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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Juin 2021]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
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	<pubDate>Tue, 29 Jun 2021 19:47:28 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;le moment n’est plus à la sidération mais au ressaisissement&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Des citoyens sans rattachement partisan, associatif ni religieux ont rédigé cet appel en réaction au harcèlement et aux menaces de mort que subit en France la jeune Mila. <a href="https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/au-proces-des-harceleurs-de-la-mila-fans-de-manga-et-haine-pure">La justice a commencé son travail</a> après que 100 000 messages à caractère violent dont 50 000 appels au crime et menaces de mort ont été expédiés à Mila. Le début du procès de ses harceleurs il y a quelques jours a déclenché contre elle une nouvelle avalanche de haine et de menaces en ligne.</p><p class="article-text article-body__item">La liberté d'expression comme de croire ou de ne pas croire ne saurait relever en France du bon vouloir de meutes qui imposent de faire silence tout en revendiquant le droit de menacer de mort quiconque ne partagerait pas leur mode de vie et critiquerait leurs croyances.</p>
<p>Penser librement sans crainte</p>
<p class="article-text article-body__item">Se taire ou mourir : ce n'est pas notre conception de la religion ni du respect ni de la liberté. Chacun dans notre pays doit pouvoir penser librement sans craindre d’être persécuté ou d’y laisser sa vie. Oui, le langage cru d’une jeune fille révoltée peut choquer. Rien ne peut pour autant justifier les appels aux meurtres, au viol, les incitations au suicide et les intimidations.</p><p class="article-text article-body__item">Ni l’école publique ni la police ni l’armée ne peuvent plus garantir la sécurité de Mila dans une enceinte scolaire. Elle est désormais déscolarisée, cachée, sous très haute protection policière pour échapper à une pression de masse, tandis que ses harceleurs poursuivent une vie normale. Seuls 13 d’entre eux ont pu être identifiés. Les autres sont couverts par l’anonymat des réseaux sociaux.</p>
<p>Une vie bouleversée à jamais</p>
<p class="article-text article-body__item">Quel que soit le verdict, la vie de Mila restera bouleversée à jamais. Puisque la vie d'une jeune femme est désormais en jeu et que les principes élémentaires de notre loi commune sont foulés aux pieds à travers elle, c’est à chacun d’entre nous, croyant ou athée, de prendre la mesure de la gravité de l’événement, le processus judiciaire n’exonérant pas d’exprimer notre indignation.</p><p class="article-text article-body__item">Il faut que cela cesse. En tant que citoyens, nous ne pouvons pas nous résoudre à observer en silence la poursuite de diktats et de tueries dont le but est de briser la vie et la raison de quiconque revendique le droit de croire et de penser selon ses principes et affinités.</p><p class="article-text article-body__item">Après les attentats de 2015 et 2016, <a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/mort-de-samuel-paty-nous-navons-plus-le-droit-de-nous-coucher">l'assassinat de Samuel Paty</a> et plus largement les massacres d'intellectuels, de journalistes, de représentants de l'État et de citoyens, nous avons eu la volonté populaire, pacifique et non partisane de réaffirmer nos principes fondamentaux. Ce qui remonte des tréfonds de l'ombre, nous le reconnaissons bien et nous savons ce qu'il a déjà infligé à d'autres moments tragiques de l'histoire.</p>
<p>Valeurs de la République</p>
<p class="article-text article-body__item">Face aux injonctions et aux assassinats, le moment n’est plus à la sidération ni à l'accablement mais au ressaisissement et à l'exigence. Quelles que soient nos origines, nos appartenances politiques, nos sensibilités spirituelles et affectives, c’est la République et notre soutien explicite à ses valeurs profondes qui empêcheront toute forme d’idéologie totalitaire de les accaparer et de les détourner.</p><p class="article-text article-body__item">L’urgence est de respecter les principes fondamentaux républicains qui nous protègent tous. Faisons face au nom de notre attachement viscéral au droit. Affirmons ouvertement avec fermeté, calme et fraternité, le bien le plus précieux que doit nous garantir la République : notre essentiel de liberté.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/au-proces-des-harceleurs-de-la-mila-fans-de-manga-et-haine-pure">Au procès des harceleurs de Mila : fans de manga et "haine pure"</a></p><p class="article-text article-body__item">Cet appel a été au départ rédigé par des citoyens ordinaires, un ancien humanitaire et quelques proches. Au fil des jours il a reçu les signatures des personnalités suivantes :</p><p class="article-text article-body__item">- Galia Ackerman, historienne</p><p class="article-text article-body__item">- Huguette Magnis-Chomski, dirigeante au Mouvement pour la paix et contre le terrorisme</p><p class="article-text article-body__item">- Jacques Bérès, cofondateur et ancien président de Médecins sans frontières</p><p class="article-text article-body__item">- Pascal Bruckner, essayiste</p><p class="article-text article-body__item">- Sophie Chauveau, écrivaine</p><p class="article-text article-body__item">- Cynthia Fleury, philosophe</p><p class="article-text article-body__item">- Caroline Fourest, journaliste et essayiste</p><p class="article-text article-body__item">- Charlotte Gainsbourg, comédienne</p><p class="article-text article-body__item">- Xavier Gorce, dessinateur</p><p class="article-text article-body__item">- Jacques Julliard, historien, essayiste et journaliste</p><p class="article-text article-body__item">- Robert Kéchichian, cinéaste</p><p class="article-text article-body__item">- Bernard-Henri Lévy, philosophe</p><p class="article-text article-body__item">- Jacky Mamou, président du Collectif urgence Darfour</p><p class="article-text article-body__item">- Eric Marty, écrivain</p><p class="article-text article-body__item">- Pierre Micheletti, président d'Action contre la faim</p><p class="article-text article-body__item">- Michaël Prazan, cinéaste</p><p class="article-text article-body__item">- Pierre Ramel, militant associatif</p><p class="article-text article-body__item">- Bernard Schalscha, secrétaire de France Syrie démocratie</p><p class="article-text article-body__item">- Philippe Torreton, comédien</p><p class="article-text article-body__item">Si vous souhaitez signer cet appel, rendez-vous sur <a href="https://www.change.org/p/autour-de-mila">le site change.org</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sat, 26 Jun 2021 09:01:04 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/657/entre-yuka-et-les-lobbies-industriels-la-guerre-des-nitrites-est-declaree</link>
	<title><![CDATA[entre Yuka et les lobbies industriels, la guerre des nitrites est déclarée]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">« Il faut sauver le soldat nitrites. » Tel pourrait être le titre de l’opération lancée par la puissante Fédération des industriels charcutiers et traiteurs (FICT), avide de défendre des additifs controversés. Colorants, conservateurs et antiseptiques, le nitrite de sodium (E250) et le nitrate de potassium (E252) permettent en effet de produire des charcuteries écarlates à moindre coût, même dans des conditions d’hygiène aléatoires. Mais il y a un hic : « Au contact du fer de la viande rouge, nitrates et nitrites entraînent la formation de nitrosohème, un composé qui donne sa couleur rose aux charcuteries nitritées, explique à Marianne le généticien Axel Kahn. S’ensuivent des mutations de l’ADN potentiellement cancérogènes. » Environ 4 500 cas de cancer colorectal leur seraient imputables chaque année en France.</p><p class="article-text article-body__item">Synthétisant 800 études scientifiques, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classait en 2015 les charcuteries en aliments de catégorie 1, c’est-à-dire « cancérogènes certains pour l’homme ». <a href="https://www.marianne.net/societe/alimentation/nitrites-ce-que-cache-le-coup-de-pression-des-industriels-de-la-charcuterie-a-yuka">Une déflagration mondiale décuplée par l’application anti-malbouffe Yuka</a>, qui affuble d’une note oscillant de zéro à 39 sur 100 la charcuterie contenant ces additifs. Depuis novembre 2019, les 12,5 millions d’utilisateurs français étaient invités à signer une pétition en faveur de leur interdiction, lancée avec l’ONG Foodwatch et la Ligue contre le cancer.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/653/conversation-marc-eichinger-%E2%80%9Cj%E2%80%99ai-la-preuve-indiscutable-que-le-qatar-s%E2%80%99est-paye-un-secretaire-d%E2%80%99etat-francais-pour-260-000-euros-une-misere%E2%80%9D</guid>
