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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Économie]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Wed, 28 Dec 2022 10:29:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;Banquier d&#039;affaire, j&#039;ai été contributeur et spectateur de la construction d’une chimère&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ma position de banquier d’affaire de l’économie réelle m’a rendu contributeur et spectateur de la construction d’une chimère. Après avoir été une source de satisfaction pour un quart des populations occidentales, l’imminence de sa révélation va montrer sa toxicité, conforme à l’image mythologique d’un animal malfaisant.</p><p>La découverte, par le plus grand nombre, de cette illusion qui est devenue l’unique support de l’Occident va ébranler la démocratie, l’économie de marché, le progrès social, l’état de droit, la fraternité et la solidarité humaine qui ont fait notre fierté. Les êtres humains et leurs dirigeants ont toujours caché une réalité désagréable derrière un décor plus flatteur. Ce n’est donc pas ce stratagème qui m’a surpris, c’est son ampleur. Cette ampleur est la raison de ma sidération que je ne peux taire.</p><p>Le « too big to fail » des heures précédant la faillite de Lehman exprime la confiance, pour ne pas dire la certitude, que le paradigme ne peut pas s’effondrer car les conséquences en seraient beaucoup trop graves. Les politiques, soutenues par les plus grands leaders d’opinions refusent, par lâcheté, ne serait-ce qu’envisager que le modèle néo-libéral-progressiste des trois dernières décennies soit désormais dans une phase irréversible de désagrégation. Le paradigme va disparaître pour les mêmes raisons qui ont fait sa gloire car le prochain « cygne noir » s’annonce plus violent que la faillite de Lehman.</p><p>Nuitamment et sans bruit, le capitalisme, dont je reste un fervent défenseur pour la globalité de ses mérites, s’est métamorphosé en néo-libéralisme dont je dénonce la nocivité.</p><p>Pour des raisons encore énigmatiques pour la science économique et pour le clergé néo-libéral, la croissance des gains de productivité, moteur de la croissance économique et des profits du XIXe et début du XXe siècle a entamé, mondialement, son déclin depuis les années 1970. Bien que ce processus soit avéré et documenté, il est tellement contre-intuitif qu’il est inadmissible. En effet, comment expliquer que la productivité, fruit de l’association de la technologie et de l’Homme, soit en régression à l’heure même où elle est la plus largement diffusée. La plus facilement accessible. La complexité très particulière de ce phénomène a obscurci sa visibilité et m’a empêché pendant vingt ans d’en comprendre l’origine et le mécanisme avant d’annoncer l’occurrence de son effondrement.</p><p>Condorcet et Hugo pouvaient s’émerveiller du Progrès dont ils étaient les témoins car il reposait sur une abondance croissante et une prospérité tangible pouvant être partagées. Bien que les grèves, les révoltes et révolutions réprimées dans le sang aient rythmé le XIXe et le XXe siècle, elles étaient suivies d’effets positifs car la taille du gâteau à partager ne cessait de croître. Il y a soixante ans, ce progrès matériel et social a été rebaptisé « croissance ». L’histoire des faits et la pensée économique s’accordent pour considérer que l’étape ultime de la croissance soutenant la démocratie, l’état de droit et la justice sociale requiert un état d’abondance correspondant à la phase dite de consommation de masse. Or cette étape a bel et bien été atteinte à la fin des trente glorieuses, postérieures à la dernière Guerre Mondiale.</p><p>« Il n’en fallait pas davantage pour mettre en œuvre des politiques recherchant délibérément une augmentation artificielle des patrimoines, indûment appelée "effet richesse". »</p><p>La consommation et les gains de productivité étant les deux ressorts de la croissance, nourrice de la prospérité moderne, il est essentiel de soutenir la première étant impuissant à ressusciter la seconde. Il est alors apparu évident que plus le patrimoine des ménages est élevé plus leur propension à consommer est importante. Il n’en fallait pas davantage pour mettre en œuvre des politiques recherchant délibérément une augmentation artificielle des patrimoines, indûment appelée « effet richesse ».</p><p>La Grande Illusion 2.0 est le résultat de cet effet, assumé ouvertement par les grands argentiers tels que Greenspan, Draghi ou Lagarde, avec la bénédiction des néo-libéraux-progressistes au pouvoir. Par ailleurs, l’effet patrimoine est plus efficace dans les pays où les actifs des ménages sont fortement financiarisés. Situation des pays anglo-saxons où les systèmes de retraites sont assurés par le principe de capitalisation géré par les fonds de pension.</p><p>Je situe à dessein la naissance de la Grande Illusion 2.0 immédiatement après la crise boursière d’Octobre 1987. Quand le 19 octobre de cette année-là, les bourses mondiales ont perdu en une journée près du quart de leur capitalisation, on comprend la panique du monde financier, étroitement lié au monde politique. De concert, ils ont tout mis en œuvre pour éviter que de telles catastrophes se reproduisent, étant tout aussi néfastes à leurs intérêts égoïstes qu’à l’ensemble de l’équilibre économique et politique des Occidentaux.</p><p>Les Etats-Unis d’Amérique restent le moteur de l’économie mondiale grâce à la prodigieuse propension d’une moitié des Américains à représenter, à eux seuls, près du quart de la consommation mondiale ! Avec l’immobilier, les actions et obligations dominent le patrimoine des ménages américains. De ce fait, l'évolution boursière conditionne le sentiment de richesse recherché. L’expansion exceptionnelle et onirique des marchés financiers depuis 1988 explique la persistance de la consommation américaine.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/economie/finance/speculation-royaume-uni-italie-chine-suisse-toutes-ces-bulles-pretes-a-exploser" target="_blank">Spéculation : Royaume-Uni, Italie, Chine, Suisse… Toutes ces bulles prêtes à exploser</a></p><p>Mais cet effet, dit de richesse, est le produit d’une gestion anormale de l'épargne. L’anormalité vient d’une pratique entamée autour des années 1990 qui n’a cessé de s’intensifier. C’est la baisse volontaire des taux d’intérêt directeurs par les grands argentiers, soutenus par les politiques, pour rendre gratuit l’endettement. Il n’en fut rien. On s’est trompé. On croyait doper l’activité économique, on a seulement nourri des bulles successives : Internet en 2000, Subprimes immobilières en 2007, Technologie en 2020. Des auteurs, souvent germaniques, ont qualifié cette pratique « d’épargne négative » ou de « taxation de l’épargne » populaire. Devant l’insuffisance de cette mesure pour soutenir durablement l’économie, les mêmes propagandistes du taux zéro ont délibérément favorisé la création monétaire. Les politiques monétaires accommodantes ont fleuri à la surface du globe, du Japon aux Usa en passant par la Chine et les pays européens. Ces mesures avaient pour seul effet d’inciter le recours à l’endettement systématique et massif. Pour que les ménages aient recours à toutes les formes de crédit revolving et autre crédit à la consommation. Pour que les entreprises, les régions, les municipalités, s’endettent pour soutenir leurs activités et la valeur de leurs actifs.</p><p>Ces techniques, d’apparence sophistiquée, sont très mathématisées mais elles reposent en fait toujours sur l’endettement. Les acteurs économiques, politiques et sociaux de tout rang que ce soient américains, chinois, français ou anglais sont à la même enseigne.</p><p>En surplomb des sociétés modernes, le monde de l’épargne et de l’investissement est en recherche de performances toujours plus élevées alors que l’activité réelle est incapable de les générer. Pour les atteindre, quoi qu’il en coûte, des professionnels de l’investissement recourent, depuis 1988, à l’endettement irréversiblement croissant.</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/frederic-farah-la-banque-centrale-doit-ouvrir-un-nouveau-chapitre-de-son-histoire-monetaire" target="_blank">Frédéric Farah : "La Banque centrale doit ouvrir un nouveau chapitre de son histoire monétaire"</a></p><p>Les Etats, soucieux de ne pas révéler à leurs électeurs l’état de régression économique sous-jacente ont eu recours au déficit de façon délibérée et systématique. Déficit qui n’est que de la dette. On croit toujours que la France est le plus mauvais élève, ayant depuis 40 ans un déficit permanent. C’est vrai, mais c’est dans des proportions moitié moindre que la croissance américaine qui n’a été exclusivement que le fruit d’un déficit chronique, quasiment double de la France, pendant la même période. On admet que la croissance économique de nations comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France aient été à crédit. On omet de dire que sans le recours à ce crédit, ces pays auraient été en récession depuis des décennies. Conclusion insensée et absurde qu’il est bienvenu de tourner en dérision. Mais conclusion de réalité.</p><p>Ce constat troublant, plonge nos certitudes dans un abîme de perplexité. On a caché que, contrairement aux apparences, la taille du gâteau des richesses réellement nécessaire aux citoyens n’a pas augmenté depuis 1988 au même rythme que dans les siècles précédents. Contrairement à la fortune, artificiellement créée, qui n’a cessé de croître.</p><p>Ayant personnellement participé à cette création factice de richesse je reste médusé, sidéré, stupéfait non pas par le phénomène mais par son ampleur. Que les trois dernières bulles des valeurs Internet, des subprimes et des technologies aient poussé à 30, 40 ou 50 % au-dessus de ce qu'on qualifie de valeurs intrinsèques serait concevable. Or nous sommes en présence d’une création de richesse, propulsant les valorisations 300, 400, 500% au-delà d’une loi normale. Et pour la première fois dans l’histoire.</p><p>Quand le cinéaste Jean Renoir présentait son chef-d’œuvre « la Grande Illusion » il constatait que la Grande guerre marquait la fin d’un monde d’élégance et de raffinement de certaines classes sociales ne pouvant échapper à leur destin de s’entretuer. En comparaison de son scénario, la version 2.0 de la Grande Illusion aura une dimension tragique pour le plus grand nombre car cette illusion est démesurée, extravagante. En l’espace d’une génération l’Occident a perdu ce qui fit sa suprématie : le discernement.</p><p>Comme toute chose sur terre est assujettie à la force de gravitation, les peuples médusés vont assister à la vérité cachée derrière le décor.</p><p>L’illusion est née de la dette gratuite. La désillusion va naître aussi de la dette, mais onéreuse. Quand le taux d'intérêt augmente, les ménages baissent leur consommation. Mais le plus grave est la baisse du patrimoine (ou de la richesse) composé d'actifs financiers qui va suivre la même trajectoire.</p><p>Les drames de l’Occident des derniers siècles ont été des engrenages mortifères souvent nés de malentendus. Celui d’aujourd’hui est d’avoir donné aux nations le sentiment factice de bénéficier, encore et toujours, de la marée montante du Progrès. Nous allons être, en dépit de tous les efforts et les artifices pour l’empêcher et la dissimuler, les spectateurs de la marée descendante faisant apparaître la régression des richesses utiles et nécessaires à la paix sociale. La boursoufflure historiquement hors norme des actifs n’a pas permis de changer le cours de l’histoire. Le reflux des marées d’équinoxe va mettre à jour les carcasses rouillées, témoins des conquêtes passées.</p><p>L’effet domino va se résumer à la baisse violente de la consommation américaine consécutive à la baisse de la valeur des actifs. C’est la Chine, dépendante du consommateur américain <a href="https://www.marianne.net/economie/ce-quimpliquerait-la-faillite-du-geant-immobilier-evergrande-le-lehman-brothers-chinois" target="_blank">qui en subira le plus d’effets</a> et affaiblira, par voie de conséquence, l’économie allemande qui est un de ses principaux fournisseurs. Or c’est la santé financière de l’Allemagne qui permet à des pays européens comme la France de contracter de nouvelles dettes à taux raisonnables pour rembourser ses anciennes dettes à taux bon marché.</p><p>« Ils ne prennent pas les mesures de soutien de l’activité socialement utile, certes incompatible avec la création de licornes. »</p><p>La paix sociale de l’Occident a été achetée en Europe par des prestations sociales financées par de la dette. La paix sociale dans les pays anglo-saxons a été nourrie de l’espoir de tout un chacun de participer à la fortune technologique qui n’a été, en fait, que le produit de l’endettement massif.</p><p>Le pire n’est pas que les Occidentaux soient contraints dans les deux prochaines années de retrouver le chemin d’une activité « humano centrée ». Ne pouvant pas gagner sur le champ de bataille, il faut redouter que des Poutine puissent gagner sur le champ des idées en montrant du doigt le chaos de l’Occident à venir. Nos gouvernements, prisonniers de leur certitude d’être dans le bien, dans le vrai et dans l’unique solution, refusent d’envisager un changement à 180° de leurs politiques. Ils ne prennent pas les mesures de soutien de l’activité socialement utile, certes incompatible avec la création de licornes.</p><p>Les quelques remèdes envisageables dépendent avant tout du diagnostic et de sa rapidité. Aucun médecin ne peut guérir un malade qui refuse d’admettre son état. Les youtubeurs admettent aisément mon diagnostic. Ceux du mainstream et de la doxa refusent ne serait-ce même que de l’écouter. Or, il risque d’être trop tard quand ils accepteront de le faire car le temps presse.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 24 Apr 2022 12:27:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La place de l’État chez Hayek]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Publié le 23 avril 2022</p>
<p>Les activistes de gauche, notamment d’ultra ou d’<a href="https://www.contrepoints.org/2021/03/24/393767-regionales-lunion-de-la-gauche-se-fait-toujours-a-lextreme-gauche" target="_blank" rel="noopener">extrême gauche</a>, ainsi que certains sociologues, qualifient souvent <a href="https://www.wikiberal.org/wiki/Friedrich_Hayek">Hayek</a> de chantre de « l’<a href="https://www.contrepoints.org/2022/01/19/419448-valerie-pecresse-ou-lignorance-du-liberalisme" target="_blank" rel="noopener">ultra-libéralisme</a> », partisan d’un État minimal relégué à la simple garantie des droits de propriété.</p><p>Cependant, une lecture attentive de ses ouvrages leur montrerait qu’il n’en est rien. Chez Hayek, la place de l’État est importante, et c’est ce qu’il convient d’expliquer dans cet article.</p>
<p>Le refus chez Hayek de l’État minimal</p>
<p>Contrairement à une idée répandue, Hayek n’est ni le chantre du laissez-faire ni celui de l’État minimal. Il a critiqué le laissez-faire dogmatique de certains libéraux dans <a href="https://www.wikiberal.org/wiki/La_Route_de_la_servitude">La route de la servitude</a>, lequel a conduit à l’attrait pour le planisme et le collectivisme.</p><p>Ainsi, selon lui, pour assurer la <a href="https://www.wikiberal.org/wiki/Catallaxie">catallaxie</a> et le fonctionnement ordonné du marché, le gouvernement « doit se servir de son pouvoir fiscal pour assurer un certain nombre de services qui, pour diverses raisons, ne peuvent être fournis, du moins adéquatement par le marché ». La devise à laquelle on pourrait rattacher Hayek est celle de Godesberg en 1959 : « autant de marché possible et autant d’État que nécessaire ». L’État doit ici servir le marché, il doit agir, certes sans le perturber, mais toujours au travers de règles pour permettre l’ajustement de l’ordre spontané.</p><p>Selon Hayek, l’État doit fournir des services et faire contribuer l’ensemble de la société pour en permettre la création. Ainsi, dans <a href="https://www.wikiberal.org/wiki/Droit,_l%C3%A9gislation_et_libert%C3%A9">Droit, législation et liberté</a> il affirme :</p><p>« Dans certains cas, l’on ne peut fournir le service désiré sans faire contribuer à son coût tous ceux qui en profitent, car il serait impossible de le réserver à ceux qui pourraient le payer et qu’alors, seul le gouvernement doit être habilité à employer son pouvoir de contrainte. »</p><p>Chez Hayek, l’État n’est donc pas limité aux <a href="https://www.wikiberal.org/wiki/Fonctions_r%C3%A9galiennes">compétences régaliennes</a>. Il doit fournir des services indispensables à la vie collective mais il n’est pas utile qu’il les gère lui-même.</p>
<p>La gestion décentralisée des services publics</p>
<p>La troisième partie de <a href="https://www.wikiberal.org/wiki/La_Constitution_de_la_libert%C3%A9">La Constitution de la liberté</a>  intitulée « La liberté dans l’État providence » permet de comprendre la vision hayékienne de l’État.</p><p>Hayek ne remet pas en cause l’État providence, mais souhaite y instaurer de la concurrence, de la liberté. C’est aussi cette vision qu’il défend dans Droit, législation et liberté. Pour ce faire, il prône la décentralisation dans la gestion des services fournis par l’État.</p><p>Il affirme notamment :</p><p>« Déléguer tout pouvoir qui peut être exercé localement, à des organismes dont les pouvoirs sont cantonnés dans leur circonscription, est probablement le meilleur moyen de s’assurer que les charges et les bienfaits de l’activité gouvernementale seront approximativement proportionnels. »</p><p>Selon lui, il faut bien distinguer le prélèvement des impôts visant à financer les services et effectué par gouvernement central et le fait que ces services soient gérés par lui. La gestion doit ici se faire idéalement par des entreprises concurrentielles, où l’État n’aurait comme rôle que celui d’attribuer les fonds recueillis aux producteurs en fonction des préférences exprimées de façon ou d’une autre par les utilisateurs. Cependant, les services fournis par l’État sont supplétifs, ils interviennent seulement en l’absence de services fournis par le marché.</p><p>Mais dès lors que le marché peut fournir efficacement ces services, il doit le faire et l’État doit se retirer, car comme l’affirme Hayek :</p><p>« La vérité pourrait bien être qu’ayant assumé trop de tâches, le gouvernement en néglige l’essentiel ».</p><p>La gestion doit donc être la plus efficace possible. Outre cet aspect-là de l’État, Hayek considère que l’État doit aussi fournir assistance aux plus démunis et au secteur privé, quand celui-ci est défaillant.</p>
<p>L’État comme relais de l’initiative privée</p>
<p>La vision du rôle de l’État en matière de fiscalité, de dépenses publiques et d’assistance aux plus pauvres est très intéressante.</p><p>En matière de dépense publique, comme partout ailleurs, Hayek défend la domination de la règle sur la discrétion. Avoir des règles en matière de fiscalité et de dépenses publiques permettrait selon lui de « conduire à une limitation rationnelle du volume de la dépense publique totale ». Le fait de ne pas avoir de règles contraignantes en matière budgétaire conduit à ce que « toute majorité a le droit de taxer les minorités selon des règles qui ne s’appliquent pas à elle-même », ce qui engendre inévitablement « une croissance constante des dépenses publiques au-delà de ce que l’individu désire réellement ».</p><p>Cependant, pour Hayek, les dépenses publiques ont une certaine importance. En effet, il reconnaît que l’action de l’État ne peut pas être guidée « entièrement par la rentabilité », et qu’ainsi, par leur répartition dans le temps, le rôle des dépenses publiques est de « relayer l’investissement privé quand celui-ci est défaillant », permettant à l’État « d’employer ses ressources à des investissements publics, au moindre coût et le plus opportunément pour la société ».</p><p>Pour éviter tout gaspillage inutile de dépenses publiques, Hayek propose un programme afin que celles-ci soient « établies de façon que la vitesse d’exécution puisse être accélérée ou ralentie dans des délais restreints ».</p><p>Enfin, et pour terminer cet article, il convient de lister quelques exemples des activités étatiques défendues par Hayek :</p>
<p>assainissement public<br />routes publiques<br />services sanitaires publics<br />services de soins publics<br />travaux publics étatiques<br />entreprises publiques (si absence de monopole)<br />allocation minimum universelle<br />assurance vieillesse obligatoire<br />assurance chômage obligatoire<br />parcs municipaux<br />enseignement minimum obligatoire<br />aide publique à l’enseignement supérieur<br />sondages publics<br />parcs nationaux</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 09:09:11 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les affaires inachevées du Brexit : La guerre interne de l’OTAN]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2022/04/lingot.jpg"></a></p><p>Par Jorge Vilches<br />Paru le 5 Avril  2022 sur <a href="https://www.zerohedge.com/geopolitical/unfinished-brexit-business-natos-internal-gold-war" target="_blank" rel="noopener">Zero Hedge</a> sous le titre Unfinished Brexit Business: NATO’s Internal Gold War</p><p>La brexitologie s’est fortement centrée sur les règles de pêche du Royaume-Uni, et est totalement passée à côté des colossales réserves d’or de l’Union européenne, qui sont toujours sous la garde de la Bank of England. Pour ajouter l’insulte aux dégâts, un divorce désastreux entre le Royaume-Uni et l’UE, en matière de services financiers, s’est produit quasiment sans que personne n’en parle… non seulement sans le fracas du protocole d’« équivalence financière »encore et toujours reporté… mais sans non plus le moindre geignement de la part des médias spécialisés ou des opposants au Brexit. Mais voici que la crise en Ukraine, avec ses nouvelles règles de paiement pour le pétrole et le gaz russes indispensables… qui coïncide avec ces dossiers du Brexit, d’une importance capitale, mais inachevé… La situation promet d’évoluer vers une guerre interne vicieuse de l’OTAN, pour l’or. Pour paraphraser James Carville, avec une touche britannique traditionnelle : « It´s the bloody gold, stupid » [<a href="https://lactualite.com/monde/etats-unis/cest-encore-leconomie-espece-didiot/">« C’est l’or sanglant, espèce d’idiot »]</a></p><p>Rule Britannia</p><p>Si l’on suit la volonté de Boris Johnson, le premier ministre britannique, le rapatriement physique de l’or de l’UE qui reste supposément stocké à Londres pourrait « puissamment » affecter l’avenir de l’Europe, avec un impact politique très profond et survolté, des deux côté de la Manche. Selon ce scénario, le 10 Downing Street pourrait facilement négocier la disponibilité des lingots d’or de l’UE en échange de conditions de Brexit très spécifiquement favorables au Royaume-Uni. De fait, procéder ainsi pourrait s’avérer absolument nécessaire, et devrait dépasser l’énorme valeur intrinsèque de l’or de l’UE supposément stocké à la Bank of England. Voyons cela en détail.</p><p>Je m’explique.</p><p>L’or de l’OTAN à Londres</p><p>Les nouvelles exigences de la Russie, qui demande désormais des versements en roubles ou en or pour ses biens ou services, vont forcément déclencher une importante guerre de l’or entre le Royaume-Uni et l’UE, débouchant sans doute sur la première confrontation frontale au sein de l’OTAN. Après la seconde guerre mondiale, l’idée était de conserver les lingots d’or de l’Europe en sûreté, loin de l’ancienne Union soviétique et de Joseph Staline, par précaution. Il y a des dizaines d’années, les États qui sont devenus membres de l’UE ont ainsi déposé la plus grande partie de leur or sous la garde de la Bank of England, à Londres. À présent, le Royaume-Uni va se permettre d’utiliser comme armes son approbation aux demandes de rapatriement de l’or de l’UE, ainsi que d’autres sujets en lien avec l’or, et va utiliser cet outil de négociation très convainquant pour régler des sujets du Brexit de prime importance, et inachevés. Ainsi,</p><p>(a) Whitehall pourrait retarder indéfiniment la livraison d’or de l’UE à moins que les questions en suspens du Brexit ne soient résolues en faveur du Royaume-Uni</p><p>(b) Ou, tout simplement, la Bank of England ne rendrait jamais cet or appartenant à l’UE censé être conservé depuis des décennies parce qu’il a été partiellement ou totalement vendu, prêté ou échangé contre de l’or comme expliqué ci-dessous. L’ancien Premier ministre britannique James Gordon Brown est parfaitement au courant.</p><p>La mère des conflits européens</p><p>Si l’on s’en tient aux précédents historiques, les hostilités vont exploser dès l’instant que les États-membres de l’UE demanderont, à titre individuel ou collectif, comme tel est leur droit, un audit détaillé totalement indépendant, et pratiqué selon les meilleures normes en vigueur, de l’or de l’UE qui reste supposément sous la « garde » de la Bank of England. Cela devrait demander beaucoup de temps, et constitue l’excuse parfaite pour reporter l’ensemble du processus, du ressort exclusif de Londres, pas de Bruxelles. Des problèmes insolubles pourraient également se produire dès que les nations de l’UE demanderont un rapatriement immédiat d’une partie au moins de leurs lingots « théoriques », et probablement l’ensemble de ceux-ci, au vu des circonstances. Puis, soit (1) une certaine quantité d’or pourrait lentement être renvoyée ici et là (non sans de grands retards), mais seulement selon des conditions très vagues de la part de Londres, et une modification des conséquences du Brexit atteignant des niveaux jusqu’alors jamais vus, ou bien (2) aucune quantité d’or ne serait renvoyée, celui-ci ayant été vendu ou gagé de diverses manières, comme expliqué dans ce qui suit. Et le Royaume-Uni ferait mieux de ne pas décider de payer la Russie avec la moindre pièce d’or, car alors l’UE se mettrait à demander de qui elle est la propriété.</p><p>L’opacité de la Bank of England</p><p>Les marchés de l’or et de l’argent de Londres ont toujours été pires qu’« opaques », et n’ont jamais produit de rapport significatif sur leurs transactions ou leurs positions. Aucune donnée n’a jamais été mise à disposition, que ce soit au sujet des comptes détenus par les banques commerciales à la Bank of England, ou des identifications techniques précises de dépôts d’or, sans parler de ceux qui appartiennent aux membres de l’UE. Comme ne le Venezuela ne le sait que trop bien — et les États membres de l’UE pourraient bien être les prochains à l’apprendre — l’identité de qui ou ne peut pas être reconnu comme légitime à revendiquer les actifs sous garde à Threadneedle Street ou ailleurs est un sujet très ouvert, et à la seule discrétion des maîtres de Canary Wharf, pas des hommes politiques de l’UE. Il en va de même des énormes dettes non-allouées en or en argent des dites « banques aux lingots »… ou de toute autre donnée pertinente</p><p>La (mauvaise) expérience allemande</p><p>Très récemment, l’Allemagne a dû patienter cinq longues années pour rapatrier au forceps et dans la douleur une partie seulement de son or stocké à la Bank of England, et n’a jamais remis la main sur les lingots d’or déposés au départ, chose qui explique très clairement cette attente.</p><p>Ainsi, pendant que l’UE va se geler à mort et que son économie va se bloquer net, les nombreuses questions en suspens comprennent celles-ci également :</p>
<p>La Bank of England dispose-t-elle encore de tous les lingots d’or de l’UE… Ou bien ont-ils été vendus ou prêtés, comme de nombreux experts le pensent ?<br />La Bank of England est-elle prête à renvoyer immédiatement, s’il existe encore, l’or appartenant à l’UE encore sous sa garde à ses propriétaires légitimes ?<br />Qui sont les propriétaires légitimes de l’or en dépôt aux coffres de la Bank of England, après des décennies de remaniements des frontières politiques européennes ?<br />Est-ce la Cour européenne de justice qui statuerait sur la propriété de cet or… ou l’appareil judiciaire britannique… ou bien la Bank of England? Sur quelle base exactement ?<br />La Bank of Englanda-t-elle prêté à échanger, réhypothéquer, louer, utiliser comme levier, ou grever ces lingots, en lien avec de nombreux autres actifs qui attendent leur tour avec des mises sous garde de lingots fractionnés, non-alloués, synthétiques, inutilisables selon les « Tarifications des dérivatifs numériques », selon lesquels personne ne peut savoir le qui, le quoi, ni le où (en supposant qu’il y ait quoi que ce soit) ?</p>
<p>Je ne plaisante pas.</p><p>Les transactions contemporaines sur les dérivatifs en « or papier » constituent une véritable pyramide de Ponzi, qui dépassent de plusieurs ordres les véritables lingots d’or qui sont théoriquement sous-jacents de ces actifs, sans doute avec un ratio de 100 pour 1, ou plus élevé, comme le London´s Square Mile ne le sait que trop bien. Bien entendu, la banque centrale européenne, le FMI et la Banque des règlements internationaux pourraient également revendiquer la propriété de cet or, n’est-ce pas ?</p><p>L’économiste britannique Peter Warburton a eu 100% raison de décrire les banques centrales occidentales comme faisant usage de produits dérivés pour contrôler les prix des biens de base et protéger les monnaies des gouvernements face à la reconnaissance par le public de la dévaluation de la monnaie. L’essai de Warburton, « L’abaissement de la monnaie au niveau mondial : il s’agit d’une inflation, mais pas comme nous la connaissons » est posté à l’adresse : <a href="https://www.gata.org/node/8303">https://www.gata.org/node/8303</a>.</p><p>Mais quelle que soit la manière dont les choses se passent, l’« or continental » restant peut-être encore sous la garde de Londres va forcément déclencher un conflit interne existentiel au sein de l’OTAN, suivant un schéma (et un désespoir) facile à établir, en l’absence de paramètres d’audit indispensables et en l’absence de registres des numéros de série des lingots d’or, précisant la propriété et le statut revendiqué par plus d’un récipiendaire (supposément légitime), sans parler de la qualité et de la pureté de l’or, des frais de gardes impayés, de coûts de transports et d’assurance, etc.</p><p>Au passage, lorsque les pressions vont se manifester (et elles vont le faire, faites-moi confiance), la réserve fédérale étasunienne, du fait de sa « relation spéciale » avec la Bank of England, va rallier la position de cette dernière, car elle se trouve exactement dans la même situation au sujet des dépôts physiques qu’elle est encore supposée détenir pour des tiers, y compris des États souverains. En ligne avec l’exceptionnalisme anglo-saxon, les dépôts en or détenus par la Fed n’ont jamais été audités non plus — et ils auraient dû l’être — et les commentateurs spécialisés du monde entier sont convaincus que ces dépôts ne sont pas disponibles non plus. Qui plus est, les États-unis pourraient être heureux de voir tomber de nouveaux problèmes sur l’UE, car cela été l’objectif principal de provoquer la Russie à entrer dans cette guerre inutile.</p><p>Jorge Vilches</p><p>Jorge Vilches, fier d’avoir été présenté à de nombreuses reprises comme  » la quintessence du chroniqueur indépendant « . Ancien collaborateur d’opinion pour le Wall Street Journal – New York et d’autres médias financiers, il a étudié ce sujet en profondeur au cours des 20 dernières années. Chronique « The Americas » du WSJ-NY, rédacteur en chef David Asman aujourd’hui présentateur de Fox Business News.</p><p>Source:  <a href="https://www.zerohedge.com/geopolitical/unfinished-brexit-business-natos-internal-gold-war" target="_blank" rel="noopener">Zero Hedge</a></p><p>Traduction Olinda/Arrêt sur info</p><p>Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.</p><p>Vous pouvez reproduire les articles d’Arrêt sur Info à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales.</p><p>Vous voulez réagir, signaler une erreur, communiquer un renseignement ? <a href="https://arretsurinfo.ch/contact/">Contact</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 11:49:29 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bitcoin - Michael Saylor offre la meilleure explication jamais donnée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Voici une retranscription quasiment intégrale de l’interview du CEO de Microstrategy Michael Saylor par Tucker Carlson (Fox News). Il s’agit probablement de la meilleure explication jamais donnée sur la raison d’être du bitcoin. Une ITW remarquable à partager avec tous vos proches qui ne savent pas encore quoi penser du bitcoin.</p><p></p><p>Tucker – Si vous êtes comme la plupart des gens, vous savez parfaitement qu’il existe quelque chose appelé bitcoin et qui se trouve être une crypto-monnaie. Il se peut que vous vous soyez montré sceptique à son égard, voire dédaigneux, mais il devient évident pour tout le monde qu’il n’est pas près de disparaître. Est-ce une bonne chose ? Est-ce une mauvaise chose ? Est-ce que vous pouvez en profiter ? Et d’ailleurs qu’est-ce que c’est exactement ? Vous avez peut-être peur de poser cette question. Après 5 ans de recherche, nous avons trouvé quelqu’un pouvant répondre à toutes ces questions d’une manière crédible et intelligible pour monsieur et madame tout le monde. Il s’agit de Michael Saylor. s’il vous plaît expliquez-nous ce qu’est le bitcoin.</p><p>M. Saylor – Le bitcoin est le tout premier système monétaire créé par des ingénieurs. Point final. Maintenant qu’on a dit ça, la première question à se poser est : qu’est-ce que l’argent ? La deuxième question est quel est le problème ? Et la troisième question est quelle est la solution ?</p><p>Le bitcoin est la solution. Ça, c’est dit.</p><p>Maintenant, retour à la question de départ : qu’est-ce que l’argent ? Une économie est constituée de biens, de services et de propriétés. Je veux ce produit, je veux que vous fassiez quelque chose pour moi, je veux cette maison, je veux ce terrain. Ça, c’est la moitié de l’économie.</p><p>Maintenant, admettons que je vous vende 37 chevaux. La question est de savoir comment nous gardons les comptes équilibrés ? Il nous faut de l’argent. L’argent est de l’énergie économique sociale. L’argent est de l’énergie monétaire que nous utilisons pour commercer. Si je peux vous vendre 10 boisseaux de maïs et que vous pouvez me donner une somme d’argent égale à 10 boisseaux de maïs, alors nous pouvons commercer ensemble.</p><p>Dans l’histoire du monde, les êtres humains ont essayé différentes monnaies. Nous avons utilisé des coquillages, les pierres géantes du peuple Yap, des balles de tabac, des pièces de cuivre, des pièces d’argent, des pièces d’or ou encrore des perles de verre en Afrique.</p><p>L’or est une monnaie lente. Comment déplacer 10 tonnes d’or d’ici à là-bas ? En fin de compte, les gens utilisaient des registres. Des registres émis par un marchand, un maire ou un empereur. Nous avons trouvé des tablettes d’argile sumériennes vieilles de 5000 ans dans lesquelles il est gravé 37 boisseaux d’avoine en échange de quelque chose.</p><p>Donc l’argent est ce registre partagé de qui doit quoi à qui. Souvent, l’argent prend la forme d’un jeton, comme une perle de verre. Ce fut le cas des certaines régions d’Afrique jusqu’à ce que les Européens arrivent avec la technologie permettant de créer des perles de verre à moindre frais.</p><p>Les Européens ont injecté des millions de perles de verre et tout racheté. Les Africains ont perdu leurs maisons, leur bétail et toutes leurs richesses. Même histoire dans une île du Pacifique qui utilisait des pièces de monnaie en pierre. Des Européens sont arrivés et se sont rendus compte que les pièces de monnaie en pierre étaient rares sur cette île, mais qu’il y en avait beaucoup sur une autre. Ils ont donc navigué vers l’autre île, ramassé les pierres, et les ont ramenées sur la première île où ils ont pu réduire tout le monde en esclavage.</p><p>Le problème avec l’argent, c’est comment garder la trace d’une distribution équitable de qui possède un droit sur quoi ?</p><p>S’il y a cent millions de dollars de capital dans l’économie (marchandises, propriété, usines, entreprises et autres), vous devez avoir cent millions de dollars d’argent.</p><p>Mais si je commence à gonfler la monnaie et que j’émets 10 millions de dollars supplémentaires, c’est comme si je prenais 10 % de l’économie. C’est le taux d’inflation. Si je continue à gonfler la monnaie, si je double la quantité de monnaie, mais que la quantité de biens dans l’économie reste constante, alors le prix de tout ce qui est rare et désirable double.</p><p>Le prix des choses non rares ni désirables n’augmentera pas, mais s’il y a une centaine de choses et qu’il y a 10 fois plus d’argent, il est logique que dans l’ensemble, cette centaine de choses coûte 10 fois plus cher.</p><p>Donc l’argent est de l’énergie économique et le problème est l’inflation. Quand les Romains ont créé les pièces d’or, ils ont commencé avec une certaine quantité d’or avant de déprécier la monnaie en réduisant la quantité d’or ou la quantité d’argent dans les pièces. Une fois la quantité d’or réduite à peau de chagrin, plus personne n’accepta ces pièces. Tout d’un coup, les mercenaires n’en veulent plus. Et si l’empereur ne peut pas payer les mercenaires, l’empire s’effondre.</p><p>C’est pareil avec la monnaie papier. Si je triple la quantité de papier, la monnaie finira par s’effondrer. Donc le problème des monnaies dans l’histoire, c’est la confiance dans l’émetteur de la monnaie. Il faut faire confiance à un banquier comme JP Morgan, ou à une famille comme les Rothschild, ou à un roi, un maire, un gouvernement.</p><p>Maintenant, si nous regardons l’ère moderne, des économistes comme Saifedean, qui a écrit le Bitcoin Standard, estiment que le taux d’inflation de l’ère moderne est de 14% par an. Or, il se trouve que cela correspond à peu près au taux auquel l’indice S&amp;P 500 augmente chaque année en moyenne depuis 10 ans (avant le début de la pandémie).</p><p>Quel est le problème ? Eh bien, qu’est-ce que l’inflation ? Ce n’est pas vraiment bien compris. Certains pensent que c’est l’Indice des prix à la consommation, cad le taux d’inflation d’un panier de biens de consommation. Sauf que c’est le gouvernement qui choisit le panier. Si je choisis des choses comme les pizzas domino et Netflix, il n’y aura pas d’inflation. Il est possible d’ajuster le panier de manière à choisir des choses dont le prix n’augmente pas.</p><p>Et d’un autre côté on a l’indice des prix immobiliers Case Shiller qui a augmenté de 27 % d’une année sur l’autre. Le prix d’une maison moyenne a augmenté de 27 % en un an aux États-Unis. Les maisons au canada ont augmenté de 15 %. L’indice S&amp;P500 a augmenté de 34 % cette année.</p><p>Le taux d’inflation dépend de ce que j’achète. Si je veux être riche, je dois acheter des actifs rares et désirables. Mon taux d’inflation est donc celui des Picassos, des peintures de Léonard de Vinci, des actions et des terrains près de New York.</p><p>Si je veux vivre dans le sous-sol de mes parents, manger des pizzas Domino, prendre des ubers et regarder netflix toute la journée, le taux d’inflation sera très bas. Ce sera le taux d’inflation des prix à la consommation.</p><p>En pratique, le meilleur taux d’inflation pour un investisseur ou quiconque voulabt rester ou devenir riche, ou quelqu’un simplement soucieux de maintenir son pouvoir d’achat, est le taux d’inflation monétaire, c’est-à-dire le taux auquel la masse monétaire augmente.</p><p>La masse monétaire a augmenté de 10% par an pendant une décennie avant la pandémie. Le S&amp;P500 a lui augmenté de 10 % par an. Depuis le début de la pandémie, la masse monétaire a augmenté de 30 %. Le S&amp;P a augmenté de 34 %. La FED a fait tourner la planche à billets, de même que la banque centrale européenne.