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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 10:32:36 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’entre-deux-tours ou la grandiloquence des matamores]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>« Nombreux sont désormais ceux qui annoncent avec grandiloquence, la mine satisfaite et « en conscience », disent-ils, qu’ils voteront pour Emmanuel Macron. Ce sont des gens bien, du bon côté de la vie, et il s’agit d’en faire part au monde entier dans un lyrisme unanime et un entrain grégaire. Fini le secret de l’isoloir et l’enveloppe opaque, c’est ouvertement que certains affichent publiquement leur intention de vote dont on se passerait bien.</p>

<p>On a le sentiment qu’il ne s’agit pas seulement de partager une opinion personnelle (qui n’intéresse qu’eux-mêmes), mais de se grandir moralement au point de se hisser directeurs de conscience et maîtres dans l’exercice désormais habituel d’exhortation. Ces généreux prédicateurs de vertu se voient soudainement investis d’une nouvelle mission: vanter les bienfaits, non plus de la vaccination, mais d’une certaine intention de vote. Penser juste revient à penser bien. Penser bien revient à penser comme eux.</p>

<p>À entendre leurs sermons, ils perçoivent comme une bravoure individuelle le fait de révéler des secrets de polichinelle: un parti extrême serait (ô stupeur!) une menace pour la démocratie! La sortie de l’Europe une faillite pour notre pays! Le racisme et le rétrécissement identitaire dont le RN leur semble être (à tort ou à raison) le catalyseur font de ce dernier l’ennemi et non plus seulement l’adversaire contre lequel on se doit de lutter héroïquement. Car ce n’est pas sans effet de manches, mais avec emphase et affectation, que ces bienfaiteurs prennent des postures de matamores en voulant donner l’impression d’un courage inégalable contre de terribles oppresseurs à abattre. Alors nos combattants en toc ne disent plus Marine Le Pen (trop familier) mais «la candidate de l’extrême droite» (plus effrayant), postent des tweets et jouent à se faire peur derrière leur écran en s’alliant sur les ondes pour faire front. Mais ces déclamations chevaleresques, sur fond de récupération morale, me semblent vaines et inopérantes pour plusieurs raisons.</p>

<p>La première, c’est que le souffle de ce front anti-RN sent le remugle des années 1980 face à Jean-Marie Le Pen. Bien que le RN soit un parti républicain, la nazification de l’extrême droite reste un réflexe, au risque d’amoindrir dans les mémoires la spécificité de l’abomination hitlérienne. Je comprends la facilité à fouiller dans les poubelles de l’histoire, mais elle est le signe d’une pauvreté, celle de l’esprit incapable de penser le nouveau, l’événement, le présent. Plus le monde devient complexe et plus les esprits pauvres en lucidité mais riches en moralisation se cramponnent aux époques où il y avait d’un côté le mal, de l’autre le bien.</p>

<p>Deuxièmement, c’est ignorer que la morale n’a pas d’effet véritable sur les consciences. Si l’on se contentait de voir le bien pour le faire, l’histoire serait plus radieuse et l’éducation plus aisée. S’il suffisait de comprendre que fumer n’est pas bon pour la santé, il y aurait nettement moins de fumeurs et de cancers du poumon. Allez dire à un alcoolique ou un drogué d’arrêter son addiction avec les meilleures raisons du monde, vous n’y parviendrez pas. Seul un désir peut en contrer un autre, de sorte que le match raison versus passion se termine généralement mal pour la rationalité souvent perdante. La raison ne fait pas l’action, elle combine, évalue, relie, mais ne fait jamais passer à l’acte. La raison «réfute sans convaincre, ou convainc sans persuader ni entraîner, ni convertir, semblable à ces prédicateurs éloquents qui nous font changer d’opinions mais non pas de conduite», disait Jankélévitch.</p>

<p>Troisièmement, utiliser des arguments rationnels pour convaincre du «bon» vote revient à se tromper de dispositif. La raison ne permet pas de connaître le bien et le mal mais le vrai et le faux. Aussi n’est-il pas «contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l’égratignure de son doigt» (Hume) .</p>

<p>Un acte libre, comme l’est un choix électoral, suppose de se laisser déterminer par sa propre volonté. C’est pourquoi, lorsqu’on est attaché à la liberté démocratique, dont liberté-autonomie-responsabilité demeure le triptyque dont se réclament pourtant ces prédicateurs souvent libéraux, on respecte la liberté de conscience et de décision. Or les sermonneurs du bien appellent désormais danger, bêtise ou ignorance un choix qui n’irait pas dans leur sens. «Approuve ce que je te dis d’approuver, car je sais mieux que toi où se situe le bien» semble être leur credo aussi prétentieux, intolérant, qu’inopérant. Non seulement la rationalisation du bien n’influe pas sur une conviction intime, mais la moralisation de la vie politique outrepasse le respect de la liberté de décision et de conscience dont le précepte serait plutôt: «Dilige, et quod vis fac» (saint Augustin: «Aime et fais ce que tu veux»). »</p>

<p><a href="https://plus.lefigaro.fr/page/Julia-de-funes"><br />Julia de Funès</a><br /><a href="https://www.lefigaro.fr/vox/"><i>Figaro Vox</i></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 09:09:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/872/les-affaires-inachevees-du-brexit-la-guerre-interne-de-l%E2%80%99otan</link>
	<title><![CDATA[Les affaires inachevées du Brexit : La guerre interne de l’OTAN]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2022/04/lingot.jpg"></a></p><p>Par Jorge Vilches<br />Paru le 5 Avril  2022 sur <a href="https://www.zerohedge.com/geopolitical/unfinished-brexit-business-natos-internal-gold-war" target="_blank" rel="noopener">Zero Hedge</a> sous le titre Unfinished Brexit Business: NATO’s Internal Gold War</p><p>La brexitologie s’est fortement centrée sur les règles de pêche du Royaume-Uni, et est totalement passée à côté des colossales réserves d’or de l’Union européenne, qui sont toujours sous la garde de la Bank of England. Pour ajouter l’insulte aux dégâts, un divorce désastreux entre le Royaume-Uni et l’UE, en matière de services financiers, s’est produit quasiment sans que personne n’en parle… non seulement sans le fracas du protocole d’« équivalence financière »encore et toujours reporté… mais sans non plus le moindre geignement de la part des médias spécialisés ou des opposants au Brexit. Mais voici que la crise en Ukraine, avec ses nouvelles règles de paiement pour le pétrole et le gaz russes indispensables… qui coïncide avec ces dossiers du Brexit, d’une importance capitale, mais inachevé… La situation promet d’évoluer vers une guerre interne vicieuse de l’OTAN, pour l’or. Pour paraphraser James Carville, avec une touche britannique traditionnelle : « It´s the bloody gold, stupid » [<a href="https://lactualite.com/monde/etats-unis/cest-encore-leconomie-espece-didiot/">« C’est l’or sanglant, espèce d’idiot »]</a></p><p>Rule Britannia</p><p>Si l’on suit la volonté de Boris Johnson, le premier ministre britannique, le rapatriement physique de l’or de l’UE qui reste supposément stocké à Londres pourrait « puissamment » affecter l’avenir de l’Europe, avec un impact politique très profond et survolté, des deux côté de la Manche. Selon ce scénario, le 10 Downing Street pourrait facilement négocier la disponibilité des lingots d’or de l’UE en échange de conditions de Brexit très spécifiquement favorables au Royaume-Uni. De fait, procéder ainsi pourrait s’avérer absolument nécessaire, et devrait dépasser l’énorme valeur intrinsèque de l’or de l’UE supposément stocké à la Bank of England. Voyons cela en détail.</p><p>Je m’explique.</p><p>L’or de l’OTAN à Londres</p><p>Les nouvelles exigences de la Russie, qui demande désormais des versements en roubles ou en or pour ses biens ou services, vont forcément déclencher une importante guerre de l’or entre le Royaume-Uni et l’UE, débouchant sans doute sur la première confrontation frontale au sein de l’OTAN. Après la seconde guerre mondiale, l’idée était de conserver les lingots d’or de l’Europe en sûreté, loin de l’ancienne Union soviétique et de Joseph Staline, par précaution. Il y a des dizaines d’années, les États qui sont devenus membres de l’UE ont ainsi déposé la plus grande partie de leur or sous la garde de la Bank of England, à Londres. À présent, le Royaume-Uni va se permettre d’utiliser comme armes son approbation aux demandes de rapatriement de l’or de l’UE, ainsi que d’autres sujets en lien avec l’or, et va utiliser cet outil de négociation très convainquant pour régler des sujets du Brexit de prime importance, et inachevés. Ainsi,</p><p>(a) Whitehall pourrait retarder indéfiniment la livraison d’or de l’UE à moins que les questions en suspens du Brexit ne soient résolues en faveur du Royaume-Uni</p><p>(b) Ou, tout simplement, la Bank of England ne rendrait jamais cet or appartenant à l’UE censé être conservé depuis des décennies parce qu’il a été partiellement ou totalement vendu, prêté ou échangé contre de l’or comme expliqué ci-dessous. L’ancien Premier ministre britannique James Gordon Brown est parfaitement au courant.</p><p>La mère des conflits européens</p><p>Si l’on s’en tient aux précédents historiques, les hostilités vont exploser dès l’instant que les États-membres de l’UE demanderont, à titre individuel ou collectif, comme tel est leur droit, un audit détaillé totalement indépendant, et pratiqué selon les meilleures normes en vigueur, de l’or de l’UE qui reste supposément sous la « garde » de la Bank of England. Cela devrait demander beaucoup de temps, et constitue l’excuse parfaite pour reporter l’ensemble du processus, du ressort exclusif de Londres, pas de Bruxelles. Des problèmes insolubles pourraient également se produire dès que les nations de l’UE demanderont un rapatriement immédiat d’une partie au moins de leurs lingots « théoriques », et probablement l’ensemble de ceux-ci, au vu des circonstances. Puis, soit (1) une certaine quantité d’or pourrait lentement être renvoyée ici et là (non sans de grands retards), mais seulement selon des conditions très vagues de la part de Londres, et une modification des conséquences du Brexit atteignant des niveaux jusqu’alors jamais vus, ou bien (2) aucune quantité d’or ne serait renvoyée, celui-ci ayant été vendu ou gagé de diverses manières, comme expliqué dans ce qui suit. Et le Royaume-Uni ferait mieux de ne pas décider de payer la Russie avec la moindre pièce d’or, car alors l’UE se mettrait à demander de qui elle est la propriété.</p><p>L’opacité de la Bank of England</p><p>Les marchés de l’or et de l’argent de Londres ont toujours été pires qu’« opaques », et n’ont jamais produit de rapport significatif sur leurs transactions ou leurs positions. Aucune donnée n’a jamais été mise à disposition, que ce soit au sujet des comptes détenus par les banques commerciales à la Bank of England, ou des identifications techniques précises de dépôts d’or, sans parler de ceux qui appartiennent aux membres de l’UE. Comme ne le Venezuela ne le sait que trop bien — et les États membres de l’UE pourraient bien être les prochains à l’apprendre — l’identité de qui ou ne peut pas être reconnu comme légitime à revendiquer les actifs sous garde à Threadneedle Street ou ailleurs est un sujet très ouvert, et à la seule discrétion des maîtres de Canary Wharf, pas des hommes politiques de l’UE. Il en va de même des énormes dettes non-allouées en or en argent des dites « banques aux lingots »… ou de toute autre donnée pertinente</p><p>La (mauvaise) expérience allemande</p><p>Très récemment, l’Allemagne a dû patienter cinq longues années pour rapatrier au forceps et dans la douleur une partie seulement de son or stocké à la Bank of England, et n’a jamais remis la main sur les lingots d’or déposés au départ, chose qui explique très clairement cette attente.</p><p>Ainsi, pendant que l’UE va se geler à mort et que son économie va se bloquer net, les nombreuses questions en suspens comprennent celles-ci également :</p>
<p>La Bank of England dispose-t-elle encore de tous les lingots d’or de l’UE… Ou bien ont-ils été vendus ou prêtés, comme de nombreux experts le pensent ?<br />La Bank of England est-elle prête à renvoyer immédiatement, s’il existe encore, l’or appartenant à l’UE encore sous sa garde à ses propriétaires légitimes ?<br />Qui sont les propriétaires légitimes de l’or en dépôt aux coffres de la Bank of England, après des décennies de remaniements des frontières politiques européennes ?<br />Est-ce la Cour européenne de justice qui statuerait sur la propriété de cet or… ou l’appareil judiciaire britannique… ou bien la Bank of England? Sur quelle base exactement ?<br />La Bank of Englanda-t-elle prêté à échanger, réhypothéquer, louer, utiliser comme levier, ou grever ces lingots, en lien avec de nombreux autres actifs qui attendent leur tour avec des mises sous garde de lingots fractionnés, non-alloués, synthétiques, inutilisables selon les « Tarifications des dérivatifs numériques », selon lesquels personne ne peut savoir le qui, le quoi, ni le où (en supposant qu’il y ait quoi que ce soit) ?</p>
<p>Je ne plaisante pas.</p><p>Les transactions contemporaines sur les dérivatifs en « or papier » constituent une véritable pyramide de Ponzi, qui dépassent de plusieurs ordres les véritables lingots d’or qui sont théoriquement sous-jacents de ces actifs, sans doute avec un ratio de 100 pour 1, ou plus élevé, comme le London´s Square Mile ne le sait que trop bien. Bien entendu, la banque centrale européenne, le FMI et la Banque des règlements internationaux pourraient également revendiquer la propriété de cet or, n’est-ce pas ?</p><p>L’économiste britannique Peter Warburton a eu 100% raison de décrire les banques centrales occidentales comme faisant usage de produits dérivés pour contrôler les prix des biens de base et protéger les monnaies des gouvernements face à la reconnaissance par le public de la dévaluation de la monnaie. L’essai de Warburton, « L’abaissement de la monnaie au niveau mondial : il s’agit d’une inflation, mais pas comme nous la connaissons » est posté à l’adresse : <a href="https://www.gata.org/node/8303">https://www.gata.org/node/8303</a>.</p><p>Mais quelle que soit la manière dont les choses se passent, l’« or continental » restant peut-être encore sous la garde de Londres va forcément déclencher un conflit interne existentiel au sein de l’OTAN, suivant un schéma (et un désespoir) facile à établir, en l’absence de paramètres d’audit indispensables et en l’absence de registres des numéros de série des lingots d’or, précisant la propriété et le statut revendiqué par plus d’un récipiendaire (supposément légitime), sans parler de la qualité et de la pureté de l’or, des frais de gardes impayés, de coûts de transports et d’assurance, etc.</p><p>Au passage, lorsque les pressions vont se manifester (et elles vont le faire, faites-moi confiance), la réserve fédérale étasunienne, du fait de sa « relation spéciale » avec la Bank of England, va rallier la position de cette dernière, car elle se trouve exactement dans la même situation au sujet des dépôts physiques qu’elle est encore supposée détenir pour des tiers, y compris des États souverains. En ligne avec l’exceptionnalisme anglo-saxon, les dépôts en or détenus par la Fed n’ont jamais été audités non plus — et ils auraient dû l’être — et les commentateurs spécialisés du monde entier sont convaincus que ces dépôts ne sont pas disponibles non plus. Qui plus est, les États-unis pourraient être heureux de voir tomber de nouveaux problèmes sur l’UE, car cela été l’objectif principal de provoquer la Russie à entrer dans cette guerre inutile.</p><p>Jorge Vilches</p><p>Jorge Vilches, fier d’avoir été présenté à de nombreuses reprises comme  » la quintessence du chroniqueur indépendant « . Ancien collaborateur d’opinion pour le Wall Street Journal – New York et d’autres médias financiers, il a étudié ce sujet en profondeur au cours des 20 dernières années. Chronique « The Americas » du WSJ-NY, rédacteur en chef David Asman aujourd’hui présentateur de Fox Business News.</p><p>Source:  <a href="https://www.zerohedge.com/geopolitical/unfinished-brexit-business-natos-internal-gold-war" target="_blank" rel="noopener">Zero Hedge</a></p><p>Traduction Olinda/Arrêt sur info</p><p>Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.</p><p>Vous pouvez reproduire les articles d’Arrêt sur Info à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales.</p><p>Vous voulez réagir, signaler une erreur, communiquer un renseignement ? <a href="https://arretsurinfo.ch/contact/">Contact</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/871/le-choix-impossible</guid>
	<pubDate>Sun, 17 Apr 2022 22:49:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/871/le-choix-impossible</link>
	<title><![CDATA[Le choix impossible]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les électeurs français n’ont pas eu de chance. Même sans vouloir dramatiser, ce deuxième tour de la présidentielle a tout pour nous déplaire. C’est une invitation directe à l’abstention, au vote blanc ou à une partie de pêche dehors, dans les rassurantes odeurs du printemps. Le rébus est impossible à déchiffrer : comment choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ? Je me rends compte que la plupart de mes amis butent là-dessus. </p>

