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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 14 May 2021 11:30:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[la belle initiative bénévole qui révèle la déliquescence de l’État]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Son succès, c’est leur échec. Il « ringardise le gouvernement » ou « incarne le service public de demain », les commentateurs ne tarissent pas d’éloges sur Guillaume Rozier, 25 ans. Ingénieur tout juste diplômé, habile avec les bases de données, il crée depuis mars 2020 des outils pour informer les Français sur l’épidémie, et dorénavant les aider à trouver un créneau de vaccination. Ses innovations bénévoles, en « open source » (le code du logiciel est accessible à tous, N.D.L.R.) et d’intérêt public révèlent aussi l’incapacité de l’État à concevoir rapidement des outils utiles aux Français. Retour en trois épisodes sur cette démonstration de l’incompétence étatique applaudie des deux mains par l’exécutif.</p>
<p>Mars 2020 : des visuels fiables et actualisés</p>
<p class="article-text article-body__item">Mi-mars 2020, sur son compte Twitter, Guillaume Rozier, un jeune ingénieur en dernière année d’étude, commence à publier des graphiques très clairs, montrant comme la courbe épidémique française suit avec quelques jours de retard la courbe italienne. Ses informations fiables, bien présentées et régulièrement mises à jour sont rapidement suivies par de nombreux internautes. Sur un site qu’il croit éphémère, Covid Tracker, il commence en avril à présenter plusieurs courbes et indicateurs actualisés quotidiennement. Le succès est grandissant.</p><p lang="fr" dir="ltr" xml:lang="fr">Update avec les données du 12 mars</p><p>La France toujours dans les pas de l’Italie <a href="https://twitter.com/hashtag/Covid19?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Covid19</a><a href="https://twitter.com/hashtag/France?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#France</a><a href="https://twitter.com/hashtag/Italy?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Italy</a><a href="https://twitter.com/hashtag/Italie?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Italie</a><a href="https://t.co/KwbgYvuwnO">pic.twitter.com/KwbgYvuwnO</a></p>
<p>— GRZ (@GuillaumeRozier) <a href="https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/1238369712460963841?ref_src=twsrc%5Etfw">March 13, 2020</a></p>
<p class="article-text article-body__item">Plongés dans le premier confinement, les Français ont soif d’informations fiables et bien présentées. Les approximations de la communication gouvernementale les agacent déjà. Les outils étatiques comme le site de Santé Publique France et la plateforme Geodes ne sont exploitables que par des initiés. Guillaume Rozier qui y récupère les données disponibles en « open data », les met en forme de manière bien plus claire et précise. Son site devient une référence pour les journalistes et attire plusieurs millions d’internautes chaque mois.</p><p class="article-text article-body__item">Humble et timide, Guillaume Rozier répète partout qu’il n’est pas spécialiste des questions de santé. Il sait ordonner et présenter des chiffres, mais prend volontiers les conseils de l'épidémiologiste Catherine Hill, rencontrée sur un plateau, pour présenter des indicateurs les plus justes possibles. Quelques geeks lui donnent un coup de main pour développer le site, qui intègre chaque semaine de nouvelles fonctionnalités. Covid Tracker fait un carton, et montre que quelques bénévoles sont capables d’accomplir ce qu'un État échoue à faire : présenter honnêtement et clairement la situation épidémique aux Français.</p>
<p>Décembre 2020 : les chiffres de la vaccination</p>
<p class="article-text article-body__item">En décembre, alors que la campagne de vaccination démarre laborieusement, Guillaume Rozier veut proposer un outil de suivi des injections. Problème : aucune donnée n’est publiée par le ministère de la Santé. Après quelques jours à galérer en recueillant les infos sur les personnes âgées vaccinées dans les Ehpad via la presse locale, il reçoit un coup de fil d’un certain Olivier Véran, qui lui propose de lui transmettre tous les jours les chiffres… que le ministère ne publie pas.</p><p class="article-text article-body__item">Félicité par le ministre de la Santé puis par Emmanuel Macron, <a href="https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/856242975973797888?s=20" target="_blank">pour lequel il ne cachait pas ses affinités en 2017</a>, Guillaume Rozier accepte et publie pendant quelques jours des données auxquelles personne d’autre n’a accès. Face au tollé que suscite ce recours à un simple bénévole pour divulguer des informations d’utilité publique, le jeune ingénieur se ravise et annonce le 11 janvier qu’il ne publiera plus ces données tant qu’elles ne seront pas diffusées publiquement. Ce partisan de l’ « open data » fait des erreurs mais apprend vite. Ridiculisé par un garçon diplômé six mois plus tôt, le gouvernement se plie à sa demande et se met à publier les données de vaccination.</p>
<p>Avril 2021 : des prises de rendez-vous rapides pour la vaccination</p>
<p class="article-text article-body__item">Début avril, Guillaume Rozier et son équipe de bénévoles ont pris une autre dimension, en créant « Vite ma dose ». Ce nouvel outil regroupe tous les créneaux de vaccination disponibles sur les plateformes KelDoc, Doctolib, Maiia, Ordoclic… Il permet à des milliers de Français de trouver une dose de vaccin. Ou quand un outil bénévole permet à un État d’accélérer une campagne de vaccination à la traîne.</p><p class="article-text article-body__item">« Vite ma dose » devient si incontournable que le 6 mai lorsqu’Emmanuel Macron annonce que les 18 à 49 ans pourront trouver des créneaux de vaccination la veille pour le lendemain dès le 12 mai, il renvoie vers le site de Guillaume Rozier. Qui, en bon serviteur de l’État, adaptera sans broncher son outil pour inclure cette fonctionnalité. Et tant pis s’il n’a pas été contacté avant…</p><p lang="fr" dir="ltr" xml:lang="fr">Aucun créneau ne doit être perdu.<br />À partir du 12 mai, les rendez-vous qui n’auront pas trouvé preneur 24 heures avant seront ouverts à tous les adultes volontaires, sans condition.<a href="https://t.co/H6mJCiN6iG">https://t.co/H6mJCiN6iG</a></p>
<p>— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) <a href="https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1390250148526231553?ref_src=twsrc%5Etfw">May 6, 2021</a></p>
<p class="article-text article-body__item">Guillaume Rozier est ainsi, il comble les lacunes de l’État depuis un an et demi sans rien demander en retour. Sommet de candeur, il félicite « les élus » et « l’Union européenne » <a href="https://twitter.com/GuillaumeRozier/status/1392062850357682179?s=20" target="_blank">lorsque lui-même se fait vacciner</a>. En oubliant au passage que si la campagne vaccinale a démarré tardivement en France, c’est parce que l’UE a tardé à négocier des doses que le Royaume Uni raflait sans tergiverser.</p><p class="article-text article-body__item">Guillaume Rozier et les bénévoles qui l’aident à concevoir les outils oeuvrent pour l’utilité publique. Au-delà des éloges médiatiques et de la légion d’honneur que des députés aimeraient qu’il reçoive, c’est peut-être un travail au ministère de la Santé qu’il aurait été judicieux d’offrir à Guillaume Rozier. Il y aurait été plus utile qu'une flopée de conseillers de McKinsey. Mais c’est trop tard : le succès de ses outils lui a permis de signer un joli CDI, le voici parti dans le privé. Et l’État, lui, continuera de s’écrouler.</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/societe/education/les-autotests-dans-les-lycees-nouvel-echec-de-la-strategie-anti-covid" target="_blank">Les autotests dans les lycées, nouvel échec de la stratégie anti-Covid ?</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 14 May 2021 08:23:46 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/553/patrick-marsaud-un-enfant-de-paname</link>
	<title><![CDATA[Patrick Marsaud, un enfant de Paname]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a data-pin-config="beside" href="https://pinterest.com/pin/create/button/?url=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F&amp;media=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2021%2F05%2F3.jpg&amp;description=Patrick%20Marsaud" data-pin-do="buttonPin"></a></p>

<p><a href="mailto:?subject=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname&amp;body=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname%20-%20https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F"></a></p>

<p>Patrick Marsaud © Cécile Lemaitre.Il connaît Paris comme sa poche et lui voue une passion sans limite. En tant qu’agent immobilier, d’abord, mais aussi comme auteur du blog John d’Orbigny, du nom de son agence. Un rendez-vous dominical toujours très attendu sur Facebook. Patrick Marsaud publie aujourd’hui deux livres qui viennent tout juste de sortir, consacrés, bien évidemment, à Paris !</p>