	<pubDate>Tue, 22 Jun 2021 04:32:14 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[[CONVERSATION] Marc Eichinger : “J’ai la preuve indiscutable que le Qatar s’est payé un secrétaire d’État français pour 260 000 euros, une misère”]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Portail de l’IE (PIE) : Vous êtes critiqué pour partager des informations avec d’autres services de renseignement que la DGSE, vous dites avoir été fatigué par le fait que ça n'aboutissait jamais, quel a été le déclencheur?</p><p>Marc Eichinger : En un mot : l'efficacité. La DGSE n’a pas les mêmes moyens que le FBI par exemple, elle ne joue pas dans la même division. Le FBI c’est <a href="https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB386/">35 000 agents</a> qui ont un tronc commun de formation exigeant. La DGSE c’est quoi? 7000 personnes? Un concours pour des gens de Sciences-po? Et puis la DGSE n’a pas vocation à diffuser l’information. Exemple : les <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-les-documents-qui-visent-carla-bruni-sarkozy-bhl-et-laurent-platini-9HQJ-w4kRFqJW-NRLEYWvg">“Qatar leaks”</a> ce sont des informations qui ont une portée historique, les victimes se comptent par dizaines de milliers dans beaucoup de pays, en Israël, en Syrie, en Libye, les victimes d’attentats, au Sahel… Cela doit-être connu des agences qui ont les moyens de détruire les circuits de financement du terrorisme et ce n’est pas la cas de la DGSE malheureusement. </p><p>PIE: D’ailleurs pourquoi la DGSE s’est adressé à vous à l’origine?</p><p>Marc Eichinger : J’ai commencé à travailler pour eux parce que j’avais des capacités différentes des autres : c'est-à-dire pouvoir faire une analyse financière et tenir une kalash (rires). J’accepte aussi le fait de vivre comme un chien. Il m’est arrivé de vivre dans une vieille baraque de chantier chinoise pendant 3 mois ou encore une forteresse en ruine à Kirkuk. Il faut savoir vivre comme son adversaire, il souffre de la pauvreté, alors apprenez à avoir faim comme lui.</p><p>PIE : Vous avez dit que l'intelligence économique n'existait pas, pourquoi?</p><p>Marc Eichinger : Parce que c'est du renseignement et rien d'autre, une mauvaise traduction de l’anglais. Je peux vous dire que si vous vous faites remarquer en Jordanie, qui est un pays plutôt "cool", à accumuler des informations sur des entreprises, vous êtes arrêté de suite. Allez leur dire “non, je fais de l’IE” (rires). D’ailleurs, les gens ne font pas la différence et c’est normal, si vous allez en “centraf” (Centrafrique, NDLR) vous deviendrez une sorte de barbouze pour tout le monde même si vous faites du renseignement en boulangerie!</p><p dir="ltr">D’autant plus que, de par mon expérience, dans certaines sociétés d’IE bien précises, beaucoup font de la corruption ! Souvent la “business diplomacy” en général, malheureusement ce n’est rien d’autre que de la corruption ! Une fois, j'ai été appelé par un parlementaire britannique qui avait “oublié” de déclarer un actif au Kazakhstan. Je suis passé par un cabinet d’IE pour “régler” le problème. On peut suivre la corruption via certaines boites d’IE sans grande difficulté.</p><p>PIE: Cette mauvaise définition est-elle symptomatique d'un manque de reconnaissance ?</p><p>Marc Eichinger : Tout à fait, c’est symptomatique de cette fausse pudeur qui existe en France, un manque de courage pour dire les choses. Le renseignement français a mauvaise réputation, peut-être à raison après tout, il faudrait se poser la question du pourquoi. En tout cas il n’y a pas de reconnaissance c’est certain! En Israël, ce sont des stars, ils sont appelés les “<a href="https://lire.la-bible.net/archives/moise-envoie-douze-espions-en-canaan">princes</a>”, en France c’est des riens du tout. En même temps si c’est pour in fine travailler pour Bolloré, Dassault et pas le service de l’Etat, qui est motivé ?</p><p>PIE: Pourquoi les SR français ne sont-ils pas au même niveau de reconnaissance selon vous?</p><p>Marc Eichinger : Il y a en France un manque de culture du renseignement et de <a href="https://www.challenges.fr/supersonique/defense/plf-2020-les-perles-du-rapport-cornut-gentille/">moyens</a> qui est indécent. Déjà au plus haut niveau quelque chose ne va pas! Il n’y a aucune volonté de rendre compte devant le Parlement. Notre <a href="https://www.defense.gouv.fr/portail/ministere/organisation-du-ministere-des-armees/organisation-des-pouvoirs-en-matiere-de-defense-et-de-securite">Constitution</a> permet au Président de faire tout ce qu’il veut en matière de Défense, il n’y a pas de contre-pouvoir. De mon point de vue , les services finissent par ne plus travailler pour le contribuable mais pour un homme et ses amis. </p><p>A propos du renseignement français, en ce moment, c’est la grande mode du cyber : tout le monde veut en faire mais personne n’en fait. Les agences françaises sont éclatées en plusieurs entités aux budgets ridicules. Comment faire du cyber avec des moyens aussi faibles et divisés? La <a href="https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2020/pap/html/DBGPGMPRESCREDPGM144.htm">DRSD</a>, c’est 1500 personnes et 15 millions d’euros de dépense de fonctionnement, dans l’affaire <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/uramin-areva-et-lauvergeon_1762669.html">Uramin</a>, j’ai vu un géologue d’Areva toucher 14 millions, c’est ridicule (rires)! J'en ai rencontré, ce sont des gens compétents mais que peuvent-ils faire avec si peu de moyens? Pour l'opération Geronimo c'est budget no-limit pour les Américains. En France ils se battent avec des bouts de ficelles.</p><p>Et puis qu’est ce qu’on sait faire quand on sort d’un service de renseignement français? Par exemple, le milieu britannique a des défauts, c’est une sorte d’aristocratie, d’entre soi, mais il y a une vraie reconnaissance du privé. En France, ils font quoi quand ils en sortent les analystes, quelles sont leurs compétences?</p><p>PIE: À quel niveau de maturité économique sommes-nous en France par rapport aux Anglo-Saxons selon vous?</p><p>Marc Eichinger : Le niveau de culture économique en France est risible. J’ai l’impression qu’il y a une vraie volonté de ne pas voir les choses. Un seul exemple : ceux qui se glosent sur la vente de Rafales… Quand on vend des Rafales à l'Egypte, il y a un problème de solvabilité : les Rafales vendus sont garantis par le contribuable français (via le Trésor Public) et l’Egypte a une dette qui est tout simplement <a href="https://fr.countryeconomy.com/gouvernement/dette/egypte">irremboursable</a>! Nous avons fait un cadeau à L’Egypte, pas une vente. Et combien de commissions là-dessus ?</p><p>PIE : Pourquoi selon vous un tel éclatement des entités publiques anti-corruption et compliance en France ?</p><p>Marc Eichinger : De mon point de vue c’est évidemment voulu, c’est le principe du diviser pour mieux régner. Pour bien comprendre les choses, il faut savoir qu’une grosse affaire financière dure entre 10 et 15 ans, voire <a href="https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/proces-balladur-apres-la-condamnation-des-bras-droits-les-ministres-epargnes">plus</a>. Les magistrats changent de ressort bien avant, ils n'ont pas la possibilité de suivre une affaire en entier. Et puis c’est bien connu : pour “pourrir” une affaire la Chancellerie refourgue au juge un peu trop regardant un nombre insensé d’autres dossiers pour le noyer. </p><p>Il faut une réforme de la Justice.  L’indépendance de la Justice devrait être totale! En France, si tu es pauvre, c’est <a href="https://www.lemonde.fr/ete-2007/article/2006/07/11/l-affaire-saint-aubin-le-mystere-du-camion-fantome_794328_781732.html">terminé</a>! Au moins aux États-Unis, même si c’est compliqué c’est possible d’avoir gain de cause car la Justice est réellement indépendante : par exemple le FBI peut enquêter sur un Président en exercice. </p><p>PIE: La réorganisation des services viendra-t-elle du monde politique ?