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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Avril 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:11:40 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pour Castaner, « l’islam de France » c’est l’islam des Frères musulmans]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Depuis 1999, nos dirigeants s’entêtent à vouloir construire « l’islam de France ». De Chevènement à Macron en passant par Sarkozy et Valls, la ligne politique aura été erratique, les objectifs flous, les moyens insuffisants. Mais surtout, le choix des interlocuteurs aura été jusqu’à aujourd’hui calamiteux permettant à l’islam consulaire de se maintenir tout en légitimant la prise de pouvoir des Frères musulmans. Dernier exemple en date: le 29 mai, le ministre des Cultes Christophe Castaner a rompu le jeûne du ramadan aux côtés du CRCM, une organisation frériste.</p>
<p>Notre ministre des Cultes, Christophe Castaner, a honoré de sa présence lors d’un dîner d’iftar (rupture du jeûne du Ramadan), le 29 mai dernier, le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace, ce qui a offusqué le Conseil national dudit culte, actuellement aux mains des Turcs pro-Erdogan. Mais le choix de M. Castaner, avec l’accord probable du président, en dit long sur la stratégie inquiétante de l’exécutif concernant l’organisation de la religion musulmane en France. Cette dernière demeure un des angles morts de la « pensée politique » du pouvoir macronien, mais soyons honnête, c’est l’angle mort de tous les partis politiques français depuis quarante ans.</p><p dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">À <a href="https://twitter.com/hashtag/Strasbourg?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Strasbourg</a>, pour partager l’iftar du CRCM.<br />Une ville de concorde et de fraternité où le respect des sensibilités, des croyances et des convictions de chacun est naturel. <a href="https://t.co/iJeYIFEiFW">pic.twitter.com/iJeYIFEiFW</a></p><p>— Christophe Castaner (@CCastaner) <a href="https://twitter.com/CCastaner/status/1133828945709867009?ref_src=twsrc%5Etfw">29 mai 2019</a></p><p>La nouvelle génération de nos politiciens ne connait quasi rien à l’islam, son histoire, ses fondements théologiques, ses évolutions contemporaines, sa géopolitique. De même elle perpétue une « politique arabe » erratique, sans cap ni intelligence. La politique désastreuse de Nicolas Sarkozy en la matière en aura été l’illustration, projetant sur les représentants français autoproclamés de l’islam dans les années 2000, une vision simpliste mêlant la longue histoire des relations entre l’Etat et l’Eglise catholique et protestante et avec les juifs, avec la mémoire floue de la gestion de l’islam colonial algérien.</p>
<p>Sarkozy rompt la digue du Culte</p>
<p>En 2003, se prenant pour un tout petit Napoléon, Nicolas Sarkozy alors ministre des Cultes, voulait un interlocuteur : il créa le Conseil français du Culte musulman (CFCM). Il n’aura réussi qu’à adouber l’islam politique des Frères musulmans qui a rapidement mis la main sur le CFCM et ses instances régionales. Puis il a aggravé la situation durant son quinquennat en décidant que ce serait à l’aune des mètres carrés de mosquée qu’on élirait les représentants siégeant au CFCM. Résultat ? L’ouverture de la compétition générale : c’est à qui aura la plus grande mosquée pour avoir le plus d’élus ! Or qui peut financer des mosquées-cathédrales dans toutes les métropoles françaises sinon les réseaux financiers étrangers. Les subsides publics – donc l’argent du contribuable français – furent aussi utilisés pour cofinancer la construction de centres culturels islamiques annexes aux mosquées venant agrandir de facto les espaces cultuels ; et le tour est joué.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/royaume-uni-islamophobie-definition-161811" target="_blank">L’appel de 44 intellectuels britanniques contre une définition officielle de l’islamophobie</a></p><p>Dès lors, le président Sarkozy a renforcé l’islam consulaire autant qu’il a encouragé des puissances financières islamiques étrangères (Qatar, Arabie saoudite, Emirats, Turquie) à déverser des millions pour construire des mosquées favorables à leur courant idéologique. Les islamistes des Frères musulmans et autres dérivés salafistes ont évidemment raflé la mise. Puis, le quinquennat achevé en terminant sur la catastrophe libyenne, Nicolas Sarkozy s’en est lavé les mains quand il s’est avéré que l’arrière boutique n’était pas aussi « modérée » que la vitrine qu’il avait vendue aux Français ignares en la matière. François Hollande, le président, inventa « la déradicalisation », concept fumeux qui coûta un « pognon de dingue » mais ne lui survécut pas faute d’avoir le début d’un embryon de résultat… Où l’on voit que si Emmanuel Macron met ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy ou de son prédécesseur, il n’en sortira rien de bon. Doit-on craindre qu’il fasse pire ?</p>
<p>« L’islam français » ne peut pas exister</p>
<p>Islam de France, en France, islam français… Autant d’expressions qui ne disent rien de la réalité. « L’islam français » tel qu’en rêvent candidement nos politiques ne peut pas exister, et ce pour différentes raisons. Les musulmans sont une minorité religieuse nouvellement installée en France depuis les années 1960 et dont le dynamisme démographique est incomparable à tout ce que la France a connu en termes de minorités religieuses. La première vague vient de divers pays, des singularités nationales qui colorent aussi pour partie leur islam ; longtemps cet islam fut dirigé à distance par les pays d’origine (Algérie, Maroc, Tunisie, etc.). La force de l’idéologie fréro-salafiste est d’avoir surmonté ses folklores nationaux d’origine pour proposer aux générations nées en France une identité « neuve » de double rupture : d’avec l’islam dit du bled et d’avec la France républicaine.</p><p>En outre, imaginer construire l’islam sur le modèle consistorial juif comme certains ont l’air de le plaider auprès du président de la République est une aberration en plus d’une stupidité anachronique : les musulmans du XXIe siècle ne ressemblent en rien aux Israélites de 1806 déjà quasi totalement assimilés quand Napoléon achève le projet d’émancipation citoyenne commencé avec le mémoire de Malesherbes adressé à Louis XVI en 1788. Au début du XIXe siècle, les juifs n’aspirent qu’à être d’authentiques Français et ne nourrissent aucune acrimonie à l’égard de la civilisation française. Ensuite, l’histoire des relations entre la France et les mondes de l’islam est singulière et complique beaucoup les choses, elle est faite de conflictualités, de guerres mémorielles, de méfiance réciproques, ce que tout le monde feint d’ignorer en glissant perpétuellement la poussière sous le tapis ou en clivant inutilement, comme le fit le candidat Macron en novembre 2016 lors de son voyage en Algérie. Enfin, et c’est sans doute le plus sérieux, que cela plaise ou pas aux candides, l’islam est un ordre politico-juridique qui ne peut pas, ne veut pas se fondre dans un ensemble social laïc qui lui préexiste, à savoir la loi de 1905.</p>
<p>La France était « une et indivisible »</p>
<p>Ce cadre où se sont inscrits, non sans peine, catholiques, protestants et juifs, les représentants qui parlent aujourd’hui au nom des Français musulmans n’en veulent pas. S’ils le voulaient vraiment comme ils le prétendent dans leurs discours devant les ministres, pourquoi ne s’entendent-ils pas depuis près de deux décennies, pour se structurer en conformité stricte avec la loi de 1905 ? Mais nous sommes, paraît-il, au temps du « patriotisme inclusif » (discours d’Emmanuel Macron devant la presse du 25 avril), de l’identité nationale « à la carte » ; quand en 1806 sous l’autoritarisme napoléonien et en 1905 au temps de la IIIe République, nous étions dans le patriotisme assimilateur qui garantissait la liberté de cultes aux individus et aux collectifs, mais rejetait toute forme de sécession politique au nom de son appartenance religieuse.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/islam-de-france-musulmans-146022" target="_blank">L’islam de France est-il (vraiment) différent des autres?</a></p><p>La France fut en effet « une et indivisible ». Elle ne l’est plus depuis que, devant une immigration de masse qu’ils n’ont souhaité ni contenir ni analyser les effets à long terme, nos dirigeants nationaux et locaux ont décidé de pratiquer une gestion communautariste des populations. C’est cela la cause de la partition ou sécession dont tous les politiques parlent aujourd’hui comme s’ils n’y étaient pour rien : ils en sont les premiers artisans. Les minorités tyranniques ne s’affirment que quand le camp majoritaire est las ou naïf. Les hommes de la IIIe République avaient fait l’expérience de la pression religieuse dans la vie sociale et dans la vie politique, ils n’en voulaient plus. Nos politiques actuels n’ont rien connu de l’antagonisme entre un pouvoir religieux et un pouvoir civil, ils ont l’air de benêts qui pensent que la sécularisation est un fait établi qui va s’imposer par magie à tous les nouveaux venus. Ils regardent donc l’islam comme une sorte de judaïsme acariâtre ou de protestantisme belliqueux, ne comprenant pas la spécificité de la religion musulmane qui est une orthodoxie en même temps qu’une orthopraxie, qui ne délie pas pouvoir temporel et spirituel, à moins de renier le sens même de la vie du prophète de l’islam Mohamed, donc s’exposer à se renier soi-même. Le wahhabisme né en Arabie au XVIIIe siècle s’inspirait du rigorisme de l’école hanbalite (IXe siècle) et d’Ibn Taymiya (XIIIe siècle), et illustre bien que l’islamisme n’a pas attendu les impérialismes coloniaux européens ou le méchant « orientalisme » occidental pour se forger, indépendamment, en idéologie politique. Cet ordre politico-religieux consubstantiel à l’islam dès ses origines, n’a été qu’en se durcissant au gré des aléas géopolitiques du siècle écoulé, avant même l’abolition du califat par Atatürk.</p>
<p>Inculte comme un ministre des Cultes</p>
<p>Tout cela, nos dirigeants n’en ont cure car ils ne lisent plus rien d’autre que des livres de management des organisations ou de communication politique. La classe politique et médiatique actuelle est inculte sur ces sujets. La paresse intellectuelle autant que le désintérêt mâtiné de mépris pour la « chose religieuse » font que nos dirigeants et nos élites parlent sans savoir, se reposent sur quelques agents d’influence dont ils sont bien incapables la plupart de temps de déceler au nom de qui ils parlent, au nom de quels intérêts ils proposent telle ou telle organisation de l’islam en France. L’ignorance de nos dirigeants sur l’islam est dangereuse. L’islam comme religion, comme fait social, comme doctrine juridico-politique ne peut être ignoré car il s’est imposé dans notre paysage politique du fait d’une immigration de masse doublée d’un dynamisme démographique avéré.</p><p>Cette inculture justifie qu’ils se satisfassent de la situation bipolaire actuelle. D’un côté, nous avons les beaux discours islamo-républicains tenus dans les diners d’iftar où nos élus, nos ecclésiastiques, nos pasteurs et nos rabbins jouent des coudes à qui mieux-mieux, ou dans les colloques dits « interreligieux » organisés systématiquement par les autorités catholiques, protestantes ou juives pour valoriser « l’islam des Lumières », plutôt que débattre de questions théologiques qui fâchent. De l’autre côté, nous avons la réalité du terrain, l’islam à l’échelle locale qui demeure revendicatif politiquement et largement irrigué par le courant fréro-salafiste qui n’a de quiétiste que le nom car Hassan al-Banna est peu connu pour avoir œuvré en faveur de la doctrine de « la passivité dans la quête spirituelle » !</p>
<p>En marche vers « l’islam de France » macronien</p>
