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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
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	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:22:14 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Un discours qui s&#039;adressait aux Français !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Gilles CASANOVA, sur sa page Facebook :</p>

<p>Je ne suis pas un soutien politique d'Éric Zemmour. Et nombre des éléments de son programme me semblent mériter d'être combattus politiquement, maintenant qu'ils ont un écho dans le pays.</p>

<p>Je suis un soutien politique de la République et de la démocratie. Du débat public en raison où l'on échange des arguments et où l'objectif n'est pas de faire taire l'autre physiquement, mais de l'emporter politiquement en faisant appel à l'intelligence et à l'expérience des citoyens.</p>

<p>Je suis allergique à la propagande médiatique a gros bouillons. Au mensonge mille fois répété qui se donne pour une nouvelle vérité.</p>

<p>Des manifestations de centaines de milliers de Gilets jaunes ou de salariés dans tout le pays sont résumés par le système médiatique à une agitation de quelques Blacks-Blocks, opportunément placés devant les caméras, c'est habituel.</p>

<p>Maintenant c'est un meeting de lancement de campagne de 10 à 15 000 participants pendant lequel un discours politique de haut niveau est prononcé, qui fait partie du débat public, où le système ne parle que d'une douzaine de militants Agit-prop de SOS-Racisme qui avec le secours de quelques caméras servent à faire croire à un déchainement de violence qui n'a pas eu lieu.</p>

<p>Mais ce qui me peine le plus, c'est de voir ceux qui s'émeuvent lorsque c'est la CGT, ou les Gilets jaunes qui sont victimes de la même méthode, venir appuyer la propagande sans fard du système médiatique Mainstream. </p>

<p>Sans comprendre que c'est eux-mêmes qu'ils frappent !</p>

<p>Combattre des idées politiques, ce n'est pas dénaturer la réalité, les propos ou les faits.</p>

<p>Des années de cette politique de manifestations de rue contre Jean-Marie Le Pen et de provocations physiques sans répondre politiquement, ont fait passer son courant politique de 2,3 % à plus de 30 %, mais la leçon n'est pas encore suffisamment forte.</p>

<p>Évidemment lorsqu'on n'a plus rien à dire, la tentation de faire taire les autres est tellement forte. L'état de la gauche fait peine à voir, si les courants qui dominent en son sein en sont là.</p>

<p>Éric Zemmour a marqué un point de plus hier après midi pour les Français avec de telles manipulations, car contrairement à un nombre trop grand de militants de gauche qui aiment ou detestent les méthodes de la propagande, selon qu'elle dit ce qui leur plaît ou leur déplait, les Français sont las d'être pris pour des veaux par le système.</p>

<p>Il serait bon qu'il y ait au moins une voix de gauche pour relever le défi du débat, face à un discours qui s'adressait aux Français, alors que les discours de la gauche dominante s'adressent à la bien-pensance de catégories supérieures de la société… et n'ont plus rien à proposer au pays.</p>

<p>Faute de cela la disqualification de la gauche sera totale, et pour longtemps, elle ne sera plus soutenue que par le système médiatique Mainstream qui la soutient comme la corde soutient le pendu !</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Dec 2021 13:34:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</link>
	<title><![CDATA[Les départements se posent en clé de voûte des politiques décentralisées]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p>
<p>L’Assemblée des départements de France ouvrait ce 2 décembre à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, les « Assises des départements ». Le rôle central du département a comme il se doit été largement mis en avant. Mais sous un prisme particulier : celui de la complémentarité avec les autres niveaux de collectivités, que ce soit la région ou la commune. Un corpus de 102 propositions a été présenté. Gouvernance, compétences, finances… les attentes en vue du prochain quinquennat sont fortes.</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<p>C’est dans une région comptant aujourd’hui pas moins de treize départements que se sont ouvertes ce 2 décembre les Assises des départements de France – un millier d’élus réunis à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes… La création des grandes régions « a conforté le département », a estimé Jean-François Debat, le maire de Bourg-en-Bresse, dans son allocution d’accueil. De quoi, dès les premières prises de parole, mettre l’accent sur la nécessaire complémentarité entre niveaux de collectivités. Et sur le rôle central que le département doit plus que jamais jouer dans l’architecture des politiques publiques territoriales. En toile de fond, évidemment, deux éléments de contexte. D’une part, la crise sanitaire : celle-ci « a démontré que le département est un échelon pertinent de réponse à toute forme de crise », a par exemple assuré Jean Deguerry, le président hôte de ces Assises. D’autre part… l’approche de l’élection présidentielle : c’est le moment ou jamais de « faire entendre sa voix », de « dire ce que l’on veut ».<br />©PHOTOPQR/LE PROGRES/Catherine AULAZ – Bourg-en-Bresse 02/12/2021 – Assises nationales des Département de France – 2 décembre 2021 -Assises nationales des Départements de France à Bourg-en-Bresse (Ain) du 1er au 3 décembre 2021. A Ainterexpo. – François Sauvadet, président de l’ADF (Assemblée des Départements de France).Cette question des complémentarités, François Sauvadet – le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), est le premier à la mettre en avant. Tout en conservant une exigence de clarté. « Nous devons avoir un débat sur l’efficacité de l’action publique et, oui, sur le bon échelon pour agir », a-t-il déclaré en ouverture, ajoutant que « tous les sujets doivent être mis sur la table » et qu’il s’agit de se mettre d’accord, notamment avec les régions, avant de porter une plateforme de propositions auprès du futur exécutif. Le piège serait de « se chamailler sur les compétences ».  François Sauvadet a eu l’occasion de s’en entretenir avec Carole Delga, son homologue de Régions de France, a-t-il précisé.<br />« Le lien n’a jamais été rompu »<br />La voix des régions était ce 2 décembre portée par le président d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Une région où on travaille ensemble », a assuré Laurent Wauquiez qui, dans une longue intervention, a décliné cette nécessité – « malgré la loi Notre » – de « ne pas entrer dans des luttes de compétences », d’« additionner nos forces » et, donc, d’être « complémentaires ». Sur son vaste territoire, cela s’illustrerait dans de multiples domaines : le contrat de plan Etat-région, qui « s’appuie sur les départements » ; le soutien spécifique de la région à certains départements (à l’image du « pacte pour le Cantal » par lequel la région intervient dans le financement des projets départementaux) ; le travail conjoint à privilégier entre RSA et formation ; la création par la région d’une agence économique dont les départements sont partie prenante, leur permettant par ce biais de « continuer à intervenir » sur l’économie et l’industrie ; les infrastructures numériques, la politique montagne… Et en 2020, au cœur de la crise sanitaire, région et départements, a rappelé Laurent Wauquiez, ont notamment mis en place une centrale d’achat commune ainsi qu’un fonds unique de soutien aux commerçants et artisans.<br />Complémentarité, encore, avec les communes. C’est cette fois Michel Fournier – le président de l’Association des maires ruraux (AMRF), qui s’en est fait l’écho dans le cadre d’une séquence consacrée aux « solidarités territoriales ». Une enquête menée par son association témoigne d’une « unanimité des maires ruraux sur le couple département-communes », a-t-il déclaré. Même si « la loi Notre a essayé de faire exploser tout ça », même s’il regrette à la fois la « nouvelle dimension cantonale » et la perte de la compétence économique pour les départements… Michel Fournier insiste sur le fait que le soutien financier des départements est vital pour bien des communes rurales, tout comme leur « aide technique » (malgré la création de l’ANCT, « le premier réflexe » des maires est toujours de « s’adresser au département », constate-t-il). « Mon département compte 500 communes. Le lien n’a jamais été rompu », a corroboré Germinal Peiro – le président de la Dordogne, évoquant les « contrats cantonaux » à travers lesquels le département apporte au moins 25% de l’investissement nécessaire à la réalisation des projets des communes. Et l’interco dans tout ça ? Plus compliqué, visiblement… « Parfois les maires se tournent plus facilement vers le département que vers l’intercommunalité », estime Pascal Coste – le président de la Corrèze, tandis que Michel Fournier demande aux départements de « bien continuer à descendre jusqu’à la commune » même lorsque « l’État incite à avoir l’interco pour unique interlocuteur ».<br />« Que l’État soit à nos côtés »<br />Complémentarité, confiance. Ces deux termes beaucoup entendus ce jeudi dans l’Ain concernent naturellement aussi l’État. Certes, cette fois moins sous forme de constat que de vœu. Les séquences successivement consacrées à l’enfance, au vieillissement et au handicap l’ont illustré. Sur l’aide sociale à l’enfance (ASE), si la crise a souvent conduit les départements à « travailler différemment » avec les autres acteurs, le préalable est que à « l’État prenne ses responsabilités », a ainsi témoigné Florence Dabin – présidente du Maine-et-Loire qui vient d’être élue présidente du GIP Enfance en danger. Qu’il prenne ses responsabilités pour garantir les moyens financiers de l’ASE et de la PMI… ou pour assurer ses propres prérogatives, dont la pédopsychiatrie où les besoins sont béants. Côté médicosocial, le président de la Somme, Stéphane Haussoulier, regrette entre autres que le volet revalorisations salariales du Ségur de la Santé ait dans un premier temps « oublié des gens » (alors que « s’ils avaient consulté les départements, on leur aurait dit ! ») ou encore qu’il soit « plus facile de joindre la secrétaire d’Etat que le directeur de son agence régionale de santé ». De même, François Sauvadet regrette que le gouvernement ait imposé « le même prix horaire pour tout le monde pour l’aide à domicile ».<br />« Nous attendons de l’État qu’il soit à nos côtés », résume le président de l’ADF. Y compris pour « accompagner les départements les plus fragiles » au titre de « la solidarité nationale », au-delà de la péréquation horizontale initiée par les départements eux-mêmes. Et ce, d’autant plus que la situation financière des départements risque fort de connaître bientôt un sérieux contrecoup. « On parle de bonne santé financière des départements, du fait du niveau actuel des droits de mutation. Mais cela ne durera pas, les DMTO baisseront l’an prochain, la situation est explosive », prévoit François Sauvadet, qui se souvient de la chute de 70% au lendemain de la crise financière de 2008. A cette époque-là, les départements avaient pu activer d’autres leviers. Aujourd’hui ce n’est plus vrai puisque avec le transfert de la taxe sur le foncier bâti, les départements n’ont tout simplement plus de levier fiscal. Il y a aussi « des craintes sur les dotations » : l’État ne risque-t-il pas, face aux dettes du « quoi qu’il en coûte », de vouloir commencer par rogner les ressources des collectivités ?<br />Propositions de terrain<br />C’est dans ce contexte que l’ADF a présenté ce 2 décembre en fin de journée un ensemble de 102 propositions (à télécharger ci-dessous). Des propositions « issues du terrain », souligne l’association : elles émanent des réflexions de ses commissions et groupes de travail, mais aussi de débats organisés dans chaque département en amont des Assises. Elles entendent se faire l’écho des « expériences réussies, bonnes pratiques et innovations développées localement ». Les sujets couverts sont nombreux et englobent, au-delà des grandes compétences départementales, dont le social, des enjeux liés aux transitions, aux mobilités, à la démocratie locale…<br />Le fil conducteur : comment « refonder la relation avec l’État central, pour un nouvel élan de décentralisation ». Parmi les demandes transversales : donner aux départements « une clause de compétence générale en cas de crise », leur octroyer « un pouvoir réglementaire élargi » et « la possibilité d’adapter les normes »…  Dans le même esprit, l’ADF souhaite « qu’il soit mis fin aux interventions de l’État dans le pilotage des politiques publiques décentralisées et aux appels à projets qui préformatent l’action publique territoriale ». Sur le terrain des finances, les départements attendent la fin des contrats de Cahors, « une plus juste compensation des transferts », « une clause de sauvegarde pour pallier dans le temps les variations de charges et de dépenses », « une garantie d’autonomie fiscale à hauteur de 50% de leurs ressources au moins » et « une provision contracyclique pour faciliter les plans d’investissements pluriannuels ». En termes de compétences, les départements veulent être les collectivités chefs de file (ou référentes ou coordinatrices, selon les cas) en matière de gestion des réseaux, de gestion de l’eau potable, de gestion des circuits locaux d’alimentation, des grands services de prévention (dont la PMI et la médecine scolaire), de la politique familiale, de l’autonomie, des gestionnaires des collèges… Et entendent, au-delà de tout cela, pouvoir intervenir partout « où l’action de proximité départementale va de soi » : économie de proximité, aides à la pierre, précarité énergétique, transports scolaires…<br />Ces propositions voient clairement plus loin que le projet de loi 3DS qui vient de passer par le filtre de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, laquelle a notamment tiré un trait sur les apports du Sénat concernant les compétences des départements (lire notre <a href="https://www.banquedesterritoires.fr/projet-de-loi-3ds-ce-que-les-deputes-ont-decide-en-commission" target="_blank" rel="noopener">article</a> du 1er décembre). Des vœux, donc, pour la prochaine législature. Jean Castex, attendu vendredi en début d’après-midi pour clore ces Assises en compagnie de Jacqueline Gourault et de Brigitte Bourguignon, ne devrait donc guère y apporter de réponse directe. Sauf, peut-être, pour mettre l’accent sur la formule proposée par le gouvernement concernant le transfert des routes ou sur un éventuel compromis quant au devenir des gestionnaires de collèges. L’ADF peut en revanche se prévaloir des enseignements d’un sondage commandé à l’Ifop, présenté jeudi matin (à télécharger ci-dessous), qui témoigne d’un certain capital confiance dont bénéficient les départements auprès des Français.</p>

