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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 20:23:29 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Poutine en colère ouvre des archives : une preuve choquante que l&#039;Allemagne a commencé la 2ème uerre mondiale en coopération avec la Pologne, qui a ensuite trahi.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Est-ce le début III. Guerres mondiales ?  Documents uniques, photos. Vidéo et tables exclusives, destinés à partager sur les réseaux sociaux<br />Article 2 du 2 1. 2020<br />https://www.arfa.cz/je-tohle-zacatek-iii-svetove-valky-rozzlobeny-putin-otvira-archivy-sokujici-dukazy-ze-nemecko-zacalo-ii-svetovou-valku-ve-spolupraci-s-polskem-ktere-pak-zradilo-unikatni-dokumenty-fotky-exklu/#.Xg2rYybsZZU</p>

<p>Il y a quelques jours, le président russe Vladimir Poutine a déclassifié les archives encore secrètes de l'URSS vieille de 75 ans, que l'Armée rouge a obtenues à la fin de la guerre à Varsovie et à Berlin. Il l'a fait en réponse à la tentative de l'Union européenne d'imposer dans les manuels scolaires une fausse version, qu'Hitler a commencé la guerre ensemble et à égalité avec Staline.</p>

<p>Journal tchèque : Réaction à Munich<br />La façon dont le président russe a déclassifié les documents de guerre mérite d'être signalée. Il l'a fait au sommet de l'Association des États Indépendants 20. Décembre 2019 devant les représentants des neuf pays : Russie, Biélorussie, Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldova, Tadjikistan et Ouzbékistan.</p>

<p>C'est ce qui se passe lorsque des dizaines de milliers de troupes américaines opèrent aux frontières russes et biélorusses (sous le faux drapeau de l'OTAN) et que le Parlement européen réécrit l'histoire dans la matière la plus sensible pour la Russie : II. guerres mondiales. La Pologne est en train de construire la base principale des unités de l'armée aux États-Unis en Europe</p>

<p>Extrait de documents déclassifiés : Hitler aux funérailles de Pilsudsk ý<br />Vidéo complète TV Rossia 1 (Poutine au sommet de la Communauté des États Indépendants déclassifie les documents)</p>

<p>Le président de la Fédération de Russie entouré par les dirigeants écoutants des États SNS<br />Des preuves choquantes des archives soviétiques classées confirment que la Tchécoslovaquie était derrière la trahison de Munich le 29. Septembre 1938, en plus de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Italie, la Pologne de l</p>

<p>Le rôle de la Pologne passe donc du rôle de victime à celui de policier actif du plus grand conflit de guerre de l'histoire. Selon les documents, la Pologne voulait construire un monument à Hitler à Varsovie pour avoir expulsé les Juifs vers l'Afrique.</p>

<p>Il y a quelques semaines, l'Union européenne a adopté une résolution à Bruxelles, selon laquelle l'Allemagne a commencé la guerre en coopération avec la Russie. Cela a déclenché une énorme vague de protestations de la part de la Russie pour la plupart des historiens. L'Allemagne essaie sans équivoque de réécrire l'histoire et de se purifier pour que la Nouvelle Europe puisse mener son projet appelé Union européenne.</p>

<p>Adolf Hitler dans une place d'honneur aux funérailles du leader polonais Pilsudsk ý en 1935<br />Dans la résolution allemande de l'UE fin 2019, l'accord Ribbentrop - Molotov (ministre allemand et soviétique des affaires étrangères) du 23e a marqué le début de la guerre. Août 1939. Ce mensonge historique a également été voté au Parlement européen par les députés tchèques (à l'exception du communiste Konečná), qui ont si symboliquement juré obéissance et volonté d'accepter n'importe quoi.</p>

<p>Pour plus de clarté, rappelons les accords clés et les dates de l'Europe d'avant-guerre :</p>

<p>1934, 26. Janvier : Contrat Hitler-Pilsudski<br />1938, 12. Mars : l'Allemagne occupe l'Autriche (Anslus)<br />1938, 30. Septembre : Accord de Munich (l'Angleterre et la France rejettent la Tchécoslovaquie)<br />1938, 1. Octobre : l'armée allemande occupe Sudety (Tchécoslovaquie)<br />1938, 2. Octobre : l'armée polonaise occupe la région de T ěšín (Tchécoslovaquie)<br />1939, 16. Mars : Protectorat de Bohême et de Moravie annoncé<br />1939, 23. Août : Accord Ribbentrop - Molotov (partition de la Pologne)<br />1939, 1. Septembre : invasion allemande de la Pologne</p>

<p>Les documents confirment qu'un événement fondamental dans la préparation d'Hitler pour la guerre est l'accord de Munich du 29. Septembre 1938, la trahison de la Tchécoslovaquie par l'Angleterre et la France. Sans l'occupation de la Tchécoslovaquie, les Allemands ne pourraient pas s'armer suffisamment pour dominer la plus grande partie de l'Europe. Chaque quatrième bombe utilisée pendant les guerres a été fabriquée en Tchécoslovaquie, les Allemands ont envahi la Pologne dans des danses de Škodovka.</p>

<p>Le leader polonais Pilsudski et le ministre allemand de la propagande Goebbels<br />La relation entre l'Allemagne et la Pologne est essentielle à la manœuvre diplomatique rusée d'Hitler. Il s'agit d'un changement historique majeur, dérivé de documents déclassifiés. Le traité Hitler-Pilsudski, déjà signé le 26, devrait être considéré sans hésitation et sans équivoque comme un document clé de cet échecs diplomatique. Janvier 1934.</p>

<p>Le maréchal Josef Pilsudski, ancien braqueur de banque (trains) et terroriste, est une figure oubliée de l'histoire mondiale, mais probablement seulement parce qu'il est mort déjà en 1935. Il était le principal architecte du projet Trojmo ří, soi-disant. Grande Pologne.</p>

<p>Adolf Hitler est venu à Varsovie pour ses funérailles et a eu une place d'honneur devant le corbillard avec le cercueil du marshal. Après cela, il participe au cortège derrière un lafeta, sur lequel le cercueil Pilsud a été porté. Les Polonais ont détruit tout le matériel cinématographique, ils ne veulent pas que ce soit écrit et qu'on en parle.</p>

<p>La déclassification des documents confirmant la relation chaleureuse d'Hiler avec Pilsudsky est le plus grand trésor des archives ouvertes. Jusqu'à présent, on a parlé de Munich comme une trahison de la France et de la Grande-Bretagne, mais les archives soviétiques non déclarées montrent que la Pologne et l'ensemble du gouvernement polonais ont un grand rôle dans la démolition de la Tchécoslovaquie.</p>

<p>Les Polonais occupent T ěšín, Tchécoslovaquie<br />Dans les archives classées, il y a des documents prouvant que les Polonais ont donné à la France, à l'Angleterre et à l'Allemagne des garanties claires lors de la conférence de Munich qu'ils attaqueront les avions soviétiques si l'Union soviétique essaie d'aider la Tchéc Ce n'est que grâce à la domination de l'Allemagne sur l'armement tchèque qu'elle a pu lancer 1. Attaque de septembre 1939 contre la Pologne par des chars tchécoslovaques fabriqués par les entreprises Škoda et záKD.</p>

