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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/211/soutien-a-rachel-khan-apodioxis-et-metacommunication-orwellienne</guid>
	<pubDate>Wed, 17 Mar 2021 20:49:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/211/soutien-a-rachel-khan-apodioxis-et-metacommunication-orwellienne</link>
	<title><![CDATA[Soutien à Rachel Khan, apodioxis et métacommunication orwellienne.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les attaques d'une rare hypocrisie que subit en ce moment Rachel Khan suite à la promotion de son récent livre "Racée" (éditions de l'Observatoire) lèvent encore un peu plus le voile sur le fonctionnement des identitarismes, ainsi que sur leur académisation (je pense que c'est cette dimension  institutionnelle des identitarismes pseudo-minoritaires que ma recherche a le plus contribué à démontrer). </p>

<p>Rappelons qu'elle est ciblée par la direction de l'institution publique qu'elle co-dirige, La Place , un établissement culturel public, dédié au Hip Hop.</p>

<p><img src="https://drive.google.com/uc?export=view&amp;id=1JnPOJt-sihdnltSY4HY-eq8US4ojGZ20" alt="image"><br />(<a href="https://www.facebook.com/1450082268593349/posts/2885336575067904/">Source : FB La Place Paris </a>) </p>

<p>Cet établissement a donc publié un tweet de dénigrement afin de se dissocier des positions de Rachel Khan - attaque qui se ménage le confort de l'argument d'autorité.</p>

<p>L'hypocrisie de ce tweet se décrypte aisément à travers la figure rhétorique de l'apodioxis: une méthode de dénigrement qui revient à disqualifier l'adversaire en le rejetant hors de la sphère du débat. C'est une figure d'écartement et de dissociation encore plus violente que l'ad personam, qui considère encore la personne - ici définitivement écartée car la proximité de la personne est comparée à une salissure. L'on pourrait la résumer ainsi: "je ne vous serre pas la main", et par conséquent "je ne débats pas avec vous".</p>

<p>Ce procédé se répand actuellement à vive allure dans les sphères culturelles et universitaires, en cherchant insidieusement à produire de l'infréquentabilité, par effet de halo.</p>

<p>Une telle méthode présente plusieurs avantages pour l'hypocrite dénonciateur. J'en citerai deux:</p>

<p>- Le premier est de se dédouaner d'avoir à répondre sur le fond. Cela signale en général une incompétence voire une faillite rationnelle, mais masquées par la posture de pureté - un dénominateur commun des idéologies intégristes et totalitaires - et la désignation d'un bouc émissaire. Car les arguments de Rachel Khan, qu'il s'agisse de ceux qu'elle présente dans les médias ou bien dans son livre, sont tous pondérés, nuancés, pluralistes, dialectiques, ouverts. En jetant un anathème sur la subtilité, les dénonciateurs avouent certes en creux la teneur identitaire et sectaire de leur position. Mais ils capitalisent sur la sainte triade de la séduction identitaire: la pureté, le clivage, et l'hostilité à toute forme d'altérité, sous couvert de la défendre.</p>

<p>- Le second bénéfice faux-jeton est de faire usage d'un procédé bien identifié par la critique orwellienne: la métacommunication. Incapable d'objecter des faits, on criminalise un sujet critique en recourant au paralogisme par association ad nauseam, en le laissant en général sous-entendre. L'implicite (énorme dans le cas de ce tweet) est en effet indispensable à la métacommunication. La rétribution, c'est de se retrouver du côté de ceux qui sont censés avoir un "temps d'avance", être des "voyants surconscients" (wokes)... mais qui en fait négligent l'analyse de bon sens du présent.</p>

<p>Le règne de la métacommunication est le symptôme des régimes totalitaires qui fonctionnent par allégeance et injonction à la manifestation de cette allégeance, et autoproduction de leur propre paranoïa. La métacommunication est largement employée par la propagande (elle est donc compatible avec la communication au sens publicitaire, mais pas au sens rationnel). Elle joue sur nos pulsions régressives (notre désir d'identification, de fusion dans le groupe). L'un des signes les plus évidents de cette victoire de la métacommunication (pulsionnelle, identitaire) sur la communication (informative, rationnelle, objective) est par exemple la diffusion de l'expression "faire le jeu de" dans le débat médiatique.</p>

