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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Économie]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 20:27:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1255/usa-donald-trump-fossoyeur-du-regime-des-petrodollars</link>
	<title><![CDATA[USA: Donald Trump, fossoyeur du régime des pétrodollars?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le statut du billet vert menacé</p>

<p>Le statut du dollar repose sur le fait que les pays pétroliers vendent le pétrole en dollars, contribuant à l'hégémonie du billet vert. S'ils ne se sentent plus protégés par les USA, cet arrangement pourrait s'effondrer. Et avec lui, la montagne de dette en dollars.</p>

<p>Qu'est-ce que le mécanisme des pétrodollars?<br />Le pétrole mondial est coté et libellé en dollars, facturé en dollars, et réglé en dollars. Ce système trouve ses origines dans une série d'arrangements conclus en 1974 et 1975 entre Richard Nixon et l'Arabie saoudite, représentée par son ministre du pétrole le cheikh Yamani. Il a été convenu implicitement que le pétrole des pays producteurs du Golfe doit être majoritairement vendu en dollars, en échange de quoi ces pays bénéficient de la protection militaire américaine.</p>

<p>Conséquence: la demande mondiale pour le dollar a été garantie, car les pays acheteurs de pétrole, comme le Japon ou l'Inde, doivent se procurer en tout temps des dollars pour pouvoir acquérir de l'or noir. </p>

<p>Ce système a permis de garantir au dollar son statut de monnaie de réserve, des décennies durant, car les pays acheteurs le thésaurisent dans les coffres de leurs banques centrales aux fins de commercer dans la monnaie dominante, monnaie reine des matières premières. </p>

<p>De leur côté, les pays pétroliers, qui génèrent leurs recettes en dollars, les ont massivement recyclés dans des actifs en dollars, comme les bons du Trésor (c'est-à-dire la dette américaine), mais aussi dans l'armement américain, les actions américaines, l'intelligence artificielle, ou l'immobilier en dollars.</p>

<p>Ce système, qui explique l'alliance indéfectible entre Washington et Riyad depuis lors, a surtout permis de garantir, depuis 52 ans déjà, un financement bon marché de la dette nationale américaine, qui a explosé de 350% en 20 ans, et qui dépend très fortement de l'existence d'investisseurs prêts à l'acheter. C'est ce que Valéry Giscard d'Estaing a qualifié de «privilège exorbitant.»</p>
<p>
Ce mécanisme pourrait-il prendre l'eau?
</p><p>Ce mécanisme montre désormais ses limites. La protection des pays du Golfe par l'armée américaine n'a pas réussi à intercepter l'ensemble des attaques de drones et missiles sur l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis (EAU), le Koweït, le Qatar, Bahreïn et Oman. Ces monarchies ont vu des infrastructures endommagées et un déclin de leur image de havres stables et prospères du Moyen-Orient. </p><p>Or la protection des Etats-Unis est la partie du contrat que ces derniers doivent assurer pour justifier un système de pétrodollars déjà vieillissant. Mais la défense américaine, coûteuse et inadaptée, a été débordée par les attaques iraniennes simultanées. Bref, les alliés de Washington voient actuellement que la protection américaine n’est pas absolue et qu'elle ne peut leur garantir une sécurité totale.</p><p>
Quels facteurs menacent le régime des pétrodollars?
</p><p>Face à cette déception, les pays du Golfe pourraient se rapprocher d'autres alliés, comme la Chine. Pékin est déjà le premier client du pétrole du Golfe, leur achetant 4 fois plus de pétrole que les Etats-Unis. L'Asie en général est de loin le premier client du Golfe, désormais. Si bien que, si les USA sont les protecteurs du Golfe, l'Asie en est le client économique essentiel.</p><p>Des discussions avancées ont lieu entre Riyad et Pékin sur un commerce bilatéral de pétrole en yuan chinois. La vente de pétrole saoudien en yuans à la Chine reste toutefois une perspective lointaine, car la monnaie chinoise n'est pas totalement convertible et que la Chine instaure des contrôles des capitaux et des restrictions aux investisseurs étrangers. Reste qu'à terme, «l'alignement des intérêts entre l'Arabie saoudite et la Chine pourrait faciliter l'évolution vers des ventes de pétrole en yuan chinois», estimait déjà en août 2024 <a target="_blank" class="Blink__StyledNextLink-sc-daa3c157-1 drGPnQ HTMLView__StyledBlink-sc-d754821-0 ipAkVh" rel="nofollow noopener" href="https://www.spglobal.com/en/research-insights/special-reports/saudi-china-ties-and-renminbi-based-oil-trade?utm_source=chatgpt.com">une analyse de S&amp;P Global</a>, l'agence de notation basée à New York.</p><p>Par ailleurs, l'Iran a récemment délivré une autorisation de passage à travers le détroit d'Ormuz uniquement <a target="_blank" class="Blink__StyledNextLink-sc-daa3c157-1 drGPnQ HTMLView__StyledBlink-sc-d754821-0 ipAkVh" data-uuid-ui="20260305" rel="nofollow noopener" href="https://www.reuters.com/business/energy/china-talks-with-iran-allow-safe-oil-gas-passage-through-hormuz-sources-say-2026-03-05/">au pétrole libellé en yuan</a> chinois. Un incident scruté de près par les marchés, et susceptible d'avoir des ramifications à long terme pour le dollar.</p><p>Ainsi, la Chine fait planer une menace non négligeable pour le système des pétrodollars. Faiblement contestée jusqu'ici, le sacro-sainte entente américano-saoudienne se retrouve clairement fragilisée.</p><p>
Les pétrodollars concurrencés par les pétroyuans?
</p><p>Le régime des pétrodollars était déjà en déclin avant la guerre contre l'Iran, estime la stratège de la Deutsche Bank, Mallika Sachdeva, <a target="_blank" class="Blink__StyledNextLink-sc-daa3c157-1 drGPnQ HTMLView__StyledBlink-sc-d754821-0 ipAkVh" data-uuid-ui="0000000000622186" rel="nofollow noopener" href="https://www.dbresearch.com/PROD/IE-PROD/PDFVIEWER.calias?pdfViewerPdfUrl=PROD0000000000622186&amp;rwnode=REPORT">dans une étude très remarquée, publiée le 24 mars</a>. Ceci, car l'essentiel du pétrole du Moyen-Orient s'achemine désormais vers l'Asie. En outre, le pétrole iranien et russe, sous sanctions, se vend et s'achète hors dollar (c'est 14% de la consommation mondiale), et l'Arabie saoudite teste les possibilités de règlement de <a target="_blank" class="Blink__StyledNextLink-sc-daa3c157-1 drGPnQ HTMLView__StyledBlink-sc-d754821-0 ipAkVh" data-uuid-ui="20260116" rel="nofollow noopener" href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/china-led-cross-border-digital-currency-platform-sees-surge-2026-01-16/">transactions de pétrole hors dollar</a>.</p><p>Au fil du temps, la part du dollar a reculé dans les réserves de changes des banques centrales du monde, passant de 65% en 2015 à 56,9% en 2025, selon le FMI. Avec la guerre en Iran, il n'est pas exclu que les cartes soient rebattues, et que le Golfe se rapproche encore de la Chine et de l'Inde et d'autres pays consommateurs de pétrole à la suite de la déception face aux limites du parapluie militaire américain, <a target="_blank" class="Blink__StyledNextLink-sc-daa3c157-1 drGPnQ HTMLView__StyledBlink-sc-d754821-0 ipAkVh" data-uuid-ui="202603" rel="nofollow noopener" href="https://www.project-syndicate.org/commentary/iran-war-oil-crisis-historical-lessons-by-jim-o-neill-2026-03">estime Jim O'Neill</a>, l'ancien économiste de Goldman Sachs et ex-ministre du Trésor britannique. </p><p>A long terme, <a target="_blank" class="Blink__StyledNextLink-sc-daa3c157-1 drGPnQ HTMLView__StyledBlink-sc-d754821-0 ipAkVh" data-uuid-ui="20260325" rel="nofollow noopener" href="https://www.reuters.com/markets/commodities/gulf-war-rattles-petrodollar-foundations-2026-03-25/?utm_source=chatgpt.com">Reuters prédit</a> une réorientation d'un monde strictement basé sur le pétrodollar, vers un monde où coexisteraient aussi les réserves de «petroyuan», de «petroroupie» et même de «petroeuro».</p><p>Si le régime des pétrodollars perdait sa raison d'être, les conséquences seraient vertigineuses pour le dollar américain. Sans pétrodollars, les banques centrales du monde auraient moins de raisons de détenir des dollars. Le statut de monnaie de réserve du billet vert s'affaiblirait.</p><p>Mais surtout, si moins de pétrole est vendu en dollars, moins de recettes en dollars seraient recyclées dans l'achat de dette américaine. Les Etats-Unis perdraient alors leur «privilège exorbitant». </p><p>La valeur de la dette chuterait, en raison de la baisse de la demande. La nouvelle dette émise peinerait à trouver autant d'acheteurs souverains qu'actuellement. Les taux d'intérêt sur la dette augmenteraient, car la valeur des obligations baisserait, et l'Etat américain serait en difficulté pour servir l'intérêt de la dette. Une charge d'intérêt qui atteint actuellement déjà le niveau vertigineux d'environ 1000 milliards de dollars par année. </p><p>
Ne pas confondre le statut avec le taux de change!
</p><p>Erreur classique: confondre la hausse temporaire d'une monnaie avec sa domination sur le monde. Actuellement, le dollar se renforce sur le marché des changes, à la faveur de la guerre en Iran. Cela mène certains analystes à parler de sa «suprématie». Or cela revient à confondre des fluctuations de changes à court terme avec son statut de monnaie de réserve de long terme. De même, quand le dollar s’appréciait avec le début de la guerre en Ukraine, d’aucuns y voyaient le triomphe du «roi dollar» et la preuve de sa suprématie intacte au plan international. </p><p>Ce qui est vrai: depuis le 28 février, le dollar s'apprécie, comme au début de la guerre en Ukraine. Ce qui est faux: déduire la suprématie ou le statut hégémonique d'une monnaie de sa simple appréciation.</p><p>Dans les faits, le dollar ne s'apprécie significativement que face aux monnaies émergentes, qui se dévaluent. Ceci, car les économies asiatiques sont très dépendantes du pétrole du Golfe. Dès lors, les investisseurs se délestent massivement de ces monnaies. </p><p>Face au franc suisse, le dollar avait baissé depuis des années. Il avait atteint en janvier son point le plus bas depuis 2011, lorsque 1 dollar ne valait plus que 0,76 franc. Puis, il est remonté faiblement. Face à l'euro, le dollar monte depuis le 28 février, mais il avait aussi constamment baissé depuis octobre 2022, passant de 1,08 à 0,84 euro, juste avant les frappes contre Téhéran.</p><p>La raison principale de cette montée récente du dollar? L'anticipation d'une hausse des taux d'intérêt américains. L'inflation créée par la flambée du pétrole fait automatiquement grimper le dollar, car les investisseurs s'attendent à ce que les actifs en dollar, comme les obligations par exemple, soient mieux rémunérés que les actifs d'autres grandes monnaies. Et en effet, les taux d'intérêt américains sont déjà les plus élevés, à 5,25%, par rapport aux 4% sur les taux européens, et au taux très bas de 1,5% sur le franc suisse. </p>
<p><a href="https://www.blick.ch/fr/auteurs/myret-zaki-journaliste-economique-id18044784.html"><br />Myret ZAKI</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 17:28:32 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[[unable to retrieve full-text...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[unable to retrieve full-text content]</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 18:46:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1221/comprendre-l%E2%80%99intervention-americaine-au-venezuela</link>
	<title><![CDATA[Comprendre l’intervention américaine au Venezuela]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas.<br />Gabriel Zucman<br />janv. 04, 2026</p>

