<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Décembre 2021]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/group/72/archive/1638316800/1640995200</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/group/72/archive/1638316800/1640995200" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/819/%C2%AB-il-y-a-un-choc-de-depolitisation-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Mon, 27 Dec 2021 22:14:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/819/%C2%AB-il-y-a-un-choc-de-depolitisation-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« Il y a un choc de dépolitisation »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Déjà l’auteur de Bloc contre bloc. La dynamique du macronisme en 2019, Jérôme Sainte-Marie publie un nouvel ouvrage aux éditions du Cerf : Bloc populaire. Une subversion électorale inachevée. Là où son premier livre filait la métaphore entre notre époque et les événements décrits par Karl Marx dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, le second prend Gramsci pour guide afin de mieux comprendre la cartographie exacte d’un bloc populaire qui peine à advenir. Dans cet entretien, nous revenons avec lui sur la polarisation de la société française en deux blocs antagonistes, sur le concept de vote de classe, sur l’anesthésie du corps social provoquée par la pandémie ou encore sur les implications de la crise d’hégémonie actuelle. Entretien réalisé par Antoine Cargoet et Léo Rosell.</p><p>LVSL – Votre précédent livre était consacré à l’analyse du bloc élitaire. En miroir de la description de cette première force sociale, vous proposez l’idée d’un « bloc populaire ». Pouvez-vous revenir sur sa cartographie exacte ?</p><p>Jérôme Sainte-Marie – J’ai eu envie d’écrire ce livre pour deux raisons. Tout d’abord, Bloc contre bloc s’intéressait, malgré son titre, essentiellement à ce bloc élitaire dont le pouvoir actuel est l’émanation. Il me semblait donc important de travailler cette fois-ci sur l’autre bloc déjà évoqué : le bloc populaire. Une autre motivation tenait davantage au fait de redresser les interprétations sauvages de la notion de bloc, souvent confondu avec une alliance électorale ou avec les classes sociales elles-mêmes. Beaucoup utilisaient le terme de « bloc populaire » comme un simple synonyme des classes populaires. Or, le bloc est une construction essentiellement politique, qui reproduit le cadre du « bloc historique » théorisé par Antonio Gramsci.</p><p>Tout bloc historique comporte trois strates : une strate sociologique, une strate idéologique, une strate politique. Il comporte donc bien une fondation sociologique, étant donné qu’il s’agit d’un groupe de classes sociales dirigé par une fraction de l’une de ces classes. Pour le bloc élitaire, c’est l’élite financière appuyée sur la classe managériale et sur une partie des retraités, ce qui fait à peu près 25 % de la population et constitue ainsi une base sociale suffisante pour accéder au second tour, pour prendre le pouvoir et l’exercer efficacement dans un cadre relativement démocratique.</p><p>S’agissant du bloc populaire, la strate sociologique est très simple à définir. Il s’agit des ouvriers et employés. À elles deux, ces catégories forment 47 % de la population active. On peut leur ajouter une large partie des petits artisans et commerçants, souvent largement précarisés, qui sont formellement indépendants mais qui sont en vérité externalisés par rapport au système d’exploitation capitaliste. Karl Marx lui-même ne réduisait pas l’exploitation au seul prolétariat salarié, en témoigne l’exemple des canuts lyonnais dans les années 1830, lesquels avaient un statut indépendant mais étaient prisonniers d’une chaîne de production et de rapports d’exploitation effroyables. Les situations professionnelles actuelles créées par l’uberisation ne sont, au demeurant, pas très différentes.</p><p>« Tout bloc historique comporte trois strates : une strate sociologique, une strate idéologique, une strate politique. »</p><p>Deuxièmement, la construction idéologique de ces classes se fait essentiellement en opposition au progressisme – dont on peut considérer le macronisme comme une émanation – parce qu’elles sont les premières à subir les effets de la mondialisation, qui se traduisent essentiellement par une augmentation des délocalisations et des flux migratoires. Ceux-ci engendrent une exacerbation de la concurrence, notamment sur le marché du travail et du logement.</p><p>Au niveau politique, à l’heure actuelle, c’est sans doute le Rassemblement national (RN) qui est le mieux parvenu à se placer comme débouché électoral des catégories populaires. C’est un constat qui se déduit de l’observation des sondages et de la géographie électorale. Ce bloc populaire demeure cependant inachevé, dans la mesure où il lui manque certainement une volonté consciente pour poursuivre sa construction. Le Parti communiste, à l’époque de Gramsci, avait la claire ambition de construire ce qu’il appelait un bloc ouvrier et paysan. Il n’y est pas complètement parvenu même s’il s’en est largement approché.</p><p>Le paradoxe de la situation actuelle tient au fait que, face à la très grande cohérence idéologique du bloc constitué autour d’Emmanuel Macron, se trouve un bloc qui a une sociologie populaire mais dont l’idéologie est avant tout nationaliste, laquelle nie ontologiquement l’existence des classes sociales. C’est l’un des vices cachés, pourrait-on dire, de ce bloc populaire.</p><p>LVSL – Quelle est, aujourd’hui, la réalité du concept de vote de classe ?</p><p>J. S.-M. – Après des décennies passées à nier l’existence des classes sociales et, partant, celle du vote de classe, on en vient à réutiliser ces termes. Mais, après une telle éclipse de la pensée marxiste, on les emploie souvent en dépit du bon sens. De la même manière qu’un conflit, qu’un mouvement, qu’une grève n’est pas nécessairement une lutte de classes, un simple alignement électoral ne peut pas se confondre avec un vote de classe. L’alignement électoral n’est pas une notion marxiste, c’est une évidence que connaissent bien les praticiens de la science politique : le vote est en grande partie déterminé par les intérêts matériels, et on ne procède pas aux mêmes choix électoraux à Aubervilliers et dans le 16e arrondissement. Pierre Martin a par exemple beaucoup écrit sur la propension régulière de certains groupes socio-professionnels à voter pour des formations politiques données. Par exemple, le vote des professions libérales pour la droite et celui des professeurs de l’Éducation nationale pour la gauche sont des alignements électoraux.</p><p>On parle de vote de classe quand s’exprime un vote clairement déterminé par la situation sociale au sens non pas seulement du niveau des revenus mais aussi de leur origine, ce qui constitue un déterminant majeur de la définition d’une classe sociale. Marx différencie par exemple le salaire, la rente et le profit. Le manque de solidarité des travailleurs pauvres du public pour les gilets jaunes a ainsi eu pour équivalent le manque de solidarité des travailleurs pauvres du privé pour ceux du public lors du mouvement contre la réforme des retraites. À niveau de revenu égal, l’origine de celui-ci pèse donc largement.</p><p>Qui plus est, pour qu’il y ait vote de classe, celui-ci doit être construit politiquement. Les gens vont voter pour une formation politique parce qu’ils appartiennent à un milieu social donné, mais il faudrait encore qu’ils votent en ayant conscience de le faire parce qu’ils appartiennent au milieu en question. On trouve ainsi une expression chimiquement pure du vote de classe au sein de la classe managériale. Lorsque les cadres votent pour La République en Marche, la plupart sont conscients de le faire parce qu’ils sont cadres et parce qu’ils veulent que les valeurs portées par leur monde social soient les valeurs dominantes. C’était l’objectif des partis communiste et socialiste autrefois : ils voulaient que les ouvriers votent pour eux en sachant que les formations politiques en question visaient à établir leurs valeurs comme valeurs dominantes et comme justification ultime de la société.</p><p>« Le vote de classe exprime des intérêts matériels et une vision du monde. »</p><p>Or, et c’est le paradoxe, il y a aujourd’hui un alignement électoral du vote d’une grande partie des ouvriers, des employés et des petits indépendants sur le courant nationaliste, qui ne prend pas pour autant le tour d’un vote de classe en ceci qu’il n’est pas voulu comme tel. L’autre vote de classe qui perdure, c’est celui de la fonction publique pour la gauche. Cette famille politique est certes divisée mais elle n’est pas à un niveau cumulé tellement inférieur à celui de 2017, en réalité. Elle est réduite à un gros quart de l’électorat français, lequel comprend de larges pans des fonctionnaires, essentiellement des catégories A et B. C’est l’illustration que le vote de classe exprime des intérêts matériels et une vision du monde.</p><p>LVSL – Vous disiez du Parti communiste qu’il avait durant des décennies assumé une fonction de représentation et de formation des classes populaires. Comment expliquez-vous qu’il ne joue plus ce rôle aujourd’hui ?</p><p>J. S.-M. – En parallèle des circonstances historiques, de l’évolution du mouvement communiste international et d’un déclin idéologique dont on peut dater l’origine à 1956, il y a eu une volonté interne du Parti communiste français – comme du Parti communiste italien, avec les mêmes effets – de mettre en œuvre une normalisation de son fonctionnement. Tout ceci a été décrit de manière chirurgicale par <a href="https://lvsl.fr/le-pcf-a-permis-a-des-categories-dominees-de-saffirmer-dans-lespace-public-entretien-avec-julian-mischi/">Julian Mischi</a> : une série d’abandons conceptuels est allée de pair avec une désouvriérisation progressive du Parti communiste. Il faut bien sûr ajouter l’expérience de l’exercice du pouvoir aux côtés du Parti socialiste. L’accompagnement des restructurations industrielles, du libre-marché européen et des privatisations ont fait que le Parti communiste n’est plus du tout apparu comme un bouclier pour les catégories populaires.</p><p>Il faut encore considérer la montée des classes moyennes éduquées au sein du Parti. Par leur formation et leur vision du monde, elles se sont senties très proches du reste de la gauche, ce qui s’est traduit par une montée de la prise en charge des questions sociétales qui parlaient relativement peu aux catégories populaires. Tant les changements économiques que la modification de la structure sociale et les évolutions idéologiques ont provoqué une désaffiliation croissante des ouvriers et des employés vis-à-vis du vote communiste, renforçant ainsi une dynamique d’autodestruction du parti des travailleurs.</p><p>LVSL – Vous écrivez que « la dialectique du conflit a été plutôt bénéfique au pouvoir d’Emmanuel Macron ». La mise en œuvre d’une politique de classe assumée a-t-elle été mise en sommeil par la pandémie ? Sera-t-elle, à votre avis, réactivée ?</p><p>J. S.-M. – Emmanuel Macron a profité de certaines crises lors desquelles il a pu consolider un bloc élitaire somme toute assez fragile parce que très récent, dans la mesure où sa construction véritable remonte à 2016-2017. Lors de la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron a pu s’affirmer, d’une certaine manière, comme le chef du parti de l’ordre. La proximité avec ce qu’écrit Karl Marx dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte est à cet égard absolument fascinante. Cette logique conflictuelle est apparue au début du quinquennat de Macron, qui est marqué par une tension sociale inédite depuis au moins les années 1970. Une telle conflictualité ne se réduit d’ailleurs pas au seul mouvement des gilets jaunes.