<p>Quand l' »exode urbain » mobilise les compétences départementales<br />Parmi les « défis d’avenir » déclinés jeudi après-midi, celui de « l’exode urbain » qui marquerait la France de l’après-confinement. L’économiste Jean-Claude Delgènes a préalablement listé les conditions à remplir pour un territoire souhaitant accueillir de nouvelles populations quittant – éventuellement une partie du temps seulement – une grande métropole pour s’installer dans un environnement plus rural : l’accès à internet, les transports, les services liés à l’enfance, le sport, les vecteurs de qualité de vie tels que l’environnement et l’alimentation. Or les politiques départementales sont impliquées dans tout cela. « Fibre optique, infrastructures routières, école et enfance… Cela passe par les départements. On voit donc bien que nous sommes l’échelon qui va permettre d’organiser cette révolution », en conclut François Durovray, le président de l’Essonne, soulignant la nécessité de « s’adapter très vite » face à ce nouvel aménagement du territoire de fait. Valérie Simonet, présidente de la Creuse, a témoigné de la façon dont son département a depuis longtemps déjà, via don agence de développement, déployé des moyens pour faire connaître les atouts de ce territoire ultra-rural puis, face au succès de ses campagnes de communication, pour offrir aux nouveaux habitants les équipements et services dont ils ont besoin. Si le mouvement qui s’amorce devait se confirmer et prendre de l’ampleur, des questions de fond vont toutefois se poser. François Durovray en évoque deux. Tout d’abord, celle de l’habitat : le développement de la bi-résidentialité implique une pression immobilière supplémentaire… mais aussi peut-être la nécessité de réfléchir à de nouvelles formes d’habitat. D’autre part, celle de la fiscalité : « Aujourd’hui, la fiscalité reste liée à l’implantation des sièges sociaux », alors même que l’arrivée de populations (de télétravailleurs notamment) va nécessiter « de nouveaux équipements sur des territoires qui ne bénéficieront pas des recettes correspondantes. »</p>
<p></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/ADF-IFOP%20-%20Enqu%C3%AAte%20aupr%C3%A8s%20des%20Fran%C3%A7ais%20sur%20l%27image%20des%20D%C3%A9partements%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 578.64 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/CP%20Ifop-ADF%20-%20Les%20D%C3%A9partements%20en%20premi%C3%A8re%20ligne%20de%20la%20relances%20selon%20les%20Fran%C3%A7ais%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 299.29 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"></p><p style="text-align: justify;">Francois-Sauvadet-</p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo">https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/791/%C2%ABen-voulant-censurer-zemmour-la-gauche-prouve-son-incapacite-a-comprendre-les-inquietudes-des-francais%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sat, 04 Dec 2021 13:46:56 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/791/%C2%ABen-voulant-censurer-zemmour-la-gauche-prouve-son-incapacite-a-comprendre-les-inquietudes-des-francais%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«En voulant censurer Zemmour, la gauche prouve son incapacité à comprendre les inquiétudes des Français»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Stéphane Troussel, président socialiste de la Seine-Saint-Denis, a lancé une pétition pour interdire le meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre. Pour Laurence Taillade, cet acte d'impuissance est le symbole d'une gauche en déclin qui préfère censurer plutôt qu'argumenter.</p><p>Laurence Taillade est essayiste, auteur de L'urgence laïque (Ed.Michalon) et Être une femme en 2020 (Ed. Michalon) et coauteur d'Une France soumise.</p><p>Stéphane Troussel lance une pétition en direction des propriétaires du parc des expositions de Villepinte, qui accueillera le meeting d'Éric Zemmour le 5 décembre, pour leur demander le retrait de la salle. Qu'un président de département, élu, se prête à ce type de guignolerie est atterrant à plusieurs titres.</p><p>Je n'ai pas de sympathie particulière pour Éric Zemmour et regrette sa décision de sortir de son rôle de polémiste, qu'il remplissait plutôt bien. Néanmoins, j'ai un attachement viscéral pour la liberté d'expression et pour la démocratie. Or, en agissant ainsi, Monsieur Troussel, qui est dépositaire des principes républicains, dont les libertés d'expression, de penser, d'entreprendre sont les piliers, s'abandonne à les dénier.</p><p>L'utilisation de la pétition relève de l'acte symbolique et met en exergue l'impuissance d'un élu à réclamer une censure qui n'a pas de fondement légal.</p>
<p>Laurence Taillade</p>
<p>On comprend que cet élu socialiste, un dinosaure qui a résisté, comme certains de sa catégorie, par le propos démagogique et le clientélisme, s'en prenne ainsi à la venue d'Éric Zemmour dans son fief. Il vit cela, selon ses propres mots, comme un «symbole révoltant». S'exprimant en écriture inclusive sur son fil Twitter, défendant bec et ongles le port du voile lors des sorties scolaires, considérant que son département est «multiculturel», donnant crédit à la victimisation permanente véhiculée par les associations anti-racistes, dont le PIR et le CCIF ont été les maîtres d'œuvre, relayant le concept d'islamophobie, il ne pouvait pas en être autrement.</p><p>Sauf que Monsieur Troussel n'est pas un militant d'association mais un président de collectivité locale et que l'on est en droit d'attendre de lui un peu plus de dignité. Il ne s'agit pas ici de remettre en cause le sentiment de «6 personnes sur 10 (qui) se disent victimes de discrimination», si l'on en croit ses propos, mais de rappeler que celui-ci a été fortement influencé par ces mouvements prétendument anti-racistes qui ont intentionnellement instrumentalisé toute forme de frustration pour lui donner une explication raciale. Le concept d'islamophobie, porté par des officines proches des Frères musulmans dont certaines sont aujourd'hui dissoutes, relayé par la galaxie racialiste qui en a fait un business, a largement contribué à créer ce sentiment exacerbé pour en faire une forme de réalité, dans un département à forte population immigrée, mal intégrée et dont certains quartiers ont cédé aux sirènes du communautarisme, de la haine de la France, de ses valeurs et du refus de l'assimilation à tout ce que notre pays représente. Oui, la présence d'Éric Zemmour là est une surprise pour Stéphane Troussel mais non, elle n'est pas négociable.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/gilles-william-goldnadel-est-ce-vraiment-l-extreme-droite-qui-menace-la-liberte-d-expression-20211122">Gilles-William Goldnadel: «Est-ce vraiment l'extrême droite qui menace la liberté d'expression ?»</a></p><p>L'utilisation de la pétition, quant à elle, relève de l'acte symbolique et met en exergue l'impuissance d'un élu à réclamer une censure qui n'a pas de fondement légal. Il faudra bien que Monsieur Troussel accepte que la Seine-Saint-Denis ne soit pas un fief mais un département français.</p><p>Notre pays s'est fondé sur la volonté du peuple de s'emparer de sa souveraineté. Il est marqué par la violence avec laquelle la République a vu le jour. La République tient sur cette démocratie où le peuple exerce le pouvoir. Or il n'existe pas de démocratie sans débat, sans liberté d'exprimer ses idées, de les confronter, de débattre, dans le cadre de la liberté d'expression. Éric Zemmour est candidat à l'élection présidentielle. Va-t-il se présenter devant les urnes sans jamais s'exprimer en contact direct avec le peuple et sans pouvoir exposer ses idées, un programme ?</p><p>La gauche nous avait habitués à cette censure dont elle devient coutumière. Ce qui est navrant, c'est qu'elle devrait, au contraire, être la garante d'un exercice démocratique exprimé à son plein. Il semble qu'à court d'arguments, à court de réflexion, le PS se soit totalement éloigné de sa capacité à répondre aux problèmes que pose ce candidat et qui sont le fond de sa popularité. Ces bien-pensants, écartant de toute discussion les préoccupations légitimes des Français quant à l'immigration, la montée du communautarisme, l'islamisme, la remise en question quotidienne de nos valeurs, de notre culture, dédaignent ceux qu'ils se prétendant représenter par le mandat et se complaisent dans la consanguinité d'idées. Pire, ils dégradent la Nation, porteuse d'un destin en commun, d'un socle historique et d'un pacte social auquel chacun décide d'adhérer librement. Le citoyen, lorsqu'il s'agit de s'exprimer dans une urne, ira toujours vers celui qui lui semble le mieux comprendre son quotidien. Force est de constater que cette gauche-là en est très loin, qu'elle a choisi délibérément de s'en éloigner et de fuir la confrontation.</p><p>Stéphane Troussel se livre à l'exercice favori de son camp : pleurnicher sur des ressentis de minorités hurlantes et ignorer la réalité des masses silencieuses.</p>
<p>Laurence Taillade</p>
<p>Au contraire, dédaignant la force de la rationalité, ces politiques indignes de la République dont ils se rengorgent se vautrent dans l'émotionnel pour mieux manipuler leurs cibles électorales. Oublié le principe d'Égalité qui les oblige à ignorer les distinctions de couleur de peau ou de religion, aux oubliettes la laïcité qui contraint à un exercice distancié de la religion. Stéphane Troussel se livre à l'exercice favori de son camp : pleurnicher sur des ressentis de minorités hurlantes et ignorer la réalité des masses silencieuses.</p><p>Agir ainsi, c'est faire le cadeau du statut de victime à Eric Zemmour, c'est le hisser au niveau d'un adversaire politique crédible. De même que son invitation sur TF1, lors du 20h de cette semaine, pose question dans le traitement de l'interview. Le travail de journaliste aurait été de le confronter aux problèmes de notre société et l'acculer au vide de son programme concernant les difficultés économiques des Français, qui ne se résument pas à l'immigration, même si cette question doit tenir un rôle majeur dans l'élection présidentielle, tant notre pays a souffert de la négliger.</p><p>Car, finalement, si Éric Zemmour prend une telle place, c'est bien que trop longtemps les autres partis politiques lui ont laissée et lui laissent encore, traitant avec dédain, dans le meilleur des cas, renvoyant au fascisme, pour d'autres, toute personne osant se confronter au réel du quotidien de nos compatriotes.</p><p>Le pouvoir rendrait fou. Prenons garde à ce que les fous ne prennent pas le pouvoir. Nous en serions collectivement responsables, d'avoir trop longtemps négligé la raison.</p><p>À VOIR AUSSI – Carl Meeus: «La présence d'Éric Ciotti a peut-être empêché le départ d'adhérents vers Éric Zemmour»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/788/une-superbe-epine-dans-le-pied-des-indigenistes</guid>
	<pubDate>Mon, 29 Nov 2021 20:01:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/788/une-superbe-epine-dans-le-pied-des-indigenistes</link>
	<title><![CDATA[une superbe épine dans le pied des indigénistes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Joséphine <a href="https://www.lejdd.fr/Societe/josephine-baker-au-pantheon-la-ceremonie-sera-tres-politique-4079463" target="_blank" rel="noopener">Baker entrera mardi 30 novembre au Panthéon</a>. Elle sera la première femme noire et la première artiste à rejoindre la cohorte des « grands hommes » et quelques femmes que la patrie reconnaissante honore de sa béatification laïque.</p><p>Mais ce n’est pas seulement l’icône noire mondiale des années trente, la star de la Revue nègre avec sa clownesque et ironique « danse sauvage », l’amie des cubistes et des surréalistes, que le président <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/tag/emmanuel-macron/" target="_blank" rel="noopener">Emmanuel Macron</a> a choisi de faire reposer aux côtés de <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/2-janvier-1942-jean-moulin-parachute-france/" target="_blank" rel="noopener">Jean Moulin</a>. C’est surtout la résistante. Celle qui chantait son amour pour Paris l’aima tellement qu’elle entra immédiatement en résistance lorsque l’occupant nazi y installa ses croix gammées. Engagée aux côtés des Forces françaises libres, elle proposa ses services au contre-espionnage. « Les Français m’ont tout donné. Je suis prête à leur donner aujourd’hui ma vie », dira la star de music-hall qui gardera une reconnaissance éternelle à la France qui l’accueillit en 1925.</p><p>Née dans le Missouri, état ségrégationniste, elle découvre à son arrivée un pays libre où « elle n’eut plus jamais peur » et où elle pouvait entrer dans n’importe quel restaurant. On l’utilisa donc pour récolter des renseignements. Patriote jusqu’à la pointe de ses accroche-cœurs ! Vénérant le général de Gaulle, « son » grand homme, qui lui offrit une croix de Lorraine lors de leur première rencontre à l’opéra d’Alger en 1943, puis une légion d’honneur à titre militaire en 1957. C’est en uniforme de l’armée de l’air française qu’elle prendra la parole aux côtés de Martin Luther King lors de la célèbre marche d’août 1963 à Washington. Car Joséphine Baker croit en la fraternité universelle et au juste combat contre le racisme. Aux États-Unis, elle se bat contre la ségrégation. En France, elle finance la Licra et s’engage aux côtés du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).</p><p>« Les temps nouveaux ne sont peut-être plus si bien accordés à la fraternité universaliste que Joséphine Baker voulait sienne. Sa panthéonisation est un pied de nez à tous les tenants du business identitaire indigéniste, décolonial et racialiste. »</p><p>Comment imaginer une icône plus charismatique, plus consensuelle et plus française ? <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/auteur/regis-debray/" target="_blank" rel="noopener">Comme l’écrivit Régis Debray</a>, qui fut à l’origine en 2013 du mouvement pour sa panthéonisation, « Voir reposer côte à côte la chair et la science, la fantasque et le supplicié, Orphée et Jean Moulin, ne serait pas la pire façon de faire remonter de la vie au sommet de la colline […] et d’accorder la République aux temps nouveaux. »</p><p>Les temps nouveaux justement ne sont peut-être plus si bien accordés à la fraternité universaliste que Joséphine Baker voulait sienne. Sa panthéonisation est un pied de nez à tous les tenants du business identitaire indigéniste, décolonial et racialiste. Une épine dans leur pied. Comme c’est ennuyeux ce diable de femme qui ne cesse de célébrer la France qu’elle considère comme un paradis comparé aux États-Unis. Bien loin de l’infernal « État raciste systémique » qu’on dénonce en permanence dans les discours décoloniaux et leurs médias woke déférents.</p><p><a href="https://www.liberation.fr/culture/entre-ici-josephine-20211126_IAIYL5A6AFBKPMDZQZES2ALAJM/" target="_blank" rel="noopener">Libération a réglé le problème en proposant une réécriture woke de la vie de Joséphine Baker</a>. « Noire, bisexuelle, résistante, antiraciste, féministe… la danseuse et chanteuse symbolise une France plurielle à rebours des débats actuels », titre le quotidien. Comprendre « à rebours des débats actuels identitaires incarnés par les forces réactionnaires et fascisantes racistes et islamophobes ».</p><p>« Énoncer les différentes appartenances de Joséphine Baker pour en faire le symbole d’une France multiculturelle, diversitaire et dégenrée, opposée à l’universalisme “abstrait”, c’est foncer dans le contresens. »</p><p>Voilà Joséphine Baker, gaulliste et libertaire, promue à son corps défendant icône postmoderne de l’intersectionnalité et de la convergence néo-féministe décoloniale et racialiste. Bisexuelle, quelle aubaine ! Même les LGTBQ+ vont pouvoir la chaperonner. Le problème avec Joséphine Baker, c’est justement qu’elle n’est d’aucune chapelle, d’aucune tribu, d’aucune communauté. Énoncer ses différentes appartenances pour en faire le symbole d’une France multiculturelle, diversitaire et dégenrée, opposée à l’universalisme « abstrait », c’est foncer dans le contresens.</p><p></p><p><br />Libération, qui ouvre grand ses colonnes à ceux qui font la promotion de la culture woke, en connaît pourtant bien la grammaire. On s’y exprime « en tant que » noir, « en tant que » femme, en « tant que » trans , « en tant que » musulman… Et surtout on s’y exprime tant qu’on dénonce la République française, son néo-colonialisme, son universalisme hypocrite, qui masquerait en fait la discrimination permanente et le racisme systémique. Toute critique de cette essentialisation, de cette assignation identitaire est d’ordre totalitaire, colonialiste, suprématiste blanc et hétérosexuel dominant. On ne s’aventurera pas à faire parler les morts mais Joséphine Baker qui se battait pour faire disparaître les barrières entre les races, aurait-elle fait la promotion d’un néo-racisme qui a spectaculairement réhabilité la notion de race pour en faire un étendard de la lutte anti-occidentale ? Joséphine Baker se battait en tant qu’être complexe et singulier à la fois, non pour la défense d’une communauté mais pour l’abolition des apartheids, de tous les apartheids, aurait-elle applaudi à ces nouvelles idéologies où ce qui nous sépare compte plus que ce qui nous rassemble ? Preuve que le destin inclassable, donc libre, de cette icône embarrasse l’« indigénie », cette dernière rappelle ses troupes à l’ordre.</p><p>« Joséphine Baker, femme libre, inclassable et complexe. C’est cette impossibilité à l’assigner qui fait d’elle une figure encore plus exemplaire. Une femme illustre entre toutes pour notre Panthéon. Son destin est un roman à enseigner d’urgence dans nos écoles. »</p><p><a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2021/11/23/josephine-baker-pantheon-france-colonialism/" target="_blank" rel="noopener">Rokhaya Diallo s’est fendue d’une tribune au Washington Post</a> pour avertir que « l’histoire inspirante de Joséphine Baker ne doit pas effacer le racisme d’État français. » Dans <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/rokhaya-diallo-la-pantheonisation-de-josephine-baker-repare-nos-memoires-mais-cela-ne-peut-etre-suffisant-20211126_PKYNWEULHRA4TI7SVYMYWF5KCE/" target="_blank" rel="noopener">son interview à Libération</a>, elle tempère l’enthousiasme général en rappelant que Joséphine Baker « n’a jamais critiqué la domination coloniale française, contrairement à Gisèle Halimi ». Rokhaya Diallo aurait visiblement été plus à l’aise avec l’entrée au Panthéon d’une militante féministe anticolonialiste. Si tel avait été le cas, elle aurait pu approuver le choix d’une figure anticolonialiste tout en se lamentant qu’aucune femme non blanche n’ait encore été choisie pour figurer au Panthéon…</p><p>La militante décoloniale souligne l’aveuglement, le déni, les impasses de Joséphine Baker. Mais se battre, comme cette dernière le fit, dès les années 1950, contre la ségrégation aux États-Unis fait d’elle un précurseur. Elle n’a peut-être pas mené la lutte anticoloniale mais elle a sûrement applaudi de Gaulle, qu’elle approuvait tout d’un bloc, quand il accorda l’indépendance à l’Algérie et aux pays africains. Son soutien à Fidel Castro, héros de la lutte anti-impérialiste et anticolonialiste, n’est pas non plus un détail. Elle n’a pas eu peur de le revendiquer malgré ses attaches gaullistes.</p><p>Joséphine Baker, femme libre, inclassable et complexe. C’est cette impossibilité à l’assigner qui fait d’elle une figure encore plus exemplaire. Une femme illustre entre toutes pour notre Panthéon. Son destin est un roman à enseigner d’urgence dans nos écoles.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 25 Nov 2021 21:10:21 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les &quot;dégommeuses&quot; du féminisme et de la laïcité. Naëm Bestandji]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Moins obnubilés par leur foi que par leur libido, les islamistes sont des obsédés sexuels. La régulation de leurs désirs passe par le prisme du patriarcat : les femmes, objets sexuels, sont considérées comme des proies. Elles en sont responsables par nature. Victimes potentielles, coupables certaines, il leur revient de prendre les mesures nécessaires pour se protéger des « prédateurs ». Elles doivent « religieusement » se cacher sous un voile. Ainsi dissimulées de la vue de leurs bourreaux « naturels », elles seraient « protégées ». Ces objets peuvent être regardés par les membres de la proche famille et des mâles sexuellement inactifs (les garçonnets et les impuissants) car, avec eux, l’objet sexuel n’est pas convoité. Voilà pourquoi le voile est porté en permanence, tel un carcan mobile « librement choisi » par nombre de ses adeptes, en dehors du foyer ou chaque fois que l’objet « risque » de croiser un homme étranger.</p>
<p>Le sexisme du voile, porte-étendard politique de l’islamisme</p>
<p>Cette obsession sexuelle est si énorme, et le patriarcat perçu comme meilleur moyen d’organisation sociétale, que les islamistes ont érigé le voile en porte-étendard politique de leur idéologie. La tête des musulmanes sert de support. Face à la « dépravation des Occidentales » qui osent vivre libres et cheveux au vent, l’enfermement symbolique et concret des musulmanes est brandi comme une identité à défendre et à affirmer. Cela explique pourquoi l’écrasante majorité des offensives politiques islamistes concerne cet accessoire sexiste.</p><p>Les femmes, objets sexuels, sont considérées comme des proies. Elles en sont responsables par nature. Victimes potentielles, coupables certaines, il leur revient de prendre les mesures nécessaires pour se protéger des « prédateurs ». Elles doivent se cacher sous un voile. Ainsi dissimulées de la vue de leurs bourreaux « naturels », elles seraient « protégées ».</p><p>Si le voile est leur outil matériel, le jeu sémantique des islamistes contribue à leur avancée : le consentement à la servitude patriarcale est présenté comme un « libre choix », le sexisme du voile est arboré comme une forme de féminisme, l’offense à l’islam(isme) (« islamophobie ») est déclarée être une hostilité envers les musulmans, etc. La rhétorique d’inversion et le terrain de la laïcité, plutôt que celui de l’inégalité des sexes, permettent à l’islamisme de trouver des alliés, même parmi les féministes. Depuis plus de trente ans, le cheval de Troie politico-sexiste a montré son efficacité. La jeunesse est une cible privilégiée. Les fillettes et adolescentes comptent parmi leurs priorités. Les islamistes considèrent qu’il faut les voiler « très tôt pour ne pas qu’elles se rebellent plus tard ». Si certains hésitent à sexualiser les fillettes en les voilant, tous s’accordent sur l’obligation de porter le voile (le fameux « libre choix » dans leur langage marketing) dès que les formes féminines apparaissent au début de l’adolescence. Pour cela, ils comptent aussi sur le soutien de leurs partenaires non musulmans pour permettre une meilleure diffusion de leur idéologie au sein de la société. L’écrasante majorité des musulmans vit dans les quartiers populaires. Trouver des alliés à gauche est donc indispensable. Cette étape a été largement dépassée. Les offensives dans le football en sont un bel exemple.</p>
<p>Alliance citoyenne à l’origine des « hijabeuses »</p>
<p>Alliance citoyenne, partenaire de l’islamisme politique, est une des associations les plus sexistes et rétrogrades de France. Séduite par l’approche sexiste, identitaire et victimaire de l’intégrisme musulman, elle s’est fixée pour mission d’imposer le sexisme du voile dans toutes les strates de la société. La première cible fut les piscines municipales avec les actions burqini. Puis ce fut au tour de quelques salles de sport par des offensives sexistes pro-voile. Depuis près d'un an, le football est aussi particulièrement visé. Les adolescentes sont les cibles, comme l’avaient déjà théorisé les prédicateurs islamistes.</p><p>Ainsi a été créé, au sein d’une association non religieuse d’extrême gauche, un groupe de jeunes islamistes en herbe qui, par leurs voiles, s’autodiscriminent et se définissent comme « hijabeuses » avant d’être footballeuses. Toutes imprégnées des discours de leurs « savants » qui leur ont martelé les « bienfaits du [sexisme du] voile », elles ont pour objectif de mettre la pression sur la Fédération Française de Football (FFF), la faire céder pour autoriser le sexisme politico-religieux du voile sur les terrains. Alliance citoyenne sait qu’elle ne réussira pas seule. Elle aussi a besoin d’alliés. Les Frères musulmans, dont l’idéologie est le socle des actions pro-voile d’Alliance citoyenne, comptent parmi leurs partenaires. Mais, infréquentables (le CCIF a par exemple été dissout par le gouvernement), il est nécessaire d’en trouver des moins sulfureux, des partenaires non religieux dont l’objet est la lutte contre les discriminations, angle idéal dans le cadre de la stratégie victimaire de l’islamisme politique. L’association parisienne Les dégommeuses est la partenaire rêvée.</p>
<p>Les « dégommeuses », nouvelles promotrices du sexisme politique « choisi »</p>
