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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<pubDate>Sun, 19 Dec 2021 10:30:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Benjamin Sire : Laurent Bouvet, les victoires dans la mort]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Il est rare que la mort représente une victoire, plus rare encore qu'elle en représente plusieurs. Il y a pourtant un peu de ça avec <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/disparition-de-laurent-bouvet-fondateur-du-printemps-republicain-et-cassandre-de-la-gauche_2163933.html" target="_self">Laurent Bouvet, qui vient de nous quitter</a> après un combat contre la maladie allant tellement au-delà de l'exemplarité, que cette mort en devient avant tout une leçon de vie. Pourtant, pour moi, comme pour tous ses amis, qui l'avons accompagnés de longue date et de plus ou moins près depuis plus de deux ans que le mal s'était insinué en lui, écrire ces mots a quelque chose de surréaliste tant notre longue préparation à la nouvelle, fruit de sa délicatesse infinie, ne peut rien face à l'émotion qui submerge malgré tout et laisse désarmé face au clavier. Et pourtant que de précautions a-t-il pris pour que notre peine soit des plus contenues. </p><p>Raté mon ami, mais tout ce que tu étais est dans ce que j'énonce maintenant, en employant, hélas, la troisième personne du singulier, ce passé simple et cet imparfait qui me sont inimaginables à ton propos. </p><p>Depuis ce jour du printemps 2019 où, lors d'un week-end de travail dans l'Yonne, il me fit part des étranges sensations qui parcouraient ses membres et dont il se demandait si elles ne l'aideraient pas à comprendre ma propre douleur... Depuis ce texto envoyé, une fois l'été passé, où il m'annonça, ainsi qu'à une poignée d'amis, que le diagnostic n'était pas risible, révélant la terrifiante maladie de Charcot... Depuis chaque nouvel épisode de ce drame, sa seule préoccupation aura été de moquer l'idée même de la plainte et de nous rassurer sans cesse, jusqu'à son dernier rire, quant à sa sérénité, à sa joie de nous avoir réuni, à sa volonté de ne pas nous savoir triste, comme si nous étions les malades et lui le bien portant. Mais triste, je le suis quand même, infiniment, nous le sommes quand même.  </p>
<p><a href="https://abonnement.lexpress.fr/offre/catalogue/digital/mensuel/?xtatc=INT-85-%5Bcatalogue_digital_2mois1e_mensuel%5D&amp;egn-publisher=autopromo-site&amp;egn-name=catalogue-digital-2mois1e-mensuel_inread-article" target="_blank" rel="noopener"><br /><br /><br />Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement<br /><br /><br />Je m'abonne<br /><br /></a></p>
<p>J'aimais déjà cet homme de toute mon âme avant que le sort ne le désigne au supplice de l'enfermement progressif, puis total, dans un corps que l'esprit ne savait quitter. Depuis la maladie, cet amour se double d'une admiration tournant à la dévotion, alors même qu'aucune chapelle, aucune église, aucune fausse gloire ne m'a jamais fait plier le genou. Tandis que dans l'âge identitaire que nous traversons, chacun s'envisage un motif réel ou imaginaire pour s'offrir à la mode de la victimisation, que d'aucuns se plaignent à qui mieux-mieux des micros agressions subies dans la moindre confrontation avec le monde extérieur, que les fragiles voient dans chaque mot écrit en réseaux ou prononcé la preuve d'une insupportable offense, par ailleurs retournée en occasion de censure et d'instauration d'un totalitarisme à bas bruit, Laurent, inflexible d'humanité, a porté comme un totem d'élégance suprême la devise "never explain, never complain"... Ayant vécu avec panache, il a ajouté à sa mort la classe la plus absolue. C'est sa première victoire. </p>
<p>Nique à l'arbitraire</p>
<p>La seconde aura été d'avoir choisi le moment, aussi douloureuse pour ses proches ait pu être cette décision. Mais pour celui qui n'avait pas de Dieu, mais quelques maîtres, cette latitude de faire la nique à l'arbitraire de la nature, entouré des siens, est un ultime témoignage de cette ironie combative qui lui valut tant de mauvais ennemis... Puisque nous savions ce que seraient les choses, il eut même l'ultime prévenance de nous en faire part avec un peu d'avance, pour nous laisser le temps d'envisager. Respect, l'ami. Même si ce mot est d'une insigne faiblesse pour exprimer ce que je pense vraiment. Il est dommage que, par essence, les combattants de la laïcité et de la République, dont il fut le plus parfait officier, fussent-ils croyants, n'aient pas les moyens de prononcer de quelconques canonisations, parce que j'ai du mal à refuser l'analogie entre la manière dont l'homme dont je parle a affronté la bataille finale avec l'idée que l'on se ferait d'un saint. Certains se moqueront sans doute de l'aspect excessif de mes mots, mais de ce côté de l'écran d'où je parle, j'ai quelques raisons de ne pas les envisager ainsi. </p><p>Et c'est une autre victoire de Laurent. Celle ayant consisté, dans l'adversité si parcimonieuse en nobles caractères que représentent les combats d'idées et politiques, d'avoir su fédérer autour de lui, un cercle d'hommes et de femmes qui, non contents de célébrer un profond accord intellectuel (aux antipodes de la caricature que nos contempteurs en font), se sont retrouvés embarqués dans la plus intense et valable des aventures humaines, celle de l'amitié. Que l'on demande à tous ses plus proches compagnons de route, à celles et ceux qui ont participé à la création du Printemps républicain, quelle est la si étrange particularité de ce mouvement par rapport à tous les autres que nous avons fréquentés tout au long de nos parcours respectifs. Tous vous répondront la même chose. L'amitié, réelle, si désintéressée qu'elle vaut à nombreux de nos camarades d'avoir dépassé les limites acceptables du bénévolat, si sincère qu'elle vit bien souvent le combat politique être freiné par la préoccupation aux soucis personnels des uns et des autres, si empreinte de cet humour qui fut souvent reproché à Laurent, que de nos réunions, en dépit d'un travail souvent acharné pour faire émerger nos idées, restent avant tout ancrées dans ma mémoire pour les éclats de rire qui n'ont cessé de les ponctuer, tout autant qu'ils furent l'essentiel de ces dîners que nous avons organisé autour de Laurent, dans la période où la maladie et la pandémie de Covid les rendaient encore possibles. L'amitié, donc, une victoire de plus, qui sera encore plus retentissante si nous arrivons à la faire perdurer au-delà de la disparition d'un homme qui fut le ciment de nos convictions, mais aussi de la jonction de nos âmes. </p>
<p>Une oeuvre hélas prémonitoire</p>
<p>La dernière victoire de Laurent, enfin, est la plus éclatante et la plus déprimante. C'est celle de son oeuvre, prémonitoire, éclairante, mais ne voisinant pas avec un optimisme béat. Même si je laisse à d'autres bien plus compétents que moi, ici et ailleurs, la tâche de commenter ses idées et ses livres, j'ai hélas le sentiment qu'ils ont décrit par le menu ce que sont déjà les enjeux de la campagne pour l'élection présidentielle et ce que sera le scrutin lui-même. À l'écriture de ces mots, j'entends déjà l'exploitation malhonnête que pourraient en faire nos adversaires et ceux qui ont poursuivi Laurent de leur haine. "Vous dites victoire de ses idées ? Victoire de la droite et de l'extrême droite qui, quel que soit le résultat de l'élection, pèse plus de 60% de l'électorat. Victoire des fachos et de l'islamophobie que vous portez !" Alors je reformule, balayant cette arnaque de l'islamophobie, alors que nous avons toujours combattu toutes formes de racisme et de discriminations, notamment à l'égard des femmes et des LGBT, mais aussi des musulmans qui sont justement la cible des islamistes et de leurs alliés, partout dans le monde, jamais jugés assez purs pour les rétrogrades haineux qui pervertissent leur religion. Non, ce n'est effectivement pas une victoire pour tous. C'est celle des principaux constats que fit Laurent durant les dix dernières années, et la défaite de ceux, principalement à gauche, qui, ne voulant pas regarder le réel en face, se sont bouché les oreilles à son énoncé, jusqu'à voir l'extrême-droite (et cette partie de la droite qui lui coure après) le préempter pour lui associer ses solutions aussi nauséabondes qu'inefficaces, dangereuses et sans avenir - elle qui ne regarde que le passé...  </p><p>De quoi s'agit-il? La première intuition bouvetiste de la sortie de route de la gauche se confia début 2012 dans, Le sens du peuple, écrit en réaction à la fameuse note Terra Nova de 2011, entérinant l'abandon des classes populaires par la nébuleuse socialiste au profit d'un peuple de substitution. Comme l'écrivait Laurent pour présenter l'ouvrage : "Retrouver les sens du peuple est à la fois une nécessité électorale et un impératif moral pour la gauche". Cette dernière a balayé tout à la fois la nécessité et l'impératif et se retrouve marginalisée à un point qui ne provoque rien d'autre qu'une infinie tristesse. Vint ensuite L'insécurité culturelle, parue en 2015, ce constat que le facteur économique ne pouvait à lui seul expliquer les dérives populistes, mais qu'il fallait y ajouter les inquiétudes identitaires et culturelles pour apporter des solutions à nos concitoyens. Tandis que, par flemme, la gauche - qui a beaucoup commenté les livres de Laurent, mais ne les a que très rarement lus - vouait aux gémonies ce simple énoncé pour en faire un concept raciste, voire islamophobe, alors qu'il n'est même pas un concept et prend également en compte l'insécurité culturelle ressentie par nos compatriotes musulmans, une partie de la dédicace que me fit Laurent de son livre donne les clefs : "L'insécurité culturelle, mieux la combattre, c'est d'abord mieux la connaître". Et mieux la connaître, c'est accepter d'analyser le rôle de la mondialisation dans les paniques morales qui saisissent ceux de nos compatriotes qui n'en tirent pas profit, d'observer le déclassement subi par les zones rurales et le péri-urbain, de plonger dans les revendications de cette France si bien décrites par Jérôme Fourquet, Jean-Laurent Cassely, ou Denis Maillard et avant eux, par moments, par Christophe Guilluy, de mesurer le poids d'un entrisme islamiste qui pervertit l'islam et, profitant de l'offensive identitaire de la gauche américaine, provoque une balkanisation des êtres et des revendications cultuelles dont se saisissent désormais également certains chrétiens. C'est comprendre le poids de l'individualisme propre à la société numérique dans la destruction du commun et toutes ces sortes de choses. Enfin s'ajoutèrent en 2019 et 2020, La nouvelle question laïque et Le péril identitaire, qui analysaient à la fois le garde-fou, attaqué de toutes parts, que représente la loi de 1905, seule à même de défendre toutes les consciences, idées et croyances, et les conséquences de l'ère identitaire, fruit du libéralisme culturel, qui met notre société en péril et, faisant de chacun un objet politique autonome, nous voit entrer les uns et les autres en collision permanente au prétexte de nos particularismes revendiqués. </p>
<p>Pendant ce temps...</p>
<p>Et c'est bien face à tout cela, froidement analysé par Laurent, que nous nous retrouvons à l'heure d'envisager d'introduire notre bulletin de vote dans les urnes au printemps prochain. Il avait tout vu, tout envisagé, mais certains préférèrent le poursuivre de leur vindicte pour quelques tweets ironiques, pour quelques posts Facebook posant de légitimes questions, pour quelques incitations à interroger le pays et non le seul microcosme d'une gauche d'estrade sans cesse agonisante sous le poids de sa suffisance. La gauche avait à disposition l'un de ses plus brillants émetteurs d'idées, l'un de ses plus prolifiques esprits. Elle a préféré sombrer dans de lilliputiens combats à base de bois mort et de défense du voile, d'offenses en passant devant des statues ou quelques caricatures innocentes (sauf pour leurs auteurs qui en périrent), d'écritures inclusives excluant tellement de nos compatriotes, et de tous ces sujets qui laissent une immense majorité des Français pantois, tant tout cela est aux antipodes de leur quotidien et des souhaits qu'ils peuvent exprimer. Hélas, rien n'ayant été fait, ils choisiront entre le pire et la caricature faussement moderne et disruptive figurée par l'actuel chef de l'État, qui ne représente qu'une passerelle enjambant le vide mais, hélas, trop courte... </p><p>Pendant ce temps, dans un monde parallèle, Cyril Hanouna, entend jouer l'arbitre des (inél)élégances de l'élection présidentielle à coups de clashs dégoulinants de vulgarité, comme il le fit pour la première de sa nouvelle émission, Face à Baba (rien que le titre...), avec le reflet de son miroir du PAF bolloréen, Éric Zemmour, et une poignée de contradicteurs en mousse, dont ceux de cette France Insoumise, dont le leader, Jean-Luc Mélenchon, a passé les dernières semaines à se vautrer en injures contre le Printemps républicain d'un Laurent agonisant... </p><p>Pendant ce temps, dans un monde parallèle, Christiane Taubira, cette fausse valeur richissime d'une gauche dont elle ne porte aucune des idées essentielles, Christiane Taubira, qui, en son temps, vota la confiance à Édouard Balladur, et refusa il y a peu d'appeler les Guyanais à se faire vacciner, Christiane Taubira donc, se présente en éventuel recours progressiste, pour peu que tous les tristes candidats déjà déclarés se couchent sur son passage, qui partout, tout le temps, ne déclencha que des catastrophes si l'on excepte le mariage pour tous, loi essentielle, mais mal amenée.... </p><p>Pendant ce temps, dans un monde parallèle, sur Twitter ou ailleurs, hier encore, il en est qui, gonflés de leur ignorance et de leur mépris pour le réel et le courage, deux notions souvent inséparables, imaginaient la manière dont Laurent serait en train de manoeuvrer, depuis l'au-delà (?), pour obtenir tel poste ministériel, tel avantage, telle influence, lui qui, de toute sa vie n'a jamais rien réclamé de tel et encore moins depuis les deux dernières années où il se savait condamné. Il en est encore qui, tout à leurs rêves de courtisans, font, croyant atteindre un être admirable en tout point, le récit de leurs bassesses personnelles, ne divulguant qu'eux-mêmes et dessinant à leur corps défendant le portrait de la grandeur de mon ami aujourd'hui disparu... De mon ami qui, dans son dernier message, à quelques heures du trépas, nous donnait, aux quelques indéfectibles, le qualificatif de frères. Et, haut et fort, je le dis, cette fraternité est vraie autant qu'elle fut un bonheur et le reflet d'une tristesse insondable à l'idée qu'elle ne se poursuivra pas. Mais, même si pour certains, dont je suis, c'est la fin d'une époque, l'héritage de Laurent lui survivra, dans les coeurs et par ses idées. Et ce sera son ultime victoire par-delà la douleur immense qui saisit sa femme, Astrid, ce monument de courage, qui ne peut être autrement puisqu'ils s'aimèrent à la hauteur des hautes qualités de chacun, et de ses filles qui, malgré les larmes ont pris l'exemple d'un homme vraiment exceptionnel. Je pense à elles à chaque instant, mon ami, mon frère.  </p>
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<p>*Benjamin Sire est compositeur et journaliste. Il est également membre du conseil d'administration du Printemps républicain.  </p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 18 Dec 2021 10:15:30 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Face à Baba Hanouna, la mue politique de Zemmour continue. L’édito de Michel Taube]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p><p>Depuis sa déclaration de candidature, Éric Zemmour poursuit sa mue présidentielle. Sans renoncer à sa priorité identitaire, celle de sauver la France et la civilisation européenne, il démontre et même surprend par la crédibilité de son discours, notamment en matière économique, au point qu’il rase peut-être moins gratis que ses concurrents pourtant réputés plus sérieux en cette matière. </p><p>Sur le plateau de l’émission de Cyril Hanouna, « Face à Baba », dont il fut le premier invité politique dans le cadre de la campagne de la présidentielle, Éric Zemmour a également fait preuve d’un calme étonnant face à des attaques d’une rare virulence. Certes, certains de ses propos demeurent fort contestables. Par exemple, au lieu de reprocher l’intrusion du racialisme à l’école, il dénonce l’enseignement de l’antiracisme. </p><p>Intraitable sur le fond, Eric Zemmour continue à arrondir les angles pour mieux revêtir les habits de présidentiable. Le candidat à l’Elysée a une fois de plus, après son discours de Villepinte, tendu la main aux musulmans de France, sur le mode : « choisissez l’assimilation à la société française plutôt que la soumission à l’Islam. »</p><p>Sa proposition d’interdire le voile islamique dans toute la société a évidemment fait débat. La crainte d’une France libanisée d’ici vingt ans justifie cette mesure radicale qui a l’avantage de déplacer le champ de la la laïcité de la neutralité de l’Etat à l’ensemble de la société. Mais l’on se demande si l’interdiction de tout signe religieux dans la rue ne serait pas de nature à créer immédiatement de très fortes tensions. Rappelons que la loi interdisant la dissimulation du visage, donc le voile intégral, n’a jamais pu être appliquée, car le policier qui dresserait une contravention devrait être accompagné d’un escadron de gendarmes mobiles ou de CRS, si ce n’est pas par l’armée, pour survivre à la violence que provoquerait l’application de la loi, en particulier dans les « Quartiers de Reconquête Républicaine », un terme qui en dit long sur leur situation.</p><p>Un paradoxe étonnant s’est joué en direct sur le plateau de « Face à Baba” durant plus de trois heures : toujours aussi ferme sur le fond, Eric Zemmour s’est montré moins extrémiste et violent  qu’un Aymeric Caron et surtout Alexis Corbière qui a multiplié les attaques agressives. Comme des perroquets, ils ont accusé obstinément leur ennemi (à ce stade, on ne peut plus parler d’adversaire ou de contradicteur), d’être fasciste et raciste, des propos battus en brèche par Éric Naulleau, ami de longue date d’Éric Zemmour, qui s’oppose pourtant à lui sur de nombreux points. Naulleau se revendique de gauche, mais d’une gauche traditionnelle française qui n’existe plus. Celle du vivre ensemble, de la méritocratie et de la laïcité, alors que celle qui s’est imposée est néo marxiste, multiculturaliste, égalitariste dans le sens du nivellement par le bas, wokiste et trop souvent islamogauchiste. La gauche socialiste d’aujourd’hui a trahi tous ses idéaux, toutes ses valeurs originelles. Elle avait quelques specimen face à Zemmour qui ne s’en est pas laissé démonter.</p><p>« C’est parce que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche » dit souvent Alain Finkielkraut. C’est parce que Corbière et Caron, pour en rester au contexte de l’émission « Face à Baba », ne sont plus que des fascistes de gauche, des idiots utiles de l’islam politique, du wokisme et de l’indigénisme, que la gauche est éliminée de la course au pouvoir, qu’elle a perdu son électorat, principalement parti chez Le Pen et Zemmour.</p><p>Si Zemmour et Le Pen ne sont pas fascistes ou racistes, leur conception de la nation n’en demeure pas moins porteuse de graves dérives. Pour eux, la nation prime les valeurs. Le féru d’histoire qu’est Éric Zemmour ne devrait pas oublier à quoi peut conduire le nationalisme. </p><p>Et vint l’avocate d’une société transsexuelle</p><p>Clou de la soirée, Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, offrit une opportunité trop facile à Éric Zemmour de défendre la normalité de la différence des sexes sur le plateau de « face à Baba » contre l’apologie de la transsexualité, présentée par la ministre comme une normalité, un choix de vie donné aux adolescents. </p><p>Sait-elle que la Suède, premier pays à avoir reconnu le droit des transgenres, allant jusqu’à permettre aux parents de faire administrer des hormones à des mineurs qui croient ne pas se sentir bien dans leur sexe, pardon leur genre, commence à prendre acte son erreur, de sa faute. Le plus prestigieux hôpital de Stockholm s’oppose désormais à cette folle dérive idéologique, car il a constaté que la dysphorie de genre était devenue une pathologie de masse à l’adolescence, alors qu’elle était rarissime jusqu’alors. </p><p>Comme le dit à juste titre Éric Zemmour, mettre dans la tête d’enfants et d’adolescents qu’ils peuvent choisir d’être un garçon ou une fille comme s’ils hésitaient entre un Iphone et un Samsung, relève du crime, certes un crime sociétal ou anthropologique, mais un crime tout de même. En France, il faut éradiquer le wokisme, ce qui n’interdit pas de lutter contre les vraies discriminations.</p><p>Tant d’excès et surtout de violences servent les intérêts d’Éric Zemmour. Il est régulièrement insulté, agressé, pris à parti par des prétendus adversaires du fascisme, ces stalinistes ennemis de la démocratie et de la république. Des images filmées dans les coulisses de l’émission « face à Baba » montrèrent Alexis Corbières et sa compagne Rachel Garrido, également islamogauchiste de la France insoumise, s’en prendre avec une telle virulence au jeune Stanislas Rigault, soutien d’Éric Zemmour, qu’il dut être protégé par le service de sécurité de l’émission. Voilà ce qu’est aujourd’hui l’extrême gauche : un fascisme, ou un stalinisme du XXIe siècle, et, au final, le meilleur allié d’Éric Zemmour dans cette course à l’Élysée.</p><p>Au final, ce show médiatique remporta un gros succès d’audience, contrairement à Emmanuel Macron la veille sur TF1. Et quelle ironie de l’histoire, quelle belle leçon de choses à tous ceux qui tous les jours se complaisent dans une posture victimaire ou dénoncent le sort qui serait fait aux minorités, de voir hier que les deux ténors de la vie politico-médiatique française furent deux Méditerannéens, deux juifs arabes, Baba et Zemmour. La France de la diversité a encore de beaux jours devant elle.</p><p>Michel Taube<br />
<small style="font-size: smaller;">
Ses engagements politiques et citoyens sont nombreux: club UNESCO des droits de l’homme, responsabilité nationale à la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) dans les années 1980, Concours européen des Droits de l'Homme René Cassin, mobilisation contre le Front national en France dans les années 1990[2].

