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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Janvier 2022]]></title>
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	<pubDate>Mon, 10 Jan 2022 07:53:19 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quand Jean Daniel, l&#039;ancien directeur du Nouvel Observateur, s&#039;inquiétait du changement de visage de la France.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>par Bérénice Levet, pour Le Figaro - décembre 2021</p>

<p>L'écrivain et philosophe Bérénice Levet a lu le livre posthume de Jean Daniel. Aux antipodes de certaines positions prises par son hebdomadaire, le fondateur du Nouvel Observateur, que l'on découvre sous un jour nouveau, y regrette notamment l'abandon de notre modèle d'assimilation.</p>

<p>La gauche n'a pas seulement perdu le peuple au sens sociologique du terme, elle ne l'a pas non plus perdu seulement en tant que réalité politique, communauté historiquement constituée cimentée par des souvenirs, une langue, des mœurs, elle a perdu l'homme, les hommes, conspuant depuis plusieurs décennies, le besoin d'histoire et d'histoires même, de passé, de racines, de continuité historique.</p>

<p>Tel est le sentiment, poignant, qui nous gagne et nous étreint en refermant le livre de Jean Daniel qui paraît aujourd'hui aux Éditions de l'Observatoire, «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation».</p>

<p>Ce livre est une somme, couvrant quelque quatre décennies de réflexions, fruit du magnifique et patient travail accompli par Benoît Kanabus qui a sélectionné les textes, les a articulés et ordonnés aux questions qui travaillent plus impérieusement que jamais notre société, rendant sa continuité et sa cohérence à cette méditation. Livre posthume, certes, dans la forme, non dans le fond. À l’exception de quelques inédits, l'essentiel fut publié du vivant de l'auteur, il convient d'y insister car bon nombre de lecteurs ne laisseront pas d'être surpris tant le contraste semble grand entre le souvenir que l'on peut avoir du directeur du Nouvel observateur, du rôle qu'il joua dans la vie intellectuelle, des positions prises par son journal, et le Jean Daniel tel qu'il se dessine au fil des pages de cet ouvrage. Énigme que cette mise en sourdine d'une pensée légitimement inquiète. Seul Alain Finkielkraut saura faire valoir cet autre visage de Jean Daniel.</p>

<p>Ce livre est important à plusieurs titres. D'abord parce qu'il est l'œuvre d'un observateur engagé, ou plutôt embarqué, au sens de Camus : un observateur qui ne déserte pas la caverne des hommes mais n'entend pas sacrifier à la cause de la vérité à quelque combat du jour ou à quelque idéologie.</p>

<p>«Je ne pardonnerai jamais à la gauche, ma famille, [de ne s'être] pas inquiété de ce que devenait le visage même de la France.» Jean Daniel <br />Jean Daniel se fait le témoin, capital, l'enquêteur, l'explorateur et le penseur des mutations qui affectent la France dès les années 1980 et les peint par le menu. Il voit ce qu'il voit, et le dit, l'écrit, sans trembler. Il voit une France qui se communautarise, s'islamise, se décompose -– «Il y a en ce moment, en Occident,  prévient-il, une islamisation de la vie quotidienne dont l'expansion est inquiétante». Une France gagnée, grignotée par un modèle non seulement étranger mais contraire au génie français – génie au sens d'esprit : le modèle communautaire importé des pays anglo-saxons. Il entend se lever, de manière toujours plus sonore et véhémente, l'exigence de représentativité, de «visibilité» comme on dit aujourd'hui, dans les séries télévisées, dans les grandes écoles, dans l'espace public.</p>

<p>Il voit une gauche flagornant la jeunesse issue de l'immigration, l'incarcérant dans ses dites origines, et se spécialisant dans la fabrique de victimes, dessinant, avec complaisance et délectation, une France xénophobe, raciste, esclavagiste, coloniale, farouchement inamicale, hostile même, aux différences. Une gauche se plaisant à «remuer chez la jeune génération issue de l'immigration, et contre la France, des souvenirs reconstruits de l'esclavagisme et du colonialisme». Et Jean Daniel de remettre les pendules à l'heure : «Le drame de la jeunesse issue de l'immigration n'est pas le passé esclavagiste et colonial que la France se refuserait à regarder en face», selon une antienne qui l'impatiente, comprenant que la France n'en sera quitte, aux yeux de ces procureurs acharnés de la France, que lorsqu'elle ne regardera plus que ses fautes, ses pages sombres, et n'aura plus d'yeux pour ses nobles accomplissements. Le drame de cette jeunesse maghrébine ou africaine est dans «l'échec de la lutte émancipatrice de leur pays d'origine», et, point absolument capital, dans la valorisation et l'exaltation des différences qui, sous couvert de générosité, n'est rien d'autre qu'un «abandon», selon le mot si profond de Jean Daniel. Et tout cela sur fond de renoncement à une politique d'intégration digne de ce nom.</p>

<p>«Le Pen apporte les plus mauvaises solutions à de bonnes questions». Nous sommes en 1984. La phrase est prononcée par le premier ministre d'alors, Laurent Fabius. Jean Daniel qui rappelle ce moment, en espère beaucoup. Tempête de réprobations. Et, en un éclair, le rideau déchiré se voit de nouveau tiré. Laurent Fabius se ravise, il «n'avait pas dit ce qu'on lui avait fait dire». Occasion manquée et depuis lors, jamais retrouvée.<br />«Je ne pardonnerai jamais à la gauche, ma famille, [de ne s'être] pas inquiété de ce que devenait le visage même de la France», écrit Jean Daniel, ce visage étant celui du communautarisme et de l'islamisation. Il ne le pardonne pas à la gauche parce qu'elle est sa famille de cœur mais force lui est de constater que les élites dans leur ensemble, politique, médiatique intellectuelle, droite, gauches mêlées, sont compromises dans cette funeste reddition avec notre modèle de civilisation, avec notre forme de société, qui renferme une certaine entente de la vie et une certaine idée de l'homme auxquelles Jean Daniel est attaché et trouve infiniment de charmes – nous y reviendrons.</p>

<p>Il voit en effet les aveuglements volontaires et les complicités de la gauche, mais celle-ci est loin d'avoir l'exclusivité du déni et de la complaisance. Lorsqu'il s'ouvre de ces inquiétudes aux hommes qui successivement présideront aux destinées de la France, il se heurte à chaque fois à une même fin de non-recevoir - Valéry Giscard d'Estaing ou Jacques Chirac ne se montreront pas moins sourds que François Mitterrand aux avertissements de Jean Daniel. Lorsqu'il fait observer au chef de l'État socialiste: «Président, le pays est en train de changer. Le clocher de votre affiche électorale, dans peu de temps, vous le verrez entouré de deux minarets», il reçoit pour toute réponse : «Vous parlez comme Le Pen» et devine un Mitterrand «redoutant ensuite qu'à chacune de nos rencontres je ne me le sujet sur le tapis».<br />«Entre le confort intellectuel et moral et le réel, de toute évidence, Jean Daniel choisit le réel.» Bérénice Levet <br />De cette lucidité qui le distingue au sein de la gauche, la clef se trouve peut-être dans une remarque faite en passant : «J'ai rarement été en complet accord avec les miens sur tous ces sujets, car je pense que les hommes sont naturellement racistes, et qu'ils ont du mal à supporter le différent. À leur nature mauvaise, il faut opposer avec une infinie patience une culture de la coexistence». Question d'anthropologie, autrement dit. Jean Daniel se sépare de la gauche rousseauiste, de cet angélisme d'un homme qui serait naturellement bon et que seules les institutions corrompraient. Son homme, comme celui du péché originel, comme celui de Soljenitsyne ou de Kolakowski, est traversé par le bien et le mal. Son anthropologie, est celle que l'on attache traditionnellement à la droite. En lisant ces lignes, l'on songe aussi à Merleau-Ponty distinguant entre deux formes d'humanisme : le premier, et le seul authentique, «affronte comme un problème le rapport de l'homme avec l'homme et la constitution entre eux d'une situation et d'une histoire qui leur soient communes», le second, faux humanisme, humanisme frelaté, «ne trouve aucune difficulté de principe dans les rapports de l'homme avec les autres hommes». L'humaniste digne de ce nom sait que l'altérité est une épreuve et que cimenter un peuple n'a rien qui va de soi. L'humanisme de Jean Daniel relève incontestablement du premier, lui qui n'eut de cesse de dénoncer un «angélisme» qui, singulièrement dans les questions d'immigration et de confrontation de l'Occident avec l'islam, «mêle la mauvaise foi à l'irresponsabilité», ou s'agaçant de ces vaines réunions politiques «où [en] revenait toujours à la même logomachie humanitariste».<br />Une des grandes saveurs de cet ouvrage vient du vent de liberté qui y souffle. Entre le confort intellectuel et moral et le réel, de toute évidence, Jean Daniel choisit le réel. On retrouve, dans ce livre, la passion de penser, d'interroger, d'inquiéter les évidences qui n'a cessé d'animer le journaliste, sa disposition à l'admiration aussi. Qui commence de penser en a fini avec le repos, la tranquillité, le mol oreiller. Pacte signé et agréé! Jean Daniel savait qu'on ne pense pas seul avec soi-même. Il se nourrissait des grands esprits du passé et du présent, on le vérifie dans cet ouvrage. C'est cette vie de l'esprit qu'il avait su faire vivre au sein du Nouvel Observateur, conviant Mona Ozouf, François Furet, d'autres intellectuels à rejoindre la rédaction. Qu'on me permette de rappeler deux anecdotes, significatives de ces dispositions d'esprit. La première, l'échange, savoureux, de Jean Daniel avec Claire Brétécher alors qu'il invitait la dessinatrice à se joindre au Nouvel Observateur. Intriguée, et quelque peu sur la défensive, l'auteur à venir de la série des Frustrés objecte : «Je ne vois pas ce que je peux faire ici», et Jean Daniel de répliquer: «- Vous moquer de nous», nous, les intellectuels de gauche, «nos tics, nos réflexes, nos secrets accommodements avec le ciel des idéologies». Pari conclu et promesse tenue, et Jean Daniel bientôt de s'en féliciter : «Grâce à Claire, il est désormais impossible de se prendre au sérieux au Nouvel Obs». «Elle est notre contre-pouvoir». À l'heure de la Woke culture et en un temps où la rédaction d'un grand journal du Soir bâillonne un dessinateur, belle leçon !<br />«J’ai commencé à me poser ces questions un jour où je regardais des jeunes gens jouer au football qui se parlaient en arabe et ignoraient les Français qui les côtoyaient.» Jean Daniel </p>

<p>La seconde, rapportée par la sociologue Évelyne Sullerot, dans son autobiographie, L'Insoumise : en avril 1971, invité à prendre la parole lors d'une conférence organisée par France Observateur  dans le sillage de la publication du «Manifeste des 343» - passé à la postérité sous le titre, donné à l'époque par Charlie Hebdo, «Manifeste des 343 salopes» -, sur le thème «Faut-il, oui ou non, dépénaliser l'avortement ?», la cofondatrice du Planning familial s'oppose vigoureusement au slogan brandi par certaines des militantes : «Mon ventre est à moi et ce qui est dedans aussi», rappelant hardiment que, dans l'avortement, «trois personnes sont concernées : la femme, le bébé et le père». «Quand j'ai dit le père, se souvient-elle, j'ai entendu des hurlements […]. J'ai vu des filles arriver sur moi comme pour me jeter dans la fosse en m'assenant des coups». «Le lendemain,  poursuit-elle dans ses mémoires, Jean Daniel, le directeur de France Observateur, m'a envoyé un immense bouquet de fleurs d'un mètre cinquante de haut : “Au nom des hommes disparus dans la circulation.” Il saluait mon courage d'avoir osé parler».</p>

<p>Pas de totems donc, pour Jean Daniel, pas de tabous, pas d'auto-censure. Quelques exemples entre mille, et c'est le livre tout entier qu'il faudrait citer. La question fait irruption dans sa vie à la faveur d'une expérience : «J'ai commencé à me poser ces questions, relate-t-il, un jour où je regardais des jeunes gens jouer au football qui se parlaient en arabe et ignoraient les Français qui les côtoyaient» - et l'on a, en lisant ces lignes, une pensée émue pour Franz-Olivier Giesbert évoquant semblable expérience, semblable épreuve, pourrait-on dire, et se voyant cloué au pilori, accusé de verser dans le suprématisme blanc par une Laure Adler ânonnant le catéchisme woke, risible au sens de Bergson, tant sa réaction relevait de cette mécanique plaquée sur du vivant qui définit le rire, selon le philosophe. Autre indice de la liberté de Jean Daniel : «La France, tu l'aimes ou tu la quittes», la célèbre sentence de Nicolas Sarkozy : croit-on que Jean Daniel allait se joindre au concert d'indignation qu'elle suscita. Nullement : «ça ne m'aurait pas choqué si Nicolas Sarkozy avait montré qu'il s'adressait à tous, aux Français de souche comme aux autres».</p>

<p>«Je ne vois pas pourquoi il serait indécent pour l'Europe de rappeler ce qu'elle a apporté au monde.» Jean Daniel <br />De cette police de la pensée qui frappe d'interdit certaines questions, Jean Daniel n'a cure. Ainsi de la question du droit du sol, brûlante d'actualité pour nous dans le contexte de l'élection présidentielle et alors que trois candidats à la fonction suprême (Éric Ciotti, Marine Le Pen, Éric Zemmour) ont eu la témérité de la remettre à l'ordre du jour. «Si les enfants d'étrangers que le hasard fait naître sur notre sol deviennent français sans que l'école fasse d'eux des citoyens – et quand Jean Daniel écrit citoyen, il entend bien des Français, c'est-à-dire des êtres investis d'une responsabilité pour la communauté historiquement constituée dont ils sont appelés à devenir membre -, alors la nation ne deviendra plus qu'une juxtaposition de communautés, c'est-à-dire qu'elle sera condamnée à disparaître». Le droit du sol sans l'intégration, martèlera-t-il, «c'est la porte ouverte au communautarisme et à la ghettoïsation ».</p>

<p>Jean Daniel s'emploie aussi à déconstruire quelques poncifs amis du masochisme occidental, et propagandes à destination de «la diversité». Entre la dette que l'Occident aurait contractée envers les autres civilisations Jean Daniel là encore s'impatiente de cette hémiplégie, de ce deux poids deux mesures : «Puisqu'on nous rappelle à juste titre ce que nous devons tous à l'âge d'or de la grande civilisation arabe, je ne vois pas pourquoi il serait indécent pour l'Europe de rappeler ce qu'elle a apporté au monde».</p>

<p>Et, en riposte à l'antienne de «ces étrangers qui ont fait la France», si assourdissante qu'on en viendrait à croire que la France est leur seul œuvre, Jean Daniel rappelle de la manière la plus énergique que là n'est pas l'esprit dans lequel il a été élevé, que dans sa famille, prévalait le sens de la dette, de la gratitude pour le don qui leur était fait : «pour les miens, [il s'agissait] de mettre l'accent non sur leur apport mais sur l'identité reçue», «mes parents ne se demandaient pas ce que le pays leur devait mais ce qu'ils devaient au pays» et ce qu'ils devaient à la France, c'étaient «des souvenirs, des projets, des valeurs, des mœurs, des rites, des usages».</p>

<p>La question de l'intégration, de l'assimilation est au cœur de cet ouvrage. Assimilation ? Reconnaissons que le terme n'apparaît que très rarement sous la plume de Jean Daniel, et l'on aurait aimé interroger sur ce point dont l'enjeu n'est pas que sémantique, mais je ne crois pas le trahir en disant qu'il ne l'aurait pas refusé. Car si le mot n'y est pas, la chose s'y trouve, et sans fard. La description qu'il propose du mécanisme de l'intégration ne laisse aucun doute sur ce point : il s'agit bel et bien de se fondre dans le creuset français, de faire pleinement sien les usages, les mœurs du pays dont on est appelé à devenir membre. La citoyenneté n'est en aucune façon une simple question de respect des lois. Le patriotisme de Jean Daniel n'est pas un patriotisme constitutionnel à la Habermas mais charnel.</p>

<p>«L’intégration était la plus merveilleuse machine au monde à fabriquer des Français.» Jean Daniel <br />Jean Daniel oppose les plus fermes répliques à chacun des faux procès intentés à l'assimilation, restituant ainsi son sens véritable, et grand, et généreux à cet idéal français. Non l'assimilation ne signifie pas le sacrifice de soi : «Devenir français, rappelle-t-il magnifiquement, ce n'était pas cesser d'être soi-même contrairement à ce que l'on entend aujourd'hui. C'était faire en sorte que la meilleure partie de soi adhère à une volonté commune».<br />La question de l'assimilation travaille tout l'ouvrage, parce que longtemps elle fut la réponse proprement, spécifiquement française à l'arrivée de populations étrangères sur notre sol et que nous y avons funestement renoncé. «L'intégration était la plus merveilleuse machine au monde à fabriquer des Français», admire Jean Daniel. Sans elle, et face au défi de l'immigration, la France se condamne à disparaître, en tout cas, à changer définitivement de visage.</p>

<p>La France se communautarise, s'islamise, se sépare. Fatalité ? Était-elle, est-elle réellement sans ressource face à ce processus ? Nullement, elle possède dans sa besace cette formidable machine, comme l'appelle Jean Daniel, qu'était l'intégration imitative, qui n'est pas qu'une machine, pas qu'une mécanique, mais une philosophie. Au poncif selon lequel l'intégration ou l'assimilation aurait échoué, Jean Daniel s'oppose vigoureusement et très justement : «On dit que le modèle français a échoué. C'est faux. Aussi longtemps qu'il a été appliqué, il a parfaitement réussi. Et quand il a cessé d'être appliqué, il n'a pas été remplacé».</p>

<p>Et ce modèle, on ne l'a plus appliqué parce que la philosophie qui l'inspirait nous a quittés, parce que les principes qui le portaient nous ont abandonnés, parce que les ressorts qui le soutenaient se sont grippés. Et Jean Daniel en fait un bel inventaire, avant, pendant, après liquidation : l'intégration, l'assimilation a été forte aussi longtemps que «la confiance que les Français avaient dans la vocation et l'avenir de leur pays» l'étaient ; aussi longtemps que «l'identité française était plus forte que celle des communautés que la France accueillait». Or c'est cette force, cette confiance, cette foi en soi, cette consistance identitaire qui se sont étiolées, et ce, alors et à raison exactement inverse, pendant que l'identité islamiste, elle, se fortifiait. De la déliquescence de l'identité française, de la substituions de la France par une myriade de communautés, Jean Daniel en reçoit le choc alors qu'il est en Algérie : «Des gens faisaient des projets de voyage, raconte-t-il. L'un d'eux me dit : ‟Il faut qu'on aille dans la société miloudine”. Je lui demande ce que c'est. C'était près de Lyon. ‟Pourquoi ne dites-vous pas Lyon ? – Parce qu'il y a toute une société berbère installée là. Il y a d'ailleurs trois voyages par semaine organisés entre Sétif et Lyon». Et Jean Daniel de commenter : «Ils en parlaient comme s'ils n'allaient plus en France, mais comme s'ils se rendaient dans une partie algérienne de la France qui se trouvait par hasard au-delà de la Méditerranée». Or, ainsi qu'il le rappelle avec force, «il est tout simplement contraire à la République qu'il y ait des ‟musulmans vivant en France”, disposant de la nationalité française mais se référant, culturellement à d'autres pays».</p>

<p>Cette situation est le fruit d'un renoncement, d'une capitulation de la France : l'abandon d'une politique d'assimilation ; elle est inséparable de la valorisation et de l'exaltation des différences qui pénètre la France dans les années 1980, selon un modèle importé des pays anglo-saxons et notamment des États-Unis, totalement étranger à la France. Le succès de l'intégration tenait aussi et d'abord à ce que la France n'accueillait pas des communautés mais des individus, elle se refusait à regarder le nouveau venu comme le représentant d'une communauté quelle qu'elle soit. La décomposition de la France procède également, et d'abord, d'une absence de politique migratoire digne de ce nom, car quelle que soit la volonté assimilationniste, le problème est insoluble aussi longtemps que l'immigration demeure massive. Selon l'analyse de Hegel, il est un moment où les changements quantitatifs se font changements qualitatifs.</p>

<p>La thèse selon laquelle l'idéal français d'assimilation, la passion du monde commun, le refus d'un pays où les individus et les communautés se trouveraient comme l'huile et l'eau, selon l'image de Renan, posés côté à côté - prélude au face-à-face selon l'avertissement d'un ancien ministre -, aurait fait son temps, ne l'a jamais impressionné. Que l'heure soit aux identités, à la diversité, à la visibilité des minorités… Jean Daniel refuse de se laisser intimider. La hantise d'être retard sur son temps ne l'a jamais atteint. Ses amis peuvent prêcher l'adaptation, il reste ferme. Et ce pour une raison simple et forte – de celle qui vous rende inflexible : le modèle français lui paraît infiniment plus savoureux, plus délectable que le modèle communautariste des Anglo-Saxons. Autre temps ? Sans doute, mais pourquoi autres mœurs, pourquoi autre modèle ? La manière française, l'entente française de la vie en commun doit être préservée, continuée, sauvée.</p>
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«Jean Daniel ne craint pas de mettre les pieds dans le plat : la rencontre de la civilisation occidentale et de la civilisation musulmane constitue bel et bien un choc.» Bérénice Levet 
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<p>Venons-en à présent au totem, au tabou, par excellence, la question de l'islam, centrale dans Réconcilier la France. Jean Daniel ne craint pas de mettre les pieds dans le plat : la rencontre de la civilisation occidentale et de la civilisation musulmane constitue bel et bien un choc – l'ouvrage de Samuel Huntington avait fait forte impression sur Jean Daniel et ce livre en porte un puissant témoignage. Redoutable erreur, note Jean Daniel, et cause des aveuglements dont nous payons le funeste prix, que d'avoir esquivé la question de la civilisation des nouveaux immigrés. L'islam est un problème et un défi pour chacun des pays européens, mais plus brûlants en France, tant le communautarisme est étranger et contraire à l'esprit français. Menace accrue pour nous, mais chance inédite aussi pour les musulmans. Occasion unique pour l'islam de se réformer, de rendre à l'individu une certaine liberté, un certain jeu. C'est sur ce défi singulier que la lecture du livre de Jean Daniel jette de très vives lumières.</p>

