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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Décembre 2021]]></title>
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	<pubDate>Sun, 12 Dec 2021 21:40:45 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[“Avant même l’arrivée au pouvoir de Mitterrand, le “tournant” de la rigueur était déjà prévu.” Rencontre avec les auteurs de la BD Le Choix du chômage (I)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Chez Frustration, ce qu’on préfère plus que tout, ce sont les ouvrages qui nous apportent des idées, des connaissances ou des points de vue qu’on a lu nulle part ailleurs et qui sont utiles, d’une manière ou d’une autre, à la lutte de classe. La BD Le choix du chômage en fait partie. Par son aspect pédagogique et agréable, mais également par l’analyse très pointue qu’elle nous offre concernant les choix des socialistes au pouvoir en France, elle permet de mieux comprendre les échecs passés et d’appréhender les possibilités de ne pas répéter le pire. Rencontre avec ses auteurs, Damien Cuvillier, dessinateur et Benoît Collombat, journaliste, par Guillaume Etiévant et Nicolas Framont. </p><p>Frustration : Aujourd’hui, il est assez répandu de considérer que l’économie dicte les choix politiques, en particulier avec la financiarisation de l’économie, qui rendrait les hommes et femmes politiques impuissants face à une certaine fatalité de l’économie. À la lecture de votre ouvrage, on a plutôt le sentiment inverse : les choix économiques semblent dictés par des considérations politiciennes, des alliances d’intérêt, du lobbying, etc. À vous lire, on a l’impression que d’autres choix auraient été possibles. Avons-nous bien compris le sens de votre ouvrage en en résumant la ligne directrice ainsi ? </p><p>Benoît Collombat : Oui, tout à fait. C’était le point de départ du livre. Damien et moi avons voulu partir sur les traces des choix qui ont été faits et qui nous ont amenés dans la situation actuelle. Il y a une intimidation aujourd’hui sur le thème du “on ne peut pas faire autrement”. Notre idée était de réaliser une archéologie politique, économique et sociologique pour retrouver les personnes, les dates, les moments, qui nous permettent de retracer la généalogie de ces choix. Ils ont été déterminés par une grille particulière d’analyse et par une vision du monde bien spécifique. Ils auraient pû être tout autre. Notre autre objectif était de faire un livre qu’on n’avait encore jamais lu. C’était une démarche de lecteur frustré, ce qui rejoint le nom de votre magazine. </p><p>Damien Cuvillier : Avant tout, au départ de cette aventure et de cette enquête, il y avait notre envie d’en savoir plus. Notamment, quand il est question d’économie, il y a aujourd’hui  une véritable  intimidation intellectuelle, qui impose une manière particulière de voir l’économie. Ceux qui essayent de regarder les choses sous un autre angle sont accusés d’être irrationnels ou suspectés de complotisme. Nous avions la volonté de nous plonger vraiment dans les racines de ce qui a construit la société dans laquelle nous vivons actuellement. Ces décisions ne tombent pas du ciel. Elles sont prises par des gens, d’où l’idée de faire une BD, pour incarner des figures. </p>
<p>Le Choix du chômage, p.23</p>
<p>Benoît Collombat : Ce livre est aussi un croisement entre nos deux expériences. Il y a dans la BD une mise en abyme pour Damien, qui a connu le chômage. Ce n’est pas mon cas, je n’ai jamais connu le chômage ; ma mère était instit’, mon père prof.  Mais j’avais beaucoup travaillé sur l’envers du décor de la vie politique, les scandales politico-financiers, etc. Je travaillais de plus en plus sur la sphère politico-financière. Je me suis moi-même mis sur ces sujets, car c’est là que se trouve le pouvoir aujourd’hui. J’aimais l’idée de rassembler les pièces du puzzle et surtout de rendre accessible cela au grand public. C’est fondamental, car au moment où on donne des outils intellectuels aux lecteurs, ils deviennent des armes pour pouvoir se les approprier. </p><p>Frustration : Votre BD est un livre objet, avec un titre complètement à contre-courant et très fort. À gauche, on présente souvent le chômage comme un fléau, une fatalité, un grand déterminant économique impossible à maîtriser.  À l’inverse, vous mettez en avant une volonté de la classe politique de maintenir un certain niveau de chômage. C’est une idée assez nouvelle, sous un angle qu’on lisait habituellement sur des sujets comme la dette, la mondialisation, mais pas sur le chômage en tant que tel. Le développement du chômage a été un choix et aujourd’hui la lutte contre le chômage est le prétexte à toutes les régressions, en particulier contre le droit du travail.  </p><p>Benoît Collombat : Oui c’est la double peine en effet. </p><p>Damien Cuvillier : On autorise tout et n’importe quoi pour le sacro-saint emploi. Pour lui, on est prêt à concéder tout à n’importe qui : entreprises polluantes, entreprises qui font du dumping social, etc. </p><p>Alors, est-ce qu’ils y croient vraiment ? Certains oui, y croient vraiment, mais en même temps ils n’ont jamais été vraiment contredits.</p>
<p>Benoît collombat</p>
<p>Frustration : On parle d’ailleurs toujours de l’emploi et jamais du travail, qui est un oublié complet de la vie politique et médiatique. L’emploi est fétichisé, quelles que soit les conditions de travail, les salaires, etc. </p><p>Benoît Collombat : Tout à fait. Le terme d’employabilité s’est d’ailleurs généralisé : il faut s’adapter au marché du travail. Dans le livre, la question du chômage est le fil rouge, mais elle n‘occulte pas le travail. Dès le début du livre, on précise que le chômage fait 14 000 morts par an et que les choix politiques que nous évoquons dans le livre ont de graves conséquences sociales. D’ailleurs, pour avoir beaucoup travaillé sur la violence politique de droite dans les années 60 et 70, qui était sous-documentée, je trouvais intéressant de raconter la suite de l‘histoire. Cette période était violente, y compris dans le monde syndical, mais le pouvoir politique avait encore certains leviers, qui ont été démantelés dans les années 1980. Et ce démantèlement n’a pas été contraint : des choix ont été faits volontairement pour se conformer à une certaine grille de lecture et pour aller dans le sens de certains intérêts. Le pouvoir s’est dépossédé de certains outils qui lui permettaient d’agir sur l’économie et la monnaie. La violence qui a été générée par ces choix est au moins aussi ravageuse que la violence des barres à mine des militants du service d’action civique du parti gaulliste. </p>
<p>Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Industrie puis de l’Education de François Mitterrand face à Benoît Collombat et Damien Cuvillier, le Choix du chômage, p. 70</p>
<p>Frustration : Un point très intéressant dans votre livre est la focalisation sur les années 1980, au début desquelles se fait effectivement la grande rupture politique (déréglementation massive de la finance notamment). C’est quelque chose de très important et qu’on entend très rarement. Dans votre ouvrage, des personnages clefs de ce tournant politique s’’expriment et ne présentent pas le moindre remords, alors que depuis on connaît les désastres sociaux et économiques que ces choix politiques ont créés. Selon vous, est-ce que cette absence de remords est principalement liée à une idéologie très puissante qui les empêche de penser différemment ou tout simplement à leurs intérêts personnels qui les empêchent de réfléchir contre eux-mêmes?</p><p>Benoît Collombat : C’est une question complexe et passionnante. On peut émettre des hypothèses, grâce aux longs entretiens que nous avons eus et dont nous restituons certains moments. C’est vrai que nos interlocuteurs restent droits dans leur botte,  en ce qui concerne leur “magnifique bilan” et leurs choix qu’ils considèrent inéluctables. On peut expliquer cette attitude par plusieurs facteurs. </p><p>D’abord, la plupart de ces personnages sont toujours dans l’espace public. En France, on peut s’être toujours trompés, voire même s’être rendus coupables de plagiats, et être pourtant  toujours crédibles et invités régulièrement dans les médias. Il y a un quant-à-soi et une stature d’intellectuel à préserver. Avec nos bulles de BD, on détruit l’univers mental et la statue que ces personnages se sont édifiée. D’une certaine manière, ils ne peuvent pas dire autre chose. Alors, est-ce qu’ils y croient vraiment? Certains oui, y croient vraiment, mais en même temps ils n’ont jamais été vraiment contredits. Ils ont occupé des postes importants au sein de la direction du Trésor par exemple ; le pouvoir politique  leur commande régulièrement des rapports. Ils ont une rente de situation et ils ne peuvent pas se déjuger, sinon ils perdraient cette position. </p><p>Selon eux, il y a certes eu un peu de casse sociale, mais c’était pour le bien de la cause. Ils pensent qu’en France on a un État très généreux, que les gens vont globalement bien. Évidemment, c’est facile pour eux de dire cela, ils ne seront jamais au RSA ou dans la difficulté. </p>
<p>Damien Cuvillier</p>
