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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/562/est-ce-la-fin-des-villes</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 22:29:30 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Est-ce la fin des villes ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>PARIS – La rue de Rivoli, célèbre artère qui traverse le cœur de Paris, s’est construite par à-coups. Après des années de tergiversations sur l’aménagement de la ville, Napoléon Bonaparte en lance les travaux en 1802, mais ceux-ci sont interrompus lorsque l’empereur abdique, en 1814. La nouvelle voie demeure dans les limbes jusqu’à l’arrivée d’un autre homme fort, Napoléon III, qui achève le projet dans les années 1850. Au siècle suivant, des travaux supplémentaires aménagent cette rue emblématique pour les voitures. Mais au printemps dernier, la rue de Rivoli connaît la transformation la plus rapide de toute son histoire.</p><p>Alors que le trafic parisien doit se soumettre au confinement imposé par le Covid-19, la maire, <a href="https://www.project-syndicate.org/columnist/anne-hidalgo" target="_blank" rel="noopener">Anne Hidalgo</a>, décide le 30 avril de fermer aux voitures les trois kilomètres de la rue, afin de donner plus d’espace aux piétons et aux cyclistes. Des ouvriers repeignent le sol et transforment presque du jour au lendemain cette grande voie parisienne le long de laquelle se trouve notamment le musée du Louvre.</p><p>Mais la transformation ne s’arrête pas à la rue de Rivoli. Avec de la peinture et des poteaux de signalisation, presque 150 km de voies ont été temporairement réalloués aux vélos, dans Paris et la petite couronne, au cours des premiers mois de la pandémie – une révolution dans le réaménagement urbain. Il a plus tard été annoncé que ces changements avaient vocation à se pérenniser.</p><p>L’exemple parisien souligne l’ampleur avec laquelle la pandémie accélère le rythme de l’innovation urbaine, raccourcissant ce qui aurait pris des années à des délais de quelques mois, voire quelques semaines. Non seulement ces initiatives ont mis en lumière les vices majeurs des systèmes urbains d’avant la pandémie – par exemple les niveaux particulièrement élevés de pollution – mais elles ont permis aux édiles de court-circuiter de lourdes bureaucraties et de répondre plus efficacement aux besoins des habitants et du monde du travail.</p><p>Ces besoins évoluent rapidement. L’un des changements qui font le plus débat tient à la séparation du domicile et du lieu de travail. Aux premiers temps de l’urbanisation, les gens se rendaient à pied au travail. Plus tard, on commença d’utiliser les transports publics. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale et le développement des zones suburbaines que les employés commencèrent de prendre leur voiture pour se déplacer de leur domicile jusqu’aux immenses usines ou aux tours de bureaux où ils travaillaient.</p><p>Durant la pandémie, le travail à distance est devenu la règle dans de nombreuses industries – et beaucoup d’entreprises réserveront dorénavant à ce type de fonctionnement une part importante. Cette réintégration du travail au domicile menace l’un des derniers vestiges de l’âge industriel : les quartiers d’affaires centraux où se pressent les employés, s’empilent les bureaux et s’accumulent les gratte-ciel.</p><p>Compte tenu du nombre d’employés qui ne regagneront pas leur box, les vieux immeubles de bureaux pourraient être transformés, après la pandémie, en logements abordables, dont les villes ont le plus grand besoin. Les quartiers d’affaires unidimensionnels pourraient devenir des quartiers d’habitation animés.</p><p>Les activités de loisir se sont elles aussi transformées. De plus en plus, on dîne, on s’amuse, on pratique une activité physique en extérieur, ce qui occupe l’espace autrefois dévolu aux voitures. Ainsi, comme avec les pistes cyclables à Paris, la pandémie crée les prototypes des villes qui seront celles d’après l’automobile, centrées sur l’humain. À vrai dire, les changements réalisés à Paris s’inscrivent dans la perspective plus vaste de la « ville du quart d’heure », où les principales activités quotidiennes – notamment travailler, apprendre et faire ses courses – peuvent être menées non loin, à pied ou à bicyclette, du domicile.</p><p>Ainsi, loin de rendre les villes obsolètes, comme certains l’avaient <a href="https://www.nytimes.com/2020/07/21/business/economy/coronavirus-cities.html" target="_blank" rel="noopener">prédit</a>, la pandémie a libéré un potentiel de renaissance encore plus vaste – ce que l’économiste Joseph Schumpeter avait nommé, selon la formule restée célèbre, la « destruction créatrice », à l’échelle urbaine. La crise ne laisse guère aux gouvernements d’autre choix que d’avancer à pas rapides, en procédant empiriquement, par approximations et corrections. Les innovations extraordinaires accomplies dans la piétonnisation, le logement abordable et la redéfinition dynamique du zonage soulignent la puissance des boucles de rétroaction positives.</p><p>L’approche schumpéterienne est néanmoins, par nature, expérimentale, et même les expériences les mieux conçues échouent parfois. En outre, les coûts de ces échecs ne sont pas supportés de manière égale : ce sont celles et ceux qui ont le moins d’influence qui souffrent le plus. La pandémie de Covid-19 a par exemple touché de façon disproportionnée les populations pauvres et vulnérables.</p><p>En cette ère nouvelle de l’innovation urbaine, les dirigeants doivent veiller à minimiser les risques courus par les groupes vulnérables et défavorisés – et à leur redistribuer les bénéfices. Cela signifie, d’abord et avant tout, les écouter. Le mouvement Black Lives Matter, aux États-Unis, offre un exemple éloquent d’un groupe défavorisé exigeant d’être écouté. Les dirigeants devraient partout prêter attention aux divisions raciales et de classes pour les prendre à bras-le-corps. Quelles que soient les stratégies qui seront à cet égard mises en œuvre, l’urbanisme y occupera une place centrale.</p><p>Pour soutenir ce processus – et contribuer à maintenir la souplesse et la vitesse de l’innovation urbaine après la pandémie –, les dirigeants devraient envisager la création de plateformes numériques participatives afin de permettre aux résidents de communiquer leurs besoins. Cela pourrait aller dans le sens de mesures destinées à l’amélioration de la qualité de la vie dans les villes – surtout dans les quartiers défavorisés – en posant notamment des limites aux tendances les plus gênantes comme la hausse de la pollution et l’embourgeoisement des quartiers au détriment des classes populaires. Seule une approche agile et inclusive pourra nous permettre de saisir cette opportunité, comme il n’en survient qu’une fois par siècle, de « mieux reconstruire » – à la vérité d’assumer notre urgent devoir.</p><p>Aujourd’hui, une promenade rue de Rivoli ne révèle rien de la désolation ni de l’ennui dont nous craignions tant qu’ils s’emparent des rues des villes durant la pandémie. Bien au contraire, l’artère historique fourmille de Parisiens masqués, passant à toute allure à vélo, en scooters électriques, en bicyclettes partagées ou en rollers, à moins qu’ils ne s’arrêtent à une terrasse ou un comptoir le temps d’un café à emporter. Une rue que la pandémie avait pétrifiée reprend vie. Avec une urbanisation bienveillante, des expériences courageuses et un peu de chance, ces transformations pourraient sonner la renaissance des villes, partout dans le monde.</p><p>Traduit de l’anglais par François Boisivon</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/561/une-occasion-en-or-le-prince-de-galles-et-dautres-dirigeants-a-propos-de-la-grande-reinitialisation-du-forum</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 22:24:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/561/une-occasion-en-or-le-prince-de-galles-et-dautres-dirigeants-a-propos-de-la-grande-reinitialisation-du-forum</link>
	<title><![CDATA[&quot;Une occasion en or&quot; - Le Prince de Galles et d&#039;autres dirigeants à propos de la Grande Réinitialisation du Forum]]></title>
	<description><![CDATA[<p>"Il y a une occasion en or de tirer quelque chose de bon de cette crise... les crises mondiales ne connaissent pas de frontières, et soulignent à quel point nous sommes interdépendants en tant que peuple partageant une seule planète."</p><p>S'exprimant lors du lancement de la Grande Réinitialisation du Forum mercredi, tels sont les mots du Prince de Galles sur la chance qu'a l'humanité de créer un monde plus durable et plus équitable dans le sillage de la pandémie de coronavirus COVID-19.</p><p>Il a ajouté : "Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, et si nous ne construisons pas de manière plus verte, plus inclusive et plus durable, nous aurons alors de plus en plus de pandémies".</p><p>[embedded content]</p>
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<p>La Grande Réinitialisation sera le thème d'un sommet unique organisé par le Forum Economique Mondial en janvier 2021. La 51e réunion annuelle du Forum Economique Mondial réunira des dirigeants de gouvernements, d'entreprises et de la société civile, ainsi que des parties prenantes du monde entier, pour des dialogues en personne et virtuels. Mais, plus largement, la Grande Réinitialisation est un engagement à construire conjointement et de manière urgente les bases de notre système économique et social pour un avenir post-COVID plus juste, plus durable et plus résistant.</p><p>L'initiative est née de la plate-forme d'action COVID du Forum. Et, alors que nous entrons dans une période où il est possible de façonner la reprise de COVID-19, la Grande Réinitialisation offrira des perspectives qui aideront à informer tous ceux qui déterminent l'état futur des relations mondiales, l'orientation des économies nationales, les priorités des sociétés, la nature des modèles commerciaux et la gestion d'un bien commun mondial.</p><p></p><p>Voici un résumé de quelques-unes des citations et clips clés du lancement :</p><p>"Le meilleur mémorial que nous puissions construire pour ceux qui ont perdu la vie dans la pandémie est ce monde plus vert, plus intelligent et plus juste."</p>
<p>— Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international.</p>
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<p>"Nous ne pouvons plus jamais permettre que nos systèmes de santé, d'éducation et de soins soient sous-financés".</p>
<p>— -Sharan Burrow, secrétaire générale, Confédération syndicale internationale</p>
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<p>"La pandémie a accéléré l'adoption des technologies numériques... le haut débit est devenu l'électricité du XXIe siècle."</p>
<p>— -Bradford L. Smith, Président de Microsoft</p>
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<p>"Nous avons besoin de notre imagination ici : nous voyons chaque jour le domaine du possible, il est défini chaque jour maintenant."</p>
<p>— Bernard Looney, directeur général, BP</p>
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<p>"Le temps du cynisme est un peu derrière nous.... Être un critique de salon n'est vraiment pas acceptable. Il est temps de venir à la table des négociations et de faire la différence."</p>
<p>— -Ajay S. Banga, Directeur général, Mastercard</p>
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<p>Licence et Republication</p><p class="article-footer__source">Les opinions exprimées dans cet article sont celles de leur auteur et non celles du Forum économique mondial</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/560/la-grande-reinitialisation-cest-aussi-la-lutte-contre-le-racisme-voici-pourquoi</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 22:23:35 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/560/la-grande-reinitialisation-cest-aussi-la-lutte-contre-le-racisme-voici-pourquoi</link>
	<title><![CDATA[La Grande Réinitialisation, c&#039;est aussi la lutte contre le racisme - voici pourquoi]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La Grande Réinitialisation a été lancée le 3 juin par Klaus Schwab et le Prince Charles.<br />Selon la chef du FMI, cela signifiera "un monde plus vert, plus intelligent et plus juste".<br />Schwab cite Mandela sur le lien entre le racisme, l'économie et des sociétés équitables.</p>