</p><p>Dans le monde occidental, la masse monétaire augmente de 20 à 25 % ou plus par an. La monnaie s’effondre. Elle perd de sa valeur en étant dévaluée. Dans les pays moins solides comme l’Argentine, le taux d’inflation officiel est de 45 %. Le taux d’inflation officieux est de 85 %. Au Venezuela, la monnaie s’est effondrée 98 % en un an. Au Liban, 90 % en un an.</p><p>Le monde est en train de vivre un effondrement des monnaies par l’inflation. L’inflation n’est pas seulement constituée des prix à la consommation (IPC). Certains utilisent même le PCE qui est un indice de choses n’incluant pas la nourriture et l’énergie. Dans dans quel univers pouvez-vous vivre sans nourriture et énergie ?</p><p>Il faut faire preuve de bon sens et ne pas croire que l’inflation est de seulement 2% ou 5% lorsque les maisons coûtent 20% ou 15% de plus. Si vous parlez à n’importe quel fabricant, il vous dira que les prix ont augmenté de 20% ou 25% d’une année sur l’autre.</p><p>Alors comment puis-je acheter une action google si elle augmente de 34 % en un an alors que mon salaire est revalorisé de seulement 2 ou 5 % par an ?</p><p>Les personnes responsables du calcul d’inflation mentent. Réduire l’inflation à un seul chiffre global (l’indice des prix à la consommation) est de l’arithmétique trop simpliste pour décrire une économie. Vous ne pouvez pas décrire l’économie et la modéliser avec de l’arithmétique simple. Pas plus que vous ne pouvez décrire la dynamique des fluides ou l’aérodynamique avec de l’arithmétique simple. Le fluide s’écoule autour de l’aile, vous avez besoin de l’algèbre multidimensionnelle et du calcul vectoriel pour décrire un phénomène compliqué. L’économie est un phénomène compliqué. Dit autrement, tous les prix varient partout, tout le temps, à des vitesses différentes. Le prix du m² dans les hamptons (autour de NY) augmente à un rythme différent de celui du Kansas. Le prix du m² dans une certaine juridiction, pour un certain usage, soumis à certaines réglementations, augmentera à un rythme différent que dans une autre juridiction.</p><p>Bref, il y a de l’inflation lorsqu’une autorité gouvernementale imprime plus de monnaie. Et pourquoi imprime-t-elle plus de monnaie ? Parce que si je veux payer une facture de mille milliards de dollars, je dois soit vous taxer de mille milliards $, soit imprimer mille milliards $ supplémentaires. Or il est beaucoup plus facile d’imprimer de la monnaie que de taxer les gens.</p><p>Donc, c’est soit l’inflation, soit la taxation. A travers l’histoire du monde, tous les systèmes monétaires sans exception se sont effondrés à cause de l’inflation. Si vous regardez l’histoire des états sumériens, des états perses, des états grecs, des états romains, des états italiens de la renaissance ou des rois d’Angleterre, vous constaterez que chacune de leurs monnaies fut émise à l’origine avec une certaine quantité d’or qui finit par être réduite avant d’être rejoints par des pièces d’argent, de cuivre, de laiton ou de nickel.</p><p>Vous vous souvenez quand nous avions encore des pièces d’argent aux États-Unis ? Nous ne les avons plus parce que le métal d’argent contenu dans les pièces valait plus que leur valeur faciale. Pourquoi ? Parce que nous dévaluons la monnaie.</p><p>Tucker – Donc le problème est l’inflation. Et l’inflation, pour être clair, est causée par l’expansion de la masse monétaire.</p><p>M. Saylor – Oui. Si vous vivez dans une ville où il se trouve une centaine de belles maisons, et disons qu’il y a un million de dollars qui circule dans cette ville, si le maire décide d’imprimer un second million de dollars qu’il distribue aux citoyens, qu’est-ce que le prix des maisons va faire ?</p><p>Tucker – Et donc vous dites que l’inflation est toujours la cause de l’effondrement de la monnaie, et que l’effondrement de la monnaie est la cause de l’effondrement des civilisations.</p><p>M. Saylor – Oui, car combien de temps dure une guerre ? Pendant la première guerre mondiale, chaque nation a abandonné l’étalon-or dans la semaine suivant la déclaration de guerre. Les Allemands, les Français, les Britanniques et les Américains ont imprimé de l’argent. L’argent s’est déprécié, l’inflation a explosé et, finalement, un camp a rendu les armes.</p><p>Morale de l’histoire, on peut imprimer de l’argent pendant quatre ans avant que la monnaie ne s’effondre. Les Allemands ont demandé l’armistice parce qu’ils n’avaient plus d’argent. Seconde Guerre mondiale ? Plus d’argent non plus. Le Vietnam, vous savez, nous l’avons payé avec de l’inflation. Résultat ? Nixon a dû abandonner l’étalon-or parce qu’ils avaient imprimé tellement d’argent que les États-Unis risquaient de perdre tout leur or. Les États-Unis ont fait défaut en 1971.</p><p>[Michael Saylor le sait très probablement, mais précisons aussi que les États-Unis ont franchi leur pic de pétrole conventionnel en 1971, date de l’abandon du gold standard (étalon-or).]</p><p>C’est toujours la même histoire. Mettez-vous à la place de l’empereur romain ou du maire d’une ville qui a le monopole de la monnaie et qui doit payer son armée. Vous pouvez soit aller voir tous les habitants de votre nation et prendre leurs biens, soit fabriquer deux fois plus de pièces.</p><p>Tucker – Mais je pensais que l’idée derrière la théorie monétaire moderne était que tant que vous avez la monnaie de réserve mondiale, l’inflation n’est pas une menace pour vous?</p><p>M. Saylor – Comment pouvez-vous dire ça ? S’il y a une certaine quantité de biens, de services et de capital dans l’économie, et que vous continuez à imprimer de l’argent, vous ne créez pas plus de capital dans l’économie, vous ne créez pas plus de produits, vous ne créez pas plus de bâtiments, vous ne créez pas plus de services. Tout ce que vous faites, c’est doubler ou tripler la quantité de monnaie. Si je donnais un milliard de dollars à tous les Américains et que tout le monde allait s’acheter une Ferrari, y aura t-il une Ferrari pour tout le monde ? Vous pouvez donner à quelqu’un un billet de mille milliards de dollars, ça ne créera pas plus de choses.</p><p>Il est possible d’exporter son inflation à d’autres pays dans un certaine mesure. Mais si vous ne créez rien de plus ,ce que vous faites, en fin de compte, c’est redistribuer la richesse. Par exemple, s’il y a dix milliards de dollars dans l’économie et qu’il y a tant de choses, et que je vous donne un milliard de dollars, vous pouvez maintenant acheter 10 % de ces choses, ce qui signifie que tout le monde a perdu 10 % de ces choses.</p><p>Quand je gonfle la quantité de monnaie, je redistribue la richesse de ceux qui épargnent en laissant leur argent dormir sur un compte bancaire. Si vous aviez un million de dollars à la banque il y a 12 mois, ce million aujourd’hui vous achèterait 34 % moins d’actions du S&amp;P500 qu’il y a un an. Si vous voulez acheter un terrain dans les Hamptons, vous achèterez 40 % moins de terrain qu’il y a un an.</p><p>Si vous aviez mis ce million de dollars dans la bourse il y a un an, vous auriez aujourd’hui 1,34 million de dollars.</p><p>Si vous êtes un riche investisseur, tous vos actifs sont dans l’immobilier, dans des entreprises, des objets de collection, des franchises de sport, etc. Si vous êtes de la classe moyenne, de la classe ouvrière, vous avez du cash à la banque. Or le dollar perd actuellement 20 % de son pouvoir d’achat chaque année. Le pouvoir d’achat de votre salaire diminue de 20 % par an. Il ne diminue pas au taux d’inflation des prix à la consommation IPC, mais au taux de l’inflation monétaire.</p><p>La servitude, c’est travailler exponentiellement plus dur pour une monnaie qui devient exponentiellement plus faible. Si vous êtes un dentiste parvenant à augmenter vos revenus de 5% par an pendant une décennie, et que dans le même temps, la masse monétaire a gonflé de 20% par an. Si vous avez épargné chaque centime, au bout de 10 ans, vous ne pourrez acheter qu’un quart de ce que vous auriez pu acheter à l’époque. Parce que le prix des logements a augmenté de 20 % par an et que vous ne pourrez jamais rattraper ce retard. La seule façon de garder la tête au-dessus de l’eau, c’est de faire croître vos revenus plus rapidement que le taux d’inflation monétaire.</p><p>Je pense que le meilleur indice d’inflation monétaire est l’indice S&amp;P500. Il représente un vrai panier de produits désirables et rares.</p><p>L’argent est donc de l’énergie. Le problème, c’est l’inflation. Si l’inflation est de 10 % par an… Vous avez 10 litres de sang dans votre corps. Si vous allez donner du sang, on vous en retire un demi-litre. Quand je retire un demi-litre de sang de votre corps, vous perdez les plaquettes rouges. Toute personne sensée sait que si vous courez le marathon de boston le lendemain, vous aurez un problème. Il faut environ quatre à six semaines pour remplacer les plaquettes rouges. Maintenant, imaginez si je vous retirais un demi-litre de votre sang chaque mois, sans jamais m’arrêter. C’est l’inflation.</p><p>Et laissez-moi vous dire que le Venezuela n’est pas à 10 % d’inflation. Le Zimbabwe non plus. Un peso argentin valait un dollar il y a vingt ans. Aujourd’hui, il tend vers les 200 pesos pour un dollar. Ces monnaies ont perdu 95 98 99% de leur valeur. Vous ne perdez pas 10% de votre valeur économique par an, vous en perdez 20 à 25 %. Voire 30 % à 40 %. C’est comme si j’envoyais un type pour vous saigner chaque semaine et qu’à un moment donné, j’envoyais quelqu’un pour vous saigner chaque jour, c’est la république de Weimar. C’est l’hyperinflation.</p><p>Une autre métaphore : la monnaie est à l’économie ce que votre sang est à votre corps. Et l’énergie économique (l’argent) est à la monnaie ce que l’oxygène est à votre sang. Si je vide la pièce de son oxygène, vous allez soit suffoquer, soit mourir de froid. Et si je continue à aspirer l’énergie économique de la monnaie, l’économie s’effondre. Vous êtes ramené à l’âge de pierre. Quand l’argent ne fonctionne plus, je dois vous échanger des cigarettes contre des balles par exemple. L’économie devient un million de fois moins efficace.</p><p>Combien de pays dans le monde ont une monnaie effondrée ? 66 sont dollarisés [monnaie effondrée dans le langage de M. Saylor]. Toutes sont plus faibles que le dollar à quelques exceptions près. Le dollar américain est la monnaie de réserve mondiale et sa masse monétaire a augmenté de 10 % par an pendant une décennie. Il augmente maintenant de 14 % par an. Il a augmenté de 34 % au cours des 12 derniers mois. Le dollar s’affaiblit. C’est comme si l’air était aspiré hors de la pièce. Alors Tucker, si je te disais que l’air est en train d’être aspiré hors de la pièce et qu’il y a un masque à oxygène qui tombe du plafond là-bas, que ferais-tu ? Tu courrais dessus. Le bitcoin est le masque à oxygène.</p><p>Tucker – Donc vous dites, juste pour être sûr, pour que tout le monde suive, que le but du bitcoin est d’échapper au tourbillon de l’inflation qui a consumé tous les empires passés.</p><p>M. Saylor – Oui, l’inflation est la raison pour laquelle les empires s’effondrent. Elle effondre les économies. Ce n’est pas seulement un problème pour un individu ou une famille. C’est un problème pour toutes les institutions, toutes les entreprises, les municipalités, les gouvernements et toutes les civilisations. Et vous pouvez généralement retracer le problème à des guerres que l’on ne pouvait pas se permettre de faire avec de l’argent que l’on avait pas.</p><p>Si vous déclarez la guerre au covid, vous avez une guerre. C’est comme déclarer la guerre au Vietnam. Toute l’histoire est remplie de guerres. Si ces guerres devaient être payées avec des impôts directs, alors la population finirait par dire ça suffit. Si je finance la guerre en gonflant la quantité monnaie, alors j’ai quelques années, deux, trois, quatre ans devant moi avant que les gens ne s’en rendent compte…</p><p>L’argent est essentiel à la civilisation. Le problème, c’est l’inflation. Pourquoi se produit-elle ? C’est la nature humaine. La tentation de gonfler la masse monétaire par une autorité centralisée est omniprésente et inéluctable. Chaque civilisation en souffre tôt ou tard.</p><p>Qu’est-ce que le bitcoin ? Le bitcoin est le premier système monétaire conçu par des ingénieurs. Des ingénieurs anonymes ont eu une vision d’horreur suite au sauvetage des banques lors de la crise des subprimes. Il ont alors eu l’idée de créer un grand livre de compte immuable s’apparentant à une banque dans le cyberespace.</p><p>Ils se sont dit : « Nous ne faisons pas confiance au gouvernement. Nous ne faisons confiance à aucune société. Nous ne faisons même pas confiance à un seul ordinateur. Donc nous créons un programme qui garde la trace de 21 millions d’unités, chacune divisible par cent millions (cette sous-unité s’appelle un satoshi en l’honneur de son inventeur). Donc 2,1 billiards de satoshis. Ça, ça n’a pas beaucoup d’importance pour vous. Tout ce que vous devez savoir, c’est qu’il y a 21 millions d’unités et qu’il n’y en aura jamais une de plus. Ces ingénieurs ont voulu créer de l’argent qu’ils pourraient s’envoyer entre eux, depuis n’importe où, et que cet argent puisse rester stocké pendant mille ans, 10 000 ans, un million d’années, pour toujours, sans avoir à faire confiance à personne.</p><p>Le premier garde-fou du réseau bitcoin est donc le Node (les milliers de nodes). Ces derniers gardent une copie toujours à jour du grand livre de compte. C’est la base de données la plus sécurisée au monde. C’est une base de données contenant une vérité immuable. C’est le grand livre de l’argent.</p><p>Le second garde-fou est l’algorithme SHA256. Dit autrement, les « mineurs ». Ces personnes utilisent des machines de mining pour générer des fonctions de hachage afin de protéger le réseau. Des millions de machines de mining sont toutes en compétition les uns avec les autres pour construire le prochain bloc (contenant les transactions des dix dernière minutes). C’est comme si les 2 millions de mineurs offraient un ticket de loterie. A chaque bloc, l’un des deux millions a le droit de construire un bloc et est rémunéré pour ça. Actuellement, un bloc rapporte 300 000 $.</p><p>Les mineurs sont donc un mur d’énergie cryptée. Ils convertissent l’électricité en hashs. Et à l’intérieur de ce mur d’électricité (d’énergie) se trouve le grand livre de comptes du bitcoin qui est distribué de manière décentralisée.</p><p>Il faut aussi parler du Lightning Network. C’est un système décentralisé formant une seconde couche par dessus le bitcoin. Il permet de déplacer de petites quantités de bitcoin à la vitesse de la lumière presque gratuitement.</p><p>Le bitcoin est une banque gérée par un logiciel incorruptible qui offre un compte d’épargne global, abordable, simple et sécurisé à tous ceux qui n’ont ni les moyens, ni l’envie de gérer leur propre hedge fund. Vous avez de l’argent, vous avez des économies, vous ne voulez pas les perdre, vous voulez les placer dans une banque ? Le bitcoin est cette banque dans le cyberespace.</p><p>Le plus important des ingénieurs était Satoshi. On ne sait pas qui il est. Satoshi a écrit le White Paper, créé la première version du bitcoin avant de le confier à d’autres. Au départ, il n’y avait pas d’argent dans le réseau, ils l’ont juste fait fonctionner pendant un an comme un hobby. Puis, avec le temps, il y a eu une transaction célèbre où quelqu’un a acheté une pizza pour 10 000 bitcoins. Ce fut la toute première transaction.</p><p>Tucker – Ne devrions-nous pas être nerveux de ne pas connaître l’identité du fondateur ?</p><p>M. Saylor – Non. Nous devrions être joyeux parce que pour fonctionner, le bitcoin doit être l’argent du peuple. Il ne doit pas être contrôlé par un individu. Il ne doit pas être sous la coupe d’un fondateur, d’une société ou d’un détenteur puissant.</p><p>La chose la plus importante que Satoshi (ou le groupe de personnes derrièreSatoshi) a fait est de disparaître après avoir fait ce cadeau au monde. Satoshi a miné environ un million de BTC. Mais ils n’ont jamais été dépensés. Jamais. Satoshi n’est jamais réapparu. Le réseau bitcoin est ensuite devenu par essence un développement communautaire tout autour du monde. Le réseau est passé d’un million de dollars, à 10 millions, puis 100 millions, un milliard, 10 milliards, 100 milliards. En mars 2020, nous étions à 180 milliards de dollars et c’est à ce moment que je me suis impliqué. J’étais en retard, mais je sais que c’est de l’or numérique assis sur un réseau monétaire big tech décentralisé et libre. Je me suis dit que c’était un impératif économique en ça qu’il résout le problème de l’inflation pour une société ayant de cash. Une société comme la mienne, Microstrategy.</p><p>J’avais beaucoup de cash et j’anticipais que j’allais tout perdre si je n’investissais pas dans quelque chose. Je me suis aussi dit à l’époque que c’est un impératif moral de posséder du bitcoin. C’est une technologie qui donne des droits de propriété à 8 milliards de personnes qui n’en ont pas. Le bitcoin est la plus haute forme de propriété que l’humanité ait jamais inventé et je vais vous expliquer pourquoi dans une seconde.</p><p>2 milliards de personnes n’ont pas de banque. Vous pouvez donner à tout le monde sur la planète une banque et un droit de propriété ne pouvant pas être corrompu, ni déprécié ou confisqué. Il suffit de télécharger une app gratuite sur Android. Si vous avez un téléphone à 50 $ et que vous pouvez télécharger une app, alors vous pouvez avoir votre propre banque, vos propres droits de propriété, votre propre liberté économique et votre autonomie économique. C’est donc un impératif moral ainsi qu’un impératif technique.</p><p>En substance, si l’économie a 500 000 milliards $ de biens, de sociétés, d’immobilier et d’autres choses, alors tout le stock de monnaie vaut autant. C’est la moitié de tout, n’est-ce pas ? Jusqu’à présent, nous n’avons jamais trouvé comment transformer numériquement l’argent ou le capital. Et vous savez, le secret du succès de Google, Amazon, Apple et Facebook est la transformation numérique du divertissement, de l’éducation et des communications. Alors pensez à ce que cela signifie de transformer numériquement 10 000 milliards $ d’or ou 100 000 milliards d’immobilier ou 100 000 milliards de monnaie…</p><p>Le bitcoin a été conçu pour être de l’or numérique n’ayant pas les défauts de l’or. 21 millions d’unités, pas une de plus. Le problème avec l’or physique, c’est que les mineurs d’or gonflent l’offre, sans parler des banquiers qui gonflent l’offre d’or papier via le marché des produits dérivés.</p><p>Quelque soit l’actif, maison, or, argent, matières première, action ou obligation, lorsque le prix augmente, l’offre augmente. Si le prix d’une action est multiplié par 10, la société en question va tout de suite émettre plus d’actions. Si j’augmente le prix de l’or d’un facteur 10, les mineurs vont en extraire plus et donc augmenter l’offre. Le bitcoin est la seule chose au monde dont l’offre est inélastique au prix. Le prix du bitcoin aura beau tripler, vous ne pourrez pas en fabriquer plus. Pareil si le prix est multiplié par 1 million.</p><p>Laissez-moi maintenant vous donner un autre aperçu du point de vue de l’ingénierie. En ingénierie, il y a quelque chose qui s’appelle la conservation de l’énergie. Le point essentiel de la conservation de l’énergie est que l’énergie peut être soit fabriquée soit détruite, mais il doit y avoir conservation de l’énergie. La métaphore mathématique, l’analogie mathématique avec ça, c’est du bon calcul. 10 plus 10 égale 20. 2 plus 2 égale 4. Si 10 plus 10 commence à être égal à 18, vous avez un problème.</p><p>Si vous avez une baignoire et qu’il y a une fuite, ou un système électrique avec un court-circuit, s’il y a une fuite dans votre système d’ingénierie, rien ne fonctionne. Rien ne fonctionne à moins de respecter le principe de conservation de l’énergie. Le problème de l’inflation est qu’elle ne respecte pas la conservation de l’énergie. C’est une fuite dans le système. La monnaie ne conserve pas l’énergie. Donc, si vous dites que vous voulez une masse monétaire conservatrice, il faudrait qu’il y ait 10 milliards de dollars dans l’économie et que personne ne puisse en imprimer davantage. C’est le principe économique autrichien de « sound money ».</p><p>Le bitcoin est un système monétaire conservateur. C’est le premier système monétaire qui respecte les lois de la thermodynamique, de la physique et des mathématiques. Le bitcoin est synonyme de vérité, de pureté. Il a de l’intégrité. C’est un système durable sur lequel vous pouvez construire une famille, une vie, une entreprise ou une civilisation.</p><p>L’acier est de l’énergie concentrée sous forme métallique. Vous avez déjà visité une aciérie? Vous verrez toute l’énergie qui entre dans la fabrication de l’acier. C’est de l’énergie concentrée. L’histoire de la civilisation est liée à la canalisation de l’énergie de plus en plus efficacement. L’acier l’emporte sur le fer, le fer l’emporte sur le bronze, le bronze l’emporte sur les pierres, l’arc et les flèches l’emportent sur le type avec la lance, le type avec la lance l’emporte sur le type avec le couteau, si vous avez la puissance aérienne vous l’emportez sur la puissance terrestre, la puissance maritime l’emporte sur l’armée et la puissance nucléaire l’emporte sur tout le monde.</p><p>Donc si j’ai de l’acier, j’ai de l’énergie métallique concentrée. Je peux créer un gratte-ciel de 100 étages à New York. Combien de temps durera-t-il ? 100 ans. Combien de temps durera un bateau en acier ? Plus longtemps que vous. Les bateaux en bois ne durent pas. Ils pourrissent. Vous voulez construire un bâtiment qui résistera à la gravité pendant 100 ans ? Vous avez besoin d’énergie concentrée.</p><p>Si vous voulez construire un fonds fiduciaire qui durera 100 ans, comment allez-vous économiser 100 000 dollars pendant 100 ans pour les donner à vos arrière petits enfants ? Si vous investissez dans le dollar américain, vous perdrez 99 % de votre énergie économique. Dans l’or ? L’offre d’or double tous les 30 ans et les banquiers créent de l’or papier. Vous allez perdre 90 % de votre énergie économique.</p><p>Comment préserver mon bien qui est de l’énergie économique, qui est du capital, qui est de l’argent ? Comment préserver cette propriété ? J’ai besoin de quelque chose de plus durable que tout ça. J’ai besoin d’acier. J’ai besoin d’un acier économique. L’acier est de l’énergie métallique concentrée. Le bitcoin est de l’énergie numérique concentrée. C’est de l’énergie sous forme numérique. C’est de la nourriture emballée sous vide. C’est quelque chose qui se trouve en orbite.</p><p>Quelle est la demi-vie de l’énergie ? Admettons que je vous donne pour un million de dollars d’électricité. Combien de temps pouvez-vous la conserver dans une batterie ? Vous allez perdre 2 % par mois. Vous ne pouvez pas la conserver très longtemps. Comment envoyer des millions de dollars d’électricité de New York à Tokyo ? Vous ne pouvez pas. Après avoir voyagé 800 Km sur une ligne électrique, 6 % de l’électricité s’est dissipée sous forme de chaleur. Multipliez la distance par 10 et vous perdrez environ 60 %.</p><p>Convertissez cette énergie en énergie numérique grâce au bitcoin et vous pourrez l’envoyer n’importe où pour trois fois rien.</p><p>Le bitcoin augmente de 170 % par an depuis une décennie. L’indice S&amp;P 500 augmente de 14 % par an en moyenne depuis une décennie. L’or est plat, il ne va nulle part, il est en train d’être démonétisé, c’est une pierre morte. On ne peut pas mettre de l’or sur un iphone et il est manipulé par les banquiers.</p><p>Bitcoin est simplement de l’énergie économique pure. Satoshi et tous ses compatriotes on créé un actif monétaire sur un réseau ouvert, « permissionless », auquel n’importe qui peut participer, n’importe quel pays, n’importe quelle société, n’importe quel individu. Vous n’avez pas besoin une banque et vous n’avez pas besoin de demander la permission pour virer de l’argent. C’est l’ultime système égalitaire. Si vous voulez donner des droits de propriété à tout le monde en Afrique et en Amérique du Sud, même face à un régime hostile, vous pouvez le faire avec un téléphone androïde à 50 dollars et un simple téléchargement.</p><p>Une métaphore de plus. Si vous ne pouvez pas stocker la propriété, si vous n’avez pas de droits de propriété, cela signifie que vous ne pouvez pas stocker l’énergie économique. Dans le le monde occidental, nous avons le privilège d’avoir des actions qui montent de 34 % par an. Cela permet de se protéger de l’inflation. Sans actions, nous sommes à la merci de l’inflation parce que l’on garde son argent en cash. Et le dollar n’est pas la pire monnaie, le dollar est la meilleure monnaie ! C’est bien pire au Zimbabwe. Si vous êtes en argentine, vous avez perdu 40 à 60% de votre pouvoir d’achat cette année. Si vous êtes au Venezuela, vous avez tout perdu.</p><p>Ne pas avoir une monnaie forte, c’est comme être un diabétique de type 1. Un diabétique de type 1 ne peut pas former d’insuline nécessaire à la conversion de l’excès d’énergie nutritionnelle en graisse. La graisse est une batterie organique. La graisse vous maintiendra en vie 90 jours sans nourriture. Si vous ne pouvez pas former de graisse, vous pouvez manger continuellement sans vous arrêter et vous mourrez quand même de faim. Le diabète était une condamnation à mort avant l’invention de l’insuline. Si vous vivez dans un pays dont la monnaie est effondrée, vous êtes un diabétique économique. Dans les deux semaines qui suivent la perte de votre emploi, vous ne pouvez pas nourrir votre famille, vous ne pouvez pas vous nourrir vous-même, vous ne pouvez pas faire de projets pour l’avenir.</p><p>Nous en revenons à la base de la civilisation, et à la base de la vertu dans une société. Vous devez être capable de planifier l’avenir. Vous devez pouvoir vous projeter sur 10 ans et penser que vous pouvez subvenir aux besoins de votre famille. Quel est l’intérêt d’investir dans quelque chose si vous pensez que tout va partir en vrille d’ici 5 ou 10 ans…</p><p>Comment suis-je entré dans le bitcoin ? J’avais une entreprise avec 500 millions de dollars en cash qui me rapportaient 0% d’intérêt. J’ai entendu des banquiers dire qu’ils ne pensaient même pas à penser à rehausser les taux d’intérêt. Tout le monde à Wall Street gagnait 34 % de plus à ne rien faire alors que tous les autres ont dû travailler 34 % de plus pour rester en vie. C’était le constat l’année dernière.</p><p>Si vous êtes à Wall Street avec un milliard de dollars, vous avez terminé l’année avec un milliard et 340 millions de dollars de plus. Autrement, si vous être un commerçant, il vous a fallu augmenter vos prix de 34 %. Et cela pour simplement maintenir votre pouvoir d’achat d’avant crise. Ma société allait perdre plus de 100 millions de dollars en valeur. C’est comme courir sur un tapis roulant qui va plus vite que vous. C’est comme si nous étions dans un bateau avec le vent de face. Vous avez beau ramer, vous reculez quand même. C’est le taux d’inflation monétaire. Quand il est à 10%, le vent est dur. Quand il est à 25% ? Qui peut augmenter ses revenus de 25% tous les ans ? Personne à part un monopole. Un monopole technologique numérique le peut, mais personne d’autre. Les dentistes ne peuvent pas. Les docteur ne le peuvent pas. Les gens normaux ne le peuvent pas. Une entreprise normale ne le peut pas.</p><p>Si le vent commence à souffler fort de face, vous n’allez pas traverser l’atlantique en ramant. Vous allez mourir sur ce bateau. Alors qu’est-ce que vous faites ? Vous faites demi-tour. Vous allez dans le sens du vent. C’est ce que j’ai fait. Mon entreprise, Microstrategy, vaut un milliard de dollars. Nous créons des logiciels. L’entreprise vaut 500 millions de dollars et possède 500 millions de dollars en cash, à la banque. Nous générons 50 à 75 millions de dollars de revenus par an. Bref, ce cash va perdre 20 % à 30 % de sa valeur. Donc je vais de perdre l’équivalent de 100 millions de dollars par an si je ne fais rien. Alors que faire ?</p><p>Il faut acheter quelque chose et j’ai acheté des bitcoins pour une valeur de 250 millions de dollars. J’ai proposé de racheter 250 millions de dollars d’actions aux actionnaires qui n’aimaient pas l’idée. Après le rachat, il me restait toujours 175 millions de dollars avec lesquels j’ai acheté d’autres bitcoins. Nous avions 425 millions de dollars de bitcoins. L’action était à 120 dollars. Par la suite, le bitcoin s’est apprécié et nous avons doublé notre investissement initial. L’action a continué de monter. J’ai alors emprunté de l’argent pour acheter des bitcoins. J’ai emprunté 650 millions de dollars à 0.75 % sur le marché des capitaux. Puis j’ai émis une obligation convertible et j’ai acheté des bitcoins à 19 000 $. L’action de Microstrategy s’est appréciée en tandem avec le bitcoin. Nous avons gagné des milliards.</p><p>Pourquoi ne pas emprunter à 0 % si la masse monétaire augmente de 25 % par an ? Tout ce que vous avez à faire est d’acheter quelque chose qui est plus rare. Nous avons fini par emprunter 2,2 milliards de dollars à 1.5 % d’intérêt pour acheter du bitcoin. Nous avons maintenant environ sept milliards et demi de dollars de bitcoin. Nous avons fait un profit d’environ 4 milliards de dollars sur cet investissement. L’action est passée de 120 $ à 850 $. Nous avons généré environ 8 milliards de dollars de valeur actionnariale en 12 mois. Désormais, nous sommes une société de logiciels de 500 millions de dollars générant peut-être 80 à 100 millions de dollars de revenus par an, avec une croissance de 0 à 10 % par an, et une trésorerie de 7,5 à 8 milliards de dollars qui augmente de 170 % par an.</p><p>Tucker – Le bitcoin ne peut pas être piraté?</p><p>M. Saylor – Au début de cette aventure, nous cherchions de l’or pouvant être déplacé à la vitesse de la lumière et programmé sur un ordinateur. La réponse théorique à cela est un actif cryptographique sécurisé disponible en quantité fixe. Mais il y a 10 000 crypto-monnaies. Nous avons donc dû regarder, est-ce le bitcoin, est-ce le bitcoin cash, Doge coin ? Nous avons donc posé une grille de sélection sur ces monnaies. C’est un test en trois parties. Premièrement, sera-t-il interdit. Sera-t-il piraté ? Pourra-t-il être copié ?</p><p>Si vous pouvez le dupliquer 18 000 fois, alors il est ni rare, ni unique. S’il est interdit, ce n’est pas bon pour nous. Et pareil s’il est piraté. Comment répondre à ces question ? Vous ne pouvez pas si l’année est 2009 ou 2010. Vous ne savez pas vraiment si elle sera interdite copiée ou piratée. Il y a beaucoup d’incertitude. En 2020, nous avions 12 ans de recul. Et qu’avons-nous vu ? Que personne n’a jamais réussi à le pirater.</p><p>Bitcoin est la base de données la plus sécurisée du monde grâce à son fonctionnement. Vous devez faire tourner des mineurs SHA256 qui sont des ordinateurs très spéciaux. Cet ordinateur ne fait qu’une chose : il protège le bitcoin. C’est tout ce qu’il peut faire. Il ne peut pas diffuser de vidéo. Cet ordinateur est des millions de fois plus efficace pour générer des hashs que les ordinateurs normaux. Cela s’appelle le Proof of Work. Il s’agit de faire passer beaucoup d’énergie dans dans un algorithme de cryptage. La combinaison de ces deux choses, avec le protocole bitcoin, fait que le réseau dominant de proof of work sera toujours le plus sécurisé. C’est un mur de force brute d’énergie cryptée. Il vous voulez attaquer le réseau en essayant simplement de vous immiscer dans un bloc, il faut investir 10 milliards de dollars d’équipement. Il vous faudrait deux à quatre ans pour être prêt.</p><p>Tucker – Seul un gouvernement pourrait faire ça. Pourquoi les gouvernements permettraient-ils le bitcoin alors qu’il pourrait menacer leur pouvoir régalien de battre monnaie?</p><p>M. Saylor – Les gens appellent souvent le bitcoin une monnaie, mais ce n’est pas une monnaie. C’est un actif, c’est un actif cryptographique. Vous avez raison Tucker. Si le gouvernement pensait que c’est une monnaie et qu’elle est en compétition avec le dollar américain ou une autre monnaie, il s’en offusquerait et la supprimerait. Mais s’il est considéré comme un actif en concurrence avec l’or, les fonds indiciels, les obligations, la propriété ou l’immobilier. S’il est considéré comme une réserve de valeur, le gouvernement voudra simplement collecter des impôts sur la plus-value que vous ferez en le revendant.</p><p>Si vous voulez transférer une propriété d’une valeur de cent millions de dollars à quelqu’un d’autre, il est probable que cette personne veuille que vous le déclariez. Il est possible d’acheter du bitcoin de manière anonyme, mais si vous voulez en acquérir de grosses sommes, vous devrez passer par des exchanges agréés. C’est autorisé partout sauf en Chine. Donc vous l’achetez à travers un échange enregistré et ensuite, lorsque vous le transférez, vous devez payer l’impôt sur les plus-values.</p><p>Le Trésor, la SEC, la CFTC, le Congrès et le Sénat ont engagé un dialogue enthousiaste sur les réglementations qui seront appliquées au transfert et à l’utilisation des crypto-actifs. Il y a de fortes chances qu’ils déclarent que si vous émettez un Mickey coin, et que vous en gardez la moitié avant de commercialiser le reste, cela ressemble plus à un titre ou à une action. Dit autrement, cela va tomber sous la juridiction de la SEC.</p><p>Il y a aussi les crypto-actifs appelés « stablecoins ». Ces derniers ressemblent aux dollars américains. Le comité de travail du président a suggéré il y a une semaine que seules les banques approuvées par la FDIC pourront émettre des stablecoins. Donc il y a une réglementation qui arrive et je pense que les Altcoins seront sous pression. Les stablecoins seront eux traités comme des monnaies évoluant dans l’espace cybernétique. L’IRS (fisc US) a déclaré que le bitcoin était une propriété en 2014.</p><p>La monnaie est un moyen d’échange que vous pouvez transmettre sans payer de taxe. Si je vous donne un million de dollars et que vous le gardez pendant un an, il n’y aura pas d’impôt à payer au moment ou vous donnerez ce million de dollars à quelqu’un d’autre.</p><p>D’un autre côté, admettons que je vous donne un million de dollars en bitcoin et que vous le gardez pendant un an. Le bitcoin s’est apprécié entre-temps de 100 %. Alors vous devrez payer l’impôt sur la plus-value pour l’envoyer à quelqu’un d’autre (plus-value de 1 million de dollars dans ce cas).</p><p>Tucker – Non pas que je sois un criminel ou quoi que ce soit, mais est-ce qu’il est possible de transférer ce bitcoin à quelqu’un d’autre sans que le gouvernement le sache?</p><p>M. Saylor – Je pense qu’actuellement aux USA, chez tous les dépositaires institutionnels que je connais, si vous dépassez 10 000 de dollars, ce qui est la limite maximale pour la plupart des banques, ils sont obligés de le divulguer. [sous-entendu, vous ne pouvez pas déposer plus de 10 000 $ si l’exchange ne sait pas d’où viennent ces fonds].</p><p>Il est impossible d’acheter et de vendre des bitcoins en dehors des exchanges réglementés. Évidemment, la grande question est de savoir si les banques peuvent accepter de l’argent provenant de la vente de tels bitcoins. Cela varie selon les juridictions. Ce sera réglementé différemment selon les juridictions. Faudra-t-il justifier l’origine des fonds au-dessus de 10 000 $, 600 $ ?…</p><p>Si vous êtes une famille, un investisseur institutionnel, une société, et que vous voyez de l’inflation, vous achetez des terrains, vous achetez des actions, vous achetez de l’or ou vous achetez des bitcoins. Pourquoi acheter des bitcoins ? Parce que vous voulez le meilleur actif. Vous ne voulez pas de l’or. Vous ne voulez pas de la dilution de l’or, vous ne voulez pas de la dilution des actions, vous ne voulez pas de l’impôt foncier sur la propriété, vous ne voulez pas du casse-tête de l’entretien de votre immeuble. Toutes les autres formes de propriété peuvent être dépréciées, confisquées. Vous avez des immeubles locatifs à New York ? Vous ne pouvez pas expulser vos locataires, il y a un impôt foncier, il faut l’entretenir et il est difficile de vendre un immeuble. Le bitcoin, c’est la propriété numérique, c’est l’or numérique, c’est l’argent numérique, c’est l’énergie numérique. C’est quelque chose de mieux que l’or parce car il se déplace à la vitesse de la lumière gratuitement et je peux le garder dans ma tête. Il n’y a pas de coûts de maintenance et personne ne peut vous le prendre à moins de vous torturer.</p><p>Si tu as des bijoux, une maison, une voiture et que je te mets un flingue sur la tempe, tu vas tout me donner. Il n’y a rien dans ce monde que l’on ne puisse pas pas prendre par la force, sauf le bitcoin. Si vous achetez pour un million de dollars de BTC, vous pouvez les possédez en gardant les clés (le mot de passe) dans votre tête. Je peux toujours vous tirer dans la tête mais je n’obtiens pas les bitcoins.</p><p>C’est la seule chose dans l’histoire de l’humanité que vous pouvez emporter dans la tombe. Les pharaons ont créé des pyramides pour s’enterrer avec leur or mais les fossoyeurs ont fini par l’obtenir. C’est important. Les juifs dans les années 30 en Allemagne nazie sont partis avec 10 % de leurs richesse, maximum. Ils ne pouvaient pas déplacer leur maison, ni leur or. Des diamants peut-être, mais ce n’est pas une très bonne réserve de valeur. Avec le bitcoin, ils seraient partis avec 100 %. C’est l’histoire de toutes les diasporas. Vous savez, quand les juifs ont été chassés d’Espagne et d’ailleurs en 1500, durant l’inquisition, c’était pour leur voler leurs biens et les revendre. Le droit de propriété, c’est le droit de posséder des choses que personne ne peut vous prendre.</p><p>J’avais un million de dollars dans une banque en argentine il y a 20 ans. Le gouvernement argentin a envoyé un mémo aux banques pour leur ordonner de convertir tous les dollars en pesos avant de le dévaluer. Je me suis réveillé le lendemain matin avec cent mille dollars au lieu d’un million de dollars. Ils ont volé 90 % de toute la monnaie de tout le pays en une nuit sur un fax, sans loi, sans armée. Il serait difficile d’arrêter 60 millions de personnes et de les faire suer en prison pendant 90 jours pour qu’ils donnent leurs bitcoin. Comment arrêter 60 millions de personnes les mettre en prison pendant 90 jours ?</p><p>Bitcoin est le droit de propriété ultime. C’est un renforcement économique important. C’est une protection des libertés individuelles. C’est le rêve de John Locke. La vie, la liberté et la propriété. Les gens sont venus en Amérique parce que si vous étiez catholique en Europe du nord, ils vous prenaient vos terres et vos droits de propriété. Pareil si vous étiez protestant en Europe du Sud. Si vous étiez juif, ils vous prenaient vos terres et vos biens partout. Tout le monde est allé en Amérique pour être libre de posséder des biens que personne ne confisquerait.</p><p>Le bitcoin déplace vos biens dans le cyber espace où ils sont protégés par un mur d’énergie crypté. C’est la chose la plus difficile à taxer, à voler et à confisquer. C’est la dernière chose au monde qui sera attaqué.</p><p>Si je mets une taxe de 2% sur le bitcoin dans cet État, les bitcoins se déplaceront dans le Wyoming. Si je mets une taxe de 2% dans le Wyoming, ils se déplaceront dans n’importe quel état de l’union qui ne les a pas taxés et quand le pays entier le taxe, il se déplace à Monaco et si tout le monde à Monaco le taxe, je peux le vendre à quelqu’un en Chine. Je ne peux pas faire ça avec un immeuble.</p><p>Nous avons dû attendre 12 ans. Des gens ont essayé de le copier 10 000 fois. Ils ont tous échoué. Il n’a pas été piraté et ne sera pas interdit. Voici ce qu’il s’est passé au cours des 12 derniers mois Tucker. L’IRS, a dit que c’était une propriété. Il est important que ce soit une propriété et non une monnaie. La monnaie est la chasse gardée du gouvernement. Chaque gouvernement puissant aura une monnaie. Chaque gouvernement faible perdra sa monnaie. 