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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<pubDate>Sun, 12 Dec 2021 21:40:45 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[“Avant même l’arrivée au pouvoir de Mitterrand, le “tournant” de la rigueur était déjà prévu.” Rencontre avec les auteurs de la BD Le Choix du chômage (I)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Chez Frustration, ce qu’on préfère plus que tout, ce sont les ouvrages qui nous apportent des idées, des connaissances ou des points de vue qu’on a lu nulle part ailleurs et qui sont utiles, d’une manière ou d’une autre, à la lutte de classe. La BD Le choix du chômage en fait partie. Par son aspect pédagogique et agréable, mais également par l’analyse très pointue qu’elle nous offre concernant les choix des socialistes au pouvoir en France, elle permet de mieux comprendre les échecs passés et d’appréhender les possibilités de ne pas répéter le pire. Rencontre avec ses auteurs, Damien Cuvillier, dessinateur et Benoît Collombat, journaliste, par Guillaume Etiévant et Nicolas Framont. </p><p>Frustration : Aujourd’hui, il est assez répandu de considérer que l’économie dicte les choix politiques, en particulier avec la financiarisation de l’économie, qui rendrait les hommes et femmes politiques impuissants face à une certaine fatalité de l’économie. À la lecture de votre ouvrage, on a plutôt le sentiment inverse : les choix économiques semblent dictés par des considérations politiciennes, des alliances d’intérêt, du lobbying, etc. À vous lire, on a l’impression que d’autres choix auraient été possibles. Avons-nous bien compris le sens de votre ouvrage en en résumant la ligne directrice ainsi ? </p><p>Benoît Collombat : Oui, tout à fait. C’était le point de départ du livre. Damien et moi avons voulu partir sur les traces des choix qui ont été faits et qui nous ont amenés dans la situation actuelle. Il y a une intimidation aujourd’hui sur le thème du “on ne peut pas faire autrement”. Notre idée était de réaliser une archéologie politique, économique et sociologique pour retrouver les personnes, les dates, les moments, qui nous permettent de retracer la généalogie de ces choix. Ils ont été déterminés par une grille particulière d’analyse et par une vision du monde bien spécifique. Ils auraient pû être tout autre. Notre autre objectif était de faire un livre qu’on n’avait encore jamais lu. C’était une démarche de lecteur frustré, ce qui rejoint le nom de votre magazine. </p><p>Damien Cuvillier : Avant tout, au départ de cette aventure et de cette enquête, il y avait notre envie d’en savoir plus. Notamment, quand il est question d’économie, il y a aujourd’hui  une véritable  intimidation intellectuelle, qui impose une manière particulière de voir l’économie. Ceux qui essayent de regarder les choses sous un autre angle sont accusés d’être irrationnels ou suspectés de complotisme. Nous avions la volonté de nous plonger vraiment dans les racines de ce qui a construit la société dans laquelle nous vivons actuellement. Ces décisions ne tombent pas du ciel. Elles sont prises par des gens, d’où l’idée de faire une BD, pour incarner des figures. </p>
<p>Le Choix du chômage, p.23</p>
<p>Benoît Collombat : Ce livre est aussi un croisement entre nos deux expériences. Il y a dans la BD une mise en abyme pour Damien, qui a connu le chômage. Ce n’est pas mon cas, je n’ai jamais connu le chômage ; ma mère était instit’, mon père prof.  Mais j’avais beaucoup travaillé sur l’envers du décor de la vie politique, les scandales politico-financiers, etc. Je travaillais de plus en plus sur la sphère politico-financière. Je me suis moi-même mis sur ces sujets, car c’est là que se trouve le pouvoir aujourd’hui. J’aimais l’idée de rassembler les pièces du puzzle et surtout de rendre accessible cela au grand public. C’est fondamental, car au moment où on donne des outils intellectuels aux lecteurs, ils deviennent des armes pour pouvoir se les approprier. </p><p>Frustration : Votre BD est un livre objet, avec un titre complètement à contre-courant et très fort. À gauche, on présente souvent le chômage comme un fléau, une fatalité, un grand déterminant économique impossible à maîtriser.  À l’inverse, vous mettez en avant une volonté de la classe politique de maintenir un certain niveau de chômage. C’est une idée assez nouvelle, sous un angle qu’on lisait habituellement sur des sujets comme la dette, la mondialisation, mais pas sur le chômage en tant que tel. Le développement du chômage a été un choix et aujourd’hui la lutte contre le chômage est le prétexte à toutes les régressions, en particulier contre le droit du travail.  </p><p>Benoît Collombat : Oui c’est la double peine en effet. </p><p>Damien Cuvillier : On autorise tout et n’importe quoi pour le sacro-saint emploi. Pour lui, on est prêt à concéder tout à n’importe qui : entreprises polluantes, entreprises qui font du dumping social, etc. </p><p>Alors, est-ce qu’ils y croient vraiment ? Certains oui, y croient vraiment, mais en même temps ils n’ont jamais été vraiment contredits.</p>
<p>Benoît collombat</p>
<p>Frustration : On parle d’ailleurs toujours de l’emploi et jamais du travail, qui est un oublié complet de la vie politique et médiatique. L’emploi est fétichisé, quelles que soit les conditions de travail, les salaires, etc. </p><p>Benoît Collombat : Tout à fait. Le terme d’employabilité s’est d’ailleurs généralisé : il faut s’adapter au marché du travail. Dans le livre, la question du chômage est le fil rouge, mais elle n‘occulte pas le travail. Dès le début du livre, on précise que le chômage fait 14 000 morts par an et que les choix politiques que nous évoquons dans le livre ont de graves conséquences sociales. D’ailleurs, pour avoir beaucoup travaillé sur la violence politique de droite dans les années 60 et 70, qui était sous-documentée, je trouvais intéressant de raconter la suite de l‘histoire. Cette période était violente, y compris dans le monde syndical, mais le pouvoir politique avait encore certains leviers, qui ont été démantelés dans les années 1980. Et ce démantèlement n’a pas été contraint : des choix ont été faits volontairement pour se conformer à une certaine grille de lecture et pour aller dans le sens de certains intérêts. Le pouvoir s’est dépossédé de certains outils qui lui permettaient d’agir sur l’économie et la monnaie. La violence qui a été générée par ces choix est au moins aussi ravageuse que la violence des barres à mine des militants du service d’action civique du parti gaulliste. </p>
<p>Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Industrie puis de l’Education de François Mitterrand face à Benoît Collombat et Damien Cuvillier, le Choix du chômage, p. 70</p>
<p>Frustration : Un point très intéressant dans votre livre est la focalisation sur les années 1980, au début desquelles se fait effectivement la grande rupture politique (déréglementation massive de la finance notamment). C’est quelque chose de très important et qu’on entend très rarement. Dans votre ouvrage, des personnages clefs de ce tournant politique s’’expriment et ne présentent pas le moindre remords, alors que depuis on connaît les désastres sociaux et économiques que ces choix politiques ont créés. Selon vous, est-ce que cette absence de remords est principalement liée à une idéologie très puissante qui les empêche de penser différemment ou tout simplement à leurs intérêts personnels qui les empêchent de réfléchir contre eux-mêmes?</p><p>Benoît Collombat : C’est une question complexe et passionnante. On peut émettre des hypothèses, grâce aux longs entretiens que nous avons eus et dont nous restituons certains moments. C’est vrai que nos interlocuteurs restent droits dans leur botte,  en ce qui concerne leur “magnifique bilan” et leurs choix qu’ils considèrent inéluctables. On peut expliquer cette attitude par plusieurs facteurs. </p><p>D’abord, la plupart de ces personnages sont toujours dans l’espace public. En France, on peut s’être toujours trompés, voire même s’être rendus coupables de plagiats, et être pourtant  toujours crédibles et invités régulièrement dans les médias. Il y a un quant-à-soi et une stature d’intellectuel à préserver. Avec nos bulles de BD, on détruit l’univers mental et la statue que ces personnages se sont édifiée. D’une certaine manière, ils ne peuvent pas dire autre chose. Alors, est-ce qu’ils y croient vraiment? Certains oui, y croient vraiment, mais en même temps ils n’ont jamais été vraiment contredits. Ils ont occupé des postes importants au sein de la direction du Trésor par exemple ; le pouvoir politique  leur commande régulièrement des rapports. Ils ont une rente de situation et ils ne peuvent pas se déjuger, sinon ils perdraient cette position. </p><p>Selon eux, il y a certes eu un peu de casse sociale, mais c’était pour le bien de la cause. Ils pensent qu’en France on a un État très généreux, que les gens vont globalement bien. Évidemment, c’est facile pour eux de dire cela, ils ne seront jamais au RSA ou dans la difficulté. </p>
<p>Damien Cuvillier</p>
<p>Certains sont tout de même traversés par des contradictions. C’est le cas notamment de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_de_Foucauld">Jean-Baptiste de Foucauld</a>, collaborateur de Jacques Delors, qui a forgé la notion de désinflation compétitive. Il a, en parallèle, dans les années 80, créé une association d’aides aux chômeurs. Peut-être que sa conviction catholique l’amenait à avoir conscience des dégâts sociaux qu’entraînait la politique qu’il défendait. </p><p>C’est également le cas de Pierre Bérégovoy. On restitue dans la BD un portrait gris clair de lui, sans l’exonérer de ses responsabilités considérables dans la dérégulation financière. Nous avons pu documenter qu’à plusieurs moments dans des espaces privés, il se posait des questions et n’adhérait pas à la  politique dominante. En particulier, il était contre l’idée d’une banque centrale indépendante, il pensait que l’État devait avoir la main sur la monnaie et sur les taux d’intérêt, il n’était pas sur les positions de Jacques Delors concernant la construction européenne, etc. L’hypothèse que j’émets, c’est que pour progresser dans l’état-major politique (jusqu’à devenir Premier ministre)  il faut embrasser cette idéologie-là. </p>
<p><a href="https://www.frustrationmagazine.fr/aidez-frustration-pour-emmerder-les-puissants/"></a></p>
<p>Damien Cuvillier : Ils ont une certaine déconnexion aussi. Est-ce qu’ils y ont vraiment cru? Ils se sont en tout cas créés des manières de se justifier en affirmant qu’ils n’ont pas été assez loin, et que c‘est pour cette raison que les effets positifs ne se voient pas pleinement. Je pense notamment à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Trichet">Jean-Claude Trichet</a> et Pascal Lamy qui assument leur politique et sont toujours aux affaires. Selon eux, il y a certes eu un peu de casse sociale, mais c’était pour le bien de la cause. Ils pensent qu’en France on a un État très généreux, que les gens vont globalement bien. Évidemment, c’est facile pour eux de dire cela, ils ne seront jamais au RSA ou dans la difficulté. </p><p>Benoît Collombat :  Il y a une citation très forte d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Upton_Sinclair">Upton Sinclair</a>, qui est un journaliste américain qui a écrit notamment La jungle, un ouvrage sur les abattoirs aux  Etats-Unis : “Il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme lorsque son salaire dépend précisément du fait qu’il ne la comprenne pas”. C’est une phrase très actuelle qui fait partie des clefs de compréhension de ce que nous racontons dans le livre. Notre démarche a été de prendre au sérieux ces personnages, de lire leurs livres et leurs écrits. C’est un énorme travail qui n’est pas souvent fait. Les journalistes n‘ont pas le temps, pas l’envie, pas les moyens ou un mélange des trois. </p>
<p>Le Choix du chômage, p. 132</p>
<p>Par exemple, nous nous sommes plongés dans les écrits de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Padoa-Schioppa">Tomaso Padoa-Schioppa</a>, ce banquier italien qui a joué un rôle très important dans la manière dont s’est modelée la construction européenne. C’est une forme de maître intellectuel. Ses écrits sont facilement trouvables, il suffit d‘aller les chercher. Jacques Delors s’en recommande et le considère comme un mentor. Autre exemple : nous sommes allés chercher dans les archives du Monde l’article rédigé par Jean-Baptiste de Foucauld sur le mode d’emploi de la désinflation compétitive. </p><p>Nous avons fait le choix de longs entretiens qui pouvaient durer deux heures pour installer une véritable confrontation intellectuelle, ce qui n’arrive quasiment jamais dans le champ politico médiatique. Le but était de restituer leur pensée et d’aller les chercher pour les confronter à la réalité concrète des conséquences de leurs choix. De nombreux journalistes ont une mémoire de poisson rouge. Par exemple, Pierre Rosanvallon est en ce moment interviewé sur toutes les antennes à la faveur d’un nouvel ouvrage. Aucun journaliste n’évoque le fait qu’avec la Fondation Saint-Simon, il a participé à la conversion de la gauche socialiste au “réel” et au développement du néolibéralisme dont il a été un rouage essentiel. Aujourd’hui il se permet de faire le bilan et d’analyser doctement les politiques menées, comme s’il n’avait rien à voir avec  tout cela et sa responsabilité personnelle n’est jamais mise en avant par les gens qui l’interviewent. Les classes sociales pour Rosanvallon, ça n’existe pas. Il faut considérer les individus par rapport à leurs affects. Que les journalistes le laissent parler sans jamais questionner ses propos et son point de vue, c’est fascinant et ça fait partie du problème. </p><p>Frustration :  Comment est-il possible que tout ait basculé si vite au début des années 1980 ? Comment des personnes qui avaient un projet d’abandon du capitalisme se retrouvent en quelques mois à tenir des propos d’une grande violence économique, qui ne prennent plus du tout en compte la dimension de classe et les rapports de domination? Dans l‘univers militant, on entend beaucoup dire que c’est dû au fait que les rapports de force de l‘époque n’étaient pas favorables… Les rapports de force étant bien plus durs aujourd’hui, on voit mal comment les mêmes personnes peuvent prétendre être capable de mettre en œuvre un programme de rupture… Vous pensez que dans l’entourage de Mitterrand les décideurs n’étaient pas préparés, ou alors préparés mais hypocrite, ou bien est-ce qu’il y a un fort effet sociologique d’un entourage technocratique qui fait valoir ses intérêts? En bref, quelle est votre analyse sociologique de cette période? </p><p>Benoît Collombat : Ce que nous montrons dans la bande dessinée, c’est l’illusion d’un basculement. Il y a un peu cette image d’épinal, ce story telling du tournant de la rigueur, cette métaphore d’une voiture sur la route qui serait obligé d’être dévié du chemin qu’elle voulait atteindre. <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/127096-declaration-de-politique-generale-de-m-pierre-mauroy-premier-ministre">Le discours de politique générale de Pierre Mauroy</a> du 8 juillet 1981 est à ce titre éclairant. Malgré l’image de socialiste qu’avait  Mauroy, la rigueur budgétaire y est déjà mentionnée clairement, ainsi que le refus de sortir du Système monétaire européen par exemple. C’est oublié aujourd’hui, mais assez cohérent : Pierre Mauroy était proche des idées de Delors, Jacques Peyrelevade était dans son cabinet, etc.</p><p>Par ailleurs, il y a un storytelling sur les interrogations de François Mitterrand à l’époque. Son  entourage (Jacques Delors et Jacques Attali notamment) pense depuis le départ que le programme commun est déraisonnable. Dans les réunions préparatoires organisées autour de Jacques Delors, avant même qu’il ne soit ministre de l‘économie, on retrouve des gens qui sont dans l’appareil d’Etat et à la direction du trésor, comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Leb%C3%A8gue">Daniel Lebègue</a> entre autres. </p><p>Pour avoir beaucoup travaillé sur Jacques Attali (notamment pour mon livre Histoire secrète du patronat), j’ai pu observer qu’il y avait avant même l’arrivée au pouvoir de Mitterrand une structuration de la pensée néolibérale chez les socialistes,  notamment avec le réseau autour des cahiers de l‘IRIS. Le soi-disant tournant de la rigueur vient en fait de loin : Mitterrand qui est un fin tacticien avait compris qu’il devait faire des alliances avec les communistes, mais dans la coulisse, le “tournant” était déjà prévu. </p><p>Dans ce soft power, les socialistes ont joué le jeu en faisant faussement les naïfs, en faisant comme s’ils étaient surpris par les conséquences économiques de leur politique. Au fond, ils étaient en fait convaincus idéologiquement par les idées libérales. </p>
<p>Damien Cuvillier</p>
<p>L’un des exemples saisissants que nous mentionnons dans la BD est celui des nationalisations. Nous montrons que ces nationalisations n’ont pas été préparées. Si vous arrivez au pouvoir avec un programme de rupture, même très préparé et avec une bonne vision des rapports de force, il sera très difficile à mettre en œuvre et nécessitera un fort appui du mouvement social. Mais si en plus vous n’avez rien préparé, c’est sûr que vous n’y arriverez pas. Dans le livre, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Morin_(%C3%A9conomiste)">François Morin</a> tombe de sa chaise, car on lui demande d’écrire, quasiment sur un coin de table, le projet de loi de nationalisation. Mitterrand avait préféré rester dans le flou avant l’accès au pouvoir, pour ne pas perdre une partie de sa base électorale. </p>
<p>Le Choix du chômage, p.96</p>
<p>Damien Cuvillier : On se demande aussi s’il n’y a pas un jeu qui se met en place. Dans la représentation collective, la gauche n’est pas raisonnable, ce sont de grands enfants comme nous l’a dit Jean Claude Trichet, il fallait “éduquer” ces gens-là, car l‘économie est très sérieuse. Dans ce soft power, les socialistes ont joué le jeu en faisant faussement les naïfs, en faisant comme s’ils étaient surpris par les conséquences économiques de leur politique. Au fond, ils étaient en fait convaincus idéologiquement par les idées libérales. </p><p>Je suis né en 1987, donc à la fin de cette période, mais j’en subis directement les conséquences, car j’ai le statut d’auteur de bande dessinée qui se met en place à cette époque. Il est proche de celui d’auto-entrepreneur, c’est-à-dire le statut le plus merdique qui soit où on ne cotise à rien. Il a été créé dans ce contexte des années 1980 où pour le monde culturel, pour être moderne il faut bouger. Chacun doit devenir son propre chef, à l’américaine, l’idée du collectif étant devenue un peu ringarde. </p><p>Benoît Collombat : J’ajouterais aussi un élément : il y a une grille de lecture sociologique des socialistes. D’où viennent ces personnes et quels intérêts ils défendent ? Bérégovoy n’avait pas fait de grandes écoles. On relate dans la BD qu’il a dit à un moment à son ancien collaborateur <a href="https://www.wikimanche.fr/Jacques_Desponts">Jacques Despont</a>, qui était le seul conseiller de Jacques Delors à avoir accepté de rester dans le cabinet de Bérégovoy en juillet 1984: “Je sais bien pourquoi ils ne restent pas avec moi Delors est un directeur de la Banque de France, moi je suis un fils d’immigré avec un CAP d’ajusteur”. Derrière, il a eu la foi du converti et a ensuite été un artisan zélé de la dérégulation, pour prouver qu’il pouvait aussi la mener. La grille sociologique n’est pas à négliger, si vous faites le choix du capital contre le travail, c’est qu’il y a des raisons, et que cela correspond à votre milieu social et relationnel.</p><p>Frustration : Bérégovoy, c’était le seul de la classe ouvrière et c’est le seul qui est mort. </p><p>Benoît Collombat : Oui, et il a choisi de se suicider un premier mai, pas besoin d’en rajouter, tout le monde a compris. Dans la BD on évoque la phrase de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Ralite">Jack Ralite</a>, ancien ministre du travail, qui dit à la veuve de Bérégovoy “Madame Bérégovoy, j’ai bien peur que celui qui a appuyé sur la gachette le 1er mai 93, c’est l’ancien cheminot”.</p><p>FIN DE LA PARTIE I </p>
<p><a href="https://www.frustrationmagazine.fr/aidez-frustration-pour-emmerder-les-puissants/"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 11 Dec 2021 10:06:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bruno Gollnisch : « Il y a au Rassemblement national une perte de tonus »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec la désignation de <a href="https://www.lepoint.fr/politique/presidentielle-je-ne-changerai-pas-ma-ligne-affirme-pecresse-05-12-2021-2455344_20.php" title="">Valérie Pécresse, le casting est presque complet.</a> La présidentielle est véritablement lancée et la précampagne a déjà livré ses surprises : un président de la République solidement installé sur son socle, un bloc de gauche à l’agonie, la droite républicaine en embuscade et un duel fratricide à la droite de la droite entre <a href="https://www.lepoint.fr/tags/marine-le-pen">Marine Le Pen</a> et <a href="https://www.lepoint.fr/tags/eric-zemmour">Éric Zemmour</a>. <a href="https://www.lepoint.fr/dossiers/politique/eric-zemmour-candidat-2022/" target="_blank" title="">Le polémiste et désormais candidat a grignoté une partie des voix de la présidente du Rassemblement national</a>. De quoi compromettre la qualification au second tour de Marine Le Pen ? S’il estime que son ancienne rivale a bien tenu le choc et revient sur ses fondamentaux, <a href="https://www.lepoint.fr/tags/bruno-gollnisch">Bruno Gollnisch</a>, ancien vice-président du <a href="https://www.lepoint.fr/tags/rn---rassemblement-national">Front national</a> et ex-député européen, craint « la division du camp patriote ». Plus surprenant, il défend Emmanuel Macron et trouve « certaines attaques » contre lui « injustes ». Entretien.</p><p>Le Point : On dit qu’une élection se gagne au centre. Est-ce que, cette fois-ci, elle va se jouer à droite, voire très à droite ?</p><p>Bruno Gollnisch : Cela fait un bon bout de temps que l’élection présidentielle ne se joue plus au centre. Et, en réalité, elle s’est toujours jouée à droite ou à gauche. L’électorat gaulliste était majoritairement à droite. Pareil pour Georges Pompidou ou Valéry Giscard d’Estaing qui, en 1974, a bénéficié de l’électorat de l’UDR… En 1986, aux législatives, le programme du RPR et de l’UDF – on dirait aujourd’hui LR – était un pâle et tardif décalque du programme du Front national, incluant, par exemple, la réforme du code de la nationalité ! Ils n’en ont rien fait, bien sûr. Nicolas Sarkozy, grâce aux conseils de Patrick Buisson, avait siphonné une partie des voix du FN. Dans cette mouvance-là, ils gagnaient toujours à droite… et ne faisaient ensuite d’ouverture qu’à gauche !</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/presidentielle-2022-pecresse-fait-une-belle-entree-dans-les-sondages-06-12-2021-2455540_20.php" title="">Si on en croit les sondages, le bloc d’extrême droite est à plus de 30 % quand on ajoute les intentions de vote de Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan…</a></p><p>Ce bloc n’est « extrémiste » en rien. Je suis amusé de voir chez Éric Zemmour les mêmes accents que naguère Jean-Marie Le Pen. Il dit : « Je ne suis pas extrémiste ; mes idées, c’étaient celles que défendait le RPR. » Le Pen disait, lui aussi : « Les idées que je défends sont des idées du bon sens, c’étaient les idées que défendait le Centre national des indépendants [un parti conservateur et modéré très important sous la IVe République, NDLR]. » Et c’était vrai. C’était la classe politique française qui, longtemps, avait dérivé à gauche. Aujourd’hui, les prétendus « extrêmes », qui par définition devraient être sur les bords du gâteau, finissent par en constituer la plus grosse part ! Et nous avons assisté, lors du congrès des Républicains, à une course à l’échalote à celui qui trouverait les accents les plus radicaux (devrais-je dire extrémistes ?). <a href="https://www.lepoint.fr/politique/eric-ciotti-je-veux-un-guantanamo-a-la-francaise-10-11-2021-2451455_20.php" title="">M. Ciotti est même allé jusqu’à proposer un Guantánamo à la française,</a> ce à quoi je ne suis pas favorable, car il faut respecter les droits de la défense, et les pires criminels ont droit à un procès équitable. Même Michel Barnier, le chantre de l’Europe, <a href="https://www.lepoint.fr/politique/michel-barnier-et-les-migrants-un-electrochoc-europeen-15-10-2021-2447870_20.php" title="">a demandé que l’on s’affranchisse de la Cour de justice européenne.</a> <a href="https://www.lepoint.fr/tags/valerie-pecresse">Valérie Pécresse</a> est macron-compatible et a signé il y a dix ans avec des « indigénistes » une pétition pour une France multiculturelle et postraciale. Désormais, elle dit tout le contraire…</p><p>Ma crainte, c’était qu’Éric Zemmour soit à Marine Le Pen ce qu’avait été Christiane Taubira pour Lionel Jospin en 2002.</p><p>Que pensez-vous de la candidature d’Éric Zemmour ?</p><p>J’ai beaucoup d’estime pour Éric Zemmour, mais j’ai quelques points de divergence avec lui. Je ne suis pas gaulliste, et je n’ai pas l’intention de le devenir, même si je reconnais certains aspects de grandeur du personnage. Tout le monde est tombé sur Zemmour au sujet de Pétain, mais il n’a dit que ce que nous disent beaucoup d’historiens. Ce serait un long débat. À la différence d’Éric Zemmour, je ne suis pas non plus bonapartiste, même si je fais la part des choses dans l’héritage napoléonien. Zemmour est un homme intelligent, cultivé et courageux. Mais je lui aurais personnellement déconseillé de se présenter.</p><p>Pourquoi ?</p><p>Je suis membre du Rassemblement national, même s’il m’arrive d’être critique envers ma formation politique. Ma crainte, c’était qu’Éric Zemmour soit à Marine Le Pen ce que Christiane Taubira avait été pour Lionel Jospin en 2002. Je crains la division des voix patriotes. Aujourd’hui, il a atteint un plateau ; peut-il progresser ? Je ne sais pas. Ceux qui, à tort, prédisaient l’effondrement de Marine Le Pen se sont trompés. Elle résiste bien alors que sa campagne n’est pas suffisamment médiatisée. On n’a, par exemple, pas assez parlé dans les médias de ses propositions sur l’immigration, alors que ce sont des solutions cohérentes, efficaces, fermes, raisonnables.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/eric-zemmour-et-le-serment-de-villepinte-05-12-2021-2455393_20.php" title="">À LIRE AUSSIÉric Zemmour et le « serment de Villepinte »</a></p><p>Mais, si Éric Zemmour atteint des intentions de vote à deux chiffres, c’est parce que peut-être Marine Le Pen ne répond pas à la « demande » de ses électeurs, comme le signale Marion Maréchal…</p><p>Il y a eu en effet, peut-être pas chez Marine Le Pen mais au Rassemblement national, une perte de tonus, voire une usure avec le temps. Mais il y a une contrepartie : c’est l’expérience. Il y a des dizaines de personnes qui ont exercé des mandats parlementaires et des centaines d’élus locaux. Il y a eu aussi une érosion du sentiment affectif, et l’exclusion de Jean-Marie Le Pen a été à cet égard une erreur et une faute. Beaucoup de gens ont été fidèles à ce mouvement, mais ont eu aussi l’impression de ne pas avoir été bien traités.</p><p>N’y a-t-il pas aussi des raisons de fond ?</p><p>Un certain nombre de sympathisants ont eu l’impression que, sur certains sujets, le discours était édulcoré ou que nous avions abandonné certains thèmes. Depuis que Marine Le Pen est repartie en campagne, je retrouve avec intérêt un certain nombre de ces thèmes…</p><p>Peut-être grâce à Zemmour…</p><p>Quant aux motivations, je ne sonde pas les reins et les cœurs. Mais, en politique, comme en économie, la concurrence est la garantie du consommateur. Contrairement à Valérie Pécresse, Marine Le Pen n’est pas opportuniste. Elle n’a pas changé fondamentalement d’attitude. Certes, nous n’étions plus audibles sur un certain nombre de sujets de société, comme la politique familiale, l’accueil de la vie ou, sur le plan économique, la lutte contre la bureaucratie qui paralyse notre pays et le fiscalisme qui spolie. Je ne dis pas qu’on avait abandonné ces sujets, mais nous n’étions plus identifiés et, comme dit Jean-Marie Le Pen, « en politique n’existe que ce qui paraît exister ». Je me réjouis donc que des initiatives aient été récemment prises dans ces domaines. En tout état de cause, je ne voudrais pas que cette compétition profite à madame Pécresse…</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/comment-marine-le-pen-a-resiste-a-la-vague-zemmour-30-11-2021-2454443_20.php" title="">À LIRE AUSSIComment Marine Le Pen a résisté à la vague Zemmour</a></p><p>Quelle est sa valeur ajoutée ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus ? Je crois que c’est une bonne question.</p><p>Pourquoi la candidature de Marine Le Pen aurait-elle la primauté sur celle d’Éric Zemmour ?</p><p>Déjà, pour une première raison : il y a, me semble-t-il, un ordre naturel, c’est celui de l’antériorité. Il y a d’ailleurs ici une chose un peu irritante. Éric Zemmour, et pas seulement lui, nous dit qu’il est le premier à oser parler de ceci ou de cela. Quelquefois, j’ai envie de reprendre le programme du Front national d’il y a 15, 20 ou 30 ans, dont j’ai été l’un des rédacteurs, et dire, mais sans animosité : « Un peu de modestie ! » Car nous avions mis toutes ces questions sur la table et proposé les remèdes adéquats. Il en a résulté, comme aujourd’hui pour Zemmour, quantité d’épreuves, de diabolisation, de persécutions judiciaires et d’agressions physiques. <a href="https://www.lepoint.fr/politique/provocateurs-zemmour-fustige-les-militants-de-sos-racisme-07-12-2021-2455585_20.php" title="">Ces agressions physiques sont médiatisées de manière incroyable : les voyous antifas viennent bloquer les meetings de Zemmour par la violence.</a> Et l’on dit « violences à l’occasion du meeting d’Éric Zemmour », comme s’il les avait lui-même provoquées.</p><p>Le dernier exemple en date, le propos d’Éric Dupond-Moretti à l’Assemblée nationale quand il dit que Zemmour « veut rétablir l’ordre républicain qui, selon lui, serait déliquescent… Et il est incapable d’assurer la sécurité dans son propre meeting ». C’est particulièrement ignoble. Il arrive à Zemmour exactement ce qui est arrivé à Le Pen et à nous dans les années 1980, durant des décennies, et récemment encore. Nous avons donc une antériorité. Et je pense que Marine Le Pen, plutôt que de critiquer ce qui est peut-être critiquable chez Zemmour, a quand même un bon argument : « Il arrive après nous dans cette bataille. Quelle est sa valeur ajoutée ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus ? » Je crois que c’est une bonne question.</p><p>La réponse n’est-elle pas une certaine radicalité d’Éric Zemmour que réclame une partie de l’électorat ?</p><p>Il peut dire qu’il a des positions plus tranchées. C’est possible. Mais cela peut être aussi un inconvénient. Je vois d’ailleurs qu’il a essayé d’y parer lors de son dernier meeting. On critique beaucoup Marine Le Pen parce qu’elle critique l’islamisme, et non l’islam. On a bien sûr le droit de critiquer l’islam. Cependant, je pense que le rôle des responsables politiques n’est pas de s’attaquer à une religion, mais de parer fermement à l’islamisation de la France, à l’islamisme, c’est-à-dire à la prétention de trop de musulmans à vouloir vivre et d'imposer un mode de vie peut-être adapté à des Bédouins dans l’Arabie du VIIIe siècle (et encore !) mais qui n’est pas et ne saurait être le nôtre.</p><p>Reprochez-vous à Éric Zemmour une tendance à « essentialiser » ?</p><p>Parmi les Français musulmans, il y a de la diversité. Il y en a qui sont aussi peu fervents musulmans que la majorité des Français est peu fervente catholique. Il ne faudrait pas, par des attaques contre la religion, qui est quelque chose d’intime et de profond, réveiller un sentiment d’hostilité. En tant que prof de fac, j’ai eu beaucoup d’élèves issus de ce que l’on appelle « la diversité », qui étaient des étudiants studieux, avec lesquels je n’ai jamais eu de problème. Et dont je suis persuadé qu’ils n’avaient pas d’autre désir que de s’intégrer parfaitement à la société française. Quel message apporte-t-on à ceux-là ? Est-ce qu’on veut les rejeter dans le camp de ceux qui, par leurs actions, et quelquefois leurs actes abominables, portent atteinte à la réputation de ceux qui ont la même origine ?</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/debats/zemmour-le-club-de-l-horloge-et-le-mur-des-classes-populaires-10-11-2021-2451453_2.php" title="">À LIRE AUSSIZemmour, le Club de l’horloge et le mur des classes populaires</a></p><p>Éric Zemmour n’aide-t-il pas Marine Le Pen à lisser son image, à devenir présidentiable, en vue du deuxième tour ?</p><p>C’est ce que disent beaucoup de commentateurs. J’acquiesce à condition que les deux candidats se retrouvent au deuxième tour. Malgré tout, quand il y a des situations de compétition, c’est comme quand la vaisselle a été cassée. Il est toujours difficile de recoller les morceaux,</p><p>Au risque de me brouiller avec certains de mes amis politiques, le bilan d’Emmanuel Macron est mauvais, mais, par rapport aux précédents, ce n’est pas pire.</p><p>Quelle issue prédisez-vous à cette compétition dans laquelle les deux candidats ont l’air peu à même de se rapprocher ?</p><p>On pourrait rêver d’un deuxième tour Le Pen-Zemmour (rires). On a vu des choses plus surprenantes dans la vie politique française des deux derniers siècles ! Si Marine Le Pen, qui, encore une fois, résiste, est au deuxième tour, j’espère bien qu’Éric Zemmour lui apportera son soutien. Et inversement. Ça paraît peu probable, mais, si Zemmour était au deuxième tour contre Macron, moi, je ne voterais pas pour Macron. Les choses sont claires.</p><p>Emmanuel Macron boucle son quinquennat. Où se situe-t-il parmi les présidents qui l’ont précédé ?</p><p>Au risque de me brouiller avec certains de mes amis politiques (rires), son bilan est mauvais, mais par rapport aux précédents, ce n’est pas pire. Je ne le trouve pas pire que Chirac, je ne le trouve pas pire que Mitterrand, je ne le trouve pas pire que Hollande ni Sarkozy. Je trouve qu’il est un peu de la même veine. C’est un garçon qui est intelligent, certainement. Je ne le trouve pas haïssable. Ce que je dis me sera peut-être reproché, mais je suis surpris de la haine qu’il suscite quelquefois. Cela étant, je suis en total désaccord avec lui sur la plupart des sujets. C’est un libéral, au sens philosophique du terme un relativiste, acquis aux idées mondialistes. Il penchait plus du côté d’Alain Minc que de Patrick Buisson ! Il semble quand même que la réalité lui ait sauté au visage à l’occasion de la pandémie. Il a pu mesurer l’impact de la réduction des services publics, et de notre désindustrialisation dont résultait, par exemple, l’incapacité à fournir ne serait-ce que des masques… Mais il reste quand même sur ses illusions euro-mondialistes, dont, à mon avis, il ne sortira rien de bon.</p><p>Vous ne souscrivez pas à ce procès en arrogance et en déconnexion qui lui est fait ?</p><p>Si, mais je ne le crois pas plus déconnecté du pays réel que ne l’est Valérie Pécresse. Certaines attaques sont peut-être injustes. Par exemple, on a mis sur le compte de <a href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-fait-polemique-avec-les-gens-qui-ne-sont-rien-02-07-2017-2139952_20.php" title="">l’arrogance le fait qu’il a parlé des « gens qui ne sont rien »</a>. Mais il y a malheureusement des gens « qui ne sont rien », je veux dire qui n’ont pas le statut social, la reconnaissance, le minimum de revenus, la dignité qu’ils méritent et devraient avoir. Si on dit ça pour le déplorer, comme je le fais là, ce n’est pas du mépris. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas l’accomplissement familial, culturel, patrimonial, l’accès au logement, etc. auxquels ils devraient pouvoir prétendre, et il faut y remédier.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/797/ils-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:32:33 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/797/ils-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes</link>
	<title><![CDATA[Ils déplorent les effets dont ils chérissent les causes.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Denis COLLIN sur sa page Facebook :</p>