<p>En conclusion, je n'achèterai plus jamais une fringue même de seconde main griffée de la publiciste Agnès b. C'est mon apodioxis de meuf. Je préfère  aller nue que porter les hardes vendues par ceux qui se drapent de vertu pour calomnier leur prochain. </p>

<p>Bon c'est pas une grosse perte. La jupette à pois vues mille fois, ou celle avec des graffitis immondes, à 200 balles, et qui ressemble à une serpillère après deux lavages, c'est assez loin de la haute idée que je me fais de la mode, qui n'a pas grand chose à voir avec la publicité.<br /><a href="https://www.babelio.com/auteur/Isabelle-Barberis/277038">Isabelle BARBERIS </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/210/on-ne-demande-des-comptes-qua-la-grande-nation</guid>
	<pubDate>Wed, 17 Mar 2021 18:32:37 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/210/on-ne-demande-des-comptes-qua-la-grande-nation</link>
	<title><![CDATA[On ne demande des comptes qu&#039;à la Grande Nation !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ca m'énerve ces discours qui, de l'extrême droite commencent à polluer la gauche : pourquoi ne demande-t-on pas de comptes aux pays qui furent et continuent d'être esclavagistes et/ou colonisateurs, pourquoi toujours à la France ? Parce qu'on ne demande des comptes qu'à la Grande Nation qui a rempli le tiers des bibliothèques et la moitié des musées du monde, à celle dont deux de ses romans sont les plus lus et adaptés depuis que les fils des généraux Hugo et Dumas les ont écrits ; dont deux de ses opéras oeuvres de Bizet et Gounod sont les plus joués sur les scènes et les fosses d'orchestre ; dont on connaît partout sur la planète le nom de ses chefs d'Etat qu'ils aient été corsico-génois ou lillois. Quant à celles des nations qui ne laisseront dans le grand livre de l'Humanité qu'une note de bas de page dans la huitième annexe du quarante-troisième volume, pourquoi leur demander quoi que ce soit, elles sont déjà oubliées...?</p>

<p><a href="https://www.babelio.com/auteur/Jean-Philippe-Immarigeon/177914"><br />Jean-Philippe IMMARIGEON </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/209/astra-zeneca-le-rapport-benefice-risque-est-favorable-mais-moins-que-pour-d%E2%80%99autres-vaccins</guid>
	<pubDate>Tue, 16 Mar 2021 10:15:23 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/209/astra-zeneca-le-rapport-benefice-risque-est-favorable-mais-moins-que-pour-d%E2%80%99autres-vaccins</link>
	<title><![CDATA[ASTRA ZENECA : Le rapport bénéfice-risque est favorable, mais moins que pour d’autres vaccins.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Dans le train pour Bordeaux, je vais tenter de vous expliquer. En débutant par un tweet qui résume la situation : </p>

<p><i>« Paramètres de la décision : Le rapport bénéfice-risque d’AZ est favorable, mais moins que pour d’autres vaccins. Ses réactions inflammatoires chez les jeunes sont singulièrement fortes. Une enquête doit indiquer s’il peut rarement entraîner des CIVD avec thromboses cérébrales. »</i></p>

<p>Ce vaccin est constitué d’un ADN codant la protéine de spicule de CoV-2 inséré dans le génome d’un adénovirus vivant de primates non humains.</p>

<p>Il est bien efficace mais entraîne après la 1ère dose, avec une fréquence très singulière, des réactions pseudo grippales bénignes mais cognées chez les jeunes. L’origine n’est pas connue mais pourrait être une réponse à l’infection bénigne par l’adénovirus de primates que les humains n’ont jamais rencontrés et contre lequel ils n’ont aucun anticorps. </p>

<p>Des cas très rares mais éventuellement mortels de coagulation intra-vasculaire avec thrombopénie et thrombose de sinus veineux cérébraux ont été notés dans plusieurs pays, plus fréquents que dans la population générale. </p>