<p>« L’islam de France » est un projet qui n’avancera pas parce que l’islam dominant actuel ne se laisse pas enfermer dans un cadre de minorité, qui plus est au sein d’une nation d’héritage judéo-chrétien. Toutefois, le dynamisme démographique étant du côté de l’islam, ce culte doit s’organiser en tant que tel. Mais l’acte politique programmateur doit revenir à la République et à elle seule, et non aux représentants autoproclamés de l’islam en France. Car eux exigeront sans se décourager, comme ils le font depuis 1999, d’obtenir un statut spécifique, des arrangements singuliers, une place à part. Voilà pourquoi le choix de notre actuel ministre des Cultes est inquiétant. Il a négligé le CFCM aux mains des Turcs proches d’Erdogan, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ce fut pour aller adouber le représentant de l’islam concordataire, Abdelaq Nabaoui qui préside le Conseil régional du Culte musulman d’Alsace. A l’instar de Tareq Oubrou, autre star frériste convertie récemment au républicanisme, Nabaoui est chevalier de la Légion d’honneur depuis avril 2017, et il est aussi un ancien militant actif de l’UOIF (habilement rebaptisée à la veille de l’élection présidentielle, Musulmans de France). L’UOIF est une des associations islamiques les plus importantes de France, elle contrôle de nombreux lieux de culte, écoles, centres de formations ; elle est liée à l’échelle européenne aux Frères musulmans, même si ses chefs s’en défendent mollement.</p><p>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/voitures-incendies-sylvestre-castaner-157851" target="_blank">Incendies du Nouvel An: cette fois, Castaner n’a pas vu de « séditieux »</a></p><p>A la tête du CRCM depuis deux ans et demi, Nabaoui est un ancien aumônier des hôpitaux (et des armées de l’Est) qui a fait de Strasbourg la plateforme de lancement de l’islam de France dont rêve les ultralibéraux communautaristes pour qui l’argent est le nerf de la guerre. Beaucoup de ceux qui encensent <a href="https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf" target="_blank">le rapport El Karoui</a> de 2016 (« Un islam français est possible ») pour avoir alerté sur l’imprégnation salafiste dans la jeunesse musulmane française, oublient les recommandations de ce dernier en faveur d’une profonde modification de la loi de 1905 afin que l’Etat prenne notamment en charge le financement des édifices religieux à l’issue d’un « audit des cultes ». Pour conduire son projet, Hakim El Karoui a lancé, fin 2018, l’Association musulmane pour un islam de France (AMIF) avec l’aval de son ami Emmanuel Macron rencontré à la banque Rothschild. Les statuts ont été déposés en avril dernier. Abdelaq Nabaoui est membre de l’AMIF, plateforme préparant « l’islam de France » macronien, comme le CFCM fut le bébé de Nicolas Sarkozy. A ses côtés, la fine fleur frériste reconvertie dans le républicanisme inclusif du Nouveau Monde : Tareq Oubrou ou Mohamed Bajrafil. L’AMIF ne servirait-elle pas aussi de plateforme de labellisation républicaine pour l’idéologie frériste ? Tout cela se ferait bien sûr « à l’insu de notre plein gré », à l’instar de l’Institut des Cultures de l’Islam dont le Conseil d’administration est dirigé par un duo pour le moins surprenant : Bariza Khiari, ancienne sénatrice socialiste ralliée dès 2016 à Emmanuel Macron, et Nacira Guenif-Souilamas, sociologue proche des Indigènes de la République.</p>
<p>Christophe Castaner : « Le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. »</p>
<p>A l’instar de son ami Hakim El Karoui, M. Nabaoui rêve de voir l’islam inclus dans le régime concordataire afin d’en faire la base arrière pour la construction de cet islam de France qui pourrait bénéficier des subsides publics, de libéralités pour enseigner dans les écoles publiques, etc. El Karoui écrit en 2016 dans son rapport que le régime concordataire est « un écosystème politique et juridique qui permet aux instances représentatives des musulmans de France et à la puissance publique de faire émerger un islam français. » Alors que 70% des Français sont pour l’abrogation du régime concordataire et que des militants républicains laïcs luttent vainement depuis des décennies pour son abrogation, M. Castaner vient valider le projet El Karoui/Nabaoui. Notre ministre a en effet déclaré lors de ce dîner de Ramadan : « À Strasbourg, le CRCM est un exemple, un laboratoire d’idées pour le futur de l’islam en France. » Bien sûr, Christophe Castaner a fait du « et en même temps » en jurant ses grands dieux qu’on ne toucherait pas à la loi de 1905, mais force est de constater que, dans l’indifférence générale, parce que ces sujets sont laissés dans l’ombre, l’opposition et les journalistes d’investigation font silence. Personne ne se donne la peine d’expliquer aux Français ce qui se joue, à savoir un énième blanc-seing offert aux idéologues fréristes, c’est-à-dire aux ennemis de la liberté, de l’égalité et de la démocratie. Aux ennemis de la nation.</p><p>La stratégie à la petite semaine de Christophe Castaner est révélatrice de l’indécision du pouvoir. Il y a fort à parier que si l’acte 2 du quinquennat qu’on nous annonce est aussi amateuriste et tourmenté que le premier, « l’islam de France » restera une Arlésienne car l’exécutif aura d’autres chats à fouetter. Et vu ce que prépare les amis du président, ce serait souhaitable pour le bien des musulmans eux-mêmes, pour la sécurité des Français également à long terme. Car, sous prétexte de lutter contre l’argent sale des Etats étrangers qui viendrait pourrir l’islam de France, le projet El Karoui/Nabaoui équivaut à financer l’islam avec l’argent public sans nettoyer les écuries d’Augias, à savoir déraciner l’idéologie fréro-salafiste dominante dans la plupart des quartiers où les musulmans sont quasi majoritaires. Pour réaliser un tel nettoyage, il faudrait déjà que nos élus soient informés (ou souhaitent l’être !) des pedigrees idéologiques de leurs interlocuteurs par les agents de liaison qui les mettent en relation… Mais chacun préfère l’aveuglement réciproque d’un marché de dupes.</p>
<p>Vers un Grand imam de France</p>
<p>En attendant, le statu quo permet la poursuite de la politique des intermédiaires, des agents troubles au service de différentes puissances étrangères qui tiennent chacun leur petite boutique de fidèles binationaux ; pour certains pays amis, cette gestion se fait en lien avec les services de renseignements français, ce qui n’est pas inutile. Le statu quo permet à des notables musulmans de s’embourgeoiser gentiment en se rapprochant du Roi-soleil, de troquer la calotte blanche en crochet pour le chapeau mou du Grand rabbin de France – ce personnage inventé par Napoléon – rêvant sans doute ainsi d’être adoubé un jour Grand imam de France. Le statu quo permet enfin à la confrérie des Frères musulmans transnationale et à tous les réseaux salafistes alliés, de continuer paisiblement à gangrener la population musulmane française.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:10:38 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[FICHES DE LECTURES – Michèle TRIBALAT, “Assimilation, la fin du modèle français,” (2013)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE</p><p>Michèle TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français. , France, 2013</p><p>« Que voulons-nous d’eux ? »</p><p>FICHE TECHNIQUE</p><p>TRIBALAT (Michèle), Assimilation. La fin du modèle français, 2013, Paris, aux éditions Télégraphe / éditions du Toucan (éditeur indépendant), 349 pages, ISBN 978-2-81000-553-6.</p><p>L’AUTEUR</p><p>Michèle TRIBALAT est chercheuse à l’Institut National des Études Démographiques (INED), prestigieux établissement français chargé d’établir et d’analyser les statistiques relatives à la démographie. Spécialisée dans les questions de l’immigration et de l’intégration des étrangers en France, puis de la place de l’Islam et de sa pratique, elle s’est régulièrement élevée contre le flou des statistiques publiques en matière d’immigration et des pratiques religieuses. Depuis 2010, alors qu’elle s’était prononcée en faveur de la mise en place de statistiques dites « ethniques », statistiques réclamées également par des organisations d’immigrées (Mais refusées par d’autres) comme le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, (CRAN, mais sous un autre nom), elle se trouve au centre d’une polémique alimentée par une partie de l’intelligentsia de gauche dont Hervé LE BRAS, brillant statisticiens français, qui a accusé Michèle TRIBALAT de vouloir renouer avec les pratiques nazies de fichage ethnique et religieux.</p><p>LE LIVRE</p><p>Le livre de Michel TRIBALAT, Assimilation. La fin du modèle français, est un livre à thèse. Et la thèse, dure, est crument exposée : les immigrés ne s’assimilent plus parce qu’ils ne sont plus tenus de le faire (La culture des élites valorisant d’autant plus le multiculturalisme qu’elles mêmes s’y sont plus confrontées), et, de ce fait, les immigrés, surtout musulmans, imposent la permanence de traits culturels forts, y compris ceux en désaccords flagrants avec les devoirs républicains, comme les limites toujours plus étendues posées à la liberté d’expression. Pour Michel TRIBALAT il s’agit d’une nouvelle « trahison des clercs », à l’échelle française mais aussi à l’échelle européenne.</p><p>Favorable au projet européen, Michel TRIBALAT n’en dénonce pas moins la dérive multi culturaliste des fonctionnaires de Bruxelles, trop soucieux de saper l’identité nationale dans une mosaïque de cultures, sans se rendre compte qu’au-delà du multi culturalisme le communautarisme menace de saper les fondements politiques communs à l’Europe : la démocratie sociale et politique.</p><p>L’immigration en France et en Europe est devenue un objet politique à part entière. L’arrivée au pouvoir des partis eurosceptiques, la montée des partis xénophobes et de l’extrême-droite, leur participation de plus en plus fréquente et de plus en plus longue aux gouvernements, leur enracinement dans les instances locales, la part prise par les questions migratoires dans les programmes politiques des autres formations l’illustrent. Et à chaque élection, l’illustrent de plus en plus.</p><p>Michèle TRIBALAT, chercheur à l’INED, tente de démêler les mécanismes de la politique migratoire, en France et en Europe, à travers la flou des statistiques mais, aussi, à travers les pétitions de principes et les multiples déclarations politiques et les directives européennes.</p><p>La France ne dispose pas d’un outil statistique pour mesurer sa population étrangère. Chaque ministère (Ministère des Affaires Étrangères, MAE, Ministère de l’Intérieur, Ministère des Affaires Sociales) dispose pour la partie qui le concerne de ses propres enquêtes statistiques, menées sur des critères qui ne se recoupent pas forcément d’un ministère à l’autre. Par ailleurs le recensement général de la population ne prenait qu’imparfaitement en compte la question de l’origine, et pas du tout les questions religieuses. Il a été supprimé, au profit d’enquêtes territoriales restreintes, qui rendent plus lointaine la possibilité d’établir des séries statistiques fiables.</p><p>La seule enquête fiable et d’envergure dont dispose la France est l’Application de Gestion centralisée des Dossiers des Ressortissants Étrangers en France (AGDREF, Ministère de l’Intérieur) dont l’INED faisait régulièrement une synthèse dans sa revue Chroniques de l’Immigration. Mais les chiffres d’AGDREF émanant du Ministère de l’Intérieur étaient plus élevés (215 000 entrées d’étrangers par an) que ceux collectés par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) qui estimait les entrées à 136 000 étrangers, soit un différentiel de 79 000 entrées représentant un écart de 58%. La revue Chroniques de l’Immigration publiant les chiffres peu consensuels d’AGDREF, elle fut supprimée (2008). Les dernières statistiques centralisées connues concernent donc la période 2008 pour des chiffres de 2006.