<p>La Grande Réinitialisation - reconstruire l'économie mondiale d'une manière plus juste et plus verte alors que nous sortons de la pandémie de coronavirus - exigera également des sociétés qu'elles combattent et battent le racisme.</p><p>Dans ses derniers mots lors du lancement du projet mercredi, le fondateur et président exécutif du Forum économique mondial, Klaus Schwab, a choisi de citer Nelson Mandela, un homme emprisonné pendant des années pour avoir lutté contre le racisme institutionnel en Afrique du Sud sous l'apartheid et qui est devenu le président du pays.</p><p></p><p>Nelson Mandela et Klaus Schwab</p><p>Image : Forum Économique Mondial</p><p>"Il y a 21 ans, j'étais sur scène avec Nelson Mandela à Davos lorsqu'il a déclaré : "Nous devrions mettre un terme au fléau du racisme et des divisions. Cela nécessite des institutions démocratiques fortes et la volonté de tous, ainsi qu'une culture de la compassion. Rien de tout cela n'est possible sans une économie forte et une société cohésive".</p><p></p><p>Davos 1999</p><p>Image : Forum Économique Mondial</p><p>Si une grande partie de la Grande Réinitialisation portera sur la durabilité environnementale et une meilleure utilisation de la technologie, elle vise également à rechercher une plus grande équité et moins d'inégalités.</p><p>"La crise COVID-19 nous a montré que nos anciens systèmes ne sont plus adaptés au XXIe siècle", a déclaré M. Schwab dans son discours d'ouverture. "Elle a révélé le manque fondamental de cohésion sociale, d'équité, d'inclusion et d'égalité".<br /></p><p>Nous pourrions essayer de revenir au monde que nous avions avant la pandémie, a-t-il dit, mais cela risquerait "d'amplifier bon nombre des tendances que nous constatons aujourd'hui : la polarisation, le nationalisme, le racisme et, en fin de compte, les troubles sociaux et les conflits".</p><p>Une grande remise à zéro de la façon dont l'économie et la société fonctionnent ferait le contraire, a-t-il dit.</p><p>C'était aussi le moment de soutenir ceux qui avaient été laissés de côté. Juliana Rotich, Venture Partner chez Atlantica Ventures à Nairobi, a déclaré que nous étions à un point d'inflexion.<br /></p><p>"Il y a une opportunité de centrer la réinitialisation sur ceux qui sont les plus vulnérables, ceux qui sont à la limite où il suffit de quelque chose comme une pandémie pour glisser dans la pauvreté".</p><p>D'autres intervenants lors du lancement ont fait écho aux préoccupations de M. Schwab concernant l'inégalité et le racisme.</p><p>Le président de Microsoft, Brad Smith, a fait une référence directe au conflit racial dans son propre pays et à la façon dont la Grande Réinitialisation pourrait faire partie de la solution.</p><p>"Les données, et plus largement la technologie, sont des outils indispensables pour résoudre presque tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés", a-t-il déclaré.</p><p>"Et donc, lorsqu'il s'agit de protéger les droits fondamentaux des gens, comme nous le voyons aujourd'hui aux États-Unis, nous nous sommes concentrés pendant plusieurs années sur l'utilisation des données pour mettre en lumière les disparités, par exemple, entre les pratiques de la police sur les Afro-Américains aux États-Unis par rapport aux autres populations - c'est une partie de ce que nous devrons aborder dans le monde entier".</p><p>Dans un discours passionné, Kristalina Georgieva, la directrice du Fonds monétaire international, a déclaré que la Grande Réinitialisation aboutirait à un "monde plus vert, plus intelligent et plus juste".</p><p>"Nous savons que cette pandémie, si elle est laissée à elle-même, va aggraver les inégalités", a-t-elle déclaré.</p><p>"Mais si nous nous concentrions sur l'investissement dans les personnes, dans le tissu social de nos sociétés, dans l'accès aux opportunités et à l'éducation pour tous, dans l'expansion des programmes sociaux - alors nous pourrions avoir un monde qui serait meilleur pour tous".</p><p>Licence et Republication</p><p class="article-footer__source">Les opinions exprimées dans cet article sont celles de leur auteur et non celles du Forum économique mondial</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/559/la-grande-reinitialisation-un-sommet-unique-pour-debuter-2021-communiques-de-presse</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 22:12:48 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/559/la-grande-reinitialisation-un-sommet-unique-pour-debuter-2021-communiques-de-presse</link>
	<title><![CDATA[La &quot;Grande Réinitialisation&quot; : un sommet unique pour débuter 2021 &gt; Communiqués de presse]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La "Grande Réinitialisation" ("Great Reset") sera le thème d'un sommet unique qui aura lieu en janvier 2021, et qui sera convoqué par le Forum Économique Mondial.<br />La "Grande Réinitialisation” est un engagement à construire conjointement et de manière urgente les bases de notre système économique et social pour un avenir plus juste, plus durable et plus résistant.<br />Elle exige un nouveau contrat social centré sur la dignité humaine et la justice sociale, et dans lequel le développement économique n’empiète pas sur le progrès de la société.<br />La crise sanitaire mondiale a mis à nu des ruptures de longue date dans nos économies et nos sociétés, et a créé une crise sociale qui nécessite de toute urgence la création d’emplois décents et significatifs.<br />Le sommet se tiendra à la fois en présentiel et virtuellement, et mettra en relation les principaux dirigeants gouvernementaux et les chefs d’entreprises à Davos avec un réseau mondial de participants présent dans 400 villes du monde entier pour un dialogue tourné vers l'avenir et animé par la jeune génération.<br />L'annonce de la "Grande Réinitialisation" sera faite par SAR le Prince de Galles et Klaus Schwab lors d'une réunion virtuelle aujourd'hui à 14h30, heure d'été d'Europe centrale, et peut être suivie <a href="http://www.wef.ch/3junebriefing">ici</a>.</p>
<p>Genève, Suisse, 3 juin 2020 – La "Grande Réinitialisation" sera le thème d'un sommet unique qui sera convoqué par le Forum économique mondial en janvier 2021. La 51e Réunion Annuelle du Forum Économique Mondial réunira des dirigeants de gouvernements, d'entreprises et de la société civile, ainsi que différents acteurs du monde entier dans une configuration sans précédent qui comprendra des dialogues en personne et virtuels.</p><p>"Nous n'avons qu'une seule planète et nous savons que le changement climatique pourrait être la prochaine catastrophe mondiale ayant des conséquences encore plus dramatiques pour l'humanité. Nous devons décarboniser l'économie dans la courte fenêtre d’action qui nous reste et mettre à nouveau notre pensée et notre comportement en harmonie avec la nature", a déclaré Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum Économique Mondial.</p><p>"Afin d'assurer notre avenir et de prospérer, nous devons faire évoluer notre modèle économique et placer les humains et la planète au cœur d’une création de valeur mondiale. S'il y a une leçon essentielle à tirer de cette crise, c'est que nous devons placer la nature au cœur de notre mode de fonctionnement. Nous ne pouvons tout simplement pas perdre plus de temps", a déclaré S.A.R. le Prince de Galles.</p><p>"La Grande Réinitialisation est la confirmation que nous devons considérer cette tragédie humaine comme un signal d'alarme. Nous devons construire des économies et des sociétés plus égales, plus inclusives et plus durables, qui soient plus résistantes face aux pandémies, au changement climatique et aux nombreux autres défis auxquels nous sommes confrontés au niveau global", a déclaré António Guterres, secrétaire général des Nations unies à New York.</p><p>"Une Grande Réinitialisation est nécessaire pour construire un nouveau contrat social qui honore la dignité de chaque être humain", a ajouté M. Schwab. "La crise sanitaire mondiale a mis à nu la non-durabilité de notre ancien système en termes de cohésion sociale, d'absence d'égalité des chances et d'inclusion. De plus, nous ne pouvons pas non plus tourner le dos aux maux causés par le racisme et la discrimination. Nous devons intégrer dans ce nouveau contrat social notre responsabilité intergénérationnelle pour nous assurer que nous sommes à la hauteur des attentes des jeunes".</p><p>"La COVID-19 a accéléré notre transition vers l'ère de la quatrième révolution industrielle. Nous devons nous assurer que les nouvelles technologies dans le monde numérique, biologique et physique restent centrées sur l'homme et servent la société dans son ensemble, en offrant à chacun un accès équitable", a-t-il déclaré.</p><p>"Cette pandémie mondiale a également démontré une fois de plus à quel point nous sommes interconnectés. Il est de notre devoir de rétablir un système fonctionnel de coopération mondiale intelligente, structuré pour relever les défis des 50 prochaines années. La Grande Réinitialisation exigera que nous intégrions tous les acteurs de la société mondiale dans une communauté d'intérêt, d'objectif et d'action communs", a déclaré le Professeur Schwab. "Nous devons changer de mentalité, passer d'une réflexion à court terme à une réflexion à long terme, passer du capitalisme actionnarial à la responsabilité des parties prenantes. La gouvernance environnementale et sociale et la bonne gouvernance doivent être des éléments mesurés de la responsabilité des entreprises et des gouvernements", a-t-il ajouté.</p><p>Ce sommet innovant sera une Réunion Annuelle très différente, reflétant l'esprit de la "Grande Réinitialisation". Il offrira une occasion unique, au début de l’année 2021, de réunir à Davos les principaux dirigeants gouvernementaux et commerciaux du monde entier, tout en s'inscrivant dans le cadre d'un sommet mondial animé par la jeune génération, afin de garantir que le dialogue sur la "Grande Réinitialisation" dépasse les limites de la pensée traditionnelle et soit véritablement tourné vers l'avenir.</p><p>Pour ce faire, le Forum Économique Mondial s'appuiera sur des milliers de jeunes dans plus de 400 villes du monde entier, la communauté des "Global Shapers", qui seront reliés à un puissant réseau virtuel pour interagir avec les dirigeants de Davos. Chacun de ces hubs appliquera une politique de portes ouvertes pour intégrer tous les citoyens intéressés dans ce dialogue, ce qui rendra la Réunion Annuelle ouverte à tous. En outre, les médias mondiaux et les réseaux de médias sociaux mobiliseront des millions de personnes en leur permettant de partager leurs contributions tout en leur donnant accès aux discussions de la Réunion Annuelle de Davos.</p><p>L'annonce de la "La Grande Réinitialisation" a été faite par S.A.R. le Prince de Galles et le professeur Schwab lors d'une réunion virtuelle, suivie de déclarations du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, et de la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.</p><p>Leurs déclarations ont été soutenues par les voix de tous les groupes d'acteurs de la société mondiale, notamment Victoria Alonsoperez, fondatrice et directrice générale de Chipsafer, Uruguay, et membre de la communauté des "Young Global Leader" ; Caroline Anstey, présidente et directrice générale de Pact, États-Unis ; Ajay S. Banga, directeur général de Mastercard, États-Unis ; Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Bruxelles ; Ma Jun, président du Green Finance Committee de la China Society for Finance and Banking et membre du comité de politique monétaire de la Banque populaire de Chine ; Bernard Looney, directeur général de bp, Royaume-Uni ; Juliana Rotich, associée, Atlantica Ventures, Kenya ; Bradford L. Smith, président, Microsoft, États-Unis ; et Nick Stern, président, Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment, Royaume-Uni.</p><p>Dans la perspective de la Réunion Annuelle, le Forum accueillera une série de dialogues virtuels, "The Great Reset Dialogues". Ces dialogues sont une initiative conjointe du Forum Économique Mondial et de S.A.R. le Prince de Galles. Des contributions à la "Grande Réinitialisation", seront également sollicitées par l'intermédiaire d'UpLink, la plateforme numérique du Forum Économique Mondial, en vue de rassembler des innovations en faveur des Objectifs de développement durable</p><p>La carte ci-dessous indique l'emplacement des hubs de la communauté des "Global Shapers" : plus de 420 hubs et 11’000 actuels et anciens "Global Shapers".</p><p></p><p>Notes aux éditeurs</p><p>En savoir plus sur <a href="http://www.wef.ch/thegreatreset" target="_blank" rel="noopener">la Grande Réinitialisation</a></p><p>Explorez la <a href="https://intelligence.weforum.org/topics/a1Gb00000038qmPEAQ?tab=publications" target="_blank" rel="noopener">Strategic Intelligence Platform et les Transformation Maps</a> du Forum<br />En savoir plus sur l’<a href="https://urldefense.proofpoint.com/v2/url?u=http-3A__wef.ch_impact&amp;d=DwMFaQ&amp;c=VWART3hH1Kkv_uOe9JqhCg&amp;r=ckttTGXi_B7fxoiN2TJjnIa7ICBQ2ptGrEgP4zF8P-Q&amp;m=agDuIY96UIvpKXtnmO85pyUbCzW39AfgZ2R_Eybqhvc&amp;s=71H6I0bUQHa5kBB2i3p9bFdblS3ZHOcIsi5hb9-mH1w&amp;e=" target="_blank" rel="noopener">impact</a> du Forum</p><p>Toutes les opinions exprimées sont celles de leurs auteurs respectifs. Le blog du Forum économique mondial est une plateforme neutre et indépendante dont le but est de lancer des débats sur les sujets majeurs qui contribuent à façonner les agendas du monde, des régions et des industries</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/558/populisme-et-neoliberalisme-%C2%AB%C2%A0les-deux-faces-d%E2%80%99une-meme-piece%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 21:35:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/558/populisme-et-neoliberalisme-%C2%AB%C2%A0les-deux-faces-d%E2%80%99une-meme-piece%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Populisme et Néolibéralisme : « Les deux faces d’une même pièce »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Dans son dernier ouvrage : Populisme et Néolibéralisme, l’économiste David Cayla cherche à faire la connexion entre ces deux phénomènes mondiaux que tout semble opposer mais qui ne sont, en réalité, que « les deux faces d’une même pièce ». Entretien.</p>
