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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 20:39:46 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Quelques vérités qui dérangent sur les nouveaux tarifs douaniers qui agitent le monde.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>By Jean-Patrick Grumberg 5 avril 2025</p>

<p>Tous les anciens présidents américains savaient que les États-Unis se faisaient avoir dans le domaine du commerce extérieur. Personne n’a voulu ou osé faire quoi que ce soit. Aujourd’hui, Donald Trump le fait.</p>

<p>C’est risqué. L’issue est incertaine, contrairement aux déclarations débiles des médias. D’un côté, les médias européens, et la presque totalité des médias américains ont la haine de Trump. Vous le savez, vous ne leur faites pas confiance, sinon vous ne seriez pas en train de nous lire. Il n’est donc pas surprenant qu’ils prédisent que l’apocalypse va s’abattre sur nous tous. A les écouter, nous sommes au bord du désastre, et nous allons bientôt devoir faire les poubelles pour trouver de la nourriture.<br />En face, les médias conservateurs annoncent l’eldorado pour l’Amérique. Un nouvel âge d’or. Ceci non plus n’est pas certain, mais la probabilité est tout de même plus grande : Trump a fait ses preuves, durant son premier mandat. Il y a cependant trop de facteurs en jeu pour que l’on puisse faire une prédiction sérieuse, et vous savez que je ne fais pas de spéculations à partir de rien, contrairement à mes confrères.</p>

<p>Tout regard à très court terme est vain<br />D’après les messages que je reçois, il semble que beaucoup de nos lecteurs se laissent embarquer par le vent de panique que les journalistes – en qui ils n’ont pas confiance – ont décidé de déclencher.</p>

<p>La bourse a chuté (ce n’est pas le moment de vendre, si vous avez des actions), et la presse se sert de cette baisse pour démontrer que l’abîme est proche. Ils sont malhonnêtes : quand la bourse progressait vers des sommets jamais atteints lors du premier terme du président Trump, ils étaient silencieux. On ne juge pas l’économie à moyen terme sur une semaine de baisses.</p>

<p>Rappel : toutes les salles de rédaction, tous les journalistes veulent que Trump échoue. Et dès que la bourse baisse, c’est l’hystérie.</p>

<p>Trump soigne un grand malade<br />Donald Trump a qualifié l’économie américaine de « patient très malade » en rappelant que les Etats-Unis ont perdu 90 000 usines et 6 millions d’emplois depuis les accords ALENA.</p>

<p>Les faits sont là, il dit vrai. Le président a raison.</p>

<p>Les nations étrangères gagnent beaucoup plus d’argent en commerçant avec l’Amérique que l’Amérique n’en gagne avec elles. Ca se chiffre en milliers de milliards de dollars.</p>

<p>Pourquoi les Américains n’en sont-ils pas conscients ? Bill O’Reilly a la réponse :</p>

<p>« Pour deux raisons. Premièrement, la presse l’ignore, c’est trop ennuyeux et trop compliqué. Et deuxièmement, nous vivons plutôt bien ici. Malgré les mauvais accords commerciaux, nous vivons plutôt bien. En fait, nous vivons mieux que n’importe qui d’autre sur la planète. Il n’y a donc pas d’urgence ».</p>

<p>Donald Trump a donc déclaré au monde qu’ils ont fini d’arnaquer l’Amérique. Il a décidé de se battre contre tous en même temps pour obtenir de meilleurs accords commerciaux. Je ne sais pas si la méthode était la meilleure, l’avenir le dira, mais pour l’instant, pour le très court terme, aujourd’hui, demain, cette semaine, c’est chaud. Il peut gagner dans la douleur, ou perdre la face et devoir faire marche arrière. Personne ne connaît l’issue, et personne ne la connaîtra avant un certain temps.</p>

<p>Avec sa stratégie, Donald Trump va probablement obtenir de meilleurs accords commerciaux, c’est tout à fait possible, probable même. L’économie américaine est peut-être malade, mais elle est très très forte et je pense que nous allons bien nous en sortir. Et Trump n’est pas dogmatique, ce n’est pas un idéologue. Si sa stratégie assombrit le ciel, il fera rapidement marche arrière. Si les pays impactés s’asseyent à la table des négociations, il les écoutera. Il a déjà commencé : il a déjà déclaré être prêt à revoir les tarifs pour plusieurs pays, dont le Vietnam et Israël.</p>

<p>Le président Trump a déclaré que le secrétaire général du Vietnam est ouvert aux négociations et prêt à réduire à zéro les droits de douane américains.</p>

<p>Le Premier ministre israélien devrait se rendre à Washington en début de semaine pour renégocier les tarifs de 17% qui ont été imposés à l’Etat juif, qui la veille, avait baissé à zéro les tarifs douaniers de toutes les importations américaines.</p>

<p>Trump pouvait capituler, comme les autres avant lui, Il a décidé de prendre le taureau par les cornes. Si l’industrie manufacturière revient aux États-Unis, si les investissements affluent aux États-Unis – ils ont déjà commencé à affluer à hauteur de 6 000 milliards de dollars1, le travailleur américain prospérera grandement, et c’est l’objectif numéro un du président avec l’indépendance nationale. S’il échoue, si l’industrie se rebelle, si les pays étrangers contre-attaquent durement, les temps seront durs pour Trump et les élections de mi-mandat basculeront vers les démocrates. Et l’économie souffrira.</p>

<p>Stephen Miller, conseiller du président Trump :<br />Il existe des industries essentielles qui pourraient être converties à tout moment pour répondre aux besoins fondamentaux de la sécurité nationale et, lorsque vous n’avez pas ces usines, vous n’avez pas la formation et la main-d’œuvre nécessaires pour répondre aux besoins de notre nation et, en cas d’urgence, vous ne pouvez pas assurer la sécurité de l’Amérique.</p>

<p>Miller poursuit :</p>

<p>Le point le plus important à comprendre est que les tarifs ne s’appliquent à aucun produit fabriqué aux États-Unis. Ainsi, le péché originel de la manière dont l’économie moderne en Amérique est structurée – ce dont le président parle plus que tout autre chose , ce péché originel était que nous avons créé un système fiscal qui vous punissait pour fabriquer quelque chose en Amérique et vous récompensait pour fabriquer quelque chose en Chine ou dans un pays étranger.</p>

<p>En d’autres termes, si vous aviez votre usine en Amérique, vous payiez un taux d’imposition sur les sociétés exorbitant, vous étiez écrasé par les réglementations, vous faisiez face à des prix de l’énergie radicalement inabordables, et Washington rendait votre vie misérable de toutes les manières possibles. La classe politique n’a rien fait à ce sujet ; elle a laissé cela se produire. Elle est restée les bras croisés et a regardé cela arriver pendant des décennies. En réalité, elle voulait que l’inverse se produise, surtout si l’on regarde les années 90, avec l’ALENA, l’OMC, et l’entrée de la Chine dans l’OMC.</p>

<p>L’objectif, très clairement, était de supprimer les barrières tarifaires et commerciales pour faciliter la délocalisation vers la Chine. Parce qu’une fois que nous avons accordé à la Chine ce que nous appelons des relations commerciales normales permanentes, tous les fabricants aux États-Unis, qui pensaient à court terme, en termes de bénéfices trimestriels et ce genre de choses, se sont dit : « Écoutez, maintenant je peux déplacer mon usine de l’Indiana ou d’ailleurs, je peux la mettre en Chine, je peux la mettre au Mexique, et je sais que j’aurai un accès garanti au marché américain. »</p>

<p>Aujourd’hui, le président Trump dit que le meilleur endroit pour fabriquer des produits américains et vendre des produits américains est ici, en Amérique. Si vous fabriquez en Amérique, vous n’aurez pas à vous soucier de la précarité de l’accord qu’il décrit. Le désastre a été fait par les Bush, cela a été fait par les Clinton, cela a été fait par de nombreuses administrations américaines, républicaines et démocrates.</p>

<p>Les républicains et les démocrates ont dit au propriétaire d’usine : « Si vous voulez vraiment être compétitif, vous devez déplacer votre usine en Chine, c’est le meilleur moyen de vendre en Amérique. »</p>

<p>Et tout d’un coup, vous vivez dans une communauté où, un jour, il y a des villes industrielles prospères, et le lendemain, toutes les usines sont à Shanghai. Ainsi, le point sur le péché originel, c’est le péché d’avoir dit que nous allions accorder le traitement le plus favorable à la production étrangère et le moins favorable à la production américaine.</p>

<p>Donc, le président dit aujourd’hui l’inverse : « si vous avez votre usine en Amérique, vous ne payez pas de tarif, nous allons réduire vos impôts, nous allons réduire vos réglementations et réduire vos coûts énergétiques, donc vous obtiendrez la meilleure offre possible, mais vous devez le faire ici ».</p>

<p>Ainsi, le président Trump agit en tant que businessman en chef de l’Amérique, négociateur en chef de l’Amérique, en encourageant et en incitant, enfin, ces entreprises à faire des affaires ici.</p>

<p>Nous avons la main-d’œuvre, nous avons les ressources, nous avons le meilleur marché au monde, il n’y a aucune raison pour que nous n’ayons pas un président qui essaie de défendre l’Amérique avec des politiques « America First ».</p>

<p>Nous avons tous été dans des réunions avec lui [Trump] où il a dit aux entreprises : « Quel est votre problème pour revenir ? Qu’est-ce qui vous bloque ? Est-ce les réglementations ? Résolvons ce problème. »</p>

<p>Je pense qu’à un niveau philosophique fondamental, quand on parle d’« America First », cela se résume à ceci : qui devrait avoir un accès prioritaire au marché américain ? Devrait-ce être l’usine située à Cleveland ou celle située à Pékin ? C’est la question fondamentale.</p>