</p><p>Marc Eichinger : Pourquoi les services de police français anti-corruption ne sont pas centralisés ? C’est tout simplement absurde! De mon point de vue le problème c’est que les politiques sont corrompus, cela paie très bien la politique ! J’ai la preuve indiscutable que le Qatar s’est payé un secrétaire d’Etat français pour 260 000 euros, une misère. Pourquoi a-t-on plus de 30 ministres ? il y en a 7 en Suisse et cela marche très bien. La Belgique a très bien survécu sans gouvernement (rires). <a href="https://www.challenges.fr/politique/les-comptes-de-lassemblee-nationale-derapent-dans-le-rouge_769396">Pourquoi</a> 577 députés ? Aux États-Unis la totalité du Congrès, donc des deux chambres compte 535 élus en tout. C’est moins que notre seule Chambre des Députés et ça marche très bien ! Je pense que voir des individus comme Benjamin Griveaux, qui a été député, porte-parole, candidat à la mairie de Paris, qui redevient député cela rend les gens amères. A quoi servait cet homme ? Idem, M. Bayrou, qui considère que 4000 euros par mois c’est le salaire de la classe moyenne, que fait-il au commissariat au Plan ? La France a-t-elle une économie soviétique ? A l’instar de nos haut-commissaires quel chef d’entreprise gagne 14 000 euros par mois en France aujourd’hui</p><p>PIE : En parlant de corruption, selon vous la Françafrique a-t-elle vraiment disparu?</p><p>Marc Eichinger : Non hélas! C'est une catastrophe! D’ailleurs je comprends le sentiment anti-français qui monte en Afrique. Par exemple l’affaire du Tchad, si j’étais tchadien je l’aurais aussi mauvaise. Le père Deby tombe, cela devrait-être la Constitution tchadienne qui prévaut (donc l’intérim assuré par le président de l’Assemblée Nationale) et la France met le fils... </p><p>Autre exemple, le Niger fait venir 916 missiles S8 qui disparaissent. Les dirigeants traînent avec une famille mafieuse qui possède 3 biens immobiliers avenue Foch et personne ne va leur demander des comptes, c’est une blague ? Ils traînent avec la mafia Al Zayn de Berlin personne ne s’en soucie ? Barkhane aussi, qu’est- ce qu’on est parti faire là-bas ? Où va l’argent ? J’ai donné les preuves des nombreux détournements de fonds d’Areva, pensez que la fausse mine d’Imouraren a été valorisée jusqu’à 1,3 milliards d’euros dans le bilan d’Areva. La reconstruction d’une route a été payée par nos impôts et jamais construite. Le nouveau bâtiment du ministère des mines commencé en 2014 nous a coûté 10 millions d’euros et il a fallu informer la brigade financière à Paris pour qu’il soit terminé en 2021. L’ambassade américaine a construit un bâtiment beaucoup plus grand pour 2,3 millions d’euros et en moins de deux ans. C’est le nouveau siège de la DST nigérienne. D’un côté il y a une diplomatie rigoureuse et de l’autre celle qui partage. Pour preuve aussi le scandale de l’uraniumgate dont on attend toujours le jugement ! Nous avons des agents de la DGSE, DRSD, DRM sur place et autant de sourds muets qui ne rapportent jamais rien au Procureur alors <a href="https://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090408239.html">qu’ils en ont l’obligation</a> comme tous les fonctionnaires. Si la DGSE n’aide pas la justice à lutter contre des criminels, à quoi sert- elle ?</p><p>PIE : Le silence des autorités est un chose mais comment expliquez-vous le silence des journalistes sur l’affaire des “<a href="https://www.blast-info.fr/articles/2021/le-proces-fait-par-bernard-henri-levy-contre-denis-robert-et-blast-4OuthVvxRiu7jL3-LH7nyg">Qatar Papers</a>” par exemple ?</p><p>Marc Eichinger : C’est tout simple : peur du procès et jalousie aussi peut-être. Ils n’ont pas accès à mes sources. Mais il faut leur donner du temps maintenant que le procès BHL a eu lieu. Et puis regarder l’actionnariat des médias, il est très concentré. Le meilleur exemple pour comprendre la frilosité des médias c’est Chesnot et Malbrunot qui ont été condamnés alors qu’ils avaient raison...</p><p>PIE : En termes de management des risques et compliance, selon vous quelles seront les conséquences pour Areva ou les parties prenantes ?</p><p>Marc Eichinger : Je suis persuadé que si Christine Lagarde a été dégagée au FMI c’est à cause de cela et de l’affaire Ausra. Maintenant elle est à la BCE et c’est d’ailleurs un joli coup pour les Allemands : les Français se vantent d’avoir une française à la tête de la BCE, mais ils connaissent ses faiblesses. Edouard Philippe qui a travaillé pour le cabinet américain Debevoise &amp; Plimpton (l’ancien cabinet d’Hillary Clinton) avant de rejoindre Areva ne pouvait vraisemblablement rien ignorer de l’<a href="https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/rachat-d-ausra-la-nouvelle-affaire-qui-inquiete-orano-areva_2037518.html">affaire Ausra</a>. Il était Premier Ministre au moment où le Parquet recevait ce dossier accablant. Aucune instruction. Al Gore a vendu 275 millions de dollars une société en faillite à Areva en 2010, le mari de Lauvergeon se retrouve actionnaire, elle disparaît du bilan d’Areva trois ans après et cela ne <a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/affaire-areva-la-monstrueuse-amende-qui-menace-la-france-1308725">gêne</a> personne ? C’est juste votre argent de contribuable français qui est parti dans la poche de membres du parti démocrate américain…</p><p>Si la France ne veut pas être rangée dans la catégorie des républiques bananières, il faut changer de cap sérieusement !</p><p dir="ltr"> </p><p dir="ltr">Propos recueillis par Pierre Gonsolin &amp; Pierre-Guive Yazdani</p><p dir="ltr">Pour aller plus loin :</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/650/le-degagisme-a-t-il-ete-degage</guid>
	<pubDate>Mon, 21 Jun 2021 18:31:40 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/650/le-degagisme-a-t-il-ete-degage</link>
	<title><![CDATA[Le dégagisme a-t-il été dégagé ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'abstention a été choisie par deux électeurs sur trois. La démocratie est presque à l'os. A l'os, mais le squelette bouge encore.</p><p>Le squelette, ce sont les présidents de région sortants. Hier soir, ils et elles ont passé une bonne soirée. Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, à droite. Même chose à gauche, pour Alain Rousset en Nouvelle-Aquitaine, Carole Delga en Occitanie, et même Marie-Guite Dufay en Bourgogne-France-Comté. Dans ce cadre, le parti présidentiel, La République En Marche, très peu implanté, a été balayé (à l'exception notable de la Guadeloupe).</p><p>Alors comment comprendre cette prime aux sortants ? Ces dernières années, l'on parlait beaucoup de dégagisme : le "dégagisme" a-t-il été dégagé ?</p><p>D'abord, dans une élection où si peu de citoyens votent, il y a une prime aux partis les mieux ancrés et aux personnalités les plus identifiées. De ce point de vue, les sortants ont eu un avantage indéniable. Pendant six ans, la gestion du conseil régional a accru leur notoriété. Leurs réalisations ont assuré leur publicité. Combien d'entre eux ont fourni des masques pendant la crise sanitaire - sans jamais oublier d'y adjoindre le logo de la région ?  </p><p>N'oublions pas, non plus, qu'un conseil régional permet de tisser un puissant réseaux d'élus et de collaborateurs. Lesquels sont décisifs pour aller à la pêche aux voix ; des voix d'autant plus précieuses que la participation est à marée basse.</p><p>La gauche s'est-elle refaite une santé hier soir ?</p><p>Elle va mieux, en sauvant ses bastions. Mais elle reste sur la défensive. Elle n'a pas réussi à porter le fer dans des régions comme Auvergne-Rhône-Alpes, où de nombreuses villes sont pourtant détenues par les écologistes ou les socialistes. Quant à la France insoumise, elle passe de justesse la barre des 10% en Île de France et stagne à moins de 5% au niveau national. Preuve que la ligne choisie par Jean-Luc Mélenchon ces dernières années n'attire pas les foules.</p><p>Les gauches n'ont pas trouvé comment convaincre les jeunes électeurs, qui constituaient jadis leur premier réservoir de voix. Hier, parmi les 18-35 ans, seuls 2 sur 10 se sont rendus aux urnes.</p><p>Par ailleurs, au sein de la gauche, il y avait aussi une compétition interne. Les écologistes ont voulu arrêter d'être une force d'appoint pour le PS. Ils ont monté leurs propres listes pour se compter.