<p>«L'islam pose-t-il un problème à la France ?», «L'islam pose-t-il un problème à la laïcité ?, demande Jean Daniel. Lorsque la réponse n'est pas un réquisitoire, la réponse est oui». La république française est une république des individus - et le mot de Clermont-Tonnerre est, pour Jean Daniel, l'unique et dernier mot en ce domaine : ne rien accorder aux Juifs comme nation, tout leur accorder comme individu, et des individus dont nous ne voulons rien savoir des appartenances particulières (religion, certes, mais sexe, mais sexualité, que sais-je encore). Or, là est la gageure : «Il est difficile de concevoir un islam qui ne soit pas communautaire», explique Jean Daniel, «pour l'islam, la religion, c'est d'abord le groupe, la tribu, la ummah». Ce n'est donc pas seulement comme communautarisme que l'islam représente un défi, voire une «menace», pour la France, «mais en tant qu'universalisme islamiste». La laïcité libère l'individu du groupe, lui permet de faire un pas de côté par rapport à la religion de sa communauté, de sa famille, de sa tribu or, l'islam n'admet pas cette liberté du pas de côté.</p>

<p>Et c'est là, parce que la France s'adresse à l'individu et non au représentant d'une communauté, que La France peut être regardée avec Mohamed Arkoun par exemple, que cite Jean Daniel, comme une chance pour les musulmans. Et Jean Daniel de renchérir sur son ami islamologue : «Il n'est pas possible que les Arabes ignorent que la France est l'une des grandes chances de leur histoire». La France et sa farouche indifférence aux différences, aux communautés, cette république des individus leur est l'occasion de desserrer l'étau du groupe.</p>

<p>La laïcité, qui exige de l'individu de cantonner à l'espace privé l'exercice de la religion, fait le pari de la liberté : elle postule en chacun, au milieu de toutes les formes de déterminismes, ce que le poète René Char appelait «une enclave de liberté».</p>
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«La France, comme d'ailleurs presque toutes les sociétés occidentales, [..] affiche une solitude de citoyen d'où les Français ne sortent que par l'angoisse et les immigrés par le repli sur le ghetto.» Jean Daniel 
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<p>Mais de toute évidence, la France ne représente plus un modèle désirable, elle a perdu de son charme. La raison en est, en partie, et sans exonérer de leur responsabilité les musulmans, qu'elle ne s'offre plus comme nourriture spirituelle. Le spectacle que nous offrons ne présente rien de très heureux. Ces atomes, ces monades que nous sommes devenus, ces êtres vides et creux, sans histoire(s), sans passé, sans Verbe, sortis du laboratoire progressiste, et singulièrement de la pédagogie progressiste, des années 1960-1970, dont Michel Houellebecq s'est fait le romancier le plus sagace, peinent à séduire. Péché originel des années 1960-1970, que d'avoir prêté des vertus émancipatrices à toutes les formes de déliaison. Et Jean Daniel de résumer le malheur existentiel de l'homme contemporain : «La France, comme d'ailleurs presque toutes les sociétés occidentales, [..] affiche une solitude de citoyen d'où les Français ne sortent que par l'angoisse et les immigrés par le repli sur le ghetto» – parfaite trahison à l'endroit des fondateurs de la Troisième République qui exigeaient de chacun qu'il laisse ses appartenances particulières dans l'espace privé pour mieux se rattacher à cette grande et noble histoire qu'est celle de la France. Et c'est là que le rôle de l'école était majeur. Il n'est pas de tenaille identitaire : les identités particulières enferment chacun dans le cercle étroit de son identité, de sexe, de sexualité, de race, de religion ; l'identité nationale rattache chacun à une réalité plus vaste et plus haute que la sienne. Celle-ci cimente, quand les autres séparent.</p>

<p>De cette impasse, de cette crise existentielle, du malheur français, la propagande islamiste se saisit avec jubilation. L'islam politique exploite l'indigence de ce modèle, se plaît à peindre l'Occident et singulièrement la France laïque, parce que laïque, enfoncés dans le consumérisme.</p>