<p>Les médias corporatifs de la gauche radicale, les médias corporatifs mondialistes qui tentent de critiquer ce plan, estiment que le meilleur endroit pour installer votre usine devrait être Pékin, Shanghai, Bangkok, ou n’importe où sauf les États-Unis d’Amérique. La vision du président est que nous devrions tout faire en notre pouvoir pour que le meilleur endroit pour installer votre usine soit une ville américaine, afin que nous en tirions tous les bénéfices : les bénéfices économiques, les bénéfices sociaux, les bénéfices communautaires et, surtout, les bénéfices pour la sécurité nationale d’avoir nos industries critiques ici en Amérique. C’est pourquoi nous appelons cela le « jour de la libération », car il nous libère d’un système économique mondial qui nous a rendus dépendants des nations étrangères et des puissances étrangères »</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1104/right-now-nato-could-not-win-a-war-with-russia</guid>
	<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 13:57:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1104/right-now-nato-could-not-win-a-war-with-russia</link>
	<title><![CDATA[Right now NATO could not win a war with Russia]]></title>
	<description><![CDATA[<p>In 2024, reflecting a popular Western belief, former Secretary of Defense Lloyd Austin said: “NATO is the most powerful and successful alliance in history.” Yet just two years earlier in 2022, after a 15-year campaign, NATO was defeated by the Taliban, a rag-tag group of poorly armed insurgents.</p><p>How can NATO’s humiliating defeat and Austin’s view be reconciled?</p><p>Of course NATO was never the most powerful military alliance in history — that accolade surely goes to the World War II Allies: the U.S., <a href="https://responsiblestatecraft.org/tag/russia/">Russia</a>, Britain, and the Commonwealth nations. Nevertheless, after 1945, NATO did its job, did it well, and those of us who served in it were proud to do so.</p><p>Since the Berlin Wall’s fall, though, its record has become tarnished. Satisfactory in Kosovo. Humiliated in Afghanistan. Strategic failure looming in Ukraine. Are we really sure NATO is up to the job of defending democratic <a href="https://responsiblestatecraft.org/regions/europe/">Europe</a> from a supposedly expansionist Russia in the doomsday scenario of a conventional NATO-Russia war?</p><p>The doomsday NATO-Russia war scenario is the defining way to explore this question. “<a href="https://www.newamerica.org/future-security/reports/army-logistics-in-the-pacific/introduction/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Amateurs talk tactics, professionals study logistics</a>,” and our strategic analysis needs to start all the way back in NATO’s logistics rear areas, then work forward to a future line of battle on the continent of Europe.</p><p>First, unlike Russia, <a href="https://responsiblestatecraft.org/russia-ammunition-ukraine/" target="_self">no major NATO nation</a> is industrially mobilized for war, as evidenced by the fact that Russia is still outproducing NATO on 155mm shells for Ukraine. Which, incidentally, gives the lie to the view that Russia is poised to take more of Europe — if we in NATO truly believed this, we would all be mobilizing at speed.</p><p>More importantly, it is not clear that NATO could mobilize at the speed or scale needed to produce the levels of equipment, ammunition, and people to match Russia. And certainly not without a long build up that would signal our intent. This is not just about lost industrial capacity, but also lost financial capacity. Of the largest NATO nations, <a href="https://www.imf.org/external/datamapper/GG_DEBT_GDP@GDD/CAN/FRA/DEU/ITA/GBR/USA" rel="noopener noreferrer" target="_blank">only Germany</a> has a debt to GDP ratio below 100%.</p><p>Second, to have the remotest chance of success in this doomsday scenario of a NATO-Russia war, U.S. forces would need to deploy at scale into continental Europe. Even if the U.S. Army was established at the necessary scale — with a <a href="https://comptroller.defense.gov/Portals/45/Documents/defbudget/FY2023/FY2023_Budget_Request_Overview_Book.pdf" rel="noopener noreferrer" target="_blank">2023 establishment of 473,000</a>, under one third of the current Russian Army, it is not — the overwhelming majority of American equipment and logistics would have to travel by sea.</p><p>There, they would be vulnerable to Russian submarine-launched torpedoes and mines. As a former underwater warfare specialist, I do not believe that NATO now has the scale of anti-submarine or mine-warfare forces needed to protect Europe’s sea lines of communication.</p><p>Nor, for that matter, would these forces be able to successfully protect Europe’s hydrocarbon imports, in particular oil and LNG so critical to Europe’s economic survival. Losses because of our sea supply vulnerability would not only degrade military production, but also bring accelerating economic hardship to NATO citizens, as soaring prices and energy shortages accompanying an outbreak of war rapidly escalated the political pressure to settle.</p><p>Third, our airports, sea ports, training, and logistics bases would be exposed to conventional ballistic missile attack, against which we have extremely limited defenses. Indeed, <a href="https://www.theweek.in/news/defence/2024/12/21/oreshnik-missile-is-unstoppable-undetectable-another-military-analyst-echoes-putins-claims.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">in the case of the Oreshnik missile</a>, no defense.</p><p>An Oreshnik missile arriving at Mach 10+ would devastate a NATO arms factory, or naval, army and air force base. As in Ukraine, Russia’s ballistic campaign would also target our transport, logistics, and energy infrastructure. In 2003, while I was working for the British MOD’s Policy Planning staffs, our post 9/11 threat analysis suggested a successful attack against an LNG terminal, such as Milford Haven, Rotterdam, or Barcelona, <a href="https://www.resilience.org/stories/2004-09-20/lloyds-executive-likens-lng-attack-nuclear-explosion/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">would have sub-nuclear consequences</a>. The follow-on economic shock-waves would rapidly ripple across a European continent, now increasingly dependent on LNG.</p><p>Fourth, unlike Russia, NATO nations’ forces are a heterogenous bunch. My own experience, while leading the offshore training of all European warships at <a href="https://www.royalnavy.mod.uk/international-defence-training/onsite-courses/warfare/operational-sea-training" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Flag Officer Sea Training in Plymouth</a>, and later working with NATO forces in Afghanistan, was that all NATO forces were exceptionally enthusiastic but had very different levels of technological advancement and trained effectiveness.</p><p>Perhaps more contemporarily important, other than a handful of NATO trainers forward deployed in Ukraine, our forces are trained according to a pre-drone “maneuver doctrine" and have no real-world experience of modern peer-to-peer attritional warfighting. Whereas the Russian Army has close to three years experience now, and is unarguably the world's most battle-hardened.</p><p>Fifth, NATO’s decision-making system is cumbersome, hampered by the need to constantly communicate from Supreme Headquarters Allied Powers Europe to national capitals — a complexity made worse each time another nation is admitted.</p><p>Worse still, NATO cannot do strategy. Shortly after arriving in Afghanistan in 2007, I was shocked to find that NATO had no campaign strategy. In 2022, notwithstanding numerous Russian warnings about NATO expansion constituting a red-line, NATO was wholly unprepared, strategically, for the obvious possibility of war breaking out — as evidenced again by our inability to match Russia’s 155mm shell production.</p><p>Even now, in 2025, NATO’s Ukraine strategy is opaque, perhaps best summarized as "double-down and hope.”</p><p>In summary, NATO is positioning itself as Europe’s defender, yet lacks the industrial capacity to sustain peer-to-peer warfighting, is wholly dependent on U.S. forces for the remotest chance of success, is unable satisfactorily to defend its sea lines of communication against Russian submarine, or its training and industrial infrastructure against strategic ballistic bombardment, is comprised of a diverse mix of un-bloodied conventional forces, and lacks the capacity to think and act strategically.</p><p>An easy NATO victory cannot be assumed, and I am afraid that the opposite looks far more likely to me.</p><p>So what? Conventionally, we could now work out how to redress the manifest weaknesses revealed. Strategic audits to confirm the capability gaps. Capability analyses to work out how to fill the gaps. Conferences to decide who does what and where costs should fall. Whilst all the time muddling on, hoping that NATO might eventually prevail in Ukraine, notwithstanding all the evidence to the contrary.</p><p>But without unanimous agreement of the NATO nations to increase military investment at scale, we would be lucky to solve these capability shortfalls within ten years, let alone five.</p><p>Or we could return to consider — at last — the judgement of many Western realists that NATO expansion was the <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Touchpaper" rel="noopener noreferrer" target="_blank">touchpaper</a> for the Russo-Ukraine War. The Russians warned us, time and again, that such expansion constituted a red line. So too did some of our very greatest strategic thinkers, starting with <a href="https://www.nytimes.com/1997/02/05/opinion/a-fateful-error.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">George Kennan</a> in 1996, <a href="https://www.nytimes.com/2023/12/18/opinion/henry-kissinger-ukraine-israel.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Henry Kissinger</a>, <a href="https://responsiblestatecraft.org/2022/02/15/the-origins-of-the-ukraine-crisis-and-how-conflict-can-be-avoided/" target="_self">Jack Matlock</a>, even Bill Burns in his famous <a href="https://wikileaks.org/plusd/cables/08MOSCOW265_a.html" rel="noopener noreferrer" target="_blank">‘Nyet means Nyet’</a> diplomatic telegram, and most recently <a href="https://www.jstor.org/stable/24483306" rel="noopener noreferrer" target="_blank">John Mearsheimer</a> with his 2014 forecasts. All ignored.</p><p>The truth is that NATO now exists to confront the threats created by its continuing existence. Yet as our scenario shows, NATO does not have the capacity to defeat the primary threat that its continuing existence has created.</p><p>So perhaps this is the time to have an honest conversation about the future of NATO, and to ask two questions. How do we return to the sustainable peace in Europe that all sides to the conflict seek? Is NATO the primary obstacle to this sustainable peace?</p><p>From Your Site Articles</p><p>Related Articles Around the Web</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1103/la-cynique-machination-britannico-polonaises-ou-l%E2%80%99art-de-confisquer-sous-couvert-de-vertu-%E2%80%93-telegraph</guid>
	<pubDate>Tue, 01 Apr 2025 13:09:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1103/la-cynique-machination-britannico-polonaises-ou-l%E2%80%99art-de-confisquer-sous-couvert-de-vertu-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[La cynique machination Britannico-Polonaises ou l’art de confisquer sous couvert de vertu – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cyrille de LATTRE</p>
<p>Dans les salons feutrés de Whitehall, où l’ombre de l’impérialisme britannique plane encore sur les cartes déployées, le Royale United Service Institute (<a href="https://www.rusi.org/" target="_blank">RUSI</a>) distille, avec une froide élégance, des solutions aussi retorses que moralement équivoques. Sous la plume conjointe de <a href="https://www.rusi.org/people/keatinge#:~:text=Tom%20Keatinge%20is%20the%20founding,Foreign%20Affairs%20Committee%20ongoing%20enquiry." target="_blank">Tom Keatinge</a> et <a href="https://rusieurope.eu/team/kinga-redlowska/" target="_blank">Kinga Redlowska</a>, respectivement directeur et responsable européen du Centre Finance et Sécurité de ce think tank londonien, se déploie une argumentation sophistiquée visant à légitimer le détournement pur et simple des actifs russes gelés en Europe. Loin des fioritures diplomatiques, leur prose, en apparence technique, dissimule mal une ambition cynique : transformer l’éthique en instrument de prédation, au mépris des principes juridiques les plus élémentaires. </p><p>Leur <a href="https://www.politico.eu/article/russia-central-bank-assets-ukraine/" target="_blank">démonstration</a>, habilement structurée, s’ouvre sur un constat martelé comme une évidence : l’Europe, engluée dans ses lâchetés bureaucratiques, hésiterait indéfiniment à saisir les 300 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale russe immobilisés depuis l’invasion de l’Ukraine. Pourtant, arguent-ils, le droit international offrirait une échappatoire via la notion de « contre-mesures » – concept juridique autorisant des représailles proportionnées face à un acte illicite. Ainsi, confisquer ces fonds au profit de Kiev ne serait ni un vol ni une rupture du droit, mais une réponse légitime à l’agression du Kremlin. La manœuvre séduit par sa simplicité : transférer ces actifs dans un « véhicule » belge, générant des revenus annuels pour l’Ukraine, tout en préservant une réversibilité de façade. </p><p>Mais derrière cette façade de légalisme prudent, se niche une entreprise bien plus trouble. Car Keatinge et Redlowska, en véritables héritiers de l’esprit tortueux qui caractérisa jadis la Realpolitik britannique, omettent délibérément un détail essentiel : aucune guerre n’a été officiellement déclarée entre la Russie et l’Ukraine. Les termes mêmes employés par Moscou – « Opérations Spéciales » – furent choisis précisément pour éviter l’escalade juridique et symbolique qu’implique un état de guerre. En qualifiant le conflit de « guerre illégale », les auteurs biaisent le débat, instaurant un narratif belligène qui justifierait des mesures exceptionnelles. Or, c’est précisément sur ce glissement sémantique que repose leur édifice argumentatif. En essentialisant une situation complexe – où les frontières entre agression, résistance et manipulations géostratégiques s’entremêlent –, ils légitiment une confiscation qui, en d’autres circonstances, serait perçue comme un acte de piraterie financière. </p><p>L’argument des « contre-mesures », s’il peut sembler juridiquement astucieux, ouvre en réalité une boîte de Pandore dont les conséquences échappent à ses promoteurs. En sapant le principe d’immunité souveraine – pierre angulaire des relations financières internationales –, l’Europe risquerait de dissuader tout investisseur étranger de placer ses avoirs sur son sol. Qui oserait, demain, confier ses réserves à des institutions européennes, sachant qu’un différend politique pourrait suffire à les voir gelées, voire confisquées ? Les craintes exprimées par Christine Lagarde, présidente de la BCE, quant aux « risques juridiques » pour l’euro, ne relèvent pas d’un syndrome post-traumatique lié aux crises passées, comme le suggèrent avec dédain les auteurs, mais d’une lucidité élémentaire. La crédibilité d’une monnaie repose sur la confiance en son inviolabilité – or, chaque entorse à ce principe en corrode irrémédiablement l’attrait. <br class="inline">
Les auteurs balayent également d’un revers de main les mises en garde du Premier Ministre belge Bart De Wever, qualifiant la confiscation « d’acte de guerre ». Là encore, leur rhétorique joue sur un amalgame pernicieux : en insinuant que la Russie mène déjà une « guerre illégale », ils estiment que toute réplique financière serait de facto justifiée. Cette logique circulaire ignore volontairement que la légalité internationale ne se construit pas sur des analogies hasardeuses, mais sur des déclarations formalisées. Sans état de guerre officiel, les mesures de rétorsion extrêmes – telles que la saisie d’actifs souverains – demeurent, en droit, injustifiables. Pire, elles instaurent un précédent où chaque puissance pourrait, à sa guise, requalifier un conflit pour s’emparer des biens d’un adversaire. </p><p>Le projet de créer un « véhicule » belge pour administrer ces actifs, présenté comme une solution technique neutre, mérite également le soupçon. En centralisant la gestion de ces fonds à Bruxelles – cœur bureaucratique de l’UE –, les auteurs entérinent une mainmise institutionnelle sur des ressources étrangères, tout en protégeant les intérêts fiscaux belges. Cette concentration du pouvoir financier entre les mains d’une technostructure non élue pose une question démocratique majeure : au nom de quel mandat populaire l’UE s’arrogerait-elle le droit de disposer des biens d’une nation souveraine, fût-elle adversaire ? </p><p>Enfin, la proposition de fonder une « Banque de reconstruction de l’Ukraine » sur le modèle de la Kreditanstalt für Wiederaufbau allemande achève de révéler l’hypocrisie du raisonnement. Comparer la reconstruction de l’Europe post-1945 – entreprise collective encadrée par des traités – à une opération de prédation unilatérale relève de la manipulation historique. La Kreditanstalt fut un outil de solidarité, non de spoliation. Transposer ce modèle dans un contexte de confiscation revient à travestir l’idéal européen en instrument de realpolitik cynique. </p><p>Mais au-delà des arguties juridiques et des faux-semblants moraux, c’est l’intention profonde de ce rapport qui doit alerter. Keatinge et Redlowska, en insistant sur « l’urgence » d’agir avant le renouvellement biannuel de l’immobilisation des actifs en juillet, cherchent à précipiter une décision irréversible. Leur rhétorique apocalyptique – évoquant un « désastre » en cas d’inaction – vise à court-circuiter tout débat démocratique, présentant la confiscation comme une fatalité plutôt qu’un choix politique. </p><p>Or, cette précipitation dissimule une réalité plus crue : en poussant l’Europe à franchir le Rubicon financier, le RUSI œuvre moins pour la paix en Ukraine que pour la pérennisation du conflit. Car en privant la Russie de tout espoir de récupérer ses actifs – même sous conditions de réversibilité théorique –, on réduit à néant toute incitation à une résolution négociée. Les auteurs le savent pertinemment : une Ukraine financée à hauteur de 45 milliards d’euros via ces fonds n’aurait que peu d’intérêt à chercher un compromis. La logique sous-jacente est donc claire : prolonger les « Opérations Spéciales » en les transformant en une guerre d’usure, où l’Occident, juge et partie, alimenterait indéfiniment le conflit via les ressources mêmes de son adversaire. </p><p>Cette stratégie, si elle devait être adoptée, consacrerait un tournant sombre dans l’histoire européenne. En normalisant la confiscation des avoirs souverains, l’UE renoncerait à son statut de sanctuaire juridique pour devenir une zone de non-droit, où les capitaux étrangers seraient otages des vicissitudes géopolitiques. Les investisseurs asiatiques, africains ou moyen-orientaux, déjà méfiants face aux sanctions arbitraires, se détourneraient d’un continent perçu comme prédateur. La France, qui rêve de redorer son attractivité économique, en paierait le prix fort : qui oserait y investir, sachant qu’un désaccord diplomatique pourrait suffire à geler ses actifs ? Remarquez, qui aujourd’hui va aller investir en Macronie, compte tenu de la situation économique et politique du Macronistan ?</p><p>Le rapport du RUSI, sous des dehors techniques, est donc un cheval de Troie idéologique. Il incarne la résurgence d’un impérialisme financier décomplexé, où la fin – affaiblir la Russie – justifie tous les moyens, y compris les plus moralement discutables. Keatinge et Redlowska, en prétendant servir l’intérêt ukrainien, servent en réalité une vision hégémonique où l’Europe, sous influence anglo-saxonne, se muerait en gendarme arbitraire des équilibres mondiaux. </p><p>Mais l’histoire est un éternel recommencement : les empires qui ont bâti leur puissance sur la prédation finissent toujours par en être les victimes. En ouvrant la boîte de Pandore de la confiscation, l’Europe signerait son propre déclin comme place « forte » de la stabilité économique. Les lumières de Bruxelles, jadis symbole de l’unité continentale, deviendraient alors les lanternes rouges d’un capitalisme de rapine, où chaque crise serait prétexte à spolier. Gageons que les peuples européens, attachés à leur souveraineté autant qu’à leur honneur, sauront discerner le piège dissimulé sous les oripeaux vertueux de ce rapport toxique, à moins qu’Ursula Von Der Leyen le nouveau Reich Führer européen n’ai déjà acté d’un tel acte.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 18:40:07 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[[unable to retrieve full-text...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[unable to retrieve full-text content]</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 19:21:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1098/lunion-europeenne-creer-un-rapport-de-forces-avec-ladministration-trump-sans-avoir-ni-les-moyens-ni-les-muscles</link>
	<title><![CDATA[L&#039;union européenne, créer un rapport de forces avec l&#039;administration Trump sans avoir ni les moyens, ni les muscles.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>A côté de la guerre physique sur le champ de bataille en Ukraine, la guerre commerciale et idéologique qui a débuté va nous faire très mal.</p>