De fin 2007 à octobre 2010, il a été le directeur des publications de Toogezer, mensuel gratuit sur le développement durable et les droits de l'homme[3]. Depuis mai 2011, il est le fondateur du site www.opinion-internationale.com. 

</small></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sat, 18 Dec 2021 09:09:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/802/faune-sauvage-%E2%80%93-un-loup-a-passe-une-journee-a-geneve</link>
	<title><![CDATA[Faune sauvage – Un loup a passé une journée à Genève]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>C’était à prévoir. Mais pas forcément à craindre, nuance… Un loup a été aperçu le 14 décembre dans la région de Jussy, et sans doute aussi vers Corsier. Après une absence de cent cinquante ans à Genève, c’est la deuxième fois en moins d’un an que l’on signale la présence d’un tel canidé dans le canton. La première, c’était en janvier dernier, dans la nuit du 7 au 8. L’animal avait été filmé par un piège photographique, dans les bois de Jussy. Mais ce mardi, ce sont des promeneurs qui l’ont observé en plein jour.</p>

<p>«Des particuliers nous ont en effet envoyé quelques photos et vidéos, confirme Luc Rebetez, garde de l’environnement. Ce loup a probablement passé la journée à Genève, avant de repartir. Il a sans doute traversé le village de Jussy, au vu des images que nous avons reçues. Des gens l’auraient aussi aperçu tôt dans la matinée au bord du lac, du côté de Corsier.» Cette présence-là n’est pas encore avérée, «mais selon les descriptions qu’ils nous ont données, il est probable qu’il s’agisse d’un loup.»</p>

<p>Sauvage mais craintif<br />«Si on la laisse faire, la nature fait montre d’une incroyable résilience, et c’est plutôt positif», relève Willy Geiger. Aujourd’hui retraité, l’ancien vice-directeur de l’Office fédéral de l’environnement s’est beaucoup investi en faveur du loup, notamment lors de dernières votations. Il le dit volontiers, «cet animal souffre du syndrome du Petit Chaperon rouge. Mais s’il est là, à Genève, particulièrement en hiver, c’est surtout parce que ses proies – essentiellement des ongulés sauvages surtout s’il est en meute – descendent en plaine, poussées par la neige, et il les suit. Dès lors, il n’y a rien de diabolique dans son comportement, même si sa présence doit être suivie et documentée.»</p>

<p>Quel est-il, ce comportement? Le biologiste l’évoque: «Le loup est un carnivore. Animal intelligent, il se déplace pour trouver sa subsistance, et elle ne manque pas, même aux alentours d’un territoire urbain. C’est aussi un opportuniste. Un peu comme nous, d’ailleurs. Si le frigo est plein, on ne va pas au magasin! C’est pour cela qu’il peut s’attaquer à des moutons. Doté d’une grande résistance, il peut parcourir de très longues distances et rester plusieurs jours sans se nourrir.»</p>

<p>Selon Willy Geiger, les individus aperçus à Genève cette année sont probablement «en phase initiale de dispersion. Il doit s’agir de jeunes qui quittent leur meute à la recherche d’un nouveau territoire, car leur idée est de se reproduire.» L’animal est aussi curieux, mais peureux et discret. «Il peut traverser un village sans que l’on s’en aperçoive.» Sa présence n’est malgré tout pas anodine, «car il peut faire des dégâts. Il y a donc un équilibre délicat à trouver entre protection et éventuellement tirs de régulation, en fonction de critères précis.»</p>

<p>Bons comportements à adopter<br />Le comportement du loup est une chose, celui des humains face à ce prédateur en est une autre. La RTS rapportait jeudi que dans les Grisons, il y a quelques jours, une meute a traversé le chemin qui mène à l’école de Masein, dans la région du Piz Beverin. Canton, Commune et école ont publié une feuille d’information comprenant les règles à adopter.</p>

<p>Aucune meute n’a été observée à Genève, canton très urbain au contraire des Grisons. Cela n’empêche pas d’observer de bons comportements face à des loups isolés. «Dans la majorité des cas, l’animal s’éclipse à la vue d’un humain, indique Luc Rebetez. S’il semble trop curieux, il faut nous le signaler. Face à un loup, on doit faire du bruit, par exemple taper dans les mains, ne pas aller vers lui et lui laisser un espace de fuite. S’il se sent acculé, l’animal peut devenir agressif. Et il ne faut surtout pas le nourrir – la règle vaut d’ailleurs pour n’importe quel animal sauvage – car sinon, il peut s’habituer à l’homme et développer des comportements déviants.»</p>

<p>Entre chien et loup<br />Enfin, Luc Rebetez souligne que «le plus grand enjeu concerne les promeneurs de chiens, car le loup peut prendre ces derniers pour des concurrents. Dès lors, il faut immédiatement rappeler son chien, le mettre en laisse et rester près de lui.» Chien et loup sont en effet de lointains cousins, et il est même parfois compliqué, selon les races, de différencier l’un de l’autre, même si «le loup n’a évidemment pas de collier, sa démarche est plutôt basculante et il a un comportement craintif face à l’homme», rappelle le garde de l’environnement.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/800/pourquoi-zemmour-tape-t-il-juste</guid>
	<pubDate>Wed, 15 Dec 2021 05:01:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/800/pourquoi-zemmour-tape-t-il-juste</link>
	<title><![CDATA[Pourquoi Zemmour tape-t-il juste?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pourquoi Zemmour tape-t-il juste? autrement dit pourquoi est-il crédité d'un pourcentage de voix à faire pâlir de jalousie tous les candidats de gauche? Tout simplement parce qu'il parle du fond du problème: notre civilisation va-t-elle disparaître? Notre nation est-elle vouée à n'être plus rien?</p>

<p>Les bourgeois cosmopolites de la classe capitaliste transnationale nous ont préparé des obsèques en catimini. Macron l'avait dit: il n'y a pas de culture française. Les allumés du woke pourchassent qui Ronsard, qui Colbert, qui le latin et le grec et avec eux Platon et Cicéron, mâles blancs hétéros responsables de l'impérialisme, et chaque jour nous en apprend une nouvelle. Et Zemmour parle de ça. Il dit aux jeunes: "la vie qu'ont eue vos parents et vos grands-parents, ce à quoi ils croyaient,  n'était pas aussi détestable qu'on vous le répète, retrouvez vos ascendants et soyez fiers d'eux, fiers d'être Français." Et si la gauche Gucci-Louboutin-Netflix pousse des hauts cris, elle est très minoritaire dans le pays. Les travailleurs savent bien que seul espace de redistribution et de protection sociale s'appelle nation. </p>

<p>Les têtes creuses de ce qui reste de la gauche se refusent à le comprendre et déroulent ainsi le tapis rouge devant Zemmour.</p>

<p>J'entends bien: Zemmour est un leurre. Il dénonce certains effets de la mondialisation capitaliste mais il en défend le principe. Il n'a rien à opposer au "libéralisme" destructeur de la société, de la culture et de l'histoire nationale. Le capital "fiche en l'air toutes les limites naturelles et morales", dit Marx. Mais ça Zemmour ne veut pas en entendre parler, car sa fonction objective, indépendamment de ses propres convictions subjectives, c'est de récupérer toute résistance au rouleau compresseur de la mondialisation pour la remettre aux mains des capitalistes.</p>