<p>Pour donner à aimer ce modèle encore faut-il prouver que l'émancipation ne confine pas au vide identitaire et spirituel, d'où l'injonction de Jean Daniel : la France doit faire rayonner la patrie littéraire, artistique, intellectuelle, politique qu'elle fut, elle doit faire valoir qu'elle n'est pas un «no spirit's land».<br />On l'aura compris, ce livre s'offre comme une formidable profession de foi dans le modèle français d'intégration. Non par fétichisme du passé mais parce que Jean Daniel le juge infiniment plus savoureux que le modèle communautaire, plus savoureux et parfaitement accordé à ce que Simone Weil appelait les besoins fondamentaux de l'âme humaine. Et si ce livre est essentiel c'est que Jean Daniel sait l'art de peindre et de rendre sensibles les vertus de ce modèle. «On pousse dehors avec d'autant plus de légèreté les grandes choses qu'on ne les comprend plus», disait Balzac. Or, si nous avions montre d'autant de désinvolture à l'endroit de l'assimilation, c'est assurément que nous n'en mesurions plus la grandeur, la noblesse. Jean Daniel nous rafraîchit la mémoire. Et c'est pourquoi il doit être lu toute affaire cessante.<br />La lassitude cependant, et toujours plus au fil du temps, le gagne. «Alors ce fameux modèle français, peut-on le réexhumer, le ranimer ? Je ne le crois plus, hélas». Jean Daniel ne le dissimule pas : «Je suis fatigué et j'ai presque envie de rendre les armes et de ne plus poursuivre ce combat d'arrière-garde» – en réalité, il reprendra le flambeau, et ce jusqu'à son dernier souffle. Sans illusion toutefois, doutant toujours plus qu'on puisse arrêter le processus, seulement pourra-t-on escompter le ralentir, semble-t-il conclure par moments.<br />Là encore, il voit ce qu'il voit et il voit une France, des élites en tout cas, toujours plus disposées à laisser la France devenir américaine, comme dirait Régis Debray, se convertissant à la politique des quotas, satisfaisant à l'exigence de représentativité, de «visibilité», parlant la langue de la «diversité», des «minorités». Or, y concéder, avertit Jean Daniel, c'est s'accoutumer à «penser en termes de communautés», et rompre par là même avec la singularité française et sa délectable indifférence aux différences. Redoutable boîte de Pandore ! Une fois le couvercle soulevé…«A quand la représentation des communautés au Parlement ?», demande Jean Daniel. Le Président Macron a préfacé le livre de Jean Daniel, on ne peut que l'inviter désormais à le lire et à le méditer, lui qui s'indigne de ce que le mot «assimilation» figure dans la Constitution - qui «ne correspond plus à ce que nous voulons faire» - ou institue une commission, confiée à un soutien affiché des indigénistes, Pascal Blanchard, et chargée de dresser des listes de personnalités issues de la diversité afin de leur édifier des statues et de leur attribuer des noms de rues ou de monuments, ou dont, encore, la politique mémorielle consiste en une distribution de caractère communautaire, selon la description pénétrante qu'en a donnée récemment Pierre Nora : «Il s'agissait autrefois de rassembler la collectivité nationale autour d'une figure symbolique. [Avec Emmanuel Macron], il s'agit maintenant de faire un geste politique ou de satisfaire un groupe, une famille, une frange de la nation. Charles Aznavour pour les Arméniens, Simone Veil pour les femmes et les juifs, bientôt Joséphine Baker pour la diversité. C'est le signe d'une nation ethnicisée, parcellisée, émiettée». Martingale électorale en 2017, le «en même temps» ne trompe désormais plus personne en ce domaine : à la fin, quelles que soit les hautes et vaillantes proclamations d'Emmanuel Macron, ce sont toujours les communautaristes et les indigénismes qui gagnent.<br />«Il est une chose dont Jean Daniel ne se départira jamais : son attachement au modèle français.» Bérénice Levet <br />Cependant, aussi sévère que puisse se montrer Jean Daniel à l'endroit des dirigeants français, il n'inverse pas l'ordre des responsabilités. Il voit ce qu'il voit et il voit un islamisme de plus en plus vindicatif et des nouveaux venus et des Français d'origines maghrébine et africaine toujours plus farouchement «rebelles à la fusion». Et c'est là, rappelle Jean Daniel, «une des grandes différences avec l'immigration de la fin du XIXe siècle et du début du XXe : les Polonais, les Italiens, avaient un seul but (un seul rêve) : se fondre dans la société où ils avaient choisi de s'expatrier, de travailler». Il s'agissait bel et bien de «prendre racine» quand, à l'inverse, un Tariq Ramadan proclame que «les nouveaux immigrés, musulmans ou pas, ont le droit de modifier l'identité française», c'est alors, prévient Jean Daniel que «la difficulté survient et que la République [et la France, peut-on ajouter sans forcer son propos car la France qu'il souhaite voir se continuer ne commence pas en 1789] peut s'estimer en danger».<br />Doutes donc quant à la pérennité de la France, mais il est une chose dont Jean Daniel ne se départira jamais : son attachement au modèle français. La clef de cette opiniâtreté se trouve sans doute dans le sous-titre Une histoire vécue de la nation. Vécue et non théorique, c'est important. Cela explique, me semble-t-il, la constance dont il fait montre dans ses positions, l'assurance avec laquelle Jean Daniel avance, se risque, persiste et signe, quelle que soit l'incompréhension à laquelle il se heurte, les réprobations, les suspicions qu'il lui faudra essuyer dans son propre camp. Ce livre raconte aussi le cheminement, l'itinéraire d'un enfant du XXe siècle, du jeune homme universaliste qu'il était à sa prise de conscience de ce que l'universel ne nourrit pas son homme, que l'être humain besoin de racines, d'histoire(s), d'ancêtres. Pour se tenir debout, pour se faire bâtisseur, il a besoin de cette sève. «L'avenir ne donne rien, disait Simone Weil, il n'y a rien de plus vital que le passé». Seul le passé est nourricier, susceptible de nous orienter, de nous indiquer une direction. Puissance d'inspiration non de répétition.<br />Cette défense et illustration de la nation, de l'identité française, de l'enracinement s'ancrent en effet dans l'expérience. «Que la nation ne soit pas une assemblée d'individus libres et égaux auxquels la Déclaration des droits de l'homme aurait procuré un jour la souveraineté», «il m'a fallu beaucoup de temps, confesse Jean Daniel, pour arriver à une telle conclusion». «J'ai longtemps vécu dans le culte de l'individu et l'idolâtrie de l'universel», écrit-il encore ; il a longtemps sacrifié au «culte dévot de l'autonomie du sujet», il a voulu croire «que l'individu pouvait devenir ce voyageur sans bagages», «cet homme libre, dépourvu de passé, déraciné, disponible pour une liberté pure, une volonté désincarnée».<br />Et puis, les hommes, la réalité humaine l'ont instruit. «Cet homme n'existe pas et ne peut pas exister» et mieux encore, plus fondamentalement, «il n'est pas souhaitable qu'il existe». La saveur, la gourmandise, la délectation d'une vie d'homme est dans l'incarnation. L'abstraction, les «valeurs», selon cette clochette pavlovienne qu'on se plaît à faire tintinnabuler, ne sont guère nourricières.<br />Instruit par sa propre expérience d'abord, par le manque, peut-on dire : il sait la douleur de n'avoir pas de maison de famille, pas de paysage familier, au milieu duquel on a grandi – «J'en suis privé depuis l'Algérie» ; les Cévennes, les Causses, la Lozère, de son épouse, Michèle Bancilhon - grande photographe soit dit en passant, de Michel Foucault notamment - lui seront une terre, une civilisation de substitution.<br />L'homme, décrit Jean Daniel se faisant l'interprète profond et attentif de l'humaine condition, a besoin de «s'adosser à une Histoire comme à un refuge et à une source». Que ce refuge, que cette source vienne à manquer et notre homme s'atrophie, se dessèche, s'étiole. La nation est pourvoyeuse de vie, disait la philosophe Simone Weil. Ou alors il trouve «refuge» dans «sa» communauté, prévient Jean Daniel. Et l'on songe au mot de Voltaire, «ils se sont faits dévots de peur de n'être rien».<br />«C’est la façon de faire vivre certains morts, de faire revivre quelques disparus et de vivre à nouveau à travers eux qui rend plus armés pour affronter l'avenir…on peut fabriquer du passé.» Jean Daniel <br />«J'ai surtout découvert, poursuit Jean Daniel, que toutes les formes d'affirmation de l'identité nationale relèvent d'un besoin éperdu de continuité», besoin de continuité historique, dont José Ortega y Gasset, Simone Weil, Hannah Arendt se sont fait les penseurs. Cette créature éphémère qu'est l'homme a besoin d'opposer à sa précarité, la «pérennité» d'une civilisation, comprend-il encore. Je ne résiste pas à la tentation de citer sur ce point, la belle réflexion d'Hannah Arendt que Jean Daniel aurait sans doute infiniment goûtée : «Le monde devient inhumain, impropre aux besoins humains – qui sont besoins de mortels – lorsqu'il est emporté dans un mouvement où ne subsiste aucune espèce de permanence».<br />Fidélité à l'héritage, mémoire des morts, gratitude pour les ancêtres, cela ne signifie pas que la nation soit «un ossuaire», insiste Jean Daniel : «C'est la façon de faire vivre certains morts, de faire revivre quelques disparus et de vivre à nouveau à travers eux qui rend plus armés pour affronter l'avenir…on peut fabriquer du passé», ajoute-t-il superbement.<br />Pourquoi la gauche, les progressistes, les élites se refusent-elles à faire droit à cette belle philosophie ? Pourquoi s'obstinent-ils à criminaliser cette noble idée de l'humaine condition ? Voilà ce que l'on ne peut en effet en aucune façon pardonner à la gauche et à l'ensemble de ceux qui se réclament du progrès de l'humanité !◾️<br />Illustration : Jean Daniel &amp; son livre «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation», avec la participation  de Benoît Kanabus, éditions de L'Observatoire, 577 pages, 24,00 €.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 12:53:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« La présidentielle 2022 s&#039;annonce comme une comédie tragique »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Nous vivons un triste moment sur le plan civique, mais notre situation n’est pas sans intérêt. Nous pouvons faire en direct de « l’histoire-problème », nous poser des questions historiques et essayer de les résoudre.</p><p>Comment un historien pourrait-il décrire notre campagne présidentielle ? Des évènements importants se sont produits ces dernières années : la crise des gilets jaunes a mis en évidence la baisse de niveau de vie d’une partie importante de la population ; l’épidémie de coronavirus a révélé nos déficits de production industrielle, l’incapacité de la France à produire ce dont elle a besoin – en l’occurrence des masques, des respirateurs, des médicaments.</p><p>Notre déficit commercial s’aggrave. La réindustrialisation est l’urgence, par l’action d’un État qui encouragerait l’entreprise privée. Pourtant, au-delà de quelques mots sur le sujet, mais sans programme effectif et massif, hommes et femmes politiques nous parlent d’immigration, de sécurité et d’identité.</p><p>La gauche s’évanouit dans les intentions de vote. Aujourd’hui, tout le monde est de droite. D’après les sondages, 75 % du corps électoral. C’est un minimum puisqu‘il paraît difficile de considérer comme de gauche, en un sens économique, Anne Hidalgo, maire anti-banlieusard de Paris, ou Jean-Luc Mélenchon, identitaire d’un nouveau genre avec son concept de créolisation. Quant à Christiane Taubira, qu’est-elle exactement ? Aucune idée. La France semble hésiter entre l’extrême-droite (Le Pen, Zemmour) et une droite très à droite (Valérie Pécresse ciottisée et Emmanuel Macron législateur du séparatisme musulman). Au pays de 1789, ce qui nous arrive est historiquement stupéfiant.</p><p>Cette orientation identitaire générale, dans un contexte de désastre économique menaçant, définit un nouvel unanimisme et signe la disparition, non seulement du système des partis, mais surtout des grandes idéologies qui avaient constitué notre histoire nationale.</p><p>J’ai décrit, depuis 1981 (date de publication de L’Invention de la France, co-écrit avec Hervé Le Bras) étape après étape, cette décomposition. C’est donc une véritable satisfaction intellectuelle pour un retraité tel que moi de voir s’achever un processus que j'avais commencé à suivre quarante ans auparavant. Disparition de la structuration religieuse de la France, et à sa suite, de la droite catholique, du communisme, de la social-démocratie, de la droite nationale gaulliste : tout a fini par mourir.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/9QF87U-highres-scaled-e1641288039196.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8419">Emmanuel Macron rencontre Valérie Pécresse à la maison Émile Zola (Medan), pour l'inauguration du musée sur l'Affaire Dreyfus, 26 octobre 2021 - @AFP</p><p>Le corps des citoyens est atomisé, privé de sentiments collectifs globaux ou sectoriels. Il est vieux. Il est donc de droite et fantasme sur l’Islam ou les Arabes. Avec cette précision que le vieillissement mental touche toutes les tranches d’âge. On pourrait évoquer une hégémonie gramscienne des retraités, dont nous avons vu s’épanouir la toute-puissance pendant l’épidémie de Covid.</p><p>On a enfermé les jeunes pour protéger les vieux, vieux eux-mêmes non soumis à l’obligation vaccinale. On s’apprête à vacciner des enfants de 5 à 11 ans sans rendre la vaccination obligatoire pour les plus de 50 ans. Si nous ne nous ressaisissons pas, nous allons atteindre un sommet du ridicule politique avec une élection présidentielle tenue pendant une cinquième vague épidémique, mais qui ne parlera, au fond, que des musulmans...</p><p>Religion et idéologies meurent partout en Occident, mais l’unanimisme de droite extrême français est unique. L’Angleterre a toujours un système bipartisan ; les États-Unis connaissent un affrontement violent entre Républicains et Démocrates. L’Allemagne reste un pays normal. Ses dernières élections ont vu une certaine reconquête des territoires de l’Est par la social-démocratie, c’est-à-dire un retour à des traditions nées avant 1914. On y a aussi assisté à une marginalisation-radicalisation de l’AfD. Contraction de l’extrême-droite en Allemagne au moment même où elle s’épanouit en France : l’histoire reste une discipline fascinante.</p><p>Il y a certainement une crise des démocraties occidentales, mais la situation française est spéciale. D’ailleurs, l’affrontement idéologique structurant des années 1992-2017, entre élitisme et populisme, toujours vivant aux États-Unis ou en Angleterre, a disparu chez nous. C’est une mutation capitale.</p><p>Arabophobie populaire et islamophobie des éduqués supérieurs ont fusionné dans un magma conceptuel qui mêle réfugiés, immigrés, enfants d’immigrés, petits-enfants d’immigrés, musulmans pratiquants ou non pratiquants. Je n’arrive pas à voir si l’immigration « noire », subsaharienne, désormais importante, intéresse vraiment les Français, mais ils ne me semblent en tout cas pas sur le point de sombrer dans un racisme de couleur de style américain. Restons nuancés dans la description de notre désastre moral.</p><p>Au-delà du vieillissement, notre fuite dans cette purée idéologico-politique a une cause : l’impuissance économique.</p><p>La France était une démocratie d’alternance, et pouvait l’être quand elle était une nation indépendante. Mais elle a perdu, avec le traité de Maastricht et ses suites, toute capacité d’action économique autonome et son système politique se trouve donc engagé dans une fuite hors de la réalité.</p><p>Le Président de la République française est, d’un point de vue constitutionnel, plus puissant dans son pays que le président des États-Unis ne l’est dans le sien. Il dispose du droit de dissolution de l’Assemblée. Il n’est pas équilibré par une Cour suprême largement nommée par ses prédécesseurs. Mais désormais, le potentiel de décision économique d’un président de la Ve république est nul. L’exécutif a abandonné le pouvoir de création monétaire et de régulation commerciale. Cet abandon rend toute action de réindustrialisation sérieuse, au-delà du mot, impossible.</p><p>Pour être efficace, l’État devrait investir conjointement avec le secteur privé, et protéger par des barrières tarifaires ou autres les industries renaissantes. L’Europe l’interdit. Ce que l’exécutif peut faire « d’économique » en France, c’est gérer, répartir la baisse du niveau de vie. Cela s’appelle dans la novlangue européenne : la réforme - des retraites, du marché du travail, etc.</p><p>Destruction des hôpitaux. Sous-équipement de la justice. Ce monde en contraction se cherche un bouc émissaire. L’Islam est là, cible irrésistible. Mais en vérité, malgré le freinage récent de l’assimilation qui résulte du blocage économique et de la chute de la mobilité sociale générale, l’intégration des Français d’origine musulmane est déjà tellement avancée et massive en France que toute islamophobie autre que symbolique, toute « reconquête » de style Zemmour, n’aboutirait qu’à une plongée immédiate du niveau de vie de tous les Français. Trop de musulmans, pratiquants ou non, bossent dans l’appareil productif français. L’identitaire est un fantasme.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/shutterstock_2088176203-scaled-e1641288565103.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8423">Meeting d'Éric Zemmour au parc des expositions de Villepinte, 5 décembre 2021 - @Shutterstock</p><p>Les questions identitaires permettent donc l’oubli du véritable problème : la perte de capacité d’action économique de la France et, sa conséquence, la désindustrialisation. L’élection présidentielle, dans ce contexte, est une comédie. Il faut jouer une pièce de théâtre à l’issue de laquelle un énarque quelconque sera aux commandes d’une bureaucratie impuissante et de plus en plus répressive.</p><p>La baisse du niveau de vie, quelle que soit sa répartition, finit par produire des troubles de l’ordre public, tel le mouvement des gilets jaunes. La suppression de l’Ena accompagne logiquement la montée en puissance du Ministère de l’Intérieur et de la Police. La diminution des droits juridiques des citoyens progresse à grands pas, théoriquement dirigée contre le terrorisme islamique, elle permettra en pratique un enfermement plus rapide des révoltés économiques dans le futur. L’histoire avance, assez peu masquée au fond…</p><p>Chaque élection, je le répète, est une pièce de théâtre qui doit donner le sentiment aux citoyens qu’ils vont voter pour quelque chose d’important. Les journalistes politiques sont des critiques de théâtre, qui vont commenter la qualité du spectacle. Nous avons eu, avec Sarkozy, « Le Karcher », avec Hollande, « Mister normal », enfin avec Macron, « Jeune et vieux en même temps ».</p><p>Ensuite, après l’élection… aucune différence de politique économique parce qu’il ne peut pas y avoir de politique économique. La contrainte européenne est là pour l’empêcher. Considérons, si l’on veut être optimiste, que les Français élisent un président « vice-chancelier de l’Allemagne ». En vérité, l’élection importante pour la France a déjà eu lieu en septembre et amené le SPD au pouvoir. Olaf Scholz sera notre vrai président.</p><p>La comédie en cours est jouée toutefois dans un nouveau contexte mental, parce que les électeurs ont été psychologiquement ébranlés par l’épidémie de Covid, par les confinements, par l’enfermement, le télétravail, la fermeture des universités. Une fébrilité difficile à définir rôde, menaçante. Tout peut bouger encore, tout va bouger ; une incertitude d’un genre nouveau s’installe.</p><p>Ce que nous pressentons, pour le moment, est un spectacle en deux parties, plutôt Olympia que Comédie française. En première partie : Éric Zemmour, avec « Je suis raciste et juif ». Trop fort ! Son succès au moment où j’écris (15 % dans les sondages) doit beaucoup à l’égarement du Covid et doit sans doute être classé par les historiens du futur parmi les effets psychologiques secondaires de l’épidémie. Pour la sociologie historique, le sujet n’est d’ailleurs pas la personne de Zemmour, demi-intellectuel qui a mené le discours politique français au niveau du pipi-popo-caca des écoles maternelles (au pays de Montaigne, Montesquieu, Voltaire et Diderot !). Mais ses lecteurs et ses électeurs potentiels, ce sont ces 15 % d’égarés qui méritent analyse…</p><p>Entracte… Entre en scène Valérie Pécresse, avec la possibilité d’une nouvelle pièce : « La Présidente ». Tentant. Surtout à l’échelle européenne. Si Pécresse était élue, nous assisterions à un renversement très moderne d’allure : après avoir eu une chancelière en Allemagne (Merkel) et un vice-chancelier en France (Macron), nous aurions un chancelier en Allemagne (Scholz) et une vice-chancelière en France (Pécresse). Bien sûr, Valérie Pécresse est une énarque comme Macron, comme lui bien classée à la sortie, garantie de conformisme, sélectionnée pour son incompétence économique euro-pseudo-libérale, supérieurement armée intellectuellement pour gérer la baisse du niveau de vie.</p>
<p><a href="https://elucid.media/wp-content/uploads/2022/01/9VD967-highres-scaled-e1641288903276.jpg"></a></p>
<p id="caption-attachment-8427">Vœux du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, Berlin, 30 décembre 2021 - @AFP</p><p>Je vais terminer par une remarque d’ordre moral, et qui s’adresse aux citoyens français en tant que responsables de leur destin. Critiquer les politiques est devenu un exercice trop facile. L’anéantissement de leur pouvoir économique par la construction européenne en fait des clowns naturels. Des boucs émissaires au second degré, des « Arabes de luxe » pour les humoristes. Ils font plus facilement ricaner que rêver.</p><p>C’est vrai, voter, dans le contexte économico-institutionnel actuel, n’a plus de sens. Mais quand même, le droit de vote existe, la liberté d’expression existe, le droit d’association existe. L’impuissance systémique de la France résulte autant de la passivité du corps des citoyens que de la nullité des professionnels de la politique.</p><p>Or, les Français ne militent pas pour l’industrie, ils ne fondent pas des partis pour prendre le pouvoir, instruments possibles de leur salut économique. Ils ne veulent pas prendre le risque de sortir de l’euro, ensemble, pour devenir ainsi les bâtisseurs d’une France nouvelle, inclusive et solidaire, qui regarderait vers l’avenir plutôt que vers un passé fantasmé. Dont acte.</p><p>Mais les électeurs français – vieux, jeunes, actifs, chômeurs, retraités, lorrains, bretons, charentais, savoyards ou rapatriés d’Algérie, riches, médiocres ou pauvres, diplômés ou non diplômés - doivent savoir que s’ils votent pour ceux qui bavassent sur la sécurité, l’immigration et l’islam, ils seront punis, personnellement et en masse, par une chute aggravée, accélérée, de leur niveau de vie dans les vingt ans qui viennent. Le racisme, s’ils s’y abandonnent, et contrairement à ce qu’ils pensent, va avoir pour eux un coût. Très élevé.</p><p>Si l’élection présidentielle qui vient est dans sa forme une comédie, elle est dans sa substance une tragédie.</p><p>Photo d'ouverture : Emmanuel Todd, Paris, 7 mai 2015 - @AFP</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 23:19:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«La stratégie du bouc émissaire n&#039;a rien à voir avec la science»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - En déclarant vouloir «emmerder» les non-vaccinés, Emmanuel Macron a désigné un bouc émissaire estiment les universitaires Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé. Ils y voient un mécanisme anthropologique, qui devient politique dans la gestion de la crise sanitaire.</p><p>Danièle Dehouve est anthropologue, spécialiste des rituels religieux de Méso-Amérique.</p><p>Christophe Lemardelé est historien des religions, spécialiste des sacrifices dans l'Antiquité méditerranéenne.</p><p>Dans une <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/le-non-vaccine-correspond-a-ce-que-l-anthropologie-designe-comme-un-bouc-emissaire-20211201">tribune parue le 1er décembre 2021</a>, nous rappelions que le phénomène du bouc émissaire est un mécanisme anthropologique, c'est-à-dire présent dans toutes les sociétés humaines, qui a été mis en évidence depuis la fin du XIXe siècle, par des chercheurs appartenant à divers horizons et disciplines de sciences humaines. Ce mécanisme s'installe plus ou moins consciemment si nous n'y prenons garde, quelle que soit la société, même dans des sociétés démocratiques qui pensent avoir pour représentation du monde des conceptions fondées sur les sciences.</p><p>Nous écrivions que la désignation des non vaccinés comme responsables de l'épidémie et leur mise à l'écart d'une vie quotidienne normale relevait de ce mécanisme et que nous nous inquiétions «de voir surgir à nouveau ces logiques d'accusation, de harcèlement, d'exclusion comme si le savoir scientifique et universitaire n'était qu'un divertissement de colloques».</p><p>Le passe sanitaire a commencé à créer une catégorie de citoyens de seconde zone.</p>
<p>Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé</p>
<p>Lorsque la société se pense attaquée par un ennemi extérieur – ici le virus personnifié comme un être pervers contre lequel on est en guerre – existe la nécessité inconsciente collective de trouver un ennemi intérieur. Cette catégorie est toujours construite. Ce doit être une entité, considérée comme un groupe au fonctionnement solidaire. La catégorie des «antivax» créée une vingtaine d'années auparavant pour stigmatiser les personnes qui posaient des questions concernant les vaccins, notamment la présence d'adjuvants à l'aluminium, a été réactivée. Et le passe sanitaire a commencé à créer une catégorie de citoyens de seconde zone.</p><p>Mais la <a href="https://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/covid-19-emmanuel-macron-a-tres-envie-d-emmerder-les-non-vaccines-20220104">déclaration d'Emmanuel Macron</a> dans le Parisien, le 5 janvier 2022, a tout changé. Désormais le mécanisme du bouc émissaire n'est plus un phénomène social, avec lequel l'État jouerait dangereusement. Pour la première fois depuis longtemps, et du sein même de la démocratie française, l'autorité la plus haute de l'État revendique le mécanisme du bouc émissaire comme mode de gouvernement. «Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout, c'est ça la stratégie (…) Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen». Cette partie de la population que l'on prive de ses droits les plus élémentaires – et dont on questionne même son droit à la citoyenneté – n'a rien fait d'illégal, puisque le vaccin n'est pas obligatoire. Elle ne constitue pas non plus une catégorie bien définie, mais fluctuante – puisque le vacciné d'aujourd'hui peut devenir le non vacciné de demain s'il cesse pour des raisons diverses de recevoir de nouvelles injections à répétition.</p><p>Il ne s'agit pas d'une stratégie sanitaire visant à contrôler la propagation du virus. Cette désignation sans précédent d'un « faux coupable » est politique.</p>