</p><p>Cette politique de la tension, qui résulte d’un ambitieux projet de transformation sociale, a tout de même un gros inconvénient : certes, elle renforçait conjoncturellement le bloc élitaire, mais en retour, elle renforçait aussi puissamment le bloc populaire. Nous avons ainsi assisté à une certaine prise de conscience d’elles-mêmes par les catégories populaires. C’est apparu clairement au moment du mouvement des gilets jaunes, avec une sorte de prise en charge des classes populaires par elles-mêmes, contre les vieux appareils politiques ou syndicaux. Cette dialectique rendait de plus en plus intenable la position des forces intermédiaires porteuses du projet social des classes moyennes, c’est-à-dire la gauche et la droite qui n’arrivaient pas à se situer par rapport au macronisme et qui, après s’être abstenues lors du vote de confiance au gouvernement en juillet 2017, prenaient un grand soin à ne pas se mêler aux divers mouvements sociaux, exception faite de l’opposition à la réforme des retraites. En effet, dans ce cas précis, la fonction publique était directement touchée, raison pour laquelle la gauche s’en est emparée.</p><p>« La dynamique vitale du bloc élitaire le pousse à renforcer en permanence son antithèse. »</p><p>Cette conflictualité sociale était produite de manière inéluctable par un bloc élitaire seulement capable de se perpétuer en poursuivant un projet de réforme. La dynamique vitale du bloc élitaire le pousse à renforcer en permanence son antithèse. Nous avons ainsi assisté à la construction par elle-même d’une force antagoniste à la puissance d’un bloc élitaire à l’idéologie europhile, libérale, de transformation de la société et qui assumait totalement le pouvoir révolutionnaire de la bourgeoisie décrit par Karl Marx. En face, un mouvement de défense se construit à travers la valorisation de l’exact inverse, soit le cadre national, la stabilité, la conservation et la préférence pour l’utilité sociale par rapport à la réussite individuelle. Un dualisme s’installe.</p><p>« Plutôt qu’à une crise des élites, on a assisté à une forme d’anesthésie des tensions sociales. »</p><p>Tout cela valait essentiellement pour les trois premières années du quinquennat, et était particulièrement apparent au moment où j’écrivais Bloc contre bloc. La crise du Covid-19 a produit un effet assez inattendu que je n’avais pas anticipé : plutôt qu’à une crise des élites, on a assisté à une forme d’anesthésie des tensions sociales.</p><p>LVSL – À ce sujet justement, l’hebdomadaire Marianne consacrait récemment un dossier à « La France qui s’en cogne ». Comment analysez-vous la situation politique à l’aune du « choc de dépolitisation » que vous décrivez engendré par le Covid-19 ?</p><p>J. S.-M. – Il y a un choc de dépolitisation parce qu’il y a eu une période d’ultra-politisation au début du quinquennat. Ces tensions sociales ont engendré une ouverture du débat politique comme jamais auparavant. Ce n’est pas parce que les gens vont moins voter, par ailleurs, qu’ils sont moins politisés, surtout s’agissant des élections intermédiaires. La société était en ébullition avant l’arrivée du Covid. La pandémie a provoqué un isolement des individus par rapport au collectif. Chacun a été ramené à sa peau, à sa santé, à lui-même et à son plus proche entourage. Or, l’individualisation et la transformation des enjeux ont été accompagnées par un arrêt des réformes. Ce bloc populaire n’étant pas construit par une volonté politique très claire, y compris – voire surtout – par la force politique qui en bénéficie le plus, il est très dépendant de la dynamique du bloc élitaire pour se construire. Les réformes étant suspendues, il n’y a plus d’urgence à se mobiliser. Il y a une forme de dévitalisation de la contestation.</p><p>« Un keynésianisme sanitaire a été mis en place. »</p><p>Enfin, on pourrait dire qu’un keynésianisme sanitaire a été mis en place, avec des dépenses invraisemblables qui, loin d’être à mon sens le retour de Keynes, sont au contraire le préambule à la destruction définitive du système social qui adviendra au cours des prochaines années, avec l’argument suprême de la dette publique à l’appui. C’est une victoire à la Pyrrhus pour les défenseurs du keynésianisme et ceux qui croient que le Covid est l’amorce d’un retour à la nation : ce sera exactement l’inverse.</p><p>Tout ceci a anesthésié la contestation du noyau dur des gilets jaunes qui ont, de fait, reçu beaucoup d’argent. Plus exactement, la plupart des salariés ont en tout cas eu l’impression que l’État faisait le nécessaire pour qu’ils n’en perdent pas. Les retraités, qui ne sont pas tous prospères et qui ne sont pas tous de fervents soutiens du bloc élitaire, n’ont pas perdu un seul euro. Tout ça a été permis par l’emprunt et donc, en dernière analyse, par l’exécutif, aux décisions duquel tout un pays paraît suspendu.</p><p>LVSL – Vous dites que ce bloc populaire se construit en réaction, en quelque sorte en négatif du bloc élitaire. En quoi est-ce une limite à la constitution d’un bloc populaire capable de remporter des victoires politiques ? Comment permettre à ce bloc populaire de se définir de façon positive ?</p><p>Recevez nos derniers articles</p><p>Newsletter Sendinblue</p><p>J. S.-M. – Cela me fait penser à l’ouvrage d’un auteur que j’admire, à savoir l’ouvrage de Christophe Guilluy, Le temps des gens ordinaires. Il est vrai que dans l’agenda politique et médiatique, les classes populaires et leurs valeurs ont retrouvé, enfin, droit de cité, alors qu’on s’était acharné durant des décennies à nous faire oublier que la société reposait sur un travail essentiellement salarié très mal rémunéré. Le Président de la République lui-même a dû reconnaître l’importance de ces gens et le fait que la société ne pourrait pas tenir sans eux. Il y a, si j’ose dire, un succès d’estime des classes populaires, en même temps qu’il y a un manque de direction autonome desdites classes.</p><p>LVSL – Justement, la distinction qu’opère Gramsci entre victoire culturelle et victoire politique permet bien de saisir cette situation, étant donné qu’il manque selon vous une articulation entre cette victoire culturelle constatée et une victoire politique qui ne semble pas advenir…</p><p>J. S.-M. – Si je m’inspire de la grille d’analyse gramscienne, cela ne signifie pas pour autant que je reproduis la lecture fréquemment faite de ces théories. On a ainsi souvent réduit Gramsci – et pas seulement à droite – à cette notion un peu simple selon laquelle la victoire culturelle précède la victoire politique, ou encore que le pouvoir se prend par les idées. Si Gramsci n’avait raconté que cela, j’espère qu’on l’aurait oublié depuis longtemps. D’autant que nous avons sous les yeux la démonstration d’un phénomène inverse : Emmanuel Macron a pris le pouvoir sans avoir remporté la lutte hégémonique. Il est à 24 % au premier tour et c’est au sein de son électorat que la proportion de gens le choisissant par défaut est la plus importante.</p><p>« Nous sommes face à une crise d’hégémonie depuis 2017. »</p><p>Toutes les crises qui ont suivi l’élection présidentielle tiennent au fait que, dans le cas de Macron, la victoire politique a précédé la victoire culturelle. Il se heurte à un pays qui n’adhère pas à ses valeurs et à sa vision du monde. Nous sommes face à une crise d’hégémonie depuis 2017. Rien n’est plus faux que de croire que la victoire culturelle aurait précédé la victoire politique. Le jeu des institutions, qu’aucun auteur marxiste – à commencer par Marx lui-même – n’a jamais négligé, a pesé de tout son poids. En raison du fonctionnement institutionnel, les Français se sont retrouvés face à deux options politiques qui leur paraissaient toutes les deux insatisfaisantes, l’une l’étant davantage que l’autre.</p><p>Retenons qu’on ne comprend rien à la crise politique française si l’on oublie que Macron a pris le pouvoir sans avoir remporté la victoire idéologique. Il a proposé une solution alternative efficace aux catégories dominantes sans convaincre les autres. C’est pour cette raison qu’il a fait l’objet d’un rejet allant beaucoup plus loin que la simple impopularité : la mise en place d’un projet « progressiste » a été vécue comme une violence insupportable, pas seulement économique et financière mais aussi culturelle. Nous sommes dans une situation où l’on note une série de victoires culturelles pour les classes populaires, dans la mesure où leur rôle économique est enfin reconnu. On a bien vu qui faisait réellement tenir le pays lors de la pandémie, cependant que la crise des gilets jaunes avait déjà rappelé à tous l’importance des questions d’inégalités de revenus.</p><p>« Sans prise de contrôle de l’appareil d’État, rien d’important ne peut arriver. »</p><p>La situation actuelle paraît inversée par rapport à celle de 2017 en ceci qu’il y a une prise de conscience du caractère profondément inégalitaire de la société française, du rôle crucial des catégories populaires et de la légitimité de leurs attentes, du fait qu’on ne peut plus les stigmatiser en « beaufs » comme auparavant. Mais malheureusement, il n’y a pas de formule politique qui s’impose et il n’est pas exclu que cette victoire culturelle relative soit suivie d’une défaite politique massive. Si l’on considère les sondages au moment où nous parlons – sachant qu’ils ont changé et qu’ils changeront encore –, ils donnent la plupart du temps au second tour Valérie Pécresse et Emmanuel Macron. Comment mieux illustrer le fait qu’une victoire culturelle relative n’aboutit pas nécessairement à une victoire politique réelle ? Or, sans prise de contrôle de l’appareil d’État, rien d’important ne peut arriver.  </p><p>Jérôme Sainte-Marie</p><p><a href="https://livre.fnac.com/a16089618/Jerome-Sainte-Marie-Bloc-populaire-Une-subversion-electorale-inachevee">Bloc populaire. Une subversion électorale inachevée.</a></p><p>Les éditions du Cerf, 2021</p><p>208 pages</p><p>20 €</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/816/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain</guid>
	<pubDate>Tue, 21 Dec 2021 21:22:36 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/816/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain</link>