66 pays se dollarisent. Probablement que 100 pays finiront par perdre leurs privilèges monétaires. Au final, vous aurez le CNY, le dollar et quelques puissantes monnaies de second niveau. Citez-moi une monnaie en Afrique ou d’Amérique du sud que vous préféreriez avoir à la place du dollar. Il n’y en a pas.</p><p>Pourquoi le dollar ne s’est-il pas répandu sur tous les iPhones et les téléphones Android ? Les gens se trouvant dans les pays où la monnaie s’écroule attendent les rails cryptographiques. Ils attendent le moment où il sera possible de télécharger une application mobile et d’avoir accès à toutes les devises du monde. Elles s’effondreront toutes face au dollar américain, en supposant que les États-Unis l’adoptent.</p><p>Pourquoi la Chine a interdit le bitcoin ? Parce que la chine contrôle les capitaux. Ils ne veulent pas que les capitaux circulent librement. Un citoyen chinois ne peut pas sortir un million de dollars de Chine. Même Google est bloqué en Chine. S’il y avait une libre circulation des capitaux, tous les capitaux actuels quitteraient la Chine. Ils auraient un problème. Ils ont leur système alors qu’en occident le système consiste à autoriser Google et Twitter. Le système occidental est basé sur la langue anglaise, les valeurs occidentales, le droit occidental, le dollar et le bitcoin. Les États-Unis ont adopté le bitcoin l’année dernière, les Chinois l’ont rejeté.</p><p>Jerome Powell a dit que c’est un actif. Ce n’est pas une monnaie, c’est un actif. Gary Gensler, le patron de la SEC, dit que c’est un actif. C’est un actif spéculatif. Bien entendu que c’est spéculatif. Le Bitcoin pèserait déjà 100 fois plus s’il n’était pas spéculatif. Christine Lagarde dit que c’est un actif. Bitcoin n’a pas besoin d’être un moyen d’échange. Il n’a pas à remplacer le dollar américain dans le monde occidental. Ce dont vous avez besoin, c’est de donner aux gens un véritable compte d’épargne. Je veux détenir un mois de mon salaire en dollars et toutes mes économies dans dans un actif qui prend de la valeur.</p><p>Le gouvernement est favorable au bitcoin. Bitcoin fait consensus au Congrès. Cynthia Lumis s’est levé au Sénat et a dit : « Dieu merci pour le bitcoin ». Qui ne voudrait pas redonner du pouvoir à tout le monde ? Il y a un large soutien au Sénat, un soutien bipartisan. Pareil à la chambre des représentants. Les gens étaient un peu confus à l’idée qu’il puisse s’agir d’une monnaie venant remplacer le dollar. Et si c’est le cas, c’est un problème existentiel. Bitcoin n’est en réalité pas un problème pour le dollar.</p><p>Nous allons remplacer les fondations de l’économie qui repose actuellement sur des actifs imparfaits et inefficaces. La première chose qui va s’effondrer, c’est l’or. Il s’effondre depuis une décennie. Il a baissé de 4 % dans l’année la plus inflationniste de l’histoire ! Le bitcoin a lui augmenté de 340 % !</p><p>Tucker – Dernière question, à quel prix pensez-vous que le bitcoin sera d’ici cinq ans ?</p><p>M. Saylor – Le bitcoin ne s’arrêtera pas de s’apprécier. La raison étant qu’il n’y en aura jamais plus de 21 millions d’unités. Il montera tant qu’il y aura de l’inflation. L’offre de dollars va augmenter, ce qui fera monter le bitcoin en retour. Il va s’apprécier grâce à son utilité technique. Il va s’intégrer aux iphones / androids, sur twitter, Square, Paypal. C’est l’adoption qui fera que le bitcoin s’apprécie. De plus en plus de gens vont apporter leur argent. Quand Rupert Murdoch s’est présenté à Facebook, il n’a pas apporté un milliard d’amis. Quand un milliardaire rejoint un réseau monétaire, il apporte un milliard de dollars. Donc quand une centaine de milliardaires se présente, ils apportent des centaines de milliards de dollars. Quand des entreprises, des investisseurs institutionnels se présentent, ils apportent des quantités massives de capitaux. Donc le bitcoin continuera de monter au fur et à mesure de son adoption et de l’inflation.</p><p>Il finira par remplacer l’or qui est un actif pesant 10 000 milliards de dollars. Le bitcoin remplacera certainement l’or d’ici trois à cinq ans. Puis il remplacera les indices boursiers et obligataires. Il démonétisera les revenus fixes et les indices boursiers qui sont actuellement utilisés comme réserve de valeur. Les gens qui veulent épargner leur argent vont utiliser le bitcoin. Progressivement, il démonétisera aussi l’immobilier. Au Canada, il y a une pénurie de logements parce que les étrangers y achètent massivement des maisons. Conséquence, les locaux ne peuvent pas s’offrir une maison.</p><p>Si l’on imprime de l’argent à l’infini, tout le monde va vouloir acheter quelque chose de tangible pour se protéger de la dévaluation de l’argent. Le problème est que les nouvelles générations ne peuvent plus se permettre d’acheter une maison. Il ne faut pas monétiser les choses utiles. Si vous monétisez la nourriture, tout le monde meurt de faim. Si vous monétisez les maisons, tout le monde est dans la rue. Si le bitcoin disparaissait, alors les autres actifs se monétiseraient un peu plus.</p><p>Le bitcoin, c’est 1 000 milliards sur 500 000 milliards de dollars. Il représente bien moins de 1 % de tout l’argent du monde. Pourquoi l’or ne s’est pas apprécié de 34 % ? L’or a sous-performé l’indice S&amp;P500 alors que nous avons eu une inflation massive cette année. La pire année depuis 40 ans. Pourquoi ? Parce que ceux qui cherchaient une réserve de valeur non souveraine se sont emparés de l’or cryptographique. L’or et le bitcoin sont dans la même niche.</p><p>Mais l’or peut être déprécié par les mineurs d’or et les marchands. Pas le bitcoin. Il ne peut pas être corrompu de cette façon car le nombre de bitcoins qui pourra être miné est fixé à l’avance. Le bitcoin démonétise progressivement tous les autres actifs. L’idée est de rendre à l’or sa rationalité. L’idée est de rendre les choses plus rationnelles.</p><p>Si les gens commencent achètent du bitcoin au lieu d’acheter un second investissement immobilier, le prix de l’immobilier baissera pour les gens qui veulent une première maison. Si les gens achètent du bitcoin au lieu de titres de dette, le prix de la dette baissera et le rendement augmentera. Avant, un million de dollars vous permettait d’obtenir une obligation qui vous rapportait 50 000 dollars par an. Maintenant, il vous faut 20 millions de dollars ou 10 millions de dollars pour obtenir la même chose.</p><p>L’idée générale est que l’américain moyen, le salarié moyen, est obligé de jouer ses économies en bourse pour ne pas les perdre. Mon père de 83 ans doit deviner quelle action va monter cette semaine et si exxon est meilleur que British Petroleum, ou meilleur que Apple, ou moins bon que Google, pour ne pas perdre ses économies. Parce que sinon, en les laissant à la banque, il recevra 0,1 % d’intérêt. Ce qui signifie qu’il perd 25 % (inflation).</p><p>Les gens ne sont pas stupides et savent que les prix augmentent plus vite que 2% par an, 4% par an ou 5% par an. On pousse donc toute une génération à, au mieux, investir dans des actions, au pire, jouer avec des actions voire des doge coins parce que personne n’a de compte d’épargne.</p><p>Le bitcoin est une banque dans le cyberespace qui offre ce compte d’épargne. Vous ne pariez pas sur la prochaine sortie de produit d’Apple ou de Google, ni sur la syndicalisation d’Amazon, ni sur la construction de ce pipeline. Si nous mettons tout votre argent dans le S&amp;P500, les PDG vont imprimer plus d’actions et diluer notre argent. Il vaut mieux acheter de l’énergie monétaire qui durera 10 000 ans.</p><p>Tucker – Vous m’avez convaincu. Je vais vendre toutes mes palettes de munitions 7,62 × 51 mm et les convertir en bitcoin.</p><p>M. Saylor – Le sujet est fascinant. Je pense que tu l’adorerais car c’est de l’économie, plus de la technologie, plus de la théorie politique, plus de la philosophie. Il y a des gens comme Jack Dorsey qui le voient comme une émancipation économique pour des milliards de personnes. D’autres le voient comme un pouvoir économique pour des milliards de personnes. D’autre sont des économistes de l’école autrichienne. D’autres sont des combattants de la liberté, des défenseurs des droits à la propriété, des libertariens et des ingénieurs qui aiment juste l’idée de posséder une réserve de valeur stable et inaltérable.</p><p>Tout le monde recherche une fondation solide sur laquelle construire sa vie. Il vaut mieux construire sur du granit avec de l’acier. Le bitcoin est de l’acier cryptographique. C’est ça l’idée. Nous n’avions jamais eu ça avant. Ce qui cause tant de passion, ce qui fait que les gens sont prêts à faire n’importe quoi pour que ça marche, c’est cette idée qu’on a enfin trouvé quelque chose de vrai, de beau et qui nous redonne le contrôle de notre vie dans un monde où nous avons l’impression d’avoir perdu le contrôle au profit des politiciens. Tout le monde cherche quelque chose en quoi croire et qui leur appartient vraiment.</p>
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<p><a href="https://www.cointribune.com/author/nteterelthecointribune-com/">Nicolas Teterel</a></p>
<p>Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/723/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france</guid>
	<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 18:39:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/723/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france</link>
	<title><![CDATA[Vers une privatisation de la Banque de France ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>François Villeroy de Galhau a été nommé gouverneur de la Banque de France en novembre 2015 après une mission d’étude de quelques mois destiné à faire oublier que, jusqu’en avril 2015, il était le numéro 3 de BNP Paribas. Cette nomination avait soulevé des objections de la part de nombreux économistes<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn1" name="_ftnref1" id="_ftnref1">[1]</a>. Il est désormais en passe d’être reconduit à la tête de la Banque de France par Emmanuel Macron<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn2" name="_ftnref2" id="_ftnref2">[2]</a>.</p><p>Sa nomination a pourtant fait l’objet, tant dans le monde financier et économique qu’en interne, de très fortes critiques du fait des conflits d’intérêt qu’elle soulevait ; son expérience, son réseau, sa vision des choses, son état d’esprit risquait de l’amener à défendre les intérêts du secteur bancaire plutôt que ceux de la collectivité. La Banque de France est en effet par plusieurs de ses missions et attributions la « banque des banques » et son gouverneur est le président du Collège de supervision de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), organisme chargé du contrôle des banques. Sa reconduction, en 2021, pose les mêmes questions au regard de l’analyse de son action.</p><p>Quel bilan à l’heure de sa reconduction ? Fin 2020, François Villeroy de Galhau appelait à ramener le taux des Plans d’Épargne Logement – les PEL – ouvert avant 2011, et dont la rémunération s’élève à 4,4 % au minimum, à 1 % seulement<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn3" name="_ftnref3" id="_ftnref3">[3]</a>. Selon lui, cette rémunération met en danger les banques commerciales, lesquelles, en 2020, ont pourtant réalisé un niveau record de 21 milliards d’euros de bénéfices. Le gouverneur de la Banque de France s’est également opposé à la proposition d’annulation des dettes publiques détenues par la BCE portée par l’Institut Rousseau et par près de 150 économistes à travers l’Europe<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn4" name="_ftnref4" id="_ftnref4">[4]</a>, tout comme il s’est opposé à l’idée de monnaie hélicoptère<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn5" name="_ftnref5" id="_ftnref5">[5]</a>, prônant au contraire le retour à la maîtrise du déficit et de la dette publique en coupant dans les dépenses. Il s’est enfin longtemps opposé à la rupture avec le dogme de la neutralité monétaire qui empêche la banque centrale de jouer un rôle, qui serait pourtant essentiel, dans la lutte contre le changement climatique en déclarant : « Ne nous trompons pas sur la nature de la politique monétaire. Elle doit permettre d’atteindre des objectifs macroéconomiques, plutôt que des objectifs spécifiques liés à tel ou tel secteur »<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn6" name="_ftnref6" id="_ftnref6">[6]</a> avant de reconnaître partiellement, plusieurs années plus tard, que la politique monétaire pouvait bien jouer un rôle dans ce domaine. Cela n’a toutefois pas empêché la BCE, dans sa revue récente de politique monétaire, de conserver ce dogme absurde de la neutralité monétaire<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn7" name="_ftnref7" id="_ftnref7">[7]</a>.</p><p>François Villeroy de Galhau milite également activement pour qu’il n’y ait aucune hausse de la fiscalité. Il pense sans aucun doute à l’ISF qui a été supprimé et qu’il ne faut pas rétablir, au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) sur les dividendes – la “flat tax” qui s’est substituée à la taxation selon le barème progressif de l’impôt sur les revenus – qu’il faut maintenir en l’état, aux niveaux de prélèvements sur les stock-options qu’on ne doit pas remonter et à toutes les mesures élargissant les avantages fiscaux fait sur les placements financiers qu’il ne fait pas toucher. De beaux exemples d’idéologie économique conservatrice, toute entière tournée vers la préservation du capitalisme financier.</p><p>Et si sa reconduction à la tête de la Banque de France visait à parachever une autre œuvre, celle de sa privatisation rampante ? Examinons les faits.</p><p>La Banque de France comptait fin 2015, 12 269 agents équivalents Temps Plein (ETP)<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn8" name="_ftnref8" id="_ftnref8">[8]</a>. Fin 2020, ceux-ci ne sont plus que 9 535 (soit -22 %). Cette baisse des effectifs était certes amorcée depuis des années mais elle a été fortement amplifiée sous la gouvernance de François Villeroy de Galhau. Entre 2010 et 2015, la baisse des effectifs avait été de l’ordre de 9 %. Fin 2024, selon les prévisions établies par la Banque de France, le nombre d’emplois devrait être descendu à 8 800. Selon les syndicats unanimes, celui-ci devrait être en fait inférieur à 8700 ; soit une diminution supplémentaire de près de 10 %.</p><p>François Villeroy de Galhau a donc appliqué, à la tête de la Banque de France, le dogme du moins-d’État et le crédo qu’il faut sans cesse et partout “dégraisser le mammouth” pour réduire les dépenses. Le nombre d’emplois supprimés et celui des missions de services publics dégradées au cours de ces dernières années constituent ainsi sa véritable marque à la tête de la Banque de France (et bien évidemment celle de sa tutelle). François Villeroy de Galhau peut aussi s’enorgueillir que les sommes versées par la Banque de France à son actionnaire unique, l’État, sont en hausse régulière : la contribution de notre Banque Centrale Nationale au budget de l’État (impôts sur les sociétés et dividendes) a été en 2019 de 6 milliards d’euros, soit 2,7 % des recettes nettes du budget général de l’État, alors qu’elle n’était que de 1,6 % en 2015. Mais cette évolution doit beaucoup à la conduite de la politique monétaire non-conventionnelle de la BCE qui conduit l’État à verser plus de dividendes à la Banque de France, que celle-ci lui reverse en partie par la suite.</p><p>En fait, les évolutions de la Banque de France au cours des dernières années nous renvoient à un triple échec. Le premier échec réside dans une contribution “négative” à l’aménagement du territoire ; le second dans une moindre participation aux services publics que l’État doit rendre à ses administrés ; et le dernier dans le recul de la mission régalienne qui est celle de la Banque de France de l’entretien de la monnaie fiduciaire, à travers ce que l’on pourrait même considérer comme une privatisation de cette activité.</p>
<p>1. Premier échec : une contribution négative à l’aménagement du territoire et un affaiblissement considérable de l’institution Banque de France<br />1. Une baisse massive des effectifs et une modification de certains statuts.</p>
<p>La baisse des effectifs n’est pas également répartie au sein de la Banque de France. Mais “l’effort d’adaptation” accompli – pour reprendre les termes de la communication officielle – s’est partout accompagné d’une pression accrue sur le personnel.</p><p>Ainsi, les effectifs parisiens du siège (4.242 fin 2019 ; – 5 % en 3 ans), où est concentré l’ensemble des services de politique monétaire (peu d’agents en fait), d’études et de support, ont diminué nettement moins vite que ceux du réseau, à savoir l’ensemble des succursales dont la Banque de France dispose sur tout le territoire national (4 017 à cette même date ; – 15 % de 2017 à 2019).</p><p>L’ACPR – Autorité de contrôle prudentiel et de résolution – qui a pour mission le suivi et le contrôle des banques implantées en France, n’a en revanche pas connu cette érosion ; et ceci bien qu’une partie de ses responsabilités ait été transférée à la Banque centrale européenne dans le cadre du Mécanisme de surveillance unique – MSU – qui supervise notamment les quatre grands groupes bancaires français. Ses effectifs (1.050) connaissent même une légère progression.</p><p>Une mention particulière doit être faite pour l’activité de production papetière portée par la Banque de France. Cette activité historique a connu comme les autres branches de la Banque de France une diminution drastique de ses effectifs. Mais cette activité a, en octobre 2015, été transférée dans une entité juridique distincte de la Banque de France, Europafi. Et en 2017, une partie de son capital, alors détenu à 100% par la Banque de France, a été cédé à d’autres banques centrales européennes.</p><p>Plus symptomatique de cette privatisation rampante est la gestion du personnel de cette structure. Le personnel présent au moment de la filialisation est maintenant considéré comme mis à disposition d’Europafi ; il est en diminution régulière. Mais les renforcements d’effectifs sont réalisés sous statut Europafi, aux conditions du marché donc. Comme cela s’est produit dans de nombreuses autres entités publiques, on a ainsi la cohabitation de personnes “sous statut de leur administration d’origine” et de personnes “sous contrat privé”. Il peut se concevoir que d’autres banques centrales nationales européennes entrent au capital d’Europafi mais il faudra s’assurer qu’aucune prise de participation d’une entreprise privée ne puisse intervenir.</p>
<p>2. Le retrait des petites et moyennes villes sur le territoire.</p>
<p>La diminution des effectifs du réseau de succursales de la Banque de France s’est faite tout d’abord par la fermeture d’unités qui sont passées de 211 en 2003 à seulement 95 aujourd’hui. Toutes les unités infra-départementales, donc situées exclusivement dans des villes petites et moyennes, ont été fermées, contribuant ainsi à l’accélération de la diminution de leur nombre d’habitants et au recul du dynamisme de ces territoires. Comme n’ont cessé de le dire élus et citoyens : « c’est encore une fois, un autre service public qui est supprimé ».</p><p>Dans le même temps, une majeure partie des travaux d’analyse et traitement, faite auparavant sur la base départementale, a été concentrée sur un nombre réduit de centres de traitement, le plus souvent dans les unités les plus importantes et donc situées dans les villes les plus grandes. Ces activités étaient essentiellement liées au traitement des situations de surendettement des ménages qui permet à des personnes ne pouvant faire face à leur endettement de trouver des solutions et à la cotation des entreprises qui sert entre autres pour le suivi de l’activité économique et pour la surveillance prudentielle des banques.</p><p>Ainsi, des succursales de plein exercice qui comptaient parfois des dizaines d’agents ont vu leurs effectifs passer, plus ou moins rapidement, à 5, 6, 7 personnes dans la quasi-totalité des cas.</p>
<p>2. Deuxième échec : un fort recul du service rendu au public, notamment dans sa dimension de service public de proximité</p>
<p>De par les missions qui lui sont confiées, la Banque de France est en relation avec un large public. C’est en particulier le cas pour les questions liées au surendettement ainsi que dans le cadre des contacts fréquents qu’elle entretient avec les entreprises, que cela soit pour l’attribution de leur cotation ou lors des enquêtes de conjoncture qu’elle réalise auprès d’elles.</p><p>La transformation de succursales de plein exercice en “succursale de présence de place” – selon la terminologie Banque de France – s’est en outre accompagnée d’une digitalisation des procédures. Ainsi, les surendettés et les travailleurs sociaux qui les accompagnent souvent dans leurs démarches, n’ont accès aux dossiers de surendettement que par Internet<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn9" name="_ftnref9" id="_ftnref9">[9]</a> quand on ne les confie pas à des chatbots sur la plateforme téléphonique ! Une rencontre avec le gestionnaire du dossier est devenue quasi impossible. D’abord car le traitement des dossiers est très parcellisé ; ensuite car les personnes travaillant sur le dossier peuvent maintenant se trouver à l’autre bout de la France. Pour le service public proche du citoyen, accessible et amical, on repassera.</p><p>Les relations avec les entreprises sont aussi plus distendues. Lors de la cotation par exemple, le contact doit souvent être pris avec le dirigeant pour faire une analyse qualitative et pas seulement chiffrée, des évolutions récentes de son entreprise et de ses perspectives. Auparavant, ces entretiens étaient principalement réalisés par des agents de la succursale départementale ou infra-départementale connaissant bien le tissu économique local et ayant souvent des relations anciennes avec ces chefs d’entreprises. Dorénavant, ces contacts, le plus souvent téléphoniques, sont réalisés par des agents situés dans un centre de traitement éloigné et n’ayant donc que peu de connaissances des spécificités locales et historiques de l’entreprise. La Banque de France perd ainsi en acuité sur la connaissance du tissu économique.</p><p>Enfin, les difficultés rencontrées par le public, souvent le plus fragile, pour actionner la procédure du droit au compte ou pour avoir des informations sur l’offre bancaire spécifique aux personnes en situation de fragilité financière, sont considérablement augmentées<a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftn10" name="_ftnref10" id="_ftnref10">[10]</a>. Il lui faut maintenant rechercher l’information, voire faire sa demande, sur Internet alors qu’il lui suffisait auparavant de se présenter à un guichet de la BDF pour avoir tout le service souhaité. Idem pour obtenir un rendez-vous, alors même que certaines personnes ne disposent pas d’internet. Il en est de même pour les personnes souhaitant consulter les grands fichiers que gère la Banque de France, au premier rang desquels se trouve le Fichier Central des Chèques. Jadis, il suffisait de se présenter au guichet de la Banque de France pour avoir immédiatement sa situation au regard de ces fichiers. Maintenant, il faut faire sa demande par Internet ou prendre rendez-vous, de préférence par Internet.</p><p>Il est donc nécessaire de revenir à une obligation d’accueil au guichet. Mais cette obligation d’accueil au guichet ne doit pas se limiter à la Banque de France. Elle doit en fait concerner l’ensemble des administrations qui, depuis des années, ne reçoivent que sur rendez-vous. Rendez-vous qu’il est parfois très difficile d’obtenir. Les capacités d’accueil téléphonique pour les questions non-nominatives doivent aussi être renforcées ; quand elles ne doivent pas être totalement reconstituées.</p><p>Proposition : Obliger la Banque de France à recevoir la clientèle sans rendez-vous sur des plages horaires élargies et renforcer les capacités d’accueil téléphonique.</p><p>Proposition : les Maisons de Service au Public – MSAP, ce palliatif créé par l’État pour limiter le recul de l’accueil de ses administrations, doivent être encouragées. Mais leur  financement ne doit pas reposer pour partie sur les collectivités locales qui les portent. C’est à l’État d’assurer le coût des missions régaliennes qui sont les siennes. En outre, les agents y accueillant le public doivent bénéficier d’un soutien téléphonique prioritaire dans les différentes administrations partenaires pour pouvoir aider au mieux les personnes reçues.</p>
<p>3. Troisième échec : un abandon de plus en plus important par la BDF de sa mission régalienne d’entretien de la monnaie fiduciaire au bénéfice d’acteurs privés</p>
<p>La Banque de France comptait 71 caisses à fin 2012. Celles-ci ont pour mission d’assurer l’entretien des billets qui reviennent dans ses caisses. Quand elles étaient assez nombreuses, elles permettaient une bonne irrigation de l’ensemble du territoire national en billets neufs et en bon état ainsi qu’en pièces de monnaie.</p><p>Les caisses n’étaient plus que 49 fin 2017 et 37 fin 2019. Et le plan 2022 – 2024 qui vient d’être annoncé par François Villeroy de Galhau prévoit la fermeture de 13 caisses du réseau supplémentaires d’ici fin 2022 ! Avec une “clause de revoyure” à cette date, ce qui laisse augurer d’autres fermetures. Concomitamment, il est prévu la suppression de 130 emplois.</p><p>Cette réorganisation se fait avec l’aval du gouvernement. Le Conseil général de la Banque de France, son Conseil d’administration qui délibère sur les questions relatives à la gestion des activités autres que celles qui relèvent des missions du système européen des banques centrales (SEBC), compte en son sein deux représentants du ministère de l’Économie et des finances. Le Conseil général a approuvé ce dernier plan de réduction du réseau des caisses avec les voix des représentants de l’État ; ces derniers avaient cependant la possibilité et le pouvoir de s’y opposer.</p><p>Les raisons de ce désengagement sont multiples. Mais il faut mettre en avant la volonté du gouvernement de la Banque de France de faire effectuer le tri et le recyclage des billets par des opérateurs privés (banques, transporteurs de fonds, grande distribution). Ainsi, ces derniers trient et remettent en circulation des billets qui, auparavant, transitaient par les caisses de la BDF. Ils assurent alors l’entretien de la monnaie fiduciaire, qui est pourtant une mission régalienne. Cette externalisation de la mission régalienne d’entretien de la monnaie fiduciaire est allée croissant au fur et à mesure que le nombre de caisses diminuait. Le développement du e-commerce, la progression continue des paiements par carte bancaire et, ces derniers mois, l’explosion des paiements sans contact expliquent évidemment aussi le recul de la circulation de la monnaie fiduciaire. Mais on ne peut pas anticiper ce qu’il en sera ces prochaines années !</p><p>Depuis des années, les banques privées, l’État et la direction des finances publiques sont clairement défavorables à l’utilisation des espèces. Les banques commerciales ont ainsi supprimé plus de 5000 points de retrait de billets en cinq ans, complexifiant de ce fait l’accès aux espèces et au paiement en numéraire. Ainsi, 60 % des communes françaises ne sont pas équipées d’un distributeur de billets et près d’un million de nos concitoyens doivent dorénavant faire plus de 15 minutes de trajet en voiture pour accéder à un distributeur automatique de billets.</p><p>Il faut bien voir par ailleurs que la baisse du nombre de caisses crée les conditions pour les banques de détail et les transporteurs de fonds d’augmenter leur emprise sur le volume d’espèces qu’ils manipulent et donc de baisser les coûts unitaires de traitement des billets. Selon certaines estimations, cette réduction du coût logistique et de traitement pourrait avoisiner 13 %. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la Banque de France comme elle l’indique dans la présentation de son projet, mettant ainsi en avant un avantage pour les banques commerciales au détriment de sa propre activité.</p>
<p>4. Vers une privatisation de l’entretien de la monnaie fiduciaire ?</p>
<p>Pour pallier le faible maillage territorial des caisses de la BDF, François Villeroy de Galhau prévoit la création de stocks auxiliaires de billets (SAB) dans les zones trop éloignées d’une caisse de la BDF, confiés à des acteurs privés. Ce projet est une réelle opportunité pour les acteurs privés de la filière car ces SAB, leur mise en place et leur fonctionnement, seront intégralement financés par la BdF à hauteur de 200 000 € par SAB par an (soit 3 millions d’euros annuels pour les 15 SAB prévisionnels). La Banque de France va payer des acteurs privés pour remplir l’une de ses missions régaliennes ! Sur les 19 membres de l’Eurosystème, seuls six ont pourtant mis en place des SAB. Par ailleurs, la France se distinguerait par cette prise en charge financière qui n’est pas la règle ; en Espagne, pays le mieux doté en SAB (46), ce sont les banques privées qui les financent.</p><p>Proposition : l’État français doit s’opposer à ce nouveau plan de fermeture de caisses locales d’autant plus que la Banque de France dispose en interne de capacités de tri largement suffisantes.</p><p>Proposition : Une limitation du tri et de l’entretien des billets externalisés au secteur privé doit être rapidement instaurée à hauteur de 40 % maximum. Toutes les conventions conclues et renouvelées devront se baser strictement et sans clause dérogatoire sur ce taux. La commission ci-dessous aura à voir si un taux inférieur ne doit pas être poursuivi dans un deuxième temps.</p><p>Dans tous les cas, il doit être procédé à un examen impartial de la circulation et de l’entretien de la monnaie fiduciaire dans la perspective plus large que ce moyen de paiement doit rester, aujourd’hui et demain, facile d’accès et accessible à tous.</p><p>Proposition : Une commission réunissant l’ensemble des partenaires concernés (État, Banque de France, secteur bancaire, transporteurs de fonds, commerce, usagers) doit être mise sur pied.</p><p>En conclusion, il convient de rappeler que l’indépendance de la Banque de France ne concerne que la détermination de la politique monétaire et de sa mise en œuvre. En dehors de cette mission, la Banque de France demeure une administration publique chargée de plusieurs autres missions de service public. Cette indépendance ne concerne donc en aucune façon les missions qui sont confiées à la Banque de France par des décisions légales ou réglementaires ou qui sont décidées par son actionnaire unique, l’État français.</p><p>Fortement affaiblie au cours des dernières années, l’institution Banque de France est aujourd’hui menacée de ne plus être en mesure d’exécuter correctement ses missions de service public du fait de la réduction de ses effectifs, des réorganisations internes réalisées mais aussi de son retrait de certaines activités au profit notamment du secteur bancaire privé auquel les décisions prises ces dernières années, sous le mandat de François Villeroy de Galhau, n’ont cessé de profiter.</p><p> </p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref1" name="_ftn1" id="_ftn1">[1]</a><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2015/09/15/banque-de-france-les-parlementaires-doivent-rejeter-le-choix-de-l-elysee_4757539_3232.html">https://www.lemonde.fr/idees/article/2015/09/15/banque-de-france-les-parlementaires-doivent-rejeter-le-choix-de-l-elysee_4757539_3232.html</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref2" name="_ftn2" id="_ftn2">[2]</a>elysee.fr/emmanuel-macron/2021/10/06/proposition-de-nomination-de-m-francois-villeroy-de-galhau-en-qualite-de-gouverneur-de-la-banque-de-france</p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref3" name="_ftn3" id="_ftn3">[3]</a><a href="https://www.boursorama.com/patrimoine/actualites/pel-le-taux-de-rendement-de-votre-vieux-pel-va-t-il-etre-abaisse-a-1-a57b0810b4098447d8c6e1c6f89708d0">https://www.boursorama.com/patrimoine/actualites/pel-le-taux-de-rendement-de-votre-vieux-pel-va-t-il-etre-abaisse-a-1-a57b0810b4098447d8c6e1c6f89708d0</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref4" name="_ftn4" id="_ftn4">[4]</a> <a href="https://annulation-dette-publique-bce.com/">https://annulation-dette-publique-bce.com/</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref5" name="_ftn5" id="_ftn5">[5]</a><a href="https://www.lesechos.fr/monde/europe/lidee-de-monnaie-helicoptere-suscite-de-vives-reactions-1324237">https://www.lesechos.fr/monde/europe/lidee-de-monnaie-helicoptere-suscite-de-vives-reactions-1324237</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref6" name="_ftn6" id="_ftn6">[6]</a> <a href="http://www.cepii.fr/BLOG/BI/post.asp?IDcommunique=442">http://www.cepii.fr/BLOG/BI/post.asp?</a><a href="http://www.cepii.fr/BLOG/BI/post.asp?IDcommunique=442">IDcommunique=4</a><a href="http://www.cepii.fr/BLOG/BI/post.asp?IDcommunique=442">42</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref7" name="_ftn7" id="_ftn7">[7]</a> <a href="https://www.institut-rousseau.fr/la-revue-monetaire-de-limmobilisme/#_ftn5">https://www.institut-rousseau.fr/la-revue-monetaire-de-limmobilisme/#_ftn5</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref8" name="_ftn8" id="_ftn8">[8]</a> L’ensemble des données chiffrées relatives aux effectifs sont de source interne à la Banque de France, soit directe soit syndicale.</p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref9" name="_ftn9" id="_ftn9">[9]</a>  Il n’est pas inutile de rappeler qu’en France, environ 15% des personnes de 15 ans et plus, soit 1 sur 6, n’utilisent pas Internet, que 1 sur 5 est incapable de communiquer via Internet, que 1 sur 4 ne sait pas s’informer sur Internet et que 1 sur 3 manque de compétences numériques de base  – <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/4241397"> </a><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/4241397">https://www.insee.fr/fr/statistiques/4241397</a></p><p><a href="https://www.institut-rousseau.fr/vers-une-privatisation-de-la-banque-de-france/#_ftnref10" name="_ftn10" id="_ftn10">[10]</a> Cette offre spécifique permet aux titulaires et cotitulaires des comptes concernés de bénéficier d’un ensemble de services bancaires ainsi que d’une limitation des frais bancaires. Selon le rapport 2020 de l’Observatoire de l’Inclusion bancaire, 3.81 millions de clients des banques sont identifiés comme fragiles (+12 % en un an). Seuls 598.000 (soit 15.7 %) bénéficient à fin 2020 de l’offre qui leur est réservée.              <a href="https://www.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/oib2020_web.pdf">https://www.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/oib2020_web.pdf</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/704/bitcoin-btc-le-fmi-revele-les-contours-du-great-reset-monetaire</guid>
	<pubDate>Wed, 01 Sep 2021 08:09:36 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bitcoin (BTC) - Le FMI révèle les contours du Great Reset Monétaire]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pourquoi un Great Reset ?</p>
<p>Le CBDC est le porte-étendard du Great Reset monétaire. Il viendra remplacer la monnaie fiat écroulée sous le poids de sa dette, emportant avec elle les banques en faillite. Mais avant de parler du CBDC et de nos trouvailles dans le papier du FMI, il faut expliquer pourquoi nous allons vivre un Great Reset Monétaire.</p>
<p><a href="https://join.swissborg.com/r/frederEZU5" rel="noopener" class="adv-link" target="_blank"><br /><p></p><br /></a></p>
<p>Ce n’est pas un hasard si les banques européennes ont perdu 90 % de leur valeur boursière depuis le pic de pétrole conventionnel de 2007. Investir dans une banque signifie investir dans de la dette. Or nous arrivons à un moment charnière de notre civilisation où la croissance se tasse en raison de la difficulté grandissante pour obtenir la reine des énergies: le pétrole.</p><p>Rendez-vous compte qu’en 1900, aux États-Unis, il suffisait de dépenser un baril d’énergie dans le travail d’extraction pour en obtenir 100. En 1990, nous n’étions plus qu’à 35 barils et seulement 12 barils en 2007 ! C’est ce que l’on appelle le EROEI (Energy Return on Investment). Au niveau mondial, le EROEI est désormais de 14…</p><p>Le pic pétrolier signifie certes qu’il nous en reste la moitié, mais cette moitié restante sera consommée beaucoup plus vite que la première moitié. Dit autrement, la production de pétrole mondiale va désormais baisser de plus en plus vite. Les choses deviennent critiques quand le EROEI passe en-dessous de 20. Nous y sommes :</p><p></p>
<p>La ligne rouge représente le EROEI mondial de 2019 / La courbe bleue indique l’énergie nette obtenue (énergie extraite – énergie dépensée pour l’extraire, ici exprimé en % par rapport au maximum atteint en tout début d’extraction) / Source : <a href="https://www.resilience.org/stories/2019-03-12/the-real-energy-return-of-crude-oil-smaller-than-you-would-have-imagined/">resilience.org</a></p>
<p>Pour le dire autrement encore, le manque d’énergie ne peut que déboucher sur la décroissance. Et sans croissance, on ne rembourse pas la dette. Ou bien on la rembourse via l’inflation. C’est ce qui est déjà en train de se passer. La <a href="https://www.cointribune.com/tribunes/tribune-cryptomonnaies-geopolitique/bitcoin-btc-la-bce-sinquiete-que-linflation-soit-trop-basse/">FED et la BCE viennent d’abandonner leur objecctif d’inflation inférieure à 2 %</a>.</p>
<p>Quel est le plan des globalistes du FMI et autres banques centrales ?</p>
<p>Les choses ne sont pas dites clairement mais un habitué de la nolvangue bancaire pourra trouver quelques indices dans ce papier qui commence par ce constat lucide :</p><p>« Les banques centrales ont toujours été à la pointe de la technologie et de l’innovation financières. Par le passé, l’invention du billet de banque par exemple […]. Aujourd’hui, les banques centrales sont confrontées à de nouveaux défis : la technologie « distributed ledger » (pour ne pas dire bitcoin…), les nouvelles techniques d’analyses de données (intelligence artificielle [IA] et machine learning) et le cloud computing. »</p><p>Les banquiers centraux ne font pas référence au bitcoin quand ils parlent de « FinTech ». Pour eux, la FinTech n’est pas grand chose d’autre que le CBDC et toutes les possibilités qu’offre la surveillance de masse…</p>
<p><a href="https://www.sandbox.game/en/login/?r=CE.xwA9FPnbtQjYEZD86al" rel="noopener" class="adv-link" target="_blank"><br /><p></p><br /></a></p>
<p>Cela étant dit, la mitraille de banque centrale semble loin d’être au point. Il ne faut de toute façon pas se leurrer. Cette fiat 2.0 ne changera pas la face du monde :</p><p>« Il pourrait être difficile de justifier l’émission d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) dans le contexte de la poursuite des objectifs de stabilité des prix et de stabilité financière, car pour certains pays, ce lien est loin d’être évident. »</p><p>« L’émission de la CBDC ne permettra probablement pas de remédier à l’instabilité existante ou à la perte de confiance dans la monnaie nationale », peut-on également lire.</p><p>Le FMI prépare ici les esprits à l’inavouable. A savoir que le CBDC ne viendra qu’après l’écroulement du système existant, après l’hyperinflation… « L’émission de CBDC nécessitera que les banques centrales puissent offrir des comptes courants au grand public »…</p><p>Voyez ce tweet du FMI qui suggère finement que le CBDC sera la réponse apportée face à la perte de productivité (baisse de la production de pétrole) et l’inflation concomitante :</p><p lang="en" dir="ltr" xml:lang="en"><a href="https://twitter.com/hashtag/POLL?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#POLL</a>: We want to hear from you. ⬇️</p><p>Which of these topics would you like to learn more about?</p>
<p>— IMF (@IMFNews) <a href="https://twitter.com/IMFNews/status/1431347866442862594?ref_src=twsrc%5Etfw">August 27, 2021</a></p>

