conséquences que l'on sait sur l'état actuel du monde musulman  ? </p>

<p>Voilà la question que Monsieur Aphatie ne posera jamais sur Quotidien, tant ce dernier ne cherche pas à informer son public, pas plus qu'il ne s'intéresse aux dynamiques endogènes à l'oeuvre dans les cultures musulmanes. </p>

<p>Il ne s'agit que de perpétuer le sanglot de l'homme blanc et de se regarder le nombril au terme de de ce que Finkielkraut a très justement appelé le « narcissisme pénitentiel ».</p>

<p>Sources : <br />- Charles-Robert Ageron, Les Algériens musulmans et la France<br />- La France en terre d'islam, Pierre Vermeren<br />- L'inde de l'islam, Louis Frédéric<br />- La mondialisation culturelle, Gérard Leclerc<br />- Le choc colonial et l'islam, Pierre-Jean Luizard<br />- Les consistoires israélites d'Algérie au XIXe siècle, Valérie Hassan<br />- Histoire des Arabes, Eugen Rogan<br />- Leïla Houari, Zeida de nulle part<br />- Georges Bensoussan, L'Alliance israélite universelle (1860-2020) : Juifs d Orient Lumières d Occident</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/994/a-propos-anne-sophie-nogaret</guid>
	<pubDate>Sun, 12 Jan 2025 18:10:46 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/994/a-propos-anne-sophie-nogaret</link>
	<title><![CDATA[À propos - Anne-Sophie Nogaret]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Cette newsletter a pour objet l&rsquo;islamisme roudoudou, aka les fr&eacute;ristes, qui &agrave; l&rsquo;instar de leurs coll&egrave;gues barbus et djihadistes, mais par des moyens diff&eacute;rents, visent l&rsquo;instauration d&rsquo;un califat mondial. Le roudoudou de l&#39;islamisme &eacute;ponyme ne d&eacute;signe donc pas son essence, mais les diverses apparences qu&rsquo;il rev&ecirc;t au gr&eacute; des circonstances. Car l&rsquo;islamiste roudoudou, c&rsquo;est le roi du marketing, le gars qui sait prendre la vague en adaptant le produit &agrave; la demande du moment.&nbsp;Guid&eacute; par des programmes &eacute;manant d&rsquo;excellents strat&egrave;ges, Al-Qaradawi notamment, il impose subrepticement en Occident les codes, interdits, verrous sociaux, intellectuels, moraux et politiques de l&rsquo;islam, puissamment aid&eacute; en cela par la kyrielle d&rsquo;organisations &eacute;manant de l&rsquo;Open society, par l&rsquo;Union europ&eacute;enne, par l&rsquo;extr&ecirc;me centre, toutes instances d&eacute;di&eacute;es &agrave; la Sainte Trinit&eacute; Diversit&eacute;-&Eacute;galit&eacute; (r&eacute;elle)-Inclusion.</p><p>Pourquoi j&rsquo;&eacute;cris<br />
Face &agrave; cet activisme qui jamais ne se rel&acirc;che et qui attaque tous, absolument tous les secteurs de la soci&eacute;t&eacute;, qu&rsquo;y a-t-il en France ? Un rempart inefficace car mollement appliqu&eacute;, la loi de 1905. Quelques timides initiatives politiques aussit&ocirc;t r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es et d&eacute;tourn&eacute;es (islam de france, imams d&eacute;tach&eacute;s, loi s&eacute;paratisme etc). Et surtout, la peur. Celle de se faire d&eacute;capiter comme Samuel Paty, &eacute;gorger comme Dominique Bernard, de devoir vivre sous protection comme tous ceux qui parlent de l&rsquo;islam. Ce sentiment est justifi&eacute;. Le probl&egrave;me, c&rsquo;est qu&rsquo;il&nbsp; alimente une autre forme de peur, qui elle ne fait pas directement craindre pour sa vie, mais plut&ocirc;t pour son image. Silence, d&eacute;ni, acquiescement tacite &agrave; l&rsquo;infini floril&egrave;ge d&rsquo;inepties que produit &agrave; flux tendu le fr&eacute;risme : tout plut&ocirc;t que de risquer l&rsquo;accusation d&rsquo;islamophobie ou de racisme. Tout plut&ocirc;t que de contredire des gens qui ma&icirc;trisent l&rsquo;art de l&rsquo;intimidation et de la d&eacute;sorientation rh&eacute;torique. C&rsquo;est cette peur-l&agrave; qui fait le lit des assassins qui tuent au nom d&rsquo;Allah.&nbsp;</p><p>Ok d&rsquo;accord, mais plus pr&eacute;cis&eacute;ment ?<br />
Le fr&eacute;risme, on le sait notamment gr&acirc;ce &agrave; Mohamed Louizi, Tommaso Virgili, Paul Scott et Florence Bergeaud-Blackler, proc&egrave;de par entrisme, influence, intimidation morale, s&eacute;duction et menace indirecte (chantage au terrorisme). Comme tout totalitarisme, il est &eacute;galement ma&icirc;tre en rh&eacute;torique, distorsion et subversion du langage. Il agit en s&rsquo;appuyant sur un certain nombre de personnalit&eacute;s plus ou moins publiques, &ldquo;experts&rdquo;, chroniqueurs, &ldquo;islamologues&rdquo; invit&eacute;s de plateaux, pr&eacute;sidents d&rsquo;association, artistes, sportifs, hauts-fonctionnaires, comiques etc. Dans cette newsletter, je ferai leur portrait, montrant en quoi, malgr&eacute; les apparences, ils participent de l&rsquo;entreprise d&#39;islamisation de la soci&eacute;t&eacute;, me fondant pour cela sur leurs discours publics, accessibles &agrave; tout un chacun, et sur leurs accointances, publiques elles aussi, le net conservant moult traces de choses effac&eacute;es.&nbsp;<br />
Cette newsletter d&eacute;crypte aussi pour toi, lecteur, tous ces petits faits et &eacute;v&eacute;nements que l&rsquo;on trouve dans la presse, notamment locale : derri&egrave;re la vitrine de l&rsquo;asso trop sympa, derri&egrave;re le parcours de r&eacute;ussite de tel ou tel petit gars &ldquo;issu des quartiers populaires&rdquo;, derri&egrave;re telle initiative &ldquo;solidaire&rdquo;, il y a le fr&eacute;risme. Et je montrerai ce qui permet de l&rsquo;affirmer.</p><p>Ok d&rsquo;accord, mais c&rsquo;est pas un peu d&eacute;primant, tout &ccedil;a ?<br />
Je confirme. Mais rien n&rsquo;est pire que l&rsquo;illusion : mieux vaut conna&icirc;tre la r&eacute;alit&eacute;, m&ecirc;me sombre, car c&rsquo;est le fondement n&eacute;cessaire &agrave; toute action efficace. Ne plus acquiescer, ne plus laisser dire. Et surtout rire. Parce qu&#39;une fois abandonn&eacute;e la bienveillance de surface envers les islamistes roudoudou, on a du mal &agrave; rester s&eacute;rieux face &agrave; leur discours, qu&rsquo;il faut bien nommer pour ce qu&rsquo;il est : un &eacute;norme foutage de gueule. Si ceux qui les laissent d&eacute;vider leurs inepties sans broncher avaient un tant soit peu d&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle ou de courage, ils &eacute;clateraient de rire devant tant de mauvaise foi, de mensonges et d&rsquo;&eacute;normit&eacute;s prof&eacute;r&eacute;es. Franchement, sommes-nous aussi cons qu&rsquo;ils le pensent ?</p><p>S&rsquo;abonner<br />
Suivre ces gens &agrave; l&rsquo;inventivit&eacute; constamment renouvel&eacute;e et qui s&rsquo;adaptent &agrave; une vitesse remarquable au moindre fr&eacute;missement de l&rsquo;actualit&eacute; requiert beaucoup de temps et d&rsquo;&eacute;nergie. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;apr&egrave;s r&eacute;flexion, j&rsquo;ai opt&eacute; pour le syst&egrave;me suivant : ma newsletter sera accessible gratuitement pendant un mois, le temps pour toi, lecteur, de te faire une id&eacute;e. Ensuite, l&rsquo;ensemble de son contenu sera payant, mais une partie des articles restera en acc&egrave;s libre. Ma newsletter sera publi&eacute;e chaque dimanche matin.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 31 Dec 2024 19:39:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[François Bayrou annonce des «prêts exceptionnels sur 30 ans avec cinq années gratuites» pour éviter que Mayotte ne devienne «la capitale des bidonvilles»]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="description">«Les maisons détruites pourront être reconstruites grâce à des prêts garantis par l’État sur 30 ans avec les cinq premières années gratuites», a annoncé le premier ministre François Bayrou à l’issue de la présentation du plan «Mayotte debout» au Conseil départemental de l’archipel. Des «conditions exceptionnelles» réservées aux catastrophes naturelles, a-t-il précisé.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 29 Dec 2024 21:01:53 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/989/cjue-arret-de-la-cour-caisse-d%E2%80%99allocations-familiales-des-hauts-de-seine-contre-tx-19122024-c-66423</link>
	<title><![CDATA[CJUE, Arrêt de la Cour, Caisse d’allocations familiales des Hauts-de-Seine contre TX., 19/12/2024, C-664/23]]></title>
	<description><![CDATA[<p> ARRÊT DE LA COUR (cinquième chambre)</p><p>19 décembre 2024 ( *1 )</p><p>« Renvoi préjudiciel – Directive 2011/98/UE – Droits des travailleurs issus de pays tiers titulaires d’un permis unique – Article 12 – Droit à l’égalité de traitement – Sécurité sociale – Réglementation nationale relative à la détermination des droits aux prestations familiales – Réglementation excluant la prise en compte des enfants mineurs du titulaire du permis unique en l’absence de justification de leur entrée régulière sur le territoire national »</p><p>Dans l’affaire C‑664/23,</p><p>ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par la cour d’appel de Versailles (France), par décision du 9 novembre 2023, parvenue à la Cour le même jour, dans la procédure</p><p>Caisse d’allocations familiales des Hauts-de-Seine</p><p>contre</p><p>TX,</p><p>LA COUR (cinquième chambre),</p><p>composée de M. I. Jarukaitis (rapporteur), président de la quatrième chambre, faisant fonction de président de la cinquième chambre, MM. D. Gratsias et E. Regan, juges,</p><p>avocat général : M. P. Pikamäe,</p><p>greffier : M. A. Calot Escobar,</p><p>vu la procédure écrite,</p><p>considérant les observations présentées :</p><p>– pour TX, par Me S. Potiron, avocate,</p><p>– pour le gouvernement français, par M. R. Bénard et Mme O. Duprat-Mazaré, en qualité d’agents,</p><p>– pour la Commission européenne, par Mmes F. Blanc-Simonetti et J. Hottiaux, en qualité d’agents,</p><p>vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,</p><p>rend le présent</p><p>Arrêt</p><p>1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive 2011/98/UE du Parlement européen et du Conseil, du 13 décembre 2011, établissant une procédure de demande unique en vue de la délivrance d’un permis unique autorisant les ressortissants de pays tiers à résider et à travailler sur le territoire d’un État membre et établissant un socle commun de droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui résident légalement dans un État<br />membre (JO 2011, L 343, p. 1).</p><p>2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant TX, un ressortissant de pays tiers, titulaire d’un permis unique, à la caisse d’allocations familiales des Hauts-de-Seine (France) (ci-après la « CAF ») au sujet du rejet de sa demande tendant à la prise en compte de ses enfants mineurs nés à l’étranger pour la détermination de ses droits aux prestations familiales.