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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Économie]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 14 Feb 2025 21:55:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Jacques Sapir : Trump lance les guerres commerciales.]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://www.youtube.com/@FPopMedia">Fr&eacute;quence Populaire M&eacute;dia</a></p><p>&Eacute;conomie Souveraine</p><p>&Eacute;mission tourn&eacute;e le 7 F&eacute;vrier 2025</p><p>Jacques Sapir, son nouveau livre : &quot;La fin de l&#39;ordre occidental ?&quot;</p><p>Dans cette &eacute;mission, Jacques Sapir aborde les r&eacute;centes d&eacute;clarations et strat&eacute;gies de Donald Trump, en particulier concernant ses intentions tarifaires qui inqui&egrave;tent les entrepreneurs internationaux, notamment europ&eacute;ens. Trump menace d&#39;imposer des taxes sur les importations en provenance de plusieurs r&eacute;gions, y compris le Canada, le Mexique, l&#39;Union europ&eacute;enne, la Chine et la Russie, justifiant ces mesures par un d&eacute;sir de d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques des &Eacute;tats-Unis. Jacques explique que ces taxes pourraient &ecirc;tre davantage un outil de n&eacute;gociation qu&#39;une politique &eacute;conomique concr&egrave;te, tout en soulignant les impacts potentiels sur les relations commerciales et la dynamique g&eacute;opolitique. Il examine &eacute;galement les implications de ces politiques sur l&#39;industrie am&eacute;ricaine et sur la r&eacute;industrialisation des &Eacute;tats-Unis, tout en mettant en lumi&egrave;re les d&eacute;fis que cela pose pour l&#39;Europe, en particulier pour la France, qui fait face &agrave; une d&eacute;sindustrialisation croissante. La discussion s&#39;&eacute;tend &eacute;galement &agrave; la guerre commerciale avec la Chine et &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; pour l&#39;Europe de r&eacute;agir strat&eacute;giquement face &agrave; ces menaces.</p><p>&nbsp;</p><p>Th&eacute;matiques abord&eacute;es :</p><p>Trump et les taxes &agrave; l&#39;importation : Annonce de nouveaux tarifs sur les importations, provoquant l&#39;inqui&eacute;tude des entrepreneurs internationaux.<br />
Strat&eacute;gies de n&eacute;gociation : Les taxes pourraient servir de levier pour n&eacute;gocier des accords plut&ocirc;t que d&#39;&ecirc;tre appliqu&eacute;es concr&egrave;tement.<br />
Commerce intrabranche : Les relations &eacute;conomiques entre les &Eacute;tats-Unis, le Canada et le Mexique reposent sur un commerce complexe de sous-traitance.<br />
D&eacute;sindustrialisation en Europe : Les politiques protectionnistes de Trump menacent la base industrielle de l&#39;Europe, notamment la France et l&#39;Allemagne.<br />
Guerre commerciale avec la Chine : Une escalade des tensions qui pourrait mener &agrave; des r&eacute;percussions significatives sur le commerce mondial.<br />
R&eacute;action europ&eacute;enne n&eacute;cessaire : L&#39;Europe doit se pr&eacute;parer &agrave; r&eacute;pondre de mani&egrave;re unie aux menaces &eacute;conomiques des &Eacute;tats-Unis.<br />
R&eacute;industrialisation : Les &Eacute;tats-Unis cherchent &agrave; inverser la tendance de d&eacute;sindustrialisation en augmentant leur production nationale.<br />
<br />
Points cl&eacute;s de l&#39;&eacute;mission :</p><p><br />
Les taxes comme outil de pouvoir : Les menaces de Trump d&#39;imposer des taxes d&#39;importation sont souvent plus une tactique de n&eacute;gociation qu&#39;une intention r&eacute;elle de nuire &agrave; ses voisins commerciaux. En effet, ces menaces peuvent inciter des changements dans les politiques de pays comme le Mexique et le Canada, en for&ccedil;ant ces nations &agrave; agir contre le trafic de drogue, par exemple.<br />
<br />
Complexit&eacute; des cha&icirc;nes d&#39;approvisionnement : Les relations commerciales entre les &Eacute;tats-Unis, le Canada et le Mexique sont interconnect&eacute;es par des cha&icirc;nes de production intrabranche, ce qui rend difficile l&#39;application de tarifs sans perturber gravement l&#39;industrie am&eacute;ricaine.</p><p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/r5tuEy3cCO4?si=Ga-tWWzVW_iqXltk" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 22:57:25 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Projet Icebreaker / Brise-glace: Le début d’un système mondial unique de monnaie numérique ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Brandon Smith − Le 10 avril 2023 − Source <a href="https://alt-market.us/project-icebreaker-the-beginning-of-a-one-world-digital-currency-system/">Alt-Market</a></p><p></p><p>Au cours des deux dernières années, les médias alternatifs ont beaucoup discuté des dangers des monnaies numériques des banques centrales (CBDC), un cadre monétaire très similaire aux produits basés sur la blockchain comme le bitcoin, mais directement contrôlé par les banquiers centraux. Il s’agit d’une menace sur laquelle certains analystes, dont je fais partie, écrivent depuis plus d’une décennie, et il est donc bon de voir que la question est enfin abordée dans les médias grand public.</p><p>On ne saurait trop insister sur le caractère orwellien des CBDC. Dans une société sans argent liquide, la plupart des gens dépendraient des produits numériques pour l’échange de biens et de travail, ce qui signifierait bien sûr la fin de toute confidentialité dans les échanges. Tout ce que vous achetez, vendez ou travaillez dans votre vie serait enregistré, et cette absence d’anonymat pourrait être utilisée pour étouffer vos libertés à l’avenir.</p><p>Supposons par exemple que vous aimiez manger régulièrement du steak, mais que le gouvernement, de plus en plus autoritaire, décide d’inscrire la viande rouge sur la liste des risques pour la santé et des « risques liés au changement climatique » en raison des émissions de carbone produites par les vaches. Il détermine, sur la base de l’historique de vos achats (auquel il a pleinement accès), que vous avez contribué davantage à la pollution par le carbone que la plupart des gens en mangeant souvent de la viande rouge. Ils déclarent que vous devez payer une taxe carbone rétroactive sur vos achats passés de viande rouge. De plus, votre compagnie d’assurance vous envoie une lettre indiquant que vous présentez un risque médical et vous prive de votre couverture médicale.</p><p>Les produits que vous consommez et les services que vous utilisez peuvent être suivis pour créer un profil psychologique sur vous, qui pourrait ensuite devenir un facteur dans la détermination de votre score de crédit social, tout comme les autorités du PCC le font en Chine aujourd’hui. Peut-être refusez-vous d’acheter une injection annuelle d’ARNm, et l’algorithme de suivi en prend note. Vous êtes maintenant soupçonné d’être « anti-vax » et votre cote de crédit social s’effondre, ce qui vous exclut de divers lieux publics. Il se peut même que vous soyez licencié.</p><p>Dans le pire des cas, cependant, l’accès économique est le plus grand outil d’oppression. Avec les CBDC en place et l’absence d’argent liquide, vos économies ne vous appartiendront jamais vraiment et vous ne pourrez jamais détenir votre pouvoir d’achat entre vos mains. Les moyens d’échange seraient bloqués par les banques et les gouvernements auraient la possibilité de geler votre capacité à effectuer des transactions. Si un jour vous vous mettez en colère contre une politique gouvernementale particulière et que vous qualifiez ouvertement le système de corrompu sur les médias sociaux, ils pourront simplement vous interdire de transférer votre argent numérique à d’autres personnes jusqu’à ce que vous vous soumettiez, ou que vous mouriez.