<p>Il ne s’agit pas de minorer les aspects idéologiques ou géopolitiques de l’intervention américaine – réaffirmer la doctrine Monroe, asseoir des sphères d’influence impériales.</p>

<p>Mais c’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires.</p>

<p>Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité.</p>

<p>L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA.</p>

<p>Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore.</p>

<p>***</p>

<p>La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères.</p>

<p>Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production.</p>

<p>Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial.</p>

<p>Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers.</p>

<p>Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle.</p>

<p>En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !</p>

<p>L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays.</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1222/ratio-entre-les-profits-nets-d%E2%80%99impot-realises-par-les-filiales-de-multinationales-americaines-au-venezuela-et-le-produit-interieur-net-du-venezuela" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="ratio entre les profits nets d’impôt réalisés par les filiales de multinationales américaines au Venezuela et le produit intérieur net du Venezuela" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1222/medium"></a> </p>

<p>Lecture et sources : ce graphique montre l’évolution du ratio entre les profits nets d’impôt réalisés par les filiales de multinationales américaines au Venezuela et le produit intérieur net du Venezuela. Source : calculs de l’auteur à partir des enquêtes pluriannuelles du Bureau of Economic Analysis sur les activités des multinationales américaines, voir Wright et Zucman (2018) pour une présentation de ces données.<br />Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés.</p>

<p>Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants.</p>

<p>C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire.</p>

<p>***</p>

<p>C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes.</p>

<p>Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ?</p>

<p>Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage.</p>

<p>À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées.</p>

<p>Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.</p>

<p>Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela.</p>

<p>Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960.</p>

<p>***</p>

<p>S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain.</p>

<p>Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017.</p>

<p> <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1223/reserves-petrole-mondiales-2024" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Réserves pétrole mondiales 2024" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1223/medium"></a> </p>