<p>Ne nous trompons pas : les dirigeants européens, qui prétendaient pouvoir mettre la Russie à genoux il y a trois ans, veulent désormais jouer le rapport de forces avec l'administration Trump sans avoir les moyens et les muscles de leurs ambitions. Ils vont nous faire souffrir avec toujours plus d'impôts, de taxes et des contre-offensives commerciales douloureuses. </p>

<p>Pourquoi ? </p>

<p>Parce qu'ils n'ont que l'argent des peuples qui travaillent et qui produisent pour faire de la politique et pour basculer dans une économie de guerre". L'impôt reste le nerf de la politique, du rapport de forces et de la guerre. Nous allons devoir payer beaucoup pour servir la stratégie de "la coalition des volontaires" (*) et de Bruxelles.</p>

<p>Par ailleurs, plus Trump sera dur avec l'Union européenne, plus Mme Von der Leyen voudra faire mal à l'économie américaine, en particulier dans les Etats qui ont fait gagner Donald Trump le 5 novembre dernier. </p>

<p>Nous avons par exemple découvert que la Commission européenne a voulu faire trembler Trump en lui imposant des droits de douanes sur des produits emblématiques en Lousiane, dans le Nebraska, en Géorgie, dans le Kansas, en particulier sur des productions comme les motos Harley Davidson ou le Bourbon du Kentucky.</p>

<p>La réaction américaine a été immédiate : Trump a durci ses droits de douanes sur les vins, champagnes et alcools en provenance de l'UE, en particulier de la France, de l'Espagne et de l'Italie. </p>

<p>Giorgia Meloni a évidemment protesté vigoureusement contre cette décision sans débat démocratique de Bruxelles. François Bayrou, pour sa part, a prétendu qu'il s'agissait d'une simple "maladresse" et que "la Commission avait taxé le Bourbon sans relire sa liste". </p>

<p>Si c'est vrai, quel amateurisme ...</p>

<p>La guerre idéologique et commerciale fait donc déjà des ravages dans toute l'Union européenne. L'industrie automobile, déjà en grande difficulté, va devoir affronter de nouvelles tempêtes. </p>

<p>On le voit, ici, cette guerre commerciale est aussi idéologique : nos dirigeants démocrates, progressistes et multiculturalistes font surtout la guerre au conservatisme, au souverainisme et au patriotisme de l'administration Trump. Et cette guerre peut durer au moins quatre ans. </p>

<p>Les deux pays qui devraient souffrir le moins de cette guerre idéologique et commerciale sont la Hongrie de Viktor Orban et l’Italie de Giorgia Meloni. Rien de surprenant. Ils sont du même bord politique que Donald Trump. </p>

<p>Nous avons un vrai problème dont nous ne nous débarrassons pas : c'est celui de la charge idéologique centriste et gauchiste de nos dirigeants. Il va pourtant falloir le faire, dans les urnes. Et vite.</p>