	<title><![CDATA[Laurent Bouvet décède au moment où la réalité donne raison à ses idées et à son combat républicain]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Laurent Bouvet, politologue et essayiste, cofondateur du Printemps Républicain est décédé samedi. Son ami, Stéphane Rozès lui rend hommage.</p><p>Le propre des personnalités à vies riches est que leur rendre un premier hommage a quelque chose de partiel. S’agissant d’un ami dans la peine, on risque même la partialité.</p><p>Pour se prémunir de ce dernier écueil, il est bon de restituer la vie de Laurent Bouvet, en jugeant de ses idées et engagements, au regard d’une analyse globale de la période historique que nous traversons, de ce qui fait et agit les peuples, en particulier le nôtre, et du réel.</p><p>Ce recul est d’autant plus nécessaire s’agissant de Laurent Bouvet. Il fut universitaire, chercheur et dans le même temps socialiste, cofondateur du Printemps Républicain.</p><p>Dans le pays des jardins à la française, aimant ranger les personnes dans des cases, sa situation d’intellectuel engagé dans un nouvel espace public réticulaire où le choc des idées et émotions se substitue à la pensée et à la raison le parcours de Laurent Bouvet ne fut pas un long fleuve tranquille.</p><p>« J’ai choisi de descendre dans l’arène et de mener un combat de gladiateurs, parce que je me suis aperçu que le combat universitaire n’était pas efficace. J’ai aussi compris, après 20 ans au PS à faire des campagnes et rédiger des discours pour François Hollande, que la politique traditionnelle n’y pourrait rien. Essayer d’être un intello en politique, c’est inutile … J’ai joué le jeu, parfois de manière un peu limite sur les réseaux sociaux … Pour être entendu, il faut y aller fort ; j’y suis allé parfois un peu fort » confiait-il ces derniers mois avec son humour et autodérision habituels.<a href="https://www.revuepolitique.fr/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain/#fn-19955-1" id="fnref-19955-1">1</a></p><p>Il en aura payé le prix professionnellement. Ainsi du fait de son parcours, titre et qualités universitaires, il devait logiquement devenir le nouveau directeur du CEVIPOF, le processus était quasiment abouti, jusqu’à ce qu’une cabale idéologique l’en empêche au tout dernière moment.</p><p>Laurent Bouvet commença à s’exposer publiquement en première ligne en cofondant le Printemps Républicain de sorte de cranter la Gauche dans ses fondamentaux que sont la République et la nation, quand, délestée des classes populaires, elle dérivait corps et biens avec la petite bourgeoisie intellectuelle, dans le néolibéralisme et le communautarisme.</p><p>La note du think tank Terra Nova du 10 mai 2011 signait la conceptualisation politique de cette adaptation au cours des choses, par l’abandon du social pour le sociétal, le passage de la citoyenneté républicaine à la constitution et à l’assemblage de minorités censées converger électoralement vers la Gauche.</p><p>« Si l’on désire résister à la pression de ce monde individualiste devenu identitaire, il faut avoir des principes solides auxquels on ne déroge pas. En France ça s’appelle la République. On n’y déroge pas. Le républicanisme à la française constitue une proposition politique capable de limiter les effets délétères de l’individualisme libéral et les inégalités sociales ».<a href="https://www.revuepolitique.fr/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain/#fn-19955-2" id="fnref-19955-2">2</a></p><p>On le sait, c’est sur le terrain de la laïcité, de la lutte contre l’islamisme et de l’islamo-gauchisme que Laurent Bouvet, avec ses amis du Printemps Républicain dont Gilles Clavreul, Denis Maillard et Amine El Khatmi, devait le plus s’exposer pour construire un espace républicain sous les amalgames, diffamations et opprobres de beaucoup à Gauche.</p><p>Il devait restituer précisément la laïcité comme pilier de la République au défi des temps présents.<a href="https://www.revuepolitique.fr/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain/#fn-19955-3" id="fnref-19955-3">3</a></p><p>Cette facette politique de la vie de Laurent Bouvet est la plus connue mais elle vampirise l’essentiel, son fondement intellectuel.</p><p>Il faut bien rendre compte des raisons qui expliquent la singularité, justesse et précocité de ses analyses et engagements quand sa famille politique dérivait à l’inverse.</p><p>Ruse de l’Histoire : le néolibéralisme, communautarisme et wokisme qui ont hégémonisé le sommet de l’État, les classes dirigeantes, une bonne partie des médias et la Gauche politique sont rejetés par la nation ; en témoigne l’effacement électoral de cette Gauche lors de cette présidentielle.</p><p>Cela donne raison à cette nouvelle génération de la Gauche républicaine, dans le sillage du chevènementisme, et à Laurent Bouvet au moment où il nous quitte.</p><p>Pourquoi cette prescience ? Pourquoi Laurent Bouvet a décelé, analysé et alerté que les identitarismes n’étaient pas solubles dans la démocratie en France ; que la Gauche actuelle, si elle y succombait, disparaitrait et que le combat républicain était une exigence vitale et possible ? C’est qu’il aura pu accéder aux questions fondamentales qui encadrent le cours des choses.</p><p>Dans ses écrits Laurent Bouvet fait de la question du peuple la question séminale de sa réflexion.<a href="https://www.revuepolitique.fr/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain/#fn-19955-4" id="fnref-19955-4">4</a>.</p><p>Encore faut-il s’accorder sur sa définition et sa singularité.</p><p>Observer et analyser l’autre permet de mieux se comprendre. Il en est ainsi pour les personnes comme pour les peuples. C’est une nécessité et gageure dans des pays universalistes comme la France et les États-Unis, qui mésestiment les différences entre les nations et se voient comme des centres du grand tout que serait le monde.</p><p>A la suite de Tocqueville visitant l’Amérique, ou d’autres intellectuels comme Aron l’Allemagne, Laurent Bouvet, dans le prolongement de ses séjours et travaux dans le monde anglo-saxon, a été parmi les premiers intellectuels français, en ce long tournant de siècle, a être sensibilisé et intellectuellement mobilisé par les questions culturelles pour rendre raison du cours des choses.</p><p>Cela l’a amené à repérer et à repenser, de ce côté de l’Atlantique, la question du peuple et de pouvoir aborder la notion « d’insécurité culturelle », ce sentiment devenu, ces quatre dernières années, majoritaire pour deux tiers des Français, de n’être plus « en France comme chez soi », à côté des insécurités sociales et physiques<a href="https://www.revuepolitique.fr/laurent-bouvet-decede-au-moment-ou-la-realite-donne-raison-a-ses-idees-et-a-son-combat-republicain/#fn-19955-5" id="fnref-19955-5">5</a>.</p><p>Ces questions étaient esquivées par une petite bourgeoisie intellectuelle et par la Gauche politique qui s’était éloignée des classes et quartiers populaires.</p><p>Ainsi la question de « l’insécurité culturelle » avait été repérée par les travaux empiriques de Christophe Guilly, Alain Mergier et Philippe Guibert.</p><p>Comme dans tout processus de pensée, Laurent Bouvet aura été alerté par ces signaux faibles au départ, car ils auront été précédés d’un paysage mental, d’un cadre théorique, pouvant les accueillir et qui sera enrichi en retour par cette remontée de la réalité.</p><p>La dépossession de la maîtrise de son destin et le sentiment de privation de ses us et coutumes par les Français ont entraîné replis et enfermement identitaristes.</p><p>En France, le seul fait d’aborder les questions politiques sous un angle culturel est suspect. On parle alors de culturalisme, d’essentialisme, de nationalisme ou pire.</p><p>C’est que  Laurent Bouvet est, du fait de son parcours universitaire, instruit des différences entre les peuples. C’est pourquoi il fait partie de la mince cohorte de penseurs qui, par temps de crise, perçoivent et peuvent penser le cours des choses en tenant ensemble questions culturelles, religieuses, institutionnelles, économiques et rapports sociaux.</p><p>Cette façon de procéder est une nécessité pour rendre raison d’un cours des choses déstabilisant.</p><p>Ainsi, si aujourd’hui des catégories populaires semblent voter contre leurs intérêts sociaux, c’est une exigence intellectuelle et citoyenne que d’en rendre raison sérieusement. Car il faut bien partir d’abord du réel et l’analyser si on veut penser, émanciper ou éviter le pire.</p><p>Les alertes intellectuelles de Laurent Bouvet sur les dangers du communautarisme et des identitarismes en France ne sont pas seulement instruites des dérives, outre Atlantique, de la démocratie et du libéralisme politique.</p><p>Elles relèvent de la pleine conscience du principe suivant : ce qui fonde ce que nous sommes comme peuple français, ce n’est en rien la somme de minorités ou de communautés et ne résulte pas du bon équilibre entre elles, mais procède de la politique qui assemble des individus devenus citoyens autour du pouvoir étatique.</p><p>Si Français et Américains sont universalistes, le jeune universitaire a pu observer et comprendre qu’ils ne vivent pas cette expérience de la même façon. La plupart des observateurs étrangers attentifs à ce que nous sommes ne s’y trompent pas. Ils ont de tout temps mis en avant nos querelles et tumultes intellectuels ou sociaux dont notre passion politique est le moteur.</p><p>On le sait, Tocqueville, instruit de la France d’abord et de l’Amérique en miroir puis de la Russie, voyait la démocratie au sens de l’égalité des conditions, comme un fait providentiel irréversible, pouvant générer au plan politique soit le libéralisme, soit le despotisme dont la fatigue des passions politiques seraient les signes précurseurs. L’individualisme qui détourne de la politique et de sa passion était pour lui, comme pour Aron, un danger.</p><p>Or, justement, ce qui explique la disparition lors de cette présidentielle de la Gauche devenue néolibérale, communautariste et wokiste est que ces réalités et idéologies sont absolument contraires à ce que la République, comme régime démocratique, est chez nous et à la façon dont la France dans son Imaginaire s’assemble au travers de disputes politiques communes depuis la constitution de notre Nation précédée de l’État monarchique.</p><p>Ce n’est pas seulement la mort qui explique la diversité et intensité des hommages à Laurent Bouvet, c’est la conscience, qu’avec certains, et avant les autres, il avait raison.</p><p>Mais Laurent Bouvet devait être convaincu de la profondeur de ses idées pour batailler ainsi et voir ses analyses et combats validés par le déroulement de cette présidentielle.</p><p>« Le courage c’est de comprendre sa propre vie… Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un point de vue tranquille… Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel » disait Jaurès.</p><p>Entouré de son épouse Astrid Panoysan-Bouvet, de ses filles, de sa famille, de ses amis proches et en pensées de ses camarades, collègues, étudiants et lecteurs ; Laurent aura été courageux jusqu’au bout face à la terrible maladie de Charcot.</p><p>Stoïque, Laurent Bouvet était confiant dans la pérennité des idées et combats qu’il aura puissamment contribué à étayer.</p><p>Stéphane Rozès<br />Politologue</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/815/laurent-bouvet%C2%A0-%C2%AB%C2%A0j%E2%80%99espere-qu%E2%80%99il-restera-mes-livres-et-une-certaine-coherence-intellectuelle%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 23:34:40 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/815/laurent-bouvet%C2%A0-%C2%AB%C2%A0j%E2%80%99espere-qu%E2%80%99il-restera-mes-livres-et-une-certaine-coherence-intellectuelle%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Laurent Bouvet : « J’espère qu’il restera mes livres et une certaine cohérence intellectuelle »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>ENTRETIEN. Le fondateur du Printemps républicain est décédé à l’âge de 53 ans. En février 2020, il nous livrait l'une de ses dernières interviews.</p>

<p>Laurent Bouvet est décédé à l'âge de 53 ans. © BALTEL/SIPA / SIPA<br /> Propos recueillis par <a rel="author" href="https://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/thomas-mahler">Thomas Mahler</a> et <a rel="author" href="https://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/clement-petreault">Clément Pétreault</a><br />Publié le 11/02/2020 à 14h00 - Modifié le 18/12/2021 à 18h24</p>
<p> Lien copié Copier le lien</p><p>En 2020, nous avions interrogé Laurent Bouvet à l’occasion de la sortie de son dernier livre L’Âge identitaire. <a href="https://www.lepoint.fr/politique/laurent-bouvet-le-soldat-de-la-gauche-republicaine-est-mort-18-12-2021-2457432_20.php" title="">Ce soldat de la gauche républicaine est décédé ce samedi 18 décembre</a> à l’âge de 53 ans de la maladie de Charcot, <a href="https://www.facebook.com/lbouvet/posts/10226791433074174" target="_blank" title="">a annoncé son épouse sur Facebook.</a> Nous republions son entretien, véritable testament politique.</p><p>En dépit de ses vingt ans au <a href="https://www.lepoint.fr/tags/ps">Parti socialiste</a>, il est devenu la tête de Turc d’une partie de la gauche. Professeur en sciences politiques à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, fondateur du Printemps républicain et chantre d’une laïcité stricte, Laurent Bouvet est celui que les militants décoloniaux – à commencer par <a href="https://www.lepoint.fr/societe/macron-hue-au-theatre-qui-est-taha-bouhafs-18-01-2020-2358436_23.php" title="">Taha Bouhafs</a> – aiment lyncher dans les manifestations comme sur les réseaux sociaux. À tel point qu’on l’associe désormais à <a href="https://www.lepoint.fr/tags/eric-zemmour">Éric Zemmour</a>, u...</p><p>Cet article est réservé aux abonnés</p>