<p>La première, certes, a mis de l’eau dans son vin. Elle a eu le mérite de se métamorphoser. Douceur sourire, documentation plus sérieuse, rejet de ce parler qui n’étant pas articulé mais asséné. « Dédiabolisation plutôt réussie », disent les commentateurs. Ils n’ont pas tout à fait tort.</p>

<p>Hélas, l’essentiel de ce qui est dit gentiment en 2022 par Marine Le Pen ne date pas d’hier. On reconnait certaines marottes qui somnolent au détour des phrases. Certes les accents sont plus agréables à entendre, mais le contenu — Ah, le contenu ! — n’est pas toujours enthousiasmant. Disons qu’il reste collé aux marges de la République. Un peu en dehors. Les « spécialistes » nous précisent que son public est surtout constitué de jeunes et de très vieux. Or les jeunes ne votent pas à foison, et les (très) vieux sont rarement d’accord pour partir à l’aventure. Et encore moins pour tout chambouler. La dame est assurément meilleure qu’en 2017 mais pas tout à fait prête.</p>

<p>Alors ? On se tourne vers son rival. Hier encore on était prêt à le trouver séduisant. Bonne éloquence, bonne jugeotte, parlant couramment anglais, bref un premier de la classe, voire une sorte de gendre idéal. Hélas, c’était hier ! Après cinq années de mandat, sa popularité a fondue comme neige au soleil. Une dégringolade spectaculaire. Les tics de langage, les discours trop longs, l’arrogance récurrente, les petites phrases vachardes et méprisantes que les Français ont appris bon gré malgré à retenir. Elles sont désormais énumérées, surtout sur les chaines d’info continue.</p>

<p>Au total notre fringant président est parvenu à éloigner de lui presque toutes les catégories sociales. Policiers, commerçants, personnels soignants, étudiants, agriculteurs, pompiers, militaires et bien d’autres encore.</p>

<p>Nous avons assisté à un vrai gaspillage de popularité. Ses pénitences périodiques à la télévision furent peut-être sincères, mais leur répétition prouve à contrario qu’elles étaient sans effets. Le médicament par la contrition ne fonctionnait plus. Il est donc arrivé à chacun de nous (ou presque) de se poser la même question. Comment un homme jeune et intelligent, plutôt gâté par les circonstances, bénéficiaires de bonnes fortunes politique pouvait-il additionner, semaine après semaine, tant de bévues.</p>

<p>C’est cet étrange discord entre la ruse et la maladresse que personne, à mon humble avis, n’est parvenu à démêler. Quand je me sentais désorienté par cette énigme, je courais lire les confrères d’un autre pays. </p>

<p>J’attendais d’eux un son de cloche différent, un point de vue moins gouverné par l’air du temps que chez nous. J’en ai été pour mes frais. Le scepticisme et même l’impopularité ont gagné du terrain.</p>

<p>Un exemple : les démarches dont il était assez fier, comme ses dialogues avec Poutine sont désormais critiqués. On leur reproche de n’avoir servi à rien. </p>

<p>Ajoutons sa façon de se dérober devant une décision, pour convier un grand débat ou créer une énième commission. Encore une.</p>

<p>Je suis sévère et j’en suis conscient. Mais je réagis comme des millions de citoyens déçus. </p>