</p><p>Ce sont donc les chiffres grossièrement sous-évalués, ceux de l’INSEE essentiellement, qui sont transmis à l’Union Européenne (UE) et à sa division statistique (EUROSTAT). La France reprenant parfois les données d’EUROSTAT pour avoir un aperçu statistique de ses propres flux migratoires, oubliant que ces chiffres d’origine soit disant européenne viennent par une grande partie de ses propre statistiques faussées.</p><p>La France se distingue en cela de ses voisins (Grande-Bretagne, Pays Bas, Danemark) qui mènent plus souvent et plus précisément des enquêtes concernant la nationalité d’origine et les pratiques religieuses. Il est parfois plus simples pour avoir des informations statistiques récentes sur la population étrangère et immigrée en France de passer par des organismes étrangers comme le Pew Forum.</p><p>Les questions du flou statistique, des outils statistiques et de la connaissance des flux migratoires sont au cœur des questions qui agitent les politiques et les démographes. Michèle TRIBALAT milite depuis de nombreuses années, et avec elle des associations d’immigrés et d’étrangers, pour des statistiques dites ethniques. Ceux qui s’y opposent mettent en avant le risque que feraient peser sur les immigrés et les étrangers de telles statistiques si un mouvement xénophobe prenait le pouvoir en France. Pour Michel TRIBALAT au contraire, seule la connaissance précise des phénomènes migratoires permettra des réponses appropriées et rapides aux questions d’intégration et d’assimilation.</p><p>Pour Michèle TRIBALAT la France est entrée depuis 2000 dans une phase d’immigration intense. Si entre 1975 et 1999 la population étrangère et immigrée avait cru de 11% (Au même rythme que le reste de la population) elle a cru en revanche de 24% entre 1999 et 2009 alors que la population native n’augmentait que de 5%. En conséquence la part des immigrés étrangers est passée de 7,4% à 8,5%, soit la plus haute proportion de son histoire. Il faut remonter à la période 1920-1926 pour avoir la même croissance de la population immigrée en France. On compte actuellement plus de 5 millions d’étrangers en France pour 65 millions d’habitants (2006).</p><p>Par rapport à ses voisins, l’immigration en France sur la période 2001-2011 est plus faible : en Espagne la population immigrée est passée de 0,9% (1991) à 12% (2011) de la population totale. En Grande-Bretagne elle a augmenté de 63% en dix ans. Si l’on prend non plus seulement la population immigrée et étrangère, mais la population immigrée et celle ayant des parents immigrés (Dite population « Immigrée sur deux générations), la France compte 19% d’immigrés et d’enfants d’immigrés, contre 20% en Allemagne, 21% aux Pays Bas, 23,5% aux États-Unis et 26% en Suède.</p><p>L’immigration sur une ou deux générations est donc forte en France comme partout en Europe. Quelle part l’immigration va prendre dans la croissance démographique de l’Europe ? Le scénario élaboré par la Commission de Bruxelles (Scénario Convergence 2010-2060) estime que sans immigration, l’Union Européenne va perdre entre 79 et 86 millions d’habitants en un demi siècle (L’indice de fécondité étant bas : 1,54 enfant par femme en Italie, 1,36 en Allemagne).</p><p>Pour la France, au vu des comportements démographiques actuels, l’immigration permettrait à la France de gagner 15 millions d’habitants sur 50 ans, faute de quoi la population française stagnerait, voire régresserait légèrement (Moins 3 millions d’habitants). Mais ce qui compte c’est l’indice synthétique de soutien (Nombre de personnes en âge d’être des actifs pour le nombre de personnes en âge d’être inactifs, soit avant 16 ans et après 67 ans). Sans immigration il passerait de 1,7 en 2007 à 1,21 en 2060, ou 1,28 avec les effets de l’immigration. Ainsi, l’immigration aura un impact majeur sur la structure démographique de la France, mais un impact très faible sur l’activité économique.</p><p>Plus important peut-être, l’indice de soutien réel (Nombre d’actifs sur les inactifs) passerait de 0,82 en 2007 à 0,56 (Sans immigration) à 0,58 (Avec immigration) en 2060, soit un apport de l’immigration de 0,02 point. Autant dire rien. L’immigration ne va donc pas compenser la détérioration de l’indice de soutien réel : il y aura, en 2060, toujours plus d’inactifs (Essentiellement des personnes âgées) que d’actifs. L’immigration n’est donc pas, selon Michèle TRIBALAT (se fondant sur les statistiques françaises, européennes et internationales) le remède universel au vieillissement de la population française.</p><p>Au sein de la population immigrée en France (Étrangère ou immigrée, sur une ou deux générations), les Musulmans en représentent la part principale. La France a la plus importante population musulmane d’Europe, exceptée la Bulgarie dont une partie de la population native est musulmane depuis le XVe siècle. Les Musulmans étaient environ 3,7 millions en France en 2006, ils étaient estimés à 4,2 millions en 2009, soit 6,7% de la population métropolitaine, 4,8 millions en 2012 soit 7,5% de la population. La France accueille 25% des musulmans d’Europe. Si elle reste à 38% catholique, 8% musulmane et 2% protestante, les personnes qui déclarent accorder beaucoup d’importance à la religion sont dans leur majorité des musulmans : les jeunes musulmans en particuliers (18 ans – 27 ans) sont 56% à accorder une grande importance à la religion (Contre 7% pour les Catholiques de la même tranche d’âge).</p><p>Les Musulmans représentent donc l’essentiel de la population immigrée (Mais plus forcément des flux migratoires actuels qui viennent d’Afrique centrale ou d’Europe de l’Est), et les Musulmans sont de plus en plus pratiquants. C’est ce qu’on appelle la désécularisation. Elle est souvent expliquée par des facteurs sociaux : la détresse économique jetant les Musulmans et leurs enfants dans les bras des imams et des prédicateurs.</p><p>Sans aucun doute la population musulmane vit dans les quartiers les plus pauvres des villes de France : ils sont 37% à vivre dans les quartiers les plus pauvres (Identifiés à travers les IRIS, Îlots Regroupés pour l’Information Statistique, unité statistique de l’INSEE de 2 000 à 5 000 habitants) alors qu’ils ne représentent que moins de 8% de la population. Ils sont 4,6 fois plus nombreux dans ces quartiers qu’ils ne le devraient. Le facteur social joue dans la mesure où les enfants d’immigrés du Sahel, du Maghreb et de Turquie (SMT) sont plus nombreux dans les quartiers aisés à accorder une importance faible à la religion que dans les quartiers pauvres.</p><p>Sur l’ensemble de l’Union Européenne (UE), les jeunes musulmans se déclarent plus religieux que leurs parents au même âge. Au contraire, les enfants d’immigrés catholiques (Les Portugais par exemple) sont en 2009 moins pratiquants que ne l’étaient leurs parents ou leurs grands frères 20 ans plus tôt, et ce même dans les quartiers pauvres. La nouvelle génération de Musulmans (étrangère, immigrée ou native), est donc plus religieuse.</p><p>La désécularisation de la population musulmane s’explique par une très forte endogamie : si 60% des Protestants se marient avec un conjoint non-protestant, ils ne sont que 11% chez les Musulmans. L’endogamie est donc très forte. 84% des enfants d’un couple comptant au moins un (Sinon les deux) parent musulman sont eux-mêmes Musulmans. Contre 60% pour les Catholique et 44% pour les Protestants.</p><p>Les Turcs sont les champions européens de l’endogamie : en France 3% seulement des jeunes filles turques arrivées enfants en France se sont mariées avec un non-Turc, 5% de l’ensemble des jeunes filles immigrées turques se sont mariées avec un non Turc. Aux Pays-Bas, 60% des Turcs se sont mariés avec des jeunes femmes turques arrivées exprès de Turquie pour le mariage.</p><p>La transmission de l’Islam s’est aussi améliorée : si 43% des parents musulmans arrivés entre 1950 et 1960 ont transmis leur religion, c’est le double un demi-siècle plus tard. Entre 1960 et 1970, 24% des enfants de parents musulmans avaient reçu une éducation religieuse, c’est 55% en 1990. Le double donc.</p><p>La population musulmane en France va prendre une place croissante dans la population française. Son accroissement démographique naturel étant égal en quantité à celui des Français natifs, soit un taux d’accroissement naturel 12 fois supérieur à celui des Français natifs, de deux parents français (Ceux que Michèle TRIBALAT appelle les « natifs au carré », faute de pouvoir dire les « Français de souche »). Avec une réduction de l’indice de fécondité de 2,8 (2007) à 2,4 (2030), le Pew Forum estime que les Musulmans en France seront 7 millions en 2020 et 9 millions en 2030. Soit une croissance de 46% en 20 ans. La France en 2030 comptera donc encore 23% des Musulmans de l’UE, qui seront 30 millions, soit 6% de la population européenne totale estimée.</p><p>Si les Musulmans sont plus nombreux qu’avant (1950-1980), et si l’Islam se transmet mieux qu’avant au sein des familles, l’Islam est aussi plus visible en France qu’auparavant. On peut le mesurer au port du voile : 19% des 18-50 ans des Musulmanes le portent, mais elles ne sont que 9% dans les quartiers riches. Ce qui veut dire que vous allez croiser une femme voilée sur 300 dans les quartiers riches contre une femme sur 12 dans les quartiers pauvres. Cela veut dire aussi que la pression sur les femmes musulmanes à porter le voile sera plus forte dans les quartiers pauvres.</p><p>Le degré de qualification joue sur le port du voile : si 35% des femmes musulmanes sans diplôme le portent, elles ne sont 12% pour celles ayant un diplôme universitaire. Les interdits alimentaires sont également plus respectés : si 80% des 18 ans – 50 ans déclarent les respecter toujours, ils sont 90% dans la tranche d’âge des moins de 18 ans (Et 94% chez les femmes). À cette visibilité accrue s’ajoute aussi une revendication accrue : des associations islamiques sont en France, comme en Europe, de plus en plus nombreuses à demander un respect des pratiques religieuses islamiques, y compris dans les écoles et y compris de la part des non-musulmans. La condamnation (Fatwa) de Salam RUSHDIE après la parution des Versets sataniques (1988) a ouvert la voie à un mouvement général d’abdication des pouvoirs publics et des élites devant les revendications des associations islamiques les plus agressives.</p><p>Face à cette visibilité accrue de l’islam et ces revendications accrues, les populations natives ont répondu de manière différenciée en fonction de leur niveau social. Les classes populaires (Ouvriers et employés) se sont retranchées dans les villes moyennes et petites (20 000 habitants), refusant la cohabitation avec une population immigrée musulmane de plus en plus visible et revendicative. Les classes populaires ont refusé d’être « touristes chez eux » pour s’isoler hors des grandes agglomérations. Les élites au contraire ont fait une promotion hypocrite de la diversité ethnique et culturelle, valorisant d’autant plus l’Autre qu’elles n’avaient pas à le côtoyer réellement.</p><p>La gauche en France a d’ailleurs abandonné l’électorat prolétaire, qu’elle a jugé trop éloigné de ses valeurs multiculturalistes, pour développer une thématique politique à destination des minorités (Ethniques, religieuses, sexuelles, de genre…) plus enclines selon elle à voter socialiste. Le Think Tank Terra Nova a été dans cette dynamique d’abandon des classes prolétaires la matrice idéologique du Parti Socialiste (PS).</p><p>L’assimilation, qui impose aux immigrés un référentiel cultuel établi d’après les normes du pays d’accueil, n’est donc plus au programme. La culture du dénigrement de la France est érigée en réflexe de pensée par les élites et les médias : les guerres mondiales et coloniales ayant abattu l’image positive que la France avait d’elle-même. Désormais l’Autre est valorisé a priori, de même que ce qui est français est dévalorisé systématiquement.