<p>Certains sont tout de même traversés par des contradictions. C’est le cas notamment de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_de_Foucauld">Jean-Baptiste de Foucauld</a>, collaborateur de Jacques Delors, qui a forgé la notion de désinflation compétitive. Il a, en parallèle, dans les années 80, créé une association d’aides aux chômeurs. Peut-être que sa conviction catholique l’amenait à avoir conscience des dégâts sociaux qu’entraînait la politique qu’il défendait. </p><p>C’est également le cas de Pierre Bérégovoy. On restitue dans la BD un portrait gris clair de lui, sans l’exonérer de ses responsabilités considérables dans la dérégulation financière. Nous avons pu documenter qu’à plusieurs moments dans des espaces privés, il se posait des questions et n’adhérait pas à la  politique dominante. En particulier, il était contre l’idée d’une banque centrale indépendante, il pensait que l’État devait avoir la main sur la monnaie et sur les taux d’intérêt, il n’était pas sur les positions de Jacques Delors concernant la construction européenne, etc. L’hypothèse que j’émets, c’est que pour progresser dans l’état-major politique (jusqu’à devenir Premier ministre)  il faut embrasser cette idéologie-là. </p>
<p><a href="https://www.frustrationmagazine.fr/aidez-frustration-pour-emmerder-les-puissants/"></a></p>
<p>Damien Cuvillier : Ils ont une certaine déconnexion aussi. Est-ce qu’ils y ont vraiment cru? Ils se sont en tout cas créés des manières de se justifier en affirmant qu’ils n’ont pas été assez loin, et que c‘est pour cette raison que les effets positifs ne se voient pas pleinement. Je pense notamment à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Trichet">Jean-Claude Trichet</a> et Pascal Lamy qui assument leur politique et sont toujours aux affaires. Selon eux, il y a certes eu un peu de casse sociale, mais c’était pour le bien de la cause. Ils pensent qu’en France on a un État très généreux, que les gens vont globalement bien. Évidemment, c’est facile pour eux de dire cela, ils ne seront jamais au RSA ou dans la difficulté. </p><p>Benoît Collombat :  Il y a une citation très forte d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Upton_Sinclair">Upton Sinclair</a>, qui est un journaliste américain qui a écrit notamment La jungle, un ouvrage sur les abattoirs aux  Etats-Unis : “Il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme lorsque son salaire dépend précisément du fait qu’il ne la comprenne pas”. C’est une phrase très actuelle qui fait partie des clefs de compréhension de ce que nous racontons dans le livre. Notre démarche a été de prendre au sérieux ces personnages, de lire leurs livres et leurs écrits. C’est un énorme travail qui n’est pas souvent fait. Les journalistes n‘ont pas le temps, pas l’envie, pas les moyens ou un mélange des trois. </p>
<p>Le Choix du chômage, p. 132</p>
<p>Par exemple, nous nous sommes plongés dans les écrits de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Padoa-Schioppa">Tomaso Padoa-Schioppa</a>, ce banquier italien qui a joué un rôle très important dans la manière dont s’est modelée la construction européenne. C’est une forme de maître intellectuel. Ses écrits sont facilement trouvables, il suffit d‘aller les chercher. Jacques Delors s’en recommande et le considère comme un mentor. Autre exemple : nous sommes allés chercher dans les archives du Monde l’article rédigé par Jean-Baptiste de Foucauld sur le mode d’emploi de la désinflation compétitive. </p><p>Nous avons fait le choix de longs entretiens qui pouvaient durer deux heures pour installer une véritable confrontation intellectuelle, ce qui n’arrive quasiment jamais dans le champ politico médiatique. Le but était de restituer leur pensée et d’aller les chercher pour les confronter à la réalité concrète des conséquences de leurs choix. De nombreux journalistes ont une mémoire de poisson rouge. Par exemple, Pierre Rosanvallon est en ce moment interviewé sur toutes les antennes à la faveur d’un nouvel ouvrage. Aucun journaliste n’évoque le fait qu’avec la Fondation Saint-Simon, il a participé à la conversion de la gauche socialiste au “réel” et au développement du néolibéralisme dont il a été un rouage essentiel. Aujourd’hui il se permet de faire le bilan et d’analyser doctement les politiques menées, comme s’il n’avait rien à voir avec  tout cela et sa responsabilité personnelle n’est jamais mise en avant par les gens qui l’interviewent. Les classes sociales pour Rosanvallon, ça n’existe pas. Il faut considérer les individus par rapport à leurs affects. Que les journalistes le laissent parler sans jamais questionner ses propos et son point de vue, c’est fascinant et ça fait partie du problème. </p><p>Frustration :  Comment est-il possible que tout ait basculé si vite au début des années 1980 ? Comment des personnes qui avaient un projet d’abandon du capitalisme se retrouvent en quelques mois à tenir des propos d’une grande violence économique, qui ne prennent plus du tout en compte la dimension de classe et les rapports de domination? Dans l‘univers militant, on entend beaucoup dire que c’est dû au fait que les rapports de force de l‘époque n’étaient pas favorables… Les rapports de force étant bien plus durs aujourd’hui, on voit mal comment les mêmes personnes peuvent prétendre être capable de mettre en œuvre un programme de rupture… Vous pensez que dans l’entourage de Mitterrand les décideurs n’étaient pas préparés, ou alors préparés mais hypocrite, ou bien est-ce qu’il y a un fort effet sociologique d’un entourage technocratique qui fait valoir ses intérêts? En bref, quelle est votre analyse sociologique de cette période? </p><p>Benoît Collombat : Ce que nous montrons dans la bande dessinée, c’est l’illusion d’un basculement. Il y a un peu cette image d’épinal, ce story telling du tournant de la rigueur, cette métaphore d’une voiture sur la route qui serait obligé d’être dévié du chemin qu’elle voulait atteindre. <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/127096-declaration-de-politique-generale-de-m-pierre-mauroy-premier-ministre">Le discours de politique générale de Pierre Mauroy</a> du 8 juillet 1981 est à ce titre éclairant. Malgré l’image de socialiste qu’avait  Mauroy, la rigueur budgétaire y est déjà mentionnée clairement, ainsi que le refus de sortir du Système monétaire européen par exemple. C’est oublié aujourd’hui, mais assez cohérent : Pierre Mauroy était proche des idées de Delors, Jacques Peyrelevade était dans son cabinet, etc.</p><p>Par ailleurs, il y a un storytelling sur les interrogations de François Mitterrand à l’époque. Son  entourage (Jacques Delors et Jacques Attali notamment) pense depuis le départ que le programme commun est déraisonnable. Dans les réunions préparatoires organisées autour de Jacques Delors, avant même qu’il ne soit ministre de l‘économie, on retrouve des gens qui sont dans l’appareil d’Etat et à la direction du trésor, comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Leb%C3%A8gue">Daniel Lebègue</a> entre autres. </p><p>Pour avoir beaucoup travaillé sur Jacques Attali (notamment pour mon livre Histoire secrète du patronat), j’ai pu observer qu’il y avait avant même l’arrivée au pouvoir de Mitterrand une structuration de la pensée néolibérale chez les socialistes,  notamment avec le réseau autour des cahiers de l‘IRIS. Le soi-disant tournant de la rigueur vient en fait de loin : Mitterrand qui est un fin tacticien avait compris qu’il devait faire des alliances avec les communistes, mais dans la coulisse, le “tournant” était déjà prévu. </p><p>Dans ce soft power, les socialistes ont joué le jeu en faisant faussement les naïfs, en faisant comme s’ils étaient surpris par les conséquences économiques de leur politique. Au fond, ils étaient en fait convaincus idéologiquement par les idées libérales. </p>
<p>Damien Cuvillier</p>
<p>L’un des exemples saisissants que nous mentionnons dans la BD est celui des nationalisations. Nous montrons que ces nationalisations n’ont pas été préparées. Si vous arrivez au pouvoir avec un programme de rupture, même très préparé et avec une bonne vision des rapports de force, il sera très difficile à mettre en œuvre et nécessitera un fort appui du mouvement social. Mais si en plus vous n’avez rien préparé, c’est sûr que vous n’y arriverez pas. Dans le livre, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Morin_(%C3%A9conomiste)">François Morin</a> tombe de sa chaise, car on lui demande d’écrire, quasiment sur un coin de table, le projet de loi de nationalisation. Mitterrand avait préféré rester dans le flou avant l’accès au pouvoir, pour ne pas perdre une partie de sa base électorale. </p>
<p>Le Choix du chômage, p.96</p>