<p align="justify">Comment passe-t-on d’agent immobilier à auteur ?<br />Patrick Marsaud : L’immobilier, je suis tombé dedans par hasard. Une amie travaillait dans une agence et m’a évoqué cette possible voie. Ce n’était pas une vocation et on peut s’en lasser très vite. Après dix-huit ans dans un gros réseau, avenue de la République, nous avons décidé en 2009, avec mes deux associés, de créer notre propre agence et de nous éloigner des grandes franchises qui ne nous correspondaient plus.</p><p align="justify">Et vous avez commencé à « réseauter » ?<br />Sans enseigne connue ni appui logistique d’une franchise, se démarquer et intégrer les réseaux sociaux est indispensable. À l’époque, c’était uniquement sur Facebook où j’avais lancé une page consacrée à des brèves sur l’immobilier. Bien naturellement, ça n’intéressait personne ! Même si parler d’immobilier, c’est aussi parler de l’histoire d’un quartier, de ses immeubles et de ses habitants. J’ai commencé à parler de Paris par le biais de la photographie, en ciblant une époque où les gens en faisaient encore peu, jusqu’à la fin des années 70. Ensuite, et surtout après l’arrivée du numérique, tout le monde a fait des photos, bien souvent la même, cela n’a plus d’intérêt. L’intérêt, c’est la rareté.</p><p align="justify">Pouvez-vous nous parler du blog John d’Orbigny ?<br />Chaque dimanche, je publie des photos et raconte l’histoire d’une rue, d’une personne, d’un bâtiment, une gare par exemple, ou une année dans la vie à Paris. Ce sont le plus souvent des documents rarement vus. Je fais énormément de recherches, des heures par semaine en plus du travail de l’agence, car je souhaite vérifier sérieusement les sources et ne pas publier n’importe quoi. C’est une manière de parler de Paris tout en traitant d’immobilier. Le plus difficile pour moi reste de retrouver des images des quartiers populaires ou industriels, tellement il y a peu d’informations et de photos pour la première moitié du XXe siècle. Résultat, grâce au simple bouche-à-oreille, ma page compte plus de 60 000 abonnés dont les commentaires me permettent parfois d’apprendre de nouvelles choses. Finalement, celui à qui cette page fait le plus plaisir, c’est moi ! À ce jour, j’ai des dizaines de publications en cours, « ouvertes », prêtes à être complétées et publiées, peut-être dans plusieurs mois. Dans chaque rue de Paris on peut trouver des histoires, et lorsque l’on raconte des histoires aux gens, ça marche toujours !</p>
<p>© Jean-Baptiste de Baudouin</p>
<p align="justify">Comment s’est passée votre rencontre avec Michel Lagarde ?<br />Par hasard, il y a environ six mois. Il m’a contacté pour partager une publication avec des dessins de Jean Lébédeff qu’il avait acquis dans une vente aux enchères. Étant très sollicité, j’y ai d’abord jeté un œil distrait. Et puis, devant la qualité des images, nous nous sommes rencontrés. Michel voulait en faire un livre (Le Faussaire) et souhaitait que j’écrive les textes. De mon côté, j’avais un autre projet de livre, Belleville 1965. Finalement nous avons fait les deux !</p><p align="justify">Parlons justement de Belleville 1965…<br />C’est une promenade très vivante dans le Belleville de 1965, un peu plus d’un siècle après le rattachement de Belleville à Paris. Une balade d’environ deux kilomètres, du canal Saint-Martin jusqu’à l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville en passant par le métro Jourdain et République et la rue du Faubourg du Temple. Ces images ont été prises par un dessinateur industriel bellevillois, Jean-Baptiste de Baudouin. Elles nous plongent dans un quartier en pleine mutation, avec ses primeurs et ses cinémas mais également avec ses immeubles et ses ruelles qui allaient disparaître. Ces photos en couleurs, rares à cette époque, constituent un magnifique témoignage sur un Paris oublié.</p><p align="justify">Que vous évoque le 10e ?<br />Tout comme le bas de Belleville, rue du Faubourg du Temple, pour moi le 10e et le 11e forment un peu un même quartier. Il n’y a finalement que la place de la République au milieu. République, Goncourt, Parmentier… c’est la même sensibilité. Idem pour le boulevard Saint-Martin, à cheval sur le 3e arrondissement, dans ce que l’on nomme le « haut Marais », c’est un axe vers République. Le 10e, c’est bien sûr l’emblématique canal Saint-Martin que j’ai connu à mes débuts comme agent immobilier, en 1992. C’était un lieu à l’abandon, un no man’s land sans aucun commerce. Rue Beaurepaire, il n’y avait que des grossistes en tapis. On imagine mal aujourd’hui la rue à cette époque ! Un jour, une femme m’a demandé de venir visiter son bien dans un immeuble quasiment à l’abandon, rue Jean-et-Marie-Moinon. Une partie de l’immeuble était squattée par des Maliens qui avaient percé les parties communes pour installer un monte-charge. Je n’avais jamais vu ça ! Tout comme au 5-7, rue Jacques-Louvel-Tessier, devenu le plus grand squat de Paris. À cette période, le mot d’ordre était : On dégage tout pour faire du neuf ! Heureusement, ça ne s’est pas fait. Je pense que l’arrivée de la gauche à la mairie du 10e, en 1995, puis surtout le changement de majorité municipale en 2001 y sont pour quelque chose. Autrement, dans un autre style, il y avait le boulevard de Magenta, un tracé haussmannien sans aucune vie. Un axe rouge, entièrement destiné à la voiture, utilisé pour quitter Paris ou rejoindre les gares. C’était désespérant, il n’était pas question à l’époque de pistes cyclables !</p>
<p>© Jean-Baptiste de Baudouin</p>
<p align="justify">C’était un arrondissement très populaire ?<br />Oui ! La rue Bichat jusqu’à l’hôpital Saint-Louis, les rues Marie-et-Louise et Alibert, l’avenue Richerand, la rue de la Grange aux Belles… Et puis l’avenue Parmentier qui s’éteint au commencement de l’avenue Claude Vellefaux, la rue Saint-Maur bien sûr, et tout le pourtour de la place Sainte-Marthe, que les voitures contournaient encore. Les commerces périclitaient. Le passé ouvrier a disparu puisque la population qui vivait ici est partie, chassée par les promoteurs et la hausse vertigineuse des prix. En 1996, on pouvait encore trouver des appartements pour 6 000 francs le m² (915 € environ). Et le pire, c’est qu’ils étaient difficiles à vendre car les immeubles étaient dans l’ensemble très vétustes. Comme les WC étaient sur le palier et que la seule canalisation d’eau se trouvait dans la cuisine, il était compliqué d’y installer une salle de bains et des toilettes. Les WC broyeurs restaient la seule solution. Progressivement, lorsque les prix ont commencé à remonter en 1997, les populations venant de l’ouest parisien, devenu trop cher, sont arrivées autour du canal. Des gens plus jeunes, avec plus de moyens et d’exigences. Beaucoup de réhabilitations et de rénovations ont alors commencé. Tout le monde voulait un loft dans ces années-là ! Rapidement, les habitants ont retrouvé des bistrots et des commerces de proximité. Même l’hôtel du Nord qui devait être démoli fut réhabilité. Le vieux Paris fait toujours vendre, même si en l’occurrence le film fut tourné en studio. Les prix se sont envolés. Aujourd’hui, ce ne sont plus les mêmes quartiers, ce n’est plus la même population.</p><p align="justify">Comment voyez-vous demain ?<br />Le 10e est très hétéroclite, il y a de tout : des petits coins très agréables, mais aussi deux gares pas toujours fréquentables ou encore Strasbourg-Saint-Denis. Il ne faut pas se leurrer, il reste encore quelques parties de l’arrondissement à rénover afin que naisse une vraie vie de quartier agréable pour les habitants, comme à Oberkampf ou dans une partie importante de Belleville.</p><p align="justify"></p><p align="justify"></p><p>Les deux livres de Patrick Marsaud, parus aux éditions Michel Lagarde, font l’objet d’une exposition rassemblant des photographies de Jean-Baptiste de Baudouin et des dessins de Jean Lébédeff à la galerie Treize-Dix, 13 rue Taylor, 75010 paris du 19 mai au 15 juin 2021.</p>
<p><a data-pin-config="beside" href="https://pinterest.com/pin/create/button/?url=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F&amp;media=https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2021%2F05%2F3.jpg&amp;description=Patrick%20Marsaud" data-pin-do="buttonPin"></a></p>

<p><a href="mailto:?subject=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname&amp;body=Patrick%20Marsaud%2C%20un%20enfant%20de%20Paname%20-%20https%3A%2F%2Fwww.lejournalduvillagesaintmartin.fr%2F2021%2F05%2Fpatrick-marsaud-un-enfant-de-paname%2F"></a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/552/pentagon-surveilling-americans-without-a-warrant-senator-reveals</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 08:21:45 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/552/pentagon-surveilling-americans-without-a-warrant-senator-reveals</link>
	<title><![CDATA[Pentagon Surveilling Americans Without a Warrant, Senator Reveals]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://www.vice.com/en/topic/cyber" target="_blank"><br /><br /></a></p>
<p>Hacking. Disinformation. Surveillance. CYBER is Motherboard's podcast and reporting on the dark underbelly of the internet.</p><p>The Pentagon is carrying out warrantless surveillance of Americans, according to a new letter written by Senator Ron Wyden and obtained by Motherboard.</p><p>Senator Wyden's office asked the Department of Defense (DoD), which includes various military and intelligence agencies such as the National Security Agency (NSA) and the Defense Intelligence Agency (DIA), for detailed information about its data purchasing practices after Motherboard revealed special forces were buying location data. The responses also touched on military or intelligence use of internet browsing and other types of data, and prompted Wyden to demand more answers specifically about warrantless spying on American citizens.</p><p>Advertisement</p><p>Some of the answers the DoD provided were given in a form that means Wyden's office cannot legally publish specifics on the surveillance; one answer in particular was classified. In the letter Wyden is pushing the DoD to release the information to the public. A Wyden aide told Motherboard that the Senator is unable to make the information public at this time, but believes it would meaningfully inform the debate around how the DoD is interpreting the law and its purchases of data.</p><p>"I write to urge you to release to the public information about the Department of Defense's (DoD) warrantless surveillance of Americans," <a href="https://www.documentcloud.org/documents/20707603-wyden-dod-purchase-americans-data-letters">the letter</a>, addressed to Secretary of Defense Lloyd J. Austin III, reads.</p><p>Do you work for any of the agencies named in this piece? We'd love to hear from you. Using a non-work phone or computer, you can contact Joseph Cox securely on Signal on +44 20 8133 5190, Wickr on josephcox, OTR chat on <a href="mailto:jfcox@jabber.ccc.de">jfcox@jabber.ccc.de</a>, or email <a href="mailto:joseph.cox@vice.com">joseph.cox@vice.com</a>.