<p>Yann Bizien</p>

<p>(*) "Coalition des volontaires" : expression de propagande de guerre qui a vocation à ne pas montrer une Europe en réalité faible et divisée.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 13:49:27 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1096/blue-labour-decouvrir-la-doctrine-starmer-pour-un-conservatisme-social-au-royaume-uni</link>
	<title><![CDATA[Blue Labour : découvrir la doctrine Starmer pour un conservatisme social au Royaume-Uni]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1097/keith-starmer" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Keith_STARMER" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1097/medium"></a> <br /> <a data-social="facebook" class="text-red no-underline inline-block w-4 h-4 mr-2" target="_blank" href="https://facebook.com/sharer/sharer.php?u=https%3A%2F%2Flegrandcontinent.eu%2Ffr%2F2025%2F03%2F26%2Fblue-labour-decouvrir-la-doctrine-starmer-pour-conservatisme-social-au-royaume-uni%2F"><br /><br /></a> <a data-social="linkedin" class="text-red no-underline inline-block w-4 h-4 mr-2" target="_blank" href="https://www.linkedin.com/shareArticle?title=Blue+Labour%26%23160%3B%3A+d%C3%A9couvrir+la+doctrine+Starmer+pour+un+conservatisme+social+au+Royaume-Uni&amp;url=https%3A%2F%2Flegrandcontinent.eu%2Ffr%2F2025%2F03%2F26%2Fblue-labour-decouvrir-la-doctrine-starmer-pour-conservatisme-social-au-royaume-uni%2F"><br /><br /></a></p>
<p class="has-drop-cap">Les <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/themes/politique/lallemagne-dans-linterregne/">élections législatives allemandes de février 2025</a> sont venues parachever une longue série d’échecs des démocraties libérales occidentales. Face au reflux du SPD et de la CDU <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/25/vers-une-grande-coalition-dangereuse-5-theses-sur-lelection-allemande/">qui formeront bientôt un gouvernement de « grande coalition »</a>, l’AfD conforte sa position d’acteur du renouveau politique. Notre libéralisme démocratique s’était vendu comme une promesse d’émancipation et de prospérité. Il convulse désormais à l’échelle du continent dans une crise de sens — entre inégalités abyssales et solitude généralisée. Le rêve d’un individu affranchi de toutes les tutelles s’effondre sur lui-même : à force de déconstruire, il ne reste plus rien. Ni peuple, ni nation, ni structures intermédiaires pour amortir la chute. Juste un face-à-face glaçant entre l’État et l’individu, un marché globalisé qui broie les existences et des démocraties à bout de souffle.</p><p>Dans cet interrègne politique, la Grande Bretagne est frappée des mêmes maux. Mais sa réponse électorale fait figure d’exception.</p><p>Le Blue Labour est aujourd’hui en passe d’imposer son hégémonie dans le dispositif de Keir Starmer.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>La <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2024/07/09/comprendre-la-victoire-du-labour-au-royaume-uni-en-10-points/">victoire travailliste de juillet 2024</a> semble remonter le courant, malgré le poids électoral du parti Reform et de son leader Nigel Farage. Le Labour accède au pouvoir, à contre-temps d’une montée des eaux illibérales. Mais le cabinet Starmer n’est pas seulement le résultat du mouvement mécanique de balancier d’une pendule démocratique rouillée : dans l’opposition, certains travaillistes ont établi une feuille de route précise. Ils s’installent sur une assise idéologique robuste. Ils ont tiré les leçons des erreurs du New Labour et de leur dernière expérience du pouvoir, mais aussi des errements du corbynisme. Si les tories ont quitté le pouvoir dévitalisés, les travaillistes ne s’inscrivent pas uniquement « contre ». Ils essayent de développer une armature intellectuelle instruite des errements du libéralisme agonisant. </p><p>Starmer et son gouvernement ont pris une direction singulière en renouant, au moins en partie, avec une tradition politique délaissée : le Blue Labour.</p>
<p>De Maurice Glasman à Keir Starmer, comment le Blue Labour a conquis le pouvoir au Royaume-Uni</p>
<p>Parmi les influences actuelles du résident du 10 Downing Street, ce courant occupe en effet une place de choix. Le Blue Labour est propulsé par une dynamique politique transversale qui le rend irréductible à une aile droite ou à une aile gauche du parti. Conservateur, il s’est affranchi de l’héritage culturellement plombant des années Corbyn. Progressiste, il a permis de sortir de l’ornière économique du magistère neolibéral de Tony Blair. Sa matrice idéologique a transporté les travaillistes dans l’étape d’après.</p><p>Si le Blue Labour est aujourd’hui en passe d’imposer son hégémonie dans le dispositif de Keir Starmer — notamment sur des sujets régaliens comme les politiques migratoires, sécuritaires et, dans une moindre mesure, de défense — l’influence du courant au sein du parti travailliste a connu des hauts et des bas. Il a été fondé au début des années 2010 par Maurice Glasman, un penseur iconoclaste, d’inspiration post-libérale, qui désirait reconnecter le Labour à son âme ouvrière. Pour lui, le New Labour de Tony Blair avait donné un poids disproportionné à la composante technocratique du Labour, historiquement logée au sein de la Fabian Society, au détriment de ses racines populaires incarnées par l’ouvriérisme des syndicats. En embrassant le libéralisme économique, la troisième voie théorisée par Anthony Giddens avait selon lui durablement éloigné le parti des gens ordinaires.</p><p>Dans l’introduction de son ouvrage Blue Labour. The Politics of the Common Good, Maurice Glasman écrit : « le Blue labour est né pendant le krach financier de 2008 et le sombre crépuscule du New Labour et de la troisième voie. C’est aussi l’époque de la mort de ma mère. (…) Nous avons regardé Gordon Brown dire que le « destin du Labour était de sauver le système bancaire mondial » et les yeux de ma mère ont croisé les miens, puis elle a secoué la tête et fermé les yeux. »  Si le blairisme se voulait une adaptation de la social-démocratie au marché, il se révéla en réalité la première pierre d’une conversion au libéralisme culturel. En un sens, il a par ailleurs préparé l’axe sociétal du corbynisme — deux versants parfaitement antagonistes avec les aspirations populaires. En lançant ce courant, Maurice Glasman souhaitait donc retrouver l’identité « prolétaire » du Labour et renouer avec le traditionalisme travailliste empreint de solidarité communautaire, d’enracinement culturel et de dignité humaine. « En renouant avec son histoire, le parti travailliste peut revitaliser la Grande-Bretagne (…) Les travailleurs organisés qui ont résisté à leur dépossession et à leur exploitation ont appelé leur parti, le parti travailliste pour nous le rappeler »  écrit-il ainsi en 2011.</p><p>Le mouvement a connu son apogée entre 2010 et 2015 sous Ed Miliband, alors chef de l’opposition officielle — Maurice Glasman a d’ailleurs été créé Lord par ce dernier. </p><p>Ed Miliband a préfacé en 2011 The Labour Tradition and The Politics of Paradox, publication de référence du Blue Labour regroupant ses penseurs de premier plan comme Marc Stears, Jonathan Rutherford ou Maurice Glasman lui-même.</p><p>Dans son texte, le leader travailliste se montre particulièrement bienveillant avec les idées du Blue Labour : « Les discussions publiées ici sont empreintes d’énergie politique et de confiance intellectuelle. Nous sommes ouverts à de nouvelles idées et à de nouvelles approches (…) Historiquement, les débats au sein du parti travailliste ont tourné autour d’un choix entre « plus d’État et moins de marché » ou « plus de marché et moins d’État ». Cette approche doit être revue (…) La contribution centrale (…) du Blue Labour (…) se situe au cœur de cette discussion qui a déjà redynamisé le parti et plus généralement la politique, depuis que nous avons quitté le pouvoir. » </p><p>Durant le shadow cabinet Corbyn, le mouvement a considérablement perdu en influence au sein du parti. Il s’est peu à peu mué en courant d’opposition au corbynisme entre 2015 et 2020, notamment par le biais de plusieurs groupes de réflexions comme le Common Good Labour, devenu par la suite Labour Together. C’est depuis ces organisations — à l’extérieur du parti — qu’il se structure, se régénère, gagne des militants, des cadres et reprend pied contre les équipes de Jeremy Corbyn et leur doctrine.</p><p>Maurice Glasman souhaitait retrouver l’identité « prolétaire » du Labour et renouer avec le traditionalisme travailliste empreint de solidarité communautaire, d’enracinement culturel et de dignité humaine.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>À la faveur de l’élection de Keir Starmer à la tête du parti en 2020, le Blue Labour redevient une pièce centrale de l’échiquier travailliste et les corbynistes sont évincés du parti. Morgan McSweeney devient ainsi directeur de campagne puis directeur de cabinet de Keir Starmer après avoir dirigé Labour Together à partir de 2017. Ce dernier est un enfant du courant, dont la philosophie a largement inspiré son action. En 2010, il avait mené la campagne victorieuse à Barking &amp; Dagenham de Jon Cruddas, figure parlementaire iconique du Blue Labour, contre l’extrême droite du British National Party. Après les élections de 2024, Morgan McSweeney devient directeur de cabinet du Premier ministre Starmer. En juin 2024, la revue The New Statesman fait de McSweeney la personne la plus influente à gauche en Grande Bretagne .</p><p>Le cabinet Starmer se compose par ailleurs de ministres inspirés ou proches de la doctrine du Blue Labour dont Ed Miliband, le Secrétaire d’État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone ; Angela Rayner, la Vice-Première ministre et Secrétaire d’État au Logement, aux Communautés et aux Collectivités locales ; ou encore Lisa Nandy, la Secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et aux Sports. Enfin, une jeune garde parlementaire s’inscrit elle aussi dans la filiation du Blue Labour. On retrouve des députés du nord ouvrier, par-delà le red wall comme Dan Carden à Liverpool, Jonathan Hinder à  Pendle &amp; Clitheroe, Jonathan Brash à Hartlepool ou David Smith à North Northumberland.</p><p>L’influence du courant dans certaines décisions politiques du cabinet Starmer est d’ailleurs patente.</p><p>La référence constante du Premier ministre au respect des gens ordinaires est directement inspirée du Blue Labour. Quelques mois avant son accession au pouvoir, en janvier 2024,  Starmer brossait « l’histoire des gens ordinaires dans ce pays » lors du Civil Society Summit . Dans son discours à la Labour Party Conference 2024, il mentionnait : « les personnes issues de la classe ouvrière ordinaire comme la mienne » . On peut également percevoir l’influence du Blue Labour dans l’approche régulationniste du cabinet en matière migratoire, afin notamment de préserver le monde du travail. Dès 2011, Maurice Glasman invitait à « fixer des limites »  en matière migratoire. Dans son discours sur l’immigration en novembre 2024, le Premier ministre Starmer évoquait quant à lui : « la sécurisation de nos frontières [comme] la question la plus importante pour les travailleurs » .</p><p>Glasman constitue aujourd’hui une figure plus contestée, mais néanmoins toujours influente intellectuellement — et institutionnellement. Invité par le <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/themes/politique/sources-intellectuelles-de-la-revolution-culturelle-trumpiste/j-d-vance/">vice-président J. D. Vance</a>, il a été le seul pair britannique à se rendre à la cérémonie d’investiture du Président Trump en janvier 2025. Il adresse régulièrement des critiques aux membres de la majorité, qualifiant la chancelière de l’échiquier, Rachel Reeves de « drone du Trésor » ou le procureur général, Richard Hermer « d’imbécile progressiste » .</p><p>Invité par le vice-président J. D. Vance, Maurice Glasman, fondateur du Blue Labour, a été le seul pair britannique à se rendre à la cérémonie d’investiture du Président Trump en janvier 2025.</p>
<p>Renaud Large</p>