<p>Tank tchèque Panzer 38 t. Canon Skodovka, fabriqué en D ěKD. Les allemands ont envahi la Pologne dans ces danses<br />Jour 2. En octobre 1938, l'occupation de la partie orientale de T ěšínsk tchécoslovaque par l'armée polonaise commença. Cependant, les Polonais n'ont profité du territoire volé que jusqu'en septembre 1939, date à laquelle il fut occupé par l'Allemagne d'Hitler.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:58:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1089/rap-et-antimaconnisme</link>
	<title><![CDATA[Rap et antimaçonnisme]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Première parution : <a href="https://tempspresents.com/contributeurs/stephane-francois/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Stéphane François</a>, « Rap et antimaçonnisme, étude d’un cas français ». La chaîne d’union,  vol. 108, n°2, 2024. pp. 95-101.</p><p>La franc-maçonnerie continue de nourrir les fantasmes d’une population étrangère au monde dans lequel elle s’inscrit : en effet, il suffit de discuter avec des « jeunes » (adolescents ou jeunes adultes) pour se rendre compte de la césure culturelle existant avec leurs aînés. Peu d’entre eux possèdent des références culturelles dépassant leur génération… Pourtant, l’antimaçonnisme reste présent, avec des argumentaires assez similaires à ceux de leurs aînés, avec des arguments similaires à ceux que l’extrême droite utilise depuis la fin du XIXe et le début du siècle suivant. Une question s’impose : s’agit-il d’un phénomène nouveau, similaire, ou sommes-nous confrontés à la persistance des vieilles antiennes de l’antimaçonnisme « classique », sous de nouveaux apparats ? Nous verrons que l’antimaçonnisme de cette génération se nourrit à la fois d’éléments provenant d’une certaine culture marginale issue de leur génération, qui elle-même s’alimente à des sources plus anciennes.</p>
<p>Freeze Corleone, un rappeur abscons, mais explicite</p>
<p>Pour se faire, nous nous intéresserons au cas de Freeze Corleone (pseudonyme d’Issa Lorenzo Diakhaté), un rappeur français. Il est une figure à part dans l’univers du rap francophone. Distant, il ne donne pas d’entretien et se place à la marge du rap français. Celui-ci est né en France le 6 juin 1992 aux Lilas, mais vivant au Sénégal, a provoqué une polémique en septembre 2020 quelques jours après la sortie de l’album, LMF (pour La Menace Fantôme). Il était accusé par la LICRA d’être ouvertement antisémite et de jouer avec les codes du néonazisme. Cette construction intellectuelle est noyée chez ce rappeur dans une masse de références à la pop-culture et aux contre-cultures telles que Star Wars ou l’univers des super héros (Marvel ou DC Comics), le tout énoncé dans un langage volontairement abscons et mâtiné d’une forme d’afrocentrisme ésotérisant, le kémitisme. Ses textes sont aussi influencés par un antimaçonnisme typique de l’extrême droite.</p><p>LMF, paru en 2020, est son premier album sorti en CD et distribué par Universal Music France, dans lequel on retrouve ses obsessions, déjà présentes sur ses précédentes productions, numériques celles-ci : le complotisme, l’ésotérisme, les contre-cultures et les juifs. Mais, confinées à des sphères contre-culturelles, elles ne provoquèrent aucune réaction.</p><p>Succès commercial dès les premiers jours, l’album a été défendu par des journalistes et des rappeurs qui ont cherché à minimiser le caractère délictueux de son contenu. Selon ces derniers, il aurait fallu voir en priorité la qualité artistique, incontestable, des productions du rappeur. La provocation est d’ailleurs la marque de fabrique de ce rappeur : l’album LMF dont la mise en ligne était prévue le 7 janvier 2020 a été décalée au 11 septembre 2020 (pour le 11 septembre 2001), et l’album numérique Projet Blue Beam a lui été mis en téléchargement le 13 novembre 2018 (date anniversaire des attentats du 13 novembre 2015).</p>
<p>Une scène rap atteinte de complotisme</p>
<p>Une frange du rap, parmi la plus underground, joue un rôle important dans la diffusion des thèses complotistes et/ou antisémites auprès d’une population relativement jeune et souvent immature idéologiquement, contrairement à d’autres scènes musicales « engagées ». Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le nombre de vues sur youtube de certains groupes de rap. Sa tendance la plus contre-culturelle véhicule en effet un discours diffus, empreint de complotisme (Nekfeu, El Matador, Keny Arkana, etc. pour ne prendre que des exemples français) et parfois d’antisémitisme (comme le rappeur Wiley au Royaume-Uni, Kholardi en Norvège, Bissy Owa en Belgique, etc.). Ce registre musical, né dans les ghettos afro-américains états-uniens, a gardé auprès des adolescents et de jeunes adultes l’image d’une scène subversive, bien que les rappeurs, malgré leur image de « mauvais garçons » encore mise en avant aujourd’hui, soient surtout des hommes d’affaires qui gèrent très bien leur image. Comme le rap s’est « normalisé » dans les années 1990, certains musiciens, désirant garder cet aspect subversif, ont dû radicaliser leur discours, souvent dans un sens complotiste. Ainsi, nous trouvons régulièrement dans la frange la plus underground du rap des critiques de la franc-maçonnerie, des Illuminatis, des reptiliens, des satanistes etc. qui contrôlerait les esprits et le monde « Big Pharma » (« j’suis dans le complot comme Big Pharma », titre éponyme présent sur l’album LMF)…</p><p>Projet Blue Beam Intro est l’album par lequel la polémique est arrivée. Nous y trouvons le « franc-maçon », forcément synonyme de « puissant », de « gouvernant », le « juif » (la référence implicite au « complot judéo-maçonnique » est fréquente chez ce rappeur), protégé par une supposée impunité, ou la condamnation des « sociétés secrètes » :</p><p>« Tes fausses merdes sont seulement dorées</p><p>J’avance avec mes frères</p><p>Comme un franc-maçon</p><p>Mon âme pour du cash ou des ’tasses</p><p>Merci sans façon »</p><p>(JPMA pour « J’vendrai pas mon âme »)</p><p>En outre, les références à la famille Rothschild sont omniprésentes chez Freeze Corleone, qu’il associe inévitablement aux Illuminati, au groupe Bilderberg et à Rockfeller, une incontournable triade chez les conspirationnistes. De fait, la référence implicite au « complot judéo-maçonnique » de la première moitié du XXe siècle est fréquente chez ce rappeur, reprenant de vieilles antiennes de l’extrême droite complotiste, diffusées en France par Henry Coston. Les similitudes sont d’ailleurs frappantes : comme chez Coston, le « franc-maçon », chez Corleone, est forcément juif. Il manipule dans l’ombre, intouchable et riche. Les deux reprennent de façon systématique les poncifs sur la famille Rothschild. Dans une étude sur l’antimaçonnisme dans le rap, Julien Montassier explique que</p><p>« le franc-maçon est aussi Illuminati, reptilien, sataniste, il gouverne le monde, contrôle les esprits via “Big Pharma” ou les “chemtrails”, décime l’Afrique avec le SIDA et Ebola, fomente des attentats, persécute les Catholiques, persécute les Musulmans […] Le franc-maçon est la source de tous les maux et le coupable de tous les crimes, sans n’avoir pourtant à rendre des comptes à quiconque.<a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a> »</p><p>Nous sommes manifestement dans un discours anti judéo-maçonnique identique à celui des complotistes d’extrême droite, enrichi néanmoins de quelques nouvelles thématiques. À l’exception de ces références, la structure antimaçonnique reste similaire : les francs-maçons, société secrète tentaculaire, sont là pour détruire les nations et les fondements religieux ou traditionnels des sociétés. Barruel a la vie dure.</p><p>En outre, tous ces rappeurs se présentent comme des adeptes de la « réinformation »<a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a> et cherchent à prouver l’existence d’une « oligarchie » manipulant une « démocratie fasciste » (sic), pour reprendre des expressions utilisées par Rockin’Squat (alias Mathias Crochon, le frère de Vincent Cassel et le fils de Jean-Pierre Cassel), ancien du groupe Assassin, dans le titre « Démocratie fasciste article 3 ». Positionné politiquement à gauche initialement, celui-ci a glissé progressivement vers le conspirationnisme, au point de devenir un soutien de l’activiste afrocentriste et antisémite Kemi Seba. Le titre « Illuminazi 666 » (2009), reprenant le terme « Illuminazi » au journaliste complotiste américain Anthony Hilder en est un exemple. Son texte explique que les populations sont soumises à une politique de désinformation orchestrée par la mythique société secrète des Illuminati. Le rappeur incite évidemment son auditoire à ouvrir les yeux. Il se définit comme un rappeur « conscient ». D’autres rappeurs, tels Mysa, associent complotisme, antisémitisme et défense de l’islam ; en 2007, ce dernier chante dans son album « Le cercle » :</p><p>« Illuminati, Nouvel Ordre Mondial, franc-maçon ou sioniste/</p><p>La même merde et pour l’information on s’enlise dans le chaotique ».</p><p>L’essor de la thématique complotiste chez les rappeurs francophones est lié à un mouvement plus profond, venant des États-Unis. Ainsi, le groupe Army of Pharaoh a été l’un des premiers à développer cette thématique autour des années 2005-2010. Freeze Corleone reprend cet héritage. À ce titre, le chanson « Bâton rouge » est explicite :</p><p>« Fuck un Rothschild, fuck un Rockfeller/[…]</p><p>L’objectif se rapproche</p><p>J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 »</p><p>(Bâton rouge)</p><p>Freeze Corleone y développe en outre d’autres thèmes conspirationnistes, présents également chez les théoriciens actuels de l’« État profond » – une thématique devenue célèbre grâce aux militants de la mouvance Qanon. Nous retrouvons logiquement chez lui des mots-valises issus du complotisme américain comme « MK Ultra » ou « HAARP ». Le premier était un projet des années 1970 de la CIA sur l’utilisation de drogues hallucinogènes (LSD) et de la manipulation mentale dans le cadre d’activités subversives ; le second, High Frequency Active Auroral Research Program, était un programme d’étude de l’ionosphère. Les complotistes en ont fait un programme de manipulation à la fois du climat et des ondes hertziennes par une officine secrète… En bon observateur de la contre-culture américaine, il reprend également des thématiques venant de l’ufologie, autre milieu particulièrement complotiste. Ainsi, Projet Blue Beam Intro est une référence explicite au « Project Blue Book », un programme d’enquête sur les ovnis mené par l’US Air Force de 1952 à 1969, qui fit fantasmer les ufologues complotistes américains et qui entre aujourd’hui en résonance avec la notion d’« État profond ».</p>
<p>Les Juifs, toujours les Juifs</p>
<p>Enfin, il n’hésite pas à rapper son négationnisme « Tous les jours R à F [rien à foutre] de la Shoah » dans S/O Congo, un titre portant sur la traite négrière, qui développe l’idée d’une concurrence des mémoires, qu’on retrouve au cœur de l’évolution de Dieudonné : l’esclavage et la déportation des populations africaines n’intéresseraient pas les Occidentaux au contraire de la Shoah. S’il ne cite pas les négationnistes les plus connus, le mélange contre-culture/négationnisme/complotisme présent dans ses textes est un marqueur précis, qui renvoie aux livres de l’ufologue complotiste négationniste allemand Jan Udo Holey, connu sous le pseudonyme de Jan Van Helsing, célèbre pour la série des « Livres Jaunes » (clin d’œil à l’ufologie complotiste), aux contenus à la fois contre-culturels, antisémites et négationnistes. Corleone lui dédie d’ailleurs un titre en 2019, « Livre Jaune 1 à 7, S/o Van Helsing », sur Niribu, un album d’Osirus Jack.</p><p>Le mélange qui résulte de cette vision du monde, distillé dans des chansons aux accents mystérieux pour un public jeune, associe donc bel et bien contre-culture, antisémitisme, négationnisme, extraterrestres et complotisme. Nulle référence à la religion musulmane dans ce vertigineux kaléidoscope, contrairement à ce qu’ont pu affirmer certains experts médiatiques.</p><p>Nous pourrions penser qu’une telle logorrhée ferait figure d’exception, mais ce n’est pas le cas dans la scène rap. L’essor de discours de ce type chez les rappeurs francophones est particulièrement inquiétant, car il diffuse massivement chez les amateurs de rap, peu au fait des subtilités rhétoriques de leurs artistes préférés et de leurs discours ouvertement connotés idéologiquement. Cela est d’autant plus inquiétant que ce type de discours se multiplie depuis une dizaine d’années et surtout que peu de groupes sont punis par la loi. Mais il est vrai que les scènes contre-culturelles, difficiles d’approche passent souvent sous les radars de la justice. L’essor de ces thématiques complotistes et antisémites est lié aussi à l’argent généré. Ce registre musical est devenu une industrie prospère vendant énormément, et, par conséquent, diffusant massivement ses messages nauséabonds.</p><p>Comme nous avons pu le constater avec le cas de Freeze Corleone, l’antimaçonnisme contemporain se nourrit de différents discours, aux origines diverses. À l’instar de ses aînés, son antimaçonnisme est lié à une conception conspirationniste du monde et sur une vision erronée de la franc-maçonnerie. Il la voit comme une société secrète nocive, mais sans qu’il puisse donner de détails plus précis, reprenant les schèmes classiques de l’antimaçonnisme : société secrète à contenu magique – souvent satanique – ; société secrète composée de personnes à la moralité douteuse, attirées par l’appât du gain ; groupe politique secret dirigeant le monde, etc. La critique reste donc au niveau d’une généralité, presque métaphysique, se confondant avec les Illuminati. Pour relativiser un peu ce propos, nous devons reconnaître que cette méconnaissance et cette vision erronée étaient quasiment les mêmes au XIXe siècle.</p><p>Alors, sommes-nous en face d’une nouvelle forme d’antimaçonnisme ? Nous pensons, au vu des matériaux et des thèmes mobilisés par ce rappeur, que nous sommes plutôt en présence du même antimaçonnisme qu’aux XIXe et début du XXe siècles, noyé dans une masse de références contre-culturelles. En effet, de nouvelles thématiques ne sont pas apparues, à l’exception de la référence aux Illuminati, mais celle-ci a été forgée à partir de vieux matériaux complotistes (la franc-maçonnerie comme société secrète satanique, comme société clientéliste et élitiste, comme groupe antireligieux, voire pédophile, etc.).</p><p><a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Cité in Olivier Dard, « De l’ancien au nouveau ? Facette de l’antimaçonnisme français contemporain », in Jean-Philippe Schreiber (dir.), Les Formes contemporaines de l’antimaçonnisme, Bruxelles, Éditions de l’Université Libre de Bruxelles, 2019, p. 49.</p><p><a href="https://tempspresents.com/2025/03/26/rap-et-antimaconnisme/#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a> Le terme de « réinformation » est une notion utilisée par l’extrême droite, puis par les complotistes, depuis les années 2000, qui se présente comme une « alternative » au contenu des « médias officiels », forcément mensongers. Concrètement, il s’agit de promouvoir une « contre-information » qui ne serait pas manipulée par « le politiquement correct » ou les gouvernements. La « réinformation », par certains aspects, en particulier par les stratégies utilisées, est proche de la désinformation et de la propagande idéologique.</p>
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<p>
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</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1088/entre-illusions-geopolitiques-et-narratifs-fallacieux-tout-est-fait-pour-prolonger-le-conflit-%E2%80%93-telegraph</guid>
	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:50:44 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1088/entre-illusions-geopolitiques-et-narratifs-fallacieux-tout-est-fait-pour-prolonger-le-conflit-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[Entre Illusions Géopolitiques et Narratifs Fallacieux tout est fait pour prolonger le conflit – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cyrille de LATTRE</p>
<p>L’intervention d’Emmanuel Macron à l’issue du sommet de Paris, ce jeudi 27 mars, consacré à l’avenir de l’Ukraine, s’inscrit dans une continuité rhétorique aussi prévisible que problématique. Sous couvert d’unanimité feinte entre les trente-et-un pays alliés de Kiev, le président français a déployé un discours où se mêlent ambitions martiales, contradictions flagrantes et une méconnaissance persistante des réalités géopolitiques. Loin de proposer une voie crédible vers la paix, cette allocution confirme une stratégie vouée à envenimer les tensions, tout en entretenant un climat de peur propice à l’acceptation passive de mesures contraires aux intérêts des Français et des Européens. </p><p>Macron, en affirmant que « le temps n’est pas à la levée des sanctions » contre la Russie, persiste dans une logique punitive dont les conséquences désastreuses pour l’Europe sont pourtant patentes. L’idée que ces sanctions porteraient un coup fatal à Moscou relève d’une naïveté coupable, voire d’une tromperie délibérée. La Russie, en dépit des difficultés économiques initiales, a su réorganiser son appareil productif et renforcer ses alliances avec des puissances non occidentales, réduisant à néant l’impact escompté des mesures coercitives. Pire encore, ces sanctions ont infligé des dommages collatéraux massifs aux économies européennes, notamment française, engendrant inflation, pénuries énergétiques et affaiblissement industriel. L’entêtement de Macron à maintenir cette politique, présentée comme un levier de pression, trahit soit une ignorance coupable des réalités économiques, soit une volonté délibérée de sacrifier le bien-être des Européens sur l’autel d’un conflit sans issue. </p><p>Le projet d’envoyer une « équipe franco-britannique » en Ukraine pour « concevoir l’armée ukrainienne de demain » s’inscrit dans cette même logique de surenchère guerrière. Sous des atours techniques – évoquant des « capacités maritimes », des « équipements » ou une prétendue « dissuasion » –, cette initiative dissimule mal une ambition plus trouble : implanter une force occidentale sur le sol ukrainien, officiellement pour « réassurer » Kiev, mais en réalité pour y ancrer une présence militaire permanente. Macron précise que ces troupes ne seraient ni des forces de maintien de la paix ni des substituts à l’armée locale, mais des éléments « présents dans des endroits stratégiques pré-identifiés ». Une formulation aussi vague qu’inquiétante, qui laisse entrevoir une occupation déguisée, pilotée par Paris et Londres, sous prétexte de protéger des « sites sensibles ». Or, cette manœuvre ignore superbement les avertissements répétés de la Russie, pour qui toute présence de l’OTAN ou de pays « hostiles » en Ukraine constituera une cible légitime. L’absence de mandat onusien, soulignée avec justesse par les critiques, rend cette initiative illégale au regard du droit international, tout en exposant les soldats européens à un risque démesuré. Et il n’y aura pas de mandat de l’ONU, la Russie avec justesse usera de son droit de veto.</p><p>La rhétorique macronienne sur la « sécurité collective des Européens », censée être renforcée par une coordination des industries de défense et des exigences communes face à la Russie, ne résiste pas à l’analyse. Depuis le début du conflit, Moscou n’a jamais menacé l’intégrité territoriale de l’Union européenne, contrairement aux allégations régulièrement brandies par Bruxelles. Le véritable danger pour la stabilité continentale réside plutôt dans les décisions irresponsables de dirigeants comme Ursula von der Leyen, Keir Starmer, Friedrich Merz et Macron lui-même, qui instrumentalisent la peur d’une invasion fantasmée pour justifier une militarisation accrue et un alignement inconditionnel sur les desiderata américains. Cette sujétion stratégique, camouflée sous le vocable de « coalition d’action », ne sert ni la paix ni les intérêts européens, mais prolonge indéfiniment un état de guerre dont les conséquences humanitaires et économiques sont déjà catastrophiques. </p><p>L’obsession de Macron pour un « renforcement militaire » de l’Ukraine, présenté comme une condition sine qua non de toute paix future, révèle une contradiction majeure : comment prétendre œuvrer pour la stabilité tout en alimentant une escalade armée ? Les déclarations de Zelensky, refusant toute concession sur les territoires dits « annexés » par la Russie et évoquant une reconquête future, confirment que le président ukrainien – coaché par le duo Macron-Starmer – mise sur une victoire militaire illusoire plutôt que sur la diplomatie. Cette intransigeance, encouragée par les promesses de soutien perpétuel de l’Occident, condamne l’Ukraine à un cycle infernal de violence, sans perspective réaliste de résolution. </p><p>Enfin, la référence aux « forces de réassurance » pilotées par la France et le Royaume-Uni, bien que présentées comme non combattantes, ne trompe personne. Il s’agit bel et bien d’une force d’interposition, voire d’occupation, dont la présence sur le terrain ne pourra qu’attiser les tensions avec Moscou. La Russie, contrairement aux fantasmes entretenus par certains cercles européens, a parfaitement compris le jeu de Macron : maintenir la guerre à distance suffisante pour éviter un engagement direct, mais assez proche pour justifier une sujétion atlantiste et un contrôle accru sur les politiques de défense européennes. Le risque c’est justement l’affrontement direct, ce que macron recherche en mettant comme aplat des troupes française en Ukraine. </p><p>Force est donc de constater qu’Emmanuel Macron, loin d’incarner un leadership éclairé, persiste dans une fuite en avant aussi vaine que dangereuse. Son refus de lever les sanctions malgré leur inefficacité, son entêtement à militariser la réponse européenne, et sa complaisance envers les fantasmes revanchards de Zelensky dessinent un scénario cauchemardesque : une guerre prolongée indéfiniment, au mépris des vies ukrainiennes et des intérêts européens. La Russie, quant à elle, observe ces manœuvres avec lucidité, sachant pertinemment que le couple Macron-Starmer ne cherche ni la paix ni la stabilité, mais la perpétuation d’un conflit servant leurs agendas politiques domestiques et leur soumission aux injonctions étasuniennes. Décidément, Macron ne comprend rien – ou feint de ne rien comprendre – aux dynamiques réelles de cette crise. Il ne saurait dès lors prétendre à la moindre crédibilité face à Moscou, qui voit en lui non un interlocuteur sérieux, mais un pantin désarticulé par ses propres contradictions et son aveuglement idéologique. La France et l’Europe méritent mieux que ces pantomimes guerrières : une diplomatie de la raison, affranchie des diktats atlantistes et soucieuse de l’intérêt général. Hélas, tant que des dirigeants aussi myopes que Macron tiendront les rênes, cet horizon restera inaccessible.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 19:37:18 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Déploiement en Ukraine : une initiative dangereuse, sans objectifs clairs ni stratégie cohérente.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Aujourd'hui, les dirigeants européens se sont réunis à Paris pour un sommet de la « coalition des volontaires » visant à renforcer le soutien à l'Ukraine.</p>