</p><p>Wyden and his staff with appropriate security clearances are able to review classified responses, a Wyden aide told Motherboard. Wyden's office declined to provide Motherboard with specifics about the classified answer. But a Wyden aide said that the question related to the DoD buying internet metadata.</p><p>"Are any DoD components buying and using without a court order internet metadata, including 'netflow' and Domain Name System (DNS) records," the question read, and asked whether those records were about "domestic internet communications (where the sender and recipient are both U.S. IP addresses)" and "internet communications where one side of the communication is a U.S. IP address and the other side is located abroad."</p><p>Advertisement</p><p>Netflow data creates a picture of traffic flow and volume across a network. DNS records relate to when a user looks up a particular domain, and a system then converts that text into the specific IP address for a computer to understand; essentially a form of internet browsing history.</p><p>Wyden's new letter to Austin urging the DoD to release that answer and others says "Information should only be classified if its unauthorized disclosure would cause damage to national security. The information provided by DoD in response to my questions does not meet that bar."</p><p>The questions were specifically sent to the Under Secretary of Defense for Intelligence and Security in February 2021, Wyden's letter adds. Beyond the NSA and DIA, the Under Secretary of Defense for Intelligence and Security provides oversight to a range of agencies including the National Geospatial-Intelligence Agency (NGA) and the National Reconnaissance Office (NRO). A Wyden aide said it is not clear if the answers go beyond the agencies that act under the Under Secretary of Defense for Intelligence and Security.</p><p>The DoD did not respond to a request for comment.</p><p>Wyden's questions came in response to Motherboard's reporting on special forces purchasing location data, a Wyden aide said. Specifically, <a href="https://www.vice.com/en/article/jgqm5x/us-military-location-data-xmode-locate-x">Motherboard previously revealed</a> that U.S. Special Operations Command (SOCOM) bought access to a tool called Locate X that uses location data harvested from ordinary phone apps installed on peoples' phones. <a href="https://www.vice.com/en/article/y3g97x/location-data-apps-drone-strikes-iowa-national-guard">Motherboard also found</a> that a National Guard unit tasked with carrying out drone strikes bought the same tool.</p><p>Advertisement</p><p>A Wyden aide said the office sent its original query to SOCOM's legislative affairs section. That department then said that the Under Secretary of Defense for Intelligence and Security would respond, the aide added.</p><p>As part of Wyden's office's own parallel investigation into the location data selling space, the DIA said in a memo its analysts have searched commercial databases of smartphone location data without a warrant in five investigations over the past two and a half years, <a href="https://www.nytimes.com/2021/01/22/us/politics/dia-surveillance-data.html">The New York Times</a> <a href="https://www.nytimes.com/2021/01/22/us/politics/dia-surveillance-data.html">reported in January</a>.</p><p>"Other than DIA, are any DoD components buying and using without a court order location data collected from phones located in the United States?" one of Wyden's questions reads. The answer to that is one that Wyden is urging the DoD to release.</p><p>The DIA memo said the agency believes it does not require a warrant to obtain such information. Following this, Wyden also asked the DoD which other DoD components have adopted a similar interpretation of the law. One response said that each component is itself responsible to make sure they follow the law.</p><p>Wyden is currently proposing a new piece of legislation called The Fourth Amendment Is Not For Sale Act which <a href="https://www.vice.com/en/article/k78qyy/fourth-amendment-is-not-for-sale-act-would-ban-clearview-and-warrantless-location-data-purchases">would force some agencies to obtain a warrant</a> for location and other data. Current sponsors include Sen. Rand Paul, R-Ky., Majority Leader Chuck Schumer, D-N.Y. Sen. Mike Lee, R-Utah, Sen. Steve Daines, R-Mont., Sen. Edward Markey, D-Mass., Sen. Tammy Baldwin, D-Wisc., Sen. Elizabeth Warren, D-Mass., Sen. Sherrod Brown, D-Ohio, Sen. Brian Schatz, D-Hawaii, Sen. Cory Booker, D-N.J., Sen. Bernie Sanders, D-Vt., Sen. Jeff Merkley, D-Ore., Sen. Jon Tester, D-Mont., Sen. Martin Heinrich, D-N.M., Sen. Mazie Hirono, D-Hawaii, Sen. Patty Murray, D-Wash., Sen. Maria Cantwell, D-Wash., Sen. Patrick Leahy, D-VT., and Sen. Richard Blumenthal, D-Conn, Wyden's office previously told Motherboard.</p><p>Subscribe to our cybersecurity podcast CYBER, <a href="https://podcasts.apple.com/us/podcast/cyber/id1441708044">here</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/551/dominique-sopo-a-nouveau-le-conflit</guid>
	<pubDate>Fri, 14 May 2021 08:18:23 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/551/dominique-sopo-a-nouveau-le-conflit</link>
	<title><![CDATA[Dominique Sopo - A nouveau, le conflit...]]></title>
	<description><![CDATA[<p>A nouveau, le conflit israélo-palestinien, que l’on disait assoupi, s’est réveillé avec une force tragique. Rythmées par les roquettes lancées sur les villes israéliennes depuis la bande de Gaza et par les représailles de Tsahal contre l’enclave palestinienne, ces dernières heures sont celles d’une escalade sanglante.<br />L’escalade a en réalité commencé depuis plusieurs semaines. Ses ingrédients sont connus. D’un côté, des heurts à Jérusalem impulsés par les ratonnades pratiquées depuis avril par des groupes d’extrême-droite juifs, aggravés par la poursuite des expulsions de familles palestiniennes de Jerusalem-Est et amplifiés par la violente répression pratiquée sur l’Esplanade des Mosquées. D’un autre côté, l’inconséquence de Mahmoud Abbas annonçant fin avril le report sine die des élections législatives et poussant ainsi le Hamas – qu’il ne fallait pas beaucoup pousser - à se réfugier à nouveau dans la voie de l’action militaire envers Israël.<br />Les données d’un règlement possible de ce vieux conflit restent fondamentalement les mêmes : Israël doit voir sa sécurité assurée, l’Etat palestinien doit enfin voir le jour.<br />Pour Israël, l’illusion que les récents accords diplomatiques avec plusieurs Etats arabes vidaient la question palestinienne de toute réalité est, sinon une cécité volontaire, une tragique erreur. Tragique erreur car les Palestiniens existent et se révolteront tant qu’ils ne pourront pas prendre pleinement leur destin en main. Tragique erreur également car Israël a peut-être bien plus à craindre que la détérioration ponctuelle de sa situation sécuritaire : l’affaiblissement de ses standards démocratiques. En effet, il n’y a aucune situation dans laquelle la domination sur une population – ici les Palestiniens – n’entraîne pas inexorablement la dégradation du respect dû à chacun de ses membres. Ces dernières semaines et sans même m’attarder sur les progrès électoraux de l’extrême-droite aux élections à la Knesset, le racisme antiarabe en actes à Jérusalem en est l’un des mutiples signes, tout autant que la faible réprobation qu’il a soulevée, là où une situation analogue aurait naguère soulevé des tempêtes de protestations venues du puissant « camp de la paix » qui irriguait alors la société israélienne.<br />Pour la partie palestinienne, la nature cacochyme d’un pouvoir sans autre perspective décelable que sa survie, la réalité de la corruption, le désastre de l’émiettement de la vie politique et l’irresponsabilité des surenchères verbales et militaires du Hamas rendent à ce stade impossible une négociation politique digne de ce nom avec Israël, ce qui tombe bien puisque Netanyahu fait peu mystère de ne pas en vouloir. Le Fatah et le Hamas ont beau jeu de se renvoyer la responsabilité de l’embourbement du projet national palestinien. Mais la réalité est que cet embourbement apparaît, pour la part qui relève de la partie palestinienne, comme leur œuvre collective.<br />Sur cette scène proche-orientale, les deux parties en conflit se comportent en acteurs qui ne veulent pas d’issue négociée. Israël a vaincu les Palestiniens mais ne sait pas quoi faire de sa force que Netanyahu – par cynisme, par idéologie ou par médiocrité - l’a convaincu de ne pas convertir en paix. Notamment sous l’impulsion de la surenchère du Hamas, la partie palestinienne – par aveuglement idéologique ou par médiocrité - tient un discours illusoire sur la réalité de ses marges de manœuvre, contribuant à priver les Palestiniens d’un Etat et à en enfermer une partie dans le rêve de la restauration d’une Palestine entièrement sous leur administration.<br />Evidemment, toutes les personnes extérieures à la scène de cette impasse tragique devraient œuvrer à la paix, notamment en France. Il est dommageable qu’elles ne se comportent pas systématiquement ainsi, comme le montrent trop de posts, tweets ou publications.<br />Pour ma part, je reste fidèle à quelques principes :<br />- rappeler que la paix est possible et qu’elle est la seule voie souhaitable<br />- dénoncer le racisme et l’antisémitisme qui peuvent sévir au Proche-Orient<br />- essayer de rappeler la complexité d’un conflit dans lequel les explications simplifiées visent systématiquement à démoniser l’une des deux parties<br />- me méfier de celles et ceux qui ferment les yeux sur l’existence du racisme antiarabe et le renforcement de l’extrême-droite en Israël qui contribuent pourtant à la situation actuelle, qui se caractérise également par des émeutes chez les Arabes israéliens<br />- me méfier de celles et ceux qui ne soutiennent les Arabes et les musulmans que pour dire leur haine des Juifs.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/549/le-programme-commun-de-la-gauche-depuis-quarante-ans</guid>