<p>Une vision « post-libérale » agrégeant plusieurs influences</p>
<p>Ne se voulant ni nostalgique ni réactionnaire, le Blue Labour porte un constat simple : l’homme n’existe pas hors de ses liens. La liberté, dans cette perspective, ne consiste pas à se détacher des autres, mais à trouver sa place dans un ordre collectif où chacun contribue au bien commun. Dans la vision post-libérale du Blue Labour, l’homme n’est pas une monade isolée mais le fruit d’une histoire, d’une culture, d’une communauté. Seul un retour aux structures d’appartenance pourrait ainsi nous sortir du chaos. Le libéralisme économique et le progressisme culturel ont ensemble détruit les liens sociaux qui faisaient tenir la classe ouvrière. À force de déréguler l’économie et de briser les solidarités traditionnelles, nous aurions fabriqué une société de l’errance, privée d’identité et de repères.</p><p>Face à ce constat, le Blue Labour propose explicitement un projet civilisationnel : la reconquête du politique par le patriotisme, le local, le syndicalisme, la coopération entre travailleurs, et la redécouverte du rôle structurant des communautés. Une société ne pouvant pas être pensée comme un simple contrat entre individus qui cherchent leur intérêt personnel, elle doit reposer sur des liens organiques et une interdépendance qui oblige à reconnaître que nous avons des devoirs envers les autres. Glasman écrit ainsi :</p><p>« Les valeurs distinctives du Labour sont enracinées dans les relations, dans les pratiques qui renforcent une vie éthique. Des pratiques telles que la réciprocité, qui donne une forme concrète à la liberté et à l’égalité dans une relation active de don et de contre-don. La mutualité, où nous partageons les bénéfices et les charges d’une association. Et puis, si la confiance est établie, la solidarité, où nous partageons activement notre sort avec d’autres personnes. Telles sont les formes du mouvement syndical, des mutuelles, des coopératives et des syndicats. Il s’est construit sur des relations de confiance et d’amélioration mutuelle qui se sont forgées entre les personnes par l’action commune. » </p><p>Le Blue Labour s’inspire également de la doctrine sociale de l’Église. Il entend lutter contre l’éclatement social par la réhabilitation des valeurs transcendantes comme la dignité humaine.</p><p>En 2020, Glasman écrit encore :</p><p>« J’ai vécu une expérience intense. Je suis resté debout toute la nuit à lire Laborem Exercens de Jean-Paul II, qui reste la plus grande réflexion sur le sens du travail que j’ai jamais lue. Centesimus Annus de Jean-Paul II était également révélateur, de même que Rerum Novarum de Léon XIII. J’ai établi le lien entre la subsidiarité, le statut humain du travailleur et la solidarité en tant que forme de communauté politique. » </p><p>Comment reconstruire du commun quand tout a été nivelé ? En repartant des travaux de Karl Polanyi — que Glasman cite abondamment dès 1994 dans l’article « The Great Deformation. Polanyi, Poland and the terrors of planned spontaneity » publié dans la New Left Review  — le Blue Labour cherche à réencastrer l’économie dans la politique. Il postule que pour reprendre la main sur l’économie, il faut la réinscrire dans des structures démocratiques tout en refusant la séparation entre possédants et travailleurs. Les biens doivent ainsi devenir relationnels en s’établissant dans une réciprocité entre le producteur et le consommateur. Pour les tenants du courant, nous donc serions des homos reciprocans plutôt que des homo oeconomicus .</p><p>À propos de son ouvrage, La  politique de la vertu , co-écrit avec Adrian Pabst, John Milbank, penseur proche du Blue Labour, explique :</p><p>« Nous défendons une économie sociale de marché, qui critique à la fois le marché capitaliste et l’État bureaucratique, car comme la plupart des penseurs communautariens, nous pensons que ce sont les deux faces d’un même problème (…) Nous critiquons l’idée selon laquelle par nature une transaction économique est basée sur l’intérêt particulier des parties (…). Un échange économique peut aussi s’appuyer sur un but commun. Ce n’est pas une question d’altruisme pur, mais de réciprocité qui caractérise toutes les relations humaines quand elles ne sont pas artificiellement détruites. » </p><p>Les auteurs s’inspirent de l’approche de l’économie civile que l’on retrouve chez l’économiste italien Luigino Bruni.</p><p>Le Blue Labour propose explicitement un projet civilisationnel : la reconquête du politique par le patriotisme, le local, le syndicalisme, la coopération entre travailleurs, et la redécouverte du rôle structurant des communautés.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>« Pour l’économie sociale et civile, le marché peut être considéré comme bon et favorable au bien commun dans la mesure uniquement où il constitue l’expression et la concrétisation d’une socialité fondamentale, où il comprend une dimension mutualiste et communautaire, fortement ancrée dans l’exigence de respect et de réciprocité » résume Serge Audier . On pourrait trouver un écho à cette idée dans <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2020/09/04/graeber-en-plein-vol/">le concept de « communisme primaire » du penseur David Graeber</a>. Pour lui, les activités quotidiennes les plus stimulantes — le service rendu, les loisirs sportifs, la rencontre humaine — sont le fruit d’une relation basée sur la solidarité et l’entraide. Elles se situent en dehors du marché. Il considère ainsi que les gens « appliquent les principes du communisme parce que c’est la seule chose qui fonctionne vraiment. (…) Le communisme est donc déjà là. » </p><p>Le discours du Blue Labour résonne enfin avec celui du solidarisme et du mutualisme français.</p><p>À la fin du XIXe siècle, Léon Bourgeois posait un principe simple : nous serions tous débiteurs — non pas au sens financier du terme, mais parce que nous sommes les héritiers d’un monde que nous n’avons pas bâti. Notre éducation, nos infrastructures, nos institutions… tout cela est le fruit d’un effort collectif. Dans son ouvrage Solidarité, Bourgeois défend une idée révolutionnaire : l’individu ne peut jouir de ses libertés qu’à condition de reconnaître ce qu’il doit aux autres. Il en déduit une obligation morale et politique : chacun doit contribuer au bien commun, en fonction de ses moyens et nous cotisons pour rembourser, aux générations futures, la dette que nous avons contractée à l’égard de nos ancêtres. Ici, l’égalité n’est pas donnée, elle se construit par la solidarité. Comme alternative au capitalisme, Bourgeois propose un autre modèle économique, plus ancré, plus solidaire : celui des coopératives et des mutuelles. Des structures où la production appartient à ceux qui la font vivre, où la valeur ne s’évapore pas vers les actionnaires mais irrigue le territoire. C’est un modèle où la production est enracinée, où la finance ne dicte plus sa loi, où l’on valorise les métiers qui font tenir la société plutôt que ceux qui spéculent sur sa ruine.</p>
<p>La stratégie Glasman et l’avenir européen du Blue Labour</p>
<p>Maurice Glasman et le Blue Labour veulent agir en deux temps.</p><p>D’abord, en réhabilitant le rôle des Nations et des communautés politiques. Contre la vision selon eux technocratique et mondialisée du pouvoir, ils défendent une démocratie « ancrée dans la vie », où les citoyens reprennent la main sur les grandes décisions. Ils croient au retour de la civilité, charpente d’une vie commune juste. Et ils réhabilitent, à gauche, la notion de Patrie. En 2011, Maurice Glasman déclarait : « Le parti travailliste dispose d’un immense espace pour être le parti patriotique, pour affirmer que nous vivons dans un grand pays. » </p><p>Les travaillistes britanniques ne sont pas arrivés au pouvoir par hasard et impréparés à la dureté du climat politique. Quelques mois après leur victoire, ils ont pu s’appuyer sur l’armature intellectuelle et l’agenda de réformes savamment établies par le Blue Labour pendant des années.</p>
<p>Renaud Large</p>
<p>Ensuite, en reconnectant l’individu à un cadre structurant. Le Blue Labour  insiste ainsi sur la nécessité de reconstruire un pacte entre capital et travail : recréer des syndicats forts, favoriser la participation des travailleurs aux décisions stratégiques des entreprises, et donner une priorité absolue au local sur le global. La famille, l’école, la commune, l’entreprise coopérative… sont autant de lieux où se reconstruit un lien social que le libéralisme avait brisé. Une société qui ne tient que par des contrats et des règlements produit le vide ; le Blue labour veut combler ce vide, reconstruire une conscience partagée du bien commun, dans un monde où l’on appartiendrait à quelque chose de plus grand que soi. Maurice Glasman décrit ainsi les « anciennes traditions politiques [qui] se sont fondues dans le mouvement travailliste. (…) D’un côté, il y avait la notion aristotélicienne de la vie bonne et du bien commun. L’importance de la politique, de la vertu comprise comme la poursuite d’une vie commune entre des intérêts divergents, a été transposée dans la vie politique de la Nation. »  Une société où la liberté cesse d’être un mirage individualiste et matérialiste pour redevenir une conquête collective et transcendante.</p><p>Les travaillistes britanniques ne sont pas arrivés au pouvoir par hasard et impréparés à la dureté du climat politique.</p><p>Quelques mois après leur victoire, ils ont pu s’appuyer sur l’armature intellectuelle et l’agenda de réformes savamment établies par le Blue Labour pendant des années. Avec une approche post-libérale novatrice, ils parviennent à renouveler un logiciel idéologique comme peu d’autres mouvements socialistes en Europe. L’avenir nous dira si cette formule parvient à contenir ou faire reculer <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/05/au-royaume-uni-reform-uk-est-en-train-de-devenir-la-premiere-force-politique-devant-les-travaillistes/">la poussée électorale du parti de Nigel Farage</a>.</p><p>Toujours est-il que le reste de la gauche continentale serait bien inspiré de s’intéresser de plus près aux aggiornamentos des travaillistes britanniques et de connaître la leçon du Blue Labour. On retrouve en effet des traits distinctifs du Blue Labour dans d’autres courants politiques européens : la social-démocratie scandinave avec son ancrage local et syndical, l’économie sociale et solidaire en Italie, en Espagne ou en France — avec les coopératives comme Myosotis à Brescia, Mondragon au pays basque ou encore le réseau de la mutualité française. Aussi est-il légitime de se demander si le modèle du Blue Labour pourrait être exportable en Europe continentale. C’est une possibilité qui pourrait contenir la droite radicale — et qui nécessiterait d’intensifier les échanges entre les acteurs européens pour faire émerger une culture politique commune.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1094/l%E2%80%99islamisme-un-projet-politique-transnational-qui-menace-particulierement-la-france-%C2%AB-fille-ainee-de-la-laicite-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 28 Mar 2025 05:20:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1094/l%E2%80%99islamisme-un-projet-politique-transnational-qui-menace-particulierement-la-france-%C2%AB-fille-ainee-de-la-laicite-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[L’islamisme, un projet politique transnational qui menace particulièrement la France, « fille aînée de la laïcité ».]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"Le Point : Vous décrivez l’islamisme comme un projet politique transnational qui menace particulièrement la France, que vous qualifiez de « fille aînée de la laïcité ».  <a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1095/daoud-avant-trop-tard" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Daoud_avant_trop_tard" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1095/medium"></a> Pensez-vous que la France soit suffisamment consciente de ce danger ? </p>

