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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Février 2025]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Wed, 19 Feb 2025 14:51:31 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Ferrand confirmé par le RN, les raisons d’une infamie]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1035/ferrand-macron" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Ferrand_Macron" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1035/medium"></a></p>
<p>J’AI DIT UNE CONNERIE ! Je mérite le goulag autogéré de Vierzon !</p><p>Alors comme ça, grâce au rassemblement national qui s’est courageusement abstenu, Richard Ferrand l’escroc socialiste prescrit des mutuelles de Bretagne a été confirmé comme président pour neuf ans du Conseil constitutionnel. À une voix de majorité, Emmanuel Macron remercie chaleureusement Marine Le Pen de lui avoir évité l’humiliation.</p><p>J’avais écrit ceci sur Twitter : « Quelles contreparties espèrent-ils ? Ils n’en n’auront aucune. »</p><p>J’ai réagi trop vite, j’avais complètement tort. La magouille est finalement évidente et la position du RN infâme à plusieurs titres.</p><p>•            Tout d’abord, elle évite à Emmanuel Macron une défaite politique majeure qui l’aurait encore affaibli. L’intérêt national exige pourtant de le mettre hors d’état de nuire.</p><p>•            Ensuite, le RN a évidemment négocié une contrepartie. Marine Le Pen est terrorisée par la décision du tribunal correctionnel qui doit intervenir bientôt et qui pourrait prononcer à son encontre une peine accessoire d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire. Or, dans une affaire qui concernait un élu local, celui-ci avait fait l’objet d’une telle mesure ce qui avait amené le préfet à prononcer sa démission d’office. L’élu a formé un recours devant les juridictions administratives et a soulevé une Question Prioritaire de Constitutionnalité, visant à faire déclarer inconstitutionnelle par le Conseil, le texte qui permet de prononcer l’exécution provisoire d’une peine pénale. Le principe est en effet en matière pénale les voies de recours sont suspensives. Cette QPC a été transmise et on est dans l’attente de la décision du Conseil. Le porte-parole du RN dans la commission qui a audité Richard Ferrand a précisé que celui-ci les avait rassurés. On imagine bien sur quoi porte le soulagement. Il n’y a pas d’autre explication possible à la faveur que le parti de Marine Le Pen vient d’offrir à Emmanuel Macron en confirmant son candidat.</p><p>•            Enfin, le RN fait courir un risque sérieux aux institutions. Rappelons que la composition du Conseil est déjà très favorable au système Macron. Richard Ferrand s’est prononcé publiquement sur la possibilité d’un troisième mandat pour Emmanuel Macron. À l’évidence il ne serait pas possible d’obtenir une révision de la constitution en ce sens avant l’échéance de 2027. En revanche, la question a été débattue entre les constitutionnalistes l’été dernier, s’il démissionnait et ne terminait pas le mandat en cours, Emmanuel Macron pourrait-il se représenter ? En effet la Constitution ne parle pas de deux mandats successifs et donc certains ont prétendu que c’était possible. Mais avec la présence d’un conseil constitutionnel verrouillé par les macronistes, il y a un danger considérable. En effet Emmanuel Macron est capable de tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Il pourrait démissionner en cours de son deuxième mandat, et se représenter à la nouvelle élection qui devrait être alors organisée. Et qui donc juge de la recevabilité des candidatures à l’élection présidentielle ? Le Conseil constitutionnel pardi ! Il reçoit les candidatures, étudie leur recevabilité et publie la liste de ceux qui remplissent les conditions. Il pourrait donc retenir l’interprétation selon laquelle Macron pourrait se représenter puisqu’il n’aurait pas fait deux mandats complets successifs. Or la liste du Conseil constitutionnel est une décision administrative déclarative et définitive émanant d’une autorité constitutionnelle et bénéficiant d’une immunité juridictionnelle directe. C’EST-À-DIRE QU’IL N’Y A AUCUNE VOIE DE RECOURS et que Macron pourrait participer à l’élection présidentielle. En ces temps de crise politique majeure que ce soit sur le plan interne ou sur le plan international une telle hypothèse serait envisageable qui spéculerait sur la peur et utiliserait le réflexe Castor comme celui qui a joué à la demande de la « gauche » en faveur de Macron aux législatives. En tout cas l’écarter dès aujourd’hui ne serait pas sérieux.