	<pubDate>Thu, 13 May 2021 18:00:41 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/549/le-programme-commun-de-la-gauche-depuis-quarante-ans</link>
	<title><![CDATA[le programme commun de la gauche depuis quarante ans]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Quarante ans après l’accession de <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/article-revue/francois-mitterrand-ou-la-republique-des-psychodrames/" target="_blank" rel="noopener">François Mitterrand</a> à la présidence de la République, que reste-t-il de la gauche ? <a href="https://www.francetvinfo.fr/politique/la-france-insoumise/presidentielle-2022-la-gauche-est-en-mauvaise-situation-pour-plus-de-huit-francais-sur-dix-selon-notre-sondage_4373441.html" target="_blank" rel="noopener">Totalisant à grand peine 30 % des voix dans les intentions de votes</a>, divisée en trois blocs opposés (Insoumis, PS, Verts) incapables de se mettre d’accord sur un programme et une candidature commune, elle a peu de chance de figurer au second tour de l’élection présidentielle de 2022. En 1981, les socialistes promettaient au « peuple de gauche [de] passer des ténèbres à la lumière », selon la célèbre formule de Jack Lang. Une chose est sûre, quarante ans plus tard, la gauche n’a jamais été aussi éloignée des Lumières. Le côté obscur de la force semble avoir eu raison d’elle : néo-racisme, communautarisme, relativisme culturel, américanisation, défense de la religion contre la laïcité. Le Parti socialiste n’a plus de boussole, <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/mosquee-strasbourg-gros-sous-islamophobe-gauchisme/" target="_blank" rel="noopener">les Verts financent les mosquées des Frères musulmans</a> et défilent avec l’extrême gauche <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/marche-islamophobie-gauche-deshonneur/" target="_blank" rel="noopener">contre l’« islamophobie »</a>, le nouveau <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/mila-le-delit-de-blaspheme-et-la-demission-de-la-gauche/" target="_blank" rel="noopener">crime de blasphème remis au goût du jour</a> par le camp du bien. Interdiction de critiquer la religion. Tout ça pour ça !, doivent se lamenter Voltaire, Hugo et Jaurès en se retournant dans leurs tombes.</p><p>La gauche avait un sens lorsqu’elle représentait les classes populaires, se battait pour les réformes sociales, valorisait le travail, défendait l’esprit de la laïcité, était fidèle aux valeurs universalistes. La IIIe République, dont on critique tant le bilan à cause du colonialisme, avait réussi à forger un socle unificateur. Une grammaire commune dans laquelle se reconnaissait ceux qui défendaient l’égalité des chances et des droits, qui valorisaient le mérite et chérissaient l’éducation comme pilier de l’émancipation. Le récit national, en grande partie forgé par la gauche, embrassait les grandes heures de l’histoire française, réconciliait dans un même mouvement allant de Vercingétorix à la guerre de 14 « ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas », les défenseurs de la nation et ceux de la République. Après des décennies de combats violents avec l’église, le principe de laïcité avait été accepté. Au-delà de la loi de séparation de 1905, l’État avait pour mission de protéger la liberté de conscience mais veillait aussi à ce que le religieux n’interfère pas dans la vie publique. Nul ne le contestait plus.</p><p>« Pétrifiée par la faute originelle du colonialisme mais aussi par celle de la collaboration (la chambre du Front populaire a voté les pleins pouvoirs à Pétain), la gauche a mis en place une rhétorique implacable pour se faire « pardonner » ses crimes d’antan. »</p><p>Quarante ans plus tard, la gauche n’est plus qu’un grand corps malade. La décennie des années 1980 qui l’a portée au pouvoir fut celle de la fin des idéologies, de la chute du mur, de la mondialisation. Le monde d’avant semblait englouti. La désindustrialisation accentuait le sentiment de déclassement. On prétendait que c’était le sens de l’histoire. Les ouvriers ? Une classe révolue. Il s’agissait de conquérir de nouveaux publics : les minorités, les « communautés », les populations issues de l’immigration, nouveau « peuple de gauche ». <a href="https://www.marianne.net/politique/quand-la-gauche-dit-adieu-aux-ouvriers-et-employes" target="_blank" rel="noopener">La fameuse note du think tank Terra Nova de 2011</a>, actant cette mutation de l’électorat de gauche, ne faisait qu’entériner une réalité. Le parti socialiste a-t-il eu raison d’en faire sa bible, son petit livre rose ?</p><p>Les années SOS Racisme, pleines de bonnes intentions, ont également produit leurs dégâts. La première équivalence, « critiquer la religion, c’est être raciste », date de cette époque. Lors de l’affaire du foulard de Creil, en 1989, Lionel Jospin est ministre de l’Éducation nationale. <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/laicite-contraire-integrisme/" target="_blank" rel="noopener">Baptisée Munich de la République</a> par des intellectuels républicains inquiets de cette « tolérance » envers l’islam politique au sein de l’école, l’affaire émeut SOS Racisme qui prend la défense des fillettes voilées. Gisèle Halimi, avocate et féministe historique, claque la porte de l’association. « Jamais la gauche n’a été aussi soumise aux injonctions religieuses », <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/elisabeth-badinter-la-gauche-na-jamais-ete-aussi-soumise-aux-injonctions-religieuses/" target="_blank" rel="noopener">déplore Élisabeth Badinter</a>, vent debout depuis trente ans contre les déviations essentialistes de la gauche qui favorise ce qui nous divise au lieu de mettre en avant ce qui nous rassemble.</p><p>Pétrifiée par la faute originelle du colonialisme mais aussi par celle de la collaboration (la chambre du Front populaire a voté les pleins pouvoirs à Pétain), la gauche a mis en place une rhétorique implacable pour se faire « pardonner » ses crimes d’antan :</p><p>– considérer les immigrés, surtout ceux issus des anciennes colonies, comme les nouveaux juifs. Vouloir limiter leur arrivée, leurs droits, c’est être un nazi ;<br />– ne pas favoriser l’assimilation mais respecter la culture d’origine des nouveaux arrivants. Et se vautrer dans le relativisme culturel au mépris, par exemple, du droit des femmes : leur culture n’est pas la nôtre, qu’elles restent voilées/excisées/soumises ;<br />– abandonner à leur sort les classes populaires victimes de la délinquance et de la radicalisation dans les quartiers à forte immigration, par peur d’apparaître comme stigmatisants et racistes. Et laisser Marine Le Pen engranger les voix des territoires perdus de la République ;<br />– accréditer la théorie d’un État « raciste systémique », qui serait un héritage de la colonisation. Créer une suspicion de principe contre les forces de l’ordre par essence racistes et violentes, alors que gendarmes, policiers, militaires, pompiers sont les premiers au front dans ces quartiers où les principes républicains sont bafoués continuellement.</p><p>Cette confusion des valeurs est un succès total : (presque) plus personne à gauche ne parle de social mais tout le monde parle intersectionnalité, <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/flagellation-martyrologie-ideologie-decoloniale-nouvelle-religion-seculiere/" target="_blank" rel="noopener">décolonialisme</a>, <a href="https://www.revuedesdeuxmondes.fr/ecriture-inclusive-novlangue-inquietante/" target="_blank" rel="noopener">écriture inclusive</a>…</p><p>« Les classes populaires, les artisans, les salariés, les enseignants, les ouvriers avaient une fierté et une dignité : leur travail. Encore une valeur qui ne signifie plus rien. »</p><p>Les classes populaires, les artisans, les salariés, les enseignants, les ouvriers avaient une fierté et une dignité : leur travail. Encore une valeur qui ne signifie plus rien. La bataille pour les 35 heures (et maintenant pour les 32 au sein de l’extrême gauche), le droit au revenu universel, coupent la France en deux : ceux qui en font de moins en moins et ceux qui en font de plus en plus, dans un environnement de plus en plus hostile. Les premiers de cordée de cette catégorie ? Les enseignants, les personnels soignants, les forces de l’ordre… Bien souvent des forces vives de la gauche qu’on a laissées tomber. Ces mêmes classes populaires avaient une espérance : progresser dans la société grâce à leur mérite. Que leurs enfants bénéficient de l’ascenseur social. Cela passait d’abord par l’école.</p><p>La gauche et la droite ont agi de concert pour casser l’école depuis quarante ans. Pour la droite c’est une faute, pour la gauche c’est un crime. Donner le baccalauréat à 80 % d’une classe d’âge (loi d’orientation sur l’éducation, 1989, Michel Rocard Premier ministre), c’est dévaloriser le baccalauréat, asphyxier l’université, créer du chômage. Mais comment valoriser l’apprentissage et le travail manuel quand la gauche française, censée défendre les plus humbles, les méprise autant ? Mettre l’enfant au centre du système, dévaloriser les matières nobles pour plus « d’égalitarisme » – encore une faute morale de la gauche –, c’est abandonner toute exigence. C’est tirer les plus faibles vers le bas. Le niveau est de plus en plus catastrophique.</p><p>« La gauche devait changer la vie, elle a changé de logiciel. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette mutation gauchiste, communautariste et anti-laïque n’osent plus moufter de peur de se faire traiter de fascistes. »</p><p>Et les pédagos de la rue de Grenelle qui ont instauré ce naufrage réfléchissent désormais à la façon d’imposer l’écriture inclusive, nouvelle doxa du camp du bien. En vérité, une vision élitiste qui favorisera les plus privilégiés et enfoncera les plus vulnérables. Jean-Michel Blanquer s’oppose mais gagnera-t-il la partie contre le mammouth ?</p><p>La gauche devait changer la vie, elle a changé de logiciel. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette mutation gauchiste, communautariste et anti-laïque n’osent plus moufter de peur de se faire traiter de fascistes. Dire que ceux qui souffrent le plus d’une immigration non contrôlée, de la radicalisation des quartiers et de la criminalité sont justement les classes populaires, c’est penser raciste. Or, tant que la gauche n’osera pas aborder de front la question migratoire, elle sera condamnée à perdre des élections. Cette triste litanie des errements et des renoncements de la gauche ne saurait faire oublier le rôle de la droite dans le déclin français. Mais si Marine Le Pen fait 43 % d’intentions de vote dans les classes populaires aujourd’hui, on le doit à un long dérèglement du sens et des valeurs de la gauche. Hélas, hélas.</p><p>Illustration : François Mitterrand vote lors du premier tour de l’élection présidentielle, le 27 avril 1981. Photo : Alamy/ABACAPRESS.COM.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/548/starlink-est-disponible-en-france-contre-un-abonnement-stratospherique</guid>