<p>Kamel Daoud : Je pense qu’il y a une France telle qu’elle est vécue de l’intérieur par les Français et qui n’a rien à voir avec la France telle qu’elle est perçue de l’autre côté. Soit détestée, soit aimée, mais, dans les deux cas, mythifiée. Ce qui frappe quand on arrive ici, c’est la sensation d’être rétrogradé, comme si l’on passait soudain dans une classe inférieure, à rebours du prestige attendu, imaginaire, un standing inverse très éloigné de l’image que le pays projette à l’étranger. Par exemple, Erdogan a fait de la France une cible privilégiée de son discours antioccidental. Un discours qui, par capillarité médiatique, se diffuse largement dans le monde que vous qualifiez d’arabe, notamment en Algérie. Ce discours antifrançais est d’autant plus séduisant qu’il se présente comme antioccidental et antilaïque, tout en puisant sa légitimité dans une rhétorique anticoloniale ou postcoloniale. Si l’on arrivait à intégrer un islam de France, ce serait la plus grande défaite imaginable pour l’islamisme transnational, car cela montrerait que l’islam peut être compatible avec la démocratie et l’indifférence religieuse. La laïcité protège les religions des ambitions politiques. Or l’islamisme est une ambition politique : on est islamiste non seulement pour accéder au paradis, mais aussi pour dominer. </p>

<p>Mais, pour répondre à votre question : non, la France n’a pas pleinement conscience du danger. La conscience française sur ces enjeux existe peut-être un peu, mais elle est bridée par la repentance, la contrition, une sorte de fascinant masochisme occidental. </p>

<p>Le Point : « Soyez prudents, un pays peut être perdu en un instant ! » écrivez-vous. Quelles sont, selon vous, les erreurs que la France commet actuellement et qui pourraient mener à cette perte ? </p>

<p>Kamel Daoud : D’abord, croire que la démocratie et les droits sont irréversibles. C’est une illusion extraordinairement dangereuse. Un jour, un journaliste français très connu m’a dit à propos de la Tunisie : « On sait que c’est une démocratie fragile. » Je lui ai répondu : « D’où vous vient la certitude que la démocratie en France est solide ? » Cette illusion conduit à ne plus défendre nos droits avec la même détermination. Ensuite, c’est l’idée de la gratuité des droits acquis. Comme si on avait oublié ce que ces libertés ont coûté – en vies, en sacrifices. Enfin, il y a cette confusion en France entre radicalité et vérité. Ce qui est à la fois noble et désastreux. Les grandes causes nécessitent de la radicalité pour émerger, mais une radicalité permanente finit par attirer les pires individus et légitimer la violence comme moyen de changement. Généralement, les grandes causes attirent les petits esprits. Or la violence fait perdre ce qui est acquis, sans rien assurer de ce qui manque encore. </p>

<p>Je viens d’Algérie où j’ai vu comment un pays peut se perdre facilement : il suffit de presque rien, une pénurie, un gros embouteillage qui bloque toute une journée… Ceux qui prônent la violence me semblent davantage vouloir assouvir leur désir de sang plutôt qu’un idéal de justice. </p>

<p>Le Point : Vous critiquez le concept de « postcolonialisme permanent ». Comment influence-t-il le débat public en France ? </p>

<p>Kamel Daoud : La France sert à tout, et même à refuser les valeurs universelles. L’équation est très simple. En Algérie, par exemple : on est antiféministe, antilaïque, antimoderniste, antiréforme. Pour quelle raison ? Parce que ce sont des valeurs françaises. Et, comme la France a colonisé, cela les disqualifie comme valeurs universelles. </p>

<p>Le postcolonial, qu’est-ce que c’est quand vous êtes un Algérien, francophone, un peu connu ? On vous parle toujours comme si vous étiez une sorte de cadavre bavard de la guerre d’indépendance. Moi, je ne l’ai pas vécue. Je respecte les gens qui ont eu l’idéal de se battre pour la liberté. Je suis admiratif. Mais ils sont morts pour que je sois libre, pour que je puisse jouir du droit de faire la sieste, de profiter du soleil, de faire le gecko. Pas pour que je reste prisonnier du passé. </p>

<p>J’ai vu comment ce filon d’études postcoloniales a fini par devenir une rente. Et dès qu’on en sort, on devient une menace. Une menace pour ceux qui, en Occident, en ont fait un gagne-pain ou un sens à leur vie. Une menace pour les régimes politiques qui construisent leur légitimité sur le postcolonial. </p>

<p>En France, on m’impose ce rôle du cadavre sublimé. J’ai décidé de le refuser, car la mémoire est un chemin que l’on traverse pour comprendre, pas une maison où l’on s’installe. </p>

<p>Le Point : Dans votre livre, vous analysez la montée d’un « néo-islamisme <br />intelligent » en Algérie. Quelles sont ses caractéristiques et en quoi diffère-t-il de l’islamisme des années 1990 que vous avez connu ? </p>

<p>Kamel Daoud : L’islamisme des années 1990 – je ne suis pas spécialiste, mais je peux en témoigner –, il était brutal, armé, avec cette mythologie du renversement immédiat et de la prise de pouvoir. Je pense que les islamistes ont compris que les choses ne fonctionnent pas comme ça. Qu’il faut du temps – ils l’ont. Et qu’il faut transformer la société par le bas. Mieux vaut transformer le citoyen en croyant pour avoir son califat plutôt que d’imposer par l’acide, le voile et les attentats. </p>

<p>Je pense que l’AKP de la Turquie a offert un modèle. On a les deux grandes tendances, avec, comme arc narratif : « C’est l’AKP ou les talibans. » On essaie de se placer au milieu, et ils ont aussi compris qu’il fallait fabriquer de l’islamisme à la base et au berceau. En bref, mieux vaut contrôler l’école qu’un palais présidentiel. </p>

<p>Le Point : Vous évoquez cette invitation à prendre un café par le patron des services secrets à Oran, prélude habituel à une arrestation. Comment avez-vous vécu cette période et qu’est-ce qui a finalement déclenché votre départ définitif ? </p>

<p>Kamel Daoud : Comme pour beaucoup d’Algériens, le chemin de l’exil est devenu nécessaire. Cet épisode dont vous parlez, c’est à la limite de l’anecdote, mais je ne suis pas quelqu’un d’idiot, et donc je tire les conclusions très vite. C’était un an, deux ans de pression énorme. Physiquement, ça se traduit par un malaise, par la maladie. Vous vous levez et vous ne vous sentez pas bien. Une dictature, ça commence au ventre, vous avez mal au ventre dès le matin. Et puis ça passe par l’éclaircissement des rangs autour de vous, parce que les gens ne vous fréquentent plus, parce qu’ils ont peur. Je voyais venir une sorte d’hystérisation du lien. Et je savais que cette hystérisation ne pouvait jouir d’elle-même que par la violence. </p>

<p>En arrivant en France, j’avais décidé de ne pas en faire un sujet de discussion. On m’a proposé des rendez-vous médiatiques pour en parler, j’ai refusé. Mon pays me manque physiquement, chaque matin. Mais ils ne peuvent pas me déposséder de mon Algérie. C’est hallucinant de voir des Algériens lancer des pétitions pour me déchoir de ma nationalité. </p>

<p>Le Point : On pense à Boualem Sansal. Pourquoi les intellectuels algériens sont-ils si exposés aujourd’hui, même et surtout lorsqu’ils vivent en France ? </p>

<p>Kamel Daoud : Parce qu’ils incarnent la réflexion critique, la nuance et l’universalité, autant de valeurs incompatibles avec les identités de repli et le chauvinisme cultivé comme projet national en Algérie. Sansal, par sa liberté de ton, son esprit rieur et sa singularité assumée, représente l’exact opposé de la morbidité que promeut actuellement le régime algérien. </p>

<p>Boualem Sansal est devenu malgré lui le symbole de cette relation complexe et souvent conflictuelle avec la France, relation instrumentalisée pour renforcer une légitimité chancelante. Ainsi, il paie aujourd’hui le prix de son courage intellectuel, de sa capacité à défier le discours dominant et à proposer une alternative lucide à l’histoire officielle. </p>

<p>Un intellectuel qui vient d’Algérie et qui a une audience mondiale, il incarne quoi ? La réussite, l’universalité, l’acceptation. Je ne renoncerai pas à mon algérianité. </p>

<p>J’adore ce pays, c’est mon pays. Mais je ne renoncerai jamais non plus à ce que m’a permis la France. Ce décalage me pousse à réfléchir sans cesse. Je suis hybride, bicéphale, trilingue, entre deux mondes. Cette contradiction nourrit ma réflexion, même si elle excite aussi les radicalités qui voudraient me réduire au rôle du traître. </p>

<p>Le Point : Vous insistez beaucoup sur l’importance de continuer à vivre pleinement face à la menace, notamment islamiste, et vous dites que vous préférez de loin la sieste ou les fruits à l’obsession pour l’islamisme. Comment continuez-vous à vivre sereinement ? </p>

<p>Kamel Daoud : Je ne sais pas s’il faut répondre à ce genre de questions, parce que je n’aime pas cette idée d’être un martyr. D’autres le paient beaucoup plus cher. Que suis-je par rapport à une Iranienne qui doit choisir la longueur de sa jupe en fonction de vingt mille mollahs ? Une lycéenne kidnappée au Nigeria par Boko Haram ? Une Algérienne qui se fait immoler parce qu’elle a dit non à un prétendant ? </p>

<p>Les islamistes sont obsédés par des gens comme nous, pas l’inverse. Ils peuvent prier vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ça ne me dérange pas. Mais eux ne veulent pas que je vive ma vie. Tel est le paradoxe : ce sont eux qui sont obsédés par notre liberté. </p>

<p>Le Point : Vos chroniques couvrent une décennie marquée notamment par la violence terroriste en France. Quel est votre regard rétrospectif sur ces dix ans ? </p>

<p>Kamel Daoud : En France, quoi qu’on dise – même si être décliniste est devenu une forme d’intelligence ! –, il y a encore des gens qui résistent. Il faut juste trouver les bons mots pour sortir la France de cette tétanisation par la culpabilisation qui fait qu’elle accepte tout. Les premiers qui en profitent, ce sont les islamistes. </p>

<p>Je vais dire une monstruosité : en France, il est peut-être trop tard. Comme disait Mahmoud Darwich : « Vous êtes déjà israéliens, nous sommes déjà palestiniens. » Ici, c’est pareil : on ne peut plus revenir en arrière. Ce qu’il faut maintenant, c’est construire une francité qui ne soit ni celle de l’agenouillement et de la contrition ni celle du repli sur soi. </p>

<p>Ce n’est qu’en France qu’on peut construire quelque chose de pluriel et de riche. Ce n’est qu’en France, grâce aux libertés académiques, qu’on peut penser l’islam. Ce n’est qu’en France qu’on peut penser le présent parce qu’on a même la liberté de détester ce pays. </p>