</p><p>Le cadre juridique</p><p>Le droit de l’Union</p><p>La directive 2011/98</p><p>3 Les considérants 20, 21, 24 et 26 de la directive 2011/98 énoncent :</p><p>« (20) Tous les ressortissants de pays tiers qui résident et travaillent légalement dans un État membre devraient jouir au minimum d’un socle commun de droits, fondé sur l’égalité de traitement avec les ressortissants de l’État membre d’accueil, indépendamment de la finalité initiale ou du motif de leur admission sur son territoire. Le droit à l’égalité de traitement dans les domaines précisés par la présente directive devrait être garanti non seulement aux ressortissants de pays tiers qui ont été<br />admis dans un État membre à des fins d’emploi, mais aussi à ceux qui y ont été admis à d’autres fins, puis qui ont été autorisés à y travailler en vertu d’autres dispositions du droit de l’Union ou de droit national, y compris les membres de la famille du travailleur issu d’un pays tiers qui ont été admis dans l’État membre conformément à la directive 2003/86/CE du Conseil du 22 septembre 2003 relative au droit au regroupement familial [(JO 2003, L 251, p. 12)] [...]</p><p>(21) Le droit à l’égalité de traitement dans certains domaines devrait être strictement lié au séjour légal du ressortissant d’un pays tiers et à la condition d’avoir obtenu l’accès au marché du travail dans un État membre, lesquels font partie intégrante du permis unique autorisant le séjour et le travail et des titres de séjour délivrés à d’autres fins et contenant des informations relatives à l’autorisation de travailler.</p><p>[...]</p><p>(24) Les travailleurs issus de pays tiers devraient bénéficier d’une égalité de traitement en matière de sécurité sociale. Les branches de la sécurité sociale sont définies dans le règlement (CE) no 883/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 sur la coordination des systèmes de sécurité sociale [(JO 2004, L 166, p. 1)]. Les dispositions de la présente directive relatives à l’égalité de traitement en matière de sécurité sociale devraient également s’appliquer aux travailleurs<br />admis dans un État membre en provenance directe d’un pays tiers. Toutefois, la présente directive ne devrait pas accorder aux travailleurs issus de pays tiers plus de droits que ceux qu’accorde d’ores et déjà le droit de l’Union en vigueur dans le domaine de la sécurité sociale aux ressortissants de pays tiers dont la situation a un caractère transfrontalier. Par ailleurs, la présente directive ne devrait pas accorder de droits dans des situations n’entrant pas dans le champ d’application du<br />droit de l’Union, tels que dans le cas des membres de la famille résidant dans un pays tiers. La présente directive ne devrait accorder des droits qu’aux membres de la famille qui rejoignent les travailleurs issus d’un pays tiers pour résider dans un État membre au titre du regroupement familial ou aux membres de la famille qui séjournent déjà légalement dans cet État membre.</p><p>[...]</p><p>(26) Le droit de l’Union ne limite pas la compétence des États membres d’organiser leurs régimes de sécurité sociale. En l’absence d’harmonisation au niveau de l’Union [européenne], il appartient à chaque État membre de prévoir les conditions dans lesquelles les prestations de sécurité sociale sont accordées, ainsi que le montant de ces prestations et la période pendant laquelle elles sont octroyées. Toutefois, lorsqu’ils exercent cette compétence, les États membres devraient se conformer au droit<br />de l’Union. »</p><p>4 L’article 3 de la directive 2011/98, intitulé « Champ d’application », prévoit, à son paragraphe 1 :</p><p>« La présente directive s’applique aux :</p><p>[...]</p><p>b) ressortissants de pays tiers qui ont été admis dans un État membre à d’autres fins que le travail conformément au droit de l’Union ou au droit national, qui sont autorisés à travailler et qui sont titulaires d’un titre de séjour conformément au règlement (CE) no 1030/2002 [du Conseil, du 13 juin 2002, établissant un modèle uniforme de titre de séjour pour les ressortissants de pays tiers (JO 2002, L 157, p. 1)] ; et</p><p>c) ressortissants de pays tiers qui ont été admis dans un État membre aux fins d’y travailler conformément au droit de l’Union ou national. »</p><p>5 Aux termes de l’article 12 de cette directive, intitulé « Droit à l’égalité de traitement » :</p><p>« 1.   Les travailleurs issus de pays tiers visés à l’article 3, paragraphe 1, points b) et c), bénéficient de l’égalité de traitement avec les ressortissants de l’État membre où ils résident en ce qui concerne :</p><p>[...]</p><p>e) les branches de la sécurité sociale, telles que définies dans le règlement [no 883/2004] ;</p><p>[...]</p><p>2.   Les États membres peuvent prévoir des limites à l’égalité de traitement :</p><p>[...]</p><p>b) en limitant les droits conférés au titre du paragraphe 1, point e), aux travailleurs issus de pays tiers mais en ne restreignant pas ces droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui occupent un emploi ou qui ont occupé un emploi pendant une période minimale de six mois et qui sont inscrits comme chômeurs.</p><p>En outre, les États membres peuvent décider que le paragraphe 1, point e), relatif aux prestations familiales, ne s’applique pas aux ressortissants de pays tiers qui ont été autorisés à travailler sur le territoire d’un État membre pour une période ne dépassant pas six mois, ni aux ressortissants de pays tiers qui ont été admis afin de poursuivre des études ou aux ressortissants de pays tiers qui sont autorisés à travailler sous couvert d’un visa ;</p><p>[...] »</p><p>Le règlement no 883/2004</p><p>6 L’article 3, paragraphe 1, sous j), du règlement no 883/2004 prévoit que ce dernier s’applique à toutes les législations relatives aux prestations familiales. Il ne s’applique pas, en vertu du paragraphe 5 de cet article, à l’assistance sociale et médicale.</p><p>7 En vertu de l’article 1er, sous z), de ce règlement, le terme « prestations familiales » désigne toutes les prestations en nature ou en espèces destinées à compenser les charges de famille, à l’exclusion des avances sur pensions alimentaires et des allocations spéciales de naissance ou d’adoption visées à l’annexe I dudit règlement.</p><p>Le droit français</p><p>Le code de l’action sociale et des familles</p><p>8 Aux termes de l’article L. 262-5, second alinéa, du code de l’action sociale et des familles :</p><p>« Pour être pris en compte au titre des droits d’un bénéficiaire étranger non ressortissant d’un État membre de l’Union européenne, d’un autre État partie à l’accord sur l’Espace économique européen[, du 2 mai 1992 (JO 1994, L 1, p. 3),] ou de la Confédération suisse, les enfants étrangers doivent remplir les conditions mentionnées à l’article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. »</p><p>Le code de la sécurité sociale</p><p>9 L’article L. 511-1 du code de la sécurité sociale dispose :</p><p>« Les prestations familiales comprennent :</p><p>[...]</p><p>2°) les allocations familiales ;</p><p>3°) le complément familial ;</p><p>[...]</p><p>7°) l’allocation de rentrée scolaire ;</p><p>[...] »</p><p>10 L’article L. 512-2 du code de la sécurité sociale prévoit :</p><p>« Bénéficient de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les ressortissants des États membres de la Communauté européenne, des autres États parties à l’accord sur l’Espace économique européen et de la Confédération suisse qui remplissent les conditions exigées pour résider régulièrement en France [...]</p><p>Bénéficient également de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les étrangers non ressortissants d’un État membre de la Communauté européenne, d’un autre État partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaires d’un titre exigé d’eux en vertu soit de dispositions législatives ou réglementaires, soit de traités ou accords internationaux pour résider régulièrement en France.</p><p>Ces étrangers bénéficient des prestations familiales sous réserve qu’il soit justifié, pour les enfants qui sont à leur charge et au titre desquels les prestations familiales sont demandées, de l’une des situations suivantes :</p><p>– leur naissance en France ;</p><p>– leur entrée régulière dans le cadre de la procédure de regroupement familial [...]</p><p>– leur qualité de membre de famille de réfugié ;</p><p>– leur qualité d’enfant d’étranger titulaire de la carte de séjour [...]</p><p>Un décret fixe la liste des titres et justifications attestant de la régularité de l’entrée et du séjour des bénéficiaires étrangers. Il détermine également la nature des documents exigés pour justifier que les enfants que ces étrangers ont à charge et au titre desquels des prestations familiales sont demandées remplissent les conditions prévues aux alinéas précédents. »</p><p>11 L’article D. 512-2 de ce code dispose :</p><p>« La régularité de l’entrée et du séjour des enfants étrangers que le bénéficiaire a à charge et au titre desquels il demande des prestations familiales est justifiée par la production de l’un des documents suivants :</p><p>[...]</p><p>2° Certificat de contrôle médical de l’enfant, délivré par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)] à l’issue de la procédure d’introduction ou d’admission au séjour au titre du regroupement familial ;</p><p>[...]</p><p>5° Attestation délivrée par l’autorité préfectorale, précisant que l’enfant est entré en France au plus tard en même temps que l’un de ses parents admis au séjour [...] »</p><p>Le litige au principal et la question préjudicielle</p><p>12 Le 1er avril 2014, TX, de nationalité arménienne, titulaire d’une carte de séjour « vie privée et familiale » l’autorisant à travailler en France, a demandé auprès de la CAF le bénéfice des prestations familiales au titre de ses trois enfants, dont deux, nés hors du territoire français, sont entrés irrégulièrement sur ce territoire.</p><p>13 Pour la détermination de ses droits, la CAF a refusé de prendre en compte ses deux enfants nés à l’étranger, en raison de leur entrée irrégulière sur le territoire français.</p><p>14 Ce refus ayant été confirmé par la commission de recours amiable de la CAF, TX a formé un recours devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nanterre (France).