<p>Damien Cuvillier : On se demande aussi s’il n’y a pas un jeu qui se met en place. Dans la représentation collective, la gauche n’est pas raisonnable, ce sont de grands enfants comme nous l’a dit Jean Claude Trichet, il fallait “éduquer” ces gens-là, car l‘économie est très sérieuse. Dans ce soft power, les socialistes ont joué le jeu en faisant faussement les naïfs, en faisant comme s’ils étaient surpris par les conséquences économiques de leur politique. Au fond, ils étaient en fait convaincus idéologiquement par les idées libérales. </p><p>Je suis né en 1987, donc à la fin de cette période, mais j’en subis directement les conséquences, car j’ai le statut d’auteur de bande dessinée qui se met en place à cette époque. Il est proche de celui d’auto-entrepreneur, c’est-à-dire le statut le plus merdique qui soit où on ne cotise à rien. Il a été créé dans ce contexte des années 1980 où pour le monde culturel, pour être moderne il faut bouger. Chacun doit devenir son propre chef, à l’américaine, l’idée du collectif étant devenue un peu ringarde. </p><p>Benoît Collombat : J’ajouterais aussi un élément : il y a une grille de lecture sociologique des socialistes. D’où viennent ces personnes et quels intérêts ils défendent ? Bérégovoy n’avait pas fait de grandes écoles. On relate dans la BD qu’il a dit à un moment à son ancien collaborateur <a href="https://www.wikimanche.fr/Jacques_Desponts">Jacques Despont</a>, qui était le seul conseiller de Jacques Delors à avoir accepté de rester dans le cabinet de Bérégovoy en juillet 1984: “Je sais bien pourquoi ils ne restent pas avec moi Delors est un directeur de la Banque de France, moi je suis un fils d’immigré avec un CAP d’ajusteur”. Derrière, il a eu la foi du converti et a ensuite été un artisan zélé de la dérégulation, pour prouver qu’il pouvait aussi la mener. La grille sociologique n’est pas à négliger, si vous faites le choix du capital contre le travail, c’est qu’il y a des raisons, et que cela correspond à votre milieu social et relationnel.</p><p>Frustration : Bérégovoy, c’était le seul de la classe ouvrière et c’est le seul qui est mort. </p><p>Benoît Collombat : Oui, et il a choisi de se suicider un premier mai, pas besoin d’en rajouter, tout le monde a compris. Dans la BD on évoque la phrase de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Ralite">Jack Ralite</a>, ancien ministre du travail, qui dit à la veuve de Bérégovoy “Madame Bérégovoy, j’ai bien peur que celui qui a appuyé sur la gachette le 1er mai 93, c’est l’ancien cheminot”.</p><p>FIN DE LA PARTIE I </p>
<p><a href="https://www.frustrationmagazine.fr/aidez-frustration-pour-emmerder-les-puissants/"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 11 Dec 2021 10:06:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bruno Gollnisch : « Il y a au Rassemblement national une perte de tonus »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec la désignation de <a href="https://www.lepoint.fr/politique/presidentielle-je-ne-changerai-pas-ma-ligne-affirme-pecresse-05-12-2021-2455344_20.php" title="">Valérie Pécresse, le casting est presque complet.</a> La présidentielle est véritablement lancée et la précampagne a déjà livré ses surprises : un président de la République solidement installé sur son socle, un bloc de gauche à l’agonie, la droite républicaine en embuscade et un duel fratricide à la droite de la droite entre <a href="https://www.lepoint.fr/tags/marine-le-pen">Marine Le Pen</a> et <a href="https://www.lepoint.fr/tags/eric-zemmour">Éric Zemmour</a>. <a href="https://www.lepoint.fr/dossiers/politique/eric-zemmour-candidat-2022/" target="_blank" title="">Le polémiste et désormais candidat a grignoté une partie des voix de la présidente du Rassemblement national</a>. De quoi compromettre la qualification au second tour de Marine Le Pen ? S’il estime que son ancienne rivale a bien tenu le choc et revient sur ses fondamentaux, <a href="https://www.lepoint.fr/tags/bruno-gollnisch">Bruno Gollnisch</a>, ancien vice-président du <a href="https://www.lepoint.fr/tags/rn---rassemblement-national">Front national</a> et ex-député européen, craint « la division du camp patriote ». Plus surprenant, il défend Emmanuel Macron et trouve « certaines attaques » contre lui « injustes ». Entretien.</p><p>Le Point : On dit qu’une élection se gagne au centre. Est-ce que, cette fois-ci, elle va se jouer à droite, voire très à droite ?</p><p>Bruno Gollnisch : Cela fait un bon bout de temps que l’élection présidentielle ne se joue plus au centre. Et, en réalité, elle s’est toujours jouée à droite ou à gauche. L’électorat gaulliste était majoritairement à droite. Pareil pour Georges Pompidou ou Valéry Giscard d’Estaing qui, en 1974, a bénéficié de l’électorat de l’UDR… En 1986, aux législatives, le programme du RPR et de l’UDF – on dirait aujourd’hui LR – était un pâle et tardif décalque du programme du Front national, incluant, par exemple, la réforme du code de la nationalité ! Ils n’en ont rien fait, bien sûr. Nicolas Sarkozy, grâce aux conseils de Patrick Buisson, avait siphonné une partie des voix du FN. Dans cette mouvance-là, ils gagnaient toujours à droite… et ne faisaient ensuite d’ouverture qu’à gauche !</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/presidentielle-2022-pecresse-fait-une-belle-entree-dans-les-sondages-06-12-2021-2455540_20.php" title="">Si on en croit les sondages, le bloc d’extrême droite est à plus de 30 % quand on ajoute les intentions de vote de Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan…</a></p><p>Ce bloc n’est « extrémiste » en rien. Je suis amusé de voir chez Éric Zemmour les mêmes accents que naguère Jean-Marie Le Pen. Il dit : « Je ne suis pas extrémiste ; mes idées, c’étaient celles que défendait le RPR. » Le Pen disait, lui aussi : « Les idées que je défends sont des idées du bon sens, c’étaient les idées que défendait le Centre national des indépendants [un parti conservateur et modéré très important sous la IVe République, NDLR]. » Et c’était vrai. C’était la classe politique française qui, longtemps, avait dérivé à gauche. Aujourd’hui, les prétendus « extrêmes », qui par définition devraient être sur les bords du gâteau, finissent par en constituer la plus grosse part ! Et nous avons assisté, lors du congrès des Républicains, à une course à l’échalote à celui qui trouverait les accents les plus radicaux (devrais-je dire extrémistes ?). <a href="https://www.lepoint.fr/politique/eric-ciotti-je-veux-un-guantanamo-a-la-francaise-10-11-2021-2451455_20.php" title="">M. Ciotti est même allé jusqu’à proposer un Guantánamo à la française,</a> ce à quoi je ne suis pas favorable, car il faut respecter les droits de la défense, et les pires criminels ont droit à un procès équitable. Même Michel Barnier, le chantre de l’Europe, <a href="https://www.lepoint.fr/politique/michel-barnier-et-les-migrants-un-electrochoc-europeen-15-10-2021-2447870_20.php" title="">a demandé que l’on s’affranchisse de la Cour de justice européenne.</a> <a href="https://www.lepoint.fr/tags/valerie-pecresse">Valérie Pécresse</a> est macron-compatible et a signé il y a dix ans avec des « indigénistes » une pétition pour une France multiculturelle et postraciale. Désormais, elle dit tout le contraire…</p><p>Ma crainte, c’était qu’Éric Zemmour soit à Marine Le Pen ce qu’avait été Christiane Taubira pour Lionel Jospin en 2002.</p><p>Que pensez-vous de la candidature d’Éric Zemmour ?</p><p>J’ai beaucoup d’estime pour Éric Zemmour, mais j’ai quelques points de divergence avec lui. Je ne suis pas gaulliste, et je n’ai pas l’intention de le devenir, même si je reconnais certains aspects de grandeur du personnage. Tout le monde est tombé sur Zemmour au sujet de Pétain, mais il n’a dit que ce que nous disent beaucoup d’historiens. Ce serait un long débat. À la différence d’Éric Zemmour, je ne suis pas non plus bonapartiste, même si je fais la part des choses dans l’héritage napoléonien. Zemmour est un homme intelligent, cultivé et courageux. Mais je lui aurais personnellement déconseillé de se présenter.</p><p>Pourquoi ?</p><p>Je suis membre du Rassemblement national, même s’il m’arrive d’être critique envers ma formation politique. Ma crainte, c’était qu’Éric Zemmour soit à Marine Le Pen ce que Christiane Taubira avait été pour Lionel Jospin en 2002. Je crains la division des voix patriotes. Aujourd’hui, il a atteint un plateau ; peut-il progresser ? Je ne sais pas. Ceux qui, à tort, prédisaient l’effondrement de Marine Le Pen se sont trompés. Elle résiste bien alors que sa campagne n’est pas suffisamment médiatisée. On n’a, par exemple, pas assez parlé dans les médias de ses propositions sur l’immigration, alors que ce sont des solutions cohérentes, efficaces, fermes, raisonnables.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/eric-zemmour-et-le-serment-de-villepinte-05-12-2021-2455393_20.php" title="">À LIRE AUSSIÉric Zemmour et le « serment de Villepinte »</a></p><p>Mais, si Éric Zemmour atteint des intentions de vote à deux chiffres, c’est parce que peut-être Marine Le Pen ne répond pas à la « demande » de ses électeurs, comme le signale Marion Maréchal…</p><p>Il y a eu en effet, peut-être pas chez Marine Le Pen mais au Rassemblement national, une perte de tonus, voire une usure avec le temps. Mais il y a une contrepartie : c’est l’expérience. Il y a des dizaines de personnes qui ont exercé des mandats parlementaires et des centaines d’élus locaux. Il y a eu aussi une érosion du sentiment affectif, et l’exclusion de Jean-Marie Le Pen a été à cet égard une erreur et une faute. Beaucoup de gens ont été fidèles à ce mouvement, mais ont eu aussi l’impression de ne pas avoir été bien traités.