<p>Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé</p>
<p>Nous écrivions que le problème des «logiques d'accusation» est qu'elles relèvent de mécanismes anthropologiques qui n'ont rien à voir avec la science. Chaque jour qui passe confirme que ce ne sont pas les non vaccinés qui propagent l'épidémie. Dans tous les pays, il est reconnu que le vaccin n'empêche ni de contracter le virus, ni de le propager. Il ne s'agit donc pas d'une stratégie sanitaire visant à contrôler la propagation du virus. Cette désignation sans précédent d'un «faux coupable» est politique.</p><p>La déclaration, écrite, réfléchie, d'Emmanuel Macron, arrive à un moment précis. Elle a été précédée de la parution d'une tribune de médecins mettant en question la réanimation des non vaccinés. À leur façon et dans leur sphère d'action, ces médecins ont appliqué la stratégie du bouc émissaire. Il en est résulté cette déclaration inouïe, contraire à tous les principes de la médecine depuis toujours, qui sont transcrits dans le serment d'Hippocrate. Si le Conseil de l'Ordre des médecins ne réagit pas et que le refus des soins à une partie de la population en vient à se banaliser, la médecine elle-même change de nature.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/macron-et-les-non-vaccines-malaise-democratique-20220105">Macron et les non-vaccinés: «Malaise démocratique»</a></p><p>Après l'application de la stratégie du bouc émissaire à la médecine, la déclaration du président l'institue dans la sphère politique, comme mode de gouvernement, au moment même où la loi de transformation du passe sanitaire en passe vaccinal est en examen au Parlement. Lorsque le président écrit «on va continuer de le faire, jusqu'au bout, c'est ça la stratégie» il met tous ces événements en contexte, il revendique la désignation du bouc émissaire comme stratégie globale, à mener aujourd'hui en France. Aussi, la loi du passe vaccinal que les élus viennent de voter ne peut être dissociée de cette stratégie globale. Le contexte du vote a changé. Voter pour cette loi est revenu à accepter de fait la désignation de boucs émissaires comme mode de gouvernement, ce qui est totalement contraire à tous les principes de la République et de la démocratie.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 22:41:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/827/la-strategie-demmanuel-macron-fait-de-lui-le-fossoyeur-de-la-communaute-nationale</link>
	<title><![CDATA[&quot;La stratégie d&#039;Emmanuel Macron fait de lui le fossoyeur de la communauté nationale&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le quinquennat d’Emmanuel Macron aura été celui de la fracture, de la division, du morcellement de la France et des Français. En renvoyant systématiquement ses opposants aux extrêmes, en cristallisant la colère et la rancœur des classes rurales et populaires, en opposant les Français les uns aux autres, la stratégie du président sortant est claire.</p><p>Il veut polariser l’électorat entre lui, le camp de « la raison » et « les extrêmes ». Il souhaite ainsi faire barrage aux Républicains et s’assurer de la victoire en cas de deuxième tour avec Marine Le Pen ou <a href="https://www.marianne.net/tags/eric-zemmour" target="_blank">Éric Zemmour</a>. Cette stratégie électoraliste est aussi dangereuse que cynique. Elle est en tout cas indigne d’un chef d’État.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/emmerder-les-non-vaccines-un-president-peut-donc-desormais-dire-ca" target="_blank">"Emmerder les non-vaccinés" : un président peut donc désormais dire ça…</a></p><p>Pour fracturer l’électorat, tous les moyens sont bons : Emmanuel Macron utilise une rhétorique cinglante et raillante à l’égard des anti-passe ou des gilets jaunes. Il exclut les non-vaccinés par le biais de mesures sanitaires et de passes toujours plus restrictifs. Il recourt à des méthodes de maintien de l’ordre brutales pour inciter les manifestants à la violence. Il pénalise les classes moyennes et populaires sous couvert d’une fiscalité soi-disant écologique. Il exaspère les automobilistes, c’est-à-dire, principalement, les Français ruraux, avec <a href="https://www.marianne.net/politique/80-kmh-la-france-divisee-par-la-vitesse" target="_blank">les 80 km/h</a>. Il appauvrit les plus pauvres par la baisse des APL [aide pour le logement] et des allocations de chômage. À l’inverse, il multiplie les cadeaux aux plus aisés : suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune], prélèvement forfaitaire unique, chute de l’impôt sur les sociétés.</p><p>« Au terme du quinquennat d’Emmanuel Macron, jamais la France n’a été aussi divisée, aussi morcelée, aussi électrique. »</p><p>Finalement, le constat est implacable : depuis 2017, si les grands gagnants du quinquennat Macron sont les 1 % les plus riches, dont le pouvoir d'achat a progressé de 2,8 %. Les grands perdants sont les 5 % les plus pauvres, dont le niveau de vie a reculé le 0,5 %, selon une étude de l’Institut des politiques publiques du 16 novembre dernier. Les conséquences politiques sont claires : Emmanuel Macron veut tirer de l’abstention un électorat défavorisé, marginalisé, qui vit hors des grandes mégapoles, pour qu’il aille voter Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national a d’ailleurs bien compris la logique, et exploite au mieux ce potentiel électoral par un programme économique interventionniste et social.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/macron/on-ne-sait-pas-tout-sur-ce-vaccin-a-emmerder-les-non-vaccines-comment-macron-a-durci-le-ton" target="_blank">"On ne sait pas tout sur ce vaccin" à "Emmerder les non-vaccinés" : comment Macron a durci le ton</a></p><p>Emmanuel Macron mise sur la colère, sur l’exaspération, sur le désespoir pour favoriser le vote en faveur de candidats dits « populistes ». À cet égard, Éric Zemmour, qui divise cet électorat, est une épine dans son pied. La dynamique Pécresse qui s’est enclenchée à la suite de la primaire de la droite assombrit encore plus les perspectives du président. Alors que sa réélection est désormais compromise, il s’enfonce tête baissée dans sa stratégie de division des Français et de clivage de l’électorat. En affirmant avoir « très envie d’emmerder » les non-vaccinés « jusqu’au bout », le président a porté sa rhétorique à un niveau de mépris et d’agressivité inédit.</p><p>Au terme du quinquennat d’Emmanuel Macron, jamais la France n’a été aussi divisée, aussi morcelée, aussi électrique. La communauté nationale est atomisée, rongée le ressentiment envers un pouvoir qui s’autoproclame « camp de la raison » (Clément Beaune), tandis que ses opposants seraient des populistes. Il règne en France un climat de défiance et de haine qui est le résultat de cinq ans de mépris envers les ruraux, les non-vaccinés, les classes populaires.</p><p>« Incapable de s’adresser correctement aux Français, voilà que le président s’égare en vulgarité et en division. »</p><p>Emmanuel Macron aura tout d’abord cristallisé la rancœur des ruraux. Alors que son quinquennat est un désastre écologique, qu’aucune proposition structurante de la convention citoyenne pour le climat n’a été retenue dans la loi Climat et résilience de juillet 2021, qu’il a attendu l’année des élections pour annoncer une relance (modeste) de la filière nucléaire, Emmanuel Macron n’aura pas tardé à pénaliser les ruraux par la hausse de la fiscalité des carburants (juste après avoir retiré l’ISF, alors que ce sont bien les plus aisés qui polluent le plus).</p><p><a href="https://www.marianne.net/tags/gilets-jaunes" target="_blank">Les manifestations des gilets jaunes</a> qui ont suivi auront été l’occasion pour le pouvoir de consolider cette stratégie de polarisation de la société française. Emmanuel Macron n’aura pas hésité à traiter les gilets jaunes de « foule haineuse ». Ce mépris s’est également manifesté par les méthodes de maintien de l’ordre employées, avec la technique controversée de la nasse, l’usage déraisonné des LBD [lanceur de balles de défense] par des unités non formées au maintien de l’ordre (comme les BAC ou les compagnies de sécurisation et d’intervention) ou encore l’emploi des brigades de répression des actions violentes motorisées (unités de motocyclistes créées en 2019 par le préfet Didier Lallement lors des manifestations des gilets jaunes), critiquées pour la brutalité de leurs interpellations.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/politique/macron/emmerder-les-non-vaccines-la-strategie-du-bouc-emissaire-peut-elle-beneficier-a-macron" target="_blank">"Emmerder" les non-vaccinés : la stratégie du bouc émissaire peut-elle bénéficier à Macron ?</a></p><p>Dès le début de la pandémie, le gouvernement a adopté une rhétorique infantilisante en faisant de la « pédagogie » aux Français qui se montraient réticents aux mesures de confinement. La stigmatisation atteint son comble avec les « antivax ». Déjà, en juillet dernier, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal épinglait les Français « capricieux » et « défaitistes » qui manifestaient contre le passe sanitaire. Le chef de l’État ne s’est pas non plus privé de jouer avec le feu des antivax, en les accusant de « créer un désordre permanent ». Hier, la « pédagogie » infantilisante s’est mue en « emmerdement », en grossièreté, en ostracisation. Incapable de s’adresser correctement aux Français, voilà que le président s’égare en vulgarité et en division.</p><p>Un président de la République devrait unir les Français. En mettant toute opposition dans le même bloc « populiste-nationaliste », Emmanuel Macron fait exactement le contraire. Cette stratégie cynique fait du chef de l’État le fossoyeur de la communauté nationale. Avec Emmanuel Macron, il y a, plus que jamais, « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». La boucle du mépris est bouclée.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 22:38:10 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Ces gouvernants qui se prétendent libéraux mais nous entraînent vers une autocratie post-moderne sous couvert de protection sanitaire]]></title>
	<description><![CDATA[<p>2021 restera tout à la fois une année de colmatage, de transition mais aussi de recomposition. </p><p>Le colmatage n’est autre que le maintien à flot d’une économie catapultée par la crise sanitaire. La perfusion de la puissance publique a assuré l’essentiel : sauvegarder l’immédiat pour “cranter “ électoralement 2022 , mais au prix d’un accroissement de la dette dont les conséquences politiques, économiques et sociales sont à ce stade loin d’être soldées. Dans ce contexte, le retour des tensions inflationnistes ravive le spectre des années 1970, dans un monde plus fragmentée que jamais en apparence mais où un conflit primordial, celui de la Chine autocratique, capitaliste et conquérante avec l’Occident vient concurrencer d’autres divisions plus civilisationnelles comme celle d’un islamisme agressif et protéiforme en butte aux aires chrétiennes et démocratiques. Ces luttes surplombent à l’instar d’amoncellements nuageux les cieux tourmentés de nos démocraties, à commencer par la France . Pour autant , les incertitudes qui invisibilisent toute esquisse de perspectives ne contredisent pas cet enseignement: face au surgissement de la crise, le " nouveau monde " macroniste n’aura pas trouvé d’autre alternative que le recours au bon vieil État providence pour éviter le pire, quand bien même le " quoiqu’il en coûte " pourrait constituer une bombe à retardement. </p><p>Mais la COVID qui n’en finit pas aura marqué de son empreinte 2021 , suscitant le sentiment d’une métamorphose endogène des démocraties libérales , notamment encore une fois en France. Il s’agit là d’une transition qui s’accélère . Le modèle chinois du contrôle social imprègne , bien qu’ils s’en défendent, les pratiques des dirigeants . L’instauration du pass sanitaire, puis du pass vaccinale confirme une tendance qui n’aura connu que peu de résistances dans les instances parlementaires , pas plus dans l’opinion , encore moins au sein des organes chargés de veiller au respect de nos libertés fondamentales, qu’il s’agisse du Conseil d’Etat ou du Conseil constitutionnel qui ont justifié sans vrai recul toutes les mesures d’exception mettant à mal notre tradition libérale. La crise sanitaire résonne de ce point de vue comme une étape supplémentaire dans ce qu’il faut bien appeler le recul du libéralisme politique. Le paradoxe cruel veut que cela soit des gouvernants se prétendant libéraux qui initient ce mouvement d’acculturation à une autocratie post-moderne , sous couvert de protection sanitaire. </p>
<p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/l-annee-ou-le-politique-s-est-masque-christophe-boutin"><br />À Lire Aussi<br />L'année où le politique s’est masqué<br /></a></p>
<p>C’est sous le signe de la poursuite épidémique que la recomposition politique s’est poursuivie - ou plutôt la décomposition. Les élections régionales auront accéléré les processus de désinvestissement électoraux dont la démocratie française est l’objet , les classes populaires et moyennes manifestant au travers de l’abstention une forme d’objection de conscience civique à l’encontre d’une offre politique en laquelle ils ne semblent plus se reconnaître. C’est dans ce contexte de défiance croissante que les tectoniques de la présidentielle à venir se sont mises en place , laissant entrevoir trois grands courants se constituer mais respectivement eux-mêmes divisés en leur sein : une droite nationale pronostiquée autour de 30% selon les instituts de sondage mais fracturée désormais entre une ligne sociale incarnée par Marine le Pen et une ligne plus identitaire portée par l’offre nouvelle d’Eric Zemmour ; un centre techno-liberal partagé entre le macronisme et la droite républicaine qui s’est choisie sa championne en la personne de Valerie Pecresse ; une gauche sociétale fracturée entre une social-démocratie anémiée , une écologie scindée entre pragmatisme et gauchisme, et le melenchonisme des insoumis . De cette configuration inédite dont l’évolution n’est pas achevée , loin s’en faut , dépend l’issue de la bataille du printemps prochain . Rien ne nous dit que son terme clôture définitivement la période de turbulences dans laquelle nous sommes entrés .</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/825/edito-quotidien-driss-ghali</guid>
	<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 10:53:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/825/edito-quotidien-driss-ghali</link>
	<title><![CDATA[Edito quotidien | Driss Ghali]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Chronique du 04/01/2022 : Que peut faire Zemmour face à l’immigration ?</p><p>L’immigration est hors de contrôle, elle s’est emballée sous l’effet de deux phénomènes distincts mais qui opèrent en parallèle et à plein régime.</p>
<p>Le moteur biologique :</p>
<p>Il y a tellement d’immigrés désormais sur le sol européen que les diasporas sont devenues des êtres politiques à part entière. Elles amènent les gens depuis les pays d’origine, elles leur fournissent un gîte et une occupation, elles les assimilent même. En effet, une diaspora est une machine à assimiler car elle offre un « refuge » complet à l’immigré : tant matériel que moral et spirituel. Très concrètement, le migrant marocain n’émigre pas en France, il se rend dans l’annexe de son village ou de sa tribu installée en France. La diaspora forme un continuum humain qui ignore les frontières politiques et opère en-dessous du radar. Il suffit qu’un immigré pose les pieds en Europe, à Lampedusa par exemple, pour qu’il soit pris en charge et transporté vers Lyon, Rotterdam ou Berlin par sa diaspora. D’où les gestes désespérés de ceux qui jettent à l’eau ou escaladent une barrière de dix mètres : ils savent qu’il s’agit du « seul » obstacle face à leur entrée en Europe et leur assimilation par une nouvelle famille, la diaspora !</p>
<p>Le moteur politique ou le pacte oligarchique</p>
<p>Les diasporas sont devenues des véritables forces aspirantes de l’immigration grâce à la politique menée par les Etats. Au sud et au nord de la Méditerranée, on s’est mis d’accord pour transporter les classes populaires et les classes moyennes arabes et africaines vers les grandes villes européennes.</p><p>Partent en effet les prolétaires et les sous-prolétaires, ça ne surprend personne. Mais, il faut bien voir que les avant-gardes partent aussi : les intellectuels, les entrepreneurs, les diplômés du supérieur etc. Ainsi, les élites pourries qui gouvernent le Maghreb et l’Afrique font d’une pierre deux coups, se débarrassant des classes dangereuses (les jeunes désœuvrés) et des cerveaux qui auraient pu les guider vers le palais présidentiel pour renverser le dictateur.</p><p>La fuite des cerveaux me direz-vous ? Tout le monde s’en fiche, car il n’y a rien de plus facile de nos jours que d’importer les compétences techniques. Les Turcs vous font un barrage clefs en main en quelques mois, les Chinois une autoroute, les Américains un systèmes informatique crypté pour les besoins de l’Etat. La ressource « ingénieur » est abondante dans le monde et sait très bien exécuter un chantier sans poser de questions : il suffit de payer.</p><p>Vous voyez donc le moteur caché de l’immigration : débarrasser les potentats du sud et leur entourage des classes sociales qui peuvent les gêner.</p><p>Les oligarchies européennes y trouvent leur compte de toute façon, certains jeunes immigrés ayant une grande utilité dans la destruction des sociétés encore bercées par le rêve de l’Etat-Providence. L’importation de populations accoutumées à l’inégalité radicale voire à l’arbitraire accélère la destruction de la cohésion sociale. Nous au Maroc nous sommes habitués à la sécession des élites et à la disparition des classes moyennes : le bidonville est notre horizon commun.</p><p>Voyez les rappeurs issus de l’immigration : ils incarnent le prolétariat dont a besoin l’oligarchie dans le futur proche c’est-à-dire une masse de zombies drogués, désarticulés sur le plan mental et passionnés par la violence. Quelle est la vocation d’un rappeur lambda ? Incarner la domination du fort par le faible, substrat de la nouvelle société qui émerge sous nos yeux.</p><p>Par ailleurs, la hausse de la délinquance, issue de l’immigration, détruit l’estime de soi du peuple de souche, le seul qui soit capable de s’opposer à l’oligarchie, car il dispose d’une tradition syndicale et d’une histoire révolutionnaire. Or, quand tu humilies un père de famille jour après jour en lui taxant une cigarette ou en molestant sa fille, tu le désactives en tant qu’agent politique. Il se transforme en un sous-homme qui ne sert qu’à obéir et à fermer sa gueule. Est-ce un hasard que le peuple français soit devenu aussi pacifique et passif depuis le début des années 2000 ?  Plus question de grève générale, et encore moins de Commune…</p><p>Zemmour, une fois élu, aura affaire à ces deux moteurs qui tournent à plein régime : le biologique et le politique. Deux ennemis mortels car l’un a la logique du nombre pour lui (plus de 2,6 millions d’Algériens en France, un million de Marocains etc.) et l’autre a les relais de pouvoir à son service (BFM, Libération, les ONG, l’ONU etc.).</p><p>Une suggestion à mon modeste niveau à mon candidat à l’élection : (1) mettre en avant son programme tel quel, il est pertinent et aura un effet immédiat et (2) agir discrètement sur les pays du sud pour mettre en place des élites qui ne veulent pas exporter tous leurs problèmes vers la France.  Dans un monde idéal, il faudra changer les régimes en place. Comme nous ne vivons pas dans un monde idéal, il convient de gêner les régimes actuels au point de leur faire comprendre que leur survie dépend d’un changement de comportement. Au Sahel par exemple, il convient peut-être de maintenir un certain niveau d’instabilité pour que les castes au pouvoir dans la région « aient suffisamment la trouille » pour renoncer au jackpot migratoire.</p><p>Enfin, ces choses là ne s’écrivent pas et ne se publient pas…</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Les masques sont tombés. Nous sommes face à un coup d’Etat mondial qui se met en place dans chaque pays. Les constitutions sont mises entre parenthèses, la démocratie est devenue une sorte de vernis à ongles qui ne trompe plus personne. Le peuple n’est plus qu’un spectateur passif, il est tombé de son piédestal, poussé par Big Pharma et les politiciens véreux.</p><p>Chacun doit agir selon ses talents. Les héros vont prendre le maquis ou bien s’engager dans des actions de résistance plus ou moins ouvertes. Les ennemis de la démocratie vont continuer sur leur lancée : que la pandémie s’arrête ou pas, ils chercheront à solidifier leurs positions en modifiant les lois une bonne fois pour toutes. Nous aurons affaire à des lois de discrimination systémique et d’injection obligatoire voire de confiscation des biens pour des raisons sanitaires ou politiques. La majorité de la population, elle, continuera dans l’apathie : elle ne fera rien dans l’espoir qu’on lui fiche la paix. C’est humain, trop humain, inutile de s’en indigner. Il convient au contraire de danser la musique du moment et de faire semblant que les collabos ne collaborent pas.</p><p>Il est temps d’envisager une résistance à bas bruit, élégante et discrète. Une grève du zèle, un sabotage bien senti, une épidémie d’arrêts maladies etc. Il faut penser au moyen de retarder le déploiement de la dictature, le temps que les héros fassent le job.</p><p>Vous savez, s’abstenir de dénoncer un résistant est en soi un acte de résistance.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 18/11/2021 : les surprises de Vichy</p><p>Les monstres qui nous gouvernent diabolisent Vichy, matin, midi et soir. C’est de bonne guerre, car ils ne peuvent supporter la comparaison auprès d’aucun autre gouvernement français du XX° siècle. Les allusions lancinantes aux années 1939-1945 servent à détourner le regard de l’ignominie du régime actuel. C’est un attrape-nigaud en réalité, les lucides ne s’y trompent pas, les naïfs et les nigauds (la majorité) se laissent séduire.</p><p>Or, une approche calme et apaisée de l’histoire de Vichy révèle quelques nuances surprenantes. Celles que je connais le mieux correspondent à l’histoire de l’armée française durant les années 1940-1945. L’armée a protégé des officiers juifs, quitte à désobéir aux ordres de Pétain et de Laval. Je me réfère bien à l’armée de Vichy, celle qui a refusé de rejoindre De Gaulle à Londres. Ainsi, David Galula, jeune capitaine juif fraîchement sorti de St-Cyr, a été caché au Maroc par l’Etat-Major, histoire de le soustraire à l’ordonnance du 18 octobre 1940 qui stipulait l’expulsion des juifs de la fonction publique. Galula a été protégé, caché et payé par les militaires de Vichy jusqu’à l’été 1941, moment où le deuxième statut des juifs prit effet. Il était devenu trop risqué de le maintenir dans les rangs.</p><p>Déchu de sa nationalité française, Galula a été pris en charge par l’armée qui venait de le mettre dehors. Oui, cette armée de « collabos » si on en croit les intellos de pacotille qui servent de porte-voix à l’establishment. Un réseau d’officiers vichystes a envoyé Galula espionner les Allemands à Tanger, ville internationale. Galula, transformé en commerçant juif marocain, s’est faufilé dans les milieux diplomatiques et militaires de Tanger pour le compte de Vichy. En effet, Vichy collaborait avec les Américains ! Une partie de Vichy pour dire vrai collaborait avec les Alliés : échange d’informations, échange de bons procédés diplomatiques… La preuve : Washington avait un ambassadeur à Vichy. Les Alliés ont longtemps combattu De Gaulle car ils voulaient s’appuyer sur l’armée loyaliste pour renverser le régime nazi en France.</p><p>Tout cela, votre prof d’histoire-géo ne vous l’a pas dit au collège. Ne vous inquiétez pas : même Macron et ses sbires ne sont pas au courant, cette caste se limite à lire les instructions rédigées en Allemand depuis Frankfort, siège de la BCE.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique des 10,11,12 et 15/11/2021 : une autre histoire de Tindouf</p><p>C’est avec retard que j’écris le récapitulatif des vidéos des journées citées ci-dessus. Trop de travail, trop de factures à payer…</p><p>En quelques mots, je voudrais souligner ici le caractère absolument inutile et en même temps stratégique de la localité de Tindouf. Cette ville est le néant : elle n’a aucun monument, aucune ressource, aucun charme, aucun cachet. Rien. Pourtant, ce rien cristallise la querelle algéro-marocaine.</p><p></p><p>Qu’est-ce que Tindouf ?</p><p>Tindouf est d’abord un haut lieu de la traite négrière musulmane. Point d’étape niché dans un oasis à 330 km au sud-est d’Agadir, Tindouf a toujours connu les cris et les pleurs des noirs transportés par les commerçants arabes vers les marchés de Marrakech et de Fez.</p><p>Ce commerce infâme a duré plusieurs siècles, puis il s’est éteint très vite comme on éteint une bougie avec le doigt. La France a interdit l’esclavage et pourchassé les traitants. De suite, Tindouf se vida de ses habitants. Ne restèrent que les souvenirs et les malédictions gravées dans la pierre par les ongles à vif des captifs.  