<p><a href="https://abonnement.lepoint.fr?provenance=01CONT020077#xtatc=INT-3769">Je m'abonne</a> <a href="denied:javascript:void(0)" id="connect_viafreemium">Déjà abonné ? Je m'identifie</a></p>
<p>Newsletter débats et opinions</p><p>Pour comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui et de notre société, recevez chaque vendredi, notre sélection d’articles tirée de notre rubrique Débats</p><p>La rédaction vous conseille</p><p>Vous lisez actuellement : Laurent Bouvet : « J’espère qu’il restera mes livres et une certaine cohérence intellectuelle »</p><p>Cet article a été ajouté dans vos favoris.</p><p>Agrandir le texte</p><p>Réduire le texte</p><p>Imprimer</p><p>Commenter</p><p>Ajouter aux favoris</p><p>Envoyer par email</p>
<p><a href="https://boutique.lepoint.fr/de-gaulle-penser-resister-gouverner-1530?provenance=articledegaulle" target="_blank"><br /><br /></a></p>
<p>De Gaulle - Penser, résister, gouverner</p><p>Son nom est devenu synonyme d’une France libre et puissante. De Gaulle, l’homme de l’appel du 18 juin s’est imposé dans l’histoire d’abord comme un rebelle, un résistant puis comme un leader politique charismatique, en France comme à l’étranger. Adoré, haï du temps de sa présidence, il est devenu après sa mort un mythe, un idéal d’homme politique qu’à droite comme à gauche on se prend à regretter.</p>
<p>43 Commentaires <a href="https://www.lepoint.fr/debats/laurent-bouvet-on-peut-difficilement-m-assimiler-a-zemmour-11-02-2020-2362128_2.php#depot_commentaire">Commenter</a></p>
<p>Un avis, un commentaire ?</p><p>Ce service est réservé aux abonnés</p>
<p><a href="https://abo.lepoint.fr/offre_decouverte#xtatc=INT-1920">Je m'abonne</a> <a href="denied:javascript:void(0)">Déjà abonné ? Je m'identifie</a></p>
<p>Vous ne pouvez plus réagir aux articles suite à la soumission de contributions ne répondant pas à la charte de modération du Point.</p><p>Vous ne pouvez plus réagir aux articles suite à la soumission de contributions ne répondant pas à la charte de modération du Point.</p><p>Ajouter un pseudo</p><p>Vous devez renseigner un pseudo avant de pouvoir commenter un article.</p><p>Créer un brouillon</p><p>un brouillon est déjà présent dans votre espace commentaire.</p>
<p>Vous ne pouvez en sauvegarder qu'un</p>
<p>Pour conserver le précédent brouillon, cliquez sur annuler.</p><p>Pour sauvegarder le nouveau brouillon, cliquez sur enregistrer</p><p>Créer un brouillon</p><p>Erreur lors de la sauvegarde du brouillon.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/814/laurent-bouvet-le-soldat-de-la-gauche-republicaine-est-mort</guid>
	<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 23:32:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/814/laurent-bouvet-le-soldat-de-la-gauche-republicaine-est-mort</link>
	<title><![CDATA[Laurent Bouvet, le soldat de la gauche républicaine, est mort]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec la disparition de Laurent Bouvet, annoncée par sa femme sur <a href="https://www.lepoint.fr/tags/facebook">Facebook</a>, c’est une partie de la mauvaise conscience de la gauche qui s’évapore. Politologue, fondateur du Printemps républicain et auteur de nombreux ouvrages sur <a href="https://www.lepoint.fr/societe/guilluy-la-societe-multiculturelle-est-profondement-paranoiaque-02-05-2019-2310635_23.php" title="">l’identité et l’insécurité culturelle</a>, Laurent Bouvet s’est éteint à <a href="https://www.lepoint.fr/tags/paris">Paris</a> ce samedi à l’âge de 53 ans. Bien qu’atteint par une maladie dégénérative, il trouvait encore les forces de publier en juillet 2020 Le Péril identitaire (Éditions de l’Observatoire), un essai testament, dans lequel il tentait, une dernière fois, de mettre la gauche en garde contre la lente dérive identitaire dont elle fait l’objet depuis plusieurs années. « Si l’on désire résister à la pression de ce monde individualiste devenu identitaire, il faut avoir des principes solides auxquels on ne déroge pas. En <a href="https://www.lepoint.fr/tags/france">France</a>, ça s’appelle la République. Le républicanisme à la française constitue une proposition politique capable de limiter les effets délétères de l’individualisme libéral et les inégalités sociales », répétait-il pour expliquer l’ancrage à gauche de son engagement républicain.</p><p>Il était aussi l’une des rares voix de gauche ouvertement engagée dans le combat pour la laïcité et contre l’islam politique, le relativisme culturel ou la pensée décoloniale qui irriguent le monde universitaire. Souvent accusé de souffler sur les braises d’un « identitarisme républicain », l’essayiste réfutait cette analyse : « Je ne suis en rien un identitaire, bien au contraire, je suis un humaniste universaliste qui croit profondément en l’indétermination, aux bienfaits du métissage et de l’émancipation », nous confiait-il à l’occasion d’un ultime entretien.</p>
<p>Dérive identitaire de la gauche</p>
<p>Lassé du monde universitaire et du militantisme traditionnel, ce professeur à la faculté de droit et de science politique de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines rompt avec le <a href="https://www.lepoint.fr/tags/ps">Parti socialiste</a> et le think tank Terra Nova sur fond de différends stratégiques. Il ne pardonnera jamais au PS de s’être engagé dans ce qu’il estimait être une dérive identitaire de la gauche, notamment au travers de <a href="https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/l-histoire-d-une-note-qui-a-mis-le-feu-a-la-gauche-10-10-2016-2074774_1913.php" title="">la fameuse note Terra Nova</a>, qui a encouragé le Parti socialiste à satisfaire les revendications d’une juxtaposition de minorités, plutôt que de tenir un discours républicain, seul moyen aux yeux de Laurent Bouvet de dessiner un récit collectif valable.</p><p>Relire la dernière grande interview de Laurent Bouvet au Point : <a href="https://www.lepoint.fr/debats/laurent-bouvet-on-peut-difficilement-m-assimiler-a-zemmour-11-02-2020-2362128_2.php" title="">« On peut difficilement m’assimiler à Zemmour… »</a></p><p>Rompant avec le modèle de militantisme classique, il n’a pas hésité à faire un usage intensif des réseaux sociaux pour attaquer ses adversaires politiques. Avec sa disparition, les mouvements décoloniaux perdent leur cible obsessionnelle. « J’ai joué le jeu, parfois de manière un peu limite sur les réseaux sociaux […] Pour être entendu, il faut y aller fort. J’y suis allé quelques fois un peu fort », confessait-il quelques mois avant sa mort. « J’ai choisi de descendre dans l’arène et de mener un combat de gladiateurs, parce que je me suis aperçu que le combat universitaire n’était pas efficace. J’ai aussi compris après 20 ans au PS à faire des campagnes et rédiger des discours pour François Hollande que la politique traditionnelle n’y pourrait rien. Essayer d’être un intello en politique, c’est inutile », nous expliquait-il, résigné.</p>
<p>Relève politique</p>
<p>Intellectuel hors des clous, universitaire déçu et essayiste inspiré, Laurent Bouvet espérait encore il y a quelques mois « qu’au-delà du portrait caricatural que l’on fait de [lui], il restera les livres et une certaine cohérence intellectuelle, une construction politique bâtie autour de toutes ces idées, qui n’en est qu’à ses débuts ». La relève politique et intellectuelle sera assurée par ses compagnons de route, cofondateurs ou membres du Printemps républicain qui l’ont accompagné ces derniers mois, tels que <a href="https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/gilles-clavreul-hugo-micheron-le-djihadisme-les-yeux-dans-les-yeux-19-01-2020-2358500_1913.php" title="">Gilles Clavreul</a>, <a href="https://www.lepoint.fr/politique/amine-el-khatmi-la-mauvaise-conscience-de-la-gauche-06-02-2020-2361541_20.php" title="">Amine El Khatmi</a> ou encore <a href="https://www.lepoint.fr/politique/comment-les-classes-populaires-ont-retrouve-leur-honneur-et-pourquoi-ca-ne-devrait-pas-durer-21-04-2020-2372372_20.php" title="">Denis Maillard</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/813/legalite-une-promesse-republicaine-a-honorer</guid>
	<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 19:47:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/813/legalite-une-promesse-republicaine-a-honorer</link>
	<title><![CDATA[L&#039;égalité, une promesse républicaine à honorer]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Fatiha Agag-Boudjahlat*, enseignante et essayiste, féministe laïque et universaliste</p><p>Il y a quatre ans, dans le cadre d’un projet mené avec une classe de 3e, nous avions assisté à la diffusion de films contre les discriminations, suivie d’un débat avec le Défenseur des droits d’alors, Jacques Toubon. Dans la salle, des élèves de différents collèges, dont des élèves sourds-muets d’un établissement spécialisé aidés d’un interprète. Une jeune fille sourde-muette expliqua qu’elle ne pouvait choisir son orientation en toute liberté, parce qu’il n’y avait pas de professeurs des disciplines concernées maîtrisant la langue des signes. Alors que les élèves sourds et muets étaient aussi capables que les autres de réussir et devraient avoir accès à toutes les formations. Jacques Toubon s’associa aux déclarations de cette jeune fille, et expliqua qu’il s’agissait de discrimination sur la base du handicap et que c’était intolérable.</p><p>Une de mes élèves, Shérazade, à qui j’ai dédié mon dernier livre, qui vient d’avoir son bac, et pour qui j’ai une affection particulière, osa prendre la parole. Elle demanda à la jeune fille s’il n’y avait pas des métiers et donc des formations contre-indiquées en raison d’un handicap, donnant l’exemple d’un aveugle qui ne pourrait accéder à la formation de pilote d’avion. Provoquant l’effroi de mon élève, Jacques Toubon tempêta que c’était discriminatoire, que l’on devait avoir accès à tous les métiers quel que soit le handicap, que c’était à la société de compenser. Je trouvai, et je trouve toujours, la question de Shérazade pertinente. C’est un fait empirique, nous ne sommes pas tous égaux en termes de capacités physiques ou intellectuelles. N’y a-t-il pas un principe de réalité, ou celle-ci n’est-elle qu’une variable à ajuster au nom de l’égalité absolue ?</p>
<p>De l’inégalité à l’injustice</p>