</p><p>N’y a-t-il pas aussi des raisons de fond ?</p><p>Un certain nombre de sympathisants ont eu l’impression que, sur certains sujets, le discours était édulcoré ou que nous avions abandonné certains thèmes. Depuis que Marine Le Pen est repartie en campagne, je retrouve avec intérêt un certain nombre de ces thèmes…</p><p>Peut-être grâce à Zemmour…</p><p>Quant aux motivations, je ne sonde pas les reins et les cœurs. Mais, en politique, comme en économie, la concurrence est la garantie du consommateur. Contrairement à Valérie Pécresse, Marine Le Pen n’est pas opportuniste. Elle n’a pas changé fondamentalement d’attitude. Certes, nous n’étions plus audibles sur un certain nombre de sujets de société, comme la politique familiale, l’accueil de la vie ou, sur le plan économique, la lutte contre la bureaucratie qui paralyse notre pays et le fiscalisme qui spolie. Je ne dis pas qu’on avait abandonné ces sujets, mais nous n’étions plus identifiés et, comme dit Jean-Marie Le Pen, « en politique n’existe que ce qui paraît exister ». Je me réjouis donc que des initiatives aient été récemment prises dans ces domaines. En tout état de cause, je ne voudrais pas que cette compétition profite à madame Pécresse…</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/comment-marine-le-pen-a-resiste-a-la-vague-zemmour-30-11-2021-2454443_20.php" title="">À LIRE AUSSIComment Marine Le Pen a résisté à la vague Zemmour</a></p><p>Quelle est sa valeur ajoutée ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus ? Je crois que c’est une bonne question.</p><p>Pourquoi la candidature de Marine Le Pen aurait-elle la primauté sur celle d’Éric Zemmour ?</p><p>Déjà, pour une première raison : il y a, me semble-t-il, un ordre naturel, c’est celui de l’antériorité. Il y a d’ailleurs ici une chose un peu irritante. Éric Zemmour, et pas seulement lui, nous dit qu’il est le premier à oser parler de ceci ou de cela. Quelquefois, j’ai envie de reprendre le programme du Front national d’il y a 15, 20 ou 30 ans, dont j’ai été l’un des rédacteurs, et dire, mais sans animosité : « Un peu de modestie ! » Car nous avions mis toutes ces questions sur la table et proposé les remèdes adéquats. Il en a résulté, comme aujourd’hui pour Zemmour, quantité d’épreuves, de diabolisation, de persécutions judiciaires et d’agressions physiques. <a href="https://www.lepoint.fr/politique/provocateurs-zemmour-fustige-les-militants-de-sos-racisme-07-12-2021-2455585_20.php" title="">Ces agressions physiques sont médiatisées de manière incroyable : les voyous antifas viennent bloquer les meetings de Zemmour par la violence.</a> Et l’on dit « violences à l’occasion du meeting d’Éric Zemmour », comme s’il les avait lui-même provoquées.</p><p>Le dernier exemple en date, le propos d’Éric Dupond-Moretti à l’Assemblée nationale quand il dit que Zemmour « veut rétablir l’ordre républicain qui, selon lui, serait déliquescent… Et il est incapable d’assurer la sécurité dans son propre meeting ». C’est particulièrement ignoble. Il arrive à Zemmour exactement ce qui est arrivé à Le Pen et à nous dans les années 1980, durant des décennies, et récemment encore. Nous avons donc une antériorité. Et je pense que Marine Le Pen, plutôt que de critiquer ce qui est peut-être critiquable chez Zemmour, a quand même un bon argument : « Il arrive après nous dans cette bataille. Quelle est sa valeur ajoutée ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus ? » Je crois que c’est une bonne question.</p><p>La réponse n’est-elle pas une certaine radicalité d’Éric Zemmour que réclame une partie de l’électorat ?</p><p>Il peut dire qu’il a des positions plus tranchées. C’est possible. Mais cela peut être aussi un inconvénient. Je vois d’ailleurs qu’il a essayé d’y parer lors de son dernier meeting. On critique beaucoup Marine Le Pen parce qu’elle critique l’islamisme, et non l’islam. On a bien sûr le droit de critiquer l’islam. Cependant, je pense que le rôle des responsables politiques n’est pas de s’attaquer à une religion, mais de parer fermement à l’islamisation de la France, à l’islamisme, c’est-à-dire à la prétention de trop de musulmans à vouloir vivre et d'imposer un mode de vie peut-être adapté à des Bédouins dans l’Arabie du VIIIe siècle (et encore !) mais qui n’est pas et ne saurait être le nôtre.</p><p>Reprochez-vous à Éric Zemmour une tendance à « essentialiser » ?</p><p>Parmi les Français musulmans, il y a de la diversité. Il y en a qui sont aussi peu fervents musulmans que la majorité des Français est peu fervente catholique. Il ne faudrait pas, par des attaques contre la religion, qui est quelque chose d’intime et de profond, réveiller un sentiment d’hostilité. En tant que prof de fac, j’ai eu beaucoup d’élèves issus de ce que l’on appelle « la diversité », qui étaient des étudiants studieux, avec lesquels je n’ai jamais eu de problème. Et dont je suis persuadé qu’ils n’avaient pas d’autre désir que de s’intégrer parfaitement à la société française. Quel message apporte-t-on à ceux-là ? Est-ce qu’on veut les rejeter dans le camp de ceux qui, par leurs actions, et quelquefois leurs actes abominables, portent atteinte à la réputation de ceux qui ont la même origine ?</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/debats/zemmour-le-club-de-l-horloge-et-le-mur-des-classes-populaires-10-11-2021-2451453_2.php" title="">À LIRE AUSSIZemmour, le Club de l’horloge et le mur des classes populaires</a></p><p>Éric Zemmour n’aide-t-il pas Marine Le Pen à lisser son image, à devenir présidentiable, en vue du deuxième tour ?</p><p>C’est ce que disent beaucoup de commentateurs. J’acquiesce à condition que les deux candidats se retrouvent au deuxième tour. Malgré tout, quand il y a des situations de compétition, c’est comme quand la vaisselle a été cassée. Il est toujours difficile de recoller les morceaux,</p><p>Au risque de me brouiller avec certains de mes amis politiques, le bilan d’Emmanuel Macron est mauvais, mais, par rapport aux précédents, ce n’est pas pire.</p><p>Quelle issue prédisez-vous à cette compétition dans laquelle les deux candidats ont l’air peu à même de se rapprocher ?</p><p>On pourrait rêver d’un deuxième tour Le Pen-Zemmour (rires). On a vu des choses plus surprenantes dans la vie politique française des deux derniers siècles ! Si Marine Le Pen, qui, encore une fois, résiste, est au deuxième tour, j’espère bien qu’Éric Zemmour lui apportera son soutien. Et inversement. Ça paraît peu probable, mais, si Zemmour était au deuxième tour contre Macron, moi, je ne voterais pas pour Macron. Les choses sont claires.</p><p>Emmanuel Macron boucle son quinquennat. Où se situe-t-il parmi les présidents qui l’ont précédé ?</p><p>Au risque de me brouiller avec certains de mes amis politiques (rires), son bilan est mauvais, mais par rapport aux précédents, ce n’est pas pire. Je ne le trouve pas pire que Chirac, je ne le trouve pas pire que Mitterrand, je ne le trouve pas pire que Hollande ni Sarkozy. Je trouve qu’il est un peu de la même veine. C’est un garçon qui est intelligent, certainement. Je ne le trouve pas haïssable. Ce que je dis me sera peut-être reproché, mais je suis surpris de la haine qu’il suscite quelquefois. Cela étant, je suis en total désaccord avec lui sur la plupart des sujets. C’est un libéral, au sens philosophique du terme un relativiste, acquis aux idées mondialistes. Il penchait plus du côté d’Alain Minc que de Patrick Buisson ! Il semble quand même que la réalité lui ait sauté au visage à l’occasion de la pandémie. Il a pu mesurer l’impact de la réduction des services publics, et de notre désindustrialisation dont résultait, par exemple, l’incapacité à fournir ne serait-ce que des masques… Mais il reste quand même sur ses illusions euro-mondialistes, dont, à mon avis, il ne sortira rien de bon.</p><p>Vous ne souscrivez pas à ce procès en arrogance et en déconnexion qui lui est fait ?</p><p>Si, mais je ne le crois pas plus déconnecté du pays réel que ne l’est Valérie Pécresse. Certaines attaques sont peut-être injustes. Par exemple, on a mis sur le compte de <a href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-fait-polemique-avec-les-gens-qui-ne-sont-rien-02-07-2017-2139952_20.php" title="">l’arrogance le fait qu’il a parlé des « gens qui ne sont rien »</a>. Mais il y a malheureusement des gens « qui ne sont rien », je veux dire qui n’ont pas le statut social, la reconnaissance, le minimum de revenus, la dignité qu’ils méritent et devraient avoir. Si on dit ça pour le déplorer, comme je le fais là, ce n’est pas du mépris. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas l’accomplissement familial, culturel, patrimonial, l’accès au logement, etc. auxquels ils devraient pouvoir prétendre, et il faut y remédier.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/797/ils-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:32:33 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/797/ils-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes</link>
	<title><![CDATA[Ils déplorent les effets dont ils chérissent les causes.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Denis COLLIN sur sa page Facebook :</p>