<p>Autrement dit, les cris d'orfraie contre le danger de l'extrême-droite, voire le "danger fasciste" sont parfaitement vains dans le meilleur des cas et nuisibles en réalité, puisqu'ils font de Zemmour l'opposant au système attitré.  La seule chose est de se placer résolument au côté des "gens ordinaires", de défendre leur condition de vie et de faire de l'amour du pays une arme contre le capital, bref de revenir au socialisme de Jaurès.<br />Denis COLLIN</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/799/%E2%80%9Cavant-meme-l%E2%80%99arrivee-au-pouvoir-de-mitterrand-le-%E2%80%9Ctournant%E2%80%9D-de-la-rigueur-etait-deja-prevu%E2%80%9D-rencontre-avec-les-auteurs-de-la-bd-le-choix-du-chomage-i</guid>
	<pubDate>Sun, 12 Dec 2021 21:40:45 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[“Avant même l’arrivée au pouvoir de Mitterrand, le “tournant” de la rigueur était déjà prévu.” Rencontre avec les auteurs de la BD Le Choix du chômage (I)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Chez Frustration, ce qu’on préfère plus que tout, ce sont les ouvrages qui nous apportent des idées, des connaissances ou des points de vue qu’on a lu nulle part ailleurs et qui sont utiles, d’une manière ou d’une autre, à la lutte de classe. La BD Le choix du chômage en fait partie. Par son aspect pédagogique et agréable, mais également par l’analyse très pointue qu’elle nous offre concernant les choix des socialistes au pouvoir en France, elle permet de mieux comprendre les échecs passés et d’appréhender les possibilités de ne pas répéter le pire. Rencontre avec ses auteurs, Damien Cuvillier, dessinateur et Benoît Collombat, journaliste, par Guillaume Etiévant et Nicolas Framont. </p><p>Frustration : Aujourd’hui, il est assez répandu de considérer que l’économie dicte les choix politiques, en particulier avec la financiarisation de l’économie, qui rendrait les hommes et femmes politiques impuissants face à une certaine fatalité de l’économie. À la lecture de votre ouvrage, on a plutôt le sentiment inverse : les choix économiques semblent dictés par des considérations politiciennes, des alliances d’intérêt, du lobbying, etc. À vous lire, on a l’impression que d’autres choix auraient été possibles. Avons-nous bien compris le sens de votre ouvrage en en résumant la ligne directrice ainsi ? </p><p>Benoît Collombat : Oui, tout à fait. C’était le point de départ du livre. Damien et moi avons voulu partir sur les traces des choix qui ont été faits et qui nous ont amenés dans la situation actuelle. Il y a une intimidation aujourd’hui sur le thème du “on ne peut pas faire autrement”. Notre idée était de réaliser une archéologie politique, économique et sociologique pour retrouver les personnes, les dates, les moments, qui nous permettent de retracer la généalogie de ces choix. Ils ont été déterminés par une grille particulière d’analyse et par une vision du monde bien spécifique. Ils auraient pû être tout autre. Notre autre objectif était de faire un livre qu’on n’avait encore jamais lu. C’était une démarche de lecteur frustré, ce qui rejoint le nom de votre magazine. </p><p>Damien Cuvillier : Avant tout, au départ de cette aventure et de cette enquête, il y avait notre envie d’en savoir plus. Notamment, quand il est question d’économie, il y a aujourd’hui  une véritable  intimidation intellectuelle, qui impose une manière particulière de voir l’économie. Ceux qui essayent de regarder les choses sous un autre angle sont accusés d’être irrationnels ou suspectés de complotisme. Nous avions la volonté de nous plonger vraiment dans les racines de ce qui a construit la société dans laquelle nous vivons actuellement. Ces décisions ne tombent pas du ciel. Elles sont prises par des gens, d’où l’idée de faire une BD, pour incarner des figures. </p>
<p>Le Choix du chômage, p.23</p>
<p>Benoît Collombat : Ce livre est aussi un croisement entre nos deux expériences. Il y a dans la BD une mise en abyme pour Damien, qui a connu le chômage. Ce n’est pas mon cas, je n’ai jamais connu le chômage ; ma mère était instit’, mon père prof.  Mais j’avais beaucoup travaillé sur l’envers du décor de la vie politique, les scandales politico-financiers, etc. Je travaillais de plus en plus sur la sphère politico-financière. Je me suis moi-même mis sur ces sujets, car c’est là que se trouve le pouvoir aujourd’hui. J’aimais l’idée de rassembler les pièces du puzzle et surtout de rendre accessible cela au grand public. C’est fondamental, car au moment où on donne des outils intellectuels aux lecteurs, ils deviennent des armes pour pouvoir se les approprier. </p><p>Frustration : Votre BD est un livre objet, avec un titre complètement à contre-courant et très fort. À gauche, on présente souvent le chômage comme un fléau, une fatalité, un grand déterminant économique impossible à maîtriser.  À l’inverse, vous mettez en avant une volonté de la classe politique de maintenir un certain niveau de chômage. C’est une idée assez nouvelle, sous un angle qu’on lisait habituellement sur des sujets comme la dette, la mondialisation, mais pas sur le chômage en tant que tel. Le développement du chômage a été un choix et aujourd’hui la lutte contre le chômage est le prétexte à toutes les régressions, en particulier contre le droit du travail.  </p><p>Benoît Collombat : Oui c’est la double peine en effet. </p><p>Damien Cuvillier : On autorise tout et n’importe quoi pour le sacro-saint emploi. Pour lui, on est prêt à concéder tout à n’importe qui : entreprises polluantes, entreprises qui font du dumping social, etc. </p><p>Alors, est-ce qu’ils y croient vraiment ? Certains oui, y croient vraiment, mais en même temps ils n’ont jamais été vraiment contredits.</p>
<p>Benoît collombat</p>
<p>Frustration : On parle d’ailleurs toujours de l’emploi et jamais du travail, qui est un oublié complet de la vie politique et médiatique. L’emploi est fétichisé, quelles que soit les conditions de travail, les salaires, etc. </p><p>Benoît Collombat : Tout à fait. Le terme d’employabilité s’est d’ailleurs généralisé : il faut s’adapter au marché du travail. Dans le livre, la question du chômage est le fil rouge, mais elle n‘occulte pas le travail. Dès le début du livre, on précise que le chômage fait 14 000 morts par an et que les choix politiques que nous évoquons dans le livre ont de graves conséquences sociales. D’ailleurs, pour avoir beaucoup travaillé sur la violence politique de droite dans les années 60 et 70, qui était sous-documentée, je trouvais intéressant de raconter la suite de l‘histoire. Cette période était violente, y compris dans le monde syndical, mais le pouvoir politique avait encore certains leviers, qui ont été démantelés dans les années 1980. Et ce démantèlement n’a pas été contraint : des choix ont été faits volontairement pour se conformer à une certaine grille de lecture et pour aller dans le sens de certains intérêts. Le pouvoir s’est dépossédé de certains outils qui lui permettaient d’agir sur l’économie et la monnaie. La violence qui a été générée par ces choix est au moins aussi ravageuse que la violence des barres à mine des militants du service d’action civique du parti gaulliste. </p>
<p>Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Industrie puis de l’Education de François Mitterrand face à Benoît Collombat et Damien Cuvillier, le Choix du chômage, p. 70</p>
<p>Frustration : Un point très intéressant dans votre livre est la focalisation sur les années 1980, au début desquelles se fait effectivement la grande rupture politique (déréglementation massive de la finance notamment). C’est quelque chose de très important et qu’on entend très rarement. Dans votre ouvrage, des personnages clefs de ce tournant politique s’’expriment et ne présentent pas le moindre remords, alors que depuis on connaît les désastres sociaux et économiques que ces choix politiques ont créés. Selon vous, est-ce que cette absence de remords est principalement liée à une idéologie très puissante qui les empêche de penser différemment ou tout simplement à leurs intérêts personnels qui les empêchent de réfléchir contre eux-mêmes?</p><p>Benoît Collombat : C’est une question complexe et passionnante. On peut émettre des hypothèses, grâce aux longs entretiens que nous avons eus et dont nous restituons certains moments. C’est vrai que nos interlocuteurs restent droits dans leur botte,  en ce qui concerne leur “magnifique bilan” et leurs choix qu’ils considèrent inéluctables. On peut expliquer cette attitude par plusieurs facteurs. </p><p>D’abord, la plupart de ces personnages sont toujours dans l’espace public. En France, on peut s’être toujours trompés, voire même s’être rendus coupables de plagiats, et être pourtant  toujours crédibles et invités régulièrement dans les médias. Il y a un quant-à-soi et une stature d’intellectuel à préserver. Avec nos bulles de BD, on détruit l’univers mental et la statue que ces personnages se sont édifiée. D’une certaine manière, ils ne peuvent pas dire autre chose. Alors, est-ce qu’ils y croient vraiment? Certains oui, y croient vraiment, mais en même temps ils n’ont jamais été vraiment contredits. Ils ont occupé des postes importants au sein de la direction du Trésor par exemple ; le pouvoir politique  leur commande régulièrement des rapports. Ils ont une rente de situation et ils ne peuvent pas se déjuger, sinon ils perdraient cette position. </p><p>Selon eux, il y a certes eu un peu de casse sociale, mais c’était pour le bien de la cause. Ils pensent qu’en France on a un État très généreux, que les gens vont globalement bien. Évidemment, c’est facile pour eux de dire cela, ils ne seront jamais au RSA ou dans la difficulté. </p>
<p>Damien Cuvillier</p>
<p>Certains sont tout de même traversés par des contradictions. C’est le cas notamment de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_de_Foucauld">Jean-Baptiste de Foucauld</a>, collaborateur de Jacques Delors, qui a forgé la notion de désinflation compétitive. Il a, en parallèle, dans les années 80, créé une association d’aides aux chômeurs. Peut-être que sa conviction catholique l’amenait à avoir conscience des dégâts sociaux qu’entraînait la politique qu’il défendait. </p><p>C’est également le cas de Pierre Bérégovoy. On restitue dans la BD un portrait gris clair de lui, sans l’exonérer de ses responsabilités considérables dans la dérégulation financière. Nous avons pu documenter qu’à plusieurs moments dans des espaces privés, il se posait des questions et n’adhérait pas à la  politique dominante. En particulier, il était contre l’idée d’une banque centrale indépendante, il pensait que l’État devait avoir la main sur la monnaie et sur les taux d’intérêt, il n’était pas sur les positions de Jacques Delors concernant la construction européenne, etc. L’hypothèse que j’émets, c’est que pour progresser dans l’état-major politique (jusqu’à devenir Premier ministre)  il faut embrasser cette idéologie-là. </p>
<p><a href="https://www.frustrationmagazine.fr/aidez-frustration-pour-emmerder-les-puissants/"></a></p>
<p>Damien Cuvillier : Ils ont une certaine déconnexion aussi. Est-ce qu’ils y ont vraiment cru? Ils se sont en tout cas créés des manières de se justifier en affirmant qu’ils n’ont pas été assez loin, et que c‘est pour cette raison que les effets positifs ne se voient pas pleinement. Je pense notamment à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Trichet">Jean-Claude Trichet</a> et Pascal Lamy qui assument leur politique et sont toujours aux affaires. Selon eux, il y a certes eu un peu de casse sociale, mais c’était pour le bien de la cause. Ils pensent qu’en France on a un État très généreux, que les gens vont globalement bien. Évidemment, c’est facile pour eux de dire cela, ils ne seront jamais au RSA ou dans la difficulté. </p><p>Benoît Collombat :  Il y a une citation très forte d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Upton_Sinclair">Upton Sinclair</a>, qui est un journaliste américain qui a écrit notamment La jungle, un ouvrage sur les abattoirs aux  Etats-Unis : “Il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme lorsque son salaire dépend précisément du fait qu’il ne la comprenne pas”. C’est une phrase très actuelle qui fait partie des clefs de compréhension de ce que nous racontons dans le livre. Notre démarche a été de prendre au sérieux ces personnages, de lire leurs livres et leurs écrits. C’est un énorme travail qui n’est pas souvent fait. Les journalistes n‘ont pas le temps, pas l’envie, pas les moyens ou un mélange des trois. </p>
<p>Le Choix du chômage, p. 132</p>
<p>Par exemple, nous nous sommes plongés dans les écrits de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Padoa-Schioppa">Tomaso Padoa-Schioppa</a>, ce banquier italien qui a joué un rôle très important dans la manière dont s’est modelée la construction européenne. C’est une forme de maître intellectuel. Ses écrits sont facilement trouvables, il suffit d‘aller les chercher. Jacques Delors s’en recommande et le considère comme un mentor. Autre exemple : nous sommes allés chercher dans les archives du Monde l’article rédigé par Jean-Baptiste de Foucauld sur le mode d’emploi de la désinflation compétitive. </p><p>Nous avons fait le choix de longs entretiens qui pouvaient durer deux heures pour installer une véritable confrontation intellectuelle, ce qui n’arrive quasiment jamais dans le champ politico médiatique. Le but était de restituer leur pensée et d’aller les chercher pour les confronter à la réalité concrète des conséquences de leurs choix. De nombreux journalistes ont une mémoire de poisson rouge. Par exemple, Pierre Rosanvallon est en ce moment interviewé sur toutes les antennes à la faveur d’un nouvel ouvrage. Aucun journaliste n’évoque le fait qu’avec la Fondation Saint-Simon, il a participé à la conversion de la gauche socialiste au “réel” et au développement du néolibéralisme dont il a été un rouage essentiel. Aujourd’hui il se permet de faire le bilan et d’analyser doctement les politiques menées, comme s’il n’avait rien à voir avec  tout cela et sa responsabilité personnelle n’est jamais mise en avant par les gens qui l’interviewent. Les classes sociales pour Rosanvallon, ça n’existe pas. Il faut considérer les individus par rapport à leurs affects. Que les journalistes le laissent parler sans jamais questionner ses propos et son point de vue, c’est fascinant et ça fait partie du problème. </p><p>Frustration :  Comment est-il possible que tout ait basculé si vite au début des années 1980 ? Comment des personnes qui avaient un projet d’abandon du capitalisme se retrouvent en quelques mois à tenir des propos d’une grande violence économique, qui ne prennent plus du tout en compte la dimension de classe et les rapports de domination? Dans l‘univers militant, on entend beaucoup dire que c’est dû au fait que les rapports de force de l‘époque n’étaient pas favorables… Les rapports de force étant bien plus durs aujourd’hui, on voit mal comment les mêmes personnes peuvent prétendre être capable de mettre en œuvre un programme de rupture… Vous pensez que dans l’entourage de Mitterrand les décideurs n’étaient pas préparés, ou alors préparés mais hypocrite, ou bien est-ce qu’il y a un fort effet sociologique d’un entourage technocratique qui fait valoir ses intérêts? En bref, quelle est votre analyse sociologique de cette période? </p><p>Benoît Collombat : Ce que nous montrons dans la bande dessinée, c’est l’illusion d’un basculement. Il y a un peu cette image d’épinal, ce story telling du tournant de la rigueur, cette métaphore d’une voiture sur la route qui serait obligé d’être dévié du chemin qu’elle voulait atteindre. <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/127096-declaration-de-politique-generale-de-m-pierre-mauroy-premier-ministre">Le discours de politique générale de Pierre Mauroy</a> du 8 juillet 1981 est à ce titre éclairant. Malgré l’image de socialiste qu’avait  Mauroy, la rigueur budgétaire y est déjà mentionnée clairement, ainsi que le refus de sortir du Système monétaire européen par exemple. C’est oublié aujourd’hui, mais assez cohérent : Pierre Mauroy était proche des idées de Delors, Jacques Peyrelevade était dans son cabinet, etc.</p><p>Par ailleurs, il y a un storytelling sur les interrogations de François Mitterrand à l’époque. Son  entourage (Jacques Delors et Jacques Attali notamment) pense depuis le départ que le programme commun est déraisonnable. Dans les réunions préparatoires organisées autour de Jacques Delors, avant même qu’il ne soit ministre de l‘économie, on retrouve des gens qui sont dans l’appareil d’Etat et à la direction du trésor, comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Leb%C3%A8gue">Daniel Lebègue</a> entre autres. </p><p>Pour avoir beaucoup travaillé sur Jacques Attali (notamment pour mon livre Histoire secrète du patronat), j’ai pu observer qu’il y avait avant même l’arrivée au pouvoir de Mitterrand une structuration de la pensée néolibérale chez les socialistes,  notamment avec le réseau autour des cahiers de l‘IRIS. Le soi-disant tournant de la rigueur vient en fait de loin : Mitterrand qui est un fin tacticien avait compris qu’il devait faire des alliances avec les communistes, mais dans la coulisse, le “tournant” était déjà prévu. </p><p>Dans ce soft power, les socialistes ont joué le jeu en faisant faussement les naïfs, en faisant comme s’ils étaient surpris par les conséquences économiques de leur politique. Au fond, ils étaient en fait convaincus idéologiquement par les idées libérales. </p>
<p>Damien Cuvillier</p>
<p>L’un des exemples saisissants que nous mentionnons dans la BD est celui des nationalisations. Nous montrons que ces nationalisations n’ont pas été préparées. Si vous arrivez au pouvoir avec un programme de rupture, même très préparé et avec une bonne vision des rapports de force, il sera très difficile à mettre en œuvre et nécessitera un fort appui du mouvement social. Mais si en plus vous n’avez rien préparé, c’est sûr que vous n’y arriverez pas. Dans le livre, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Morin_(%C3%A9conomiste)">François Morin</a> tombe de sa chaise, car on lui demande d’écrire, quasiment sur un coin de table, le projet de loi de nationalisation. Mitterrand avait préféré rester dans le flou avant l’accès au pouvoir, pour ne pas perdre une partie de sa base électorale. </p>
<p>Le Choix du chômage, p.96</p>
<p>Damien Cuvillier : On se demande aussi s’il n’y a pas un jeu qui se met en place. Dans la représentation collective, la gauche n’est pas raisonnable, ce sont de grands enfants comme nous l’a dit Jean Claude Trichet, il fallait “éduquer” ces gens-là, car l‘économie est très sérieuse. Dans ce soft power, les socialistes ont joué le jeu en faisant faussement les naïfs, en faisant comme s’ils étaient surpris par les conséquences économiques de leur politique. Au fond, ils étaient en fait convaincus idéologiquement par les idées libérales. </p><p>Je suis né en 1987, donc à la fin de cette période, mais j’en subis directement les conséquences, car j’ai le statut d’auteur de bande dessinée qui se met en place à cette époque. Il est proche de celui d’auto-entrepreneur, c’est-à-dire le statut le plus merdique qui soit où on ne cotise à rien. Il a été créé dans ce contexte des années 1980 où pour le monde culturel, pour être moderne il faut bouger. Chacun doit devenir son propre chef, à l’américaine, l’idée du collectif étant devenue un peu ringarde. </p><p>Benoît Collombat : J’ajouterais aussi un élément : il y a une grille de lecture sociologique des socialistes. D’où viennent ces personnes et quels intérêts ils défendent ? Bérégovoy n’avait pas fait de grandes écoles. On relate dans la BD qu’il a dit à un moment à son ancien collaborateur <a href="https://www.wikimanche.fr/Jacques_Desponts">Jacques Despont</a>, qui était le seul conseiller de Jacques Delors à avoir accepté de rester dans le cabinet de Bérégovoy en juillet 1984: “Je sais bien pourquoi ils ne restent pas avec moi Delors est un directeur de la Banque de France, moi je suis un fils d’immigré avec un CAP d’ajusteur”. Derrière, il a eu la foi du converti et a ensuite été un artisan zélé de la dérégulation, pour prouver qu’il pouvait aussi la mener. La grille sociologique n’est pas à négliger, si vous faites le choix du capital contre le travail, c’est qu’il y a des raisons, et que cela correspond à votre milieu social et relationnel.</p><p>Frustration : Bérégovoy, c’était le seul de la classe ouvrière et c’est le seul qui est mort. </p><p>Benoît Collombat : Oui, et il a choisi de se suicider un premier mai, pas besoin d’en rajouter, tout le monde a compris. Dans la BD on évoque la phrase de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Ralite">Jack Ralite</a>, ancien ministre du travail, qui dit à la veuve de Bérégovoy “Madame Bérégovoy, j’ai bien peur que celui qui a appuyé sur la gachette le 1er mai 93, c’est l’ancien cheminot”.</p><p>FIN DE LA PARTIE I </p>
<p><a href="https://www.frustrationmagazine.fr/aidez-frustration-pour-emmerder-les-puissants/"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 11 Dec 2021 10:06:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bruno Gollnisch : « Il y a au Rassemblement national une perte de tonus »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Avec la désignation de <a href="https://www.lepoint.fr/politique/presidentielle-je-ne-changerai-pas-ma-ligne-affirme-pecresse-05-12-2021-2455344_20.php" title="">Valérie Pécresse, le casting est presque complet.</a> La présidentielle est véritablement lancée et la précampagne a déjà livré ses surprises : un président de la République solidement installé sur son socle, un bloc de gauche à l’agonie, la droite républicaine en embuscade et un duel fratricide à la droite de la droite entre <a href="https://www.lepoint.fr/tags/marine-le-pen">Marine Le Pen</a> et <a href="https://www.lepoint.fr/tags/eric-zemmour">Éric Zemmour</a>. <a href="https://www.lepoint.fr/dossiers/politique/eric-zemmour-candidat-2022/" target="_blank" title="">Le polémiste et désormais candidat a grignoté une partie des voix de la présidente du Rassemblement national</a>. De quoi compromettre la qualification au second tour de Marine Le Pen ? S’il estime que son ancienne rivale a bien tenu le choc et revient sur ses fondamentaux, <a href="https://www.lepoint.fr/tags/bruno-gollnisch">Bruno Gollnisch</a>, ancien vice-président du <a href="https://www.lepoint.fr/tags/rn---rassemblement-national">Front national</a> et ex-député européen, craint « la division du camp patriote ». Plus surprenant, il défend Emmanuel Macron et trouve « certaines attaques » contre lui « injustes ». Entretien.</p><p>Le Point : On dit qu’une élection se gagne au centre. Est-ce que, cette fois-ci, elle va se jouer à droite, voire très à droite ?</p><p>Bruno Gollnisch : Cela fait un bon bout de temps que l’élection présidentielle ne se joue plus au centre. Et, en réalité, elle s’est toujours jouée à droite ou à gauche. L’électorat gaulliste était majoritairement à droite. Pareil pour Georges Pompidou ou Valéry Giscard d’Estaing qui, en 1974, a bénéficié de l’électorat de l’UDR… En 1986, aux législatives, le programme du RPR et de l’UDF – on dirait aujourd’hui LR – était un pâle et tardif décalque du programme du Front national, incluant, par exemple, la réforme du code de la nationalité ! Ils n’en ont rien fait, bien sûr. Nicolas Sarkozy, grâce aux conseils de Patrick Buisson, avait siphonné une partie des voix du FN. Dans cette mouvance-là, ils gagnaient toujours à droite… et ne faisaient ensuite d’ouverture qu’à gauche !</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/presidentielle-2022-pecresse-fait-une-belle-entree-dans-les-sondages-06-12-2021-2455540_20.php" title="">Si on en croit les sondages, le bloc d’extrême droite est à plus de 30 % quand on ajoute les intentions de vote de Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan…</a></p><p>Ce bloc n’est « extrémiste » en rien. Je suis amusé de voir chez Éric Zemmour les mêmes accents que naguère Jean-Marie Le Pen. Il dit : « Je ne suis pas extrémiste ; mes idées, c’étaient celles que défendait le RPR. » Le Pen disait, lui aussi : « Les idées que je défends sont des idées du bon sens, c’étaient les idées que défendait le Centre national des indépendants [un parti conservateur et modéré très important sous la IVe République, NDLR]. » Et c’était vrai. C’était la classe politique française qui, longtemps, avait dérivé à gauche. Aujourd’hui, les prétendus « extrêmes », qui par définition devraient être sur les bords du gâteau, finissent par en constituer la plus grosse part ! Et nous avons assisté, lors du congrès des Républicains, à une course à l’échalote à celui qui trouverait les accents les plus radicaux (devrais-je dire extrémistes ?). <a href="https://www.lepoint.fr/politique/eric-ciotti-je-veux-un-guantanamo-a-la-francaise-10-11-2021-2451455_20.php" title="">M. Ciotti est même allé jusqu’à proposer un Guantánamo à la française,</a> ce à quoi je ne suis pas favorable, car il faut respecter les droits de la défense, et les pires criminels ont droit à un procès équitable. Même Michel Barnier, le chantre de l’Europe, <a href="https://www.lepoint.fr/politique/michel-barnier-et-les-migrants-un-electrochoc-europeen-15-10-2021-2447870_20.php" title="">a demandé que l’on s’affranchisse de la Cour de justice européenne.</a> <a href="https://www.lepoint.fr/tags/valerie-pecresse">Valérie Pécresse</a> est macron-compatible et a signé il y a dix ans avec des « indigénistes » une pétition pour une France multiculturelle et postraciale. Désormais, elle dit tout le contraire…</p><p>Ma crainte, c’était qu’Éric Zemmour soit à Marine Le Pen ce qu’avait été Christiane Taubira pour Lionel Jospin en 2002.</p><p>Que pensez-vous de la candidature d’Éric Zemmour ?</p><p>J’ai beaucoup d’estime pour Éric Zemmour, mais j’ai quelques points de divergence avec lui. Je ne suis pas gaulliste, et je n’ai pas l’intention de le devenir, même si je reconnais certains aspects de grandeur du personnage. Tout le monde est tombé sur Zemmour au sujet de Pétain, mais il n’a dit que ce que nous disent beaucoup d’historiens. Ce serait un long débat. À la différence d’Éric Zemmour, je ne suis pas non plus bonapartiste, même si je fais la part des choses dans l’héritage napoléonien. Zemmour est un homme intelligent, cultivé et courageux. Mais je lui aurais personnellement déconseillé de se présenter.</p><p>Pourquoi ?</p><p>Je suis membre du Rassemblement national, même s’il m’arrive d’être critique envers ma formation politique. Ma crainte, c’était qu’Éric Zemmour soit à Marine Le Pen ce que Christiane Taubira avait été pour Lionel Jospin en 2002. Je crains la division des voix patriotes. Aujourd’hui, il a atteint un plateau ; peut-il progresser ? Je ne sais pas. Ceux qui, à tort, prédisaient l’effondrement de Marine Le Pen se sont trompés. Elle résiste bien alors que sa campagne n’est pas suffisamment médiatisée. On n’a, par exemple, pas assez parlé dans les médias de ses propositions sur l’immigration, alors que ce sont des solutions cohérentes, efficaces, fermes, raisonnables.</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/eric-zemmour-et-le-serment-de-villepinte-05-12-2021-2455393_20.php" title="">À LIRE AUSSIÉric Zemmour et le « serment de Villepinte »</a></p><p>Mais, si Éric Zemmour atteint des intentions de vote à deux chiffres, c’est parce que peut-être Marine Le Pen ne répond pas à la « demande » de ses électeurs, comme le signale Marion Maréchal…</p><p>Il y a eu en effet, peut-être pas chez Marine Le Pen mais au Rassemblement national, une perte de tonus, voire une usure avec le temps. Mais il y a une contrepartie : c’est l’expérience. Il y a des dizaines de personnes qui ont exercé des mandats parlementaires et des centaines d’élus locaux. Il y a eu aussi une érosion du sentiment affectif, et l’exclusion de Jean-Marie Le Pen a été à cet égard une erreur et une faute. Beaucoup de gens ont été fidèles à ce mouvement, mais ont eu aussi l’impression de ne pas avoir été bien traités.</p><p>N’y a-t-il pas aussi des raisons de fond ?</p><p>Un certain nombre de sympathisants ont eu l’impression que, sur certains sujets, le discours était édulcoré ou que nous avions abandonné certains thèmes. Depuis que Marine Le Pen est repartie en campagne, je retrouve avec intérêt un certain nombre de ces thèmes…</p><p>Peut-être grâce à Zemmour…</p><p>Quant aux motivations, je ne sonde pas les reins et les cœurs. Mais, en politique, comme en économie, la concurrence est la garantie du consommateur. Contrairement à Valérie Pécresse, Marine Le Pen n’est pas opportuniste. Elle n’a pas changé fondamentalement d’attitude. Certes, nous n’étions plus audibles sur un certain nombre de sujets de société, comme la politique familiale, l’accueil de la vie ou, sur le plan économique, la lutte contre la bureaucratie qui paralyse notre pays et le fiscalisme qui spolie. Je ne dis pas qu’on avait abandonné ces sujets, mais nous n’étions plus identifiés et, comme dit Jean-Marie Le Pen, « en politique n’existe que ce qui paraît exister ». Je me réjouis donc que des initiatives aient été récemment prises dans ces domaines. En tout état de cause, je ne voudrais pas que cette compétition profite à madame Pécresse…</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/politique/comment-marine-le-pen-a-resiste-a-la-vague-zemmour-30-11-2021-2454443_20.php" title="">À LIRE AUSSIComment Marine Le Pen a résisté à la vague Zemmour</a></p><p>Quelle est sa valeur ajoutée ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus ? Je crois que c’est une bonne question.</p><p>Pourquoi la candidature de Marine Le Pen aurait-elle la primauté sur celle d’Éric Zemmour ?</p><p>Déjà, pour une première raison : il y a, me semble-t-il, un ordre naturel, c’est celui de l’antériorité. Il y a d’ailleurs ici une chose un peu irritante. Éric Zemmour, et pas seulement lui, nous dit qu’il est le premier à oser parler de ceci ou de cela. Quelquefois, j’ai envie de reprendre le programme du Front national d’il y a 15, 20 ou 30 ans, dont j’ai été l’un des rédacteurs, et dire, mais sans animosité : « Un peu de modestie ! » Car nous avions mis toutes ces questions sur la table et proposé les remèdes adéquats. Il en a résulté, comme aujourd’hui pour Zemmour, quantité d’épreuves, de diabolisation, de persécutions judiciaires et d’agressions physiques. <a href="https://www.lepoint.fr/politique/provocateurs-zemmour-fustige-les-militants-de-sos-racisme-07-12-2021-2455585_20.php" title="">Ces agressions physiques sont médiatisées de manière incroyable : les voyous antifas viennent bloquer les meetings de Zemmour par la violence.</a> Et l’on dit « violences à l’occasion du meeting d’Éric Zemmour », comme s’il les avait lui-même provoquées.</p><p>Le dernier exemple en date, le propos d’Éric Dupond-Moretti à l’Assemblée nationale quand il dit que Zemmour « veut rétablir l’ordre républicain qui, selon lui, serait déliquescent… Et il est incapable d’assurer la sécurité dans son propre meeting ». C’est particulièrement ignoble. Il arrive à Zemmour exactement ce qui est arrivé à Le Pen et à nous dans les années 1980, durant des décennies, et récemment encore. Nous avons donc une antériorité. Et je pense que Marine Le Pen, plutôt que de critiquer ce qui est peut-être critiquable chez Zemmour, a quand même un bon argument : « Il arrive après nous dans cette bataille. Quelle est sa valeur ajoutée ? Qu’est-ce qu’il apporte de plus ? » Je crois que c’est une bonne question.</p><p>La réponse n’est-elle pas une certaine radicalité d’Éric Zemmour que réclame une partie de l’électorat ?</p><p>Il peut dire qu’il a des positions plus tranchées. C’est possible. Mais cela peut être aussi un inconvénient. Je vois d’ailleurs qu’il a essayé d’y parer lors de son dernier meeting. On critique beaucoup Marine Le Pen parce qu’elle critique l’islamisme, et non l’islam. On a bien sûr le droit de critiquer l’islam. Cependant, je pense que le rôle des responsables politiques n’est pas de s’attaquer à une religion, mais de parer fermement à l’islamisation de la France, à l’islamisme, c’est-à-dire à la prétention de trop de musulmans à vouloir vivre et d'imposer un mode de vie peut-être adapté à des Bédouins dans l’Arabie du VIIIe siècle (et encore !) mais qui n’est pas et ne saurait être le nôtre.</p><p>Reprochez-vous à Éric Zemmour une tendance à « essentialiser » ?</p><p>Parmi les Français musulmans, il y a de la diversité. Il y en a qui sont aussi peu fervents musulmans que la majorité des Français est peu fervente catholique. Il ne faudrait pas, par des attaques contre la religion, qui est quelque chose d’intime et de profond, réveiller un sentiment d’hostilité. En tant que prof de fac, j’ai eu beaucoup d’élèves issus de ce que l’on appelle « la diversité », qui étaient des étudiants studieux, avec lesquels je n’ai jamais eu de problème. Et dont je suis persuadé qu’ils n’avaient pas d’autre désir que de s’intégrer parfaitement à la société française. Quel message apporte-t-on à ceux-là ? Est-ce qu’on veut les rejeter dans le camp de ceux qui, par leurs actions, et quelquefois leurs actes abominables, portent atteinte à la réputation de ceux qui ont la même origine ?</p><p><a href="https://www.lepoint.fr/debats/zemmour-le-club-de-l-horloge-et-le-mur-des-classes-populaires-10-11-2021-2451453_2.php" title="">À LIRE AUSSIZemmour, le Club de l’horloge et le mur des classes populaires</a></p><p>Éric Zemmour n’aide-t-il pas Marine Le Pen à lisser son image, à devenir présidentiable, en vue du deuxième tour ?</p><p>C’est ce que disent beaucoup de commentateurs. J’acquiesce à condition que les deux candidats se retrouvent au deuxième tour. Malgré tout, quand il y a des situations de compétition, c’est comme quand la vaisselle a été cassée. Il est toujours difficile de recoller les morceaux,</p><p>Au risque de me brouiller avec certains de mes amis politiques, le bilan d’Emmanuel Macron est mauvais, mais, par rapport aux précédents, ce n’est pas pire.</p><p>Quelle issue prédisez-vous à cette compétition dans laquelle les deux candidats ont l’air peu à même de se rapprocher ?</p><p>On pourrait rêver d’un deuxième tour Le Pen-Zemmour (rires). On a vu des choses plus surprenantes dans la vie politique française des deux derniers siècles ! Si Marine Le Pen, qui, encore une fois, résiste, est au deuxième tour, j’espère bien qu’Éric Zemmour lui apportera son soutien. Et inversement. Ça paraît peu probable, mais, si Zemmour était au deuxième tour contre Macron, moi, je ne voterais pas pour Macron. Les choses sont claires.</p><p>Emmanuel Macron boucle son quinquennat. Où se situe-t-il parmi les présidents qui l’ont précédé ?</p><p>Au risque de me brouiller avec certains de mes amis politiques (rires), son bilan est mauvais, mais par rapport aux précédents, ce n’est pas pire. Je ne le trouve pas pire que Chirac, je ne le trouve pas pire que Mitterrand, je ne le trouve pas pire que Hollande ni Sarkozy. Je trouve qu’il est un peu de la même veine. C’est un garçon qui est intelligent, certainement. Je ne le trouve pas haïssable. Ce que je dis me sera peut-être reproché, mais je suis surpris de la haine qu’il suscite quelquefois. Cela étant, je suis en total désaccord avec lui sur la plupart des sujets. C’est un libéral, au sens philosophique du terme un relativiste, acquis aux idées mondialistes. Il penchait plus du côté d’Alain Minc que de Patrick Buisson ! Il semble quand même que la réalité lui ait sauté au visage à l’occasion de la pandémie. Il a pu mesurer l’impact de la réduction des services publics, et de notre désindustrialisation dont résultait, par exemple, l’incapacité à fournir ne serait-ce que des masques… Mais il reste quand même sur ses illusions euro-mondialistes, dont, à mon avis, il ne sortira rien de bon.</p><p>Vous ne souscrivez pas à ce procès en arrogance et en déconnexion qui lui est fait ?</p><p>Si, mais je ne le crois pas plus déconnecté du pays réel que ne l’est Valérie Pécresse. Certaines attaques sont peut-être injustes. Par exemple, on a mis sur le compte de <a href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-fait-polemique-avec-les-gens-qui-ne-sont-rien-02-07-2017-2139952_20.php" title="">l’arrogance le fait qu’il a parlé des « gens qui ne sont rien »</a>. Mais il y a malheureusement des gens « qui ne sont rien », je veux dire qui n’ont pas le statut social, la reconnaissance, le minimum de revenus, la dignité qu’ils méritent et devraient avoir. Si on dit ça pour le déplorer, comme je le fais là, ce n’est pas du mépris. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas l’accomplissement familial, culturel, patrimonial, l’accès au logement, etc. auxquels ils devraient pouvoir prétendre, et il faut y remédier.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/797/ils-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:32:33 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/797/ils-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes</link>
	<title><![CDATA[Ils déplorent les effets dont ils chérissent les causes.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Denis COLLIN sur sa page Facebook :</p>