</p><p>15 Par jugement du 21 décembre 2018, ce tribunal a accueilli le recours de TX et dit que ce dernier avait droit aux prestations familiales pour ses deux enfants nés à l’étranger à compter de la date de sa demande.</p><p>16 Par arrêt du 14 novembre 2019, la cour d’appel de Versailles (France) a infirmé ce jugement et confirmé la décision de la CAF.</p><p>17 Par arrêt du 23 juin 2022, la Cour de cassation (France) a cassé cet arrêt pour « défaut de motifs » et a renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Versailles, autrement composée, qui est la juridiction de renvoi.</p><p>18 Cette dernière juridiction relève que la régularité du séjour de TX sur le territoire français n’est « pas discutée », puisqu’il est titulaire d’une carte de séjour temporaire l’autorisant à travailler, et que la seule question qui se pose est celle de savoir s’il a droit aux prestations familiales au titre de ses deux enfants nés à l’étranger.</p><p>19 Ladite juridiction indique que, par deux arrêts du 3 juin 2011 et par un arrêt du 5 avril 2013, la Cour de cassation a jugé en assemblée plénière que les articles L. 512-2 et D. 512-2 du code de la sécurité sociale qui subordonnent le versement des prestations familiales à la production d’un document attestant d’une entrée régulière des enfants étrangers en France et, en particulier, pour les enfants entrés au titre du regroupement familial, à celle du certificat médical délivré par l’OFII,<br />revêtaient un caractère objectif justifié par la nécessité, dans un État démocratique, d’exercer un contrôle des conditions d’accueil des enfants. La Cour de cassation en a déduit que ces articles ne portaient pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie familiale garanti aux articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950, ni ne méconnaissaient les dispositions de la convention internationale<br />des droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 20 novembre 1989.</p><p>20 Selon la juridiction de renvoi, cette interprétation aurait été confirmée par la Cour européenne des droits de l’homme dans sa décision du 1er octobre 2015, Okitaloshima Okonda Osungu et Selpa Lokongo c. France (ECLI:CE:ECHR:2015:0908DEC007686011).</p><p>21 Toutefois, la juridiction de renvoi expose que, dans le litige dont elle est saisie, la question se pose sous un angle différent, qui est celui de la directive 2011/98.</p><p>22 Selon cette juridiction, cette directive a vocation à s’appliquer à ce litige dès lors que, d’une part, les prestations en cause au principal relèvent du champ d’application du règlement no 883/2004 et, d’autre part, TX est un ressortissant de pays tiers qui a été admis à travailler en France, puisqu’il est titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle l’autorisant à travailler et que, du reste, il dispose d’un contrat de travail.</p><p>23 La juridiction de renvoi considère, en outre, que, si, en vertu de l’article 12, paragraphe 2, sous b), de ladite directive, les États membres ont la faculté d’instaurer des limites au droit à l’égalité de traitement en fonction du statut de certains ressortissants de pays tiers, cette disposition ne prévoit aucune faculté de dérogation à ce droit en fonction des conditions dans lesquelles les membres de la famille du bénéficiaire d’un permis unique sont arrivés sur le territoire de l’État membre<br />d’accueil. Or, en l’occurrence, le refus opposé par la CAF à la demande de TX serait fondé non pas sur le statut de celui-ci, mais sur les conditions de l’entrée et du séjour, sur le sol français, de ses deux enfants nés en Arménie.</p><p>24 La juridiction de renvoi nourrit, néanmoins, des doutes en ce qui concerne la portée du considérant 20 et de la dernière phrase du considérant 24 de la directive 2011/98, lesquels font référence, pour la détermination des titulaires des droits garantis dans cette directive, aux membres de la famille du travailleur issus d’un pays tiers qui ont été admis dans un État membre au titre du regroupement familial.</p><p>25 À cet égard, premièrement, cette juridiction observe que les prestations familiales en cause au principal ne sont pas versées aux membres de la famille du demandeur, mais sont accordées à celui-ci en fonction du nombre d’enfants qui sont à sa charge.</p><p>26 Deuxièmement, au regard de la jurisprudence issue de l’arrêt du 25 novembre 2020, Istituto nazionale della previdenza sociale (Prestations familiales pour les titulaires d’un permis unique) (C‑302/19, ci-après l’« arrêt INPS, EU:C:2020:957), ladite juridiction s’interroge sur la possibilité de se fonder sur les règles relatives au regroupement familial pour déterminer le droit aux prestations de sécurité sociale du titulaire d’un permis unique.</p><p>27 Troisièmement, la même juridiction relève que la Commission européenne a présenté, le 27 avril 2022, la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil établissant une procédure de demande unique en vue de la délivrance d’un permis unique autorisant les ressortissants de pays tiers à résider et à travailler sur le territoire d’un État membre et établissant un socle commun de droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui résident légalement dans un État membre (refonte)<br />[COM(2022) 655 final], laquelle prévoit de mettre le considérant 24 de la directive 2011/98 en conformité avec l’arrêt INPS en supprimant les deux dernières phrases de ce considérant.</p><p>28 Dans ces conditions, la cour d’appel de Versailles a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour la question préjudicielle suivante :</p><p>« À la suite de [l’arrêt INPS], l’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive [2011/98] doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une réglementation d’un État membre, comme la [République française], interdisant, pour la détermination des droits à une prestation de sécurité sociale, de prendre en compte les enfants, nés dans un pays tiers, du titulaire d’un permis unique, au sens de l’article 2, sous c), de [cette] directive, dès lors que ces enfants, dont il a la charge, ne sont<br />pas entrés sur le territoire de l’État membre au titre du regroupement familial ou que ne sont pas produits les documents permettant de justifier de la régularité de leur entrée sur le territoire de cet État, cette condition n’ayant pas lieu d’être exigée pour les enfants des allocataires nationaux ou ressortissants d’un autre État membre ? »</p><p>Sur la question préjudicielle</p><p>29 Par sa question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 12, paragraphe 1 sous e), de la directive 2011/98 doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une réglementation d’un État membre en vertu de laquelle, aux fins de la détermination des droits aux prestations de sécurité sociale d’un ressortissant de pays tiers, titulaire d’un permis unique, les enfants nés dans un pays tiers qui sont à sa charge ne sont pris en compte qu’à condition de justifier de leur entrée<br />régulière sur le territoire de cet État membre.</p><p>30 Il convient d’emblée de relever que, ainsi que le mentionne le considérant 26 de la directive 2011/98, le droit de l’Union ne limite pas la compétence des États membres d’organiser leurs régimes de sécurité sociale. En l’absence d’harmonisation au niveau de l’Union, il appartient à chaque État membre de prévoir les conditions dans lesquelles les prestations de sécurité sociale sont accordées, ainsi que le montant de ces prestations et la période pendant laquelle elles sont octroyées. Toutefois,<br />lorsqu’ils exercent cette compétence, les États membres doivent se conformer au droit de l’Union (voir arrêt INPS, point 23 et jurisprudence citée).</p><p>31 Or, il ressort de l’article 12, paragraphe 1 sous e), de la directive 2011/98, lu en combinaison avec l’article 3, paragraphe 1, sous c), de celle-ci, que les ressortissants de pays tiers qui ont été admis dans un État membre aux fins d’y travailler conformément au droit de l’Union ou au droit national bénéficient de l’égalité de traitement avec les ressortissants de l’État membre où ils résident en ce qui concerne les branches de la sécurité sociale, telles qu’elles sont définies dans le<br />règlement no 883/2004.</p><p>32 Pour pouvoir bénéficier de l’égalité de traitement en vertu de ces dispositions, il est donc nécessaire, d’une part, que le ressortissant de pays tiers ait été admis dans un État membre aux fins d’y travailler conformément au droit de l’Union ou au droit national. Or, tel est le cas d’un ressortissant de pays tiers qui, comme le requérant au principal, est titulaire d’un permis unique, au sens de l’article 2, sous c), de cette directive, puisque, en vertu de cette disposition, ce permis permet à<br />un tel ressortissant de résider légalement sur le territoire de l’État membre qui l’a délivré, pour y travailler (voir arrêt INPS, point 24 et jurisprudence citée).</p><p>33 Il est nécessaire, d’autre part, que les prestations concernées relèvent des branches de la sécurité sociale telles que définies dans le règlement no 883/2004. Or, il est constant, et non contesté par le gouvernement français, que les prestations en cause au principal constituent des prestations de sécurité sociale relevant des prestations familiales visées à l’article 3, paragraphe 1, sous j), de ce règlement.</p><p>34 Dans ces conditions, il apparaît qu’une personne placée dans la situation du requérant au principal est en droit, conformément à l’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive 2011/98, de bénéficier de l’égalité de traitement avec les ressortissants français.</p><p>35 Quant au point de savoir s’il est porté atteinte à ce droit à l’égalité de traitement par une disposition telle que celle en cause au principal, qui, pour la détermination des droits aux prestations familiales du titulaire du permis unique, exclut la prise en compte de ses enfants à charge dont il n’est pas justifié de l’entrée régulière sur le territoire français, il y a lieu de constater, sous réserve des vérifications qu’il appartiendra à la juridiction de renvoi d’effectuer, qu’il résulte de<br />l’article L. 512-1, paragraphe 1, et de l’article L. 512-2, paragraphe 1, du code de la sécurité sociale que bénéficient de plein droit des prestations familiales, dans les conditions fixées par le livre V de ce code, les ressortissants français ainsi que les ressortissants des autres États membres de l’Union, des autres États parties à l’accord sur l’Espace économique européen et de la Confédération suisse qui résident régulièrement en France. En revanche, l’article L. 512-2, paragraphe 2, dudit<br />code subordonne le droit aux prestations familiales des ressortissants de pays tiers qui résident régulièrement en France à une condition supplémentaire, mentionnée au paragraphe 3 de cet article L. 512-2, consistant dans la justification de l’entrée régulière sur le territoire français des enfants au titre desquels les prestations familiales sont demandées.