<p>Créée en janvier 2012, l’association Les Dégommeuses poursuit deux objectifs principaux : la promotion du foot féminin et la lutte contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations.<br />Les Dégommeuses est une équipe de foot majoritairement composée de lesbiennes et de personnes trans qui a pour objectif de lutter contre les discriminations dans le sport et par le sport.<br />(site internet lesdegommeuses)</p><p>Cette intention est louable et nécessaire. Les discriminations au sein du sport, à l’image de la société, sont effectivement nombreuses. Homophobie, lesbophobie et transphobie sont légion. Le problème est que l’association se reconnaît dans une mouvance féministe intersectionnelle. Ce féminisme à temps partiel et à géométrie variable considère que, à l’intersection des discriminations que peut cumuler et subir un individu (par exemple une femme noire, lesbienne et pauvre), la lutte pour l’égalité des sexes doit céder le passage au respect de l’identité, de la culture et de l’intégrisme musulman (perçu par les intersectionnelles comme étant l’islam tout court).</p><p>L’association milite donc pour la différenciation des droits et pour des discriminations « choisies » si elles sont portées par les « concernées ». Le terme « inclusivité » fait naturellement partie du package (comme si toutes les autres formes de luttes contre les discriminations étaient « excluantes ») : les Dégommeuses est une association inclusive et qui promeut la diversité. L’inclusivité en question consiste à « inclure » toutes revendications, même les plus discriminantes, si elles sont portées par des personnes (surtout « non blanches ». L’« inclusivité » a ses limites) qui se déclarent victimes. La lutte n’a donc pas pour objectif l’égalité mais la reconnaissance de tout ce que veut porter un individu et réclamer des privilèges pour obtenir des droits particuliers. L’idée n’est plus de faire société commune par ce qui nous rassemble mais d’appeler à une société fragmentée par la mise en avant des différences. L’affichage identitaire est donc le bienvenu, seulement si cela provient des « victimes éternelles » c’est-à-dire les « non-blancs », les « racisés » pour reprendre leur terme raciste, essentialiste et paternaliste. L’islam(isme) est ainsi racialisé, passant du statut de religion ou d’idéologie politique à celui d’ethnie et rejetant du même coup la liberté de conscience (puisqu’on serait musulman de naissance et biologiquement assigné à le demeurer). Pour pouvoir distinguer visuellement cette supposée ethnie musulmane, les intersectionnelles ont adopté l’approche sexiste et patriarcale des extrémistes musulmans : le corps et la tête des femmes servent de support au porte-étendard identitaire et politique de l’islamisme : le sexisme du voile. Le sexisme et le patriarcat de l’islamisme sont ainsi présentés comme une simple « diversité » défendable au même titre que l’orientation sexuelle ou la couleur de peau.</p><p>L’islam(isme) est racialisé, passant du statut de religion ou d’idéologie politique à celui d’ethnie et rejetant du même coup la liberté de conscience.</p><p>L’islamisme politique a flairé depuis plusieurs années l’opportunité que le féminisme intersectionnel représente pour l’expansion de son idéologie grâce à son étendard politico-sexiste. Par leur partenariat avec Alliance citoyenne, les « dégommeuses » représentent un énième exemple de cette alliance idéologique contre nature.</p>
<p>Les « dégommeuses » instrumentalisent la laïcité pour promouvoir l’islamisme</p>
<p>En juin 2021, un premier tournoi de football médiatisé fut organisé avec les « hijabeuses ». Il fut notamment soutenu par l’ex footballeuse internationale française et actuelle consultante à Canal+ Jessica Houara-d'Hommeaux et complaisamment relayé entre autres par Médiapart.</p><p></p><p></p><p>En juillet, l’association s’est jointe à l’action d’Alliance citoyenne au siège de la FFF pour faire pression sur la fédération et son président Noël Le Graët. En août, grâce à l'efficace lobbynig d'Alliance citoyenne auprès de la presse, le journal Libération leur dédie un article hagiographique (1). Le 14 novembre, un nouveau match est organisé entre Les « dégommeuses » et les « hijabeuses ». L’idée de ce match symbolique, sans aucune autre importance que celle donnée par les deux associations, est toujours la même : faire plier la FFF. La publication Facebook des dégommeuses révèle toutes les contradictions et la dangerosité pour les femmes de ces revendications. L’association affirme notamment ceci : [LA LAICITE, C'EST NOUS QUI LA DEFENDONS] […] Nous voulons le respect de la laïcité, qui nous permet d'exprimer librement nos croyances et appartenances multiples.<br />La laïcité, la République, c'est nous : des femmes qui portent le voile, des lesbiennes  et des trans qui luttent ensemble.</p><p></p><p>Avant de prétendre défendre la laïcité et, pire encore, de prétendre l’incarner, il faudrait d’abord en maîtriser le principe. Son socle, son essence, est la liberté de conscience, pas « l’expression des croyances et appartenances multiples ». Cette liberté s’apprend, se forge, par la construction de la citoyenneté dans l’enfance et l’adolescence. L’individu peut ainsi jouir pleinement de sa liberté de conscience une fois adulte et exercer une citoyenneté éclairée. La séparation des Églises et de l’État actée par la loi de 1905 en est la traduction politique et juridique. Cette loi, dès son article 1, affirme que « la République assure la liberté de conscience. » Cette liberté est absolue, sans limite. Elle incarne l’expression « avoir la possibilité de croire ou de ne pas croire, d’avoir une religion ou pas, d’en changer », etc. C’est pourquoi elle ne peut pas être encadrée. Ce même article 1, juste après, pas avant, affirme que la République « garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. » La liberté de conscience est la première des libertés. « Exprimer librement nos croyances » n’est donc pas la laïcité au sens strict mais sa conséquence naturelle qui, elle, est limitée par le cadre posé dans la loi (sachant que le libre exercice des cultes n’est pas le synonyme de l’expression libre des croyances, mais c’est un autre débat). Cette limitation est nécessaire, notamment pour garantir la pleine jouissance de la liberté de conscience de chacun. C’est justement l’involontaire démonstration faite par les « dégommeuses ».</p><p>Ce match de foot concernait des jeunes filles à peine sortie de l’enfance qui n’ont pas encore atteint l’âge adulte. Elles sont en pleine construction, en plein apprentissage de leur citoyenneté par la formation de leur esprit critique et de leur libre arbitre. Le voile porté sur leur tête pose un couvercle sur cette construction. L’islamisme milite pour une liberté de culte totale et l’affichage (politico) religieux sans limite. Il rejette la liberté de conscience. Le voile est le sceau de ce rejet. Les prédicateurs islamistes, ou l’entourage social qui transmet leurs discours, ont convaincu ces adolescentes (certaines peut-être dès l’enfance) de se cacher sous un voile. Ils ont obtenu leur consentement pour remettre leur esprit critique et leur libre arbitre entre les mains de ces hommes. Diaboliser leur corps, ne plus avoir la possibilité de sentir l’air et le vent caresser leurs cheveux, comme n’importe quelle autre fille et la totalité des garçons de leur âge, sous prétexte qu’une religion l’aurait décidé pour elles sinon elles risqueraient de sexuellement exciter les hommes ici-bas et d’aller brûler en enfer pour l’éternité dans l’au-delà : pour une adolescente, c’est tout sauf la liberté de conscience. Qu’une association qui, en plus prétend défendre la laïcité, banalise et même se bat pour cela, c’est antilaïque par excellence.</p>
<p>Camper sur le terrain de la laïcité pour éviter celui de l’inégalité des sexes</p>
<p>Alors pourquoi avoir choisi le terrain de la laïcité ? Parce que, comme le veut la stratégie de l’islamisme politique à laquelle il semble que cette association adhère, cela permet d’éviter le terrain réellement concerné par le voile, celui où les islamistes n’ont aucune chance : le sexisme et le patriarcat. Il est en effet bien plus facile de défendre une « laïcité inclusive » qu’un « sexisme inclusif ».</p><p>Les éléments de langage choisis sont donc les mêmes que ceux des Frères musulmans et de leurs partenaires tels qu’Alliance citoyenne. « Foulard », par exemple, est souvent préféré à « voile » pour atténuer la portée sexiste, patriarcale, identitaire et politique de ce dernier en faisant subtilement référence au foulard traditionnel français. Voile et foulard seraient synonymes alors qu’ils n’ont rien en commun. Cela n’empêche pas les « dégommeuses » de réclamer « la fin de l'interdiction du port du foulard par la FFF ». Voilà une belle façon de banaliser l’outil le plus sexiste, rétrograde et patriarcal de l’Histoire de l’Humanité en le faisant passer pour un simple accessoire vestimentaire anodin. Considérer ces jeunes filles comme des objets de désir au point de les cacher sous un voile pour ne pas exciter ces animaux que seraient les hommes qui les regarderont jouer au foot, n’a rien à voir avec la laïcité. Parce que c’est cela, bien plus que la religion, qui est brandi par les hommes qui prescrivent le port du voile. Il n’y a pas plus sexiste que cet accessoire. Chaque millimètre carré de ce linceul transpire un patriarcat multimillénaire. Le voile a été créé dans l’antiquité au sein d’une société ultra patriarcale, bien avant l’islam, bien avant les trois grandes religions monothéistes, pour distinguer les femmes « pudiques » et respectables des prostituées et des esclaves. Cette fameuse « pudeur » fabriquée, définie et ciselée par des hommes. Cela n’a donc rien à voir avec la religion et tout à voir avec le sexisme voire le racisme : le voile a été créé pour stigmatiser, discriminer et inférioriser une partie de l’Humanité en raison de son sexe. Le défendre au nom du féminisme est bien la contradiction typique et assumée du féminisme intersectionnel.</p>
<p>En racialisant l’islam(isme), le voile devient impossible à retirer</p>
<p>L’autre manière de banaliser le sexisme du voile et de le faire passer pour victime d’une société intolérante est, comme vu plus haut, de le racialiser, de le présenter comme un élément biologique. Pour cela, les « dégommeuses » reprennent l’habituelle comparaison entre un accessoire sexiste et porte-drapeau politique d’une idéologie totalitaire, avec l’orientation sexuelle et la transidentité. Comme l’orientation sexuelle, le voile n’est donc plus un choix (il ne l’a de toute façon jamais été). Il serait physiquement greffé sur le crâne de ses porteuses. Il ferait physiquement partie de leur être. Là encore, la liberté de conscience, cœur du principe de la laïcité, est éjectée. La racialisation de l’islam(isme) rend caduque la laïcité. On voudrait essentialiser ces musulmanes à leur extrémisme religieux, on ne s’y prendrait pas autrement. Cela explique pourquoi les joueuses défendues sont « hijabeuses » avant d’être footballeuses et pourquoi il leur est psychologiquement impossible de retirer leur voile le temps des quelques minutes d’un match. Selon les islamistes, une mèche de cheveux visible est un risque sexuel trop grand. Le risque d’exciter les hommes et de gagner un ticket pour l’enfer pèse trop lourd face au plaisir futile de jouer au football. Cela porte un nom : l’endoctrinement. Cela n’a donc rien à voir avec la laïcité et tout à voir avec le sexisme le plus rétrograde.</p><p>Par leur obsession sexuelle légendaire, les islamistes ont fait du voile leur porte-étendard politique. Et ça fonctionne. Cet énième exemple montre son efficacité. Ainsi, depuis quelques années, les islamistes ont moins besoin d’agir directement puisque leurs partenaires intersectionnelles se chargent de mener, à leur place, des actions pour banaliser ce sexisme qui permet de faire avancer leur idéologie. Cela s’appelle « la da’wa par la visibilité » : « pas besoin de parler, le hijâb le fait pour nous » comme l’affirment avec satisfaction nombre d’islamistes. Peu importe les intentions de celles qui le portent. L’islam n’est qu’un prétexte pour soumettre les femmes à l’apaisement de la libido masculine en les dissimulant sous un suaire.</p><p><a class="modal_video surimg" href="https://youtu.be/SgyrIHD-7so"></a></p><p>Cette racialisation de l’islam(isme) à travers le sexisme du voile rejoint un des principaux arguments de ses prescripteurs : le port du voile n’est pas un choix mais une « obligation religieuse ». Grâce à la rhétorique d’inversion, cette obligation est présentée au grand public comme une forme de « liberté personnelle ». Cela a justement été exprimé par une « hijabeuse », dans un reportage censé promouvoir le « féminisme » de ce sexisme et dénoncer la discrimination que subirait la discrimination sexiste du voile… Ceci pour soutenir le « libre choix » de ce patriarcat sur les terrains de football. Ce reportage a été mis en ligne sur la chaîne YouTube de L'Équipière, le média français qui suit le football féminin du vestiaire au terrain, le jour de l’action dans les locaux de la FFF, le 23 juillet 2021. La « hijabeuse » en question, une adolescente encore peu habituée à respecter les éléments de langage de l’islamisme politique, a déclaré : Lorsque j’ai eu un premier match officiel […] j’ai dû rester sur le banc parce que j’ai refusé d’enlever mon voile. […] mon coach ne comprenait pas pourquoi je n’avais PAS LA POSSIBILITÉ de l’enlever.</p><p></p><p>Cette rhétorique d’inversion a ses limites. Si les militantes voilées et les féministes intersectionnelles utilisent tous les jours le terme « liberté » (de ne pas en avoir) pour le voilement, elles utilisent à dose homéopathique le terme « égalité ». Pourquoi ? Parce que la liberté peut inclure la soumission, l’égalité la rejette. On peut choisir la servitude, l’égalité y est opposée. On peut brandir le voile comme une liberté de le porter. On ne peut pas l’invoquer comme une forme d’égalité avec les hommes.</p><p>Par leur obsession sexuelle légendaire, les islamistes ont fait du voile leur porte-étendard politique.</p><p>Leur impossibilité de retirer leur voile provisoirement, quitte à ne pas avoir accès à l’emploi et à certaines activités, est la preuve ultime que leur « libre choix » est l’autre nom de l’endoctrinement. Elles ne peuvent faire autrement qu’être intransigeantes. C’est cela qui doit inquiéter et être interrogé par les « dégommeuses », non un règlement applicable à tous sans distinction.</p>
<p>L’article 1 des statuts de la FFF : cible des fanatiques « syndiquées » et de leurs soutiens</p>
<p>L’article 1 des statuts de la Fédération Française de Football, remis en cause par les militantes, indique que sont interdits, à l’occasion de compétitions ou de manifestations organisées sur le territoire de la Fédération ou en lien avec celles-ci :</p><p>– tout discours ou affichage à caractère politique, idéologique, religieux ou syndical,<br />– tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale,<br />– tout acte de prosélytisme ou manœuvre de propagande.</p><p>Le voile réussit l’exploit de remplir tous ces critères (les « dégommeuses » en rajoute une couche en affirmant que le foot est un jeu mais il est aussi un mode potentiel d’affirmation politique). Enfin, presque tous les critères. Il y en a un qui semble ne pas le concerner : le signe ou [la] tenue manifestant ostensiblement une appartenance syndicale. Par un mauvais calcul marketing, qui peut sembler efficace à court terme, Alliance citoyenne va, sans s’en apercevoir, combler ce manque. L’association est allée jusqu’à inventer, tout spécialement pour ses offensives islamistes dans le football, un faux « syndicat des femmes musulmanes » qui, selon les jours, se nomme « syndicat des femmes voilées et libres » ou bien « syndicat des femmes musulmanes voilées et libres ». Un syndicat est une association de personnes destinée à la défense de leurs intérêts professionnels communs [les étudiants y sont assimilés]. Le mot « syndicat », se retrouve, notamment dans le droit de la co-propriété immobilière, en droit bancaire et en droit du travail. Ainsi, au-delà de sa réalité sexiste et patriarcale, le voile n’est plus seulement un signe « religieux ». Il devient un uniforme de travail. Selon Alliance citoyenne, être voilée revêt l’appartenance à une catégorie particulière de la population qui devrait être juridiquement reconnue. Leur lutte ne concerne pas la défense de droits qu’elles ont déjà mais l’obtention de droits particuliers. D’où sa demande de droits civiques spécifiques (« droits civiques des femmes musulmanes ») depuis ses premières actions burqini en 2019.</p><p>Ainsi, la légèreté dans sa dénomination variable s’explique par le fait que ce « syndicat » islamiste n’existe officiellement pas. Aucun statut n’a été déposé pour sa création. L’intérêt est toujours de trouver une appellation marketing efficace pour asseoir l’illusion d’une crédibilité. Désirant être reconnues comme des militantes syndicales par la FFF, ces militantes voilées affichent alors leur appartenance sur leur tête, comme si des footballeurs portaient sur leur crâne un grand panneau de la CGT. Une situation inimaginable et interdite par le règlement de la FFF, mais dont Alliance citoyenne réclame un statut dérogatoire pour ses « syndiquées ». Les « hijabeuses » cochent ainsi l’intégralité des cases des interdits de l’article 1 des statuts de la fédération.</p>
<p>Le sexisme du voile montre une nouvelle fois sa dangerosité politique</p>
<p>Le voile est bien le cheval de Troie de l’islamisme. Cet accessoire sexiste est l’outil de destruction massive de l’égalité des sexes et de la laïcité. Les « dégommeuses » et les « hijabeuses » en sont les agents de terrain. Les « dégommeuses » sont sincèrement convaincues qu’elles ne soutiennent pas l’islamisme, malgré les mises en garde et des sources foisonnantes si elles prenaient la peine de s’informer un minimum. Elles sont l’incarnation classique du surnom péjorativement donné à ces individus : « idiots utiles » de l’islamisme. À un tel point qu’elles n’ont pas remarqué que, si ces LGBT intègrent le sexisme islamiste dans leur lutte, l’islamisme politique n’a jamais fait de même en retour. De la petite association « musulmane » locale en passant par feu le CCIF ou le FEMYSO au niveau européen, aucune association issue de l’idéologie des Frères musulmans n’a jamais défendu les droits des LGBT musulmans. Contrairement aux féministes intersectionnelles, les islamistes restent cohérents.</p><p>Le voile, accessoire sexiste, est l’outil de destruction massive de l’égalité des sexes et de la laïcité.</p><p>L’islamisme politique poursuit sa lente mais efficace progression grâce, dans l’écrasante majorité des cas, à son cheval de Troie qu’est le sexisme du voile. Les « dégommeuses » et Alliance citoyenne le prouvent encore aujourd’hui. Si ces associations préfèrent soutenir des jeunes filles qu’elles confortent dans leur fanatisme, la FFF a l’obligation morale de protéger toutes celles qui ne sont pas voilées, qui refusent d’être renvoyées à leur pseudo « impudeur » définie par des hommes (il faut le rappeler, le voile ne marque pas seulement la « pudeur » de celles qui le portent mais aussi « l’impudeur » de celles qui s’en dispensent). La banalisation du sexisme du voile, par sa présence sur les terrains de football, renforcera encore un peu plus la pression sur les musulmanes qui résistent au voilement de leur être. La FFF doit penser à l’écrasante majorité de ces jeunes filles, plutôt qu’à une poignée de fanatiques qui, malheureusement, ont basculé. Plus largement, la Fédération doit penser à l’image des femmes sur les terrains de football. Les femmes doivent être perçues comme les hommes : des joueuses. Les terrains n’ont pas vocation à propager, par exhibition publicitaire sur leur tête, une idéologie politico-sexiste qui les infériorise. Le règlement doit donc s’appliquer aux deux sexes de la même manière, comme le veut l’esprit de son article 1.</p><p>Au nom du principe de laïcité, et surtout, d’abord et avant tout, au nom de la lutte contre les discriminations, notamment sexistes, la FFF doit rester garante du respect de son règlement.</p><p>(1) <a href="https://www.liberation.fr/sports/football/les-hijabeuses-ces-footballeuses-qui-luttent-contre-leur-mise-au-banc-20210814_XY42ZJBCXBHJ3KFDUOB27KG6XE/" target="_blank" rel="noopener">Les Hijabeuses, ces footballeuses qui luttent contre leur mise au banc</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/777/et-si-on-supprimait-les-mutuelles</guid>
	<pubDate>Thu, 25 Nov 2021 06:43:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/777/et-si-on-supprimait-les-mutuelles</link>
	<title><![CDATA[Et si on supprimait les mutuelles ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'Anti-éditorial du 25 novembre 2021- épisode 26</p><p>Faut-il supprimer les mutuelles ? L’idée semble taboue, voire loufoque. Et pourtant, c’est en train de devenir l’un des thèmes de la campagne présidentielle…</p>
<p>Une cuisine typiquement française  </p>
<p>La France a un système original, sinon unique au monde. Vous le savez, nos frais de santé sont pris en charge par une double structure. D’un côté, il y a l’Assurance maladie obligatoire, la « Sécu ». De l’autre, la complémentaire santé, en particulier les mutuelles, qui couvrent 35 millions de Français.</p><p>Et c’est un système qui est à la fois double et mixte. Chacune des deux parties, la Sécu et la mutuelle, rembourse les mêmes soins. Typiquement, 70 % pour la Sécu, 30 % pour la mutuelle. Et quand l’une ne rembourse pas, l’autre non plus. Ailleurs dans le monde, les systèmes complémentaires financent des soins qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Et souvent, ils ne le font qu’au-dessus d’un certain plafond de dépenses, qui varie selon vos revenus. Un peu comme une franchise automobile en cas d’accident. C’est le bouclier sanitaire. Il est en vigueur en Allemagne.</p>
<p>Quel est le problème ?</p>
<p>Vous me direz : quel est le problème ? Pourquoi cette manie de lorgner sur les voisins puisque ça nous plaît ? Mais la critique des mutuelles est récurrente. Elle est même au cœur <a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-complementaires-sante" target="_blank" rel="noreferrer noopener">d’un récent rapport de la Cour des comptes</a>. Les magistrats financiers trouvent le système coûteux, en raison d’importants frais de fonctionnement. Évidemment, <a href="https://www.mutualite.fr/presse/rapport-de-la-cour-des-comptes-la-mutualite-francaise-denonce-un-manque-de-serieux-et-de-transparence/">les mutuelles n’apprécient pas cette critique et contestent le calcul</a>.</p><p>Deuxième reproche : la Cour des comptes trouve le système des complémentaires « inégalitaire ». Il favorise les salariés du secteur privé par rapport aux fonctionnaires ou les actifs par rapport aux inactifs. Les personnes âgées, « du fait des pratiques de tarification à l’âge, doivent s’acquitter de cotisations élevées ».</p><p>Retraités, chômeurs et inactifs sont lésés par ce système hybride. Mais les personnes les plus pauvres le sont aussi, malgré tous les efforts pour leur assurer une meilleure couverture. Du coup, constate la Cour des comptes, « les renoncements aux soins persistent, malgré un état de santé pourtant plus dégradé proportionnellement au reste de la population ».</p><p>Jean-Charles Simon, un économiste libéral, reprend l’argument financier classique. Dans <a href="https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-supprimons-les-mutuelles-de-sante-1361654">une tribune publiée par Les Échos</a>, il accuse les mutuelles d’être structurellement coûteuses : « Les mutuelles font supporter aux ménages quelque 8 milliards de frais de gestion de toute nature. » Comme le dit la Cour des comptes, « la forte imbrication des assurances maladies de base et complémentaire se traduit par des coûts de gestion nettement supérieurs aux autres pays européens ». L’entretien de l’usine à gaz a un prix !</p><p>Deuxième critique : certes, les complémentaires santé sont en concurrence. Mais la concurrence n’est qu’apparente, alors que la réglementation « standardise l’offre », qui est très peu différenciée. Les mutuelles sont en réalité interchangeables. On a donc les inconvénients de l’usine à gaz, sans les avantages de la compétition sportive. Brigitte Dormont, professeure à l’université Paris-Dauphine, estime que ce système à double détente « freine des évolutions souhaitables, comme la généralisation du tiers payant ou un paiement plus qualitatif des médecins ». <a href="https://www.challenges.fr/economie/remboursement-des-soins-pourquoi-il-faut-creer-une-grande-secu_787880">Dans une autre tribune, cette économiste</a> avance un argument massue, dont nous avons tous fait l’expérience avec le Covid : « Ce n’est pas un hasard si, durant la crise sanitaire, par souci d’efficacité, le remboursement des soins les plus urgents a été garanti à 100 % par l’Assurance maladie : tests, vaccination, téléconsultations. » Il est donc impératif de mieux séparer les domaines d’intervention.</p><p></p>
<p>Quelle est la solution ?</p>
<p>Alors, on supprime ? Dans le jargon des hauts magistrats, voici la réponse : « La Cour n’a pas souhaité trancher entre des options qui peuvent changer le rôle des acteurs publics et privés et modifier la liberté de choix des assurés. » Pas besoin de traduire en français courant, vous avez compris ! La Cour des comptes ne veut pas s’aventurer sur le terrain politique. Elle fait un constat. Mais elle ne va pas jusqu’à préconiser de supprimer les mutuelles.</p><p>Toutefois, la Cour conseille au moins de « désimbriquer les interventions respectives de l’Assurance maladie obligatoire et de l’assurance complémentaire ». Autrement dit, chacun des deux systèmes rembourserait des soins différents.</p><p>Mais d’autres experts vont plus loin. La solution, c’est ce que l’on appelle désormais « la grande Sécu ». Qu’est-ce que la grande Sécu ? C’est l’absorption des mutuelles par le système de la Sécurité sociale. Une seule cotisation, un seul guichet, une seule couverture sociale. La même pour tous, évidemment.</p>
<p>Ça sent bon la campagne</p>
<p>Tribunes, rapports, et éditos… tout cela, il faut bien le dire, sent la bonne odeur de la campagne. Non ! Je ne parle pas de la campagne avec des poules et des vaches à lait ! Je parle de la campagne électorale. Comme par hasard, voici encore un autre rapport, commandé cette fois, tiens tiens, par le ministre de la Santé, Olivier Véran. Ce rapport, c’est celui du Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie. Il n’est pas encore officiellement remis au gouvernement <a href="https://www.la-croix.com/Economie/Assurance-maladie-vers-grande-Secu-sans-mutuelles-2021-11-18-1201185741">mais, encore tiens tiens, il circule déjà</a>.</p><p>Et en plus, il pointe d’autres dysfonctionnements ! Le système actuel « ne supprime pas les risques de reste à charge importants sur des soins essentiels ». Les séjours hospitaliers, par exemple. Et « ces restes à charge sont élevés pour les risques plus lourds liés à l’incapacité temporaire, l’invalidité, le décès ou encore le chômage. » Alors que la population française vieillit, ce problème n’est pas négligeable.</p><p>Autre grande critique : la généralisation des complémentaires santé favorise les dépassements d’honoraires, le fameux secteur 2, qui permet au médecin de fixer librement ses tarifs.</p><p>L’AntiÉditorial se demande donc si le gouvernement, à travers Olivier Véran, n’est pas en train de tester la première idée de campagne du pas-encore-candidat Macron. Avec ce concept tout beau, tout lisse et un peu ronflant, qui sent légèrement l’élément de langage : « la grande Sécu ».</p>
<p>Macron copie Mélenchon</p>