</p><p>La France s’aligne donc sur les politiques des pays du Nord (Grande Bretagne, Belgique, Pays Bas), alors que ces mêmes pays remettent au même moment en question leur propre modèle multiculturel. Elle le fait d’autant plus aisément que l’Union Européenne (UE) encourage le modèle multiculturel.</p><p>Pour les eurocrates, en effet, l’affaiblissement de l’idée de nation renforce ses dynamiques de prise de contrôle de pans entiers de la souveraineté des États. Les élites françaises (Politiques, culturelles et médiatiques) sont des alliées objectives des fonctionnaires de Bruxelles en acceptant le transfert en France du modèle migratoire européen au détriment du modèle assimilationniste français. Alors même qu’elles n’ont pas à subir les conséquences du passage d’un modèle à un autre.</p><p>L’abandon du modèle assimilationniste est d’autant plus incompréhensible en terme démocratique que tous les signaux politiques et électoraux montrent que les classes populaires européennes sont farouchement hostiles à la perte de leurs identités nationales.</p><p>L’EXTRAIT</p><p>« Les natifs n’intéressent plus guère. »</p><p>« […] Les difficultés propres à ces natifs au carré (1) des catégories populaires n’intéressent plus guère. Terra Nova (2) brosse d’eux un portrait en creux dévastateur :</p><p>– ils incarnent la France d’hier et sont ainsi privés d’avenir ;</p><p>– ils résistent au changement et sont ainsi une entrave au progrès ;</p><p>– ils sont intolérants ;</p><p>– ils sont fermés, sur la défensive, indifférents aux autres et pessimistes.</p><p>                Ils n’ont rien pour plaire et ne peuvent qu’éprouver un fort ressentiment face à l’abandon de la gauche qui, si elle n’a pas endossée publiquement le programme de Terra Nova, est marquée par l’influence de ce groupe de réflexion. […] Ces natifs au carré […] regardent avec envie les efforts entrepris pour rendre plus agréables les fameux « quartiers populaires ». On a ainsi dépensé, dans le cadre du plan de rénovation urbaine […] 600 millions d’euros pour rénover le plateau de Clichy-sous-Bois / Montfermeil, soit une dépense d’environ 40 000 euros par habitant. […] Le lieu d’habitat des natifs au carré des catégories populaires les place souvent en dehors des zones bénéficiant de ces politiques sociales, zones qui sont aussi intégrées dans des périphéries urbaines très dynamiques. Un mélange d’exigence sur le mode de vie et d’absence de moyens financiers pour la satisfaire dans une zone fortement urbanisée les renvoie à la périphérie des centres urbains, dans des petites villes ou à la campagne où se trouvent encore quelques emplois industriels. Les catégories les plus favorisées n’ont pas de problème à faire coïncider leurs exigences avec un environnement urbain où elles peuvent facilement échapper aux nuisances.</p><p>[…] Dans les zones faiblement urbanisées, les ouvriers natifs au carré évitent les contextes les plus difficiles auxquels 9% d’entre eux sont confrontés dans les grandes unités urbaines où seulement 20% d’entre eux résident. Les cadres maximisent leur environnement social dans les grandes villes, les ouvriers dans les petites ou à la campagne.</p><p>En résidant dans de petites communes périphériques, les natifs au carré des catégories populaires réussissent à éviter les concentrations ethniques importantes auxquels ils seraient confrontés dans les grandes agglomérations. […]</p><p>Pour que l’assimilation fonctionne, les natifs au carré doivent aussi avoir le sentiment qu’ils exercent un ascendant culturel reconnu par l’ensemble du corps social, élites comprises qui sont celles qui distribuent les bons et les mauvais points. Or leur ascendant culturel est contesté […] par ces élites pour qui toutes les cultures ont un même droit de cité. La séparation devient alors la conduite rationnelle des catégories populaires pour protéger leurs propres modes de vie. […] »</p><p>(1) Natifs au carré : c’est ainsi que Michèle TRIBALAT nomme les citoyens français de parents eux-mêmes français. Ils sont donc natifs de natifs. D’où l’expression de natifs au carré. L’expression peu heureuse fait suite aux critiques formulées à l’encontre de Michèle TRIBALAT qui auparavant parlait des « Français de souche », expression jugée xénophobes par une partie de la gauche française. Notes de Erwan Bertho.</p><p>(2) Terra Nova : association de gauche proposant des idées forces dans le domaine politique (Think Tank) jugée par Michèle TRIBALAT responsable sur recentrement sur les minorités visibles des préoccupations du Parti Socialiste.</p><p>TRIBALAT (2013), pages 262 ; 263 ; 264 et 267. → Retrouvez cette fiche sur Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle, sur Serveur Docs/Public/Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle et sur histgeolaf.toile-libre.org/Bibliothèque virtuelle. © Erwan BERTHO.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par genre de la bibliothèque virtuelle, <a title="BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE – Index, « Index par genre des oeuvres présentées. »" href="http://www.hglycee.fr/?p=2961" target="_blank">cliquez ici</a>.</p><p>→ Pour revenir à l’index des fiches de lectures classées par 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]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 21:03:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/413/charles-rojzman-10022019</link>
	<title><![CDATA[Charles Rojzman / 10/02/2019]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ecrit dans les débuts des "gilets jaunes" : Au fur et à mesure que se rapproche l’échéance de samedi prochain, l’hystérie collective s’étend et touche désormais pratiquement de nombreux habitants de ce pays. Les ennemis se révèlent, les paranoïas se réveillent, avec leur cortège de discours incendiaires, à teneur souvent complotiste. Les « gilets jaunes » véritables sont désormais pris dans le piège des extrémismes de droite et de gauche, à moins d’un réveil peu probable de ce cauchemar.</p><p>L’origine proche de ce désastre, on la connait. Elle part d’une colère légitime d’une grande partie du peuple entraîné malgré lui dans une chute sociale et qui compare son sort précaire avec des privilèges étalés au grand jour. Mais on méconnait l’origine lointaine de ce désastre : ces dizaines d’années de ressentiments accumulés qui ont abouti à des haines, désormais clamées au grand jour. Les violences civiles que je pressentais depuis longtemps au vu des divisions du pays, manifestées d’abord à propos de la question de l’islam et de l’immigration, se sont tournées vers celui qui représente l’autorité suprême, le Président de la République. Rien de plus banal. Le premier pas vers la guerre civile, c’est la mise en cause du chef, surtout si celui-ci montre sa faiblesse. Or, ce garant de la solidité des institutions ne s’est pas montré à la hauteur d’une fonction qu’il a discrédité par ses errements caractériels et ses alliances fragiles ou ténébreuses.</p><p>Les violences du quotidien, l’insécurité grandissante, la peur de perdre son identité culturelle ont donné le sentiment à beaucoup de gens qu’ils ne pouvaient plus changer leur destin et ce sentiment d’impuissance a été renforcé par le cynisme ou l’inconscience des pouvoirs.</p><p>La suite des événements est incertaine. Beaucoup de choses dépendent de ce qui se passer samedi, en particulier de la capacité de l’Etat à faire face à toutes ces colères divergentes mais réunies pour l’occasion. La raison va-t-elle l’emporter sur les rêves chimériques d’un grand soir et permettre, en profitant de cette crise, la transformation de ce pays sur le moyen le long terme? Rien n’est moins sûr. Comme le dit Carl Gustav Jung: "En présence d'une situation donnée, la discussion basée sur des arguments de raison ne demeure possible et n'a de chances d'aboutir que tant que le potentiel émotionnel inhérent à la situation n'a pas dépassé un certain seuil critique. Dès que ce dernier est franchi par la température affective et l'émotivité, les possibilités et l'efficacité de la raison se trouvent anéanties; s'y substituent des slogans et des désirs chimériques et fumeux; c'est-à-dire que la raison fait place à une espèce d'état de possession collective qui se propage à la manière d'une épidémie psychique."</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:52:58 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Impressionnante : BRAVO ! Elisabeth... - Christian Barbaray]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Impressionnante : BRAVO !</p><p>Elisabeth Moreno, née à Tarrafal, au nord de l'île de Santiago (Cap-Vert), est l'aînée d'une fratrie de six enfants. Son père travaille sur les chantiers et sa mère fait des ménages, ses deux parents ne savent ni lire ni écrire. Sa famille émigre en France en 1977, et s'installe dans une cité d'Athis-Mons, dans l'Essonne, pour trouver une structure hospitalière pouvant accueillir une de ses sœurs, gravement brûlée dans un accident domestique.</p><p>En tant qu'aînée, elle est bien souvent la deuxième maman : « Très tôt, j'ai ressenti le besoin d'être un soutien pour ma famille. J'ai construit ma vie en ce sens, en essayant de trouver les solutions qui pourraient l'aider. D'autant plus que mes parents ne savaient pas lire ni écrire. Vous savez, j'ai finalement un parcours d'émigrée classique. Mais cela n'a jamais été un poids. »</p><p>À l'école, une orientation vers un CAP lui est proposée, ce qu'elle refuse en souhaitant poursuivre vers un bac littéraire, puis de faire des études supérieures de droit, afin de devenir avocate. Après une maîtrise, finalement en droit des affaires à l’université Paris XII, elle débute dans un cabinet juridique.</p><p>En 1991, elle fonde une entreprise du bâtiment avec son mari, une société qui compte jusqu'à 30 collaborateurs</p><p>En 1998, après avoir divorcé, elle prend un poste chez France Telecom pour piloter les ventes PME et PMI de la région Paris Sud. En 2002, elle passe chez Dell comme directrice des grands comptes et y reste dix ans, passe par la la division marocaine du groupe, puis est promue directrice commerciale EMEA (Europe Moyen Orient Afrique) de Dell pour les grands comptes stratégiques, lors de son retour en France. Elle bénéficie de la possibilité, également, durant son parcours dans cette entreprise, de reprendre temporairement des études à 35 ans en 2006, pour obtenir un Executive MBA à l'ESSEC et à l'université de Mannheim en Allemagne. Elle devient également juge consulaire bénévole au tribunal de commerce de Bobigny en janvier 2015, après une formation à l'École nationale de la magistrature</p><p>Elle a également des engagements associatifs, ayant notamment participé à la fondation, avec d'autres Cap-verdiens, du Cabo Verde business club en 2005, et de la Casa Cabo Verde de 2008 à 2011, avec des actions tournées vers la diaspora cap-verdienne en France.</p><p>En 2012, elle est recrutée par Lenovo comme directrice commerciale Europe. Cinq ans plus tard, en 2017, elle devient présidente directrice générale France du groupe Lenovo. Ses parents rentrent au Cap vert, pour y tenir un hôtel, mais continuent à suivre, avec une certaine fierté, son parcours.</p><p>En janvier 2019, elle est nommée présidente de HP Afrique, et s'installe, avec son second mari et une de ses deux filles en Afrique du Sud</p><p>Le 6 juillet 2020, elle est nommée, dans le gouvernement Castex, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances, en remplacement de Marlène Schiappa.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:51:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/404/les-traore-ces-grands-charly-karl-ekoule-maneng</link>