<p>C’est un habitué de nos colonnes que nous retrouvons aujourd’hui pour nous parler de son dernier livre. Nous avions déjà rencontré l’auteur à deux reprises. La première fois, c’était pour <a href="https://mrmondialisation.org/david-cayla-leconomiste-iconoclaste-qui-chamboule-les-certitudes/">la publication de L’Economie du réel</a>, un ouvrage brillant dans lequel David Cayla s’attelait à détricoter les grands principes du néolibéralisme. La seconde fois, c’était en compagnie de la regrettée Coralie Delaume. L’occasion d’<a href="https://mrmondialisation.org/la-lutte-climatique-incompatible-avec-les-traites-europeens/">analyser ensemble les failles de l’Union européenne</a>.</p><p>Dans ce quatrième livre, David Cayla décide de s’attaquer à deux phénomènes qui bousculent la vie politique et économique de nos sociétés modernes : le populisme et le néolibéralisme. L’occasion pour lui de clarifier la définition de populisme – un terme un peu galvaudé à force d’être utilisé à tout vent – et d’expliquer en quoi ce phénomène est une réaction populaire aux dogmes néolibéraux.</p>
<p>Depuis quelques années, le terme populisme s’est largement imposé dans le débat public. On a l’impression cependant qu’il est utilisé pour désigner tout et son contraire. On accuse Marine Le Pen d’être populiste, quand <a href="https://mrmondialisation.org/francois-ruffin-avec-les-gilets-jaunes-les-invisibles-sont-devenus-hypervisibles-interview/">François Ruffin se revendiquait comme tel dans nos colonnes</a>. Qu’est-ce que le populisme exactement ?</p>
<p>David Cayla : Il y a, en gros, deux manières d’aborder le populisme. La première, pour caractériser un parti ou un leader politique. Dans une optique souvent péjorative, on dit d’un leader qu’il est « populiste » parce qu’il serait démagogue et qu’il manipulerait les colères populaires pour se faire apprécier des électeurs en jouant sur l’opposition peuple / élites. Il arrive aussi que l’étiquette soit revendiquée et assumée. Dans ce cas, le populisme renvoie à un projet plus structuré qui impliquerait de rassembler et d’unifier les revendications populaires pour porter un programme de transformation sociale et politique. C’est cette seconde acceptation qui a cours parfois à gauche, notamment chez François Ruffin, et qui explique qu’il puisse se revendiquer comme populiste sans forcément être un démagogue.</p>
<p><a href="https://i0.wp.com/mrmondialisation.org/wp-content/uploads/2021/01/david-cayla2-scaled.jpg"></a><br />David Cayla. Crédit : Elsa Margueritat</p>
<p>Mais il existe une façon totalement différente d’envisager le populisme. Elle consiste à s’interroger non sur l’offre politique mais sur la demande des citoyens. La question n’est donc plus de se demander qui est populiste, mais de savoir pourquoi une population peut être attirée par des idées et des mouvements antisystèmes qui renvoient au populisme. C’est cette seconde approche que j’adopte. Je crois en effet qu’il est vain de chercher à caractériser politiquement le populisme. Certes, la littérature nous enseigne qu’il existe certains critères. Les populistes sont anti-élites et antisystème. Pour le politologue allemand Jan-Werner Müller ils seraient également anti-pluralistes puisqu’ils revendiquent avoir le monopole de l’expression populaire. Mais le populisme dénote surtout une manière particulière de faire de la politique, un certain rapport au monde. On range ainsi sous ce label des organisations clairement d’extrême droite telles que les « Proud boys » qui soutiennent Donald Trump, les dirigeants conservateurs de Hongrie et de Pologne, les gouvernements autoritaires de Russie et de Turquie, des mouvements de gauche comme Podemos, mais aussi le Mouvement cinq étoiles italien, les anti-masques, les pro-Raoult, les gilets jaunes…</p><p>Tous ces mouvements n’ont pas grand-chose en commun d’un point de vue programmatique et ne partagent en général pas la même vision du monde. Mais ceux qui les soutiennent ont néanmoins des points communs. S’enthousiasmer sur le professeur Raoult ou le Mouvement cinq étoiles, c’est exprimer une profonde défiance envers les institutions et les classes dirigeantes. En somme, le populisme n’a pas nécessairement d’idéologie structurée car il est avant tout le produit d’un certain état d’esprit, celui d’une défiance populaire qui entend se soulever contre un système jugé oppressif.</p>
<p>Le populisme serait donc pour vous un phénomène social plutôt que politique ?</p>
<p>David Cayla : Exactement ! Ce qui a fait le succès de Didier Raoult, de Donald Trump et de Beppe Grillo c’est qu’ils ont su incarner un élan de révolte. La cristallisation s’est faite sur leur personne, mais elle aurait pu se faire autrement. Le populisme est une réaction chimique qui précipite soudainement dans un système social instable. Si Raoult est devenu le héros des taxis marseillais, ce n’est pas en raison de son discours sur l’hydroxychloroquine ou de la pertinence de ses remèdes, mais parce qu’une partie de la population française, traumatisée par l’annonce du confinement et la confusion du pouvoir, avait besoin de dire « non ». Rappelons que deux semaines avant que le confinement ne soit décidé, le gouvernement profitait d’un Conseil de défense consacré à la pandémie pour annoncer que la réforme des retraites passerait sans examen parlementaire, via la procédure du 49-3.</p>
<p><a href="https://fr.tipeee.com/mr-mondialisation" class="tipeee-project-small">Soutenez Mr Mondialisation sur Tipeee</a></p>
<p>La crise sanitaire arrive donc dans un contexte de défiance profonde vis-à-vis du pouvoir. Aussi, lorsque la « punition » du confinement est annoncée, au moment où le gouvernement s’avère incapable d’approvisionner les soignants en masques et en matériel médical et que les conditions de travail à l’hôpital sont déplorables, il devient nécessaire qu’une figure d’opposition émerge pour capter cette colère. Ce fut Didier Raoult. Il a été, en quelque sorte, l’instrument de cette révolte, tout comme Trump a été l’instrument du désarroi des populations ouvrières et rurales méprisées, victimes de la mondialisation et de la désindustrialisation. Ce ne sont pas seulement les personnalités qui sont populistes, c’est le mouvement qu’elles incarnent et la colère qu’elles représentent.</p><p>Par ailleurs, il faut prendre conscience que le populisme prend des formes spécifiques d’un pays à l’autre en fonction des caractéristiques et de l’histoire des peuples. En France, les mouvements populistes ont tendance à être laïcs et teintés de libertarisme, en Europe centrale ils sont davantage autoritaires et conservateurs, tandis qu’aux États-Unis ils peuvent être anti-État et très religieux, comme le fut le mouvement du Tea Party. En somme, le populisme c’est le retour d’un certain refoulé populaire. On réaffirme une identité collective, souvent fantasmée, contre des classes dirigeantes perçues comme extérieures au peuple et défendant des intérêts contraires à ceux de la population.</p>
<p>Vous mettez en lumière un paradoxe : les leadeurs populistes qui entendent faire tomber le système en sont souvent des représentants particulièrement scintillants. Comment l’expliquez-vous ?</p>
<p>David Cayla : Un bon leader populiste est rarement une personne qui est elle-même issue des classes populaires. Cela tient à la raison évoquée plus haut. L’objectif de la population qui se donne au populisme est de contester le système en ouvrant une brèche. Lorsqu’on soutient Raoult, c’est d’abord pour contester la « dictature sanitaire ». Or, quoi de mieux qu’un médecin éminent, directeur d’un institut hospitalo-universitaire, pour contredire les décisions du Conseil scientifique ? De même, si l’on veut contester l’arrogance des « yankees » de la côte est, quoi de mieux que de mettre à la Maison Blanche un milliardaire de New York ? En instrumentalisant un membre de l’élite, les classes populaires prennent une sorte de revanche symbolique sur ceux qui, à leurs yeux, les ont trahies. S’approprier un membre de la classe dominante permet de révéler la faiblesse et l’hypocrisie du système qu’elles dénoncent.</p><p>Mais tous les mouvements populistes n’ont pas nécessairement de leader. Les représentants des gilets jaunes incarnaient bel et bien le peuple français dans toute sa diversité. C’est peut-être justement ce qui a fait la faiblesse du mouvement. Aucun leader incontesté n’a pu émerger, sans doute parce qu’aucune des personnalités qui représentaient les gilets jaunes ne bénéficiait de la légitimité que lui aurait conféré le fait d’appartenir à la classe dirigeante. De ce fait, il manquait un élément important dans le mouvement des gilets jaunes : le plaisir de retourner les élites contre elles-mêmes.</p><p>« Le populisme est avant tout un contremouvement qui se veut réparateur. »</p><p>Pour comprendre ce paradoxe, il faut en revenir à l’analyse que fait l’historien et économiste Karl Polanyi de la crise des années 1930. Voulant comprendre les causes de l’émergence des mouvements fascistes en Europe, Polanyi estime qu’ils constituent une sorte de réponse, un « contremouvement », créé par la société en réaction à la destruction de l’ordre et des institutions traditionnelles.</p><p>Les causes du populisme sont pratiquement les mêmes que celles du fascisme des années 1930. Le populisme est avant tout un contremouvement qui se veut réparateur. Son objectif est moins de précipiter le « grand soir » de la révolution prolétarienne que de remettre la société « à l’endroit ». Seuls ceux qui appartiennent aux classes supérieures rêvent d’une société horizontale et sans frontières, d’un monde plat et sans règles où chacun se livrerait à ses passions individuelles. Les classes populaires, elles, ont surtout envie de retrouver un cadre, des règles, dans lesquels elles auraient toute leur place et le sentiment de compter collectivement. Elles refusent d’être immergées dans le bain de la compétition des désirs individuels. C’est pour cela qu’elles sont attachées à la Nation et à l’imaginaire culturel, historique et politique qui s’y rattache. À l’inverse, rien n’est plus angoissant que de sentir que le pays dans lequel on vit est gouverné par des gens qui n’ont aucun sens des responsabilités et qui semblent jouir du pouvoir de manière totalement immature.</p><p>Pour remettre la société à l’endroit, il faut donc trouver l’un des membres de la classe dirigeante qui semble plus honnête, plus sincère, plus attentif au peuple. C’est cette incarnation que cherchent inconsciemment les populations qui se donnent au populisme. Davantage qu’une rupture, c’est un rétablissement qu’elles attendent.</p>
<p>Pour certains, le populisme est susceptible de représenter une menace pour les démocraties libérales. D’autres intellectuels de gauche, comme Chantal Mouffe, analysent le populisme comme une nouvelle manière de faire de la politique. Qu’en est-il au juste ?</p>
<p>David Cayla : Les deux visions ne sont pas incompatibles ! Le populisme peut effectivement être une nouvelle façon de faire de la politique. Les leaders qui parviennent à agréger les mécontentements peuvent susciter un fort sentiment d’adhésion et remporter de fulgurantes victoires électorales. Après tout, c’est ainsi qu’Emmanuel Macron a gagné la présidentielle de 2017. Tout ce qui vient d’être dit sur le populisme s’applique en effet parfaitement à la campagne électorale de Macron. Il a incarné une forme de rupture avec le système tout en en étant un membre éminent. Pour lancer sa campagne, il publie un livre dont le titre, Révolution, veut sonner le glas de « l’ancien monde ». Il est très jeune, donc neuf, mais aussi ancien ministre, ancien banquier d’affaires, énarque. C’est le Didier Raoult de la politique. Celui qui ose se lever, briser le consensus et le clivage gauche-droite. La stratégie électorale qu’il a mise en œuvre fut indéniablement populiste.</p>