Nous sommes au début du XX° siècle. Le Maroc est sur les rotules, son sultan ne contrôle même pas la banlieue de Fez. L’Algérie est déjà « la France » qui lui a accolé le Sahara, immense territoire avec lequel elle n’a aucune affinité ni aucun lien historique. Au sud, la Mauritanie est un vide humain affilié à l’Afrique Occidentale Française, créée en 1904.</p><p>La tragédie se noue à ce moment précis, et en particulier après 1912, date à partir de laquelle le Maroc tombe officiellement sous l’escarcelle de la France.  Tindouf , à l’époque, est une zone de non-droit, occupée par la confédération tribale arabe des Reguibate. Personne ne les contrôle ni n’a envie de les contrôler, la région ne recelant aucune richesse particulière qui puisse justifier un déploiement de forces. De 1912 à 1934 grosso modo, la France se contente de contenir la région sans y mettre les pieds. A l’ouest, les autorités françaises au Maroc sont absorbées par la rébellion des berbères du Souss. A l’est, les forces françaises en Algérie répugnent à prendre pied à Tindouf si c’est pour rendre le territoire quelque temps plus tard au Protectorat français du Maroc qui revendique sa souveraineté sur toute la région.  Au sud, les militaires de l’AOF sont trop peu nombreux pour peser dans le jeu, surtout que Tindouf est en périphérie de leur circonscription.</p><p>On palabre pendant longtemps, sans résultat probant. Le Ministère des Affaires Étrangères (en charge du Maroc), le Ministère de l’Intérieur (en charge de l’Algérie) et celui des Colonies (en charge de l’AOF).  Un accord fragile et temporaire est trouvé en 1934 : les méharistes stationnés en Algérie prennent le contrôle de Tindouf avec la promesse de la reverser au territoire marocain plus tard. Un PC des « confins algéro-marocains » est installé à Marrakech, en guise de dédommagement aux Marocains. Il chapeaute la sécurité à Tindouf et aux alentours.</p><p>Le provisoire devient définitif les années suivantes.  La Seconde Guerre Mondiale passe par : elle brouille les souvenirs et change les hommes.</p><p>Après 1945, on ne reparle plus du sujet dans le contexte franco-français (Maroc français vs Algérie française). Les esprits sont occupés par le projet de l’indépendance des deux côtés de la frontière (frontière qui n’existe pas puisqu’elle n’est ni tracée, ni reconnue par qui que ce soit).</p><p>Le Maroc s’émancipe en 1956, l’Algérie en 1962. Le Maroc demande Tindouf à son voisin ainsi que Béchar, une autre localité des confins algéro-marocains annexée manu militari par la France à sa colonie au XIX° siècle. Refus des Algériens. On « en arrive aux mains », c’est la guerre des sables en 1963 qui n’aboutit à rien de concret : Tindouf et Béchar restent en dehors de l’orbite du Maroc.</p><p>Le problème se complique après le retrait espagnol de l’immense territoire qu’elle occupait au sud du Maroc et au nord de la Mauritanie. Les Marocains appellent ce territoire le Sahara Marocain, la communauté internationale parle de Sahara Occidental. Peu importe, l’essentiel est que toute la région entretient depuis toujours des liens d’allégeance avec le Sultan du Maroc. Allégeance ne veut pas dire obéissance. Personne n’a réussi à apprendre aux tribus nomades à obéir. Au mieux, elles payent le tribut et s’abstiennent d’attaquer les fonctionnaires du Sultan. En réalité, personne n’a intérêt à adoucir leurs mœurs. Bien au contraire, quand le Sultan est fort, il utilise les tribus comme des forces supplétives, féroces et sans pitié. Elles servent de garde-frontières vivants, avec femmes, enfants et chameaux. Nul besoin de poser des piquets ou d’édifier des fortins, il suffit de déléguer aux nomades le soin de terroriser les voyageurs et les égarés.</p><p>L’Algérie, elle, n’a aucun argument à avancer, à part que Tindouf lui a été donné en cadeau par la France, tout comme l’intégralité de son sahara. Maigre comme argument, vous ne trouvez pas ?</p><p>Aujourd’hui, Tindouf est la base de repli du POLISARIO, une guérilla armée et sponsorisée par l’Algérie et jadis par la Libye aussi.  La ville demeure lugubre et désolée. La malédiction des innocents pèse toujours sur elle…</p><p>Chronique du 16/11/2021 :  Rousseau est mort !</p><p>Nous vivons une époque horrible mais néanmoins historique! Sous nos yeux, la doctrine des droits de l’homme s’effondre, piétinée par les confinements, les injections expérimentales et le refus de soigner les patients. Deux cents ans d’histoire s’écroulent en ce moment :  au revoir Rousseau, adieu Voltaire, ciao Toqueville !  Les temps nouveaux s’annoncent, et ils ne riment pas forcément avec la dignité et la liberté.</p><p>Tant pis pour nous. Après tout, nous ne valions pas la peine. Nous ne méritions pas la Liberté, avec L majuscule. Nous l’avons abandonnée en un clin d’œil au prétexte du virus.</p><p>La seule bonne nouvelle est qu’il convient de se sentir absolument dégagés de toute allégeance aux droits de l’homme.  Tirons les conclusions : nous sommes à nouveau libres !</p><p>Libres des « bêtises » énoncées par Rousseau depuis son exil suisse et qui sont devenues notre constitution. Non, les hommes ne sont pas égaux. Non, nous ne sommes pas les frères des uns des autres. Non, il n’y a pas de volonté générale et il n’y en a jamais eu. Non, le peuple n’est pas souverain.</p><p>Il y a juste le peuple, souvent abruti et égaré, et des élites. Quand les élites sont vendues comme c’est le cas aujourd’hui, tout est perdu. Quand les élites sont dignes, alors le pays va bien.</p><p>Le seul combat qui en vaille la peine est de sauver un peuple contre lui-même en lui adjoignant des bonnes élites.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 17/11/2021 : d’un fascisme à l’autre</p><p>L’Europe a vaincu le nazisme pour se livrer, corps et âme, à la diversité. Elle a refusé le grand remplacement aryen pour mettre en place le grand remplacement africain et musulman. Telle est une manière comme une autre d’apprécier l’histoire européenne de 1945 à aujourd’hui.</p><p>Le procès de Nuremberg avait en lui-même les racines du mal : il a criminalisé le patriotisme et l’a assimilé au fascisme. Depuis lors, les patriotes se cachent et se travestissent sous des bannières stériles comme le libéralisme ou la démocratie-chrétienne. Or, le libéralisme a donné l’immigration de masse, les patrons étant « accros » aux bas salaires. Le catholicisme, lui, entraîne dans sa chute (définitive à mon goût) le peu d’attachement qu’avait les Européens pour leur mode de vie et leur identité.</p><p>Aujourd’hui, le fascisme est arc-en-ciel : il a la peau sombre, il est bisexuel ou homosexuel, il est urbain, il est écolo, il est covidiste. Il ne jure que par l’apparition d’un homme nouveau qui est une cumulation de néants : il n’est pas blanc, il n’est pas viril, il n’est pas fier, il n’est pas cultivé. Les nazis voulaient un homme nouveau, blond et fort ; les fascistes d’aujourd’hui le veulent basané, castré et confiné. Dans les deux cas, nous avons affaire à une monstruosité.</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 18/11/2021 : les surprises de Vichy</p><p>Les monstres qui nous gouvernent diabolisent Vichy, matin, midi et soir. C’est de bonne guerre, car ils ne peuvent supporter la comparaison auprès d’aucun autre gouvernement français du XX° siècle. Les allusions lancinantes aux années 1939-1945 servent à détourner le regard de l’ignominie du régime actuel. C’est un attrape-nigaud en réalité, les lucides ne s’y trompent pas, les naïfs et les nigauds (la majorité) se laissent séduire.</p><p>Or, une approche calme et apaisée de l’histoire de Vichy révèle quelques nuances surprenantes. Celles que je connais le mieux correspondent à l’histoire de l’armée française durant les années 1940-1945. L’armée a protégé des officiers juifs, quitte à désobéir aux ordres de Pétain et de Laval. Je me réfère bien à l’armée de Vichy, celle qui a refusé de rejoindre De Gaulle à Londres. Ainsi, David Galula, jeune capitaine juif fraîchement sorti de St-Cyr, a été caché au Maroc par l’Etat-Major, histoire de le soustraire à l’ordonnance du 18 octobre 1940 qui stipulait l’expulsion des juifs de la fonction publique. Galula a été protégé, caché et payé par les militaires de Vichy jusqu’à l’été 1941, moment où le deuxième statut des juifs prit effet. Il était devenu trop risqué de le maintenir dans les rangs.</p><p>Déchu de sa nationalité française, Galula a été pris en charge par l’armée qui venait de le mettre dehors. Oui, cette armée de « collabos » si on en croit les intellos de pacotille qui servent de porte-voix à l’establishment. Un réseau d’officiers vichystes a envoyé Galula espionner les Allemands à Tanger, ville internationale. Galula, transformé en commerçant juif marocain, s’est faufilé dans les milieux diplomatiques et militaires de Tanger pour le compte de Vichy. En effet, Vichy collaborait avec les Américains ! Une partie de Vichy pour dire vrai collaborait avec les Alliés : échange d’informations, échange de bons procédés diplomatiques… La preuve : Washington avait un ambassadeur à Vichy. Les Alliés ont longtemps combattu De Gaulle car ils voulaient s’appuyer sur l’armée loyaliste pour renverser le régime nazi en France.</p><p>Tout cela, votre prof d’histoire-géo ne vous l’a pas dit au collège. Ne vous inquiétez pas : même Macron et ses sbires ne sont pas au courant, cette caste se limite à lire les instructions rédigées en Allemand depuis Frankfort, siège de la BCE.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 05/11/2021 : De Bamako à Bruxelles, une autre histoire de la construction européenne</p><p>Peu le savent, mais la construction européenne doit énormément à une décision du Général De Gaulle. S’il n’avait pas sorti la France de l’Algérie, le couple franco-allemand n’aurait jamais pu se former, constituant le moteur principal de l’intégration européenne.</p><p>Revenons en arrière. En 1944, De Gaulle est à Brazzaville au Congo où il promet aux Africains le développement. Il tient parole à la Libération et la IV° République lui emboîte le pas. Routes, aéroports, écoles, universités : la France prend à bras le corps la misère du monde, dans sa version noire et arabe, l’Indochine a « décroché » dès 1946 en entrant en insurrection sous le commandement de Ho Chi Minh. La facture d’autant de philanthropie est salée : la France se ruine à petit feu et les rentrées fiscales attendues n’ont pas lieu, la productivité étant très basse aux colonies. En Algérie, l’évidence crève les yeux : on déverse des milliards à travers le Plan de Constantine (entamée en 1958) et « rien » ne sort en bout de piste : la croissance et l’enrichissement ne sont pas au rendez-vous ou pas suffisamment pour couvrir une partie des dépenses colossales engagées aux frais du contribuable métropolitain.</p><p>Or, ce dernier rêve de modernisation et il a bien raison. La France des années 1950 est en retard sur ses pairs comme la Hollande ou la RFA sur le plan de l’infrastructure (le téléphone par exemple) et de l’industrie. Pour accélérer le rattrapage, il faudrait beaucoup d’argent et surtout des cerveaux. Ces derniers sont en partie « capturés » par les projets de développement aux colonies.</p><p>Un autre obstacle au rattrapage est de caractère structurel. Les entreprises françaises n’ont pas intérêt à innover puisqu’elles sont assurées d’écouler leur production aux colonies, marché captif.</p><p>De Gaulle a compris et a le courage d’agir : il se désengage de l’Afrique (très facilement) en 1960 et de l’Algérie en 1962 (très honteusement).</p><p>Six mois après l’indépendance algérienne, en janvier 1963, il fonde le couple franco-allemand à Paris en compagnie du chancelier Adenauer. La suite est connue de tous : l’intégration économique ne cessera de s’accentuer et l’industrie française rattrapera largement son retard dans les années 1960- début 1970.</p><p>Malheureusement, la droite (Giscard d’Estaing) et la gauche (Mitterrand, Chirac, Sarkozy) ont décidé de transférer Bamako à Paris et Alger à Marseille. L’immigration de masse n’était pas du tout au programme du Général, qui voulait désengager la France du bourbier africain et arabe… Le seul vrai défaut de De Gaulle, à part d’avoir trahi les harkis, est de ne pas avoir assuré sa relève…</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 04/11/2021 : le caniche de Merkel<br /></p><p>Merkel a dit adieu à Macron ces derniers jours lors d’un déplacement à Beaune. Nous devons lui dire « bon débarras » en guise d’au revoir ! Mme.Merkel n’est pas l’amie de la France, ni de l’Europe d’ailleurs. Durant son mandat interminable, elle a marginalisé et vassalisé la France. Il faut dire que nos chefs étaient candidats à l’insignifiance au berceau… Elle nous a abandonné en rase campagne au Sahel, alors que nous y sommes allés pour défendre la frontière sud de l’Europe, c’est-à-dire la tranquillité des Allemands aussi. Concernant l’Europe, la chancelière allemande a organisé l’impuissance et cultivé l’insignifiance collective. Elle a veillé personnellement à ce que les liens de vassalité avec les Américains soient maintenus et cimentés. Elle a perdu toutes les occasions de forger un dialogue sérieux avec les Russes. A peine a-t-elle connecter son pays au gazoduc en construction qui passe par la Mer Baltique. Point besoin de prolonger outre mesure cette litanie, vous m’avez compris. J’aurais pu parler du million de clandestins syriens accueillis en 2015, dont des terroristes avérés et des égorgeurs en herbe…</p><p>Au fond, Merkel ou pas, l’Allemagne est un problème. L’Allemagne est le problème de la France. Nous sommes en couple avec un cadavre !</p><p>Ce peuple est mort à plusieurs égards. (a) Il n’a pas le droit d’être fier de lui-même pour les raisons que vous connaissez. Au passage, il nous a privés du droit d’aimer notre pays et d’oser le dire, car depuis 1945 tout patriote est un fasciste en puissance, il doit s’excuser d’avance et donner des gages de respectabilité. (b) les Allemands sont occupés par des armées étrangères, à commencer par les troupes US basées à Frankfort et ailleurs. Autrement dit, nous nous appuyons sur un pays colonisé, quel beau partenaire en effet et après on s’étonne que la défense européenne n’avance pas. ! (c) les Allemands ne savent plus se battre et ne veulent plus se battre, leurs soldats sont dévitalisés. (d) les Allemands, quel que soit leur gouvernement, nous empêchent de donner l’attention nécessaire à la Méditerranée et au flanc sud de de l’UE. C’est d’ailleurs une doléance commune aux Italiens et aux Espagnols aussi : eux aussi doivent négocier avec Berlin de l’opportunité d’intégrer les moyens de communication des douaniers italiens avec leurs homologues tunisiens.</p><p>La faute, à qui ? La faute incombe à un mort nommé De Gaulle. Il nous a mis dans ce couple de la mort en janvier 1963 en signant la réconciliation franco-allemande avec Adenauer (traité de l’Elysée). Mais, là c’est une histoire que je vais vous raconter demain, vendredi.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 03/11/2021 : On tue à Montauban, aussi…</p><p>Il n’y a plus de zones sûres. Le spectre de la mort violente est partout même au cœur de ce qui était jadis la douce France : l’albigeois, les provinces riantes autour de Toulouse…</p><p>L’insécurité a pris la tournure du terrorisme. Quand on lynche un homme devant sa femme, c’est du terrorisme. Quand on tue un ancien parachutiste sur un parking, c’est du terrorisme. Pas besoin d’un manifeste ou d’une revendication signée Bin Laden pour qu’un acte abjecte soit considéré comme terroriste. L’effet est là : les lâches sont intimidés, les patriotes sont enragés. Autrement dit, la société est divisée, il ne reste plus qu’à allumer la mèche.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 29/10/2021 : les goumiers et les tirailleurs</p><p>Tout le monde en parle, peu les connaissent vraiment. Les combattants maghrébins et africains qui ont participé aux combats de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale n’étaient pas des as de la communication et du marketing. Ils n’ont pas songé à leur légende, ils ont fait le boulot et ont vécu comme des hommes et non des adolescents attardés comme la plupart d’entre nous.</p><p>Résultat, on leur prête des motivations qui n’étaient pas les leurs.</p><p>Pourquoi ont-ils rejoint les forces françaises, c’est-à-dire l’armée du pays qui a occupé leur pays ?</p><p>D’abord, plusieurs n’avaient pas de « pays » avant la colonisation. Le Mali ou le Sénégal sont des inventions françaises. Jadis, il n’y avait dans ces contrées que des peules nobles et des peuples soumis, des maîtres et des esclaves. Point de nation, point de peuple. La France a mis fin à l’esclavage et au servage. Elle a regroupé sous le même toit des peuples qui se faisaient la guerre (donc du mal) depuis toujours. C’est donc par gratitude que les membres des tribus et des ethnies les plus basses ont rejoint l’armée françaises pour devenir tirailleur à Dakar, Conakry ou Fort-Lamy. En une génération, ils sont passés du statut d’esclave domestique à celui de soldat, porteur de fusil. La France leur a donné aussi le sentiment d’appartenance à quelque chose d’autre que l’ethnie ou la caste : l’Empire et par extension l’Afrique Occidentale ou Equatoriale Française.  Rejoindre un bataillon de Maliens ou de Guinéens, c’était faire l’expérience pour la première fois que quelque chose nommée Mali ou Guinée !</p><p>Gratitude aussi au Maroc où les goumiers se souvenaient de l’apport immense de la pacification française. Avant 1912 et l’entrée de la France, le pays était un coupe gorge. La France a redonné aux Marocains le droit d’aller et de venir dans leur propre territoire. Cela s’appelle un service rendu, une bénédiction.</p><p>A la gratitude s’ajoute aussi l’appel du grand large. L’armée française a été un débouché à l’envie de voir du pays de milliers de jeunes de l’Atlas ou de la Kabylie. La même envie de voyager explique grandement les départs massifs vers l’Indochine à partir de 1946 : plus de 8000 volontaires sont partis faire la guerre aux communistes vietnamiens. Bien sûr, voyager permet d’échapper à la surpopulation, un mal chronique des zones montagneuses : Atlas, Rif ; Kabylie etc.</p><p>Enfin, il y avait l’amour des chefs. Un amour réciproque entre des officiers français de grande valeur et des soldats d’exception. Je doute que nous soyons capables aujourd’hui, du haut de nos plateaux de bureau, de ne serait-ce que d’imaginer le respect et la fraternité qui reliaient ces hommes entre eux.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 28/10/2021 : nous avons les dirigeants que nous méritons</p><p>Comment expliquer qu’un homosexuel français se sente solidaire de la lutte d’un Frère musulman ? ou bien qu’une femme noire marche main dans la main avec un indigéniste maghrébin sachant que le Maghreb a pratiqué la traite négrière jusqu’aux années 1910 ?</p><p>La seule explication est la bêtise. Oui, la bêtise, cet oxygène que respire la fameuse intersectionnalité, mot impossible à prononcer et qui correspond plutôt à l’alliance des abrutis.</p><p>Quand on y regarde de plus près, tout est intersectionnalité aujourd’hui. Voyez l’assise électorale de M.Macron : les bourgeois mondialisés, les bourgeois conservateurs qui ont peur de la banlieue, la banlieue elle-même qui voit en lui le président de l’invasion migratoire et du laxisme pénal. C’est de l’intersectionnalité ! Des catégories qui sont opposés du point de leurs intérêts de classe s’unissent autour d’un même personnage et d’une même politique.</p><p>La bêtise ne suffit pas à expliquer la stabilité et la durabilité de cette alliance. Il convient de considérer un autre argument : la haine. Chaque groupe se définit comme « une nuisance » à autrui ou au reste de la société. Pour rester sur l’alliance pro-Macron, vous avez la haine du bourgeois pour la France version De Gaulle et la haine de l’immigré pour la France (je généralise bien sûr, tous les bourgeois et tous les immigrés ne se valent pas). Dans l’intersectionnalité de gauche, vous avez une très forte dose de haine : la détestation des lobbies LGBT pour la famille traditionnelle et la France (ce monstre patriarcal…), la détestation des moches (pardon, des féministes…) pour les autres femmes et les vrais hommes (forts et beaux), la haine des islamistes pour la France et pour tout ce qui est beau et lumineux etc.</p><p>Le ciment tient grâce à l’adjonction de la peur. La haine marche côte à côte avec la peur en effet. Les conflits réels ou supposés peuvent mal se terminer et déboucher sur la violence. Et personne ne veut en faire l’expérience et à juste titre. D’où la peur palpable de la guerre civile, une peur trans-partisane, multigénérationnelle et multiethnique. Certains voteront Macron en 2022, non par conviction, mais juste pour gagner cinq ans de tranquillité…avant la grande explication. Au final, ils votent contre eux-mêmes car ce monsieur exacerbe les risques d’éclatement d’une guerre intérieure : il promeut la déconstruction de la France et donne une tape sur le dos à toutes les forces de destruction.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 27/10/2021 : Don Quichotte de Tourcoing</p><p>M.Darmanin nous a habitué à des communiqués triomphalistes à chaque fois qu’un commissariat est attaqué au mortier ou qu’un policier est visé par des tirs. Pour lui, toute humiliation de la police est une victoire, car il s’agit d’une répercussion de sa croisade contre la drogue.</p><p>Curieuse croisade sans étendard, sans foi et sans armée.</p><p>Personne n’ a entendu parler de cette guerre contre la drogue, à part le cabinet du Ministre. Pas de plan, pas de buts de guerre, pas de mobilisation, pas de territoires à conquérir.</p><p>M.Darmanin ne fait pas la guerre aux dealers. Il nous fait la guerre à nous en se moquant de notre bon sens et de notre dignité. Sa communication nous fait tourner en bourrique. Les reculades de sa police sont autant de coups de poignard dans notre fierté : un policier humilié représente le rabaissement de la France entière.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 26/10/2021 : le climat a bon dos</p><p>De plus en plus, les médias et les bobos veulent nous habituer à croire que les changements climatiques rendent inéluctables les mouvements migratoires. Après « une chance pour la France », l’immigration de masse serait la conséquence naturelle du réchauffement, lui-même intégralement causé par l’homme occidental bien entendu…</p><p>C’est tellement bête et absurde comme raisonnement que j’ai peine à croire qu’il se diffuse aussi vite dans l’opinion publique.  En effet, les immigrés fuient la mauvaise gouvernance, pour le dire autrement ils fuient les mauvaises élites qui pillent leurs pays d’origine et éradiquent leurs chances d’y vivre dignement. Vous voulez des exemples ? Tracez une ligne qui démarre à Casablanca et s’étend jusqu’au Caire avant de plonger vers les profondeurs de l’Afrique noire, à la hauteur de Kinshasa. Dans cet arc de la mauvaise gouvernance, règnent la corruption et l’injustice : les deux ingrédients de l’immigration. Les départs sont d’autant plus aisés de nos jours que les immigrés « ne quittent plus vraiment leurs pays » : ils voyagent du Mali vers la diaspora malienne en France, du Rif vers la diaspora rifaine en Hollande, de l’Afghanistan vers la diaspora afghane à Paris… Les diasporas organisent et aiguillent les migrations. Dans mon village marocain, nombre de mariages blancs ont permis à des « cousins » de Toulouse ou de Nantes de faire partir des jeunes filles ou des jeunes hommes ! Détail important : notre village est féministe, les mariages blancs sont souvent le fait de jeunes musulmanes de France qui vendent les papiers français aux jeunes désœuvrés marocains.</p><p></p><p>Nous sommes fatigués de la bêtise des bobos. Ils n’ont rien compris au monde et compensent leur ignorance par une arrogance toute épreuve. Ils veulent accueillir les immigrés avec l’argent emprunté à Mme.Merkel ! A ce stade, il ne s’agit plus de générosité, mais d’irresponsabilité.</p><p>Ces précieuses ridicules qui peuplent les rédactions et les classes dirigeantes sont convaincues de rendre service aux Africains et aux Maghrébins alors qu’elles ne font que ruiner leur pays. Nous rendre service, c’est nous obliger à faire le changement politique chez nous : au Maroc, en Algérie et au Sénégal.  Nous rendre service, c’est conserver la France telle qu’elle est : belle, humaniste et rayonnante. Si vous la transformez en une annexe de Marrakech, nous n’aurons plus de référence. Nous ne voulons pas que le tiers-monde s’installe en Europe, nous voulons que l’Europe demeure un havre de raffinement et de sophistication.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 25/10/2021 : le cirque</p><p>L’immigration est un business nord-sud. Les pays du sud en ont fait un véritable secteur économique. Au Maroc, l’on parle de 7 milliards d’euros/an au seul titre des transferts financiers de la diaspora. A ce rythme, il n’y aura bientôt plus besoin de travailler ou de faire des réformes : il suffira de « placer » des milliers de jeunes chaque années à Paris, Berlin et Rotterdam. Pour les pays du nord, l’immigration amène une main d’œuvre peu onéreuse à des secteurs en mal de productivité : le BTP, une certaine agriculture, la restauration parisienne. Mieux encore, parmi les migrants se faufilent les voyous et les monstres qui se chargent chaque jour de rabaisser le peuple de souche et de le terroriser. Bingo ! Le migrant est doublement utile à l’oligarchie : il réduit ses coûts et lui permet de mater le mâle de souche, le germe de toutes les contestations sérieuses, le dernier segment de la société qui se préoccupe encore des prix de l’immobilier et du salaire minimum. Les autres, les fameuses minorités, préfèrent s’inquiéter du taux de mélanine dans le sexe…</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 22/10/2021 : le visiteur malvenu</p><p>La vidéo de ce jour a été largement inspirée par les anecdotes rapportées par David Galula de son passage en Algérie. En voici une en droite ligne avec sa vision originale et décapante de la pacification.