<p>Seul le temps fera le tri…</p>

<p>Jean-Claude GUILLEBAUD <br />Sud-Ouest-Dimanche, 17 avril 2022</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/870/klaus-schwab-et-son-grand-reset-fasciste</guid>
	<pubDate>Sun, 17 Apr 2022 21:40:58 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/870/klaus-schwab-et-son-grand-reset-fasciste</link>
	<title><![CDATA[Klaus Schwab et son Grand Reset Fasciste]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://www.apar.tv/societe/klaus-schwab-nous-les-avons-tous-dans-nos-poches-gouvernements-politiciens-medias-et-surtout-experts-scientifiques-et-professeurs/">Schwab</a> semble avoir consacré sa vie à réinventer ce cauchemar et à essayer de le transformer en réalité non seulement pour l’Allemagne mais pour le monde entier.</p><p>Pire encore, comme ses propres mots le confirment à maintes reprises, sa vision technocratique fasciste est aussi une vision transhumaniste tordue, qui fusionnerait les humains et les machines dans « de curieux mélanges de vie numérique et analogique », qui infectera nos corps avec de la “Smart Dust” et dans laquelle la police serait apparemment capable de lire nos cerveaux.</p>
<p>source <a href="http://www.senat.fr/rap/r03-293/r03-29321.html" rel="nofollow">http://www.senat.fr/rap/r03-293/r03-29321.html</a></p>
<p>Et, comme nous le verrons, lui et ses complices utilisent la crise Covid-19 pour contourner la responsabilité démocratique, pour passer outre l’opposition, pour accélérer leur programme et l’imposer au reste de l’humanité contre notre volonté dans ce qu’il appelle la <a title="Klaus Schwab's vision of a post-COVID world, and how the economy can work with nature - The Great Reset podcast" href="https://www.weforum.org/agenda/2020/07/klaus-schwab-nature-jobs-great-reset-podcast" target="_blank" rel="nofollow noopener">“Grande Réinitialisation”</a> ou le “Grand Reset”.</p><p>Schwab n’est bien sûr pas un nazi au sens classique du terme, n’étant ni nationaliste ni antisémite, comme en témoigne le prix Dan David d’un million de dollars qui lui <a title="The 2004 Dan David Prize honors Dr. Schwab" href="https://www.dandavidprize.org/laureates/2004/present-leadership-changing-our-world/dr-klaus-schwab" target="_blank" rel="nofollow noopener">a été décerné par Israël</a> en 2004.</p><p>Mais le fascisme du 21e siècle a trouvé <a title="Liberalism: the two-faced tyranny of wealth" href="https://orgrad.wordpress.com/articles/liberalism-the-two-faced-tyranny-of-wealth/" target="_blank" rel="nofollow noopener">différentes formes politiques</a> à travers lesquelles il peut poursuivre son projet de base qui consiste à remodeler l’humanité en fonction du capitalisme par des moyens ouvertement autoritaires. Ce nouveau fascisme est aujourd’hui mis en avant sous le couvert de la gouvernance mondiale, de la biosécurité, de la « nouvelle normalité », du « New Deal pour la nature » et de la « quatrième révolution industrielle ».</p><p>Schwab, un octogénaire, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial, est au centre de cette matrice comme une araignée sur une toile géante.</p><p>Le projet fasciste initial, en Italie et en Allemagne, consistait en une fusion de l’État et des entreprises.</p><p>Alors que le communisme envisage la prise de contrôle des entreprises et de l’industrie par le gouvernement, qui – en théorie ! – agit dans l’intérêt du peuple, le fascisme se serte de <a title="FASCISM, NEWNORMALISM AND THE LEFT" href="https://winteroak.org.uk/2020/07/26/fascism-newnormalism-and-the-left/" target="_blank" rel="nofollow noopener">l’État pour protéger et</a> promouvoir les intérêts de l’élite fortunée. Schwab poursuivait cette approche dans un contexte d’après-guerre dénazifié, lorsqu’il a fondé en 1971 le European Management Forum, qui tenait des réunions annuelles à Davos en Suisse.</p><p>Ici, il y promeut son idéologie du <a title="Our interactive timeline captures key events from Fifty years of Forum history:" href="https://www.weforum.org/about/history/" target="_blank" rel="nofollow noopener">capitalisme « </a><a title="Our interactive timeline captures key events from Fifty years of Forum history:" href="https://www.weforum.org/about/history/" target="_blank" rel="nofollow noopener">stakeholder</a> » (un capitalisme des parties prenantes) dans lequel les entreprises sont amenées à coopérer plus étroitement avec le gouvernement. Le capitalisme des parties prenantes <a title="Why Stakeholder Capitalism Will Fail" href="https://www.forbes.com/sites/stevedenning/2020/01/05/why-stakeholder-capitalism-will-fail/" target="_blank" rel="nofollow noopener">est décrit par le magazine</a> Forbes comme « l’idée qu’une entreprise s’attache à répondre aux besoins de toutes ses parties prenantes : clients, employés, partenaires, communauté et la société dans son ensemble ».</p><p>Même dans le contexte d’une entreprise en particulier, il s’agit invariablement d’une étiquette vide. Comme l’indique l’article de Forbes, cela signifie en fait seulement que les « entreprises peuvent continuer à verser de l’argent à leurs actionnaires et à leurs dirigeants en privé, tout en maintenant une façade public d’une sensibilité sociale remarquable et d’un altruisme exemplaire ».</p><p>Mais dans un contexte social général, le concept des parties prenantes est encore plus néfaste, car il écarte toute idée de démocratie, de gouvernement par le peuple, au profit d’un gouvernement par des intérêts corporatifs. La société n’est plus considérée comme une communauté vivante mais comme une entreprise, dont la rentabilité est le seul objectif valable de l’activité humaine.</p><p>Schwab a défini cet agenda en 1971, dans son livre Moderne Unternehmensführung im Maschinenbau (Modern Enterprise Management in Mechanical Engineering), où son utilisation du terme « parties prenantes » a effectivement redéfini les êtres humains non pas comme des citoyens, des individus libres ou des membres de communautés, mais comme des participants secondaires dans une entreprise commerciale massive.</p><p>Le but de la vie de chacun était «<a title="Klaus Schwab" href="https://www.weforum.org/about/klaus-schwab" target="_blank" rel="nofollow noopener">parvenir à une croissance et une prospérité à long terme</a> » pour cette entreprise – en d’autres termes, de protéger et d’accroître la richesse de l’élite capitaliste. Tout cela est devenu encore plus clair en 1987, lorsque Schwab a rebaptisé son European Management Forum en World Economic Forum.</p><p></p><p>Le WEF <a href="https://www.weforum.org/about/history/" target="_blank" rel="nofollow noopener">se décrit sur son propre site Web</a> comme « la plateforme mondiale pour la coopération public-privé » et ses <a href="https://www.dandavidprize.org/laureates/2004/present-leadership-changing-our-world/dr-klaus-schwab" target="_blank" rel="nofollow noopener">admirateurs</a> décrivent comment il crée « des partenariats entre les hommes d’affaires, les politiciens, les intellectuels et les autres leaders de la société pour « définir, discuter et faire avancer les questions clés sur l’agenda mondial ».</p><p>Les “partenariats” que le WEF crée visent à remplacer la démocratie par un leadership mondial composé d’individus triés sur le volet et non élus dont le devoir n’est pas de servir le peuple, mais d’imposer la règle du 1% à ce peuple avec le moins d’ingérence possible de la part du reste d’entre nous.</p><p>Dans les livres que Schwab écrit pour le grand public, il s’exprime dans les clichés à deux visages, de la propagande corporative et du greenwashing.</p><p>Les mêmes termes vides de sens sont utilisés à maintes reprises. Dans Shaping the Future of the Fourth Industrial Revolution : A Guide to Building a Better World, Schwab parle de « l’inclusion des parties prenantes et de la distribution des bénéfices » et de « partenariats durables et inclusifs » qui nous mèneront tous vers « un avenir inclusif, durable et prospère »! (1)</p><p>Derrière cette fanfaronnade, la véritable motivation de son capitalisme des parties prenantes, qu’il continuait à promouvoir sans relâche lors de la conférence du WEF de Davos en 2020, est le profit et l’exploitation.</p>
<p><a href="https://iatranshumanisme.com/2016/12/20/la-quatrieme-revolution-industrielle/?amp=1" target="_blank" rel="noopener"></a><br />The Fourth Industrial Revolution, by Klaus Schwab</p>
<p>Par exemple, <a title="La quatrième révolution industrielle" href="https://iatranshumanisme.com/2016/12/20/la-quatrieme-revolution-industrielle/?amp=1" target="_blank" rel="noopener">dans son livre de 2016</a>, La quatrième révolution industrielle, Schwab parle de l’ubérisation du travail et des avantages qui en découlent pour les entreprises, en particulier les start-ups à croissance rapide dans l’économie numérique : « Puisque les plates-formes de “cloud humain” classent les travailleurs comme indépendants, elles sont – pour l’instant – exemptes de l’obligation de payer le salaire minimum, les taxes patronales et les prestations sociales ». (2)</p><p>La même insensibilité capitaliste transparaît dans son attitude envers les personnes qui approchent de la fin de leur vie professionnelle et qui ont besoin d’un repos bien mérité : « Le vieillissement est un défi économique car, à moins que l’âge de la retraite ne soit considérablement augmenté pour que les membres plus âgés de la société puissent continuer à contribuer à la population active (un impératif économique qui présente de nombreux avantages économiques), la population en âge de travailler diminue en même temps que le pourcentage des personnes âgées dépendantes augmente ».</p><p>Tout dans ce monde est réduit à des défis économiques, à des impératifs économiques et à des avantages économiques pour la classe capitaliste dominante.</p><p>Le mythe du progrès a longtemps été utilisé par les 1% pour persuader les gens d’accepter les technologies conçues pour nous exploiter et nous contrôler et Schwab joue sur ce point lorsqu’il déclare que « la quatrième révolution industrielle représente une source importante d’espoir pour poursuivre l’ascension du développement humain qui a entraîné une augmentation spectaculaire de la qualité de vie pour des milliards de personnes depuis 1800 ».</p><p>« Bien que cela ne semble pas capitale pour ceux d’entre nous qui vivent au quotidien une série d’ajustements mineurs mais significatifs de la vie, ce n’est pas un changement mineur – la quatrième révolution industrielle est un nouveau chapitre du développement humain, au même titre que les première, deuxième et troisième révolutions industrielles, et une fois de plus motivée par la disponibilité et l’interaction croissantes d’un ensemble de technologies extraordinaires ».</p><p>Mais il est bien conscient que la technologie n’est pas idéologiquement neutre, comme certains aiment à le prétendre. Les technologies et les sociétés se façonnent mutuellement, dit-il.</p><p>« Après tout, les technologies sont liées à la façon dont nous savons les choses, comment nous prenons des décisions et comment nous pensons à nous-mêmes et les uns aux autres. Elles sont liées à nos identités, à nos visions du monde et à nos futurs potentiels. Des technologies nucléaires à la course spatiale, en passant par les smartphones, les médias sociaux, les voitures, la médecine et les infrastructures, la signification des technologies les rendent politiques. Même le concept de nation “développée” repose implicitement sur l’adoption des technologies et sur ce qu’elles signifient pour nous, économiquement et socialement ».</p><p>La technologie, pour les capitalistes qui en sont à l’origine, n’a jamais été axée sur le bien social mais uniquement sur le profit, et Schwab affirme clairement qu’il en va de même pour sa quatrième révolution industrielle.</p><p>Il déclare : « Les technologies de la quatrième révolution industrielle sont véritablement perturbatrices – elles bouleversent les méthodes existantes de détection, de calcul, d’organisation, pour agir et fournir. Elles représentent des moyens entièrement nouveaux de créer de la valeur pour les organisations et les citoyens ».</p><p>Au cas où la signification de « créer de la valeur » n’était pas claire, il donne quelques exemples : « Les drones représentent un nouveau type d’employé qui réduit les coûts, qui travaille parmi nous, et qui effectue des tâches qui impliquaient autrefois de vraies personnes » et « l’utilisation d’algorithmes toujours plus performants augmente rapidement la productivité des employés – par exemple, en utilisant des robots de discussion pour augmenter (et, de plus en plus, remplacer) le support “live chat” pour les interactions avec les clients ».</p><p>Dans La quatrième révolution industrielle, Schwab décrit en détail les merveilles de la réduction des coûts et de l’augmentation des profits de son “Meilleur des mondes”.</p><p>« Plus tôt que prévu, le travail de professions aussi différentes que les avocats, les analystes financiers, les médecins, les journalistes, les comptables, les assureurs ou les bibliothécaires peut être partiellement ou totalement automatisé… […]</p><p>« La technologie progresse si vite que Kristian Hammond, cofondateur de Narrative Science, une société spécialisée dans la génération de récits automatisés, prévoit que d’ici le milieu des années 2020, 90% des informations pourraient être générées par un algorithme, la plupart du temps sans aucune intervention humaine (hormis la conception de l’algorithme, bien sûr) ».</p><p>C’est cet impératif économique qui alimente l’enthousiasme de Schwab pour « une révolution qui change fondamentalement notre façon de vivre, de travailler et de communiquer les uns avec les autres ».</p><p>Schwab parle avec beaucoup de lyrisme de la 4RI qui, selon lui, “ne ressemble à rien de ce que l’humanité a connu auparavant”.</p><p>« Considérez les possibilités illimitées de connecter des milliards de personnes via des appareils mobiles, donnant lieu à une puissance de traitement, des capacités de stockage et un accès aux connaissances sans précédent. Ou encore, pensez à la confluence stupéfiante de percées technologiques émergentes, couvrant des domaines très variés que l’intelligence artificielle (IA), la robotique, l’Internet des objets (IoT), les véhicules autonomes, l’impression 3D, les nanotechnologies, les biotechnologies, la science des matériaux, le stockage de l’énergie et l’informatique quantique, pour n’en citer que quelques-uns. Nombre de ces innovations n’en sont qu’à leurs débuts, mais elles atteignent déjà un point d’inflexion dans leur développement, car elles se fondent et s’amplifient mutuellement dans une fusion de technologies à travers les mondes physique, numérique et biologique ».</p><p>Il se réjouit également du développement de l’éducation en ligne, impliquant « l’utilisation de la réalité virtuelle et augmentée » pour « améliorer considérablement les résultats scolaires », des capteurs « installés dans les maisons, les vêtements et les accessoires, les villes, les transports et les réseaux d’énergie » et des villes intelligentes, avec leurs importantes « plates-formes de données ».</p><p>« Tout sera intelligent et connecté à Internet», déclare Schwab, et cela s’étendra aux animaux, car « les capteurs câblés dans le bétail peuvent communiquer entre eux grâce un réseau de téléphonie mobile ». Il aime l’idée des « usines de cellules intelligentes » qui pourraient permettre « la génération accélérée de vaccins »  et les « technologies du big data ».</p><p>Celles-ci, nous assure-t-il, « offriront des moyens nouveaux et innovants de servir les citoyens et les clients » et nous devrons cesser de nous opposer aux entreprises qui profitent de l’exploitation et de la vente d’informations sur tous les aspects de nos vies personnelles.</p><p>“Il sera vital d’établir la confiance dans les données et les algorithmes utilisés pour prendre des décisions”, insiste Schwab. « Les préoccupations des citoyens concernant la protection de la vie privée et l’établissement de la responsabilité dans les structures commerciales et juridiques nécessiteront des ajustements de réflexion ».</p><p>En fin de compte, il est clair que toute cette excitation technologique tourne uniquement autour du profit, ou de la « valeur », comme Schwab préfère l’appeler dans son jargon corporatif du 21e siècle. Ainsi, la technologie <a title="Blockchain: Life on the Ledger" href="https://www.youtube.com/watch?v=JzrFAHwrhVc" target="_blank" rel="nofollow noopener">blockchain</a> sera fantastique et provoquera « une explosion des actifs négociables, car toutes sortes d’échanges de valeur peuvent être hébergés sur la <a title="blockchain" href="https://iatranshumanisme.com/tag/blockchain/?amp=1" target="_blank" rel="noopener">blockchain </a>».</p><p>L’utilisation de la technologie de registre distribué, ajoute Schwab, « pourrait être le moteur de flux massifs de valeur dans les produits et services numériques, en fournissant des identités numériques sécurisées qui peuvent rendre de nouveaux marchés accessibles à toute personne connectée à Internet ».</p><p>En général, l’intérêt de la 4RI ​​pour l’élite dirigeante du monde des affaires est qu’elle va « créer des sources de valeur entièrement nouvelles » (1) et « donner naissance à des écosystèmes de création de valeur qui sont impossibles à imaginer avec un état d’esprit figé dans la troisième révolution industrielle ».</p><p>Les technologies de la 4RI, déployées via la 5G, constituent des menaces sans précédent pour notre liberté, comme le concède Schwab : « Les outils de la quatrième révolution industrielle permettent de nouvelles formes de surveillance et d’autres moyens de contrôle qui vont à l’encontre des sociétés saines et ouvertes ».</p><p>Mais cela ne l’empêche pas de les présenter sous un jour positif, comme lorsqu’il déclare que « la criminalité publique est susceptible de diminuer grâce à la convergence des capteurs, des caméras, de l’IA et des logiciels de reconnaissance faciale ».</p><p>Il décrit avec un certain plaisir comment ces technologies « peuvent s’immiscer dans l’espace jusqu’ici privé de notre esprit, en lisant nos pensées et en influençant notre comportement”.</p><p>« Au fur et à mesure que les capacités dans ce domaine s’améliorent, la tentation pour les services de police et les tribunaux d’utiliser des techniques pour déterminer la probabilité d’une activité criminelle, évaluer la culpabilité ou même éventuellement récupérer des souvenirs directement dans le cerveau des gens augmentera. Même le franchissement d’une frontière nationale pourrait un jour impliquer un scanner cérébral détaillé pour évaluer le risque de sécurité d’un individu ».</p><p>Il y a des moments où le chef du WEF se laisse emporter par sa passion pour un futur de science-fiction dans lequel « le voyage spatial humains à longue distance et la fusion nucléaire sont monnaie courante » et dans lequel « le prochain business model » pourrait impliquer que quelqu’un « échange l’accès à ses pensées contre la possibilité de gagner du temps en écrivant un message sur les réseaux sociaux par la seule pensée ».</p><p><a href="https://iatranshumanisme.com/2019/03/09/facebook-construit-une-machine-pour-lire-vos-pensees/?amp=1">Facebook construit une machine pour lire vos pensées</a></p><p>Parler de « tourisme spatial » sous le titre « la quatrième révolution industrielle et la dernière frontière » est presque drôle, tout comme sa suggestion selon laquelle un « monde plein de drones offre un monde de plein de possibilités ». Mais plus le lecteur progresse dans le monde décrit dans les livres de Schwab, moins tout cela semble être réjouissant.</p><p>La vérité est que cette figure très influente, au centre du nouvel ordre mondial en cours de création, est un transhumaniste convaincu qui rêve de mettre fin à la vie humaine naturelle et saine et de la communauté. Schwab répète ce message à maintes reprises, comme pour s’assurer que nous avons été dûment avertis.</p><p>« Les innovations époustouflantes déclenchées par la quatrième révolution industrielle, de la biotechnologie à l’IA, redéfinissent ce que signifie être humain », écrit-il. « L’avenir va remettre en question notre compréhension de ce que signifie être humain, d’un point de vue biologique et social ». « Déjà, les progrès des neurotechnologies et des biotechnologies nous obligent à nous interroger sur ce que signifie être humain ».</p><p>Il l’explique plus en détail dans façonner l’avenir de la quatrième révolution industrielle :</p><p>« Les technologies de la quatrième révolution industrielle ne se limiteront pas à faire partie du monde physique qui nous entoure – elles feront partie de nous. En effet, certains d’entre nous sentent déjà le sentiment que leurs smartphones sont devenus une extension de nous-mêmes. Les appareils externes d’aujourd’hui, des ordinateurs portables aux casques de réalité virtuelle, deviendront probablement implantables dans notre corps et notre cerveau. Les exosquelettes et les prothèses augmenteront notre puissance physique, tandis que les progrès de la neurotechnologie amélioreront nos capacités cognitives. Nous deviendrons plus aptes à manipuler nos propres gènes et ceux de nos enfants. Ces développements soulèvent des profondes questions : où tracer la limite entre l’homme et la machine ? Que signifie être humain ? »</p><p>Une section entière de ce livre est consacré au thème « Modifier l’être humain ». Il y est question de « la capacité des nouvelles technologies à faire littéralement partie de nous » et d’un avenir de cyborg impliquant « des curieux mélanges de vie numérique et analogique qui vont redéfinir nos natures mêmes ».</p><p>« Ces technologies fonctionneront au sein de notre propre biologie et changeront notre façon d’interagir avec le monde. Elles sont capables de franchir les limites du corps et de l’esprit, d’améliorer nos capacités physiques et même d’avoir un impact durable sur la vie elle-même ».</p><p>Aucune violation ne semble aller trop loin pour Schwab, qui rêve de « micropuces actives implantables qui brisent la barrière cutanée de notre corps », de « tatouages ​​intelligents », d’ « informatique biologique » et « d’organismes conçus sur mesure ».</p><p>Il est ravi d’annoncer que « les capteurs, les commutateurs de mémoire et les circuits peuvent être encodés dans des bactéries intestinales humaines communes », (1) que le « Smart Dust, des réseaux d’ordinateurs complets avec des antennes, chacun beaucoup plus petit qu’un grain de sable, peuvent désormais organiser à l’intérieur du corps » et que « les dispositifs implantés aideront probablement aussi à communiquer des pensées normalement exprimées verbalement par un smartphone “intégré”, et des pensées ou des humeurs potentiellement non exprimées en lisant les ondes cérébrales et d’autres signaux ».</p><p>La « <a href="https://iatranshumanisme.com/tag/biologie-synthetique/?amp=1" target="_blank" rel="noopener">biologie synthétique</a> » est à l’horizon dans le monde de la 4RI de Schwab, donnant aux dirigeants capitalistes technocratique du monde « la possibilité de personnaliser les organismes en écrivant l’ADN ».</p><p>L’idée des neurotechnologies, dans lesquelles les humains auront des souvenirs entièrement artificiels implantés dans le cerveau, suffit à rendre certains d’entre nous un peu malades, tout comme « la perspective de connecter notre cerveau à la RV par le biais de modems corticaux, d’implants ou de nanorobots ».</p><p>Il n’est guère réconfortant d’apprendre que tout cela est – bien sûr! – dans l’intérêt supérieur du profit capitaliste car cela « annonce de nouvelles industries et de nouveaux systèmes de création de valeur » et « représente une opportunité de créer des systèmes de valeur entièrement nouveaux dans le cadre de la quatrième révolution industrielle ».</p><p>Et qu’en est-il de « la bio-impression des tissus organiques » ou de la suggestion selon laquelle « les animaux pourraient potentiellement être modifiés pour produire des produits pharmaceutiques et d’autres formes de traitement » ?</p><p>Des objections d’ordre éthique ?</p><p>Tout cela est évidemment bon pour Schwab, qui est heureux de l’annoncer : « Le jour où les vaches seront conçues pour produire dans leur lait un élément de coagulation du sang, dont les hémophiles sont dépourvus, n’est pas loin. Les chercheurs ont déjà commencé à étudier le génome des porcs dans le but de cultiver des organes adaptés à la transplantation humaine ».</p><p></p><p>Cela devient encore plus inquiétant. Depuis le sinistre programme eugénique de l’Allemagne nazie dans lequel Schwab est né, cette science a été considérée inacceptable par la société humaine.</p><p>Mais aujourd’hui, il estime manifestement que l’eugénisme doit connaître un renouveau, annonçant en ce qui concerne l’édition génétique : « Le fait qu’il soit désormais beaucoup plus facile de manipuler avec précision le génome humain au sein d’embryons viables signifie que nous verrons probablement à l’avenir l’avènement de <a href="https://iatranshumanisme.com/tag/enfant-a-la-carte/?amp=1">bébés sur mesure</a> qui possèdent des traits particuliers ou qui sont résistants à une maladie spécifique ».</p><p>Dans le célèbre traité transhumaniste I, Cyborg de 2002, Kevin Warwick prédisait :</p><p>« Les humains pourront évoluer en exploitant la super-intelligence et les capacités supplémentaires offertes par les machines du futur, en se joignant à elles. Tout cela indique le développement d’une nouvelle espèce humaine, connue dans le monde de la science-fiction sous le nom de “cyborgs”. Cela ne veut pas dire que tout le monde doit devenir un cyborg. Si vous êtes satisfait de votre état d’humain, qu’il en soit ainsi, vous pouvez rester tel que vous êtes. Mais attention – tout comme nous, les humains, nous nous sommes séparés de nos cousins ​​chimpanzés il y a des années, les cyborgs se sépareront des humains. Ceux qui restent humains risquent de devenir une sous-espèce. Ils seront effectivement les <a href="https://iatranshumanisme.com/2017/10/21/manifeste-des-chimpanzes-du-futur-contre-le-transhumanisme/?amp=1">chimpanzés du futur</a> ».</p><p><a href="https://iatranshumanisme.com/2020/02/01/quand-les-humains-deviennent-des-cyborgs/?amp=1">Quand les humains deviennent des cyborgs</a></p><p>Dans ce passage particulièrement accablant de la quatrième révolution industrielle, Schwab semble faire allusion au même avenir d’une élite transhumaine artificielle renforcée, “supérieure”, se séparant de la populace née naturellement :</p><p>« Nous sommes au seuil d’un changement systémique radical qui exige des êtres humains une adaptation continue. En conséquence, nous pouvons assister à un degré croissant de polarisation dans le monde, marqué par ceux qui embrassent le changement par rapport à ceux qui y résistent.</p><p>Il en résulte une inégalité qui va au-delà de l’inégalité sociétale décrite plus haut. Cette inégalité ontologique séparera ceux qui s’adaptent de ceux qui résistent – les gagnants et les perdants matériels dans tous les sens du terme.</p><p>Les gagnants pourraient même bénéficier d’une forme d’amélioration humaine radicale générée par certains segments de la quatrième révolution industrielle (comme le génie génétique) dont les perdants seront privés. Cela risque de créer des conflits de classe et d’autres affrontements comme nous n’en avons jamais vu auparavant ».</p><p>LIRE AUSSI</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/869/%C2%AB-le-dernier-baiser-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 17 Apr 2022 08:43:10 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Le dernier baiser »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il régnait le 3 mai 1981 une atmosphère un peu curieuse, qui ressemblait beaucoup à celle qui règne ce dimanche. </p>