<p>Ceux qui ont fait de la dénonciation de Zemmour leur nouveau fond de commerce appartiennent à la catégorie de ces hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.</p>

<p>- Zemmour tente d'apporter des réponses à la crise qu'ils ont provoquée. Que ses propositions doivent être combattues politiquement, sans aucun doute - le programme économique et social de Zemmour ressemble à celui de Pécresse. Mais il faut d'abord essayer de comprendre pourquoi tant de gens et de jeunes en particulier s'engagent avec lui.</p>

<p>- le prétendu antifascisme est une sinistre plaisanterie. Zemmour n'est pas un fasciste et il n'y aucun mouvement fasciste derrière lui. Tous ces écervelés "d'antifas" feraient bien de retourner en classe d'histoire.</p>

<p>- ce qui a fait Zemmour, c'est fondamentalement la décomposition politique de la gauche qui a abandonné les travailleurs et la patrie au profit de la "jet set" de la mode, des Frères musulmans et de tous les cinglés qui débitent à longueur de journée les âneries woke "made in USA", sans parler de ceux qui font des petites frappes de banlieue la nouvelle avant-garde. Cette décomposition de la gauche est le revers de son ralliement à la mondialisation capitaliste et à l'UE. </p>

<p>- Zemmour a pu imposer une problématique "identitaire" uniquement parce que les communautaristes soutenus par une partie de la gauche ont remis en selle le racisme et l'ethnicisme et qu'ils ont même trouvé un prophète qui annonce que la créolisation du monde est l'avenir. </p>

<p>- On ne doit pas reprocher à Zemmour son obsession de la nation, mais lui reprocher de soutenir un système économique qui précisément détruit la nation qu'il prétend défendre. S'il y avait encore des socialistes dans ce pays, ils diraient, contre Zemmour, que la défense de la patrie et la défense des travailleurs sont un seul et même combat. Bref, à Zemmour, ils opposeraient Jaurès. Mais j'ai beau me promener avec une lanterne des socialistes à la Jaurès, je le cherche en vain.</p>

<p><sup><br />Denis COLLIN :<br />Denis Collin fut, d'après Jean-Paul Salles, dans les années 1970, militant de la Ligue communiste révolutionnaire.<br /><br />En 2014, il fait un exposé à l'Université d'automne du M'PEP (Mouvement politique d’émancipation populaire créé par Jacques Nikonoff) où il se déclare conservateur. Il s'est exprimé à plusieurs reprises dans des revues de droite radicale (KRISIS et Éléments) comme dans Causeur ou dans la revue Front Populaire créée par Michel Onfray et Stéphane Simon. En 2019, il donne une conférence pour la Nouvelle Action ROYALISTE. <br /></sup></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 12:22:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/796/un-discours-qui-sadressait-aux-francais</link>
	<title><![CDATA[Un discours qui s&#039;adressait aux Français !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Gilles CASANOVA, sur sa page Facebook :</p>

<p>Je ne suis pas un soutien politique d'Éric Zemmour. Et nombre des éléments de son programme me semblent mériter d'être combattus politiquement, maintenant qu'ils ont un écho dans le pays.</p>

<p>Je suis un soutien politique de la République et de la démocratie. Du débat public en raison où l'on échange des arguments et où l'objectif n'est pas de faire taire l'autre physiquement, mais de l'emporter politiquement en faisant appel à l'intelligence et à l'expérience des citoyens.</p>

<p>Je suis allergique à la propagande médiatique a gros bouillons. Au mensonge mille fois répété qui se donne pour une nouvelle vérité.</p>

<p>Des manifestations de centaines de milliers de Gilets jaunes ou de salariés dans tout le pays sont résumés par le système médiatique à une agitation de quelques Blacks-Blocks, opportunément placés devant les caméras, c'est habituel.</p>

<p>Maintenant c'est un meeting de lancement de campagne de 10 à 15 000 participants pendant lequel un discours politique de haut niveau est prononcé, qui fait partie du débat public, où le système ne parle que d'une douzaine de militants Agit-prop de SOS-Racisme qui avec le secours de quelques caméras servent à faire croire à un déchainement de violence qui n'a pas eu lieu.</p>

<p>Mais ce qui me peine le plus, c'est de voir ceux qui s'émeuvent lorsque c'est la CGT, ou les Gilets jaunes qui sont victimes de la même méthode, venir appuyer la propagande sans fard du système médiatique Mainstream. </p>

<p>Sans comprendre que c'est eux-mêmes qu'ils frappent !</p>

<p>Combattre des idées politiques, ce n'est pas dénaturer la réalité, les propos ou les faits.</p>

<p>Des années de cette politique de manifestations de rue contre Jean-Marie Le Pen et de provocations physiques sans répondre politiquement, ont fait passer son courant politique de 2,3 % à plus de 30 %, mais la leçon n'est pas encore suffisamment forte.</p>

<p>Évidemment lorsqu'on n'a plus rien à dire, la tentation de faire taire les autres est tellement forte. L'état de la gauche fait peine à voir, si les courants qui dominent en son sein en sont là.</p>

<p>Éric Zemmour a marqué un point de plus hier après midi pour les Français avec de telles manipulations, car contrairement à un nombre trop grand de militants de gauche qui aiment ou detestent les méthodes de la propagande, selon qu'elle dit ce qui leur plaît ou leur déplait, les Français sont las d'être pris pour des veaux par le système.</p>

<p>Il serait bon qu'il y ait au moins une voix de gauche pour relever le défi du débat, face à un discours qui s'adressait aux Français, alors que les discours de la gauche dominante s'adressent à la bien-pensance de catégories supérieures de la société… et n'ont plus rien à proposer au pays.</p>