<p>La réunion a rassemblé plus de 30 dirigeants de pays européens, de l'OTAN et de l'UE, dans le but d’intensifier l’aide militaire et de discuter des garanties de sécurité à long terme pour l'Ukraine.</p>

<p>Le sommet visait à finaliser les garanties de sécurité et à envisager le déploiement de troupes de maintien de la paix, bien que les détails restent flous.</p>

<p>L’annonce par Emmanuel Macron et Keir Starmer d’un possible envoi de troupes franco-britanniques en Ukraine, sous couvert de « maintien de la paix », suscite de vives critiques parmi les experts militaires et stratégiques. Loin d’être une réponse mesurée, cette initiative apparaît comme un théâtre politique risqué, dépourvu d’objectifs de guerre clairs et ignorant les principes fondamentaux de la dissuasion nucléaire.<br />Une mission floue, des objectifs incohérents<br />D’après des sources militaires britanniques citées par The Telegraph (23/03/2025), le plan de Starmer semble davantage relever d’une « mise en scène politique » (« Political Theatre ») que d’une stratégie réaliste. Les critiques portent sur :</p>

<p>L’absence de mandat clair : Aucun accord de paix n’étant en place, ces troupes ne pourront pas jouer un rôle de médiation crédible.</p>

<p>Le flou sur leur mission : S’agit-il de protéger des zones ukrainiennes ? D’entraîner des soldats ? D’intervenir en cas d’offensive russe ? Aucune réponse précise n’est fournie.</p>

<p>Le risque d’enlisement : Sans lignes rouges clairement définies, ces soldats pourraient passer de « casques bleus » à belligérants directs en quelques heures.</p>

<p>Comme le résume un officier britannique : « Envoyer des troupes sans objectif militaire précis, c’est les exposer inutilement. C’est de la politique spectacle, pas de la stratégie. »</p>

<p>Une violation des principes de base de la dissuasion nucléaire<br />Le déploiement de troupes de deux puissances nucléaires, la France et le Royaume-Uni, dans une zone de guerre totale impliquant une troisième puissance nucléaire, la Russie (première puissance nucléaire mondiale en termes d’armes et de vecteurs), constitue une aberration stratégique.</p>

<p>Le principe fondamental de la dissuasion : On évite tout face-à-face direct entre nations dotées de l’arme atomique, car un incident (tir accidentel, escalade locale, provocations, etc.) pourrait déclencher une spirale incontrôlable.</p>

<p>Un précédent gravissime : Si des soldats français ou britanniques sont tués par des forces russes (ou inversement), la tentation de riposter – y compris par des frappes conventionnelles étendues – deviendrait politiquement irrésistible. Or, dans un tel scénario, Poutine a explicitement menacé d’utiliser « tous les moyens disponibles ».</p>

<p>Un prétexte à l’escalade ?<br />Cette initiative crée un risque calculé :</p>

<p>Provocation indirecte : En plaçant des troupes occidentales sur le terrain, on augmente mécaniquement les chances d’un incident. Une attaque russe (volontaire ou non) contre elles pourrait alors servir de justification à une intervention plus large.</p>

<p>Jeu dangereux pour l’Europe : La France et le Royaume-Uni, en agissant sans coordination claire au sein de l’OTAN, pourraient entraîner le continent dans une guerre dont personne ne veut – et dont personne n’a défini les limites.</p>

<p>Les Européens, divisés par des réticences fortes face à l’initiative franco-britannique, mettent principalement Washington au défi et non Moscou. Le positionnement pris par Macron et Starmer lors de ce sommet de la « coalition des volontaires » met la Russie en position de force dans les négociations en cours avec les États-Unis. Ces derniers apparaissent faibles et donnent toute latitude à la Russie de poursuivre sa guerre d’attrition et sa lente conquête de l’Ukraine. Les Russes peuvent en effet argumenter que tant que les Européens ne s’alignent pas sur les Américains, toute négociation est de facto caduque.</p>

<p>« Londres et Paris continuent d'élaborer des plans d’intervention militaire en Ukraine. Tout cela est déguisé en une sorte de mission de maintien de la paix », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.</p>

<p>Une provocation organisée contre les Américains et Donald Trump</p>

<p>Volodymyr Zelensky, lors d'une interview sur France 2 le 26 mars, a affirmé que Donald Trump pourrait mettre fin à la guerre en 24 heures, en acceptant l’Ukraine dans l’OTAN – un point rejeté par Trump, Mark Rutte (Secrétaire général de l’OTAN) et même Joe Biden.</p>

<p>Zelensky a aussi déclaré que la Maison Blanche avait « adopté la propagande et le narratif du Kremlin » et a exprimé son mécontentement à l’égard des déclarations de Steve Witkoff, envoyé américain chargé de négocier un cessez-le-feu.</p>

<p>On peut être certains que Donald Trump goûtera fort peu ces piques clairement qui lui sont clairement destinées.</p>

<p>Jouer avec le feu<br />Macron et Starmer prétendent « stabiliser » l’Ukraine, mais leur plan manque de cadre légal, d’objectifs militaires clairs et de prise en compte des risques nucléaires. Soit ils ignorent les fondamentaux stratégiques – ce qui est grave –, soit ils les connaissent et acceptent délibérément le danger. Dans les deux cas, c’est une faute historique.</p>