<p>Ceux qui ont fait de la dénonciation de Zemmour leur nouveau fond de commerce appartiennent à la catégorie de ces hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.</p>

<p>- Zemmour tente d'apporter des réponses à la crise qu'ils ont provoquée. Que ses propositions doivent être combattues politiquement, sans aucun doute - le programme économique et social de Zemmour ressemble à celui de Pécresse. Mais il faut d'abord essayer de comprendre pourquoi tant de gens et de jeunes en particulier s'engagent avec lui.</p>

<p>- le prétendu antifascisme est une sinistre plaisanterie. Zemmour n'est pas un fasciste et il n'y aucun mouvement fasciste derrière lui. Tous ces écervelés "d'antifas" feraient bien de retourner en classe d'histoire.</p>

<p>- ce qui a fait Zemmour, c'est fondamentalement la décomposition politique de la gauche qui a abandonné les travailleurs et la patrie au profit de la "jet set" de la mode, des Frères musulmans et de tous les cinglés qui débitent à longueur de journée les âneries woke "made in USA", sans parler de ceux qui font des petites frappes de banlieue la nouvelle avant-garde. Cette décomposition de la gauche est le revers de son ralliement à la mondialisation capitaliste et à l'UE. </p>

<p>- Zemmour a pu imposer une problématique "identitaire" uniquement parce que les communautaristes soutenus par une partie de la gauche ont remis en selle le racisme et l'ethnicisme et qu'ils ont même trouvé un prophète qui annonce que la créolisation du monde est l'avenir. </p>

<p>- On ne doit pas reprocher à Zemmour son obsession de la nation, mais lui reprocher de soutenir un système économique qui précisément détruit la nation qu'il prétend défendre. S'il y avait encore des socialistes dans ce pays, ils diraient, contre Zemmour, que la défense de la patrie et la défense des travailleurs sont un seul et même combat. Bref, à Zemmour, ils opposeraient Jaurès. Mais j'ai beau me promener avec une lanterne des socialistes à la Jaurès, je le cherche en vain.</p>

<p><sup><br />Denis COLLIN :<br />Denis Collin fut, d'après Jean-Paul Salles, dans les années 1970, militant de la Ligue communiste révolutionnaire.<br /><br />En 2014, il fait un exposé à l'Université d'automne du M'PEP (Mouvement politique d’émancipation populaire créé par Jacques Nikonoff) où il se déclare conservateur. Il s'est exprimé à plusieurs reprises dans des revues de droite radicale (KRISIS et Éléments) comme dans Causeur ou dans la revue Front Populaire créée par Michel Onfray et Stéphane Simon. En 2019, il donne une conférence pour la Nouvelle Action ROYALISTE. <br /></sup></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:22:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/796/un-discours-qui-sadressait-aux-francais</link>
	<title><![CDATA[Un discours qui s&#039;adressait aux Français !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Gilles CASANOVA, sur sa page Facebook :</p>

<p>Je ne suis pas un soutien politique d'Éric Zemmour. Et nombre des éléments de son programme me semblent mériter d'être combattus politiquement, maintenant qu'ils ont un écho dans le pays.</p>

<p>Je suis un soutien politique de la République et de la démocratie. Du débat public en raison où l'on échange des arguments et où l'objectif n'est pas de faire taire l'autre physiquement, mais de l'emporter politiquement en faisant appel à l'intelligence et à l'expérience des citoyens.</p>

<p>Je suis allergique à la propagande médiatique a gros bouillons. Au mensonge mille fois répété qui se donne pour une nouvelle vérité.</p>

<p>Des manifestations de centaines de milliers de Gilets jaunes ou de salariés dans tout le pays sont résumés par le système médiatique à une agitation de quelques Blacks-Blocks, opportunément placés devant les caméras, c'est habituel.</p>

<p>Maintenant c'est un meeting de lancement de campagne de 10 à 15 000 participants pendant lequel un discours politique de haut niveau est prononcé, qui fait partie du débat public, où le système ne parle que d'une douzaine de militants Agit-prop de SOS-Racisme qui avec le secours de quelques caméras servent à faire croire à un déchainement de violence qui n'a pas eu lieu.</p>

<p>Mais ce qui me peine le plus, c'est de voir ceux qui s'émeuvent lorsque c'est la CGT, ou les Gilets jaunes qui sont victimes de la même méthode, venir appuyer la propagande sans fard du système médiatique Mainstream. </p>

<p>Sans comprendre que c'est eux-mêmes qu'ils frappent !</p>

<p>Combattre des idées politiques, ce n'est pas dénaturer la réalité, les propos ou les faits.</p>

<p>Des années de cette politique de manifestations de rue contre Jean-Marie Le Pen et de provocations physiques sans répondre politiquement, ont fait passer son courant politique de 2,3 % à plus de 30 %, mais la leçon n'est pas encore suffisamment forte.</p>

<p>Évidemment lorsqu'on n'a plus rien à dire, la tentation de faire taire les autres est tellement forte. L'état de la gauche fait peine à voir, si les courants qui dominent en son sein en sont là.</p>

<p>Éric Zemmour a marqué un point de plus hier après midi pour les Français avec de telles manipulations, car contrairement à un nombre trop grand de militants de gauche qui aiment ou detestent les méthodes de la propagande, selon qu'elle dit ce qui leur plaît ou leur déplait, les Français sont las d'être pris pour des veaux par le système.</p>

<p>Il serait bon qu'il y ait au moins une voix de gauche pour relever le défi du débat, face à un discours qui s'adressait aux Français, alors que les discours de la gauche dominante s'adressent à la bien-pensance de catégories supérieures de la société… et n'ont plus rien à proposer au pays.</p>