<p>Quand commence la discrimination, c’est-à-dire la différence de traitement sur des conditions extérieures à notre volonté et à notre pouvoir d’agir comme la couleur de peau, la sexualité, le handicap ? Cela me fait penser à ce sujet régulièrement donné dans l’épreuve de philosophie du bac : à partir de quand une inégalité devient-elle une injustice ? Donnez-moi trente mille euros, un bon juriste et quelques années, et je suis sûre d’obtenir devant la CEDH le droit pour des personnes atteintes de nanisme d’être recrutées dans le GIGN. Après tout, une petite taille n’empêche pas de tirer aussi bien qu’un individu ordinaire et pourra être un atout dans certaines configurations spatiales. Les conditions de taille, de poids sont iniques. Les personnes en situation d’obésité n’ont que peu de prise sur leur poids, déterminé par des facteurs épigénétiques autant que par des facteurs sociaux. Dans cette logique, la religion étant un choix, et le choix du degré de religiosité (orthodoxie et orthopraxie) en étant un autre, je reste très dubitative sur la discrimination sur une base religieuse : quand c’est mon choix d’orthodoxie qui restreint mes opportunités économiques ou sociales, je ne devrais pas le reprocher à la société. Un sikh qui refuse de porter un casque sur un chantier parce qu’il estime devoir garder son turban fait peser un risque financier et pénal sur ma société, j’aurais comme patron de bonnes raisons de ne pas l’embaucher. De même si je dirige une pizzeria, que mon jour le plus rentable est le samedi et que la personne que je reçois en entretien m’indique qu’étant juive, elle ne veut pas travailler le samedi, je refuserai de l’engager. Je ne la traite pas différemment à cause de sa religion, son choix d’orthodoxie ne la rend pas employable.</p>
<p>Handicap social et méritocratie</p>
<p>Mais que dire des conditions de diplôme ? Voire du principe même du concours d’entrée ? Sont-elles discriminatoires puisque discriminantes ? Les inégalités sociales étant tellement criantes, manifestant ses effets handicapants dans le milieu familial, l’environnement, la qualité de l’habitat ou encore la maîtrise et la variété du langage, ne pourrions pas imaginer que refuser l’accès à des formations d’excellence sur la base d’un concours conçu et évalué à partir d’un modèle-type d’étudiant CSP++ est discriminatoire ? Le handicap social obère l’accès aux opportunités d’études et de carrières bien plus désormais que le handicap physique, souvent compensé. C’est la logique de la discrimination dite positive : ce que nous sommes, en fait notre milieu social et culturel, handicape. Plutôt que corriger ces inégalités par un système d’écluses coûteux, ce que l’Éducation nationale se refuse à faire, la société est tentée, et Sciences-Po Paris a sauté le pas, de renoncer aux concours d’entrée et d’établir une bonification selon le territoire d’origine.</p><p>Et le sujet de la discrimination compensée rencontre alors la dernière offensive du courant indigéniste et postcolonial, celle menée contre le mérite et la méritocratie républicaine, présentés comme un paravent à la reproduction sociale élitiste. C’est un objet de réflexion qui doit tous nous concerner. Égalité des droits, des chances, des destins, mérite, discrimination positive, c’est bien la solidarité nationale et la promesse républicaine qui sont mises en cause, sinon en accusation.</p>
<p>* Fatiha Agag-Boudjahlat vient de faire paraître <a href="https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/19214/les-nostalgeriades" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les Nostalgériades (Éditions du Cerf, 2021)</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/811/%C2%ABma-strategie-pour-sortir-de-la-crise-sanitaire%C2%BB-la-tribune-deric-zemmour</guid>
	<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 17:28:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/811/%C2%ABma-strategie-pour-sortir-de-la-crise-sanitaire%C2%BB-la-tribune-deric-zemmour</link>
	<title><![CDATA[«Ma stratégie pour sortir de la crise sanitaire». La tribune d&#039;Eric Zemmour]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ce qui caractérise, depuis le début, la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 dans notre pays, c’est le défaut de stratégie. Bien entendu, tout le monde a en mémoire le fiasco et les mensonges sur les masques, l’impréparation totale de notre système hospitalier qui manquait de blouses, de gants, de lits ou de respirateurs, ou encore les mesures aberrantes de fermeture des commerces ou des rayons dits « non essentiels » dont le seul effet aura été de faire la fortune d’Amazon.</p><p>On oublie également de rappeler avec quel mépris Emmanuel Macron avait jugé, au nom d’une prétendue rationalité, l’ambition de Donald Trump de doter le monde d’un vaccin efficace d’ici la fin de l’année 2020. Cette posture n’est peut-être pas pour rien dans l’échec de la filière pharmaceutique française à développer un vaccin, contrairement à nos voisins <a href="https://www.lopinion.fr/economie/longtemps-boudees-par-les-investisseurs-les-biotechs-allemandes-profitent-du-succes-de-biontech-avec-son-vaccin-contre-la-covid">allemand</a> et <a href="https://www.lopinion.fr/economie/covid-la-recette-dastrazeneca-pour-vacciner-le-monde-entier">britannique</a>. Pendant qu’Emmanuel Macron faisait la leçon, d’autres se sont retroussé les manches.</p><p>Mais ne passons pas trop de temps à critiquer ce qui a été (mal) fait, les Français en sont déjà convaincus. Prenons de la hauteur pour dessiner une véritable stratégie pour sortir de façon crédible de cette crise sanitaire qui mine le moral des Français, attaque certaines de leurs libertés individuelles fondamentales et enfonce notre économie dans la dette.</p><p>Mon message est sans ambiguïté : j’invite toutes ces personnes âgées et fragiles qui ne le seraient pas déjà à se faire vacciner, y compris avec une troisième dose, afin qu’elles réduisent les chances de faire des formes graves de la maladie et d’engorger notre système hospitalier</p><p>Vivre avec. Quand la Covid-19 est apparue, il ne s’agissait évidemment pas d’une grippette, comme en atteste la surmortalité observée en France en 2020 et l’engorgement de notre système hospitalier. La raison est assez simple : une nouvelle maladie respiratoire est apparue contre laquelle personne au monde n’était immunisé. Notre système immunitaire a besoin de s’entraîner pour être efficace, la première fois qu’il rencontre l’adversaire (le virus), il est en grande difficulté.</p><p>Depuis les premières vagues meurtrières, la situation a heureusement fondamentalement changé : l’écrasante majorité des Français est désormais immunisée, soit par la vaccination soit en ayant été contaminés. Certes, le virus continue à muter mais les études semblent montrer que l’immunité acquise demeure efficace contre les nouveaux variants. D’ailleurs, dès l’année 2021, malgré trois nouvelles vagues de Covid, nous n’observons presque plus d’excès de mortalité dans notre pays. Bien entendu, ce virus continue à faire des dégâts, mais la situation n’a plus rien à voir avec celle de l’an passé.</p><p>Petit à petit, cette maladie est en train de devenir endémique, c’est-à-dire que le virus ne va pas disparaître et que nous allons donc devoir vivre avec, comme nous le faisons depuis des siècles avec d’autres maladies respiratoires telle que la grippe. Cela signifie que les mesures que nous prenons maintenant contre le virus doivent être des mesures que nous sommes prêts à voir devenir pérennes.</p><p>Dans ce contexte, entretenir un climat de peur est une faute politique majeure. C’est même pire que cela : j’accuse Emmanuel Macron et son gouvernement d’instrumentaliser la crise sanitaire, en mettant par exemple sur la table des mesures aujourd’hui inutiles comme le passe sanitaire ou vaccinal, pour de seules fins politiciennes. Coûte que coûte il cherche à imposer ces sujets qu’il sait clivants (sauf pour son propre électorat) dans la campagne. Rarement un tel niveau de cynisme n’aura été atteint par un Président de la République.</p><p>J’accuse Emmanuel Macron et son gouvernement d’instrumentaliser la crise sanitaire, en mettant par exemple sur la table des mesures aujourd’hui inutiles comme le passe sanitaire ou vaccinal, pour de seules fins politiciennes</p><p>Réindustrialiser. Non, nous n’avons pas besoin d’entretenir un climat de lutte des classes vaccinale dans notre pays ! En effet, à quoi bon multiplier les atteintes aux libertés de toute la population alors que les Français sont déjà l’un des peuples les plus vaccinés au monde ? Plutôt que d’entraver la vie des Français voire d’envisager la vaccination des enfants dont on sait qu’ils ne font pas de forme grave, le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur les personnes âgées et fragiles qui ne sont pas vaccinées. De mon côté, mon message est sans ambiguïté : j’invite toutes ces personnes âgées et fragiles qui ne le seraient pas déjà à se faire vacciner, y compris avec une troisième dose, afin qu’elles réduisent les chances de faire des formes graves de la maladie et d’engorger notre système hospitalier.</p><p>La deuxième priorité doit être d’administrer largement les traitements efficaces qui commencent à arriver, dont cinq sont déjà autorisés dans l’Union européenne. C’est une nouvelle formidable qui doit permettre de réduire encore drastiquement le nombre de cas graves et de morts liés à cette maladie, et qui contribuera donc à la banaliser.</p><p>La troisième priorité est évidemment de <a href="https://www.lopinion.fr/economie/segur-de-la-sante-a-lhopital-un-agent-sur-trois-ne-soigne-personne">redresser notre système hospitalier</a> qui a été malmené depuis des décennies, au nom d’économies budgétaires de court terme. De ce point de vue, toute la classe politique est coupable : gauche, droite et centre confondus. Nous manquons de lits de réanimation, de médecins, d’infirmières… Si le Ségur de la Santé est un premier pas dans la bonne direction, il ne suffit pas à compenser les terribles atteintes portées contre l’hôpital par le pouvoir en place et ses prédécesseurs.</p><p>La quatrième priorité, de plus long terme, consiste à restaurer notre filière de <a href="https://www.lopinion.fr/economie/recherche-en-sante-le-decrochage-francais-a-la-loupe">recherche médicale</a>. Il n’est pas normal que la France ait été absente de la course sur les vaccins et les traitements contre la Covid-19, alors que nous sommes le pays de Pasteur. Cet échec est le symptôme de notre déclassement auquel j’entends mettre fin en réindustrialisant le pays et en renouant avec l’excellence de notre recherche, publique et privée.</p><p>Avec cette stratégie, c’est un retour à la vie normale que je propose aux Français. Plutôt que d’agiter les peurs à des fins électoralistes, il faut leur montrer, de façon crédible, la lumière au bout du tunnel. Avec moi, il n’y aura plus de confinement ni de restriction des libertés individuelles comme le pass sanitaire ou vaccinal. Je propose une stratégie qui combat avec force l’épidémie mais ne cède pas à la panique et aux folies des docteurs Knock en tous genres qui voudraient nous imposer de vivre éternellement masqués, distants et confinés.</p><p>Plutôt que la peur, choisissons la raison, la responsabilité et la science, afin de retrouver, le plus rapidement possible, notre vie d’avant.</p><p>Eric Zemmour est président de Reconquête et candidat à l'élection présidentielle de 2022.<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/809/sortir-du-piege-liberal-%E2%80%93-le-blog-de-bertrand-renouvin</guid>
	<pubDate>Sun, 19 Dec 2021 21:36:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/809/sortir-du-piege-liberal-%E2%80%93-le-blog-de-bertrand-renouvin</link>