</p><p>Les CBDC permettent aux responsables de l’establishment d’affamer leurs opposants politiques avec une précision algorithmique. Ce serait un nouveau monde d’oppression technocratique.</p><p>Il est important de comprendre que les banquiers centraux développent et introduisent des monnaies numériques à une vitesse fulgurante. Il ne s’agit pas d’une question d’expérimentation, ils ont déjà ces systèmes prêts à être mis en œuvre. Le programme de transfert instantané de la Réserve fédérale « FedNow » devrait être lancé en juillet. Il ne s’agit pas d’une CBDC, mais d’une étape intermédiaire vers l’instauration de CBDC à court terme.</p><p>Dans le cadre de mes recherches sur les différents programmes de CBDC et sur la rapidité avec laquelle ils progressent, je suis tombé sur un programme intéressant appelé « Project Icebreaker », géré par la Banque des règlements internationaux (BRI). Pour ceux qui ne le savent pas, la BRI est une institution globaliste au passé clandestin connue sous le nom de « banque centrale des banques centrales ». Elle est le centre de décision de la plupart des banques centrales du monde. Si vous vous êtes déjà demandé comment il était possible qu’autant de banques centrales nationales opèrent en tandem au lieu d’agir dans l’intérêt des pays dans lesquels elles résident, la BRI est la réponse. En d’autres termes, des organisations comme la Réserve fédérale ne sont pas nécessairement loyales envers les Américains ou les responsables américains, elles sont loyales envers les diktats de la BRI.</p><p>La BRI est à l’avant-garde du mouvement en faveur de l’adoption des CBDC. Elle a financé un grand nombre de projets visant à tester et à affiner la technologie des CBDC et, depuis cette année, elle estime qu’au moins 81 banques centrales dans le monde sont en train d’introduire des systèmes de monnaie numérique.</p><p>Le projet Icebreaker a particulièrement attiré mon attention pour plusieurs raisons. La BRI décrit le projet comme une chambre de compensation des changes pour les CBDC de détail (les CBDC de détail sont des monnaies numériques utilisées par le grand public et les entreprises), permettant à ces monnaies d’être échangées d’un pays à l’autre de manière rapide et efficace. Pour ce faire, elle utilise le « Icebreaker Hub », un mécanisme contrôlé par la BRI qui facilite les transferts de données pour toute une série de transactions en connectant les banques à d’autres banques.</p><p>[embedded content]</p><p>En enquêtant davantage, je me suis rendu compte que le Icebreaker Hub fonctionnait en théorie presque exactement comme le système de paiement SWIFT utilisé actuellement par les gouvernements et les banques internationales. Plus de 10 000 institutions financières dans 212 pays différents utilisent le réseau SWIFT pour transférer des fonds à l’étranger pour leurs clients ; il s’agit d’un incroyable goulot d’étranglement centralisé qui confère à ses actionnaires un pouvoir considérable.</p><p>À titre de référence, après le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, l’expulsion de la Russie du réseau SWIFT a été utilisée comme une arme pour tenter de faire s’effondrer l’économie russe. La Russie a trouvé des moyens de contourner l’utilisation de SWIFT en raison de ses relations commerciales avec des économies majeures comme la Chine et l’Inde, mais des dommages ont tout de même été causés à sa structure financière.</p><p>Et si toutes les transactions monétaires étaient centralisées par l’intermédiaire des CBDC et que la BRI contrôlait la <a href="https://www.bis.org/publ/othp61.pdf">plaque tournante</a> dans laquelle toutes les CBDC de détail sont échangées à l’échelle mondiale ? Voilà ce qu’est le brise-glace.</p><p>Imaginez maintenant que vous exploitiez une entreprise qui repose sur des transactions à l’étranger ; disons que vous devez payer des fabricants au Viêt Nam ou à Taïwan pour fabriquer vos produits. Avec les CBDC en place, vous serez très probablement complètement dépendant d’un système similaire à Icebreaker Hub pour transférer de l’argent numérique vers les banques vietnamiennes et sur les comptes de vos fabricants. Supposons que les fonctionnaires de la BRI, pour une raison ou une autre, décident qu’ils ne vous aiment pas et qu’ils prennent des sanctions à la russe en vous refusant l’accès au hub. Votre entreprise n’a plus de raison d’être.</p><p>Que se passerait-il si vous deviez respecter certaines normes pour être autorisé à utiliser la plate-forme, et si la BRI imposait ces normes ? Que se passerait-il si la BRI décidait que votre entreprise doit répondre à des catégories ESG avant d’obtenir l’autorisation d’effectuer des transactions sur le brise-glace ? La BRI a désormais la capacité de manipuler les tendances sociales et culturelles en utilisant votre entreprise et des millions d’autres entreprises comme messagers forcés.</p><p>Pour le consommateur moyen qui effectue la plupart de ses transactions dans son pays d’origine, cela ne semble pas être une grosse affaire. Mais pour le monde des affaires, une plateforme de type SWIFT pour les CBDC de détail pourrait être utilisée pour dominer l’ensemble du commerce international. Diriger une organisation ou une entreprise de plus grande envergure reviendrait à se plier aux caprices de la BRI.</p><p>Mais il y a pire…</p><p>Une partie du processus de la méthode d’échange « rayons et roues » utilisée par le Icebreaker Hub comprend l’exploitation d’une « monnaie de transition » pour combler les lacunes en matière de taux de change et de liquidité. À première vue, il s’agit d’un moyen astucieux d’accélérer les transactions en évitant les pénuries de devises dans les banques. Cela dit, je voudrais que les lecteurs réfléchissent à la trajectoire à long terme que ce type de « pont » met en branle dans le domaine des CBDC.</p><p>Supposons qu’une crise économique d’envergure mondiale provoque des fluctuations considérables de nombreuses devises. Supposons, par exemple, que le dollar américain perde son statut de réserve mondiale et son statut pétrolier, ce qui affole les marchés des changes. L’inflation des prix devient rampante et les institutions bancaires vacillent sous la pression des liquidités. Supposons que les banquiers centraux introduisent les CBDC comme solution au problème, et le Icebreaker Hub de la BRI comme intermédiaire pour le commerce international. La population serait tellement effrayée par le krach économique qu’elle adopterait le cadre numérique. Supposons maintenant que la BRI affirme qu’elle n’a toujours pas trouvé de monnaie qu’elle considère comme suffisamment stable pour servir d’intermédiaire dans la plupart des transactions mondiales. Que se passe-t-il alors ?</p><p><a href="https://www.imf.org/en/Publications/fandd/issues/2019/12/future-of-the-IMF-special-drawing-right-SDR-ocampo">Heureusement</a> pour nous tous, la BRI et le FMI ont travaillé sur leur propre CBDC mondiale. Dans le cas du FMI, cette monnaie mondiale unique serait basée sur le système de panier des droits de tirage spéciaux qu’il utilise depuis des décennies pour négocier les transferts de devises entre les gouvernements nationaux. La BRI utiliserait ensuite cette monnaie mondiale unique comme passerelle pour l’IceBreaker.</p><p>La BRI, le FMI et les différentes banques centrales finiront par poser au public l’inévitable question : « Pourquoi s’embarrasser de ces échanges de monnaies nationales alors que nous disposons d’une monnaie-relais parfaitement efficace sous la forme de cette CBDC mondiale ? Pourquoi ne pas se débarrasser de toutes ces CBDC nationales superflues et n’avoir qu’une seule monnaie pour tout le monde ? »</p><p>C’est ainsi que l’on parviendrait à une centralisation financière mondiale totale. Et une fois que vous avez une monnaie mondiale unique, une économie mondiale complètement centralisée et micro-gérée et les systèmes commerciaux les plus vitaux du monde contrôlés par une minuscule poignée de bureaucraties non élues et sans visage, pourquoi alors avoir des nations ? Un gouvernement mondial serait la prochaine et dernière étape.</p><p>Je vois ce cauchemar se dessiner lorsque je regarde des projets comme Icebreaker. Ils sont apparemment inoffensifs, mais ils agissent comme l’ADN qui donne naissance à la tyrannie économique.</p><p>Brandon Smith</p><p>Traduit par Hervé pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1004/pour-les-economistes-de-la-cour-le-salarie-est-un-rentier-comme-un-autre</guid>