<p>Faute de cela la disqualification de la gauche sera totale, et pour longtemps, elle ne sera plus soutenue que par le système médiatique Mainstream qui la soutient comme la corde soutient le pendu !</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/795/bitcoin-michael-saylor-offre-la-meilleure-explication-jamais-donnee</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 11:49:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/795/bitcoin-michael-saylor-offre-la-meilleure-explication-jamais-donnee</link>
	<title><![CDATA[Bitcoin - Michael Saylor offre la meilleure explication jamais donnée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Voici une retranscription quasiment intégrale de l’interview du CEO de Microstrategy Michael Saylor par Tucker Carlson (Fox News). Il s’agit probablement de la meilleure explication jamais donnée sur la raison d’être du bitcoin. Une ITW remarquable à partager avec tous vos proches qui ne savent pas encore quoi penser du bitcoin.</p><p></p><p>Tucker – Si vous êtes comme la plupart des gens, vous savez parfaitement qu’il existe quelque chose appelé bitcoin et qui se trouve être une crypto-monnaie. Il se peut que vous vous soyez montré sceptique à son égard, voire dédaigneux, mais il devient évident pour tout le monde qu’il n’est pas près de disparaître. Est-ce une bonne chose ? Est-ce une mauvaise chose ? Est-ce que vous pouvez en profiter ? Et d’ailleurs qu’est-ce que c’est exactement ? Vous avez peut-être peur de poser cette question. Après 5 ans de recherche, nous avons trouvé quelqu’un pouvant répondre à toutes ces questions d’une manière crédible et intelligible pour monsieur et madame tout le monde. Il s’agit de Michael Saylor. s’il vous plaît expliquez-nous ce qu’est le bitcoin.</p><p>M. Saylor – Le bitcoin est le tout premier système monétaire créé par des ingénieurs. Point final. Maintenant qu’on a dit ça, la première question à se poser est : qu’est-ce que l’argent ? La deuxième question est quel est le problème ? Et la troisième question est quelle est la solution ?</p><p>Le bitcoin est la solution. Ça, c’est dit.</p><p>Maintenant, retour à la question de départ : qu’est-ce que l’argent ? Une économie est constituée de biens, de services et de propriétés. Je veux ce produit, je veux que vous fassiez quelque chose pour moi, je veux cette maison, je veux ce terrain. Ça, c’est la moitié de l’économie.</p><p>Maintenant, admettons que je vous vende 37 chevaux. La question est de savoir comment nous gardons les comptes équilibrés ? Il nous faut de l’argent. L’argent est de l’énergie économique sociale. L’argent est de l’énergie monétaire que nous utilisons pour commercer. Si je peux vous vendre 10 boisseaux de maïs et que vous pouvez me donner une somme d’argent égale à 10 boisseaux de maïs, alors nous pouvons commercer ensemble.</p><p>Dans l’histoire du monde, les êtres humains ont essayé différentes monnaies. Nous avons utilisé des coquillages, les pierres géantes du peuple Yap, des balles de tabac, des pièces de cuivre, des pièces d’argent, des pièces d’or ou encrore des perles de verre en Afrique.</p><p>L’or est une monnaie lente. Comment déplacer 10 tonnes d’or d’ici à là-bas ? En fin de compte, les gens utilisaient des registres. Des registres émis par un marchand, un maire ou un empereur. Nous avons trouvé des tablettes d’argile sumériennes vieilles de 5000 ans dans lesquelles il est gravé 37 boisseaux d’avoine en échange de quelque chose.</p><p>Donc l’argent est ce registre partagé de qui doit quoi à qui. Souvent, l’argent prend la forme d’un jeton, comme une perle de verre. Ce fut le cas des certaines régions d’Afrique jusqu’à ce que les Européens arrivent avec la technologie permettant de créer des perles de verre à moindre frais.</p><p>Les Européens ont injecté des millions de perles de verre et tout racheté. Les Africains ont perdu leurs maisons, leur bétail et toutes leurs richesses. Même histoire dans une île du Pacifique qui utilisait des pièces de monnaie en pierre. Des Européens sont arrivés et se sont rendus compte que les pièces de monnaie en pierre étaient rares sur cette île, mais qu’il y en avait beaucoup sur une autre. Ils ont donc navigué vers l’autre île, ramassé les pierres, et les ont ramenées sur la première île où ils ont pu réduire tout le monde en esclavage.</p><p>Le problème avec l’argent, c’est comment garder la trace d’une distribution équitable de qui possède un droit sur quoi ?</p><p>S’il y a cent millions de dollars de capital dans l’économie (marchandises, propriété, usines, entreprises et autres), vous devez avoir cent millions de dollars d’argent.</p><p>Mais si je commence à gonfler la monnaie et que j’émets 10 millions de dollars supplémentaires, c’est comme si je prenais 10 % de l’économie. C’est le taux d’inflation. Si je continue à gonfler la monnaie, si je double la quantité de monnaie, mais que la quantité de biens dans l’économie reste constante, alors le prix de tout ce qui est rare et désirable double.</p><p>Le prix des choses non rares ni désirables n’augmentera pas, mais s’il y a une centaine de choses et qu’il y a 10 fois plus d’argent, il est logique que dans l’ensemble, cette centaine de choses coûte 10 fois plus cher.</p><p>Donc l’argent est de l’énergie économique et le problème est l’inflation. Quand les Romains ont créé les pièces d’or, ils ont commencé avec une certaine quantité d’or avant de déprécier la monnaie en réduisant la quantité d’or ou la quantité d’argent dans les pièces. Une fois la quantité d’or réduite à peau de chagrin, plus personne n’accepta ces pièces. Tout d’un coup, les mercenaires n’en veulent plus. Et si l’empereur ne peut pas payer les mercenaires, l’empire s’effondre.</p><p>C’est pareil avec la monnaie papier. Si je triple la quantité de papier, la monnaie finira par s’effondrer. Donc le problème des monnaies dans l’histoire, c’est la confiance dans l’émetteur de la monnaie. Il faut faire confiance à un banquier comme JP Morgan, ou à une famille comme les Rothschild, ou à un roi, un maire, un gouvernement.</p><p>Maintenant, si nous regardons l’ère moderne, des économistes comme Saifedean, qui a écrit le Bitcoin Standard, estiment que le taux d’inflation de l’ère moderne est de 14% par an. Or, il se trouve que cela correspond à peu près au taux auquel l’indice S&amp;P 500 augmente chaque année en moyenne depuis 10 ans (avant le début de la pandémie).</p><p>Quel est le problème ? Eh bien, qu’est-ce que l’inflation ? Ce n’est pas vraiment bien compris. Certains pensent que c’est l’Indice des prix à la consommation, cad le taux d’inflation d’un panier de biens de consommation. Sauf que c’est le gouvernement qui choisit le panier. Si je choisis des choses comme les pizzas domino et Netflix, il n’y aura pas d’inflation. Il est possible d’ajuster le panier de manière à choisir des choses dont le prix n’augmente pas.</p><p>Et d’un autre côté on a l’indice des prix immobiliers Case Shiller qui a augmenté de 27 % d’une année sur l’autre. Le prix d’une maison moyenne a augmenté de 27 % en un an aux États-Unis. Les maisons au canada ont augmenté de 15 %. L’indice S&amp;P500 a augmenté de 34 % cette année.</p><p>Le taux d’inflation dépend de ce que j’achète. Si je veux être riche, je dois acheter des actifs rares et désirables. Mon taux d’inflation est donc celui des Picassos, des peintures de Léonard de Vinci, des actions et des terrains près de New York.</p><p>Si je veux vivre dans le sous-sol de mes parents, manger des pizzas Domino, prendre des ubers et regarder netflix toute la journée, le taux d’inflation sera très bas. Ce sera le taux d’inflation des prix à la consommation.</p><p>En pratique, le meilleur taux d’inflation pour un investisseur ou quiconque voulabt rester ou devenir riche, ou quelqu’un simplement soucieux de maintenir son pouvoir d’achat, est le taux d’inflation monétaire, c’est-à-dire le taux auquel la masse monétaire augmente.</p><p>La masse monétaire a augmenté de 10% par an pendant une décennie avant la pandémie. Le S&amp;P500 a lui augmenté de 10 % par an. Depuis le début de la pandémie, la masse monétaire a augmenté de 30 %. Le S&amp;P a augmenté de 34 %. La FED a fait tourner la planche à billets, de même que la banque centrale européenne.</p><p>Dans le monde occidental, la masse monétaire augmente de 20 à 25 % ou plus par an. La monnaie s’effondre. Elle perd de sa valeur en étant dévaluée. Dans les pays moins solides comme l’Argentine, le taux d’inflation officiel est de 45 %. Le taux d’inflation officieux est de 85 %. Au Venezuela, la monnaie s’est effondrée 98 % en un an. Au Liban, 90 % en un an.</p><p>Le monde est en train de vivre un effondrement des monnaies par l’inflation. L’inflation n’est pas seulement constituée des prix à la consommation (IPC). Certains utilisent même le PCE qui est un indice de choses n’incluant pas la nourriture et l’énergie. Dans dans quel univers pouvez-vous vivre sans nourriture et énergie ?</p><p>Il faut faire preuve de bon sens et ne pas croire que l’inflation est de seulement 2% ou 5% lorsque les maisons coûtent 20% ou 15% de plus. Si vous parlez à n’importe quel fabricant, il vous dira que les prix ont augmenté de 20% ou 25% d’une année sur l’autre.</p><p>Alors comment puis-je acheter une action google si elle augmente de 34 % en un an alors que mon salaire est revalorisé de seulement 2 ou 5 % par an ?</p><p>Les personnes responsables du calcul d’inflation mentent. Réduire l’inflation à un seul chiffre global (l’indice des prix à la consommation) est de l’arithmétique trop simpliste pour décrire une économie. Vous ne pouvez pas décrire l’économie et la modéliser avec de l’arithmétique simple. Pas plus que vous ne pouvez décrire la dynamique des fluides ou l’aérodynamique avec de l’arithmétique simple. Le fluide s’écoule autour de l’aile, vous avez besoin de l’algèbre multidimensionnelle et du calcul vectoriel pour décrire un phénomène compliqué. L’économie est un phénomène compliqué. Dit autrement, tous les prix varient partout, tout le temps, à des vitesses différentes. Le prix du m² dans les hamptons (autour de NY) augmente à un rythme différent de celui du Kansas. Le prix du m² dans une certaine juridiction, pour un certain usage, soumis à certaines réglementations, augmentera à un rythme différent que dans une autre juridiction.</p><p>Bref, il y a de l’inflation lorsqu’une autorité gouvernementale imprime plus de monnaie. Et pourquoi imprime-t-elle plus de monnaie ? Parce que si je veux payer une facture de mille milliards de dollars, je dois soit vous taxer de mille milliards $, soit imprimer mille milliards $ supplémentaires. Or il est beaucoup plus facile d’imprimer de la monnaie que de taxer les gens.</p><p>Donc, c’est soit l’inflation, soit la taxation. A travers l’histoire du monde, tous les systèmes monétaires sans exception se sont effondrés à cause de l’inflation. Si vous regardez l’histoire des états sumériens, des états perses, des états grecs, des états romains, des états italiens de la renaissance ou des rois d’Angleterre, vous constaterez que chacune de leurs monnaies fut émise à l’origine avec une certaine quantité d’or qui finit par être réduite avant d’être rejoints par des pièces d’argent, de cuivre, de laiton ou de nickel.</p><p>Vous vous souvenez quand nous avions encore des pièces d’argent aux États-Unis ? Nous ne les avons plus parce que le métal d’argent contenu dans les pièces valait plus que leur valeur faciale. Pourquoi ? Parce que nous dévaluons la monnaie.</p><p>Tucker – Donc le problème est l’inflation. Et l’inflation, pour être clair, est causée par l’expansion de la masse monétaire.</p><p>M. Saylor – Oui. Si vous vivez dans une ville où il se trouve une centaine de belles maisons, et disons qu’il y a un million de dollars qui circule dans cette ville, si le maire décide d’imprimer un second million de dollars qu’il distribue aux citoyens, qu’est-ce que le prix des maisons va faire ?</p><p>Tucker – Et donc vous dites que l’inflation est toujours la cause de l’effondrement de la monnaie, et que l’effondrement de la monnaie est la cause de l’effondrement des civilisations.</p><p>M. Saylor – Oui, car combien de temps dure une guerre ? Pendant la première guerre mondiale, chaque nation a abandonné l’étalon-or dans la semaine suivant la déclaration de guerre. Les Allemands, les Français, les Britanniques et les Américains ont imprimé de l’argent. L’argent s’est déprécié, l’inflation a explosé et, finalement, un camp a rendu les armes.</p><p>Morale de l’histoire, on peut imprimer de l’argent pendant quatre ans avant que la monnaie ne s’effondre. Les Allemands ont demandé l’armistice parce qu’ils n’avaient plus d’argent. Seconde Guerre mondiale ? Plus d’argent non plus. Le Vietnam, vous savez, nous l’avons payé avec de l’inflation. Résultat ? Nixon a dû abandonner l’étalon-or parce qu’ils avaient imprimé tellement d’argent que les États-Unis risquaient de perdre tout leur or. Les États-Unis ont fait défaut en 1971.</p><p>[Michael Saylor le sait très probablement, mais précisons aussi que les États-Unis ont franchi leur pic de pétrole conventionnel en 1971, date de l’abandon du gold standard (étalon-or).]</p><p>C’est toujours la même histoire. Mettez-vous à la place de l’empereur romain ou du maire d’une ville qui a le monopole de la monnaie et qui doit payer son armée. Vous pouvez soit aller voir tous les habitants de votre nation et prendre leurs biens, soit fabriquer deux fois plus de pièces.</p><p>Tucker – Mais je pensais que l’idée derrière la théorie monétaire moderne était que tant que vous avez la monnaie de réserve mondiale, l’inflation n’est pas une menace pour vous?</p><p>M. Saylor – Comment pouvez-vous dire ça ? S’il y a une certaine quantité de biens, de services et de capital dans l’économie, et que vous continuez à imprimer de l’argent, vous ne créez pas plus de capital dans l’économie, vous ne créez pas plus de produits, vous ne créez pas plus de bâtiments, vous ne créez pas plus de services. Tout ce que vous faites, c’est doubler ou tripler la quantité de monnaie. Si je donnais un milliard de dollars à tous les Américains et que tout le monde allait s’acheter une Ferrari, y aura t-il une Ferrari pour tout le monde ? Vous pouvez donner à quelqu’un un billet de mille milliards de dollars, ça ne créera pas plus de choses.</p><p>Il est possible d’exporter son inflation à d’autres pays dans un certaine mesure. Mais si vous ne créez rien de plus ,ce que vous faites, en fin de compte, c’est redistribuer la richesse. Par exemple, s’il y a dix milliards de dollars dans l’économie et qu’il y a tant de choses, et que je vous donne un milliard de dollars, vous pouvez maintenant acheter 10 % de ces choses, ce qui signifie que tout le monde a perdu 10 % de ces choses.</p><p>Quand je gonfle la quantité de monnaie, je redistribue la richesse de ceux qui épargnent en laissant leur argent dormir sur un compte bancaire. Si vous aviez un million de dollars à la banque il y a 12 mois, ce million aujourd’hui vous achèterait 34 % moins d’actions du S&amp;P500 qu’il y a un an. Si vous voulez acheter un terrain dans les Hamptons, vous achèterez 40 % moins de terrain qu’il y a un an.</p><p>Si vous aviez mis ce million de dollars dans la bourse il y a un an, vous auriez aujourd’hui 1,34 million de dollars.</p><p>Si vous êtes un riche investisseur, tous vos actifs sont dans l’immobilier, dans des entreprises, des objets de collection, des franchises de sport, etc. Si vous êtes de la classe moyenne, de la classe ouvrière, vous avez du cash à la banque. Or le dollar perd actuellement 20 % de son pouvoir d’achat chaque année. Le pouvoir d’achat de votre salaire diminue de 20 % par an. Il ne diminue pas au taux d’inflation des prix à la consommation IPC, mais au taux de l’inflation monétaire.</p><p>La servitude, c’est travailler exponentiellement plus dur pour une monnaie qui devient exponentiellement plus faible. Si vous êtes un dentiste parvenant à augmenter vos revenus de 5% par an pendant une décennie, et que dans le même temps, la masse monétaire a gonflé de 20% par an. Si vous avez épargné chaque centime, au bout de 10 ans, vous ne pourrez acheter qu’un quart de ce que vous auriez pu acheter à l’époque. Parce que le prix des logements a augmenté de 20 % par an et que vous ne pourrez jamais rattraper ce retard. La seule façon de garder la tête au-dessus de l’eau, c’est de faire croître vos revenus plus rapidement que le taux d’inflation monétaire.</p><p>Je pense que le meilleur indice d’inflation monétaire est l’indice S&amp;P500. Il représente un vrai panier de produits désirables et rares.</p><p>L’argent est donc de l’énergie. Le problème, c’est l’inflation. Si l’inflation est de 10 % par an… Vous avez 10 litres de sang dans votre corps. Si vous allez donner du sang, on vous en retire un demi-litre. Quand je retire un demi-litre de sang de votre corps, vous perdez les plaquettes rouges. Toute personne sensée sait que si vous courez le marathon de boston le lendemain, vous aurez un problème. Il faut environ quatre à six semaines pour remplacer les plaquettes rouges. Maintenant, imaginez si je vous retirais un demi-litre de votre sang chaque mois, sans jamais m’arrêter. C’est l’inflation.</p><p>Et laissez-moi vous dire que le Venezuela n’est pas à 10 % d’inflation. Le Zimbabwe non plus. Un peso argentin valait un dollar il y a vingt ans. Aujourd’hui, il tend vers les 200 pesos pour un dollar. Ces monnaies ont perdu 95 98 99% de leur valeur. Vous ne perdez pas 10% de votre valeur économique par an, vous en perdez 20 à 25 %. Voire 30 % à 40 %. C’est comme si j’envoyais un type pour vous saigner chaque semaine et qu’à un moment donné, j’envoyais quelqu’un pour vous saigner chaque jour, c’est la république de Weimar. C’est l’hyperinflation.</p><p>Une autre métaphore : la monnaie est à l’économie ce que votre sang est à votre corps. Et l’énergie économique (l’argent) est à la monnaie ce que l’oxygène est à votre sang. Si je vide la pièce de son oxygène, vous allez soit suffoquer, soit mourir de froid. Et si je continue à aspirer l’énergie économique de la monnaie, l’économie s’effondre. Vous êtes ramené à l’âge de pierre. Quand l’argent ne fonctionne plus, je dois vous échanger des cigarettes contre des balles par exemple. L’économie devient un million de fois moins efficace.</p><p>Combien de pays dans le monde ont une monnaie effondrée ? 66 sont dollarisés [monnaie effondrée dans le langage de M. Saylor]. Toutes sont plus faibles que le dollar à quelques exceptions près. Le dollar américain est la monnaie de réserve mondiale et sa masse monétaire a augmenté de 10 % par an pendant une décennie. Il augmente maintenant de 14 % par an. Il a augmenté de 34 % au cours des 12 derniers mois. Le dollar s’affaiblit. C’est comme si l’air était aspiré hors de la pièce. Alors Tucker, si je te disais que l’air est en train d’être aspiré hors de la pièce et qu’il y a un masque à oxygène qui tombe du plafond là-bas, que ferais-tu ? Tu courrais dessus. Le bitcoin est le masque à oxygène.</p><p>Tucker – Donc vous dites, juste pour être sûr, pour que tout le monde suive, que le but du bitcoin est d’échapper au tourbillon de l’inflation qui a consumé tous les empires passés.</p><p>M. Saylor – Oui, l’inflation est la raison pour laquelle les empires s’effondrent. Elle effondre les économies. Ce n’est pas seulement un problème pour un individu ou une famille. C’est un problème pour toutes les institutions, toutes les entreprises, les municipalités, les gouvernements et toutes les civilisations. Et vous pouvez généralement retracer le problème à des guerres que l’on ne pouvait pas se permettre de faire avec de l’argent que l’on avait pas.</p><p>Si vous déclarez la guerre au covid, vous avez une guerre. C’est comme déclarer la guerre au Vietnam. Toute l’histoire est remplie de guerres. Si ces guerres devaient être payées avec des impôts directs, alors la population finirait par dire ça suffit. Si je finance la guerre en gonflant la quantité monnaie, alors j’ai quelques années, deux, trois, quatre ans devant moi avant que les gens ne s’en rendent compte…</p><p>L’argent est essentiel à la civilisation. Le problème, c’est l’inflation. Pourquoi se produit-elle ? C’est la nature humaine. La tentation de gonfler la masse monétaire par une autorité centralisée est omniprésente et inéluctable. Chaque civilisation en souffre tôt ou tard.</p><p>Qu’est-ce que le bitcoin ? Le bitcoin est le premier système monétaire conçu par des ingénieurs. Des ingénieurs anonymes ont eu une vision d’horreur suite au sauvetage des banques lors de la crise des subprimes. Il ont alors eu l’idée de créer un grand livre de compte immuable s’apparentant à une banque dans le cyberespace.</p><p>Ils se sont dit : « Nous ne faisons pas confiance au gouvernement. Nous ne faisons confiance à aucune société. Nous ne faisons même pas confiance à un seul ordinateur. Donc nous créons un programme qui garde la trace de 21 millions d’unités, chacune divisible par cent millions (cette sous-unité s’appelle un satoshi en l’honneur de son inventeur). Donc 2,1 billiards de satoshis. Ça, ça n’a pas beaucoup d’importance pour vous. Tout ce que vous devez savoir, c’est qu’il y a 21 millions d’unités et qu’il n’y en aura jamais une de plus. Ces ingénieurs ont voulu créer de l’argent qu’ils pourraient s’envoyer entre eux, depuis n’importe où, et que cet argent puisse rester stocké pendant mille ans, 10 000 ans, un million d’années, pour toujours, sans avoir à faire confiance à personne.</p><p>Le premier garde-fou du réseau bitcoin est donc le Node (les milliers de nodes). Ces derniers gardent une copie toujours à jour du grand livre de compte. C’est la base de données la plus sécurisée au monde. C’est une base de données contenant une vérité immuable. C’est le grand livre de l’argent.</p><p>Le second garde-fou est l’algorithme SHA256. Dit autrement, les « mineurs ». Ces personnes utilisent des machines de mining pour générer des fonctions de hachage afin de protéger le réseau. Des millions de machines de mining sont toutes en compétition les uns avec les autres pour construire le prochain bloc (contenant les transactions des dix dernière minutes). C’est comme si les 2 millions de mineurs offraient un ticket de loterie. A chaque bloc, l’un des deux millions a le droit de construire un bloc et est rémunéré pour ça. Actuellement, un bloc rapporte 300 000 $.</p><p>Les mineurs sont donc un mur d’énergie cryptée. Ils convertissent l’électricité en hashs. Et à l’intérieur de ce mur d’électricité (d’énergie) se trouve le grand livre de comptes du bitcoin qui est distribué de manière décentralisée.</p><p>Il faut aussi parler du Lightning Network. C’est un système décentralisé formant une seconde couche par dessus le bitcoin. Il permet de déplacer de petites quantités de bitcoin à la vitesse de la lumière presque gratuitement.