	<pubDate>Tue, 11 May 2021 14:43:26 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/548/starlink-est-disponible-en-france-contre-un-abonnement-stratospherique</link>
	<title><![CDATA[Starlink est disponible en France contre un abonnement stratosphérique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Starlink, le réseau internet par satellite d'Elon Musk, est disponible en France depuis ce lundi 10 mai 2021, à partir de 99€ par mois. Pour l'instant en phase bêta, le service sera accessible à “un nombre limité d'utilisateurs” et l'entreprise prévient que certaines coupures pourraient avoir lieu.</p><p></p>
<p>Crédits : Starlink</p>
<p>Comme vous le savez peut-être, <a href="https://www.phonandroid.com/starlink-larcep-dit-oui-les-francais-pourront-bientot-sabonner-au-fai-delon-musk.html">l'Arcep a dit oui quant à l'arrivée de Starlink sur le sol français en février 2021</a>. Il n'était donc plus qu'une question de temps avant de voir le réseau internet par satellite d'Elon Musk débarquer dans l'Hexagone, <a href="https://www.phonandroid.com/starlink-des-deputes-veulent-interdire-le-reseau-internet-delon-musk-en-france.html">au grand dam d'ailleurs des députés Insoumis</a>. C'est désormais chose faite depuis ce lundi 10 mai 2021.</p><p>En effet et comme on peut le lire sur le site officiel du service, les inscriptions à <a href="https://www.phonandroid.com/starlink-date-prix-vitesse-tout-savoir-sur-lacces-internet-tres-haut-debit-par-satellite.html">Starlink</a> sont ouvertes en France “à un nombre limité d'utilisateurs par zone de couverture”. SpaceX, maison-mère de Starlink, affirme que “les commandes seront traitées par ordre d'arrivée, selon le principe du premier arrivé, premier servi”. </p><p>À lire également : <a href="https://www.phonandroid.com/starlink-linternet-par-satellites-est-loin-detre-au-point-ce-test-de-performance-le-prouve.html">Starlink – l'Internet par satellite est loin d'être au point, ce test de performance le prouve</a></p>
<p>Il faudra payer le prix fort pour s'essayer à Starlink</p>
<p>Si vous êtes intéressé par l'offre de SpaceX, il faudra d'abord se procurer le kit Starlink comprenant le routeur Wi-Fi, l'alimentation, les câbles, la parabole et le trépied de montage. Un kit proposé à 499 € il faut le rappeler. À cette coquette somme, vous devrez rajouter 59 € de frais d'expédition et de dossier, puis souscrire à l'abonnement mensuel de 99 € par mois. Soit une enveloppe généreuse de 657 € pour votre premier mois chez Starlink.</p><p>À titre comparatif, l'offre de Neosat (une filiale d'Orange Nordnet) propose un abonnement de 60 € par mois, et un kit similaire affiché à 349 € qui comprend d'ailleurs l'intervention d'un technicien pour l'installation. Pour ce prix-là et durant <a href="https://www.phonandroid.com/starlink-lacces-internet-par-satellite-bientot-disponible-en-beta-pour-99-par-mois.html">la phase de bêta</a>, Starlink promet aux utilisateurs <a href="https://www.phonandroid.com/starlink-les-premiers-tests-affichent-un-debit-de-50-et-150-mbps.html">des vitesses de transfert entre 50 et 150 Mbit/s</a> et une latence de 20 à 40 ms “dans la plupart des lieux au cours des prochains mois à mesure que nous améliorons le système Starlink”. </p><p>Mais, et comme il y a toujours un mais, l'entreprise prévient ses clients que de “brèves périodes sans aucune connectivité” pourront arriver. Au gré de l'activation de nouveaux satellites, de stations terrestres et d'améliorations du logiciel de mise en réseau, Starlink espère offrir une vitesse de connexion proche de la fibre optique, soit 1 Gbit/s.</p><p>Source : <a href="https://www.starlink.com/" target="_blank" rel="nofollow">Starlink</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/546/henri-guillemin-raconte-lepopee-napoleonienne</guid>
	<pubDate>Mon, 10 May 2021 21:12:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/546/henri-guillemin-raconte-lepopee-napoleonienne</link>
	<title><![CDATA[Henri Guillemin raconte l&#039;épopée napoléonienne]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Henri Guillemin raconte l'épopée napoléonienne dans une collection de dix-sept documents captivants. Avec passion et sans renier son sens critique, l'historien se confronte au mythe de l'Empereur. De la naissance de Napoléon Bonaparte en Corse le 15 août 1769 à sa mort le 5 mai 1821 sur l'île de Sainte-Hélène, Guillemin décrit un général impitoyable qui "ne convoite que la considération, l'argent et le plaisir".</p>

<p> <br />17 documents vidéo à consulter</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/545/un-avant-propos-a-une-histoire-du-ceres</guid>
	<pubDate>Mon, 10 May 2021 13:56:04 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/545/un-avant-propos-a-une-histoire-du-ceres</link>
	<title><![CDATA[Un avant-propos à une histoire du CERES]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le présent texte est une introduction à une histoire du CERES écrite par Didier Motchane, disparu le 29 octobre 2017. Si l’ouvrage historique relatif au CERES reste à écrire, ce texte fournira néanmoins des clés de compréhension. Didier Motchane a été l’un des fondateurs du CERES, le Centre d’Etudes, de Recherche et d’Education Socialiste, avec Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Pierre Guidoni ou Jacques-Arnaud Penant et quelques autres qui les rejoignirent au fil des années. Il en a été le charismatique théoricien, auteur en 1972 de Clés pour le Socialisme. Au fil des années 1970, il anima évidemment le CERES et ses revues (Frontière, Repères…) et fut en charge des relations avec le tiers-monde au PS.</p><p>On sait le rôle déterminant du CERES dans le Congrès d’Epinay de juin 1971. On sait aussi sa place dans la construction de l’Union de la Gauche à partir de 1972. Didier Motchane fut ainsi, avec Pierre Joxe, le co-rédacteur de la motion de synthèse d’Epinay, c’est-à-dire du véritable texte fondateur du PS, celui qui consacrait l’Union de la Gauche comme objectif stratégique en vue de la transition au socialisme. La pensée de Didier Motchane et celle du CERES sont ainsi incontestablement à verser à l’actif du socialisme français, tant la puissance conceptuelle et le caractère visionnaire qui sont alors les siennes frappent l’esprit de l’observateur. Entrés à la SFIO, vieille machine bureaucratique, les animateurs du CERES réussirent à susciter l’étincelle qui révéla la social-démocratie française à elle-même. De la vieille SFIO engluée entre FGDS et « dialogue idéologique » avec le PCF on passait à un PS doté d’une stratégie nouvelle, dont l’Union de la Gauche était le vecteur. Le dessein du CERES n’était pas « d’assumer la condition humaine du socialisme » mais bien d’instaurer « la condition socialiste de l’humanité ». Au fil des années 70 dans la majorité du PS ou dans la minorité, le CERES demeura fidèle à l’esprit d’Epinay, menant la bataille sur l’Europe ou l’autogestion, suscitant une effervescence militante qui a propulsé le courant à 26% du parti. En articulant le « mouvement d’en haut » et le « mouvement d’en bas », le CERES fut aussi un efficace pont entre la bouillonnante société des années 1970 et l’appareil en construction du Parti Socialiste. Promoteur de l’autogestion (et de la très volontariste 16ème thèse), le CERES apparaissait comme « l’aile gauche » du PS tout en revendiquant de vouloir en être « l’axe ».</p><p>Avec François Mitterrand, les relations furent marquées par l’accord politique initial puis, chemin faisant, par des désaccords mineurs puis majeurs, dont la Guerre du Golfe et le traité de Maastricht furent le paroxysme qui a provoqué la rupture. François Mitterrand dit un jour à Didier Motchane que s’ils n’avaient pas fait de politique ils auraient été amis. A partir de 1983, ils cessèrent néanmoins de se voir personnellement, considérant – du point de vue de Didier Motchane – avoir épuisé tous les sujets. L’Europe avait alors remplacé le socialisme comme grand récit mobilisateur, ce qui équivalait dans l’esprit de Didier Motchane à accepter le caractère indépassable d’un capitalisme voué à la financiarisation, dont le contenu de l’action de la CEE n’était qu’une méthodique codification. A partir de 1990, les relations se dégradant avec la majorité du PS, les amis de Didier Motchane et de Jean-Pierre Chevènement – réunis au sein de Socialisme et République – s’éloignèrent progressivement jusqu’à fonder un nouveau parti – le Mouvement des Citoyens – dont l’identité était de « gauche républicaine », ligne promue depuis 1983 et le tournant de la rigueur, et qui visait à se substituer à la ligne de normalisation européenne.</p><p>L’aventure du CERES ne saurait évidemment être rééditée à l’identique. Ne serait-ce que par la situation actuelle du PS, bien plus périlleuse que celle de l’antique SFIO. Trop de facteurs ont changé. Cependant, il manque assurément aujourd’hui un « nouveau CERES », c’est-à-dire d’abord une ligne politique, une vision qui permette de forcer le destin. Cette ligne devrait s’incarner de nouveau dans un groupe d’hommes et de femmes qui, forts d’une analyse méthodique des mutations du capitalisme mondial, imprégné par le mouvement de la société, aptes à mettre en œuvre une stratégie cohérente pourrait être la force qui ravive ce corps mort qu’est la gauche française.</p><p>Le CERES fut aussi une méthode. Cette méthode n’est, quant à elle, aucunement démodée. C’est pourquoi, en 2018, le CERES a, par la plume de Didier Motchane, encore à nous dire. Ces lignes de Didier Motchane éclaireront le lecteur sur ce que fut le CERES. Sans doute inspireront-elles quelques-un(e)s. Elles donnent une idée de ce qu’est une authentique pensée politique. – Gaël Brustier.</p>