</p><p>36 Il en résulte qu’une telle réglementation nationale réserve aux ressortissants de pays tiers titulaires d’un permis unique un traitement moins favorable que celui dont bénéficient les ressortissants de l’État membre d’accueil. Par conséquent, une telle réglementation est contraire au droit à l’égalité de traitement consacré à l’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive 2011/98.</p><p>37 La juridiction de renvoi a néanmoins des doutes, à la lumière des considérants 20 et 24 de la directive 2011/98, sur la question de savoir si le droit à l’égalité de traitement pourrait être limité aux seuls enfants du titulaire du permis unique qui ont rejoint ce dernier au titre du regroupement familial. Ces doutes découlent du fait que le considérant 20 de cette directive vise, notamment, parmi les bénéficiaires de l’égalité de traitement, les membres de la famille du travailleur issus d’un<br />pays tiers qui ont été admis dans un État membre au titre du regroupement familial, tandis que la dernière phrase du considérant 24 de ladite directive prévoit que les droits conférés par cette dernière ne devraient être accordés qu’aux membres de la famille qui rejoignent les travailleurs issus d’un pays tiers pour résider dans un État membre au titre du regroupement familial ou qui séjournent légalement dans cet État membre.</p><p>38 Toutefois, la Cour a relevé, d’une part, qu’il ressort du libellé du considérant 20 de la directive 2011/98 que celui-ci vise, notamment, la situation dans laquelle les membres de la famille d’un travailleur ressortissant de pays tiers titulaire d’un permis unique bénéficient directement du droit à l’égalité de traitement prévu à l’article 12 de cette directive, ce droit étant conféré à ces personnes en leur propre qualité de travailleurs, bien que leur arrivée dans l’État membre d’accueil ait<br />été due au fait qu’elles étaient des membres de la famille d’un travailleur ressortissant de pays tiers (voir arrêt INPS, point 30).</p><p>39 D’autre part, la Cour a constaté que le contenu du considérant 24 de la directive 2011/98 n’est repris dans aucune des dispositions de cette directive et a rappelé que le préambule d’un acte de l’Union n’a pas de valeur juridique contraignante et ne saurait être invoqué pour déroger aux dispositions mêmes de l’acte (voir arrêt INPS, points 31 et 32).</p><p>40 Par conséquent, il ne saurait découler de ces considérants que la directive 2011/98 devrait être interprétée en ce sens que le titulaire d’un permis unique dont les membres de la famille ne justifient pas de leur entrée régulière sur le territoire de l’État membre concerné au titre du regroupement familial est exclu du droit à l’égalité de traitement prévu par cette directive, alors qu’aucune disposition de ladite directive, notamment l’article 12, paragraphe 1, de celle-ci, ne subordonne le<br />bénéfice de ce droit à une telle condition.</p><p>41 Par ailleurs, il y a lieu de relever que, contrairement à ce que soutient le gouvernement français dans ses observations écrites, il ne saurait être tiré argument de ce que le législateur de l’Union a lui-même subordonné le droit à l’égalité de traitement dans le domaine des prestations familiales à la régularité du séjour du demandeur sur le territoire d’un État membre.</p><p>42 Il est, certes, vrai que l’article 12, paragraphe 1, de la directive 2011/98 ne reconnaît le droit à l’égalité de traitement qu’au profit des ressortissants de pays tiers résidant légalement sur le territoire des États membres. Cette exigence répond à l’objectif, énoncé au considérant 21 de cette directive, qui est de lier le droit à l’égalité de traitement au séjour légal du ressortissant de pays tiers dans un État membre.</p><p>43 Toutefois, la réglementation en cause au principal est contestée non pas en ce qu’elle subordonne le droit aux prestations familiales à une condition de régularité du séjour du ressortissant de pays tiers, titulaire d’un permis unique, qui demande le bénéfice de ces prestations, mais en ce qu’elle prévoit une condition d’entrée régulière qui concerne les enfants de ce ressortissant, au titre desquels lesdites prestations sont demandées.</p><p>44 Le gouvernement français ne saurait non plus objecter que la condition posée par la législation nationale, en ce qu’elle tend à éviter le contournement de la procédure de regroupement familial, ferait partie des sanctions pouvant être adoptées par les États membres en cas de violation des dispositions nationales prises en application de la directive 2003/86 et qu’elle revêtirait un caractère objectif justifié par la nécessité de vérifier les conditions dans lesquelles les membres de la famille du<br />regroupant seront accueillis.</p><p>45 Il convient de relever que la directive 2011/98 prévoit, en faveur de certains ressortissants de pays tiers, un droit à l’égalité de traitement, qui constitue la règle générale, et énumère les dérogations à ce droit que les États membres ont la faculté d’établir, lesquelles doivent être interprétées de manière stricte (arrêt INPS, point 26).</p><p>46 Ainsi, conformément à l’article 12, paragraphe 2, sous b), premier alinéa, de la directive 2011/98, les États membres peuvent prévoir des limites au droit à l’égalité de traitement en matière de prestations sociales, sauf à l’égard des travailleurs issus de pays tiers qui occupent un emploi ou qui ont occupé un emploi pendant une période minimale de six mois et qui sont inscrits comme chômeurs. Par ailleurs, en vertu de l’article 12, paragraphe 2, sous b), second alinéa, de cette directive, les<br />États membres peuvent décider que ce droit ne s’applique pas aux ressortissants de pays tiers qui ont été autorisés à travailler sur le territoire d’un État membre pour une période ne dépassant pas six mois ni aux ressortissants de pays tiers qui ont été admis afin de poursuivre des études ou aux ressortissants de pays tiers qui sont autorisés à travailler sous couvert d’un visa.</p><p>47 Il s’ensuit que, en dehors des situations ainsi limitativement énumérées, dans lesquelles les États membres peuvent déroger à l’égalité de traitement entre ressortissants de pays tiers titulaires d’un permis unique et ressortissants nationaux, une différence de traitement entre ces deux catégories de ressortissants constitue, par elle-même, une violation de l’article 12, paragraphe 1, sous e), de cette directive [voir, par analogie, arrêt du 29 juillet 2024, CU et ND (Assistance sociale –<br />Discrimination indirecte), C‑112/22 et C‑223/22, EU:C:2024:636, point 55 ainsi que jurisprudence citée].</p><p>48 Or, d’une part, il ne ressort d’aucune des dérogations aux droits conférés à l’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive 2011/98 une possibilité pour les États membres d’exclure du droit à l’égalité de traitement le travailleur titulaire d’un permis unique dont les enfants, nés dans un pays tiers, ne justifient pas être entrés régulièrement sur le territoire de l’État membre concerné.</p><p>49 D’autre part, même à supposer qu’une telle possibilité ait été reconnue, il ressort de la jurisprudence que les dérogations au droit à l’égalité de traitement ne sauraient être invoquées que si les instances compétentes dans l’État membre concerné pour la mise en œuvre de cette directive ont clairement exprimé qu’elles entendaient se prévaloir de celles-ci (arrêt INPS, point 26 et jurisprudence citée). Or, le gouvernement français, ainsi qu’il le reconnaît lui-même, n’a pas entendu se prévaloir<br />de la faculté de limiter le droit à l’égalité de traitement en ayant recours aux dérogations prévues à l’article 12, paragraphe 2, sous b), de ladite directive.</p><p>50 Il s’ensuit qu’un État membre ne saurait se prévaloir de son obligation de veiller à ce que les violations de la directive 2003/86 soient sanctionnées pour justifier une dérogation au droit à l’égalité de traitement non prévue par le législateur de l’Union dans la directive 2011/98.</p><p>51 Eu égard à l’ensemble des considérations qui précèdent, il y a lieu de répondre à la question posée que l’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive 2011/98 doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une réglementation d’un État membre en vertu de laquelle, aux fins de la détermination des droits aux prestations de sécurité sociale d’un ressortissant de pays tiers, titulaire d’un permis unique, les enfants nés dans un pays tiers qui sont à sa charge ne sont pris en compte qu’à<br />condition de justifier de leur entrée régulière sur le territoire de cet État membre.</p><p>Sur les dépens</p><p>52 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.</p><p>  Par ces motifs, la Cour (cinquième chambre) dit pour droit :</p><p>  L’article 12, paragraphe 1, sous e), de la directive 2011/98/UE du Parlement européen et du Conseil, du 13 décembre 2011, établissant une procédure de demande unique en vue de la délivrance d’un permis unique autorisant les ressortissants de pays tiers à résider et à travailler sur le territoire d’un État membre et établissant un socle commun de droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui résident légalement dans un État membre,</p><p>  doit être interprété en ce sens que :</p><p>  il s’oppose à une réglementation d’un État membre en vertu de laquelle, aux fins de la détermination des droits aux prestations de sécurité sociale d’un ressortissant de pays tiers, titulaire d’un permis unique, les enfants nés dans un pays tiers qui sont à sa charge ne sont pris en compte qu’à condition de justifier de leur entrée régulière sur le territoire de cet État membre.</p><p>  Signatures</p><p>--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------</p><p>( *1 ) Langue de procédure : le français.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/987/desservir-la-france</guid>
	<pubDate>Sat, 21 Dec 2024 12:40:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/987/desservir-la-france</link>
	<title><![CDATA[Desservir la France]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Tribune de Maurice Druon contre François Bayrou qui a toujours desservi les intérêts de la France, publiée en 2004 dans Le Figaro :</p>