	<title><![CDATA[Les Traoré, ces grands... - Charly Karl Ékoulé Maneng]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les Traoré, ces grands esclavagistes oubliés<br />Texte de Yaya sy</p><p>Voici donc ce qu'on peut qualifier de "résumé" par Isabelle Deakin-Brown : « La famille Traoré, victime auto-proclamée de racisme, hurle sur tous les toits que l'homme blanc est un esclavagiste par nature. Ces ancêtres, affirme-t-elle ont été réduits en esclavage par l'oppresseur blanc. Il n'y a rien de plus injuste et de plus abominable que l'esclavagiste blanc.<br />Mais l'Histoire montre une origine bien différente de la famille Traoré :<br />Le nom de Traoré est une déformation du nom de Tarawélé, un des quarante-quatre clans de l’ethnie Soninké, ethnie qui s’étend essentiellement en Afrique de l’Ouest sahélienne. Dans l’empire du Ghana, les soninkés se disaient “enfants de la chasse” et le groupe qui nous intéresse prit le nom patronymique de Tarawélé ou Traoré après l’occupation du royaume par Diabé Cissé.<br />Après leur conversion à l’islam au XIème siècle, les Soninkés se sont dispersés en Afrique de l’Ouest pour fonder, entre autres, le royaume de Galam, spécialisé dans le commerce de l’or, de la gomme arabique et … des esclaves … capturés dans d’autres tribus et vendus sans aucun état d’âme, non pas aux méchants blancs mais aux Maures dont ce commerce était la spécialité. Le commerce avec les Européens viendra plus tard et ne sera que la continuité des traites négrières arabo-musulmanes.<br />La société soninké évoluera très vite et ce, dès l’époque précoloniale, vers un modèle esclavagiste extrêmement brutal. A la fin du XIXème siècle, alors que les blancs ont aboli l’esclavage depuis un demi-siècle, la société soninké compte près de la moitié d’esclaves qu’il faut réprimer par la violence et parquer dans des quartiers réservés. Ces malheureux captifs ne connaîtront l’affranchissement qu’à partir du début du XXème siècle sous l’influence des vilains occidentaux colonisateurs.<br />Il est à noter que les traditions ont la vie dure chez les Soninkés puisque des cas d’esclavagisme perdurent encore de nos jours dans leur société en particulier en Mauritanie, les Maures et les Soninkés étant depuis toujours les spécialistes de ce type de commerce.<br />Le clan Traoré peut certes fièrement porter ses origines soninkés mais il serait de bon ton que toute la famille mette un genou en terre et demande pardon au nom de ses ancêtres aux autres populations africaines maltraitées par eux. Traoré, à esclavagistes, esclavagistes et demi ?»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 18:33:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/402/jacques-julliard%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-suppression-de-l%E2%80%99ena-est-de-la-poudre-aux-yeux%C2%A0%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Jacques Julliard : « La suppression de l’ENA est de la poudre aux yeux ! »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il y a vingt ans, Jacques Julliard démissionnait avec fracas du conseil d'administration de l'ENA. Dans une lettre au président du conseil d'administration, Renaud Denoix de Saint-Marc, publiée par son ancien journal Le Nouvel Observateur, l'historien justifiait son départ par « le malaise qui depuis des années plane autour des fonctions de l'ENA et de sa place au sein des élites du pays ». Il plaidait pour une réforme ambitieuse de l'école – sans demander sa suppression — et voyait dans le classement de sortie la fabrication d'une « aristocratie d'État » éloignée des préoccupations du pays. <a href="https://www.lepoint.fr/tags/emmanuel-macron" class="Link Link--entity">Emmanuel Macron</a> vient d'annoncer le remplacement de l'ENA par un Institut du service public, qu'il veut plus ouvert sur la société, tout en conservant le très critiqué classement de sortie…</p>
<p>Le Point : <a href="https://www.lepoint.fr/tags/pierre-bourdieu" class="Link Link--entity">Pierre Bourdieu</a>, qui fut l'auteur de La Noblesse d'État (1989) et le pourfendeur de l'ENA, semble avoir été entendu. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/suppression-de-l-ena-ce-qui-va-vraiment-changer-08-04-2021-2421355_20.php#xtmc=macron-ena&amp;xtnp=1&amp;xtcr=7" title="">Emmanuel Macron va donc supprimer l'école d'administration</a> et la remplacer par un « Institut du service public » (ISP). Qu'en pense celui qui a démissionné avec fracas du conseil d'administration de l'ENA en 2000 ?</p><p>Jacques Julliard* : D'abord, s'agissant de la noblesse d'État théorisée par Bourdieu, je tiens à dire qu'aucun pays ne se passe d'une élite dirigeante. L'idée d'égalitarisme et de nivellement est absurde, car il vaut mieux contrôler les élites plutôt que de les laisser se développer seules.Pour ce qui est de la décision du président, en dehors de la tentation de faire un coup ou de prendre le contre-pied de ce qu'on le soupçonne d'être, c'est-à-dire l'homme de « l'énarchie », je ne la comprends pas. D'autant plus qu'on nous annonce que l'on va conserver le concours de sortie. Or, si j'ai démissionné du conseil d'administration de l'ENA, c'est bien pour cette raison. À l'époque, j'avais saisi le conseil d'administration car je voulais qu'on remette en cause ce classement de sortie qui fait que des « fils d'archevêques », parce qu'ils ont été premiers au concours de sortie, vont toute leur vie dominer la société. Une société à laquelle ils sont souvent peu associés…</p><p>L'idée du président est de mettre plus de diversité sociale dans la formation des élites…</p><p>Le principe de l'ENA, fondée par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/michel-debre" class="Link Link--entity">Michel Debré</a> et de Gaulle, était de résister aux formes de copinage qu'il y a dans la désignation de la haute fonction publique. Le principe était excellent et a produit toute une série d'hommes de qualité, des énarques qui ont été pour beaucoup dans la planification à la française et ont constitué, à la fin de la IVe République et surtout sous de Gaulle, le moteur du renouvellement et de l'enrichissement de la <a href="https://www.lepoint.fr/tags/france" class="Link Link--entity">France</a>. Alors, réformer l'ENA tout en conservant ce concours de sortie est un contresens. De la poudre aux yeux ! On sera bien avancé s'il y a des fils d'ouvriers, de paysans et des classes moyennes dans la future ENA et qu'on laisse se développer, avec ce classement, la coupure entre les élites et le peuple.</p><p>Comment « reconnecter » ces futurs hauts fonctionnaires ?</p><p>Il est normal que même les meilleurs d'entre eux passent par l'expérience d'une préfecture ou d'une administration régionale. Il faut les obliger à se mêler à la population dès le début de leur formation. Tous les élèves disent d'ailleurs que le plus efficace, ce n'est pas l'école mais les stages. On avance l'idée qu'il faut démocratiser le recrutement, j'y suis favorable, mais il ne faut pas confondre la démocratisation du corps des fonctionnaires avec la démocratisation de leur action.</p><p>Cette coupure entre eux et la société ne précède-t-elle pas leur passage à l'ENA ? Entre 60 et 70 % des élèves de l'ENA sont passés par Sciences Po…</p><p>La démocratisation, il faut en effet la prendre de plus haut, idéalement dès l'enseignement secondaire. Mais malheureusement, ce qui a été fait depuis vingt ans dans l'Éducation nationale est une catastrophe. Sous prétexte de faciliter l'accès aux classes populaires, Sciences Po a supprimé la culture générale dans son concours d'entrée. Si on nous démontre, par exemple, que les classes populaires ont des difficultés en mathématiques, va-t-on les supprimer ? La République est un système égalitaire qui vise à l'excellence. Si on ne tient pas ces deux bouts, on tombe dans le « velléitarisme » que je déplore chez Macron et qui me donne le tournis…</p><p>Pour quelle raison ?</p><p>Quand il fait quelque chose, il compense par autre chose. C'est la définition du « en même temps »…</p><p>Cette question de la déconnexion des élites est revenue de façon criante avec la crise des Gilets jaunes. Or cette déconnexion, et peut-être le payent-ils, se vérifie chez beaucoup de députés En marche ! qui n'ont pas fait l'ENA…</p><p>L'interdiction du cumul des mandats pour les politiques fait qu'un député n'a plus l'expérience du terrain. Les maires, eux, restent très populaires, quelle que soit leur couleur politique. Ils ont un lien avec la population. Avec le non-cumul, on a créé une classe politique nationale avec des élus au Parlement très déconnectés des réalités du pays. J'en veux pour preuve l'organisation d'un débat à l'Assemblée nationale sur l'euthanasie dans le contexte sanitaire actuel. Il n'y a qu'en France qu'on voit ça !</p><p>*Auteur de « Carnets inédits, 1987-2020 », Bouquins, 1 152 p., 32 €.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:13:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pour ou contre l’écriture inclusive? Deux linguistes débattent]]></title>
	<description><![CDATA[<p>INTERVIEW - Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique, et Franck Neveu, professeur de linguistique française, s’opposent sur l’utilité de cette graphie controversée.</p><p class="fig-paragraph">Depuis son apparition, l’écriture inclusive cristallise les passions. Qu’elle s’invite à l’université, dans des médias ou au sein des sphères de l’Etat, à chaque fois son utilisation crée le débat. Franck Neveu, professeur de linguistique française à la Sorbonne, et Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique à la Sorbonne et <a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/je-parle-comme-je-suis-portrait-de-la-france-a-travers-ses-nouveaux-mots-20201004" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">auteure de Je parle comme je suis (Grasset)</a>, ne sont pas d’accord sur son emploi et sa signification. Pour le premier, cette graphie sous-tend «une idéologie», quand pour la seconde, elle est «une nouvelle ressource linguistique disponible».</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecriture-inclusive-les-incoherences-d-un-systeme-complexe-20210223" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">» LIRE AUSSI - Écriture inclusive: les incohérences d’un système complexe</a></p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO. - Que vous inspire l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Je suis stupéfaite de la violence des débats autour de l’écriture inclusive, qui me rappellent à quel point la langue est politique, à quel point elle est un enjeu de pouvoir et à ce titre soumise à des jeux de négociation permanents. Pourquoi tant de haine de part et d’autre? De la part des puristes de la langue, qui pensent que leur objet chéri est menacé par ces barbares militantes, mais aussi de la part de certain(e)s défenseuses et défenseurs de ce type d’écriture, qui croient à tort qu’on peut imposer à tous une façon d’écrire ou de parler…</p><p class="fig-paragraph">La langue en réalité, s’accommode mal des positions dogmatiques, elle vit sa vie plus tranquillement assez loin des débats; elle accompagne et reflète les changements profonds de nos sociétés, mais en douceur. Ainsi un volet majeur de l’écriture inclusive, le volet lexical, qui consiste à re-féminiser les noms de métier, comme «autrice» (que trois siècles de domination patriarcale avaient tout simplement évacués alors qu’ils existaient depuis le latin!) s’installe peu à peu dans la pratique des francophones.</p><p class="fig-paragraph">On peut voir en l’écriture inclusive non pas une menace terrible, mais une nouvelle ressource linguistique disponible. Dont on peut, selon ses convictions, aussi selon les habitudes nouvelles qui seront prises, se servir. Mais encore faut-il être mieux éclairé sur les termes du débat. Il ne s’agit pas seulement, loin s’en faut, de points médians. L’écriture inclusive comprend en fait trois aspects: l’aspect lexical (féminisation des noms de métiers), lancé au Québec dans les années 1970, arrivé en France près de quarante ans plus tard; l’aspect syntaxique, avec l’accord de proximité (dire «les auteurs et les actrices sont créatives» en accordant «créatives» au nom le plus proche, ici le féminin, ce qui était une possibilité jusqu’au 17e siècle); et enfin l’épineux point médian, aspect purement graphique de l’écriture inclusive et proposition qui crée le plus de polémique.