	<pubDate>Sun, 26 Jan 2025 13:28:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1004/pour-les-economistes-de-la-cour-le-salarie-est-un-rentier-comme-un-autre</link>
	<title><![CDATA[Pour les économistes de la Cour, le salarié est un rentier comme un autre&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>« La France vit au-dessus de ses moyens », déclarait Raymond Barre en 1976. Selon Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de « Marianne », le gros avantage de cette formule est de mettre tout le monde dans le même panier. Or, seuls les salariés sont visés par la diatribe qui cherche à les culpabiliser, en oubliant la responsabilité des décideurs, de ceux qui tiennent les rênes de l’économie et qui n’ont de comptes à rendre à personne.</p>

<p>Quelle est la formule magique des économistes de la Cour ? Quelle est la vérité d’évangile déclamée, du soir au matin, pour mieux l’imprimer dans le cerveau du salarié anonyme ? La voici : « La France vit au-dessus de ses moyens. » On ne compte plus le nombre de soirées télévisées organisées sur le sujet avec souvent les mêmes invités.</p>

<p><a href="https://www.marianne.net//agora/les-signatures-de-marianne/jack-dion-tavares-la-macronie-une-petite-caste-qui-beneficie-de-privileges-mais-qui-fait-la-lecon-aux-autres"><br />A LIRE AUSSI : Jack Dion : "Tavares, la Macronie… une petite caste qui bénéficie de privilèges mais qui fait la leçon aux autres"</a></p>

<p>Du président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, ex-socialiste converti aux charmes du néolibéralisme, au gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, en passant par toute la galaxie des animateurs de plateaux médiatiques, il n’en est pas un qui n’ait repris cette fable. La plupart de ceux qui la racontent vivent d’ailleurs plutôt bien, tant mieux pour eux. Ils n’ont pourtant rien inventé.</p>

<p>Même plan d'égalité<br />L’auteur du précepte destiné à nourrir le bêtisier de la pensée correcte s’appelle Raymond Barre, alors Premier ministre du président Valéry Giscard d’Estaing, qui l’avait présenté comme « le meilleur économiste de France ». Il l’édicta en 1976.</p>

<p>La formule choc du professeur Barre, qui a franchi le siècle, a le gros avantage de mettre tout le monde dans le même panier : le chômeur et le spéculateur ; le petit retraité et le rentier plein aux as ; le smicard et l’oligarque ; l’agent d’entretien et l’amateur d’optimisation fiscale ; le cariste et le boursicoteur branché sur Wall Street ; le paysan ruiné et le céréalier qui fait son blé ; le commerçant du coin et l’actionnaire de Carrefour ; l’artisan et le PDG d’une multinationale ; l’infirmière et le manager de labo pharmaceutique ; le patron de PME qui tire la langue et le roi du CAC 40 qui tire les ficelles pour délocaliser son entreprise. Or les uns font la richesse de la France alors que les autres la défont.<br /><a href="https://www.marianne.net//economie/economie-francaise/jack-dion-laffaire-de-la-fonderie-de-bretagne-prouve-que-lon-ne-peut-rien-attendre-dun-etat-demissionnaire"><br /><br />A LIRE AUSSI : Jack Dion : "L’affaire de la Fonderie de Bretagne prouve que l’on ne peut rien attendre d’un État démissionnaire"<br /></a></p>

<p>Les uns vivent (plus ou moins bien) de leur travail alors que les autres en profitent pour mener des aventures animées par la cupidité, l’argent facile, le profit à court terme. Malheureusement, seuls les salariés sont visés par la diatribe qui cherche à les culpabiliser, en oubliant la responsabilité des décideurs, de ceux qui tiennent les rênes de l’économie et qui n’ont de comptes à rendre à personne.</p>

<p>Seuls les plus démunis sont appelés à faire des sacrifices, à travailler plus sans gagner plus, et à courber l’échine alors que la France s’appauvrit faute d’utiliser toute la gamme de ses ressources, en raison d’une course à la mondialisation synonyme de désindustrialisation rampante, de fermetures d’usines à la chaîne et de drames humains aux quatre coins du pays.</p>

<p><a href="https://www.marianne.net//agora/les-signatures-de-marianne/jack-dion-la-france-laborieuse-napparait-jamais-sur-les-ecrans"><br />A LIRE AUSSI : Jack Dion : "La France laborieuse n’apparaît jamais sur les écrans"<br /></a></p>

<p>Pourquoi ne parle-t-on jamais de ceux qui vivent vraiment au-dessus des moyens de la France ? Le journal les Échos annonce fièrement que « les groupes du CAC 40 n’ont jamais été aussi généreux ». La preuve : en 2024, ils ont versé près de 100 milliards d’euros à leurs actionnaires, cette caste qui s’enrichit en dormant. Au passage, on lit dans le journal de Bernard Arnault, première fortune nationale, que « les dividendes n’enrichissent pas plus les actionnaires qu’un retrait au distributeur n’enrichit un salarié qui vient de toucher son salaire ». </p>

<p>Bref, le salarié est un rentier comme un autre.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/996/a-qui-profite-vraiment-la-creation-d%E2%80%99un-marche-des-terres-en-ukraine%C2%A0</guid>
	<pubDate>Sat, 18 Jan 2025 08:40:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/996/a-qui-profite-vraiment-la-creation-d%E2%80%99un-marche-des-terres-en-ukraine%C2%A0</link>
	<title><![CDATA[À qui profite vraiment la création d’un marché des terres en Ukraine ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Bien que l’Ukraine possède de vastes terres agricoles parmi les plus fertiles du monde, la richesse du secteur agricole ukrainien est longtemps restée hors de portée des petit·es agriculteur·rices du pays.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/958/politique-europeenne%C2%A0-un-premier-bilan-des-grandes-decisions-sur-les-vehicules-electriques</guid>
	<pubDate>Sun, 19 May 2024 11:00:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/958/politique-europeenne%C2%A0-un-premier-bilan-des-grandes-decisions-sur-les-vehicules-electriques</link>
	<title><![CDATA[Politique européenne : un premier bilan des grandes décisions sur les véhicules électriques]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par José Martí − Le 28 avril 2024 − Source Le Saker Francophone</p><p>Cela fait des dizaines d’années que l’on “construit” une Union européenne supra-nationale, justifiée par l’idée que les États nationaux sont trop égoïstes pour pouvoir servir, et encore moins entrapercevoir le bien commun. Il est peut-être temps, à l’approche des élections d’une représentation populaire, d’établir un bilan de cette “construction”. Nous avons décidé ici de contribuer à ce bilan sur un plan important : la protection de l’environnement, les transports et l’énergie. Tout cela se cristallise autour du véhicule électrique.<br /></p><p>Dans leur immense sagesse supranationale, au service du bien commun et au-dessus des égoïsmes étatiques, les institutions supranationales, commission en-tête, et son parlement servile et corrompu dans son sillage, ont adopté fin 2022 une décision qui n’a échappé à l’attention de personne : <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/10/27/l-union-europeenne-trouve-un-accord-sur-la-fin-des-moteurs-thermiques-en-2035_6147631_3234.html">l’interdiction de facto des ventes de voitures et véhicules utilitaires légers neufs à essence et diesel, ainsi que des hybrides d’ici à 2035</a>. Une décision énorme, qui aura forcément été méticuleusement étudiée, du fait des colossales conséquences qu’elle porte sur des sujets aussi divers que :</p>