<p><a href="https://i0.wp.com/mrmondialisation.org/wp-content/uploads/2021/01/7bfc294f27bce2ff320ae5e83303fa60.jpg"></a><br />Alex Gross – <a href="http://www.alexgross.com/paintings/">Source</a></p>
<p>Cela dit, on parle ici de la seule campagne présidentielle. Pour ce qui est de faire de la politique, Macron n’a en rien innové. Il a tout de suite repris les habitudes du système politique qu’il avait dénoncées jusqu’à la caricature, ce qui explique l’effondrement de sa popularité. De même, son gouvernement n’a en rien rompu avec les politiques menées par ses prédécesseurs ; il les a plutôt radicalisées, montrant une arrogance et une incompétence dans la gestion des affaires de l’État que la pandémie de Covid-19 s’est chargée de révéler aux yeux du plus grand nombre, avec son lot d’impréparations et d’amateurisme à tous les étages.</p><p>Mais le populisme peut aussi être un danger pour les démocraties libérales. En premier lieu, parce qu’il se nourrit de la défiance et du désordre. Le moteur du populisme est le sentiment d’un dysfonctionnement général et profond de la société. Mais si l’on perd confiance dans les institutions, si on ne croit plus au suffrage universel, aux médias, à la parole scientifique… le risque existe de ne pas accepter, par exemple, les mesures sanitaires élémentaires, voire le résultat des urnes, comme cela se passe chez certains soutiens de Trump. La défiance envers les institutions participe d’un affaiblissement du cadre commun indispensable à la vie démocratique. Le risque est de faire émerger des contre-sociétés avec leurs propres institutions, leurs propres médias, leurs propres croyances… qui seront d’autant plus virulentes et violentes qu’elles estiment être des victimes systémiques et qu’elles cherchent de ce fait à s’autonomiser et à s’émanciper.</p><p>Le populisme peut enfin être un danger dans sa manière de se revendiquer du peuple. Comme Müller l’explique dans son livre, cette revendication est avant tout morale au sens où ces mouvements peuvent tout à fait être très minoritaires dans l’opinion… ce qui ne les empêche pas de prétendre être les porte-parole de la « majorité silencieuse ». Le problème est qu’en s’identifiant à un « peuple » perçu comme un ensemble homogène, ils délégitimisent a priori toute expression susceptible de contredire leurs thèses. Autrement dit, ils en viennent à considérer ceux qui s’opposent à eux comme des traîtres à la solde d’intérêts économiques particuliers. Cela m’a beaucoup frappé chez les adeptes de Didier Raoult qui rangeaient systématiquement ceux qui contestaient leurs affirmations parmi les vendus au « Big Pharma » ou au pouvoir macroniste. Tous ceux qui les contredisent sont ainsi mis « en dehors » du peuple, ce qui revient à dire qu’il ne faut pas écouter leurs arguments ni leur répondre, mais les combattre et les traiter en ennemis. Il est clair qu’une telle attitude est extrêmement dangereuse pour la démocratie et interdit tout débat serein.</p>
<p>Pourquoi l’Union européenne est-elle structurellement propice à l’émergence de leaders populistes en son sein ?</p>
<p>David Cayla : Les mouvements populistes ont toujours existé et touchent aujourd’hui tous les pays du monde. Pendant longtemps, ils ont été très présents en Amérique latine (péronisme, chavisme…) ou dans les pays arabes (nasserisme), avant de s’imposer dans les anciens pays communistes. On pensait, il y a encore quelques années, que le populisme traduisait surtout la fragilité des démocraties des pays en transition. Mais le fait que des pays développés ayant une très ancienne tradition démocratique comme le Royaume-Uni, les États-Unis ou les Pays-Bas soient touchés contredit cette thèse.</p><p>Les pays de l’Union européenne ont connu des phénomènes populistes plus récemment, mais surtout plus massivement. Comment l’expliquer ? C’est d’abord l’un des effets de la crise économique et financière de 2008 et de la crise de l’euro. La gestion des faillites bancaires de 2009, les cures d’austérité imposées à l’Europe du Sud, le conflit ouvert entre le gouvernement grec et les autorités européennes en 2015 ont participé à susciter la défiance des citoyens envers les institutions européennes et leurs classes politiques. Dans beaucoup de pays, notamment en France, l’influence des partis traditionnels s’est soudainement effondrée.</p><p>Il faut dire que les gouvernements apparaissent impuissants à combattre la crise financière et les paradis fiscaux, impuissants à engager une politique commerciale ferme vis-à-vis de la Chine et à éviter une désindustrialisation accélérée. À cette impuissance économique s’est ajoutée une impuissance politique dans la gestion de la crise des réfugiés depuis 2015. Sans oublier la crise sanitaire du coronavirus qui semble avoir particulièrement touché l’Europe et qui a participé à la perte de crédibilité des autorités politiques.</p><p>L’incapacité des dirigeants à résoudre les problèmes économiques, migratoires et sanitaires affaiblit mécaniquement la confiance des peuples. Mais cette impuissance est en réalité structurelle. En effet, les gouvernements nationaux doivent agir dans un cadre supranational qui limite leur capacité de décision et leurs choix politiques. Comment lutter contre la désindustrialisation alors que la politique commerciale est négociée exclusivement à l’échelle européenne ? Comment maîtriser les flux migratoires alors que les traités imposent la libre circulation des personnes au sein de l’UE ? Comment contrer l’évasion fiscale alors que le droit européen sanctifie le libre mouvement des capitaux ?</p><p><br />Ce n’est pas un hasard si l’Union européenne est particulièrement vulnérable au populisme. C’est parce qu’elle a créé dans les années 90, avec le marché unique et l’euro, un cadre institutionnel qui limite le pouvoir des gouvernements nationaux. Je renvoie le lecteur à l’ouvrage du politologue Yasha Mounk, Le Peuple contre la démocratie, dans lequel il explique que l’Union européenne est l’archétype d’un système de démocratie limitée. « La politique de l’euro zone offre un exemple extrême d’un système politique dans lequel les citoyens ont la sensation d’avoir de moins en moins à dire à propos de ce qui se passe dans leur vie », écrit-il avant de qualifier le régime d’Europe de l’Ouest de « libéralisme antidémocratique ». C’est du besoin de démocratie, de l’idée de reprendre le contrôle, que naissent les mouvements populistes dans l’opinion.</p>
<p>Votre livre est également l’occasion de revenir sur ce qu’est réellement le néolibéralisme. Un terme quelque peu malmené selon vous. En effet, on se représente souvent le néolibéralisme comme une théorie économique rigoureusement construite, dont les principes ont été imposés partout par les grandes institutions internationales avec une rigueur quasi-religieuse. Or, dans votre livre, vous défendez une thèse alternative. Il n’y aurait pas un néolibéralisme mais une multitude de néolibéralismes ?</p>
<p>David Cayla : Ce n’est pas ma thèse mais celle que défend le philosophe Serge Audier, dans un livre magistral publié en 2012, Néo-libéralisme(s). Audier défend l’idée que le néolibéralisme est multiple, et surtout que les thèses de Milton Friedman et de Friedrich Hayek, qui se sont imposées dans les années 1980, sont très différentes du néolibéralisme originel théorisé dans les années 1930 et synthétisé lors du colloque Walter Lippmann de 1938. Il y aurait donc, selon Audier, non pas un mais plusieurs néolibéralismes aux propositions très différentes.</p><p>Si je me suis intéressé aux thèses néolibérales, c’est parce que j’y vois la clé pour comprendre les phénomènes populistes que nous connaissons actuellement. Mais pour cela il faut en revenir à la nature des doctrines néolibérales. En effet, en dépit de leur diversité, toutes les écoles néolibérales adhèrent à quelques principes qu’elles ont en commun, ainsi qu’à une certaine vision du monde qui s’inspire des théories économiques contemporaines.</p><p>Qu’est-ce que le néolibéralisme ? C’est un système de pensée qui se propose d’établir un nouveau rapport entre le pouvoir politique et l’économie. Dès son origine (mais c’est vrai également pour Hayek et Friedman) le néolibéralisme s’oppose à la fois au laisser-faire du libéralisme manchestérien du XIXème siècle et à l’interventionnisme arbitraire du keynésianisme et du planisme. Toute la pensée néolibérale repose sur la conviction que le marché n’est pas une institution naturelle capable de s’autoréguler. C’est pour cette raison que l’intervention de l’État est indispensable. Mais cette intervention doit se faire sans dénaturer les mécanismes du marché. Au contraire, il faut accompagner le marché dans sa fonction de régulation et d’organisation de l’économie et de la société.</p><p>Les doctrines néolibérales appréhendent le marché comme une institution dont la fonction première serait non pas d’organiser les échanges mais surtout de créer un système de prix à partir desquels les agents économiques vont s’organiser économiquement et socialement. Pour que cette institution soit efficace, il faut donc que les prix soient produits par les seuls mécanismes de l’offre et de la demande, dans le cadre d’un marché concurrentiel. Or, si on laisse le marché sans surveillance, il est susceptible de dégénérer, par exemple en portant atteinte aux mécanismes concurrentiels ou en créant des situations nuisibles à l’ordre social. L’État doit donc intervenir à plusieurs niveaux. Il doit faire en sorte de préserver la concurrence, il doit garantir l’ordre social, il doit instaurer une monnaie stable dans le temps pour éviter de désorganiser les prix et, enfin, il doit favoriser le libre-échange, ce qui permet d’agrandir le marché et de le rendre plus performant.</p>
<p>Crédit : Elsa Margueritat</p>
<p>Les principes néolibéraux interdisent toute politique qui pourrait désorganiser les prix ou dénaturer les équilibres concurrentiels. Les auteurs néolibéraux sont ainsi opposés aux interventions discrétionnaires et ils prônent un système juridique très encadré qui limite strictement l’action des gouvernements en matière économique. En somme, ils théorisent l’impuissance économique de l’État en le mettant au service du marché. Ces principes n’empêchent pourtant pas des interventions quantitatives ou l’indemnisation des phénomènes accidentels. C’est en s’appuyant sur cette idée que les gouvernements en sont venus à verser des milliards d’allocations et de subventions aux agents économiques dont l’activité avait souffert lors de la pandémie. Mais, souvenez-vous, même pendant les confinements il ne fallait pas dénaturer les principes concurrentiels. C’est ainsi que les rayons livre des grandes surfaces alimentaires ont été fermés.</p><p>Le néolibéralisme n’est pas un simple laissez-faire. C’est la mise en œuvre d’une politique d’accompagnement et de soutien au marché, c’est la destruction méthodique de toute entrave à la concurrence, c’est la création ordonnée d’une société de marché mue exclusivement par les idéaux de compétitivité et de performance marchande.</p><p>« C’est le propre des idéologies dominantes que de pouvoir toujours interpréter leurs défaillances comme une preuve supplémentaire de leur pertinence »</p>
<p>Comment expliquez-vous le développement et la persistance des principes néolibéraux dans le monde et dans le temps, malgré la crise de 2008 et les nombreuses controverses qu’ils ont essuyées ?</p>