<p>Mais ce qui est amusant, c’est que la future idée du futur candidat Macron ressemble à <a href="https://www.argusdelassurance.com/acteurs/presidentielle-2017-jean-luc-melenchon-precise-ses-intentions-pour-les-complementaires-sante.116085">la vieille idée de l’ancien candidat Mélenchon.</a> En 2017, le leader de la France insoumise défendait la « sécurité sociale intégrale », autrement dit la prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie, autrement dit… la grande Sécu. Selon les calculs de la France insoumise, « ce 100 % Sécu bénéficierait de ressources largement supérieures aux besoins, ce qui permettrait ainsi à l’Assurance maladie d’embaucher en son sein l’ensemble des salariés travaillant aujourd’hui pour les organismes de complémentaire santé ». Après renégociation des prix des médicaments, régulation des tarifs pour les lunettes, les soins dentaires et les prothèses auditives, et suppression des dépassements d’honoraires…</p><p>Ce parfum de campagne qui flotte sur un sujet aussi sensible, la santé, explique <a href="https://www.lejdd.fr/Politique/tribune-xavier-bertrand-la-grande-secu-demmanuel-macron-serait-une-folie-4075607">la force des attaques d’un candidat à la candidature de la droite</a>. L’ancien assureur Xavier Bertrand multiplie les critiques. D’abord, dit-il, on ne ferait pas d’économies. La grande Sécu serait financée par les impôts ou par la dette publique. Mais dans un deuxième temps, devant les problèmes de financement, la grande Sécu deviendrait la petite. Elle « créerait une médecine à deux vitesses ». Car il y aurait « des déremboursements en rafale ». Les hauts salaires souscriraient alors à des assurances privées. À terme, on aurait « un modèle à l’anglaise ou à l’américaine, dans lequel les plus riches et les plus démunis ont chacun leur système de santé. »</p><p>Bertrand ajoute deux critiques. La première à destination de son électorat. « Ce serait la fin de la médecine libérale. » Car les médecins n’auraient qu’un seul interlocuteur, qui pourrait leur imposer de nouvelles règles. « Donc ils deviendraient, in fine, salariés. » Deuxième reproche de Xavier Bertrand, « ce serait l’appauvrissement du dialogue social dans les entreprises », parce qu’actuellement, le remboursement des soins est un thème fort de la négociation collective.</p><p>Soyons clairs, il s’agit de pré-campagne électorale. Autrement dit, la réforme n’est pas encore faite. D’autant que le secteur des complémentaires santé emploie 100 000 personnes.</p><p>Mais vous aurez au moins goûté le paradoxe intellectuel. D’un côté, un gouvernement de sensibilité libérale qui teste l’idée d’une Sécu plus étatisée. De l’autre, un candidat de droite qui se veut le défenseur des catégories populaires menacées par une Sécu à deux vitesses. L’époque est décidément aux chassés-croisés idéologiques !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 21 Nov 2021 09:49:16 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Iel », qui est-ce : une personne ou un person ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p style="text-align: left;">Je profite du coup de com réussi par Le Robert en ligne (peut-on écrire aussi La Roberte ? ou mieux : L·e·a Robert·e ?) avec le prétendu pronom personnel « iel » pour rappeler quelques articles publiés par Mezetulle sur l’écriture dite inclusive. On en trouvera la récapitulation et les références dans le dossier « <a href="https://www.mezetulle.fr/lecriture-inclusive-separatrice-faites-le-test-bisous-a-tous-deux/" target="_blank" rel="noopener">L’écriture inclusive séparatrice. Faites le test bisous à tous deux</a> ».</p><p style="text-align: left;">Et voici, en outre, quelques remarques sur la nouveauté « iel ».</p><p style="text-align: left;">La définition proposée en ligne est la suivante :</p><p style="text-align: left;">« RARE. Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L‘usage du pronom iel dans la communication inclusive. – REM. On écrit aussi « ielle, ielles » »<a href="https://www.mezetulle.fr/iel-qui-est-ce-une-personne-ou-un-person/#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc" id="sdfootnote1anc">1</a></p><p style="text-align: left;">Trois passages me semblent importants et montrent qu’il s’agit d’un concentré de contradictions reposant sur une méthode forcée.</p><p style="text-align: left;">1° « Rare ». Comprendre : « nullement attesté dans l’usage courant, utilisé seulement par les militants et sympathisants de la mouvance woke ». Comme le fait remarquer Bernard Cerquiglini, entre autres linguistes<a href="https://www.mezetulle.fr/iel-qui-est-ce-une-personne-ou-un-person/#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc" id="sdfootnote2anc">2</a>, « rare » s’applique en général à des termes anciens qui tombent en désuétude. C’est le contraire ici. Un coup de force inverse la méthodologie pratiquée par un dictionnaire de la langue. En principe c’est l’usage répandu qui fait entrer un terme dans le dictionnaire, ici c’est une décision ultra-minoritaire qui prétend imposer ses thèses en dictant une novlangue. De l’aveu même des responsables du dictionnaire, l’usage du terme est considéré comme prévisionnel. Mais sa présence n’atteste-t-elle pas qu’on en attend un effet performatif ?</p><p style="text-align: left;">2° « évoquer une personne » : voilà un usage (attesté et très courant) extensif du genre dit féminin pour désigner quiconque, quel que soit son genre… N’eût-il pas fallu l’éviter ici, ch·e·è·r·e Robert·e (pas facile avec ce fichu accent) ? Car le substantif « personne » employé ici montre que le concept de genre dans la langue est dissocié de la notion socio-politique ainsi que du concept de sexe biologique. Qui peut croire qu’une victime, une fripouille, une canaille soient nécessairement de genre féminin ? Qui peut croire que la girafe, la panthère, la taupe ne désignent que des femelles<a href="https://www.mezetulle.fr/iel-qui-est-ce-une-personne-ou-un-person/#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc" id="sdfootnote3anc">3</a> ? Poursuivons : si le genre dit féminin dans la langue (en français genre marqué) peut avoir une valeur extensive, cela est encore plus courant pour le genre dit masculin (genre non-marqué), et c’est même la règle générale. « Colette est un des plus grands écrivains de langue française du XXe siècle » : heureusement qu’on ne la compare pas uniquement aux femmes. Ah oui, mais il y a l’énoncé scélérat « le masculin l’emporte sur le féminin » qu’on ne peut plus apprendre aux petites filles. Eh bien effectivement, on n’a pas à dire cela aux élèves. Car on n’est pas obligé d’épouser les fantasmes du père Bouhours<a href="https://www.mezetulle.fr/iel-qui-est-ce-une-personne-ou-un-person/#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc" id="sdfootnote4anc">4</a>, et on devrait énoncer plus justement : « en grammaire, lorsque les deux genres se rencontrent, le genre non-marqué l’emporte sur le genre marqué » – ce qui est parfaitement logique. D’ailleurs le genre non-marqué assure parfois la fonction d’un neutre : « il pleut », « il est recommandé de prendre un parapluie ».</p><p style="text-align: left;">3° La fin de la définition nous offre le bouquet final de ce petit feu d’artifice de contradictions et de mauvaise foi : on écrit aussi « ielle, ielles », histoire de réintroduire une distinction, sous la forme d’un scrupule, d’une super bonne intention qui vient bousculer la précédente. Et puis qui « on » ? Et on reste très sérieux (onne reste très sérieuse, oups, non je corrige : on·ne·s rest·e·ent très sérieu·x·s·e·s) en continuant à parler d’inclusion<a href="https://www.mezetulle.fr/iel-qui-est-ce-une-personne-ou-un-person/#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc" id="sdfootnote5anc">5</a> !</p><p style="text-align: left;">Ajoutons une question simple qui fâche parce qu’elle rappelle que toute langue est articulée, formée d’unités de plusieurs niveaux qui fonctionnent et sont comprises en relation les unes avec les autres. En l’occurrence, il s’agit d’unités grammaticales : le pronom personnel s’emploie dans une séquence, une proposition. Quand on veut l’expliquer, on ne se contente pas d’une définition qui isole le mot, on fait une phrase : « iel est venu hier » ou « iel est venue » ? Passe encore avec cet exemple, car ça ne s’entend pas. Mais « iel est idiot » ou « idiote » ?</p><p style="text-align: left;">Ici, il est recommandé de prendre un parabêtise : on s’en fera un plaisir.</p><p style="text-align: left;">Notes</p>
<p>Partager :</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/774/nous-enseignants-refusons-la-recuperation-de-nos-combats-par-eric-zemmour</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 19:40:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/774/nous-enseignants-refusons-la-recuperation-de-nos-combats-par-eric-zemmour</link>
	<title><![CDATA[Nous, enseignants, refusons la récupération de nos combats par Éric Zemmour.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Parce que nous sommes ou avons été enseignants, pour une partie d’entre nous en poste dans des établissements dits sensibles, que nous avons été parmi ceux qui alertent depuis deux décennies sur la fracture scolaire aggravant les inégalités sociales et enracinant les conflictualités identitaires, que nous avons témoigné depuis longtemps du danger du prosélytisme islamiste auprès de nos élèves et de ses répercussions au-delà de l’école, que nous avons appelé à une réforme profonde de la formation des enseignants libérée d’une approche pédagogiste qui dessert d’abord les catégories populaires : nous refusons la récupération idéologique de nos combats républicains à des fins électoralistes par Éric Zemmour.</p><p>Parce que nous ne sommes pas des enseignants fatalistes, ni déclinistes, qui souhaiteraient jeter au feu l’école de la République, que nous n’avons aucune intention de laisser des idéologues imposer leur lecture biaisée de l’histoire, que nous refusons de traiter nos élèves au regard de leurs origines ethniques ou religieuses pour les « christianiser » (car ce serait la voie de l’assimilation à la ­civilisation judéo-chrétienne et gréco-latine !) ou, au contraire, les enfermer dans leurs particularismes (car c’est la voie du différentialisme se disant progressiste), que nous aspirons à une école intellectuellement exigeante, clé de l’ascension sociale bloquée depuis plus de trois décennies : nous refusons le projet identitariste porté par Éric Zemmour, qui entend faire de l’école le laboratoire d’une réinitialisation des esprits en remplaçant une idéologie néfaste par une autre, aussi dangereuse pour l’unité nationale.</p>
<p>Instrumentalisation</p>
<p>En tant qu’enseignants, nous ne pouvons accepter l’instrumentalisation du désarroi des Français à l’égard des difficultés que rencontre notre système scolaire. Aussi alimentée par la descente sociale des enseignants mal rémunérés donc déconsidérés dans une société libérale qui met en équivalence salaire et valeur sociale, cette crise de l’école ne doit pas être le prétexte pour accepter le reformatage identitaire voulu par Éric Zemmour et ses partisans. Parce qu’il sait ce qui fonde l’identité du peuple en France, il a compris – comme ses adversaires de l’autre extrême – qu’en imposant la réécriture du récit national à l’école s’il accédait au pouvoir il pouvait changer notre modèle de citoyenneté.</p><p>Or, parce que l’école souffre déjà du poids pris par certaines idéologies qui éloignent trop de nos élèves de la culture, de l’art, de la littérature, des sciences, nous ne voulons pas qu’un effet de balancier conduise au pire. Éric Zemmour doit savoir que si, aujourd’hui, de nombreux enseignants s’arrangent avec les programmes scolaires et leurs insuffisances pour transmettre à leurs élèves, malgré tout, des savoirs et connaissances de qualité, nous lui disons qu’ils seront l’immense majorité à s’opposer à ses directives idéologiques.</p><p>Il doit savoir, avant de se lancer en campagne, que les enseignants de France refuseront d’enseigner que Pétain aurait sauvé les juifs français, que de Gaulle aurait été un maurrassien dans l’âme, allié tacite de Pétain, qu’il n’existerait pas de consensus historique sur l’innocence de Dreyfus, que Maurice Papon « fut la victime de combats qui le dépassaient » et que son procès aurait eu pour but de satisfaire « le mea culpa qu’exigent Serge Klarsfeld et ce que Mitterrand n’hésite pas d’appeler le lobby juif », que l’islam et l’islamisme seraient synonymes, que « l’appétit sexuel des hommes va de pair avec le pouvoir ; [que] les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper dans la société » qu’un obscur rappeur raciste serait « le Rouget de Lisle de la contre-colonisation ».</p><p>Si nous refusons l’histoire revue et corrigée par le wokisme à la française qui tente d’infuser l’école, ce n’est pas pour que Jacques Bainville devienne l’historien de référence de nos élèves. Nous ne prônons pas un juste milieu tiède sans saveur et sans ambition pour les catégories populaires et les classes moyennes que l’institution continue souvent de trahir en mentant sur le niveau réel de leurs enfants à l’issue de leur scolarité. Nous espérons une réforme structurelle profonde de l’école de la République, non pour restaurer l’école de Jules Ferry de 1880, ses plumiers à encre et ses blouses dans des classes non mixtes, mais pour restaurer l’esprit émancipateur par les savoirs de cette école publique, oublié depuis que l’ultralibéralisme et le management constituent le logiciel de nos élites dirigeantes.</p>
<p>Vers l’émancipation</p>
<p>Cette émancipation résulte de la possession d’un capital culturel commun dont sont privés trop de nos élèves, enfermés de facto dans des identités sociales et culturelles, flattés parfois par l’institution scolaire elle-même dans la médiocrité de leur référentiel Instagram. Nous pensons que l’enseignement laïque, indifférent aux appartenances et croyances identitaires et religieuses des élèves et de leurs familles, est la seule voie de l’émancipation. Si cette laïcité n’a pas d’adjectif pour en minorer l’ambition et la portée, elle n’est pas non plus un instrument pour « christianiser les musulmans » comme l’a expliqué le polémiste-candidat. L’enseignant laïque n’est pas un missionnaire, il ne prêche pas un credo.</p><p>Le professeur transmet à son élève les moyens intellectuels de penser au-delà de lui-même, pour penser par lui-même quand il sera adulte. Il lui offre les moyens de choisir entre la liberté d’être soi et l’enfermement communautaire. La laïcité est une voie étroite et difficile. La pratique au jour le jour de notre métier n’est pas un sacerdoce mais une ambition pour éviter la dislocation de la nation qu’Éric Zemmour accélère par la violence de ses propos. La laïcité est une voie étroite à une époque où l’hystérie identitariste hurle de tous côtés, chacun annonçant son apocalypse, chacun implorant son prophète ou son sauveur. Les enseignants attachés à la laïcité ne croient pas aux miracles. L’école de la République est celle de la nation française, elle n’a honte ni de son histoire, ni de ses écrivains, ni de ses artistes. Elle aurait honte en revanche de devenir le creuset d’un roman national porté par des nostalgiques de la contre-révolution et de la Révolution nationale.</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/eric-zemmour-ou-le-bricolage-de-l-histoire">Éric Zemmour ou le bricolage de l'Histoire</a></p><p>***</p><p>Signataires :Fatiha Agag-Boudjhalat (professeur d’histoire-géographie), Isabelle Barberis (professeur de français, maître de conférences en arts de la scène université Paris Diderot), Béatrice Benabbes (professeur d’espagnol), Peter Bernhard (professeur d’allemand université Toulouse I), Jean-Paul Brighelli (professeur de lettres modernes en classes préparatoires), Sylvie Catellin (professeur en sciences de l’information et de la communication, maître de conférences à l’université de Versailles - Saint-Quentin), Mélanie Déchalotte (professeur de lettres modernes), Gilles Denis (professeur d’histoire de la biologie, maître de conférences université de Lille), Arnaud Fabre (professeur de lettres classiques), Alexandre François (professeur de linguistique CNRS, ENS, Sorbonne Nouvelle), Nadia Geerts (professeur de philosophie en disponibilité), Héloïse Geraut (professeur d’italien), Delphine Girard (professeur de lettres classiques, cofondatrice de Vigilance Collèges Lycées), Nicolas Gliere (professeur de lettres modernes), Marion Guardelli (professeur d’anglais), Éric Guichard (professeur de philosophie ENS Lyon, CNRS), Sophie Harif (professeur d’anglais), Fayçal Jellil (professeur d’économie-gestion), Barbara Lefebvre (professeur d’histoire-géographie en disponibilité), Alexandre Lomond (professeur d’histoire-géographie), Anne Lorenzini (professeur d’anglais), Laurent Loty (professeur de lettres modernes, CNRS, Sorbonne université), Daniele Manesse (professeur émérite en sciences du langage), Céline Masson (professeur de psychologie), Adel Mtimet (professeur de philosophie), Gérald Panczer (professeur de physique, université Lyon 1), Judith Perez (professeur de lettres classiques), François de Sauza (professeur d’histoire-géographie, cofondateur de Vigilance Collèges Lycées), Laure Schmittel (professeur d’histoire-géographie), Claude Secroun (professeur d’informatique), Véronique Tacquin (professeur de lettres modernes en classes préparatoires), Laurent Toussaint (professeur d’économie, Montpellier Business School), Olivier Verdun (professeur de philosophie), Philippe Zard (professeur de littérature comparée, Paris X Nanterre).</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 19:39:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Daniel Corwin répond à Barbara Lefebvre: Zemmour? À cheval donné on ne regarde pas les dents]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En réponse à la Tribune de Barbara Lefebvre publié le 4/11 par Marianne sous le titre “Nous, enseignants, refusons la récupération de nos combats par Éric Zemmour” et signée – dans l’urgence – par de nombreux enseignants,  <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/nous-enseignants-refusons-la-recuperation-de-nos-combats-par-eric-zemmour">https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/nous-enseignants-refusons-la-recuperation-de-nos-combats-par-eric-zemmour</a></p><p>Daniel Corwin répond :</p>
<p>Ma réponse à Barbara Lefebvre et aux autres signataires, que je salue</p>
<p>À mon sens il y a deux volets.</p><p>Le premier, c’est que le sursaut qu’on n’osait plus espérer est comme un chevauchement tectonique : moins explosif rien ne se passait, et pour que le mur du son soit miraculeusement franchi, l’énergie derrière est fulgurante, pleine d’excès.</p>
<p>Il n’est plus temps de philosopher, mais d’agir</p>
<p>Je suis de ceux qui détestent les sorties d’Éric Zemmour sur Pétain, les Sandler, Dreyfus. Les visages de Myriam Monsonego, d’Arieh et Gabriel Sandler sont à jamais imprimés dans ma rétine, et en débordent régulièrement.</p><p>Et pourtant et même si son choix de poulain diverge, Richard Malka le disait il y a quelques jours aux prix de la Laïcité : il n’est plus temps de philosopher, mais d’agir.</p><p>Pour empêcher d’autres enfants de connaître le même sort. D’être condamnés à être des proies, ou des loups de moins en moins solitaires. Ou tout simplement de finir dans le fanatisme de la wokitude, “troisième glaciation intellectuelle” comme l’appelle Jacques Julliard, antichambre d’autres fanatismes bien pires.</p><p>Éric Zemmour a des sorties de route qui, si elles venaient de quiconque d’autre, me verraient l’ignorer à jamais.Ne dit-on pas que les plus grandes qualités, on ne les trouve jamais chez ceux qui n’ont aucun défaut ?</p><p>J’aurais aimé qu’il n’ait que ses prodigieuses qualités. Et aucun de ces défauts qui laissent un goût si amer.</p><p>Pourtant je ne vois personne d’autre pourfendre comme lui un demi siècle de léthargie enkystée, institutionnalisée, komsomolisée sur nos yeux et nos oreilles.</p><p>Quelqu’un qui a osé parler de l’éléphant dans la pièce avec une telle conviction, une telle force, qu’en relevant la tête de millions de gens il libère la parole jusqu’au PS.</p><p>D’autres l’ont fait, chacun a posé sa pierre à l’édifice. Les signataires de cette tribune n’ont de leçons de courage et d’engagement à recevoir de personne. Mais ils, elles, sont chaque jours plus isolés, méprisés par la hiérarchie et les collègues, voire diffamés, et déconsidérés par nombre de journaux.</p><p>Et bien souvent ce courage laïque se conjugue au féminin. Ils, elles, sont héroïques.</p>
<p>Le roi est nu</p>
<p>Mais avec celui dont la France entière connaît le visage depuis le tournant du siècle, il se passe autre chose : enfin on le dit haut et fort, le roi est nu.</p><p>Enfin la population regarde les choses en face et relève la tête. Et ceux qui dissertent à longueur d’antenne sur les habits neufs de l’empereur, ceux qui quand la température monte accusent le thermomètre, sont ce qu’en addictologie on appelle des “enablers”.</p><p>Des figurants d’un théâtre d’ombres, qui par leur inaction ou leurs encouragements poussent à reprendre une dose de ce qui vous tue lentement mais sûrement.</p><p>“Ceux qui de leurs mains, de leurs bouches ou de leurs yeux”, disait Jaurès, “applaudissent les huées fanatiques, laissent passer le mensonge triomphant. Le courage c’est de chercher la vérité et la dire”… On en avait oublié le goût. Oh, pas dans nos cercles, certainement pas.</p><p>Mais pour des millions de nos concitoyens condamnés à raser les murs dans l’ombre, c’est l’arrivée des secours. La lumière au bout du tunnel, enfin. L’espoir.</p><p>Y a-t-il quelqu’un d’autre porteur de la même énergie, mais sans les scories? A-t-on le temps ? Les jeunes qui avaient dix ans lors de l’attentat de Charlie sont déjà majoritairement anti Charlie.</p><p>Nous ne sommes qu’à T + 6 ans.</p><p>Qu’en sera-t-il en 2027 ?</p><p>Ensuite, parler de “prosélytisme islamiste” est un doux euphémisme pour ce à quoi sont confrontées les personnes les plus vulnérables qui soient dans la société : les enfants.</p><p>Ils voient très vite qui a la puissance et l’impunité, et qui est démuni et est sommé de s’excuser – ou pire, qui parmi les adultes hausse les épaules et détourne le regard ; c’est à dire, qui les trahit, eux, leur détresse, leur avenir, leur survie même.</p><p>À nouveau, nos signataires se démènent, restent à la barre malgré la tempête et l’indifférence.</p>
<p>La lame de fond est là</p>
<p>Mais, justement, la lame de fond est là. Dans un début de siècle où le monde adulte trouve toujours un prétexte pour se défausser de Mila, de Samuel Paty, de Fatiha Agag Boudjahlat, de Didier Lemaire, de Bernard Ravet ou, pour ceux qui connaissent des “anonymes”, pour se défausser des enseignants confrontés aux violences et intimidations superbement ignorées par les CPE et autres proviseurs et souvent le reste de la salle des profs.</p><p>Et dans un monde où on pourrait transposer le dicton juif : deux laïques, trois opinions.</p><p>Les enfants sont livrés à eux-mêmes et n’ont d’autre choix que d’adopter les codes de la meute plutôt que d’être dévorés par elle.</p>
<p>Egalité et Fraternité sont inopérants. 404 not found</p>
<p>Dans le monde réel la laïcité tout comme les grands mots de liberté, égalité et fraternité sont inopérants, 404 not found.</p><p>Elle est nécessaire, plus que jamais, mais pas suffisante. Et dans le monde réel elle est la victime de tous les accommodements que les insensés croient raisonnables, à commencer par un hommage à Samuel Paty qui aura été relégué au rang d’option.</p><p>Pas de vagues. Sauf la démographique, bien entendu.</p><p>Et on n’arrête pas un tsunami avec des maîtres nageurs. Aussi courageux soient-ils. Surtout quand ils sont chaque jour plus isolés pour sauver l’honneur, chaque jour accusés d’être “haineux”, “rageux”, “racistes”.</p><p>Injuriés, frappés, tiktokés par ceux-là même à qui ils ont consacré leur vie. Bien souvent – et je suis moi-même métis et fils d’une telle prof de français quelque part à l’étranger – ils sont les premiers serviteurs d’une égalité et d’une fraternité dans lesquelles, comme l’a incanté Bob Marley reprenant le célèbre mot d’Haïlé Sélassié, l’idéal est “colorblind” : aveugle aux couleurs.</p><p>Contrairement aux obsédés de la race qui eux, gagnent chaque jour du terrain, chaque jour mille gamins.</p><p>Or le rouleau compresseur islamiste/ indigéniste qui s’empare des esprits dès la cour d’école primaire, est une identité incroyablement forte. Partout où elle passe, à coups de punchlines chantées ou prêchées, à coups de coups de poings, l’herbe trépasse.</p><p>Or la nature a horreur du vide.</p><p>Si en face pour nos enfants il n’y a que des slogans désertés, issus de bribes d’éléments de langage de colloques grisonnants timidement bredouillés – sauf par quelques champions et championnes qui font immédiatement la une des journaux tant ils sont menacés – il se passe ce qui se passe partout, dans tous les milieux, exponentiellement. Et dans ce véritable entonnoir collectif qui engloutit nos destins et pèse sur nos têtes, même des enfants juifs en viennent à reprocher à leurs parents d’être juifs.</p><p>Le Point avait interrogé les camarades de classe de Mila. C’est de l’un d’eux que l’appel au lynchage était parti. “Elle a eu ce qu’elle a cherché, elle devait s’y attendre, lâche un petit blond en reniflant. Il y a 70 % de musulmans ici, ça ne pouvait pas bien se passer.”</p><p>Soit les enfants apprennent à dénoncer, à défoncer les Mila, les Samuel Paty passés présents et futurs, soit ils sont marginalisés en pleine adolescence, harcelés, en viennent à se suicider.</p><p>Il faut donc du système D en contrefeu pour contrer cet incendie. Une identité forte.</p><p>Est-ce idéal ? Non.</p><p>Des dérives sont-elles possibles ? Oui.</p>
<p>À cheval donné on ne regarde pas les dents</p>
<p>Il fallait que ça bouge avant. L’immeuble est en flammes. On a le choix entre la certitude de finir calcinés, ou risquer de se casser une jambe en sautant vers le tremplin des pompiers.Il ne fallait pas jouer avec le feu avant. Plus le choix. À cheval donné on ne regarde pas les dents.</p><p>Et si quelqu’un peut mobiliser aussi fort et mieux, qu’il ou elle s’avance.</p><p>Quant à Eric Zemmour dont je salue le courage qui va jusqu’à un courage physique hors normes, j’espère qu’il saura se départir de son “plaisir aristocratique de déplaire” au fur et à mesure que la pression woke et de défrancisation baissera, n’étant a minima plus dopée par les institutions. Peut-être saura-t-il mettre de l’eau dans son vin. Peut-être pas.</p><p>Mais si on ne sonne pas immédiatement la fin de la récré…</p><p>Des amis ont vécu l’arrivée du Front Islamique du Salut, d’autres, celle du Hezbollah. Ils sont pétrifiés de revivre tout cela. En France. Maintenant.</p><p>© Daniel Corwin</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 15:28:03 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Eric Zemmour devant son “Destin”- Chronique 154 – Le blog de Bertrand Renouvin]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Au lendemain du discours prononcé par Eric Zemmour devant la Convention de la droite, le 28 septembre, une partie de l’intelligentsia parisienne se lança dans une polémique vibrante au cours de laquelle on réclama que le journaliste fasse l’objet d’une interdiction professionnelle.