</p><p>On va donc encore une fois féliciter le Rassemblement National qui avec sa petite saloperie, vient de sauver les fesses de Macron. Encore bravo !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 07 Feb 2025 08:40:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Chronique d’un budget funèbre – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Prologue : L’hémicycle en ébullition</p><p>L’Assemblée Nationale, ce miroir brisé de la République, a offert hier un spectacle digne des tragédies antiques. Sous les ors fatigués du Palais Bourbon, les présidents de groupes politiques ou leurs émissaires ont défilé à la tribune, portant tour à tour les masques de la vertu, de la compromission ou de l’aveuglement volontaire. Deux motions de censure, déposées par La France Insoumise (LFI) contre le budget 2025, servaient de prétexte à cette mascarade. Mais derrière les joutes verbales, une vérité plus sombre se dessine : l’usage répété du 49.3 par François Bayrou, tel un metteur en scène épuisé, révèle moins la force d’un gouvernement que la déliquescence d’un système, le tout dans un hémicycle quasi vide, les députés devaient tous avoir piscine. </p><p>Acte I : Les incantations de la révolte </p><p>Les Insoumis, arque boutés dans leur rôle de tribuns, ont brandi l’étendard de l’austérité. « Le budget le plus sévère depuis vingt-cinq ans ! », clament-ils, accusant Emmanuel Macron et Bayrou de précipiter la France dans les ténèbres. Leur rhétorique, martelée avec la régularité d’un tocsin, se nourrit d’une colère légitime — celle d’un peuple étranglé par l’impôt — mais se perd dans les sables mouvants de l’opportunisme. Car leur véritable projet, moins économique que messianique, se résume à une litanie : « Macron doit partir », Mélenchon le sauveur doit le remplacer ! Las ! Leurs propositions, aussi creuses que bruyantes, évoquent moins un programme qu’un exorcisme. Leur vision sécuritaire, teintée d’angélisme autoritaire, promet non la concorde mais la fracture, allumant les braises d’une guerre civile dont ils feignent d’ignorer le souffle. Quant à leurs propositions de budget, c’est open bar pour tout le monde, une catastrophe.</p><p>Acte II : Les chuchotements des pragmatiques </p><p>Viennent ensuite les Socialistes, fantômes d’un passé, souvent peu glorieux, qui psalmodient leur refus de la censure « pour la stabilité ». Leur discours, enveloppé dans le linceul du réalisme, dissimule mal les tractations souterraines. Bayrou, ce Janus moderne, a su leur offrir — dans l’ombre des couloirs — les miettes nécessaires à sa survie. Le « Hell’s Kitchen » de la politique française, comme l’appelle avec délice l’auteur de ces lignes, mijote ici ses ragoûts les plus fades : des promesses échangées contre des silences, des postes contre des votes. Le Parti Socialiste, jadis porteur d’espérances pour certains dont je ne me reconnais pas, n’est plus qu’un notaire de l’immobilisme. </p><p>Les Républicains (LR), quant à eux, jouent la partition de la « responsabilité ». Le budget est mauvais ? Sans doute. Suicidaire ? Assurément. Mais voter la censure reviendrait à « jeter l’ancre en pleine tempête », argumentent-ils, préférant le naufrage programmé au chaos immédiat. Derrière cette posture se cache une guerre dynastique : Retailleau contre Wauquiez, deux prétendants au trône de 2027, qui calculent chaque geste à l’aune de leurs ambitions. La France, dans ce jeu d’échecs, n’est qu’un pion. </p><p>Acte III : Le Prophète et les Aveugles </p><p>Parmi ces voix discordantes, une seule résonne avec la clarté du cristal : celle de Charles de Courson. Le député centriste, tel Cassandre, dénonce sans relâche les dangers du budget — augmentation des dépenses publiques de 40 milliards, croissance fantôme à 0,9 %, dette abyssale. Ses mots, précis et tranchants, font écho aux analyses de Marc Touati, cet économiste persécuté pour avoir déchiré le voile des chiffres officiels. Ensemble, ils révèlent l’imposture : sous couvert d’austérité, l’État s’engouffre dans un délire dépensier, finançant chaque euro d’économie par neuf euros de dette. Le vrai visage de ce budget ? Un suicide à crédit, où les classes moyennes paieront l’addition tandis que les plus riches fuiront vers des cieux fiscaux plus cléments, tout comme nos plus grosses entreprises, dont on ne saurait que trop leur conseiller d’agir de la sorte. Quant aux petites, celles qui ne peuvent se le permettre, souvent pour des raisons légitimes, s’appliquera alors cette bonne vieille maxime romaine : « Vae victis », malheur aux vaincus !  </p><p>Acte IV : Le silence des complices </p><p>Et les autres ? Les Verts, « plus catholiques que le pape », brandissent l’étendard du Pacte Vert Européen, autre mirage coûteux, financé par la commission européennes des lobbies opaques, en charge de faire voter au parlement européen ce fameux pacte, qui aujourd’hui encore ne cesse de précipiter la France dans un abîme économique dont elle ne eut que perdre le combat face à des américains menés tambour battant par un président qui, lui, ne travaille que pour son pays, abstraction faite des dégâts que cela causera aux autres, là encore malheur aux vaincus. Le Rassemblement National, lui, grogne en chœur contre le budget mais se garde bien d’agir, préférant cultiver son statut d’opposant perpétuel responsable en vue de 2027. Quant à la majorité présidentielle, elle navigue en eaux troubles, entre psychopathie avérée d’un chef d’État, se rêvant un jour en Napoléon, l’autre en Jupiter, et, bassesses d’un Premier Ministre prêt à toutes les capitulations pour satisfaire son égo de rester le plus longtemps possible sur son trône, l’aboutissement de sa carrière dont la gestion de sa ville est à l’image de ce qu’il réserve à la France. </p><p>Épilogue : La comédie des masques</p><p>Alors, pourquoi ce refus général de censurer un budget mortifère ? La réponse se niche dans l’ADN même de cette classe politique, devenue une caste. Les députés ne travaillent plus pour le peuple, mais pour leur carrière, leurs prébendes, leur survie dans l’arène médiatique. La « stabilité » invoquée n’est qu’un leurre : elle sert à masquer la peur panique de perdre des privilèges, des postes, des réseaux. </p><p>L’exemple du gouvernement Barnier, censuré pour un budget similaire, en dit long sur l’hypocrisie du système. Hier comme aujourd’hui, les mêmes erreurs sont commises, mais les coupables changent de costume. Bayrou, stratège machiavélique, a compris que l’Assemblée dissoute en 2024 était une coquille vide, manipulable à souhait. Macron, en psychopathe froid, joue avec les institutions comme un enfant avec des allumettes. </p><p>Le Naufrage et les « Moujons » </p><p>La France sombre, lentement, irrémédiablement. Ses dirigeants, arc-boutés sur leurs certitudes, préfèrent les mensonges rassurants aux vérités douloureuses. Le peuple, transformé en « moujons » — moutons-pigeons —, regarde, impuissant, le navire prendre l’eau, pendant que le couple 14-39 continue de jouer sa partition sur le pont. Ce n’est pourtant pas le France qui coula, mais bien le Titanic, à moins que dans la réalité parallèle qui semble habiter cette caste, cela ne soit le France, qui sait ?</p><p>Mais dans les profondeurs de cette crise, une lueur persiste : celle de l’éveil citoyen. Car si les politiques ont renoncé à leur rôle, il revient aux Français d’exiger des comptes, de refuser la fatalité. Peut-être alors, dans la tourmente, renaîtra-t-il une démocratie digne de ce nom — une démocratie où les responsables assumeront leurs actes, où les budgets ne seront plus des actes de foi aveugle, mais des projets de vie. </p><p>En attendant, le rideau tombe sur un acte de plus de cette tragi-comédie. Et la question demeure : quand le public, enfin, sifflera la fin de la représentation ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 14:08:13 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Florian Philippot : Dislocation de l&#039;Europe : qui partira le premier ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><img src="https://media.marianne.net/assets/asmwDOyZo8CJn9AlA.jpg?w=1540&h=924&r=fill" alt="Thinkerview" width="50%" height="50%"><br />Thinkerview a pour objectifs</p>