<p>Remplacez “productivity growth” par “quantité de pétrole disponible” et il vous apparaitra que tout ce dont nous parlons dans cet article est au coeur de la réflexion des stakeholders du Great Reset dont le FMI est évidemment pleinement partie prenante.Et après ce Great Reset ?</p>
<p>Nous disions en première partie que notre système de création monétaire à partir de dettes et d’intérêts est conçu pour une économie en perpétuelle expansion. Or la baisse de la production de pétrole nous fera inexorablement évoluer d’un monde en croissance exponentielle vers une société en décroissance.</p><p>La question est : après ce Great Reset, après cette semi-explosion de la dette (inflation), quel genre de système monétaire utiliser en sachant que la décroissance rend impossible le ponzi de la dette. Il est en effet impossible de promettre que la dette (et les intérêts…) sera remboursée si l’on sait pertinemment que la production ne peut que reculer.</p><p>Face à ce changement de paradigme, le FMI lâche quelques pistes pas vraiment nouvelles en vérité :</p><p>« Les banques centrales peuvent également avoir besoin de nouveaux pouvoirs comme percevoir des intérêts sur les CBDC. »</p><p>Dit autrement, nous ne recevrons bientôt plus d’intérêts sur notre épargne, nous en payerons ! #Tauxnégatif</p><p>Le bon côté des choses est que les banquiers de ce meilleur des mondes nous payeront pour emprunter. Cela se fait déjà au Danemark. <a href="https://www.wsj.com/articles/with-negative-rates-homeowners-in-europe-are-paid-to-borrow-11616664600">Nykredit</a> – le plus grand fournisseur de prêts immobiliers du pays – a déclaré que plus de 50 % de ses prêts allant jusqu’à 10 ans ont un taux d’intérêt négatif. Oui, les Danois remboursent moins qu’ils n’empruntent.</p><p>Encore une fois, ceci est une conséquence de l’entrée en décroissance. La raison d’être des taux négatifs est de réduire la masse monétaire pour ne pas sombrer dans l’hyperinflation malgré la baisse de la production.</p><p>Que ce soit par l’inflation ou les taux négatifs, il s’agit toujours d’appauvrir les masses pour faire perdurer un peu plus longtemps la fuite en avant de l’endettement.</p>
<p>Un peu de surveillance de masse avec ceci ?</p>
<p>Le CBDC est un formidable outil de surveillance de masse :</p><p>« Les banques centrales peuvent tirer parti de la FinTech pour moderniser leurs propres systèmes de paiement, par exemple, en mettant en place une « <a href="https://www.cointribune.com/tribunes/tribune-des-stablecoins/la-bri-snobe-bitcoin-btc-et-sinteresse-a-un-stablecoin-programmable-de-surveillance-de-masse/">Digital ID</a>. »</p><p>« La fintech pourrait aider les banques centrales dans leur collecte de statistiques. Face à l’explosion des données produites en temps réel, les banques centrales utilisent de plus en plus le Big Data et l’IA pour exploiter de nouvelles sources de données (par exemple celles des réseaux sociaux, du commerce électronique et de l’internet of things) et de nouvelles techniques de collecte et d’analyse (par exemple, machine learning et le text mining). »</p><p>Ces déclarations se passent de commentaires. Elles sont limpides. Il est quasiment certain que le « Pass-sanitaire », le <a href="https://www.cointribune.com/analyses/institutions-entreprises/le-cbdc-petroyuan-devoile-lors-du-forum-de-la-bri/">« Crédit social » à la chinoise</a>, le « CBDC », la « Digital ID », ou encore le « Crédit Carbone », finiront par fusionner tous ensemble. Dans cette <a href="https://www.cointribune.com/guides-crypto/tout-savoir-sur-bitcoin-btc/collision-entre-le-bitcoin-et-la-banque-des-reglements-internationaux-le-22-mars/">dystopie technologique</a>, l’IA nous connaît mieux que nous même et peut décliner nos QR code…</p><p lang="fr" dir="ltr" xml:lang="fr">C'est bon, tout le monde a compris quel était le but de cette hystérie sanitaire ? Prêts pour la "pass-carbone" ? <a href="https://t.co/QM7LCRrkO2">https://t.co/QM7LCRrkO2</a></p>
<p>— Nicolas Teterel ∞/21 (@CryptojournalFr) <a href="https://twitter.com/CryptojournalFr/status/1432609248274436098?ref_src=twsrc%5Etfw">August 31, 2021</a></p>