</p><p>Le bitcoin est une banque gérée par un logiciel incorruptible qui offre un compte d’épargne global, abordable, simple et sécurisé à tous ceux qui n’ont ni les moyens, ni l’envie de gérer leur propre hedge fund. Vous avez de l’argent, vous avez des économies, vous ne voulez pas les perdre, vous voulez les placer dans une banque ? Le bitcoin est cette banque dans le cyberespace.</p><p>Le plus important des ingénieurs était Satoshi. On ne sait pas qui il est. Satoshi a écrit le White Paper, créé la première version du bitcoin avant de le confier à d’autres. Au départ, il n’y avait pas d’argent dans le réseau, ils l’ont juste fait fonctionner pendant un an comme un hobby. Puis, avec le temps, il y a eu une transaction célèbre où quelqu’un a acheté une pizza pour 10 000 bitcoins. Ce fut la toute première transaction.</p><p>Tucker – Ne devrions-nous pas être nerveux de ne pas connaître l’identité du fondateur ?</p><p>M. Saylor – Non. Nous devrions être joyeux parce que pour fonctionner, le bitcoin doit être l’argent du peuple. Il ne doit pas être contrôlé par un individu. Il ne doit pas être sous la coupe d’un fondateur, d’une société ou d’un détenteur puissant.</p><p>La chose la plus importante que Satoshi (ou le groupe de personnes derrièreSatoshi) a fait est de disparaître après avoir fait ce cadeau au monde. Satoshi a miné environ un million de BTC. Mais ils n’ont jamais été dépensés. Jamais. Satoshi n’est jamais réapparu. Le réseau bitcoin est ensuite devenu par essence un développement communautaire tout autour du monde. Le réseau est passé d’un million de dollars, à 10 millions, puis 100 millions, un milliard, 10 milliards, 100 milliards. En mars 2020, nous étions à 180 milliards de dollars et c’est à ce moment que je me suis impliqué. J’étais en retard, mais je sais que c’est de l’or numérique assis sur un réseau monétaire big tech décentralisé et libre. Je me suis dit que c’était un impératif économique en ça qu’il résout le problème de l’inflation pour une société ayant de cash. Une société comme la mienne, Microstrategy.</p><p>J’avais beaucoup de cash et j’anticipais que j’allais tout perdre si je n’investissais pas dans quelque chose. Je me suis aussi dit à l’époque que c’est un impératif moral de posséder du bitcoin. C’est une technologie qui donne des droits de propriété à 8 milliards de personnes qui n’en ont pas. Le bitcoin est la plus haute forme de propriété que l’humanité ait jamais inventé et je vais vous expliquer pourquoi dans une seconde.</p><p>2 milliards de personnes n’ont pas de banque. Vous pouvez donner à tout le monde sur la planète une banque et un droit de propriété ne pouvant pas être corrompu, ni déprécié ou confisqué. Il suffit de télécharger une app gratuite sur Android. Si vous avez un téléphone à 50 $ et que vous pouvez télécharger une app, alors vous pouvez avoir votre propre banque, vos propres droits de propriété, votre propre liberté économique et votre autonomie économique. C’est donc un impératif moral ainsi qu’un impératif technique.</p><p>En substance, si l’économie a 500 000 milliards $ de biens, de sociétés, d’immobilier et d’autres choses, alors tout le stock de monnaie vaut autant. C’est la moitié de tout, n’est-ce pas ? Jusqu’à présent, nous n’avons jamais trouvé comment transformer numériquement l’argent ou le capital. Et vous savez, le secret du succès de Google, Amazon, Apple et Facebook est la transformation numérique du divertissement, de l’éducation et des communications. Alors pensez à ce que cela signifie de transformer numériquement 10 000 milliards $ d’or ou 100 000 milliards d’immobilier ou 100 000 milliards de monnaie…</p><p>Le bitcoin a été conçu pour être de l’or numérique n’ayant pas les défauts de l’or. 21 millions d’unités, pas une de plus. Le problème avec l’or physique, c’est que les mineurs d’or gonflent l’offre, sans parler des banquiers qui gonflent l’offre d’or papier via le marché des produits dérivés.</p><p>Quelque soit l’actif, maison, or, argent, matières première, action ou obligation, lorsque le prix augmente, l’offre augmente. Si le prix d’une action est multiplié par 10, la société en question va tout de suite émettre plus d’actions. Si j’augmente le prix de l’or d’un facteur 10, les mineurs vont en extraire plus et donc augmenter l’offre. Le bitcoin est la seule chose au monde dont l’offre est inélastique au prix. Le prix du bitcoin aura beau tripler, vous ne pourrez pas en fabriquer plus. Pareil si le prix est multiplié par 1 million.</p><p>Laissez-moi maintenant vous donner un autre aperçu du point de vue de l’ingénierie. En ingénierie, il y a quelque chose qui s’appelle la conservation de l’énergie. Le point essentiel de la conservation de l’énergie est que l’énergie peut être soit fabriquée soit détruite, mais il doit y avoir conservation de l’énergie. La métaphore mathématique, l’analogie mathématique avec ça, c’est du bon calcul. 10 plus 10 égale 20. 2 plus 2 égale 4. Si 10 plus 10 commence à être égal à 18, vous avez un problème.</p><p>Si vous avez une baignoire et qu’il y a une fuite, ou un système électrique avec un court-circuit, s’il y a une fuite dans votre système d’ingénierie, rien ne fonctionne. Rien ne fonctionne à moins de respecter le principe de conservation de l’énergie. Le problème de l’inflation est qu’elle ne respecte pas la conservation de l’énergie. C’est une fuite dans le système. La monnaie ne conserve pas l’énergie. Donc, si vous dites que vous voulez une masse monétaire conservatrice, il faudrait qu’il y ait 10 milliards de dollars dans l’économie et que personne ne puisse en imprimer davantage. C’est le principe économique autrichien de « sound money ».</p><p>Le bitcoin est un système monétaire conservateur. C’est le premier système monétaire qui respecte les lois de la thermodynamique, de la physique et des mathématiques. Le bitcoin est synonyme de vérité, de pureté. Il a de l’intégrité. C’est un système durable sur lequel vous pouvez construire une famille, une vie, une entreprise ou une civilisation.</p><p>L’acier est de l’énergie concentrée sous forme métallique. Vous avez déjà visité une aciérie? Vous verrez toute l’énergie qui entre dans la fabrication de l’acier. C’est de l’énergie concentrée. L’histoire de la civilisation est liée à la canalisation de l’énergie de plus en plus efficacement. L’acier l’emporte sur le fer, le fer l’emporte sur le bronze, le bronze l’emporte sur les pierres, l’arc et les flèches l’emportent sur le type avec la lance, le type avec la lance l’emporte sur le type avec le couteau, si vous avez la puissance aérienne vous l’emportez sur la puissance terrestre, la puissance maritime l’emporte sur l’armée et la puissance nucléaire l’emporte sur tout le monde.</p><p>Donc si j’ai de l’acier, j’ai de l’énergie métallique concentrée. Je peux créer un gratte-ciel de 100 étages à New York. Combien de temps durera-t-il ? 100 ans. Combien de temps durera un bateau en acier ? Plus longtemps que vous. Les bateaux en bois ne durent pas. Ils pourrissent. Vous voulez construire un bâtiment qui résistera à la gravité pendant 100 ans ? Vous avez besoin d’énergie concentrée.</p><p>Si vous voulez construire un fonds fiduciaire qui durera 100 ans, comment allez-vous économiser 100 000 dollars pendant 100 ans pour les donner à vos arrière petits enfants ? Si vous investissez dans le dollar américain, vous perdrez 99 % de votre énergie économique. Dans l’or ? L’offre d’or double tous les 30 ans et les banquiers créent de l’or papier. Vous allez perdre 90 % de votre énergie économique.</p><p>Comment préserver mon bien qui est de l’énergie économique, qui est du capital, qui est de l’argent ? Comment préserver cette propriété ? J’ai besoin de quelque chose de plus durable que tout ça. J’ai besoin d’acier. J’ai besoin d’un acier économique. L’acier est de l’énergie métallique concentrée. Le bitcoin est de l’énergie numérique concentrée. C’est de l’énergie sous forme numérique. C’est de la nourriture emballée sous vide. C’est quelque chose qui se trouve en orbite.</p><p>Quelle est la demi-vie de l’énergie ? Admettons que je vous donne pour un million de dollars d’électricité. Combien de temps pouvez-vous la conserver dans une batterie ? Vous allez perdre 2 % par mois. Vous ne pouvez pas la conserver très longtemps. Comment envoyer des millions de dollars d’électricité de New York à Tokyo ? Vous ne pouvez pas. Après avoir voyagé 800 Km sur une ligne électrique, 6 % de l’électricité s’est dissipée sous forme de chaleur. Multipliez la distance par 10 et vous perdrez environ 60 %.</p><p>Convertissez cette énergie en énergie numérique grâce au bitcoin et vous pourrez l’envoyer n’importe où pour trois fois rien.</p><p>Le bitcoin augmente de 170 % par an depuis une décennie. L’indice S&amp;P 500 augmente de 14 % par an en moyenne depuis une décennie. L’or est plat, il ne va nulle part, il est en train d’être démonétisé, c’est une pierre morte. On ne peut pas mettre de l’or sur un iphone et il est manipulé par les banquiers.</p><p>Bitcoin est simplement de l’énergie économique pure. Satoshi et tous ses compatriotes on créé un actif monétaire sur un réseau ouvert, « permissionless », auquel n’importe qui peut participer, n’importe quel pays, n’importe quelle société, n’importe quel individu. Vous n’avez pas besoin une banque et vous n’avez pas besoin de demander la permission pour virer de l’argent. C’est l’ultime système égalitaire. Si vous voulez donner des droits de propriété à tout le monde en Afrique et en Amérique du Sud, même face à un régime hostile, vous pouvez le faire avec un téléphone androïde à 50 dollars et un simple téléchargement.</p><p>Une métaphore de plus. Si vous ne pouvez pas stocker la propriété, si vous n’avez pas de droits de propriété, cela signifie que vous ne pouvez pas stocker l’énergie économique. Dans le le monde occidental, nous avons le privilège d’avoir des actions qui montent de 34 % par an. Cela permet de se protéger de l’inflation. Sans actions, nous sommes à la merci de l’inflation parce que l’on garde son argent en cash. Et le dollar n’est pas la pire monnaie, le dollar est la meilleure monnaie ! C’est bien pire au Zimbabwe. Si vous êtes en argentine, vous avez perdu 40 à 60% de votre pouvoir d’achat cette année. Si vous êtes au Venezuela, vous avez tout perdu.</p><p>Ne pas avoir une monnaie forte, c’est comme être un diabétique de type 1. Un diabétique de type 1 ne peut pas former d’insuline nécessaire à la conversion de l’excès d’énergie nutritionnelle en graisse. La graisse est une batterie organique. La graisse vous maintiendra en vie 90 jours sans nourriture. Si vous ne pouvez pas former de graisse, vous pouvez manger continuellement sans vous arrêter et vous mourrez quand même de faim. Le diabète était une condamnation à mort avant l’invention de l’insuline. Si vous vivez dans un pays dont la monnaie est effondrée, vous êtes un diabétique économique. Dans les deux semaines qui suivent la perte de votre emploi, vous ne pouvez pas nourrir votre famille, vous ne pouvez pas vous nourrir vous-même, vous ne pouvez pas faire de projets pour l’avenir.</p><p>Nous en revenons à la base de la civilisation, et à la base de la vertu dans une société. Vous devez être capable de planifier l’avenir. Vous devez pouvoir vous projeter sur 10 ans et penser que vous pouvez subvenir aux besoins de votre famille. Quel est l’intérêt d’investir dans quelque chose si vous pensez que tout va partir en vrille d’ici 5 ou 10 ans…</p><p>Comment suis-je entré dans le bitcoin ? J’avais une entreprise avec 500 millions de dollars en cash qui me rapportaient 0% d’intérêt. J’ai entendu des banquiers dire qu’ils ne pensaient même pas à penser à rehausser les taux d’intérêt. Tout le monde à Wall Street gagnait 34 % de plus à ne rien faire alors que tous les autres ont dû travailler 34 % de plus pour rester en vie. C’était le constat l’année dernière.</p><p>Si vous êtes à Wall Street avec un milliard de dollars, vous avez terminé l’année avec un milliard et 340 millions de dollars de plus. Autrement, si vous être un commerçant, il vous a fallu augmenter vos prix de 34 %. Et cela pour simplement maintenir votre pouvoir d’achat d’avant crise. Ma société allait perdre plus de 100 millions de dollars en valeur. C’est comme courir sur un tapis roulant qui va plus vite que vous. C’est comme si nous étions dans un bateau avec le vent de face. Vous avez beau ramer, vous reculez quand même. C’est le taux d’inflation monétaire. Quand il est à 10%, le vent est dur. Quand il est à 25% ? Qui peut augmenter ses revenus de 25% tous les ans ? Personne à part un monopole. Un monopole technologique numérique le peut, mais personne d’autre. Les dentistes ne peuvent pas. Les docteur ne le peuvent pas. Les gens normaux ne le peuvent pas. Une entreprise normale ne le peut pas.</p><p>Si le vent commence à souffler fort de face, vous n’allez pas traverser l’atlantique en ramant. Vous allez mourir sur ce bateau. Alors qu’est-ce que vous faites ? Vous faites demi-tour. Vous allez dans le sens du vent. C’est ce que j’ai fait. Mon entreprise, Microstrategy, vaut un milliard de dollars. Nous créons des logiciels. L’entreprise vaut 500 millions de dollars et possède 500 millions de dollars en cash, à la banque. Nous générons 50 à 75 millions de dollars de revenus par an. Bref, ce cash va perdre 20 % à 30 % de sa valeur. Donc je vais de perdre l’équivalent de 100 millions de dollars par an si je ne fais rien. Alors que faire ?</p><p>Il faut acheter quelque chose et j’ai acheté des bitcoins pour une valeur de 250 millions de dollars. J’ai proposé de racheter 250 millions de dollars d’actions aux actionnaires qui n’aimaient pas l’idée. Après le rachat, il me restait toujours 175 millions de dollars avec lesquels j’ai acheté d’autres bitcoins. Nous avions 425 millions de dollars de bitcoins. L’action était à 120 dollars. Par la suite, le bitcoin s’est apprécié et nous avons doublé notre investissement initial. L’action a continué de monter. J’ai alors emprunté de l’argent pour acheter des bitcoins. J’ai emprunté 650 millions de dollars à 0.75 % sur le marché des capitaux. Puis j’ai émis une obligation convertible et j’ai acheté des bitcoins à 19 000 $. L’action de Microstrategy s’est appréciée en tandem avec le bitcoin. Nous avons gagné des milliards.</p><p>Pourquoi ne pas emprunter à 0 % si la masse monétaire augmente de 25 % par an ? Tout ce que vous avez à faire est d’acheter quelque chose qui est plus rare. Nous avons fini par emprunter 2,2 milliards de dollars à 1.5 % d’intérêt pour acheter du bitcoin. Nous avons maintenant environ sept milliards et demi de dollars de bitcoin. Nous avons fait un profit d’environ 4 milliards de dollars sur cet investissement. L’action est passée de 120 $ à 850 $. Nous avons généré environ 8 milliards de dollars de valeur actionnariale en 12 mois. Désormais, nous sommes une société de logiciels de 500 millions de dollars générant peut-être 80 à 100 millions de dollars de revenus par an, avec une croissance de 0 à 10 % par an, et une trésorerie de 7,5 à 8 milliards de dollars qui augmente de 170 % par an.</p><p>Tucker – Le bitcoin ne peut pas être piraté?</p><p>M. Saylor – Au début de cette aventure, nous cherchions de l’or pouvant être déplacé à la vitesse de la lumière et programmé sur un ordinateur. La réponse théorique à cela est un actif cryptographique sécurisé disponible en quantité fixe. Mais il y a 10 000 crypto-monnaies. Nous avons donc dû regarder, est-ce le bitcoin, est-ce le bitcoin cash, Doge coin ? Nous avons donc posé une grille de sélection sur ces monnaies. C’est un test en trois parties. Premièrement, sera-t-il interdit. Sera-t-il piraté ? Pourra-t-il être copié ?</p><p>Si vous pouvez le dupliquer 18 000 fois, alors il est ni rare, ni unique. S’il est interdit, ce n’est pas bon pour nous. Et pareil s’il est piraté. Comment répondre à ces question ? Vous ne pouvez pas si l’année est 2009 ou 2010. Vous ne savez pas vraiment si elle sera interdite copiée ou piratée. Il y a beaucoup d’incertitude. En 2020, nous avions 12 ans de recul. Et qu’avons-nous vu ? Que personne n’a jamais réussi à le pirater.</p><p>Bitcoin est la base de données la plus sécurisée du monde grâce à son fonctionnement. Vous devez faire tourner des mineurs SHA256 qui sont des ordinateurs très spéciaux. Cet ordinateur ne fait qu’une chose : il protège le bitcoin. C’est tout ce qu’il peut faire. Il ne peut pas diffuser de vidéo. Cet ordinateur est des millions de fois plus efficace pour générer des hashs que les ordinateurs normaux. Cela s’appelle le Proof of Work. Il s’agit de faire passer beaucoup d’énergie dans dans un algorithme de cryptage. La combinaison de ces deux choses, avec le protocole bitcoin, fait que le réseau dominant de proof of work sera toujours le plus sécurisé. C’est un mur de force brute d’énergie cryptée. Il vous voulez attaquer le réseau en essayant simplement de vous immiscer dans un bloc, il faut investir 10 milliards de dollars d’équipement. Il vous faudrait deux à quatre ans pour être prêt.</p><p>Tucker – Seul un gouvernement pourrait faire ça. Pourquoi les gouvernements permettraient-ils le bitcoin alors qu’il pourrait menacer leur pouvoir régalien de battre monnaie?</p><p>M. Saylor – Les gens appellent souvent le bitcoin une monnaie, mais ce n’est pas une monnaie. C’est un actif, c’est un actif cryptographique. Vous avez raison Tucker. Si le gouvernement pensait que c’est une monnaie et qu’elle est en compétition avec le dollar américain ou une autre monnaie, il s’en offusquerait et la supprimerait. Mais s’il est considéré comme un actif en concurrence avec l’or, les fonds indiciels, les obligations, la propriété ou l’immobilier. S’il est considéré comme une réserve de valeur, le gouvernement voudra simplement collecter des impôts sur la plus-value que vous ferez en le revendant.</p><p>Si vous voulez transférer une propriété d’une valeur de cent millions de dollars à quelqu’un d’autre, il est probable que cette personne veuille que vous le déclariez. Il est possible d’acheter du bitcoin de manière anonyme, mais si vous voulez en acquérir de grosses sommes, vous devrez passer par des exchanges agréés. C’est autorisé partout sauf en Chine. Donc vous l’achetez à travers un échange enregistré et ensuite, lorsque vous le transférez, vous devez payer l’impôt sur les plus-values.</p><p>Le Trésor, la SEC, la CFTC, le Congrès et le Sénat ont engagé un dialogue enthousiaste sur les réglementations qui seront appliquées au transfert et à l’utilisation des crypto-actifs. Il y a de fortes chances qu’ils déclarent que si vous émettez un Mickey coin, et que vous en gardez la moitié avant de commercialiser le reste, cela ressemble plus à un titre ou à une action. Dit autrement, cela va tomber sous la juridiction de la SEC.</p><p>Il y a aussi les crypto-actifs appelés « stablecoins ». Ces derniers ressemblent aux dollars américains. Le comité de travail du président a suggéré il y a une semaine que seules les banques approuvées par la FDIC pourront émettre des stablecoins. Donc il y a une réglementation qui arrive et je pense que les Altcoins seront sous pression. Les stablecoins seront eux traités comme des monnaies évoluant dans l’espace cybernétique. L’IRS (fisc US) a déclaré que le bitcoin était une propriété en 2014.</p><p>La monnaie est un moyen d’échange que vous pouvez transmettre sans payer de taxe. Si je vous donne un million de dollars et que vous le gardez pendant un an, il n’y aura pas d’impôt à payer au moment ou vous donnerez ce million de dollars à quelqu’un d’autre.</p><p>D’un autre côté, admettons que je vous donne un million de dollars en bitcoin et que vous le gardez pendant un an. Le bitcoin s’est apprécié entre-temps de 100 %. Alors vous devrez payer l’impôt sur la plus-value pour l’envoyer à quelqu’un d’autre (plus-value de 1 million de dollars dans ce cas).</p><p>Tucker – Non pas que je sois un criminel ou quoi que ce soit, mais est-ce qu’il est possible de transférer ce bitcoin à quelqu’un d’autre sans que le gouvernement le sache?</p><p>M. Saylor – Je pense qu’actuellement aux USA, chez tous les dépositaires institutionnels que je connais, si vous dépassez 10 000 de dollars, ce qui est la limite maximale pour la plupart des banques, ils sont obligés de le divulguer. [sous-entendu, vous ne pouvez pas déposer plus de 10 000 $ si l’exchange ne sait pas d’où viennent ces fonds].</p><p>Il est impossible d’acheter et de vendre des bitcoins en dehors des exchanges réglementés. Évidemment, la grande question est de savoir si les banques peuvent accepter de l’argent provenant de la vente de tels bitcoins. Cela varie selon les juridictions. Ce sera réglementé différemment selon les juridictions. Faudra-t-il justifier l’origine des fonds au-dessus de 10 000 $, 600 $ ?…</p><p>Si vous êtes une famille, un investisseur institutionnel, une société, et que vous voyez de l’inflation, vous achetez des terrains, vous achetez des actions, vous achetez de l’or ou vous achetez des bitcoins. Pourquoi acheter des bitcoins ? Parce que vous voulez le meilleur actif. Vous ne voulez pas de l’or. Vous ne voulez pas de la dilution de l’or, vous ne voulez pas de la dilution des actions, vous ne voulez pas de l’impôt foncier sur la propriété, vous ne voulez pas du casse-tête de l’entretien de votre immeuble. Toutes les autres formes de propriété peuvent être dépréciées, confisquées. Vous avez des immeubles locatifs à New York ? Vous ne pouvez pas expulser vos locataires, il y a un impôt foncier, il faut l’entretenir et il est difficile de vendre un immeuble. Le bitcoin, c’est la propriété numérique, c’est l’or numérique, c’est l’argent numérique, c’est l’énergie numérique. C’est quelque chose de mieux que l’or parce car il se déplace à la vitesse de la lumière gratuitement et je peux le garder dans ma tête. Il n’y a pas de coûts de maintenance et personne ne peut vous le prendre à moins de vous torturer.</p><p>Si tu as des bijoux, une maison, une voiture et que je te mets un flingue sur la tempe, tu vas tout me donner. Il n’y a rien dans ce monde que l’on ne puisse pas pas prendre par la force, sauf le bitcoin. Si vous achetez pour un million de dollars de BTC, vous pouvez les possédez en gardant les clés (le mot de passe) dans votre tête. Je peux toujours vous tirer dans la tête mais je n’obtiens pas les bitcoins.</p><p>C’est la seule chose dans l’histoire de l’humanité que vous pouvez emporter dans la tombe. Les pharaons ont créé des pyramides pour s’enterrer avec leur or mais les fossoyeurs ont fini par l’obtenir. C’est important. Les juifs dans les années 30 en Allemagne nazie sont partis avec 10 % de leurs richesse, maximum. Ils ne pouvaient pas déplacer leur maison, ni leur or. Des diamants peut-être, mais ce n’est pas une très bonne réserve de valeur. Avec le bitcoin, ils seraient partis avec 100 %. C’est l’histoire de toutes les diasporas. Vous savez, quand les juifs ont été chassés d’Espagne et d’ailleurs en 1500, durant l’inquisition, c’était pour leur voler leurs biens et les revendre. Le droit de propriété, c’est le droit de posséder des choses que personne ne peut vous prendre.