<p>Par ailleurs, l’attitude des Européens favorise la position des durs du régime au Kremlin. Ces derniers ne veulent pas d’un cessez-le-feu : d’une part, l’économie russe, non seulement résiliente mais en forte croissance (contrairement à l’économie européenne), et d’autre part, la Russie engrangeant des succès géopolitiques, notamment avec le développement des BRICS, préfèrent continuer la guerre, d’autant que l’armée russe étouffe chaque jour un peu plus une armée ukrainienne exsangue.</p>

<p>La position des Européens ultra-engagés (Macron, Starmer, von der Leyen en tête) leur donne un prétexte pour poursuivre la guerre. Le Kremlin, en effet, a maintes fois affirmé qu’il ne souhaite pas un « cessez-le-feu », mais un règlement global et un traité international en la matière. Il refuse l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et le déploiement de troupes de l’OTAN en Ukraine. Cette guerre est existentielle pour la Russie, et la position européenne les incite à continuer, prenant ainsi tout ce qu’ils peuvent, à savoir l’est de l’Ukraine au-delà du Dnipro, ainsi qu’Odessa. Le temps joue en faveur de la Russie.</p>

<p>Une hypothèse :<br />Cette détermination renouvelée et belliciste de Zelensky, Macron, Starmer et von der Leyen – bien que les moyens réels fassent défaut – pourrait être le fait des néocons américains, menacés d’une défaite stratégique en Ukraine et de l’effondrement de tout ce qu’ils ont construit depuis 1994. Après leur défaite lors des dernières élections présidentielles américaines, certes leur pouvoir a diminué, en particulier aux États-Unis, mais ils restent puissants, notamment au sein de l’Union européenne, où de nombreux dirigeants actuels leur doivent beaucoup pour leurs carrières et partagent leur vision d’un monde occidental dominé par les États-Unis.</p>

<p>Sous couvert de « défense de l’Ukraine » et de « défense des valeurs européennes », ils pourraient jouer ce coup dangereux pour tenter un double objectif : maintenir vive la flamme néoconservatrice jusqu’aux prochaines élections américaines et accélérer le processus de fédéralisation de l’Union européenne, en substituant un choix éclairé des peuples (par exemple, via des référendums) par une peur entretenue d’une invasion russe improbable.</p>

<p>Ce qui inquiète également dans ce contexte tendu avec des dirigeants jouant avec es allumettes à côtés de barils de poudres, c'est l'unanimité craintive, ou le silence gêné, de la quasi totalité de la classe politique en Europe et en particulier en France.</p>