<p>David Cayla : Le problème du néolibéralisme c’est qu’il s’agit d’un processus sans fin qu’il est impossible d’achever. Aussi toute crise, tout échec économique, sera systématiquement interprété comme la preuve de l’existence d’entraves qui empêchent les marchés de fonctionner, ou comme l’illustration d’un interventionnisme inadapté et sclérosant de l’État. C’est le propre des idéologies dominantes que de pouvoir toujours interpréter leurs défaillances comme une preuve supplémentaire de leur pertinence.</p><p>Cela fait vingt-cinq ans que la persistance du chômage en France est expliquée par un marché du travail trop rigide, un code du travail trop pointilleux et des aides sociales trop généreuses, et que les néolibéraux insistent pour accélérer les « réformes du marché du travail ». Cela fait donc vingt-cinq ans qu’on réforme le marché du travail. Mais puisqu’en dépit de ces réformes le problème du chômage n’est pas résolu… c’est qu’il faut aller plus loin dans les réformes et les accélérer.</p><p>La crise de 2008 aurait pu changer les interprétations des mécanismes de l’économie et, dans une certaine mesure, elle l’a fait. On a partiellement rerégulé la finance. Mais comme on n’a pas mis fin à la libre circulation du capital et à la concurrence internationale des systèmes financiers, les États se sont ensuite sentis obligés de jouer la carte de l’attractivité en accordant de nouvelles libertés aux investisseurs. Quant à la taxe sur les transactions financières dont on parle depuis trente ans, elle est toujours dans les limbes. On ne peut pas à la fois favoriser un système fondé sur la concurrence et demander aux États de pénaliser leurs propres entreprises en leur imposant des taxes et des contraintes. C’est contradictoire !</p><p>On retrouve exactement le même problème pour les politiques de protection de l’environnement et de lutte contre le changement climatique. Si l’on s’ouvre à la concurrence mondiale, on supprime tout intérêt à la réglementation stricte des activités économiques. Quel gouvernement va accepter de pénaliser ses propres industriels et compagnies aériennes en leur imposant une taxe carbone rédhibitoire qu’ils pourraient éviter simplement en allant s’installer à l’étranger ? En réalité, toute la politique environnementale est construite pour être compatible avec les principes néolibéraux. La politique européenne de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est même fondée sur l’instauration d’un marché des droits à polluer dont le but est de déléguer à la sphère privée et aux marchés le soin de déterminer le prix du carbone. C’est donc l’offre et la demande de droits d’émission qui détermine, pour une large part, notre politique environnementale. Les autres aspects de ces politiques reposent sur des normes et des pratiques de labélisation privées, ainsi que sur des subventions publiques dont le but est essentiellement de rendre profitables certaines technologies, comme la voiture électrique, qui, sans ces aides, auraient beaucoup de mal à trouver une clientèle.</p>
<p>La parfaite articulation entre les intérêts des puissants et les principes du néolibéralisme est-elle l’une des raisons pour lesquelles le néolibéralisme persiste ?</p>
<p>David Cayla : C’est évident. Mais il faut bien comprendre que tout système politique se maintient dans le temps pour défendre les intérêts des dominants. Ce n’est pas une caractéristique propre au néolibéralisme. Cela tient au fait qu’il n’existe pas de système politique strictement égalitaire. Aussi, les gagnants d’un système, quels qu’ils soient, ont toujours intérêt à le maintenir. Mais pour cela, il faut qu’ils soient capables de proposer une idéologie globale qui permette de le défendre aux yeux des nombreux perdants.</p><p>« Même les tyrannies les mieux établies finissent par s’effondrer ; les puissants tombent. C’est une permanence de l’histoire »</p><p>Du temps de l’Union soviétique, il y avait aussi des gagnants et des perdants. Une idéologie, le socialisme d’État, justifiait les équilibres politiques et préservait les rapports de domination. Mais, à un moment, le système s’est grippé, l’idéologie est apparue moins convaincante, et ceux qui avaient intérêt au maintien de l’ordre existant n’ont plus su convaincre la masse des perdants qu’ils devaient le préserver. C’est ainsi que le soviétisme s’est effondré. Le système néolibéral se maintiendra tant qu’il y aura suffisamment de gens pour croire en l’efficacité des marchés, de la concurrence et du libre-échange. Mais en fin de compte, rien n’est immuable, tous les systèmes évoluent. Même les tyrannies les mieux établies finissent par s’effondrer ; les puissants tombent. C’est une permanence de l’histoire.</p>
<p>A la fin de votre livre vous diagnostiquez la mort imminente du néolibéralisme. Au-delà du débat économique, quand on considère l’état de délabrement dans lequel se trouve le monde – sur le plan écologique bien sûr, mais également humain avec une société désabusée à force de perdre les leviers lui permettant d’influer sur sa propre existence – peut-on dire que c’est la fin d’un cycle historique amorcé au XVIIe siècle, celui de la gouvernementalité par la rationalité ? Le populisme, en mobilisant de grands idéaux pour souder une communauté, n’est-il pas le symptôme de cette transformation ?</p>
<p>David Cayla : J’espère sincèrement que nous ne sortirons pas de la gouvernementalité par la rationalité. Je suis profondément rationaliste et universaliste. En cela, je reste très attaché à l’esprit des Lumières et au libéralisme classique d’Adam Smith et de John Stuart Mill qui entendaient promouvoir l’émancipation individuelle et collective.</p><p>Autant je crois à la fin du néolibéralisme en tant que doctrine de l’action de l’État, parce qu’elle a engendré un monde qui déstabilise en profondeur nos principes démocratiques et notre capacité à vivre collectivement, autant je ne renonce pas au projet d’émancipation et à l’idée de construire une société meilleure fondée sur la raison. Il est vrai que les passions irrationnelles existent et que la crise que connaît le néolibéralisme est porteuse de dangers. Les mouvements populistes peuvent tout à fait être salutaires lorsqu’ils incarnent des revendications sociales légitimes. Il est de toute façon toujours bon que le peuple s’invite à la table des puissants pour faire valoir ses intérêts. C’est la raison pour laquelle, comme beaucoup de Français, j’ai soutenu le mouvement des gilets jaunes. Néanmoins, il faut aussi prendre garde à ce que la contestation légitime de l’ordre néolibéral ne débouche sur des idéologies alternatives délirantes qui pourraient être extrêmement dangereuses et porteuses de violence.</p>
<p><a href="https://i0.wp.com/mrmondialisation.org/wp-content/uploads/2021/01/agross-drones.jpg"></a><br />Art : Alex Gross</p>
<p>Nous avons redécouvert, depuis un an, le risque pandémique et la fragilité de notre société capitaliste. Je pense que le storytelling néolibéral est en bout de course et que la plupart des gens s’interrogent sur la pertinence de ses principes. Le cycle néolibéral, ouvert dans les années 1970, est clairement en train de s’achever. Mais, pour l’instant, nous n’avons toujours pas de doctrine de remplacement. Souder les communautés, développer de nouvelles représentations du monde, répondre à l’urgence écologique, c’est évidemment fondamental. Mais tout cela doit s’incarner dans une nouvelle conception du rôle de l’État, dans une profonde rénovation démocratique et dans l’organisation d’un nouveau système économique qui ne conduise pas tout le monde à un appauvrissement.</p><p>Si nous n’y prenons pas garde, la fin du néolibéralisme peut déboucher sur des choses bien pires que le système actuel. Il convient donc d’être vigilants et intraitables sur le respect de nos libertés fondamentales. Et il convient aussi de s’intéresser au sort des moins fortunés. Car c’est toujours à l’aune du sort qui est réservé aux plus fragiles que se juge le degré de civilisation d’une société.</p><p>– T.B.</p><p>Populisme &amp; néolibéralisme / Editions De Boeck Supérieur / ISBN : 2807328830</p>
<p><a href="https://mrmondialisation.org/donation/" title="Faire_un_don"></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/557/meme-la-nostalgie-nest-plus-ce-quelle-etait</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 21:09:03 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Même la nostalgie n&#039;est plus ce qu&#039;elle était]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Terrible constat : même pour la commémoration du 10 mai 81, le PS n’a pas été capable de se rassembler.</p><p>par  Thomas Thévenoud</p><p>Le Creusot, dimanche 9 mai.</p><p> On sent bien qu’eux-mêmes n’y croient plus vraiment à cette histoire des « forces de l’esprit ». Le temps a passé, même la nostalgie n’est plus ce qu’elle était.</p><p>L’ancienne sherpa du président Anne Lauvergeon croit se souvenir que la première mouture du fameux discours des voeux en 1995 était plus spiritiste encore… Le public retient son souffle, on s’attend à une révélation. Mais, quelle était la formule exacte ? Elle ne s’en souvient pas.</p><p>François Mitterrand disait : « Pour réussir en politique, il faut d’abord de la santé et ensuite de la mémoire. Après, si vous êtes intelligent, ça ne peut pas nuire. »</p><p>Les socialistes à avoir de la mémoire sont de moins en moins nombreux. En cette veille du 10 mai, ils ne sont que quelques-uns à avoir fait le déplacement au Creusot pour se raconter une histoire qu’ils connaissent par cœur.</p><p>Au-dessus d’eux, sous la voute du petit théâtre à l’italienne du Château de la Verrerie au Creusot, une peinture roccoco d’un ciel de nuages, on lit cette inscription : « A la reine » ! Drôle d’endroit pour une rencontre de vieux grognards socialistes.</p><p>« Pour réussir en politique, il faut d’abord de la santé et ensuite de la mémoire. Après, si vous êtes intelligent, ça ne peut pas nuire. » (Mitterrand)</p><p>David Marti, le maire du Creusot, a été le premier élu socialiste à avoir eu l’idée de « faire quelque chose » pour les quarante ans du 10 mai. François Mitterrand connaissait bien la ville et entretenait une longue histoire avec la Saône-et-Loire. Et puis la Nièvre est à deux pas. Alors, il a d’abord invité Gilbert Mitterrand, son fils et les fidèles ont suivi.</p><p>Enfin pas tous… Mazarine Pingeot a organisé un événement concurrent à Paris, Jacques Attali a moqué le matin même sur France Info cette « réunion d’anciens combattants politiciens » et Jack Lang a préféré commémorer le 10 mai en multipliant les interviews dans la presse. A chacun son Mitterrand et il avait plusieurs familles…</p><p>Gilbert a donc fait le choix de la Saône-et-Loire. Je le retrouve avec bonheur. Cet homme est la gentillesse même. Vieux blouson en cuir usé sur le dos, cigarette à la main, le fils de l’ancien président n’a jamais manqué aux rendez-vous de l’amitié pour moi. Avec lui, la nostalgie est douce et bienveillante. Nous parlons de la maison familiale de Cluny, de sa mère qui repose dans le cimetière en haut de la ville, des livres qui viennent de sortir sur son père, du temps qui passe et de Latche qu’il voudrait me faire visiter.</p><p>Il me raconte son 10 mai : « Le matin, j’étais à Libourne, où je votais. Après j’ai pris le train. 4 heures 30 de trajet pendant lesquels j’ai refait tous les calculs. Quand je suis arrivé à Montparnasse je ne savais toujours rien. Il n’y avait pas de portable à l’époque… Je suis donc allé à Solférino, où on m’a dit que François Mitterrand avait gagné mais qu’il ne fallait surtout pas en parler. Alors, je suis allé rue de Bièvre et là les appels n’ont pas arrêté, je me suis transformé en standardiste. Quand je suis retourné à Solférino, tout le monde était déjà parti à la Bastille et quand je suis arrivé à la Bastille, l’orage était passé, il n’y avait plus personne. Alors je suis allé manger dans une brasserie mais le patron était de droite alors il a décidé de fermer tôt. Je suis rentré rue de Bièvre. Quand mon père et ma mère sont arrivés à 2 heures du matin de la Nièvre, on s’est félicités et puis on est allés se coucher. Bref, je suis complétement passé à côté du 10 mai. »</p><p>A chacun son 10 mai. François Hollande n’a pas envie de raconter le sien. On dirait même qu’il a perdu son sens de l’humour légendaire ce matin. Fidèle à sa figure de style traditionnelle, il enchaîne les anaphores et commence toutes ses phrases par « François Mitterrand c’était… » et récite sans conviction le bréviaire de deux septennats dont « tout nous parle encore ». Après une allusion lointaine à En Marche et à ces mouvements politiques d’aujourd’hui « sans militants, sans références, sans histoire. », il s’attaque à sa tête de turc préférée : le PS d’aujourd’hui.</p><p><a href="https://revuecharles.fr/wp-content/uploads/2021/05/IMG_1280-scaled.jpg"></a></p><p>Décidément, cet homme ne quittera jamais les habits de premier secrétaire. Sa punchline du jour : « ce n’est pas l’union qui fait la force, c’est la force qui fait l’union. Comme de toutes façons, en raison des restrictions sanitaires, aucun militant n’est là pour entendre le message et Olivier Faure le patron du PS s’est fait porter pâle, un ange ne fait que passer sous le plafond en stuc.<br />Lionel Jospin, plus raide que jamais, n’est pas là pour rigoler non plus. Il ne tient pas compte des questions que le journaliste qui anime la table ronde vient de lui poser. Il a préparé une intervention écrite et sort un discours de sa poche. Personne ne lui dira ce qu’il a à faire, ni à dire. </p><p>Il a décidé de régler son compte à deux présidents en 10 minutes en parlant de la conception du pouvoir chez Mitterrand. Il évoque longuement les relations entre le parti et le groupe parlementaire de l’époque. Les frondeurs ? Pas de ça sous Mitterrand. François Hollande qui est assis au premier rang se tasse dans son fauteuil.