<p>Je réponds souvent à ceux qui me parlent mal de la France : un pays, c’est là où on voudrait voir grandir ses enfants. Ce n’est pas là où on a un drapeau ou deux. Je ne suis pas de ceux qui disent détester ce pays tout en y envoyant leurs enfants. Je suis trop paysan. Nous avons un proverbe en Algérie qui parle de « ceux qui mangent les récoltes et crachent sur les racines » – je ne suis pas de ceux-là. </p>

<p>Le Point : Vraiment, est-ce déjà trop tard pour la France ? </p>

<p>Kamel Daoud : Non, mais ça risque de l’être. Regardez : nous sommes là en train de discuter, vous allez publier cet entretien sans être censuré, je dis ce que je veux et je prendrai un taxi en sortant, sans être suivi ni photographié. Ce sont des libertés précieuses qu’il faut défendre avant qu’il ne soit, pour le coup, vraiment trop tard."</p>

<p>« Avant qu’il ne soit trop tard. Chroniques 2015-2025 », de Kamel Daoud (Les Presses de la Cité, 464 p., 23,90 €). À paraître le 3 avril.</p>

<p>Kamel Daoud, propos recueillis par Peggy Sastre pour Le Point, le 27 mars 2025.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 21:38:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1093/la-laicite-francaise-n%E2%80%99est-pas-soluble-dans-le-multiculturalisme</link>
	<title><![CDATA[&quot;La laïcité française n’est pas soluble dans le multiculturalisme&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En défendant, au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1, que seuls l’État et ses agents devaient être neutres concernant le port de vêtements religieux dans les emplacements publics, Édouard Philippe et Élisabeth Borne ne sont pas montrés fidèles à la loi de 2004. Analyse de Anne-Hélène Le Cornec Ubertini, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, autrice de « Le poison du Communautarisme. La gauche sans le peuple » (L’Harmattan).</p><p class="article-text article-body__item">Les députés hostiles à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 voulaient que la liberté de croire soit la liberté de faire, que la liberté de conscience soit la liberté de pratique religieuse dans les emplacements publics. Savez-vous qu’ils ont perdu et que la loi de 1905 a été votée ?</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/interdiction-des-signes-religieux-si-cette-loi-ne-passe-pas-le-sport-tombera-et-avec-lui-la-loi-de-1905">Interdiction des signes religieux :"Si cette loi ne passe pas, le sport tombera… et avec lui, la loi de 1905"</a></p><p class="article-text article-body__item">Cela paraît évident, mais pas pour tout le monde. Interrogés par la journaliste Sonia Mabrouk sur Europe 1, Édouard Philippe et Élisabeth Borne ont fait gagner les perdants : seuls l’État et ses agents devraient être neutres, la loi de 2004 sur l’interdiction du port de signes religieux ostensibles dans les écoles, collèges et lycées aurait un caractère d’exception en raison du jeune âge des élèves quand la liberté du port de vêtements religieux dans les emplacements publics serait la règle. Le voile islamique poserait problème s’il était imposé, mais il ne le serait pas nécessairement, bien des jeunes filles et des femmes le porteraient librement et ce ne serait pas forcément un signe d’entrisme islamiste ou de soumission de la femme.</p>
<p>La loi de 2004, confirmation écrite de l’esprit de la loi de 1905</p>
<p class="article-text article-body__item">Alors non, les Églises n’ont pas demandé le divorce pour faute de l’État et ne l’ont pas contraint à la neutralité pour avoir plus de liberté cultuelle en 1905. Non, la loi de 2004 n’est pas une exception, elle est la confirmation écrite de l’esprit de la loi de 1905. Confirmation rendue nécessaire par la position du Conseil d’État, peu enclin à appliquer la loi de 1905 dans sa lettre et son esprit. Non, le port du voile islamique porté librement n’émet pas un message différent de celui qui est imposé. Le message est adressé à autrui, particulièrement aux hommes dont les pulsions sexuelles seraient incontrôlables et plus généralement à tous ceux qui peuvent le voir, sans considération de leur liberté de conscience, pourtant garantie par la loi de 1905.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/richard-malka-nous-navons-pas-su-transmettre-le-gout-de-la-laicite">Richard Malka : "Nous n’avons pas su transmettre le goût de la laïcité"</a></p><p class="article-text article-body__item">Le libre port du voile n’enlève rien au message de soumission de la femme qu’il émet. Chaque femme est libre de préférer être soumise. Curieusement, dire que certaines femmes portent le voile librement suffirait à écarter toute idée de soumission. Pourtant l’un n’empêche pas l’autre. En revanche, la promotion de la soumission de la femme concerne la société qui doit, si elle défend à la fois la laïcité, l’égalité de droits entre les hommes et les femmes et la protection des mineurs, refuser a minima l’affichage public de la soumission de la femme. Comment faire le tri entre les différents arguments quand ceux qui s’expriment sont censés avoir une expertise sur le sujet ?</p><p class="article-text article-body__item">Premier point. Est-il besoin de dire que c’est l’État qui a divorcé des Églises pour faute en 1905 ? À force de désinformation, la réponse est peut-être oui. Alors voici un extrait de la présentation de la loi de 1905 par Aristide Briand, son rapporteur, qui ne laisse aucun doute : « MM. Yves Guyot et Sigismond Lacroix font un exposé de la situation du clergé, que nous ne pouvons mieux faire que de citer : […] "Et quand le prêtre a pris sa place partout, dans toute la so­ciété, quand il tient l’éducation d’une main, l’assistance de l’autre, il descend dans la congrégation. Les articles 291 et 292 du Code pénal lui sont inconnus. La congrégation se forme, se développe, enfonce ses racines dans le sol, en fait émerger de vastes casernes, d’immenses bâtiments, sé­questre, enferme des multitudes, fouille de ses tentacules toutes les couches sociales pour en aspirer la vie et la ri­chesse." La solution de MM. Yves Guyot et Sigismond Lacroix était celle que nous préconisons aujourd’hui : répondre aux prin­cipes de persécution du clergé, par des principes de liberté ; rejeter les prêtres dans leurs églises, pour que soit affranchie la société laïque. » (Briand, 4 mars 1905, p. 107-108).</p>
<p>Neutralité de l'État et de ses représentants</p>
<p class="article-text article-body__item">À propos de l’actuel article 35-1 de la loi de 1905 (le numéro d’article a changé dans le temps) Aristide Briand expliquait ainsi son esprit : « Si l’État demeure neutre à l’égard des Églises, celles-ci doivent observer une neutralité absolue à l’égard de l’État » (4 mars 1905, p. 289).</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/politique/laicite-dans-l-enseignement-prive-quand-pierre-ouzoulias-fait-tomber-les-masques-hypocrites-de-la-droite-et-du-centre">Laïcité dans l'enseignement privé : quand Pierre Ouzoulias fait tomber les masques hypocrites de la droite et du centre</a></p><p class="article-text article-body__item">La loi oblige l’État et ses représentants à être neutres et en fait autant pour les cultes et leurs représentants (quels qu’ils soient, puisque les cultes sont désormais libres de leur organisation interne). Les Églises restent néanmoins en liberté surveillée par l’État et le Titre V « Police des cultes » de la loi de 1905 y pourvoit.</p><p class="article-text article-body__item">Deuxième point. Le peu d’appétence du Conseil d’État pour la loi de 1905 est sans équivoque dans les propos de Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’État de 2006 à 2018 : « Chaque fois qu’il [le Conseil d’État] a été saisi de ces questions ou lorsque les autorités publiques ont proposé d’en retenir une vision restrictive, il a tranché en faveur d’une lecture ouverte du principe de laïcité » (Sauvé, 2017). Dans le journal La Croix, Jean-Marc Sauvé a justifié cette entorse à la loi de 1905 : « "On a essayé à chaque fois de prendre en compte tous les courants de pensée et de motiver les choix que nous faisions sans se réfugier derrière la lettre de la loi ", assure-t-il. "Nous avons ainsi le sentiment d’avoir contribué à créer de la cohésion sociale et du consensus" » (Rouden, 2018).</p><p class="article-text article-body__item">Le rôle du Conseil d’État n’est évidemment pas de prendre en compte tous les courants de pensée. Le citoyen est en droit d’attendre qu’il suive la lettre de la loi. Plus offensif, le conseiller d’État Thierry Tuot considérait qu’appliquer l’esprit de la loi de 1905 était la preuve d’un manque d’intelligence : « Le devoir d’intelligence impose ensuite ce que nous cessions de faire des contresens historiques, en recyclant les valeurs des années 1900 pour traiter les problèmes des années 2000. La laïcité, n’est pas, comme d’ailleurs tous les grands principes constitutionnels, un état figé du droit, mais un principe de morale publique qui structure une action publique. Elle n’est pas une condamnation de la religion, ou une interdiction, elle est avant tout l’affirmation la plus nette de la liberté » (Thierry Tuot dans son rapport officiel La grande nation pour une société inclusive, 2013, p. 63). La lettre et l’esprit de la loi ayant été largement abandonnés dans les avis et la jurisprudence du Conseil d’État, la loi de 2004 devenait nécessaire pour que la laïcité s’applique au moins à l’école.</p>
<p>Le voile, signe de soumission</p>
<p class="article-text article-body__item">Troisième point. Le voile est un signe de soumission, librement consentie ou pas, au moins au dogme qui ne fait pas mystère de l’infériorité de la femme. Le voile affiche publiquement l’inégalité homme-femme. Pourtant, si nous nous reportons à la loi n° 2014-873 du 4 août 2014 « pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes », les institutions publiques, même si elles sont opposées à la loi de 1905, devrait lutter contre les stéréotypes sexistes qui portent atteinte à la dignité des femmes et font violence à toute personne de bonne volonté :</p><p class="article-text article-body__item">« Article 1. L'État et les collectivités territoriales, ainsi que leurs établissements publics, mettent en œuvre une politique pour l'égalité entre les femmes et les hommes […]. La politique pour l'égalité entre les femmes et les hommes comporte notamment : 1° Des actions de prévention et de protection permettant de lutter contre les violences faites aux femmes et les atteintes à leur dignité ; […] 3° Des actions destinées à prévenir et à lutter contre les stéréotypes sexistes »</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/humeurs/derriere-la-laicite-dynamique-vantee-par-francois-l-hypocrite-hostilite-du-pape-pour-la-laicite-tout-court">"Derrière la 'laïcité dynamique' vantée par François, l'hypocrite hostilité du pape pour la laïcité tout court"</a></p><p class="article-text article-body__item">La liberté de porter ce que l’on veut ou de ne rien porter n’est pas un droit absolu. Les vêtements ne sont pas réductibles à des bouts de tissus. Ils parlent sans mot dire et s’imposent à la conscience d’autrui. Qui l’ignore ? Le prêt-à-penser sur la laïcité ouverte aux religions n’a pas l’assentiment des citoyens qu’il s’agit de convaincre. La loi de 1905 fait partie de l’art de vivre à la française. Elle permet l’indivisibilité du peuple. Et l’on voudrait l’échanger contre le multiculturalisme conflictuel anglo-saxon ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1092/le-mediateur-de-france-travail-denonce-les-aberrations-administratives-qui-penalisent-les-chomeurs</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 21:32:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1092/le-mediateur-de-france-travail-denonce-les-aberrations-administratives-qui-penalisent-les-chomeurs</link>
	<title><![CDATA[Le médiateur de France Travail dénonce les aberrations administratives qui pénalisent les chômeurs]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les changements incessants de réglementation de l'assurance chômage piègent les chômeurs. Pire, « ils produisent parfois des effets inverses aux bonnes intentions ! », alerte Jean-Louis Walter, le médiateur de France Travail, dans son rapport publié ce matin. Sus à la paperasse donc, à France Travail aussi!</p><p class="article-text article-body__item">Saisis en 2024 de 58 418 recours, un chiffre en hausse constante, les services de médiation de France Travail n'ont pas chômé. Selon le dernier rapport de leur médiateur Jean-Louis Walter, publié ce matin, 44 % de ces réclamations concernaient des contestations d’indemnisation, 23 % des radiations et des sanctions.</p><p class="article-text article-body__item">Dans la vie courante en effet, les changements incessants de réglementation de l'assurance chômage, pèsent lourdement sur la tête des chômeurs, sans que les politiques ne s'en émeuvent outre mesure. Plus consternant encore, « ces changements incessants produisent parfois des effets inverses aux bonnes intentions ! », alerte Jean-Louis Walter en poste depuis 2010.</p>
<p>Les pièges... du contrat de sécurisation</p>
<p class="article-text article-body__item">Penchons-nous d'abord sur le contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Ce contrat est le plus favorable aux salariés, lorsque des entreprises en difficulté veulent s'en séparer pour des raisons économiques. Puisqu'il permet à ces collaborateurs d’être mieux indemnisés pendant un an, et accompagnés dans la recherche d'un nouveau poste. Mais attention, ce CSP a ses pièges !</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/economie/les-differentes-reformes-ont-cree-du-chomage-l-emploi-des-seniors-priorite-des-syndicats">"Les différentes réformes ont créé du chômage" : l'emploi des seniors, priorité des syndicats</a></p><p class="article-text article-body__item">D'abord, les licenciés qui retrouvent du boulot rapidement, sortent du dispositif. Même s'ils n'ont travaillé que trois jours, ils peuvent perdre leur allocation de sécurisation professionnelle (ASP) bonifiée. Pour le moins paradoxal ! Les plus motivés qui optent pour un premier travail, puis en décrochent un plus attrayant avant six mois, se feront eux sucrer leur prime de reclassement. « Or les personnes ne comprennent pas qu’après avoir subi un licenciement économique, elles sont sanctionnées pour avoir repris un travail de courte durée, alors que la durée de ces contrats leur est imposée ! », critique Jean-Louis Walter. C'est le cas par exemple, des "extras" dans la restauration.</p>
<p>L’embrouille du droit d’option</p>
<p class="article-text article-body__item">Depuis 2014, lorsqu’un privé d’emploi se retrouve au chômage après une période de travail, sans avoir épuisé ses droits engrangés du fait de son activité antérieure, il peut en théorie choisir : soit épuiser cette première ARE (aide au retour à l'emploi), soit en demander une nouvelle, calculée à partir des droits acquis pendant sa dernière mission, si ce nouveau droit est supérieur de 30 % à son ancienne ARE. Ce n’était déjà pas très simple à comprendre, on en conviendra. Mais depuis qu’un décret de janvier 2023 module la durée des indemnisations au chômage, en fonction du taux de chômage dans le pays, c'est pire : cette comparaison est biaisée du fait de ce changement de règles ! Dans la vraie vie, nombre de chômeurs préfèrent percevoir d'abord l'allocation la plus élevée possible, fût-ce sur une durée moindre. Mais certains d'entre eux ne peuvent même pas choisir : en effet, lorsque leur droit d'option, pour telle ou telle raison administrative interne à France Travail, leur est signifié plus d'un mois après leur inscription, il devient caduc !</p>
<p>Les chausse-trappes de la mise en inaptitude</p>
<p class="article-text article-body__item">Depuis 2021, les salariés licenciés pour inaptitude pâtissent eux, d'un calcul d'ARE catastrophique, lorsqu'ils enchaînent des arrêts maladie indemnisés par la sécu, puis des congés payés, avant de quitter leur employeur. Le rapport du médiateur de France Travail cite ainsi l'exemple de Madame E.N, 1 566,86 euros par mois. Selon son relevé, cette agent d’entretien a travaillé d'août 2019 au 15 mai 2024 dans la même entreprise. Cependant comme elle a été placée en congé maladie, indemnisée par la sécurité sociale de janvier 2020 à mars 2024, elle n'a engrangé que deux mois de salaire en avril et mai 2024, de 256,67 euros et 544,50 euros. Résultat, lorsqu'elle a été licenciée, France Travail n'a pris en compte son salaire avant maladie ; mais ces deux dernières rémunérations. Et lui a royalement octroyé 401,10 euros par mois.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/ils-souffrent-apres-plus-de-3-mois-sans-salaire-des-salaries-de-leader-price-prives-de-chomage">"Ils souffrent" : après plus de 3 mois sans salaire, des salariés de Leader Price privés de chômage</a></p><p class="article-text article-body__item">À savoir également, les chômeurs en arrêt maladie sont immédiatement basculés dans la catégorie « non immédiatement disponible » pour occuper un emploi, ce qui se justifie. Simplement, nombre d'entre eux ignorent qu'à la fin de leur arrêt maladie, ils doivent se « réinscrire » dans les cinq jours à France Travail...</p>
<p>Des radiations erronées, mais incontestables</p>
<p class="article-text article-body__item">Avec France Travail, mieux vaut prendre les devants, et répondre fissa au moindre mail ou courrier. Car lorsqu'une agence radie un privé d’emploi, puis s’aperçoit au-delà d’un délai de 15 jours qu’elle a mal apprécié sa situation, elle ne peut corriger le tir ! Ce parce que ses ordinateurs ne le permettent pas. « C’est une entrave au droit de recours, tacle le rapport du médiateur, déguisée derrière le verrouillage d’une manipulation informatique. » Or une radiation, fût-ce d’un mois, peut avoir des conséquences surdimensionnées, si elle compromet par exemple le droit du chômeur à percevoir un droit à l'ASS, l’allocation spécifique de solidarité.</p><p class="article-text article-body__item">Les travailleurs de nationalité étrangère sont également en situation périlleuse, à chaque fois qu'ils doivent solliciter auprès des préfectures le renouvellement de leur permis de séjour. Car ces administrations, souvent débordées, se contentent dans un premier temps, de leur fournir un simple récépissé de leur demande. Mais ce document n'est pas reconnu par France Travail, qui peut alors décider de sucrer l'ARE de ces chômeurs nés en dehors de l'Union Européenne, le temps qu'ils présentent leur nouveau permis de séjour.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/travailler-plus-longtemps-avec-moins-de-jours-de-conge-et-si-on-misait-plutot-sur-l-insertion-des-jeunes">Travailler plus longtemps, avec moins de jours de congé ? Et si on misait plutôt sur l'insertion des jeunes ?</a></p><p class="article-text article-body__item">Ces ping-pongs entre administrations, trop fréquents, peuvent donc fragiliser des milliers de précaires. L'année 2025 apportera-t-elle des améliorations ? À voir.</p><p class="article-text article-body__item">Depuis le 18 décembre 2023 en effet, la loi Plein-Emploi prévoit que les allocataires au RSA, soient également inscrits à France Travail. Le médiateur Jean-Louis Walter a donc suivi avec grand intérêt la phase d'expérimentation de cette réforme qui produit certains résultats encourageants. Cependant, il s'inquiète déjà de sa phase de généralisation : « L’offre d’un accompagnement personnalisé risque en effet de se heurter à une demande forte qu’il sera difficile de satisfaire avec des moyens constants », prévient-il.</p><p class="article-text article-body__item">Cet avertissement doit résonner aux oreilles de la ministre du Travail : Astrid Panosyan-Bouvet s'apprête en effet, contre l'avis des syndicats – CFDT en tête, à publier des décrets, qui pourraient priver les allocataires au RSA ne respectant pas leur contrat d'engagement, de 30 à 100 % de ce minimum vital.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1091/il-reste-quelques-femmes-et-hommes-politiques-qui-veulent-s%E2%80%99attaquer-a-la-vraie-menace-il-reste-quelques-femmes-et-hommes-politiques-qui-veulent-s%E2%80%99attaquer-a-la-vraie-menace-soutenons-les</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 21:15:17 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Il reste quelques femmes et hommes politiques qui veulent s’attaquer à la vraie menace  il reste quelques femmes et hommes politiques qui veulent s’attaquer à la vraie menace. Soutenons-les !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Macron et les minets qui l’entourent dont Attal ne connaissent rien de la France réelle, du monde qui nous entoure, de la géopolitique et des rapports de force. Ces hommes ne pensent qu’à leur pouvoir, à leur plaisir et à leur image.</p>