<p>– Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.– Écouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.– Appréhender toute la complexité des enjeux actuels...</p>

<p><iframe width="420" height="345" src="https://www.youtube.com/embed/32OJhh95FZU"><br /></iframe></p>

<p><a href="https://x.com/f_philippot?t=4HL9pjkxhn-4MuqpNp5kfw&s=09"><br />Florian Philippot</a>, Président du parti politique souverainiste <a href="https://les-patriotes.fr/">Les<br />Patriotes</a>.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 09:46:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1007/%C2%AB-la-france-a-scolarise-10-des-enfants-algeriens-en-130-ans-%C2%BB-sindigne-jean-michel-aphatie</link>
	<title><![CDATA[« La France a scolarisé 10% des enfants algériens en 130 ans », s&#039;indigne Jean-Michel Aphatie.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par<br /><a href="https://x.com/FerghaneA?t=0jTDsM8d0bwTXwFdWSEBGw&amp;s=09"><br /> Fergane Azihari<br /></a></p>

<p>La faiblesse de l'oeuvre scolaire dans les colonies est en effet un lieu commun de la littérature anti-coloniale. Bilan d'autant plus accablant que la colonisation, ses atrocités incontestables, ses crimes, ses discriminations, ses spoliations étaient motivés par la nécessité de « civiliser les races inférieures », pour reprendre l'expression alors en vogue. </p>

<p>Or, si même sur l'école, les puissances européennes n'ont pas rempli leurs objectifs, c'est bien que « la mission civilisatrice » n'était que le faux-nez du despotisme menteur, n'est-ce pas ?</p>

<p>Mais comme la plupart des discours tiers-mondistes, ce lieu commun pèche par une lecture très paternaliste et partiale de l'histoire, avec de nombreux mensonges par omission.</p>

<p>Paternaliste, car s'il incrimine exclusivement une France, qui aurait sans doute pu mieux faire dans ce domaine comme ailleurs, il se garde bien d'interroger l'attitude des indigènes à l'égard des savoirs apportés par le colonisateur.</p>

<p>Ici, en effet, et comme toujours, l'indigène est relégué au rang de vulgaire spectateur à la remorque de l'histoire qui n'aurait pas la moindre emprise sur son destin, ce qui reproduit précisément un certain nombre de clichés coloniaux.</p>

<p>Ainsi, sur l'oeuvre scolaire dans les colonies, un journaliste objectif officiant dans pendant une heure de grande écoute aurait pu rappeler que les indigènes musulmans étaient particulièrement réfractaires au fait d'envoyer leurs enfants à l'école du mécréant. </p>

<p>En Algérie, « les chefs arabes se font toujours prier pour envoyer leurs enfants, notait le recteur Delacroix au début de 1860, et il en est sur lesquels les généraux sont obligés d’exercer une certaine pression pour leur faire accepter la concession d’une bourse ». </p>

<p>À l'inverse, le baron Jean-Jacques Baude note ceci à propos des juifs d'Algérie : « Leurs enfants fréquentent nos écoles, parlent notre langue, prennent notre costume : sans perdre leur esprit de caste, ils deviennent clercs d’avoués, notaires, employés d’administrations ; ils sont déjà initiés à notre législation »</p>

<p>A la fin des années 1850, le nombre d’élèves juifs scolarisés à Alger seulement est de 1700 ; 80 d’entre eux étudient dans le lycée de la ville, en 1854, alors que le nombre d’élèves musulmans n’y dépasse pas 12.</p>

<p>De fait, « Les « écoles Jules-Ferry », censées civiliser les indigènes en les sécularisant, étaient celles du colonisateur et c’est à ces deux titres (programmes d’enseignement laïcisés et rapport colonial) qu’elles seront boudées par les musulmans », rappelle l'historien Pierre-Jean Luizard.</p>

<p>Ainsi, en 1955 , 60 à 90 % des enfants juifs de Tunisie et du Maroc sont scolarisés (100 % en Algérie), contre 14 % à peine des enfants musulmans, qui demeurent sous le joug de ces lieux d'abrutissement qu'on appelle les écoles coraniques. </p>

<p>Dans son roman autobiographique, l'écrivaine marocaine Leïla Houari se remémore ceci : « Le premier jour de classe, manque de chance, je rencontre mon père, il devint rouge de colère, me prit par les oreilles et me ramena à la maison en criant que, lui vivant, aucun de ses enfants, encore moins une fille, n’irait étudier chez ces koufars (incroyants) de Français, cela suffisait qu’ils nous prennent notre pays, voilà qu’ils se mettaient aussi à détourner les jeunes de la religion par leur savoir ». </p>

<p>Il est remarquable de constater que l'on retrouve ce schéma dans tous les pays musulmans où pénètre l'influence occidentale.</p>