<p>« M. François Bayrou, personnage secondaire et destiné à le rester, n'est remarquable que par sa persévérance à desservir les intérêts supérieurs de la France. Il possède éminemment ce que les Anglais désignent par l'expression de nuisance value, la valeur de nuisance.</p>

<p>A quel moment l'image qu'il a de lui-même a-t-elle commencé de lui brouiller le jugement ? Voilà un Béarnais, fils d'agriculteur, qui, doué pour les études, devient agrégé de lettres classiques. A vingt-huit ans, il fait ses premiers pas en politique en entrant au cabinet de M. Méhaignerie, ministre de l'Agriculture. Il adhère du même coup à la formation centriste que créa Giscard d'Estaing pour servir à son élévation personnelle. Cette formation, qui aura participé à renverser le général de Gaulle en 1969, deviendra l'UDF.</p>

<p>M. Bayrou s'y installe et y prospère. Il est élu conseiller général dans son département natal, puis conseiller régional. Conseiller, il l'est aussi de M. Pierre Pfimlin, à la présidence de l'Assemblée européenne. M. Pfimlin était un excellent homme à tous égards, qui exerça avec droiture des fonctions très élevées. Il n'avait qu'un défaut : il était centriste, c'est-à-dire que, comme tous les centristes, il se trompait sur la hiérarchie des valeurs.</p>

<p>On lui doit d'avoir fait perdre à Paris d'être la capitale de l'Europe. En effet, il était entendu entre Adenauer et de Gaulle que les institutions de la Communauté européenne auraient leur siège à proximité. Un grand ensemble serait construit en proche région parisienne. Là-dessus, Pfimlin, alsacien, intervient en clamant : « Strasbourg, Strasbourg... le lien entre la France et l'Allemagne, entre les deux cultures... la réconciliation... Strasbourg ville symbole ! » Pouvait-on insulter l'Alsace ? On remisa le projet parisien.</p>

<p>La démarche procédait d'un bon sentiment, mais d'une erreur de jugement.</p>

<p>Paris, grande métropole des arts et des affaires, en même temps que centre international de communications, avait tous les attraits pour les députés, les diplomates et les fonctionnaires européens ; Strasbourg, belle mais provinciale, avec des divertissements limités et surtout mal desservie, obligeant à des changements d'avion pour atteindre son aérodrome souvent embrumé, n'exerça que peu de charmes sur la nouvelle population communautaire. Si les sessions mensuelles du Parlement à quel coût et pour combien de temps ? continuent de s'y tenir, tout le reste, commissions et services, s'est installé à Bruxelles et c'est Bruxelles qui est devenue la capitale administrative de l'Union.</p>

<p>Revenons à M. Bayrou qui poursuit un parcours politique assez habituel. Élu député, il montre assez vite un appétit ministériel en se faisant des problèmes de l'enseignement une spécialité. Il fonde et préside un groupe permanent de lutte contre l'illettrisme. Louable programme. Le malheur veut que, le temps qu'il fut ministre de l'Éducation nationale, l'illettrisme ne cessa d'augmenter et le niveau général des études de baisser. Est-ce durant cette période que se produit en lui une dilatation un peu excessive de l'ego ?</p>

<p>On dit, on raconte qu'il réveilla une nuit les membres de son cabinet, les convoquant d'urgence au ministère, pour les consulter sur une vision qu'il venait d'avoir de son avenir présidentiel. L'anecdote a couru avec trop d'insistance pour qu'il n'y ait pas, à son origine, quelque réalité.</p>

<p>Pourquoi suis-je à m'arrêter si longtemps sur M. Bayrou, alors que nous avons des soucis qui semblent de plus d'importance ? C'est parce que, non content de mettre du désordre dans notre politique intérieure, il agit en ce moment au contraire des intérêts de la France dans le Parlement européen.</p>

<p>M. Bayrou est candidat à la présidence de la République, on le sait. Il l'a fait savoir urbi et orbi, et l'obstination étant dans sa nature, il y a tout à penser qu'il le sera à vie. Il s'est d'ailleurs présenté en 2002 et arrivé dans la queue du peloton, 6,8 %, il a aussitôt revêtu le maillot au dossard marqué 2007.</p>

<p>Assurant faire partie, à l'Assemblée nationale, de la majorité afin de garder son électorat, il tient son groupe parlementaire à la lisière, sous le prétexte de refuser la caporalisation ; il ne cesse de critiquer l'action du gouvernement, avec souvent les arguments de l'opposition, et ne vote pour lui que du bout des doigts, quand il ne s'abstient pas, attendant visiblement sa chute. Belle logique politique ! C'est ce que M. Bayrou appelle cultiver sa différence. A bénéficier d'un si grand soutien, on en vient à préférer des adversaires.</p>

<p>Son programme ? Il n'est fait que de mots usés et de formules devenues creuses à force d'avoir trop servi. On se croirait revenu à « la République plus juste, plus humaine » d'il y a trente ans. Tout vieillit, même la démagogie.</p>