<p>Faute de cela la disqualification de la gauche sera totale, et pour longtemps, elle ne sera plus soutenue que par le système médiatique Mainstream qui la soutient comme la corde soutient le pendu !</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/795/bitcoin-michael-saylor-offre-la-meilleure-explication-jamais-donnee</guid>
	<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 11:49:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/795/bitcoin-michael-saylor-offre-la-meilleure-explication-jamais-donnee</link>
	<title><![CDATA[Bitcoin - Michael Saylor offre la meilleure explication jamais donnée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Voici une retranscription quasiment intégrale de l’interview du CEO de Microstrategy Michael Saylor par Tucker Carlson (Fox News). Il s’agit probablement de la meilleure explication jamais donnée sur la raison d’être du bitcoin. Une ITW remarquable à partager avec tous vos proches qui ne savent pas encore quoi penser du bitcoin.</p><p></p><p>Tucker – Si vous êtes comme la plupart des gens, vous savez parfaitement qu’il existe quelque chose appelé bitcoin et qui se trouve être une crypto-monnaie. Il se peut que vous vous soyez montré sceptique à son égard, voire dédaigneux, mais il devient évident pour tout le monde qu’il n’est pas près de disparaître. Est-ce une bonne chose ? Est-ce une mauvaise chose ? Est-ce que vous pouvez en profiter ? Et d’ailleurs qu’est-ce que c’est exactement ? Vous avez peut-être peur de poser cette question. Après 5 ans de recherche, nous avons trouvé quelqu’un pouvant répondre à toutes ces questions d’une manière crédible et intelligible pour monsieur et madame tout le monde. Il s’agit de Michael Saylor. s’il vous plaît expliquez-nous ce qu’est le bitcoin.</p><p>M. Saylor – Le bitcoin est le tout premier système monétaire créé par des ingénieurs. Point final. Maintenant qu’on a dit ça, la première question à se poser est : qu’est-ce que l’argent ? La deuxième question est quel est le problème ? Et la troisième question est quelle est la solution ?</p><p>Le bitcoin est la solution. Ça, c’est dit.</p><p>Maintenant, retour à la question de départ : qu’est-ce que l’argent ? Une économie est constituée de biens, de services et de propriétés. Je veux ce produit, je veux que vous fassiez quelque chose pour moi, je veux cette maison, je veux ce terrain. Ça, c’est la moitié de l’économie.</p><p>Maintenant, admettons que je vous vende 37 chevaux. La question est de savoir comment nous gardons les comptes équilibrés ? Il nous faut de l’argent. L’argent est de l’énergie économique sociale. L’argent est de l’énergie monétaire que nous utilisons pour commercer. Si je peux vous vendre 10 boisseaux de maïs et que vous pouvez me donner une somme d’argent égale à 10 boisseaux de maïs, alors nous pouvons commercer ensemble.</p><p>Dans l’histoire du monde, les êtres humains ont essayé différentes monnaies. Nous avons utilisé des coquillages, les pierres géantes du peuple Yap, des balles de tabac, des pièces de cuivre, des pièces d’argent, des pièces d’or ou encrore des perles de verre en Afrique.</p><p>L’or est une monnaie lente. Comment déplacer 10 tonnes d’or d’ici à là-bas ? En fin de compte, les gens utilisaient des registres. Des registres émis par un marchand, un maire ou un empereur. Nous avons trouvé des tablettes d’argile sumériennes vieilles de 5000 ans dans lesquelles il est gravé 37 boisseaux d’avoine en échange de quelque chose.</p><p>Donc l’argent est ce registre partagé de qui doit quoi à qui. Souvent, l’argent prend la forme d’un jeton, comme une perle de verre. Ce fut le cas des certaines régions d’Afrique jusqu’à ce que les Européens arrivent avec la technologie permettant de créer des perles de verre à moindre frais.</p><p>Les Européens ont injecté des millions de perles de verre et tout racheté. Les Africains ont perdu leurs maisons, leur bétail et toutes leurs richesses. Même histoire dans une île du Pacifique qui utilisait des pièces de monnaie en pierre. Des Européens sont arrivés et se sont rendus compte que les pièces de monnaie en pierre étaient rares sur cette île, mais qu’il y en avait beaucoup sur une autre. Ils ont donc navigué vers l’autre île, ramassé les pierres, et les ont ramenées sur la première île où ils ont pu réduire tout le monde en esclavage.</p><p>Le problème avec l’argent, c’est comment garder la trace d’une distribution équitable de qui possède un droit sur quoi ?</p><p>S’il y a cent millions de dollars de capital dans l’économie (marchandises, propriété, usines, entreprises et autres), vous devez avoir cent millions de dollars d’argent.</p><p>Mais si je commence à gonfler la monnaie et que j’émets 10 millions de dollars supplémentaires, c’est comme si je prenais 10 % de l’économie. C’est le taux d’inflation. Si je continue à gonfler la monnaie, si je double la quantité de monnaie, mais que la quantité de biens dans l’économie reste constante, alors le prix de tout ce qui est rare et désirable double.</p><p>Le prix des choses non rares ni désirables n’augmentera pas, mais s’il y a une centaine de choses et qu’il y a 10 fois plus d’argent, il est logique que dans l’ensemble, cette centaine de choses coûte 10 fois plus cher.</p><p>Donc l’argent est de l’énergie économique et le problème est l’inflation. Quand les Romains ont créé les pièces d’or, ils ont commencé avec une certaine quantité d’or avant de déprécier la monnaie en réduisant la quantité d’or ou la quantité d’argent dans les pièces. Une fois la quantité d’or réduite à peau de chagrin, plus personne n’accepta ces pièces. Tout d’un coup, les mercenaires n’en veulent plus. Et si l’empereur ne peut pas payer les mercenaires, l’empire s’effondre.</p><p>C’est pareil avec la monnaie papier. Si je triple la quantité de papier, la monnaie finira par s’effondrer. Donc le problème des monnaies dans l’histoire, c’est la confiance dans l’émetteur de la monnaie. Il faut faire confiance à un banquier comme JP Morgan, ou à une famille comme les Rothschild, ou à un roi, un maire, un gouvernement.</p><p>Maintenant, si nous regardons l’ère moderne, des économistes comme Saifedean, qui a écrit le Bitcoin Standard, estiment que le taux d’inflation de l’ère moderne est de 14% par an. Or, il se trouve que cela correspond à peu près au taux auquel l’indice S&amp;P 500 augmente chaque année en moyenne depuis 10 ans (avant le début de la pandémie).</p><p>Quel est le problème ? Eh bien, qu’est-ce que l’inflation ? Ce n’est pas vraiment bien compris. Certains pensent que c’est l’Indice des prix à la consommation, cad le taux d’inflation d’un panier de biens de consommation. Sauf que c’est le gouvernement qui choisit le panier. Si je choisis des choses comme les pizzas domino et Netflix, il n’y aura pas d’inflation. Il est possible d’ajuster le panier de manière à choisir des choses dont le prix n’augmente pas.</p><p>Et d’un autre côté on a l’indice des prix immobiliers Case Shiller qui a augmenté de 27 % d’une année sur l’autre. Le prix d’une maison moyenne a augmenté de 27 % en un an aux États-Unis. Les maisons au canada ont augmenté de 15 %. L’indice S&amp;P500 a augmenté de 34 % cette année.</p><p>Le taux d’inflation dépend de ce que j’achète. Si je veux être riche, je dois acheter des actifs rares et désirables. Mon taux d’inflation est donc celui des Picassos, des peintures de Léonard de Vinci, des actions et des terrains près de New York.</p><p>Si je veux vivre dans le sous-sol de mes parents, manger des pizzas Domino, prendre des ubers et regarder netflix toute la journée, le taux d’inflation sera très bas. Ce sera le taux d’inflation des prix à la consommation.</p><p>En pratique, le meilleur taux d’inflation pour un investisseur ou quiconque voulabt rester ou devenir riche, ou quelqu’un simplement soucieux de maintenir son pouvoir d’achat, est le taux d’inflation monétaire, c’est-à-dire le taux auquel la masse monétaire augmente.</p><p>La masse monétaire a augmenté de 10% par an pendant une décennie avant la pandémie. Le S&amp;P500 a lui augmenté de 10 % par an. Depuis le début de la pandémie, la masse monétaire a augmenté de 30 %. Le S&amp;P a augmenté de 34 %. La FED a fait tourner la planche à billets, de même que la banque centrale européenne.</p><p>Dans le monde occidental, la masse monétaire augmente de 20 à 25 % ou plus par an. La monnaie s’effondre. Elle perd de sa valeur en étant dévaluée. Dans les pays moins solides comme l’Argentine, le taux d’inflation officiel est de 45 %. Le taux d’inflation officieux est de 85 %. Au Venezuela, la monnaie s’est effondrée 98 % en un an. Au Liban, 90 % en un an.</p><p>Le monde est en train de vivre un effondrement des monnaies par l’inflation. L’inflation n’est pas seulement constituée des prix à la consommation (IPC). Certains utilisent même le PCE qui est un indice de choses n’incluant pas la nourriture et l’énergie. Dans dans quel univers pouvez-vous vivre sans nourriture et énergie ?</p><p>Il faut faire preuve de bon sens et ne pas croire que l’inflation est de seulement 2% ou 5% lorsque les maisons coûtent 20% ou 15% de plus. Si vous parlez à n’importe quel fabricant, il vous dira que les prix ont augmenté de 20% ou 25% d’une année sur l’autre.</p><p>Alors comment puis-je acheter une action google si elle augmente de 34 % en un an alors que mon salaire est revalorisé de seulement 2 ou 5 % par an ?</p><p>Les personnes responsables du calcul d’inflation mentent. Réduire l’inflation à un seul chiffre global (l’indice des prix à la consommation) est de l’arithmétique trop simpliste pour décrire une économie. Vous ne pouvez pas décrire l’économie et la modéliser avec de l’arithmétique simple. Pas plus que vous ne pouvez décrire la dynamique des fluides ou l’aérodynamique avec de l’arithmétique simple. Le fluide s’écoule autour de l’aile, vous avez besoin de l’algèbre multidimensionnelle et du calcul vectoriel pour décrire un phénomène compliqué. L’économie est un phénomène compliqué. Dit autrement, tous les prix varient partout, tout le temps, à des vitesses différentes. Le prix du m² dans les hamptons (autour de NY) augmente à un rythme différent de celui du Kansas. Le prix du m² dans une certaine juridiction, pour un certain usage, soumis à certaines réglementations, augmentera à un rythme différent que dans une autre juridiction.</p><p>Bref, il y a de l’inflation lorsqu’une autorité gouvernementale imprime plus de monnaie. Et pourquoi imprime-t-elle plus de monnaie ? Parce que si je veux payer une facture de mille milliards de dollars, je dois soit vous taxer de mille milliards $, soit imprimer mille milliards $ supplémentaires. Or il est beaucoup plus facile d’imprimer de la monnaie que de taxer les gens.</p><p>Donc, c’est soit l’inflation, soit la taxation. A travers l’histoire du monde, tous les systèmes monétaires sans exception se sont effondrés à cause de l’inflation. Si vous regardez l’histoire des états sumériens, des états perses, des états grecs, des états romains, des états italiens de la renaissance ou des rois d’Angleterre, vous constaterez que chacune de leurs monnaies fut émise à l’origine avec une certaine quantité d’or qui finit par être réduite avant d’être rejoints par des pièces d’argent, de cuivre, de laiton ou de nickel.</p><p>Vous vous souvenez quand nous avions encore des pièces d’argent aux États-Unis ? Nous ne les avons plus parce que le métal d’argent contenu dans les pièces valait plus que leur valeur faciale. Pourquoi ? Parce que nous dévaluons la monnaie.</p><p>Tucker – Donc le problème est l’inflation. Et l’inflation, pour être clair, est causée par l’expansion de la masse monétaire.</p><p>M. Saylor – Oui. Si vous vivez dans une ville où il se trouve une centaine de belles maisons, et disons qu’il y a un million de dollars qui circule dans cette ville, si le maire décide d’imprimer un second million de dollars qu’il distribue aux citoyens, qu’est-ce que le prix des maisons va faire ?</p><p>Tucker – Et donc vous dites que l’inflation est toujours la cause de l’effondrement de la monnaie, et que l’effondrement de la monnaie est la cause de l’effondrement des civilisations.</p><p>M. Saylor – Oui, car combien de temps dure une guerre ? Pendant la première guerre mondiale, chaque nation a abandonné l’étalon-or dans la semaine suivant la déclaration de guerre. Les Allemands, les Français, les Britanniques et les Américains ont imprimé de l’argent. L’argent s’est déprécié, l’inflation a explosé et, finalement, un camp a rendu les armes.</p><p>Morale de l’histoire, on peut imprimer de l’argent pendant quatre ans avant que la monnaie ne s’effondre. Les Allemands ont demandé l’armistice parce qu’ils n’avaient plus d’argent. Seconde Guerre mondiale ? Plus d’argent non plus. Le Vietnam, vous savez, nous l’avons payé avec de l’inflation. Résultat ? Nixon a dû abandonner l’étalon-or parce qu’ils avaient imprimé tellement d’argent que les États-Unis risquaient de perdre tout leur or. Les États-Unis ont fait défaut en 1971.</p><p>[Michael Saylor le sait très probablement, mais précisons aussi que les États-Unis ont franchi leur pic de pétrole conventionnel en 1971, date de l’abandon du gold standard (étalon-or).]</p><p>C’est toujours la même histoire. Mettez-vous à la place de l’empereur romain ou du maire d’une ville qui a le monopole de la monnaie et qui doit payer son armée. Vous pouvez soit aller voir tous les habitants de votre nation et prendre leurs biens, soit fabriquer deux fois plus de pièces.</p><p>Tucker – Mais je pensais que l’idée derrière la théorie monétaire moderne était que tant que vous avez la monnaie de réserve mondiale, l’inflation n’est pas une menace pour vous?</p><p>M. Saylor – Comment pouvez-vous dire ça ? S’il y a une certaine quantité de biens, de services et de capital dans l’économie, et que vous continuez à imprimer de l’argent, vous ne créez pas plus de capital dans l’économie, vous ne créez pas plus de produits, vous ne créez pas plus de bâtiments, vous ne créez pas plus de services. Tout ce que vous faites, c’est doubler ou tripler la quantité de monnaie. Si je donnais un milliard de dollars à tous les Américains et que tout le monde allait s’acheter une Ferrari, y aura t-il une Ferrari pour tout le monde ? Vous pouvez donner à quelqu’un un billet de mille milliards de dollars, ça ne créera pas plus de choses.</p><p>Il est possible d’exporter son inflation à d’autres pays dans un certaine mesure. Mais si vous ne créez rien de plus ,ce que vous faites, en fin de compte, c’est redistribuer la richesse. Par exemple, s’il y a dix milliards de dollars dans l’économie et qu’il y a tant de choses, et que je vous donne un milliard de dollars, vous pouvez maintenant acheter 10 % de ces choses, ce qui signifie que tout le monde a perdu 10 % de ces choses.</p><p>Quand je gonfle la quantité de monnaie, je redistribue la richesse de ceux qui épargnent en laissant leur argent dormir sur un compte bancaire. Si vous aviez un million de dollars à la banque il y a 12 mois, ce million aujourd’hui vous achèterait 34 % moins d’actions du S&amp;P500 qu’il y a un an. Si vous voulez acheter un terrain dans les Hamptons, vous achèterez 40 % moins de terrain qu’il y a un an.</p><p>Si vous aviez mis ce million de dollars dans la bourse il y a un an, vous auriez aujourd’hui 1,34 million de dollars.</p><p>Si vous êtes un riche investisseur, tous vos actifs sont dans l’immobilier, dans des entreprises, des objets de collection, des franchises de sport, etc. Si vous êtes de la classe moyenne, de la classe ouvrière, vous avez du cash à la banque. Or le dollar perd actuellement 20 % de son pouvoir d’achat chaque année. Le pouvoir d’achat de votre salaire diminue de 20 % par an. Il ne diminue pas au taux d’inflation des prix à la consommation IPC, mais au taux de l’inflation monétaire.</p><p>La servitude, c’est travailler exponentiellement plus dur pour une monnaie qui devient exponentiellement plus faible. Si vous êtes un dentiste parvenant à augmenter vos revenus de 5% par an pendant une décennie, et que dans le même temps, la masse monétaire a gonflé de 20% par an. Si vous avez épargné chaque centime, au bout de 10 ans, vous ne pourrez acheter qu’un quart de ce que vous auriez pu acheter à l’époque. Parce que le prix des logements a augmenté de 20 % par an et que vous ne pourrez jamais rattraper ce retard. La seule façon de garder la tête au-dessus de l’eau, c’est de faire croître vos revenus plus rapidement que le taux d’inflation monétaire.</p><p>Je pense que le meilleur indice d’inflation monétaire est l’indice S&amp;P500. Il représente un vrai panier de produits désirables et rares.</p><p>L’argent est donc de l’énergie. Le problème, c’est l’inflation. Si l’inflation est de 10 % par an… Vous avez 10 litres de sang dans votre corps. Si vous allez donner du sang, on vous en retire un demi-litre. Quand je retire un demi-litre de sang de votre corps, vous perdez les plaquettes rouges. Toute personne sensée sait que si vous courez le marathon de boston le lendemain, vous aurez un problème. Il faut environ quatre à six semaines pour remplacer les plaquettes rouges. Maintenant, imaginez si je vous retirais un demi-litre de votre sang chaque mois, sans jamais m’arrêter. C’est l’inflation.</p><p>Et laissez-moi vous dire que le Venezuela n’est pas à 10 % d’inflation. Le Zimbabwe non plus. Un peso argentin valait un dollar il y a vingt ans. Aujourd’hui, il tend vers les 200 pesos pour un dollar. Ces monnaies ont perdu 95 98 99% de leur valeur. Vous ne perdez pas 10% de votre valeur économique par an, vous en perdez 20 à 25 %. Voire 30 % à 40 %. C’est comme si j’envoyais un type pour vous saigner chaque semaine et qu’à un moment donné, j’envoyais quelqu’un pour vous saigner chaque jour, c’est la république de Weimar. C’est l’hyperinflation.</p><p>Une autre métaphore : la monnaie est à l’économie ce que votre sang est à votre corps. Et l’énergie économique (l’argent) est à la monnaie ce que l’oxygène est à votre sang. Si je vide la pièce de son oxygène, vous allez soit suffoquer, soit mourir de froid. Et si je continue à aspirer l’énergie économique de la monnaie, l’économie s’effondre. Vous êtes ramené à l’âge de pierre. Quand l’argent ne fonctionne plus, je dois vous échanger des cigarettes contre des balles par exemple. L’économie devient un million de fois moins efficace.</p><p>Combien de pays dans le monde ont une monnaie effondrée ? 66 sont dollarisés [monnaie effondrée dans le langage de M. Saylor]. Toutes sont plus faibles que le dollar à quelques exceptions près. Le dollar américain est la monnaie de réserve mondiale et sa masse monétaire a augmenté de 10 % par an pendant une décennie. Il augmente maintenant de 14 % par an. Il a augmenté de 34 % au cours des 12 derniers mois. Le dollar s’affaiblit. C’est comme si l’air était aspiré hors de la pièce. Alors Tucker, si je te disais que l’air est en train d’être aspiré hors de la pièce et qu’il y a un masque à oxygène qui tombe du plafond là-bas, que ferais-tu ? Tu courrais dessus. Le bitcoin est le masque à oxygène.</p><p>Tucker – Donc vous dites, juste pour être sûr, pour que tout le monde suive, que le but du bitcoin est d’échapper au tourbillon de l’inflation qui a consumé tous les empires passés.</p><p>M. Saylor – Oui, l’inflation est la raison pour laquelle les empires s’effondrent. Elle effondre les économies. Ce n’est pas seulement un problème pour un individu ou une famille. C’est un problème pour toutes les institutions, toutes les entreprises, les municipalités, les gouvernements et toutes les civilisations. Et vous pouvez généralement retracer le problème à des guerres que l’on ne pouvait pas se permettre de faire avec de l’argent que l’on avait pas.</p><p>Si vous déclarez la guerre au covid, vous avez une guerre. C’est comme déclarer la guerre au Vietnam. Toute l’histoire est remplie de guerres. Si ces guerres devaient être payées avec des impôts directs, alors la population finirait par dire ça suffit. Si je finance la guerre en gonflant la quantité monnaie, alors j’ai quelques années, deux, trois, quatre ans devant moi avant que les gens ne s’en rendent compte…</p><p>L’argent est essentiel à la civilisation. Le problème, c’est l’inflation. Pourquoi se produit-elle ? C’est la nature humaine. La tentation de gonfler la masse monétaire par une autorité centralisée est omniprésente et inéluctable. Chaque civilisation en souffre tôt ou tard.</p><p>Qu’est-ce que le bitcoin ? Le bitcoin est le premier système monétaire conçu par des ingénieurs. Des ingénieurs anonymes ont eu une vision d’horreur suite au sauvetage des banques lors de la crise des subprimes. Il ont alors eu l’idée de créer un grand livre de compte immuable s’apparentant à une banque dans le cyberespace.</p><p>Ils se sont dit : « Nous ne faisons pas confiance au gouvernement. Nous ne faisons confiance à aucune société. Nous ne faisons même pas confiance à un seul ordinateur. Donc nous créons un programme qui garde la trace de 21 millions d’unités, chacune divisible par cent millions (cette sous-unité s’appelle un satoshi en l’honneur de son inventeur). Donc 2,1 billiards de satoshis. Ça, ça n’a pas beaucoup d’importance pour vous. Tout ce que vous devez savoir, c’est qu’il y a 21 millions d’unités et qu’il n’y en aura jamais une de plus. Ces ingénieurs ont voulu créer de l’argent qu’ils pourraient s’envoyer entre eux, depuis n’importe où, et que cet argent puisse rester stocké pendant mille ans, 10 000 ans, un million d’années, pour toujours, sans avoir à faire confiance à personne.</p><p>Le premier garde-fou du réseau bitcoin est donc le Node (les milliers de nodes). Ces derniers gardent une copie toujours à jour du grand livre de compte. C’est la base de données la plus sécurisée au monde. C’est une base de données contenant une vérité immuable. C’est le grand livre de l’argent.</p><p>Le second garde-fou est l’algorithme SHA256. Dit autrement, les « mineurs ». Ces personnes utilisent des machines de mining pour générer des fonctions de hachage afin de protéger le réseau. Des millions de machines de mining sont toutes en compétition les uns avec les autres pour construire le prochain bloc (contenant les transactions des dix dernière minutes). C’est comme si les 2 millions de mineurs offraient un ticket de loterie. A chaque bloc, l’un des deux millions a le droit de construire un bloc et est rémunéré pour ça. Actuellement, un bloc rapporte 300 000 $.</p><p>Les mineurs sont donc un mur d’énergie cryptée. Ils convertissent l’électricité en hashs. Et à l’intérieur de ce mur d’électricité (d’énergie) se trouve le grand livre de comptes du bitcoin qui est distribué de manière décentralisée.</p><p>Il faut aussi parler du Lightning Network. C’est un système décentralisé formant une seconde couche par dessus le bitcoin. Il permet de déplacer de petites quantités de bitcoin à la vitesse de la lumière presque gratuitement.