</p><p>Eh bien, hier soir, les Verts n'ont pas pris le pouvoir à gauche. Même s'ils arrivent devant le PS en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, tout comme (de peu) en Pays de la Loire... Ils n'ont pas inversé le rapport de force. Dimanche prochain, il y aura des régions dirigées par les socialistes... Mais y en aura-t-il par les écologistes ? Rien n'est moins sûr, même si la région parisienne est mathématiquement à portée de victoire.</p><p>Et puis le Rassemblement national obtient un score beaucoup plus faible qu'anticipé par les sondages...</p><p>C'est un paradoxe : longtemps, le RN a été sous-estimé dans les études d'opinion (souvenez-vous du 21 avril 2002). Désormais, c'est l'inverse ; il a été sur-estimé.</p><p>A l'évidence, l'électorat modeste, souvent jeune, parfois précaire, qui constitue une bonne part des réserve du RN, ne s'est pas déplacé pour ce premier tour. D'où les appels au sursaut, presque comminatoires, entendus dans la bouche de Marine Le Pen.</p><p>A moyen terme, le Rassemblement National va se trouver aux prises avec un débat interne. La stratégie de normalisation, de banalisation, n'a-t-elle pas rebuté une partie des électeurs ?</p><p>Ces électeurs qui votent avec rage et colère, qui utilisent l'isoloir comme exutoire : ne trouvent-t-ils pas Marine Le Pen « trop molle », pour reprendre l'expression que lui a lancée Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, au cours d'un débat ? </p><p>La frange historique du RN s'agace de voir le parti polir son discours et recruter des cadres issus de la droite. C'est le cas de Thierry Mariani au Sud, Sébastien Chenu au Nord, ou Jean-Paul Garraud dans le Sud-Ouest, tous les trois anciens de l'UMP.</p><p>Dans leurs propositions de campagne, peu de différences absolues avec leur ancien parti. Ils ont pris soin d'éviter les dérapages. L'idée était de récupérer l'électorat de droite.</p><p>Là encore, retournement. Longtemps, on a dit que les électeurs votaient pour l'extrême-droite car ils préféraient l'original à la copie. C'est peut-être ce qui est en train de se passer dans l'autre sens. Quand le RN imite LR, les électeurs préfèrent l'original à la copie. Ou du moins : choisissent de ne pas choisir.</p><p>Frédéric Says</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/645/%C2%AB-4-mois-de-prison-pour-une-gifle-mazette-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Tue, 15 Jun 2021 06:03:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/645/%C2%AB-4-mois-de-prison-pour-une-gifle-mazette-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« 4 mois de prison pour une gifle ! Mazette... »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Zéro mois de prison(pour l’instant) et les honneurs de la République en Marche pour quelqu’un qui a failli me tuer devant trois témoins. Des Coups reconnus par l’agresseur. Qui avait été interrogé par la police  2 à 3mn seulement après l’agression. </p>

<p>4 ans plus tard... j’attends patiemment que la justice juge...en espérant que mon agresseur et ses avocats n’obtiennent pas le renvoi. </p>

<p>Après tout je peux attendre après les législatives et les prochaines présidentielles, non ? </p>

<p>Il y a des jours où j’ai envie de crier ma révolte devant les lenteurs de la justice et devant les lâchetés de certains politiques...le temps permet toutes les réhabilitations et tous les mensonges qui continuent d’être formulés en coulisse (et dont j ai les preuves écrites... )</p>

<p>La Photo date  de septembre 2017. Une cicatrice de 15 centimètres due aux chirurgiens qui m’ont sauvé la vie en me découpant le crâne. Après deux coups de casque qui avaient provoqué une hémorragie dangereuse...</p>

<p>Cet Acte chirurgical nécessaire  a permis de traiter en urgence un hématome extradural soit une poche de sang mortelle de la taille d’une aubergine... </p>

<p>oui deux coups de casque c’est plus fort qu’une gifle ! Et  je ne suis qu’un justificiable ordinaire....</p>

<p>J’ai eu deux mois d’ITT. Et j’ai été hospitalisé à Beujon à Paris et à St Luc à bruxelles. Ce fut long. Les dommages sont aussi psychologiques comme on s’en doute. </p>

<p>Je réclame la même Justice pour tous et des délais raisonnables pour toutes les affaires !</p>

<p>Monsieur Macron dotez svp la justice des moyens qui s’imposent !</p>

<p><a href="https://www.facebook.com/boris.faure.7">Boris FAURE</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/643/chevenement%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-degradation-du-niveau-du-debat-politique-est-consternante%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 13 Jun 2021 09:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/643/chevenement%C2%A0-%C2%AB%C2%A0la-degradation-du-niveau-du-debat-politique-est-consternante%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Chevènement : « La dégradation du niveau du débat politique est consternante »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Entre <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/elections-regionales/declarations-de-melenchon-la-gauche-denonce-mais-pas-trop-08-06-2021-2430122_2592.php" title="">les déclarations complotistes de Jean-Luc Mélenchon</a> qui ont fait scandale et <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-gifle-par-un-homme-dans-la-drome-08-06-2021-2430053_20.php" title="">la gifle infligée au président de la République</a>, la vie publique française cabote dans des marécages de plus en plus nauséabonds. Ce n'est pas bon signe alors que la présidentielle se jouera dans moins d'un an maintenant et que, dans un pays sous pression, la surenchère verbale et éditoriale et la radicalisation des positions tiennent lieu de débat. Dans cette atmosphère délétère, nous sommes allés interroger celui qui incarne encore « l'ordre juste » républicain, l'ancien ministre de la Recherche et de l'Industrie, de l'Éducation nationale, de la Défense et de l'Intérieur – sous François Mitterrand – <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-pierre-chevenement" class="Link Link--entity">Jean-Pierre Chevènement</a>.</p><p>Le Point : Le débat politique, si l'on peut parler encore de débat, est-il devenu un cloaque ?</p><p>Jean-Pierre Chevènement : La dégradation du niveau du débat politique est évidemment consternante. Mais à quoi faut-il la rattacher ? Ne sommes-nous pas victimes d'une sorte de maladie infantile ou peut-être sénile de nos institutions parce que le système des partis politiques ne répond plus ou pas encore à la demande ? Je m'explique. Il ne suffit pas de détruire. Il faut remplacer. Le général de Gaulle a mis près de dix ans pour substituer aux anciens partis de la IVe République une majorité gaulliste, d'ailleurs trop écrasante pour ne pas lui échapper. Les anciens partis se sont adaptés aux institutions de la Ve République, le Parti socialiste à Épinay en 1971, quand son premier secrétaire a été considéré comme le candidat naturel à l'élection présidentielle, mouvement auquel la droite a répondu avec la création du RPR par <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jacques-chirac" class="Link Link--entity">Jacques Chirac</a> en 1976. Dès lors, chaque parti devenu « parti de système » a prospéré sur son orbe, les socialistes de 1981 à 2017, la droite de 1995 à 2012. Les Français ont d'abord considéré cette opposition inscrite dans l'histoire comme naturelle, avant de s'en détourner de plus en plus manifestement. En 1993, le <a href="https://www.lepoint.fr/tags/ps" class="Link Link--entity">PS</a> est écrasé et, en 1997, Jacques Chirac se piège avec sa dissolution ratée. Les abstentions et les votes extrêmes ne cessent de monter tout au long de cette période, jusqu'à donner corps au « dégagisme » que nous connaissons aujourd'hui. Les partis de gouvernement qui avaient adapté leurs modes de fonctionnement aux institutions ne recueillent plus en 2002 que 35 % des voix au premier tour et, en 2017, ils sont renvoyés sèchement dans les cordes, la droite avec <a href="https://www.lepoint.fr/tags/francois-fillon" class="Link Link--entity">François Fillon</a> et le PS avec Benoît Hamon ne totalisent à eux deux que 26 %.<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/en-marche-pour-la-pestilentielle-2022--11-06-2021-2430564_20.php" class="Capsule free" title="">À LIRE AUSSIEn marche pour la pestilentielle 2022 ?</a></p><p class="Blockquote">Je recommande un peu plus de hauteur de vues dans la manière dont le président de la République est traité dans le débat public.</p><p>Comment en sommes-nous arrivés à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, selon vous ?