<p>Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant.</p>

<p>Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet.</p>

<p>Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an.</p>

<p>$100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1202/l%E2%80%99euro-va-s%E2%80%99effondrer-ce-n%E2%80%99est-plus-une-opinion-c%E2%80%99est-une-certitude-historique</guid>
	<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 00:00:13 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1202/l%E2%80%99euro-va-s%E2%80%99effondrer-ce-n%E2%80%99est-plus-une-opinion-c%E2%80%99est-une-certitude-historique</link>
	<title><![CDATA[L’euro va s’effondrer. Ce n’est plus une opinion, c’est une certitude historique.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>On nous répète que l’euro est « irréversible ». Qu’il n’y a « pas d’alternative ». Qu’en sortir serait le chaos.</p><p>C’est exactement ce que l’on dit toujours avant l’effondrement d’un système monétaire.</p><p>Car l’histoire est implacable : aucune monnaie imposée par une technocratie, sans peuple souverain derrière elle, n’a jamais survécu durablement. L’euro ne fait pas exception. Il ne s’agit plus d’opinion, mais de mathématiques, de dette… et de temps qui s’épuise.</p><p class="article-editor-paragraph article-editor-content__has-focus">Par Ludovic Malot, entrepreneur &amp; économiste, Auteur <a class="article-editor-link article-editor-link" href="https://www.editions-maia.com/livre/le-suicide-monetaire-malot-ludovic-9782384416400/" rel="noopener noreferrer">« Le Suicide Monétaire »</a> aux éditions Maïa</p><p class="article-editor-paragraph">Il faut avoir le courage de le dire clairement : l’euro est une construction condamnée.</p><p class="article-editor-paragraph">Non pas par idéologie, mais par arithmétique, histoire et logique politique.</p><p class="article-editor-paragraph">Toutes les grandes monnaies artificielles imposées par le haut, sans peuple souverain derrière elles, ont fini de la même manière. L’euro n’échappera pas à cette loi.</p>
<p>Une monnaie sans nation : une anomalie historique</p>
<p class="article-editor-paragraph">Aucune monnaie durable n’a jamais survécu sans :</p><p class="article-editor-paragraph">un État souverain,</p><p class="article-editor-paragraph">un budget commun,</p><p class="article-editor-paragraph">un peuple politiquement unifié,</p><p class="article-editor-paragraph">une responsabilité démocratique claire.</p><p class="article-editor-paragraph">L’euro n’a aucun de ces fondements.</p><p class="article-editor-paragraph">Vingt pays, des structures économiques opposées, des cultures fiscales incompatibles, des cycles économiques divergents… liés par une seule monnaie rigide. C’est une aberration macroéconomique.</p><p class="article-editor-paragraph">Déjà dans les années 1960, Jacques Rueff avertissait :</p><p class="article-editor-paragraph">« L’inflation est l’impôt le plus injuste, car il frappe d’abord les plus faibles. »</p><p class="article-editor-paragraph">C’est exactement ce que produit l’euro aujourd’hui.</p>
<p>Une machine à dettes et à déséquilibres</p>
<p class="article-editor-paragraph">Les chiffres parlent d’eux-mêmes :</p><p class="article-editor-paragraph">Dette publique moyenne de la zone euro : ≈ 90 % du PIB</p><p class="article-editor-paragraph">Italie : ≈ 140 %</p><p class="article-editor-paragraph">France : ≈ 112 %</p><p class="article-editor-paragraph">BCE : bilan passé de 1 200 milliards € en 2007 à plus de 7 500 milliards €</p><p class="article-editor-paragraph">Déséquilibres TARGET2 : plus de 1 100 milliards € pour l’Allemagne seule</p><p class="article-editor-paragraph">Ces chiffres ne décrivent pas une zone monétaire saine, mais une fuite en avant permanente, rendue possible uniquement par la planche à billets et la répression financière.</p><p class="article-editor-paragraph">Rueff parlait déjà de cette dérive :</p><p class="article-editor-paragraph">« Le déficit budgétaire est la forme moderne de la banqueroute. »</p><p class="article-editor-paragraph">L’euro n’a pas supprimé les crises : il les a mutualisées, masquées, puis aggravées.</p>
<p>La BCE : cœur technocratique du problème</p>
<p class="article-editor-paragraph">La Banque centrale européenne n’est pas une banque centrale classique.</p><p class="article-editor-paragraph">C’est un organe politique non élu, qui :</p><p class="article-editor-paragraph">fixe les taux pour 450 millions d’Européens,</p><p class="article-editor-paragraph">redistribue silencieusement la richesse par l’inflation,</p><p class="article-editor-paragraph">choisit quels États survivent… et à quel prix.</p><p class="article-editor-paragraph">Quand une monnaie ne peut survivre que par des taux artificiellement bas, des rachats de dettes massifs et des règles constamment violées, ce n’est plus une monnaie : c’est un dispositif de contrôle.</p>
<p>L’euro comme instrument de domination</p>
<p class="article-editor-paragraph">L’euro n’est plus un projet de prospérité.</p><p class="article-editor-paragraph">C’est devenu un outil disciplinaire :</p><p class="article-editor-paragraph">austérité imposée aux peuples,</p><p class="article-editor-paragraph">chantage budgétaire,</p><p class="article-editor-paragraph">mise sous tutelle des États,</p><p class="article-editor-paragraph">destruction progressive des souverainetés nationales.</p><p class="article-editor-paragraph">Aucune tyrannie technocratique n’est éternelle. L’histoire est formelle : quand la monnaie devient un instrument de domination plutôt que d’échange, elle finit toujours par être rejetée.</p>
<p>Comment l’euro disparaîtra</p>
<p class="article-editor-paragraph">Pas par un vote.</p><p class="article-editor-paragraph">Pas par une conférence solennelle.</p><p class="article-editor-paragraph">Mais par :</p><p class="article-editor-paragraph">une crise obligataire majeure,</p><p class="article-editor-paragraph">une fracture Nord-Sud irréversible,</p><p class="article-editor-paragraph">une perte de confiance brutale,</p><p class="article-editor-paragraph">ou une sortie unilatérale déclenchée par nécessité.</p><p class="article-editor-paragraph">Toutes les grandes monnaies artificielles meurent de la même façon : par la réalité.</p>
<p>Conclusion</p>
<p class="article-editor-paragraph">L’euro ne sera pas sauvé.</p><p class="article-editor-paragraph">Il sera abandonné.</p><p class="article-editor-paragraph">Non parce que les peuples le voudront soudain, mais parce que les lois économiques sont plus fortes que les dogmes idéologiques.</p><p class="article-editor-paragraph">Jacques Rueff l’avait compris avant beaucoup d’autres : on ne triche pas durablement avec la monnaie sans en payer le prix.</p><p class="article-editor-paragraph">L’euro n’est pas une fatalité.</p>
<p>Sa disparition est une certitude historique.</p>
<p class="article-editor-paragraph">La seule question est désormais :</p><p class="article-editor-paragraph">qui aura le courage de s’y préparer — et qui paiera l’addition finale ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1164/une-monnaie-adossee-a-l%E2%80%99or-et-au-xrp-se-prepare-en-secret-pour-contourner-le-dollar</guid>
	<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 09:15:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1164/une-monnaie-adossee-a-l%E2%80%99or-et-au-xrp-se-prepare-en-secret-pour-contourner-le-dollar</link>
	<title><![CDATA[une monnaie adossée à l’or et au XRP se prépare en secret pour contourner le dollar]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="p1-texte" data-start="386" data-end="397">En bref</p><p data-start="843" data-end="950">Les BRICS développent une monnaie numérique adossée à l’or et fonctionnant via le XRP Ledger.</p><p data-start="955" data-end="1061">L’objectif est de contourner le dollar et de créer un réseau de règlements indépendant de SWIFT.</p><p data-start="1066" data-end="1190">Russie et Chine tokenisent déjà leurs réserves d’or, pendant que l’Inde et le Brésil multiplient les tests blockchain.</p><p data-start="1195" data-end="1295">Le projet avance de façon coordonnée mais discrète, avec un déploiement possible dès 2026.</p><p data-start="1300" data-end="1401">Cette stratégie de dédollarisation pourrait rebattre les cartes du système monétaire mondial.</p><p class="p1-texte"> </p>
<p>Une monnaie numérique BRICS adossée à l’or et à la blockchain XRP</p>
<p class="p1-texte" data-start="1478" data-end="1832">Les cinq membres du bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) multiplient les initiatives pour bâtir un système de règlements transfrontaliers libéré du dollar américain. Au cœur de cette stratégie : une monnaie numérique reposant sur deux piliers technologiques et géopolitiques majeurs, l’or et la blockchain XRP.</p><p class="p1-texte" data-start="1834" data-end="2200">Des documents internes, notamment issus de la New Development Bank, confirment l’existence d’un projet avancé visant à établir une devise commune interopérable, pilotée par un registre distribué (XRP Ledger), avec des mécanismes de séquestre automatisé. L’objectif : réaliser des paiements rapides, sûrs, traçables, sans passer par les réseaux de type SWIFT.</p><p class="p1-texte" data-start="1443" data-end="1960"> </p><p class="p1-texte" data-start="1443" data-end="1960">A lire aussi : <a onclick="window.open(this.href, ''); return false;" href="https://www.bdor.fr/actualites-or/cours-or-en-hausse-fed-chine-ukraine-shutdown-usa" title="Le cours de l’or explose à 4 179 $ : guerre, Fed, Chine et chaos budgétaire attisent la ruée">L’or n’a jamais été aussi stratégique : les BRICS veulent en faire le socle d’un nouveau système mondial.</a></p><p data-start="1962" data-end="2379"> </p>
<p>Russie, Chine et Brésil en tête de pont</p>
<p class="p1-texte" data-start="2246" data-end="2503">Sur le terrain, la Russie accélère la tokenisation de ses réserves d’or. Une réponse directe à l’exclusion de son système bancaire du réseau SWIFT en 2022, qui a mis en lumière la dépendance structurelle aux infrastructures financières occidentales.</p><p class="p1-texte" data-start="2505" data-end="2798">La Chine, quant à elle, poursuit une politique de renforcement de ses stocks d’or tout en développant son yuan numérique. Ces réserves deviennent le socle monétaire d’une stratégie visant à sécuriser les règlements entre États, dans un contexte de tensions croissantes avec Washington.</p><p class="p1-texte" data-start="2800" data-end="3090">Le Brésil, de son côté, intègre officiellement Ripple dans plusieurs expérimentations menées par sa banque centrale sur les systèmes de paiement distribués. Certains consortiums financiers utilisent déjà XRP Ledger pour des opérations de financement domestique et international.</p><p data-start="2800" data-end="3090"> </p>
<p>Le XRP Ledger, outil central du règlement multilatéral</p>
<p class="p1-texte" data-start="3151" data-end="3445">Les choix technologiques des BRICS ne relèvent pas du hasard. Le XRP Ledger permet de verrouiller des fonds via des contrats automatisés, libérés dès que les conditions sont remplies. Une fonctionnalité décisive pour les règlements interétatiques, où la confiance interbancaire est limitée.</p><p class="p1-texte" data-start="3447" data-end="3766">Le XRP présente également des avantages de coût, de rapidité et de traçabilité. Contrairement à d’autres cryptomonnaies, il est conçu pour un usage institutionnel, avec des délais de traitement compris entre 3 et 5 secondes, et des frais de transaction très bas un atout essentiel pour des volumes souverains.</p><p data-start="3447" data-end="3766"> </p>
<p>Une adoption progressive, mais stratégique</p>
<p class="p1-texte" data-start="3815" data-end="4116">Si le calendrier exact n’est pas public, plusieurs sources convergentes évoquent un lancement dès 2026. L’objectif est d’établir un réseau interconnecté entre les systèmes d'information financiers russes, chinois et indiens, pour des transactions en devises locales hors du contrôle américain.</p><p class="p1-texte" data-start="4118" data-end="4365">Anatoly Aksakov, président du comité des marchés financiers à la Douma, a confirmé que l’interopérabilité des infrastructures nationales est en cours de développement, dans une logique de confidentialité maximale vis-à-vis des acteurs occidentaux.</p><p data-start="4118" data-end="4365"> </p>
<p>L’Inde reste prudente… officiellement</p>
<p class="p1-texte" data-start="4409" data-end="4732">Si l’Inde participe activement aux projets techniques, sa diplomatie reste plus mesurée. Le ministre des Affaires étrangères S. Jaishankar a affirmé en mars 2025 que l’Inde ne visait pas à supplanter le dollar en tant que devise de réserve mondiale. Une déclaration perçue comme un geste d’apaisement envers Washington.</p><p class="p1-texte" data-start="4734" data-end="4920">En coulisses, l’Inde poursuit toutefois ses recherches en matière de blockchain monétaire, renforçant son infrastructure pour ne pas rester dépendante des flux bancaires occidentaux.</p><p data-start="4734" data-end="4920"> </p>
<p>Un système parallèle en construction</p>
<p class="p1-texte" data-start="4963" data-end="5297">La vision des BRICS est limpide : construire un système monétaire parallèle, basé sur des actifs tangibles comme l’or et sur des infrastructures décentralisées. Le but est de se soustraire aux instruments de contrainte géopolitique comme le gel des avoirs, les sanctions financières, ou les restrictions SWIFT.</p><p class="p1-texte" data-start="5299" data-end="5527">Cette tendance n’est plus théorique. La Russie a proposé un stablecoin adossé à l’or, la Chine étend son yuan numérique, et Ripple poursuit son déploiement dans des régions stratégiques (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine).</p><p class="p1-texte" data-start="5299" data-end="5527"> </p><p class="p1-texte" data-start="5299" data-end="5527">Selon notre expert : <a href="https://www.youtube.com/@agencebdor?sub_confirmation=1" title="Agence BDOR - Youtube" onclick="window.open(this.href,'');return false;" onkeypress="window.open(this.href,'');return false;">Guerre monétaire en vue : les BRICS construisent une arme financière en or et en blockchain pour échapper au dollar.</a></p><p data-start="5299" data-end="5527"> </p>
<p>Une remise en cause de l’ordre monétaire établi</p>
<p class="p1-texte"> </p><p class="p1-texte" data-start="5581" data-end="5852">Le système actuel repose sur trois leviers de pouvoir : le dollar US, le réseau SWIFT et les banques centrales occidentales. En réponse, les BRICS misent sur l’or physique comme réserve ultime, et sur la tokenisation blockchain comme outil d’indépendance.</p><p class="p1-texte" data-start="5854" data-end="6067">Cette dynamique pourrait remodeler en profondeur les équilibres géo-financiers mondiaux, en offrant aux pays du Sud global un outil pour contourner les pressions exercées par les institutions de Bretton Woods.</p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264">Le dollar resterait dominant à court terme, mais l’émergence d’un système monétaire alternatif fondé sur l’or et les technologies de registre distribué représenterait une rupture stratégique.</p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264"> </p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264">Sources :<br />https://infobrics.org/en/post/50822/ <br />https://coincentral.com/xrp-ledger-gains-traction-as-brics-nations-test-its-capabilities/<br />https://www.mitrade.com/insights/news/live-news/article-3-1116043-20250912/<br />https://investx.fr/en/crypto-news/brics-central-banks-betting-big-on-ripple-xrp-network/<br /></p><p class="p1-texte" data-start="6069" data-end="6264"> </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1105/quelques-verites-qui-derangent-sur-les-nouveaux-tarifs-douaniers-qui-agitent-le-monde</guid>
	<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 20:39:46 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quelques vérités qui dérangent sur les nouveaux tarifs douaniers qui agitent le monde.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>By Jean-Patrick Grumberg 5 avril 2025</p>