</p><p>Le bitcoin est une banque gérée par un logiciel incorruptible qui offre un compte d’épargne global, abordable, simple et sécurisé à tous ceux qui n’ont ni les moyens, ni l’envie de gérer leur propre hedge fund. Vous avez de l’argent, vous avez des économies, vous ne voulez pas les perdre, vous voulez les placer dans une banque ? Le bitcoin est cette banque dans le cyberespace.</p><p>Le plus important des ingénieurs était Satoshi. On ne sait pas qui il est. Satoshi a écrit le White Paper, créé la première version du bitcoin avant de le confier à d’autres. Au départ, il n’y avait pas d’argent dans le réseau, ils l’ont juste fait fonctionner pendant un an comme un hobby. Puis, avec le temps, il y a eu une transaction célèbre où quelqu’un a acheté une pizza pour 10 000 bitcoins. Ce fut la toute première transaction.</p><p>Tucker – Ne devrions-nous pas être nerveux de ne pas connaître l’identité du fondateur ?</p><p>M. Saylor – Non. Nous devrions être joyeux parce que pour fonctionner, le bitcoin doit être l’argent du peuple. Il ne doit pas être contrôlé par un individu. Il ne doit pas être sous la coupe d’un fondateur, d’une société ou d’un détenteur puissant.</p><p>La chose la plus importante que Satoshi (ou le groupe de personnes derrièreSatoshi) a fait est de disparaître après avoir fait ce cadeau au monde. Satoshi a miné environ un million de BTC. Mais ils n’ont jamais été dépensés. Jamais. Satoshi n’est jamais réapparu. Le réseau bitcoin est ensuite devenu par essence un développement communautaire tout autour du monde. Le réseau est passé d’un million de dollars, à 10 millions, puis 100 millions, un milliard, 10 milliards, 100 milliards. En mars 2020, nous étions à 180 milliards de dollars et c’est à ce moment que je me suis impliqué. J’étais en retard, mais je sais que c’est de l’or numérique assis sur un réseau monétaire big tech décentralisé et libre. Je me suis dit que c’était un impératif économique en ça qu’il résout le problème de l’inflation pour une société ayant de cash. Une société comme la mienne, Microstrategy.</p><p>J’avais beaucoup de cash et j’anticipais que j’allais tout perdre si je n’investissais pas dans quelque chose. Je me suis aussi dit à l’époque que c’est un impératif moral de posséder du bitcoin. C’est une technologie qui donne des droits de propriété à 8 milliards de personnes qui n’en ont pas. Le bitcoin est la plus haute forme de propriété que l’humanité ait jamais inventé et je vais vous expliquer pourquoi dans une seconde.</p><p>2 milliards de personnes n’ont pas de banque. Vous pouvez donner à tout le monde sur la planète une banque et un droit de propriété ne pouvant pas être corrompu, ni déprécié ou confisqué. Il suffit de télécharger une app gratuite sur Android. Si vous avez un téléphone à 50 $ et que vous pouvez télécharger une app, alors vous pouvez avoir votre propre banque, vos propres droits de propriété, votre propre liberté économique et votre autonomie économique. C’est donc un impératif moral ainsi qu’un impératif technique.</p><p>En substance, si l’économie a 500 000 milliards $ de biens, de sociétés, d’immobilier et d’autres choses, alors tout le stock de monnaie vaut autant. C’est la moitié de tout, n’est-ce pas ? Jusqu’à présent, nous n’avons jamais trouvé comment transformer numériquement l’argent ou le capital. Et vous savez, le secret du succès de Google, Amazon, Apple et Facebook est la transformation numérique du divertissement, de l’éducation et des communications. Alors pensez à ce que cela signifie de transformer numériquement 10 000 milliards $ d’or ou 100 000 milliards d’immobilier ou 100 000 milliards de monnaie…</p><p>Le bitcoin a été conçu pour être de l’or numérique n’ayant pas les défauts de l’or. 21 millions d’unités, pas une de plus. Le problème avec l’or physique, c’est que les mineurs d’or gonflent l’offre, sans parler des banquiers qui gonflent l’offre d’or papier via le marché des produits dérivés.</p><p>Quelque soit l’actif, maison, or, argent, matières première, action ou obligation, lorsque le prix augmente, l’offre augmente. Si le prix d’une action est multiplié par 10, la société en question va tout de suite émettre plus d’actions. Si j’augmente le prix de l’or d’un facteur 10, les mineurs vont en extraire plus et donc augmenter l’offre. Le bitcoin est la seule chose au monde dont l’offre est inélastique au prix. Le prix du bitcoin aura beau tripler, vous ne pourrez pas en fabriquer plus. Pareil si le prix est multiplié par 1 million.</p><p>Laissez-moi maintenant vous donner un autre aperçu du point de vue de l’ingénierie. En ingénierie, il y a quelque chose qui s’appelle la conservation de l’énergie. Le point essentiel de la conservation de l’énergie est que l’énergie peut être soit fabriquée soit détruite, mais il doit y avoir conservation de l’énergie. La métaphore mathématique, l’analogie mathématique avec ça, c’est du bon calcul. 10 plus 10 égale 20. 2 plus 2 égale 4. Si 10 plus 10 commence à être égal à 18, vous avez un problème.</p><p>Si vous avez une baignoire et qu’il y a une fuite, ou un système électrique avec un court-circuit, s’il y a une fuite dans votre système d’ingénierie, rien ne fonctionne. Rien ne fonctionne à moins de respecter le principe de conservation de l’énergie. Le problème de l’inflation est qu’elle ne respecte pas la conservation de l’énergie. C’est une fuite dans le système. La monnaie ne conserve pas l’énergie. Donc, si vous dites que vous voulez une masse monétaire conservatrice, il faudrait qu’il y ait 10 milliards de dollars dans l’économie et que personne ne puisse en imprimer davantage. C’est le principe économique autrichien de « sound money ».</p><p>Le bitcoin est un système monétaire conservateur. C’est le premier système monétaire qui respecte les lois de la thermodynamique, de la physique et des mathématiques. Le bitcoin est synonyme de vérité, de pureté. Il a de l’intégrité. C’est un système durable sur lequel vous pouvez construire une famille, une vie, une entreprise ou une civilisation.</p><p>L’acier est de l’énergie concentrée sous forme métallique. Vous avez déjà visité une aciérie? Vous verrez toute l’énergie qui entre dans la fabrication de l’acier. C’est de l’énergie concentrée. L’histoire de la civilisation est liée à la canalisation de l’énergie de plus en plus efficacement. L’acier l’emporte sur le fer, le fer l’emporte sur le bronze, le bronze l’emporte sur les pierres, l’arc et les flèches l’emportent sur le type avec la lance, le type avec la lance l’emporte sur le type avec le couteau, si vous avez la puissance aérienne vous l’emportez sur la puissance terrestre, la puissance maritime l’emporte sur l’armée et la puissance nucléaire l’emporte sur tout le monde.</p><p>Donc si j’ai de l’acier, j’ai de l’énergie métallique concentrée. Je peux créer un gratte-ciel de 100 étages à New York. Combien de temps durera-t-il ? 100 ans. Combien de temps durera un bateau en acier ? Plus longtemps que vous. Les bateaux en bois ne durent pas. Ils pourrissent. Vous voulez construire un bâtiment qui résistera à la gravité pendant 100 ans ? Vous avez besoin d’énergie concentrée.</p><p>Si vous voulez construire un fonds fiduciaire qui durera 100 ans, comment allez-vous économiser 100 000 dollars pendant 100 ans pour les donner à vos arrière petits enfants ? Si vous investissez dans le dollar américain, vous perdrez 99 % de votre énergie économique. Dans l’or ? L’offre d’or double tous les 30 ans et les banquiers créent de l’or papier. Vous allez perdre 90 % de votre énergie économique.</p><p>Comment préserver mon bien qui est de l’énergie économique, qui est du capital, qui est de l’argent ? Comment préserver cette propriété ? J’ai besoin de quelque chose de plus durable que tout ça. J’ai besoin d’acier. J’ai besoin d’un acier économique. L’acier est de l’énergie métallique concentrée. Le bitcoin est de l’énergie numérique concentrée. C’est de l’énergie sous forme numérique. C’est de la nourriture emballée sous vide. C’est quelque chose qui se trouve en orbite.</p><p>Quelle est la demi-vie de l’énergie ? Admettons que je vous donne pour un million de dollars d’électricité. Combien de temps pouvez-vous la conserver dans une batterie ? Vous allez perdre 2 % par mois. Vous ne pouvez pas la conserver très longtemps. Comment envoyer des millions de dollars d’électricité de New York à Tokyo ? Vous ne pouvez pas. Après avoir voyagé 800 Km sur une ligne électrique, 6 % de l’électricité s’est dissipée sous forme de chaleur. Multipliez la distance par 10 et vous perdrez environ 60 %.</p><p>Convertissez cette énergie en énergie numérique grâce au bitcoin et vous pourrez l’envoyer n’importe où pour trois fois rien.</p><p>Le bitcoin augmente de 170 % par an depuis une décennie. L’indice S&amp;P 500 augmente de 14 % par an en moyenne depuis une décennie. L’or est plat, il ne va nulle part, il est en train d’être démonétisé, c’est une pierre morte. On ne peut pas mettre de l’or sur un iphone et il est manipulé par les banquiers.</p><p>Bitcoin est simplement de l’énergie économique pure. Satoshi et tous ses compatriotes on créé un actif monétaire sur un réseau ouvert, « permissionless », auquel n’importe qui peut participer, n’importe quel pays, n’importe quelle société, n’importe quel individu. Vous n’avez pas besoin une banque et vous n’avez pas besoin de demander la permission pour virer de l’argent. C’est l’ultime système égalitaire. Si vous voulez donner des droits de propriété à tout le monde en Afrique et en Amérique du Sud, même face à un régime hostile, vous pouvez le faire avec un téléphone androïde à 50 dollars et un simple téléchargement.</p><p>Une métaphore de plus. Si vous ne pouvez pas stocker la propriété, si vous n’avez pas de droits de propriété, cela signifie que vous ne pouvez pas stocker l’énergie économique. Dans le le monde occidental, nous avons le privilège d’avoir des actions qui montent de 34 % par an. Cela permet de se protéger de l’inflation. Sans actions, nous sommes à la merci de l’inflation parce que l’on garde son argent en cash. Et le dollar n’est pas la pire monnaie, le dollar est la meilleure monnaie ! C’est bien pire au Zimbabwe. Si vous êtes en argentine, vous avez perdu 40 à 60% de votre pouvoir d’achat cette année. Si vous êtes au Venezuela, vous avez tout perdu.</p><p>Ne pas avoir une monnaie forte, c’est comme être un diabétique de type 1. Un diabétique de type 1 ne peut pas former d’insuline nécessaire à la conversion de l’excès d’énergie nutritionnelle en graisse. La graisse est une batterie organique. La graisse vous maintiendra en vie 90 jours sans nourriture. Si vous ne pouvez pas former de graisse, vous pouvez manger continuellement sans vous arrêter et vous mourrez quand même de faim. Le diabète était une condamnation à mort avant l’invention de l’insuline. Si vous vivez dans un pays dont la monnaie est effondrée, vous êtes un diabétique économique. Dans les deux semaines qui suivent la perte de votre emploi, vous ne pouvez pas nourrir votre famille, vous ne pouvez pas vous nourrir vous-même, vous ne pouvez pas faire de projets pour l’avenir.</p><p>Nous en revenons à la base de la civilisation, et à la base de la vertu dans une société. Vous devez être capable de planifier l’avenir. Vous devez pouvoir vous projeter sur 10 ans et penser que vous pouvez subvenir aux besoins de votre famille. Quel est l’intérêt d’investir dans quelque chose si vous pensez que tout va partir en vrille d’ici 5 ou 10 ans…</p><p>Comment suis-je entré dans le bitcoin ? J’avais une entreprise avec 500 millions de dollars en cash qui me rapportaient 0% d’intérêt. J’ai entendu des banquiers dire qu’ils ne pensaient même pas à penser à rehausser les taux d’intérêt. Tout le monde à Wall Street gagnait 34 % de plus à ne rien faire alors que tous les autres ont dû travailler 34 % de plus pour rester en vie. C’était le constat l’année dernière.</p><p>Si vous êtes à Wall Street avec un milliard de dollars, vous avez terminé l’année avec un milliard et 340 millions de dollars de plus. Autrement, si vous être un commerçant, il vous a fallu augmenter vos prix de 34 %. Et cela pour simplement maintenir votre pouvoir d’achat d’avant crise. Ma société allait perdre plus de 100 millions de dollars en valeur. C’est comme courir sur un tapis roulant qui va plus vite que vous. C’est comme si nous étions dans un bateau avec le vent de face. Vous avez beau ramer, vous reculez quand même. C’est le taux d’inflation monétaire. Quand il est à 10%, le vent est dur. Quand il est à 25% ? Qui peut augmenter ses revenus de 25% tous les ans ? Personne à part un monopole. Un monopole technologique numérique le peut, mais personne d’autre. Les dentistes ne peuvent pas. Les docteur ne le peuvent pas. Les gens normaux ne le peuvent pas. Une entreprise normale ne le peut pas.</p><p>Si le vent commence à souffler fort de face, vous n’allez pas traverser l’atlantique en ramant. Vous allez mourir sur ce bateau. Alors qu’est-ce que vous faites ? Vous faites demi-tour. Vous allez dans le sens du vent. C’est ce que j’ai fait. Mon entreprise, Microstrategy, vaut un milliard de dollars. Nous créons des logiciels. L’entreprise vaut 500 millions de dollars et possède 500 millions de dollars en cash, à la banque. Nous générons 50 à 75 millions de dollars de revenus par an. Bref, ce cash va perdre 20 % à 30 % de sa valeur. Donc je vais de perdre l’équivalent de 100 millions de dollars par an si je ne fais rien. Alors que faire ?</p><p>Il faut acheter quelque chose et j’ai acheté des bitcoins pour une valeur de 250 millions de dollars. J’ai proposé de racheter 250 millions de dollars d’actions aux actionnaires qui n’aimaient pas l’idée. Après le rachat, il me restait toujours 175 millions de dollars avec lesquels j’ai acheté d’autres bitcoins. Nous avions 425 millions de dollars de bitcoins. L’action était à 120 dollars. Par la suite, le bitcoin s’est apprécié et nous avons doublé notre investissement initial. L’action a continué de monter. J’ai alors emprunté de l’argent pour acheter des bitcoins. J’ai emprunté 650 millions de dollars à 0.75 % sur le marché des capitaux. Puis j’ai émis une obligation convertible et j’ai acheté des bitcoins à 19 000 $. L’action de Microstrategy s’est appréciée en tandem avec le bitcoin. Nous avons gagné des milliards.</p><p>Pourquoi ne pas emprunter à 0 % si la masse monétaire augmente de 25 % par an ? Tout ce que vous avez à faire est d’acheter quelque chose qui est plus rare. Nous avons fini par emprunter 2,2 milliards de dollars à 1.5 % d’intérêt pour acheter du bitcoin. Nous avons maintenant environ sept milliards et demi de dollars de bitcoin. Nous avons fait un profit d’environ 4 milliards de dollars sur cet investissement. L’action est passée de 120 $ à 850 $. Nous avons généré environ 8 milliards de dollars de valeur actionnariale en 12 mois. Désormais, nous sommes une société de logiciels de 500 millions de dollars générant peut-être 80 à 100 millions de dollars de revenus par an, avec une croissance de 0 à 10 % par an, et une trésorerie de 7,5 à 8 milliards de dollars qui augmente de 170 % par an.</p><p>Tucker – Le bitcoin ne peut pas être piraté?</p><p>M. Saylor – Au début de cette aventure, nous cherchions de l’or pouvant être déplacé à la vitesse de la lumière et programmé sur un ordinateur. La réponse théorique à cela est un actif cryptographique sécurisé disponible en quantité fixe. Mais il y a 10 000 crypto-monnaies. Nous avons donc dû regarder, est-ce le bitcoin, est-ce le bitcoin cash, Doge coin ? Nous avons donc posé une grille de sélection sur ces monnaies. C’est un test en trois parties. Premièrement, sera-t-il interdit. Sera-t-il piraté ? Pourra-t-il être copié ?</p><p>Si vous pouvez le dupliquer 18 000 fois, alors il est ni rare, ni unique. S’il est interdit, ce n’est pas bon pour nous. Et pareil s’il est piraté. Comment répondre à ces question ? Vous ne pouvez pas si l’année est 2009 ou 2010. Vous ne savez pas vraiment si elle sera interdite copiée ou piratée. Il y a beaucoup d’incertitude. En 2020, nous avions 12 ans de recul. Et qu’avons-nous vu ? Que personne n’a jamais réussi à le pirater.</p><p>Bitcoin est la base de données la plus sécurisée du monde grâce à son fonctionnement. Vous devez faire tourner des mineurs SHA256 qui sont des ordinateurs très spéciaux. Cet ordinateur ne fait qu’une chose : il protège le bitcoin. C’est tout ce qu’il peut faire. Il ne peut pas diffuser de vidéo. Cet ordinateur est des millions de fois plus efficace pour générer des hashs que les ordinateurs normaux. Cela s’appelle le Proof of Work. Il s’agit de faire passer beaucoup d’énergie dans dans un algorithme de cryptage. La combinaison de ces deux choses, avec le protocole bitcoin, fait que le réseau dominant de proof of work sera toujours le plus sécurisé. C’est un mur de force brute d’énergie cryptée. Il vous voulez attaquer le réseau en essayant simplement de vous immiscer dans un bloc, il faut investir 10 milliards de dollars d’équipement. Il vous faudrait deux à quatre ans pour être prêt.</p><p>Tucker – Seul un gouvernement pourrait faire ça. Pourquoi les gouvernements permettraient-ils le bitcoin alors qu’il pourrait menacer leur pouvoir régalien de battre monnaie?</p><p>M. Saylor – Les gens appellent souvent le bitcoin une monnaie, mais ce n’est pas une monnaie. C’est un actif, c’est un actif cryptographique. Vous avez raison Tucker. Si le gouvernement pensait que c’est une monnaie et qu’elle est en compétition avec le dollar américain ou une autre monnaie, il s’en offusquerait et la supprimerait. Mais s’il est considéré comme un actif en concurrence avec l’or, les fonds indiciels, les obligations, la propriété ou l’immobilier. S’il est considéré comme une réserve de valeur, le gouvernement voudra simplement collecter des impôts sur la plus-value que vous ferez en le revendant.</p><p>Si vous voulez transférer une propriété d’une valeur de cent millions de dollars à quelqu’un d’autre, il est probable que cette personne veuille que vous le déclariez. Il est possible d’acheter du bitcoin de manière anonyme, mais si vous voulez en acquérir de grosses sommes, vous devrez passer par des exchanges agréés. C’est autorisé partout sauf en Chine. Donc vous l’achetez à travers un échange enregistré et ensuite, lorsque vous le transférez, vous devez payer l’impôt sur les plus-values.</p><p>Le Trésor, la SEC, la CFTC, le Congrès et le Sénat ont engagé un dialogue enthousiaste sur les réglementations qui seront appliquées au transfert et à l’utilisation des crypto-actifs. Il y a de fortes chances qu’ils déclarent que si vous émettez un Mickey coin, et que vous en gardez la moitié avant de commercialiser le reste, cela ressemble plus à un titre ou à une action. Dit autrement, cela va tomber sous la juridiction de la SEC.</p><p>Il y a aussi les crypto-actifs appelés « stablecoins ». Ces derniers ressemblent aux dollars américains. Le comité de travail du président a suggéré il y a une semaine que seules les banques approuvées par la FDIC pourront émettre des stablecoins. Donc il y a une réglementation qui arrive et je pense que les Altcoins seront sous pression. Les stablecoins seront eux traités comme des monnaies évoluant dans l’espace cybernétique. L’IRS (fisc US) a déclaré que le bitcoin était une propriété en 2014.</p><p>La monnaie est un moyen d’échange que vous pouvez transmettre sans payer de taxe. Si je vous donne un million de dollars et que vous le gardez pendant un an, il n’y aura pas d’impôt à payer au moment ou vous donnerez ce million de dollars à quelqu’un d’autre.</p><p>D’un autre côté, admettons que je vous donne un million de dollars en bitcoin et que vous le gardez pendant un an. Le bitcoin s’est apprécié entre-temps de 100 %. Alors vous devrez payer l’impôt sur la plus-value pour l’envoyer à quelqu’un d’autre (plus-value de 1 million de dollars dans ce cas).</p><p>Tucker – Non pas que je sois un criminel ou quoi que ce soit, mais est-ce qu’il est possible de transférer ce bitcoin à quelqu’un d’autre sans que le gouvernement le sache?</p><p>M. Saylor – Je pense qu’actuellement aux USA, chez tous les dépositaires institutionnels que je connais, si vous dépassez 10 000 de dollars, ce qui est la limite maximale pour la plupart des banques, ils sont obligés de le divulguer. [sous-entendu, vous ne pouvez pas déposer plus de 10 000 $ si l’exchange ne sait pas d’où viennent ces fonds].</p><p>Il est impossible d’acheter et de vendre des bitcoins en dehors des exchanges réglementés. Évidemment, la grande question est de savoir si les banques peuvent accepter de l’argent provenant de la vente de tels bitcoins. Cela varie selon les juridictions. Ce sera réglementé différemment selon les juridictions. Faudra-t-il justifier l’origine des fonds au-dessus de 10 000 $, 600 $ ?…</p><p>Si vous êtes une famille, un investisseur institutionnel, une société, et que vous voyez de l’inflation, vous achetez des terrains, vous achetez des actions, vous achetez de l’or ou vous achetez des bitcoins. Pourquoi acheter des bitcoins ? Parce que vous voulez le meilleur actif. Vous ne voulez pas de l’or. Vous ne voulez pas de la dilution de l’or, vous ne voulez pas de la dilution des actions, vous ne voulez pas de l’impôt foncier sur la propriété, vous ne voulez pas du casse-tête de l’entretien de votre immeuble. Toutes les autres formes de propriété peuvent être dépréciées, confisquées. Vous avez des immeubles locatifs à New York ? Vous ne pouvez pas expulser vos locataires, il y a un impôt foncier, il faut l’entretenir et il est difficile de vendre un immeuble. Le bitcoin, c’est la propriété numérique, c’est l’or numérique, c’est l’argent numérique, c’est l’énergie numérique. C’est quelque chose de mieux que l’or parce car il se déplace à la vitesse de la lumière gratuitement et je peux le garder dans ma tête. Il n’y a pas de coûts de maintenance et personne ne peut vous le prendre à moins de vous torturer.</p><p>Si tu as des bijoux, une maison, une voiture et que je te mets un flingue sur la tempe, tu vas tout me donner. Il n’y a rien dans ce monde que l’on ne puisse pas pas prendre par la force, sauf le bitcoin. Si vous achetez pour un million de dollars de BTC, vous pouvez les possédez en gardant les clés (le mot de passe) dans votre tête. Je peux toujours vous tirer dans la tête mais je n’obtiens pas les bitcoins.</p><p>C’est la seule chose dans l’histoire de l’humanité que vous pouvez emporter dans la tombe. Les pharaons ont créé des pyramides pour s’enterrer avec leur or mais les fossoyeurs ont fini par l’obtenir. C’est important. Les juifs dans les années 30 en Allemagne nazie sont partis avec 10 % de leurs richesse, maximum. Ils ne pouvaient pas déplacer leur maison, ni leur or. Des diamants peut-être, mais ce n’est pas une très bonne réserve de valeur. Avec le bitcoin, ils seraient partis avec 100 %. C’est l’histoire de toutes les diasporas. Vous savez, quand les juifs ont été chassés d’Espagne et d’ailleurs en 1500, durant l’inquisition, c’était pour leur voler leurs biens et les revendre. Le droit de propriété, c’est le droit de posséder des choses que personne ne peut vous prendre.