</p><p>« Tout rapprochement entre ce que fait Emmanuel Macron et ce qu’a fait François Mitterrand ne pourrait pour moi résulter que d’un malentendu. » (Jospin)</p><p>Deuxième flèche à destination du président actuel. Pour commémorer à sa manière le 10 mai 81, Emmanuel Macron a eu l’idée d’inviter tous les anciens collaborateurs de François Mitterrand. Lionel Jospin met en garde : « Tout rapprochement entre ce que fait Emmanuel Macron et ce qu’a fait François Mitterrand ne pourrait pour moi résulter que d’un malentendu. » La statue du Commandeur a parlé, Lionel Jospin replace les feuillets de son discours dans la poche de son veston. </p><p><a href="https://revuecharles.fr/wp-content/uploads/2021/05/IMG_1281-scaled.jpg"></a></p><p>Anne Hidalgo n’a rencontré qu’une fois François Mitterrand lors du centenaire de l’inspection du travail en 1992. Ce n’est pas assez pour parler d’une relation singulière avec l’ancien président. Alors elle préfère raconter son 10 mai : elle était à Lyon dans le 9e arrondissement avec une bande d’amis, des « volleyeurs », à attendre les résultats. A 20 heures, fous de joie, ils ont sauté par la fenêtre : heureusement ils étaient au rez-de-chaussée. La chute dans le vide, ce n’est pas le genre de la maire de Paris. « J’assure toujours mes arrières », nous dit-elle en aparté.</p><p>Dans la cour du Château, elle avance à pas lents pour rejoindre la photo de famille, aussi prudente que si elle était sur la route de l’Élysée. Patrick Bloche, son adjoint à l’éducation, aime bien l’idée des petits cailloux sur le chemin et il me confirme que ce déplacement n’a qu’une utilité : « montrer qu’elle peut traverser le périphérique ».</p><p>La maire de Paris connaît ses classiques et sait ce qui peut lui être reprocher. Une candidature à la présidentielle vaut bien un aller-retour en TGV. Ce soir, elle sera à l’Hôtel de Ville pour présider une autre manifestation concurrente.</p><p><a href="https://revuecharles.fr/wp-content/uploads/2021/05/IMG_1284-scaled.jpg"></a></p><p>Pour être sur la photo de famille, chacun se pousse du coude, oubliant un instant les gestes barrières et retrouvant les vieilles habitudes de leur jeunesse politique… Un vieux militant communiste que je connais bien a sorti son smatphone : « Bon, la photo est floue mais c’est pas grave : aujourd’hui tout est flou… »</p><p>Quand j’interroge André Billardon, l’ancien maire du Creusot, macroniste de la première heure et mitterrandiste de toujours, sur les chances de trouver un futur président parmi eux, il sourit : « Aucun de ceux qui sont là ne gagnera. La seule question c’est de savoir si quelqu’un aura le courage d’y aller pour prendre date… »</p><p>C’est ce que Pierre Joxe a résumé d’une formule il y a quelques minutes : « Qui plante aujourd’hui à gauche ? Qui arrose ? Vous savez que François Mitterrand aimait beaucoup les arbres. Lui il plantait. Il aimait les feuillus dans le Morvan et les résineux dans les Landes. Mais il n’aimait pas les résineux dans le Morvan. C’était un homme de contradictions. » La gauche cherche son jardinier.</p><p>Seul Bernard Cazeneuve, excellent rosiériste à ses heures, essaie de faire sourire l’auditoire avec son numéro favori : celui du petit chauve, forcément impressionné par ses grands chevelus que sont encore Jospin ou Joxe.</p><p>L’ancien premier ministre a trop de distance avec lui-même pour être candidat à l’élection présidentielle, mais c’est indéniablement le plus solide. Pas assez dingue pour le job, mais très conscient d’en avoir les capacités, il s’interroge à voix haute sur le sens des choses, sur « ce qui change et surtout sur ce qui ne change pas » comme disait Mitterrand. Bernard Cazeneuve n’est pas né à la bonne époque, c’est peut-être son seul défaut : « Dans un monde où tout le monde est amnésique, je suis là par devoir de mémoire. »</p><p>Les autres cherchent encore la raison pour laquelle ils sont venus ce matin au Creusot.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Fri, 14 May 2021 20:15:49 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Des chercheurs de l&#039;EPFZ découvrent le talon d&#039;Achille du Covid-19 - rts.ch]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Des chercheurs de l'EPFZ ont mis au jour un point faible important du coronavirus, qui permet d'inhiber la multiplication de l'agent pathogène. Cette découverte pourrait permettre le développement d'un médicament efficace contre tous les variants.</p><p>Le décalage du cadre de lecture est au coeur des recherches menées par des chercheurs de l'EPFZ et les universités de Berne, Lausanne et Cork (Irlande). Dans ce phénomène génétique, le ribosome - l'usine à protéines de la cellule - se trompe et omet des lettres lorsqu'il lit la séquence de l'ARN messager.</p><p>Cette situation arrive rarement dans les cellules saines car cela entraînerait un dysfonctionnement des protéines. Mais certains virus, comme le coronavirus ou le VIH, dépendent au contraire de ce décalage pour réguler la production de leurs protéines.</p><p>Le SARS-CoV-2, à l'origine du Covid-19, induit un décalage du cadre de lecture en repliant son ARN d'une manière inhabituelle et complexe, écrit l'équipe de recherche vendredi <a href="https://ethz.ch/en/news-and-events/eth-news/news/2021/05/the-achilles-heel-of-the-coronavirus.html">dans un communiqué</a>. "Les composés chimiques ciblant cet ARN viral spécialement replié pourraient être utilisés comme médicaments antiviraux".</p><p>&gt;&gt; La vidéo publiée par l'EPFZ:</p>
<p>[embedded content]Gel du ribosome</p>
<p>Mais jusqu'à présent, il y avait trop peu d'informations précises sur cet ARN viral. Les chercheurs ont réussi à observer ce processus, est-il indiqué dans le dernier numéro de la revue scientifique "Science".</p><p>Ils ont pu, grâce à des expériences biochimiques sophistiquées, "geler" le ribosome au niveau du site de décalage du cadre de lecture de l'ARN du coronavirus. Les scientifiques ont ensuite pu étudier le complexe moléculaire à l'aide de la microscopie cryo-électronique.</p><p>Ils sont aussi allés plus loin en essayant d'influer sur le processus avec des substances chimiques. Résultat: deux composés chimiques réduisent la réplication virale de mille à dix mille fois, sans être toxiques pour les cellules traitées.</p>
<p>Efficace contre les variants</p>
<p>Comme tous les types de coronavirus reposent sur le décalage du cadre de lecture, un médicament ciblant ce processus pourrait permettre de traiter les infections causées par des variants.</p><p>Les futurs travaux de l'équipe se concentreront sur la compréhension des mécanismes de défense cellulaire qui suppriment ce décalage dans les cas de virus. Cela pourrait être utile pour développer des médicaments basés sur ce phénomène, a expliqué Nenad Ban, professeur de biologie moléculaire à l'EPFZ et co-auteur de l'étude.</p><p>&gt;&gt; Revoir le sujet de La Matinale consacrée au séquençage du coronavirus:</p>
<p><a href="//www.rts.ch/video/la-1ere/l-eclairage-d-actualite/12039692-comment-surveilleton-les-variants-du-coronavirus-video.html" data-media-urn="urn:rts:video:12039692"><br /><br /><br /><br /></a><br />Comment surveille-t-on les variants du coronavirus ? (vidéo) / La Matinale / 3 min. / le 12 mars 2021</p>
<p>ats/boi</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/555/la-presidentielle-2022-marquera-lavenement-de-loligopole%C2%A0droitier</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 16:45:26 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/555/la-presidentielle-2022-marquera-lavenement-de-loligopole%C2%A0droitier</link>
	<title><![CDATA[La présidentielle 2022 marquera l&#039;avènement de l&#039;oligopole droitier]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-infos article-infos--top-article">Temps de lecture: 7 min</p><p>Il y a tout juste dix ans, on pouvait émettre la sérieuse hypothèse <a href="https://www.fayard.fr/1001-nuits/voyage-au-bout-de-la-droite-9782755505979" rel="noreferrer" target="_blank">de l'instauration d'un oligopole droitier en France</a>, dans le droit fil d'une tendance lourde constatée sur le continent. Par oligopole, il faut entendre le basculement à droite de l'imaginaire collectif et sa captation par des forces politiques concurrentes.</p><p>Cet oligopole est politique et agressif. Agressif entre les trois partenaires. Agressif vers ses concurrents marginaux de gauche. Trois droites –qui ne recoupent que très partiellement celles de René Rémond– s'apprêtent à s'affronter pour la victoire en mai 2022, <a href="https://www.lejdd.fr/Politique/sondage-presidentielle-2022-macron-et-le-pen-largement-en-tete-bertrand-en-embuscade-la-gauche-lachee-4037701" rel="noreferrer" target="_blank">comme le confirme le récent sondage IFOP pour le Journal du Dimanche</a>. Si le débat et l'électorat basculent à droite, le pays est à la merci d'un <a href="https://www.lefigaro.fr/politique/dominique-reynie-les-abstentionnistes-peuvent-provoquer-un-accident-electoral-en-2022-20201025" rel="noreferrer" target="_blank">«accident électoral», pour reprendre les termes de Dominique Reynié</a>.</p><p dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">SONDAGE. Présidentielle 2022 : Macron et Le Pen largement en tête, Bertrand en embuscade, la gauche lâchée <a href="https://t.co/TIsNx7Mdtn">https://t.co/TIsNx7Mdtn</a> <a href="https://t.co/y3D6hBzufv">pic.twitter.com/y3D6hBzufv</a></p>
<p>— Le JDD (@leJDD) <a href="https://twitter.com/leJDD/status/1381153292647071744?ref_src=twsrc%5Etfw">April 11, 2021</a></p>
<p>Pour l'heure, après avoir vu au fil des décennies une part croissante du débat captée par les droites, c'est bien plus des deux tiers de l'électorat entendant s'exprimer qui souhaite le faire pour un des trois candidats de droite, spectre incluant le président sortant Emmanuel Macron et La République en marche.</p>
<p>Les candidats de gauche deviennent résiduels</p>
<p>La fragmentation de la gauche n'est en rien freinée par sa prévisible éviction du premier tour. Le total des intentions de vote se portant sur ses candidats plafonne à 28%, 30% dans les meilleurs cas. Il existe des lignes de fractures entre électorats PS, EELV et LFI (Europe, économie, international, etc.) qui empêchent leur union. De surcroît, toute polémique est désormais utilisée pour créer des fractures au sein de la gauche, pour gagner du temps sur le calendrier, avec –il faut le dire– l'assentiment de responsables de gauche toujours plus prompts à embrasser des débats de plus en plus picrocholins.</p><p>La social-démocratie, incarnée chez nous par le PS, subit le déclin historique constaté dans la plupart des pays européens et n'en finit plus de payer son ralliement aux politiques d'austérité des années 2010, comme l'héritage de la présidence Hollande, répudié par nombre de ses anciens électeurs.</p><p>Si le clivage gauche-droite existe toujours, il s'est affaibli.</p><p>La gauche radicale, qui s'est affirmée comme un acteur de la vie politique, pâtit encore d'un relatif manque de crédit dans sa capacité à gouverner, et ce d'autant plus que l'expérience Tsipras a échoué quand Podemos peine à rééditer ses scores des années 2015-2016. Alors qu'elle est la famille politique qui a sans doute le plus muté, il y a quelque chose d'inabouti dans sa situation présente, un aggiornamento inachevé et une certaine façon de mener son combat qui inquiète.</p><p>Les écologistes sont portés par une aspiration perceptible à l'échelle continentale, mais pâtissent également d'une façon d'affirmer leurs choix qui sème le trouble, à l'image des innombrables déclarations de ses maires élus en juin dernier. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_f%C3%A9d%C3%A9rales_allemandes_de_2021#/media/Fichier:Opinion_polls_Germany_2021.svg" rel="noreferrer" target="_blank">L'hypothèse de la participation des Grünen à un gouvernement en Allemagne</a>, voire d'un accès à la Chancellerie après les élections de septembre, n'incitera ni EELV ni son probable candidat Yannick Jadot à s'effacer. Bien au contraire, et au détriment du discernement.</p><p>Pour l'heure, le jeu à gauche est fermé et la nasse électorale se referme sur les trois familles qui la composent. Le risque majeur pour ses candidats est d'apparaître comme résiduels et de se marginaliser de façon de plus en plus importante au fil des mois. Si le clivage gauche-droite existe toujours, il s'est affaibli. L'identification à la gauche, qui portait les réflexes politiques de «front unique» ou électoraux de «désistement républicain», a vécu. L'explosion du taux d'abstention, la forte proportion de votes blancs et nuls sont aussi des données importante du scrutin à venir, si la tendance constatée depuis le début du quinquennat se confirme.</p><p>Le problème des gauches, c'est qu'elles ne voient dans la droitisation (si tant est qu'elles la voient) que la manifestation de pensées coupables, alors qu'il s'agit de l'articulation plus ou moins habile d'éléments donnant réponse aux enjeux du temps présent. De cette méprise découle une ardente passion pour la dénonciation et les mises en accusations, provoquant un possible ras-le-bol jusque dans ses rangs et, évidemment, dans son électorat.</p>