<p>Avant-propos à une histoire du CERES, par Didier Motchane</p>
<p>Ne rien écrire sur soi qu’au présent. Béaba-tificateur de son impuissance romanesque, l’autobiographe pontifiant ou pénitent ne se fait jamais que le souverain veuf d’une mémoire épuisée. Cependant des souvenirs toujours inégalement partagés, mais pour peu qu’ils le soient, appellent clairement l’honneur du récit, s’ils perpétuent le bonheur d’une commune présence, parce qu’ils sont les témoins d’un éternel espoir, fut-il éternellement cantonné aux demeures du futur antérieur.</p><p>Dans le cours ordinaire du temps, l’espoir – et le désespoir – de changer la vie, afin de – ou faute de – changer sa vie, gisent côte à côte. Ils se raniment l’un l’autre à partir de la banalité de la condition humaine. C’est la trace d’un mouvement de ce genre que l’histoire du CERES pourrait nous avoir laissé.</p><p>N’importe quel âge de la vie peut faire de sa jeunesse son horizon mental. La jeunesse elle-même y vit le rêve de son éternité. D’autres temps de l’existence s’y marient ; ils assaisonnent une rétrospection douce – amère à la saveur des revanches posthumes. Telle aurait été la jeunesse du CERES, jeunesse d’espoir d’une renaissance du socialisme.</p><p>***</p><p>L’Europe, comme d’ailleurs l’ensemble du monde des années 60, porte la marque d’une mutation des héritages de la guerre.</p><p>Sur le fond d’une conscience accélérée, toujours plus impatiente, de l’activité économique, soutenue par la diffusion planétaire d’une pensée technicienne ingénument distribuée selon la préséance des rentes, le cloisonnement des savoirs et la puissance militaire. L’acuité des conflits qui opposent les nations et les divisent elles-mêmes s’est revissée d’un quart de tour. Sous l’emprise d’un capitalisme dont l’empire tend à égaler l’ambition jusqu’à toucher son horizon planétaire, la mondialisation départage plus profondément désormais le Nord et le Sud du monde que l’Est et l’Ouest qui sont les apostats du socialisme déclaré des renégats de la Révolution.</p><p>Les Trente Glorieuses auront été l’épopée du Nouveau Scientisme Historique où les idées du Progrès, fondées sur la conviction de la permanence d’une Croissance majuscule, d’une croissance économique ininterrompue se réinventèrent. L’Europe, ou plus largement ce que l’on appelait l’Occident, semblait faire l’expérience du régime durablement stabilisé d’une marche à l’abondance sans autres à coups que ceux des – relativement – légers coups de lancette de ponction monétaire qui, comme ceux des médecins de Molière, venaient de loin en loin maintenir la circulation bien étagée de la richesse. Dans ce cours tranquille, les entrepreneurs – capitalistes de la dette – et leurs héritiers – capitalistes de la rente – se sont partagé le haut du pavé avant de le céder à ces piétons du ciel atterris sur les tapis volants de la finance : « gnomes de Zurich » et d’ailleurs, spermatozoïdes distillateurs de l’Argent Roi.</p><p>Ce fut le moment où l’avènement d’une fin de l’histoire, c’est-à-dire son accomplissement, put s’entendre proclamer aux pauvres des pays riches à l’unisson des riches de tous les pays, comme le règne spirituel d’un social-libéralisme étendant la main sur le monde de la misère et de la peur pour s’en faire le bénisseur définitif.</p><p>Ainsi n’était-il plus question de mettre en cause l’abîme d’inégalités des revenus, des patrimoines et des savoirs, mais d’en pérenniser la légitimité. L’histoire accomplie, sanctuarisée par le temps, éloigne au Royaume de l’Au-delà la république de l’égalité des chances, l’urgence et le lieu d’un repartage du passé par le présent. Telle est l’intime contradiction que porte la financiarisation de l’économie spéculaire : prise entre les murs du capital accumulé, la spéculation ne peut sans se détruire soustraire l’ordre de ses raisons au calcul, l’avenir au passé, la vie à la mort.</p><p>Sans doute l’Ange Gardien des Trente Glorieuses – la Croissance – a-t-il déplacé vers le haut les failles de l’intégration sociale par son œuvre et par son mythe ; mais celle-ci s’approfondit : telle est la pente de la société bourgeoise qu’aucun tempérament de protection sociale, aucun placebo,  ne saurait redresser à peine d’en détruire le ressort. Ce fut un train qui, en déplaçant plus vite des wagons de plus en plus nombreux et de mieux en mieux suspendus, laissait une proportion croissante des voyageurs en gare, ou sur les bas-côtés de la voie.</p><p>Les petits cailloux de la pauvreté blessent davantage au fond d’une botte d’éboueur qu’à un va-nu-pieds les graviers de sa misère. Sans ralentir le pas du peuple trottinant qui reste à l’aise à côté des petits souliers de sa bonne conscience. Cette portion bouillonnante du produit de la machine d’un capitalisme désangoissé tournant à plein régime dans la candeur –ou le cynisme refoulé du Nouveau Scientisme Historique – était moins un objet de scandale que de compassion ; en raison peut-être du fait que ce que l’on pourrait nommer l’humeur installée du siècle, son « idéologie dominante » devenait, suprême illusion, celle de la mort des idéologies. Raymond Aron venait détrôner Jean-Paul Sartre dans le magistère du Grand Maître Penseur pour prononcer, avec le geste de l’étalonneur des certitudes et du donneur de diapason, l’éloge funèbre et réjouie du marxisme ; au-delà de l’extinction célébrée de celui-ci,  c’était l’éthique de l’engagement avec l’ensemble des engagements existentiels de l’Après Libération qui s’en trouvaient plus ou moins nettement récusés.</p><p>Qui aurait pu attendre de l’esprit du Nouveau Scientisme Historique que s’en gonflassent les voiles d’une  « Grande Cause » ? Au travers de la titillation obsédante des processus d’évaporation inéluctable de ses révoltes, l’humanité chercherait l’apaisement de ses anxiétés archaïques dans sa « modernité » ; les petites voix chevrotantes de cette fin de siècle ne se lassent pas d’invoquer chacune la leur. Ce ne sont pas celles de Rimbaud.</p><p>Comme un vaste ressac des élans de la Libération dont le 10 mai (1958) fut sans doute dans le désarroi de la République, avec le retour du Général de Gaulle, un dernier et combien ambivalent soubresaut, les années 50 – 60 auront été celles de la décolonisation, dans la douleur des guerres d’Indochine et d’Algérie. Elles portent la marque d’une démoralisation croissante de l’esprit public, que les déferlements libertaires de mai 68 tentaient pathétiquement de régénérer.</p><p>La Cinquième république a couvert comme d’une burqua les déhanchements d’une société française violemment arraisonnée par un capitalisme qui n’en avait jusque là caressé que les bords : à preuve l’exode rural, diffus en France depuis le Second Empire, brutalement torrentiel après 1950. Le capitalisme de la dette subjugue le capitalisme de la rente dont il est issu sans le remplacer. Notre visage national lui doit ses grimaces d’aujourd’hui.</p><p>En bref, l’efflorescence du social-libéralisme envahit l’air du temps ; un ninisme politique, qui prenait naguère le masque de la « Troisième Force » berce le peuple dans une balançoire dont les partis politiques tirent les quatre bouts ; de la Gauche à la Droite, même mélopée ; des paroles différentes font refrain. Elles changent un peu de rythme mais jamais de ton ; de Delors en Sarkozy, de Juppé en Hollande le débat public s’englue dans une à peu près même rhétorique social-démocrate, au point de s’en faire entendre comme une langue commune.</p><p>Gauche, Droite, droite, gauche ; que ne cessiez-vous, vieilles et jacassantes ennemies complices, de vous serrer chaleureusement la « main réciproque » (selon l’expression rescapée d’une copie de baccalauréat recueillie par un ami) ; que ne cessez-vous  de tenter perpétuellement de vous définir l’une par l’autre, plutôt que d’assumer la vérité de votre regard sur le monde, le choix des points de vue pris pour le dévisager ; mais tout de même, quoiqu’il en soit, faire votre monde des miettes de l’univers que vous pourrez recueillir. Ce que vous manquerez à tous les coups ma Gauche, tant que vous vous résignerez à n’être que l’espace rétréci de l’âme renoncée du siècle, errant infiniment au désert élargi de sa passivité. Celle la même où la troupe remuante de toutes nos droites nourrit d’angoisse le troupeau de vos béatitudes.</p><p>La démystification des communismes déclarés, dont la Chute du Mur marque la débâcle, la fin de la guerre froide puis le saut américain de Bush à Obama, l’exténuation accélérée des utopies tiers-mondistes et du mythe de l’accomplissement démocratique de l’histoire, laissent désormais, et semble-t-il pour un long moment, l’Europe sans utopie, au fur et à mesure que s’en dégonfle lentement la baudruche – sauf sans doute pour quelques instants encore, aux yeux des peuples est-européens fraîchement émancipés de l’emprise soviétique, le Saint–Graal du capitalisme lui-même dont ils sont toujours en quête. Leur reste encore pour ce faire l’Europe elle-même,  inaccessible parce qu’indéfinissable idéologie de rechange offerte à des sociaux-libéraux non déclarés. L’européisme, cette idolâtrie douce, verse à ces exilés du capitalisme la plus romantique des sublimations possibles, celle de l’économisme indéfectiblement social-libéral des bourgeoisies contemporaines.</p><p>Telle était la toile de fond sur laquelle le CERES a voulu inscrire son destin. Mieux vaut maintenant laisser parler les textes qui en ont scandé les intentions et les efforts plutôt que les empaqueter d’une glose rétrospective. Ne s’agit-il pas aujourd’hui, plus que toujours, de rénover et de réunir une gauche capable, du fond de son marasme actuel, de rendre aux orphelins du socialisme le sens de mots trop souvent perdu ?