<p>Les chroniqueurs politiques – Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach étaient déjà les papes de l’éditorialisme et du commentariat – étaient tous bien d’accord : même si l’on n’utilisait pas encore le terme, Valéry Giscard d’Estaing allait « enjamber » cette élection présidentielle et rester sept ans de plus à la tête de notre pays. Il n’y avait de toute façon pas d’alternative possible, si ce n’est un effroi sans fin au cas où serait élu son adversaire.   </p>

<p>Les sondeurs donnaient depuis toujours une confortable avance au président sortant, même si elle s’était érodée au fil du temps – il n’était plus qu’entre 52 et 54 % comme Macron aujourd’hui –. Mais, « en même temps » chacun sentait qu’il se passait peut-être quelque chose : et si l’impensable avait lieu…</p>

<p>Ce serait quelque chose proche de la fin du monde. </p>

<p>Raymond Aron, dont on loue aujourd’hui, notamment « à gauche », les talents de visionnaire, et l’extrême capacité à présenter des analyses nuancées, expliquait dans le Figaro que, si d’aventure était élu ce monstre de François Mitterrand, dès lundi 11 mai 1981, les chars russes défileraient sur les Champs Élysées, rien de moins.</p>

<p>Tous les gens importants avaient dit combien il était indispensable de voter Valéry Giscard d’Estaing au second tour de l’élection présidentielle.</p>

<p>Tous les gens chics, tous les gens bien, tous les gens qui avaient accès à la parole publique, mettaient en garde contre le communisme et le malheur dans lequel il plongerait le pays, et d’abord les plus faibles !</p>

<p>Tous ceux qui avaient mené le pays les 23 dernières années étaient rassemblés en rangs serrés derrière lui, comme le sont derrière Emmanuel Macron tous ceux qui ont mené le pays les 41 dernières années. Les haines interpersonnelles immenses qu’il y avait entre tous ces gens étaient bien plus faibles que celles qui séparent aujourd’hui ceux qui font corps, ceux qui font bloc, derrière le seul candidat possible : Emmanuel Macron. </p>

<p>Valéry Giscard d’Estaing était sûr d’être réélu, puisqu’il avait fait, au premier tour, à peu de chose près, le score d’Emmanuel Macron dimanche dernier, tandis que son concurrent avait fait, à peu de chose près également, le score de Marine Le Pen dimanche dernier.</p>

<p>On se relayait sur les plateaux de télévision, fort peu nombreux à l’époque – mais très suivis alors par la population qui ne disposait pas des réseaux sociaux –, pour expliquer à quel point tout cela était joué, à quel point, naturellement, il y avait toujours un risque, parce que le suffrage universel présente cette possibilité de sombrer dans l’inconnu et dans l’aventure, mais que les gens bien étaient plus nombreux que les aventuriers dans ce pays, et que l’on n’allait pas baisser pavillon devant le monstre socialo-communiste, monstre collectiviste qui allait couper les vaches et les chèvres en deux et socialiser les femmes.</p>

<p>Parce que c’était rien moins qu’un saut de civilisation qui nous était annoncé. </p>

<p>Il était expliqué par tous les gens importants, sans notables exceptions, que nous allions basculer d’un coup dans l’enfer communiste, de la même façon que l’on nous propose aujourd’hui de refuser de basculer dans l’enfer national-socialiste.</p>

<p>On nous rappelait les victimes des camps soviétiques, de la même manière qu’on nous chante Oradour-sur-Glane, on nous chantait la Sibérie et l’on nous racontait, dans le détail, comment on mourrait lorsqu’on n’avait pas les bonnes idées, à Moscou. </p>

<p>De doctes spécialistes nous expliquaient comment, si par malheur François Mitterrand était élu, la Ve République serait morte parce que la République serait tuée, il contournerait les règles, l’État de droit, et tout ce qui fait la démocratie, pour installer un régime socialo-communiste marqué par un collectivisme violent et agressif.</p>

<p>Ce serait la fin de la propriété privée.</p>

<p>Ce serait la fin de toutes les valeurs qui ont fait notre monde, et un basculement dans le noir, dans le sombre enfer qui était le monde totalitaire communiste, dont la chape de plomb s’installerait à 20h, si François Mitterrand était élu, ce qui serait impensable, im-pen-sable !</p>

<p>L’ambiance était donc à ce mélange de certitude absolue de la reconduction du président sortant, et de frissons délivrés à toute la population, que nous étions au bord du précipice que la moitié – certes minoritaire – du pays ne rêvait que d’aller en enfer, sous la direction d’un diable incarné, créature du sombre Brejnev, car il n’y avait pas encore de Poutine pour faire peur.</p>

<p>L’élection de François Mitterrand, c’était naturellement, naturellement, la rupture avec nos alliés historiques, c’était l’isolement international définitif de la France qui serait mise au ban des nations, des nations civilisées s’entend, puisqu’elle basculerait d’un bloc et d’un coup dans le camp communiste, entraînant la force de frappe de notre pays, eh oui ! Déjà !</p>

<p>Et doctement, certains calculaient le déséquilibre mondial qu’entraînerait le basculement de la force de frappe française dans le camp communiste, en cas d’élection de François Mitterrand.</p>

<p>Autant dire que voter pour François Mitterrand c’était s’exposer à la guerre mondiale, ou, au minimum hâter l’apocalypse nucléaire de manière inconsidérée. </p>

<p>Qui avait le droit de répondre à ce torrent de vérités étincelantes, d’expressions de ce qui n’était pas encore « le cercle de la raison » ou « la seule politique possible » ? Quelques obscurs collectivistes, autour du monstre François Mitterrand, on les montrait parce que les règles du temps de parole étaient déjà installées, mais on sentait bien qu’on ne les montrait que pour mieux démontrer que jamais il n’accèderaient au pouvoir et jamais la mort communiste ne recouvrirait de son linceul le visage de la fille aînée de l’église.</p>