</p><p>Le visiteur malvenu</p><p>La population a des liens avec la guérilla, bien malgré elle dans la plupart des cas. Elle doit offrir gîte et nourriture à des combattants qui n’utilisent ni uniformes ni badge d’identification. Aux soldats de Galula il est presque impossible de dire qui est qui, faire la différence entre civils et insurgés. Au tout de début de la pacification, Galula recommande de nouer des liens avec la population, non pour se montrer gentils ou amicaux mais pour habituer les villageois à voir leurs mouvements contrôlés. Comment y parvenir sans soumettre les civils à des conditions de vie insupportables ?</p><p>Certains proposeront de les enfermer dans des villages dits sécurisés. En Malaisie, les Anglais ont obligé les paysans à vivre dans des hameaux stratégiques entourés de barbelés et fermés hermétiquement la nuit. L’idée est de séparer les rebelles des habitants donc les priver de riz, de pénicilline, de vêtements propres et de renseignements sur le mouvement des Anglais.</p><p>En Algérie, les autorités créent des camps de regroupement (appelés aussi village pilote) où les fellahs passent la nuit. Le jour ils peuvent labourer leurs champs. Dans certains cas,  leurs terres sont déclarées zones interdites et les paysans condamnés au chômage.  Pendant la guerre d’Algérie, d’immenses superficies seront vidées de leurs habitants ; l’armée y a le droit de tirer à vue. Les riverains sont obligés de fuir vers les bidonvilles d’Alger ou se regrouper dans les villages que la France monte à la hâte. On parle de 2 millions de déplacés (sur 10 millions d’habitants). Galula rejette ces « solutions », elles lui paraissent contreproductives car susceptibles d’aliéner la France un peu plus la population. Comment susciter le respect et la loyauté de celui dont vous détruisez le mode de vie?</p><p>Dans son secteur, Galula recense minutieusement et périodiquement la population. Ses équipes visitent chaque maison et peignent à la chaux le nom du chef de famille et le nombre d’habitants. Le tout est consigné dans un carnet et les données seront mises à jour au travers de visites impromptues. Entrées et sorties sont détectées par ce biais. Si un jeune rejoint le maquis, Galula l’apprend vite et met sa famille sous surveillance. Il y a fort à parier que d’autres départs auront lieu parmi les frères et cousins sans oublier que ceux qui seront restés dans le village pourront offrir le gite à des rebelles le cas échéant. De nos jours, ces techniques seraient inacceptables car trop intrusives mais nous sommes dans les années 1950 et tous les jours des bombes éclatent tuant européens et musulmans. Quand une famille reçoit une visite elle doit la signaler aux Français (si le visiteur passe la nuit). Autrement, Galula confisque un mouton ou une chèvre, propriété de la famille, qu’il fait sacrifier sur le champ. La viande est distribuée aux nécessiteux. Ainsi, le message passe immédiatement, sans attendre les médiations et les lenteurs de la justice officielle. D’ailleurs, il n’existe aucun texte pour sanctionner ce genre de situation, chaque officier improvise comme il peut dans son sous-quartier.</p><p>Le système fonctionne à merveille. Trop bien même. Un jour, un homme kabyle souhaite rendre visite à son cousin. Galula est à son P.C quand des villageois lui amènent spontanément l’intrus. Les soldats prennent les renseignements nécessaires et le libèrent. Un peu plus tard, d’autres riverains ramènent le malheureux. Galula le libère à nouveau. Le pauvre voyageur reviendra une troisième fois au poste, toujours escorté par des villageois qui ne veulent pas perdre leur mouton ! Galula ordonnera le transport du visiteur par jeep pour qu’il puisse enfin se réunir avec sa famille.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 14/10/2021 : S’assimiler à quoi ?</p><p>Superman sera bisexuel. 007 sera représentée par une femme. La cérémonie des César exhibe des actrices à poil et couverte de tampons hygiéniques. Macron prend des jeunes délinquants au torse nu dans ses bras. La France a instauré la PMA pour lesbiennes, excluant le mâle du processus de reproduction. La loi de bioéthique autorise le croisement de cellules animales et humaines… Et la liste des horreurs est longue.</p><p>Quel  individu dans la parfaite maîtrise de ses facultés mentales voudra s’assimiler à la civilisation occidentale ? Quelle personne raisonnable et saine désirera se rallier à cette bande de dingues ?</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 15/10/2021 : Pinocchio fait du journalisme<br /></p><p>La presse française n’est pas capable de comprendre ce qui se passe dans les quartiers nord de Marseille ou la banlieue lyonnaise. Imaginez donc son incompétence en ce qui concerne les problèmes brésiliens… Pourtant, les correspondants locaux des grands journaux français s’autorisent à émettre des verdicts définitifs concernant le Brésil. Leur dernière bêtise en date concerne le prétendu scandale de la Prevent Senior, une assurance privée qui dispose d’une dizaine d’hôpitaux et de cliniques à São Paulo.</p><p>La Prevent Senior figure au cœur d’une cabale menée par ce que la classe politique brésilienne a de plus abject. On l’accuse d’avoir expérimenté sur les patients un « kit » thérapeutique à base de substances ultra-connues comme la choloroquine et l’azuthromicine. Foutaise ! On lui reproche en vérité d’avoir soigné les gens au lieu de les « sacrifier » comme du bétail en les intubant abusivement. Ma propre belle-mère a été sauvée d’une mort certaine par les médecins de la Prevent Senior, et ce à base du « kit » thérapeutique cité ci-dessus. N’en déplaise aux hystériques et aux obscurantistes. Âgée de 80 ans et porteuse d’une maladie chronique des poumons, la patiente a été récupérée d’extrême justesse par des médecins qui soignent au lieu de maltraiter. Des vrais médecins, pas des larbins à la solde des labos. Des vrais praticiens, pas des diplômés de médecine sidérés et terrorisés par la propagande.</p><p>De la santé des gens, la caste se fiche. Elle se sert de l’imbécilité généralisée des médias et d’une partie de l’opinion publique pour massacrer la Prevent Senior et l’obliger à quitter le marché. Elle dérange en effet car elle pratique des prix modérés : de 100 à 150 USD par mois tandis que la concurrence facture plus de 500 USD ! Il s’agit donc, à travers la cabale sanitaire, de se débarrasser d’un concurrent qui fait baisser les marges. Un concurrent qui a vu grossir sa base de clients depuis le début de la pandémie, grâce à ses prix et à sa bonne réputation.</p><p>Les correspondants des journaux français au Brésil, au lieu d’enquêter, participent de l’entreprise de désinformation. J’espère au moins qu’ils y gagnent quelque chose. Autrement, ils seraient juste incompétents, sourds et insensibles à ce qui les entoure.</p><p>Je préfère avoir affaire à Pinocchio plutôt qu’à un âne imbu de lui-même.</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 13/10/2021 : le grand déclassement</p><p>L’époque est à la dégradation de l’homme européen et occidental. D’une part, l’immigration et la sacrosainte diversité le banalise, faisant de lui un « être humain » comme les autres admis à vivre parmi les nouveaux-venus, alors qu’il est chez lui et devrait jouir de la primauté accordée aux enfants du pays. Il est devenu un étranger comme un autre à Paris, Londres et Berlin.  D’autre part, les mesures restrictives l’ont transformé en un « rat » de plus sur terre, tout bon à être pourchassé par la police (au nom du confinement) et à servir de cobaye de laboratoire. Il est un homme dégradé et vidé de toute singularité.</p><p>Descends de ton piédestal, baisse la tête (devant la racaille) et tends le bras (devant le médecin)…comme tout le monde. Du grand déclassement.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 11/07/2021 : la démocratisation de la mort</p><p>Macron veut promouvoir une initiative européenne pour interdire la peine de mort au niveau mondial. Quelle drôle d’idée de la part d’un chef d’État dont le pays « élimine » 250 000 grossesses par an ! La France n’est pas ce que l’on pourrait appeler un modèle en matière de protection de la vie, loin de là. 250 000 IVG, bien qu’ils soient légaux au sens de la loi, sont 250 000 vies empêchées, pour ne pas dire tuées.</p><p>Sur dix ans, ce sont 2,5 millions de vies qui ont été éliminées. Ça donne le vertige !</p><p>La France a renoncé à tuer les criminels irrécupérables, mais n’hésite pas une seconde à tuer les embryons innocents. Cruelle coïncidence : l’instauration de l’IVG a précédé de quelques années à peine l’abolition de la peine de mort (1981). On dirait qu’il eut un passage de relais occulte, l’on s’est déchaîné sur les enfants au lieu de se déchaîner sur les tueurs et les psychopathes.</p><p>En réalité, chaque société a un côté sombre, mortifère et cruel. La sagesse (deux mille ans de civilisation à vrai dire) commande de le canaliser, non de le refouler. Jadis, nous canalisions la pulsion de mort dans la chasse, la corrida et la punition des criminels. De nos jours, nous nous infligeons la mort à nous-mêmes : l’utérus est devenu un lieu de mort.</p><p>La peine de mort n’a pas disparu, elle a quitté les mains du bourreau pour atterrir entre celles des femmes. Notre société a brisé la barrière morale qui sépare le bourreau (au visage caché par la cagoule) des citoyens. Au final, les femmes et les hommes sont devenus des bourreaux, avec tout ce que cela implique comme blessure narcissique et dégradation morale. Quel immense déclassement de la personne humaine ! Où est le progrès ? Moi, je vois un recul inquiétant dans cette confusion des rôles.</p><p>Les voyous aussi ont récupéré le privilège de donner la mort, auparavant réservé à l’État. Ils tuent pour des motifs crapuleux ou au nom de la religion, et personne n’y trouve rien à dire.</p><p>Pour toutes ces raisons, Macron devrait éviter de donner des leçons de « vie » à la terre entière.</p><p>P.S je ne suis pas contre l’IVG, je suis contre sa massification qui confine à la transformation de la société en un repère d’homicides.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 08/10/2021 :  007</p><p>Je vous conseille vivement de voir le dernier 007. Il s’agit d’un spectacle efficace et plaisant. Nous sommes loin du grand cinéma bien entendu, mais nous ne bouderons pas notre plaisir devant ce cinéma populaire qui ne se prend pas au sérieux et s’adresse à toute la famille. Profitez-en vite avant que la patrouille politiquement correcte ne le mette à sac. Ce saccage est prévu pour le prochain épisode où James Bond sera remplacé par une femme issue de la diversité.</p><p>Parlons-en de la diversité. James Bond sauve le monde (of course) en collaborant avec la CIA. Quoi de plus normal entre Anglo-saxons qui, dès qu’il s’agit de choses sérieuses, se replient sur leur civilisation et leur ethnicité. Point question de diversité et d’ouverture lorsqu’il s’agit de contrer la Chine dans le Pacifique : l’alliance AUKUS, pour Australie-Royaume Uni- Etats Unis, en est l’incarnation parfaite. Au passage, cette alliance a privé  la France, d’une manière fort inamicale, de 56 milliards d’euros au titre des sous-marins australiens.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 07/10/2021 : Le peuple n’a pas toujours raison</p><p>Méfiez-vous des élites, elles nomment « populiste » quiconque ose redonner à la démocratie un peu de son essence qui est la souveraineté du peuple. Nos élites n’acceptent la démocratie que lorsqu’elle tourne le dos au peuple et agit contre ses intérêts. La démocratie libérale se nourrit de l’impuissance des classes populaires et des classes moyennes. Notre division, notre affaiblissement, notre abrutissement sont l’oxygène du système.</p><p>Méfiez-vous du peuple, il se vend pour pas grand-chose, il aime se faire cocufier et a la mémoire courte. Notre peuple a accepté le grand remplacement pendant quarante ans. Il a été acheté par les élites au moyen de la Coupe du Monde de 1998 où a été mise en scène la fable de la diversité heureuse. Le peuple n’a pas levé le petit doigt contre le laxisme pénal, il ne fait rien d’ailleurs contre cette politique scélérate aujourd’hui. Il attend qu’on lui vienne en aide… Il attend le sauveur, tandis que ses enfants se font massacrer.</p><p>C’est à désespérer.</p><p>Les considérations ci-dessus ne doivent pas vous faire haïr le peuple. Non. Il convient de le prendre sous son aile et de le protéger contre lui-même, avec bienveillance et abnégation. Tel est le rôle des bonnes élites.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 05/10/2021 :  la politique, c’est raconter une histoire</p><p>La chronique de ce jour s’inspire de ces deux phrases :</p><p>« Les histoires ont le pouvoir d’envoyer les enfants au lit et les soldats à la guerre »</p><p>Jens Eder, chercheur en audiovisuel et professeur d’art dramatique</p><p>« Dites-moi des faits et je vais apprendre. Dites-moi la vérité et je vais croire. Mais, si vous me dites une histoire, elle vivra à jamais dans mon cœur »</p><p>Proverbe amérindien</p><p>Quiconque veut faire de la politique doit raconter une histoire puissante et engageante. On n’obtient pas le changement, on ne met pas les gens en mouvement avec des statistiques et des indicateurs.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 04/10/2021 : Non-lieu</p><p>Quand je vois un homme ou une femme masqués, je vois une non-personne.</p><p>Quand je me balade dans la rue parmi les gens masqués, je me trouve dans un non-lieu.</p><p>Ils ont effacé la diversité. Les nains et les eunuques qui nous gouvernent ont éradiqué la diversité des visages et des sourires. Ils ont uniformisé les identités. Brésiliens, Français, Espagnols, Arabes, nous sommes tous pareils avec nos muselières sanitaires marqués du logo 3M. Quelle dégradation de l’humain ! Quelle disgrâce !</p><p>Pas la peine de voyager : impossible de se dépayser. Tous les lieux se ressemblent. Ce sont des non-lieux car ils sont vides de ce qui importe le plus : l’humain.</p><p>O civilisation qui a tué l’interaction entre les individus, ô civilisation qui a interdit le baiser, le sourire et l’accolade, il ne te reste plus qu’à brûler en enfer !</p><p></p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 01/10/2021 : Quand l’Occident sonne creux</p><p>Cela fait au moins soixante ans que l’Occident « emmerde » la planète entière au nom des droits de l’homme. La France s’y est prise plus tôt, elle qui donne des leçons de Liberté, d’Egalité et de Fraternité depuis 1789.</p><p>Tout ça pour quoi ? Pour se confiner honteusement dès l’apparition du virus, pour obliger les gens à porter le masque, pour transformer les citoyens libres en cobayes ?</p><p>L’Occident a eu peur, alors il s’est sabordé. Quelle honte ! Les musulmans aussi ont peur, ils ont peur du Jugement Dernier. Ils oppriment les femmes et les homosexuels pour ça. Qu’allez-vous leur dire la prochaine fois que vous leur donnerez des leçons de démocratie ? Vous êtes au même niveau qu’eux : vous méprisez la liberté car votre peur vous domine. (et entre nous, je préfère avoir peur du supplice de l’Enfer que du virus)</p><p>L’Occident opprime au nom du Bien Commun, la fameuse solidarité qui oblige les uns à masquer leur visage et les autres à se faire piquer une, deux voire trois fois. Les musulmans aussi oppriment au nom du Bien Commun. Dans leur vision du monde, une société harmonieuse est une société où la femme est voilée et où elle hérite moins que l’homme.</p><p>Très sincèrement, il y a de quoi désespérer de l’Occident. Tout ça pour ça ? Autant de bruit, d’indignation et de bons sentiments pour s’écraser aussi honteusement…</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 30/09/2021 : Quand les contre-maîtres s’emparent du débat démocratique</p><p>Ils sont insupportables et présomptueux. Ils sont la quintessence de notre époque où l’équipage du Titanic s’autorise à donner des cours de pilotage après le naufrage !</p><p>Je me réfère aux vérificateurs que les médias nomment « fact checkers », expression horrible importée de l’Anglais comme une recette de hamburger saturé de gras et de sucre, copiée sur le site web d’une chaîne de malbouffe américaine. Nos vérificateurs crânent et donnent des leçons alors qu’ils sont vides de l’intérieur. Aucune culture, aucune production littéraire ou artistique, aucun bagout. Juste l’assurance d’être soutenu par son maître à chaque aboiement. Définition du chien de garde. Vous me direz que le berger allemand a une certaine noblesse, le vérificateur lui compense en traitant le public avec condescendance, confondant le mépris avec le sang bleu. Il n’est rien d’autre au fond qu’un contre-maître dans une plantation. Il est comme nous, un esclave, mais il s’obstine à cacher sa servitude en nous traitant comme des animaux.</p><p>J’invite les hommes et les femmes politiques véritables à s’affranchir de l’empire des contre-maîtres et autres tâcherons de l’information. Qu’ils quittent le plateau à chaque fois que l’antenne est donnée aux stagiaires arrogants qui trouvent dans wikipedia les réponses à tous les problèmes. J’invite les chefs naturels à restreindre le débat démocratique aux seules voix légitimes à les censurer : les élus, les intellectuels (les vrais, pas les baudruches sponsorisées par les états étrangers et les lobbies) et les citoyens libres. Un chômeur peut être un citoyen libre, s’il parle en son nom. Un vérificateur est un salarié servile qui surveille le troupeau. Qu’il soit rassuré cela dit, nous le recevrons les bras ouverts s’il s’affranchit. Contrairement à ses maîtres, nous ne sommes ni intolérants ni sectaires.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 29.09.2021</p><p>L’assimilation naturelle</p><p>Le Brésil est une véritable machine à assimiler. Ici, l’étranger n’a pas le choix : soit il s’assimile, soit il meurt. Impossible ou très difficile de rester soi-même et de s’enfermer dans une bulle identitaire dans ces contrées. Il en va de la survie de la personne, car la société brésilienne ne parle pas de langue étrangère, elle ne fait pas de place aux faibles et aux déshérités, elle repose sur les relations interpersonnelles. Là où en France, on peut dire « merde » au pays d’accueil et fréquenter l’hôpital et obtenir les allocations ; ici, il est strictement impossible de gagner son pain sans tisser des liens avec des Brésiliens qui vont vous ouvrir les portes de l’Etat, de l’hôpital et des entreprises.</p><p>Par ailleurs, le Brésilien, par sa personnalité , coupe court à toute velléité « impérialiste » de telle ou telle diaspora. Tu dis à une brésilienne que sa jupe est trop courte, son mari ou son ami risque de te remettre à ta place à l’aide d’un revolver. La violence endémique d’ailleurs dissuade les « loups isolés » et les « racailles », car la mafia ne tolère pas qu’un étranger brise son monopole des crimes et des délits.</p><p>Enfin, et c’est une vérité qui dérange, les Arabes installés au Brésil ne sont pas des Maghrébins. Il s’agit de Libanais et de Syriens, des gens capables de former des noyaux d’excellence partout où ils se trouvent. Ils sont portés sur les études supérieures, excellent dans le commerce et la banque. Ils ont tellement réussi qu’ils ont fait élire plusieurs maires à São Paulo (une ville de onze millions d’habitants) et un président de la République ! Parmi les Libanais et les Syriens, relativement peu de musulmans aussi. A titre personnel, je crois que l’Islam ne pose aucun problème quand il est en minorité et quand il est concurrencé par d’autres communautés. Chez les Libanais et les Syriens du Brésil, les maronites sont en concurrence avec les sunnites qui courent après les chiites etc. Tous sont en concurrence avec les juifs venus d’Europe de l’Est, les Japonais de São Paulo, les Coréens, les noirs et les Indiens. C’est la concurrence entre les communautés qui oblige les uns et les autres à cesser de « déconner » et à donner le meilleur d’eux-mêmes. En France, plusieurs immigrés ont le luxe de « déconner » car la CAF paye et rattrape leurs bêtises : au Brésil, ils mourraient de faim.</p><p>Le Brésil est donc une terre promise de l’assimilation, au point où les gens oublient d’où ils viennent au terme de deux générations. On touche ici le drame de l’assimilation : c’est un abandon de ses ancêtres pour en gagner d’autres. Ainsi est la vie, il n’y a pas de déjeuner gratuit.</p><p>(Retrouvez cette chronique au format vidéo sur <a href="https://twitter.com/DrissG5">Twitter</a> et sur <a href="https://www.youtube.com/channel/UCOvUbCPLL4D9n_-0vfp64lQ">Youtube</a> )</p><p>***</p><p>Chronique du 28/09/2021 :</p><p>La magie du Brésil<br /></p><p>Le Brésil est un pays formidable, réellement magique, aussi magique qu’il n’est possible de l’imaginer. Voyez vous-mêmes : la semaine dernière, une délégation brésilienne s’est rendue à New York pour participer à l’Assemblée Générale des Nations Unies ; Bolsonaro sa femme, son fils et plusieurs ministres en ont fait partie ; à la fin du séjour, trois membres de la délégation ont attrapé l</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 05 Jan 2022 14:07:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Zemmour a baptisé son parti « Reconquête ! » : un nom chargé de sens pour l’extrême droite]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’idée de « reconquête » est-elle nouvelle à l’extrême droite ?</p><p>Elle est mise à la mode il y a plus de vingt ans par <a href="http://www.slate.fr/story/174363/deces-guillaume-faye-theoricien-extreme-droite">Guillaume Faye,</a> un théoricien issu de la Nouvelle droite et dont le livre posthume a été récemment publié par le nationaliste banc <a href="https://www.streetpress.com/sujet/1636994123-daniel-conversano-influenceur-raciste-adore-zemmour-neonazi-extreme-droite-supremaciste-blanc-Dieudonne-Soral">Daniel Conversano</a> sous le titre de Guerre civile raciale. Alors que dans les années 1980 Faye appelait à l’union d’action des nationalistes européens avec les musulmans contre le « mondialisme » et le « sionisme », il publie en 2000 un ouvrage La Colonisation de l’Europe, où il appelle à la « Reconquista » contre l’Islam. On est dans le contexte de la guerre du Kosovo, où les nationalistes serbes prétendaient défendre leur peuple contre des musulmans qui chercheraient à le génocider pour établir un État islamique. On est aussi dans le contexte de la scission du Front national menée par Bruno Mégret qui, le premier, tente de faire une campagne électorale sur “l’islamophobie,” aux européennes de 1999 puis à la présidentielle de 2002. Faye a galvanisé et réorienté les jeunes radicaux en particulier : ceux qui allaient devenir les cadres des Identitaires, comme Philippe Vardon ou Fabrice Robert, ont alors un groupe de rock, d’ailleurs très récemment reformé, qui sort un album « Reconquista » avec un titre « Islam hors d’Europe ». C’est vraiment entre la guerre du Kosovo et le 11 septembre 2001 que l’islamophobie commence à s’étendre dans la radicalité de droite.</p><p>Est-ce la seule référence d’Eric Zemmour à Guillaume Faye ?</p><p>Éric Zemmour reprend à Faye l’idée que l’acte de délinquance commis en bas de chez soi par un Maghrébin c’est aussi une des attaques du djihad, il l’a encore déclaré fin septembre. Ça c’est du Faye. Mais le serpent se mord la queue : des militants d’extrême droite qui considéraient que Faye poussait dangereusement au terrorisme l’avaient enregistré avec un micro-caché. L’auteur expliquait qu’écrire son livre avait été simple, tant il avait pu puiser dans Le Figaro des faits-divers choisis pour l’ethnicité de leurs auteurs. Il y a une convergence de critiques de la société multi-ethnique qui travaille en sourdine. Détail amusant : Faye déclarait aussi « l’extrême droite n’a jamais voulu les chasser [les immigrés], c’est moi qui ai dit “ il faut les chasser ! “. Mais quand je le dis, j’y crois pas ! J’y crois pas mais il faut le dire ! » car les militants seraient, selon lui, « des mongoliens »… Anecdote moins plaisante : dans les arrestations depuis les attentats de 2015 d’apprentis-terroristes on trouve un ex-militaire, déclarant s’être formé intellectuellement par la lecture de Faye, qui avait incendié une mosquée et a été arrêté alors qu’il voulait en attaquer une autre à l’arme lourde.</p><p>Sur ce la notion de djihad justement, Éric Zemmour en fait la continuité de la guerre d’Algérie. D’où vient cette idée ?</p><p>Depuis les attentats de 2015, Éric Zemmour n’a cessé d’expliquer que ceux-ci étaient la suite de la guerre d’Algérie. C’est une idée <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01696051/document">qu’on avait de suite voulu déconstruire avec Jérôme Fourquet.</a> Ça paraît saugrenu et sans importance à nombre de nos élites les représentations de la guerre d’Algérie. Mais l’argument, qui a été repris par Philippe de Villiers et par Robert Ménard, est <a href="https://www.illiberalism.org/extreme-right-terrorist-radicalization-in-france-since-november-13-2015/">au cœur de nombre de dérives terroristes de droite depuis,</a> en particulier avec le groupe Action des Forces Opérationnelles. Zemmour donne du sens et du lien transgénérationnel aux traumatismes de 1962 et 2015 : tant qu’à gauche on se refusera à regarder ça en face on n’aura rien compris à ce qui se joue.</p><p>La « reconquête » est-elle un thème porteur hors de France ?</p><p>Là aussi on va des populistes se présentant aux élections à ceux tendant vers les radicalités violentes. En Espagne, le parti Vox multiplie les références fortes à la Reconquista, l’une de ses figures ayant même déclaré qu’elle n’était pas achevée. De l’autre côté, un réseau pan-européen « Reconquista » avait été lancée en 2017 en Ukraine, dans une ambiance assez nazifiante. Pour les Français, on y trouvait le GUD Lyon, juste avant qu’il ne lance le Bastion social.<br />Afin de préserver la tranquillité des fêtes de chacun, cette interview a été menée par mail.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 02 Jan 2022 18:36:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/823/ce-que-nous-dit-le-drapeau-bleu-de-larc-de-triomphe</link>
	<title><![CDATA[Ce que nous dit le drapeau bleu de l&#039;arc de triomphe.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Philippe GUIBERT - page Facebook </p>