<p>L’hypothèse est qu’ils pourraient constituer une complication exceptionnelle du syndrome infectieux habituellement bénin déclenché par l’adénovirus. Du syndrome inflammatoire en tout cas. </p>

<p>Ces complications n’ont pas été décrites en Grande-Bretagne qui a massivement administré ce vaccin. S’agit-il d’une politique de santé publique destinée à ne pas inquiéter ? Ou alors d’un changement de lots de vaccins ? Le titre (c’est à dire le nombre de particules virales par ml) de certains est-il sous-estimé ? Une mutation du vecteur le rendant faiblement replicatif est-elle apparue ? Simples hypothèses. </p>

<p>Même si le rapport bénéfice-risque du vaccin AZ est très favorable, l’avenir de son utilisation est fort compromis, sachant que de nombreux produits plus sûrs sont disponibles ou à venir. </p>

<p>De toute façon, la confiance des personnes est ébranlée et, même en cas d’avis in fine favorable de l’Agence européenne du médicament, la compliance à se faire vacciner par le produit AZ plutôt que d’en attendre un plus sûr risque d’être limitée. </p>

<p>Les autres vaccins adénoviraux sur le marché (J and J, Spoutnik) pourraient poser moins de problèmes, leurs adénovirus vecteurs, Ad 26 et Ad 5, sont humains, toutes les personnes sont un peu protégés contre eux. </p>

<p>L’Europe sera aussi une victime collatérale de l’affaire. Elle a négocié plutôt « petit bras » avec les fournisseurs de vaccins... et s’est empressée de donner l’AMM à AZ alors que la FDA américaine faisait lanterner. <br />Voilà le point et les hypothèses, amis. </p>

<p><a href="https://www.facebook.com/axel.kahn2"><br />Axel KAHN</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/207/en-france-terre-de-liberte-de-communication-la-foi-est-une-opinion-comme-une-autre</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Mar 2021 13:31:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/207/en-france-terre-de-liberte-de-communication-la-foi-est-une-opinion-comme-une-autre</link>
	<title><![CDATA[En France, terre de liberté de communication, la foi est une opinion comme une autre.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ce type, Héran, soit est un con fini, soit un agent étranger. Dans un très récent entretien, il dit que la Déclaration de 1789 évoque bien, d'une part la liberté d'expression, d'autre part la liberté de conscience. Sous-entendu : la liberté dite de conscience, donc religieuse, serait un concept distinct de la liberté d'expression.</p>

<p>On ne doit pas avoir le même texte pour la Déclaration de 1789, très clair : la foi y est une opinion comme une autre (et encore, les Constituants le concèdent du bout de la plume, vu la tournure négative de l'article 10, en ce sens que si elle ne se soumet pas aux règles de droit commun, la liberté religieuse hors les lieux cultuels n'est pas garantie puisqu'elle n'existe nulle part ailleurs dans les textes français).</p>

<p>Pour le reste, ce n'est pas l'expression d'une opinion ou d'une pensée qui est libre mais la communication sous toutes ses formes, à savoir quelque chose inconnu du modèle US qui semble désormais avoir vérolé partout, et pas seulement sous la plume d'imbéciles comme Héran : la confrontation, la discussion, la dispute, la réfutation, la falsifiabilité (pour causer encore une fois comme Popper) et, en bout de course mais accessoirement, la caricature. </p>

<p>Autrement dit la France est dans un processus de dialogue permanent là où - mais tous ceux qui ont vécu aux Etats-Unis ou qui observent les touristes américains le savent - l'Amérique ne connait que des monologues sourds à l'Autre. Nous sommes, depuis trois siècles, sur deux civilisations totalement antagonistes et incompatibles (et ça fait vingt ans que je l'écris et le publie).</p>

<p>Or c'est sur cette hérésie philosophique d'importation que surfent aujourd'hui les islamistes : j'ai le droit de dire une connerie et quiconque vient en discuter est islamophobe, de toute manière la Sourate 4 Verset 140 m'interdit de débattre avec quiconque n'accepte pas le Coran comme la parole de Dieu.</p>