<p>C’était tout pareil à aujourd’hui.</p>

<p>Comme aujourd’hui, les dirigeants communistes dont on pouvait imaginer qu’ils allaient se battre pour renverser Valéry Giscard d’Estaing, se bousculaient sur les plateaux de télévision pour dire à quel point François Mitterrand était un danger, parce que finalement il n’était pas différent de Valéry Giscard d’Estaing, il était comme tous les autres, et que si l’on voulait vraiment mener le combat pour les travailleurs et contre le capitalisme il fallait se détourner de François Mitterrand. Comme LFI le chante aujourd’hui à l’encontre de l’adversaire d’Emmanuel Macron. </p>

<p>Eh oui, tout pareil à aujourd’hui !</p>

<p>Ils expliquaient – comme LFI aujourd’hui – que seule la présence massive de leurs députés au Parlement pouvait aider les travailleurs, mais sûrement pas ce menteur de François Mitterrand, qui avait eu la Francisque autrefois. </p>

<p>Ils avaient déjà fait échouer l’élection législative de 1978, la gauche y était largement majoritaire au premier tour, mais après une visite de Zorine, l’ambassadeur d’URSS, chez Giscard, les Communistes avaient déclaré qu’on ne pouvait pas faire confiance aux Socialistes, les reports ne s’étaient donc pas faits correctement, et la droite avait gardé la majorité des députés. Donc on avait la certitude, chez les éditorialistes, comme en haut lieu qu’il réussiraient, cette fois-ci aussi, à imposer la reconduction du sortant.</p>

<p>Donc, tout s’annonçait bien pour cette seconde semaine de l’entre-deux-tours. La France passerait à côté de la déchéance et de l’enfer collectiviste, Valéry Giscard d’Estaing serait réélu, et tout continuerait comme avant. </p>

<p>Tout ce que la société compte de gens élégants et raisonnables, tous ceux qui vous ont amusé et fait rire, tous ceux qui vous ont émus et passionnés, tous les présentateurs de télévision, tous les gens bien sont rassemblés : il faut empêcher ce péril mortel, il faut empêcher l’élection de François Mitterrand !</p>

<p>On se fait des frissons en pensant qu’une élections n’est jamais gagnée tant que le résultat n’est pas vraiment proclamé, mais en haut lieu on n’a pas peur.</p>

<p>Du côté des opposants on n’affiche pas un moral de vainqueur, on pense volontiers que c’est perdu, comme d’habitude…</p>

<p>Il faut dire que depuis 23 ans, l’idée de l’alternance est présentée comme le chaos absolu, et que la population, dans sa majorité, marche dans cette chanson du chaos et reconduit toujours les mêmes, malgré des succès de moins en moins évidents. </p>

<p>Dans la fin de matinée du dimanche 10 mai, les sondeurs font savoir aux autorités qu’ils confirment leurs inquiétudes de la veille. Il est en train de se passer quelque chose, que l’on voit mal mais qui inquiète. </p>

<p>Dans cette fin de matinée, les visages des autorités et des éditorialistes qui lisent les sondages « sortie des urnes » font penser à cette chanson écrite par Serge Lama et composée par Alice Dona, qui décrit bien leur désarroi à la lecture des chiffres que présentent les instituts :</p>

<p>« C'est la barque qui chavire en plein cœur de juillet<br />Sur un étang calme et plat comme nos destinées<br />C'est la fleur qui tombe morte avant d'être fanée<br />C'est le train qu'on prend sans savoir qu'il va dérailler<br />L'avion qu'une bombe en plein vol va pulvériser<br />Le point d’orgue au milieu d’un chef-d’oeuvre inachevé ». </p>

<p>Qui sait si cette description ne sera pas d’actualité dimanche pour les puissants d’aujourd’hui ? </p>

<p>Comme nous sommes dimanche, mes réflexions m’ont conduit, comme habituellement vers une chanson, je vous incite à écouter celle-ci, parce qu’elle est très belle. Et parce que ce qui est évoqué incarne curieusement, cette semaine, une forme d’espoir pour des millions de Français.</p>

<p>Elle a été interprétée par son auteur, comme par sa compositrice, et aussi par Annie Girardot, actrice principale du film dont la chanson porte le nom puisqu’elle est la chanson de ce film sorti le 11 mai 1977. </p>

<p>J’ai choisi l’interprétation de la compositrice.</p>

<p>Le dimanche, avec plus ou moins de succès, mais pour le plaisir de quelques aficionados, je diffuse une musique sur cette page.</p>