<p>Trois candidats, un fauteuil et les dividendes de la droitisation</p>
<p>Aujourd'hui, trois candidats peuvent prétendre à la magistrature suprême. D'abord, évidemment, le président Macron, chef de l'État depuis mai 2017. Ensuite, Marine Le Pen, candidate pour la troisième fois mais vierge d'une seule chose importante ici: la participation au pouvoir. Enfin, Xavier Bertrand, ancien élu RPR et ministre UMP, élu de la nouvelle région Hauts-de-France. Édouard Philippe, éventuel recours en cas de défection du président sortant, et Valérie Pécresse, possible alternative concurrente à Xavier Bertrand, ne changeraient pas fondamentalement la donne pour l'oligopole droitier.</p><p>Leur point commun est d'emprunter le gulf stream idéologique de la droitisation par des biais différents. Si, initialement, cette dernière n'est pas de leur fait, leur tendance constante à l'entretenir et à en tirer parti s'est soit imposée, soit était évidente pour la candidate Marine Le Pen. La situation idéologique du pays puise ses racines loin dans le temps. Ceux qui pensent qu'elle est née avec CNews ou Eric Zemmour ont des œillères ou des troubles de la mémoire, sinon cognitifs, préoccupants. La droitisation a opéré par vagues successives, par un processus s'étalant sur quatre décennies, qui n'a pas été simplement imposé par en haut mais qui est le fruit d'une dialectique subtile, entre offre venue d'en haut et demande venue d'en bas. En articulant divers éléments, en en réarticulant d'autres entre eux, une réponse à été donnée aux crises successives par des droites concurrentes, dissemblables mais ayant en commun de marginaliser la gauche dans différents secteurs sociaux.</p><p>Dans cette bataille à droite, la compétence, la capacité ressentie par tel ou tel à gouverner pourrait, dans la course électorale à droite, tuer l'antique mantra lepéniste selon lequel «l'électeur préfère l'original à la copie». A contrario, la colère latente dans la société pourrait trouver une réponse dans «l'alliance d'une minute» avec la seule candidate n'ayant jamais gouverné.</p><p>À cette heure, on peut penser que le président de la République n'a pas perdu la centralité qui est la sienne. Par sa fonction en premier lieu, il est capable d'agir sur le calendrier et l'agenda du pays dans son ensemble, mais aussi sur celui de l'élection présidentielle. La rapidité de la fin de la crise du Covid déterminera la solidité de son socle électoral. Cependant, sa base électorale est à un tel point socialement distincte de celle de Marine Le Pen qu'il peut être en danger au second tour.</p><p>Marine Le Pen pâtit d'un fardeau qui n'est plus idéologique, mais relatif à sa capacité à gouverner comme elle souffre d'un préjudice patronymique. Il aurait fallu à Le Pen l'astucieux courage de ne pas se rendre au débat d'entre deux tours en 2017, dont les images diffusées en boucle pourraient parasiter sa campagne de second tour. On sait qu'en 1988, Charles Pasqua exhorta Jacques Chirac à ne pas débattre avec François Mitterrand. Le candidat Chirac suivit les conseils inverses d'Édouard Balladur, et le résultat ne se fit pas attendre.</p><p>Xavier Bertrand s'efforce d'incarner différentes figures aimées à droite: le grand élu d'une région populaires aux multiples difficultés, celle du militant qui lui colle depuis ses jeunes années au RPR, celle d'un «souverainiste» qui rappelle à l'envi qu'il a voté «non» à Maastricht en 1992. Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, hostile (au moins en apparence) à la ligne Wauquiez, il a pour lui un avantage né de la tenaille électorale dans laquelle il semble pris: mordre potentiellement ses deux concurrents s'il n'est pas dévoré par eux. Il peut se frayer un chemin vers le second tour en attirant des voix de centre droit parties chez Emmanuel Macron, et des voix de droite populaire et bonapartiste parties chez Marine Le Pen.</p>
<p>L'inconnu(e) dans l'isoloir</p>
<p>Connaît-on réellement l'électeur qui va entrer dans l'isoloir l'an prochain? La dégradation de la situation économique, les crises des «gilets jaunes» et du Covid, le dérèglement idéologique du pays rendent cet électeur si imprévisible que les outils des sondeurs peuvent connaître quelques avaries. Cet électeur entrant dans l'isoloir aura un imaginaire de droite. Son idéal-type dépendra de l'abstention relative des différents groupes sociaux et idéologiques composant le corps électoral. Quelques réalités se précisent néanmoins.</p><p>Depuis trois ans, l'auto-positionnement des Français à gauche n'a cessé de se tasser. En juillet 2020, <a href="http://www.ifop.com/publication/le-positionnement-des-francais-sur-un-axe-gauche-droite-2/" rel="noreferrer" target="_blank">l'IFOP publiait une enquête selon laquelle seuls 13% des sondés se positionnaient «à gauche»</a>, la proportion se tassant par rapport aux deux précédentes enquêtes. 39% en revanche se positionnent à «droite», en nette augmentation. Depuis 2017, le chiffre désignant ceux qui refusent de se situer sur le clivage gauche-droite est passé de 11% à 16%.</p><p>Une France plus à droite, et une gauche plus divisée, résolvent en partie l'équation du devenir de la gauche en France, sans déterminer évidemment l'issue de la compétition à droite. À un an de l'élection, un indice sur le potentiel du vote Marine Le Pen est donné par le score qu'elle obtiendrait face à Anne Hidalgo: <a href="https://www.marianne.net/politique/macron/presidentielle-2022-le-pen-lemporterait-face-a-hidalgo-mais-serait-battue-par-macron-et-bertrand" rel="noreferrer" target="_blank">51% selon l'IFOP en mars</a>, 50% selon l'IFOP paru le 11 avril dans le JDD. Pis, Yannick Jadot n'obtiendrait que 47% et Jean-Luc Mélenchon 40% face à elle. L'information aurait dû alerter.</p><p>La crise du Covid a causé des dommages relatifs à l'exécutif en matière d'opinion. Plus insaisissables en revanche sont les conséquences des mesures de restrictions des libertés sur le pays, et notamment les séquelles sur le corps social du confinement prolongé et répétitif. Les difficultés matérielles pourraient rendre l'ensemble de plus en plus durement ressenti au fil des mois.</p><p>La politique, ce n'est pas que l'affrontement partisan ou la concurrence entre des candidatures. C'est aussi l'investissement dans des réseaux de sociabilité et on sait, par exemple, que la faiblesse du tissu associatif induit une vigueur relative du vote RN/FN. Celui-ci se discute aussi dans la vie de tous les jours: au sein de son entreprise, dans la vie associative, dans sa commune. C'est au sein de cette société civile que se forme l'opinion et l'idéologie. Tout cela est toujours suspendu et peinera à se remettre en marche d'ici un an. Entre plongée dans des difficultés matérielles, inquiétude quant à l'avenir, effondrement des lieux et cadres de sociabilité, une volatilité plus grande pourrait s'installer et provoquer une éventuelle surprise.</p><p>Le contexte idéologique est magmatique, autant que les processus électoraux nationaux deviennent potentiellement explosifs. Une seule chose est certaine: pour l'heure, la gauche est bien partie pour une marginalisation durable dans la vie politique de notre pays.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/554/la-belle-initiative-benevole-qui-revele-la-deliquescence-de-l%E2%80%99etat</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 11:30:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[la belle initiative bénévole qui révèle la déliquescence de l’État]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Son succès, c’est leur échec. Il « ringardise le gouvernement » ou « incarne le service public de demain », les commentateurs ne tarissent pas d’éloges sur Guillaume Rozier, 25 ans. Ingénieur tout juste diplômé, habile avec les bases de données, il crée depuis mars 2020 des outils pour informer les Français sur l’épidémie, et dorénavant les aider à trouver un créneau de vaccination. Ses innovations bénévoles, en « open source » (le code du logiciel est accessible à tous, N.D.L.R.) et d’intérêt public révèlent aussi l’incapacité de l’État à concevoir rapidement des outils utiles aux Français. Retour en trois épisodes sur cette démonstration de l’incompétence étatique applaudie des deux mains par l’exécutif.</p>
<p>Mars 2020 : des visuels fiables et actualisés</p>
<p class="article-text article-body__item">Mi-mars 2020, sur son compte Twitter, Guillaume Rozier, un jeune ingénieur en dernière année d’étude, commence à publier des graphiques très clairs, montrant comme la courbe épidémique française suit avec quelques jours de retard la courbe italienne. Ses informations fiables, bien présentées et régulièrement mises à jour sont rapidement suivies par de nombreux internautes. Sur un site qu’il croit éphémère, Covid Tracker, il commence en avril à présenter plusieurs courbes et indicateurs actualisés quotidiennement. Le succès est grandissant.</p><p lang="fr" dir="ltr" xml:lang="fr">Update avec les données du 12 mars</p><p>La France toujours dans les pas de l’Italie <a href="https://twitter.com/hashtag/Covid19?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Covid19</a><a href="https://twitter.com/hashtag/France?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#France</a><a href="https://twitter.com/hashtag/Italy?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Italy</a><a href="https://twitter.com/hashtag/Italie?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Italie</a><a href="https://t.co/KwbgYvuwnO">pic.twitter.com/KwbgYvuwnO</a></p>
<p>— GRZ (@GuillaumeRozier) <a href="https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/1238369712460963841?ref_src=twsrc%5Etfw">March 13, 2020</a></p>
<p class="article-text article-body__item">Plongés dans le premier confinement, les Français ont soif d’informations fiables et bien présentées. Les approximations de la communication gouvernementale les agacent déjà. Les outils étatiques comme le site de Santé Publique France et la plateforme Geodes ne sont exploitables que par des initiés. Guillaume Rozier qui y récupère les données disponibles en « open data », les met en forme de manière bien plus claire et précise. Son site devient une référence pour les journalistes et attire plusieurs millions d’internautes chaque mois.</p><p class="article-text article-body__item">Humble et timide, Guillaume Rozier répète partout qu’il n’est pas spécialiste des questions de santé. Il sait ordonner et présenter des chiffres, mais prend volontiers les conseils de l'épidémiologiste Catherine Hill, rencontrée sur un plateau, pour présenter des indicateurs les plus justes possibles. Quelques geeks lui donnent un coup de main pour développer le site, qui intègre chaque semaine de nouvelles fonctionnalités. Covid Tracker fait un carton, et montre que quelques bénévoles sont capables d’accomplir ce qu'un État échoue à faire : présenter honnêtement et clairement la situation épidémique aux Français.</p>
<p>Décembre 2020 : les chiffres de la vaccination</p>
<p class="article-text article-body__item">En décembre, alors que la campagne de vaccination démarre laborieusement, Guillaume Rozier veut proposer un outil de suivi des injections. Problème : aucune donnée n’est publiée par le ministère de la Santé. Après quelques jours à galérer en recueillant les infos sur les personnes âgées vaccinées dans les Ehpad via la presse locale, il reçoit un coup de fil d’un certain Olivier Véran, qui lui propose de lui transmettre tous les jours les chiffres… que le ministère ne publie pas.</p><p class="article-text article-body__item">Félicité par le ministre de la Santé puis par Emmanuel Macron, <a href="https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/856242975973797888?s=20" target="_blank">pour lequel il ne cachait pas ses affinités en 2017</a>, Guillaume Rozier accepte et publie pendant quelques jours des données auxquelles personne d’autre n’a accès. Face au tollé que suscite ce recours à un simple bénévole pour divulguer des informations d’utilité publique, le jeune ingénieur se ravise et annonce le 11 janvier qu’il ne publiera plus ces données tant qu’elles ne seront pas diffusées publiquement. Ce partisan de l’ « open data » fait des erreurs mais apprend vite. Ridiculisé par un garçon diplômé six mois plus tôt, le gouvernement se plie à sa demande et se met à publier les données de vaccination.</p>