<p>Tous les anciens présidents américains savaient que les États-Unis se faisaient avoir dans le domaine du commerce extérieur. Personne n’a voulu ou osé faire quoi que ce soit. Aujourd’hui, Donald Trump le fait.</p>

<p>C’est risqué. L’issue est incertaine, contrairement aux déclarations débiles des médias. D’un côté, les médias européens, et la presque totalité des médias américains ont la haine de Trump. Vous le savez, vous ne leur faites pas confiance, sinon vous ne seriez pas en train de nous lire. Il n’est donc pas surprenant qu’ils prédisent que l’apocalypse va s’abattre sur nous tous. A les écouter, nous sommes au bord du désastre, et nous allons bientôt devoir faire les poubelles pour trouver de la nourriture.<br />En face, les médias conservateurs annoncent l’eldorado pour l’Amérique. Un nouvel âge d’or. Ceci non plus n’est pas certain, mais la probabilité est tout de même plus grande : Trump a fait ses preuves, durant son premier mandat. Il y a cependant trop de facteurs en jeu pour que l’on puisse faire une prédiction sérieuse, et vous savez que je ne fais pas de spéculations à partir de rien, contrairement à mes confrères.</p>

<p>Tout regard à très court terme est vain<br />D’après les messages que je reçois, il semble que beaucoup de nos lecteurs se laissent embarquer par le vent de panique que les journalistes – en qui ils n’ont pas confiance – ont décidé de déclencher.</p>

<p>La bourse a chuté (ce n’est pas le moment de vendre, si vous avez des actions), et la presse se sert de cette baisse pour démontrer que l’abîme est proche. Ils sont malhonnêtes : quand la bourse progressait vers des sommets jamais atteints lors du premier terme du président Trump, ils étaient silencieux. On ne juge pas l’économie à moyen terme sur une semaine de baisses.</p>

<p>Rappel : toutes les salles de rédaction, tous les journalistes veulent que Trump échoue. Et dès que la bourse baisse, c’est l’hystérie.</p>

<p>Trump soigne un grand malade<br />Donald Trump a qualifié l’économie américaine de « patient très malade » en rappelant que les Etats-Unis ont perdu 90 000 usines et 6 millions d’emplois depuis les accords ALENA.</p>

<p>Les faits sont là, il dit vrai. Le président a raison.</p>

<p>Les nations étrangères gagnent beaucoup plus d’argent en commerçant avec l’Amérique que l’Amérique n’en gagne avec elles. Ca se chiffre en milliers de milliards de dollars.</p>

<p>Pourquoi les Américains n’en sont-ils pas conscients ? Bill O’Reilly a la réponse :</p>

<p>« Pour deux raisons. Premièrement, la presse l’ignore, c’est trop ennuyeux et trop compliqué. Et deuxièmement, nous vivons plutôt bien ici. Malgré les mauvais accords commerciaux, nous vivons plutôt bien. En fait, nous vivons mieux que n’importe qui d’autre sur la planète. Il n’y a donc pas d’urgence ».</p>

<p>Donald Trump a donc déclaré au monde qu’ils ont fini d’arnaquer l’Amérique. Il a décidé de se battre contre tous en même temps pour obtenir de meilleurs accords commerciaux. Je ne sais pas si la méthode était la meilleure, l’avenir le dira, mais pour l’instant, pour le très court terme, aujourd’hui, demain, cette semaine, c’est chaud. Il peut gagner dans la douleur, ou perdre la face et devoir faire marche arrière. Personne ne connaît l’issue, et personne ne la connaîtra avant un certain temps.</p>

<p>Avec sa stratégie, Donald Trump va probablement obtenir de meilleurs accords commerciaux, c’est tout à fait possible, probable même. L’économie américaine est peut-être malade, mais elle est très très forte et je pense que nous allons bien nous en sortir. Et Trump n’est pas dogmatique, ce n’est pas un idéologue. Si sa stratégie assombrit le ciel, il fera rapidement marche arrière. Si les pays impactés s’asseyent à la table des négociations, il les écoutera. Il a déjà commencé : il a déjà déclaré être prêt à revoir les tarifs pour plusieurs pays, dont le Vietnam et Israël.</p>

<p>Le président Trump a déclaré que le secrétaire général du Vietnam est ouvert aux négociations et prêt à réduire à zéro les droits de douane américains.</p>

<p>Le Premier ministre israélien devrait se rendre à Washington en début de semaine pour renégocier les tarifs de 17% qui ont été imposés à l’Etat juif, qui la veille, avait baissé à zéro les tarifs douaniers de toutes les importations américaines.</p>

<p>Trump pouvait capituler, comme les autres avant lui, Il a décidé de prendre le taureau par les cornes. Si l’industrie manufacturière revient aux États-Unis, si les investissements affluent aux États-Unis – ils ont déjà commencé à affluer à hauteur de 6 000 milliards de dollars1, le travailleur américain prospérera grandement, et c’est l’objectif numéro un du président avec l’indépendance nationale. S’il échoue, si l’industrie se rebelle, si les pays étrangers contre-attaquent durement, les temps seront durs pour Trump et les élections de mi-mandat basculeront vers les démocrates. Et l’économie souffrira.</p>

<p>Stephen Miller, conseiller du président Trump :<br />Il existe des industries essentielles qui pourraient être converties à tout moment pour répondre aux besoins fondamentaux de la sécurité nationale et, lorsque vous n’avez pas ces usines, vous n’avez pas la formation et la main-d’œuvre nécessaires pour répondre aux besoins de notre nation et, en cas d’urgence, vous ne pouvez pas assurer la sécurité de l’Amérique.</p>

<p>Miller poursuit :</p>

<p>Le point le plus important à comprendre est que les tarifs ne s’appliquent à aucun produit fabriqué aux États-Unis. Ainsi, le péché originel de la manière dont l’économie moderne en Amérique est structurée – ce dont le président parle plus que tout autre chose , ce péché originel était que nous avons créé un système fiscal qui vous punissait pour fabriquer quelque chose en Amérique et vous récompensait pour fabriquer quelque chose en Chine ou dans un pays étranger.</p>

<p>En d’autres termes, si vous aviez votre usine en Amérique, vous payiez un taux d’imposition sur les sociétés exorbitant, vous étiez écrasé par les réglementations, vous faisiez face à des prix de l’énergie radicalement inabordables, et Washington rendait votre vie misérable de toutes les manières possibles. La classe politique n’a rien fait à ce sujet ; elle a laissé cela se produire. Elle est restée les bras croisés et a regardé cela arriver pendant des décennies. En réalité, elle voulait que l’inverse se produise, surtout si l’on regarde les années 90, avec l’ALENA, l’OMC, et l’entrée de la Chine dans l’OMC.</p>

<p>L’objectif, très clairement, était de supprimer les barrières tarifaires et commerciales pour faciliter la délocalisation vers la Chine. Parce qu’une fois que nous avons accordé à la Chine ce que nous appelons des relations commerciales normales permanentes, tous les fabricants aux États-Unis, qui pensaient à court terme, en termes de bénéfices trimestriels et ce genre de choses, se sont dit : « Écoutez, maintenant je peux déplacer mon usine de l’Indiana ou d’ailleurs, je peux la mettre en Chine, je peux la mettre au Mexique, et je sais que j’aurai un accès garanti au marché américain. »</p>