<p>L’écosystème des entreprises agissant dans le domaine du transport automobile. En jeu, des emplois, des évolutions normatives colossales, des chaînes d’approvisionnement à revoir, etc.<br />L’organisation des infrastructures. Prévoir des bornes de recharge en nombre, des moyens de production électrique à la hauteur, équiper la population, y compris les personnes qui ne disposent pas d’une place de parking dédié.<br />Le coût d’achat, de maintenance, d’assurance, pour le citoyen. La durée de vie des véhicules ainsi produits.<br />Le maintien en condition de sécurité du parc — il faut savoir qu’un objet doté de batteries, a fortiori s’il est en charge, peut prendre feu spontanément très rapidement, et que l’incendie qui en résulte est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=518ddNigwQQ">particulièrement difficile à contenir, et encore plus à éteindre</a>.</p>
<p>Auraient forcément également dû être étudiés, de toute évidence, les prémisses même de l’idée fondamentale, à savoir que le remplacement du parc thermique vers un parc électrique est de nature à diminuer la pollution ; étude réalisée sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules : comprenant leur conception, leur mise au point, leurs tests, l’industrialisation de leur fabrication, leur fabrication, leur transport, leur maintenance, leur recyclage. Le simple fait qu’un véhicule ne produit pas de CO2 pendant qu’il roule ne constitue qu’un tout petit aspect de tout ce cycle.</p><p>Bien entendu, de la part d’organisations aussi empressées à produire des montagnes de normes, de processus de vérification, de spécifications, il va de soi que le Citoyen européen pouvait attendre de la part de la sage Commission européenne qu’elle s’applique à elle-même ce niveau normatif : qu’elle conduise et justifie une décision politico-industrielle de cette ampleur par des études et des processus à la hauteur des enjeux.</p><p>Ce qui s’est produit est tout autre. La Commission européenne, pilotée par des idéologues bien pensants, a pris cette décision sans consulter aucun acteur du marché, sans mener d’étude de préparation. Il a simplement été décidé d’appliquer ce changement, et que tout le réel allait s’adapter.</p><p>Nous ne décrétons pas cette idée de notre propre chef. Ce sont les experts issus de l’industrie, et le marché lui-même, qui le disent. Voici ce que monsieur Jean-Dominique Sénard, le 20 mars 2024, lors d’une audition face au Sénat français, a trouvé à exprimer :</p><p>[embedded content]</p><p>Au vu de l’importance de cette analyse, nous publions ici en texte la transcription de cette audition.</p><p>Je ferai simplement une remarque au passage, c’est que la décision a été prise à Bruxelles après des dialogue qui n’étaient pas toujours très faciles ; il se trouve qu’à cette époque-là l’industrie automobile n’avait pas forcément le vent en poupe et je dirais que nous avons à l’époque été un peu soumis à une forme de déni autour des capacités d’innovation — je l’avais vécu comme d’autres dans le monde automobile avec beaucoup de souffrance mais c’est comme ça — et je voudrais simplement faire remarquer que la décision a été prise avec un niveau d’analyse d’impact proche de pas grand-chose. J’espère ne choquer personne en vous disant que l’analyse d’impact n’a pas été faite — j’en veux pour preuve qu’une fois la décision prise, tout le monde a découvert ou a fait mine de découvrir que nous avions un énorme sujet autour de la question des ressources nécessaires pour alimenter les usines de batterie que nous sommes en train de mettre en place en France et nos concurrents de la même manière considérant que de fait l’Europe était dépourvue d’accès significatif aux mines dans le monde qui produisent les métaux nécessaires à la fabrication des batteries. J’ai cité le lithium, le nickel, le manganèse, le cobalt, je parle des terres rares, ne serait-ce que le cuivre aussi [qui] est un sujet majeur comme vous le savez, et même à court terme. Donc cette découverte, liée à un certain nombre de rapports qui sont sortis après coup et qui ont été très bien faits évidemment ont tout simplement entraîné le fait que l’industrie automobile se retrouvait devant des défis majeurs qui n’avaient pas été anticipés. Je ne vais pas faire trop long sur ce sujet mais chacun sait et on ne va quand même pas le reprocher à la Chine que depuis 25 ans la Chine avait mis en place une stratégie extraordinairement directive en la matière mettant la main sur une quantité significative d’exploitation minière dans le monde, en Afrique et ailleurs. La Chine domine aujourd’hui entre 60 et 70 % de l’accès aux mines nécessaires aux métaux pour la production d’énergie électrique, et peut-être un pas plus loin elle domine entre 70 et 75 % — selon les métaux — l’industrie de la transformation de ces métaux qui, je vous le rappelle, est une industrie extrêmement lourde qui nécessite des investissements majeurs parce que le métal, une fois extrait de la mine, doit être raffiné en plusieurs étapes pour être capable ensuite d’être intégré dans des cellules de batterie ; faire une cathode et faire une anode nécessite évidemment des métaux — je n’ai pas évoqué le graphite, j’aurais pu le faire puisque il est absolument essentiel pour fabriquer une anode — et donc ce constat-là, soyons clair, il faut regarder les choses en face, c’est pour ça que je crois que la lucidité est la première des vertus, au fond est apparue après la décision et non pas avant. L’autre sujet qui est apparu effectivement dans la foulée, c’est que les demandes que vont nécessiter l’électrification de la mobilité en Europe mais pas seulement parce qu’il s’agit là aussi de la décarbonation de l’ensemble de l’industrie qui est en train d’électrifier une immense partie des processus de production — et donc là je sors un instant de l’automobile mais cette demande d’énergie, notamment d’énergie électrique, est considérable et les chiffres aujourd’hui que nous avons devant nous, y compris ceux que le gouvernement français nous présente dans le cadre de la stratégie de décarbonation sont des chiffres qui aujourd’hui impressionnent par l’ampleur des besoins nécessaires et que donc nous nous retrouvons, tant en termes de capacité électrique disponible que de son prix qui est une incertitude aujourd’hui devant un deuxième grand défi.<br />[…]</p><p>On se rendait déjà compte, depuis quelques mois, que les ventes de véhicules électriques, dès lors que les aides publiques à l’achat se tarissent, ont une tendance unifiée dans tous les pays à s’effondrer. Voici quelques articles de presse qui en témoignent :</p><p>En parallèle de cela, les personnes qui ont accepté d’acheter en premier des véhicules électriques se rendent compte qu’il est particulièrement difficile de les revendre sur le second marché : la décote subie par un véhicule électrique d’occasion est très significativement supérieure à celle d’un véhicule thermique. <a href="https://www.wardsauto.com/dealers/used-bevs-another-storm-cloud-ahead-mass-bev-adoption">Marché de l’occasion : un autre orage sur la voie de l’adoption de masse des véhicules électriques</a> — wardsauto.com.</p><p>Et quand on y prête attention, on trouve pour dire du bien inconditionnel des véhicules électriques les acteurs de la communication comme les hommes politiques, les journalistes… Mais les ingénieurs, dans leur écrasante majorité, se montrent nettement plus prudents, et ce depuis de nombreuses années.