<p>“Ce que nous avons appris de cette crise Covid, nous l’appliquerons pour la crise climatique” “Nous promet-il des confinements climatiques ?” /</p>
<p>L’un des intérêts propres aux banquiers sera d’interdire de crédit à ceux qui ne rentreront pas dans les cases binaires de leurs algorithmes. C’est exactement ce que <a href="https://www.cointribune.com/analyses/personnalites/jack-ma-a-t-il-ete-kidnappe-par-la-mafia-bancaire/">Jack Ma</a> veut mettre en place en Chine.</p><p>Voici ce que nous écrivions à ce sujet en début d’année :</p><p>« Que veut Jack Ma ? Le patron d’Alibaba n’est pas exactement un sauveur face à la mafia bancaire. La FinTech revient à tomber de charybde en scylla via la fusion de la finance avec la Big data. Pour Jack, « le système de crédit doit être basé sur la Big data pour en faire un bien commun ». Il faut créer un « système de crédit basé sur la Big Data ». C’est en essence ce que propose le FMI qui a publié un article sur son blog faisant l’apologie d’un système de « credit scoring ». Dit autrement, un système analysant les données personnelles (et notamment notre historique de recherche google) qui jugera si quelqu’un est digne de recevoir un prêt et de monter dans l’échelle sociale. »</p><p>La seule échappatoire à cette prison à ciel ouvert est le bitcoin. Il est une monnaie libre de dette et dotée d’une masse monétaire finie qui protége ses détenteurs contre l’hyperinflation promise par la décroissance. Tout le contraire du CBDC qui sera la cerise sur le gâteau d’Ausweis numériques auxquels on essaie de nous habituer en vue des “climate lockdowns”.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/670/le-revenu-universel-peut-il-nous-sortir-de-l%E2%80%99impasse-entretien-avec-david-cayla</guid>
	<pubDate>Sun, 25 Jul 2021 09:43:16 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/670/le-revenu-universel-peut-il-nous-sortir-de-l%E2%80%99impasse-entretien-avec-david-cayla</link>
	<title><![CDATA[Le revenu universel peut-il nous sortir de l’impasse ? entretien avec David Cayla]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Entretien réalisé par Mathilde Nutarelli, étudiante en économie, 05/07/2021</p>