</p><p>Rappelons encore que cette gauche ne doit pas chercher à se définir par rapport à ses adversaires, ou ses partenaires sur un échiquier politique, mais par la détermination de sa raison d’être : dans les conflits de classe qui traversent l’épaisseur sociale dont l’expérience, selon le mot de Fernand Pelloutier, « donne aux dominés la science de leur malheur ». Cette gauche s’éprouve dans une prise de conscience de la République dont l’effort même constitue celle-ci ;  transcendant les clivages qui opposent justement la Gauche et la Droite, elle nomme un peuple à l’existence à partir de sa population et selon l’essence métaphysique de celle-ci.</p><p>Ainsi la République le fait de la nation, dont l’indépendance, brique de base d’un internationalisme républicain, pétri au four d’une souveraineté populaire authentique, sauvegarde de la démocratie contre les emprises du capital et l’atteinte des empires.</p><p>Egalement éloignés des romantismes et des cynismes contemporains le CERES s’est voulu le radiesthésiste des sources profondes du socialisme républicain, s’efforçant en cela de faire grandir une troupe fidèle, soucieuse d’offrir aux enfants du siècle la générosité et la sobriété en partage. Tel est le sens de la République moderne dont il cherche à ranimer l’esprit à partir d’une commune ferveur ; héritage contrasté, mais poursuivi de Babeuf en Marx, de Robespierre à Jaurès, de Saint Just à Clémenceau, De Gaulle et Mendès France.</p><p>Crédits photos : ©Communautés européennes 1985</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 10 May 2021 05:29:26 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Matthieu Montalban : « Le bitcoin est devenu un moyen d’enrichissement pour une nouvelle classe de jeunes capitalistes »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Matthieu Montalban est maître de conférences HDR en science économique, chercheur au GREThA (UMR – CNRS 5113) de l’Université de Bordeaux. Spécialiste des cryptomonnaies, ancien membre des Économistes atterrés, il est notamment le co-auteur de Pouvoir et crise du capital : Marx, penseur du XXIe siècle, paru en 2012 et Rester humain – Lacan et le lien social postmoderne, sorti en mars 2020.</p><p>Propos recueillis par Ella Micheletti.</p><p>Voix de l’Hexagone : Tout d’abord, pouvez-vous définir ce qu’est le bitcoin ?</p><p>Matthieu Montalban : Le bitcoin est la première cryptomonnaie, c’est-à-dire une monnaie émise via un algorithme qu’on appelle une blockchain. Une blockchain est un registre distribué sur l’ensemble des ordinateurs d’un réseau, qui permet de répertorier et de « notariser » l’ensemble des transactions sur un réseau, tout en évitant un problème dit de « double dépense » (dépenser en même temps, pour différents usages, le même bitcoin). Ce registre est inviolable car il impliquerait de tels coûts et une telle puissance de calcul pour un pirate que l’action serait irrationnelle. En effet, la blockchain du bitcoin fait appel à ce qu’on appelle un mécanisme de consensus par preuve de travail, c’est-à-dire que l’ensemble des ordinateurs du réseau (« les mineurs »), vont utiliser leur puissance de calcul pour résoudre des calculs compliqués nécessitant de consommer de l’énergie pour s’assurer que les transactions sont valides. Quand un bloc de transaction est validé, il va être rattaché par tous les autres qui l’ont précédé et il sera possible de retracer les transactions – bien que pseudonymisées – impliquant pour un pirate la nécessité de réécrire non pas un bloc mais l’ensemble de la chaîne de bloc, ce qui serait impossible et détecté rapidement.</p><p>VdH : La création des bitcoins en 2009 a-t-elle un lien de cause à effet avec la crise de subprimes qui a commencé en juillet 2007 ?</p><p>M.M. : Le bitcoin a été codé par un ou des codeurs sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. S’il est né au moment de la crise des subprimes et si, effectivement, ces moments de crise sont souvent des sources d’innovations monétaires, il semblerait que le projet germait déjà depuis un moment chez Satoshi Nakamoto. D’autres comme Nick Szabo ou Wei Dai avaient émis l’idée quelques années avant de créer une monnaie numérique qui s’émanciperait de la tutelle des États et des banques (privées et centrales). Disons que la crise a contribué à rendre le bitcoin populaire, car il semblait apparaître pour ses zélateurs comme une confirmation de leurs vues et comme une critique du système bancaire et financier (privé et public) dans son ensemble.</p><p>VdH : Comment peut-on, concrètement, se procurer des bitcoins ?</p><p>M.M. : Il y a deux manières : l’une qui était au début accessible à tous mais ne l’est plus aujourd’hui ; l’autre qui est celle massivement utilisée aujourd’hui.</p><p>La première consiste à participer à l’activité de minage du bitcoin, c’est-à-dire à laisser son ordinateur résoudre toute la journée des problèmes cryptographiques compliqués en espérant que ce dernier parviendra à résoudre le problème : si c’est le cas, le mineur est récompensé de la création d’un certain nombre de bitcoins pour avoir participé à cette activité qui consomme de l’énergie et qui est donc coûteuse.  Au début, tout le monde pouvait miner avec son PC, mais comme les rendements du minage sont décroissants, de plus en plus d’ordinateurs doivent tourner en même temps pour avoir une chance de miner. En pratique, seules des entreprises spécialisées dans le minage (« les fermes de minage ») peuvent avoir une chance d’obtenir des bitcoins de la sorte.</p><p>« La crise des subprimes a contribué à rendre le bitcoin populaire car il semblait apparaître pour ses zélateurs comme une confirmation de leurs vues et comme une critique du système bancaire et financier. »</p><p>La seconde manière, plus simple, est tout simplement d’acheter des bitcoins via une plateforme d’échanges de crypto-monnaies, comme Coinbase, Kraken et quelques autres.</p><p>VdH : Que signifie la récente entrée en bourse de Coinbase ?</p><p>M.M. : Elle signifie tout simplement que cette entreprise a acquis une taille importante et qu’elle entend sans doute développer ses investissements et son activité, tout en permettant à ses actionnaires de faire de grosses plus-values. En outre, cette entrée montre sans doute que les crypto-monnaies deviennent de plus en plus mainstream et reconnues. En revanche, cela indique que les cryptomonnaies n’ont pas (encore) supprimé les intermédiaires de confiance, contrairement à ce qui était proposé au départ.</p><p>VdH : Les plateformes d’achat et de revente de bitcoins ont-elles vocation à concurrencer les banques ?</p><p>M.M. : Au départ, si on doit comparer ces plateformes, ce serait plutôt à des acteurs comme le NASDAQ, ou le New York Stock Exchange : des entreprises qui fournissent une plateforme d’échange et de cotation pour des (crypto)actifs. Cependant, l’entreprise a diversifié ses activités dans le paiement en proposant notamment une carte de paiement pour dépenser ses bitcoins ou développer des applications pour la gestion d’actifs. Tel est le paradoxe : alors que le bitcoin visait les échanges directs de pair à pair sans banque, Coinbase, via sa carte Visa, recrée de l’intermédiation, ce qui peut être vu comme une involution par des puristes des cryptomonnaies. Il n’est pas certain que Coinbase choisisse de devenir réellement une banque et donc d’offrir du crédit bancaire, car cela impliquerait de se soumettre aux réglementations bancaires. Il paraît plus vraisemblable que l’entreprise va pendant encore un moment se concentrer sur le monde des cryptomonnaies pour le rendre plus accessible aux utilisateurs sans chercher à forcément concurrencer le système bancaire directement, mais plutôt en créant des ponts.</p><p>VdH : La branche suisse de l’assureur Axa a annoncé, le 15 avril 2021, qu’il acceptait désormais le bitcoin pour certaines opérations de paiement. C’est aussi le cas de Tesla et Paypal. D’autres acteurs économiques vont-ils suivre le même chemin, selon vous, ou sont-ce des cas isolés ?</p><p>M.M. : Il est possible que cela prenne de l’ampleur, tout simplement par effet de réseaux : plus des entreprises acceptent le bitcoin en moyen de paiement, plus celui-ci est utilisé. Toutefois, il ne suffit pas que le bitcoin soit accepté en moyen de paiement pour qu’il soit utilisé en moyen de paiement. Si on anticipe que la valeur du bitcoin va augmenter, il est plus rationnel de conserver le bitcoin comme placement et d’utiliser les monnaies fiduciaires et scripturales classiques comme moyens de paiement. Ensuite, il faut toujours observer quelles seront les réactions des banques centrales et des États, s’agissant de possibles interdictions et de la création de monnaies digitales de banques centrales.</p><p>VdH : Y’a-t-il un profil-type de l’acheteur de bitcoins ?</p><p>M.M. : Au départ, le bitcoin était concentré dans le monde des hackers, des codeurs ainsi que des libertariens et certains financiers de la Tech. Aujourd’hui, avec son développement progressif, il y a une certaine diversification des profils, mais il s’agit toujours très majoritairement d’hommes de moins de quarante ans, diplômés, plutôt issus des classes moyenne et supérieure.</p><p>VdH : Actuellement, un bitcoin vaut plus de 50 000 euros. On imagine donc qu’il faut avoir des moyens très importants pour en acheter. Les cryptomonnaies ne sont-elles qu’un moyen pour les élites de maintenir la fracture entre elles et le reste des citoyens, en vivant dans un univers financier parallèle ?</p><p>M.M. : Ce n’est pas parce qu’un bitcoin vaut plus de 50 000 euros que seuls les riches peuvent en acheter : on peut très bien acheter une fraction de bitcoin, par exemple 1/50000ème si on veut… La plus petite unité est appelée un satoshi et vaut un cent millionième de bitcoin. Et il y a bien d’autres cryptoactifs et cryptomonnaies que le bitcoin, dont les valeurs sont beaucoup plus faibles.