</p><p>J’avais un million de dollars dans une banque en argentine il y a 20 ans. Le gouvernement argentin a envoyé un mémo aux banques pour leur ordonner de convertir tous les dollars en pesos avant de le dévaluer. Je me suis réveillé le lendemain matin avec cent mille dollars au lieu d’un million de dollars. Ils ont volé 90 % de toute la monnaie de tout le pays en une nuit sur un fax, sans loi, sans armée. Il serait difficile d’arrêter 60 millions de personnes et de les faire suer en prison pendant 90 jours pour qu’ils donnent leurs bitcoin. Comment arrêter 60 millions de personnes les mettre en prison pendant 90 jours ?</p><p>Bitcoin est le droit de propriété ultime. C’est un renforcement économique important. C’est une protection des libertés individuelles. C’est le rêve de John Locke. La vie, la liberté et la propriété. Les gens sont venus en Amérique parce que si vous étiez catholique en Europe du nord, ils vous prenaient vos terres et vos droits de propriété. Pareil si vous étiez protestant en Europe du Sud. Si vous étiez juif, ils vous prenaient vos terres et vos biens partout. Tout le monde est allé en Amérique pour être libre de posséder des biens que personne ne confisquerait.</p><p>Le bitcoin déplace vos biens dans le cyber espace où ils sont protégés par un mur d’énergie crypté. C’est la chose la plus difficile à taxer, à voler et à confisquer. C’est la dernière chose au monde qui sera attaqué.</p><p>Si je mets une taxe de 2% sur le bitcoin dans cet État, les bitcoins se déplaceront dans le Wyoming. Si je mets une taxe de 2% dans le Wyoming, ils se déplaceront dans n’importe quel état de l’union qui ne les a pas taxés et quand le pays entier le taxe, il se déplace à Monaco et si tout le monde à Monaco le taxe, je peux le vendre à quelqu’un en Chine. Je ne peux pas faire ça avec un immeuble.</p><p>Nous avons dû attendre 12 ans. Des gens ont essayé de le copier 10 000 fois. Ils ont tous échoué. Il n’a pas été piraté et ne sera pas interdit. Voici ce qu’il s’est passé au cours des 12 derniers mois Tucker. L’IRS, a dit que c’était une propriété. Il est important que ce soit une propriété et non une monnaie. La monnaie est la chasse gardée du gouvernement. Chaque gouvernement puissant aura une monnaie. Chaque gouvernement faible perdra sa monnaie. 66 pays se dollarisent. Probablement que 100 pays finiront par perdre leurs privilèges monétaires. Au final, vous aurez le CNY, le dollar et quelques puissantes monnaies de second niveau. Citez-moi une monnaie en Afrique ou d’Amérique du sud que vous préféreriez avoir à la place du dollar. Il n’y en a pas.</p><p>Pourquoi le dollar ne s’est-il pas répandu sur tous les iPhones et les téléphones Android ? Les gens se trouvant dans les pays où la monnaie s’écroule attendent les rails cryptographiques. Ils attendent le moment où il sera possible de télécharger une application mobile et d’avoir accès à toutes les devises du monde. Elles s’effondreront toutes face au dollar américain, en supposant que les États-Unis l’adoptent.</p><p>Pourquoi la Chine a interdit le bitcoin ? Parce que la chine contrôle les capitaux. Ils ne veulent pas que les capitaux circulent librement. Un citoyen chinois ne peut pas sortir un million de dollars de Chine. Même Google est bloqué en Chine. S’il y avait une libre circulation des capitaux, tous les capitaux actuels quitteraient la Chine. Ils auraient un problème. Ils ont leur système alors qu’en occident le système consiste à autoriser Google et Twitter. Le système occidental est basé sur la langue anglaise, les valeurs occidentales, le droit occidental, le dollar et le bitcoin. Les États-Unis ont adopté le bitcoin l’année dernière, les Chinois l’ont rejeté.</p><p>Jerome Powell a dit que c’est un actif. Ce n’est pas une monnaie, c’est un actif. Gary Gensler, le patron de la SEC, dit que c’est un actif. C’est un actif spéculatif. Bien entendu que c’est spéculatif. Le Bitcoin pèserait déjà 100 fois plus s’il n’était pas spéculatif. Christine Lagarde dit que c’est un actif. Bitcoin n’a pas besoin d’être un moyen d’échange. Il n’a pas à remplacer le dollar américain dans le monde occidental. Ce dont vous avez besoin, c’est de donner aux gens un véritable compte d’épargne. Je veux détenir un mois de mon salaire en dollars et toutes mes économies dans dans un actif qui prend de la valeur.</p><p>Le gouvernement est favorable au bitcoin. Bitcoin fait consensus au Congrès. Cynthia Lumis s’est levé au Sénat et a dit : « Dieu merci pour le bitcoin ». Qui ne voudrait pas redonner du pouvoir à tout le monde ? Il y a un large soutien au Sénat, un soutien bipartisan. Pareil à la chambre des représentants. Les gens étaient un peu confus à l’idée qu’il puisse s’agir d’une monnaie venant remplacer le dollar. Et si c’est le cas, c’est un problème existentiel. Bitcoin n’est en réalité pas un problème pour le dollar.</p><p>Nous allons remplacer les fondations de l’économie qui repose actuellement sur des actifs imparfaits et inefficaces. La première chose qui va s’effondrer, c’est l’or. Il s’effondre depuis une décennie. Il a baissé de 4 % dans l’année la plus inflationniste de l’histoire ! Le bitcoin a lui augmenté de 340 % !</p><p>Tucker – Dernière question, à quel prix pensez-vous que le bitcoin sera d’ici cinq ans ?</p><p>M. Saylor – Le bitcoin ne s’arrêtera pas de s’apprécier. La raison étant qu’il n’y en aura jamais plus de 21 millions d’unités. Il montera tant qu’il y aura de l’inflation. L’offre de dollars va augmenter, ce qui fera monter le bitcoin en retour. Il va s’apprécier grâce à son utilité technique. Il va s’intégrer aux iphones / androids, sur twitter, Square, Paypal. C’est l’adoption qui fera que le bitcoin s’apprécie. De plus en plus de gens vont apporter leur argent. Quand Rupert Murdoch s’est présenté à Facebook, il n’a pas apporté un milliard d’amis. Quand un milliardaire rejoint un réseau monétaire, il apporte un milliard de dollars. Donc quand une centaine de milliardaires se présente, ils apportent des centaines de milliards de dollars. Quand des entreprises, des investisseurs institutionnels se présentent, ils apportent des quantités massives de capitaux. Donc le bitcoin continuera de monter au fur et à mesure de son adoption et de l’inflation.</p><p>Il finira par remplacer l’or qui est un actif pesant 10 000 milliards de dollars. Le bitcoin remplacera certainement l’or d’ici trois à cinq ans. Puis il remplacera les indices boursiers et obligataires. Il démonétisera les revenus fixes et les indices boursiers qui sont actuellement utilisés comme réserve de valeur. Les gens qui veulent épargner leur argent vont utiliser le bitcoin. Progressivement, il démonétisera aussi l’immobilier. Au Canada, il y a une pénurie de logements parce que les étrangers y achètent massivement des maisons. Conséquence, les locaux ne peuvent pas s’offrir une maison.</p><p>Si l’on imprime de l’argent à l’infini, tout le monde va vouloir acheter quelque chose de tangible pour se protéger de la dévaluation de l’argent. Le problème est que les nouvelles générations ne peuvent plus se permettre d’acheter une maison. Il ne faut pas monétiser les choses utiles. Si vous monétisez la nourriture, tout le monde meurt de faim. Si vous monétisez les maisons, tout le monde est dans la rue. Si le bitcoin disparaissait, alors les autres actifs se monétiseraient un peu plus.</p><p>Le bitcoin, c’est 1 000 milliards sur 500 000 milliards de dollars. Il représente bien moins de 1 % de tout l’argent du monde. Pourquoi l’or ne s’est pas apprécié de 34 % ? L’or a sous-performé l’indice S&amp;P500 alors que nous avons eu une inflation massive cette année. La pire année depuis 40 ans. Pourquoi ? Parce que ceux qui cherchaient une réserve de valeur non souveraine se sont emparés de l’or cryptographique. L’or et le bitcoin sont dans la même niche.</p><p>Mais l’or peut être déprécié par les mineurs d’or et les marchands. Pas le bitcoin. Il ne peut pas être corrompu de cette façon car le nombre de bitcoins qui pourra être miné est fixé à l’avance. Le bitcoin démonétise progressivement tous les autres actifs. L’idée est de rendre à l’or sa rationalité. L’idée est de rendre les choses plus rationnelles.</p><p>Si les gens commencent achètent du bitcoin au lieu d’acheter un second investissement immobilier, le prix de l’immobilier baissera pour les gens qui veulent une première maison. Si les gens achètent du bitcoin au lieu de titres de dette, le prix de la dette baissera et le rendement augmentera. Avant, un million de dollars vous permettait d’obtenir une obligation qui vous rapportait 50 000 dollars par an. Maintenant, il vous faut 20 millions de dollars ou 10 millions de dollars pour obtenir la même chose.</p><p>L’idée générale est que l’américain moyen, le salarié moyen, est obligé de jouer ses économies en bourse pour ne pas les perdre. Mon père de 83 ans doit deviner quelle action va monter cette semaine et si exxon est meilleur que British Petroleum, ou meilleur que Apple, ou moins bon que Google, pour ne pas perdre ses économies. Parce que sinon, en les laissant à la banque, il recevra 0,1 % d’intérêt. Ce qui signifie qu’il perd 25 % (inflation).</p><p>Les gens ne sont pas stupides et savent que les prix augmentent plus vite que 2% par an, 4% par an ou 5% par an. On pousse donc toute une génération à, au mieux, investir dans des actions, au pire, jouer avec des actions voire des doge coins parce que personne n’a de compte d’épargne.</p><p>Le bitcoin est une banque dans le cyberespace qui offre ce compte d’épargne. Vous ne pariez pas sur la prochaine sortie de produit d’Apple ou de Google, ni sur la syndicalisation d’Amazon, ni sur la construction de ce pipeline. Si nous mettons tout votre argent dans le S&amp;P500, les PDG vont imprimer plus d’actions et diluer notre argent. Il vaut mieux acheter de l’énergie monétaire qui durera 10 000 ans.</p><p>Tucker – Vous m’avez convaincu. Je vais vendre toutes mes palettes de munitions 7,62 × 51 mm et les convertir en bitcoin.</p><p>M. Saylor – Le sujet est fascinant. Je pense que tu l’adorerais car c’est de l’économie, plus de la technologie, plus de la théorie politique, plus de la philosophie. Il y a des gens comme Jack Dorsey qui le voient comme une émancipation économique pour des milliards de personnes. D’autres le voient comme un pouvoir économique pour des milliards de personnes. D’autre sont des économistes de l’école autrichienne. D’autres sont des combattants de la liberté, des défenseurs des droits à la propriété, des libertariens et des ingénieurs qui aiment juste l’idée de posséder une réserve de valeur stable et inaltérable.</p><p>Tout le monde recherche une fondation solide sur laquelle construire sa vie. Il vaut mieux construire sur du granit avec de l’acier. Le bitcoin est de l’acier cryptographique. C’est ça l’idée. Nous n’avions jamais eu ça avant. Ce qui cause tant de passion, ce qui fait que les gens sont prêts à faire n’importe quoi pour que ça marche, c’est cette idée qu’on a enfin trouvé quelque chose de vrai, de beau et qui nous redonne le contrôle de notre vie dans un monde où nous avons l’impression d’avoir perdu le contrôle au profit des politiciens. Tout le monde cherche quelque chose en quoi croire et qui leur appartient vraiment.</p>
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<p><a href="https://www.cointribune.com/author/nteterelthecointribune-com/">Nicolas Teterel</a></p>
<p>Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/794/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees</guid>
	<pubDate>Sun, 05 Dec 2021 13:34:49 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les départements se posent en clé de voûte des politiques décentralisées]]></title>
	<description><![CDATA[<p></p>
<p>L’Assemblée des départements de France ouvrait ce 2 décembre à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, les « Assises des départements ». Le rôle central du département a comme il se doit été largement mis en avant. Mais sous un prisme particulier : celui de la complémentarité avec les autres niveaux de collectivités, que ce soit la région ou la commune. Un corpus de 102 propositions a été présenté. Gouvernance, compétences, finances… les attentes en vue du prochain quinquennat sont fortes.</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<p>C’est dans une région comptant aujourd’hui pas moins de treize départements que se sont ouvertes ce 2 décembre les Assises des départements de France – un millier d’élus réunis à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes… La création des grandes régions « a conforté le département », a estimé Jean-François Debat, le maire de Bourg-en-Bresse, dans son allocution d’accueil. De quoi, dès les premières prises de parole, mettre l’accent sur la nécessaire complémentarité entre niveaux de collectivités. Et sur le rôle central que le département doit plus que jamais jouer dans l’architecture des politiques publiques territoriales. En toile de fond, évidemment, deux éléments de contexte. D’une part, la crise sanitaire : celle-ci « a démontré que le département est un échelon pertinent de réponse à toute forme de crise », a par exemple assuré Jean Deguerry, le président hôte de ces Assises. D’autre part… l’approche de l’élection présidentielle : c’est le moment ou jamais de « faire entendre sa voix », de « dire ce que l’on veut ».<br />©PHOTOPQR/LE PROGRES/Catherine AULAZ – Bourg-en-Bresse 02/12/2021 – Assises nationales des Département de France – 2 décembre 2021 -Assises nationales des Départements de France à Bourg-en-Bresse (Ain) du 1er au 3 décembre 2021. A Ainterexpo. – François Sauvadet, président de l’ADF (Assemblée des Départements de France).Cette question des complémentarités, François Sauvadet – le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), est le premier à la mettre en avant. Tout en conservant une exigence de clarté. « Nous devons avoir un débat sur l’efficacité de l’action publique et, oui, sur le bon échelon pour agir », a-t-il déclaré en ouverture, ajoutant que « tous les sujets doivent être mis sur la table » et qu’il s’agit de se mettre d’accord, notamment avec les régions, avant de porter une plateforme de propositions auprès du futur exécutif. Le piège serait de « se chamailler sur les compétences ».  François Sauvadet a eu l’occasion de s’en entretenir avec Carole Delga, son homologue de Régions de France, a-t-il précisé.<br />« Le lien n’a jamais été rompu »<br />La voix des régions était ce 2 décembre portée par le président d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Une région où on travaille ensemble », a assuré Laurent Wauquiez qui, dans une longue intervention, a décliné cette nécessité – « malgré la loi Notre » – de « ne pas entrer dans des luttes de compétences », d’« additionner nos forces » et, donc, d’être « complémentaires ». Sur son vaste territoire, cela s’illustrerait dans de multiples domaines : le contrat de plan Etat-région, qui « s’appuie sur les départements » ; le soutien spécifique de la région à certains départements (à l’image du « pacte pour le Cantal » par lequel la région intervient dans le financement des projets départementaux) ; le travail conjoint à privilégier entre RSA et formation ; la création par la région d’une agence économique dont les départements sont partie prenante, leur permettant par ce biais de « continuer à intervenir » sur l’économie et l’industrie ; les infrastructures numériques, la politique montagne… Et en 2020, au cœur de la crise sanitaire, région et départements, a rappelé Laurent Wauquiez, ont notamment mis en place une centrale d’achat commune ainsi qu’un fonds unique de soutien aux commerçants et artisans.<br />Complémentarité, encore, avec les communes. C’est cette fois Michel Fournier – le président de l’Association des maires ruraux (AMRF), qui s’en est fait l’écho dans le cadre d’une séquence consacrée aux « solidarités territoriales ». Une enquête menée par son association témoigne d’une « unanimité des maires ruraux sur le couple département-communes », a-t-il déclaré. Même si « la loi Notre a essayé de faire exploser tout ça », même s’il regrette à la fois la « nouvelle dimension cantonale » et la perte de la compétence économique pour les départements… Michel Fournier insiste sur le fait que le soutien financier des départements est vital pour bien des communes rurales, tout comme leur « aide technique » (malgré la création de l’ANCT, « le premier réflexe » des maires est toujours de « s’adresser au département », constate-t-il). « Mon département compte 500 communes. Le lien n’a jamais été rompu », a corroboré Germinal Peiro – le président de la Dordogne, évoquant les « contrats cantonaux » à travers lesquels le département apporte au moins 25% de l’investissement nécessaire à la réalisation des projets des communes. Et l’interco dans tout ça ? Plus compliqué, visiblement… « Parfois les maires se tournent plus facilement vers le département que vers l’intercommunalité », estime Pascal Coste – le président de la Corrèze, tandis que Michel Fournier demande aux départements de « bien continuer à descendre jusqu’à la commune » même lorsque « l’État incite à avoir l’interco pour unique interlocuteur ».<br />« Que l’État soit à nos côtés »<br />Complémentarité, confiance. Ces deux termes beaucoup entendus ce jeudi dans l’Ain concernent naturellement aussi l’État. Certes, cette fois moins sous forme de constat que de vœu. Les séquences successivement consacrées à l’enfance, au vieillissement et au handicap l’ont illustré. Sur l’aide sociale à l’enfance (ASE), si la crise a souvent conduit les départements à « travailler différemment » avec les autres acteurs, le préalable est que à « l’État prenne ses responsabilités », a ainsi témoigné Florence Dabin – présidente du Maine-et-Loire qui vient d’être élue présidente du GIP Enfance en danger. Qu’il prenne ses responsabilités pour garantir les moyens financiers de l’ASE et de la PMI… ou pour assurer ses propres prérogatives, dont la pédopsychiatrie où les besoins sont béants. Côté médicosocial, le président de la Somme, Stéphane Haussoulier, regrette entre autres que le volet revalorisations salariales du Ségur de la Santé ait dans un premier temps « oublié des gens » (alors que « s’ils avaient consulté les départements, on leur aurait dit ! ») ou encore qu’il soit « plus facile de joindre la secrétaire d’Etat que le directeur de son agence régionale de santé ». De même, François Sauvadet regrette que le gouvernement ait imposé « le même prix horaire pour tout le monde pour l’aide à domicile ».<br />« Nous attendons de l’État qu’il soit à nos côtés », résume le président de l’ADF. Y compris pour « accompagner les départements les plus fragiles » au titre de « la solidarité nationale », au-delà de la péréquation horizontale initiée par les départements eux-mêmes. Et ce, d’autant plus que la situation financière des départements risque fort de connaître bientôt un sérieux contrecoup. « On parle de bonne santé financière des départements, du fait du niveau actuel des droits de mutation. Mais cela ne durera pas, les DMTO baisseront l’an prochain, la situation est explosive », prévoit François Sauvadet, qui se souvient de la chute de 70% au lendemain de la crise financière de 2008. A cette époque-là, les départements avaient pu activer d’autres leviers. Aujourd’hui ce n’est plus vrai puisque avec le transfert de la taxe sur le foncier bâti, les départements n’ont tout simplement plus de levier fiscal. Il y a aussi « des craintes sur les dotations » : l’État ne risque-t-il pas, face aux dettes du « quoi qu’il en coûte », de vouloir commencer par rogner les ressources des collectivités ?<br />Propositions de terrain<br />C’est dans ce contexte que l’ADF a présenté ce 2 décembre en fin de journée un ensemble de 102 propositions (à télécharger ci-dessous). Des propositions « issues du terrain », souligne l’association : elles émanent des réflexions de ses commissions et groupes de travail, mais aussi de débats organisés dans chaque département en amont des Assises. Elles entendent se faire l’écho des « expériences réussies, bonnes pratiques et innovations développées localement ». Les sujets couverts sont nombreux et englobent, au-delà des grandes compétences départementales, dont le social, des enjeux liés aux transitions, aux mobilités, à la démocratie locale…<br />Le fil conducteur : comment « refonder la relation avec l’État central, pour un nouvel élan de décentralisation ». Parmi les demandes transversales : donner aux départements « une clause de compétence générale en cas de crise », leur octroyer « un pouvoir réglementaire élargi » et « la possibilité d’adapter les normes »…  Dans le même esprit, l’ADF souhaite « qu’il soit mis fin aux interventions de l’État dans le pilotage des politiques publiques décentralisées et aux appels à projets qui préformatent l’action publique territoriale ». Sur le terrain des finances, les départements attendent la fin des contrats de Cahors, « une plus juste compensation des transferts », « une clause de sauvegarde pour pallier dans le temps les variations de charges et de dépenses », « une garantie d’autonomie fiscale à hauteur de 50% de leurs ressources au moins » et « une provision contracyclique pour faciliter les plans d’investissements pluriannuels ». En termes de compétences, les départements veulent être les collectivités chefs de file (ou référentes ou coordinatrices, selon les cas) en matière de gestion des réseaux, de gestion de l’eau potable, de gestion des circuits locaux d’alimentation, des grands services de prévention (dont la PMI et la médecine scolaire), de la politique familiale, de l’autonomie, des gestionnaires des collèges… Et entendent, au-delà de tout cela, pouvoir intervenir partout « où l’action de proximité départementale va de soi » : économie de proximité, aides à la pierre, précarité énergétique, transports scolaires…<br />Ces propositions voient clairement plus loin que le projet de loi 3DS qui vient de passer par le filtre de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, laquelle a notamment tiré un trait sur les apports du Sénat concernant les compétences des départements (lire notre <a href="https://www.banquedesterritoires.fr/projet-de-loi-3ds-ce-que-les-deputes-ont-decide-en-commission" target="_blank" rel="noopener">article</a> du 1er décembre). Des vœux, donc, pour la prochaine législature. Jean Castex, attendu vendredi en début d’après-midi pour clore ces Assises en compagnie de Jacqueline Gourault et de Brigitte Bourguignon, ne devrait donc guère y apporter de réponse directe. Sauf, peut-être, pour mettre l’accent sur la formule proposée par le gouvernement concernant le transfert des routes ou sur un éventuel compromis quant au devenir des gestionnaires de collèges. L’ADF peut en revanche se prévaloir des enseignements d’un sondage commandé à l’Ifop, présenté jeudi matin (à télécharger ci-dessous), qui témoigne d’un certain capital confiance dont bénéficient les départements auprès des Français.</p>