<p>Aux récentes élections régionales, en lançant partout ses propres listes, il a fait perdre à la droite bon nombre de sièges qu'elle eût conservés si elle s'était présentée unie, et il a contribué aux victoires locales des socialistes, ce qui, avec la décentralisation en cours, ne sera pas sans conséquences. Mais c'est au nouveau Parlement européen qu'il devient le plus dangereux.</p>

<p>[...]</p>

<p>Quel gâchis ! Et tout à l'avenant. Ceux qui se tiennent autour de François Bayrou par intérêt de carrière, comme ceux qui y restent par loyauté personnelle, s'exposent, les uns comme les autres, à connaître de graves mécomptes.</p>

<p>Je n'ai en politique d'autre critère que les services rendus au pays.</p>

<p>Le prince de Talleyrand disait : « Faute de richesse, une nation n'est que pauvre ; faute de patriotisme, c'est une pauvre nation. » »</p>

<p>Par Maurice Druon, de l'Académie française.  </p>

<p>Le Figaro, lundi 26 juillet 2004.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/976/propriete-privee-des-moyens-de-production-et-d%E2%80%99echange%C2%A0contre-droit-a-l%E2%80%99existence</guid>
	<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 14:11:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/976/propriete-privee-des-moyens-de-production-et-d%E2%80%99echange%C2%A0contre-droit-a-l%E2%80%99existence</link>
	<title><![CDATA[Propriété privée des moyens de production et d’échange contre droit à l’existence]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Christine Cuny − 1er juillet 2024</p>
<p>A la fin  de l’année 1788, quelques mois avant que n’éclate la Révolution, Maximilien Robespierre, alors candidat aux Etats Généraux, faisait ce constat édifiant : </p>

<p>La  plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement où l’Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donnés.</p>

<p>Les choses auraient-elles changé ?…</p>

<p>Non, bien sûr, puisque la précarisation et l’aggravation des conditions de travail des salariés – statut qui concerne désormais la majorité des travailleurs en France -, ont un impact direct sur leur vie et sur les moyens sociaux de la sauvegarder. C’est la protection sociale de la majorité de la population qui est mise en péril dans la mesure où le financement des institutions chargées de la promouvoir est assuré par l’intermédiaire de cotisations impactées sur la masse salariale. Le chômage ou encore l’allongement de la durée de la vie ne sont cependant pas les seuls responsables d’une situation dont la gravité nécessiterait peut-être de par son ampleur, un sursaut salutaire.<br />Car, il faut dire que les salaires, non revalorisés par rapport au coût de la vie, ne suffisent plus à financer les institutions censées protéger l’ensemble des travailleurs  – mais aussi l’ensemble de la population – contre les accidents de la vie qui restent d’ailleurs étroitement liés au travail…<br />Rappelons qu’à partir de 1983 les différents gouvernements, de droite comme de gauche, ont libéré certains prix concernés par une ordonnance de 1945 – laquelle donnait au gouvernement le pouvoir d’interdire les hausses, de fixer leur montant ou encore, de contrôler celles décidées par le secteur privé. Une ordonnance qui finira par être abrogée par le Parlement en 1986…<br />Quels devaient être les bénéficiaires de ces grandes manœuvres, dont l’heureuse conséquence devait être une rémunération du travail intérieur bloquée à son minimum pour permettre à l’extérieur des ventes grassement rétribuées ? Cette mesure de libération des prix, comme bien d’autres mesures “libérales”, n’était destinée, sous couvert d’une nécessaire résistance à la concurrence internationale, qu’à servir les intérêts des propriétaires du grand capital en laissant désormais les mains libres aux entreprises exportatrices dans leurs visées de profit maximum : c’est ainsi que de 1992 à 1999 le commerce extérieur de la France aura dégagé de confortables excédents… tandis que les salaires devaient courir misérablement après le coût de la vie, et l’ensemble des travailleurs après la vie tout court… Reste à savoir combien de temps encore sera supportable cette situation indigne.<br />Faisons maintenant un petit bond en arrière, vers ce passé commun que les dominants s’évertuent à nous faire oublier. Devant l’Assemblée nationale constituante (élue en octobre 1945), Pierre Cot, le grand ami de Jean Moulin, avait été le rapporteur – après qu’il ait participé à son élaboration au sein de la commission compétente -, du projet d’une nouvelle Constitution pour la France. Dans ce projet figurait une Déclaration des Droits de l’Homme dont l’article 36 déclarait que…</p>

<p>le droit de propriété ne saurait être exercé contrairement à l’utilité sociale ou de manière à porter préjudice à la sûreté, à la liberté, à l’existence ou à la propriété d’autrui.</p>

<p>Or ce projet de Constitution de 1946 qui renfermait, pour la France, de même que pour les pays qui avaient été jusque-là sous sa domination, les promesses d’un renouveau social et politique, sera – tout comme l’avait été en son temps le projet de Constitution de juin 1793 qui mettait en exergue, sous l’impulsion de l’Incorruptible, le même droit à l’existence -, repoussé par… le peuple de France.<br />Rechercherait-il donc son propre malheur ?… La question reste, plus que jamais, ouverte.<br />Christine Cuny</p>

<p>Quel est le premier objet de la société ? C’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière.</p>

<p>Maximilien Robespierre<br />Extraits de “Discours et rapports à la Convention” Christian Bourgois Editeur 1965</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/973/comprendre-ce-que-nous-vivons-comprendre-ce-que-nous-voyons</guid>
	<pubDate>Thu, 01 Aug 2024 07:35:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/973/comprendre-ce-que-nous-vivons-comprendre-ce-que-nous-voyons</link>
	<title><![CDATA[Comprendre ce que nous vivons, comprendre ce que nous voyons.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Comprendre ce que nous vivons, comprendre ce que nous voyons, est fondamental pour comprendre qui nous sommes, et où nous allons. </p>

<p>Les Jeux olympiques n’étaient pas venus depuis 100 ans à Paris, en France, et la cérémonie d’ouverture de ces Jeux olympiques est le moyen et le moment par lequel un pays se donne à voir au monde, montre qui il est, ce qu’il veut montrer de lui et ce qu’il est capable de faire et d’apporter au monde. </p>

<p>Donc cette cérémonie est tout autant destinée à montrer au monde entier ce que nous sommes, qu’à nous dire à nous-mêmes qui nous sommes et qui nous voulons être demain. Les concepteurs de cette cérémonie l’ont d’ailleurs présentée comme telle : un message politique pour la France de demain et un message délivré au monde. </p>

<p>Ils y sont parfaitement parvenus. </p>

<p>Mais il faut décrypter ce message et déterminer si nous le partageons.  S’il est un message fonctionnel ou souhaitable pour la Nation pour le collectif qu’elle constitue à la fois à travers le temps et à la fois dans l’espace qui est celui de la France.</p>

<p>Critiquant une série de tableaux qui me semblaient parfaitement déplacés dans cette cérémonie d’ouverture, je me suis fait rétorquer par des personnes qui se considèrent comme intellectuelles et qui se vivent comme de gauche, qui se veulent « évoluées », et « avancées », que chacun des tableaux même les plus critiqués renvoyaient à une tradition française existante, que seule mon inculture, ou mon aveuglement d’extrême droite, ne me permettait pas de reconnaître et de distinguer.</p>

<p>Ils ont raison sur un point, chacun des éléments que nous avons vus renvoie à une tradition. Une société est faite de ses traditions. Comme une société est faite aussi de leur subversion. Quoi de plus vrai. Le problème est d’arriver à bien placer les yeux en face des trous.</p>

<p>Le carnaval c’est le moment où les hommes se déguisent en femmes, où les femmes se déguisent en hommes, allez à Dunkerque qui a maintenu sa grande tradition du carnaval et vous verrez cela, et c’est terriblement français ! Mais les hommes se déguisent en femmes grotesques et les femmes se déguisent en hommes grotesques, c’est un moment de subversion, de transgression, c’est un rite qui permet le fonctionnement harmonieux de la société le reste de l’année. </p>

<p>Le Magistrat qui se déguise le jour du carnaval en une sorte de créature que l’on appelle aujourd’hui de ce mot anglo-saxon « drag queen », cela fait partie de la tradition française et de la vie de la société. Et il n’y a aucun mal à cela.</p>

<p>La difficulté c’est le jour où il viendrait au tribunal requérir devant la Cour d’assises la perpétuité contre un accusé, habillé en drag queen. Non, pour requérir la perpétuité contre l’accusé, il va bien s’habiller en robe, c’est exact, mais ce n’est pas la même robe, c’est la robe du magistrat. C’est toujours une robe, mais  elle n’a pas le même sens ! Ce n’est pas le même rite. </p>

<p>Le rite dans une société c’est fondamental. Et ce qui est fondamental c’est de comprendre que le rite c’est de faire les choses au moment et au lieu où il convient de les faire. Pas n’importe quand, pas n’importe comment. </p>