</p><p>Le bitcoin n’a pas été pensé au départ pour l’élite. Le but était notamment de réduire les frais bancaires et de résoudre les problèmes d’exclusion bancaire (du moins, c’est ainsi que certains le présentent). De facto, il est devenu malgré tout un moyen d’enrichissement pour une nouvelle classe de jeunes capitalistes en cryptomonnaies. Grâce à leurs investissements, certains sont devenus milliardaires. Plus généralement, il s’est créé tout un écosystème de finance décentralisée autour de la blockchain Ethereum et de sa monnaie l’ether (la seconde cryptomonnaie en termes de capitalisation). En soi, tout le monde peut formellement y investir, même des sommes assez modiques.</p><p>« La finance de marché, qu’elle soit classique ou issue du monde des cryptomonnaies, favorise la concentration des richesses. »</p><p>Cependant, comme tous les investissements financiers, ceux-ci impliquent des risques ; ainsi, il vaut mieux pouvoir diversifier son portefeuille et avoir déjà du patrimoine et d’autres revenus et éviter de le faire si on peine à boucler les factures de fin de mois, si l’on a besoin de liquidités et si l’on craint une dévalorisation de tout ou partie de ses actifs.</p><p>Enfin, la finance de marché, qu’elle soit classique ou issue du monde des cryptomonnaies, favorise la concentration des richesses. Dans le cas du bitcoin, on a des estimations qui vont d’une extrême concentration des richesses – 2 % des comptes possèderaient 95 % des bitcoins<a name="_ftnref1" href="https://voixdelhexagone.com/2021/05/09/matthieu-montalban-le-bitcoin-est-devenu-un-moyen-denrichissement-pour-une-nouvelle-classe-de-jeunes-capitalistes/#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a> – à des chiffres moins impressionnants (on parle de « baleines » pour les gros détenteurs). Ces derniers indiquent malgré tout une concentration certaine des richesses. Glassnode note que 4,9 % des détenteurs de comptes possèderaient moins d’un bitcoin, 9 % de 1 à 10 bitcoins, 13,6 % de 10 à 100 bitcoins, et 72,5 % plus de 100 bitcoins en incluant les mineurs et les plateformes d’échange<a name="_ftnref2" href="https://voixdelhexagone.com/2021/05/09/matthieu-montalban-le-bitcoin-est-devenu-un-moyen-denrichissement-pour-une-nouvelle-classe-de-jeunes-capitalistes/#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a>.</p><p>VdH : Les bitcoins ont été créés en nombre limité. Que se passera-t-il le jour où ce nombre sera épuisé ?</p><p>M.M. : La question qui se posera est celle de l’incitation au minage pour les fermes de minage, ce qui revient à dire, l’incitation à entretenir le réseau et son coût. Sans doute que les grands détenteurs de Bitcoin, donc essentiellement ces fermes de minage, les exchanges et certaines « baleines’ essayeront d’entretenir le réseau ; on peut imaginer par exemple que des frais de transaction plus importants qu’aujourd’hui seront appliqués aux transactions pour que les fermes de minages entretiennent le réseau. On peut aussi imaginer des scénarii plus « pessimistes » où face à la fin de la récompense de minage, le coût de l’entretien du réseau amène beaucoup d’acteurs à s’en désintéresser. Il est de toute façon toujours très difficile voire déraisonnable de faire des prévisions à si long terme en économie, l’incertitude étant la règle, surtout s’il y a des innovations d’ici-là et aussi parce qu’en matière de confiance et de finance, les emballements mimétiques comme les crises sont toujours possibles…</p><p>Notes :<br /><a href="https://voixdelhexagone.com/2021/05/09/matthieu-montalban-le-bitcoin-est-devenu-un-moyen-denrichissement-pour-une-nouvelle-classe-de-jeunes-capitalistes/#_ftnref1" name="_ftn1" id="_ftn1">[1]</a> Olga Kharif, <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-11-18/bitcoin-whales-ownership-concentration-is-rising-during-rally" target="_blank" rel="noopener">« Bitcoin Whales’ Ownership Concentration Is Rising During Rally »</a>, bloomberg.com, 18 novembre 2020.<br /><a href="https://voixdelhexagone.com/2021/05/09/matthieu-montalban-le-bitcoin-est-devenu-un-moyen-denrichissement-pour-une-nouvelle-classe-de-jeunes-capitalistes/#_ftnref2" name="_ftn2" id="_ftn2">[2]</a> Rémy R., <a href="https://journalducoin.com/actualites/tous-bitcoins-concentres-petite-elite-richissime/" target="_blank" rel="noopener">« Tous les bitcoins sont-ils vraiment concentrés dans les mains d’une petite élite richissime ? »</a>, journalducoin.com, 8 février 2021.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/543/nous-entrerons-dans-la-carriere-quand-nos-aines-ny-seront-plus</guid>
	<pubDate>Mon, 10 May 2021 04:28:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/543/nous-entrerons-dans-la-carriere-quand-nos-aines-ny-seront-plus</link>
	<title><![CDATA[Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n&#039;y seront plus.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je publie ici la lettre au Président de la République de plusieurs milliers de militaires d'active qui soutiennent le cri d'alarme des 20 000 généraux et des militaires en retraite et qui dénoncent le caractère odieux des procès d'intention des ministres et la condamnation inopportune du CEMA.</p>

<p>« Monsieur le Président de la République,<br />Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités,<br />On ne chante plus le septième couplet de la Marseillaise, dit "couplet des enfants". Il est pourtant riche d'enseignements. Laissons-lui le soin de nous les prodiguer :</p>

<p>"Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n'y seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre"</p>

<p>Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu'on les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné l'honneur ces dernières semaines. Ce sont ces milliers de serviteurs de la France, signataires d'une tribune de simple bon sens, des soldats qui ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté, obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en œuvre vos restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de France les soutenait.<br />Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la France, vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est d'aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance.<br />Dans ces conditions, c'est à nous, qui sommes récemment entrés dans la carrière, d'entrer dans l'arène pour avoir simplement l'honneur d'y dire la vérité.<br />Nous sommes de ce que les journaux ont nommé "la génération du feu". Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays. Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire.<br />Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d'entre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l'islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol.<br />Presque tous, nous avons connu l'opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives d'instrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien -rien qu'un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine.</p>

<p>Nous avons défilé le 14 juillet. Et cette foule bienveillante et diverse, qui nous acclamait parce que nous en sommes l'émanation, on nous a demandé de nous en méfier pendant des mois, en nous interdisant de circuler en uniforme, en faisant de nous des victimes en puissance, sur un sol que nous sommes pourtant capables de défendre.<br />Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s'installer dans l'espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme.<br />Ce n'est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c'est un constat professionnel que nous livrons. Car cette déchéance, nous l'avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l'effondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas d'un "pronunciamento militaire" mais d'une insurrection civile.</p>

<p>Pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître l'évidence de leurs constats, il faut être bien lâche. Pour invoquer un devoir de réserve mal interprété dans le but de faire taire des citoyens français, il faut être bien fourbe. Pour encourager les cadres dirigeants de l'armée à prendre position et à s'exposer, avant de les sanctionner rageusement dès qu'ils écrivent autre chose que des récits de batailles, il faut être bien pervers.<br />Lâcheté, fourberie, perversion : telle n'est pas notre vision de la hiérarchie.<br />L'armée est au contraire, par excellence, le lieu où l'on se parle vrai parce que l'on engage sa vie. C'est cette confiance en l'institution militaire que nous appelons de nos vœux.<br />Oui, si une guerre civile éclate, l'armée maintiendra l'ordre sur son propre sol, parce qu'on le lui demandera. C'est même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement.<br />Le cri d'alarme de nos Anciens renvoie enfin à de plus lointains échos. Nos aînés, ce sont les résistants de 1940, que, bien souvent, des gens comme vous traitaient de factieux, et qui ont continué le combat pendant que les légalistes, transis de peur, misaient déjà sur les concessions avec le mal pour limiter les dégâts ; ce sont les poilus de 14, qui mouraient pour quelques mètres de terre, alors que vous abandonnez, sans réagir, des quartiers entiers de notre pays à la loi du plus fort; ce sont tous les morts, célèbres ou anonymes, tombés au front ou après une vie de service.<br />Tous nos aînés, ceux qui ont fait de notre pays ce qu'il est, qui ont dessiné son territoire, défendu sa culture, donné ou reçu des ordres dans sa langue, ont-ils combattu pour que vous laissiez la France devenir un Etat failli, qui remplace son impuissance régalienne de plus en plus patente par une tyrannie brutale contre ceux de ses serviteurs qui veulent encore l'avertir ?<br />Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s'agit pas, cette fois, d'émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s'agit pas de prolonger vos mandats ou d'en conquérir d'autres. Il s'agit de la survie de notre pays, de votre pays ».<br />09/05/2021</p>
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