</p><p>Ce qui est en train de se produire est un désastre industriel majeur, à l’échelle du continent européen, piloté, voulu, assumé par des élites totalement déconnectées et corrompues. Nous avons financé à grands frais des institutions européennes totalement dysfonctionnelles. Bien entendu, ce désastre se retrouve sur d’autres sujets, tels que la viabilité de la monnaie Euro, un engagement géopolitique délirant dans la guerre en Ukraine, une politique sanitaire plus que dommageable… En vérité, on peinerait à trouver un seul domaine dans lequel ces institutions apportent quelque chose de significativement bon pour le citoyen européen.</p><p>On va continuer de nous expliquer qu’il faut plus d’Europe pour résoudre ces problèmes. De notre côté, nous pensons que plus d’Europe correspond simplement à plus de déconnexion vis-à-vis du réel, et donc encore plus de désastre.</p><p>Merci à la chaîne youtube <a href="https://www.youtube.com/@VoituresIngenierie">Voitures et Ingénierie</a> pour la persistante pertinence de ses analyses. Elle aura grandement inspiré et apporté des sources à la prise d’angle du présent article.</p><p>José Martí</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Fri, 03 May 2024 13:03:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Röpke, l’économiste qui voulait dépasser l’offre et la demande]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le fondateur de l’ordo-libéralisme, un courant qui vise à créer les conditions-cadres permettant la concurrence libre, était opposé au capitalisme de laissez-faire cher à Adam Smith, celui de l’ordre spontané et de la main invisible. Il préférait une voie médiane qui intègre un filet de sécurité sociale, selon Richard Ebeling, professeur d’éthique à l’école de management «The Citadel», aux Etats-Unis. Le penseur allemand, cofondateur de l’Institut du Mont Pèlerin qui allait donner naissance au néo-libéralisme, s’est toujours inquiété de la déshumanisation de la société. Il ne considérait l’économie que dans ses relations avec la société.</p>
<p>Un fort impact sur la Suisse</p>
<p>Wilhelm Röpke est né près de Hanovre en 1899. Professeur d’économie à 24 ans, le plus jeune d’Allemagne, il fut très tôt confronté aux totalitarismes, qu’ils soient communiste, fasciste ou nazi. Dénonçant la politique national-socialiste et sa brutalité, il perdit son emploi et fuit en Turquie puis, dès 1937, à Genève pour y enseigner à l’Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales (IUHEI), aujourd'hui l'IHEID. Il y resta 30 ans. «Lors de ses cours, passionné et détaché de l’objectivité scientifique, il y avait de l’électricité dans l’air», a indiqué Richard Ebeling.</p><p>Ses écrits ont été nombreux. Aux côtés d’ouvrages, comme «Civitas Humana», il publia ses analyses dans la Gazette de Lausanne ainsi que la NZZ. Son impact a été majeur tant en Suisse qu’en Allemagne. Pour Pierre Bessard, directeur de l’Institut Libéral, «si la Suisse est l’économie la plus libre d’Europe et si elle a si bien résisté au centralisme en vigueur en Europe, c’est aussi grâce à Wilhelm Röpke et à celui qui l’a invité à Genève, le libéral William Rappard, fondateur de l’IUHEI».</p><p>Défenseur d’un libéralisme défini par son ouverture et sa tolérance, Wilhelm Röpke a toujours été critique à l’égard de l’intervention de l’État, parce qu’elle crée un risque de déshumanisation des relations sociales. «Avec l’augmentation de la taille de l’État providence, la redistribution réelle ne se fait pas de Pierre à Paul, mais de Pierre à l’État, et c’est ce dernier qui définit qui reçoit et combien», a déclaré Richard Ebeling. Sa critique de l’État n’était donc pas économique, mais éthique. La politique sociale étatique détruit, à son avis, la classe moyenne et les modes de coopération volontaire entre individus et petits groupes. Les valeurs défendues par Wilhelm Röpke étaient celles de la bourgeoisie, celles de liberté, de responsabilité, de fidélité et leur ancrage dans la famille, la religion, la communauté.</p><p>Cet avocat de l’État minimum, aurait aujourd’hui critiqué l’UE et son intégration sous la contrainte, préférant une forme d’association flexible entre pays membres, a ajouté Richard Ebeling.</p><p>Libéral sans aucun doute, Wilhelm Röpke était, sous maints aspects, également un conservateur. Pessimiste à l’égard de la modernité, de l’industrialisation, de l’urbanisation et adversaire des grandes compagnies, il cherchait à préserver les valeurs d’antan. Mais, selon Tim Petersen, chercheur à l’Institut Röpke, «c’était un utopiste rétrograde dans la mesure où les valeurs qu’il voulait conserver n’ont jamais existé». Il était aussi conservateur par son opposition au droit de vote des femmes. Pourtant, les conservateurs eux-mêmes ne l’appréciaient guère, tant il était favorable au libre échange et critique à l’égard de l’État, écrit Gerhard Schwarz, ex-directeur d’Avenir Suisse, dans la NZZ.</p><p>Lire dans les archives:</p><p><a href="http://www.letempsarchives.ch/page/JDG_1966_02_14/3/roepke" rel="nofollow noopener" target="_blank">L’annonce du décès de Wilhelm Röpke</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/930/smsgate-la-commission-europeenne-senfonce-dans-son-deni-et-son-mensonge-entretien-avec-le-lobbyiste-frederic-baldan-et-me-diane-protat</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Sep 2023 21:25:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/930/smsgate-la-commission-europeenne-senfonce-dans-son-deni-et-son-mensonge-entretien-avec-le-lobbyiste-frederic-baldan-et-me-diane-protat</link>
	<title><![CDATA[SMSgate : &quot;La Commission européenne s&#039;enfonce dans son déni et son mensonge.&quot; Entretien avec le lobbyiste Frédéric Baldan et Me Diane Protat]]></title>
	<description><![CDATA[<p>ENTRETIEN ESSENTIEL - Nouveaux rebondissements et surprenants enseignements dans l'affaire des SMS échangés entre Ursula Von der Leyen et Albert Bourla. Pour rappel, la présidente de la Commission européenne est soupçonnée d’avoir négocié en catimini avec le PDG de Pfizer, sans mandat à cet effet, un "méga contrat" d'achat de vaccins anti-Covid-19. Afin de mettre à jour cet état de fait présumé, la justice a été saisie par le lobbyiste belge Frédéric Baldan et l’avocate française Me Diane Protat. Plusieurs plaintes ont été déposées en Belgique et au Luxembourg. Et pour saisir toutes les subtilités de ces procédures, comme l'ampleur du SMSgate au sein de l'administration supranationale de Bruxelles, le statut de "lobbyiste" de M. Baldan est tout sauf anodin. En effet, enregistré au registre de transparence de l'Union européenne (UE) comme l'exige son activité (1), il a été récemment suspendu dans de troublantes circonstances. Or, l'on observe que l'industriel pharmaceutique Pfizer, accrédité comme lobbyiste auprès du Parlement européen, ne remplit manifestement pas les critères exigés. Des critères à propos desquels il est en revanche demandé à Frédéric Baldan de s'expliquer. (Lire la suite de l’article en dessous de la vidéo)</p><p><br />Quelques jours avant d'être suspendu de son activité de lobbyiste à Bruxelles, Frédéric Baldan est invité par la parlementaire européenne Michèle Rivasi (Europe Écologie-Les Verts) lors d'une conférence. Celle-ci vise à informer la population des différentes procédures judiciaires entamées dans le cadre du SMSgate. Il expose alors sa première plainte déposée avec Me Diane Protat à l'encontre d'Ursula von der Leyen, enregistrée en avril 2023 auprès du tribunal de Liège, pour prise de corruption et prise illégale d'intérêts. Mais il décrit aussi une deuxième procédure, déposée à Luxembourg et qui se compose de deux volets.</p><p>Le premier volet porte sur une violation présumée de la Commission européenne des droits fondamentaux en matière de transparence. Le second volet concerne le non respect d'"un code de conduite qui s’applique aux commissaires européens notamment pour des problèmes de conflits d’intérêt et de corruption". Selon lui, une démission de la présidente de la Commission européenne est nécessaire afin de prévenir toute interférence avec les affaires judiciaires en cours.</p>