<p>Ceux qui ont fait de la dénonciation de Zemmour leur nouveau fond de commerce appartiennent à la catégorie de ces hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.</p>

<p>- Zemmour tente d'apporter des réponses à la crise qu'ils ont provoquée. Que ses propositions doivent être combattues politiquement, sans aucun doute - le programme économique et social de Zemmour ressemble à celui de Pécresse. Mais il faut d'abord essayer de comprendre pourquoi tant de gens et de jeunes en particulier s'engagent avec lui.</p>

<p>- le prétendu antifascisme est une sinistre plaisanterie. Zemmour n'est pas un fasciste et il n'y aucun mouvement fasciste derrière lui. Tous ces écervelés "d'antifas" feraient bien de retourner en classe d'histoire.</p>

<p>- ce qui a fait Zemmour, c'est fondamentalement la décomposition politique de la gauche qui a abandonné les travailleurs et la patrie au profit de la "jet set" de la mode, des Frères musulmans et de tous les cinglés qui débitent à longueur de journée les âneries woke "made in USA", sans parler de ceux qui font des petites frappes de banlieue la nouvelle avant-garde. Cette décomposition de la gauche est le revers de son ralliement à la mondialisation capitaliste et à l'UE. </p>

<p>- Zemmour a pu imposer une problématique "identitaire" uniquement parce que les communautaristes soutenus par une partie de la gauche ont remis en selle le racisme et l'ethnicisme et qu'ils ont même trouvé un prophète qui annonce que la créolisation du monde est l'avenir. </p>

<p>- On ne doit pas reprocher à Zemmour son obsession de la nation, mais lui reprocher de soutenir un système économique qui précisément détruit la nation qu'il prétend défendre. S'il y avait encore des socialistes dans ce pays, ils diraient, contre Zemmour, que la défense de la patrie et la défense des travailleurs sont un seul et même combat. Bref, à Zemmour, ils opposeraient Jaurès. Mais j'ai beau me promener avec une lanterne des socialistes à la Jaurès, je le cherche en vain.</p>

<p><sup><br />Denis COLLIN :<br />Denis Collin fut, d'après Jean-Paul Salles, dans les années 1970, militant de la Ligue communiste révolutionnaire.<br /><br />En 2014, il fait un exposé à l'Université d'automne du M'PEP (Mouvement politique d’émancipation populaire créé par Jacques Nikonoff) où il se déclare conservateur. Il s'est exprimé à plusieurs reprises dans des revues de droite radicale (KRISIS et Éléments) comme dans Causeur ou dans la revue Front Populaire créée par Michel Onfray et Stéphane Simon. En 2019, il donne une conférence pour la Nouvelle Action ROYALISTE. <br /></sup></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/796/un-discours-qui-sadressait-aux-francais</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:22:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/796/un-discours-qui-sadressait-aux-francais</link>
	<title><![CDATA[Un discours qui s&#039;adressait aux Français !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Gilles CASANOVA, sur sa page Facebook :</p>