<p>Je vous propose d’écouter, aujourd’hui, Alice Dona qui chante « Le dernier baiser » :<br />https://youtu.be/qxJrtIW4LH8</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/867/france-apeuree-presidentielle-sous-contrainte-paysage-politique-instable</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 12:54:10 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/867/france-apeuree-presidentielle-sous-contrainte-paysage-politique-instable</link>
	<title><![CDATA[France apeurée, présidentielle sous contrainte, paysage politique instable]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pour la première fois sous la Ve République, le rite présidentiel lors de ce premier tour ne s’est pas déroulé selon la seule prise de la dispute politique commune des Français.</p><p>D’une part, la campagne s’est déroulée dans un contexte psycho-politique contraint par des crises extérieures, pandémie de Covid-19 et guerre en Ukraine, après un quinquennat marqué par des tensions intérieures, dont la jacquerie des Gilets jaunes, générant peurs, réflexes défensifs et de conservation. D’autre part, sur le moyen terme, si l’efficacité démocratique de la présidentielle s’érode par le contournement de la souveraineté nationale, condition de la souveraineté populaire, près de trois Français sur quatre, un peu moins qu’en 2017, se sont quand même mobilisés. Comme d’habitude, les catégories populaires et les jeunes moins insérés ont été les plus abstentionnistes, mais la participation ne s’est pas effondrée, preuve que symboliquement, ce rite politique de catharsis et d’élaboration d’un contrat politique demeure car c’est ce qui nous relie.</p><p>Dans une France apeurée, le rite présidentiel aura été sous contrainte.</p><p>Il en résulte un paysage politique balkanisé et instable. Trois familles politiques recomposées, dirigées par des leaders charismatiques : néolibérales avec Emmanuel Macron, sociétales autour de Jean-Luc Mélenchon et nationales chez Marine le Pen, se dégagent.</p><p>Cela conduit à un second tour entre Emmanuel Macron et Marine le Pen plus ouvert qu’en 2017, obligeant à de nécessaires cohérences et arbitrages entre vision politique pour la France, et situation ici et maintenant des Français. Cette situation impose également de sortir des postures de pures dénonciations anti-Le Pen ou anti-Macron pour se centrer sur la résolution de notre dépression morale, de nos régressions politiques et du déclin économique afin de convaincre des électeurs majoritairement rétifs, pour des raisons différentes, au Président candidat et à la dirigeante du Rassemblement national.<br />Gagner par défaut ou sous l’effet de la peur cette élection, conduirait à un faible consentement aux politiques du futur Président, dans la mesure où la campagne n’aura pas aligné le paysage politique sur les équilibres sociologiques du pays et l’Etat sur la nation empêchant ainsi la France, à partir de son Imaginaire, de peser ultérieurement sur les procédures néolibérales bruxelloises et l’ordo-libéralisme allemand.</p>
<p>Une présidentielle sous contraintes et marquée par la peur</p>
<p>Une présidentielle est un rite qui vise à réactiver l’Imaginaire français au travers d’une dispute politique commune dont les candidats sont les acteurs. Il s’agit ainsi de dénaturaliser, par la passion politique, nos diversités d’origines, territoriales, de statuts et classes sociales par ce processus présidentiel qui vise à construire un avenir commun au travers d’un contrat nouant gouvernants et gouvernés. La souveraineté nationale est donc la condition de la souveraineté populaire. Leur contournement par les procédures de l’Union européenne et le néolibéralisme affaiblissent l’efficacité démocratique et la République. Mais le rite présidentiel liant gouvernants et gouvernés demeure.</p><p>Cette symbolique explique la pérennité de ce rite électoral au fondement de nos institutions, nonobstant les politiques menées par le sommet de l’Etat et le Président de la République, et son bilan qui conduit deux tiers des Français en début de campagne à ne pas souhaiter sa reconduction.</p><p>La singularité de notre exception politique est que le rite présidentiel recèle ses étapes et passages obligés. Le moment du déploiement de la dispute est celui du premier tour qui comporte des séquences : préparation des présidentiables à la conversation avec le pays, mise à égalité des candidats, capacité à repérer l’enjeu latent du pays au travers du lien direct avec lui, exposition des projets en cohérence avec l’incarnation des candidats puis, ultimement, dégagement d’un programme.</p><p>La campagne de second tour est celle de la construction du commun.</p><p>Ce commun devra encastrer la dispute déployée lors de la campagne. La figure du futur président, au travers de sa double dimension spirituelle et temporelle, devra préserver la fonction de sa personne pour tenir un mandat. Telle est la logique de notre monarchie républicaine ou prime l’incarnation a fortiori quand l’avenir et le monde semblent se dérober dans le moment néolibéral actuel.</p><p>Le rite de cette présidentielle est, dès le départ, contrarié. Quand débute la campagne, le pays semble épuisé par la pandémie. Pour y faire face collectivement, les Français consentent un important recul des libertés individuelles. Le reflux de la vague pandémique, et le « quoi qu’il en coûte », qui a momentanément évité le pire économiquement et socialement, auront effacé, pour partie, le spectacle désolant de l’incurie de l’Etat, de ses manquements, dissimulations voire mensonges initiaux.</p><p>Le calendrier de la campagne a été raccourci par le Président-candidat de sorte que les inquiétudes et peurs sanitaires, économiques, financières, écologiques, migratoires ou géopolitiques génèrent l’évidence d’une reconduction du Président de la République, afin de ne pas rajouter de l’instabilité politique à ce tableau déjà angoissant pour les français. Cette situation et conviction présidentielle ont guidé la stratégie de premier tour d’Emmanuel Macron de ne jamais descendre dans l’arène, et esquiver la question de la construction de l’avenir. Quand fut annoncée une émission prometteuse « Où va la France ? », ce fut plutôt à la place : « que ressent Emmanuel Macron ? »</p><p>Le candidat et Président sortant a eu comme stratégie de substituer à la question « comment construire un avenir meilleur ? » – qui l’aurait confronté à son bilan et pour laquelle Marine Le Pen est davantage créditée – « comment et qui pour réagir au mieux aux crises ? », lui permettant de capitaliser sur son avantage, incontestable, de se mettre en scène et de dire ce qu’il a retenu des épreuves communes que « nous » avons eu à traverser. Or, après le quinquennat Macron et la jacquerie des Gilets jaunes, soutenue par deux Français sur trois, sous les inquiétudes et peurs immédiates, la question latente du pays demeure ; celle de la maîtrise de son destin et de la remise de l’Etat au service de la nation.</p><p>Dans l’esquive de la question de la France, Eric Zemmour va débouler de façon fracassante et inédite dans notre histoire politique, dans la pré-campagne en imposant à sa façon la thématique du devenir de la France, de son déclin et de sa disparition dont il fera récit au travers d’une explication identitaire et civilisationnelle : celle du « grand remplacement » redouté par deux Français sur trois, la même proportion estimant que « l’on ne se sent plus en France comme chez soi ». Un temps, il sera même qualifié pour le second tour dans les intentions de vote, menaçant le lent travail de mutation idéologico-politique du RN, conduit à bas bruit par Marine Le Pen, afin de passer d’un parti d’extrême droite antirépublicain, le FN paternel, à une orientation souveraine et gaullienne. Pour Eric Zemmour, notre malheur procède de son éloignement du passé, d’une vision unifiée et mythique dont il fait récit, permettant ainsi de la dénaturaliser, défataliser. Pour Marine Le Pen, notre déclin vient d’une panne politique de souveraineté et d’avenir.</p><p>La guerre en Ukraine menée par Poutine va être le troisième temps de cette étrange campagne.</p><p>La dynamique et des ralliements de transfuges de la Droite et du RN vers Eric Zemmour vont le conforter et l’enclaver définitivement dans son approche identitaire et civilisationnelle. Cette dernière ne résistera pas aux justifications de Poutine dans la guerre contre l’Ukraine et à sa critique de l’Occident considéré comme décadent. Eric Zemmour devra alors ramer que le vrai danger civilisationnel venait du Sud, rendant son propos moins appropriable encore pour un large public. Cette position inconfortable le conduira à un déni et retard de réaction appropriée à la guerre menée par Vladimir Poutine, et même à refuser l’accueil des réfugiés ukrainiens.</p><p>Parallèlement, les inquiétudes sur le pouvoir d’achat générées par cette guerre et les sanctions économiques contre la Russie vont nettement devenir la priorité immédiate des Français – devant la protection sociale et la sécurité – alors qu’elle n’était qu’en troisième position en 2012 et 2017. Cela va permettre à Marine Le Pen de renforcer son emprise sur les classes populaires et moyennes inférieures avec la souplesse, par rapport à Zemmour, que lui permet le diagnostic de la résolution des problèmes de la France par le retour de la politique et souveraineté nationale. La guerre et la présidence française de l’Union européenne vont permettre au Président-candidat Emmanuel Macron de déployer sa stature internationale, et sa capacité à se mettre en mouvement dans les crises que semble convoquer la nouvelle période.</p><p>La campagne est jugée inintéressante par plus de trois Français sur quatre. Une majorité d’électeurs estime que Marine Le Pen, puis Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour l’ont bien menée ; un Français sur cinq seulement émet ce même jugement à l’égard du Président candidat Emmanuel Macron, qui pâtira de son refus de débattre avec les autres présidentiables.</p><p> Alors que les deux tiers des électeurs d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour avaient fait leur choix depuis plusieurs mois, Jean-Luc Mélenchon a convaincu la moitié de son électorat dans les toutes dernières semaines.</p><p>Cette faible prise du pays sur le déroulement de la présidentielle, marquée par les inquiétudes, a généré d’une part une prévalence plus forte des grands médias comme support de décision de vote, hormis Internet pour les électorats Jadot et Mélenchon, et un fort effet de vote utile pénalisant les candidats à faible dimension présidentiable. Ce vote utile qui a bénéficié à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, a entraîné la quasi disparition, au plan national, des partis de gouvernement PS et LR et a confirmé la faiblesse de l’écologie politique, nonobstant la réalité et la perception du péril que représentent le réchauffement climatique et l’extinction de la biodiversité.</p>
<p>Trois familles politiques recomposées : néolibérale avec Emmanuel Macron, sociétale avec Jean-Luc Mélenchon et nationale avec Marine Le Pen</p>
<p>La nouvelle carte électorale que dessine ce scrutin présidentiel de 1er tour n’est qu’une esquisse. Elle est la photographie d’un stade de la décomposition-recomposition de notre système politique qui ne peut se stabiliser tant la confrontation entre l’Imaginaire français et le néolibéralisme, la République française et l’Union européenne, la nation et le sommet de l’Etat le fait turbuler, empêchant toute coïncidence stable entre situations sociales, idéologie et représentation politique. C’est en France la marque des périodes bonapartistes, en réponse aux instabilités stato-nationales et pannes d’avenir politique, que de générer différents avatars de césarismes, souvent qualifiés à tort en France de populismes à travers les figures de Macron, Mélenchon et Le Pen, dont la vocation est, par leurs incarnations, de faire synthèse entre des forces centrifuges par un lien symbolique vertical et direct avec les Français, permettant de les tenir ensemble par l’image, le verbe et l’action.</p><p>Ces périodes bonapartistes sont celles du retour de la prévalence du retour du commun sur celles de la dispute sociale qui structure l’axe Gauche/Droite. Dans ces moments, la symbolique politique préempte la question sociale. Au premier tour, Gauche et Droite de gouvernement vont momentanément disparaître, corps et biens au plan national avec les scores d’Hidalgo et Pécresse.</p><p>De ce moment bonapartiste et paysage instable ; trois familles émergent de ce premier tour avec à leurs têtes des César.</p><p>Emmanuel Macron agrège un électorat que l’on pourrait qualifier de néolibéral en ce qu’il est préservé des effets du cours des choses, pense et souhaite le demeurer. Il est relativement confiant pour lui dans le cours actuel de la mondialisation. C’est un électorat qui vit de ses rentes, retraites et confortables revenus et pour qui la question des impôts est un enjeu important. Générationnellement, il a connu la croissance et le progrès économique, social et sociétal, a adhéré à l’idée d’un dépassement des nations et se sent à l’aise dans la mondialisation. Ainsi après le « pouvoir d’achat », sa seconde motivation de vote est « la place de la France dans le monde » et en cinquième position, « la construction européenne », alors qu’elles sont en bas de tableau pour l’ensemble des Français. Mais son sujet n’est plus tant de s’adapter pour construire l’avenir que de préserver le présent. Il est d’autant plus favorable aux réformes structurelles qu’il en est exonéré pour des raisons objectives.</p><p>C’est un électorat essentiellement constitué de « boomers », dont deux tiers sont âgés de plus de 50 ans, et qui a vieilli en cinq ans ; il est constitué pour moitié de retraités et de diplômés du supérieur ; le tiers des cadres supérieurs et professions intellectuelles votent pour lui. Quatre électeurs sur dix ont un niveau de revenu individuel au sein du foyer supérieur à 1 900 euros nets par mois ; cet électorat est aux deux tiers urbain. Cette famille néolibérale se situe pour un tiers à Gauche et s’est « droitisée » en cours de mandat, représentant dorénavant deux tiers de cet électorat. Cet électorat sait gré au Président-candidat de porter la voix de la France à l’extérieur et assurer l’ordre à l’intérieur, et de savoir répondre aux crises – en témoigne chez eux l’importance de la question de la pandémie et de la guerre en Ukraine dans les motivations de vote.</p><p>Jean-Luc Mélenchon, par son talent de tribun, est celui dont l’électorat est le plus hétérogène socialement et idéologiquement. On pourrait qualifier cette famille de « sociétale » car il regroupe ceux qui veulent avoir leur place dans la Société ; du jeune diplômé qui galère pour obtenir un « vrai travail », au sans-diplôme ubérisé qui revendique sa liberté, du bobo au communautariste, voire aux musulmans et même islamistes dont certains ont appelé à voter pour lui. Si ses électeurs ont en commun de vouloir se faire une place dans la société, c’est qu’ils ils vivent la précarité sociale, des discriminations sexuelles, ethniques ou relégations territoriales. Par un verbe poétique, comme les notions d’insoumis ou de « France métissée » différente de la tradition républicaine, Mélenchon peut agréger des individus précarisés ou séparés dans un vis-à-vis avec les « élites » et la classe dirigeante. Ces agrégations dynamiques autour du César Mélenchon, en surplomb de dynamiques à la base et localement fort diverses, expliquent ses scores impressionnants dans des départements délaissés comme en Seine-Saint-Denis où clientélisme, communautarisme et séparatisme prospèrent, mais également dans des territoires « bobo » où des jeunes et moins jeunes à relatif capital culturel ne sont pas intégrés professionnellement.</p><p>La dynamique Mélenchon a permis de rallier, dans la dernière ligne droite, des électeurs de Gauche plus traditionnels devenus orphelins et des écologistes votant non pas tant pour lui que contre Marine Le Pen, espérant qu’il soit qualifié au second tour.</p><p>Il lui manquera 420 883 voix. 91 % de son électorat se situe à gauche et 8 % à droite. 41 % des sympathisants socialistes ont voté Mélenchon contre 22 % Macron. 31 % des écologistes ont voté Mélenchon contre 31% Jadot et 16% Macron. La lutte contre la précarité, la santé, le pouvoir d’achat, l’éducation, la protection de l’environnement, le logement, la lutte contre le chômage et la défense des services publics sont les priorités de cet électorat sociétal avec des niveaux sensiblement supérieurs à la moyenne, un électorat sociétal aussi plus féminin que la moyenne. Il est, avec celui de Jadot, le plus jeune, un tiers ayant moins de 35 ans. En moyenne il est assez diplômé, près de la moitié ayant le bac ou un diplôme du supérieur, mais cela est très variable en fonction des territoires.</p><p>Les électeurs Mélenchon sont dans le même temps les moins fortuné, 43 % vivant avec moins de 1 300 euros nets. 21% des professions intellectuelles supérieures et cadres ont voté Mélenchon et 26 % des catégories populaires. Si les thèmes sociaux traditionnels sont les plus mis en avant, a contrario, la lutte contre l’immigration clandestine est deux fois moins importante que pour la moyenne du corps électoral, la lutte contre le terrorisme étant de 22 points en moins, et la sécurité et la lutte contre la délinquance de 20 en moins.<br />Cet électorat sociétal est le plus communautariste religieusement, avec 69 % des musulmans qui votent Mélenchon. A titre de comparaison, seuls 29 % des catholiques votent Macron, 27 % Le Pen et 10 % Zemmour.</p><p>Le vote Marine Le Pen est national, et social pourrait-on rajouter, en ce que cet électorat est le plus homogène ; actif, salarié et populaire, veut mettre la question sociale à l’abri de la question nationale pour stabiliser les rapports sociaux dégradés par le néolibéralisme, qui profite au capital au détriment du travail. L’ouverture des frontières et l’immigration clandestine sont vécues comme un levier et facteur de remise en cause de notre modèle social et souveraineté politique. La nation et ses frontières sont pour cette famille politique ce qui protège au mieux le monde du travail et le salariat. La sécurité et la lutte contre la délinquance, le pouvoir d’achat, la lutte contre l’immigration clandestine sont le trio de tête pour 8 sur 10 de ses électeurs, suivi de la lutte contre le terrorisme pour les ¾ d’ entre eux. Cet électorat national est, après celui de Mélenchon, le plus jeune mais le moins diplômé et, après celui de Jadot, le plus féminisé.</p><p>Marine Le Pen arrive en tête chez les classes moyennes inférieures et populaires, ouvriers et employés dont un tiers vote pour elle dès le premier tour.</p><p>En termes de revenu mensuel par personne, cet électorat représente le quart des moins de 1 900 euros, mais il est dépassé par Mélenchon chez les moins de 900 euros. Cet électorat est le plus soudé. Il est celui qui met le plus en avant, pour expliquer son vote, la personnalité de Marine Le Pen et le fait qu’elle aille à l’Elysée, mais également le plus en avant son projet. En revanche, son étiquette n’a motivé qu’un tiers seulement de l’électorat comme celui de Macron, les autres électorats le mettant plus en avant. Cette famille nationale est la plus friande des débats télévisés contradictoires entre les candidats. Ils recueillent l’agrément des deux tiers de ses membres, contre la moitié de l’ensemble des votants, comme si par procuration, ils appréciaient de voir leur championne les défendre ainsi.</p><p>Ces familles néolibérale de la rente, sociétale du précariat et nationale de la condition ouvrière, vont servir de socles et terres de conquêtes avec les abstentionnistes aux candidats Macron et Le Pen, pour convaincre dans l’entre-deux-tours, selon une alternative décisive pour eux et la France pour le nouveau quinquennat.</p>
<p>Entre-deux-tours : opposition front républicain/référendum anti-Macron ou résolution de notre dépression, de notre déclin et de nos divisions ?</p>
<p>On le sait depuis un certain temps, le phénomène d’individuation et la crise du système politique font que les consignes de vote n’ont que peu de poids. Même les abstentionnistes de premier tour nous disent dans les sondages, le jour du vote, qu’ils ne boudent pas les urnes par désintérêt ou désarroi mais par insatisfaction ou mécontentement politique des choix proposés, et interrogations sur le fait de savoir si les politiques pèsent encore sur le cours des choses. Quant aux électeurs de premier tour, ils n’ont pas voté par suivisme partisan ou politique, mais selon leurs intérêts, représentations et évaluations des candidats pour ces dernières variables.</p><p>Néanmoins l’électorat Mélenchon semble être un enjeu déterminant. Les questions politiques l’inciteraient à voter Macron face à Marine Le Pen, dépeinte alors comme d’extrême droite et anti-démocratique, alors que les questions sociales l’amèneraient à voter Marine Le Pen face à un Emmanuel Macron vu comme le Président des riches et arrogant, voire brutal lors des mouvements sociaux. La tentation serait alors grande, on le voit dès maintenant chez les militants, entourages, commentateurs et journalistes, de construire un récit à partir d’une d’alternative simple : « front républicain » ou « référendum anti-Macron ».</p><p>Un entre-deux-tours ramené à un affrontement Macron/Le Pen serait oublier qu’en France, du fait de notre Imaginaire, notre rapport à la politique est absolu et non relatif comme dans les pays anglo-saxons. Les choix électoraux ne se font pas, comme sur un marché de biens et services, à partir de qui « lave plus blanc » ou représente un moindre mal. Se comparer ou attaquer l’autre, chez nous, signifie que le candidat n’existe pas par lui-même, que son projet n’est pas suffisamment solide pour faire l’économie d’attaquer l’Autre. Le citoyen a besoin d’avoir la preuve dans l’entre-deux-tours que le présidentiable est en capacité, non de dénoncer mais de résoudre, non de se positionner mais de dépasser les contradictions d’un pays dont la dépression nationale, le pessimisme, la défiance, la peur de l’avenir et de la globalisation procèdent du fait que l’Etat se retourne contre la nation.</p><p>Le premier tour est le moment de la dispute, le second tour celui du commun qui doit l’encastrer.</p><p>Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont quelques jours pour faire la démonstration qu’il, elle, est en capacité de faire face aux crises et de déployer, mettre en œuvre, de façon cohérente, une vision de la France, un projet et enfin un contrat qu’il ou elle incarnera et garantira en France et au sein de l’Union européenne.</p><p>De la qualité de l’entre-deux-tours dépendra également, au travers de son spectacle en cohérence avec ce que nous sommes et de la centralité de la politique, le consentement pour les cinq ans à venir au nouveau Président de la République et à son action pour faire face aux immenses enjeux qui nous attendent collectivement et personnellement. Sinon la République continuera à se déliter ; ce sera l’accentuation des passions tristes, de notre déclin économique, des reculs sociaux, des communautarismes, séparatismes, forces centrifuges et affrontements, avec ses risques autoritaires et de recul des libertés.</p><p>Stéphane Rozès<a href="https://www.revuepolitique.fr/france-apeuree-presidentielle-sous-contrainte-paysage-politique-instable/#fn-21450-1" id="fnref-21450-1">1</a><br />Président de Cap, enseignant à Sciences-po, Paris</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 11:28:12 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans</link>
	<title><![CDATA[L’AMÉLIORATION DES RETRAITES EST POSSIBLE À COURT ET MOYEN TERME (50 ANS)]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le <a>précédent article</a> a prouvé, notamment à partir des chiffres du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) que les cotisations actuelles et les fonds de réserves permettent d’améliorer dès aujourd’hui les retraites notamment en garantissant 1 100 euros dès aujourd’hui à tous les retraités actuels et futurs sans toucher à l'âge de départ. Cela est possible en prenant la situation actuelle : 42 ans de cotisations et âge légal de départ à 62 ans.</p>