<p>Aujourd’hui, le président Trump dit que le meilleur endroit pour fabriquer des produits américains et vendre des produits américains est ici, en Amérique. Si vous fabriquez en Amérique, vous n’aurez pas à vous soucier de la précarité de l’accord qu’il décrit. Le désastre a été fait par les Bush, cela a été fait par les Clinton, cela a été fait par de nombreuses administrations américaines, républicaines et démocrates.</p>

<p>Les républicains et les démocrates ont dit au propriétaire d’usine : « Si vous voulez vraiment être compétitif, vous devez déplacer votre usine en Chine, c’est le meilleur moyen de vendre en Amérique. »</p>

<p>Et tout d’un coup, vous vivez dans une communauté où, un jour, il y a des villes industrielles prospères, et le lendemain, toutes les usines sont à Shanghai. Ainsi, le point sur le péché originel, c’est le péché d’avoir dit que nous allions accorder le traitement le plus favorable à la production étrangère et le moins favorable à la production américaine.</p>

<p>Donc, le président dit aujourd’hui l’inverse : « si vous avez votre usine en Amérique, vous ne payez pas de tarif, nous allons réduire vos impôts, nous allons réduire vos réglementations et réduire vos coûts énergétiques, donc vous obtiendrez la meilleure offre possible, mais vous devez le faire ici ».</p>

<p>Ainsi, le président Trump agit en tant que businessman en chef de l’Amérique, négociateur en chef de l’Amérique, en encourageant et en incitant, enfin, ces entreprises à faire des affaires ici.</p>

<p>Nous avons la main-d’œuvre, nous avons les ressources, nous avons le meilleur marché au monde, il n’y a aucune raison pour que nous n’ayons pas un président qui essaie de défendre l’Amérique avec des politiques « America First ».</p>

<p>Nous avons tous été dans des réunions avec lui [Trump] où il a dit aux entreprises : « Quel est votre problème pour revenir ? Qu’est-ce qui vous bloque ? Est-ce les réglementations ? Résolvons ce problème. »</p>

<p>Je pense qu’à un niveau philosophique fondamental, quand on parle d’« America First », cela se résume à ceci : qui devrait avoir un accès prioritaire au marché américain ? Devrait-ce être l’usine située à Cleveland ou celle située à Pékin ? C’est la question fondamentale.</p>