<p>Que ce projet réussisse ou échoue, il aurait pour corollaire ce que la RAND avait clairement écrit dès 2018 : le sacrifice de l’Ukraine. Et cela, Macron, Starmer, von der Leyen et Zelensky le savent parfaitement.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 18:40:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1086/la-russie-represente-t-elle-une-menace</link>
	<title><![CDATA[La Russie représente-t-elle une menace ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Tel le loup des comptines d’antan, la menace russe est brandie de façon quasi quotidienne depuis des mois. Selon certains, elle serait même devenue « existentielle » pour l’Europe. Par-delà les déclamations et les effets de manche des personnalités politiques et des « experts » qui se relaient sur les chaînes d’information en continu, essayons d’y voir clair et d’apprécier à sa juste mesure la réalité de cette menace.<br /> On ne peut pas répondre à cette question sans mettre de côté le narratif occidental qui se résume à : « la Russie est l’agresseur et l’Ukraine le pays agressé » et sans avoir une vision claire des enjeux de ce conflit qui dépasse largement l’Ukraine. L’Occident a la mémoire courte lorsqu’il évoque « l’emploi désinhibé de la force » par la Russie, lui qui n’a cessé de conduire des opérations militaires depuis la fin de la guerre froide. Tellement convaincu de son bon droit et que l’emploi de la force relève de sa seule compétence, il est en quelque sorte désarçonné intellectuellement qu’un pays hors de son contrôle puisse se sentir menacé et utiliser la force sans lui demander son autorisation.<br /> Est-ce que cela signifie accorder un nihil obstat à la Russie et céder à toutes ses exigences ? Certainement pas, mais cela signifie au moins les étudier et les prendre en compte sans les balayer avec mépris. La diplomatie ne se limite pas à discuter avec ses amis mais elle consiste aussi à maintenir le contact avec ses compétiteurs, voire ses adversaires pour faire en sorte que la guerre soit l’ultime recours.<br /> Il est plus que temps de faire notre examen de conscience, de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’autre et de bloquer la montée aux extrêmes sous peine de s’acheminer vers une extension généralisée du conflit à moyen terme.<br /> Nous exposons dans une première partie les raisons d’être sceptiques sur la réalité d’une menace russe « existentielle » pour dans un deuxième temps, donner des éléments d’appréciation sur la réalité de cette menace.<br />Trois éléments de contexte qui autorisent un certain scepticisme sur la réalité d’une menace russe «existentielle». La manipulation des foules n’est pas l’apanage des régimes autoritaires<br /> Nous sommes à l’ère des manipulations à grande échelle des opinions publiques et dans ce domaine, les Américains et les Européens ont acquis une expertise indéniable. On sait depuis Gustave Le Bon que la psychologie des foules repose sur des sentiments primaires tels que la haine et la peur. Un bon meneur de foule est celui qui est capable de générer et d’exciter ces sentiments obtenant ainsi ce qu’il veut de son opinion publique.<br /> Les opérations de désinformation conduites lors des guerres menées par les États-Unis et leurs alliés, que ce soit au Kosovo en 1999, en Irak en 2003 ou encore en Libye en 2011 en sont des exemples éclatants : diabolisation à outrance de l’adversaire ; déformation voire invention de faits comme la soi-disant présence d’armes de destruction massives justifiant le déclenchement de la deuxième guerre du Golfe en 2003. Rien n’a été épargné pour justifier des engagements militaires profondément déstabilisateurs et contrevenant aux règles du droit international.                                      La guerre en Ukraine ne fait pas exception. Poutine était soi-disant malade et le voilà bien vivant; son pouvoir était au bord de l’effondrement et il est toujours là après 25 ans d’exercice ; l’image de l’armée russe a été «vendue» aux opinions occidentales pendant trois ans comme une piètre armée, mal équipée, mal commandée et subissant des pertes effroyables et voilà maintenant qu’elle constitue une menace redoutable et que le « front se rapproche de chez nous ». Par quel tour de magie, une armée considérée comme peu performante peut-elle se transformer en menace existentielle pour l’Europe ?<br />La bonne conscience de l’Occident et le deux poids deux mesures<br /> Nous vivons, nous Occidentaux, dans un milieu politique et culturel doté d’une bonne conscience inaltérable, convaincus que nous sommes d’être la boussole morale de l’univers. C’est la raison pour laquelle, nous ne craignons pas le deux poids deux mesures. Il est en quelque sorte connaturel à notre façon de penser.<br /> L’intégrité territoriale du Koweït hier et de l’Ukraine aujourd’hui ne se discutent pas mais celles de la Serbie et de l’Arménie ne pèsent pas lourd lorsqu’il s’agit de remodeler le monde ou de ménager les pays fournisseurs d’énergie fossile. On invente des faits invraisemblables comme l’affaire des couveuses au Koweït pour justifier la première guerre du Golfe en 1990 mais on ferme les yeux sur le nettoyage ethnique opéré par l’Azerbaïdjan au Nagorno-Karabakh.                                                        On peut assassiner des chefs d’État tels que Saddam Hussein ou Kadhafi sans que cela suscite une émotion particulière. Un changement de régime orchestré par l’Occident, comme le coup d’État de Maïdan en 2014 est légitime ; les tentatives russes – ou présentées comme telles – pour influencer les élections dans les pays de l’Est ou au Caucase sont illégitimes et conduisent à l’annulation des élections et l’interdiction pour certains candidats de se présenter, comme c’est le cas en Roumanie.<br /> Ce deux poids deux mesures et l’utilisation à géométrie variable du droit international qui caractérisent la conduite des pays occidentaux dans les relations internationales sont devenus tout bonnement indéfendables et inacceptables au reste du monde et expliquent en grande partie le profond ressentiment de la majorité des États. Les Assemblées générales des Nations Unies montrent cette fracture ; mais aussi le nombre d’États qui ont rejoint le mouvement des pays non alignés, soit 120 États, l’expansion des BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud-Egypte-Indonésie-Iran-Ethiopie-EAU-Arabie Saoudite et bientôt la Turquie, soit 4 milliards d’habitants), l’Union africaine. La Russie est fortement impliquée au niveau diplomatique dans tous ces forums alors que nous devrions y avoir toute notre place.<br /> Ce deux poids deux mesures accompagné de grandes leçons de morale sur la démocratie et l’État de droit est, en grande partie, à l’origine de la perte de légitimité morale de l’Occident<br />Vers une Europe fédérale « quoiqu’il en coûte »<br /> Troisième élément. Nous sommes gouvernés en France et au niveau des institutions européennes par des personnalités politiques qui ont un projet politique précis : celui d’une Europe fédérale dans laquelle les États deviendraient des Länder. Au nom de ce projet, les résultats du référendum sur le « Traité établissant une Constitution pour l’Europe » en 2005 ont été superbement ignorés et ont donné lieu au Traité de Lisbonne donnant à l’Union européenne une personnalité juridique. Au nom de ce projet, Madame Ursula Von der Leyen, présidente réélue à la tête de la Commission européenne, se conduit en véritable chef d’État. Au nom de ce projet, le président français, Emmanuel Macron est prêt à mutualiser notre dissuasion nucléaire montrant d’ailleurs sur ce sujet, une véritable constance depuis 2017.<br /> La poursuite de ce projet fédéral semble être l’unique boussole du président français. Ce qui le sert est mis en avant et ce qui peut lui nuire est mis de côté. C’est la raison pour laquelle le chef de l’État peut proclamer que la culture française n’existe pas et le lendemain, faire appel au patriotisme. Ses prises de parole controversées et contestées, y compris par nos partenaires européens, donnent le sentiment qu’il s’inscrit dans un combat personnel contre Poutine tout en cherchant à faire oublier nos échecs diplomatiques au Proche-Orient où la voix de la France ne compte plus comme l’a souligné notre ancien ambassadeur en Israël, Eric Danon, et en Afrique d’où nous avons été évincés sans ménagement au bénéfice d’autres puissances telles que la Russie, la Turquie et la Chine. Lorsque Dominique de Villepin évoque « l’excitation stratégique » du président français, il n’a sans doute pas tort.<br />Pourquoi être sceptique ?<br /> Lorsqu’une bonne partie de la classe politique et médiatique brandit la menace russe, nous avons donc de bonnes raisons d’être sceptiques car nous sommes avertis des vraies-fausses menaces et de leur capacité à manipuler l’opinion publique ; nous sommes avertis aussi de leur incapacité à juguler les vraies menaces : celles qui tuent en France (islam radical, crime organisé) et celles qui détruisent notre tissu social et notre économie (combien d’entreprises travaillant pour la défense sont passées sous contrôle américain depuis trente ans ?). Nous avons de bonnes raisons d’être sceptiques car, à peine masquée, se profile à chaque fois une nouvelle étape vers plus de fédéralisme comme si la France, pays de plus de 60 millions d’habitants, n’était plus capable de se gouverner par elle-même.<br /> Ces éléments de contexte, s’ils permettent d’émettre un doute sérieux sur la réalité d’une menace russe « existentielle » doivent être néanmoins complétés par une étude la plus objective possible de la réalité de cette menace.<br />La menace russe : entre mythes et réalités<br />Un bloc sino-russe constituerait une menace forte pour l’Europe et les grands équilibres mondiaux<br /> De par sa taille, ses ressources, ses armements, notamment son arsenal nucléaire, et son positionnement eurasiatique, la Russie joue naturellement un rôle géopolitique majeur sans pour autant constituer par elle-même une grande puissance capable de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine. En effet, la Russie souffre de deux handicaps majeurs :<br />• sa grande faiblesse démographique (150 millions d’habitants ; un taux de fécondité de 1,4 enfant par femme qui ne remonte pas en dépit de la promotion des valeurs conservatrices et une pyramide des âges comparable à celle des pays de l’Union européenne pris dans leur ensemble) ;<br />• sa relative faiblesse économique en raison de sa dépendance aux hydrocarbures (1) et son PIB équivalent à celui de l’Espagne. Néanmoins, soulignons qu’en dépit de sa faiblesse, l’économie russe a déjoué les pronostics et ne s’est pas effondrée avec les sanctions.<br /> Tout réside donc dans le jeu des alliances. Si la Russie s’allie avec les pays d’Europe, en particulier la France et l’Allemagne, elle constitue alors une menace pour les puissances maritimes que sont les États-Unis et le Royaume-Uni ; c’est la raison pour laquelle les Anglo-saxons ont tout fait pour couper les liens entre la France et la Russie d’une part (annulation de la vente d’un bâtiment de projection et de commandement Mistral en 2014 suite à l’annexion de la Crimée) et l’Allemagne et la Russie d’autre part (sabotage du gazoduc Nord Stream en 2022).<br /> Si la Russie se retourne vers l’Asie et la Chine, c’est alors l’Europe continentale qui peut se retrouver menacée. Dans une vision à courte vue, l’administration Biden a cherché à couper les liens économiques entre les pays d’Europe et la Russie obligeant celle-ci à se jeter dans les bras de la Chine et à chercher des alliances avec d’autres pays également en froid avec l’Occident. C’est une grave faute géopolitique car, si la Russie prise isolément ne constitue pas une menace redoutable, en revanche, un bloc sino-russe constitue une menace sérieuse pour l’Europe et les grands équilibres mondiaux.<br /> Si la géopolitique a une raison d’être, c’est bien de montrer que par-delà les événements et l’actualité, la tendance de fond qui se dessine constitue, à moyen terme, une menace sérieuse pour les pays d’Europe. C’est la raison pour laquelle, en dépit de sa brutalité et son arrogance, la politique étrangère de Trump, à 180 degrés de ses prédécesseurs, est sage dans son principe, tout du moins en ce qui concerne l’Europe. La Russie, même si elle est un voisin peu commode, doit rester arrimée à l’Europe et ne pas se constituer en bloc avec la Chine.<br /> L’équilibre des forces est une donnée essentielle des relations internationales et il convient de rappeler que si la France vaincue de Napoléon est revenue dans le Concert européen lors du Congrès de Vienne, elle le doit à la grande habileté de son ministre des relations extérieures Talleyrand et à la Russie. Ce qui était vrai pour l’Europe au XIXe siècle l’est pour le monde à notre époque.<br />Conflit en Ukraine : expansion territoriale ou coup d’arrêt à l’influence occidentale ?<br /> Rappelons les lignes rouges de la politique étrangère russe pour bien comprendre le cadre général : (a) La Russie refuse que l’Ukraine adhère à l’OTAN ; (b) Elle refuse aussi la présence de troupes étrangères en Ukraine ; (3) Elle refuse tout accès de l’Ukraine au nucléaire militaire ; (4) Elle exige la protection de la langue russe dans les régions russophones de l’Ukraine.<br />La Russie est-elle dans une logique d’expansion territoriale ?<br /> Oui, en première approche si l’on considère la reprise de la Crimée en 2014 par un coup de force mais sans violence, l’appui aux séparatistes du Donbass de 2014 à 2022 et au final l’occupation d’environ 20% du territoire ukrainien en 2025.<br /> Non en deuxième lecture, car ce conflit dépasse de loin le cadre ukrainien et s’inscrit dans un Niet catégorique face à la volonté occidentale de ramener, par tous les moyens, dans sa zone d’influence les anciens pays du bloc soviétique.<br /> En effet, de 1999 à 2004, on assiste à une progression constante de l’influence occidentale sans réaction du côté russe : en 1999, le GUAM réunissant la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie est créé pour tenter d’échapper à l’influence russe ; en 2003, la « révolution des roses » en Géorgie, après les élections législatives, voit l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Saakashvili, candidat pro-occidental ; cette « révolution des roses » est suivie de près en 2004 par la « révolution orange » en Ukraine qui voit l’annulation des élections et l’arrivée au pouvoir du candidat pro occidental Viktor Iouchtchenko. Ces deux « révolutions » bénéficient de l’appui inconditionnel des anglo-saxons pour qui l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays est une chose normale et qu’ils considèrent comme un droit exclusif.<br /> A partir de cette date, la Russie, qui jusqu’à alors présent avait laissé faire, réagit pour tenter de reprendre le contrôle de ses marches. En 2008, elle lance une opération militaire en Géorgie qui aboutit à la sécession de l’Ossétie du Sud. Mais cela ne freine pas les velléités du camp occidental car en 2009, l’Union européenne (UE) lance le Partenariat oriental avec les six pays de l’espace ex-soviétique – Belarus, Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan – suivi en 2013 d’un accord d’association entre l’UE et la Moldavie d’une part et l’UE et la Géorgie d’autre part.<br /> En 2014, la « révolution de Maïdan », orchestrée par la CIA et financée par l’USAID, aboutit au départ de Ianoukovitch. C’est la révolution de trop, le « 11 septembre 2001 » de la Russie selon l’expression de Pierre Verluise car l’Ukraine est considérée comme le berceau de la Russie. La réaction russe, manifestement bien anticipée, est immédiate avec la prise de contrôle de la République autonome de Crimée.<br /> A partir de cette date, l’Ukraine cristallise l’affrontement entre la Russie et l’Occident. Le conflit se déplace à bas bruit médiatique dans le Donbass où pendant 8 ans, l’armée ukrainienne affronte les séparatistes soutenus par l’armée russe. Au niveau politique, les accords de Minsk censés trouver une solution diplomatique s’avèrent être « un moyen de gagner du temps » comme le reconnaitra, avec cynisme ou candeur, Angela Merkel, chancelier allemand de 2005 à 2021. Persuadé à tort qu’il peut répéter à grande échelle le coup de la Crimée, Poutine tente une opération militaire qui vise à renverser le régime de Kiev, desserrer l’étau ukrainien autour du Donbass et ramener l’Ukraine dans sa zone d’influence. S’ensuit alors une guerre de haute intensité entre la Russie soutenue par la Chine, l’Iran et la Corée du Nord, et l’Ukraine soutenue par les Occidentaux.<br /> En résumé, les opérations militaires de la Russie ont pour objectif moins une expansion territoriale que  (i) la volonté de conserver des leviers de puissance (la Crimée et le port de Sébastopol 2014) et (ii) mettre un coup d’arrêt aux ingérences et aux opérations de déstabilisation de l’Occident (Caucase 2008, Syrie 2015) ainsi qu’à l’élargissement de l’OTAN (Ukraine 2022).<br /> Ce point est essentiel et a été souligné à maintes reprises. La Russie ne veut pas d’une extension indéfinie de l’OTAN vers l’Est avec l’installation de systèmes d’armes capables de faire peser une menace sur son territoire et particulièrement Moscou. C’est un argument qui mérite d’être entendu. Est-ce que les États-Unis accepteraient le déploiement d’une base militaire russe au Mexique ou à Cuba ? C’est très peu probable. L’armée russe a-t-elle les moyens d’envahir l’Europe ?<br /> La réponse doit être nuancée. A première vue, l’armée russe n’a guère brillé pendant cette campagne. Même si elle a repris l’initiative depuis décembre 2023, les gains territoriaux sont réels mais limités. A ce rythme, il faudrait plusieurs dizaines d’années avant d’arriver au bord du Rhin. Ensuite, en admettant que les pertes « colossales » de l’armée russe soient vérifiées, il faudrait à la Russie un réservoir humain autrement plus conséquent s’il lui prenait l’envie d’envahir l’Europe.<br /> Cette perspective, soutenue par certains cénacles de l’OTAN ou proches de l’OTAN, ayant conservé le logiciel de la guerre froide, est donc à court-moyen terme totalement irréaliste.<br /> Posons donc la question autrement : qu’a cherché à faire l’armée russe en Ukraine ? Elle a d’abord cherché l’anéantissement de l’armée ukrainienne et de l’appareil de défense ukrainien en lui infligeant des pertes massives sur le front et en détruisant dans la profondeur les infrastructures indispensables à l’effort de guerre. C’est d’abord une guerre par épuisement avant d’être une guerre de conquête territoriale. Ce faisant, la Russie a aussi provoqué l’assèchement de nos stocks et donc un affaiblissement militaire ponctuel de l’Occident. Il faudra autre chose que des forums à Londres ou à Paris pour pallier cet affaiblissement, reconstituer des stocks et permettre à l’industrie de défense de se réorganiser.<br /> Est-ce que l’armée russe sort renforcée de cette guerre ? En dépit des pertes importantes, il est permis de le penser car elle a su tirer rapidement les leçons de ses échecs initiaux et reconfigurer son économie et son industrie pour soutenir son effort de guerre. On peut donc raisonnablement estimer que la Russie dispose maintenant d’une armée aguerrie et d’un solide complexe militaro-industriel capable de faire peser une menace sur des petits pays tels que les pays baltes ou la Moldavie si les relations venaient à se détériorer.<br /> Précisons cependant que la menace n’est pas que militaire. La Russie a fait de la désinformation et de la guerre hybride un art à part entière. La France en sait quelque chose dans certains de ses territoires d’outre-mer, où la Russie (et la Turquie pour un objectif différent) a utilisé l’Azerbaïdjan comme proxy chargé d’appuyer et soutenir les revendications violentes des partisans de l’indépendance mais aussi en Afrique d’où  nous avons été chassés, en partie à cause de l’arrogance du comportement des plus hautes autorités françaises, et en partie en raison de notre incapacité à contrer efficacement la propagande russe antifrançaise en Afrique.<br /> Si les relations entre la France et la Russie venaient à se détériorer encore plus, nous pourrions effectivement avoir à faire face à des opérations de déstabilisation à grande échelle comme des troubles intérieurs sur le territoire national par le biais de certaines communautés soutenues et instrumentalisées par la Russie, des cyberattaques d’ampleur ou des attaques dans le domaine spatial (destruction de nos satellites et donc d’une partie de nos capacités garantissant notre autonomie d’appréciation stratégique). Ce type de menace est donc à prendre avec le plus grand sérieux.<br />Que doivent faire la France et l'Europe ?<br /> A l’évidence, la Russie, à l’instar de la Chine, est dans une quête de puissance qui puise sa force dans un ressentiment profond et durable à l’encontre de l’Occident en raison des promesses faites lors de l’effondrement de l’Union soviétique et non tenues depuis. Faut-il continuer à attiser ce ressentiment et continuer à exciter nos opinions publiques ou au contraire faut-il chercher les voies de l’apaisement ?<br /> La deuxième solution est la seule raisonnable. La France qui se targue d’être une puissance d’équilibre avait un rôle historique à jouer dans ce conflit, au lieu de quoi, elle s’est alignée sur la politique anglosaxonne de soutien inconditionnel à l’Ukraine pour in fine, se trouver en porte-à-faux après l’élection de Donald Trump, écartée du processus de paix et obligée de poursuivre une ligne intransigeante totalement décalée par rapport à la réalité du terrain et de ses propres moyens militaires.<br /> Est-ce que chercher l’apaisement signifie abdiquer et donc ouvrir la voie à d’autres conflits ? Nous ne le pensons pas mais reconnaissons que le risque existe. Les pays européens, doivent effectivement se doter d’une puissance militaire correspondant à leur rang et à leurs prétentions à peser sur les affaires du monde.</p>