</p><p>La turbulence du système en 2017 traduit le sentiment des Français que ni l'un ni l'autre des partis de gouvernement n'apportent de réponses claires aux grands défis que doit relever le pays. Tous les deux sont prisonniers de choix européistes partagés mais qui sont en fait néolibéraux et même caractéristiques d'une société de l'avidité, multipliant les fractures. Les électeurs rejettent les candidats qui expriment cette politique du pareil au même à tel point que François Hollande n'a même pas pu se représenter en 2017 et qu'Emmanuel Macron a empoché la mise, mais très provisoirement puisque le « dégagisme » dont il a bénéficié le frappe aujourd'hui à son tour. Pourtant, Emmanuel Macron ne manque pas de réelles qualités : il est intelligent, il a dominé politiquement la gestion de la crise du Covid en ne s'en remettant pas aux avis contradictoires des experts, et il a eu raison. Mais cela ne suffit pas, car il n'a pas surmonté le rejet et la méfiance que les Français éprouvent vis-à-vis de leurs élites dirigeantes depuis les années 1930 et qui expriment la crise de la France à notre époque. Pourtant, Emmanuel Macron est armé intellectuellement pour y remédier : il lui faut penser une Europe autonome où la France puisse exercer sa souveraineté sans l'aliéner. C'est le « cercle carré » de la politique française ! Il est un peu tôt pour reprocher à Emmanuel Macron de ne pas y avoir réussi. C'est pourquoi je recommande un peu plus de hauteur de vues dans la manière dont le président de la République est traité dans le débat public.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-contre-la-violence-l-angelisme-ne-protege-pas-09-09-2020-2391180_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement : « Contre la violence, l'angélisme ne protège pas »</a></p>
<p><a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/justice/macron-gifle-des-armes-et-mein-kampf-auraient-ete-decouverts-chez-un-suspect-09-06-2021-2430304_2386.php" title="">Recevoir une gifle, ou en l'occurrence un soufflet, est un geste fort humiliant.</a> Quand la victime en est le président de la République, c'est aussi la fonction qui est visée…</p>
<p>Je comprends qu'humainement Emmanuel Macron veuille relativiser la portée de ce soufflet, comme vous dîtes, mais symboliquement il s'agit d'un acte gravissime car il porte atteinte au président de la République élu au suffrage universel par 66 % des Français au second tour de la présidentielle et donc à l'homme de la nation qu'il est ainsi devenu, pour reprendre l'expression de De Gaulle. Est-ce que pour autant Emmanuel Macron en perd sa légitimité démocratique ? Assurément, non. Mais cela signifie que, malgré ses efforts, plusieurs discours de fond bien construits sur le séparatisme, par exemple, sans parler du renouvellement du gouvernement, l'actuel président de la République peine à convaincre. Je lui conseille de se concentrer sur l'essentiel : comment économiquement, après la crise, allons-nous retomber sur nos pieds ? Quid de cette dette faramineuse ? La Banque centrale européenne (BCE) maintiendra-t-elle sa politique monétaire accommodante qui nous a permis d'emprunter à des taux très bas et qui a soutenu le « quoi qu'il en coûte » ? Le gouvernement, à travers prêts garantis et indemnisation du chômage partiel, est parvenu à préserver le tissu économique du pays. Mais sera-t-il capable de financer les choix courageux que <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/reforme-des-retraites-ce-qu-en-pensent-bayrou-et-woerth-05-06-2021-2429712_20.php" title="">le commissariat général du Plan lui recommande, ainsi en matière de politique énergétique ou de politique familiale ?</a> La France saura-t-elle redevenir une puissance industrielle et technologique majeure en Europe ? Après septembre 2021, date où auront lieu les élections allemandes, l'ambiance risque de se tendre. Il faudra convaincre la CDU allemande de maintenir, au sein de la BCE, le cap d'une politique monétaire accommodante afin de préserver les chances de croissance en Europe et d'éviter que ne se creuse à nouveau la fracture entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il faudra convaincre la CDU que cette politique est plus conforme aux intérêts à long terme de l'Allemagne que la remontée des taux d'intérêt souhaitée par les défenseurs du « bas de laine ». Cette politique intelligente est conforme aux intérêts de la France et elle est à notre portée. Emmanuel Macron est-il résolu à défendre à l'échelle européenne le maintien d'une politique qui nous permettrait à nous Français de rester à flot ? C'est là un point capital.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-memoires-d-un-insoumis-10-09-2020-2391254_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement – Mémoires d'un insoumis</a></p><p>Ne prête-t-on pas trop d'importance à cette gifle dont l'auteur a un profil et un CV pour le moins baroques ?</p><p>Malheureusement, non. Il s'agit d'un attentat contre l'homme qui doit incarner la légitimité et donc la puissance de l'État. C'est donc un acte extrêmement grave auquel Emmanuel Macron ne peut répondre que politiquement. Il lui incombe de faire que son quinquennat apparaisse non pas comme le stade ultime de la décomposition de l'ancien système des partis, mais comme le point de départ d'une dynamique vertueuse de refondation républicaine.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/postillon/sebastien-le-fol-lettre-aux-melencholatres-07-06-2021-2429918_3961.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSISébastien Le Fol – Lettre aux mélenchonlâtres</a></p>
<p>À sa place, comment auriez-vous réagi ? Comme François Bayrou qui avait donné une taloche à un gamin qui lui faisait les poches ?</p>
<p>François Bayrou avait eu un geste de père de famille, mais François Bayrou n'incarnait pas l'État. C'est pourquoi on ne peut pas traiter ce geste par le mépris. <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/justice/macron-gifle-des-armes-et-mein-kampf-auraient-ete-decouverts-chez-un-suspect-09-06-2021-2430304_2386.php" title="">Il nécessite une riposte judiciaire ferme</a>.</p><p>Vous dites qu'Emmanuel Macron doit y répondre politiquement. De quelle manière ?</p><p>En reprenant la main sur une politique d'envergure, allant dans le sens de ce qu'il a défini quand il a évoqué la reconquête de l'indépendance industrielle et technologique de la France. J'attends, par exemple, qu'en matière énergétique la France fasse le choix en matière nucléaire qui nous donne une visibilité à long terme. Que l'on cesse de nous créer à nous-mêmes, et particulièrement aux catégories modestes, des difficultés au nom d'une lutte dogmatique contre un réchauffement climatique dont la France et l'Europe sont infiniment moins responsables que la Chine et les États-Unis.<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/le-choc-mai-1981-chevenement-mitterrand-me-regarde-comme-un-demeure-11-05-2021-2425822_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSILe choc mai 1981 – Chevènement : « Mitterrand me regarde comme un demeuré… »</a></p>
<p>Percevez-vous en ce moment une surenchère dans la violence en politique ou la loupe déformante des réseaux sociaux et des chaînes d'information en continu exagère-t-elle le phénomène ?</p>
<p>La violence en politique a toujours existé, elle prend aujourd'hui des formes différentes. La gifle de Tain-l'Hermitage est quand même beaucoup moins grave que l'attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle. Mais l'effet de loupe des réseaux sociaux et des chaînes d'information que vous pointez fort justement participe à l'enfièvrement du climat. Il faut retrouver du bon sens. Résister à l'idéologie du temps. Un exemple : « l'heuristique de la peur », concept forgé par le philosophe Hans Jonas, s'est substituée à la recherche du progrès sous l'influence des écologistes. L'idée de catastrophe à l'horizon a remplacé la perspective méliorative des Lumières.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/jean-pierre-chevenement-les-guerres-civiles-commencent-toujours-a-bas-bruit-10-10-2019-2340497_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIJean-Pierre Chevènement : « Les guerres civiles commencent toujours à bas bruit »</a></p>
<p>L'évolution du discours de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-luc-melenchon" class="Link Link--entity">Jean-Luc Mélenchon</a> est à ce titre symptomatique, jusqu'à ses propos choquants sur les meurtres ignobles de Mohammed Merah…</p>