<p>Les médias corporatifs de la gauche radicale, les médias corporatifs mondialistes qui tentent de critiquer ce plan, estiment que le meilleur endroit pour installer votre usine devrait être Pékin, Shanghai, Bangkok, ou n’importe où sauf les États-Unis d’Amérique. La vision du président est que nous devrions tout faire en notre pouvoir pour que le meilleur endroit pour installer votre usine soit une ville américaine, afin que nous en tirions tous les bénéfices : les bénéfices économiques, les bénéfices sociaux, les bénéfices communautaires et, surtout, les bénéfices pour la sécurité nationale d’avoir nos industries critiques ici en Amérique. C’est pourquoi nous appelons cela le « jour de la libération », car il nous libère d’un système économique mondial qui nous a rendus dépendants des nations étrangères et des puissances étrangères »</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1083/infographies-trois-graphiques-pour-comprendre-les-enjeux-de-la-guerre-commerciale-entre-les-etats-unis-et-lunion-europeenne</guid>
	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 21:37:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1083/infographies-trois-graphiques-pour-comprendre-les-enjeux-de-la-guerre-commerciale-entre-les-etats-unis-et-lunion-europeenne</link>
	<title><![CDATA[INFOGRAPHIES. Trois graphiques pour comprendre les enjeux de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l&#039;Union européenne]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p><img alt="Ensemble, l'aluminium et l'acier ont compté pour moins de 2% des exportations totales de l'Union européenne vers les Etats-Unis. (JAAK MOINEAU / HANS LUCAS / AFP)" fetchpriority="high" sizes="(min-width: 1200px) 90vw, (min-width: 560px) 100vw, 90vw" src="https://www.francetvinfo.fr/pictures/mHV9eRRDc6ICEgD1KmfjPGtG15A/102x0:784x682/100x100/filters:format(jpg)/2025/03/14/080-hl-jmoineau-1669696-67d3c68d13715172475785.jpg" style="width: 50%; height: 50%;"><br />
Ensemble, l&#39;aluminium et l&#39;acier ont compt&eacute; pour moins de 2% des exportations totales de l&#39;Union europ&eacute;enne vers les Etats-Unis. (JAAK MOINEAU / HANS LUCAS / AFP)</p><p>Donald Trump a d&eacute;cid&eacute; d&#39;imposer des droits de douane de 25% sur l&#39;aluminium et l&#39;acier en provenance d&#39;Europe. En r&eacute;action, la Commission europ&eacute;enne a annonc&eacute; qu&#39;elle allait bient&ocirc;t taxer une s&eacute;rie de produits am&eacute;ricains. Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain menace maintenant les alcools du Vieux Continent.</p><p>La guerre commerciale est d&eacute;clar&eacute;e. Apr&egrave;s des semaines de menaces, <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/il-y-a-l-idee-que-la-force-doit-l-emporter-sur-le-droit-comment-donald-trump-bouscule-l-ordre-mondial-en-place-depuis-1945_7098012.html">Donald Trump est pass&eacute; &agrave; l&#39;offensive</a>&nbsp;: le pr&eacute;sident am&eacute;ricain a impos&eacute;, mercredi 12 mars, des droits de douane de 25% sur l&#39;acier et l&#39;aluminium europ&eacute;ens. L&#39;Europe n&#39;a pas tard&eacute; &agrave; r&eacute;agir. Promettant une riposte &quot;forte mais proportionn&eacute;e&quot;, la Commission europ&eacute;enne <a href="https://www.francetvinfo.fr/economie/commerce/hausse-des-droits-de-douane-americains-l-union-europeenne-repliquera-des-le-1er-avril-face-aux-tarifs-sur-l-acier-et-l-aluminium_7125084.html">a annonc&eacute; des taxes</a>, d&egrave;s le 1er avril, sur des produits embl&eacute;matiques venant des Etats-Unis comme les motos Harley-Davidson et le bourbon, ainsi que sur d&#39;autres produits dont la liste reste &agrave; d&eacute;finir. Au total, Bruxelles pr&eacute;voit d&#39;imposer des contre-mesures sur 28 milliards de dollars de marchandises am&eacute;ricaines. Et la surench&egrave;re continue&nbsp;: le locataire de la Maison Blanche <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/donald-trump-menace-d-imposer-des-droits-de-douane-de-200-sur-le-champagne-et-les-vins-francais-et-europeens_7127655.html">a menac&eacute; de taxer &agrave; 200% le vin et le champagne europ&eacute;ens</a>. Ni les Etats-Unis ni l&#39;Europe ne semblent pr&ecirc;ts &agrave; reculer pour l&#39;instant. Franceinfo vous expose en trois graphiques les enjeux de cette escalade.</p><h2 class="bullet">L&#39;acier et l&#39;aluminium repr&eacute;sentent moins de 2% des exportations europ&eacute;ennes</h2><p class="p1">Donald Trump a d&eacute;cid&eacute; de commencer par cibler l&#39;acier et l&#39;aluminium, mais l&#39;impact reste limit&eacute; &agrave; l&#39;&eacute;chelle du commerce transatlantique. En 2024, ces m&eacute;taux repr&eacute;sentaient moins de 2% des exportations de l&#39;Union europ&eacute;enne vers les Etats-Unis, selon les calculs de franceinfo &agrave; partir des donn&eacute;es d&#39;Eurostat.&nbsp;</p><p><img alt="hierarchy visualization" src="https://public.flourish.studio/visualisation/22077384/thumbnail" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p data-end="1735" data-start="1138">&quot;C&#39;est assez classique dans les guerres commerciales de commencer par imposer des produits de moindre importance&quot;, commente St&eacute;phane Auray, chercheur &agrave; l&#39;Ecole nationale de la statistique et de l&#39;analyse de l&#39;information et &agrave; la Rennes School of Business. Selon ce sp&eacute;cialiste, ces droits de douane peuvent tout de m&ecirc;me avoir des cons&eacute;quences, en alourdissant la facture des entreprises d&eacute;pendant de ces mati&egrave;res premi&egrave;res pour leurs activit&eacute;s, comme l&#39;industrie automobile avec l&#39;acier. Il souligne &eacute;galement qu&#39;un risque d&#39;escalade est possible&nbsp;: toute nouvelle hausse d&#39;un droit de douane entra&icirc;nant en repr&eacute;sailles l&#39;instauration d&#39;une autre taxe &agrave; l&#39;importation.</p><p data-end="1735" data-start="1138">&quot;Ces droits de douane sont contraignants pour les entreprises, car ils perturbent les march&eacute;s, mais ce n&#39;est pas un probl&egrave;me majeur pour l&#39;industrie europ&eacute;enne de l&#39;aluminium&quot;, relativise Cyrille Mounier, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; g&eacute;n&eacute;ral d&#39;Aluminium France. En 2018, lors du premier mandat de Donald Trump, une taxe similaire de 25% sur l&#39;acier et de 10% sur l&#39;aluminium avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; impos&eacute;e, avec un impact finalement limit&eacute; sur les exportations europ&eacute;ennes, selon les donn&eacute;es d&#39;Eurostat. Le repr&eacute;sentant de la f&eacute;d&eacute;ration professionnelle de l&#39;industrie fran&ccedil;aise de l&#39;aluminium fait en outre valoir que l&#39;Europe produit de l&#39;aluminium brut, alors que les Etats-Unis n&#39;en fabriquent pas et doivent donc en importer. &quot;Il leur co&ucirc;terait bien plus cher de construire des usines pour produire du m&eacute;tal brut que de payer des droits de douane &agrave; 25%&quot;, estime-t-il.&nbsp;</p><h2 class="bullet">Les &eacute;conomies europ&eacute;ennes et am&eacute;ricaines sont &eacute;troitement li&eacute;es</h2><p class="p1">Les &eacute;conomies europ&eacute;enne et am&eacute;ricaine sont li&eacute;es par d&#39;importants &eacute;changes commerciaux. Les Etats-Unis sont le plus grand partenaire commercial de l&#39;UE&nbsp;: ils ont repr&eacute;sent&eacute; environ 20% des exportations europ&eacute;ennes en 2024, selon les donn&eacute;es d&#39;Eurostat. Dans l&#39;autre sens, l&#39;Europe d&eacute;pend de son partenaire am&eacute;ricain pour environ 14% de ses importations, ce qui fait des Etats-Unis le deuxi&egrave;me fournisseur de l&#39;UE, juste derri&egrave;re la Chine.</p><p><img alt="chart visualization" src="https://public.flourish.studio/visualisation/22091161/thumbnail" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p class="p1">Ces &eacute;changes commerciaux s&#39;av&egrave;rent cons&eacute;quents dans certains secteurs en particulier. L&#39;Europe d&eacute;pend en partie des Etats-Unis pour ses importations de p&eacute;trole (plus de 12% du total des biens &eacute;chang&eacute;s), de gaz et de certains m&eacute;dicaments. Quant aux Etats-Unis, ils importent notamment des produits m&eacute;dicaux et pharmaceutiques europ&eacute;ens, qui repr&eacute;sentent pr&egrave;s de 15% de leurs importations en provenance de l&#39;UE, mais aussi des voitures ou des avions.</p><p class="ftvi_citation_quote">&quot;Une guerre commerciale sur les produits les plus &eacute;chang&eacute;s entre l&#39;UE et les Etats-Unis serait une catastrophe.&quot;<br />
<em>St&eacute;phane Auray, &eacute;conomiste &agrave; franceinfo</em></p><p class="p1">Si les taxes sur les produits les plus fr&eacute;quemment &eacute;chang&eacute;s restent pour l&#39;instant limit&eacute;es, d&#39;autres secteurs pourraient cependant trinquer. Avec des droits de douane &quot;&agrave; 200%&quot;, &quot;le business s&#39;arr&ecirc;te&quot;, a pr&eacute;venu Nicolas Ozanam, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; g&eacute;n&eacute;ral de la F&eacute;d&eacute;ration fran&ccedil;aise des exportateurs de vins et spiritueux, interrog&eacute; par l&#39;AFP. Cela reviendrait &agrave; tripler le prix des bouteilles d&#39;alcool tricolore sur le march&eacute; am&eacute;ricain. Or la France y a export&eacute; en 2024 pour &agrave; peu pr&egrave;s 3,9 milliards d&#39;euros, soit un quart de ses exportations totales, selon des chiffres des douanes fran&ccedil;aises et de la FEVS.</p><h2 class="bullet">La balance commerciale penche du c&ocirc;t&eacute; de l&#39;Europe&nbsp;</h2><p class="p1">Pendant sa campagne pr&eacute;sidentielle de 2024, Donald Trump a r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;nonc&eacute; le d&eacute;ficit commercial croissant des Etats-Unis avec l&#39;Europe. A raison. En dix ans, l&#39;exc&eacute;dent commercial de l&#39;Union europ&eacute;enne vis-&agrave;-vis des Etats-Unis a plus que doubl&eacute;, passant de 97,1 milliards d&#39;euros en 2014 &agrave; 198,2 milliards en 2024. Cependant, ce d&eacute;s&eacute;quilibre ne concerne que les marchandises&nbsp;: l&#39;UE a export&eacute; bien plus de produits vers les Etats-Unis qu&#39;elle n&#39;en a import&eacute;s. En revanche, pour les services, l&#39;Europe conna&icirc;t un d&eacute;ficit commercial et d&eacute;pend largement des Am&eacute;ricains.</p><p><img alt="chart visualization" src="https://public.flourish.studio/visualisation/22079735/thumbnail" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p class="p1">Certains pays europ&eacute;ens, comme l&#39;Allemagne ou l&#39;Irlande, qui exporte plus de 50% de ses biens hors de l&#39;UE vers les Etats-Unis, sont plus vuln&eacute;rables aux cons&eacute;quences des hausses des droits de douane et risquent d&#39;&ecirc;tre particuli&egrave;rement touch&eacute;s. Au Parlement europ&eacute;en, plusieurs d&eacute;put&eacute;s ont insist&eacute; sur la n&eacute;cessit&eacute; de faire front commun face &agrave; ce d&eacute;but de guerre commerciale. En France, le ministre charg&eacute; du Commerce ext&eacute;rieur, Laurent Saint-Martin, s&#39;est montr&eacute; d&eacute;termin&eacute; &agrave; d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais et europ&eacute;ens&nbsp;: &quot;Nous ne c&eacute;derons pas aux menaces et prot&eacute;gerons toujours nos fili&egrave;res&quot;, a-t-il &eacute;crit sur le r&eacute;seau social X.&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 21:30:16 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Commerce: Qu’achète et vend l&#039;UE aux États-Unis?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><h2>M&eacute;dicaments, voitures...: Qu&rsquo;ach&egrave;te et vend l&#39;UE aux &Eacute;tats-Unis?</h2><p>&nbsp;</p><p>L&rsquo;Union europ&eacute;enne va r&eacute;pliquer &agrave; Trump qui a d&eacute;cid&eacute; de doper les droits de douanes. Petit tour d&rsquo;horizon de ce que l&rsquo;UE importe et exporte vers son alli&eacute;.</p><p>par Marion Chevrier</p><p><img alt="Les États-Unis sont le premier partenaire de l'UE pour les exportations de biens." height="176" src="https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=1200&amp;h=1200&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=cf6de4ad796cb2754f6a5cf7b0011eba" srcset="https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=400&amp;h=400&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=13f4e47764ae955f52a5907a2bb8528d 400w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=1200&amp;h=1200&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=cf6de4ad796cb2754f6a5cf7b0011eba 626w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=1600&amp;h=1600&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=6c4da8f5c3779e74a5810a9540e5aca1 626w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=2001&amp;h=2000&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=85c9eeda8e47ae81f54a7c3c6c0726e0 626w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=800&amp;h=800&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=db87fd35e3bc97bca832bf94629fe6a7 626w" style="width: 313px; height: 176px;" title="Les États-Unis sont le premier partenaire de l'UE pour les exportations de biens." width="313"></p><p>Les &Eacute;tats-Unis sont le premier partenaire de l&#39;UE pour les exportations de biens.</p><p>Alors que les droits de douane sur l&#39;acier et l&#39;aluminium voulus par Trump <a href="https://www.lessentiel.lu/fr/story/etats-unis-les-droits-de-douane-sont-effectifs-l-europe-replique-103299963" rel="noopener noreferrer" target="_blank">sont entr&eacute;s en vigueur</a> ce mercredi, l&#39;UE a imm&eacute;diatement r&eacute;pliqu&eacute; en taxant une s&eacute;rie de produits am&eacute;ricains. Mais qu&rsquo;ach&egrave;te et vend l&#39;UE aux &Eacute;tats-Unis?</p><p>En 2024, l&rsquo;UE a export&eacute; 531,6 milliards d&rsquo;euros de biens vers les &Eacute;tats-Unis et en a import&eacute; 333,4 milliards d&rsquo;euros (-5%), ce qui a g&eacute;n&eacute;r&eacute; un exc&eacute;dent commercial de 198,2 milliards d&rsquo;euros (+5,5%), selon un communiqu&eacute; transmis mardi par Eurostat. Un tiers des biens export&eacute;s sont des produits m&eacute;dicaux et pharmaceutiques (22,5%) et des v&eacute;hicules routiers (9,6%). Viennent ensuite des machines et &eacute;quipements industriels g&eacute;n&eacute;raux (6,4%), des machines, appareils et pi&egrave;ces &eacute;lectriques (6%) et des machines sp&eacute;cialis&eacute;es pour des industries particuli&egrave;res (5%).</p><p>Les &Eacute;tats-Unis, eux, nous vendent principalement des produits p&eacute;troliers (16,1%), des m&eacute;dicaments et des produits pharmaceutiques (13,8%), des machines et &eacute;quipements de production d&rsquo;&eacute;nergie (9,2%) et du gaz (5,8%).</p><p>Au sein de l&rsquo;UE, c&rsquo;est bien s&ucirc;r l&rsquo;Allemagne qui exporte le plus vers les &Eacute;tats-Unis (161,2 milliards d&rsquo;euros, soit 30% des exportations europ&eacute;ennes), loin devant l&rsquo;Irlande (72,1 milliards d&rsquo;euros), l&rsquo;Italie (64,7 milliards d&rsquo;euros), la France (47,1 milliards d&rsquo;euros), les Pays-Bas (43,4 milliards d&rsquo;euros) contre 33 milliards pour la Belgique.</p><p>C&rsquo;est aussi l&rsquo;Allemagne qui importe le plus depuis les &Eacute;tats-Unis (69 milliards d&rsquo;euros, soit 21% des importations europ&eacute;ennes), devant les Pays-Bas (68,2 milliards), la France (44 milliards), la Belgique (31,4 milliards) et l&rsquo;Italie (25,9 milliards). La balance commerciale des biens de l&rsquo;Allemagne avec les &Eacute;tats-Unis et donc largement exc&eacute;dentaire (92,2 milliards d&rsquo;euros). &Agrave; titre de comparaison, la balance fran&ccedil;aise est beaucoup plus &eacute;quilibr&eacute;e (+3 milliards d&rsquo;euros).</p><p>&nbsp;</p><h2 class="crosshead_crosshead__MxhCQ crosshead_siteAreaNews__x10eM crosshead_typeStandard__szEKi" data-testid="Crosshead">La balance luxembourgeoise en d&eacute;ficit</h2><p>&nbsp;</p><p>Et le Luxembourg? La balance des biens est d&eacute;ficitaire avec les &Eacute;tats-Unis, selon les chiffres du Statec. En 2024, le Grand-Duch&eacute; a import&eacute; pour 740 millions d&rsquo;euros de biens et n&rsquo;a export&eacute; &laquo;que&raquo; pour 437 millions d&rsquo;euros, soit un d&eacute;ficit de pr&egrave;s de 303 millions d&rsquo;euros.</p><p>Le plus gros des exportations du Luxembourg sont des m&eacute;taux communs et des produits en ces m&eacute;taux (188,5 millions), ainsi que des machines et appareils &eacute;lectriques (105,5 millions d&rsquo;euros), des &eacute;quipements de transport (50,4 millions) et des produits textiles (43,3 millions d&rsquo;euros). La moiti&eacute; des importations concernent des machines et appareils &eacute;lectriques (371,2 millions), suivi par du mat&eacute;riel de transport (190 millions) et des produits des industries chimiques (64,2 millions d&rsquo;euros).</p><p>En termes de services, le Luxembourg est &eacute;galement d&eacute;ficitaire puisque selon les derniers chiffres disponibles, il a export&eacute; en 2023 pour 6 milliards d&rsquo;euros de services vers les &Eacute;tats-Unis, mais en a import&eacute; 17 milliards.</p><h3>&nbsp;</h3>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1077/les-ventes-de-tesla-ont-chute-en-2024-mais-ce-nest-quune-partie-de-l%E2%80%99histoire</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Mar 2025 09:42:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1077/les-ventes-de-tesla-ont-chute-en-2024-mais-ce-nest-quune-partie-de-l%E2%80%99histoire</link>
	<title><![CDATA[Les ventes de Tesla ont chuté en 2024, mais ce n&#039;est qu&#039;une partie de l’histoire]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://rouleur-electrique.fr/actu/" class="category-button | text-uppercase">Actu voiture électrique</a></p>
<p>Le marché automobile européen traverse actuellement une période charnière, marquée par des changements significatifs dans les habitudes d’achat. Les chiffres récents révèlent une transformation majeure du paysage des véhicules électriques, particulièrement visible à travers les performances de <a href="https://rouleur-electrique.fr/voiture-electrique-tesla/">Tesla</a>.</p>
<p>Un recul historique des immatriculations électriques</p>
<p>L’année 2024 marque un tournant avec une baisse de 5,9% des immatriculations de voitures électriques dans l’Union Européenne. Les statistiques de l’ACEA (Association des Constructeurs Européens d’Automobiles) montrent que seulement 1 447 934 véhicules électriques ont été immatriculés, contre 1 538 106 en 2023. En incluant le Royaume-Uni et les pays de l’AELE, ce chiffre atteint 1 993 102 unités, soit une baisse de 1,3%.</p><p></p>
<p>L’impact majeur des politiques de subventions</p>
<p>La réduction drastique des aides gouvernementales explique en grande partie cette situation. Voici les principaux changements :</p>
<p>L’Allemagne a supprimé son programme de subventions en décembre 2023<br />Le Danemark, la Suède et la France ont réduit leurs bonus écologiques<br />Les <a href="https://rouleur-electrique.fr/guide/achat/aide/">aides à l’achat</a> ont diminué dans la majorité des pays européens</p>