<p>Je ne suis pas un soutien politique d'Éric Zemmour. Et nombre des éléments de son programme me semblent mériter d'être combattus politiquement, maintenant qu'ils ont un écho dans le pays.</p>

<p>Je suis un soutien politique de la République et de la démocratie. Du débat public en raison où l'on échange des arguments et où l'objectif n'est pas de faire taire l'autre physiquement, mais de l'emporter politiquement en faisant appel à l'intelligence et à l'expérience des citoyens.</p>

<p>Je suis allergique à la propagande médiatique a gros bouillons. Au mensonge mille fois répété qui se donne pour une nouvelle vérité.</p>

<p>Des manifestations de centaines de milliers de Gilets jaunes ou de salariés dans tout le pays sont résumés par le système médiatique à une agitation de quelques Blacks-Blocks, opportunément placés devant les caméras, c'est habituel.</p>

<p>Maintenant c'est un meeting de lancement de campagne de 10 à 15 000 participants pendant lequel un discours politique de haut niveau est prononcé, qui fait partie du débat public, où le système ne parle que d'une douzaine de militants Agit-prop de SOS-Racisme qui avec le secours de quelques caméras servent à faire croire à un déchainement de violence qui n'a pas eu lieu.</p>

<p>Mais ce qui me peine le plus, c'est de voir ceux qui s'émeuvent lorsque c'est la CGT, ou les Gilets jaunes qui sont victimes de la même méthode, venir appuyer la propagande sans fard du système médiatique Mainstream. </p>

<p>Sans comprendre que c'est eux-mêmes qu'ils frappent !</p>

<p>Combattre des idées politiques, ce n'est pas dénaturer la réalité, les propos ou les faits.</p>

<p>Des années de cette politique de manifestations de rue contre Jean-Marie Le Pen et de provocations physiques sans répondre politiquement, ont fait passer son courant politique de 2,3 % à plus de 30 %, mais la leçon n'est pas encore suffisamment forte.</p>

<p>Évidemment lorsqu'on n'a plus rien à dire, la tentation de faire taire les autres est tellement forte. L'état de la gauche fait peine à voir, si les courants qui dominent en son sein en sont là.</p>

<p>Éric Zemmour a marqué un point de plus hier après midi pour les Français avec de telles manipulations, car contrairement à un nombre trop grand de militants de gauche qui aiment ou detestent les méthodes de la propagande, selon qu'elle dit ce qui leur plaît ou leur déplait, les Français sont las d'être pris pour des veaux par le système.</p>

<p>Il serait bon qu'il y ait au moins une voix de gauche pour relever le défi du débat, face à un discours qui s'adressait aux Français, alors que les discours de la gauche dominante s'adressent à la bien-pensance de catégories supérieures de la société… et n'ont plus rien à proposer au pays.</p>