<p>Mesure de rétorsion immédiate ?</p>
<p>Trois heures après avoir soutenu publiquement cette idée, il reçoit un email du <a href="https://commission.europa.eu/about-european-commission/service-standards-and-principles/transparency/transparency-register_fr">Secrétariat du registre de transparence de l'UE</a>. Un courrier électronique qui est envoyé "sans le nom d'un haut fonctionnaire, sans coordonnées de contact". Son contenu l'informe d'un "contrôle de qualité" de sa déclaration d'activité de lobbyiste.</p><p>Ses données de déclarations seraient "soudainement" devenues "incohérentes". Elles n'ont pourtant posé aucun problème en six ans d'activité.</p><p>Le lobbyiste belge vérifie alors les textes. L'accusation n'est "pas clairement définie". Et de toute façon, elle ne montrerait que la faillite des processus préalables d'encadrement et de contrôle de la pratique du lobbyisme. M. Baldan va donc plus loin. Il essaye de comprendre "qui est en face de lui". Le secrétariat du registre à la transparence n'a "aucun organigramme" et "pas d'adresse postale". </p><p>Finalement, il identifie - avec l'aide de journalistes - quelques fonctionnaires qui collaborent à cette entité. Le lobbyiste découvre qu'une "n-1" de Mme von der Leyen en est à la tête. Cette subalterne directe de la présidente impliquée dans le SMSgate dirige par ailleurs l'unité de transparence de la Commission européenne. De facto, lorsque quelqu'un demande l'accès aux SMS de Mme von der Leyen envoyés à M. Albert Bourla (le cœur de l'affaire), il s'adresse directement à la personne qui a suspendu M. Baldan. Lui qui est contraint de recourir à la justice pour obtenir l'accès aux SMS...</p><p>"Personne ne remet en cause ma pratique professionnelle", poursuit le lobbyiste belge. Cette suspension a été actée dans l'urgence et sans attendre les propositions d'éclaircissements faites par M. Baldan. Pour autant, un élément particulier est exigé par le Secrétariat du registre à la transparence : suite à sa suspension, M. Baldan doit supprimer de sa déclaration d'activité, qui est publique, la mention à sa plainte portée contre Mme von der Leyen.</p><p>Et il doit faire de même à propos de ses rendez-vous avec les députés européens : un contresens complet pour ce bureau chargé en théorie de donner les informations aux citoyens afin de surveiller la pratique des lobbyistes !</p>
<p>Quid de la conformité de l'activité de Pfizer comme lobbyiste ?</p>
<p>M. Baldan a alors une idée simple mais redoutable : aller vérifier les déclarations pour d'autres groupes de lobbys, dont l'industriel Pfizer. Quelle entité juridique inscrite dans le registre de transparente représente le lobbysime ? Pfizer Inc., soit l'entreprise outre-Atlantique, dont est responsable directement son PDG impliqué dans le SMSgate, M. Albert Bourla.</p><p>Le géant américain Pfizer remplit-il les conditions pour pratiquer le lobbyisme à Bruxelles ? La question <a href="https://www.euractiv.fr/section/sante/news/pfizer-garde-ses-entrees-au-parlement-europeen/">a fait débat</a> il y a quelques mois. M. Baldan se souvient surtout <a href="https://violationtracker.goodjobsfirst.org/?company=pfizer">de toutes les condamnations avérées de Pfizer</a> pour corruption.</p><p>Mais alors comment la déclaration pour accéder à ce droit d'exercer comme lobbyiste à Bruxelles a-t-elle pu être faite ? "Ils ont fait une fausse déclaration en connaissance de cause", affirme Frédéric Baldan. D'après lui, l'industriel pharmaceutique "ayant été déjà condamné pour corruption à l'étranger", les fonctionnaires du Secrétariat au registre de la transparence "n'auraient jamais dû accepter la déclaration de Pfizer et les accréditer comme lobby". </p><p>"On a visé juste", dit Me Protat car "tout est fait pour mettre des bâtons de les roues" à celui qui est devenu "un lanceur d'alerte". "On ne peut pas laisser les institutions européennes dérailler à ce point", lance Frédéric Baldan afin d'expliquer son engagement. Il s'agit pour lui de faire toute la lumière sur des agissements de hauts fonctionnaires européens dont la nature fait soupçonner à Me Diane Protat "une collusion" au détriment des citoyens et de la démocratie. "La Commission européenne s'enfonce dans son déni et son mensonge", ajoute M. Baldan.</p><p>Une affaire qui n'a pas fini de faire parler d'elle et, pourtant, ni les médias français, ni l'Agence France-Presse ne l'évoquent. Un comportement qui choque M. Baldan : "J'ai contacté de grands journalistes. Ils sont pleinement informés de la situation. Ils refusent de relayer l'information." Il s'agit bel et bien pourtant d'un "fait journalistique" à propos de contrats menés dans la plus grande opacité et qui ont coûté des dizaines de milliards d'euros aux contribuables européens.</p>
<p>Note :</p>
<p>(1) Le registre de transparence est une base de données qui répertorie l'ensemble des organisations dont le souhait est d'influencer le processus législatif et de mise en œuvre des politiques des institutions européennes. Son but est de mettre en évidence les origines, intentions et budgets des divers lobbyings afin de permettre théoriquement au public de surveiller ces derniers et leurs activités.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/914/la-cupidite-va-t-elle-entrainer-la-fin-du-capitalisme%C2%A0-la-societe-generale-se-pose-la-question</guid>
	<pubDate>Mon, 01 May 2023 14:03:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/914/la-cupidite-va-t-elle-entrainer-la-fin-du-capitalisme%C2%A0-la-societe-generale-se-pose-la-question</link>
	<title><![CDATA[La cupidité va-t-elle entraîner la fin du capitalisme ? La Société Générale se pose la question]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Will Daniel – Le 6 avril 2023 –  Source <a href="https://fortune.com/2023/04/05/end-of-capitalism-inflation-greedflation-societe-generale-corporate-profits/">Fortune</a></p><p>GREEDFLATION. L’arnaque sur les prix signifie : des prix élevés pour vous et des bénéfices records pour les grandes entreprises</p><p>Lorsque les coûts augmentent, les bénéfices augmentent aussi ??? Ce n’est pas ainsi que le capitalisme est censé fonctionner, mais c’est pourtant la <a href="https://fortune.com/2022/06/26/greedflation-is-price-gouging-helping-fuel-high-inflation-there-are-much-more-plausible-candidates-for-whats-going-on/">tendance récente</a>. Depuis plus d’un an, les consommateurs et les entreprises, tant aux États-Unis que dans le reste du monde, sont confrontés à une inflation tenace. Mais cette flambée des coûts n’a pas empêché les entreprises d’engranger des <a href="https://fortune.com/2022/08/25/us-corporate-profit-margins-second-quarter-widest-since-1950/">bénéfices records</a>. L’an dernier, les entreprises figurant dans <a href="https://fortune.com/fortune500/">le classement</a> Fortune 500 ont <a href="https://fortune.com/2022/05/24/fortune-500-most-profitable-companies-apple-berkshire-amazon-google-microsoft/">généré</a> à elles seules un bénéfice record de 1 800 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 16 100 milliards de dollars. Des voix situées à gauche de l’échiquier politique ont tiré la sonnette d’alarme à ce sujet – pensez à <a href="https://fortune.com/2022/02/22/bernie-sanders-mcdonalds-starbucks-amazon-inflation-price-hikes-corporate-greed/">Bernie Sanders</a> au Congrès ou à la récente <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tU3rGFyN5uQ">mise à l’épreuve</a> de l’ancien secrétaire au Trésor, Larry Summers, par Jon Stewart. Mais un économiste travaillant pour l’une des plus anciennes et des plus grandes banques d’investissement du monde chante lui aussi le même refrain.