<p>Tesla face à une concurrence croissante</p>
<p>Le constructeur américain subit une chute de 10,8% de ses immatriculations en Europe, avec 327 034 véhicules enregistrés en 2024. Sa part de marché dans le segment électrique est passée de 18% à 16%. Ce recul s’explique notamment par :</p>
<p>Facteurs de déclin<br />Impact sur le marché</p>

<p>Concurrence accrue<br />Nouveaux modèles plus abordables</p>

<p>Évolution des préférences<br />Diversification des choix des consommateurs</p>

<p>Positionnement tarifaire<br />Modèles concurrents moins chers</p>

<p>Le marché automobile global en transition</p>
<p>Les véhicules thermiques connaissent également des difficultés majeures. Les voitures essence accusent une baisse de 4,8% dans l’UE, tandis que le diesel s’effondre avec un recul de 11,4%. Seuls les véhicules hybrides classiques montrent une croissance significative, avec une progression de 20,9%.</p>
<p>Perspectives et évolution du marché</p>
<p>L’arrivée de nouveaux modèles électriques plus abordables pourrait redistribuer les cartes en 2024. Les constructeurs traditionnels intensifient leurs efforts pour proposer des alternatives crédibles aux Tesla, avec des véhicules électriques sous la barre des 30 000 euros. Cette démocratisation pourrait stimuler les ventes et attirer de nouveaux acheteurs vers la mobilité électrique.</p><p>Le marché européen des voitures électriques traverse une phase de maturité, où la diversification de l’offre et l’ajustement des prix deviennent des facteurs déterminants. Les constructeurs devront s’adapter à cette nouvelle réalité pour maintenir leur position dans un marché de plus en plus compétitif.</p><p></p><p class="wp-block-post-author__name">Rédigé par Albert Lecoq</p><p class="wp-block-post-author__bio">Spécialiste des guides d'achat de voitures électriques, je suis passionné par les nouvelles technologies et je suis un fervent partisan de l'adoption de la technologie électrique et de la mobilité durable.</p>
<p>Réagissez à l'article</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1063/avec-musk-cest-la-fin-de-lhypocrisie-de-la-silicon-valley-desormais-letat-est-un-levier-au-service-du-prive</guid>
	<pubDate>Mon, 03 Mar 2025 19:06:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1063/avec-musk-cest-la-fin-de-lhypocrisie-de-la-silicon-valley-desormais-letat-est-un-levier-au-service-du-prive</link>
	<title><![CDATA[&quot;Avec Musk, c&#039;est la fin de l&#039;hypocrisie de la Silicon Valley... Désormais, l&#039;État est un levier au service du privé&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Dans son livre « L’économie de l’apocalypse » (Seuil), Quinn Slobodian dissèque la montée d’un capitalisme sans limites ni frontières, porté par les rêves libertariens des ultra-riches. Zones franches, enclaves technologiques et « sécession des élites » : ces nouveaux modèles économiques défient les États-nations et fragilisent la démocratie. Entretien avec un historien qui lève le voile sur ces utopies dystopiques.</p>

<p>Depuis des décennies, démocratie et économie de marché marchent de pairs dans les esprits. Pourtant ces dernières années, les démocraties libérales semblent mal en point. Nombre d'intellectuels affirment que la faute reviendrait à un capitalisme de plus en plus dérégulé, qui s'opposerait aux volontés populaires. C'est l'explication privilégiée par Quinn Slobodian, professeur d'histoire économique et politique globale à l'université de Boston et spécialiste de l’histoire du néolibéralisme.</p>

<p>Marianne : Le fil conducteur de votre ouvrage est ce que vous appelez la « sécession des riches ». Qu’entendez-vous par cette formule ?</p>

<p>Quinn Slobodian : Depuis les années 1990, Robert Reich, économiste américain, avait déjà mis en garde contre une « sécession des élites », symbolisée par l’essor des communautés fermées et la montée des technologies numériques. Ces phénomènes isolent les classes privilégiées du reste de la société et fragmentent les espaces publics traditionnels.</p>

<p>Mon livre s’intéresse, à l’inverse, à ceux qui considèrent cette fragmentation comme une opportunité : les ultrariches qui perçoivent ces enclaves comme des zones de liberté économique et d’autonomie personnelle, échappant aux contraintes démocratiques. Ces logiques se retrouvent jusque dans les hautes sphères politiques.</p>

<p>Avez-vous des exemples précis en tête en ce sens ?</p>

<p>Par exemple, la présence massive de milliardaires dans l’administration Trump. Mon objectif est de comprendre : qu’espèrent-ils encore obtenir dans un système qu’ils dominent déjà et quel type de monde veulent-ils façonner ?</p>