<p>David Cayla est économiste, chercheur et maître de conférences à l’université d’Angers. Membre des économistes atterrés, il a publié des ouvrages sur la question européenne, notamment La Fin de l’Union européenne, avec Coralie Delaume. Son dernier livre, Populisme et Néolibéralisme explore les mécanismes économiques à l’oeuvre derrière la résurgence actuelle des mouvements de contestations. Dans cet entretien, nous avons échangé sur le revenu universel, outil qui revient à la mode à la faveur de la pandémie et des alternatives qui peuvent lui être proposés.</p>

<p>LTR : Avec la pandémie et les difficultés économiques qui en ont découlé, le revenu universel a le vent en poupe. Expérimentations dans certaines régions ou pays, élus demandant de le mettre en place, … Le sujet est omniprésent depuis un an. C’est une notion très large qui englobe plusieurs visions. De la version libérale de Milton Friedman au salaire à vie de Bernard Friot, les écarts sont importants, tant sur le plan idéologique que pratique. Pourriez-vous nous exposer brièvement les différentes philosophies qui sous-tendent ce concept ?</p>

<p>David Cayla : Derrière le revenu universel, il y a beaucoup de conceptions différentes, qui vont de la plus libérale à la plus communiste. La proposition de Milton Friedman n’est pas tout à fait un revenu universel, c’est plutôt une allocation minimale, un impôt négatif. Il propose que les personnes ayant un revenu inférieur à un certain seuil puissent toucher une allocation complémentaire. Chez Bernard Friot, à l’inverse, l’objectif est de remplacer le capitalisme. Pour cela, il propose que tout le monde ait un revenu socialisé qui se substitue au revenu de la sphère privée. Entre ces deux principes, il y a de grandes différences. On peut ausssi citer le « Liber » des libéraux à la Gaspard Koening, le revenu de base du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB), ou encore le revenu universel d’existence de Benoît Hamon.</p>

<p>Mais alors, comment peut-on englober dans un même terme toutes ces propositions différentes ? Je leur vois trois points communs : il s’agit d’allouer un revenu déconnecté du travail, universel, dans le sens où il toucherait tout le monde, et suffisant. Le caractère suffisant signifie qu’il faut qu’on puisse vivre et combler ses besoins essentiels avec. Tout réside ensuite dans ce que l’on entend par « besoins essentiels ». On peut commencer au niveau du RSA ou bien se placer à un niveau supérieur.</p>

<p>Universel, cela veut dire que tout le monde doit pouvoir bénéficier de ce minimum-là. Parfois, cela signifie le donner à tout le monde, en taxant en contrepartie, ce qui ne fera pas augmenter le revenu de la majorité des gens, mais l’idée de départ est que les plus pauvres ne soient pas oubliés.</p>

<p>Le troisième élément, c’est qu’il est sans contrepartie, c’est-à-dire qu’il est totalement déconnecté de l’activité économique. Il ne se fait pas en échange d’un travail ou d’une démarche. C’est cela qui le distingue du RSA ; car dans le cadre du RSA, on demande au bénéficiaire de signer un contrat d’insertion.</p>

<p>LTR : Pour défendre le revenu universel, ses partisans expliquent qu’il permet de repenser la place du travail, et plus particulièrement des tâches mécaniques, dans la société afin de s’en libérer. Que pensez-vous de cet argument ?</p>

<p>David Cayla : Les promoteurs de gauche du revenu universel considèrent que son intérêt est justement de libérer les individus du besoin de travailler. Ils le justifient par la disparition du travail, liée à la mécanisation. C’est quelque chose que l’on trouve beaucoup chez Benoît Hamon et Baptiste Mylondo, par exemple. Ils justifient aussi cela par l’idée qu’aujourd’hui, toute une partie de l’activité productive des gens ne s’organise pas dans un rapport marchand mais plutôt dans les liens sociaux, comme des grands-parents qui gardent leurs petits-enfants, et qui ne sont pas rémunérés.</p>

<p>Derrière cela, il y a plusieurs choses. Il y a d’abord l’idée de la société post travail : le travail aurait été nécessaire dans la société, mais depuis l’automatisation en a supprimé en grande partie le besoin. Deuxièmement, il y a l’idée qu’il faut valoriser le non marchand. Troisièmement, il est sous-entendu que le plein emploi est une utopie aujourd’hui illusoire et qu’il faut donc trouver une solution pour que les gens puissent vivre décemment sans être obligés de trouver un emploi. Il y a enfin l’idée de renforcer le pouvoir de négociation des salariés sur le marché du travail. Cela aurait pour but d’améliorer leurs conditions de travail, parce qu’aujourd’hui le travail est absolument nécessaire pour vivre et les travailleurs n’ont pas le choix que d’accepter des travaux pénibles et difficiles.</p>

<p>Ce sont les principaux arguments des partisans de gauche du revenu universel. Le problème, c’est qu’ils sont incohérents entre eux. Ils affirment deux choses contradictoires. Premièrement, ils disent qu’il faut favoriser le non marchand mais proposent pour cela de rémunérer les individus avec de l’argent, qui par définition, ne peut être dépensé que dans la sphère marchande. C’est la contradiction philosophique la plus importante. Si l’on veut mettre en avant le non marchand, il ne faut pas donner de l’argent aux citoyens, mais leur fournir des services publics gratuits.</p>

<p>Et là on pose une deuxième question : quel est le rôle de l’État ? Est-il de garantir aux gens des allocations monétaires en espèces ou doit-il fournir des services publics gratuits ? Je suis attaché à la gratuité, j’en tire la conclusion logique que tous les revenus ne passent pas par des revenus monétaires, qu’une partie de la richesse dont nous disposons est non marchande et produite par l’État. Transformer l’État d’un producteur de services non marchands à un État qui alloue de la monnaie en espèces aux ménages pour leur permettre de consommer de manière marchande, c’est à mon avis une dérive grave qui ne peut pas se comprendre dans une perspective de gauche. </p>

<p>Derrière le revenu universel, il y a beaucoup de conceptions différentes qui vont de la plus libérale à la plus communiste.<br />C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les libéraux sont favorables au revenu universel. On le retrouve très bien chez Friedman. La pensée au cœur de sa thèse c’est de substituer des programmes gouvernementaux de services publics par des allocations de même coût et laisser le marché pourvoir à la satisfaction des besoins des ménages. Cette logique-là est cohérente. Mais la logique qui consiste à faire de l’État un producteur d’allocations pour que la population puisse consommer tout en étant contre le tout marché me semble particulièrement contradictoire. C’est le premier point. Le deuxième point, c’est que je ne crois pas à la disparition du travail. Si on veut aller plus loin dans la réflexion, l’argument de la mécanisation et de l’automatisation n’est pas bon. Certes une automatisation a lieu, on ne peut pas le nier, mais c’est un processus ancien, qui date de la révolution industrielle. Au fur et à mesure qu’on mécanise, on s’aperçoit que les emplois se déversent vers les secteurs qui sont non mécanisables et non automatisables. Ils se déversent en particulier vers un secteur très important, celui du care, plus largement de tout ce qu’on appelle les emplois relationnels. Ce sont les emplois qui sont liés à la relation entre le pourvoyeur de service et l’usager. On peut citer par exemple l’éducation, la santé, la sécurité, l’accompagnement. Ce type d’emploi n’a cessé d’augmenter et aujourd’hui on en manque. Aussi, un vrai problème se pose:on a à la fois des chômeurs qui cherchent un emploi et des besoins en emplois qui ne sont pas mécanisables et qu’on ne crée pas en dépit de leur importance. Comment en est-on arrivé là ? Pour une raison simple : la très grande majorité des emplois relationnels sont des emplois publics. Or, on refuse que l’État, au nom de l’austérité budgétaire, crée les emplois relationnels qui sont nécessaires socialement.</p>