<p>Ce qui est révélateur, dans cette affaire de drapeau européen à l’arc de triomphe , c’est la grande illusion europeiste : surmonter les nations par l’Union européenne - le drapeau européen effaçant enfin les drapeaux nationaux, dans un lieu hautement « national » comme l’arc de triomphe. Comme si c’était seulement possible et souhaitable ! </p>

<p>Une personne raisonnable se serait contentée de faire cohabiter un drapeau français et un drapeau européen pour le 1er jour de la présidence française de l’Union européenne. Personne n’aurait moufté, c’est désormais une tradition. Mais non, il fallait marquer le coup, faire un symbole. </p>

<p>C’est une illusion dangereuse que l’européisme: il a bien contribué au retour du nationalisme. </p>

<p>La preuve : il y a des gens qui à cette occasion ont osé faire une comparaison avec le drapeau allemand flottant en 1940, ou qui ont parlé « d’attentat contre la patrie ». Au passage si certains candidats pensent ce qu’ils disent , qu’ils proposent la sortie de l’Union européenne , ça sera plus clair et cohérent. </p>

<p>Grande Illusion des uns contre gros fantasmes des autres : ce n’est pas en 2022 qu’on sera débarrassé des délirants. On peut déjà oublier ce vœu. </p>

<p>On s’en doutait. Mais ça devient lassant.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 02 Jan 2022 10:36:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/821/%C2%AB-la-presidentielle-doit-remettre-l%E2%80%99etat-au-service-de-la-nation-et-de-sa-souverainete-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[« La présidentielle doit remettre l’État au service de la nation et de sa souveraineté »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Stéphane Rozès est conseiller pour les entreprises, territoires et États en matière de stratégie d’opinion. Au cours de sa longue expérience de sondeur et politologue, il a travaillé et conseillé confidentiellement seize candidats lors de quatre présidentielles, puis trois présidents : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Alors que les partis politiques et candidats s’organisent progressivement en vue de 2022, nous avons souhaité l’interroger sur les enjeux de la prochaine élection présidentielle. Entretien retranscrit par Manon Milcent.</p><p>LVSL – La situation politique française semble exceptionnelle à bien des égards. Le champ politique n’a jamais été aussi morcelé et les conditions sanitaires actuelles rendent toute proposition politique inaudible. Pourtant, les partis se mettent progressivement en ordre de marche pour préparer le rite républicain-monarchique de l’élection présidentielle. Que signifie cette élection dans le système institutionnel français ?</p><p>Stéphane Rozès – La présidentielle est le moment qui cristallise ce qui nous tient ensemble. Nous devons faire un détour historique pour en rendre raison et envisager 2022.</p><p>On peut effectivement partir de la notion de « système institutionnel ». Institution au sens de ce qui est institué. D’un processus immanent. Alors que la plupart du temps, surtout en France, l’institution est considérée comme extérieure, comme s’imposant du haut à la société.</p><p>Chaque peuple, pays, nation ou empire se façonne des institutions de sorte de faire tenir ensemble sa complexité, ses diversités d’origines, de croyances, d’intérêts, de statuts et de classes sociales pour faire face ensemble aux adversités collectives de la vie. Un système institutionnel est un ensemble de mécanismes élaborés qui permettent religieusement ou politiquement de résoudre des contradictions internes en vue de maîtriser un destin collectif au travers de pouvoirs hétéronomes au-dessus des groupes sociaux et individus.</p><p>Aujourd’hui, partout, prévaut la lutte contre un risque sanitaire minime mais contingent sur le risque d’un effondrement économique et social généralisé. On devrait consentir à voir rogner nos libertés individuelles par des libertés collectives dont les institutions étatiques ont le monopole nonobstant leurs limites objectives et incuries politiques.</p><p>Les institutions sont symboliques et effectives, incarnées et de représentation. Elles varient dans le temps, mais procèdent d’une structure pérenne qui leur préexiste qui est la façon d’être et de faire d’un peuple. C’est ce que j’appelle son « imaginaire », sa façon de s’approprier un réel sans cesse changeant.</p><p>Cet imaginaire puise sa singularité dans la façon dont un peuple s’est assemblé. La centralité du politique, chez nous, vient de ce que, contrairement aux autres pays, nous n’avons pas d’origine, qui puisse fonder ce que nous sommes. « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament » disait René Char. C’est que dès le départ dans le territoire de ce qui deviendra la France, il y a des celtes, des latins et des germains.</p><p>Ce sont des disputes théologico-politiques, puis démocratiques communes qui vont dénaturaliser ces origines pour nous permettre de nous relier, de fonder au travers de l’État autour duquel s’est constituée la France au travers des siècles et qui a précédé la nation.</p><p>Ce qui fonde une société, la France, contrairement à ce que pensent la plupart à gauche, est le besoin de commun politique avant même la dispute sociale. Contrairement à ce que pensent la plupart à droite, il n’y a pas une « origine chrétienne » à la France mais à l’inverse une pluralité d’origines qui fait de notre dispute commune, du « plébiscite de tous les jours » pour reprendre Renan, qui nous assemble.</p><p>Après la monarchie absolue, notre imaginaire se perpétue au travers de l’idée républicaine, de ses institutions et réalisations. Péguy disait : « La République une et indivisible : notre Royaume de France ».</p><p>Mais pour nous faire tenir ensemble, la République a besoin de nous projeter dans l’espace, le temps, une vision et une incarnation politique. Cette projection est aujourd’hui en panne.</p><p>Ce retour sur ce que nous avons institué permet d’approcher la nature d’une présidentielle. Elle ne vise pas tant à élire un président que de réactiver notre imaginaire, pour refonder un nouveau contrat politique au travers d’un même rite, dont les candidats seront les acteurs, plus ou moins conscients.</p><p>Voilà ce qui agite notre nation, alors que le Paris politico-médiatique pense à l’inverse. Les politiques, journalistes et politologues pensent, pour la plupart, que les candidats, les partis font la présidentielle, que la carte partisane fait le territoire national, que le haut fait le bas alors que c’est l’inverse.</p><p>Le rite de la présidentielle est encadré par les institutions de la Vème. Sa longévité provient de ce que sa procédure de scrutin uninominal majoritaire à deux tours est le plus adapté à notre dispute politique commune qui est le moteur de notre imaginaire. Ce rite dégagera un président tenant ensemble les citoyens au travers des dimensions spirituelles et temporelles de sa fonction.</p><p>Ce rite est immuable. Durant la pré-campagne, les états-majors, candidats et analystes, y compris lors des primaires, se déploient sans être sous la prise immanente de la nation qui fera ensuite la campagne et l’élection.</p><p>D’où durant cette pré-campagne, nombre de tâtonnements, décalages et illusions d’optiques entre les visions du Paris politico-médiatique et ce que seront les enjeux du pays et la dynamique de la campagne que seuls des signaux faibles ou études permettent déjà de repérer.</p><p>En tout état de cause, l’emportera celui, celle, qui construira une cohérence entre ces enjeux et son incarnation, sa vision et son projet avant même en plus que son programme et les positionnements politiques sur lesquels se polarisent les analystes politiques.</p><p>Le premier tour procède du déploiement de la dispute. Celle-ci distingue qui devra déjà intégrer le commun, dans lequel elle devra ensuite s’encastrer pour le second tour et la victoire.</p><p>Même les candidats les plus rétifs psychologiquement, culturellement et politiquement, pourvu qu’ils veuillent l’emporter, et non témoigner, ont dû ployer devant ce rite pour se faire élire par la nation et s’inscrire dans la réactivation de notre imaginaire qui fonctionne comme un « reset » du pays.</p><p>La déconnexion chez nous entre la centralité du politique et la politique, sa vie, ses acteurs, explique les forts taux de participation, nonobstant le jugement sévère à l’égard de chacun des candidats. Cela relativise les gloses sur la faiblesse des scores de premier tour de scrutin.</p><p>En France, contrairement aux pays anglo-saxons les citoyens ont un rapport absolu et non relatif au politique. L’analyse comparée de l’abstention en France et aux États-Unis par exemple le rappelle. Chez nous son fondement est politique. Il est socio-culturel aux États-Unis.</p><p>Au total, la centralité du politique chez nous est telle que même si les deux tiers des électeurs Français ne souhaitent pas un second tour Macron/Le Pen, s’il devait se profiler, ils se rueraient aux urnes en procession qui nous relient.</p><p>La question centrale est ensuite celle du consentement politique de la nation au verdict de la présidentielle et de l’action menée de l’Élysée dont la durée est indexée sur la cohérence avec la nature du nouveau contrat politique noué entre elle et le Président.</p><p>En tout état de cause, que dire aujourd’hui pour anticiper ce qui va advenir ? Comme notre imaginaire est transcendant et universaliste, il a engendré un Descartes et le fait que nous voyons la réalité procéder du haut alors que c’est le peuple qui fait la présidentielle à partir des candidats qui s’offrent à lui. Hobbes déjà le disait « le souverain interprète le spectacle du peuple ».</p><p>C’est à lui et lui seul, à ses fondamentaux qu’il faut revenir. Ce qui a bougé ; c’est la prévalence actuelle du commun sur la dispute à contenu social qui fonde le clivage gauche/droite.</p><p>Le néolibéralisme empêchant de se projeter dans un commun meilleur et donc la question sociale ne peut se déployer. Tous les candidats qui pèsent ; Macron, Le Pen, et même d’un certain point de vue, Mélenchon, s’extraient de l’axe gauche/droite pour redéfinir d’abord le commun de nature politique.</p><p>Dans le moment actuel la dimension d’incarnation présidentielle est donc décisive. L’individu ballotté par le cours des choses néolibérales, ne coupera pas le cordon ombilical qui le relie aux autres au travers de la dimension symbolique de la fonction présidentielle indexé à son rite laïc et de l’élection du Président au suffrage universel qui relie chacun des citoyens entre eux.</p><p>LVSL – Vous insistez beaucoup sur le poids des imaginaires culturels nationaux. Selon vous, le modèle français est un modèle de projection, qui produit de la dépression depuis l’approfondissement de l’intégration européenne. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là ?</p><p>S.R. – Oui. « Chaque nation a une âme » disait le candidat Hollande au Bourget. Il rajoutait « la France n’est pas le problème mais la solution ». Chaque peuple, chaque nation a une façon singulière d’être et de faire pour s’approprier le réel. Cette façon encastre sa manière de ressentir, créer, penser, s’instituer, travailler, guerroyer, innover, concevoir la bonne économie et organiser ses rapports sociaux. Selon moi les questions culturelles, l’imaginaire, encastrent les questions religieuses, politiques, économiques, sociales, technologiques et rapports internationaux.</p><p>Le réel change sans cesse et les formes des sociétés avec elles mais toujours de la même façon.</p><p>Dans ma grille d’analyse, les imaginaires des peuples sont des contenants, des matrices, des structures pérennes au travers des âges, dont les contenus de représentations, institutions, et rapports sociaux évoluent sans cesse.</p><p>Ce qui est pérenne chez nous, c’est que pour dénaturaliser nos diversités d’origines, d’intérêts de statuts sociaux et de classes, nous devons nous projeter dans l’espace, le temps, une vision politique ou incarnation politique. Il nous faut « embrasser le monde » comme disait Malraux. Notre façon d’être et de faire, c’est sans cesse de pouvoir représenter les choses par écart au réel, de nous dégager au travers de l’ironie, du libre examen, de la raison, des nombres des pesanteurs des origines, statuts, situations sociales et expériences personnelles.</p><p>Ainsi, pour remonter à Rabelais, suite aux attentats islamistes contre Charlie Hebdo, la caricature, c’est sans cesse de faire bouger les représentations, les images, avant même de changer la réalité. La caricature, l’humour envers chacun, de toute façon et à tout moment, sont des procédés de dénaturalisation des statuts, situations, de telle sorte qu’on puisse imaginer que tout est possible qui est notre marque et de multiples combinaisons de socialité. Ainsi, chez Marivaux, dans « Les jeux d’amour et du hasard », le procédé d’échange des rôles entre la comtesse qui joue la servante et la servante qui joue la comtesse pour des affaires de badinage. Eh bien, la comtesse est très bien en servante et inversement. Par la suite, chacun reprend son statut, mais au fond, l’essentiel a été fait.</p><p>Il y a une égalité des conditions possibles pour s’assembler, qui fait qu’une comtesse pourrait être une servante, et une servante pourrait être une comtesse. C’est également une modalité singulière de notre imaginaire que d’être universaliste et projectif dans l’espace et le temps pour tenir ensemble nos diversités.</p><p>Le premier trait de notre imaginaire est notre universalisme, nous voyons le monde par écart au réel. Tel est le statut central chez nous de la raison comme fondant le vrai et le beau chez Descartes, Rameau, Boileau, notre peinture, musique, nos avant-gardes, rapport au luxe, école de mathématiques… Le vrai, le réel réside dans un écart aux expériences avec leurs singularités et menaces centrifuges pour nous. Chez nous l’esprit, le cogito serait séparé et devrait prévaloir sur le corps et ses gargouillis.</p><p>Cet universalisme procède de notre monde intérieur qui a permis de nous assembler pour dépasser nos origines de sorte que nous voyons les autres comme notre prolongement, ce qui justifierait que nous établissions une Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, ou que nous pensions que nous avons quelque chose à faire au Mali.</p><p>Nous voyons les autres comme une déclinaison exotique de ce que nous sommes, d’où l’arrogance et la légèreté qui nous sont prêtés par nos amis étrangers.</p><p>Nous mésestimons complètement ces questions de différences culturelles entre les peuples. C’est une erreur que ne font pas les allemands, italiens et même espagnols qui dans un premier temps ont été impressionnés par la Révolution française et Napoléon, jusqu’à ce qu’ils aient à subir ce que nous sommes, une fois que nos armées s’installaient chez eux. D’ailleurs, Thomas Mann, que ses amis interrogeaient sur son admiration pour la Révolution, et sur le fait qu’il aille combattre contre la France en 1914, répondait que malgré son admiration pour la France, les Français ne reconnaissent pas les différences entre peuples.</p><p>Notre universalisme a deux leviers de projections : l’un dans l’espace et l’autre dans le temps. Projection dans l’espace, avec les croisades, les guerres napoléoniennes, les colonies ou l’Europe, il y a une continuité dans notre façon de nous projeter dans une « France en grand » pour tenir ensemble ce qui nous assemble à l’intérieur.</p><p>Ainsi, Kissinger, dans son dernier ouvrage, en parlant du traité de Leipzig, observe que Napoléon, qui aurait eu militairement tout intérêt à se rendre aux conditions des adversaires de la France pour faire la paix était tenu par des raisons internes pour asseoir son « pouvoir dépendant de l’imagination des Français », pour reprendre l’expression de l’Empereur.</p><p>En cela, il rejoint Marx, qui, dans « le 18 Brumaire », veut expliquer pourquoi la Grande armée va par dizaine de milliers de soldats aller à Moscou avec l’Empereur puis être décimée. Il convient que c’est trop court de dire qu’il s’agissait seulement d’étendre les acquis de la Révolution française à tous les serfs européens en matière de droit de propriété. Il constate que ce dernier issue de la Révolution française égalitaire, en abolissant le droit d’aînesse, fait que les “paysans parcellaires” en économie autarcique ne sont pas reliés entre eux au travers de marchés notamment, mais en autarcie de sorte que la paysannerie n’est pas une « classe pour soi », mais seulement une « classe en soi », ce qui fait que les “paysans parcellaires”, qui constituent l’armée de l’an II, puis la Grande armée, sont « des patates dans un sac de patates, dont l’empereur tient la anse ».</p><p>Notre rapport à l’espace, dépend donc de la configuration singulière de l’articulation chez nous entre la question nationale et la question sociale. Marx repère la singularité de notre rapport à la politique lors de ses deux séjours à Paris. La plupart au sein d’une gauche devenue économiciste oublieront cette leçon que Marx avait apprise et que savait Jaurès comme historien et socialiste français. Chez nous la question nationale préempte la question sociale, car la France s’est constituée autour de l’État et ce dernier a précédé la nation.</p><p>Projection dans le temps. Cette dernière est ce que nous sommes depuis toujours dans le processus même de la pensée française, avant même le rapport au progrès qu’apporteront les Lumières.</p><p>L’imaginaire français a engendré des cartes mentales qui voudraient que l’esprit se détache du corps et que le réel réside dans la raison à construire pour que « l’Homme devienne maître et possesseur de la nature », dans son évolution même.</p><p>Pour Tocqueville les révolutionnaires de 1789 et auteurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen sont « des élèves de Descartes descendus dans la rue ». Ils sont tout autant des lecteurs des Encyclopédistes et surtout spectateurs de Molière, Corneille, Marivaux, Beaumarchais …</p><p>C’est ce qui intéressait d’ailleurs Kant et Hegel dans la Révolution française, bien qu’ils en donnassent leur propre lecture qui insistait plus sur le processus que sur la finalité. Car dans l’imaginaire allemand, c’est l’expérience qui fait le réel, et non la raison. D’ailleurs, quand l’Allemagne envahit la France par les Ardennes, Heidegger déclarera « Descartes est battu ». La raison nous permet de nous fonder et de nous déployer dans le régime d’historicité de la modernité ou c’est le futur qui fait le présent.</p><p>C’est que nous pensons qu’au travers de la raison et le progrès le genre humain, au travers de luttes, pensées et droits conquiert l’avenir en passant par-dessus les us et coutumes des peuples.</p><p>Le progrès est le moteur de la modernité, au cœur de la Révolution française qui découle de la raison et qui tient ensemble la maîtrise du temps dans ses dimensions scientifiques, intellectuelles, morales, économiques et sociales pour construire politiquement l’avenir de la nation, des nations.</p><p>Seul le peuple américain est comme nous universaliste mais pour des raisons inverses au notre. Hormis les descendants d’indiens et d’esclaves, ils ont, eux ou leurs ancêtres, voulu établir une terre promise alors que nous devons au contraire sans cesse refaire le contrat politique qui nous relie.</p><p>Lors de notre présidentielle chaque citoyen et candidat doit partir de l’idée qu’il se fait d’intérêt général dont chacun donnera sa propre définition en fonction de sa propre situation socio-politique. Chez nous le commun précède la singularité. Au contraire, aux USA on part de la singularité des citoyens pour aller ensuite au patriotisme commun. Cette différence est décisive en ce que les techniques de communication politique ou outils internet, réseaux sociaux, ou utilisation des datas qui nous viennent d’outre-Atlantique doivent être compris et adaptés à cette différence culturelle fondamentale.</p><p>Chez nous la projection dans l’espace et le temps est guidée, portée par une volonté, vision et incarnation politique qui part du commun.</p><p>LVSL – Pourquoi parler de dépression française dans le moment actuel ?</p><p>S.R. – Car aujourd’hui les trois moteurs de notre imaginaire que sont la projection dans l’espace, la projection dans le temps, et la vision politique sont en panne.</p><p>Notre rapport au temps est déstabilisé par le fait que le néolibéralisme et le cours du capitalisme financier empêchent de tenir ensemble le progrès économique, le progrès social et le progrès technologique et de nous projeter dans un avenir meilleur.</p><p>À partir du début des années 90, les Français pensent que demain sera pire qu’aujourd’hui. Le passage du capitalisme managérial au capitalisme patrimonial nous retire la promesse de penser que l’avenir de nos enfants sera meilleur. Nous tentons dans un nouveau régime d’historicité, post-moderne. L’avenir devient contingent. Nous devenons alors les plus pessimistes au monde.</p><p>Quant à la question de la projection dans l’espace, à partir du référendum de 2005, même si la question était déjà nettement en débat lors de Maastricht, les Français ne voient plus les institutions européennes comme l’organe politique légitime de l’Europe attendue comme « la France en grand ». La phrase de Mitterrand « La France est notre patrie et l’Europe est notre avenir » devient caduque, du fait de ce que sont devenues les gouvernances et politiques européennes.</p><p>Les Français voulaient que l’Europe soit notre prolongement, une puissance économique, politique et sociale pesant dans la globalisation et consentirent alors à des abandons de souverainetés monétaires, budgétaires, économiques et financiers avec leurs effets sociaux.</p><p>Mais le Président Mitterrand pour éviter que l’Allemagne réunifiée se détourne de l’Europe a consenti à Berlin que les gouvernances et politiques bruxelloises soient adaptées à l’imaginaire et intérêts allemands : procédurales au plan économique et adaptées à l’ordolibéralisme allemand.</p><p>Cependant, avec la directive Bolkestein durant la campagne référendaire sur le traité constitutionnel européen en 2005, il est apparu que l’Europe élargie n’était plus perçue comme l’Europe puissance dans la mondialisation, mais au contraire comme un relais de la globalisation néolibérale chez nous remettant en cause notre souveraineté et nos acquis sociaux. À partir de ce moment-là, dans les abstentionnistes sous tension entre Europe idéale et institutions européennes, basculent brutalement dans « Non » au TCE comme j’avais pu l’établir et l’énoncer au printemps 2005, car on pouvait en rendre raison à partir de cette désillusion sur ce qu’était devenue l’Europe, non la France en grand mais le cheval de Troie de la mondialisation que nous devrions intérioriser.</p><p>Pour ce qui concerne le troisième moteur de notre imaginaire, le projet et l’incarnation politique, il est devenu insalissable. Le néolibéralisme n’est pas seulement et essentiellement le vecteur de l’ultra-libéralisme qui remet en cause les rapports sociaux, capital/travail au sein de la nation ; c’est l’idée que le gouvernement des Hommes doit céder la place à l’administration des choses, les marchés doivent se substituer à la politique, les gouvernances européennes doivent se substituer aux nations souveraines, les procédures technocratiques doivent remplacer les disputes communes républicaines, la technostructure se substitue aux politiques.</p><p>Ainsi la crise du politique, de sa vision et de son incarnation vient de la contradiction depuis trois décennies entre la nation et l’État.</p><p>La nation du fait de son imaginaire pour s’assembler et s’approprier le réel demeure projective et politique alors qu’au contraire le sommet de l’État lui demande d’intérioriser des procédures et normes économiques indexées sur Bercy, Bruxelles et l’imaginaire allemand. De cette contradiction entre nation et l’État résulte notre dépression morale, nos régressions politiques et nos reculs économiques.</p><p>Cette contradiction fonde la crise de notre système politique et non l’inverse comme l’affirmait à tort le candidat Macron en 2017, en témoigne le retour de la crise de notre système politique à partir de l’été 2008.</p><p>C’est là où se répète, depuis 1995, la contradiction au cœur de notre vie et système politique entre le rite présidentiel, qui oblige le futur président à s’indexer sur notre imaginaire national pour l’emporter, et ses premiers pas à l’Élysée au sommet d’un État sous emprise néolibérale.