<p>Mais le poids des retraites dans un pays se calcule autrement que par le ratio cotisations/retraites payées : il faut faire le rapport entre le Produit Intérieur Brut (PIB) et le total des dépenses pour les retraites.</p>

<p>Aujourd’hui, en France, qui a le meilleur système de retraite du monde, malgré ses carences, notamment pour les femmes, il est de 14,7%. C’est un ratio plus élevé que dans la majorité des pays européens pour un service bien supérieur. <br />En effet, dans les autres pays, le régime obligatoire est nécessairement complété par des régimes privés qui rapportent aux banques et assurances et coûte beaucoup plus cher qu’un régime obligatoire aux populations. Si l’on inclut les cotisations ou capitalisations privées pour la retraite, le taux français est inférieur à ce qui est ailleurs consacré pour la retraite ; par rapport aux États-Unis c’est même 30% de moins et pourtant il y a des américains qui doivent travailler jusqu’à la mort pour éviter la misère. Et, de plus, le montant de la retraite est garanti en France avec le système du calcul par rapport aux salaires perçus pendant 25 ans alors que les retraites par capitalisation peuvent s’effondrer avec une crise boursière. </p>

<p>Le COR a fait le calcul de l’évolution du ration retraites/PIB. Il a retenu divers scénarios. <br />Dans tous les cas, d’ici 2070, le ratio sera en constante baisse sur la base des conditions actuelles de retraite.<br />La situation la plus probable est la suivante : sans modifications, le ratio actuel de 14,7 % se maintiendra jusqu’en 2030 et diminuera ensuite pour atteindre seulement 11,3 % en 2070.<br />Cela signifie, par rapport au PIB de la France en 2019 (2,7 billions soit 2 700 Md €), une marge d'action de 91,8 milliards d’euros par an ou encore une possibilité d’augmenter de près de 25% les retraites sans peser plus sur les autres catégories sociales.</p>

<p>Voilà la seule vérité : le système actuel est plus que pérenne. Il est garanti avec des déficits déjà comblés par les réserves et améliorable immédiatement sans prendre de risques. Il est pérenne sur le demi-siècle à venir et pourra être amélioré.</p>

<p>Il est vrai que cela nécessiterait de trouver une autre base aux cotisations que le travail humain, par exemple en créant « une cotisation robots » taxant la plus-value du travail des robots. <br />De plus, une égalité des salaires femmes/hommes et un rééquilibrage entre salaires et dividendes, afin de mettre fin à la dérive actuelle, donneraient des ressources supplémentaires pour les retraites et toute la protection sociale. </p>

<p>DIRE, COMME MACRON QU’IL FAUT PORTER A 65 ANS (voire 67 ans selon Édouard Philippe) L’AGE DE LA RETRAITE POUR AMÉLIORER TRÈS LÉGEREMENT LES BASSES RETRAITES ET SAUVER UN SYSTÈME EN PÉRIL EST DONC UN TERIBLE MENSONGE.<br />Il au noter que mis devant ce constat par le journaliste à France Inter mercredi matin, Édouard Philippe a invalidé les études du CO car il n’avait aucun argument crédible. <br />Merci de partager sans modération <br />À suivre : Retraite 3 : Puisque c’est possible, comment améliorer les retraites et la situation des jeunes.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/865/adieu-la-gauche%C2%A0-le-24-avril-defaire-macron%C2%A0</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 10:50:51 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Adieu la gauche ! Le 24 avril, défaire Macron !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec le résul­tat du pre­mier tour de l’élection pré­si­den­tielle, la gauche appa­rait tri­ple­ment désar­mée, électoralement, phy­si­que­ment et sur­tout poli­ti­que­ment.</p><p>  Électoralement, les scores réa­li­sés de ce que les com­men­ta­teurs nom­ment les can­di­dats de gauche n’ont jamais été à un niveau aussi catas­tro­phi­que.</p><p>• Le PS et le PCF sont réduits à un état micro­sco­pi­que, et de fait à un rôle mar­gi­nal.<br />
Le PS tient encore par quel­ques muni­ci­pa­li­tés et un réseau d’élus qui ont de plus en plus de dif­fi­cultés à se renou­ve­ler. A court terme il est sim­ple­ment menacé de dis­pa­ri­tion, d’autant que ses porte-dra­peaux que la macro­nie n’a pas encore avalés sont sur le point, au len­de­main du second tour, de faire le pas que la plu­part des caci­ques ont déjà fran­chi.</p><p>• Le PCF, en plus grande dif­fi­culté, finan­cière notam­ment, ne repose pas sur le réseau local qui existe encore au PS. Il tente pour s’en sortir de tabler sur des accords aux élections légis­la­ti­ves, mais il est là dans une situa­tion inex­tri­ca­ble. Selon les pro­jec­tions des résul­tats acquis au pre­mier tour, lui, comme le PS, ne pour­rait pré­ten­dre à rien face à LFI qui a raflé les fonds de tiroirs électoraux de la gauche.</p><p>• Le score de LFI ne peut faire illu­sion. Il s’appuie essen­tiel­le­ment sur la dis­pa­ri­tion des pré­cé­dents, mais aussi sur un électorat essen­tiel­le­ment petit- bour­geois ou encore rele­vant de cou­ches socia­les mar­gi­na­les. Il est aussi la réa­li­sa­tion de réseaux com­mu­nau­tai­res à qui LFI et Jean Luc Mélenchon font les yeux doux. La néces­sité de repren­dre pied dans la classe ouvrière et chez les sala­riés n’est pas atteinte. La ligne « Terra Nova » l’a emporté. Les ouvriers majo­ri­tai­re­ment comme les sala­riés ont choisi Marine Le Pen et non Jean Luc Mélenchon.</p><p>  Physiquement, la cam­pa­gne électorale n’a pas témoi­gné d’un engoue­ment par­ti­cu­lier. Contrairement aux pré­cé­den­tes, les mobi­li­sa­tions ont été moin­dres. L’effet Ukraine et la double manoeu­vre — média­ti­que et poli­ti­que, avec la non-cam­pa­gne de Macron — expli­quent en partie cela. Mais en partie seu­le­ment. Ce sont les dis­cours, les pro­gram­mes, les ini­tia­ti­ves qui n’ont pas mobi­lisé les foules.</p><p>  Politiquement enfin et sur­tout. Tout se résume dans l’appel au soir du pre­mier tour à cons­ti­tuer un « front répu­bli­cain » contre MLP et en faveur de Emmanuel Macron, tour­nant le dos au combat urgent contre celui qui depuis 5 ans assume une poli­ti­que auto­ri­taire, liber­ti­cide, répres­sive, vio­lente, anti sociale, des­truc­trice de la nation. Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ql6KFmssvN8" rel="external">ici</a>.<br />
Cela relève d’une faillite poli­ti­que sur laquelle les res­pon­sa­bles toutes ten­dan­ces confon­dues se mon­trent inca­pa­bles de tirer le moin­dre bilan. A force d’avoir tourné le dos aux cou­ches popu­lai­res, aux ouvriers et sala­riés pour pré­fé­rer la petite bour­geoi­sie des villes essen­tiel­le­ment toute acquise à la mon­dia­li­sa­tion, la « gauche » en arrive à s’inven­ter un fas­cisme fan­tasmé qui lui permet de tour­ner casa­que à la vitesse grand V. « L’anti­fas­cisme » de paco­tille de la gauche n’est en réa­lité qu’alibi à l’adhé­sion à la mon­dia­li­sa­tion dont Emmanuel Macron est le chan­tre, au libé­ra­lisme économique, au capi­ta­lisme, tout sim­ple­ment.</p><p>• Le fas­cisme de Marine Le Pen relève de la dia­bo­li­sa­tion néces­saire à la réé­lec­tion de Macron. Si le FN his­to­ri­que­ment —dans les années 1970, 1990 — a compté en son sein des nazillons actifs, et d’autres, plus expé­ri­men­tés, dont l’ori­gine relève des heures les plus som­bres de l’his­toire, le temps aidant, ceux-là ont soit bon­ne­ment dis­paru, soit choisi une acti­vité plus clas­si­que. Ils n’en sont pas plus sym­pa­thi­ques, mais poli­ti­que­ment, ils ne don­nent pas au RN la cou­leur que la gauche tient à lui attri­buer pour jus­ti­fier le ral­lie­ment à Macron. Le RN s’appa­rente plus à l’aile droi­tière du RPR des années 80 qu’à un parti de mili­ciens cons­ti­tué de gros bras armés dont la tâche, comme cela est de cou­tume dans tout parti fas­ciste, est de casser le mou­ve­ment ouvrier et ses orga­ni­sa­tions.</p><p>• La gauche oublie dans ce ral­lie­ment à Macron qu’elle creuse encore plus pro­fon­dé­ment sa tombe. Comme dans la région PACA par exem­ple, cette stra­té­gie risque de l’éradiquer pour une longue période de la vie poli­ti­que natio­nale.</p><p>• La gauche et tous ses res­pon­sa­bles démon­trent leur inca­pa­cité à s’inter­ro­ger sur les rai­sons pour les­quel­les 3 ouvriers sur 4, parmi ceux qui iront voter, le feront pour Marine Le Pen, les rai­sons pour les­quel­les le PIS polo­nais trouve ses sou­tiens les plus sta­bles dans les cou­ches les plus pau­vres, les rai­sons pour les­quel­les aussi elle a dis­paru de la carte là où les PC étaient des puis­san­ces (France, Italie) et pour­quoi les autres pays ont suivi la même voie. Cette situa­tion est inter­na­tio­nale et tient indis­cu­ta­ble­ment à l’orien­ta­tion des dif­fé­rents partis com­mu­nis­tes et socia­lis­tes sur les­quels il fau­drait reve­nir. En Grande-Bretagne par exem­ple, le « red wall » tra­vailliste a voté Johnson… Les dif­fé­rents ater­moie­ments sur le fas­cisme, la néces­sité des mobi­li­sa­tions anti­fas­cis­tes, le fait de devoir faire bar­rage à l’extrême droite évacuent sim­ple­ment la réflexion sur la lutte des clas­ses, ses res­sorts et les répon­ses à appor­ter.</p><p>Dans cette situa­tion, alors que l’échéance du 24 avril s’annonce comme impor­tante pour pou­voir ren­voyer l’actuel loca­taire de l’Elysée, Emmanuel Macron, les chefs de gauche sont plus inté­res­sés par leurs manœu­vres électorales en vue des légis­la­ti­ves pour sauver leurs postes que par l’urgence pour les Français.</p><p>Macron a su ordon­ner l’usage des LBO dans les mani­fes­ta­tions contre la réforme des retrai­tes ou encore des GJ, pour créer des mil­liers de bles­sés, des dizai­nes d’éborgnés ou d’ampu­tés. Pour tout citoyen atta­ché aux valeurs répu­bli­cai­nes, il devrait être exclu de donner sa voix à celui dont le bilan auto­ri­taire, vio­lent, anti­so­cial, liber­ti­cide est sans pré­cé­dent. Il s’ins­crit dans la pour­suite d’une poli­ti­que syno­nyme de sac­cage des ser­vi­ces publics, de l’école, des hôpi­taux, des­truc­tion des sta­tuts, de l’emploi, des salai­res… Il a su béné­fi­cier des cabi­nets-conseils à Mac Kinsey, a su illus­trer la répu­bli­que exem­plaire avec plus de 30 pro­ches, minis­tres, dépu­tés ou inti­mes, pour­sui­vis par la jus­tice, mais pro­tégé, a été capa­ble de rabais­ser la nation et de fouler les prin­ci­pes répu­bli­cains, et encore et encore pour 5 ans.</p><p>Voilà ce que la gauche reven­di­que en appe­lant à voter Macron.</p><p>Voilà pour­quoi, le 24 avril, "pas une voix pour Macron" devrait être un cri de ral­lie­ment.</p><p>Jacques Cotta<br />
le 15 avril 2022</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/864/retraites-la-verite</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 07:21:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/864/retraites-la-verite</link>
	<title><![CDATA[RETRAITES : LA VÉRITÉ]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il n’y a pas de problème des retraites dans le système actuel. </p>