<p>Si on veut résoudre le chômage, il suffit de diminuer la taille des classes, d’améliorer les conditions de travail dans les EHPADs et les hôpitaux, d’améliorer les conditions de travail et de formation de la police, etc. C’est-à-dire créer des emplois publics. Cela couterait beaucoup moins cher que d’allouer un revenu universel de 800€ à tout le monde chaque mois. C’est là qu’à mon sens il y a un problème. Si on considère que le rôle de l’État est d’abord de fournir des services publics gratuits à sa population et qu’on lui substitue un rôle d’allocation monétaire sans créer les emplois publics, alors cela créera une concurrence implicite que les partisans du revenu universel de gauche ne mettent jamais en avant. La base fiscale, ce qu’on peut taxer, est de toute façon limitée. Si l’on arrive à collecter 100 milliards d’euros de plus, par exemple, la question va vite se poser pour savoir s’il faut les utiliser pour créer des emplois publics ou pour verser une allocation de type revenu universel. Benoît Hamon dirait qu’il faut faire les deux. Pour moi, ce n’est pas une réponse satisfaisante. Il faut avoir une idée des mesures prioritaires qui vont être financées avec cet argent.</p>

<p>LTR : Certains détracteurs du revenu universel affirment qu’au lieu de permettre aux salariés de mieux négocier avec leurs employeurs, avoir une rentrée d’argent régulière et inconditionnelle inciterait ces derniers à revoir les rémunérations à la baisse. Qu’en pensez-vous ?</p>

<p>David Cayla : Ce qui me gêne le plus dans cette argumentation sur le pouvoir de négociation des salariés c’est qu’on prend pour fait acquis l’idée des économistes selon laquelle l’emploi est organisé essentiellement par un marché du travail, avec une offre, une demande et un pouvoir de négociation. Or, cette vision fait l’impasse sur tout un ensemble d’autres dimensions dans le travail qui sont plus sociologiques ou anthropologiques, en particulier le fait que le travail n’est pas du tout une marchandise comme une autre. Je comprends qu’on puisse parler de pouvoir de négociation quand il s’agit de voitures, mais je pense que, dans le cadre de la relation de travail, cela laisse beaucoup de choses de côté. On oublie en particulier que le travail a une dimension identitaire. C’est-à-dire que l’emploi que l’individu accomplit participe de son identité et donc de l’idée qu’il se fait de lui-même. Ce n’est pas du tout équivalent, par exemple, de toucher 1000 euros d’allocations ou de toucher 1000 euros sous forme de salaire. Quand on est de gauche, on ne peut pas raisonner comme des économistes néolibéraux, qui affirment que l’argent n’a pas d’odeur, que les individus raisonnent comme des homo economicus.</p>

<p>Deuxièmement, le travail est aussi un rapport social, d’autorité entre deux personnes. Lorsqu’on parle de pouvoir de négociation, on ne pense qu’au moment où on va négocier le salaire ou les conditions de travail. Ce qu’on oublie, c’est qu’une fois qu’on est salarié, on est de toute façon soumis à un rapport de domination. Je doute que le revenu universel permettre de se détacher plus facilement de son travail, de changer les rapports de force dans l’entreprise. Tout collectif, par définition, produit des règles qui contrarient l’autonomie individuelle. Je crois beaucoup plus à la démocratie d’entreprise pour améliorer cela qu’à une allocation extérieure. Si l’on veut libérer le travailleur, il faut aller voir ce qui se passe dans l’entreprise. Ce qui passe par les lois de protection des salariés, le droit du travail, la démocratisation des entreprises.</p>

<p>On prend pour fait acquis l'idée des économistes selon laquelle l'emploi est organisé essentiellement par un marché du travail.<br />LTR : Pensez-vous que la mode du revenu universel dure au- delà de la crise actuelle ?</p>

<p>David Cayla : Le revenu universel est une très vieille idée. Elle est d’autant plus attractive qu’aujourd’hui on analyse la richesse, le niveau de vie et la pyramide sociale uniquement à travers la question du revenu monétaire. Répondre à des problèmes qu’on envisage uniquement à travers le prisme du revenu par des revenus, cela paraît donc l’évidence même. On est tellement imbibé par le marché, par l’idée que l’argent fait la richesse, qu’on finit par décider d’aller vers le revenu universel.</p>

<p>C’est d’autant plus important que la question de l’inflation a disparu aujourd’hui de la pensée. L’une des raisons qui pourrait empêcher le revenu universel d’être une idée populaire, ce serait que la situation soit similaire à celle des années 70- 80, dans un régime de forte inflation. Là, toute personne qui proposerait le revenu universel se verrait opposer l’argument de l’augmentation des prix. Mon sentiment, c’est que quand on propose ce genre de solution, c’est qu’on a déjà accepté la naturalité du marché, c’est-à-dire que les individus ne peuvent exister autre- ment qu’en étant des consommateurs, que toute la richesse vient de ce qu’on achète. Or, tout cela est extrêmement contestable. J’aimerais que les responsables politiques et les intellectuels par- viennent à penser la richesse indépendamment de la question du revenu, en prenant en compte le fait qu’une grande partie de la richesse est non marchande. Par exemple, on ne met plus en avant la question du temps libre. Une grande partie de la richesse est produite par les gens sur leur temps libre ; le temps est en soi une richesse extrêmement importante.</p>

<p>Ainsi, l’une des manières de contrer la question du revenu uni- versel serait d’organiser une vraie diminution du temps de travail. On résoudrait le problème du manque d’emplois et on mettrait en avant le fait que le temps libre est aussi une richesse non-marchande importante. On pourrait tout à fait redistribuer le temps pour réorganiser le travail autrement.</p>

<p>Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles le revenu universel est à la mode. La raison principale, c’est l’idéologie néolibérale dominante. L’idée que tout procède du marché. On dit que quand on a un marteau comme seul outil, tous les problèmes finissent par se présenter sous la forme de clous. Aujourd’hui, on est tellement persuadés que le problème de la richesse est lié au problème du revenu monétaire, que pour résoudre le problème des inégalités, on va forcément augmenter les revenus ou en donner à tous. La réalité c’est que l’économie ne se présente pas uniquement de cette façon-là. Si on réfléchit avec un peu de distance, l’économie est la sphère de la production et de la répartition des richesses marchandes et non marchandes. On peut donc augmenter la sphère non marchande, on peut penser la richesse que constitue le temps libre, et organiser l’économie pour le maximiser. On peut penser que toute une partie de la richesse doit être soustraite du marché. Dans ce cas-là, donner des revenus aux gens sera beaucoup moins important, puisqu’une grande partie de la richesse ne sera pas achetable.</p>

<p>Quand on pense les choses avec un peu plus de recul, on s’aperçoit que le revenu universel n’est qu’une réponse ponctuelle. Un point de vigilance, cependant : je ne dis pas qu’il ne faut pas d’allocations en espèces, je ne dis pas non plus qu’il faut supprimer le marché. Je dis simplement que le marché ne peut pas être l’alpha et l’oméga de la production et de la distribution de la richesse.</p>

<p>LTR : S’il est impossible voire délétère de se défaire du travail, il n’en demeure pas moins que son organisation actuelle, dans de nombreux secteurs, ne permet pas aux travailleurs de s’épanouir voire les aliène. Les écarts de rémunération grandissants, le déclin des syndicats et le développement des « bull- shit jobs » en sont des manifestations. Comment répondre à cette situation sans revendiquer un monde sans travail ?</p>

<p>David Cayla : Il faut prendre en considération le fait que l’univers du travail est un univers particulier, dans lequel on agit collectivement. Ce n’est pas que l’individu qui travaille, c’est surtout un groupe de personnes. Le droit du travail encadre tout cela et notamment l’idée de l’abus de bien social. Un chef d’entreprise ne peut pas tout faire. Je pense qu’il faut sortir l’entreprise du féodalisme, de l’idée que les individus s’organisent seulement en rapports de force liés à la position du capital. Cela a déjà été fait. La démocratisation de l’entreprise c’est, par exemple, la reconnaissance du fait syndical, les instances représentatives de concertation.</p>

<p>Mais il faudrait aller plus loin. Il devrait y avoir des règles plus strictes sur l’organisation du par- tage de la richesse. Dans nos entreprises subsiste un problème fondamental : les revenus sont distribués individuellement, alors que la richesse est toujours produite collectivement. Il n’y a pas de corrélation claire, contrairement à ce que disent les économistes, entre la production réalisée par chaque travailleur et ce qu’il récupère en termes de revenu. Il n’y a pas non plus de corrélation entre ce qu’apporte le capitaliste et comment il est rémunéré en termes de dividendes. En fait, quand on regarde ceux qui tirent des revenus des entreprises, on voit que tout cela est totalement arbitraire. Ce qui signifie que les revenus que chacun prélève ne sont que les produits de rapports de force, liés à la capacité qu’à chaque personne à se vendre, à la rareté relative qu’il représente, et à la place institutionnelle qu’il occupe.</p>

<p>Ainsi, quand l’entreprise se financiarise, sa priorité devient la rémunération des actionnaires, au détriment à la fois du bien-être des salariés mais aussi de sa valorisation à long terme et de sa propre capacité à créer des richesses. Je pense que l’État a un rôle à jouer pour réorganiser les arrangements institutionnels au sein des entreprises, c’est-à-dire faire en sorte que les rapports de force soient plus équilibrés, que les revenus soient plus égalitaires, que le partage de la valeur ajoutée se fasse sur des critères plus égaux, mais aussi que l’entreprise puisse se recentrer sur sa fonction première qui est de produire de la richesse à long terme et non de racheter ses propres actions en détruisant son propre capital au seul profit de ses actionnaires.</p>

<p>LTR : Le revenu universel est souvent présenté comme la solution pour lutter contre la grande exclusion. Vous en avez soulevé les limites au cours de cet entretien. Mais alors, que faut-il faire pour lutter contre les inégalités et la pauvreté ?</p>

<p>David Cayla : Le grand argument du revenu universel est de dire qu’il va permettre de lutter contre la pauvreté et cela d’autant plus si l’on fixe son montant au-dessus du seuil de pauvreté. Il y a un aspect important dans cet argument, c’est le taux de non-recours élevé des minima sociaux. Des gens ont droit à des revenus mais n’y ont pas recours en raison de la difficulté à se faire connaître. Si l’on met en place le revenu universel, alors on toucherait tout le monde et il y aurait beaucoup moins de taux de non-recours. Je pense que ce n’est pas tout à fait vrai. Même dans le cadre du revenu universel, il faudra effectuer une démarche administrative, remplir un dossier, indiquer un compte bancaire sur lequel verser l’allocation… Il faudra aussi contrôler les fraudes.</p>

<p>Par ailleurs, il y a des questions auxquelles on ne répond jamais : que fait-on des immigrés et des clandestins ? Auront-ils droit au revenu universel et jusqu’à quel point ? Et quel sera le statut des Français expatriés ? Il faudra créer une administration du reve- nu universel et des conditions d’attribution pour qu’il arrive. Aussi on ne supprimera pas complètement le taux de non-recours.</p>

<p>J'aimerais que les responsables politiques et les intellectuels parviennent à penser la richesse indépendamment de la question du revenu.<br />La deuxième chose, c’est la question du RSA. Est-ce que le revenu universel est un meilleur outil pour lutter contre la pauvreté ? Je mets de côté la question du montant. Imaginons qu’on les fixe tous les deux à 700 euros, par exemple. La différence entre les deux, c’est que le RSA est conditionné, on ne le touche qu’en contrepartie d’une démarche d’insertion active, avec des entretiens individuels, un suivi par un conseiller, etc… Le revenu universel, à l’inverse, serait donné sans aucune contrepartie. On peut penser que s’il n’y a plus de contrepartie, on allègera la structure administrative, on aura ainsi besoin de moins de fonctionnaires, ce qui est sans doute vrai et ce qui coûtera moins cher qu’un RSA de même montant. Mais il y aura du coup moins de personnel pour accompagner les personnes. Et puisque le revenu sera universel, on n’identifiera plus les personnes dans le besoin contrairement à ce qui se passe aujourd’hui.</p>

<p>Plus largement, je ne crois pas qu’il faille limiter la pauvreté a la question du revenu, et c’est ça que fait le revenu universel. Pour moi, le problème de la pauvreté, c’est surtout un problème d’exclusion. C’est-à-dire d’exclusion sociale, d’abord, parfois de problèmes d’auto-valorisation et puis un problème de perspectives. On ne peut pas dire à une personne qu’elle va toucher un revenu universel, de 700€ par mois toute sa vie. Certes, elle ne sera plus en situation de grande pauvreté, mais pourra-t-on dire qu’on a résolu le problème de la grande pauvreté en général et de l’exclusion en particulier ? Je ne crois pas.</p>

<p>La norme doit être la contribution sociale que chacun produit par son travail dans un cadre marchand ou non marchand. Si l’objectif de l’individu n’est pas juste d’être un consommateur et de recevoir un revenu minimal pour continuer de consommer, mais aussi d’être un contributeur, d’avoir une place dans la société, de produire pour les autres, alors je crois que le RSA est bien plus qualifié pour sortir des gens de l’exclusion et de la pauvreté. Celles et ceux qui sont au RSA, non seulement bénéficient d’un revenu, mais aussi d’un accompagnement personnalisé. C’est d’autant plus vrai pour les jeunes avec la Garantie jeunes, parce qu’ils ont des besoins d’accompagnement bien plus importants que les plus de 25 ans. Toutes ces démarches d’accompagnement et d’insertion vont disparaître ou devenir marginale avec le revenu universel.</p>

<p>Les partisans disent que l’on pourra tout de même organiser ces dé- marches d’insertion de manière volontaire. C’est oublier que le problème de l’exclusion est justement de ne pas aller vers ce genre de dispositifs, à moins d’y être contraint. Je pense qu’il y a là aussi une mauvaise conception de l’exclusion. Quand on demande aux associations caritatives ce qu’elles pensent du revenu universel, il y en a beaucoup qui sont contre, parce qu’elles comprennent bien que la situation réelle des personnes exclues est qu’elles ne savent pas comment s’organiser et s’intégrer, qu’elles n’iront donc pas spontanément chercher les dispositifs d’aide et d’accompagnement qui peuvent exister.</p>

<p>Le RSA, avec la stratégie du donnant-donnant, permet d’identifier ceux qui ont le plus de problèmes et d’adapter à ce public-là des dis- positifs d’insertion qui fonctionnent bien.</p>

<p>LTR : Pour conclure, une ques- tion plus actuelle. Récemment, à gauche, un embryon de consensus s’est formé pour réclamer l’établissement d’un RSA pour les moins de 25 ans, que pensez-vous de cette proposition ?</p>

<p>David Cayla : La situation actuelle est extrêmement précaire, dramatique, pour la jeunesse. Elle l’est à la fois pour les étudiants, mais aussi pour ceux qui sortent de leurs études et qui recherchent un stage ou en emploi, et pour les jeunes qui sont déjà exclus. Face à cela, je ne suis pas opposé à ce qu’on puisse temporairement élargir le RSA, comme première solution. Le problème, c’est lorsqu’on on le présente comme une solution de long terme.</p>

<p>Je suis beaucoup plus réservé sur ce sujet parce que le problème de la jeunesse, c’est premièrement un manque d’emploi et de stages. Globalement, la covid a fait disparaître des petits emplois que beaucoup d’étudiants occupaient et des embauches, impliquant que ceux qui sortent de leurs études sont en difficulté pour trouver un travail.</p>

<p>Or, répondre au manque d’emploi par un RSA n’est pas satisfaisant. Vous sortez de vos études et au lieu d’avoir un emploi bien rémunéré, on vous donne une allocation minime. Ce n’est pas ce que veulent les jeunes. Ils savent bien qu’ils ne vont pas s’ouvrir une carrière au RSA. La priorité devrait donc être de créer des emplois. Je comprends qu’on ne puisse pas les créer immédiatement et qu’en attendant, le RSA peut être une solution transitoire, mais ce n’est pas une solution qui correspond aux besoins spécifiques de cette jeunesse.</p>

<p>De la même façon, il faut aider les étudiants qui cherchent à faire leurs études et qui pour cela doivent avoir des petits boulots à côté. Il faut leur donner des allocations spécifiques en augmentant, prolongeant et généralisant les bourses, en leur permettant de redoubler une deuxième fois sans la perdre. Aujourd’hui, certains ne peuvent pas réussir leur année à cause des conditions d’études dégradées. Cela me semble mieux répondre aux problèmes des étudiants que de simplement leur accorder le RSA.</p>

<p>Troisièmement, il faut aider tous les jeunes qui sont exclus et qui bénéficient de la Garantie jeunes. C’est un dispositif qui date de janvier 2017, organisé sous la pression de l’Union Européenne. Il est sous-dimensionné : il n’y a que 100 000 à 150 000 jeunes qui en dis- posent. On ne peut avoir un revenu équivalent au RSA que durant 1 an à 1 an et demi. Il y a très peu de communication sur ce dispositif, ce qui veut dire qu’il y a beaucoup de jeunes qui en auraient besoin mais qui ne peuvent pas l’avoir faute d’information, ou qui l’ont eu pendant un temps court et ne peuvent pas y revenir après un échec d’insertion. Clairement, je suis pour la généralisation de la Garantie jeunes, qui est un RSA renforcé sur le plan de l’accompagnement. Mais pour cela, il va falloir recruter des accompagnants. Si l’on veut tripler le nombre de bénéficiaires et garantir le revenu jusqu’à 25 ans, ou tant que le bénéficiaire n’est pas inséré, il va falloir tripler les personnes des Missions locales, en créer de nouvelles, notamment en zone rurale. C’est un effort d’investissement extrêmement important que doit faire l’État, et ce serait beaucoup plus efficace que la généralisation du RSA aux moins de 25 ans. La démarche d’insertion d’un jeune de 19 ans est bien plus spécifique et nécessite un accompagnement bien plus important que ce qui se fait avec le RSA.</p>

<p>Pour résumer, le RSA comme solution d’urgence, de court terme, pourquoi pas. Mais la réponse aux problèmes de la jeunesse aujourd’hui doit être d’abord de créer des emplois pour les jeunes. Il faut en créer beaucoup, à la fois pour ceux qui sont qualifiés et pour ceux qui ne le sont pas. Pour se substituer au secteur privé qui n’en crée plus, il faut que le secteur public prenne la place. Cette réponse doit aussi passer par une amélioration, au moins ponctuelle, mais plus structurelle également, des allocations pour les étudiants. Enfin, je souhaite une généralisation et une extension massive de la Garantie jeunes.</p>

<p>Dans nos entreprises subsiste un problème fondamental : les revenus sont distribués individuellement, alors que la richesse est toujours produire collectivement.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/659/durabilite-horlogere-et-horlogerie-durable</guid>
	<pubDate>Sun, 04 Jul 2021 10:04:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/659/durabilite-horlogere-et-horlogerie-durable</link>
	<title><![CDATA[Durabilité horlogère et horlogerie durable]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le développement durable s’installe dans nos montagnes. La loi invite les entreprises à prendre des mesures pour atteindre des buts précis. Une saine émulation règne pour dépasser ces objectifs légaux. Estompées par la facilité des dernières années, ces procédures sont pour beaucoup d’entre nous du déjà vu, du déjà pratiqué. Après la crise horlogère, nous retournons vers un fonctionnement raisonné. La montre mécanique s’inscrit pleinement dans la démarche du développement durable.</p>