La chaîne LCI obtempéra, tandis que CNews récupérait le persécuté tout en s’exposant aux représailles publicitaires d’un marchand de pâte à tartiner, chef de file d’une modeste escouade de vigilants. Une fois de plus, l’indignation d’une gauche toujours soucieuse de ses postures permit de transformer l’auteur d’un discours remarquablement agressif en victime des bourreaux de la bien-pensance… 

Puis les choses rentrèrent dans l’ordre : Eric Zemmour est toujours au “Figaro” et tient un créneau télévisé, “Valeurs actuelles” et “Causeur” sont en flanc-garde, et les ventes de son dernier livre atteignent des sommets. Messieurs les maîtres-censeurs, c’est vraiment bien joué !</p><p>Le retour au calme médiatique permet de s’interroger sur le cas Zemmour en examinant ses idées, son statut et le rôle politique qu’il semble vouloir jouer.</p><p>Les idées se ramènent toutes à un point fixe : la défense de l’identité française contre l’islam. Telle est la thématique centrale de “Destin français” (1), essai polémique sur l’histoire de la France des origines à nos jours. Le genre n’est pas méprisable, l’auteur a beaucoup lu et ses partis-pris seraient stimulants s’ils n’étaient pas alourdis de comparaisons anachroniques bâties sur des oublis trop massifs pour ne pas être volontaires. Ainsi, on apprend qu’”entre la chrétienté et l’Islam, c’est une histoire millénaire. Qui ne s’unit pas se divise ; qui n’attaque pas recule ; qui ne recule plus conquiert. Qui ne conquiert plus est conquis” (69). 