<p>Faute de cela la disqualification de la gauche sera totale, et pour longtemps, elle ne sera plus soutenue que par le système médiatique Mainstream qui la soutient comme la corde soutient le pendu !</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Dec 2021 13:34:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</link>
	<title><![CDATA[Les départements se posent en clé de voûte des politiques décentralisées]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p>
<p>L’Assemblée des départements de France ouvrait ce 2 décembre à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, les « Assises des départements ». Le rôle central du département a comme il se doit été largement mis en avant. Mais sous un prisme particulier : celui de la complémentarité avec les autres niveaux de collectivités, que ce soit la région ou la commune. Un corpus de 102 propositions a été présenté. Gouvernance, compétences, finances… les attentes en vue du prochain quinquennat sont fortes.</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<p>C’est dans une région comptant aujourd’hui pas moins de treize départements que se sont ouvertes ce 2 décembre les Assises des départements de France – un millier d’élus réunis à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes… La création des grandes régions « a conforté le département », a estimé Jean-François Debat, le maire de Bourg-en-Bresse, dans son allocution d’accueil. De quoi, dès les premières prises de parole, mettre l’accent sur la nécessaire complémentarité entre niveaux de collectivités. Et sur le rôle central que le département doit plus que jamais jouer dans l’architecture des politiques publiques territoriales. En toile de fond, évidemment, deux éléments de contexte. D’une part, la crise sanitaire : celle-ci « a démontré que le département est un échelon pertinent de réponse à toute forme de crise », a par exemple assuré Jean Deguerry, le président hôte de ces Assises. D’autre part… l’approche de l’élection présidentielle : c’est le moment ou jamais de « faire entendre sa voix », de « dire ce que l’on veut ».<br />©PHOTOPQR/LE PROGRES/Catherine AULAZ – Bourg-en-Bresse 02/12/2021 – Assises nationales des Département de France – 2 décembre 2021 -Assises nationales des Départements de France à Bourg-en-Bresse (Ain) du 1er au 3 décembre 2021. A Ainterexpo. – François Sauvadet, président de l’ADF (Assemblée des Départements de France).Cette question des complémentarités, François Sauvadet – le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), est le premier à la mettre en avant. Tout en conservant une exigence de clarté. « Nous devons avoir un débat sur l’efficacité de l’action publique et, oui, sur le bon échelon pour agir », a-t-il déclaré en ouverture, ajoutant que « tous les sujets doivent être mis sur la table » et qu’il s’agit de se mettre d’accord, notamment avec les régions, avant de porter une plateforme de propositions auprès du futur exécutif. Le piège serait de « se chamailler sur les compétences ».  François Sauvadet a eu l’occasion de s’en entretenir avec Carole Delga, son homologue de Régions de France, a-t-il précisé.<br />« Le lien n’a jamais été rompu »<br />La voix des régions était ce 2 décembre portée par le président d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Une région où on travaille ensemble », a assuré Laurent Wauquiez qui, dans une longue intervention, a décliné cette nécessité – « malgré la loi Notre » – de « ne pas entrer dans des luttes de compétences », d’« additionner nos forces » et, donc, d’être « complémentaires ». Sur son vaste territoire, cela s’illustrerait dans de multiples domaines : le contrat de plan Etat-région, qui « s’appuie sur les départements » ; le soutien spécifique de la région à certains départements (à l’image du « pacte pour le Cantal » par lequel la région intervient dans le financement des projets départementaux) ; le travail conjoint à privilégier entre RSA et formation ; la création par la région d’une agence économique dont les départements sont partie prenante, leur permettant par ce biais de « continuer à intervenir » sur l’économie et l’industrie ; les infrastructures numériques, la politique montagne… Et en 2020, au cœur de la crise sanitaire, région et départements, a rappelé Laurent Wauquiez, ont notamment mis en place une centrale d’achat commune ainsi qu’un fonds unique de soutien aux commerçants et artisans.<br />Complémentarité, encore, avec les communes. C’est cette fois Michel Fournier – le président de l’Association des maires ruraux (AMRF), qui s’en est fait l’écho dans le cadre d’une séquence consacrée aux « solidarités territoriales ». Une enquête menée par son association témoigne d’une « unanimité des maires ruraux sur le couple département-communes », a-t-il déclaré. Même si « la loi Notre a essayé de faire exploser tout ça », même s’il regrette à la fois la « nouvelle dimension cantonale » et la perte de la compétence économique pour les départements… Michel Fournier insiste sur le fait que le soutien financier des départements est vital pour bien des communes rurales, tout comme leur « aide technique » (malgré la création de l’ANCT, « le premier réflexe » des maires est toujours de « s’adresser au département », constate-t-il). « Mon département compte 500 communes. Le lien n’a jamais été rompu », a corroboré Germinal Peiro – le président de la Dordogne, évoquant les « contrats cantonaux » à travers lesquels le département apporte au moins 25% de l’investissement nécessaire à la réalisation des projets des communes. Et l’interco dans tout ça ? Plus compliqué, visiblement… « Parfois les maires se tournent plus facilement vers le département que vers l’intercommunalité », estime Pascal Coste – le président de la Corrèze, tandis que Michel Fournier demande aux départements de « bien continuer à descendre jusqu’à la commune » même lorsque « l’État incite à avoir l’interco pour unique interlocuteur ».<br />« Que l’État soit à nos côtés »<br />Complémentarité, confiance. Ces deux termes beaucoup entendus ce jeudi dans l’Ain concernent naturellement aussi l’État. Certes, cette fois moins sous forme de constat que de vœu. Les séquences successivement consacrées à l’enfance, au vieillissement et au handicap l’ont illustré. Sur l’aide sociale à l’enfance (ASE), si la crise a souvent conduit les départements à « travailler différemment » avec les autres acteurs, le préalable est que à « l’État prenne ses responsabilités », a ainsi témoigné Florence Dabin – présidente du Maine-et-Loire qui vient d’être élue présidente du GIP Enfance en danger. Qu’il prenne ses responsabilités pour garantir les moyens financiers de l’ASE et de la PMI… ou pour assurer ses propres prérogatives, dont la pédopsychiatrie où les besoins sont béants. Côté médicosocial, le président de la Somme, Stéphane Haussoulier, regrette entre autres que le volet revalorisations salariales du Ségur de la Santé ait dans un premier temps « oublié des gens » (alors que « s’ils avaient consulté les départements, on leur aurait dit ! ») ou encore qu’il soit « plus facile de joindre la secrétaire d’Etat que le directeur de son agence régionale de santé ». De même, François Sauvadet regrette que le gouvernement ait imposé « le même prix horaire pour tout le monde pour l’aide à domicile ».<br />« Nous attendons de l’État qu’il soit à nos côtés », résume le président de l’ADF. Y compris pour « accompagner les départements les plus fragiles » au titre de « la solidarité nationale », au-delà de la péréquation horizontale initiée par les départements eux-mêmes. Et ce, d’autant plus que la situation financière des départements risque fort de connaître bientôt un sérieux contrecoup. « On parle de bonne santé financière des départements, du fait du niveau actuel des droits de mutation. Mais cela ne durera pas, les DMTO baisseront l’an prochain, la situation est explosive », prévoit François Sauvadet, qui se souvient de la chute de 70% au lendemain de la crise financière de 2008. A cette époque-là, les départements avaient pu activer d’autres leviers. Aujourd’hui ce n’est plus vrai puisque avec le transfert de la taxe sur le foncier bâti, les départements n’ont tout simplement plus de levier fiscal. Il y a aussi « des craintes sur les dotations » : l’État ne risque-t-il pas, face aux dettes du « quoi qu’il en coûte », de vouloir commencer par rogner les ressources des collectivités ?<br />Propositions de terrain<br />C’est dans ce contexte que l’ADF a présenté ce 2 décembre en fin de journée un ensemble de 102 propositions (à télécharger ci-dessous). Des propositions « issues du terrain », souligne l’association : elles émanent des réflexions de ses commissions et groupes de travail, mais aussi de débats organisés dans chaque département en amont des Assises. Elles entendent se faire l’écho des « expériences réussies, bonnes pratiques et innovations développées localement ». Les sujets couverts sont nombreux et englobent, au-delà des grandes compétences départementales, dont le social, des enjeux liés aux transitions, aux mobilités, à la démocratie locale…<br />Le fil conducteur : comment « refonder la relation avec l’État central, pour un nouvel élan de décentralisation ». Parmi les demandes transversales : donner aux départements « une clause de compétence générale en cas de crise », leur octroyer « un pouvoir réglementaire élargi » et « la possibilité d’adapter les normes »…  Dans le même esprit, l’ADF souhaite « qu’il soit mis fin aux interventions de l’État dans le pilotage des politiques publiques décentralisées et aux appels à projets qui préformatent l’action publique territoriale ». Sur le terrain des finances, les départements attendent la fin des contrats de Cahors, « une plus juste compensation des transferts », « une clause de sauvegarde pour pallier dans le temps les variations de charges et de dépenses », « une garantie d’autonomie fiscale à hauteur de 50% de leurs ressources au moins » et « une provision contracyclique pour faciliter les plans d’investissements pluriannuels ». En termes de compétences, les départements veulent être les collectivités chefs de file (ou référentes ou coordinatrices, selon les cas) en matière de gestion des réseaux, de gestion de l’eau potable, de gestion des circuits locaux d’alimentation, des grands services de prévention (dont la PMI et la médecine scolaire), de la politique familiale, de l’autonomie, des gestionnaires des collèges… Et entendent, au-delà de tout cela, pouvoir intervenir partout « où l’action de proximité départementale va de soi » : économie de proximité, aides à la pierre, précarité énergétique, transports scolaires…<br />Ces propositions voient clairement plus loin que le projet de loi 3DS qui vient de passer par le filtre de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, laquelle a notamment tiré un trait sur les apports du Sénat concernant les compétences des départements (lire notre <a href="https://www.banquedesterritoires.fr/projet-de-loi-3ds-ce-que-les-deputes-ont-decide-en-commission" target="_blank" rel="noopener">article</a> du 1er décembre). Des vœux, donc, pour la prochaine législature. Jean Castex, attendu vendredi en début d’après-midi pour clore ces Assises en compagnie de Jacqueline Gourault et de Brigitte Bourguignon, ne devrait donc guère y apporter de réponse directe. Sauf, peut-être, pour mettre l’accent sur la formule proposée par le gouvernement concernant le transfert des routes ou sur un éventuel compromis quant au devenir des gestionnaires de collèges. L’ADF peut en revanche se prévaloir des enseignements d’un sondage commandé à l’Ifop, présenté jeudi matin (à télécharger ci-dessous), qui témoigne d’un certain capital confiance dont bénéficient les départements auprès des Français.</p>