<p>Tout le message contenu dans cette cérémonie d’ouverture c’est de briser les rites, briser les codes. Montrer cette image de Marie-Antoinette qui tient sa tête dans ses mains, on nous dira c’est une image classique du Grand guignol, là encore une tradition à la française. C’est indiscutable, la question est de savoir si elle avait sa place ce jour là dans cette cérémonie d’ouverture.</p>

<p>C’est exactement comme le fait de savoir que nous mangeons chaque jour, plusieurs fois par jour et la plupart du temps en compagnie de nos collègues de travail de notre famille, de nos amis, ou des gens qui se trouvent placés à côté de nous par le hasard. Il faut savoir que nous déféquons aussi chaque jour, cela fait partie de la condition humaine, et nos appartements, nos écoles, nos entreprises, sont faits pour que nous puissions le faire au cours de la journée, au moment voulu, dans une certaine discrétion, mais sans pour autant cacher le fait que nous allons aux toilettes. Il n’y a aucune honte à le faire, c’est tout à fait naturel et il n’y a pas à en rougir. </p>

<p>Le problème, c’est si nous décidons, comme dans le film de Luis Bunuel (Le charme discret de la bourgeoisie) de déféquer autour de la table du repas tandis que nous mangeons dans l’intimité des toilettes. Ou bien comme nous le suggèrent certains tableaux de la cérémonie d’ouverture, carrément au milieu de la table du repas, parmi les convives et les victuailles. </p>

<p>La question est celle du discernement et de l’opportunité, la question est celle des rites et des codes.</p>

<p>Dans la vie familiale, l’accouplement est un moment de la vie familiale. Mais il ne se fait pas n’importe quand et n’importe comment. On considère légitime que le père de famille et la mère de famille s’accouplent régulièrement. Personne n’y voit matière à scandale ni à difficulté. Mais on considère que s’ils sont fondés à le faire, ils ne sont pas fondés à le faire publiquement au milieu de la famille des enfants et des grands-parents pourquoi pas. De la même façon on considère comme parfaitement déplacé, et pour tout dire condamnable moralement et même illégal, que l’accouplement, même s’il est fait discrètement, ait lieu entre le père de famille et un autre membre de la famille. Certes on m’objectera que nous avons vu ces derniers temps qu’il y avait des familles à la mode où ça se faisait. C’est justement un problème. Nous avons noté que si une partie du monde bobo a trouvé cela adapté en son temps, ce n’est pas considéré par la majorité de la population comme la bonne manière de faire.</p>

<p>La manière de vivre ensemble d’une société n’est pas une vérité absolue, comme un calcul mathématique peut tendre à l’être. Mais elle est la vérité de cette société, elle est la façon dont cette société arrive à vivre, et souhaite vivre. Elle nous dit ses représentations, ses espoirs, ses craintes, ce qui fait la vie humaine, ce qui fait une société, ce qui fait que collectivement nous échappons à la mort, qui individuellement nous frappera tous inévitablement. </p>

<p>Pour montrer cette société, pour montrer cette France qui traverse les siècles, et ambitionne de les traverser encore, il convient de montrer ses rites, ses espoirs, son art, ses réussites, ce qu’elle croit, et non de montrer un carnaval de leur subversion.</p>

<p>C’est exactement comme inviter à déjeuner des personnes à qui l’on souhaite faire une bonne impression, car on souhaite entretenir avec eux de bonnes relations, et se mettre à déféquer à table. Oui nous déféquons. Oui c’est absolument indispensable. Oui, il n’y a pas de honte à le faire. Mais pas à table. Pas devant les invités. Pas le jour où l’on fait un effort pour bien accueillir les invités !</p>

<p>Tout le problème de cette cérémonie d’ouverture c’est qu’elle n’est pas construite comme une cérémonie d’ouverture mais comme un carnaval de mise à bas de tous les rites de toutes les traditions de tout ce qui peut représenter la société française aux yeux de la très grande majorité des Français, qui ne partagent pas les engouement ou les fantasmes d’une petite bourgeoisie urbaine qui considère le stade national comme dépassé, comme toxique, comme agressif, et qu’il ne mérite que d’être traîné dans la boue. </p>

<p>Au fond ce sont les millions de Français des catégories populaires qui croient à ces rites et ses traditions qui peuvent se sentir traînés dans la boue par cette cérémonie d’ouverture. </p>

<p>Ils ne seront pas troublés outre mesure puisqu’ils savent que quand ils votent pour un parti politique, l’establishment fait bloc pour lui fermer la porte du pouvoir, et pour lui fermer même l’accession prévue par les textes de loi, aux postes de responsabilité à l’Assemblée nationale… </p>

<p>Oui c’est la même idée ! Et c’est tout naturellement que critiquer cette cérémonie d’ouverture c’est être renvoyé à n’être qu’un ces 13 millions de « fachos » qui déshonorent la France. </p>

<p>Oui tout est dans tout.</p>

<p>Mais il y a toujours de la Raison dans l’Histoire. Pourquoi cet engouement permanent pour la transgression, pour la fête, pour le carnaval chaque jour partout de la part des élites au pouvoir ?</p>

<p>Parce que l’on consomme plus les jours de carnaval. Le commerce marche mieux quand on fait la fête. La société festive est une société plus rentable, si c’est une société qui est basée sur la consommation. Donc on comprend tout naturellement que cette cérémonie financée par Coca-Cola et Louis Vuitton aille dans le sens de cet homo festivus. </p>

<p>La perspective c’est la société liquide. Celle qui est développée par Georges Soros, celle qui est voulue et dont la perspective est orchestrée par des symposiums comme celui de Davos qui se tient chaque année entre milliardaires et dirigeants politiques. </p>

<p>Cette société où toutes les traditions, tous les rites, sont déclarés dépassés, cette société néolibérale où comme le disait Margaret Thatcher « there is no society there are individuals », il n’y a plus de société, il n’y a plus que des individus, par centaines de millions évoluant dans une forme de liberté individuelle apparente totale s’étant libérés de la Nation, s’étant libérés de leur sexe, de leur genre, de leurs obligations morales, mais soumis à quelques monopoles ou oligopoles détenus par quelques dizaines de milliardaires qui organiseront et contrôleront leur vie dans un totalitarisme « soft » qui se présente comme une fête permanente et désirable. </p>

<p>C’est donc le message de cette cérémonie d’ouverture. </p>

<p>Je ne suis pas « choqué » des images que j’ai vues, comme le serait une sorte de vieille douairière, qui regretterait Otto Abetz et ses bonnes manières (Otto Abetz fut ambassadeur du Reich à Paris du 3 août 1940 à la Libération). </p>

<p>Non je suis simplement un observateur conscient, qui regarde et entend ce que l’on nous dit. Puisqu’il y a un message il convient de le décrypter et non de le répéter à la manière de perroquets en disant que c’est la seule façon de vivre. Que c’est la vraie gauche, donc la seule vie, et qu’il convient de censurer tout le reste, qui n’est que fascisme et mort. </p>

<p>On peut être en accord avec ce message néolibéral woke des milliardaires, au moins faut-il le comprendre et faut-il en partager le sens et pas seulement croire que l’on est de gauche, parce qu’on a de l’argent et qu’on ne partage pas pour autant les valeurs de la petite bourgeoisie commerçante du siècle passé.</p>

<p>Mon propos n’est pas de demander l’avènement d’un nouveau fascisme, eh non, mon propos est d’inciter à réfléchir ceux qui veulent bien lire, entendre et comprendre ce qu’ils voient. </p>

<p>La voie qui nous est proposée, et un peu imposée, c’est celle de la destruction d’une société, de la destruction d’une civilisation, même si c’est la voie du plus grand profit pour quelques milliardaires et les princes qu’ils ont installés au sommet de l’establishment politique pour nous diriger.</p>

<p>Il y a aussi une tradition française, c’est celle de renverser les puissants, de renverser la table, et de choisir son destin.</p>

<p>L’avenir nous dira si c’est le carnaval totalitaire de la consommation ou si c’est la tradition politique consciente et raisonnée qui l’emportera.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 10:36:48 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’appel de 50 personnalités pour un référendum sur «le tour de vis fédéraliste» de l’Union européenne.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Une impensable démocratie sans démos ni kratos.<br />- Le terme démocratie n’a de sens qu’au pluriel. Il y a des démocraties parce qu’il y a des peuples, des nations, des communautés politiques. C’est peut-être le prix à payer pour la préservation d’une dimension essentielle de la diversité humaine, mais c’est ainsi : l’idée d’une démocratie unique est une abstraction vide ou bien l’expression d’une dangereuse utopie impériale fondée sur le rêve d’un empire planétaire gouverné par des super-oligarques, caste d’imposteurs suprêmes célébrant le culte de la démocratie, après en avoir confisqué le nom et interdit la pratique réelle. </p>

<p>La prétendue « démocratie » sans frontières des individus n’a plus rien de commun que le nom avec la démocratie incarnée par une communauté (toujours particulière) de citoyens actifs, une démocratie de participation où l’identité civique prime à la fois de l’identité ethnique et l’identité consumériste. La vision médiatique dominante de « la démocratie » … c’est le pouvoir du peuple sans pouvoir ni peuple. Une impensable démocratie sans « démos ni kratos.</p>