<p>Au moment où après 3 ans de guerre un cessez- le feu se profile à l’Horizon et durant lesquels la Russie n’a réussi à conquérir que moins de 20% de l’Ukraine, les voici qu’ils nous parlent d’une menace existentielle, des chars russes à nos portes, nous distribuent des kits de survie et nous préparent à l’envoi de nos soldats pour soutenir l’Ukraine.</p>

<p>Ce sont les mêmes qui auraient pu éviter cette guerre ou la stopper au bout de trois mois.</p>

<p>L’éviter s’ils avaient eu le courage de s’opposer depuis le bombardement de Belgrade durant 70 jours sans mandat de l’ONU, à l’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières d’une Russie dont ils n’ont pas voulu reconnaitre le besoin de sécurité alors que la France puis l’Allemagne l’avaient envahie jusqu’à Moscou alors qu’il y a 80 ans elle avait perdu 27 millions de morts pour s’opposer à la folie nazie.</p>

<p>La stopper au bout de trois mois s’ils avaient encouragé Zelensky à signer l’accord rédigé en Turquie au lieu de l’encourager à poursuivre la guerre en lui promettant comme Macron « qu’on l’aiderait jusqu’à la victoire » alors que tout analyste stratégique objectif pouvait écrire comme je l’ai fait dès le premier jour que l’Ukraine ne pouvait pas gagner cette guerre (cf Ukraine, le grand aveuglement européen).</p>

<p>Je suis persuadé que toute cette gesticulation hors du réel vise surtout à masquer leur manque de courage pour s’attaquer à la vraie menace qui depuis 2015 a tué 263 français et en a blessé plus de1000 qui sont traumatisés à vie.</p>

<p>Heureusement dans cet océan de lâcheté politicienne, il reste quelques femmes et hommes politiques qui veulent s’attaquer à la vraie menace l’islamisme liée à une immigration que ces minables dirigeants ne veulent pas contrôler. Bruno Retailleau est de ceux-là.</p>

<p>Mobilisons nous pour les soutenir et exigeons d’eux en contrepartie de notre soutien qu’ils laissent une fois pour toute leurs égos au vestiaire et qu’ils soutiennent le mieux placé d’entre eux.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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