</p><p>Dans l’espace d’une année, chaque nouveau président sitôt à l’Élysée opère un tête à queue, souvent silencieux, avec le contrat initial qui le liait à la nation et qui faisait le consentement de la nation, nonobstant l’injustice sociale de son action pourvu de restaurer la maîtrise politique de notre destin. Le mouvement social de 1995 ou la jacquerie des gilets jaunes en furent les réactions les plus spectaculaires.</p><p>Cette dépression ne veut pas dire absence de vitalité du pays, mais que son énergie est contrariée par le mouvement inverse du sommet de l’État, de la technostructure et de ses élites dans leurs visions, intérêts immédiats et politiques menées.</p><p>LVSL – Emmanuel Macron semble tel un caméléon. Après le disrupteur libéral de 2017, nous avons eu : le parti de l’ordre, la réinvention radicale, puis la posture républicaine de centre droit. Comment qualifier le macronisme ? Le candidat de 2022 aura-t-il la même identité politique que celui de 2017 ?</p><p>S.R. – Comment définir le macronisme ? Il y a des disputes intellectuelles et politologiques sur ce qu’est sa nature dès l’origine. Selon moi, mais mon analyse est singulière, pour les raisons indiquées plus haut sur ce qu’est chez nous le politique, la politique, le moment présidentiel ; Emmanuel Macron inconnu trois ans auparavant l’a emporté, car il a compris les ressorts essentiels de notre imaginaire, les causes de notre dépression et énoncé un chemin politique pour résoudre la contradiction entre ce que nous sommes et le monde extérieur, pour nous remettre « en marche ».</p><p>Il a fait de la crise du système politique, du clivage gauche/droite de l’ « ancien monde », la cause de notre malheur, alors que c’est pour moi l’inverse ; l’effet de la contradiction entre notre imaginaire national et le néolibéralisme du sommet de l’État.</p><p>Mais cette posture néo-bonapartiste, contre le personnel politique, lui a néanmoins permis de constituer un front politique entre la bourgeoisie, voyant dans le système politique un obstacle au déploiement de ses intérêts auquel s’est adjointe, et la petite bourgeoisie, qui a vu dans le propos macroniste une promesse de pérennité sociale, nonobstant à son programme d’adaptation néolibérale, au nom de son projet qui était de « restaurer la souveraineté de la nation ». Il avait dit devant le Congrès que c’était « le premier mandat que m’ont confié les Français ».</p><p>C’est cette même promesse durant la première année qui a fait également le consentement à ses réformes des classes populaires, fort critique à l’égard du contenu jugé injuste de sa politique économique. Ainsi, elles ne se rallieront pas les cheminots et ne feront pas majoritairement « grève par procuration » en les soutenant dans les sondages lors de la grève à la SNCF en 2017.</p><p>Emmanuel Macron, avait compris que nous étions dans un moment où la symbolique politique et la question nationale préemptaient la question sociale.</p><p>Dès son élection, dans mon interview par Marcel Gauchet dans la revue Le Débat, j’avais utilisé le terme de néo-bonapartisme ou de bonapartisme à l’heure néo-libérale. Quand les analystes mettaient en avant le caractère accidentel de la campagne, ce qui est toujours le cas sauf en 2012, ou l’étroitesse de son score de premier tour et l’évidence du résultat du second, ou l’argument du soutien de la finance et des grands médias et ses prétendus effets électoraux, ou un supposé « dégagisme » ; je mettais au contraire en avant les éléments dynamiques.</p><p>Emmanuel Macron était le seul à dire que notre destin ne dépendait, ni de la soumission à la mondialisation, ni à sa résistance, mais de nous remettre en marche à partir de ce que nous sommes à la condition de changer notre classe politique.</p><p>François Fillon, de son côté, disait qu’il fallait changer notre modèle économique et sociale, de nous soumettre à la mondialisation de sorte de ne pas périr, tout en restaurant, en contrepartie, nos valeurs traditionnelles.</p><p>Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, avec des contenus différents, partent de l’idée de la résistance à la mondialisation. La première de dénoncer le cosmopolitisme, et le second le capitalisme ultra-libéral.</p><p>Au fond, dans son adresse au pays Emmanuel Macron aura été un mélange entre Michelet et Ricoeur. Michelet considérait la France comme une personne. Ricoeur, comme protestant français, insiste sur le fait que chaque personne recèle un talent et que la vocation du politique, c’est l’émancipation individuelle par la possibilité de le voir rayonner. Lors d’une présidentielle tel était ce qu’attendait le pays.</p><p>Néanmoins, quand à partir du seul principe ricoeurien, il suggère à un individu de se prendre en main pour trouver un emploi traversant la rue, cette approche du salut individuel apparaît comme une offense à notre imaginaire collectif national de tradition catholique. Chez nous le salut individuel passe d’abord par le salut commun.</p><p>Macron avait dit aux Français : vous êtes fantastiques, vous n’êtes pas responsables de notre malheur, c’est le personnel politique dans sa globalité d’où la sérénité et l’aspect optimiste de son adresse au pays dans un pays déprimé et vieillissant et le mystère apparent de son élection qui ne peut être réduit à des circonstances ou machinations.</p><p>Le propos macroniste, son projet politique se rompt quand Angela Merkel en avril 2018, prive le président français du deuxième étage de sa dynamique, d’une relance européenne.</p><p>Il a pensé, que, comme ses prédécesseurs, que pour convaincre la chancelière allemande, il fallait lui donner des gages. À Aix-la-Chapelle, il déclare à son entourage vouloir la convaincre au travers d’un discours. Il n’y a que les Français qui pensent qu’on peut convaincre les Allemands au travers de discours. Il a été surpris et étonné que la chancelière allemande reste inflexible sur le fait qu’elle ne bougerait pas sur les politiques européennes nonobstant les premiers gages qu’il avait donné.</p><p>Il avait pourtant alerté la chancelière allemande à Bucarest, les journalistes n’ont d’ailleurs pas compris quand il disait que “les Français étant des Gaulois n’aiment pas qu’on leur impose des réformes de l’extérieur, et la France est universaliste et on a besoin de profondeur de champ pour réformer”. Il s’agissait déjà de faire bouger Angela Merkel.</p><p>De la même façon, pour son interview au Financial Times, au début de la pandémie, il s’adresse à Angela Merkel lorsqu’il déclare que face à la pandémie, le risque est grave, qu’il faut faire bouger les lignes en Europe sous peine de périr collectivement. Il argue que le nazisme est la conséquence du traité de Versailles, de l’idée que « l’Allemagne paiera » et qu’il serait paradoxal de faire un traité de Versailles à l’envers, contre les pays du Sud, et que l’on ne mette pas les moyens de mettre en œuvre des politiques de relance européenne par l’investissement et par la demande. Cette fois il fut entendu, face à la crise de la Covid en jouant du ressort allemand de la culpabilité : en allemand schult significativement le même terme que pour dire dette. Dans le même temps la bourgeoisie allemande comprenait que la demande dans les pays du Sud devenait vitale pour la croissance allemande.</p><p>Au total depuis Maastricht, tous nos présidents ont été coincés entre la nation dont ils dépendent politiquement et l’environnement des institutions et politiques bruxelloises, conformes à l’imaginaire allemand auquel le sommet de l’État, Bercy et Matignon, comptable de la règle annuelle des 3% ont pensé discipliner l’État et la nation.</p><p>Mais la légitimité de l’adresse de l’État à la nation est que les règles économiques devraient l’emporter sur les finalités et visions alors que notre imaginaire national procède à l’inverse.</p><p>Quand la chancelière allemande dira explicitement qu’elle ne fera pas bouger l’Europe, cela a pour conséquence que la politique menée par le gouvernement d’Édouard Philippe, qui est une politique orléaniste, d’adaptation aux contraintes extérieures et aux grandes normes budgétaires, prévaut dans les faits et maintenant les paroles et postures initiales néo-bonapartistes du président qui va s’estomper et ne plus contrebalancer dans la communication présidentielle la politique menée par Matignon et Bercy.</p><p>Tout se dérègle alors dans le rapport du président à la nation. L’impact considérable de l’affaire Benalla vient de ce que ce personnage semble être un écran mis par le Président dans sa relation verticale entre lui et les Français.</p><p>Il en résultera les mouvements centrifuges et crises au sein de sa majorité présidentielle et le gouvernement avec les démissions notamment d’Hulot, Collomb et le MoDem.</p><p>La réponse du pays sera sans équivoque, ce sera la jacquerie au travers des gilets jaunes. Tout peut se synthétiser dans une pancarte dans un carrefour qui disait « Macron nourrit ton peuple ».</p><p>La jacquerie mêle la question sociale et la question fiscale à la question de la souveraineté, comme dans l’Ancien Régime. Le peuple dit au seigneur ou souverain : tu as des devoirs, une charge, un contrat politique qui te lient à nous, tu as été élu par nous, tu dois nous défendre, représenter, donc tu dois mener des politiques qui correspondent à ce que nous sommes.</p><p>Derrière les éléments circonstanciels il y a un inconscient collectif du pays qui explique le soutien de deux tiers des Français aux gilets jaunes sans discontinuer nonobstant les violences. Mais une jacquerie n’est ni un mouvement social comme un autre, ni une révolution, c’est une adresse directe au souverain.</p><p>L’abandon de la restauration de la souveraineté nationale ne rendait plus justifiable les injustices fiscales et sociales.</p><p>À partir de ce moment précis, le lien est rompu avec un président qui commit la faute de mettre un temps entre lui et le pays en écran le Premier ministre, ce qui radicalisera le pays. Il se contenta alors de représenter le parti de l’Ordre. Il passera en quelques mois du néo-bonapartisme, à l’orléanisme, de Guizot à Thiers.</p><p>Le lien ne sera que partiellement rétablit avec « Le Grand débat ». Ce lien sera à nouveau rompu avec la réforme des retraites dont le contenu paramétrique fut de nature orléaniste, sous pression de Bruxelles, et imposé par Matignon et Bercy.</p><p>La crise sanitaire vient à nouveau reconstituer le lien vertical entre le pays et le Président, nonobstant les retards, incuries du système de santé, de l’État et mensonges notamment à propos des masques. La pandémie non maîtrisée et frappant de façon contingente les individus, le pays se ressoude dans un besoin d’égalité des conditions face au péril sanitaire commun aux effets humains relativement limités.</p><p>Cela explique l’acceptabilité du confinement, la préférence de la maîtrise collective de nos destins sur le risque d’effondrement économique et social et le consentement à ce que les libertés individuelles cèdent la place devant les libertés collectives.</p><p>Ce choc sanitaire oblige le président Macron, dans ses premiers discours, à revenir aux fondamentaux français comme la souveraineté de la nation ou les services publics. Le départ du juppéiste Philippe, avatar actuel de l’orléanisme et son remplacement par un néo-radical Castex semblait signer un retour de la prévalence de l’Élysée.</p><p>La reprise de la Covid et du confinement ont à nouveau déstabilisé la politique et la communication de l’exécutif réduit à une gestion de court terme des crises sanitaire, économique et sociale où « on ne compte pas les seaux » sans remettre en cause les périmètres d’actions de l’État et la nature fondamentale de ses interventions.</p><p>Pour l’exécutif chaque jour semble suffire sa peine et on peine à apercevoir une stratégie de l’État.</p><p>La reprise du terrorisme islamiste s’en prenant notamment à un serviteur de l’Ecole républicaine, Samuel Paty, et la prise de conscience de la plupart des dangers que représente l’islamisme pour la laïcité, la République et la démocratie a entraîné dans l’opinion un effet de ressaisissement dont le Président a su dans ses postures et annonces épouser le mouvement.</p><p>Avec la seconde vague de la Covid-19, le pays est rentré dans une crise systémique, durable et semblant contingente dans ses dimensions sanitaire, économique, sociale, financière, séparatiste et écologique, crise qui entraîne sidération et inquiétude tel que le lien entre le pays et le Président est renforcé non tant par sa qualité que par son exclusivité.</p><p>Le Président Macron a dorénavant compris, comme beaucoup, que lors de la présidentielle de 2022 se jouera la reprise en main de notre destin, sur la souveraineté nationale et que se rejouera la pièce de ce qui la contrecarre : la gouvernance et les politiques européennes néolibérales et ultra-libérales. Ces dernières ont momentanément bougé, avec le plan de relance, du fait des effets terribles économiques et sociaux de la crise pandémique.</p><p>Mais plus que jamais les politiques européennes demeurent néolibérales sous hégémonies culturelles et objectives allemandes tant la chancelière allemande est sortie renforcée de l’épreuve sanitaire actuelle.</p><p>Si la crise sanitaire a à nouveau illustré l’interdépendance sanitaire générée par la globalisation néolibérale, chaque peuple a mené sa guerre à sa façon selon ses singularités culturelles.</p><p>L’Allemagne a pu bénéficier de la plus grande cohérence entre son imaginaire, ses institutions, politiques de santé, rapports sociaux et environnements européens.</p><p>Face au repli des peuples, l’Union européenne doit être adaptée à son génie qui est de faire la diversité et complémentarité de ses peuples du commun et non fonctionner comme le Saint Empire romain germanique dont le centre était Aix-la-Chapelle prétendant mener des politiques uniques.</p><p>Face au risque représenté par les nationalismes, il faut réparer les imaginaires et modèles nationaux.</p><p>LVSL – L’espace de la « gauche » est aujourd’hui morcelé entre trois forces qui se neutralisent : EELV, le PS et la France insoumise. Comment analysez-vous l’état des gauches ? Les écologistes, qui sont en dynamique, sont-ils capables à vos yeux d’épouser l’imaginaire français de l’élection présidentielle ?</p><p>S.R. – C’est parce que la gauche est éloignée des fondamentaux qui étaient les siens : la nation, la République, l’articulation entre la question nationale et sociale, entre l’égalité des conditions et l’égalité réelle, qu’elle se marginalise et fragmente.</p><p>En un mot elle disparaît car elle est divisée. Elle est divisée car elle s’est éloignée du peuple français et de son imaginaire.</p><p>Si on fait un rapide état des lieux de son paysage décomposé, la conjoncture politique immédiate est marquée par une progression d’EELV dans certaines grandes villes et métropoles, qui dans la configuration particulière de ces municipales, aux deux tours saucissonnés, ce qui a occasionné une très forte abstention, ont conduit à la victoire de maires écologistes dans des grandes métropoles.</p><p>Il y a deux raisons essentielles à ce phénomène. La première bien sûr est la centralité de la question écologiste dont la crise pandémique et le confinement ont accéléré une prise de conscience vertueuse par l’arrêt sur image qu’elle a imposé dans la course à l’adaptation permanente à un cours des choses néolibérales destructeur de l’humain et des ressources de la planète en matière climatique et de biodiversité.</p><p>Le vote EELV s’en est trouvé à nouveau légitimité nonobstant la qualité de ses dirigeants et militants.</p><p>Ensuite dans les grandes métropoles, les sujets des classes moyennes et de la petite bourgeoisie sont la question de leur pérennité dans les années qui viennent face au renchérissement de l’accès au logement, du coût de la vie et de la dégradation du quotidien.</p><p>Le vote EELV apparaît comme un signal de volonté d’arrêter un développement métropolitain qui se retournerait contre ses habitants. Ce vote apparaît alors pour des raisons nobles comme une défense d’un entre-soi social pour une reprise en main du développement urbain, ce qui ne va pas sans ambiguïtés dans un certain nombre de domaines comme la densité urbaine nécessaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.</p><p>Mais pour la présidentielle, ce qu’est EELV est contradictoire pour des raisons culturelles, idéologiques et politiques avec ce qu’est chez nous le politique, la réactivation de notre imaginaire, la verticalité politique, la centralité de l’incarnation et du projet politique.</p><p>Le plus conscient de ces singularités est sans doute Yannick Jadot, mais ce qu’est devenu EELV, ses militants et sympathisants issus de la petite bourgeoisie intellectuelle l’a rendue dans la dernière période très perméable aux approches anglo-saxonnes communautaristes, intersectionnelles, voire identitaristes, racialistes ou islamo-gauchistes aux antipodes de ce que nous sommes. Si ces courants sont dynamiques dans certains secteurs universitaires ou médiatiques ils sont absolument contradictoires avec la dimension universaliste de notre imaginaire qui nous relie.</p><p>Mélenchon est le seul qui émerge actuellement à gauche. Mais une majorité de sympathisants de gauche estiment qu’il représente plus un problème qu’un atout pour elle.</p><p>Il avait pourtant fait une belle fin de présidentielle sur des bases républicaines, jauressiennes et patriotes. Depuis il s’est éloigné de ces fondamentaux pour des raisons idéologiques et de clientélisme électoral dans certains types de quartiers. Il a éloigné les républicains de LFI pour conserver les communautaristes et islamo-gauchistes. Cela a brouillé et discrédité l’image de LFI, d’autant que son leader lors d’une perquisition de ses locaux ne s’était pas comporté en élu de la République.</p><p>L’assassinat de Samuel Paty a relancé les débats sur la complaisance de LFI et d’autres à la gauche de la gauche avec les islamistes notamment lors d’une participation à leur appel et sur leurs mots d’ordre contre « l’islamophobie » en novembre 2019.</p><p>Depuis son annonce de candidature, sa modalité de déclaration J.L. Mélenchon veut éviter une confrontation d’appareils avec les autres secteurs de gauche pour cultiver son lien direct avec les français, mais il semble se dégager de son entourage non sur les sujets du pays que sont la nation, la République, la laïcité, la question sociale mais vers une échappée vers « l’harmonie entre les êtres humains et la nature » dont il ne semble pas être précisément l’incarnation.</p><p>Le PS dans la dernière période s’est distingué du communautarisme d’une partie de la gauche mais sans définir une cohérence d’analyse et de projet à partir déjà de ce qu’est la France, le cours des choses néolibérales et ce qu’a été son exercice du pouvoir.</p><p>À ce propos, dans les angles morts de la gauche, outre la question de la France, de la République, de l’articulation entre la question nationale et sociale, il y a dans leurs prolongements la question du progrès. Dès le XVIIIème est posée la question de savoir s’il a sa dynamique propre, inexorable qui devait se déployer par-dessus les peuples comme le pensait Condorcet ou si le progrès devrait être indexé sur les us et coutumes des nations comme l’envisageait Montesquieu.</p><p>Ce débat est au fondement de nombre d’impasses actuelles et confusions entre libéralisme, ultralibéralisme et néolibéralisme. Ainsi la plupart à gauche au nom de la lutte contre l’ultralibéralisme étaient en fait des néolibéraux.</p><p>Ils y ont perdu en route le peuple, pour se replier ensuite dans la défense de minorités en France auto-proclamées et fantasmées.</p><p>En tout état de cause, le problème de la gauche politique actuelle est qu’elle pense qu’elle doit partir de ce qu’elle est, résoudre sa crise politiquement en s’unifiant pour s’adresser ensuite aux Français, alors qu’elle devrait au contraire partir du réel, revenir au peuple, à la France, les comprendre puis construire un projet à partir de ses idéaux. Alors, elle se rassemblera en s’indexant sur le réel pour ensuite trouver un chemin à partir de ses idéaux.</p><p>LVSL – Depuis la diffusion de la saison 3 de “Baron noir”, de nombreux observateurs spéculent sur l’émergence d’une candidature outsider. Que pensez-vous d’une telle hypothèse ?</p><p>S.R. – J’ai regardé la première saison de “Baron noir”, si je dois faire part d’une touche personnelle permise par le recul, cela m’a déprimé tellement, elle m’a rappelé une vie antérieure, où certains minoritaires et conspués, à partir de Maastricht notamment, ont tenté d’éviter les erreurs, renoncements, décisions, politiques nationales et européennes dont nous payons aujourd’hui le prix lourd.</p><p>Hormis Chevènement et Séguin, peu sortent grandis des dernières décennies et peuvent se prévaloir d’une quelconque légitimité intellectuelle et politique pour sortir la France et l’Europe de ses régressions politiques et reculs économiques et relever les défis immenses qui nous attendent.</p><p>Votre revue, et d’autres, des fondations, associations et mouvements représentent un espoir dans la mesure où libérés des erreurs du passé, ils peuvent partir de ce que nous sommes pour aller quelque part pour relever les défis actuels.</p><p>Le sujet de 2022, dans un contexte d’instabilité systémique, sera la question de la maîtrise de notre destin collectif, de la restauration de la souveraineté de la nation.</p><p>C’est la condition d’acceptabilité d’un avenir écologiste en reposant la question de l’arbitrage entre le bon, le juste et l’efficace, variable selon les pays pour construire un développement durable et responsable. Seul le politique et la souveraineté nationale peuvent y parvenir.</p><p>Le Président Macron a l’avantage d’être là, aux affaires, d’être connu dans ses qualités et défauts. Dans le moment d’instabilité généralisé c’est un atout considérable.</p><p>Marine Le Pen a fait muter le RN. Depuis les dernières européennes, elle est plus en phase avec le caractère projectif de notre imaginaire. On repère mieux sa cohérence entre la question nationale et la question sociale mais demeure un doute, la possibilité et la dangerosité de son projet pour la France, sur sa personne et son entourage.</p><p>Deux tiers des Français attendent une autre alternative que celle du second tour de la dernière présidentielle mais alors la crédibilité d’une autre personnalité réside dans la volonté et capacité de remettre l’État au service de la nation.</p><p>Le candidat, ou la candidate, attendu(e) doit comprendre et porter les attentes de la nation et connaître l’État et les lieux actuels de pouvoirs. Le succès d’opinion du général de Villiers est révélateur mais n’aura sans doute pas de traduction présidentielle. Xavier Bertrand se prépare et pourrait l’emporter en partant de la nation à partir de son expérience locale. Arnaud Montebourg a pour lui d’avoir en son temps tenté de peser au sommet de l’État pour le mettre au service de l’intérêt national en matière industrielle et économique. Demeure des précisions à apporter sur le régalien, les institutions et les questions républicaines.</p><p>Pour l’un, comme pour l’autre, la question de l’incarnation, de la confiance en soi et dans le peuple français est décisive. Dans les moments présidentiels, les Français psychologisent les questions politiques et politisent les questions psychologiques.</p><p>Un autre candidat ou candidate peut émerger. En tout état de cause, l’emportera celui qui reprendra le chemin de la promesse de restaurer la souveraineté de la nation avec une autorité personnelle, un chemin, une compétence et une confiance chevillée au corps dans le génie de notre peuple.</p><p>Le moment actuel de retrait du néolibéralisme le permet et l’exige. Avant la Covid, déjà les peuples se repliaient et, avec la pandémie, le politique revient aux postes de commande. </p><p>Seul le politique peut remettre l’État au service de la nation au travers d’arbitrages souverains entre le bon, le juste et l’efficace. C’est la condition de remise en mouvement de la République pour résoudre nos lourds défis collectifs.</p><p>Cela nécessite de revenir en parallèle de la présidentielle au génie européen qui est de faire de la diversité de ses peuples du commun, et non l’inverse comme aujourd’hui, d’où le fait que notre continent quitte l’Histoire et la géographie. Voilà comment je vois les enjeux de 2022.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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