<p>Quand l' »exode urbain » mobilise les compétences départementales<br />Parmi les « défis d’avenir » déclinés jeudi après-midi, celui de « l’exode urbain » qui marquerait la France de l’après-confinement. L’économiste Jean-Claude Delgènes a préalablement listé les conditions à remplir pour un territoire souhaitant accueillir de nouvelles populations quittant – éventuellement une partie du temps seulement – une grande métropole pour s’installer dans un environnement plus rural : l’accès à internet, les transports, les services liés à l’enfance, le sport, les vecteurs de qualité de vie tels que l’environnement et l’alimentation. Or les politiques départementales sont impliquées dans tout cela. « Fibre optique, infrastructures routières, école et enfance… Cela passe par les départements. On voit donc bien que nous sommes l’échelon qui va permettre d’organiser cette révolution », en conclut François Durovray, le président de l’Essonne, soulignant la nécessité de « s’adapter très vite » face à ce nouvel aménagement du territoire de fait. Valérie Simonet, présidente de la Creuse, a témoigné de la façon dont son département a depuis longtemps déjà, via don agence de développement, déployé des moyens pour faire connaître les atouts de ce territoire ultra-rural puis, face au succès de ses campagnes de communication, pour offrir aux nouveaux habitants les équipements et services dont ils ont besoin. Si le mouvement qui s’amorce devait se confirmer et prendre de l’ampleur, des questions de fond vont toutefois se poser. François Durovray en évoque deux. Tout d’abord, celle de l’habitat : le développement de la bi-résidentialité implique une pression immobilière supplémentaire… mais aussi peut-être la nécessité de réfléchir à de nouvelles formes d’habitat. D’autre part, celle de la fiscalité : « Aujourd’hui, la fiscalité reste liée à l’implantation des sièges sociaux », alors même que l’arrivée de populations (de télétravailleurs notamment) va nécessiter « de nouveaux équipements sur des territoires qui ne bénéficieront pas des recettes correspondantes. »</p>
<p></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/ADF-IFOP%20-%20Enqu%C3%AAte%20aupr%C3%A8s%20des%20Fran%C3%A7ais%20sur%20l%27image%20des%20D%C3%A9partements%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 578.64 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/CP%20Ifop-ADF%20-%20Les%20D%C3%A9partements%20en%20premi%C3%A8re%20ligne%20de%20la%20relances%20selon%20les%20Fran%C3%A7ais%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 299.29 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"></p><p style="text-align: justify;">Francois-Sauvadet-</p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo">https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/791/%C2%ABen-voulant-censurer-zemmour-la-gauche-prouve-son-incapacite-a-comprendre-les-inquietudes-des-francais%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sat, 04 Dec 2021 13:46:56 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«En voulant censurer Zemmour, la gauche prouve son incapacité à comprendre les inquiétudes des Français»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Stéphane Troussel, président socialiste de la Seine-Saint-Denis, a lancé une pétition pour interdire le meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre. Pour Laurence Taillade, cet acte d'impuissance est le symbole d'une gauche en déclin qui préfère censurer plutôt qu'argumenter.</p><p>Laurence Taillade est essayiste, auteur de L'urgence laïque (Ed.Michalon) et Être une femme en 2020 (Ed. Michalon) et coauteur d'Une France soumise.</p><p>Stéphane Troussel lance une pétition en direction des propriétaires du parc des expositions de Villepinte, qui accueillera le meeting d'Éric Zemmour le 5 décembre, pour leur demander le retrait de la salle. Qu'un président de département, élu, se prête à ce type de guignolerie est atterrant à plusieurs titres.</p><p>Je n'ai pas de sympathie particulière pour Éric Zemmour et regrette sa décision de sortir de son rôle de polémiste, qu'il remplissait plutôt bien. Néanmoins, j'ai un attachement viscéral pour la liberté d'expression et pour la démocratie. Or, en agissant ainsi, Monsieur Troussel, qui est dépositaire des principes républicains, dont les libertés d'expression, de penser, d'entreprendre sont les piliers, s'abandonne à les dénier.</p><p>L'utilisation de la pétition relève de l'acte symbolique et met en exergue l'impuissance d'un élu à réclamer une censure qui n'a pas de fondement légal.</p>
<p>Laurence Taillade</p>
<p>On comprend que cet élu socialiste, un dinosaure qui a résisté, comme certains de sa catégorie, par le propos démagogique et le clientélisme, s'en prenne ainsi à la venue d'Éric Zemmour dans son fief. Il vit cela, selon ses propres mots, comme un «symbole révoltant». S'exprimant en écriture inclusive sur son fil Twitter, défendant bec et ongles le port du voile lors des sorties scolaires, considérant que son département est «multiculturel», donnant crédit à la victimisation permanente véhiculée par les associations anti-racistes, dont le PIR et le CCIF ont été les maîtres d'œuvre, relayant le concept d'islamophobie, il ne pouvait pas en être autrement.</p><p>Sauf que Monsieur Troussel n'est pas un militant d'association mais un président de collectivité locale et que l'on est en droit d'attendre de lui un peu plus de dignité. Il ne s'agit pas ici de remettre en cause le sentiment de «6 personnes sur 10 (qui) se disent victimes de discrimination», si l'on en croit ses propos, mais de rappeler que celui-ci a été fortement influencé par ces mouvements prétendument anti-racistes qui ont intentionnellement instrumentalisé toute forme de frustration pour lui donner une explication raciale. Le concept d'islamophobie, porté par des officines proches des Frères musulmans dont certaines sont aujourd'hui dissoutes, relayé par la galaxie racialiste qui en a fait un business, a largement contribué à créer ce sentiment exacerbé pour en faire une forme de réalité, dans un département à forte population immigrée, mal intégrée et dont certains quartiers ont cédé aux sirènes du communautarisme, de la haine de la France, de ses valeurs et du refus de l'assimilation à tout ce que notre pays représente. Oui, la présence d'Éric Zemmour là est une surprise pour Stéphane Troussel mais non, elle n'est pas négociable.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/gilles-william-goldnadel-est-ce-vraiment-l-extreme-droite-qui-menace-la-liberte-d-expression-20211122">Gilles-William Goldnadel: «Est-ce vraiment l'extrême droite qui menace la liberté d'expression ?»</a></p><p>L'utilisation de la pétition, quant à elle, relève de l'acte symbolique et met en exergue l'impuissance d'un élu à réclamer une censure qui n'a pas de fondement légal. Il faudra bien que Monsieur Troussel accepte que la Seine-Saint-Denis ne soit pas un fief mais un département français.</p><p>Notre pays s'est fondé sur la volonté du peuple de s'emparer de sa souveraineté. Il est marqué par la violence avec laquelle la République a vu le jour. La République tient sur cette démocratie où le peuple exerce le pouvoir. Or il n'existe pas de démocratie sans débat, sans liberté d'exprimer ses idées, de les confronter, de débattre, dans le cadre de la liberté d'expression. Éric Zemmour est candidat à l'élection présidentielle. Va-t-il se présenter devant les urnes sans jamais s'exprimer en contact direct avec le peuple et sans pouvoir exposer ses idées, un programme ?</p><p>La gauche nous avait habitués à cette censure dont elle devient coutumière. Ce qui est navrant, c'est qu'elle devrait, au contraire, être la garante d'un exercice démocratique exprimé à son plein. Il semble qu'à court d'arguments, à court de réflexion, le PS se soit totalement éloigné de sa capacité à répondre aux problèmes que pose ce candidat et qui sont le fond de sa popularité. Ces bien-pensants, écartant de toute discussion les préoccupations légitimes des Français quant à l'immigration, la montée du communautarisme, l'islamisme, la remise en question quotidienne de nos valeurs, de notre culture, dédaignent ceux qu'ils se prétendant représenter par le mandat et se complaisent dans la consanguinité d'idées. Pire, ils dégradent la Nation, porteuse d'un destin en commun, d'un socle historique et d'un pacte social auquel chacun décide d'adhérer librement. Le citoyen, lorsqu'il s'agit de s'exprimer dans une urne, ira toujours vers celui qui lui semble le mieux comprendre son quotidien. Force est de constater que cette gauche-là en est très loin, qu'elle a choisi délibérément de s'en éloigner et de fuir la confrontation.</p><p>Stéphane Troussel se livre à l'exercice favori de son camp : pleurnicher sur des ressentis de minorités hurlantes et ignorer la réalité des masses silencieuses.</p>
<p>Laurence Taillade</p>
<p>Au contraire, dédaignant la force de la rationalité, ces politiques indignes de la République dont ils se rengorgent se vautrent dans l'émotionnel pour mieux manipuler leurs cibles électorales. Oublié le principe d'Égalité qui les oblige à ignorer les distinctions de couleur de peau ou de religion, aux oubliettes la laïcité qui contraint à un exercice distancié de la religion. Stéphane Troussel se livre à l'exercice favori de son camp : pleurnicher sur des ressentis de minorités hurlantes et ignorer la réalité des masses silencieuses.</p><p>Agir ainsi, c'est faire le cadeau du statut de victime à Eric Zemmour, c'est le hisser au niveau d'un adversaire politique crédible. De même que son invitation sur TF1, lors du 20h de cette semaine, pose question dans le traitement de l'interview. Le travail de journaliste aurait été de le confronter aux problèmes de notre société et l'acculer au vide de son programme concernant les difficultés économiques des Français, qui ne se résument pas à l'immigration, même si cette question doit tenir un rôle majeur dans l'élection présidentielle, tant notre pays a souffert de la négliger.</p><p>Car, finalement, si Éric Zemmour prend une telle place, c'est bien que trop longtemps les autres partis politiques lui ont laissée et lui laissent encore, traitant avec dédain, dans le meilleur des cas, renvoyant au fascisme, pour d'autres, toute personne osant se confronter au réel du quotidien de nos compatriotes.</p><p>Le pouvoir rendrait fou. Prenons garde à ce que les fous ne prennent pas le pouvoir. Nous en serions collectivement responsables, d'avoir trop longtemps négligé la raison.</p><p>À VOIR AUSSI – Carl Meeus: «La présence d'Éric Ciotti a peut-être empêché le départ d'adhérents vers Éric Zemmour»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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