<p><a href="https://frontpopulaire.fr/o/Author/au284006/jean-philippe-immarigeon"><br />Jean-Philippe IMMARIGEON<br /></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/206/un-bon-noir-est-un-noir-blanc</guid>
	<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 19:32:47 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/206/un-bon-noir-est-un-noir-blanc</link>
	<title><![CDATA[Un bon noir est un noir blanc....]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Valérie Dest  Oui vous l’aimiez bien quand il restait bien sagement silencieux face au racisme institutionnel de la France, oui un noir qui accepte le mythe de la supériorité de la race blanche et de leur droit imaginaire de pouvoir commettre tous les crimes et bavures sur les autres races sans jamais craindre de révolution, de riposte des races qu’ils considèrent inférieures à eux. Oui Omar S’y dans le rôle du noir docile et qui sait souffrir en silence tout continuant à vénérer son bourreau c’est cette image du noir que vous aimez voir et non Omar S’y, preuve en est dès qu’il pointé du doigt le racisme institutionnel de la France, soudain vous vous rappelez que finalement il était un acteur nul</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/205/le-veritable-oppresseur-de-la-femme-nest-pas-lhomme-ni-la-societe-mais-la-nature</guid>
	<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 19:07:56 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/205/le-veritable-oppresseur-de-la-femme-nest-pas-lhomme-ni-la-societe-mais-la-nature</link>
	<title><![CDATA[Le véritable oppresseur de la femme n&#039;est pas l&#039;homme ni la société, mais la nature !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La rhétorique du féminisme de deuxième vague fit porter l'entière responsabilité de la condition de la femme aux hommes, et plus spécifiquement au "patriarcat", un terme rebattu et nébuleux qui peut bien s'appliquer à la Rome républicaine ou à l'Angleterre victorienne, mais qui est historiquement spécieux et qu'il faudrait abandonner. Le féminisme se concentrait exclusivement sur un mécanisme social externe à démolir ou à réformer. Il échoua ainsi à tenir compte du lien complexe des femmes à la nature, c'est à dire la procréation.</p>

<p>L'idéologie féministe n'a jamais traité honnêtement du rôle de la mère dans la vie humaine. Le portrait qu'elle dresse de l'histoire comme n'étant qu'oppression masculine et victimation féminine est une grosse déformation des faits. Il y eut une répartition rationnelle du travail, depuis l'époque des chasseurs-cueilleurs, qui ne vint pas du désir masculin de subjuguer et d'emprisonner la femme, mais du fardeau procréateur dont la nature a chargé celle-ci.</p>

<p>Notre véritable oppresseur n'est pas l'homme ni la société, mais la nature: l'impératif biologique que le féminisme de deuxième vague et les études de genre à l'université refusent toujours de reconnaître. </p>

<p>La théorie féministe s'est montrée grotesquement injuste envers les hommes en refusant de reconnaître l'importance des soins que la plupart d'entre eux ont consacrés aux femmes et aux enfants. Il a fait preuve de simplisme en alléguant que les archétypes féminins n'étaient que des mensonges créés par les hommes et motivés par leurs propres intérêts. <br />-----<br />Le féminisme considère toute hiérarchie comme répressive, une fiction sociale: chaque trait négatif de la femme serait un mensonge masculin conçu pour la garder à sa place. Le féminisme a dépassé sa juste mission de rechercher l'égalité politique pour les femmes et en est venu à rejeter la contingence, c'est à dire les limites humaines assorties à la nature ou au destin. Liberté sexuelle, émancipation sexuelle... Une illusion moderne. Nous sommes des animaux hiérarchiques. Chassez une hiérarchie et une autre prendra sa place, peut-être moins acceptable que la première...  </p>

<p>Ni le sexe récréatif ni l'expansion des droits civiques des femmes ne risquent  de résoudre le problème profond de l'intégration du corps et de l'esprit de l'homme. L'incarnation, c'est à dire la limitation de l'esprit par la matière, fait outrage à l'imagination. Tout aussi outrageant est le genre sexuel  (gender), que n'avons pas choisi, mais que la nature nous a imposé. Notre matérialité est tourment; notre corps, l'arbre de la nature sur lequel William Blake nous voit crucifiés.<br />-----<br />Le féminisme orthodoxe a méprisé avec arrogance les mères au foyer. <br />La maternité est devenue secondaire en comparaison des ambitions professionnelles de la classe moyenne américaine. Or, au sein des sociétés plus traditionnelles ou religieuses, qui valorisent encore la maternité et la famille, et où la femme de carrière indépendante est moins typique ou admirée, le féminisme pourrait avoir une tout autre allure. </p>