<p> Non seulement pour être respecté de la Russie et lui tenir tête lorsque c’est nécessaire, mais aussi parce que d’autres puissances, animées d’ambitions territoriales adossées à des idéologies, manifestent des appétits de puissance de plus en plus insatiables.</p>

<p>François-Régis Legrier, Philippe Kalfayan  23/03/2025</p>

<p>François-Régis Legrier est colonel à la retraite et professeur de géopolitique.</p>

<p>Philippe Kalfayan est juriste internationaliste, conseil en stratégie et spécialiste de l’espace post-soviétique.</p>

<p>Notes<br />1) Ce qui fait dire dans les milieux néoconservateurs que la Russie n’est qu’une station-service dotée de missiles nucléaires</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1085/la-gauche-grand-ecart</guid>
	<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 05:43:15 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1085/la-gauche-grand-ecart</link>
	<title><![CDATA[La gauche grand écart...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Etonnante gauche qui défile. Elle défend la paix en Palestine et la guerre en Ukraine. Elle défend le port du voile en France et l’abandon du port du voile en Iran. Elle ferme les yeux sur les violences faites aux femmes dans les cités et les dénonce dans le milieu du cinéma. Elle défend les homosexuels et les transgenres et adule les gens issus des pays où l’homosexualité est criminalisée. Elle trouve normal que les migrants investissent un théâtre ou une église, mais pas une mosquée. Elle défend les voyous des cités, mais plus les pauvres gens des provinces. Elle est passée de l’adoration à la détestation du « grand frère russe ». Elle est pour l’accueil des migrants mais aucun de ses militants n’en héberge chez lui. Elle défend les squatteurs, tant qu’ils s’installent dans les maisons des autres. Elle explique que les cités sensibles sont une chance pour la France, mais aucun d’eux n’y habite. Elle défend le droit d’étudier à Siences-Po, mais à condition qu’on soit pro-palestinien. Elle défend Nahel, mais pas Thomas, défend Traoré et sa famille polygame, mais fustige un acteur qui a une maîtresse. Elle combat l’antisémitisme et hurle avec les antisémites. Et finalement, quand ils défilent dans la rue, on a l’impression qu’ils sont nombreux, mais c’est juste une impression. Non en fait, ils sont tous là, ils braillent mais ne représentent qu’eux mêmes.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 21:46:11 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Une manipulation russophobe sur fond d’imposture islamiste  – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Cyrille de LATTRE<br />
<img src="https://notrepays.today/wp-content/uploads/2025/03/notrepays-darmanin-et-la-duplicite-francaise-une-manipulation-russophobe-sur-fond-dimposture-islamiste.jpg" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p>La sc&egrave;ne politique fran&ccedil;aise, sous les ors trompeurs de la vertu r&eacute;publicaine, livre aujourd&rsquo;hui un spectacle d&eacute;solant o&ugrave; l&rsquo;opportunisme le plus cynique se pare des atours de la s&eacute;curit&eacute; nationale. G&eacute;rald Darmanin, ex Ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, et la porte-parole du gouvernement, orchestrent une man&oelig;uvre aussi grossi&egrave;re que r&eacute;v&eacute;latrice : <a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-attentat-contre-mon-frere-ne-peut-servir-vos-interets-la-reponse-cinglante-de-mickaelle-paty-au-gouvernement-sur-la-russie-et-le-terrorisme-20250313" target="_blank">instrumentaliser</a> l&rsquo;assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste pour alimenter une rh&eacute;torique russophobe. Derri&egrave;re cette mascarade se dissimule une r&eacute;alit&eacute; autrement plus accablante : l&rsquo;incapacit&eacute; coupable de la France &agrave; ma&icirc;triser les mouvances ultra-islamistes qu&rsquo;elle h&eacute;berge, tout en persistant dans une hypocrisie diplomatique &eacute;hont&eacute;e.</p><p>L&rsquo;affaire Paty, trag&eacute;die nationale exploit&eacute;e avec une ind&eacute;cence calcul&eacute;e, sert aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;texte &agrave; une offensive m&eacute;diatique contre la Russie. Le criminel, d&rsquo;origine tch&eacute;tch&egrave;ne, est pr&eacute;sent&eacute; comme un embl&egrave;me des menaces venues de l&rsquo;Est, occultant volontairement son appartenance &agrave; des r&eacute;seaux islamistes transnationaux. Le Hayat Tahrir al-Sham (HTS), groupe affili&eacute; &agrave; Al-Qa&iuml;da et responsable de massacres en Syrie, compte parmi ses soutiens cette &laquo; vermine &raquo; &mdash; pour reprendre un terme cru mais explicite &mdash; que Paris et Bruxelles re&ccedil;oivent en grande pompe, comme en t&eacute;moignent des rencontres diplomatiques ambigu&euml;s.</p><p>Darmanin, dans un exercice de contorsionniste moral, omet sciemment ces affiliations. Son discours, r&eacute;duit &agrave; une caricature russophobe, &eacute;vacue toute analyse g&eacute;opolitique s&eacute;rieuse. La Tch&eacute;tch&eacute;nie, r&eacute;gion marqu&eacute;e par des conflits complexes, devient un simple &eacute;pouvantail, tandis que les racines id&eacute;ologiques du terrorisme &mdash; nourries sur le sol fran&ccedil;ais &mdash; sont ignor&eacute;es.</p><p>L&rsquo;&eacute;pisode alg&eacute;rien de Darmanin m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre exhum&eacute; comme un aveu d&rsquo;impuissance. D&eacute;posant une gerbe au monument aux morts du FLN &mdash; ennemi historique de la France &mdash;, le ministre essuya un camouflet cinglant : l&rsquo;Alg&eacute;rie refusa de reprendre des ressortissants binationaux, renvoyant la balle &agrave; une France incapable d&rsquo;assumer ses propres choix migratoires.</p><p>Pire encore, la tentative de reproduire ce sc&eacute;nario avec la Russie tourna au fiasco. Les autorit&eacute;s russes, anticipant la man&oelig;uvre, oppos&egrave;rent une fin de non-recevoir polie : les Tch&eacute;tch&egrave;nes pr&eacute;sents en France, souvent li&eacute;s &agrave; l&rsquo;islam radical, relevaient de la responsabilit&eacute; fran&ccedil;aise. Rappelons que Moscou avait explicitement mis en garde contre l&rsquo;accueil de ces &eacute;l&eacute;ments, une alerte rest&eacute;e lettre morte. Darmanin, pris en flagrant d&eacute;lit de mensonge sur sa pr&eacute;tendue visite en Russie, incarne ainsi une duplicit&eacute; flagrante.</p><p>Le traitement actuellement r&eacute;serv&eacute; aux l&eacute;gionnaires fran&ccedil;ais d&rsquo;origine russes illustre une schizophr&eacute;nie &eacute;tatique insupportable. Ces soldats, engag&eacute;s volontaires ayant servi la France durant des ann&eacute;es &mdash; parfois une d&eacute;cennie ou plus &mdash;, se voient syst&eacute;matiquement refuser la naturalisation. Leur crime ? &Ecirc;tre n&eacute;s russes. Cette discrimination, &eacute;rig&eacute;e en politique silencieuse, contraste avec la complaisance affich&eacute;e envers d&rsquo;autres nationalit&eacute;s, pourtant issues de r&eacute;gions en proie &agrave; l&rsquo;extr&eacute;misme.</p><p>Que dire d&rsquo;une nation, la France de Macron et de sa clique, qui rejette ceux qui l&rsquo;ont servi avec Honneur et Fid&eacute;lit&eacute;, tout en ouvrant ses portes &agrave; des individus dont les affiliations jihadistes sont document&eacute;es ? La r&eacute;ponse est am&egrave;re : la France, enivr&eacute;e par un anti-russisme primaire, pr&eacute;f&egrave;re sacrifier l&rsquo;honneur sur l&rsquo;autel de l&rsquo;id&eacute;ologie.</p><p>A ces l&eacute;gionnaires fran&ccedil;ais d&rsquo;origine Russe, qui ont servi mon pays, je leur dis d&rsquo;abord merci, et ensuite je leur conseille de rentrer dans la M&egrave;re Patrie, qui elle n&rsquo;oublie jamais les siens, et en tant que fran&ccedil;ais vivant en Russie, je peu le confirmer, la Russie n&rsquo;oublie jamais les siens. La France ne vous m&eacute;rite pas et elle ne m&eacute;rite pas votre engagement&nbsp;!</p><p>En manipulant l&rsquo;&eacute;motion l&eacute;gitime suscit&eacute;e par un drame national, Darmanin et ses acolytes trahissent une faillite morale et strat&eacute;gique. La russophobie, brandie comme diversion, ne saurait masquer l&rsquo;incurie dans la gestion des mouvances islamistes, ni les compromissions avec des groupes sanguinaires syriens.</p><p>La France, autoproclam&eacute;e patrie des Lumi&egrave;res, sombre dans les t&eacute;n&egrave;bres de l&rsquo;opportunisme. Elle qui se targue de valeurs universelles ferait mieux de balayer devant sa porte : cesser d&rsquo;h&eacute;berger ceux qui la ha&iuml;ssent, honorer ceux qui la servent, et retrouver une coh&eacute;rence digne de son histoire. Jusque-l&agrave;, les Darmanin de ce monde continueront d&rsquo;incarner non la grandeur, mais la d&eacute;route d&rsquo;une nation en perte de rep&egrave;res.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1083/infographies-trois-graphiques-pour-comprendre-les-enjeux-de-la-guerre-commerciale-entre-les-etats-unis-et-lunion-europeenne</guid>
	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 21:37:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[INFOGRAPHIES. Trois graphiques pour comprendre les enjeux de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l&#039;Union européenne]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><p><img alt="Ensemble, l'aluminium et l'acier ont compté pour moins de 2% des exportations totales de l'Union européenne vers les Etats-Unis. (JAAK MOINEAU / HANS LUCAS / AFP)" fetchpriority="high" sizes="(min-width: 1200px) 90vw, (min-width: 560px) 100vw, 90vw" src="https://www.francetvinfo.fr/pictures/mHV9eRRDc6ICEgD1KmfjPGtG15A/102x0:784x682/100x100/filters:format(jpg)/2025/03/14/080-hl-jmoineau-1669696-67d3c68d13715172475785.jpg" style="width: 50%; height: 50%;"><br />
Ensemble, l&#39;aluminium et l&#39;acier ont compt&eacute; pour moins de 2% des exportations totales de l&#39;Union europ&eacute;enne vers les Etats-Unis. (JAAK MOINEAU / HANS LUCAS / AFP)</p><p>Donald Trump a d&eacute;cid&eacute; d&#39;imposer des droits de douane de 25% sur l&#39;aluminium et l&#39;acier en provenance d&#39;Europe. En r&eacute;action, la Commission europ&eacute;enne a annonc&eacute; qu&#39;elle allait bient&ocirc;t taxer une s&eacute;rie de produits am&eacute;ricains. Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain menace maintenant les alcools du Vieux Continent.</p><p>La guerre commerciale est d&eacute;clar&eacute;e. Apr&egrave;s des semaines de menaces, <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/il-y-a-l-idee-que-la-force-doit-l-emporter-sur-le-droit-comment-donald-trump-bouscule-l-ordre-mondial-en-place-depuis-1945_7098012.html">Donald Trump est pass&eacute; &agrave; l&#39;offensive</a>&nbsp;: le pr&eacute;sident am&eacute;ricain a impos&eacute;, mercredi 12 mars, des droits de douane de 25% sur l&#39;acier et l&#39;aluminium europ&eacute;ens. L&#39;Europe n&#39;a pas tard&eacute; &agrave; r&eacute;agir. Promettant une riposte &quot;forte mais proportionn&eacute;e&quot;, la Commission europ&eacute;enne <a href="https://www.francetvinfo.fr/economie/commerce/hausse-des-droits-de-douane-americains-l-union-europeenne-repliquera-des-le-1er-avril-face-aux-tarifs-sur-l-acier-et-l-aluminium_7125084.html">a annonc&eacute; des taxes</a>, d&egrave;s le 1er avril, sur des produits embl&eacute;matiques venant des Etats-Unis comme les motos Harley-Davidson et le bourbon, ainsi que sur d&#39;autres produits dont la liste reste &agrave; d&eacute;finir. Au total, Bruxelles pr&eacute;voit d&#39;imposer des contre-mesures sur 28 milliards de dollars de marchandises am&eacute;ricaines. Et la surench&egrave;re continue&nbsp;: le locataire de la Maison Blanche <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/donald-trump-menace-d-imposer-des-droits-de-douane-de-200-sur-le-champagne-et-les-vins-francais-et-europeens_7127655.html">a menac&eacute; de taxer &agrave; 200% le vin et le champagne europ&eacute;ens</a>. Ni les Etats-Unis ni l&#39;Europe ne semblent pr&ecirc;ts &agrave; reculer pour l&#39;instant. Franceinfo vous expose en trois graphiques les enjeux de cette escalade.</p><h2 class="bullet">L&#39;acier et l&#39;aluminium repr&eacute;sentent moins de 2% des exportations europ&eacute;ennes</h2><p class="p1">Donald Trump a d&eacute;cid&eacute; de commencer par cibler l&#39;acier et l&#39;aluminium, mais l&#39;impact reste limit&eacute; &agrave; l&#39;&eacute;chelle du commerce transatlantique. En 2024, ces m&eacute;taux repr&eacute;sentaient moins de 2% des exportations de l&#39;Union europ&eacute;enne vers les Etats-Unis, selon les calculs de franceinfo &agrave; partir des donn&eacute;es d&#39;Eurostat.