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - On sait à présent que ce que l’on appelle «inclusivisme» dans le domaine de la langue ne saurait en aucune manière se limiter à des questions d’ajustement graphique ou d’usage du lexique. Il ne s’agit pas d’équilibrer les usages du masculin et du féminin dans le discours, comme on le fait avec la nécessaire et légitime féminisation des noms de métiers.</p><p class="fig-paragraph">L’inclusivisme, comme idéologie, ne saurait être isolé d’un vaste mouvement entropique qui fait émerger un déconstructionnisme où prévaut la dialectique dominant/dominé. Celle-ci s’évertue à dénoncer en permanence la prétendue mainmise du patriarcat sur les emplois de la langue française, et à revendiquer la visibilité, dans les échanges privés comme institutionnels, des usages communautaires de la langue. Avec les traces laissées dans les emplois de la langue par l’inclusivisme on a quitté la fonction linguistique. Il s’agit souvent de tags qui servent de surligneurs idéologiques.</p><p class="fig-paragraph">Nombre d’études ont fait apparaître les incohérences de l’écriture inclusive, l’irrégularité de son application, le développement des aberrations linguistiques qu’elle impose (on a pu voir récemment préconisé au Québec l’usage de «membresse» pour membre au féminin ; ou plus proche de nous une affiche diffusée dans la ville de Montreuil portant les mentions «marché paysan.ne», «produits fermier.e.s»).</p><p class="fig-paragraph">Il est un point à souligner. L’extension de fait de l’écriture «inclusive» est en train de se transformer en application de droit. Contrairement à ce que l’on croit l’écriture «inclusive» n’a pas vocation à rester une option pour ceux qui la défendent, elle vise à s’imposer et à étendre son contrôle à tous les niveaux de l’usage linguistique. Ce qu’elle ferait d’autant plus facilement par l’immixtion mentale de l’autocensure: pour qui est-ce que je vais passer si je ne fais pas l’effort de l’inclusivisme linguistique.</p><p class="fig-quote__text">« La réalité à laquelle s’attache l’écriture dite « inclusive » n’a rien à voir avec la langue. Elle s’attache à une réalité sociale et politique »</p>
<p>Franck Neveu</p>
<p class="fig-paragraph">Ajouter des points médians permet-il vraiment de donner plus d’égalité, de visibilité des femmes?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Les points médians ne sont qu’une des solutions proposées pour redonner plus de visibilité aux femmes. Pour celles et ceux qui défendent cette écriture, la réponse est oui. Ecrire les auteurs.trices serait faire acte de justice dans la langue, en nommant celles à qui les autorités linguistiques ont fait barrage à partir de la moitié du XVIIe siècle, leur interdisant d’accéder aux métiers de prestige (dont celui de l’écrivain, dont le statut se professionnalise à l’époque, devenant un enjeu économique et social majeur).</p><p class="fig-paragraph">Je pense à un propos récemment tenu par Madame le Président de l’Académie Française, Hélène Carrère d’Encausse, propos rapporté par <a href="https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/a-lacademie-francaise-refuse-toujours-la-feminisation-des-mots-sauf-pour-la-covid" target="_blank" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">Frédéric Martel</a>: «Si Madame Hidalgo veut se faire appeler Madame la Maire, c’est son droit. Je respecte son choix. Mais “la maire”, ce n’est vraiment pas beau». Mais, pour que la maire de Paris puisse s’autoriser à se désigner comme «la maire», il faut que cette ressource soit disponible! Et tous les arguments esthétiques («autrice» et «la» maire seraient laids) ne reposent que sur une très longue habitude. Est jugé laid ce qui phonétiquement n’est pas habituel. Linguistiquement, nous sommes tous, spontanément, réactionnaires! Alors, si certaines décisions linguistiques peuvent aider la langue à être plus en accord avec la société qui la parle, tant mieux. La langue reflète la société, mais avec parfois un temps de retard.</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Écriture inclusive: faut-il l’interdire dans l’administration?</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Ni les points médians ni aucune autre marque d’«inclusivisme» appliquée à l’usage de la langue ne peut avoir d’effet sur la place des femmes dans la société, ni sur les représentations que l’on peut en avoir. La langue, même «policée», ne saurait prémunir contre les idéologies discriminatoires ou les injustices sociales. Il est curieux d’avoir à rappeler au XXIe siècle que le mot arbre et l’arbre ce n’est pas la même chose. La réalité à laquelle s’attache l’écriture dite «inclusive» n’a rien à voir avec la langue. Elle s’attache à une réalité sociale et politique. Comme le rappelle Jean-Claude Milner dans un entretien à paraître dans la revue Cités (PUF, n° 86, p. 129): «À ceux qui croient qu’en généralisant l’écriture inclusive on aura changé la réalité je pourrais répondre qu’ils retrouvent très exactement ce que Marx dénonçait comme idéologie: image inversée de la réalité. On invente une convention orthographique, pour ne pas regarder la réalité en face. […] Croire qu’en manipulant les signes inscrits sur un support, on change le monde, c’est pire que de l’idéologie, c’est de la pensée magique. Le temps des runes est revenu». L’écriture «inclusive» ne dit pas ce qui est, mais ce qui, pour ses thuriféraires, devrait être. Lorsque l’on charge la langue de la mission de refléter dans la conscience linguistique non ce qui est mais ce qui doit être, on en fait une langue artificielle, c’est-à-dire un instrument idéologique mis au service de l’expression verbale du dogmatisme.</p><p class="fig-quote__text">« Les anglophones pratiquent beaucoup plus que nous les mots épicènes pour neutraliser la langue »</p>
<p>Julie Neveux</p>
<p class="fig-paragraph">Les défenseurs de l’écriture inclusive confondraient-ils la question du genre avec le sexe?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Non! Ils sont tout à fait au courant bien sûr que le genre de la grammaire n’est pas toujours un indicateur du sexe; et qu’il est, le plus souvent, complètement aléatoire. Beaucoup d’objets inanimés sont ainsi au masculin sans qu’on puisse s’expliquer pourquoi, à part à remonter le cours du temps et regarder leur étymologie. «Le livre» que l’on lit est au masculin, car «liber» était masculin en latin, tandis que «la livre», unité de mesure, vient du féminin en latin «libra».. Il n’y a que pour les personnes qu’on se pose la question du sexe, et que les partisan(s) de l’écriture inclusive revendiquent que le féminin se voie. Et encore. Si je dis «personne», justement, je ne vous donne aucune indication sur le sexe. C’est ce qu’on appelle un terme «épicène», dont l’emploi fait partie des recommandations de tenants de l’écriture inclusive. Les anglophones pratiquent beaucoup plus que nous les mots épicènes pour neutraliser la langue. C’est une solution sans doute plus consensuelle. Car il est sûr que l’étiquette «masculin» est peu heureuse et n’apaise pas le débat. Il serait d’ailleurs plus pertinent, d’un point de vue linguistique, de parler de forme non marquée (par défaut), et de forme marquée (le féminin). Tout le débat tient en réalité là: dans cette question de marque, du féminin; mais aussi du pluriel. Ce qui est difficile à comprendre et accepter pour la plupart d’entre nous c’est l’idée que la marque du pluriel ne soit plus capable d’inclure. La forme au pluriel, «les étudiants», exclurait donc les étudiantes.. Or ce n’est pas comme ça que nous avons appris à parler français. Mais pour certains militant(e)s, c’est une évolution nécessaire afin de rééquilibrer les formes masculin/féminin dans le langage.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Les mots n’ont pas de sexe, mais ils ont un genre, qui est conventionnel, et qui en français se répartit entre deux pôles (masculin/féminin). Le genre est une catégorie grammaticale, comme le nombre, l’aspect, par exemple, ou, dans les langues flexionnelles, le cas (c’est-à-dire la fonction). Ces catégories ont un rôle morphosyntaxique. Elles permettent d’établir les relations entre les mots au sein de l’énoncé, les accords par exemple. Elles n’ont aucun effet sur les représentations du monde. Si au restaurant je commande un lapin aux pruneaux je ne demande pas qu’on me serve un lapin mâle. Si j’évoque les sentinelles qui gardent l’entrée d’un bâtiment militaire je ne féminise pas les soldats qui occupent cette fonction. Il n’y a aucune corrélation à établir entre le genre des mots et le sexe de leur référent. La langue est faite de signes. Le signe linguistique est caractérisé par la linéarité et l’arbitraire: la linéarité, parce que deux signes ne peuvent être articulés simultanément ; l’arbitraire, parce qu’il est conventionnel. Le déficit de réflexion grammaticale devient préoccupant dans la société française. L’Ecole devrait tenir son rang sur ce point, et ne rien lâcher, sauf à accepter l’idée que des courants de pensée puissent faire fond sur cette ignorance. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le courant inclusiviste cible régulièrement la discipline linguistique à l’Université, censément porteuse de représentations patriarcales de la langue.</p><p class="fig-quote__text">« L’écriture inclusive n’est pas seulement un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap, mais bien au-delà, pour les enfants en apprentissage »</p>
<p>Franck Neveu</p>
<p class="fig-paragraph">Est-elle vraiment inclusive, dans la mesure où elle complique la langue et la rend difficilement visible pour les personnes qui sont malvoyantes et/ou ont des difficultés à l’écrit?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Le point médian peut en effet rendre la lecture plus difficile. Cet aspect de l’écriture inclusive, qui est purement graphique, et n’a d’ailleurs que très peu de cohérence morphologique, est celui qui a selon moi le moins d’avenir, même si je pense qu’il va rester dans l’usage en ce qui concerne les formules d’adresse dans certains milieux, comme à l’université, où l’on dit souvent, depuis quelques années, «bonjour à tous.tes». Aucune réforme n’est jamais apte à convenir à tous, et peut être est-elle en effet portée, en ce cas précis, par un idéal impraticable, et qui n’a pas vocation à être enseigné aux plus jeunes. Mais l’usage, comme toujours, fera son travail: il ne retiendra que ce qui se pratique aisément.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Une tribune signée en septembre par de nombreux linguistes, et que j’ai co-rédigée, soulignait précisément ce problème. L’écriture inclusive n’est pas seulement un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap (malvoyance, dyslexie, dyspraxie), mais bien au-delà, pour les enfants en apprentissage. L’écriture inclusive rompt avec les règles de prononciation et de ponctuation, ainsi qu’avec les règles morphologiques que les jeunes élèves sont en train d’acquérir. C’est pourquoi de nombreuses associations de parents d’élèves et une très large partie du corps enseignant se montrent hostiles à son application dans l’enseignement.</p><p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecriture-inclusive-le-niveau-en-orthographe-des-eleves-est-deja-bien-bas-20210223" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">» LIRE AUSSI - Écriture inclusive: le niveau en orthographe des élèves est déjà bien bas</a></p><p class="fig-paragraph">Est-il possible qu’elle entre dans l’usage alors même qu’elle est intenable à l’oral?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - En fait, on peut très bien imaginer que coexistent différents types d’écrits et différents usages. Un usage administratif, un usage officiel (les candidat.e.s doivent se présenter à telle heure), et un usage plus quotidien. Je m’aperçois pour ma part qu’à force de pratiquer l’adresse inclusive à mes étudiant.es, je me suis mise à les saluer, à l’oral, du mot «toustes», où je prononce le «s» et le «t», pour faire entendre le masculin et le féminin. S’en portent-ils, s’en portent-elles mieux? Je ne le sais pas. Certaines tentatives resteront, la plupart s’en iront..</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - L’inclusivisme linguistique strict n’est pas seulement intenable à l’oral, il l’est tout autant à l’écrit. Il est aisé de constater que son application systématique ne dépasse guère les quelques lignes d’ouverture d’un texte. Le reste s’égare dans des incohérences qui soulignent le fait que son usage systématique est impossible, et que l’écriture «inclusive» n’est finalement qu’une position doctrinale. Quant à se généraliser, encore faut-il prendre conscience du fait que l’usage de la langue ne se limite pas au discours institutionnel. L’inclusive est contre-intuitive, c’est sa faiblesse.</p><p class="fig-quote__text">« La langue est beaucoup plus mesurée que nous ne savons l’être! C’est la meilleure arbitre de nos débats: le temps passant, elle ne retiendra, de l’écriture inclusive, que l’essentiel... »</p>