</p><p>Albert Edwards, stratège mondial à la Société Générale, une banque vieille de 159 ans, vient de publier une note cinglante sur le phénomène que l’on appelle désormais la « <a href="https://fortune.com/2022/02/19/inflation-profits-prices-companies-pandemic/">Greedflation</a> » [Néologisme signifiant « inflation due à la cupidité »]. Les entreprises, en particulier dans les économies développées comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ont utilisé la hausse des coûts des matières premières dans le contexte de la pandémie et de la guerre en Ukraine comme une « excuse » pour augmenter les prix et accroître les marges bénéficiaires pour atteindre de nouveaux sommets, a-t-il déclaré. Et la banque d’investissement française n’est pas seulement ancienne : Elle fait partie des banques considérées comme « <a href="https://www.fsb.org/wp-content/uploads/P211122.pdf">d’importance systémique</a> » par le Conseil de stabilité financière, l’organe international du G20 chargé de protéger le système financier mondial.</p><p>Edwards écrit, dans l’édition de mardi de son Global Strategy Weekly, qu’après quatre décennies de travail dans la finance, il n’a jamais rien vu de tel que les niveaux « sans précédent » et « étonnants » de « Greedflation » des entreprises au cours de ce cycle économique. À cet égard, <a href="https://www.kansascityfed.org/Economic%20Review/documents/9329/EconomicReviewV108N1GloverMustredelRiovonEndeBecker.pdf">une étude</a> réalisée en janvier par la Banque fédérale de Kansas City a révélé que la « croissance des marges« , c’est-à-dire l’augmentation du rapport entre le prix facturé par une entreprise et son coût de production, fut un facteur d’inflation bien plus important en 2021 qu’il ne l’a jamais été tout au long de l’histoire de l’économie.</p><p>En règle générale, l’augmentation des prix des matières premières et des coûts de main-d’œuvre réduit les marges des entreprises, en particulier en cas de ralentissement de l’économie. Toutefois, Edwards a attiré l’attention sur les données <a href="https://www.bea.gov/news/2023/gross-domestic-product-fourth-quarter-and-year-2022-third-estimate-gdp-industry-and">publiées</a> la semaine dernière par le Bureau of Economic Analysis (BEA), qui montrent que les marges bénéficiaires sont restées proches d’un niveau record par rapport aux coûts au quatrième trimestre. Le stratège a déclaré qu’il pensait que les marges auraient « fortement baissé » à la fin de l’année dernière en raison du ralentissement de l’économie, mais qu’il s’était trompé.</p><p>Edwards a ajouté qu’il craignait que les « marges bénéficiaires supérieures » des entreprises aux États-Unis et à l’étranger ne finissent par « déclencher des troubles sociaux » si les consommateurs continuent à lutter contre l’inflation.</p><p>« La fin de la Greedflation doit impérativement arriver. Sinon, nous pourrions assister à la fin du capitalisme« , a-t-il averti. « Il s’agit d’un problème majeur pour les décideurs politiques, qui ne peut plus être ignoré. »</p><p>La note d’Edwards pourrait être importante, car elle permettrait de faire passer dans le courant dominant un point de vue qui, jusqu’à présent, a vécu dans la frange progressiste. Par exemple, un débat sur la Greedflation a éclaté le mois dernier, lors de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tU3rGFyN5uQ">l’interview</a> de Larry Summers par Jon Stewart, ancien animateur du Daily Show, dans le cadre de sa nouvelle émission sur <a href="https://fortune.com/company/apple/">Apple TV</a>, The Problem. Alors que Stewart et Summers se demandaient si la Fed avait raison de pousser à la baisse les salaires en augmentant les taux d’intérêt dans le cadre de sa lutte contre l’inflation, Stewart a changé d’avis : « Pourquoi ne nous attaquons-nous pas aux bénéfices des entreprises de quelque manière que ce soit ? Parce qu’on estime qu’ils représentent 30 % ou 40 % de l’inflation ? »</p><p>Summers s’est empressé de répondre qu’il ne pensait pas que « l’idée que tout d’un coup les entreprises soient devenues gourmandes soit défendable« . Edwards semble penser que c’est en fait tout à fait défendable.</p><p>Edwards a proposé une solution controversée pour remédier à la montée de la « Greedflation« , qui, selon lui, reflète un « affaiblissement de la confiance » dans le système capitaliste lui-même. Dans une tournure autrefois impensable pour « ceux d’entre nous qui ont vécu l’échec des politiques de prix et de revenus des années 1970« , Edwards a déclaré qu’il existait un outil pour ce type de problème, et qu’il datait de cette même décennie : le contrôle des prix.</p><p>Le contrôle des prix, c’est-à-dire le fait pour un gouvernement de fixer les prix que les entreprises sont autorisées à facturer aux consommateurs, a été <a href="https://www.aier.org/article/4000-years-of-failed-price-controls/">accusé</a> de tous les maux, depuis la chute du premier empire babylonien en 1595 avant J.-C. jusqu’aux longues files d’attente à la pompe des administrations Nixon et Carter dans les années soixante-dix. L’une des histoires les plus courantes sur la folie supposée du contrôle des prix nous vient de l’empereur romain Dioclétien, qui a <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-economics-and-political-science-revue-canadienne-de-economiques-et-science-politique/article/abs/edict-of-diocletian-a-study-of-price-fixing-in-the-roman-empire/47837AFC17442503E6E90ED30FAD9D98">promulgué</a> un « édit sur les prix maximums » pour la main-d’œuvre, les produits de base, etc. afin de lutter contre l’inflation galopante en 301 après J.-C.. Mais l’édit, qui prévoyait la peine de mort pour quiconque l’enfreignait, s’est finalement retourné contre lui, créant une pénurie de biens et une dépendance à l’égard du blé de l’État, ce qui a conduit à son abrogation.</p><p>Edwards note que nombre de ses collègues sont « moins favorables à l’utilisation du contrôle des prix » en raison de cette histoire, mais il affirme que son utilisation peut être justifiée parce que « quelque chose semble s’être brisé avec le capitalisme« .</p><p>Le stratège fait référence à <a href="https://scholarworks.umass.edu/econ_workingpaper/343/">un article</a> rédigé par Isabella Weber et Evan Wasner, économistes à l’université du Massachusetts à Amherst, intitulé « l’inflation des vendeurs, profits et conflit« . Il en ressort que les entreprises ont pratiqué des prix abusifs pendant la pandémie et que des contrôles temporaires des prix pourraient être le seul moyen de prévenir les « spirales inflationnistes » qui pourraient résulter de ces prix abusifs. « Si l’on examine leurs conclusions sur la manière de faire face à la Greedflation, le contrôle des prix semble apparaître comme une méthode de contrôle privilégiée« , a déclaré M. Edwards.</p><p>Will Daniel</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/910/vous-avez-aime-credit-suisse-vous-allez-adorer-la-suite</guid>
	<pubDate>Fri, 07 Apr 2023 19:29:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/910/vous-avez-aime-credit-suisse-vous-allez-adorer-la-suite</link>
	<title><![CDATA[Vous avez aimé Credit Suisse? Vous allez adorer la suite]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’explication est simple: en 2008, le Congrès américain a durci la régulation des banques, mais en échange, il a laissé ces acteurs non bancaires hors de ce cadre. Cette régulation bancaire n’était qu’une piscine à trois murs, d’où se sont échappés les risques pour se développer hors des banques…</p><p>Grave erreur, car ceux qui ont hérité de ces prises de risques, ce sont de très gros fonds spéculatifs, d’énormes fonds de gestion d’actifs comme BlackRock, des fonds de capital-risque, des brokers-dealers (négociants de valeurs), des véhicules hors bilan, des fonds de marché monétaire…</p>