&nbsp;</p><p><img alt="hierarchy visualization" src="https://public.flourish.studio/visualisation/22077384/thumbnail" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p data-end="1735" data-start="1138">&quot;C&#39;est assez classique dans les guerres commerciales de commencer par imposer des produits de moindre importance&quot;, commente St&eacute;phane Auray, chercheur &agrave; l&#39;Ecole nationale de la statistique et de l&#39;analyse de l&#39;information et &agrave; la Rennes School of Business. Selon ce sp&eacute;cialiste, ces droits de douane peuvent tout de m&ecirc;me avoir des cons&eacute;quences, en alourdissant la facture des entreprises d&eacute;pendant de ces mati&egrave;res premi&egrave;res pour leurs activit&eacute;s, comme l&#39;industrie automobile avec l&#39;acier. Il souligne &eacute;galement qu&#39;un risque d&#39;escalade est possible&nbsp;: toute nouvelle hausse d&#39;un droit de douane entra&icirc;nant en repr&eacute;sailles l&#39;instauration d&#39;une autre taxe &agrave; l&#39;importation.</p><p data-end="1735" data-start="1138">&quot;Ces droits de douane sont contraignants pour les entreprises, car ils perturbent les march&eacute;s, mais ce n&#39;est pas un probl&egrave;me majeur pour l&#39;industrie europ&eacute;enne de l&#39;aluminium&quot;, relativise Cyrille Mounier, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; g&eacute;n&eacute;ral d&#39;Aluminium France. En 2018, lors du premier mandat de Donald Trump, une taxe similaire de 25% sur l&#39;acier et de 10% sur l&#39;aluminium avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; impos&eacute;e, avec un impact finalement limit&eacute; sur les exportations europ&eacute;ennes, selon les donn&eacute;es d&#39;Eurostat. Le repr&eacute;sentant de la f&eacute;d&eacute;ration professionnelle de l&#39;industrie fran&ccedil;aise de l&#39;aluminium fait en outre valoir que l&#39;Europe produit de l&#39;aluminium brut, alors que les Etats-Unis n&#39;en fabriquent pas et doivent donc en importer. &quot;Il leur co&ucirc;terait bien plus cher de construire des usines pour produire du m&eacute;tal brut que de payer des droits de douane &agrave; 25%&quot;, estime-t-il.&nbsp;</p><h2 class="bullet">Les &eacute;conomies europ&eacute;ennes et am&eacute;ricaines sont &eacute;troitement li&eacute;es</h2><p class="p1">Les &eacute;conomies europ&eacute;enne et am&eacute;ricaine sont li&eacute;es par d&#39;importants &eacute;changes commerciaux. Les Etats-Unis sont le plus grand partenaire commercial de l&#39;UE&nbsp;: ils ont repr&eacute;sent&eacute; environ 20% des exportations europ&eacute;ennes en 2024, selon les donn&eacute;es d&#39;Eurostat. Dans l&#39;autre sens, l&#39;Europe d&eacute;pend de son partenaire am&eacute;ricain pour environ 14% de ses importations, ce qui fait des Etats-Unis le deuxi&egrave;me fournisseur de l&#39;UE, juste derri&egrave;re la Chine.</p><p><img alt="chart visualization" src="https://public.flourish.studio/visualisation/22091161/thumbnail" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p class="p1">Ces &eacute;changes commerciaux s&#39;av&egrave;rent cons&eacute;quents dans certains secteurs en particulier. L&#39;Europe d&eacute;pend en partie des Etats-Unis pour ses importations de p&eacute;trole (plus de 12% du total des biens &eacute;chang&eacute;s), de gaz et de certains m&eacute;dicaments. Quant aux Etats-Unis, ils importent notamment des produits m&eacute;dicaux et pharmaceutiques europ&eacute;ens, qui repr&eacute;sentent pr&egrave;s de 15% de leurs importations en provenance de l&#39;UE, mais aussi des voitures ou des avions.</p><p class="ftvi_citation_quote">&quot;Une guerre commerciale sur les produits les plus &eacute;chang&eacute;s entre l&#39;UE et les Etats-Unis serait une catastrophe.&quot;<br />
<em>St&eacute;phane Auray, &eacute;conomiste &agrave; franceinfo</em></p><p class="p1">Si les taxes sur les produits les plus fr&eacute;quemment &eacute;chang&eacute;s restent pour l&#39;instant limit&eacute;es, d&#39;autres secteurs pourraient cependant trinquer. Avec des droits de douane &quot;&agrave; 200%&quot;, &quot;le business s&#39;arr&ecirc;te&quot;, a pr&eacute;venu Nicolas Ozanam, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; g&eacute;n&eacute;ral de la F&eacute;d&eacute;ration fran&ccedil;aise des exportateurs de vins et spiritueux, interrog&eacute; par l&#39;AFP. Cela reviendrait &agrave; tripler le prix des bouteilles d&#39;alcool tricolore sur le march&eacute; am&eacute;ricain. Or la France y a export&eacute; en 2024 pour &agrave; peu pr&egrave;s 3,9 milliards d&#39;euros, soit un quart de ses exportations totales, selon des chiffres des douanes fran&ccedil;aises et de la FEVS.</p><h2 class="bullet">La balance commerciale penche du c&ocirc;t&eacute; de l&#39;Europe&nbsp;</h2><p class="p1">Pendant sa campagne pr&eacute;sidentielle de 2024, Donald Trump a r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;nonc&eacute; le d&eacute;ficit commercial croissant des Etats-Unis avec l&#39;Europe. A raison. En dix ans, l&#39;exc&eacute;dent commercial de l&#39;Union europ&eacute;enne vis-&agrave;-vis des Etats-Unis a plus que doubl&eacute;, passant de 97,1 milliards d&#39;euros en 2014 &agrave; 198,2 milliards en 2024. Cependant, ce d&eacute;s&eacute;quilibre ne concerne que les marchandises&nbsp;: l&#39;UE a export&eacute; bien plus de produits vers les Etats-Unis qu&#39;elle n&#39;en a import&eacute;s. En revanche, pour les services, l&#39;Europe conna&icirc;t un d&eacute;ficit commercial et d&eacute;pend largement des Am&eacute;ricains.</p><p><img alt="chart visualization" src="https://public.flourish.studio/visualisation/22079735/thumbnail" style="width: 50%; height: 50%;"></p><p class="p1">Certains pays europ&eacute;ens, comme l&#39;Allemagne ou l&#39;Irlande, qui exporte plus de 50% de ses biens hors de l&#39;UE vers les Etats-Unis, sont plus vuln&eacute;rables aux cons&eacute;quences des hausses des droits de douane et risquent d&#39;&ecirc;tre particuli&egrave;rement touch&eacute;s. Au Parlement europ&eacute;en, plusieurs d&eacute;put&eacute;s ont insist&eacute; sur la n&eacute;cessit&eacute; de faire front commun face &agrave; ce d&eacute;but de guerre commerciale. En France, le ministre charg&eacute; du Commerce ext&eacute;rieur, Laurent Saint-Martin, s&#39;est montr&eacute; d&eacute;termin&eacute; &agrave; d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais et europ&eacute;ens&nbsp;: &quot;Nous ne c&eacute;derons pas aux menaces et prot&eacute;gerons toujours nos fili&egrave;res&quot;, a-t-il &eacute;crit sur le r&eacute;seau social X.&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1082/commerce-qu%E2%80%99achete-et-vend-lue-aux-etats-unis</guid>
	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 21:30:16 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1082/commerce-qu%E2%80%99achete-et-vend-lue-aux-etats-unis</link>
	<title><![CDATA[Commerce: Qu’achète et vend l&#039;UE aux États-Unis?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><h2>M&eacute;dicaments, voitures...: Qu&rsquo;ach&egrave;te et vend l&#39;UE aux &Eacute;tats-Unis?</h2><p>&nbsp;</p><p>L&rsquo;Union europ&eacute;enne va r&eacute;pliquer &agrave; Trump qui a d&eacute;cid&eacute; de doper les droits de douanes. Petit tour d&rsquo;horizon de ce que l&rsquo;UE importe et exporte vers son alli&eacute;.</p><p>par Marion Chevrier</p><p><img alt="Les États-Unis sont le premier partenaire de l'UE pour les exportations de biens." height="176" src="https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=1200&amp;h=1200&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=cf6de4ad796cb2754f6a5cf7b0011eba" srcset="https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=400&amp;h=400&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=13f4e47764ae955f52a5907a2bb8528d 400w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=1200&amp;h=1200&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=cf6de4ad796cb2754f6a5cf7b0011eba 626w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=1600&amp;h=1600&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=6c4da8f5c3779e74a5810a9540e5aca1 626w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=2001&amp;h=2000&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=85c9eeda8e47ae81f54a7c3c6c0726e0 626w, https://image.lessentiel.lu/2025/03/11/50a1fd7b-f431-4611-bb91-7a2dfbb5fb6c.avif?auto=format%2Ccompress%2Cenhance&amp;fit=max&amp;w=800&amp;h=800&amp;rect=0%2C0%2C626%2C352&amp;s=db87fd35e3bc97bca832bf94629fe6a7 626w" style="width: 313px; height: 176px;" title="Les États-Unis sont le premier partenaire de l'UE pour les exportations de biens." width="313"></p><p>Les &Eacute;tats-Unis sont le premier partenaire de l&#39;UE pour les exportations de biens.</p><p>Alors que les droits de douane sur l&#39;acier et l&#39;aluminium voulus par Trump <a href="https://www.lessentiel.lu/fr/story/etats-unis-les-droits-de-douane-sont-effectifs-l-europe-replique-103299963" rel="noopener noreferrer" target="_blank">sont entr&eacute;s en vigueur</a> ce mercredi, l&#39;UE a imm&eacute;diatement r&eacute;pliqu&eacute; en taxant une s&eacute;rie de produits am&eacute;ricains. Mais qu&rsquo;ach&egrave;te et vend l&#39;UE aux &Eacute;tats-Unis?</p><p>En 2024, l&rsquo;UE a export&eacute; 531,6 milliards d&rsquo;euros de biens vers les &Eacute;tats-Unis et en a import&eacute; 333,4 milliards d&rsquo;euros (-5%), ce qui a g&eacute;n&eacute;r&eacute; un exc&eacute;dent commercial de 198,2 milliards d&rsquo;euros (+5,5%), selon un communiqu&eacute; transmis mardi par Eurostat. Un tiers des biens export&eacute;s sont des produits m&eacute;dicaux et pharmaceutiques (22,5%) et des v&eacute;hicules routiers (9,6%). Viennent ensuite des machines et &eacute;quipements industriels g&eacute;n&eacute;raux (6,4%), des machines, appareils et pi&egrave;ces &eacute;lectriques (6%) et des machines sp&eacute;cialis&eacute;es pour des industries particuli&egrave;res (5%).</p><p>Les &Eacute;tats-Unis, eux, nous vendent principalement des produits p&eacute;troliers (16,1%), des m&eacute;dicaments et des produits pharmaceutiques (13,8%), des machines et &eacute;quipements de production d&rsquo;&eacute;nergie (9,2%) et du gaz (5,8%).</p><p>Au sein de l&rsquo;UE, c&rsquo;est bien s&ucirc;r l&rsquo;Allemagne qui exporte le plus vers les &Eacute;tats-Unis (161,2 milliards d&rsquo;euros, soit 30% des exportations europ&eacute;ennes), loin devant l&rsquo;Irlande (72,1 milliards d&rsquo;euros), l&rsquo;Italie (64,7 milliards d&rsquo;euros), la France (47,1 milliards d&rsquo;euros), les Pays-Bas (43,4 milliards d&rsquo;euros) contre 33 milliards pour la Belgique.</p><p>C&rsquo;est aussi l&rsquo;Allemagne qui importe le plus depuis les &Eacute;tats-Unis (69 milliards d&rsquo;euros, soit 21% des importations europ&eacute;ennes), devant les Pays-Bas (68,2 milliards), la France (44 milliards), la Belgique (31,4 milliards) et l&rsquo;Italie (25,9 milliards). La balance commerciale des biens de l&rsquo;Allemagne avec les &Eacute;tats-Unis et donc largement exc&eacute;dentaire (92,2 milliards d&rsquo;euros). &Agrave; titre de comparaison, la balance fran&ccedil;aise est beaucoup plus &eacute;quilibr&eacute;e (+3 milliards d&rsquo;euros).</p><p>&nbsp;</p><h2 class="crosshead_crosshead__MxhCQ crosshead_siteAreaNews__x10eM crosshead_typeStandard__szEKi" data-testid="Crosshead">La balance luxembourgeoise en d&eacute;ficit</h2><p>&nbsp;</p><p>Et le Luxembourg? La balance des biens est d&eacute;ficitaire avec les &Eacute;tats-Unis, selon les chiffres du Statec. En 2024, le Grand-Duch&eacute; a import&eacute; pour 740 millions d&rsquo;euros de biens et n&rsquo;a export&eacute; &laquo;que&raquo; pour 437 millions d&rsquo;euros, soit un d&eacute;ficit de pr&egrave;s de 303 millions d&rsquo;euros.</p><p>Le plus gros des exportations du Luxembourg sont des m&eacute;taux communs et des produits en ces m&eacute;taux (188,5 millions), ainsi que des machines et appareils &eacute;lectriques (105,5 millions d&rsquo;euros), des &eacute;quipements de transport (50,4 millions) et des produits textiles (43,3 millions d&rsquo;euros). La moiti&eacute; des importations concernent des machines et appareils &eacute;lectriques (371,2 millions), suivi par du mat&eacute;riel de transport (190 millions) et des produits des industries chimiques (64,2 millions d&rsquo;euros).</p><p>En termes de services, le Luxembourg est &eacute;galement d&eacute;ficitaire puisque selon les derniers chiffres disponibles, il a export&eacute; en 2023 pour 6 milliards d&rsquo;euros de services vers les &Eacute;tats-Unis, mais en a import&eacute; 17 milliards.</p><h3>&nbsp;</h3>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 16:53:46 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[WINSTON ET VOLODYMYR.]]></title>
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<p>En réaction à la façon brutale dont le président ukrainien a été reçu par le pouvoir américain, à Washington, on compare de nouveau Volodymyr Zelensky à Winston Churchill. De même qu'il est de bon ton de citer Hitler, Munich ou Staline dès que l'on parle de l'Ukraine. Alors, Volodymyr Zelensky est-il le nouveau Winston Churchill ?</p>