	<title><![CDATA[Sortir du piège libéral – Le blog de Bertrand Renouvin]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le livre que Laurent Bouvet consacre à la nouvelle question laïque (1) ne s’inscrit pas dans les polémiques violentes qui brouillent maints débats. Professeur de sciences politiques, l’auteur analyse le déplacement du conflit sur la laïcité depuis les années quatre-vingt et procède à une critique de l’interprétation libérale de la doctrine laïque et des militantismes identitaires qui en tirent parti. Alors que les fractures s’aggravent dans notre pays, Laurent Bouvet milite pour le retour à la raison politique – pour l’universalisme républicain.</p><p>L’histoire du tournant identitaire qui s’est produit dans de très nombreux pays au cours des quarante dernières années est retracée avec précision par Laurent Bouvet. Elle éclaire la nouvelle question laïque car le vieux conflit entre la droite cléricale et la gauche laïque qui avait rebondi une dernière fois en 1984 sur la question de l’école a été rapidement effacé et de nouvelles lignes de front sont apparues.</p><p>Avec le Front national, la droite nationaliste a prétendu défendre l’identité nationale face à l’immigration maghrébine dans les quinze dernières années du XXème siècle puis elle s’est posée en rempart de la laïcité quand l’islam sunnite, religion populaire discrète, a été affecté par son propre courant identitaire, fondamentaliste et revendicatif. Les débats sur le « foulard » ont marqué ce tournant et le nouveau positionnement d’une partie de la gauche. Toujours hostiles aux catholiques, de nombreux militants socialistes, communistes et d’extrême gauche affirment depuis le début de notre siècle leur sympathie pour des groupes et des personnalités islamistes considérés représentatifs des opprimés naguère colonisés, des victimes de l’histoire occidentale qui revendiquent leur droit à la différence.</p><p>Dans ce combat entre les identitaires de droite et les identitaires de l’islam alliés à la gauche « islamo-gauchiste », les symboles religieux – les crèches, le foulard – et les références culturelles deviennent des marqueurs idéologiques et les appartenances religieuses sont ethnicisées : les « blancs » sont catholiques, les musulmans sont « arabes ». La laïcité subit les effets de ces polémiques : instrumentalisée par les identitaires de droite, elle est abandonnée par une grande partie de la gauche qui dénonce dans la simple affirmation laïque une dérive islamophobe, voire une nouvelle forme de racisme. Le Nouveau Parti Anticapitaliste et les Indigènes de la République sont les moteurs de ces campagnes résolument diffamatoires. Hors de ces milieux extrémistes, un courant modéré fort intelligemment représenté par Pierre Manent plaide pour des « accommodements raisonnables » avec « l’islam » en ignorant notre laïcité : comment un contrat spécifique pourrait-il lier l’Etat à une « communauté » religieuse ?</p><p>Les attaques frontales et les récupérations politiciennes sont moins dangereuses pour la laïcité républicaine que son interprétation libérale, aujourd’hui dominante dans notre pays. Après l’effondrement de l’Union soviétique, le libéralisme est devenu, comme l’écrit Claude Lefort, « l’idéologie de la fin des idéologies ». C’est une idéologie globale, politique, économique et culturelle, produite aux Etats-Unis, qui exerce une influence déterminante sur les conceptions sociales dans notre pays. Ce modèle libéral à l’américaine se caractérise par l’imbrication de la liberté individuelle et de la religion, la liberté n’ayant pas la même signification dans le droit français et dans le droit anglo-saxon. Alors que nous définissons des libertés publiques, les Etatsuniens énoncent des civil liberties et considèrent la liberté des individus et leur pratique religieuse comme un droit naturel qui doit être protégé de l’Etat. Thomas Jefferson évoque un « mur de séparation » qui protège les religions du risque de l’ingérence étatique au nom du principe de tolérance et du droit naturel de chaque individu (2). Comme le souligne Laurent Bouvet, « le citoyen n’a donc pas à se détacher à un quelconque moment de l’individu, dont il n’est que la simple projection dans l’ordre politique, la figure de l’expression politique ».</p><p>La laïcité à la française est fondée sur d’autres principes. La liberté n’est pas un droit naturel mais un droit institué par l’Etat fondateur d’une collectivité politique souveraine. Dans la Déclaration de 1789, la liberté est bornée par la nécessité de l’ordre public qui procède de l’intérêt général – du principe même de la République. Notre Déclaration porte sur les droits de l’homme et du citoyen et non sur les human rights en ce sens que le souci politique de l’intérêt général implique une mise à distance des appartenances privées, qu’il s’agisse de la religion ou des intérêts de classe.</p><p>Selon cette conception républicaine, le principe de laïcité est une des conditions du service de l’intérêt général. Il permet de protéger l’Etat de l’influence des religions et garantit cette protection à tous les citoyens. C’est pourquoi l’article premier de la loi de 1905 proclame que « La République assure la liberté de conscience » – sans évoquer la liberté religieuse – et « garantit le libre exercice des cultes » : la liberté de conscience va au-delà de la liberté religieuse et c’est l’Etat qui protège la forme établie de la pratique religieuse alors qu’aux Etats-Unis c’est la religion qui est protégée de l’Etat.</p><p>Ces distinctions et ces oppositions sont essentielles pour comprendre en quels termes se pose la nouvelle question laïque. La doctrine française de la laïcité (3) est en effet récusée par des intellectuels et des groupes qui s’acharnent à faire prévaloir, depuis quelques décennies, la conception anglo-saxonne et le multiculturalisme en « déconstruisant » la France, l’Etat, la République, l’universalisme et la laïcité.  Traduite en français, Joan Scott dénonce une laïcité intégriste inspirée par le christianisme dans « La Religion de la laïcité », Jean Baubérot récuse « l’intégrisme républicain » et Cécile Laborde recherche une laïcité qui ne soit pas « catho-laïque ». Pour ces auteurs, qui exercent une influence majeure dans notre pays, il s’agit de rabattre la liberté de conscience sur la liberté religieuse et d’obtenir une absolue neutralité de l’Etat – au sens où l’Etat renoncerait à défendre les principes de liberté et d’égalité face à des courants religieux qui imposeraient, par exemple, une conception inégalitaire du statut de la femme. L’Etat républicain laïque est neutre mais de manière relative : il respecte toutes les croyances mais la Déclaration de 1789 lui commande de protéger la liberté de conscience des citoyens contre une liberté religieuse qui empêcherait de participer pleinement à la vie publique.</p><p>C’est sous l’influence du libéralisme américain et de ses diffuseurs français que le Conseil d’Etat et le Conseil Constitutionnel en sont venus à adopter la conception d’une liberté religieuse définie comme liberté de l’individu. Cette liberté religieuse est conçue dans le cadre d’une tolérance active qui conduit à atténuer progressivement l’interdiction du financement public des cultes. C’est ainsi que l’on passe peu à peu d’une laïcité de séparation à une laïcité de dialogue et de reconnaissance sympathique, séduisante pour les croyants mais contraire à l’intérêt général puisqu’elle favorise les religiosités identitaires, les incite à demander de plus en plus de droits et conduit la collectivité nationale à devenir un ensemble disjoint de communautés culturelles, cultuelles et ethnoculturelles.</p><p>Cette évolution vers le communautarisme est favorisée par les normes juridiques établies par la Cour européenne des droits de l’homme et par la Cour de justice de l’Union européenne. Or, comme l’écrit Laurent Bouvet, « le droit européen ignore la laïcité, ne connaissant que la liberté religieuse et, en particulier, la liberté de manifester sa religion publiquement. Il en fait même un principe fondamental. L’essentiel de la jurisprudence administrative et constitutionnelle sur les questions liées à la laïcité va donc conduire le juge français à adapter la spécificité nationale aux normes européennes, elles-mêmes inspirées par la vision libérale du droit que l’on trouve dans le cadre globalisé du libéralisme d’origine anglo-saxonne ».  C’est ainsi que la liberté de conscience notamment religieuse devient une liberté principalement religieuse – dont les activistes vont réclamer une application « positive » au mépris du principe qui assigne la religion à la sphère privée.</p><p>Face à ces dévoiements idéologiques et juridiques, Laurent Bouvet défend la voie républicaine – celle de l’intérêt général tel qu’il est défini dans la nation française, selon son histoire singulière. Trois domaines ou espaces doivent être distingués : l’espace privé – le domicile, le lieu de culte – dans lequel la personne est libre de vivre éventuellement sa foi ; l’espace public, celui des administrations et des services publics, qui obéit au principe de neutralité ; l’espace civil, autrement dit la société qui est un lieu de confrontation des convictions politiques et des croyances religieuses, qu’il s’agisse du port du voile islamique ou des processions catholiques.</p><p>C’est dans cet espace civil qu’il faut concevoir une politique de la laïcité, à mi-chemin entre les « accommodements » passés avec les groupes religieux et le « laïcisme identitaire », quasi-religieux, qui porterait atteinte à la neutralité de l’Etat, telle que la doctrine française la conçoit. Cette politique d’équilibre est difficile à tenir mais l’objectif peut être atteint à deux conditions : il faut que les serviteurs de l’Etat maintiennent fermement ou retrouvent les principes de la laïcité à la française face aux prescriptions « européennes » ; il faut que les citoyens ne perdent pas de vue, dans leurs engagements politiques et religieux, les exigences de l’intérêt général et de l’unité nationale. Il n’y a rien à concéder aux entrepreneurs identitaires, religieux ou non, de droite ou de gauche ; quel que soit leur langage, ce sont des agents de dislocation.</p><p>***</p><p>(1) Laurent Bouvet, La nouvelle question laïque, Choisir la République, Flammarion, 2019.</p><p>(2) Cf. Denis Lacorne, De la religion en Amérique, Essai d’histoire politique, Gallimard, 2007, chapitre 8 : « Le mur de séparation entre l’Eglise et l’Etat ». Ouvrage chroniqué dans le numéro 921 de « Royaliste » et repris sur mon blog.</p><p>(3)  Voir les travaux d’Emile Poulat, présentés dans « Royaliste » et sur mon blog.</p><p>Article publié dans le numéro 1168 de « Royaliste » – mai 2019</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/806/pierre-mazeaud-seule-incarnation-vraie-et-passionnee-de-lesprit-de-la-ve-republique</guid>
	<pubDate>Sun, 19 Dec 2021 21:17:04 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/806/pierre-mazeaud-seule-incarnation-vraie-et-passionnee-de-lesprit-de-la-ve-republique</link>
	<title><![CDATA[Pierre Mazeaud, seule incarnation vraie et passionnée de l&#039;esprit de la Ve République]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Temps de lecture: 9 min</p><p>Ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud est aujourd'hui le doyen des gaullistes. Il est aussi un témoin et un analyste pointilleux de l'évolution du régime politique de la Ve République, dont il fut une figure de premier plan, surtout à l'Assemblée nationale. Son recul et son indépendance donnent de la profondeur au travail du Parlement qui, effacé actuellement, révèle évidemment au pays le besoin de sa propre existence comme il peut susciter une certaine nostalgie.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/pierre-mazeaud-emmanuel-macron-sera-reelu-d-extreme-justesse-30-10-2021-2449892_20.php" rel="noreferrer" target="_blank">Interrogé récemment</a> par <a href="https://www.radioj.fr/podcast/les-enfants-de-la-republique-63/" rel="noreferrer" target="_blank">plusieurs médias</a>, Pierre Mazeaud nous dit, avec son caractère bien trempé, son expérience et passion, un peu de nous-mêmes et beaucoup de notre époque et de la crise que vit notre pays. Il y a une décennie sortait une biographie écrite par Olivier Guillaumont, magnifiquement éditée par les Éditions Guérin et intitulée <a href="http://youtu.be/IP_xqBAiSSg" rel="noreferrer" target="_blank">Pierre Mazeaud, l'insoumis</a>. Insoumis? Sans doute plus que bien d'autres...</p>