<p>Au Levant et en Egypte, les écoles administrées par les missions chrétiennes - qui joueront un rôle considérable dans l’émergence d’une bourgeoisie locale et occidentalisée - peinent à attirer des musulmans. Ces derniers demeurent sous-représentés dans les établissements européens. </p>

<p>En 1914, dans les provinces ottomanes de grande syrie, les missions catholiques françaises, ouvertes à toutes les confessions, scolarisent près de 50 000 élèves, mais ne comptent que 8,7% de musulmans sur un territoire où ils forment plus de 80% de la population. En Egypte, les Syro-Libanais, catholiques, juifs et étrangers dominent, suivis par les coptes et les musulmans.</p>

<p>Même configuration dans l'Inde britannique. </p>

<p>En Inde, « alors que les musulmans boudaient les écoles créées par les Anglais, les hindous avaient rapidement compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer d’une éducation de type occidental (...). D’après les divers rapports officiels anglais de la fin du XIXe siècle, la fréquentation musulmane des écoles anglaises était négligeable (...) Un journal bengalî, note que, de 1858 à 1875, seuls cinquante-sept musulmans avaient obtenu le B.A. (diplôme anglais de « Bachelor of Arts » équivalant à notre baccalauréat), contre trois mille cent cinquante-cinq hindous (...) Malgré les efforts faits par les Anglais pour remédier à cet état de choses, tout d’abord par Lord Mayo en 1871, puis deux ans plus tard par Lord Northbrook, enfin par la commission pour l’Éducation créée en 1882 et 1884, qui tendait à encourager les musulmans à s’éduquer en créant pour eux des bourses spéciales et en favorisant les associations pour le développement de l’éducation parmi les musulmans, ceux-ci firent peu de progrès. (...) Si une partie des classes aisées commença timidement à envoyer ses enfants dans les écoles publiques et les collèges, la majorité des musulmans des classes moyennes et pauvres demeurait attachée à l’enseignement coranique traditionnel », note l'indianiste Louis Frédéric.</p>

<p>Toujours en Inde, dans les années 1930, si les femmes musulmanes fréquentaient relativement assidûment les classes primaires, elles se trouvaient pratiquement absentes des universités. Dans la même année 1935, on ne comptait que trois cents jeunes filles musulmanes dans les institutions de haut niveau, contre cinq mille cinq cents hindoues.</p>

<p>Passons sur le rôle des merdesas, des écoles coraniques, confrériques, des zaouïas qui maillaient les pays musulmans...Alors que les structures ecclésiastiques européennes ont joué un rôle clef dans l'appropriation et la traduction du savoir gréco-arabe au moyen-âge, on ne trouve aucune initiative d'ampleur similaire dans les centres d'enseignement musulmans : « La curiosité a été atténuée, émoussée par la volonté de fidélité à l’Islam (...) qui a primé en quelque sorte sur la recherche de l’altérité », note l'historien Gérard Leclerc.</p>

<p>Du Maroc à l'Inde, en passant par le Levant, pourquoi certaines communautés se sont montrées plus réfractaires que d'autres à s'approprier les philosophies et les savoirs occidentaux, avec les conséquences que l'on sait sur l'état actuel du monde musulman  ? </p>

<p>Voilà la question que Monsieur Aphatie ne posera jamais sur Quotidien, tant ce dernier ne cherche pas à informer son public, pas plus qu'il ne s'intéresse aux dynamiques endogènes à l'oeuvre dans les cultures musulmanes. </p>

<p>Il ne s'agit que de perpétuer le sanglot de l'homme blanc et de se regarder le nombril au terme de de ce que Finkielkraut a très justement appelé le « narcissisme pénitentiel ».</p>

<p>Sources : <br />- Charles-Robert Ageron, Les Algériens musulmans et la France<br />- La France en terre d'islam, Pierre Vermeren<br />- L'inde de l'islam, Louis Frédéric<br />- La mondialisation culturelle, Gérard Leclerc<br />- Le choc colonial et l'islam, Pierre-Jean Luizard<br />- Les consistoires israélites d'Algérie au XIXe siècle, Valérie Hassan<br />- Histoire des Arabes, Eugen Rogan<br />- Leïla Houari, Zeida de nulle part<br />- Georges Bensoussan, L'Alliance israélite universelle (1860-2020) : Juifs d Orient Lumières d Occident</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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