<p>Il est en effet peu sensé, comme l'a fait <a class="Link" href="https://www.lepoint.fr/politique/melenchon-predit-un-meurtre-la-semaine-avant-la-prochaine-election-06-06-2021-2429837_20.php" title="">Jean-Luc Mélenchon, d'assimiler les meurtres commis en 2012 par Mohammed Merah à une tentative de manipulation de l'opinion</a> à l'occasion de la campagne présidentielle. Hélas, le djihadisme trouve son origine dans des fractures bien plus anciennes et bien plus profondes dans le monde musulman, dans les relations entre l'Orient et l'Occident et dans la société française. Mais il y a un équilibre à trouver entre ces menaces bien réelles et le déchaînement tous azimuts du « pia pia » médiatique.</p><p>Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas de simples « pia pia » médiatiques.</p><p>Soyons charitables : elles dénotent surtout d'une très grande confusion d'esprit. Mais, s'il vous plaît, peut-on revenir au fond ?<br /></p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/dans-les-abimes-de-jean-luc-melenchon-09-06-2021-2430301_20.php" class="Capsule premium" title="">À LIRE AUSSIDans les abîmes de Jean-Luc Mélenchon</a></p>
<p>Allez-y !</p>
<p>Le fond, pour moi, ce sont les problèmes auxquels est confronté Emmanuel Macron en tant que président de la République : la crise économique, la tension sino-américaine, le déséquilibre qui s'est créé en Europe entre l'Allemagne, les pays du Nord, d'une part, et les pays du Sud, d'autre part, la montée de l'islamisme radical à l'échelle mondiale… Sommes-nous capables d'apporter des réponses à ces problèmes qui préservent les chances de l'autonomie européenne face aux États-Unis et à la Chine ? Sommes-nous capables de mener une politique européenne dans laquelle la France puisse s'inscrire en préservant son identité ? Beaucoup ont glosé sur la « déconstruction » de la France qui serait le vrai projet d'Emmanuel Macron alors qu'il n'a employé cette expression – peut-être mal calibrée – que dans une seule interview à un média américain. Pour le reste, il a plutôt multiplié les interventions destinées, au contraire, à redonner ses lettres de noblesse au patriotisme républicain. Je l'encourage à persévérer dans cette voie. Emmanuel Macron n'a pas d'autre choix que de créer un rapport de force avec les débris de l'ancien système politique. C'est la seule manière à terme d'obliger à une restructuration de la vie politique française qui ait du sens du point de vue de la démocratie, mais de laquelle nous sommes encore fort éloignés. Cette béance de notre système politique est la meilleure explication de la violence à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui. Rappelons-nous qu'en 1967 de Gaulle n'avait plus qu'une voix de majorité à l'Assemblée nationale et cela ne l'a pas empêché d'installer pour longtemps la Ve République. Maintenant, celle-ci doit s'adapter aux grands enjeux qui se profilent devant nous : la France en Europe et l'Europe entre les États-Unis et la Chine. Ce n'est pas facile. Il faut beaucoup de ténacité et de courage à Emmanuel Macron pour défricher ce nouveau chemin que l'incivisme ambiant rend particulièrement ingrat.</p><p>Le discours de fermeté républicaine qui a toujours été le vôtre peut-il encore imprimer de nos jours dans une société qui semble de plus en plus fracturée ? N'est-ce pas trop tard ?</p><p>Non, si ce discours allie la fermeté et la continuité dans le contenu et le laconisme dans l'expression.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/638/la-creation-du-parc-des-buttes-chaumont-en-1867-retronews</guid>
	<pubDate>Fri, 11 Jun 2021 21:16:59 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/638/la-creation-du-parc-des-buttes-chaumont-en-1867-retronews</link>
	<title><![CDATA[La création du parc des Buttes-Chaumont en 1867 | RetroNews]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="rtejustify">Dans les dernières années du Second Empire, l'empereur Napoléon III prend Londres en exemple et veut aérer la capitale. Outre les travaux qu'il confie à Haussmann, il demande à l'ingénieur Jean-Charles Alphand de construire un parc aux buttes Chaumont, un lieu alors insalubre situé sur l'ex-commune de Belleville (rattachée à Paris en 1860). Le site, anciennement appelé "mont Chauve", fut une carrière de gypse avant d'être transformée en décharge.</p><p class="rtejustify">L'architecte Gabriel Davioud, l'ingénieur Eugène Belgrand et le jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps participent au projet. Le parc est inauguré le 1er avril 1867, après trois ans de travaux. Superbe jardin à l'anglaise, il séduit aussitôt les journalistes avec son lac, son belvédère, ses falaises et sa grotte artificielle.</p><p class="rtejustify"><a href="https://www.retronews.fr/journal/la-presse/28-fevrier-1867/126/554267/2" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Presse du 28 février</a>, si elle rappelle que "tout est à faire dans les quartiers qui entourent ce beau parc", n'hésite pas à placer celui-ci "au premier rang des curiosités parisiennes". Tout comme <a href="https://www.retronews.fr/journal/le-petit-journal/28-mars-1867/100/1092933/3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Petit Journal du 28 mars</a> qui affirme que le parc des Buttes-Chaumont est "la plus belle chose que Paris puisse montrer". Et de rappeler ce qu'était le lieu avant la création du parc :</p><p class="rtejustify">"Tout était là réuni comme à plaisir – le laid, l'horrible, le dangereux, le puant, l'infect ! La nature y avait mis la sécheresse, l'aridité, des fondrières impossibles ; l'homme y avait établi des dépôts de poudrette et des ateliers d’équarrissage. Pouah !"</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/634/qu%E2%80%99est-ce-que-la-nation-pour-les-nationalistes%C2%A0</guid>
	<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 20:44:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/634/qu%E2%80%99est-ce-que-la-nation-pour-les-nationalistes%C2%A0</link>
	<title><![CDATA[Qu’est-ce que la Nation pour les nationalistes ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p id="caption-attachment-9452" class="wp-caption-text">Affiche, exposition internationale de 1937.</p><p>Ce texte est composé d’extraits de <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/jean-yves-camus/" target="_blank" rel="noopener">Jean-Yves Camus</a>, « Les droites nationalistes radicales en France », Dominique Vidal dir., Les Nationalistes à l’assaut de l’Europe, Paris, Demopolis, 2019, pp. 133-152.</p><p>Raoul Girardet nous a fourni du nationalisme, dans l’article de l’Encyclopedia Universalis qu’il lui a consacré, une définition qui mérite d’être citée dans son intégralité. Selon lui le terme, d’origine britannique, est apparu en France « à l’extrême-fin du XVIIIe siècle, et pour désigner essentiellement les excès du patriotisme jacobin ».</p><p>Il ajoute que le mot « se généralise dans les dernières années du siècle suivant, mais en conservant, dans multiples habitudes les plus courantes de la langue, une triple signification. Il peut en effet être péjorativement employé pour stigmatiser certaines formes outrancières de patriotisme, devenant alors synonyme de chauvinisme. Il peut encore désigner les revendications d’un peuple assujetti aspirant à l’indépendance (…). Il peut enfin servir d’étiquette et de profession de foi à certaines écoles et à certains groupements qui, affirmant la primauté dans l’ordre politique de la défense des valeurs nationales et des intérêts nationaux, sont généralement classés à droite ou à l’extrême-droite de l’opinion politique (les nationalismes barrésien, maurrassien, etc…) ».</p><p>Il découle de cette définition la constatation que le mot « nationalisme » est étroitement lié à la modernité d’une part, à la forme de l’État-nation d’autre part.</p><p>On en déduit aussi que le nationalisme et le patriotisme ne sont pas sans rapports dans l’usage courant du mot : les deux termes ne renverraient pas à des idées de nature différente, mais de degré différent, selon une norme d’acceptabilité sociale qui varie dans le temps et l’espace.