<p>Julie Neveux</p>
<p class="fig-paragraph">Il est d’ailleurs possible de noter une certaine anarchie dans ces écritures (on lit parfois «tou.tes.s» puis «tous.tes…»)…</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - Quand un nouvel emploi arrive, il y a hésitation; regardez l’alternance entre le masculin et le féminin pour «Covid»! C’est donc d’abord la marque de son caractère récent. Mais il est vrai qu’en raison de son peu de cohérence morphologique et étymologique, le découpage par le point ne risque de s’inscrire dans la durée que dans certains usages bien circonscrits.</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - Disons que son utilisation n’est pas impossible, puisqu’on l’observe déjà. Mais cette application partielle et incohérente ne peut aucunement représenter l’usage de la langue dans son ensemble. Les usages d’une langue évoluent au gré des locuteurs, et non pas en fonction des règles établies par des groupes de pression.</p><p class="fig-paragraph">Faut-il donc l’interdire comme cela a été proposé par des députés de la majorité et de l’opposition?</p><p class="fig-paragraph">Julie NEVEUX. - En matière de langue, il est absurde d’interdire. Je parle, car j’ai besoin de parler, car j’ai envie de parler. Pour le faire, je me saisis de ce qui est disponible à ce moment-là dans mon stock lexical et grammatical. Des lois peuvent bien être votées, mais si l’usage se répand, car le plus grand nombre y trouve un écho (parmi ses voisins, ses voisines), une raison (lutter contre l’inégalité), ou juste une possibilité (et pourquoi pas?), elles ne serviront à rien. Les deux dernières interventions de l’Etat en matière de langue, en 1982 en faveur de la féminisation des métiers et en 1990 pour simplifier l’orthographe, n’ont fait qu’accompagner une évolution plus lente mais inéluctable de la langue. La langue est, en réalité, beaucoup plus mesurée que nous ne savons l’être! C’est en fait la meilleure arbitre de nos débats: le temps passant, elle ne retiendra, de l’écriture inclusive, que l’essentiel...</p><p class="fig-paragraph">Franck NEVEU. - La proposition de loi portant interdiction de l’usage de l’écriture dite «inclusive» par les personnes morales en charge d’une mission de service public doit être comprise comme le prolongement des préconisations énoncées en novembre 2017 par le Premier Ministre. Le recours à la loi peut être jugé légitime, même si cela reste de peu d’effet sur les pratiques linguistiques institutionnelles, qu’il s’agisse de l’inclusive ou de l’application de la loi Toubon. Ce que la loi doit protéger, c’est l’intégrité de la morphologie de la langue française, afin de ne pas laisser se diffuser les paralogismes grammaticaux dont les conséquences sont dévastatrices sur les apprentissages linguistiques.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/359/%C2%ABl%E2%80%99ecriture-inclusive-est-contre-intuitive-illisible-et-excluante%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:04:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«L’écriture inclusive est contre-intuitive, illisible et excluante»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>INTERVIEW - Le député LREM de l’Indre a déposé une proposition de loi pour faire interdire cette écriture militante.</p><p class="fig-paragraph">En février dernier, François Jolivet a déposé une proposition de loi, visant à interdire l’usage de l’écriture inclusive dans les documents administratifs, signée par plus de soixante députés. Aurore Bergé, Agnès Thill, Bertrand Sorre… Ils sont aujourd’hui 115, du Parti communiste jusqu’au Rassemblement national, à le soutenir. Le député LREM explique au Figaro les raisons de son combat contre cette graphie militante, qui est, selon lui, loin d’être «inclusive».</p><p class="fig-paragraph">LE FIGARO.- Comment est né votre combat contre l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">François JOLIVET. - J’ai toujours été lié dans mon mandat municipal au monde du handicap. Ainsi, je possède des relations avec des associations qui ont en charge des personnes dyslexiques, dyspraxiques, dysorthographiques, dites «dys». Un jour, des parents sont venus me dire que leurs enfants avaient des difficultés à lire certains documents, du fait de l’écriture dite «inclusive», et plus précisément les graphies comme le «point médian». Je le rappelle, quand on est «dys», et qu’on lit un point, on revient à la phrase du début. Cela empêche la lecture. Je me suis donc intéressé à ce sujet. Je me suis aperçu que l’université aujourd’hui fait parfois ses fiches de formation en écriture inclusive (exemple récent avec l’ONISEP sur Parcours Sup). Or, un certain nombre de personne n’arrivent pas à lire cette écriture et ne peuvent donc pas répondre. Quand on sait les effort fournis par certains pour obtenir un baccalauréat, c’est insupportable. Puis, j’ai vu que l’OMS, l’ONU, l’Union européenne publiaient en écriture inclusive. Je me suis aussi rendu compte que des collectivités communiquaient et délibéraient de cette façon. Quand on n’est pas capable de lire un document, on ne peut ni faire valoir ses droits ni contester une mesure administrative… Lorsque ma proposition de loi a été médiatisée, j’ai été très étonné du tohu-bohu qu’elle avait engendrée. Avant, je recevais 200 mails par jour, aujourd’hui, c’est 400. On m’envoie des cours, des sujets corrigés en écriture inclusive. J’ai été contacté par des étudiants de l’IEP de Grenoble, de Sciences po Paris qui m’ont expliqué que certains élèves avaient été privilégiés parce qu’ils utilisaient cette écriture. <a href="https://etudiant.lefigaro.fr/article/a-sciences-po-paris-des-points-bonus-accordes-pour-l-utilisation-de-l-ecriture-inclusive_70f90efe-777e-11eb-930c-df8a7d3f696f/" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="ETUDIANT">Le Figaro</a> <a href="https://etudiant.lefigaro.fr/article/a-sciences-po-paris-des-points-bonus-accordes-pour-l-utilisation-de-l-ecriture-inclusive_70f90efe-777e-11eb-930c-df8a7d3f696f/" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="ETUDIANT">l’a d’ailleurs révélé</a>. Je me suis dit que c’était intolérable.</p>
<p>« À l’origine, l’écriture inclusive était élitiste, mais je pense qu’elle est devenue une espèce de mode »</p>
<p class="fig-paragraph">L’écriture inclusive comporte diverses règles: point médian, double pronom, mots épicènes… Contre quelle écriture inclusive vous opposez-vous?</p><p class="fig-paragraph">Je ne m’élève pas contre la féminisation des noms, mais contre le point médian qui est selon moi un point bloquant. J’aimerais une écriture pour tous, ce que cette écriture dite «inclusive», n’est pas. Des enseignants qui enseignent le français dans d’autres pays m’ont contacté pour dire leur stupéfaction. À mon sens, le combat de l’opinion est gagné, mais le combat de quelques autoentrepreneurs de l’écriture n’est pas facile à remporter. Lorsqu’on est un homme contre l’écriture inclusive, on est catalogué de terrible machiste et de vieux réactionnaire…</p><p class="fig-paragraph">Est-elle une écriture élitiste?</p><p class="fig-paragraph">Elle est contre-intuitive, illisible, excluante et donc, elle désunie. À l’origine, l’écriture inclusive était élitiste, mais je pense qu’elle est devenue une espèce de mode. Elle est un indice de la déconstruction de notre pays et de notre culture ; tout cela, sous-couvert d’une minorité agissante qui a su faire prospérer ses idées un peu partout. Nous sommes aujourd’hui dans une dictature des minorités.</p>
<p>« Pour obtenir l’égalité femme-homme, il est préférable de voter la loi PACTE qui impose autant d’hommes que de femmes dans les conseils d’administration, plutôt que défendre l’écriture inclusive »</p>
<p class="fig-paragraph">Comment expliquez-vous alors que son usage s’étende?</p><p class="fig-paragraph">Certaines personnes ont l’impression de satisfaire un combat, peut-être de bonne foi. Ils font cela sans se poser de question. Aujourd’hui, le militantisme fait que l’on mélange parfois sa fonction et les causes qu’on peut défendre à titre personnel. Parfois, certains cèdent à une mode pour plaire à un supérieur hiérarchique. Et c’est ainsi que l’on se retrouve, dans des entreprises, avec une communication en écriture inclusive. Or, pour obtenir l’égalité femme-homme, il est préférable de voter la loi PACTE qui impose autant d’hommes que de femmes dans les conseils d’administration, qui exige des rattrapages salariaux, plutôt que défendre l’écriture inclusive.</p><p class="fig-paragraph">Votre proposition réunit des personnalités de différents bords politiques. Comment expliquer cette «convergence des luttes»?</p><p class="fig-paragraph">Nous sommes aujourd’hui 115 signataires, venant du PC jusqu’au RN, mais pas le PS. Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont apporté leur soutien à cette proposition de loi, même s’ils ne sont plus parlementaires. Normalement les bords politiques ne signent pas en-dehors de leur propre groupe. Mais il y a des gens qui ont pensé que j’avais raison. Cette question de l’écriture inclusive va au-delà de divergences politiques. La parole publique, plutôt que de désunir, doit unir. C’est mon ambition. Je crois que le débat pour l’égalité femme-homme est juste, mais je trouve que le chemin qu’il emprunte et les moyens qu’il utilise met à l’écart les enfants dys. Il faut conserver une écriture compréhensible. À une époque où les gens ne se comprennent plus, il ne s’agit pas de leur enlever l’écriture, mais de la préserver. C’est elle qui unit.</p>
<p>« Les moments que nous vivons, et que nous avons vécu montrent combien l’attente d’égalité et de liberté sont devenues une priorité des Français »</p>