<p>Plusieurs vies et un destin hors du commun</p>
<p>Pierre Mazeaud appartient à deux mondes grandement étrangers l'un à l'autre: le monde de la politique et celui de l'alpinisme. Issu d'une lignée d'aristocrates de l'université et de la magistrature, Mazeaud est à l'opposé de l'esprit bourgeois qui prospère aujourd'hui comme jamais. Il est un personnage politique important de la Ve République et l'un des rares –de droite de surcroît!– à avoir appartenu et s'être épanoui au sein d'un des rares derniers milieux transclassistes: celui de l'alpinisme, qui mêlait des garçons de toutes conditions, choisissant d'attaquer les voies et faces encore vierges des Alpes, au prix parfois de leur vie ou du deuil.</p><p>Comprend-on Pierre Mazeaud et son énergie conquérante sans percer les mystères du jeune alpiniste familier des Alpes et finalement <a href="https://youtu.be/nk5DhOiSF_A" rel="noreferrer" target="_blank">vainqueur, à 50 ans, avec Jean Afanassieff et Nicolas Jaeger, de l'Everest?</a> Certainement pas. Dans sa carrière politique, il ne doit rien à l'alpinisme, contrairement à Maurice Herzog qu'il assassina de quelque pique bien sentie. Dans sa vie, dans ce qu'il est, il doit probablement à cet affrontement passionné avec les sommets alpins ou himalayens une chose qui échappe au commun des mortels, un mystère, une force.</p><p></p><p>Kurt Diemberger, Pierre Mazeaud, Jean Afanassieff et Nicolas Jaeger donnent une conférence de presse après leur expédition sur l'Everest, le 26 octobre 1978 à Roissy. | Pierre Guillaud / AFP</p><p>Cet enthousiasme pour tout ce dans quoi il s'est investi, mais aussi un courage et une endurance physique hors du commun liés à sa passion pour l'alpinisme, ont progressivement donné d'autres atouts à Pierre Mazeaud.</p><p>Ténor de l'Assemblée nationale et de la vie politique française, c'est une personnalité hors norme, à la fois juriste scrupuleux, tribun orageux et homme de conviction au caractère suffisamment trempé pour ne laisser personne indifférent, ni se taire quand une question fondamentale à ses yeux émerge dans le débat. À l'évidence, Pierre Mazeaud n'est pas le genre d'homme auquel on ferait querelle dans le réfectoire d'un refuge de haute montagne, mais assurément à la parole et aux conseils de qui on ferait confiance.</p>
<p>Entre anarchisme et gaullisme, la liberté avant tout</p>
<p>En politique, Pierre Mazeaud, qui donc est issu d'une grande famille de juristes, se lie de fidélité à Michel Debré et conserve un attachement viscéral à la première version de la Ve République, à celle d'un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parlementarisme_rationalis%C3%A9" rel="noreferrer" target="_blank">parlementarisme rationalisé</a> mais vivant. Collaborateur de Jean Foyer, il reste aujourd'hui un partisan lucide du modèle constitutionnel premier du régime.</p><p>Fidèle en amitié et en politique, il déclare en 1998: «J'aime bien Jacques», ce qui dit beaucoup de ses relations avec Chirac. C'est ainsi que chez Anne Sinclair à «7 sur 7», Pierre Mazeaud définit ses relations avec le président de la République. Il avoue s'être particulièrement emporté dans le bureau de ce dernier lors de sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale en avril 1997. Pierre Mazeaud fut pourtant de ceux qui quittèrent le gouvernement en 1976, lorsque Chirac claqua la porte de Matignon. Quelques jours après cette déclaration dans «7 sur 7», il devient membre du Conseil constitutionnel.</p><p></p><p>Le président de la commission des lois à l'Assemblée nationale, Pierre Mazeaud, s'exprime lors de l'émission «7 sur 7» dont il était l'invité, le 2 mars 1997 à Paris. | Pierre Boussel / AFP</p><p>Également lié à Philippe Séguin, qui fut son collaborateur lors d'un de ses passages au secrétariat d'État à la Jeunesse et aux Sports et avec lequel il partage beaucoup d'options politiques, dont le refus du traité de Maastricht, il mène la vie dure à ceux qu'il considère comme des adversaires au RPR –Édouard Balladur ou Alain Juppé. De quoi, a contrario de son habitude, se forger des amitiés.</p><p>Cette liberté de ton, d'idées, d'expression, Pierre Mazeaud la doit aussi à sa jeunesse militante anarchiste, très active. Son caractère trempé et la force de ses convictions n'altèrent pas son sens –jamais pris en défaut– de l'amitié, un sens probablement forgé dans les voies ouvertes dans le massif du mont Blanc. Ces ascensions lui ont appris la valeur des rapports de confiance humaine nécessaires en montagne, et consacré une amitié de plusieurs décennies <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Bonatti" rel="noreferrer" target="_blank">avec le grand alpiniste italien Walter Bonatti</a>, personnage incontestablement majeur de l'histoire de l'alpinisme, et dont Mazeaud dit volontiers qu'il lui a dû la vie en 1961.</p><p>Mazeaud pratique le sens de l'amitié à l'Assemblée nationale. C'est à la prestigieuse commission des lois de l'Assemblée nationale qu'il se lie d'une véritable amitié avec Julien Dray, alors bête noire d'une partie de la droite française en raison de son rôle dans l'organisation des mouvements de jeunesse de gauche, qui plus est lié au mitterrandisme triomphant.</p><p>Dans les conversations relatives à Pierre Mazeaud, certains retiendront immédiatement les rencontres de Mazeaud avec De Gaulle, d'autres resteront très respectueux et admiratifs de son amitié totale avec le grand Bonatti ou de celle avec Dino Buzzati. Un seul fil rouge, une seule corde fixe donc: l'amitié.</p>
<p>Parlementaire dans l'âme, une espèce en voie de disparition</p>
<p>À l'Assemblée nationale, il forme avec malice un duo particulièrement turbulent dans l'hémicycle avec Robert-André Vivien, figure du RPR, député-maire de Saint-Mandé et très doué pour susciter chahuts de ministres et proférer remarques aussi drôles que déstabilisantes.</p><p>Au cours de la législature 1988-1993, soudainement et sur un sujet annexe, le terrible duo chahute le secrétaire d'État aux Transports, Georges Sarre, qui n'a d'ailleurs jamais renié les relations de sympathie avec les deux hommes. Surpris par cette attaque en règle, Sarre les retrouve après la séance à la buvette du palais Bourbon et leur demande le pourquoi de cette offensive. Les deux compères, nullement acrimonieux, mais confrontés à la vérité d'un chahut qui s'exonérait probablement d'une réelle analyse dudit projet, lui expliquent: «En fait Georges, on ne t'avait jamais chahuté, tu étais le dernier, c'était l'occasion, voilà.» Un moment de vie, en fait.</p><p></p><p>Le président de la commission des lois de l'Assemblée nationale, Pierre Mazeaud, réagit, sur les bancs de l'hémicycle, lors de la suite de la deuxième lecture du projet de loi sur l'immigration, le 26 février 1997 à Paris. | Pascal Guyot / AFP</p><p>Cependant, ce moment de vie camoufle mal –il révèle– que la vie politique souffrait peut-être de clivages aux défauts avérés, mais que les protagonistes des joutes politiques ne se haïssaient pas, voire s'appréciaient grandement. Les séances des questions au gouvernement étaient, somme toute, égayées par ces interventions dignes d'un monôme étudiant virant au chahut de fond d'amphi.</p>
<p>L'alpinisme, un rapport unique à la vie</p>
<p>Une amitié hors du commun, comme nous l'avons vu, explique la force du destin de Pierre Mazeaud: celle avec Walter Bonatti. Un drame historique est entré dans la mémoire de la famille de l'alpinisme: la tragique destinée de <a href="http://youtu.be/-5J_Bsgu20g" rel="noreferrer" target="_blank">l'expédition du pilier du Frêney</a>. Mazeaud, seul rescapé avec Bonatti de cette cordée composée d'alpinistes d'un niveau exceptionnel, confie qu'il doit la vie à son ami et révèle une vérité de l'amitié: dans une cordée, c'est la responsabilité que chaque membre a à l'égard de l'autre, responsabilité relative à la vie, qui détermine la vie, et par voie de conséquence l'amitié pour la vie.</p><p>Pierre Mazeaud a en effet fait de la montagne une face entière de son existence, sûrement d'ailleurs sa propre face nord, la plus difficile et la plus passionnante. C'est elle qui aura d'ailleurs forgé ses relations, dénuées de considérations de classe, éprises d'égalité mais exaltant la conscience du risque pris. Bref, Mazeaud s'est forgé une éthique et une éthique politique qui semblent appartenir à un monde englouti ou parallèle.</p><p>«Ils ont eu comme le bonheur de mourir jeunes où ils souhaitaient mourir.»</p>
<p>Pierre Mazeaud</p>
<p>Jeune, il fait partie de ce petit milieu d'alpinistes chevronnés qui, issus de tous les milieux sociaux, se lancent à l'assaut des voies les plus risquées des Alpes et se croisent à l'hôtel de Paris à Chamonix. De cette passion dévorante et toujours présente, il connaît le coût humain et la face dramatique de l'extraordinaire aventure collective de ces pionniers de l'alpinisme. Lors de l'expédition du Frêney, il perd un à un tous ses amis.</p><p>Le récit de ce drame de l'alpinisme correspond, pour tous ceux qui s'y intéressent, à l'épopée tragique des assauts de la face nord de l'Eiger. Le récit de ce drame, ses terribles heures, ont longtemps contribué à l'éducation de chaque jeune alpiniste. Les disparitions de Pierre Kohlmann puis d'Antoine Vieille et de Robert Guillaume en l'espace de quelques heures, celle d'Andrea Oggioni auprès de lui n'ont pu qu'avoir une influence majeure sur le destin de Pierre Mazeaud. Ce drame humain qui embrasse la complexité du rapport existentiel des alpinistes à leur passion est-il compréhensible par le profane? Il l'est par Mazeaud, qui n'hésite pas <a href="https://www.youtube.com/watch?v=-5J_Bsgu20g&amp;ab_channel=tvmountain" rel="noreferrer" target="_blank">à donner son ressenti</a> quant au destin de ses amis: «Ils ont eu comme le bonheur de mourir jeunes où ils souhaitaient mourir.» Il est vrai que les morts restent jeunes.</p>
<p>Vigie et autorité morale</p>
<p>La fidélité de Pierre Mazeaud pour l'esprit initial et parlementaire de la Ve République, celle des conceptions constitutionnelles de Michel Debré, aboutit après tant de révisions du texte originel, aussi logiquement que paradoxalement, en 1998, à sa nomination à la présidence du Conseil constitutionnel.</p><p>Il est, de fait, l'avant-dernier invité du légendaire «7 sur 7» d'Anne Sinclair, ce qui n'est pas aussi mémorable que la victoire sur l'Everest mais à peu de distance, avouons-le. Mazeaud, indépendant d'esprit, refuse l'occasion offerte par ce «7 sur 7» de s'opposer aux emplois jeunes de la gauche plurielle. Il se libère un peu plus de la doxa d'un peuple de droite courroucé par sa récente défaite et prêt à toutes les embardées politiques. Déjà, Mazeaud apparaît plus alors comme un gardien (du refuge gaulliste?) qu'un conquérant de l'inutile droitisation.</p><p>Devenant président du Conseil constitutionnel peu après, il sera apprécié et ne trahira pas sa vision de la vie, de l'action et de la liberté au service de la vérité à laquelle on croit.</p><p></p><p>Le président Jacques Chirac salue le président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud, le 3 janvier 2005 au palais de l'Élysée à Paris, après la présentation des vœux des membres du Conseil constitutionnel au président de la République. | Patrick Kovarik / AFP</p><p>Fin 2021, il ne fait aucun doute que la voix de cet ancien président du Conseil constitutionnel, élu gaulliste pendant plusieurs décennies et opposé à l'élection présidentielle au suffrage universel va prendre de l'ampleur. Le vieux monde n'avait pas que des défauts, Mazeaud les compense de toute façon par ses qualités.</p><p>Des années durant, Pierre Mazeaud a été candidat, battu ou élu, tribun du RPR aux quatre coins du pays, député de plusieurs départements, ministre, président du Conseil constitutionnel. Figure du palais Bourbon, les échos de sa voix comme de peu d'autres s'y font encore entendre. Figure du RPR, il y a tenu une option personnelle sans aucun doute libre, sociale et très autonome à l'égard de l'appareil gaulliste. Sans grande illusion sur ses amis politiques tout en cultivant l'art de devenir ami avec ses contradicteurs, il a incarné et incarne encore une certaine conception de la politique, celle d'hier dans ce qu'elle avait de meilleur.</p><p>Ses visites récentes au palais Bourbon le désolent. Sa vision de Macron est nuancée; sa détestation de l'extrême droite, exacerbée. Ces derniers temps, Pierre Mazeaud, <a href="http://www.radioj.fr/podcast/les-enfants-de-la-republique-63/" rel="noreferrer" target="_blank">invité au micro de Frédéric Haziza</a>, n'a manifesté que mépris pour Éric Zemmour et n'a pas renoncé à exprimer son dédain historique pour Michel Barnier, dédain légendaire au RPR où les jeunes militants pasquaïens peignaient sur les routes de Savoie «Barnier niais niais».</p>