</p><p>Pour s’en tenir à deux exemples français du XXe siècle, la « foi patriotique » évoquée par Raymond Poincaré dans son message aux Chambres du 4 août 1914 évoquant « l’union sacrée » n’était-elle qu’une manifestation d’un réflexe de défense de « la patrie en danger » dans l’esprit de 1793, ou s’agissait-il d’une forme déguisée de nationalisme destinée à légitimer un conflit inutile causé par le choc des intérêts français et allemand ? Alors que le général de Gaulle semble avoir placé son action sous l’étendard du patriotisme, ne peut-on pas dire, avec Jean-Christian Petitfils, que « de Gaulle s’est nourri de l’œuvre de Maurice Barrès dont il adopta le nationalisme républicain, émotif et sentimental » ?</p><p>Deux faits semblent établis. Le premier est que la Révolution française modifie le rapport des français à la nation parce que, de sujets du souverain, ils accèdent au rang de citoyen d’un État et parce que la souveraineté leur est conférée. Les anciennes fidélités qui faisaient le sentiment d’appartenance à la patrie sont remplacées par des valeurs. Ainsi Monsieur de Charrette a raison, finalement, lorsqu’il exhorte les officiers de l’Armée catholique et royale en leur disant :</p><p>« Notre Patrie, c’est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie marguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée, pour nous, elle est une terre ».</p><p>Le deuxième fait indubitable est que, dans la France d’après 1789, si le sentiment patriotique peut être présent dans les catégories modernes de « droite » et de « gauche », sa forme exacerbée qui est le nationalisme tend, dès la fin du XIXe siècle, à migrer définitivement vers la droite et l’extrême droite du spectre politique en prenant, en particulier, un tour xénophobe et souvent antisémite bien que n’étant fondé, chez Barrès et Maurras, sur aucun sentiment de supériorité proprement raciale.</p><p>On nous objectera qu’il existe toujours un patriotisme de gauche, porté aujourd’hui par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon et auquel le Parti Communiste n’a jamais été insensible. Certains en déduiront la nécessité d’établir, dans l’étude du nationalisme français contemporain, une stricte symétrie entre sa forme « de droite » et sa forme « de gauche », pour aboutir parfois à une mise en équivalence quasi-totale du souverainisme des deux bords ainsi que de leurs questionnements des institutions et de la démocratie représentative. Nous ne suivrons pas cette voie, parce qu’elle conduit à ignorer que le patriotisme, à gauche, diffère de sa version de droite en ce qu’il reconnait l’existence des conflits de classe, d’une part, et qu’il n’a pas pour programme d’inscrire dans la loi l’inégalité des droits entre nationaux et étrangers, ni de rechercher, parmi les citoyens, qui peut exciper d’une antériorité suffisante pour mériter le label de « français de souche ».</p><p>Mais il est d’autres familles de pensée qui peuvent, au premier abord, sembler réfuter le nationalisme, pour peu qu’on considère celui-ci comme purement hexagonal. Il y a d’abord les indépendantismes marqués à l’extrême droite, qui ne cachent pas leur volonté d’en finir avec une France centralisatrice qui les opprimerait. À l’exception du groupuscule breton Adsav (Renaissance, fondé en 2000), ils ont disparu et leur projet d’Europe des ethnies, popularisé un temps par les figures de l’extrême-droite que furent Jean Mabire et Saint-Loup, a fait long feu. On doit mentionner aussi les nationalistes-européens, qui dès la fin de la guerre d’Algérie ont tenté, avec Dominique Venner, de dépasser le nationalisme français pour mettre en avant le combat civilisationnel de ce qu’on nommait alors l’« Occident » contre le métissage culturel et ethnique et la perte progressive d’influence de l’Europe sur les affaires du monde.</p><p>Mais ce nationalisme européen, qui inspira la Nouvelle droite à son lancement en 1968-1969, n’est pas un effacement du nationalisme français : c’est la construction, que l’on retrouve aujourd’hui au sein des diverses facettes du mouvement identitaire, d’une identité se présentant comme trois poupées gigognes : une identité locale, ancrée dans le pays ou la province (ainsi les « bannières » du mouvement völkisch Terre et Peuple, fondé par Pierre Vial, portent le nom de provinces traditionnelles, comme les locaux de Génération identitaire sont dénommés d’après des références historiques locales) ; puis une identité nationale, en l’occurrence française ; enfin une identité européenne, définie par une culture et une appartenance ethnique communes qui plongent leurs racines bien avant l’ère chrétienne, dans ce qu’on sait des indo-européens et même avant.</p><p>Jean-Yves Le Gallou, dans un essai paru en 2018 et intitulé Européens d’abord, Essai sur la préférence de civilisation, résume bien le but de cette famille de pensée : surpasser le nationalisme français pour faire face à l’immigration extra-européenne et à ce qu’elle appelle le « grand Remplacement », en adjurant les Européens de mettre de côté leurs querelles et différences en considérant ce qui les rassemble et qui est un héritage ethnique commun.</p><p>Seul le théoricien belge Jean Thiriart, qui eut une influence réduite dans les milieux nationalistes français des années 1960, peut être considéré comme ayant voulu abolir les nationalismes spécifiques pour les fondre dans celui d’un Empire européen unifié, y compris au plan étatique et qui se serait étendu, selon ses dires, « de Galway à Vladivostok ».</p><p>Le nationalisme d’extrême droite reste donc attaché à la forme France, à son histoire et à sa pérennité. On le voit, ces dernières années, se référer à deux formes supranationales : l’Europe des patries, celle des nations souveraines pouvant conclure entre elles des alliances ponctuelles mais n’étant pas soumises aux normes juridiquement supérieures de l’Union européenne (UE) et l’Occident, concept culturel et civilisationnel qui est opposé à l’Europe unie parce que les valeurs sur lesquelles le projet européen actuel est fondé sont dans un langage de droite, « anti-traditionnelles », « subversives » et en fin de compte périmées, vouées à disparaître du fait de ce que la droite radicale considère être la fin d’un cycle historique : celui de la domination des idées des Lumières.</p><p>Le national-populisme français est incarné, lui, par le Rassemblement National (RN), nouvelle dénomination du Front National depuis le 1er juin 2018. Son logiciel idéologique a, paraît-il, été revu pour satisfaire aux exigences de la « dédiabolisation » et de la culture de gouvernement. Pour en juger, notamment en ce qui concerne les conceptions de la nation, nous pouvons nous reporter au discours de Marine Le Pen à Lille lors du congrès du FN, le 11 mars 2018.</p><p>De par la place qu’y occupe la question de l’immigration, il indique une continuité avec les origines du parti. Une continuité débarrassée des scories propres au contexte historique de l’extrême droite des années 1970, mais une continuité quand même, seule voie, d’ailleurs, qui lui permette de se distinguer durablement dans l’offre politique, de dire et promettre « toujours plus » que la droite dite « de gouvernement » la plus droitière.</p><p>Dès le début, tout y est. Un patriotisme « de l’honneur et du devoir », de la « passion » autant que de la raison. Un pessimisme qui entrevoit « la submersion de notre continent » et la disparition de la France. L’appel à une éthique et une conception de l’homme fondée sur les valeurs traditionnelles bref, une vision du monde résolument de droite.</p><p>Marine Le Pen indique dans ce discours ce qui sera la ligne directrice du RN pour les élections à venir jusqu’en 2022 inclus : l’opposition totale entre les « mondialistes » et les « nationaux », qu’elle espère fédérer au sein de sa formation. Cette division du monde entre ceux qui ont des racines dans le sol et ceux qui n’en ont pas est, dans la vision frontiste, anhistorique, mythique, puisque Marine Le Pen la fait remonter à l’histoire biblique, évoquant le clivage politique entre «mondialistes» et «nationaux» qui, dit-elle, serait «une version moderne de la lutte éternelle des nomades contre les sédentaires», commencée «avec le mythe de l’affrontement entre Abel, le pasteur itinérant, et Caïn, l’agriculteur».</p><p>Sa vision de la nation et de la citoyenneté se décline dans des propositions : dans le domaine de l’identité avec l’arrêt de l’immigration légale et l’instauration de la préférence nationale ; dans celui des valeurs avec l’éloge de la transmission matérielle et immatérielle comme « devoir sacré », du « parti des fidélités », c’est-à-dire de la communauté de destin ; de l’économie et du social avec l’idée centrale de « régulation », qui doit permettre à l’État de contrôler l’immigration et d’instaurer des protections tarifaires aux frontières.