<p>Quand l' »exode urbain » mobilise les compétences départementales<br />Parmi les « défis d’avenir » déclinés jeudi après-midi, celui de « l’exode urbain » qui marquerait la France de l’après-confinement. L’économiste Jean-Claude Delgènes a préalablement listé les conditions à remplir pour un territoire souhaitant accueillir de nouvelles populations quittant – éventuellement une partie du temps seulement – une grande métropole pour s’installer dans un environnement plus rural : l’accès à internet, les transports, les services liés à l’enfance, le sport, les vecteurs de qualité de vie tels que l’environnement et l’alimentation. Or les politiques départementales sont impliquées dans tout cela. « Fibre optique, infrastructures routières, école et enfance… Cela passe par les départements. On voit donc bien que nous sommes l’échelon qui va permettre d’organiser cette révolution », en conclut François Durovray, le président de l’Essonne, soulignant la nécessité de « s’adapter très vite » face à ce nouvel aménagement du territoire de fait. Valérie Simonet, présidente de la Creuse, a témoigné de la façon dont son département a depuis longtemps déjà, via don agence de développement, déployé des moyens pour faire connaître les atouts de ce territoire ultra-rural puis, face au succès de ses campagnes de communication, pour offrir aux nouveaux habitants les équipements et services dont ils ont besoin. Si le mouvement qui s’amorce devait se confirmer et prendre de l’ampleur, des questions de fond vont toutefois se poser. François Durovray en évoque deux. Tout d’abord, celle de l’habitat : le développement de la bi-résidentialité implique une pression immobilière supplémentaire… mais aussi peut-être la nécessité de réfléchir à de nouvelles formes d’habitat. D’autre part, celle de la fiscalité : « Aujourd’hui, la fiscalité reste liée à l’implantation des sièges sociaux », alors même que l’arrivée de populations (de télétravailleurs notamment) va nécessiter « de nouveaux équipements sur des territoires qui ne bénéficieront pas des recettes correspondantes. »</p>
<p></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/ADF-IFOP%20-%20Enqu%C3%AAte%20aupr%C3%A8s%20des%20Fran%C3%A7ais%20sur%20l%27image%20des%20D%C3%A9partements%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 578.64 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2021-12/CP%20Ifop-ADF%20-%20Les%20D%C3%A9partements%20en%20premi%C3%A8re%20ligne%20de%20la%20relances%20selon%20les%20Fran%C3%A7ais%20-%2020211202.pdf" target="_blank" rel="noopener">(PDF, 299.29 Ko) (new window)</a></p><p style="text-align: justify;"></p><p style="text-align: justify;">Francois-Sauvadet-</p><p style="text-align: justify;"><a href="https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo">https://www.banquedesterritoires.fr/les-departements-se-posent-en-cle-de-voute-des-politiques-decentralisees?pk_campaign=newsletter_hebdo&amp;pk_kwd=2021-12-03&amp;pk_source=Actualit%C3%A9s_Localtis&amp;pk_medium=newsletter_hebdo</a></p>
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