Saint Louis est glorifié, Philippe le Bel est fustigé parce qu’il ne voulait pas d’une nouvelle croisade et, du coup, “renonçait à toute colonisation de l’Asie musulmane”- comme si le roi de France pouvait avoir l’ambition d’un Alexandre Le Grand… alors que la nation française est en train de se constituer contre les empires et contre l’idée même d’empire.</p><p>François Ier fait l’objet d’une exécution en règle, au cours de laquelle on lit que l’alliance du roi de France avec Soliman le Magnifique fait aujourd’hui l’objet d’éloges “de bon ton” alors qu’elle fut la conséquence d’une défaite qui “rend fou” (147) et constitua une “transgression inouïe” mais inefficace. 

L’alliance de 1536 avec l’empire ottoman fut au contraire immédiatement utile pour contrer les Impériaux en Méditerranée par des opérations menées avec la flotte du capitan pacha Khayr al Din plus connu sous le nom de Barberousse. L’alliance de revers est une très classique alliance entre Etats, qui laisse de côté les considérations religieuses et les modes de gouvernement. Déjà, en 1402, après la victoire de Tamerlan contre Bajazet, les rois de France et de Castille avait envoyé une ambassade à Samarkand (2) en vue d’une alliance qui ne fut pas conclue car le terrible conquérant se mourrait. 