</p><p>La régulation de l’économie et des rapports sociaux conçue par le RN veut être une riposte à la mondialisation libérale avec pour objectif la « défense des plus humbles » contre le poids de la finance (nomade) mais aussi contre l’incertitude que fait planer le passage de la société industrielle à celle des services et des nouvelles technologies. Il s’agit de lutter contre le « déclassement généralisé » en assurant à chacun à la fois la liberté d’entreprendre selon les règles du marché et un ancrage dans le sol, l’emploi (avec la mise en équivalence de la mobilité et du nomadisme, auquel Marine Le Pen oppose la réconciliation du salarié et de l’entreprise, de préférence à taille humaine, donc ancrée dans le territoire local), l’éloge de la ruralité. Le projet frontiste réaffirme la nécessité de renouer avec l’État-stratège et propose d’établir des protections tarifaires aux frontières.</p><p>Contrairement à un argument parfois utilisé par la droite libérale, cela ne montre en rien qu’il rejoint les propositions d’une certaine gauche : il y a dans Maurice Allais, économiste dont la lecture est recommandée par le parti, toutes les bases d’un capitalisme national, c’est-à-dire fondé sur l’initiative privée et l’acceptation des différences de statut social, mais tempéré par la protection qu’offrirait l’État à tous les nôtres (salariés comme entrepreneurs) face aux autres. C’est le capitalisme sans le libre-échange, plus le rapatriement dans nos frontières de tout, y compris ce qui par essence (les données stockées sur des serveurs informatiques par exemple) a été conçu pour échapper à l’inscription dans un espace fini.</p><p>La question de l’immigration, évidemment posée par le discours de Lille, tout comme celle de la présence de l’islam dans des termes de conflit civilisationnel, est finalement secondaire par rapport à la division du monde énoncée par le RN entre ce qui est fixe et ce qui bouge, entre le proche et le lointain, l’espace protégé et celui ouvert sans limite. Sur les sujets de l’immigration et du multiculturalisme, le RN n’a rien changé, simplement parce que c’est l’item de son programme qui constitue le séparateur le plus solide avec le reste du spectre politique, celui sur lequel il peut renvoyer la droite à la contradiction entre son discours et sa pratique, celui qui suscitera les dissensions les plus profondes au sein de la droite et du centre-droit.</p><p>Il faut enfin mentionner, car elle est infiniment paradoxale, la référence de Marine Le Pen à un « sens de l’histoire » qui verrait le camp nationaliste-identitaire, le sien au fond, à la veille de triompher partout. La « droite nationale » a longtemps cru, soit que l’histoire était chaos, soit qu’elle était providentiellement ordonnée. Désormais, elle semble y entrevoir un sens, celui de sa prochaine victoire qui passe par le démantèlement de l’UE mais, plus largement, par la réhabilitation des identités nationales mises entre parenthèse du fait de l’opprobre jetée en 1945, sur toutes les formes de nationalisme, du fait de leur potentielle agressivité pouvant mener à la guerre, à la discrimination et de là, aux massacres de masse.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 06 Jun 2021 19:21:57 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Panda la voix du djihad. L&#039;appel (épisode 1)]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="chapo">Aujourd'hui dans Affaires Sensibles, le premier épisode d’une série de six fictions inédites adaptées d’une histoire réelle : celle de terroristes islamistes impliqués dans les attentats commis en France en 2015 et 2016 et celle de leur traque par les services de renseignement.</p>
<p>Image non datée et non localisée du Français converti à l'islam Fabien Clain, identifié comme la voix de l'enregistrement audio revendiquant les attaques de Paris du 13 novembre 2015. © AFP / AFP/OFFEpisode 1 : L'appel</p>
<p>Panda, la voix du Djihad, est un récit tiré du réel, avec de nombreux personnages existants, certains connus d’autres moins. Nous racontons ce qui s’est passé, le processus qui a mené à ces vagues d’attentats et cette violence aveugle qui a marqué et continue de meurtrir la France. En montrant les deux versants de l’histoire, la traque et le quotidien de Fabien Clain, l’idée est d’exposer la complexité des situations, et de tenter d’expliquer comment nous en sommes arrivés là.  Si les Fabien Clain, Mohammed Mérah ou autres Abdelhamid Abaaoud sont réels et leurs parcours et actions reconstitués d’après les témoignages précis, les officiers de renseignements sont fictifs, pour des raisons évidentes de sécurité. Et comme le dit Karim, l’agent des renseignements qui a fait de cette traque une affaire personnelle, : "Mon vrai nom n’est pas Karim, mais tout ce que vous allez entendre est vrai." Le personnage de Karim est inspiré de plusieurs agents, dont l'agent traitant de Mohammed Mérah. Sa vie a réellement été menacée. Fabien Clain alias « Panda », est le djihadiste devenu célèbre par la vidéo de revendication du Bataclan. Clain et son frère sont liés aux attentats terroristes les plus traumatisants connus par la France depuis 20 ans.</p><p>Panda, la voix du djihad, une fiction en six épisodes écrite par Vincent Hazard. Enquête de Vincent Hazard et Claire Tesson. Réalisation : Baptiste Guitton</p><p>Les comédiens : Salim Kechiouche, Teddy Chawa, Laurent Robert, Ariane Ascaride, Kenza Laala, Oscar Copp, Jules Ritmanic, Brahim Koutari, Slimane Yefsah, Nadhir El Arabi, Kevin Yumakaso, Aymen Saïdi, Marie-Sohna Condé, Mustapha Abourachid, Jean-Luc Porraz, Juliette Allain, Odja Llorca, Manuel Le Lièvre, Quentin Baillot, Tariq Bettahar, Emilie Chertier, Maxime Pambet, Elodie Vincent, Morgane Hainaux.</p><p>Bruitage : Sophie Bissantz Création sonore : Sébastien Quencez Prise de son, montage, mixage: Bruno Mourlan, Pierre Henry Assistante à la réalisation: Justine Dibling, avec l’aide de Maxime Pambet</p><p>Recherche d’archives : Rébecca Denantes. Coordination Christophe Barreyre</p>
<p>Invité : </p>
<p>Après la diffusion de ce premier épisode, nous recevons Hakim El Karoui, normalien et agrégé de géographie, il travaille pour l’institut Montaigne. Auteur de  <a target="_blank" href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Le-Debat/L-islam-une-religion-francaise">L’Islam une religion française</a>, chez Gallimard  en 2018 et tout récemment <a target="_blank" href="https://www.fayard.fr/documents-temoignages/les-militants-du-djihad-9782213718286">Les Militants du djihad, portrait d'une génération</a> coécrit avec Benjamin Hodayé (Fayard)</p><p>A lire aussi :<a target="_blank" href="https://editions.flammarion.com/le-roman-du-terrorisme/9782081513006">Le roman du terrorisme. Discours de la méthode terroriste</a>, de Marc Trévidic, Chez Flammarion (2020)</p><p>Pour ne manquer aucun épisode, abonnez-vous à ce podcast sur l’application Radio France, disponible sur iOS et Android, ou via <a target="_blank" href="http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_13940.xml">le fil RSS</a> et <a target="_blank" href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/affaires-sensibles/id912451024">Apple Podcast.</a></p>
<p><a href="https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-25-mai-2021" data-xiti-trackable="true" data-xiti-libelle="vignette_1_Fiction : Panda, la voix du djihad. Dans l'obscurité (épisode 2) La vie rêvée (épisode 3)" data-xiti-type="N"></a></p>
<p>51 min</p>
<p>À écouter  -   <a class="card-text-title tag" href="https://www.franceinter.fr/histoire" data-xiti-trackable="true" data-xiti-libelle="Histoire" data-xiti-type="N" data-xiti-button="plus_d_infos">Histoire</a> <a class="card-text-sub" href="https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-25-mai-2021" data-xiti-trackable="true" data-xiti-libelle="Fiction : Panda, la voix du djihad. Dans l'obscurité (épisode 2) La vie rêvée (épisode 3)" data-xiti-type="N" data-xiti-button="plus_d_infos">Fiction : Panda, la voix du djihad. Dans l'obscurité (épisode 2) La vie rêvée (épisode 3) </a></p>
<p>51 min</p>
<p>Programmation musicale : </p>
<p>NOEL GALLAGHER'S HIGH FLYING BIRDS : _We're on our way now (_2021)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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