<p>Wall Street vaut bien Las Vegas</p>
<p>La finance non bancaire, celle qui n’est pas régulée, est devenue le vrai cœur du système financier. Elle pèse aujourd’hui la moitié du marché financier global, autant ou plus que les banques Ses acteurs ont une énorme vulnérabilité: ils se sont endettés à l’extrême, profitant de dix années de taux d’intérêt nul. S’ils s’effondrent, ils provoqueront un effet domino qu’aucune quantité de capital ne pourra couvrir. Entraînant dans leur sillage le secteur bancaire et l’économie réelle.</p><p>Ces gros spéculateurs, ou «Big Spec», comme on les appelle à Wall Street, empruntent pour spéculer. Ils n’investissent pas leur propre argent, ils font tout à crédit (à taux zéro). On admire en général les hedge funds pour leurs stratégies hautement risquées et sophistiquées. Ils investissent avec un gros effet de levier, prennent des paris baissiers vertigineux, sans toujours détenir les titres concernés, usent et abusent des contrats dérivés, virtuels et non provisionnés, prêtent des fonds qu’ils ont eux-mêmes empruntés, ou se fient à des algorithmes qui tous font la même chose. Bref, c’est ce qu’on appelle trivialement le casino boursier.</p><p>Et le casino est beaucoup moins régulé que les banques! Ces acteurs et leurs stratégies ne sont pas sujets à la même surveillance ni aux mêmes exigences de fonds propres, au prétexte qu’ils n’ont pas de déposants. Un peu comme si on levait les vitesses limites pour les voitures de sport sur l’autoroute, au motif qu’elles transportent moins de passagers. En oubliant qu’elles mettent en danger tous les autres.</p>
<p>Quand le casino fait sauter la banque</p>
<p>Ainsi, la finance non bancaire, qu’on appelle aussi shadow banking system, a été volontairement maintenue hors du champ réglementaire depuis 2008, histoire de préserver l’attractivité du marché américain et son côté «Loup de Wall Street», qui a tant contribué au mythe. Or aujourd’hui, ces acteurs ont le pouvoir de contaminer les banques de diverses façons, à travers l’exposition de ces dernières à leurs stratégies.</p><p>Credit Suisse a été flanquée à terre par la spéculation effrénée sur ses propres dérivés de crédit (les titres qui indiquent sa probabilité de faillite). Une banque peut prêter de l’argent à un fonds de capital-risque (c’était le cas de <a href="https://www.heidi.news/cyber/une-banque-tombe-et-les-cryptos-s-affolent" rel="nofollow noopener" target="_blank">Silicon Valley Bank</a>). Une banque peut co-investir avec un hedge fund (c’était le cas de Credit Suisse avec Archegos). Elle peut être contrepartie à des produits très spéculatifs utilisés par certains de ces acteurs. L’exposition des banques à la spéculation non bancaire a quasiment doublé en dix ans.</p><p>Dès lors, le gel de la confiance qui peut viser une grande banque signale une réalité: son exposition à cette finance spéculative est forte, et cela annihile l’effet censément rassurant de son ratio de fonds propres élevé. Car l’essentiel ne se passe pas sur son bilan, mais hors de son bilan.</p>
<p>Un chèque en bois de 1,5 fois le PIB mondial</p>
<p>Qui a favorisé cette spéculation à crédit des acteurs non bancaires? Les banques centrales. En maintenant ses taux à zéro sur presque toute la période entre 2009 et 2021, la Fed a nourri un véritable Everest des risques. La masse de crédit spéculatif de la finance non bancaire est passée de 67'000 milliards en 2011, ce qui était déjà énorme, à 152’000 milliards en 2021, selon le <a href="https://www.fsb.org/wp-content/uploads/P201222.pdf" rel="nofollow noopener" target="_blank">dernier rapport du G20</a>. La moitié de cette somme représente un risque systémique direct. Sur ce graphique, on constate comment cette masse de crédit spéculatif a explosé depuis dix ans:</p><p>C’est un montant phénoménal, pour des crédits spéculatifs largement non provisionnés. Un chèque sans provisions, en somme, d’une fois et demi le PIB mondial.</p><p>Problème: quand l’inflation s’est manifestée il y a deux ans, elle a forcé les banques centrales à relever les taux d’intérêt comme elles ne l’avaient jamais fait en 15 ans, mettant fin à l’argent facile qui enivrait les marchés. En 2016, dans <a href="https://www.editionsfavre.com/livres/la-finance-de-lombre-a-pris-le-controle/" rel="nofollow noopener" target="_blank">un ouvrage</a> que j’ai coécrit sur le shadow banking, nous faisions un constat radical: que les taux d’intérêt américains ne pourraient plus jamais remonter à cause de cette masse de crédit spéculatif non bancaire. Je la comparais à un ballon surgonflé, que l’aiguille des taux ne pourrait qu’éclater. Le constat, alors vertigineux, est en train de se vérifier.</p>
<p>Une grenade dégoupillée</p>
<p>Ce 4 avril 2023, <a href="https://www.imf.org/en/Blogs/Articles/2023/04/04/nonbank-financial-sector-vulnerabilities-surface-as-financial-conditions-tighten" rel="nofollow noopener" target="_blank">un rapport du FMI</a> confirme cette prédiction. Il constate que la montagne de risques du secteur non bancaire, étroitement connecté aux banques, est devenue énorme. Et que la remontée des taux d'intérêt pose dès lors un problème pour la stabilité financière globale. L’option de la facilité, celle de baisser à nouveau les taux à 0%, n’existe plus: l’inflation est bien trop élevée et cela la décuplerait encore.</p><p>Une seule solution: les régulateurs doivent forcer les acteurs de la spéculation non bancaire à couvrir leurs risques et se doter de capital suffisant. Et surtout, à se désendetter. Le pire est que la Chine l’a fait depuis 2017, menant campagne pour que les acteurs du shadow banking se désendettent, pendant que <a href="https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2023-03-30/shadow-banking-don-t-look-at-china-the-us-also-has-a-problem" rel="nofollow noopener" target="_blank">les Etats-Unis laissaient filer la dette</a> de ces acteurs. Les responsabiliser protégera en définitive les salariés de l’économie réelle, qui n’accepteront pas indéfiniment que ces dérives croissantes et incontrôlées soient épongées.</p>
<p>Un mot sur notre chroniqueuse</p>
<p>Myret Zaki, titulaire d’un MBA de la Business School Lausanne, est journaliste financière depuis 23 ans. Ses spécialités portent sur le monde économique et bancaire, les marchés boursiers et l’investissement, les statistiques nationales, mais aussi la désinformation institutionnelle et la guerre de l’information.</p><p>Après neuf ans au Temps, elle a été rédactrice en chef de Bilan de 2014 et 2019. Elle écrit aujourd’hui pour Blick, Bilan et TheMarket (NZZ). Autrice de cinq ouvrages sur la finance, elle a obtenu le prix Schweizer Journalist 2008 pour UBS, les dessous d’un scandale (2008, éd. Favre). En 2022, elle a publié Désinformation économique (éd. Favre).</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 19 Mar 2023 12:47:31 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[6 milliards d&#039;argent public à UBS pour qu&#039;elle rachète Credit Suisse]]></title>
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<p><a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Myret_Zaki">Myret ZAKI</a>, sur sa page Facebook écrit :</p>

<p>Donc la Confédération payerait 6 milliards d'argent public à UBS pour qu'elle rachète Credit Suisse. UBS aurait non seulement Credit Suisse à prix zéro, mais se ferait payer des milliards pour la racheter. "L'UBS aurait demandé 6 milliards de dollars à Berne pour couvrir ses frais en cas de rachat de Credit Suisse, selon certains." Ce n'est pas encore officiel, mais si ça se confirme, alors on est clairement dans la configuration des sauvetages américains du système financier en 2008, avec des mégafusions qui se sont toutes faites aux frais de l'Etat et donc des contribuables.</p>
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