<p>Avril 2021 : des prises de rendez-vous rapides pour la vaccination</p>
<p class="article-text article-body__item">Début avril, Guillaume Rozier et son équipe de bénévoles ont pris une autre dimension, en créant « Vite ma dose ». Ce nouvel outil regroupe tous les créneaux de vaccination disponibles sur les plateformes KelDoc, Doctolib, Maiia, Ordoclic… Il permet à des milliers de Français de trouver une dose de vaccin. Ou quand un outil bénévole permet à un État d’accélérer une campagne de vaccination à la traîne.</p><p class="article-text article-body__item">« Vite ma dose » devient si incontournable que le 6 mai lorsqu’Emmanuel Macron annonce que les 18 à 49 ans pourront trouver des créneaux de vaccination la veille pour le lendemain dès le 12 mai, il renvoie vers le site de Guillaume Rozier. Qui, en bon serviteur de l’État, adaptera sans broncher son outil pour inclure cette fonctionnalité. Et tant pis s’il n’a pas été contacté avant…</p><p lang="fr" dir="ltr" xml:lang="fr">Aucun créneau ne doit être perdu.<br />À partir du 12 mai, les rendez-vous qui n’auront pas trouvé preneur 24 heures avant seront ouverts à tous les adultes volontaires, sans condition.<a href="https://t.co/H6mJCiN6iG">https://t.co/H6mJCiN6iG</a></p>
<p>— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) <a href="https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1390250148526231553?ref_src=twsrc%5Etfw">May 6, 2021</a></p>
<p class="article-text article-body__item">Guillaume Rozier est ainsi, il comble les lacunes de l’État depuis un an et demi sans rien demander en retour. Sommet de candeur, il félicite « les élus » et « l’Union européenne » <a href="https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/1392062850357682179?s=20" target="_blank">lorsque lui-même se fait vacciner</a>. En oubliant au passage que si la campagne vaccinale a démarré tardivement en France, c’est parce que l’UE a tardé à négocier des doses que le Royaume Uni raflait sans tergiverser.</p><p class="article-text article-body__item">Guillaume Rozier et les bénévoles qui l’aident à concevoir les outils oeuvrent pour l’utilité publique. Au-delà des éloges médiatiques et de la légion d’honneur que des députés aimeraient qu’il reçoive, c’est peut-être un travail au ministère de la Santé qu’il aurait été judicieux d’offrir à Guillaume Rozier. Il y aurait été plus utile qu'une flopée de conseillers de McKinsey. Mais c’est trop tard : le succès de ses outils lui a permis de signer un joli CDI, le voici parti dans le privé. Et l’État, lui, continuera de s’écrouler.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/education/les-autotests-dans-les-lycees-nouvel-echec-de-la-strategie-anti-covid" target="_blank">Les autotests dans les lycées, nouvel échec de la stratégie anti-Covid ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 14 May 2021 08:23:46 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Patrick Marsaud, un enfant de Paname]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a data-pin-config="beside" href="https://pinterest.com/pin/create/button/?url=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F&amp;media=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2021%2F05%2F3.jpg&amp;description=Patrick%20Marsaud" data-pin-do="buttonPin"></a></p>

<p><a href="mailto:?subject=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname&amp;body=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname%20-%20https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F"></a></p>

<p>Patrick Marsaud © Cécile Lemaitre.Il connaît Paris comme sa poche et lui voue une passion sans limite. En tant qu’agent immobilier, d’abord, mais aussi comme auteur du blog John d’Orbigny, du nom de son agence. Un rendez-vous dominical toujours très attendu sur Facebook. Patrick Marsaud publie aujourd’hui deux livres qui viennent tout juste de sortir, consacrés, bien évidemment, à Paris !</p>
<p align="justify">Comment passe-t-on d’agent immobilier à auteur ?<br />Patrick Marsaud : L’immobilier, je suis tombé dedans par hasard. Une amie travaillait dans une agence et m’a évoqué cette possible voie. Ce n’était pas une vocation et on peut s’en lasser très vite. Après dix-huit ans dans un gros réseau, avenue de la République, nous avons décidé en 2009, avec mes deux associés, de créer notre propre agence et de nous éloigner des grandes franchises qui ne nous correspondaient plus.</p><p align="justify">Et vous avez commencé à « réseauter » ?<br />Sans enseigne connue ni appui logistique d’une franchise, se démarquer et intégrer les réseaux sociaux est indispensable. À l’époque, c’était uniquement sur Facebook où j’avais lancé une page consacrée à des brèves sur l’immobilier. Bien naturellement, ça n’intéressait personne ! Même si parler d’immobilier, c’est aussi parler de l’histoire d’un quartier, de ses immeubles et de ses habitants. J’ai commencé à parler de Paris par le biais de la photographie, en ciblant une époque où les gens en faisaient encore peu, jusqu’à la fin des années 70. Ensuite, et surtout après l’arrivée du numérique, tout le monde a fait des photos, bien souvent la même, cela n’a plus d’intérêt. L’intérêt, c’est la rareté.</p><p align="justify">Pouvez-vous nous parler du blog John d’Orbigny ?<br />Chaque dimanche, je publie des photos et raconte l’histoire d’une rue, d’une personne, d’un bâtiment, une gare par exemple, ou une année dans la vie à Paris. Ce sont le plus souvent des documents rarement vus. Je fais énormément de recherches, des heures par semaine en plus du travail de l’agence, car je souhaite vérifier sérieusement les sources et ne pas publier n’importe quoi. C’est une manière de parler de Paris tout en traitant d’immobilier. Le plus difficile pour moi reste de retrouver des images des quartiers populaires ou industriels, tellement il y a peu d’informations et de photos pour la première moitié du XXe siècle. Résultat, grâce au simple bouche-à-oreille, ma page compte plus de 60 000 abonnés dont les commentaires me permettent parfois d’apprendre de nouvelles choses. Finalement, celui à qui cette page fait le plus plaisir, c’est moi ! À ce jour, j’ai des dizaines de publications en cours, « ouvertes », prêtes à être complétées et publiées, peut-être dans plusieurs mois. Dans chaque rue de Paris on peut trouver des histoires, et lorsque l’on raconte des histoires aux gens, ça marche toujours !</p>
<p>© Jean-Baptiste de Baudouin</p>
<p align="justify">Comment s’est passée votre rencontre avec Michel Lagarde ?<br />Par hasard, il y a environ six mois. Il m’a contacté pour partager une publication avec des dessins de Jean Lébédeff qu’il avait acquis dans une vente aux enchères. Étant très sollicité, j’y ai d’abord jeté un œil distrait. Et puis, devant la qualité des images, nous nous sommes rencontrés. Michel voulait en faire un livre (Le Faussaire) et souhaitait que j’écrive les textes. De mon côté, j’avais un autre projet de livre, Belleville 1965. Finalement nous avons fait les deux !</p><p align="justify">Parlons justement de Belleville 1965…<br />C’est une promenade très vivante dans le Belleville de 1965, un peu plus d’un siècle après le rattachement de Belleville à Paris. Une balade d’environ deux kilomètres, du canal Saint-Martin jusqu’à l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville en passant par le métro Jourdain et République et la rue du Faubourg du Temple. Ces images ont été prises par un dessinateur industriel bellevillois, Jean-Baptiste de Baudouin. Elles nous plongent dans un quartier en pleine mutation, avec ses primeurs et ses cinémas mais également avec ses immeubles et ses ruelles qui allaient disparaître. Ces photos en couleurs, rares à cette époque, constituent un magnifique témoignage sur un Paris oublié.</p><p align="justify">Que vous évoque le 10e ?<br />Tout comme le bas de Belleville, rue du Faubourg du Temple, pour moi le 10e et le 11e forment un peu un même quartier. Il n’y a finalement que la place de la République au milieu. République, Goncourt, Parmentier… c’est la même sensibilité. Idem pour le boulevard Saint-Martin, à cheval sur le 3e arrondissement, dans ce que l’on nomme le « haut Marais », c’est un axe vers République. Le 10e, c’est bien sûr l’emblématique canal Saint-Martin que j’ai connu à mes débuts comme agent immobilier, en 1992. C’était un lieu à l’abandon, un no man’s land sans aucun commerce. Rue Beaurepaire, il n’y avait que des grossistes en tapis. On imagine mal aujourd’hui la rue à cette époque ! Un jour, une femme m’a demandé de venir visiter son bien dans un immeuble quasiment à l’abandon, rue Jean-et-Marie-Moinon. Une partie de l’immeuble était squattée par des Maliens qui avaient percé les parties communes pour installer un monte-charge. Je n’avais jamais vu ça ! Tout comme au 5-7, rue Jacques-Louvel-Tessier, devenu le plus grand squat de Paris. À cette période, le mot d’ordre était : On dégage tout pour faire du neuf ! Heureusement, ça ne s’est pas fait. Je pense que l’arrivée de la gauche à la mairie du 10e, en 1995, puis surtout le changement de majorité municipale en 2001 y sont pour quelque chose. Autrement, dans un autre style, il y avait le boulevard de Magenta, un tracé haussmannien sans aucune vie. Un axe rouge, entièrement destiné à la voiture, utilisé pour quitter Paris ou rejoindre les gares. C’était désespérant, il n’était pas question à l’époque de pistes cyclables !</p>
<p>© Jean-Baptiste de Baudouin</p>
<p align="justify">C’était un arrondissement très populaire ?<br />Oui ! La rue Bichat jusqu’à l’hôpital Saint-Louis, les rues Marie-et-Louise et Alibert, l’avenue Richerand, la rue de la Grange aux Belles… Et puis l’avenue Parmentier qui s’éteint au commencement de l’avenue Claude Vellefaux, la rue Saint-Maur bien sûr, et tout le pourtour de la place Sainte-Marthe, que les voitures contournaient encore. Les commerces périclitaient. Le passé ouvrier a disparu puisque la population qui vivait ici est partie, chassée par les promoteurs et la hausse vertigineuse des prix. En 1996, on pouvait encore trouver des appartements pour 6 000 francs le m² (915 € environ). Et le pire, c’est qu’ils étaient difficiles à vendre car les immeubles étaient dans l’ensemble très vétustes. Comme les WC étaient sur le palier et que la seule canalisation d’eau se trouvait dans la cuisine, il était compliqué d’y installer une salle de bains et des toilettes. Les WC broyeurs restaient la seule solution. Progressivement, lorsque les prix ont commencé à remonter en 1997, les populations venant de l’ouest parisien, devenu trop cher, sont arrivées autour du canal. Des gens plus jeunes, avec plus de moyens et d’exigences. Beaucoup de réhabilitations et de rénovations ont alors commencé. Tout le monde voulait un loft dans ces années-là ! Rapidement, les habitants ont retrouvé des bistrots et des commerces de proximité. Même l’hôtel du Nord qui devait être démoli fut réhabilité. Le vieux Paris fait toujours vendre, même si en l’occurrence le film fut tourné en studio. Les prix se sont envolés. Aujourd’hui, ce ne sont plus les mêmes quartiers, ce n’est plus la même population.</p><p align="justify">Comment voyez-vous demain ?<br />Le 10e est très hétéroclite, il y a de tout : des petits coins très agréables, mais aussi deux gares pas toujours fréquentables ou encore Strasbourg-Saint-Denis. Il ne faut pas se leurrer, il reste encore quelques parties de l’arrondissement à rénover afin que naisse une vraie vie de quartier agréable pour les habitants, comme à Oberkampf ou dans une partie importante de Belleville.</p><p align="justify"></p><p align="justify"></p><p>Les deux livres de Patrick Marsaud, parus aux éditions Michel Lagarde, font l’objet d’une exposition rassemblant des photographies de Jean-Baptiste de Baudouin et des dessins de Jean Lébédeff à la galerie Treize-Dix, 13 rue Taylor, 75010 paris du 19 mai au 15 juin 2021.</p>
<p><a data-pin-config="beside" href="https://pinterest.com/pin/create/button/?url=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F&amp;media=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2021%2F05%2F3.jpg&amp;description=Patrick%20Marsaud" data-pin-do="buttonPin"></a></p>

<p><a href="mailto:?subject=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname&amp;body=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname%20-%20https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F"></a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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