Entre François Ier et Soliman, l’alliance ouvrit la voie à une très longue période – deux siècles et demi – d’entente diplomatique et de coopération militaire qui prit fin avec l’expédition de Bonaparte en Egypte. Eric Zemmour devrait se souvenir qu’en 1566, Charles IX avait soutenu le projet d’alliance entre l’Empire ottoman et le protestant Guillaume Ier d’Orange (3) et que la France de Charles IX ne participa pas non plus à la bataille de Lépante en 1571. A partir de 1673, Louis XIV ne cessa d’encourager les Ottomans à attaquer les Habsbourg et, en 1683, souhaita très activement la prise de Vienne par les armées du Sultan. 

Le schéma d’une France chrétienne en guerre multiséculaire contre l’islam est remarquablement étranger à notre histoire diplomatique et militaire qui s’est affirmée dans la lutte de l’Etat royal, pré-national, contre toute volonté de domination impériale.</p><p>Dans “Destin français”, l’évocation des guerres de Religion est centrée sur la figure de Catherine de Médicis, fustigée au fil d’un récit partiel et confus, au mépris de la recherche historique.

L’incontournable Denis Crouzet (4) est expédié en une ligne, les autres historiens sont accusés de défendre Catherine de Médicis parce qu’ils seraient, selon l’esprit du temps, “en quête de femmes et de diversité” (164). Jean-Christian Petitfils dément ce diagnostic lorsqu’il décrit Catherine comme “une femme d’Etat d’une rare intelligence, d’une exceptionnelle habileté face aux intrigues et aux trahisons des chefs catholiques et protestants, dans un contexte de violence généralisée […] Catherine avait compris que les querelles entre catholiques et protestants mettaient en péril l’unité fondamentale du royaume et que les persécutions ne parviendraient pas à éradiquer une hérésie déjà largement répandue en Europe” (5).</p><p>Tel n’est pas l’avis d’Eric Zemmour qui ne voit chez Catherine que faiblesses suivies du coup d’autorité manqué de la Saint-Barthélemy. Pour le chroniqueur du “Figaro”, la faveur dont bénéficie la Florentine s’explique par la complaisance manifestée aujourd’hui à l’égard de la religion musulmane : “L’arrivée tonitruante d’une nouvelle religion, l’islam, sur le sol de France nous ramène aux questions de cette période de guerre des Religions, aux conflits, aux subversions, au fondamentalisme religieux et à l’Etat dans l’Etat, à son prosélytisme ardent et à ses places fortes banlieusardes […]”. Pour établir sa comparaison, Eric Zemmour oublie que la France du XVIème siècle est pleinement immergée dans le religieux alors que notre société n’est plus structurée par le catholicisme ; il ignore le “parti des politiques” qui est le parti de l’Etat et de l’unité du royaume, soucieux de limiter toutes les influences religieuses et de proscrire les partis religieux ; il ne veut pas voir que le parti catholique – la Sainte Ligue des Guises -, responsable de la première guerre de religion et des massacres qui suivent la Nuit de la Saint-Barthélemy, est un “Etat dans l’Etat”, qui exploite le fanatisme religieux dans l’intérêt dans la maison de Lorraine. Dès lors, il ne veut pas voir que la dialectique du conflit religieux trouve sa conclusion positive dans l’Édit de Nantes, acte de souveraineté que le chroniqueur du “Figaro” considère comme une “faute”. Fallait-il donc que la guerre civile se poursuive jusqu’à l’éradication des Huguenots ? C’est bien ce qui est suggéré. 