</p><p>J’avais un million de dollars dans une banque en argentine il y a 20 ans. Le gouvernement argentin a envoyé un mémo aux banques pour leur ordonner de convertir tous les dollars en pesos avant de le dévaluer. Je me suis réveillé le lendemain matin avec cent mille dollars au lieu d’un million de dollars. Ils ont volé 90 % de toute la monnaie de tout le pays en une nuit sur un fax, sans loi, sans armée. Il serait difficile d’arrêter 60 millions de personnes et de les faire suer en prison pendant 90 jours pour qu’ils donnent leurs bitcoin. Comment arrêter 60 millions de personnes les mettre en prison pendant 90 jours ?</p><p>Bitcoin est le droit de propriété ultime. C’est un renforcement économique important. C’est une protection des libertés individuelles. C’est le rêve de John Locke. La vie, la liberté et la propriété. Les gens sont venus en Amérique parce que si vous étiez catholique en Europe du nord, ils vous prenaient vos terres et vos droits de propriété. Pareil si vous étiez protestant en Europe du Sud. Si vous étiez juif, ils vous prenaient vos terres et vos biens partout. Tout le monde est allé en Amérique pour être libre de posséder des biens que personne ne confisquerait.</p><p>Le bitcoin déplace vos biens dans le cyber espace où ils sont protégés par un mur d’énergie crypté. C’est la chose la plus difficile à taxer, à voler et à confisquer. C’est la dernière chose au monde qui sera attaqué.</p><p>Si je mets une taxe de 2% sur le bitcoin dans cet État, les bitcoins se déplaceront dans le Wyoming. Si je mets une taxe de 2% dans le Wyoming, ils se déplaceront dans n’importe quel état de l’union qui ne les a pas taxés et quand le pays entier le taxe, il se déplace à Monaco et si tout le monde à Monaco le taxe, je peux le vendre à quelqu’un en Chine. Je ne peux pas faire ça avec un immeuble.</p><p>Nous avons dû attendre 12 ans. Des gens ont essayé de le copier 10 000 fois. Ils ont tous échoué. Il n’a pas été piraté et ne sera pas interdit. Voici ce qu’il s’est passé au cours des 12 derniers mois Tucker. L’IRS, a dit que c’était une propriété. Il est important que ce soit une propriété et non une monnaie. La monnaie est la chasse gardée du gouvernement. Chaque gouvernement puissant aura une monnaie. Chaque gouvernement faible perdra sa monnaie. 66 pays se dollarisent. Probablement que 100 pays finiront par perdre leurs privilèges monétaires. Au final, vous aurez le CNY, le dollar et quelques puissantes monnaies de second niveau. Citez-moi une monnaie en Afrique ou d’Amérique du sud que vous préféreriez avoir à la place du dollar. Il n’y en a pas.</p><p>Pourquoi le dollar ne s’est-il pas répandu sur tous les iPhones et les téléphones Android ? Les gens se trouvant dans les pays où la monnaie s’écroule attendent les rails cryptographiques. Ils attendent le moment où il sera possible de télécharger une application mobile et d’avoir accès à toutes les devises du monde. Elles s’effondreront toutes face au dollar américain, en supposant que les États-Unis l’adoptent.</p><p>Pourquoi la Chine a interdit le bitcoin ? Parce que la chine contrôle les capitaux. Ils ne veulent pas que les capitaux circulent librement. Un citoyen chinois ne peut pas sortir un million de dollars de Chine. Même Google est bloqué en Chine. S’il y avait une libre circulation des capitaux, tous les capitaux actuels quitteraient la Chine. Ils auraient un problème. Ils ont leur système alors qu’en occident le système consiste à autoriser Google et Twitter. Le système occidental est basé sur la langue anglaise, les valeurs occidentales, le droit occidental, le dollar et le bitcoin. Les États-Unis ont adopté le bitcoin l’année dernière, les Chinois l’ont rejeté.</p><p>Jerome Powell a dit que c’est un actif. Ce n’est pas une monnaie, c’est un actif. Gary Gensler, le patron de la SEC, dit que c’est un actif. C’est un actif spéculatif. Bien entendu que c’est spéculatif. Le Bitcoin pèserait déjà 100 fois plus s’il n’était pas spéculatif. Christine Lagarde dit que c’est un actif. Bitcoin n’a pas besoin d’être un moyen d’échange. Il n’a pas à remplacer le dollar américain dans le monde occidental. Ce dont vous avez besoin, c’est de donner aux gens un véritable compte d’épargne. Je veux détenir un mois de mon salaire en dollars et toutes mes économies dans dans un actif qui prend de la valeur.</p><p>Le gouvernement est favorable au bitcoin. Bitcoin fait consensus au Congrès. Cynthia Lumis s’est levé au Sénat et a dit : « Dieu merci pour le bitcoin ». Qui ne voudrait pas redonner du pouvoir à tout le monde ? Il y a un large soutien au Sénat, un soutien bipartisan. Pareil à la chambre des représentants. Les gens étaient un peu confus à l’idée qu’il puisse s’agir d’une monnaie venant remplacer le dollar. Et si c’est le cas, c’est un problème existentiel. Bitcoin n’est en réalité pas un problème pour le dollar.</p><p>Nous allons remplacer les fondations de l’économie qui repose actuellement sur des actifs imparfaits et inefficaces. La première chose qui va s’effondrer, c’est l’or. Il s’effondre depuis une décennie. Il a baissé de 4 % dans l’année la plus inflationniste de l’histoire ! Le bitcoin a lui augmenté de 340 % !</p><p>Tucker – Dernière question, à quel prix pensez-vous que le bitcoin sera d’ici cinq ans ?</p><p>M. Saylor – Le bitcoin ne s’arrêtera pas de s’apprécier. La raison étant qu’il n’y en aura jamais plus de 21 millions d’unités. Il montera tant qu’il y aura de l’inflation. L’offre de dollars va augmenter, ce qui fera monter le bitcoin en retour. Il va s’apprécier grâce à son utilité technique. Il va s’intégrer aux iphones / androids, sur twitter, Square, Paypal. C’est l’adoption qui fera que le bitcoin s’apprécie. De plus en plus de gens vont apporter leur argent. Quand Rupert Murdoch s’est présenté à Facebook, il n’a pas apporté un milliard d’amis. Quand un milliardaire rejoint un réseau monétaire, il apporte un milliard de dollars. Donc quand une centaine de milliardaires se présente, ils apportent des centaines de milliards de dollars. Quand des entreprises, des investisseurs institutionnels se présentent, ils apportent des quantités massives de capitaux. Donc le bitcoin continuera de monter au fur et à mesure de son adoption et de l’inflation.</p><p>Il finira par remplacer l’or qui est un actif pesant 10 000 milliards de dollars. Le bitcoin remplacera certainement l’or d’ici trois à cinq ans. Puis il remplacera les indices boursiers et obligataires. Il démonétisera les revenus fixes et les indices boursiers qui sont actuellement utilisés comme réserve de valeur. Les gens qui veulent épargner leur argent vont utiliser le bitcoin. Progressivement, il démonétisera aussi l’immobilier. Au Canada, il y a une pénurie de logements parce que les étrangers y achètent massivement des maisons. Conséquence, les locaux ne peuvent pas s’offrir une maison.</p><p>Si l’on imprime de l’argent à l’infini, tout le monde va vouloir acheter quelque chose de tangible pour se protéger de la dévaluation de l’argent. Le problème est que les nouvelles générations ne peuvent plus se permettre d’acheter une maison. Il ne faut pas monétiser les choses utiles. Si vous monétisez la nourriture, tout le monde meurt de faim. Si vous monétisez les maisons, tout le monde est dans la rue. Si le bitcoin disparaissait, alors les autres actifs se monétiseraient un peu plus.</p><p>Le bitcoin, c’est 1 000 milliards sur 500 000 milliards de dollars. Il représente bien moins de 1 % de tout l’argent du monde. Pourquoi l’or ne s’est pas apprécié de 34 % ? L’or a sous-performé l’indice S&amp;P500 alors que nous avons eu une inflation massive cette année. La pire année depuis 40 ans. Pourquoi ? Parce que ceux qui cherchaient une réserve de valeur non souveraine se sont emparés de l’or cryptographique. L’or et le bitcoin sont dans la même niche.</p><p>Mais l’or peut être déprécié par les mineurs d’or et les marchands. Pas le bitcoin. Il ne peut pas être corrompu de cette façon car le nombre de bitcoins qui pourra être miné est fixé à l’avance. Le bitcoin démonétise progressivement tous les autres actifs. L’idée est de rendre à l’or sa rationalité. L’idée est de rendre les choses plus rationnelles.</p><p>Si les gens commencent achètent du bitcoin au lieu d’acheter un second investissement immobilier, le prix de l’immobilier baissera pour les gens qui veulent une première maison. Si les gens achètent du bitcoin au lieu de titres de dette, le prix de la dette baissera et le rendement augmentera. Avant, un million de dollars vous permettait d’obtenir une obligation qui vous rapportait 50 000 dollars par an. Maintenant, il vous faut 20 millions de dollars ou 10 millions de dollars pour obtenir la même chose.</p><p>L’idée générale est que l’américain moyen, le salarié moyen, est obligé de jouer ses économies en bourse pour ne pas les perdre. Mon père de 83 ans doit deviner quelle action va monter cette semaine et si exxon est meilleur que British Petroleum, ou meilleur que Apple, ou moins bon que Google, pour ne pas perdre ses économies. Parce que sinon, en les laissant à la banque, il recevra 0,1 % d’intérêt. Ce qui signifie qu’il perd 25 % (inflation).</p><p>Les gens ne sont pas stupides et savent que les prix augmentent plus vite que 2% par an, 4% par an ou 5% par an. On pousse donc toute une génération à, au mieux, investir dans des actions, au pire, jouer avec des actions voire des doge coins parce que personne n’a de compte d’épargne.</p><p>Le bitcoin est une banque dans le cyberespace qui offre ce compte d’épargne. Vous ne pariez pas sur la prochaine sortie de produit d’Apple ou de Google, ni sur la syndicalisation d’Amazon, ni sur la construction de ce pipeline. Si nous mettons tout votre argent dans le S&amp;P500, les PDG vont imprimer plus d’actions et diluer notre argent. Il vaut mieux acheter de l’énergie monétaire qui durera 10 000 ans.</p><p>Tucker – Vous m’avez convaincu. Je vais vendre toutes mes palettes de munitions 7,62 × 51 mm et les convertir en bitcoin.</p><p>M. Saylor – Le sujet est fascinant. Je pense que tu l’adorerais car c’est de l’économie, plus de la technologie, plus de la théorie politique, plus de la philosophie. Il y a des gens comme Jack Dorsey qui le voient comme une émancipation économique pour des milliards de personnes. D’autres le voient comme un pouvoir économique pour des milliards de personnes. D’autre sont des économistes de l’école autrichienne. D’autres sont des combattants de la liberté, des défenseurs des droits à la propriété, des libertariens et des ingénieurs qui aiment juste l’idée de posséder une réserve de valeur stable et inaltérable.</p><p>Tout le monde recherche une fondation solide sur laquelle construire sa vie. Il vaut mieux construire sur du granit avec de l’acier. Le bitcoin est de l’acier cryptographique. C’est ça l’idée. Nous n’avions jamais eu ça avant. Ce qui cause tant de passion, ce qui fait que les gens sont prêts à faire n’importe quoi pour que ça marche, c’est cette idée qu’on a enfin trouvé quelque chose de vrai, de beau et qui nous redonne le contrôle de notre vie dans un monde où nous avons l’impression d’avoir perdu le contrôle au profit des politiciens. Tout le monde cherche quelque chose en quoi croire et qui leur appartient vraiment.</p>
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<p><a href="https://www.cointribune.com/author/nteterelthecointribune-com/">Nicolas Teterel</a></p>
<p>Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Dec 2021 13:34:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</link>
	<title><![CDATA[Les départements se posent en clé de voûte des politiques décentralisées]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p>
<p>L’Assemblée des départements de France ouvrait ce 2 décembre à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, les « Assises des départements ». Le rôle central du département a comme il se doit été largement mis en avant. Mais sous un prisme particulier : celui de la complémentarité avec les autres niveaux de collectivités, que ce soit la région ou la commune. Un corpus de 102 propositions a été présenté. Gouvernance, compétences, finances… les attentes en vue du prochain quinquennat sont fortes.</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<p>C’est dans une région comptant aujourd’hui pas moins de treize départements que se sont ouvertes ce 2 décembre les Assises des départements de France – un millier d’élus réunis à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes… La création des grandes régions « a conforté le département », a estimé Jean-François Debat, le maire de Bourg-en-Bresse, dans son allocution d’accueil. De quoi, dès les premières prises de parole, mettre l’accent sur la nécessaire complémentarité entre niveaux de collectivités. Et sur le rôle central que le département doit plus que jamais jouer dans l’architecture des politiques publiques territoriales. En toile de fond, évidemment, deux éléments de contexte. D’une part, la crise sanitaire : celle-ci « a démontré que le département est un échelon pertinent de réponse à toute forme de crise », a par exemple assuré Jean Deguerry, le président hôte de ces Assises. D’autre part… l’approche de l’élection présidentielle : c’est le moment ou jamais de « faire entendre sa voix », de « dire ce que l’on veut ».<br />©PHOTOPQR/LE PROGRES/Catherine AULAZ – Bourg-en-Bresse 02/12/2021 – Assises nationales des Département de France – 2 décembre 2021 -Assises nationales des Départements de France à Bourg-en-Bresse (Ain) du 1er au 3 décembre 2021. A Ainterexpo. – François Sauvadet, président de l’ADF (Assemblée des Départements de France).Cette question des complémentarités, François Sauvadet – le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), est le premier à la mettre en avant. Tout en conservant une exigence de clarté. « Nous devons avoir un débat sur l’efficacité de l’action publique et, oui, sur le bon échelon pour agir », a-t-il déclaré en ouverture, ajoutant que « tous les sujets doivent être mis sur la table » et qu’il s’agit de se mettre d’accord, notamment avec les régions, avant de porter une plateforme de propositions auprès du futur exécutif. Le piège serait de « se chamailler sur les compétences ».  François Sauvadet a eu l’occasion de s’en entretenir avec Carole Delga, son homologue de Régions de France, a-t-il précisé.<br />« Le lien n’a jamais été rompu »<br />La voix des régions était ce 2 décembre portée par le président d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Une région où on travaille ensemble », a assuré Laurent Wauquiez qui, dans une longue intervention, a décliné cette nécessité – « malgré la loi Notre » – de « ne pas entrer dans des luttes de compétences », d’« additionner nos forces » et, donc, d’être « complémentaires ». Sur son vaste territoire, cela s’illustrerait dans de multiples domaines : le contrat de plan Etat-région, qui « s’appuie sur les départements » ; le soutien spécifique de la région à certains départements (à l’image du « pacte pour le Cantal » par lequel la région intervient dans le financement des projets départementaux) ; le travail conjoint à privilégier entre RSA et formation ; la création par la région d’une agence économique dont les départements sont partie prenante, leur permettant par ce biais de « continuer à intervenir » sur l’économie et l’industrie ; les infrastructures numériques, la politique montagne… Et en 2020, au cœur de la crise sanitaire, région et départements, a rappelé Laurent Wauquiez, ont notamment mis en place une centrale d’achat commune ainsi qu’un fonds unique de soutien aux commerçants et artisans.<br />Complémentarité, encore, avec les communes. C’est cette fois Michel Fournier – le président de l’Association des maires ruraux (AMRF), qui s’en est fait l’écho dans le cadre d’une séquence consacrée aux « solidarités territoriales ». Une enquête menée par son association témoigne d’une « unanimité des maires ruraux sur le couple département-communes », a-t-il déclaré. Même si « la loi Notre a essayé de faire exploser tout ça », même s’il regrette à la fois la « nouvelle dimension cantonale » et la perte de la compétence économique pour les départements… Michel Fournier insiste sur le fait que le soutien financier des départements est vital pour bien des communes rurales, tout comme leur « aide technique » (malgré la création de l’ANCT, « le premier réflexe » des maires est toujours de « s’adresser au département », constate-t-il). « Mon département compte 500 communes. Le lien n’a jamais été rompu », a corroboré Germinal Peiro – le président de la Dordogne, évoquant les « contrats cantonaux » à travers lesquels le département apporte au moins 25% de l’investissement nécessaire à la réalisation des projets des communes. Et l’interco dans tout ça ? Plus compliqué, visiblement… « Parfois les maires se tournent plus facilement vers le département que vers l’intercommunalité », estime Pascal Coste – le président de la Corrèze, tandis que Michel Fournier demande aux départements de « bien continuer à descendre jusqu’à la commune » même lorsque « l’État incite à avoir l’interco pour unique interlocuteur ».<br />« Que l’État soit à nos côtés »<br />Complémentarité, confiance. Ces deux termes beaucoup entendus ce jeudi dans l’Ain concernent naturellement aussi l’État. Certes, cette fois moins sous forme de constat que de vœu. Les séquences successivement consacrées à l’enfance, au vieillissement et au handicap l’ont illustré. Sur l’aide sociale à l’enfance (ASE), si la crise a souvent conduit les départements à « travailler différemment » avec les autres acteurs, le préalable est que à « l’État prenne ses responsabilités », a ainsi témoigné Florence Dabin – présidente du Maine-et-Loire qui vient d’être élue présidente du GIP Enfance en danger. Qu’il prenne ses responsabilités pour garantir les moyens financiers de l’ASE et de la PMI… ou pour assurer ses propres prérogatives, dont la pédopsychiatrie où les besoins sont béants. Côté médicosocial, le président de la Somme, Stéphane Haussoulier, regrette entre autres que le volet revalorisations salariales du Ségur de la Santé ait dans un premier temps « oublié des gens » (alors que « s’ils avaient consulté les départements, on leur aurait dit ! ») ou encore qu’il soit « plus facile de joindre la secrétaire d’Etat que le directeur de son agence régionale de santé ». De même, François Sauvadet regrette que le gouvernement ait imposé « le même prix horaire pour tout le monde pour l’aide à domicile ».<br />« Nous attendons de l’État qu’il soit à nos côtés », résume le président de l’ADF. Y compris pour « accompagner les départements les plus fragiles » au titre de « la solidarité nationale », au-delà de la péréquation horizontale initiée par les départements eux-mêmes. Et ce, d’autant plus que la situation financière des départements risque fort de connaître bientôt un sérieux contrecoup. « On parle de bonne santé financière des départements, du fait du niveau actuel des droits de mutation. Mais cela ne durera pas, les DMTO baisseront l’an prochain, la situation est explosive », prévoit François Sauvadet, qui se souvient de la chute de 70% au lendemain de la crise financière de 2008. A cette époque-là, les départements avaient pu activer d’autres leviers. Aujourd’hui ce n’est plus vrai puisque avec le transfert de la taxe sur le foncier bâti, les départements n’ont tout simplement plus de levier fiscal. Il y a aussi « des craintes sur les dotations » : l’État ne risque-t-il pas, face aux dettes du « quoi qu’il en coûte », de vouloir commencer par rogner les ressources des collectivités ?<br />Propositions de terrain<br />C’est dans ce contexte que l’ADF a présenté ce 2 décembre en fin de journée un ensemble de 102 propositions (à télécharger ci-dessous). Des propositions « issues du terrain », souligne l’association : elles émanent des réflexions de ses commissions et groupes de travail, mais aussi de débats organisés dans chaque département en amont des Assises. Elles entendent se faire l’écho des « expériences réussies, bonnes pratiques et innovations développées localement ». Les sujets couverts sont nombreux et englobent, au-delà des grandes compétences départementales, dont le social, des enjeux liés aux transitions, aux mobilités, à la démocratie locale…<br />Le fil conducteur : comment « refonder la relation avec l’État central, pour un nouvel élan de décentralisation ». Parmi les demandes transversales : donner aux départements « une clause de compétence générale en cas de crise », leur octroyer « un pouvoir réglementaire élargi » et « la possibilité d’adapter les normes »…  Dans le même esprit, l’ADF souhaite « qu’il soit mis fin aux interventions de l’État dans le pilotage des politiques publiques décentralisées et aux appels à projets qui préformatent l’action publique territoriale ». Sur le terrain des finances, les départements attendent la fin des contrats de Cahors, « une plus juste compensation des transferts », « une clause de sauvegarde pour pallier dans le temps les variations de charges et de dépenses », « une garantie d’autonomie fiscale à hauteur de 50% de leurs ressources au moins » et « une provision contracyclique pour faciliter les plans d’investissements pluriannuels ». En termes de compétences, les départements veulent être les collectivités chefs de file (ou référentes ou coordinatrices, selon les cas) en matière de gestion des réseaux, de gestion de l’eau potable, de gestion des circuits locaux d’alimentation, des grands services de prévention (dont la PMI et la médecine scolaire), de la politique familiale, de l’autonomie, des gestionnaires des collèges… Et entendent, au-delà de tout cela, pouvoir intervenir partout « où l’action de proximité départementale va de soi » : économie de proximité, aides à la pierre, précarité énergétique, transports scolaires…<br />Ces propositions voient clairement plus loin que le projet de loi 3DS qui vient de passer par le filtre de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, laquelle a notamment tiré un trait sur les apports du Sénat concernant les compétences des départements (lire notre <a href="https://www.banquedesterritoires.fr/projet-de-loi-3ds-ce-que-les-deputes-ont-decide-en-commission" target="_blank" rel="noopener">article</a> du 1er décembre). Des vœux, donc, pour la prochaine législature. Jean Castex, attendu vendredi en début d’après-midi pour clore ces Assises en compagnie de Jacqueline Gourault et de Brigitte Bourguignon, ne devrait donc guère y apporter de réponse directe. Sauf, peut-être, pour mettre l’accent sur la formule proposée par le gouvernement concernant le transfert des routes ou sur un éventuel compromis quant au devenir des gestionnaires de collèges. L’ADF peut en revanche se prévaloir des enseignements d’un sondage commandé à l’Ifop, présenté jeudi matin (à télécharger ci-dessous), qui témoigne d’un certain capital confiance dont bénéficient les départements auprès des Français.</p>