<p class="fig-paragraph">Où en est-on de cette proposition de loi?</p><p class="fig-paragraph">Nous nous sommes fixé un objectif de 200. Je pense que l’on va prendre l’initiative de faire une pétition dite à caractère institutionnel pour obtenir 100 000 signatures, d’ici à septembre. À la rentrée, le président de l’Assemblée nationale recevra la procédure constitutionnelle. La Commission l’examinera et la discutera. J’espère qu’ainsi, cette proposition de loi sera inscrite à l’ordre du jour. On verra si le gouvernement s’en saisira. On sera dans un calendrier qui permettra beaucoup de débats. Si la présidentielle ne se fera évidemment pas sur l’écriture inclusive, elle portera entre autres sur la culture française, sur les marqueurs culturels et sur l’égalité de tous pour accéder à ses droits et à l’usage de sa liberté. Les moments que nous vivons, et que nous avons vécu (gilets jaunes, crise sanitaire) montrent combien l’attente d’égalité et de liberté sont devenues une priorité des Français.</p><p class="fig-paragraph">Quand on voit l’échec de la loi Toubon dans les publicités, où l’anglais est roi, peut-on penser qu’une loi puisse faire respecter l’interdiction d’utiliser l’écriture inclusive?</p><p class="fig-paragraph">L’article de la proposition de loi modifie un code qui historiquement s’appelait le Code des procédures administratives contentieuses et qui s’appelle désormais le Code des relations entre le public et l’administration. À partir du moment où l’administration écrit et que l’usager ne peut lire, cela signifie qu’il ne peut plus faire valoir ses droits. C’est ce que modifie la proposition, l’écriture appartient donc bien au domaine de la loi. Si, dans l’entreprise, le dirigeant ne veut pas être compris de ses collaborateurs ou de ses clients, c’est son droit. Cela étant, s’il veut les exclure de promotions parce qu’ils ne parviennent pas à lire certains documents, cela relève du ressort des organisations syndicales.</p><p class="fig-paragraph">Si cette proposition de loi aboutit, où sera-t-elle interdite?</p><p class="fig-paragraph">La proposition de loi a pour objectif de l’interdire dans les documents administratifs et documents destinés aux usagers (rapports, études, procès verbaux, circulaires, notes et réponses ministérielles, avis, décisions, courriers électroniques envoyés aux usagers, publications officielles sur internet…). Tout document produit et diffusé par une personne qu’elle soit publique ou privée en charge d’une mission de service public.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 07:01:18 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Fatiha Boudjahlat : «Contre le racisme des bons sentiments qui livrent les femmes au patriarcat oriental»]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="paragraph text_align_left">Fatiha Boudjahlat, enseignante et essayiste, cofondatrice du mouvement Vivre la République.</p><p class="paragraph text_align_left">« Du 27 au 31 août se tiendra le huitième congrès international des recherches féministes dans la francophonie, à Paris-Nanterre. Un événement majeur, réunissant artistes, chercheuses, militantes du monde entier, avec des financements publics français et européens considérables. Un des thèmes sera : Dés-effacer les féministes racisées. Pourtant, maghrébine donc racisée, féministe, j'ai été effacée de ce colloque.</p><p class="paragraph text_align_left">Racisé est le terme qui permet de réhabiliter la distinction raciale dans les recherches en sciences sociales. La race obsède les nouveaux sociologues et les militantes, y compris celles qui se réclament du féminisme. Les 14 et 15 juin derniers, un colloque avait déjà pour thème Approches phénoménologiques du genre et de la race. Avec toujours un seul courant de pensée représenté et homologué : celui des indigénistes.</p><p class="paragraph text_align_left">Ceux-là mêmes qui ont vu dans la victoire de l'équipe de France de foot celle de l'Afrique, refusant de considérer les joueurs comme des Français, et qui prétendent que les petits-enfants d'immigrés sont traités comme des sous-citoyens par un État structurellement raciste. Nous étions deux féministes dites universalistes, invitées dans ces réunions, Christine Le Doaré et moi. Nous allions défendre une autre vision, tout aussi légitime. Nous n'étions que deux, mais c'était déjà deux de trop.</p><p class="paragraph text_align_left">Il nous a été expliqué d'abord que notre présence, actée officiellement dans le programme dès mai, était un malentendu. Puis que nous n'étions pas en capacité de lancer et d'entretenir un débat dans des conditions sereines. Nous avons enfin pu lire que c'est la menace d'actions violentes de la part de militantes indigénistes qui avait contraint les organisatrices à nous déprogrammer.</p><p class="paragraph text_align_left">Notre discours pose problème et nos opposants fuient le débat. Nous critiquons l'intersectionnalité -concept utile quand il est étudié par des spécialistes-, qui a dévoré le féminisme et l'a détourné de ses objectifs : l'émancipation individuelle et collective des femmes. De toutes les femmes. Nous combattons le culturalisme, qui consiste à défendre des droits différents en fonction de la couleur et de la culture des femmes, en fait leur ethnie et leur religion.</p><p>Newsletter L'essentiel du matin</p><p>Un tour de l'actualité pour commencer la journée</p><p class="paragraph text_align_left">L'intersectionnalité, qui prétend faire reconnaître le cumul de discriminations (femme et noire par exemple), fonctionne comme une intersection routière : il y a toujours une priorité et un cédez le passage. Avec l'intersectionnalité, ce sont toujours les femmes qui cèdent le passage aux intérêts du groupe ethnique et religieux auquel on les assigne. Houria Bouteldja, digne représentante de ce courant de pensée, explique qu'une femme noire violée par un Noir ne devrait pas porter plainte contre cet homme pour ne pas nuire à sa communauté, des féministes s'opposent à la pénalisation du <a href="https://www.leparisien.fr/societe/harcelement-de-rue-une-video-pour-ouvrir-les-yeux-30-07-2018-7837971.php" target="_blank">harcèlement de rue</a> parce qu'elle aurait visé les hommes d'une certaine origine ethnique!</p><p class="paragraph text_align_left">Je considère que ma couleur de peau, mes origines, mes croyances ne me rendent pas différente de mes compatriotes blanches. Que ces nouvelles féministes me contestent le droit à la parole parce que je ne reste pas à la place qu'elles me destinent, voilà le racisme. Celui des bons sentiments qui livrent les femmes au patriarcat oriental. Voilement, excision, mariages précoces et/ou forcés, triptyque imposé aux femmes de la virginité, de la pudeur et de l'humilité.</p><p class="paragraph text_align_left">Que l'État et ses institutions financent sans mesure ces colloques qui ne prêchent que la haine de la République, réhabilitent le racisme, nient tous les progrès qui font de nous une communauté nationale, accrochent les femmes non blanches à de nouvelles laisses, est une faute et un scandale. Si vous refusez aux femmes qui ne sont pas blanches ce que vous exigez pour vous, ce n'est pas de la tolérance, c'est du racisme, celui qui protège vos privilèges de classe. »</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 21:28:20 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«L’Opéra de Paris formaté par l’idéologie décolonialiste?»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/ENTRETIEN - L’arrivée à l’Opéra de Paris de promoteurs zélés de la diversité fait redouter un nouvel appauvrissement du répertoire et de la mise en scène, estime la maître de conférences et essayiste.</p><p class="fig-paragraph">Isabelle Barbéris est maître de conférences (HDR) en arts de la scène. Elle a notamment publié <a href="https://www.puf.com/content/Lart_du_politiquement_correct" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE">L’Art du politiquement correct</a> (PUF, 2019).</p><p class="fig-paragraph">FIGAROVOX. - Un article du Monde se réjouit que l’opéra de Paris s’apprête à son tour à «décoloniser» son répertoire, ses décors, ses costumes... Est-on à nouveau face à une manifestation de «l’art du politiquement correct»?</p><p class="fig-paragraph">Isabelle BARBÉRIS. - On est face à un académisme anticulturel décomplexé, qui transforme l’art - patrimoine et création - en ingénierie sociale. Les directions de prestige des Conservatoires nationaux comme de l’Opéra sont désormais formatées par cette idéologie du ressentiment, avec à leur tête des militants qui font passer au forceps leur propagande inclusiviste - ce qui ne se fait pas sans violence pour les élèves de ces écoles, qui ressentent la dégradation de leurs formations.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link" href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/taguieff-le-decolonialisme-est-la-maladie-senile-de-la-gauche-intellectuelle-contemporaine-20201110" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Taguieff: «Le décolonialisme est la maladie sénile de la gauche intellectuelle contemporaine»</a></p><p class="fig-paragraph">Ce qu’il se passe à l’intérieur des murs du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, par exemple, est proprement carnavalesque. On qualifie fallacieusement cela de «cancel culture». Il s’agit d’une énième expression inversatoire puisque nous avons au contraire affaire à une haine de la culture.</p><p class="fig-paragraph">Craignez-vous un appauvrissement du répertoire et de la mise en scène à l’opéra, au prétexte paradoxal de promouvoir davantage de diversité?</p><p class="fig-paragraph">L’appauvrissement du répertoire est en fait en cours depuis des années. Le déconstructionnisme ambiant a réduit comme une peau de chagrin le nombre d’œuvres jouées, au profit de mises en scène et de relectures prétendument «dépoussiérantes»… en fait, bien souvent poussives et dogmatiques.</p>
<p>Lorsque l’on ne sait plus créer, on s’attaque aux œuvres qui existent car leur grandeur (...) ne peut que paraître insupportables aux mal-inspirés</p>
<p class="fig-paragraph">Mais au-delà, c’est d’abord un appauvrissement des imaginaires, ce qui est bien plus inquiétant. Les sornettes des démolisseurs dissimulent à peine l’absence de projet artistique et de substance. Lorsque l’on ne sait plus créer, on s’attaque aux œuvres qui existent car leur grandeur, leur pesanteur également, ne peuvent que paraître insupportables aux mal-inspirés.</p><p class="fig-paragraph">L’argument de «conquérir des nouveaux publics» est-il selon vous recevable?</p><p class="fig-paragraph">La démocratisation a déchu en démocratisme. C’était avant la même exigence pour tous, et la volonté tenace d’élever l’humanité grâce à l’art. L’idée même de s’élever, dans tous les sens du terme, est devenue suspecte et «oppressive».</p><p class="fig-body-link">À lire aussi :<a class="fig-body-link__link fig-premium-mark" href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/michel-onfray-la-restriction-des-libertes-est-une-affaire-qui-date-d-avant-le-covid-20201223" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Michel Onfray: «Sortir de la déploration, de la logique de la haine de soi»</a></p><p class="fig-paragraph">On a donc troqué cette exigence (autre mot «oppressif») contre de la communication flattant les réflexes d’identification les plus sommaires, pour conquérir des nouveaux publics segmentés en niches et en «intersections» de niches.</p><p class="fig-paragraph">Que vous inspire la proposition des auteurs du manifeste de promouvoir davantage les danseurs de couleur?</p><p class="fig-paragraph">Toute diversité autre que sociale et artistique n’a pas à être «promue», car elle est un fait. Fait que l’on transforme en campagne de communication criarde et permanente, en moulin à prières. Assorti d’une inflation de rapports et autres «études» en autoreporting elles-mêmes pilotées par des experts en idéologie, sans aucun pluralisme consultatif, histoire de bien boucler la boucle.</p>
<p>Pour promouvoir les danseurs, quelle que soit leur « couleur », il faudrait commencer par ne pas amoindrir la vision de leur art, ni rabougrir le prestige de l’institution qui les forme et les accueille</p>
<p class="fig-paragraph">Les choses devraient se passer naturellement, sans tout ce tapage racialiste, sexiste et nihiliste, et scientiste, insultant pour les artistes et les publics. Pour promouvoir les danseurs, quelle que soit leur «couleur», il faudrait commencer par ne pas amoindrir la vision de leur art, ni rabougrir le prestige de l’institution qui les forme et les accueille.</p><p class="fig-paragraph">Ni les exhiber comme des trophées. Les inclusivistes gagneraient à méditer cette maxime de Chamfort: «il faut être juste avant d’être généreux, comme on a des chemises avant d’avoir des dentelles».</p><p class="fig-paragraph">À VOIR AUSSI - Natacha Polony: «Arrêtons cette vision simpliste entre victimes et bourreaux» (6/05/2020)<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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