<p><a href="http://www.slate.fr/newsletters"></a></p>
<p>On croit comprendre que le personnel dit «politique» ne lui inspire rien, sinon une forme de nostalgie du temps où le Parlement était le Parlement et les conquérants des conquérants... même de l'inutile. Sens de l'État, de l'indépendance nationale, capacité à s'affronter et à s'entendre avec ses adversaires... Le monde de Pierre Mazeaud n'a-t-il pas vocation à transcender «ancien» et «nouveau» mondes?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/803/face-a-baba-hanouna-la-mue-politique-de-zemmour-continue-l%E2%80%99edito-de-michel-taube</guid>
	<pubDate>Sat, 18 Dec 2021 10:15:30 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/803/face-a-baba-hanouna-la-mue-politique-de-zemmour-continue-l%E2%80%99edito-de-michel-taube</link>
	<title><![CDATA[Face à Baba Hanouna, la mue politique de Zemmour continue. L’édito de Michel Taube]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p><p>Depuis sa déclaration de candidature, Éric Zemmour poursuit sa mue présidentielle. Sans renoncer à sa priorité identitaire, celle de sauver la France et la civilisation européenne, il démontre et même surprend par la crédibilité de son discours, notamment en matière économique, au point qu’il rase peut-être moins gratis que ses concurrents pourtant réputés plus sérieux en cette matière. </p><p>Sur le plateau de l’émission de Cyril Hanouna, « Face à Baba », dont il fut le premier invité politique dans le cadre de la campagne de la présidentielle, Éric Zemmour a également fait preuve d’un calme étonnant face à des attaques d’une rare virulence. Certes, certains de ses propos demeurent fort contestables. Par exemple, au lieu de reprocher l’intrusion du racialisme à l’école, il dénonce l’enseignement de l’antiracisme. </p><p>Intraitable sur le fond, Eric Zemmour continue à arrondir les angles pour mieux revêtir les habits de présidentiable. Le candidat à l’Elysée a une fois de plus, après son discours de Villepinte, tendu la main aux musulmans de France, sur le mode : « choisissez l’assimilation à la société française plutôt que la soumission à l’Islam. »</p><p>Sa proposition d’interdire le voile islamique dans toute la société a évidemment fait débat. La crainte d’une France libanisée d’ici vingt ans justifie cette mesure radicale qui a l’avantage de déplacer le champ de la la laïcité de la neutralité de l’Etat à l’ensemble de la société. Mais l’on se demande si l’interdiction de tout signe religieux dans la rue ne serait pas de nature à créer immédiatement de très fortes tensions. Rappelons que la loi interdisant la dissimulation du visage, donc le voile intégral, n’a jamais pu être appliquée, car le policier qui dresserait une contravention devrait être accompagné d’un escadron de gendarmes mobiles ou de CRS, si ce n’est pas par l’armée, pour survivre à la violence que provoquerait l’application de la loi, en particulier dans les « Quartiers de Reconquête Républicaine », un terme qui en dit long sur leur situation.</p><p>Un paradoxe étonnant s’est joué en direct sur le plateau de « Face à Baba” durant plus de trois heures : toujours aussi ferme sur le fond, Eric Zemmour s’est montré moins extrémiste et violent  qu’un Aymeric Caron et surtout Alexis Corbière qui a multiplié les attaques agressives. Comme des perroquets, ils ont accusé obstinément leur ennemi (à ce stade, on ne peut plus parler d’adversaire ou de contradicteur), d’être fasciste et raciste, des propos battus en brèche par Éric Naulleau, ami de longue date d’Éric Zemmour, qui s’oppose pourtant à lui sur de nombreux points. Naulleau se revendique de gauche, mais d’une gauche traditionnelle française qui n’existe plus. Celle du vivre ensemble, de la méritocratie et de la laïcité, alors que celle qui s’est imposée est néo marxiste, multiculturaliste, égalitariste dans le sens du nivellement par le bas, wokiste et trop souvent islamogauchiste. La gauche socialiste d’aujourd’hui a trahi tous ses idéaux, toutes ses valeurs originelles. Elle avait quelques specimen face à Zemmour qui ne s’en est pas laissé démonter.</p><p>« C’est parce que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche » dit souvent Alain Finkielkraut. C’est parce que Corbière et Caron, pour en rester au contexte de l’émission « Face à Baba », ne sont plus que des fascistes de gauche, des idiots utiles de l’islam politique, du wokisme et de l’indigénisme, que la gauche est éliminée de la course au pouvoir, qu’elle a perdu son électorat, principalement parti chez Le Pen et Zemmour.</p><p>Si Zemmour et Le Pen ne sont pas fascistes ou racistes, leur conception de la nation n’en demeure pas moins porteuse de graves dérives. Pour eux, la nation prime les valeurs. Le féru d’histoire qu’est Éric Zemmour ne devrait pas oublier à quoi peut conduire le nationalisme. </p><p>Et vint l’avocate d’une société transsexuelle</p><p>Clou de la soirée, Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, offrit une opportunité trop facile à Éric Zemmour de défendre la normalité de la différence des sexes sur le plateau de « face à Baba » contre l’apologie de la transsexualité, présentée par la ministre comme une normalité, un choix de vie donné aux adolescents. </p><p>Sait-elle que la Suède, premier pays à avoir reconnu le droit des transgenres, allant jusqu’à permettre aux parents de faire administrer des hormones à des mineurs qui croient ne pas se sentir bien dans leur sexe, pardon leur genre, commence à prendre acte son erreur, de sa faute. Le plus prestigieux hôpital de Stockholm s’oppose désormais à cette folle dérive idéologique, car il a constaté que la dysphorie de genre était devenue une pathologie de masse à l’adolescence, alors qu’elle était rarissime jusqu’alors. </p><p>Comme le dit à juste titre Éric Zemmour, mettre dans la tête d’enfants et d’adolescents qu’ils peuvent choisir d’être un garçon ou une fille comme s’ils hésitaient entre un Iphone et un Samsung, relève du crime, certes un crime sociétal ou anthropologique, mais un crime tout de même. En France, il faut éradiquer le wokisme, ce qui n’interdit pas de lutter contre les vraies discriminations.</p><p>Tant d’excès et surtout de violences servent les intérêts d’Éric Zemmour. Il est régulièrement insulté, agressé, pris à parti par des prétendus adversaires du fascisme, ces stalinistes ennemis de la démocratie et de la république. Des images filmées dans les coulisses de l’émission « face à Baba » montrèrent Alexis Corbières et sa compagne Rachel Garrido, également islamogauchiste de la France insoumise, s’en prendre avec une telle virulence au jeune Stanislas Rigault, soutien d’Éric Zemmour, qu’il dut être protégé par le service de sécurité de l’émission. Voilà ce qu’est aujourd’hui l’extrême gauche : un fascisme, ou un stalinisme du XXIe siècle, et, au final, le meilleur allié d’Éric Zemmour dans cette course à l’Élysée.</p><p>Au final, ce show médiatique remporta un gros succès d’audience, contrairement à Emmanuel Macron la veille sur TF1. Et quelle ironie de l’histoire, quelle belle leçon de choses à tous ceux qui tous les jours se complaisent dans une posture victimaire ou dénoncent le sort qui serait fait aux minorités, de voir hier que les deux ténors de la vie politico-médiatique française furent deux Méditerannéens, deux juifs arabes, Baba et Zemmour. La France de la diversité a encore de beaux jours devant elle.</p><p>Michel Taube<br />
<small style="font-size: smaller;">
Ses engagements politiques et citoyens sont nombreux: club UNESCO des droits de l’homme, responsabilité nationale à la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) dans les années 1980, Concours européen des Droits de l'Homme René Cassin, mobilisation contre le Front national en France dans les années 1990[2].

De fin 2007 à octobre 2010, il a été le directeur des publications de Toogezer, mensuel gratuit sur le développement durable et les droits de l'homme[3]. Depuis mai 2011, il est le fondateur du site www.opinion-internationale.com. 

</small></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/800/pourquoi-zemmour-tape-t-il-juste</guid>
	<pubDate>Wed, 15 Dec 2021 05:01:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/800/pourquoi-zemmour-tape-t-il-juste</link>
	<title><![CDATA[Pourquoi Zemmour tape-t-il juste?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pourquoi Zemmour tape-t-il juste? autrement dit pourquoi est-il crédité d'un pourcentage de voix à faire pâlir de jalousie tous les candidats de gauche? Tout simplement parce qu'il parle du fond du problème: notre civilisation va-t-elle disparaître? Notre nation est-elle vouée à n'être plus rien?</p>

<p>Les bourgeois cosmopolites de la classe capitaliste transnationale nous ont préparé des obsèques en catimini. Macron l'avait dit: il n'y a pas de culture française. Les allumés du woke pourchassent qui Ronsard, qui Colbert, qui le latin et le grec et avec eux Platon et Cicéron, mâles blancs hétéros responsables de l'impérialisme, et chaque jour nous en apprend une nouvelle. Et Zemmour parle de ça. Il dit aux jeunes: "la vie qu'ont eue vos parents et vos grands-parents, ce à quoi ils croyaient,  n'était pas aussi détestable qu'on vous le répète, retrouvez vos ascendants et soyez fiers d'eux, fiers d'être Français." Et si la gauche Gucci-Louboutin-Netflix pousse des hauts cris, elle est très minoritaire dans le pays. Les travailleurs savent bien que seul espace de redistribution et de protection sociale s'appelle nation. </p>

<p>Les têtes creuses de ce qui reste de la gauche se refusent à le comprendre et déroulent ainsi le tapis rouge devant Zemmour.</p>

<p>J'entends bien: Zemmour est un leurre. Il dénonce certains effets de la mondialisation capitaliste mais il en défend le principe. Il n'a rien à opposer au "libéralisme" destructeur de la société, de la culture et de l'histoire nationale. Le capital "fiche en l'air toutes les limites naturelles et morales", dit Marx. Mais ça Zemmour ne veut pas en entendre parler, car sa fonction objective, indépendamment de ses propres convictions subjectives, c'est de récupérer toute résistance au rouleau compresseur de la mondialisation pour la remettre aux mains des capitalistes.</p>

<p>Autrement dit, les cris d'orfraie contre le danger de l'extrême-droite, voire le "danger fasciste" sont parfaitement vains dans le meilleur des cas et nuisibles en réalité, puisqu'ils font de Zemmour l'opposant au système attitré.  La seule chose est de se placer résolument au côté des "gens ordinaires", de défendre leur condition de vie et de faire de l'amour du pays une arme contre le capital, bref de revenir au socialisme de Jaurès.<br />Denis COLLIN</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>