<p>Quand l' »exode urbain » mobilise les compétences départementales<br />Parmi les « défis d’avenir » déclinés jeudi après-midi, celui de « l’exode urbain » qui marquerait la France de l’après-confinement. L’économiste Jean-Claude Delgènes a préalablement listé les conditions à remplir pour un territoire souhaitant accueillir de nouvelles populations quittant – éventuellement une partie du temps seulement – une grande métropole pour s’installer dans un environnement plus rural : l’accès à internet, les transports, les services liés à l’enfance, le sport, les vecteurs de qualité de vie tels que l’environnement et l’alimentation. Or les politiques départementales sont impliquées dans tout cela. « Fibre optique, infrastructures routières, école et enfance… Cela passe par les départements. On voit donc bien que nous sommes l’échelon qui va permettre d’organiser cette révolution », en conclut François Durovray, le président de l’Essonne, soulignant la nécessité de « s’adapter très vite » face à ce nouvel aménagement du territoire de fait. Valérie Simonet, présidente de la Creuse, a témoigné de la façon dont son département a depuis longtemps déjà, via don agence de développement, déployé des moyens pour faire connaître les atouts de ce territoire ultra-rural puis, face au succès de ses campagnes de communication, pour offrir aux nouveaux habitants les équipements et services dont ils ont besoin. Si le mouvement qui s’amorce devait se confirmer et prendre de l’ampleur, des questions de fond vont toutefois se poser. François Durovray en évoque deux. Tout d’abord, celle de l’habitat : le développement de la bi-résidentialité implique une pression immobilière supplémentaire… mais aussi peut-être la nécessité de réfléchir à de nouvelles formes d’habitat. D’autre part, celle de la fiscalité : « Aujourd’hui, la fiscalité reste liée à l’implantation des sièges sociaux », alors même que l’arrivée de populations (de télétravailleurs notamment) va nécessiter « de nouveaux équipements sur des territoires qui ne bénéficieront pas des recettes correspondantes. »</p>
<p></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/ADF-IFOP%20-%20Enqu%C3%AAte%20aupr%C3%A8s%20des%20Fran%C3%A7ais%20sur%20l%27image%20des%20D%C3%A9partements%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 578.64 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/CP%20Ifop-ADF%20-%20Les%20D%C3%A9partements%20en%20premi%C3%A8re%20ligne%20de%20la%20relances%20selon%20les%20Fran%C3%A7ais%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 299.29 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"></p><p style="text-align: justify;">Francois-Sauvadet-</p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo">https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo</a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/793/le-systeme-pierre-rabhi-par-jean-baptiste-malet-le-monde-diplomatique-aout-2018</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Dec 2021 12:38:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/793/le-systeme-pierre-rabhi-par-jean-baptiste-malet-le-monde-diplomatique-aout-2018</link>
	<title><![CDATA[Le système Pierre Rabhi, par Jean-Baptiste Malet (Le Monde diplomatique, août 2018)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium du palais des congrès de Montpellier, un homme se tient tapi en bordure de la scène tandis qu’un millier de spectateurs fixent l’écran. Portées par une bande-son inquiétante, les images se succèdent : embouteillages, épandages phytosanitaires, plage souillée, usine fumante, supermarché grouillant, ours blanc à l’agonie. « Allons-nous enfin ouvrir nos consciences ? », interroge un carton. Le film terminé, la modératrice annonce l’intervenant que tout le monde attend : « Vous le connaissez tous... C’est un vrai paysan. »</p><p>Les projecteurs révèlent les attributs du personnage : une barbichette, une chemise à carreaux, un pantalon de velours côtelé, des bretelles. « Je ne suis pas venu pour faire une conférence au sens classique du terme, explique Pierre Rabhi, vedette de la journée « Une espérance pour la santé de l’homme et de la Terre », organisée ce 17 juin 2018. Mais pour partager avec vous, à travers une vie qui est singulière et qui est la mienne, une expérience. »</p><p>Des librairies aux salons bio, il est difficile d’échapper au doux regard de ce messager de la nature, auteur d’une trentaine d’ouvrages dont les ventes cumulées s’élèvent à 1,16 million d’exemplaires (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb1" rel="appendix" title="Résultats GfK, juin 2018." id="nh1">1</a>). Chaussé de sandales en toute saison, Rabhi offre l’image de l’ascète inspiré. « La source du problème est en nous. Si nous ne changeons pas notre être, la société ne peut pas changer », affirme le conférencier.</p><p>Passé la soixantième minute, il narre le fabliau du colibri qui a fait son succès : lors d’un incendie de forêt, alors que les animaux terrifiés contemplent le désastre, impuissants, le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour conjurer les flammes. « Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu éteindras le feu ! », lui dit le tatou. « Je le sais, mais je fais ma part », répond le volatile. Rabhi invite chacun à imiter le colibri et à « faire sa part ».</p><p>La salle se lève et salue le propos par une longue ovation. « Cela doit faire dix fois que je viens écouter Pierre Rabhi ; il dit toujours la même chose, mais je ne m’en lasse pas », confie une spectatrice. « Heureusement qu’il est là !, ajoute sa voisine sans détacher les yeux de la scène. Avec Pierre, on n’est jamais déçu. » L’enthousiasme se répercute dans le hall adjacent, où, derrière leurs étals, des camelots vendent des machines « de redynamisation et restructuration de l’eau par vortex », des gélules « de protection et de réparation de l’ADN » (cures de trois à six mois) ou le dernier modèle d’une « machine médicale à ondes scalaires » commercialisée 8 000 euros.</p><p>À Paris aussi, Rabhi ne laisse pas indifférent. Le premier ministre Édouard Philippe le cite lorsqu’il présente son « plan antigaspillage » (23 avril 2018). « Cet homme est arrivé comme une véritable lumière dans ma vie », affirme son ancienne éditrice, désormais ministre de la culture, Mme Françoise Nyssen (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb2" rel="appendix" title="Entretien avec Mme Nyssen, « Pierre Rabhi, la terre au cœur », Kaizen, (...)" id="nh2">2</a>). « Pierre a permis à ma conscience de s’épanouir et de se préciser. Il l’a instruite et il l’a nourrie. Quelque part, il a été son révélateur », ajoute M. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb3" rel="appendix" title="Entretien avec M. Hulot, « Pierre Rabhi, la terre au cœur », op. (...)" id="nh3">3</a>).</p><p>En se répétant presque mot pour mot d’une apparition à une autre, Rabhi cisèle depuis plus d’un demi-siècle le récit autobiographique qui tient lieu à la fois de produit de consommation de masse et de manifeste articulé autour d’un choix personnel effectué en 1960, celui d’un « retour à la terre » dans le respect des valeurs de simplicité, d’humilité, de sincérité et de vertu. Ses ouvrages centrés sur sa personne, ses centaines de discours et d’entretiens qui, tous, racontent sa vie ont abouti à ce résultat singulier : cet homme qui parle continuellement de lui-même incarne aux yeux de ses admirateurs et des journalistes la modestie et le sens des limites. Rues, parcs, centres sociaux, hameaux portent le nom de ce saint laïque, promu en 2017 chevalier de la Légion d’honneur. Dans les médias, l’auteur de Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010) jouit d’une popularité telle que France Inter peut transformer sa matinale en édition spéciale en direct de son domicile (13 mars 2014) et France 2 consacrer trente-cinq minutes, à l’heure du déjeuner, le 7 octobre 2017, à louanger ce « paysan, penseur, écrivain, philosophe et poète » qui « propose une révolution ».</p>
<p>Tradition, authenticité et spiritualité</p>
<p>L’icône Rabhi tire sa popularité d’une figure mythique : celle du grand-père paysan, vieux sage enraciné dans sa communauté villageoise brisée par le capitalisme, mais dont le savoir ancestral s’avère irremplaçable quand se lève la tempête. Dans un contexte de catastrophes environnementales et d’incitations permanentes à la consommation, ses appels en faveur d’une économie frugale et ses critiques de l’agriculture productiviste font écho au sentiment collectif d’une modernité hors de contrôle. En réaction, l’inspirateur des « colibris » prône une « insurrection des consciences », une régénération spirituelle, l’harmonie avec la nature et le cosmos, un contre-modèle local d’agriculture biologique non mécanisée. Ces idées ruissellent dans les médias, charmés par ce « bon client », mais aussi à travers les activités du mouvement Colibris, fondé en 2006 par Rabhi et dirigé jusqu’en 2013 par le romancier et réalisateur Cyril Dion. Directeur de collection chez Actes Sud, fondateur en 2012 du magazine Kaizen, partenaire des Colibris, Dion a réalisé en 2015 avec l’actrice Mélanie Laurent le film Demain, qui met en scène le credo du mouvement et qui a attiré plus d’un million de spectateurs en salles.</p><p>Le succès du personnage et de son discours reflète et révèle une tendance de fond des sociétés occidentales : désabusée par un capitalisme destructeur et sans âme, mais tout autant rétive à la modernité politique et au rationalisme qui structura le mouvement ouvrier au siècle passé, une partie de la population place ses espoirs dans une troisième voie faite de tradition, d’authenticité, de quête spirituelle et de rapport vrai à la nature.</p><p>« Ma propre insurrection, qui date d’une quarantaine d’années, est politique, mais n’a jamais emprunté les chemins de la politique au sens conventionnel du terme, explique Rabhi sur un tract de sa campagne présidentielle de 2002. Mon premier objectif a été de mettre en conformité ma propre existence (impliquant ma famille) avec les valeurs écologistes et humanistes » — il n’obtint que 184 parrainages d’élu sur les 500 requis. Le visage caressé d’une lumière or, le candidat présenté comme un « expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification » se tient parmi les blés. De l’Afrique du Nord aux Cévennes, en passant par le Burkina Faso, la trajectoire de Rabhi illustre les succès autant que les vicissitudes d’une écologie apolitique.</p><p>Né le 29 mai 1938 à Kenadsa (région de Saoura), en Algérie, Rabah Rabhi perd sa mère vers l’âge de 4 ans et se retrouve dans une famille d’adoption, un couple de colons formé d’une institutrice et d’un ingénieur qui lui donne une éducation occidentale, bourgeoise, catholique. L’adolescent d’Oran adore « écouter La Flûte enchantée, Othello ou bien un soliste de renom » à l’opéra (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb4" rel="appendix" title="Pierre Rabhi, Du Sahara aux Cévennes ou la Reconquête du songe, Albin Michel, (...)" id="nh4">4</a>) ; il aime la littérature française et les costumes impeccablement coupés qui lui donnent l’allure d’une « gravure de mode ». Fervent catholique, il adopte à 17 ans son nom de baptême, Pierre. « Je me sentais coupable non pas de renier la foi de mes ancêtres [l’islam], mais de ne point aller propager parmi eux celle du fils de Dieu. » Pendant la guerre d’Algérie, raconte-t-il, « me voici brandissant mon petit drapeau par la fenêtre de la voiture qui processionne dans la ville en donnant de l’avertisseur : “Al-gé-rie-fran-çai-se” ».</p><p>Il gagne Paris à la fin des années 1950 et travaille chez un constructeur de machines agricoles à Puteaux (Hauts-de-Seine) en tant que magasinier, précise-t-il lors de l’entretien qu’il nous accorde, et non en tant qu’ouvrier à la chaîne, comme on peut le lire dans Pierre Rabhi, l’enfant du désert (Plume de carotte, 2017), un ouvrage de littérature jeunesse vendu à plus de 21 000 exemplaires. C’est dans cette entreprise que le jeune homme rencontre en 1960 sa future épouse. La même année, il expédie une lettre qui changera sa vie. « Monsieur, écrit-il au docteur Pierre Richard, nous avons eu votre adresse par le père Dalmais, qui nous a appris que vous vous préoccupiez de la protection de la nature, que vous avez activement participé à la création du parc de la Vanoise, et que vous essayez d’obtenir la création de celui des Cévennes. Nous sommes sensibles à toutes ces questions et voudrions prendre une part active en retournant à cette nature que vous défendez. »</p><p>Étudiant en médecine avant-guerre, Richard devient, en 1940, instructeur d’un chantier de la jeunesse près des mines de Villemagne (Gard), sur le mont Aigoual (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb5" rel="appendix" title="Karine-Larissa Basset, « Richard Pierre (1918-1968) », Histoire de la (...)" id="nh5">5</a>). Cette expérience hygiéniste, nationaliste et paramilitaire l’influence durablement. En décembre 1945, il soutient une thèse de médecine qui assume un « parti pris évident »  : « La santé de l’homme est atteinte, et celle du paysan en particulier, et, par-delà, celle du pays, de la nation, écrit Richard — santé intégrale du corps, de l’esprit, des biens matériels, de l’âme (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb6" rel="appendix" title="Pierre-Claude-Roger Richard, « Considérations sur le rôle social du médecin de (...)" id="nh6">6</a>).  » Quatorze ans plus tard, en 1959, le docteur Richard joue son propre rôle de médecin de campagne dans un film de propagande ruraliste intitulé Nuit blanche, où il fustige l’urbanisation, l’État centralisateur, les boîtes de conserve et la politique de recrutement des entreprises publiques qui arrache les paysans à leurs « racines ».</p><p>Sur une photographie du mariage célébré en avril 1961, le docteur Richard offre son bras à la mariée, Michèle Rabhi, tandis que Pierre Rabhi donne le sien à l’épouse du médecin de campagne. « Pierre et Anne-Marie Richard sont les parents que le magicien nous a destinés », écrit Rabhi dans son autobiographie (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb7" rel="appendix" title="Pierre Rabhi, Du Sahara aux Cévennes…, op. cit." id="nh7">7</a>). « À mon arrivée en Ardèche, c’est lui qui m’a pris sous son aile. C’était mon initiateur », complète-t-il.</p>
<p>« L’homme providentiel »</p>
<p>Peu après, l’apprenti paysan rencontre l’écrivain ardéchois Gustave Thibon. Acclamé par Charles Maurras dans L’Action française en juin 1942 comme « le plus brillant, le plus neuf, le plus inattendu, le plus désiré et le plus cordialement salué de nos jeunes soleils », Thibon fut l’une des sources intellectuelles de l’idéologie ruraliste de Vichy. « Ce n’est pas mon père qui était pétainiste, c’est Pétain qui était thibonien », affirmera sa fille (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb8" rel="appendix" title="Correspondance de l’auteur avec Philippe Barthelet, coordinateur de Gustave (...)" id="nh8">8</a>). Bien que ses thuriféraires n’omettent jamais de rappeler que Thibon hébergea la philosophe Simone Weil en 1941, ce monarchiste, catholique intransigeant, antigaulliste viscéral et, plus tard, défenseur de l’Algérie française fit régulièrement cause commune avec l’extrême droite.</p><p>Entre le jeune néorural et le penseur conservateur se noue une relation qui durera jusqu’aux années 1990. « On voyait chez lui une grande polarisation terrestre et cosmique, relate le premier. (...) J’étais alors très heureux de rencontrer un tel philosophe chrétien et j’ai adhéré à ce qu’il disait (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb9" rel="appendix" title="Entretien avec Pierre Rabhi, Ultreïa !, n° 1, Éditions Hozhoni, La (...)" id="nh9">9</a>).  » Dans le paysage éditorial français, Thibon a précédé Rabhi en tant que figure tutélaire du paysan-écrivain « enraciné » poursuivant une quête spirituelle au contact de la nature (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb10" rel="appendix" title="Lire Evelyne Pieiller, « Le terroir ne ment pas », Le Monde diplomatique, juin  (...)" id="nh10">10</a>). Dans le hameau de Saint-Marcel-d’Ardèche où vécut Thibon, Mme Françoise Chauvin, qui fut sa secrétaire, se souvient : « Pierre Rabhi doit beaucoup à Gustave Thibon. Quand il venait ici, son attitude était celle d’un disciple visitant son maître. »</p><p>« J’ai fait 68 en 1958 ! », s’amuse, soixante ans plus tard, l’élève devenu maître, lorsqu’il évoque son « retour à la terre ». Le paysage intellectuel des années 1960 et 1970 ne l’enchantait guère. Quand on lui cite l’œuvre du philosophe André Gorz, auteur des textes fondateurs Écologie et politique (1975) et Écologie et liberté (1977), il s’agace : « J’ai toujours détesté les philosophes existentialistes, nous dit-il. Dans les années 1960, il y en avait énormément, des gens qui ne pensaient qu’à partir des mécanismes sociaux, en évacuant le “pourquoi nous sommes sur Terre”. Mais moi, je sentais que la réalité n’était pas faite que de matière tangible et qu’il y avait autre chose. » L’homme ne s’en cache pas : « J’ai un contentieux très fort avec la modernité. »</p><p>Sa vision du monde tranche avec la néoruralité libertaire de l’après-Mai. « Je considère comme dangereuse pour l’avenir de l’humanité la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition cette relation est inféconde », explique-t-il dans le livre d’entretiens Pierre Rabhi, semeur d’espoirs (Actes Sud, 2013). Sur les rapports entre les hommes et les femmes, son opinion est celle-ci : « Il ne faudrait pas exalter l’égalité. Je plaide plutôt pour une complémentarité : que la femme soit la femme, que l’homme soit l’homme et que l’amour les réunisse (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb11" rel="appendix" title="« Pierre Rabhi : “Le féminin est au cœur du changement” », Kaizen, 28 mai  (...)" id="nh11">11</a>).  »</p><p>En plus de ses fréquentations vichysso-ardéchoises, Rabhi compte parmi ses influences intellectuelles Rudolf Steiner (1861-1925), fondateur de la Société anthroposophique universelle (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb12" rel="appendix" title="Lire « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme », Le Monde (...)" id="nh12">12</a>). « Un jour, le docteur Richard est venu chez moi, triomphant, et il m’a mis entre les mains le livre Fécondité de la terre, de l’Allemand Ehrenfried Pfeiffer, un disciple de Steiner, raconte-t-il. J’ai adhéré aux idées de Steiner, ainsi qu’aux principes de l’anthroposophie, et notamment à la biodynamie. Lorsqu’il a fallu faire de l’agriculture, Rudolf Steiner proposait des choses très intéressantes. J’ai donc commandé des préparats biodynamiques en Suisse et commencé mes expérimentations agricoles. »</p><p>À son arrivée en Ardèche, après une année de formation dans une maison familiale rurale, Rabhi fait des travaux de maçonnerie, travaille comme ouvrier agricole, écrit de la poésie, ébauche des romans, s’adonne à la sculpture. Sa découverte de l’agriculture biodynamique le stimule au point qu’il anime, à partir des années 1970, causeries et formations à ce sujet. Il se forge alors une conviction qui ne le quittera plus : la spiritualité et la prise en compte du divin sont indissociables d’un modèle agricole viable, lequel se place dès lors au centre de ses préoccupations. Une nouvelle fois, un courrier et la rencontre avec un personnage haut en couleur vont infléchir le cours de son histoire.