<p>Le développement durable et l’horlogerie</p>
<p>Chercher à ménager la Terre pour les générations futures est une démarche récente pour nous tous. Plusieurs gouvernements nous y engagent et dans l’industrie horlogère, cette démarche se traduit de plusieurs manières.</p><p>Tout d’abord nous sommes invités à respecter plusieurs dispositions légales, comme la diminution de notre consommation électrique, le contrôle très strict de nos rejets d’eaux usées, la gestion de nos déchets et celles de nos matières dangereuses. Plusieurs autres sont regroupées dans l’appellation de Responsabilité Sociétale des Entreprises.</p>
<p>C’est à celui qui sera le plus attentif à s’inscrire dans la démarche<br />Ensuite pour beaucoup, viennent les mesures décidées librement.<br />En amont, il y a le choix des matières, de leur provenance et la gestion attentive des quantités mises en œuvre.</p>
<p>En aval, sont installés des panneaux solaires, des systèmes de tri pour le PET, le matériel informatique et électrique, les métaux, le papier, le carton, le bois et les emballages.</p><p>Tout autour, les manufactures sont vigilantes ; elles surveillent, adaptent et optimisent leur consommation électrique. L’objet jetable, à usage unique est pourchassé, place au recyclé. Les déplacements des personnes sont optimisés. Les parkings diminuent de surface ; ils incluent des places réservées au co-voiturage et aux vélos. Les espaces verts autour des bâtiments deviennent des prairies, des vergers et des potagers. A l’image des travailleurs horlogers, les abeilles s’activent autour des ruches.</p>
<p>Un beau challenge à faire connaître</p>
<p>Pour beaucoup, faire mieux, réussir à minimiser l’influence environnementale de l’entreprise, c’est un beau défi, un vertueux challenge.</p><p>Et comme les belles choses sont à faire connaître, les jardins s’ouvrent à tous, la vie si particulière des abeilles est expliquée aux enfants des alentours et les services de communication mettent en avant la saine approche de l’entreprise. Suivre la démarche du développement durable attentivement voire passionnément est une chose dont il faut parler, c’est un important levier promotionnel.</p>
<p>Une longue tradition locale</p>
<p>Ce développement durable est d’actualité depuis le Moyen âge dans nos montagnes.</p><p>Déterminé par le contexte historique, il s’agit alors plus d’un usage prudent des ressources disponibles que d’une volonté délibérée.</p><p>Dans le monde agricole, cela se traduit par une économie de tout, par une production et une consommation locale, par une recherche de rentabilité, de durabilité et par une politique d’investissement à très long terme. A cette époque, le coût colossal des transports, la difficulté d’accéder à l’énergie et la cherté de tous les biens incitent à une parcimonie qui ménage grandement l’environnement.</p><p>Dictées par une économie de subsistance, ces prémices du développement durable s’imposent aussi dans le monde horloger commençant. Transmis de génération en génération, les outils sont faits pour durer ; les bâtiments sont soigneusement adaptés pour le métier ; la lumière gratuite du jour contribue grandement à l’éclairage des établis. Et déjà la communication sert à la recherche d’acheteurs pour les montres et les pendules. Quant aux crises, elles vont scander le rythme du négoce et par là-même celui des revenus de la population.</p>
<p>Les découvertes de la Crise du Quartz</p>
<p>Les Trente Glorieuses, ce court temps de dépenses irraisonnées, s’achèvent par la Crise du Quartz.</p><p>Les majuscules sont nécessaires pour la nommer car à la différence des crises usuelles, dues à des difficultés économiques, aux adaptations trop lentes à la modernité ou aux guerres et à leurs corollaires, la Crise du Quartz est unique. Elle sonne le glas définitif de la gestion attentive et prudente. Les bâtiments deviennent inutiles. Les outils, les machines, la montre elle-même ne valent plus rien et les décharges se remplissent de tout et de n’importe quoi. </p>
<p>Un juste retour des choses</p>
<p>Arrivant à temps, le renouveau horloger redonne de la valeur aux montres. Aujourd’hui nous renouons avec les vertus d’économie et de gestion avisée de nos prédécesseurs, les paysans-horlogers. Non pas par un ménagement de nos ressources imposé par nos capacités financières et techniques d’autrefois, mais plutôt par une gestion attentive de notre capital commun apprise après les excès de ces dernières décades.</p>
<p>Un objet dans l’air du temps</p>
<p>L’horlogerie est bien inscrite dans cette démarche de développement durable. Oui, la montre mécanique a plusieurs atouts.</p><p>Elle est autonome, car elle se remonte gratuitement soit à la main, soit au bras du porteur.</p><p>Elle est aussi économe en tout, car elle reste fonctionnelle longtemps et elle peut être entretenue partout avec un minimum de connaissances techniques.</p><p>Elle ne se jette pas, elle s’entretient sur place, donc pas besoin de voyages en Suisse pour sa révision et, bien conçue, elle ne requiert qu’un minimum de pièces de remplacement.</p><p>Elle est vraiment durable, cette machine à compter le temps ; presque inusable, Elle accompagne l’humanité et consomme très peu d’énergie provenant de son porteur.</p><p>Qui plus est, elle se transmet de génération en génération. Oui la montre mécanique est vraiment novatrice et durable !</p><p>Benoît Conrath</p><p>Horloger chez <a href="http://www.vauchermanufacture.ch">Vaucher Manufacture Fleurier</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/654/un-schema-de-ponzi-oui-dapres-le-president-de-la-banque-de-la-reserve-federale-americaine-oppose-a-des-observateurs-davis-que-le-terme-ponzi-est-inadapte-aux-cryptomonnaies</guid>
	<pubDate>Thu, 24 Jun 2021 09:30:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/654/un-schema-de-ponzi-oui-dapres-le-president-de-la-banque-de-la-reserve-federale-americaine-oppose-a-des-observateurs-davis-que-le-terme-ponzi-est-inadapte-aux-cryptomonnaies</link>
	<title><![CDATA[un schéma de Ponzi ? Oui, d&#039;après le président de la Banque de la Réserve fédérale américaine opposé à des observateurs d&#039;avis que le terme Ponzi est inadapté aux cryptomonnaies]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le président de la Banque de la Réserve fédérale américaine vient de qualifier le Dogecoin de schéma de Ponzi. C’est une espèce de redite en termes de posture dans le lot des observateurs des cryptomonnaies. Elle divise cependant sur un certain nombre d’aspects. L’une des questions qui font surface est celle de l’utilisation du terme Ponzi. Ce dernier est-il adapté comme qualificatif du Dogecoin et des cryptomonnaies de façon générale ?</p>
<p>L’intervention du président de la Banque de la Réserve fédérale américaine fait suite au lancement d’un sondage sur Linkedin par le directeur juridique de Coinbase. Thème : comment prononcer le mot Doge ?</p>
<p><br />Sa sortie demeure en droite ligne avec un de ses avis formulés au cours de l’année précédente lors du Montana Eco Report. À la question de savoir s'il souhaitait que sa fille d'un an reçoive un bon du Trésor ou un bitcoin pour son prochain anniversaire, le président de la Banque de la Réserve fédérale américaine avait choisi la première option. Motif : les monnaies cryptographiques sont comme « une benne à ordures géante. »</p>
<p>Kashkari avait fait l'éloge de la stabilité du dollar par rapport au secteur relativement nouveau des cryptomonnaies : « La raison pour laquelle le dollar a une valeur est que le gouvernement américain a un monopole légal sur la production du dollar. Dans le monde des monnaies virtuelles et des cryptomonnaies, il existe des milliers de ces pièces de monnaie de type ordure. Des gens se sont littéralement fait escroquer pour des dizaines de milliards de dollars et la SEC s'est vu obligée de s’impliquer dans la répression de ce phénomène. »</p>
<p>[embedded content]</p>

<p><br />Un avis partagé par certains observateurs de la sphère des cryptomonnaies</p>
<p>Le développeur Haskell Stephen Diehl, auteur de What I Wish I Knew When Learning Haskell, estime que Bitcoin est le Ponzi postmoderne :</p><p>« Un stratagème classique de Ponzi est une fraude financière dans laquelle des individus effectuent des manipulations bancaires ainsi que des manipulations des états comptables pour payer continuellement de nouveaux investisseurs grâce à d'anciens investisseurs tout en maintenant l'illusion des rendements. En termes économiques, investir dans un système de Ponzi est un jeu à somme négative et est une forme de jeu comme le poker ou la roulette. Le jeu est une consommation et contrairement aux entreprises productives, rien de valeur n'est créé à partir du processus. Il y a une réserve d'argent fixe et chaque personne qui fait un profit le fait nécessairement au détriment de quelqu'un d'autre qui perd. Tout gagnant unique est nécessairement payé par plusieurs perdants. Les jeux à somme négative ne génèrent pas, dans l'ensemble, de la richesse ou de l'utilité et redistribuent simplement les fonds d'entrée à différents participants. Il y a un rendement attendu négatif de s'engager dans cette classe d'activités.</p><p>« Dans le programme de vingt ans de Bernie Madoff, de nombreux investisseurs ont vraiment gagné de l’argent et investir dans des projets de Ponzi au bon moment peut en effet vous rendre très riche. Certaines personnes deviennent également extrêmement riches en jouant à la roulette, mais ce n'est pas le cas de la majorité et vous n'entendrez jamais parler de ceux qui ont tout perdu. C'est l'essence de la raison pour laquelle les stratagèmes de Ponzi sont illégaux et considérés comme une forme de fraude, ils sont une forme de jeu d'argent qui dépend de l'asymétrie de l'information et de la collusion où le reste de la société supporte les coûts et les externalités négatives pour aider les victimes lorsque la musique s'arrête inévitablement et qu'il n'y a plus de chaises.</p><p>« Bitcoin n'est pas différent. L'achat d'un bitcoin, c'est acheter une entrée dans une base de données comptable, une collection de bits extrêmement coûteuse. Il n'a aucune manifestation dans le monde réel, ne produit rien, n'a pas d'actifs, de revenus, de clients, de trésorerie ou de dividendes. La valeur actuelle nette du bitcoin est nulle et ne peut jamais être différente de zéro. Cette valeur provient uniquement d’une forme de spéculation récursive, une illusion selon laquelle davantage de victimes viendront à spéculer, perpétuant ainsi l’escroquerie et faisant monter la “valeur “ spéculée plus haut. C'est un contrat à terme avec un sous-jacent sur la crédulité humaine, un pari qu'il y aura plus d'imbéciles à l'avenir pour payer les imbéciles actuels. Einstein a dit un jour: “ Deux choses sont infinies: l'univers et la stupidité humaine; et je ne suis pas sûr pour ce qui concerne l'univers“ et dans l'étrange monde à l'envers d'aujourd'hui, vous pouvez désormais investir dans la thèse d'Einstein et cela s'appelle bitcoin.</p><p>« Une réserve de valeur ne peut pas être basée uniquement sur la foi en une réserve inépuisable d'imbéciles prêts à payer monotonement davantage pour quelque chose indéfiniment. Il devrait être intuitivement évident pour chaque écolier que ce jeu de chaises musicales ne peut pas durer éternellement et ne durera pas. La réalité a une manière de s'affirmer et à un moment donné, ce schéma épuisera le bassin des imbéciles qui se retrouveront en train de prendre une part pathétique dans l'illusion collective d'une non-monnaie totalement inutile dans le monde réel. Les bitcoins sont totalement inadaptés à des fins monétaires, ils ne soutiennent aucune activité économique, ne sont pas adaptés aux transactions en tant qu'unité d'échange et ne peuvent jamais remplir aucune fonction au-delà d'une bulle spéculative vide.</p><p>« Cette nouvelle classe d'escroquerie diverge de ce Ponzi classique d'une manière significative et juridiquement importante. Au lieu des salles enfumées, nous avons le brouillard d'obscurantisme post-vérité induit par notre nouveau paysage médiatique qui se nourrit d'illusion, de méfiance envers les experts et de confusion comme moyen d'obscurcir le mécanisme sous-jacent du schéma de redistribution des richesses. C'est l'essence de la raison pour laquelle nous appelons cette fraude un schéma “postmoderne“, les investisseurs sophistiqués comprennent parfaitement le mécanisme de la fraude et toutes les opérations sont effectuées en public, mais la fraude dépend de l'ignorance collective et / ou de l'excès de confiance sur le fait que des individus pourront jauger leur temps de sortie du marché correctement tandis que d'autres ne le feront pas. Ce n'est pas différent de l'erreur des joueurs qui croient d'une manière ou d'une autre que leur rotation de la roulette est en quelque sorte bénie par la chance. »</p><p>Le bitcoin et autres Dogecoin remplissent-ils les critères d’un schéma de Ponzi ?</p><p>Y a-t-il dans le cas des monnaies cryptographiques une structure de paiement qui garantit que l’argent d’investisseurs spécifiques est transféré à d’anciens investisseurs sur la base de leur ancienneté ? De Bitcoin à Dogecoin en passant par Ethereum, le constat est le même : le fait d’acheter tôt ne garantit pas de faire une plus-value au moment où l’investisseur sera désireux de procéder à une revente. Tout est une question de cotation à un instant t. Ainsi, un investisseur qui fait l’acquisition de l’euro contre des dollars à un moment où la cotation est faible peut en tirer une plus-value à un moment plus favorable de l’évolution des cours.</p><p>Le bitcoin a cours légal au Salvador <a href="https://www.developpez.com/actu/315870/Le-bitcoin-a-desormais-cours-legal-au-Salvador-le-projet-de-loi-a-ete-approuve-par-le-Congres-du-pays-qui-devient-ainsi-le-premier-a-l-approuver-comme-monnaie-legale/" target="_blank">depuis le début du mois en cours</a>. Le projet de loi du président Nayib Bukele du Salvador afin de donner cours légal au bitcoin dans son pays a fait l’objet d’approbation le 9 juin par le Congrès du pays. Par 62 voix sur 84, le Salvador devient le premier pays à approuver une loi donnant cours légal au bitcoin. « La présente loi a pour objet la régularisation du bitcoin comme monnaie à cours légal, sans restriction avec pouvoir libératoire, illimité dans toute transaction. » La valeur d’une monnaie repose sur la confiance qu’on lui accorde. Quel avenir pour le bitcoin et les autres cryptomonnaies si d’autres pays suivent l’exemple du Salvador ?</p><p>Source : Linkedin</p><p>Et vous ?</p><p> Le terme Ponzi est-il adapté comme qualificatif pour les monnaies cryptographiques ?<br /> Que pensez-vous de la décision du Salvador d'adopter le bitcoin comme monnaie légale ? Est-ce un exemple à suivre ?</p><p>Voir aussi :</p><p><a href="https://www.developpez.com/actu/312831/Le-bitcoin-et-d-autres-cryptomonnaies-bases-sur-l-algorithme-Proof-of-Work-sont-un-cauchemar-suivant-les-criteres-environnementaux-sociaux-et-de-gouvernance-selon-Timothy-Swanson/" target="_blank">Le bitcoin et d'autres cryptomonnaies basés sur l'algorithme Proof of Work sont un cauchemar suivant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, selon Timothy Swanson</a><br /><a href="https://securite.developpez.com/actu/312819/Les-pirates-informatiques-a-l-origine-d-une-presumee-attaque-par-ransomware-contre-Kia-exigent-des-millions-de-dollars-en-bitcoins-plusieurs-services-en-ligne-de-la-societe-auraient-ete-touches/" target="_blank">Les pirates informatiques à l'origine d'une présumée attaque par ransomware contre Kia exigent des millions de dollars en bitcoins, plusieurs services en ligne de la société auraient été touchés</a><br /><a href="https://www.developpez.com/actu/312791/Le-bitcoin-atteint-une-capitalisation-boursiere-de-1000-milliards-de-dollars-alors-que-le-cout-de-la-cryptomonnaie-continue-de-grimper/" target="_blank">Le bitcoin atteint une capitalisation boursière de 1000 milliards de dollars alors que le coût de la cryptomonnaie continue de grimper</a><br /><a href="https://solutions-entreprise.developpez.com/actu/312684/La-plupart-des-cadres-financiers-ne-prevoient-pas-de-detenir-le-bitcoin-comme-actif-d-entreprise-d-apres-une-enquete-de-Gartner-seuls-5-pourcent-prevoient-de-le-faire-en-2021/" target="_blank">La plupart des cadres financiers ne prévoient pas de détenir le bitcoin comme actif d'entreprise, d'après une enquête de Gartner, seuls 5 % prévoient de le faire en 2021</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/652/4-industries-that-will-disappear-before-the-year-2030-by-levi-borba-jun-2021</guid>
	<pubDate>Mon, 21 Jun 2021 18:36:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/652/4-industries-that-will-disappear-before-the-year-2030-by-levi-borba-jun-2021</link>
	<title><![CDATA[4 Industries That Will Disappear Before the Year 2030 | by Levi Borba | Jun, 2021]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>They employ almost 1/4 of the workforce, but in less than 10 years these jobs will be history.</p>

<p><a href="https://leviborba.medium.com/?source=post_page-----f9c05740362--------------------------------" rel="noopener"><br /><br /><br /><br /></a></p>

<p>Image by <a href="https://pixabay.com/users/tagechos-9643195/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=3610901" class="ck ih" rel="noopener">Niran Kasri</a> from <a href="https://pixabay.com/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=3610901" class="ck ih" rel="noopener">Pixabay</a></p>
<p id="ec39" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Future events are uncertain, and detailed information about times to come is impossible. But we can use current trends, technological innovation, and reliable information to predict likely scenarios.</p><p id="6cff" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">During most of my career, this is what I did while working for global airlines. It worked fine — most of the time we were right. Predictions saved considerable money for these companies.</p><p id="6dbb" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Saving money. In that lives the biggest benefit of futuristic reflections. Predictions are useful when we are planning our next investment or career choice.</p><p id="0649" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">The billionaire Bill Gates wrote a book called <a href="https://www.goodreads.com/book/show/1081637.The_Road_Ahead" class="ck ih" rel="noopener">The Road Ahead</a> twenty-six years ago. There he predicts the impact of the Personal Computer revolution. Many of these predictions materialized. In the same book, there is also a phrase that stands true to this time.</p><p id="85b5" class="ii ij je ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">We always overestimate the change that will occur in the next two years and underestimate the change that will occur in the next ten.</p><p id="2386" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Considering the technological, socio-economical, and environmental changes of the next years, here is the list of 4industries that likely will disappear (or become niche) before 2030.</p><p id="426e" class="ii ij dt ik b es ke im in ev kf ip iq ir kg it iu iv kh ix iy iz ki jb jc jd dl eq">This form of marketing will fade due to automation, and also because it is often annoying and intrusive.</p><p id="d8bd" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">In 2017, the Guardian published an <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2017/jun/26/jobs-future-automation-robots-skills-creative-health" class="ck ih" rel="noopener">article</a> predicting which jobs would disappear. Telemarketing had a 99% chance to be fully automated in 15 years.</p><p id="31f6" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq"><a href="https://www.zinfi.com/blog/telemarketing-is-dead" class="ck ih" rel="noopener">Nearly 70% of B2B buyers go online to search for business solutions</a> instead of waiting for a call. Today, if you call up a prospect with an offer, the chances of making a sale are less than 5%. The majority will hang up the phone.</p><p id="405e" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq"><a href="https://smallbusiness.chron.com/figures-telemarketing-2206.html" class="ck ih" rel="noopener">There are still over 8 thousand telemarketing companies in the USA</a>, but the effectiveness of most of them is questionable. Besides, their business is changing from offering products to services like credit collection.</p><p id="d4e1" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Therefore, instead of a telemarketing operator interrupting your dinner to offer you a new credit card, soon we will only receive a call if we forget to pay for the credit card company.</p><p id="56a2" class="ii ij dt ik b es ke im in ev kf ip iq ir kg it iu iv kh ix iy iz ki jb jc jd dl eq">As with telemarketing, staffed retail will also fade because of increasing automation.</p><p id="595a" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Take a look at the picture of any supermarket 10 years ago and compare it with the same place right now. Chances are that the number of self-checkouts at least doubled, reducing the need for human cashiers. As a result, it’s been estimated that the <a href="https://www.lovemoney.com/gallerylist/88396/industries-that-wont-exist-in-20-years" class="ck ih" rel="noopener">self-serve kiosk industry will be worth $34 billion (£27.5bn) by 2023</a>.</p><p id="6bcb" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">While the demise of the cashier is not a secret (it is one of the <a href="https://themakingofamillionaire.com/what-these-4-dying-professions-can-teach-you-about-the-future-3f0dd6cfc366" class="ck ih" rel="noopener">4 professions that will disappear in the near future</a>), other retail-associated jobs are at risk, like sellers or cleaners.</p><p id="240e" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Places like the automated stores from Amazon Go will be everywhere. In fact, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Amazon_Go" class="ck ih" rel="noopener">Amazon themselves declared they plan to expand from the current 30 non-staffed stores to over 3000</a>. This plan, coming from a <a href="https://entrepreneurshandbook.co/how-your-business-can-use-the-same-model-of-the-300-million-button-9f22350859f" class="ck ih" rel="noopener">company that earned $300 million just by developing a button</a>, looks plausible.</p><p id="e83a" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Customers who have the Amazon Go app just need to enter the store, grab whatever they want and walk out with the items. Later, their account is charged.</p><p id="69ef" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Of course, few retail sectors will remain staffed. While people do not need help to buy their groceries, niche industries like luxury stores will opt for the personal touch of sales assistants.</p><p id="58d9" class="ii ij dt ik b es ke im in ev kf ip iq ir kg it iu iv kh ix iy iz ki jb jc jd dl eq">A few months ago, I asked all my friends in our chat group when was the last time they visited a physical bank agency. Of the 8 respondents (yes, not an enormous sample size, I know), only one answered less than 1 month. On average, the last time they stepped into a bank was 3 to 4 months ago.</p><p id="cf48" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Ask yourself the same question. Ask your friends and family too. There are exceptional cases still requiring the physical presence in a bank agency, like a few businesses or people who are not tech-savvy enough, but they are becoming a diminutive minority.</p><p id="7398" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq"><a href="https://www.lovemoney.com/gallerylist/88396/industries-that-wont-exist-in-20-years" class="ck ih" rel="noopener">Finance leaders warned</a> that those in customer service, middle and back-office roles likely will lose their places to computers soon. <a href="https://ihsmarkit.com/index.html" class="ck ih" rel="noopener">IHS Markit</a> estimates that 1.3 million bank workers in the United States will be affected, and 500,000 in the United Kingdom.</p><p id="b50b" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq"><a href="https://www.gpbullhound.com/" class="ck ih" rel="noopener">A report from GP Bullhound</a> revealed that 91% of people prefer to use an app than go into a branch. That includes me and most of my social circle. Unless you feel some peculiar pleasure by waiting in lines (I will not judge), I bet you prefer to make bank payments remotely instead of driving to the local branch.</p><p id="e072" class="ii ij dt ik b es ke im in ev kf ip iq ir kg it iu iv kh ix iy iz ki jb jc jd dl eq">Of all the sectors in this article, if there is one that I bet will disappear not before 2030, but even before 2025, are travel agencies. Or at least the ordinary travel agency.</p><p id="7877" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Besides all the data (see more below), I base this guess on my observation as a Hotelier. Only 4 years ago we still had a considerable share of our guests coming from travel agents. Today they are rare.</p><p id="1a28" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">Most people make their reservations using portals like Booking.com, Hostelworld.com, Airbnb.com. Others book direct, using the resources from Google Hotels or TripAdvisor. Even elders do that now.</p><p id="110c" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">In 2017, <a href="https://www.traveldailymedia.com/700-travel-agents-went-out-of-business-in-uk/" class="ck ih" rel="noopener">a report from Local Data Company (LDC)</a> revealed that 700 brick-and-mortar travel agencies closed up shop in the UK alone. The research found that the biggest reason is the competition from OTAs (online travel agencies)and short-term rental companies such as Airbnb.</p><p id="866d" class="ii ij dt ik b es il im in ev io ip iq ir is it iu iv iw ix iy iz ja jb jc jd dl eq">A few travel agencies will survive, mostly in niches like extreme-sports adventure travel or group holidays for pensioners. Or to travel out of the earth, like <a href="https://spaceadventures.com/" class="ck ih" rel="noopener">the nascent but booming industry of space tourism</a>. For that, you will need a travel agency since there are no rooms at the International Space Station available at Airbnb.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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