<p>Le modèle d'affaires inventé en Europe du Nord après la révolution industrielle est efficace mais il est également vampirique. Trop nombreux sont ceux, hommes et femmes, qui ont naïvement confondu leur identité personnelle avec leur emploi. C'est un piège bourgeois et une déformation du sens ultime de la vie.<br />-----<br />A compter des années 1970, il y eut dans le féminisme des pressions irrationnelles invitant à nier que les différences sexuelles aient un quelconque fondement hormonal, un fantasme dénué de tout savoir scientifique qui continue de s’épanouir aujourd'hui dans le champ des études postmodernes de la culture.</p>

<p>Mais quelle sorte d'enseignement sur le sexe l'université peut-elle bien dispenser sans assise scientifique? - ce dont est entièrement dépourvue la majorité qui enseigne actuellement dans le champ des études féministes. </p>

<p>Après un quart de siècle dominé par l'idéologie du constructivisme social, qui prétend que nous naissons comme des pages blanches et que nous devenons hommes et femmes non pas sous l'autorité de la biologie, mais par l'action du conditionnement social ou des influences environnementales, j'ai essayé de remettre au programme féministe la nature qui en est la pièce manquante. </p>

<p>Dans "Sexual Personae", j'ai soutenu que la sexualité est l'intersection compliquée de la nature et de la culture et qu'il nous faut les comprendre toutes les deux afin de nous comprendre nous-mêmes. </p>

<p>De mon point de vue, des cours de biologie et d'endocrinologie auraient dû figurer obligatoirement au cursus de tous les programmes d'études féministes au pays. Les théories sur le sexe et le genre doivent s'amorcer sur cette base, même si l'on choisit plus tard de minimiser la biologie ou de la rejeter entièrement. </p>

<p>Plutôt que d'encourager le questionnement scientifique et la libre pensée, les programmes d'études féministes ont commencé de manière a priori, à partir d'une pensée politique préalablement cristallisée. Il n'était pas permis de dévier de la ligne de parti, selon laquelle toutes les differences sexuelles sont dues au patriarcat, avec son exclavage monolithique et ses abus des femmes par les hommes.<br />----<br />Les universités nord-américaines sont devenues, décennie par décennie, des camps de rectitude politique. On se débarrassa de la moitié des classiques ainsi que des cours de panorama (désormais qualifié de "faux récit" par les béjaunes amateurs de la théorie). Le déclin continuel des programmes d'études en humanités est un signe incontestable que ce domaine autrefois noble n'est plus désormais qu'un champ de ruines.</p>

<p>Je m'inquiète beaucoup pour l’état des relations sexuelles en Amérique, et je tiens à avertir le monde qu'à l'heure où le féminisme prend une dimension internationale, il devrait éviter les erreurs du féminisme américain. Les universités ont vu sur leurs campus la désastreuse institutionnalisation du féminisme, où il est devenu insulaire et autocratique, pratiquement une religion d'Etat, déformant le contenu des cours et le processus d'embauche des professeurs, et agissant de connivence avec une classe cajolante de gestionnaires surpayés à la mentalité aumoniere... </p>

<p>Actuellement, aux États-Unis, une police de la pensée bien intentionnée mais impitoyable  et dont les opinions n'ont rien à envier au dogmatisme des agents de l'Inquisition espagnole, patrouille les universités de même que les médias généralistes. Nous voilà plongés dans un chaos ethique, où l'intolérance passe pour son contraire et où la tyrannie du groupe écrase la liberté individuelle.<br />-----</p>

<p>Nous ne pouvons accepter un féminisme qui soit hostile aux grandes oeuvres d'art et nous ne pouvons accepter un féminisme qui soit hostile à la science.</p>

<p>Le féminisme doit mettre fin à sa guerre des sexes, qui retarde le mûrissement  des garçons comme celui des filles. Les femmes ne gagnent rien à affaiblir les hommes. </p>