</p><p>Fondateur de la compagnie de vols charters Point Mulhouse, bien connue des baroudeurs des années 1970 et 1980, l’entrepreneur Maurice Freund inaugure en décembre 1983 un campement touristique à Gorom-Gorom, dans l’extrême nord du Burkina Faso. Grâce à cette « réplique du village traditionnel avec ses murs d’enceinte qui entourent les cours (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb13" rel="appendix" title="Maurice Freund, Charters interdits. Quinze ans d’aventures pour la liberté (...)" id="nh13">13</a>)  », Freund compte faire de cette localité un lieu de « tourisme solidaire ». Las ! Quelques semaines plus tard, il découvre que le restaurant « traditionnel » sert du foie gras et du champagne car « des coopérants, mais aussi des ambassadeurs, viennent se détendre dans ce havre de paix ».</p><p>Au même moment arrive une lettre de Rabhi l’invitant à visiter sa demeure en Ardèche. Devant l’insistance de celui qu’il prend d’abord pour un quémandeur, Freund se rend à la ferme. « Avant même d’échanger une parole, en plongeant mon regard dans le sien, je comprends que Pierre Rabhi est l’homme providentiel », écrit Freund. « S’inspirant des travaux de l’anthroposophe Rudolf Steiner, Pierre Rabhi a mis au point une méthode d’engrais organiques (...) qu’il a adaptée aux conditions du Sahel. Il ramasse les branches, plumes d’oiseaux, excréments de chameau, tiges de mil... Il récupère ces détritus, en fait du compost, le met en terre », s’émerveille-t-il. Il place aussitôt Rabhi à la tête de Gorom-Gorom II, une annexe du campement hôtelier où l’autodidacte initie des paysans du Sahel au calendrier lunaire de la biodynamie.</p><p>Le 6 mai 1986, la chaîne publique Antenne 2 diffuse le premier reportage télévisé consacré à Rabhi (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb14" rel="appendix" title="« Aujourd’hui la vie », émission spéciale Afrique, Antenne 2, 6 mai  (...)" id="nh14">14</a>). « Il y a un vice fondamental, explique le Français à Gorom-Gorom, sur fond de musique psychédélique. On s’est toujours préoccupé d’une planification matérielle, mais on ne s’est jamais préoccupé fondamentalement de la promotion humaine. C’est la conscience, c’est la conscience qui réalise. » Images de paysans au travail, gros plans sur les costumes traditionnels, paysages sublimes : le reportage fait dans le lyrisme. « Je crois que le Nord et le Sud n’ont pas fini de se disputer ma personne », conclut Rabhi. Aucune précision technique sur les méthodes agronomiques n’est en revanche donnée.</p><p>Quelques mois plus tard, fin 1986, l’association Point Mulhouse, fondée par Freund, demande à l’agronome René Dumont, bon connaisseur des questions agricoles de la région du Sahel (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb15" rel="appendix" title="Lire René Dumont, « L’agriculture voltaïque dans le piège de la dépendance », Le (...)" id="nh15">15</a>), d’expertiser le centre dirigé par Rabhi. Le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974 est épouvanté par ce qu’il découvre. S’il approuve la pratique du compost, il dénonce un manque de connaissances scientifiques et condamne l’approche d’ensemble : « Pierre Rabhi a présenté le compost comme une sorte de “potion magique” et jeté l’anathème sur les engrais chimiques, et même sur les fumiers et purins. Il enseignait encore que les vibrations des astres et les phases de la Lune jouaient un rôle essentiel en agriculture et propageait les thèses antiscientifiques de Steiner, tout en condamnant [Louis] Pasteur. »</p><p>Pour Dumont, ces postulats ésotériques comportent une forme de mépris pour les paysans. « Comme, de surcroît, il avait adopté une attitude discutable à l’égard des Africains, nous avons été amenés à dire ce que nous en pensions, tant à la direction du Point Mulhouse qu’aux autorités du Burkina Faso » (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb16" rel="appendix" title="René Dumont, Un monde intolérable. Le libéralisme en question, Seuil, coll. «  (...)" id="nh16">16</a>). Deux conceptions s’opposent ici, car Dumont ne dissocie pas combat internationaliste, écologie politique et application de la science agronomique. Rabhi s’en amuse aujourd’hui : « René Dumont est allé dire au président Thomas Sankara que j’étais un sorcier. » Dumont conseillera même d’interrompre au plus vite ces formations. En pure perte, car Rabhi bénéficie de l’appui de Freund, lui-même proche du président burkinabé. Mais l’assassinat de Sankara, le 15 octobre 1987, prive Freund de ses appuis politiques. Rabhi et lui quittent précipitamment le Burkina Faso.</p><p>Cet épisode éclaire une facette importante d’un personnage parfois présenté comme un « expert international » des questions agricoles, préfacier du Manuel des jardins agroécologiques (Actes Sud, 2012), mais qui n’a jamais publié d’ouvrage d’agronomie ni d’article scientifique. Et pour cause. « Avec l’affirmation de la raison, nous sommes parvenus au règne de la rationalité des prétendues Lumières, qui ont instauré un nouvel obscurantisme, un obscurantisme moderne, accuse-t-il, assis dans la véranda de sa demeure de Lablachère, en Ardèche. Les Lumières, c’est l’évacuation de tout le passé, considéré comme obscurantiste. L’insurrection des consciences à laquelle j’invite, c’est contre ce paradigme global. »</p><p>Rabhi ne se contente pas d’exalter la beauté de la nature comme le ferait un artiste dans son œuvre. Il mobilise la nature, le travail de la terre et l’évocation de la paysannerie comme les instruments d’une revanche contre la modernité. Cette bataille illustre bien le malentendu sur lequel prospèrent certains courants idéologiques qui dénoncent les « excès de la finance », la « marchandisation du vivant », l’opulence des puissants ou les ravages des technosciences, mais qui ne prônent comme solution qu’un retrait du monde, une ascèse intime, et se gardent de mettre en cause les structures de pouvoir.</p><p>« Que nous soyons riche ou pauvre, affirme Rabhi, nous sommes totalement dépendants de la nature. La référence à la nature régule la vie. Elle est gardienne des cadences justes (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb17" rel="appendix" title="Pierre Rabhi et Juliette Duquesne, Les Excès de la finance ou l’Art de la (...)" id="nh17">17</a>).  » Dans Le Recours à la terre (Terre du ciel, 1995), il fait d’ailleurs l’éloge de la pauvreté, « le contraire de la misère » ; il la présente dans les années 1990, lors de ses formations, comme une « valeur de bien-être ». Quelques années plus tard, ce parti pris se muera sémantiquement en une exaltation de la « sobriété heureuse (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb18" rel="appendix" title="Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, Arles, 2010, dont plus de (...)" id="nh18">18</a>)  », expression bien faite pour cacher un projet où même la protection sociale semble un luxe répréhensible : « Beaucoup de gens bénéficient du secourisme social, nous explique Rabhi. Mais, pour pouvoir secourir de plus en plus de gens, il faut produire des richesses. Va-t-on pouvoir l’assumer longtemps ? » Pareille conception des rapports sociaux explique peut-être le fonctionnement des organisations inspirées ou fondées par le sobre barbichu, ainsi que son indulgence envers les entreprises multinationales et leurs patrons.</p><p>Fondée en 1994 sous l’appellation Les Amis de Pierre Rabhi, l’association Terre et humanisme, dont un tiers du budget provient de dons tirés des produits financiers Agir du Crédit coopératif (plus de 450 000 euros par an), poursuit l’œuvre entamée par Rabhi au Burkina Faso en animant des formations au Mali, au Sénégal, au Togo, ainsi qu’en France, sur une parcelle d’un hectare cultivée en biodynamie, le Mas de Beaulieu, à Lablachère. Entre 2004 et 2016 s’y sont succédé 2 350 bénévoles, les « volonterres », qui travaillent plusieurs semaines en échange de repas et d’un hébergement sous la tente.</p><p>Aux Amanins (La Roche-sur-Grane, Drôme), l’infrastructure d’agrotourisme née en 2003 de la rencontre entre Rabhi et l’entrepreneur Michel Valentin (disparu en 2012), lequel a consacré au projet 4,5 millions d’euros de sa fortune, s’étend sur cinquante-cinq hectares. Elle accueille des séminaires d’entreprise, des vacanciers, mais aussi des personnes désireuses de se former au maraîchage. La production de légumes repose sur deux salariés à temps partiel (vingt-huit heures hebdomadaires chacun) qu’épaule un escadron de volontaires du service civique ou de travailleurs bénévoles, les wwoofers (mot composé à partir de l’acronyme de World-Wide Opportunities on Organic Farms, « accueil dans des fermes biologiques du monde entier ») : « En échange du gîte et du couvert, les wwoofers travaillent ici cinq heures par jour, explique la direction des Amanins. Nous ne payons pas de cotisations sociales, et c’est légal. »</p><p>Son exercice de méditation terminé, l’un des quatre travailleurs bénévoles présents lors de notre visite gratifie son repas bio d’une parole de louange et confie : « En fait, on travaille plus que cinq heures par jour, mais le logement est très confortable. Être ici, ça ramène à l’essentiel. » Malgré la taille du site et la main-d’œuvre abondante, les Amanins déclarent ne pas atteindre l’autosuffisance alimentaire et achètent 20 % de leurs légumes. « J’ai vu des gens partir en claquant la porte, en se plaignant d’être exploités, témoigne Mme Ariane Lespect, qui a travaillé bénévolement au Mas de Beaulieu, géré par Terre et humanisme, ainsi qu’aux Amanins. Mais je crois qu’ils n’ont pas compris le message de Pierre Rabhi. Sortir du système, retrouver un échange humain, c’est accepter de travailler pour autre chose qu’un salaire, et de donner. »</p><p>Le prophète-paysan ne tire aucun profit monétaire de ces engagements bénévoles. Mais ces apprentis jardiniers sans grande expérience ni connaissances agronomiques qui bêchent le sol des « fermes Potemkine » donnent du « contre-modèle » Rabhi une image télégénique d’exploitation biologique économiquement viable — alors que ces fermes réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires en facturant des formations.</p><p>Le mouvement Colibris ne supervise aucune exploitation agricole. Toutefois, son actuel directeur, M. Mathieu Labonne, coordonne GreenFriends, le réseau européen des projets environnementaux de l’organisation Embracing the World (ETW), fondée par la gourou Mata Amritanandamayi, plus connue sous le nom d’Amma (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb19" rel="appendix" title="Lire Jean-Baptiste Malet, « Amma, l’empire du câlin », Le Monde diplomatique, (...)" id="nh19">19</a>). Sa tâche consiste à développer des « écosites modèles » dans les ashrams français d’Amma : la Ferme du Plessis (Pontgouin, Eure-et-Loir) et Lou Paradou (Tourves, Var). Dans ses comptes annuels de 2017, l’association ETW France, sise à la Ferme du Plessis (six hectares), déclare avoir bénéficié de l’équivalent de 843 710 euros de travail bénévole (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb20" rel="appendix" title="« Rapport du commissaire aux comptes sur les comptes annuels. Exercice clos (...)" id="nh20">20</a>), toutes activités confondues. Et l’association MAM, qui gère Lou Paradou (trois hectares), de 16 346 heures (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981#nb21" rel="appendix" title="« Rapport du commissaire aux comptes sur les comptes annuels. Exercice clos (...)" id="nh21">21</a>) de seva, « l’une des pratiques spirituelles qu’Amma nous conseille particulièrement, le travail désintéressé en conscience, appelé aussi méditation en action, explique le site Internet de l’ashram. Cuisine, travail au jardin, ménage, travaux, couture... les tâches sont variées ». Les réseaux Amma et Colibris se croisent régulièrement, que ce soit lors des venues annuelles de la gourou en France, dans les fermes d’ETW, ou dans la presse des Colibris — Amma a fait la « une » du magazine Kaizen en mars 2015.</p>
<p>L’enthousiasme des patrons colibris</p>
<p>À partir de 2009, année marquée par la participation de Rabhi à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), le fondateur des Colibris rencontre des dirigeants de grandes entreprises, comme Veolia, HSBC, General Electric, Clarins, Yves Rocher ou Weleda, afin de les « sensibiliser ». Les rapports d’activité de l’association Colibris évoquent à cette époque la création d’un « laboratoire des entrepreneurs Colibris » chargé « de mobiliser et de relier les entrepreneurs en recherche de sens et de cohérence ». « On peut réunir un PDG, un associatif, une mère de famille, un agriculteur, un élu, un artiste, et ils s’organisent pour trouver des solutions qu’ils n’auraient jamais imaginées seuls », lit-on.</p><p>Désireux de stimuler cette imagination, Rabhi a également reçu chez lui, ces dernières années, le milliardaire Jacques-Antoine Granjon, le directeur général du groupe Danone Emmanuel Faber, ainsi que M. Jean-Pierre Petit, plus haut dirigeant français de McDonald’s et membre de l’équipe de direction de la multinationale. « J’admire Pierre Rabhi (...), je vais à toutes ses conférences », clame M. Christopher Guérin, directeur général du fabricant de câbles Nexans Europe (26 000 salariés), qui se flatte dans le même souffle d’avoir « multiplié par trois la rentabilité opérationnelle des usines européennes en deux ans » (Le Figaro, 4 juin 2018). Rabhi a également déjeuné avec M. Emmanuel Macron durant sa campagne pour l’élection présidentielle. « Macron, le pauvre, il fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas simple, nous déclare-t-il. Il est de bonne volonté, mais la complexité du système fait qu’il n’a pas les mains libres. »</p><p>À force de persévérance, les consciences s’éveillent. Le 8 mai 2018, à Milan, dans le cadre du salon de l’agroalimentaire Seeds &amp; Chips, M. Stéphane Coum, directeur des opérations de Carrefour Italie, disserte devant un parterre de journalistes et d’industriels. Trois mois à peine après que M. Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, a annoncé 2 milliards d’euros d’économie, la fermeture de 273 magasins et la suppression de 2 400 emplois, le dirigeant de la succursale italienne fait défiler une présentation. Soudain, une citation appelant à l’avènement d’un « humanisme planétaire » apparaît à l’écran, accompagnée d’un visage au sourire rassurant. « Il y a six ans, j’ai commencé à lire Pierre Rabhi, déclare ce patron colibri. Pour que nous parvenions au changement, il faut que chacun “fasse sa part”. Nombreux sont aujourd’hui ceux qui veulent changer le monde, et c’est aussi la volonté de Carrefour. » Réconcilier grande distribution et sollicitude environnementale, grandes fortunes et spiritualité ascétique : la sobriété heureuse est décidément une notion élastique.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sat, 04 Dec 2021 14:11:08 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le wokisme, nouveau visage du militantisme]]></title>
	<description><![CDATA[<p>2 décembre 2021#27</p><p></p>
<p>[embedded content]</p>
<p></p><p></p><p>Êtes-vous woke ? C’est un mot, un petit mot anglais. Ce mot, woke, certains n’en ont jamais entendu parler. Et pourtant, d’autres sont en train de s’écharper à ce sujet. L’AntiÉditorial s’est plongé dans ce concept, certains disent cette nouvelle idéologie.</p>
<p>De quoi s’agit-il ?  </p>
<p>Woke… rien à voir évidemment avec le wok asiatique utilisé en cuisine ou au Scrabble. Pour les uns, c’est la seule façon de voir le monde, le grand combat pour la justice, voire la cause des causes. Pour les autres, c’est la nouvelle lubie venue des États-Unis, la nouvelle idéologie, voire la nouvelle folie. Mais en vrai, c’est quoi le woke ?</p><p>C’est d’abord le passé simple du verbe to wake up, « se réveiller ». Être woke, c’est ouvrir les yeux sur les injustices raciales et sexuelles et penser le monde à partir de cette grille de lecture. C’est considérer que ces oppressions réelles ou ces violences symboliques, que personne ne semblait voir, sont en fait aveuglantes. Et elles ne sont pas le fait des individus, mais le produit d’une culture. Il ne faut donc pas seulement lutter contre les discriminations. Il faut combattre le système pour abattre une structure sociale.</p><p>En 1939, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VrXfkPViFIE&amp;t=73s">un chanteur de blues, Lead Belly</a> emploie le mot pour la première fois dans un sens militant, engagé contre le racisme. En juin 1965, Martin Luther King l’utilise dans un discours à l’université Oberlin, dans l’Ohio. En 2008, il y a eu la <a href="https://www.youtube.com/watch?v=lJZq9rMzO2c">chanson d’Erykah Badu,</a> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=lJZq9rMzO2c">Master Teacher</a>. Son refrain lancinant, I stay woke, est devenu viral. Puis le concept a fini par échapper à l’artiste.</p><p>En quelques années, on a changé de dimension. Du mot, on est passé au phénomène de société. C’est à partir du moment où le terme a été repris par le mouvement américain Black Lives Matter qu’il s’est vraiment imposé dans les médias et sur les réseaux sociaux. En 2016, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=eIoYtKOqxeU">un documentaire sur le mouvement</a> Black Lives Matter s’intitule, justement, Stay woke.</p>
<p>Le triangle woke</p>
<p>Et pourtant, le racisme n’est déjà plus que l’un des sujets du mouvement woke. L’historien Pap Ndiaye parle d’un « triangle militant qui mobilise une partie de la jeunesse mondiale ». À l’angle de l’antiracisme s’ajoute la lutte contre le réchauffement climatique. Selon Pap Ndiaye, « Greta Thunberg est une figure typiquement woke ». Et le troisième angle, c’est l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les violences sexuelles et contre le sexisme, la défense des minorités sexuelles ou même de minorités dans ces minorités.</p><p>Comme vous êtes doués pour la géométrie, vous l’avez remarqué : ce triangle n’est pas un carré. Autrement dit, les questions sociales, jadis fondamentales pour les progressistes, sont reléguées au second plan. Être woke, c’est avoir une conscience politique, mais une conscience sociétale et non plus sociale, comme au siècle dernier. En revanche, ce triangle a une base. Et cette base, c’est le concept de « luttes intersectionnelles ». Kimberlé Crenshaw, une juriste de l’université de Californie engagée dans le mouvement du Black feminism a théorisé l’intersectionnalité. Selon elle, les femmes noires sont marginalisées en tant que noires, certes, mais aussi au sein du mouvement féministe. En 1989, Crenshaw énonce cet axiome devenu un des dogmes du woke : dans la lutte antiraciste, on s’intéresse surtout aux personnes privilégiées en termes de sexe ou de classe. Inversement, quand la discrimination est liée au sexe, on défend les femmes des classes supérieures et celles qui ont la peau blanche et on néglige les autres, qui n’ont pas la parole. Théorie féministe et discours antiraciste doivent donc se rencontrer. C’est l’intersectionnalité. Vieux de plus de trente ans, l’article de Kimberlé Crenshaw a été récemment traduit en français dans un ouvrage collectif, Qu’est-ce que l’intersectionnalité ?, publié dans la petite bibliothèque Payot.</p><p></p>
<p>Quel impact ?</p>