<p>Retarder l’âge de départ en retraite n’est pas un choix comptable mais un choix idéologique qui vise à un double transfert d’argent vers le capital.<br /> Le premier transfert par l’augmentation des dividendes au lieu de payer des cotisations de retraite. <br />Le deuxième par l’incitation que cela produit à capitaliser pour la retraite : les milieux financiers sont les grands bénéficiaires des fonds de pension. </p>

<p>Les chiffres de la huitième édition du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) prouvent que le régime est garanti et qu’il peut rapidement être amélioré sans le mettre en péril.</p>

<p>Sauf en 2020 avec l’effet COVID où il fut de 0,8%, le déficit annuel actuel est de 0,4% soit 9 Md par an. Mais ce déficit est très passager. En maintenant la part du PIB consacré aux retraites, Il diminuera progressivement d’ici 5 ans pour atteindre l’équilibre au plus tard en 2030.</p>

<p>Or, il y a actuellement 2 fonds de réserves des retraites.<br />Le premier, grâce à Martine Aubry, qui est la seule à avoir pris une bonne mesure pour les retraites depuis 1990, est le fonds de réserves de 35 Md € de la Caisse Nationale d’assurance Vieillesse (Retraite Sécurité Sociale).<br />Le second, celui des caisses de retraites complémentaires est de 116 Md.</p>

<p>Il y a donc en réserves plus 150 Md d’euros, plus les revenus générés par cette épargne et ses plus-values, pour faire face aux déficits qui vont diminuer jusqu’en 2030 soit plus de 20 Md de réserves par an pour un déficit de 4Md par an maximum. Il suffit d’employer moins de 20% des réserves pour combler le déficit prévu jusqu’à son extinction naturelle en 2030.</p>

<p>Dans le régime actuel il est donc possible d’améliorer les retraites d’au moins 10 Md par an sans toucher à l’âge des retraites. Porter à 1 100 € par mois la retraite minimale pour ceux ayant une carrière complète (sur la base de 42 ans de cotisations) cela concernerait 150 000 personnes par an et représente en moyenne environ 100 € par personne soit 15 millions € par mois et 180 millions par an. (ATTENTION, il y a actuellement 5 millions de personnes avec une retraite inférieure à 1 100 € par mois mais le projet de Macron ne prévoit les 1 100 € minimum que pour les futurs retraités avec une carrière complète). DIRE QU’IL RECULE LA RETRAITE À 65 ANS POUR AUGMENTER. À 1 100 EUROS LE MINIMUM DE RETRAITE POUR UNE CARRIÈRE COMPLÈTE AVEC AU MOINS LE SMIC COMME BASE DE COTISATION EST DONC UNE ÉNORME FUMISTERIE.</p>

<p>En maintenant l’âge actuel des retraites (62 ans) et le nombre actuel d’années de cotisations exigés (42 ans), il est possible, sans épuiser les fonds de réserve et sans obérer l’avenir de garantir ce minimum de retraite à tous les retraités ! </p>

<p>Plus encore, puisque le régime actuel sera excédentaire à partir de 2033, il est possible de faire plus d‘ici là. </p>

<p>Bien noter que le minimum de retraite de 1 100 € par mois promis par Macron concerne les futurs retraités et seulement ceux ayant cotisé sur la base du SMIC pendant au moins 42 ans à temps complet.<br />Tous ceux qui croient qu’avec Macron ils auront une augmentation de leur retraite actuelle à 1 100 €/mois sont trompés, ils ne sont pas concernés par la promesse. De même tous ceux qui prendront leur retraite à partir de 2023 mais qui ont eu des périodes d’inactivité ou des périodes à temps partiel ne seront pas concernés. C’est souvent le cas des femmes. Il en est de même pour les agriculteurs, les autoentrepreneurs ou les commerçants quand ils cotisent sur une base mensuelle inférieure au SMIC.   </p>

<p>À suivre, SUR MA PAGE UNIQUEMENT, <a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/866/l%E2%80%99amelioration-des-retraites-est-possible-a-court-et-moyen-terme-50-ans"><br />POURQUOI LE RÉGIME SERA-T-IL MATHÉMATIQUEMENT EXCÉDENTAIRE APRÈS 2030  ? </a> permettant de ramener progressivement l’âge de départ à 60 ans avec 40 ans de cotisations ?</p>

<p>NB : Sources : rapports du COR, données INSEE, démographie et budgets divers</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/863/en-france-qui-fera-barrage-a-l%E2%80%99extreme-droite-economique</guid>
	<pubDate>Mon, 11 Apr 2022 17:43:18 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/863/en-france-qui-fera-barrage-a-l%E2%80%99extreme-droite-economique</link>
	<title><![CDATA[En France, qui fera barrage à l’extrême-droite économique?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Myret Zaki</p><p>Il ne faut pas se leurrer: ce 24 avril, l’élection présidentielle dans l’Hexagone n’opposera pas une candidate d’extrême-droite à un candidat «républicain», mais deux candidats extrêmes, chacun à sa façon. À l’extrême-droite identitaire de Marine Le Pen, s’opposera l’extrême-droite économique, celle d’Emmanuel Macron. On connaissait depuis longtemps la première et son héritage xénophobe assumé, qui fait une nouvelle fois office de repoussoir pour une partie de la France, comme en 2017. Mais on a plus de mal à saisir l’extrémisme économique d’Emmanuel Macron, qui est rejeté par l’autre partie de la France, un électorat de taille quasi égale. Le 24 avril, Macron sera probablement reconduit pour un second mandat. C’est pourquoi cet édito abordera sa politique économique, et pourquoi les politiciens que l’on situait le plus à droite par le passé la trouveraient extrême aujourd’hui.</p><p>Avec Macron, il y a un problème d’étiquetage: d’aucuns le situent au centre de l’échiquier, le jugent modéré. Mais ce sont ses clients, ceux qui bénéficient de ses politiques. Les autres, qui sont demandeurs d’une politique sociale, ont massivement porté leur vote sur Jean-Luc Mélenchon et aussi sur Marine Le Pen. Si on examine le premier mandat de Macron du point de vue des politiques sociales, et son programme 2022 encore plus décomplexé, on le trouvera à droite de la droite. Encore une fois, ceux dont la situation ne s’est pas détériorée ou s’est améliorée sous son quinquennat le situeront sur leur centre parfait, parce qu'il défend leurs intérêts et qu’ils sont sa cible prioritaire. Ils trouveront choquant d’associer «Macron» et «extrémisme». Lier le président au bon vieux camp républicain leur convient. Mais ils ne représentent pas la majorité. Que signifie le mot républicain et pour qui, quand plus de 50% des votes des Français sont allés à des partis d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, ce 10 avril? Plus rien, évidemment.</p>
<p>L’échelle gauche-droite s’est déplacée vers la droite</p>
<p>L’évaluation du président sortant souffre d’une faiblesse majeure. Elle échoue à mesurer Emmanuel Macron aux dirigeants de droite les plus radicaux du passé, comme Giscard, Reagan ou Thatcher, sur des points de politique fiscale et sociale. Si on le fait, on sera surpris de voir qu’il va plus loin que ces ultras qu’on a tant caricaturés.</p><p>Beaucoup ont loupé le phénomène, mais depuis une quarantaine d’années, l’échelle gauche-droite s’est déplacée vers la droite. Ce qu’on appelait socialiste à l’époque du premier mandat de Mitterrand (qui a nationalisé les banques et des fleurons industriels, et créé l’ISF, cet impôt de solidarité sur la fortune que Macron a supprimé) serait aujourd’hui jugé d’extrême-gauche, voire comparé à Chavez au Venezuela. Ce qu’on situait au centre hier serait aujourd’hui classé socialiste. Le dernier spécimen en date de président socialiste, François Hollande, n’a jamais taxé à 75% les revenus supérieurs, mais il a par contre allégé les cotisations patronales et lourdement imposé les classes moyennes en augmentant la TVA, c’est la façon moderne d’être socialiste. Ce qu’on appelait «de droite» ou même «ultra-libéral» hier serait aujourd’hui perçu comme social-libéral ou centriste modéré. Comme Giscard d’Estaing, qui avait certes instauré le CDD en 1979, mais qui avait augmenté l’imposition des entreprises et des plus hauts revenus; aujourd’hui, c’est tout juste s’il resterait admis au club de la droite.</p><p>Mieux: si Reagan et Thatcher étaient là aujourd’hui, ils seraient choqués (ou jaloux). Sous Ronald Reagan, le taux d’imposition des entreprises a baissé de 45% à 35% aux États-Unis. Sous Margaret Thatcher, il a été ramené de 52% à 34% au Royaume-Uni. On a trouvé ces politiques extrêmes, et Renaud chantait qu’aucune femme n’est plus con, fière ou malhonnête que son frère, «à part peut-être Madame Thatcher». Mais aujourd’hui, ces figures paraissent pépères. Sous Macron, les entreprises ont vu leur taux d’imposition passer de 33,3% en 2017 à 25% en 2022, un taux qui pourrait encore baisser s’il est réélu.</p><p>Publicité</p><p>Le côté radical de la politique de Macron réside encore plus dans le rabotage méthodique de tout le volet social. Les aides personnelles au logement (APL), mises en place en 1977 sous le très libéral Giscard d’Estaing, sont trop sociales pour Emmanuel Macron, qui coupe dedans pour financer les baisses d’impôts des entreprises et des grandes fortunes.</p>
<p>Le passé, témoin gênant d’une autre façon d’être à droite</p>
<p>L’assurance chômage est aussi un marqueur de la droitisation. Non seulement Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse de campagne 2017 d’élargir les droits aux allocations chômage «à tous» et «avec les mêmes droits», ni l’idée d’indemniser en cas de démission, mais depuis octobre il a durci le droit aux allocations chômage, dont le montant va baisser. En outre, les contrôles vont s’intensifier et «les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues», a averti Macron.</p><p>Ce type de mesures n’est pas nouveau, et la France n’est pas une exception. «Temps Présent» vient de faire un reportage éclairant sur la sévérité des sanctions de l’assurance-chômage en Suisse. C’est cette attitude kick ass (plus sévère) héritée du sarkozysme qui interpelle. Sa tonalité contraste avec un Jacques Chirac qui en 1995, demandait aux entreprises de «considérer comme un devoir national d'offrir une chance d'insertion à des milliers de Français». Le passé est le témoin gênant d’une autre façon d’être à droite. Dans le même temps qu’il traque la fraude sociale, le gouvernement Macron délaisse la fraude fiscale, qui porte sur des dizaines de milliards d’euros, et qui n’est pas un sujet de campagne.</p><p>Publicité</p><p>Dans le même registre, on assiste au durcissement des conditions du RSA (le revenu de solidarité active, versé aux plus pauvres). Pour l’obtenir, il faut désormais travailler au moins 15 à 20 heures par semaine. Un filet social qui se transforme en travail précaire à mi-temps, payé au salaire minimum. Une mesure qui peut servir à vernir la façade du taux de chômage. Et qui est une subvention de plus aux entreprises, qui auront de la main-d’œuvre payée par l’État, tandis qu’elles touchent déjà deux fois plus d’aides publiques qu’il y a quinze ans (dont une bonne part finit en dividendes plutôt qu’en salaires).</p><p>Quant à l’inflation, le sujet brûlant qui concerne tous les salariés, et qu’ont combattu en priorité les présidents de la Ve république, il est absent du programme de Macron. À ce jour, les fonctionnaires n’ont pas de garantie de voir leurs payes ajustées à la forte hausse des prix. Les promesses destinées à stimuler le pouvoir d’achat, de type «primes exceptionnelles», restent cosmétiques. Les salaires seront les grands oubliés de ce second quinquennat.</p>
<p>Le choix proposé aux Français.e.s sera entre deux extrêmes</p>
<p>Le curseur a beau se déplacer à droite, et à droite de la droite, beaucoup d’observateurs dérivent avec lui, sans attaches, perdant leurs points de repère historiques, estimant que c’est «gauchiste» de voir de l’extrémisme dans cette politique (qui sied à leurs intérêts spécifiques). Mais si l’on sait se placer dans l’analyse et que l’on a saisi le glissement progressif, on voit que le choix proposé aux Français.e.s sera entre deux positions extrêmes. L’une (celle de Marine Le Pen) est nettement plus inacceptable en raison de sa tentation du rejet et de la discrimination. Mais, tout en lui faisant barrage, il vaut mieux prendre ses repères dans le passé et regarder en face le genre de politiques, socialement aliénantes et clivantes, qu’on verra s’affirmer de manière plus crue avec le deuxième mandat d'Emmanuel Macron.</p><p>Publicité</p><p>C’est la deuxième fois que les Français votent pour ces deux propositions qui divisent le pays en deux parties irréconciliables. Cela nous met face à un parti gouvernemental qui est radical pour une moitié des Français, et à une opposition lepéniste qui est radicale pour l’autre moitié du pays. Et tandis que l’extrême est la nouvelle norme et que ces partis sont devenus mainstream, ce sont les socialistes et les républicains qui sont devenus marginaux, en voie d’extinction. Pire qu’extrêmes, eux sont insignifiants.</p><p>Chroniques de Myret Zaki:</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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