<p>L’étrange néo-démocratie qui se profile est dénuée de peuple souverain, s’imagine sans principe d’autorité ni instance de pouvoir, se veut sans histoire ni mémoire, elle prend la figure d’une pseudo-démocratie de consommateurs et actionnaires frénétiques, d’ethniques fanatiques, d’administrés et d’électeurs apathiques. A l’acratie des gouvernants répond l’apathie des gouvernés. –</p>

<p>Ces paroles écrites il y a plus de 20 ans par l’un des courageux signataires de cette tribune me reviennent en mémoire à la lecture de leur texte, à l’heure où l’imposture démocratique – celle de la démocratie virtuelle, planétaire, trans-étatique et post-nationale - a nettement progressé et où les défenseurs de la démocratie originelle – de la démocratie dont l'élément de base n’est pas un individu insulaire mais une communauté autonome – sont régulièrement discrédités et diffamés.</p>

<p>Je joins le texte de la tribune en entier. A lire, méditer et partager.</p>

<p>Le texte de l’introduction est tiré de « Résister au bougisme » (2001) de P.-A. Taguieff</p>

<p>***</p>

<p>L'appel de 50 personnalités pour un référendum sur « le tour de vis fédéraliste » de l'Union européenne </p>

<p>En novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée, puis une résolution semblable a été adoptée à l'Assemblée nationale. Cinquante personnalités*, dont Arnaud Montebourg et Marcel Gauchet, appellent à organiser un référendum sur ce sujet qui engage la souveraineté de la France.</p>

<p>Collective, Tribune</p>

<p>L'Union européenne n'en finit plus de dériver vers une supranationalité écrasante. D'année en année, la devise « Unis dans la diversité » a cédé sous une centralisation uniformisatrice effaçant les identités et les souverainetés nationales. Tournant le dos à ce qui la fonde, l'Union devient un carcan normatif où l'État de droit n'est brandi que pour justifier l'extension sans limites d'un système autoritaire. Imaginée comme un espace de prospérité où le « doux commerce » et la coopération renforceraient la paix entre les nations, elle est devenue une « prison des peuples » reposant sur des dogmes aveugles qu'il est interdit d'interroger malgré leurs évidents et dramatiques échecs économiques, sociaux et géopolitiques.</p>

<p>Cette dérive est servie par les deux dynamiques sans frein de l'élargissement et de l'approfondissement, le second étant toujours présenté comme indispensable au premier, lui-même inéluctable. </p>

<p>L'extension illimitée du territoire de l'Union européenne, sans stratégie ni délibération démocratique, semble échapper à la raison et ne plus obéir qu'à un automatisme incontrôlé. Entre 2004 et 2007, l'Union a déjà accueilli des États qui n'adhéraient pas à l'idée d'une autonomie stratégique. Il en est résulté une soumission accrue à l'hégémonie américaine tandis que les travailleurs de l'Ouest étaient livrés à la concurrence de ceux de l'Est. L'entrée irréfléchie, récemment promise, de l'Ukraine et de la Moldavie risque encore de ruiner des pans entiers de l'économie française, sans parler des conflits avec la fédération de Russie ni des distorsions culturelles et sociologiques que l'on feint d'ignorer. </p>

<p>L'approfondissement consiste ensuite, au nom de l'efficacité décisionnelle menacée par les élargissements, à accentuer le tour de vis fédéraliste en confisquant toujours davantage la souveraineté des peuples au profit des institutions supranationales. Cette captation continue passe depuis l'origine par l'interprétation extensive des compétences de l'Union, toujours défendue par la Commission et systématiquement validée et accentuée par la Cour de justice de l'Union européenne qui a imposé brutalement d'elle-même, en marge des traités et même contre leur lettre, la primauté inconditionnelle du droit européen, y compris sur les constitutions nationales. L'augmentation considérable du budget de l'Union, soustrait au contrôle des peuples et même parfois utilisée contre eux pour sanctionner leurs choix électoraux, révèle un déficit démocratique considérable, particulièrement injuste pour les pays contributeurs nets comme la France. Enfin, l'abandon du vote à l'unanimité au Conseil de l'Union, remplacé progressivement par le vote à la majorité qualifiée, a déjà ôté aux États membres leur droit de veto sur des domaines essentiels. Le projet de réforme des traités en préparation propose de généraliser définitivement, en toutes matières, y compris la défense et la politique extérieure commune, la règle de la majorité, actant ainsi officiellement la disparition du droit de veto des États membres et donc de ce qu'il leur reste encore de souveraineté. C'est ainsi la fédéralisation complète d'une Union élargie à trente-sept qui se prépare à l'insu des Français. </p>

<p>Depuis des décennies déjà, une grande partie des lois nationales n'est plus que la transposition servile de directives communautaires, tandis que la Cour de justice étend l'empire de sa jurisprudence et de son interprétation abusive des traités. Jusqu'ici, grâce au droit de veto résiduel, chaque pays membre pouvait encore, en théorie, refuser de consentir à une politique qui lui serait préjudiciable. Mais depuis la Conférence « citoyenne » sur l'avenir de l'Europe, organisée en 2022 de façon parfaitement opaque et pseudo-démocratique, la suppression de ce droit est programmée. </p>

<p>En mai 2023, des dirigeants français et allemands élus mais non mandatés pour cela ont déclaré vouloir réformer l'UE dans ce sens. En septembre 2023, des experts franco-allemands ont déposé leur rapport. Le 22 novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée à tous les domaines sans exception et prévoir davantage de sanctions contre les États membres récalcitrants. Le 29 novembre suivant ce fut le tour de l'Assemblée nationale française de voter une résolution en faveur d'un projet de traité reléguant notre souveraineté et prévoyant explicitement que les frontières extérieures, la protection civile, les affaires étrangères, la sécurité commune, la défense, l'industrie et l'éducation deviennent des « compétences partagées » de l'Union européenne, c'est-à-dire que les États n'y disposeront plus que d'une compétence résiduelle. </p>

<p>L'adoption de cette réforme, qui transférera à l'Union les derniers éléments de ce que le Conseil constitutionnel français appelle les « conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale » , réalisera le rêve de quelques-uns d'une Europe fédérale, dirigée par une commission portant officiellement le titre d' « Exécutif » , coiffé d'un « Président de l'Union européenne ». La fin des souverainetés nationales, et donc de nos démocraties, est ainsi clairement projetée. </p>

<p>Le peuple français pressent depuis longtemps cette dépossession. Elle dissout la souveraineté nationale et populaire. Elle sape la République. Il s'est opposé en 2005 à une première tentative de fédéralisation qui scellait sa disparition politique et culturelle, mais ses réticences ont été balayées par des dirigeants convertis à l'idéologie de la « société ouverte ». Le verdict populaire a été bafoué et contourné par la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, simple copier-coller du traité rejeté par les Français. </p>

<p>C'est la poursuite de ce processus qui est actuellement à l'oeuvre. Nos dirigeants s'apprêtent à prendre, au nom du peuple français, une décision majeure engageant le destin de notre pays, son indépendance et son existence même en tant que nation. Exploitant l'angoisse suscitée par la guerre, ils précipitent la fédéralisation sans jamais la nommer et sans que les populations européennes puissent prendre la mesure de leur dépossession. </p>

<p>Pour ce qui nous concerne, nous refusons cette dérive. Nous pensons, dans le sillage du général de Gaulle, qu'un système fédéral post-démocratique est contraire au génie de l'Europe et de la France et à l'imaginaire collectif qui, depuis mare nostrum, produit du commun à partir de la diversité de ses nations et de leur culture propre. La déconnexion définitive entre les peuples et la machinerie européenne achèvera la déresponsabilisation des dirigeants nationaux et décuplera les réactions nationalistes, au risque de nous conduire au chaos. </p>

<p>Quelle que soit notre vision de la France et de l'Europe, et l'avis que l'on porte sur la réforme et les élargissements en préparation, nous devons exiger qu'un pareil saut qualitatif dans l'inconnu d'un système supranational, qui minore l'identité des peuples, l'existence des nations et l'expérience des États d'Europe, soit soumis au référendum. </p>

<p>Il est urgent d'ouvrir le débat sur ce qui se prépare. Les élections de juin 2024 doivent être l'occasion de se prononcer en connaissance de cause sur le projet de fédéralisation en cours ainsi que sur les élargissements en vue. </p>

<p>Les signataires de cet appel et les citoyens qui s'y associent demandent aux candidats de chaque liste aux élections européennes de prendre clairement position sur ces projets et de s'engager à les faire soumettre à la ratification populaire. </p>

<p>* Signataires : Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la « Revue politique et parlementaire » ; Stéphane Rozès, politologue ; Arnaud Montebourg, ancien ministre et entrepreneur ; Marcel Gauchet, philosophe et historien ; Michel Onfray, philosophe ; Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel ; Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel ; Marie-Françoise Bechtel, ancienne députée ; Anne-Marie Le Pourhiet, professeur émérite de droit public ; Xavier Driencourt, ancien ambassadeur ; Benjamin Morel, maître de conférences en droit public ; Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, CNRS ; Éric Anceau, historien... Retrouvez la liste complète des signataires sur FigaroVox Premium.</p>
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