<p>Justement, vous traitez longuement dans le livre de la tension entre démocratie et liberté économique. De quoi s’agit-il exactement ? En quoi consiste cette tension ?</p>

<p>Le néolibéralisme est né d’une inquiétude fondamentale : comment préserver le capitalisme face à la montée des démocraties de masse, qui risquaient de redistribuer les richesses par le vote ? Dès les années 1930, des figures comme Friedrich Hayek ou Milton Friedman ont élaboré des stratégies pour limiter l’influence des institutions démocratiques, en sanctuarisant des principes comme la propriété privée ou en renforçant des règles supranationales qui contraignent les États.</p>

<p>Par exemple, les institutions comme l’Union européenne ou l’OMC restreignent les capacités des gouvernements à réguler le commerce, les aides publiques ou le travail. Cette logique va jusqu’à promouvoir la création d’enclaves économiques au sein même des nations. Ces « micro-ordres », exempts de régulation démocratique, deviennent des modèles pour les partisans d’un capitalisme affranchi des contraintes sociales.</p>

<p>À propos des « micro-ordres » : dans votre livre, vous évoquez la possibilité de créer des micro-ordres d’une nature différente, opposés à ceux promus par les néolibéraux. Pensez-vous que ces espaces alternatifs peuvent coexister harmonieusement dans les démocraties ?</p>

<p>Critiquer certaines formes de « sécession libertarienne » ne signifie pas rejeter toute expérimentation politique à petite échelle. Des initiatives comme le municipalisme socialiste ont prouvé, par le passé, qu’on pouvait innover au niveau local et inspirer des réformes plus larges. Les campements autogérés, qu’il s’agisse d’Occupy Wall Street ou d’autres mouvements, démontrent que ces micro-ordres peuvent être des espaces de résistance face à l’injustice. Cependant, la domination des espaces numériques par des entreprises comme Meta ou Twitter complique la tâche.</p>

<p>Il est crucial de créer des institutions parallèles, combinant communautés en ligne et actions sur le terrain. Cela inclut des mouvements syndicaux renaissants, des trusts fonciers communautaires, ou des actions directes contre les énergies fossiles. Ces formes de mobilisation, loin d’être obsolètes, restent essentielles pour contrer les dérives oligarchiques.</p>

<p>Un mot sur l’investisseur néo-zélandais Peter Thiel, figure centrale de votre livre. Pourquoi est-il, selon vous, emblématique des utopies libertariennes contemporaines ?</p>

<p>Peter Thiel incarne une évolution marquante de l’imaginaire libertarien. En 2009, il déclarait que démocratie et liberté économique n’étaient plus compatibles, prônant une sortie des États-nations. Il a fait fortune avec PayPal, Palantir (surveillance pour les gouvernements), Anduril (armes) et Mithril (investissements technologiques). Inspiré par des œuvres de science-fiction et des idées conservatrices, il rêvait de créer une monnaie échappant à tout contrôle étatique, et a soutenu des projets comme le Seasteading Institute, qui cherchait à multiplier les juridictions autonomes dans le monde.</p>

<p>En 2016, il opère un tournant en soutenant Donald Trump, devenant une figure controversée dans la Silicon Valley. Plutôt que de créer un nouvel État, il s'emploie à influencer un État existant. Depuis, il a inspiré d'autres investisseurs comme David Sacks et des figures comme Elon Musk, qui exploitent leurs relations avec l’État pour obtenir des contrats fédéraux, en particulier dans l’armement et l’IA. Ce basculement révèle un abandon de l’hypocrisie passée, où la Silicon Valley critiquait l’État tout en profitant de ses soutiens. Désormais, ces acteurs revendiquent ouvertement leur collaboration avec les pouvoirs publics pour leurs propres ambitions.</p>

<p>À propos d’Elon Musk et de ses projets comme Starlink ou ses ambitions pour Mars, ceux-ci incarnent-ils une forme de « sécession technologique » ? Ces initiatives reflètent-elles les dynamiques que vous analysez ?</p>

<p>Elon Musk illustre parfaitement la nouvelle dynamique entre les grandes entreprises technologiques et l’État. Sa relation avec le gouvernement américain, marquée par sa collaboration avec plusieurs administrations, témoigne de la dépendance croissante des États envers des acteurs privés pour des fonctions essentielles, comme les satellites militaires ou l’exploration spatiale. Musk ne se contente pas de profiter du système : il cherche à le remodeler à son avantage. Par exemple, au Texas, il a créé une ville-entreprise où il peut écrire ses propres règles, incarnant une « sécession interne » sans quitter le territoire national.</p>

<p>Ce phénomène accentue les inégalités géographiques et économiques, car des juridictions locales entrent en compétition pour attirer les investissements technologiques. Cela affaiblit les gouvernements fédéraux, tout en permettant à des entreprises comme celles de Musk d'imposer leurs priorités, qu’il s’agisse d’IA, de véhicules autonomes ou d’allongement de la vie. Ce déséquilibre s’aggrave lorsque ces mêmes leaders, comme Zuckerberg ou Bezos, contrôlent les médias, les plateformes sociales et les infrastructures numériques, limitant ainsi le débat public et la critique indépendante.</p>

<p>La guerre en Ukraine a montré comment des entreprises privées, comme celles de la Silicon Valley (Starlink, Palantir), jouent un rôle stratégique dans les conflits modernes. Est-ce une conséquence logique de l’érosion des souverainetés nationales ?</p>

<p>La guerre en Ukraine illustre la dépendance des États envers les géants technologiques. Elon Musk, par exemple, contrôle l’accès des forces ukrainiennes à la connectivité satellitaire via Starlink, prenant des décisions unilatérales aux conséquences stratégiques. Ce pouvoir révèle l’influence grandissante des entreprises privées sur les gouvernements. En parallèle, ces acteurs peuvent utiliser leur position pour forcer des concessions, comme l’ouverture des marchés chinois aux services américains ou l’affaiblissement des régulations européennes sur les contenus en ligne. Ainsi, l’État devient un simple levier au service des intérêts privés.</p>

<p>Les zones franches sont souvent présentées comme des moteurs de développement économique. Quels récits alternatifs pourraient être opposés à cette rhétorique ?</p>

<p>Deux contre-arguments principaux remettent en question l’efficacité des zones franches. D’abord, elles échouent souvent à stimuler l’investissement. Le Royaume-Uni, par exemple, a créé des « freeports » pour revitaliser son industrie dans le Nord, mais ces initiatives n’ont produit que des opportunités de corruption et aucun bénéfice économique notable.</p>

<p>Ensuite, ces zones contournent les cadres légaux et démocratiques. Des exemples comme la Golden Triangle Zone au Laos, devenue un nid de criminalité, ou la zone Próspera au Honduras, qui défie la souveraineté nationale, montrent que ces projets engendrent souvent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.</p>

<p>Le rêve d’une société sans État, tel qu’imaginé par certains néolibéraux, est-il un danger réel ou une chimère idéologique ?</p>

<p>L’idée d’un monde complètement fragmenté, où la démocratie aurait disparu et chaque territoire serait géré par des PDG-monarques, relève davantage de la science-fiction, comme dans les œuvres de William Gibson ou Neal Stephenson. Cependant, ces récits imaginent souvent un mélange de formes étatiques persistantes : des gouvernements représentatifs affaiblis coexistant avec des enclaves riches et technologiquement avancées, dominées par des intérêts privés.</p>

<p>Par exemple ?</p>

<p>Un exemple frappant est tiré du roman La Parabole du Semeur d’Octavia Butler, publié en 1993 mais se déroulant en 2024-2025. Elle y décrit une Amérique dirigée par un gouvernement réactionnaire, où des communautés fortifiées, contrôlées par des multinationales, offrent sécurité et ressources en échange de la soumission des individus. Ce modèle évoque une réalité contemporaine : des travailleurs venant de pays comme le Bangladesh ou l’Indonésie, qui migrent vers Dubaï ou Singapour pour y travailler sans droits. Cette logique de capitalisme fragmenté est aujourd’hui perçue comme une réussite dans un monde impitoyable.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Marcel Gauchet : "La plupart de ceux qui dénoncent le néolibéralisme ne s'aperçoivent pas qu'ils sont en plein dedans"</p>

<p>Il est peu probable que le monde passe brutalement d’un système de nations interconnectées, symbolisé par les Nations unies, à une mosaïque de souverainetés privées. Mais l’essor des zones économiques spéciales et des projets dystopiques portés par les élites technologiques montre une transition inquiétante. Le mythe de l’autodétermination nationale s’effrite, et des idées autrefois inconcevables – comme annexer ou acheter des territoires, une proposition de Donald Trump – deviennent discutables. Nous ne vivons pas encore dans une économie de l’apocalypse, mais certains de ses contours se dessinent déjà.</p>

<p>***</p>

<p>...<br />Lire plus<br />Le Capitalisme de l'apocalypse. Ou le rêve d'un monde sans démocratie, Quinn Slobodian, Seuil, 368 p., 25,50 €.</p>

<p>Nidal Taibi</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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