<p>A l'origine, Zelensky n'est pas un politicien, mais un comédien de cinéma et un comique de télévision, qui a connu le succès en Russie. Il ne parlait d'ailleurs que le russe et a dû apprendre l'ukrainien par la suite. Puis il s'est lancé en politique et a été élu président il y a 6 ans. Tout le monde l'a oublié mais sa victoire avait été accueillie froidement en Occident. Les commentateurs de l'époque, ignorant la suite, prétendaient que l'Ukraine était tombée bien bas pour se choisir un animateur de télévision comme président. Ce qu'on a aussi oublié, c'est son premier contact avec les présidents américains. A l'époque, Trump terminait son précédent mandat. Et il avait tenté d'obtenir de Zelensky des informations sur l'affaire Hunter Biden, ce qui avait provoqué un scandale. Hunter Biden, c'est le fils de Joe Biden, un personnage impliqué dans de nombreuses affaires délictueuses, dont une histoire de corruption en Ukraine.</p>

<p>Certains se souviennent peut-être des Pandora Papers. C'est une enquête internationale de journalistes d'investigation qui, sur base de documents confidentiels, a révélé tous ces puissants qui transfèrent discrètement leur argent vers des paradis fiscaux afin d'échapper à l'impôt. Parmi eux, Volodymyr Zelensky. Avec son épouse, il avait mis au point des mécanismes de transfert des revenus de sa société de production audiovisuelle, notamment vers la place financière de Londres, afin d'échapper au fisc ukrainien.</p>

<p>Puis vint la guerre. Pour rappel, Zelensky s'était fait élire avec pour programme de ramener la paix dans le Donbass, où la guerre civile faisait rage depuis cinq ans. Avec la soudaine invasion russe de 2022, la situation change radicalement et le président ukrainien passe d'un quasi anonymat à la stature d'un héros international. C'est l'agressé qui refuse de céder à la force et qui poursuit vaillamment le combat. C'est celui qui reste à Kiev alors que l'armée russe approche des faubourgs.</p>

<p>Cette image masque d'autres réalités. Dès l'entrée en guerre, Zelensky et sa majorité politique décrètent la loi martiale en Ukraine, ce qui peut se comprendre. Mais, tirant parti de cette loi, ils suspendent la plupart des partis politiques d'opposition, la plupart des médias d'opposition, une partie des droits syndicaux et ils suspendent aussi les élections (qui auraient dû avoir lieu l'an dernier).</p>

<p>Il n'y a plus de presse libre en Ukraine. Celle d'opposition est interdite. Le reste est aux mains du pouvoir ou financé par des fonds américains (jusqu'ici, du moins) en sorte de diffuser le message qu'on attend d'elle. Quant aux journalistes, ils sont exempts de conscription pour exercer leur métier, une exemption qui peut prendre fin en sorte qu'ils veillent à ne pas froisser le pouvoir s'ils ne veulent pas recevoir un ordre de mobilisation pour le front.</p>

<p>Zelensky s'appuie sur un exécutif politique largement corrompu, comme c'est courant depuis longtemps en Ukraine (et pas seulement en Ukraine...). Il a d'ailleurs dû limoger à plusieurs reprises de ses ministres et fonctionnaires, sous la pression de l'administration Biden qui voyait qu'une partie de l'aide américaine pour la guerre était détournée en chemin par le pouvoir ukrainien.</p>

<p>En septembre 2022, pour ce que l'on en sait à ce stade, c'est Zelensky qui autorise les services secrets ukrainiens à faire sauter les deux gazoducs Nord Stream, en mer Baltique, c'est-à-dire à mener une attaque secrète dans les eaux européennes, contre une infrastructure appartenant pour moitié à l'Europe.</p>

<p>En novembre 2022, il s'oppose violemment aux Occidentaux au sujet de l'affaire du missile tombé en Pologne. Pour rappel, lors d'un bombardement russe sur l'Ukraine, un missile franchit la frontière, tombe sur un village polonais où il tue deux personnes. D'emblée Zelensky annonce qu'il s'agit d'un missile russe, que c'est donc une agression contre un pays membre de l'OTAN ce qui entraîne, via l'article 5 de l'OTAN, toute l'alliance atlantique à entrer en guerre aux côtés de l'Ukraine contre la Russie. Rapidement, les Polonais démentant l'affirmation de Zelensky en expliquant qu'il s'agit en fait d'un missile ukrainien de défense aérienne, tiré lors de l'attaque russe, et retombé en sol polonais. Zelensky maintient sa position. L'OTAN intervient, les Allemands aussi, pour contredire Zelensky. Il n'en démord pas, la tension grimpe. Il faut que ce soit Joe Biden lui-même qui confirme qu'il s'agit bien d'un missile ukrainien pour mettre fin aux échanges. Dans cette affaire, Zelensky était disposé à risquer une 3e guerre mondiale, c'est-à-dire l'apocalypse, pour se trouver des soutiens supplémentaires dans la guerre contre Moscou.</p>

<p>Plus généralement, il faut bien le dire, Zelensky n'a cessé de mentir au monde entier pendant les trois années de guerre, en présentant le conflit ukrainien selon une propagande bien huilée et omniprésente, en accusant les Russes de tout et n'importe quoi (apparition d'une armée nord-coréenne sur le front, bombardements sur les centrales nucléaires de Tchernobyl et Zaporija, etc.), propos relayés religieusement par les médias et politiciens occidentaux, le tout en vue d'alimenter une guerre sans fin contre la Russie.</p>

<p>Pourtant, la guerre sans fin n'est pas dans l'intérêt de l'Ukraine, de la population ukrainienne. Non seulement le pays n'est pas en mesure de gagner la guerre mais, chaque jour qui passe, ce sont des morts, des blessés, des destructions supplémentaires, du terrain grignoté par les Russes et un Etat ukrainien dans une situation financière de plus en plus critique. Par contre, la guerre sans fin est dans l'intérêt personnel de l'homme politique Zelensky. La guerre, c'est comme la bourse : tant que ça n'est pas fini, les pertes, aussi importantes soient-elles, ne sont pas actées. Le jour où l'on met fin à la guerre, le résultat s'impose à tous. Et le résultat, pour l'Ukraine, sera forcément mauvais. Or, pendant les années précédentes, il aura été demandé des sacrifices considérables à la population. Le réveil va être brutal. Et, à la première élection venue, Zelensky risque d'en payer le prix. Un peu à l'image d'un Netanyahou, s'il veut que sa carrière politique se poursuive, il faut que la guerre fasse de même.</p>

<p>Ceci exposé, je vois déjà venir les réactions : « Oui, mais Poutine... », « Oui, mais Trump... », « Oui, mais Machin... ». Je n'établis pas des classements. Je constate simplement une chose : Volodymyr Zelensky est tout ce que l'on veut, mais il n'est pas Churchill.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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