Heureusement, l’alliance conclue entre Henri de Navarre et Henri III en butte au coup d’Etat ligueur du 7 janvier 1589 permit de réaffirmer la légitimité dynastique transmise in articulo mortis au Navarrais par le roi après l’attentat d’un moine fanatisé. J’ajoute que Richelieu, glorifié par Eric Zemmour, ne songea jamais à éliminer les Protestants du royaume de France (6).</p><p>La Révolution française est représentée dans le livre d’Eric Zemmour par deux personnages : Mirabeau qui n’est pas “l’homme de la situation” parce qu’il vaut concilier le roi et la Révolution et Robespierre, loué parce qu’il est homme de la nation, le patriote qui écrase la Révolution cosmopolite et humaniste. La Révolution française selon Zemmour est une révolution sans la Déclaration de 1789, sans les monarchiens, sans le débat sur les institutions mais avec une Vendée qui est le douloureux exemple de l’éradication révolutionnaire – une Vendée qui préfigure le destin de la France, “nouvelle Vendée” parce qu’elle est “une cible du grand équarrissage mondial”. Le rabotage zemmourien de l’histoire, à coup de comparaisons anachroniques, s’achève dans la petite littérature du désespoir : “comme Charette il y a deux siècles, ceux qui se lèvent pour prendre la tête de la résistance savent leur combat perdu d’avance” (307).</p><p>Dans son dernier chapitre, le chroniqueur tente de faire la synthèse entre De Gaulle et Pétain, en reprenant la fable du “glaive” et du “bouclier” et la légende d’un Maréchal sauveur des Juifs français. Il serait trop long de démonter ici les procédés par lesquels Eric Zemmour tente d’établir sa thèse et je renvoie aux ouvrages des historiens spécialisés dans la période de l’Occupation (7) et au petit essai que j’ai récemment publié (8).</p><p>Pour conclure, Eric Zemmour loue De Gaulle d’avoir assuré à la France “cinquante ans de paix” en négociant l’indépendance de l’Algérie. Mais la trêve est terminée et il nous est annoncé que la France “forge […] les jalons de ce qui sera sa prochaine guerre civile », selon “l’implacable et tragique destin français” (568).</p><p>Tel est l’ouvrage, curieux assemblage de vrai, de faux et de même pas faux. Il faut le lire avant de reprendre, plume à la main, le discours prononcé par Eric Zemmour devant la Convention de la droite le 28 septembre. Devant un public qui paraît acquis, le chroniqueur du “Figaro” reprend sous une forme simplifiée et parfois durcie les principales thématiques du “Destin français” :</p><p>Le rejet du progressisme “liberticide” est total : il englobe les Lumières, la Révolution française, le radicalisme de la IIIème République et le libre-échange généralisé.</p><p>La dénonciation des médias est radicale : la télévision, la radio, le cinéma, la publicité, sans oublier les “chiens de garde d’Internet” forment un appareil de propagande “tyrannique” qui impose l’idéologie diversitaire.</p><p>Les institutions judiciaires forment un “appareil répressif de plus en plus sophistiqué” : “Les juges, conditionnés par la propagande de gauche dès l’École de la Magistrature, sont devenus les relais et souvent les complices des associations diverses à qui elles servent de bras armé pour racketter les dissidents et terroriser la majorité autrefois silencieuse et aujourd’hui tétanisée”.</p><p>Cette tétanisation des Français résulte d’une défaite historique qu’Eric Zemmour explique de la manière suivante : “Tous ceux qui se sentaient à l’étroit dans l’ancienne société régie par le catholicisme et le Code civil, tous ceux à qui on avait fait miroiter une libération et qui y avaient légitimement cru – les femmes, les jeunes, les homosexuels, les basanés, les juifs, les protestants, les athées – tous ceux qui se sentaient minorité mal vue au sein de la majorité des mâles blancs, hétérosexuels catholiques et qui ont joyeusement déboulonné la statue au rythme des déhanchements saccadés de Mick Jagger, tous ceux-là ont été les idiots utiles d’une guerre d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel, catholique ». (…) le seul à qui ont fait porter le poids du péché mortel de la colonisation, de l’esclavage, de la pédophilie, du capitalisme, du saccage de la planète, le seul à qui l’on interdit les comportements les plus naturels de la virilité depuis la nuit des temps, au nom de la nécessaire lutte contre les préjugés de genre…”.</p><p>Après avoir critiqué l’indigénisme qui ramène à la guerre des races et des religions, Eric Zemmour expose sa philosophie de l’histoire : “Nous sommes ainsi pris entre l’enclume et le marteau de deux universalismes qui écrasent nos nations, nos peuples, nos territoires, nos traditions, nos modes de vie, nos cultures : d’un côté, l’universalisme marchand qui au nom des droits de l’homme asservit nos cerveaux pour les transformer en zombies déracinés ; de l’autre, l’universalisme islamique qui tire profit très habilement de notre religion des droits de l’homme pour protéger son opération d’occupation et de colonisation de portions du territoire français qu’il transforme peu à peu grâce au poids du nombre et de la loi religieuse en enclaves étrangères”. La suite est assez confuse car “… ce sont des civilisations qui s’affrontent sur notre sol dans un combat millénaire” mais les deux universalismes marchand et islamique se sont alliés pour nous détruire. Il y a “remplacement de son peuple par un autre peuple, une autre civilisation” et le “vitalisme africain a un drapeau tout trouvé : l’islam”.</p><p>D’où la question que pose Eric Zemmour à son public : “Les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ?” S’ils s’y refusent, “ils devront se battre pour leur libération”. Or, on ne peut pas se battre pour l’ordre républicain, la laïcité, l’intégration, le droit d’asile, car ces mots n’ont plus de sens. Il faut que se dresse “le peuple français contre les universalismes” cosmopolite et islamique et qu’il s’affranchisse de la “religion des droits de l’homme et plus encore : “nous devons nous affranchir des pouvoirs de nos maîtres : médias, université, juges” afin de “restaurer la démocratie qui est le pouvoir du peuple contre la démocratie libérale qui est devenue le moyen, au nom de l’Etat de droit, d’entraver la volonté populaire”.</p><p>Sans ignorer les problèmes économiques, monétaires, sociaux, Eric Zemmour affirme enfin que “la question identitaire du peuple français” précède toutes les autres questions, “elle préexiste à toutes, même à celle de la souveraineté, c’est une question de vie ou de mort” car “le peuple français est “menacé de remplacement sur son propre sol”.</p><p>J’ai cité longuement le texte prononcé par Eric Zemmour afin que chacun puisse en mesurer la portée. On retient d’ordinaire la dénonciation de l’immigration et l’apologie de la “préférence nationale” mais le chroniqueur du “Figaro” dépasse de très loin la thématique du Front national devenu Rassemblement national.</p><p>Nous sommes en présence d’un discours parfaitement réactionnaire qui fustige l’ensemble de la modernité, sans jamais indiquer comment remplacer les héritages complexes de la Révolution française et des régimes ultérieurs. Il y a la nostalgie d’un ordre catholique assorti du Code civil mais pas la moindre indication sur les structures d’une société délivrée de la modernité et assurant à l’homme “blanc, hétérosexuel et catholique” son épanouissement. Comme toute idéologie réactionnaire, celle d’Eric Zemmour repose sur un fantasme : jamais la société française “traditionnelle” ne s’est pensée comme blanche et hétérosexuelle. Quant à sa dénonciation de l’universalisme au nom du catholicisme, elle est proprement aberrante puisque le catholicisme est par définition universel.</p><p>Le fantasme réactionnaire conduit comme toujours à une attitude pessimiste, voire franchement nihiliste puisque, selon Eric Zemmour, la République et la laïcité n’ont plus de sens, puisque l’Etat de droit est une illusion pernicieuse. Ce nihilisme est radical puisque les grandes institutions – la Justice, l’Université – sont corrompues et passées à l’ennemi. C’est un nihilisme historique d’autant plus radical que la promenade d’Eric Zemmour dans l’histoire de France et ses aperçus sur l’histoire générale – pensée comme affrontement millénaire entre l’Orient et l’Occident – aboutit à un écrasement de toutes les réalités qui n’entrent pas dans le schéma. La Croisade selon Eric Zemmour, c’est toujours contre les musulmans, mais, par exemple, les peuples baltes massacrés par les Chevaliers teutoniques sont effacés de l’histoire. Eric Zemmour célèbre l’identité blanche du temps jadis, mais oublie résolument que le droit du sol ne tient aucun compte des différences qu’on appelle aujourd’hui “ethniques” et ignore non moins résolument les Français des Antilles, de la Guyane, de La Réunion.  Il célèbre la colonisation alors que pour la France ce fut un aspect très secondaire de sa politique au regard de la confrontation avec l’Allemagne.</p><p>Le zemmourisme est un djihadisme inversé. Même nostalgie de la pure origine, même négation de l’histoire, même prétention folle à incarner le Bien, au nom du “monde chrétien” d’un côté, du “monde musulman” de l’autre – tous deux abusivement globalisés. Il n’y a plus de chiites et de sunnites ; il n’y a pas de conflits sanglants entre les pays musulmans alors que le Proche-Orient arabe se déchire sous nos yeux et les enjeux des deux Guerres mondiales disparaissent du champ… Dans le zemmourisme comme dans le djihadisme, il y a la même volonté belliqueuse et éradicatrice selon le fantasme de “conquête musulmane” ou de la “reconquête chrétienne”. Chacun se prépare à un bain de sang mais Eric Zemmour, prudent quand il est en public, n’appelle pas à la guerre civile : il désigne une logique implacable, un tragique destin que nous nous serions forgés. Cependant, le thème du “grand remplacement” est effectivement racialiste : au droit français de la nationalité,  il substitue une vision ethno-religieuse opposant les “blancs” de religion catholique et les gens à la peau diversement colorée qui seraient musulmans et djihadistes au moins d’intention.</p><p>L’histoire étant par définition un anti-destin, le zemmourisme est une négation de l’histoire en tant que telle. Il en résulte une antipolitique. Quand on ne veut pas voir que l’islam s’est toujours inscrit dans des structures politiques – impériales, royales – et dans divers systèmes de relations internationales, on s’interdit toute action politique. Par exemple, la prétendue “guerre des races et des religions” exclut que la France puisse défendre, au Sahel, des États peuplés d’individus à la peau noire et généralement musulmans. Eric Zemmour se tire de cette difficulté en affirmant que la France a simplement repris son œuvre colonisatrice, faisant ainsi un superbe cadeau aux djihadistes sahéliens qui nous décrivent comme des colonialistes. Plus généralement, le fait de réduire l’islam aux sectes wahhabites et salafistes revient à dire que les conceptions littéralistes et extrémistes du Coran l’ont emporté et qu’il n’y a plus qu’à se préparer à la “guerre civile sanglante” (9) contre des musulmans qui seraient tous englobés dans cette totalité violente. De telles “analyses” effacent la sociologie de l’islam français et toute une actualité qui montre que les sociétés musulmanes, au Maghreb par exemple, résistent à l’extrémisme religieux.</p><p>Il faut enfin s’interroger sur le statut d’Eric Zemmour. Qui parle ? Un journaliste et plus exactement un homme de médias, un homme qui doit sa notoriété à sa présence constante dans les médias. Plus précisément, un homme qui doit son lancement médiatique à “On n’est pas couché”, une émission qui mêle l’information et le divertissement (infotainement) au mépris de la rigueur journalistique. Celui qui se présente comme un “dissident” est donc le produit du système médiatique “tyrannique” qu’il combat et au sein duquel, malgré son éviction de France 2 puis de RTL, il occupe toujours de confortables niches à partir desquelles il lance ses prophéties politiques. A la différence de maints économistes hétérodoxes qui ne sont plus invités dans les médias nationaux, Eric Zemmour mène ses activités prospères avec la permission du capitalisme mondialisé qui serait selon lui lié à l’islamisme radical. Telle est l’ambiguïté majeure d’un personnage qui tend la sébile d’un main tout en agitant de l’autre un cocktail Molotov, qui publie dans le paisible “Figaro” tant en préparant les “Français de souche” à la guerre civile.</p><p>Plutôt que d’appeler à la censure d’Eric Zemmour, il faut l’inciter à être beaucoup plus présent dans l’espace public – en le priant d’assumer pleinement la radicalité de ses propos. Prendre ses responsabilité, c’est s’engager en politique et seule l’élection présidentielle serait à la mesure d’un personnage aussi considérable. Une candidature lui permettrait d’exposer clairement son projet pour la nation et de répondre aux questions des citoyens. S’il est vrai que l’Etat de droit est mort, par quoi remplace-t-on la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946 ? Doit-on du moins supprimer la liberté des opinions religions pour les musulmans ? Comment fabrique-t-on un Etat catholique dans un pays où moins de 5% des citoyens vont à la messe au moins une fois par mois ?  Sur quels critères précis fera-t-on le tri entre les citoyens considérés comme agents du “grand remplacement” et citoyens regardés comme victimes de celui-ci. Que fait-on des couples “mixtes” ? Car la guerre civile, c’est une activité très concrète : selon le quartier, on colle au mur les gens qui ont une cravate ou ceux qui ont une casquette, ceux qui n’ont pas le bon prénom, ou le bon accent, ou la bonne couleur de peau…</p><p>Craignons les littérateurs extrémistes, qui ne mesurent jamais la portée de leurs propos.</p><p>***</p><p>(1) Eric Zemmour, Destin français, Albin Michel, 2018. Les numéros entre parenthèses renvoient aux pages de ce livre. Les chiffres en italiques renvoient à ce livre.</p><p>(2) J’ai évoqué cette ambassade dans ma Lettre de Samarkand publiée sur ce blog : https://bertrand-renouvin.fr/lettre-de-samarkand-chronique-93/</p><p>(3) Cf. Blandine Kriegel, La République et le Prince moderne, PUF, 2011 et ma présentation du livre : https://bertrand-renouvin.fr/republique-le-moment-hollandais-selon-blandine-kriegel/</p><p>(4) Cf. Denis Crouzet, La Nuit de la Saint-Barthélémy, Fayard, 1994.</p><p>(5) Jean-Christian Petitfils, Histoire de la France, Fayard, 2018.</p><p>(6) Cf. Arnaud Teyssier, Richelieu, L’aigle et la colombe, Perrin, 2014, et ma présentation du livre : https://bertrand-renouvin.fr/richelieu-la-difficulte-de-gouverner/</p><p>(7) Cf. Laurent Joly, L’Etat contre les Juifs – Vichy, les nazis et la persécution antisémite, Grasset, 2018 https://bertrand-renouvin.fr/collaboration-vichy-contre-tous-les-juifs/ et 2) François Delpla, Hitler et Pétain, Editions Nouveau monde, 2018 : https://bertrand-renouvin.fr/vichy-la-carte-de-la-vassalite/</p><p>(8) Cf. Vichy, Londres et la France, Le Cerf, 2018.</p><p>(9) Voir les déclarations d’Eric Zemmour sur i24news le 17 avril 2019 https://www.youtube.com/watch?v=kwWjOZfLNjM</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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