<p>Minoritaire numériquement, le phénomène woke n’a pas produit de mouvement politique structuré. Mais il n’en a pas moins un impact considérable, peut-être comparable à celui de la pensée 68 en son temps.</p><p>D’abord, il a imposé des clivages, les termes du débat, un vocabulaire politique. À commencer par le lieu commun de l’« intersectionnalité des luttes ». Sur les discriminations raciales, avec les concepts ultra-polémiques de « personnes racisées », de « racisme systémique », de « privilège blanc », de « fragilité blanche » ou de « pensée décoloniale ». Ou sur le sexe, avec des thématiques qui vont de la « culture du viol », et de la « masculinité toxique » à celle de l’« écriture inclusive ». Ensuite, il a conduit à des phénomènes de boycott, de remise en cause des grandes figures de l’histoire. C’est ce que l’on appelle la cancel culture, l’idée qu’il faut interdire à certaines personnes de s’exprimer dans les universités ; qu’il faut supprimer, effacer les figures ou les livres qui seraient marqués par le racisme ou le sexisme ; qu’il faut déboulonner les statues, réviser les manuels de littérature et déprogrammer certains films comme Autant en emporte le vent ou rebaptiser la traduction française des Dix petits nègres d’Agatha Christie.</p><p>Enfin, il a un impact important sur le débat public, car son agenda devient celui des grands médias, des universités, des réseaux sociaux et des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Faites l’expérience. Si vous tapez « black men », dans Google images, vous ne verrez que des hommes noirs. Mais que si vous tapez « white men », vous verrez des blancs et des noirs. L’algorithme a été passé à la moulinette woke. <a href="https://www.la-croix.com/Malgre-polemique-Le-Robert-defend-ajout-mot-iel-edition-ligne-2021-11-17-1301185601">La polémique sur l’entrée dans le Robert du pronom neutre « iel »</a> en est une des dernières illustrations. Signe des temps, les auteurs du dictionnaire ont jugé bon de préciser que « le Robert n’a pas été subitement atteint de wokisme aigu ».</p><p>Le phénomène est sociologiquement situé, comme l’analyse, chiffres et sondages à l’appui, <a href="https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-2-face-au-wokisme/">dans deux intéressantes notes de la Fondapol</a>, la Fondation pour l’innovation politique, un think tank libéral anti-woke. Vous avez plus de chance d’être woke si vous faites partie de la génération Z que des baby-boomers, et des étudiants que des chômeurs ou des ouvriers. Sociologique, le woke est aussi géographique : c’est le monde des grandes villes. À Paris, on pense comme à New York, pas comme à Quimper, à Épinal ou à Pézenas.</p>
<p>La guerre des facs</p>
<p>Ces marqueurs sociologiques expliquent que les tensions se focalisent sur l’université et le monde de la culture. Pour ses détracteurs, le woke est de plus en plus <a href="https://www.journaldemontreal.com/2021/11/13/la-bureaucratisation-de-lideologie-woke">inscrit dans la bureaucratisation des recrutements universitaires</a>, avec des procédures, un jargon de plus en plus prégnant et des enjeux de pouvoir assez évidents.</p><p>C’est <a href="https://quillette.com/2021/11/07/anti-racism-as-office-politics-power-play-a-canadian-academic-case-study/">le cas, en particulier, au Canada</a>. Un bon exemple est fourni par la charte de Scarborough, adoptée par l’université de Toronto et <a href="https://www.utsc.utoronto.ca/principal/la-charte-de-scarborough">disponible en français</a>. Elle invite à prendre en compte « la vie des Noirs, dans sa pleine complexité et son intersectionnalité, à la respecter et à agir avec sensibilité face à ses réalités. Les universités et les collèges ne doivent pas se limiter à la simple représentation des Noirs, mais soutenir une inclusion complète et transformatrice au sein de leurs structures, de leurs politiques et de leurs protocoles. » Intersectionnalité, sensibilité, inclusion, mais aussi structures et protocoles : ces quelques lignes cochent toutes les cases woke.</p><p>Le document est extrêmement détaillé. Aucun pan de la vie universitaire ne doit y échapper. Et tant pis si, parfois, ça ne veut carrément rien dire, comme dans ce paragraphe qui exige « des évaluations d’impact préalables auprès des communautés noires dans le cadre des processus d’approvisionnement, afin que les initiatives d’équité s’éloignent de l’atténuation des risques pour privilégier des occasions proactives et durables et l’intégration des évaluations d’impact des communautés noires aux initiatives de restructuration. » L’école est le grand lieu d’affrontement. En France, justement, c’est Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, qui vient de créer le « Laboratoire de la République ». Son think tank est expressément présenté comme un instrument de combat anti-woke. Il se dit « opposé à cette doctrine qui fragmente et divise, et a conquis certains milieux politiques, médiatiques et académiques en proposant un logiciel victimaire au détriment des fondements démocratiques de notre société ». Pour le ministre, « la République est aux antipodes du wokisme. Aux États-Unis, cette idéologie a pu amener, par réaction, Donald Trump au pouvoir, et la France et sa jeunesse doivent échapper à ça. »</p>
<p>Une religion nouvelle ?</p>
<p>Pour certains critiques, le mouvement woke est imputable à la culture puritaine. Le protestantisme américain a éclaté en deux courants opposés et il a muté. D’un côté, il y a les courants évangéliques qui ont soutenu Trump. De l’autre, ceux qui sont passés du protestantisme à l’athéisme. Sans le savoir, ils ont troqué le piétisme pour le militantisme. On a gardé l’idée d’un péché originel, mais ce péché est devenu impardonnable.</p><p>C’est <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/la-passion-religieuse-a-echappe-au-protestantisme-et-met-le-feu-a-la-politique-20200924">la thèse, originale mais assez troublante, de Joseph Bottum</a>. Ce professeur à l’université du Dakota du Sud, a publié en 2014 An Anxious Age, the Post-Protestant Ethic and the Spirit of America : l’éthique post-protestante et l’esprit de l’Amérique. Pour lui, les péchés individuels sont devenus des péchés collectifs, qu’il faut rejeter pour accéder à une forme de rédemption. Les woke, « ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu ! Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice. (…) En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. (…) Si vous enlevez le Christ du tableau, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. »</p><p>En somme, comme aurait dit l’écrivain anglais Chesterton, le wokisme serait une idée chrétienne devenue folle. La thèse est crédible, d’autant qu’historiquement, le protestantisme a connu des vagues de « réveil », et que les woke, ce sont les éveillés.  </p><p></p><p></p><p></p><p>Boussahba, M. &amp; Delanoë, E. &amp; Bakshi, S. (2021). Qu’est-ce que l’intersectionnalité ? Éditions Payot.</p><p></p><p>Article publié dans le journal Le Figaro. (2020).</p><p></p><p>Article publié dans le journal La Croix. (2021).</p><p></p>
<p>Crédits photos : © Stéphane Grangier, © Stéphanie Lecocq / MaxPPP</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/791/%C2%ABen-voulant-censurer-zemmour-la-gauche-prouve-son-incapacite-a-comprendre-les-inquietudes-des-francais%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sat, 04 Dec 2021 13:46:56 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[«En voulant censurer Zemmour, la gauche prouve son incapacité à comprendre les inquiétudes des Français»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Stéphane Troussel, président socialiste de la Seine-Saint-Denis, a lancé une pétition pour interdire le meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre. Pour Laurence Taillade, cet acte d'impuissance est le symbole d'une gauche en déclin qui préfère censurer plutôt qu'argumenter.</p><p>Laurence Taillade est essayiste, auteur de L'urgence laïque (Ed.Michalon) et Être une femme en 2020 (Ed. Michalon) et coauteur d'Une France soumise.</p><p>Stéphane Troussel lance une pétition en direction des propriétaires du parc des expositions de Villepinte, qui accueillera le meeting d'Éric Zemmour le 5 décembre, pour leur demander le retrait de la salle. Qu'un président de département, élu, se prête à ce type de guignolerie est atterrant à plusieurs titres.</p><p>Je n'ai pas de sympathie particulière pour Éric Zemmour et regrette sa décision de sortir de son rôle de polémiste, qu'il remplissait plutôt bien. Néanmoins, j'ai un attachement viscéral pour la liberté d'expression et pour la démocratie. Or, en agissant ainsi, Monsieur Troussel, qui est dépositaire des principes républicains, dont les libertés d'expression, de penser, d'entreprendre sont les piliers, s'abandonne à les dénier.</p><p>L'utilisation de la pétition relève de l'acte symbolique et met en exergue l'impuissance d'un élu à réclamer une censure qui n'a pas de fondement légal.</p>
<p>Laurence Taillade</p>
<p>On comprend que cet élu socialiste, un dinosaure qui a résisté, comme certains de sa catégorie, par le propos démagogique et le clientélisme, s'en prenne ainsi à la venue d'Éric Zemmour dans son fief. Il vit cela, selon ses propres mots, comme un «symbole révoltant». S'exprimant en écriture inclusive sur son fil Twitter, défendant bec et ongles le port du voile lors des sorties scolaires, considérant que son département est «multiculturel», donnant crédit à la victimisation permanente véhiculée par les associations anti-racistes, dont le PIR et le CCIF ont été les maîtres d'œuvre, relayant le concept d'islamophobie, il ne pouvait pas en être autrement.</p><p>Sauf que Monsieur Troussel n'est pas un militant d'association mais un président de collectivité locale et que l'on est en droit d'attendre de lui un peu plus de dignité. Il ne s'agit pas ici de remettre en cause le sentiment de «6 personnes sur 10 (qui) se disent victimes de discrimination», si l'on en croit ses propos, mais de rappeler que celui-ci a été fortement influencé par ces mouvements prétendument anti-racistes qui ont intentionnellement instrumentalisé toute forme de frustration pour lui donner une explication raciale. Le concept d'islamophobie, porté par des officines proches des Frères musulmans dont certaines sont aujourd'hui dissoutes, relayé par la galaxie racialiste qui en a fait un business, a largement contribué à créer ce sentiment exacerbé pour en faire une forme de réalité, dans un département à forte population immigrée, mal intégrée et dont certains quartiers ont cédé aux sirènes du communautarisme, de la haine de la France, de ses valeurs et du refus de l'assimilation à tout ce que notre pays représente. Oui, la présence d'Éric Zemmour là est une surprise pour Stéphane Troussel mais non, elle n'est pas négociable.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/gilles-william-goldnadel-est-ce-vraiment-l-extreme-droite-qui-menace-la-liberte-d-expression-20211122">Gilles-William Goldnadel: «Est-ce vraiment l'extrême droite qui menace la liberté d'expression ?»</a></p><p>L'utilisation de la pétition, quant à elle, relève de l'acte symbolique et met en exergue l'impuissance d'un élu à réclamer une censure qui n'a pas de fondement légal. Il faudra bien que Monsieur Troussel accepte que la Seine-Saint-Denis ne soit pas un fief mais un département français.</p><p>Notre pays s'est fondé sur la volonté du peuple de s'emparer de sa souveraineté. Il est marqué par la violence avec laquelle la République a vu le jour. La République tient sur cette démocratie où le peuple exerce le pouvoir. Or il n'existe pas de démocratie sans débat, sans liberté d'exprimer ses idées, de les confronter, de débattre, dans le cadre de la liberté d'expression. Éric Zemmour est candidat à l'élection présidentielle. Va-t-il se présenter devant les urnes sans jamais s'exprimer en contact direct avec le peuple et sans pouvoir exposer ses idées, un programme ?</p><p>La gauche nous avait habitués à cette censure dont elle devient coutumière. Ce qui est navrant, c'est qu'elle devrait, au contraire, être la garante d'un exercice démocratique exprimé à son plein. Il semble qu'à court d'arguments, à court de réflexion, le PS se soit totalement éloigné de sa capacité à répondre aux problèmes que pose ce candidat et qui sont le fond de sa popularité. Ces bien-pensants, écartant de toute discussion les préoccupations légitimes des Français quant à l'immigration, la montée du communautarisme, l'islamisme, la remise en question quotidienne de nos valeurs, de notre culture, dédaignent ceux qu'ils se prétendant représenter par le mandat et se complaisent dans la consanguinité d'idées. Pire, ils dégradent la Nation, porteuse d'un destin en commun, d'un socle historique et d'un pacte social auquel chacun décide d'adhérer librement. Le citoyen, lorsqu'il s'agit de s'exprimer dans une urne, ira toujours vers celui qui lui semble le mieux comprendre son quotidien. Force est de constater que cette gauche-là en est très loin, qu'elle a choisi délibérément de s'en éloigner et de fuir la confrontation.</p><p>Stéphane Troussel se livre à l'exercice favori de son camp : pleurnicher sur des ressentis de minorités hurlantes et ignorer la réalité des masses silencieuses.</p>
<p>Laurence Taillade</p>
<p>Au contraire, dédaignant la force de la rationalité, ces politiques indignes de la République dont ils se rengorgent se vautrent dans l'émotionnel pour mieux manipuler leurs cibles électorales. Oublié le principe d'Égalité qui les oblige à ignorer les distinctions de couleur de peau ou de religion, aux oubliettes la laïcité qui contraint à un exercice distancié de la religion. Stéphane Troussel se livre à l'exercice favori de son camp : pleurnicher sur des ressentis de minorités hurlantes et ignorer la réalité des masses silencieuses.</p><p>Agir ainsi, c'est faire le cadeau du statut de victime à Eric Zemmour, c'est le hisser au niveau d'un adversaire politique crédible. De même que son invitation sur TF1, lors du 20h de cette semaine, pose question dans le traitement de l'interview. Le travail de journaliste aurait été de le confronter aux problèmes de notre société et l'acculer au vide de son programme concernant les difficultés économiques des Français, qui ne se résument pas à l'immigration, même si cette question doit tenir un rôle majeur dans l'élection présidentielle, tant notre pays a souffert de la négliger.</p><p>Car, finalement, si Éric Zemmour prend une telle place, c'est bien que trop longtemps les autres partis politiques lui ont laissée et lui laissent encore, traitant avec dédain, dans le meilleur des cas, renvoyant au fascisme, pour d'autres, toute personne osant se confronter au réel du quotidien de nos compatriotes.</p><p>Le pouvoir rendrait fou. Prenons garde à ce que les fous ne prennent pas le pouvoir. Nous en serions collectivement responsables, d'avoir trop longtemps négligé la raison.</p><p>À VOIR AUSSI – Carl Meeus: «La présence d'Éric Ciotti a peut-être empêché le départ d'adhérents vers Éric Zemmour»</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 04 Dec 2021 12:18:00 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[40 Years Ago, Monty Python Predicted (and Mocked) Wokeness – PJ Media]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Monty Python’s Life of Brian is the most prescient movie ever made, predicting exactly in 1979 the cultural madness you see around you today.</p><p>Despite that, the flick was wrongly derided four decades ago by the very people who might find it gob-smackingly funny today.</p><p>Life of Brian was vigorously protested during its U.S. release by various groups who believed — apparently without having seen the movie — that it was anti-Christian.</p><p>Nothing could be further from the truth. There are only two appearances by Jesus in the movie, one of which is off-screen. The first is the night of Jesus’ birth (Brian’s, too) and what little we see is true to the Bible.</p><p>Well, except for the part where the Three Wise Men first tried to deliver their gifts to baby Brian in the manger next door.</p><p>In the other scene, years later, we briefly see Jesus giving the Sermon on the Mount. No mockery is made of Jesus or His message.</p><p>Of all the jokes, gags, and barbs thrown in every direction, Jesus is the only figure shown respect. Monty Python trouper Eric Idle later said of Jesus, “What he’s saying isn’t mockable, it’s very decent stuff.”</p><p>For a non-believing, take-no-prisoners comedian like Idle, that’s practically a whole-hearted endorsement.</p><p>Instead, the film — Python’s only real film, the others were basically collections of sketches, even Holy Grail — is anti-authoritarian, anti-fanaticism, anti-nihilism, and anti-humorless prigs.</p><p>Life of Brian is, however, very pro-funny.</p><p>The Pythons even saved their sharpest barbs for political extremists and self-deluded lefties.</p><p>Case in point on that last observation: The classic Collessium conversation between the would-be revolutionaries of the Judean People’s Front.</p><p>Or was that the People’s Front of Judea?</p><p>Regardless, take two minutes (clip below!) to bask in the comedic good sense that would get the cast and entire production crew canceled in our times.</p><p>The postmodern Left should probably cancel everyone who laughed at this scene, just to be safe.</p><p>Anyway, point-by-point, Monty Python satirically dissected the then-nascent cultural trends that have since come to dominate not only our culture, but also our politics and even our private lives.</p><p>Enjoy… although I will admit that re-watching this today, the laughs were a bit more bitter than they were when I first watched Life of Brian nearly 40 years ago.</p><p>Here’s the clip, a handy transcript, and then an exit question.</p><p>[embedded content]</p><p>JUDITH: I do feel, Reg, that any Anti-Imperialist group like ours must reflect such a divergence of interests within its power base.</p><p>REG: Agreed. Francis?</p><p>FRANCIS: Yeah. I think Judith’s point of view is very valid, Reg, provided the Movement never forgets that it is the inalienable right of every man–</p><p>STAN: Or woman.</p><p>FRANCIS: Or woman… to rid himself–</p><p>STAN: Or herself.</p><p>FRANCIS: Or herself.</p><p>REG: Agreed.</p><p>FRANCIS: Thank you, brother.</p><p>STAN: Or sister.</p><p>FRANCIS: Or sister. Where was I?</p><p>REG: I think you’d finished.</p><p>FRANCIS: Oh. Right.</p><p>REG: Furthermore, it is the birthright of every man–</p><p>STAN: Or woman.</p><p>REG: Why don’t you shut up about women, Stan. You’re putting us off.</p><p>STAN: Women have a perfect right to play a part in our movement, Reg.</p><p>FRANCIS: Why are you always on about women, Stan?</p><p>STAN: I want to be one.</p><p>REG: What?</p><p>STAN: I want to be a woman. From now on, I want you all to call me ‘Loretta’.</p><p>REG: What?!</p><p>LORETTA: It’s my right as a man.</p><p>JUDITH: Well, why do you want to be Loretta, Stan?</p><p>LORETTA: I want to have babies.</p><p>REG: You want to have babies?!</p><p>LORETTA: It’s every man’s right to have babies if he wants them.</p><p>REG: But… you can’t have babies.</p><p>LORETTA: Don’t you oppress me.</p><p>REG: I’m not oppressing you, Stan. You haven’t got a womb! Where’s the fetus going to gestate?! You going to keep it in a box?!</p><p>LORETTA: [Crying]</p><p>JUDITH: Here! I– I’ve got an idea. Suppose you agree that he can’t actually have babies, not having a womb, which is nobody’s fault, not even the Romans’, but that he can have the right to have babies.</p><p>FRANCIS: Good idea, Judith. We shall fight the oppressors for your right to have babies, brother. Sister. Sorry.</p><p>REG: What’s the point?</p><p>FRANCIS: What?</p><p>REG: What’s the point of fighting for his right to have babies when he can’t have babies?!</p><p>FRANCIS: It is symbolic of our struggle against oppression.</p><p>REG: Symbolic of his struggle against reality.</p><p>I just watched it twice. Maybe you want to, too. That last line was practically brain bleach for everything we’ve witnessed the last few years.</p><p>Exit Question: Did the Python boys — or girls — miss forecasting anything, aside from our current obsession with made-up and farcical personal pronouns?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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