<p>Le féminisme doit renoncer à cette rhétorique empoisonnée: il est désastreux pour les jeunes femmes de les endoctriner à penser aux hommes de cette manière négative. </p>

<p>Le féminisme éclairé ne peut s'ériger que si font alliance, avec circonspection, des femmes fortes et des hommes forts.</p>

<p><a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Camille_Paglia"><br />Camille Paglia</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/204/je-ten-foutrais-moi-des-ghettos</guid>
	<pubDate>Sun, 28 Feb 2021 20:50:08 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/204/je-ten-foutrais-moi-des-ghettos</link>
	<title><![CDATA[Je t&#039;en foutrais, moi, des &quot;ghettos&quot;...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>EXCELLENT PETIT TEXTE !<br />« L'insupportable argument du "ghetto". Un ghetto était un quartier misérable, insalubre et exiguë où étaient obligées de vivre les communautés juives dans l'Europe du Moyen-Âge. Ses habitants y étaient cloîtrés derrière de lourdes portes fermées à clés dès la tombée de la nuit et gardées par des soldats en armes. Les Juifs ne pouvaient en sortir que quelques heures par jour, revêtus d'une tenue distinctive qui les signalait au reste de la population et devaient y rentrer le soir sous peine de mort. </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" à un quart d'heure de métro des Champs Élysées ou des plages du Prado. </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" desservis par trois lignes de métro, une ligne de RER, quatre lignes de bus, deux lignes de tramway, dix stations de vélibs et une gare centrale. </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" avec un stade municipal, une piscine de quatre bassins, un cinéma, deux terrains de foot, un gymnase, une médiathèque, une bibliothèque municipale, un conservatoire de musique, deux centres commerciaux, un club de théâtre, dix clubs sportifs, deux salles de fitness, une salle de boxe, deux écoles, une crèche, un collège, deux lycées, un hôpital... </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" où les enfants "ghettoïsés" partent chaque été trois semaines à la mer ou à la montagne sans que leurs parents "ghettoïsés" aient à débourser une thune. </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" dans lesquels "l'État raciste" déverse chaque année des dizaines de milliards d'euros pour l'amélioration des conditions de vie des "ghettoïsés". </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" dans lesquels les "ghettoïsés" bénéficient d'un programme de priorité à l'embauche basé sur la "discrimination positive" pour intégrer les grandes entreprises nationales et les grandes écoles. </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" où les "ghettoïsés" ont accès à un parc social immobilier à loyers modérés. </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" dans lesquels la municipalité paie à ses gosses "ghettoïsés" des cours de soutien scolaire, des cours de théâtre et des cours de musique.</p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" où ce sont les "ghettoïsés" eux-mêmes qui décident qui entre et qui sort du "ghetto". </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" où l'État laisse proliférer les trafics de toutes sortes sans faire intervenir la police de peur que les "ghettoïsés" ne se rebellent et mettent le feu à leur "ghetto". </p>

<p>Je t'en foutrais, moi, des "ghettos" dans lesquels des pays étrangers dépensent des dizaines de millions d'euros pour y construire en toute légalité des mosquées et des centres "culturels" destinés aux "ghettoïsés". </p>

<p>A leur arrivée en France, les Polonais ont vécu dans des corons où régnaient la misère et la silicose, les Espagnols, les Portugais et les premiers Algériens ont vécu dans des bidonvilles immondes infestés de rats et de poux, les Italiens et les Juifs vivaient dans des taudis insalubres. Sans se plaindre, et à force de travail, ils ont donné à la France  certains de ses meilleurs enfants : des ingénieurs, des médecins, des professeurs, des ouvriers spécialisés, des artisans, des avocats, des écrivains, des hauts fonctionnaires, des Prix Nobel... </p>

<p>Et ce sont les plus gâtés, les plus choyés, les plus aidés, les plus protégés, les plus accompagnés, les plus assistés, les plus biberonnés, les plus dorlotés qui osent se plaindre, se poser en victimes et réclamer encore et encore et encore plus d'aide et de pognon à l'État. </p>

<p>Ils s'appellent "Les Misérables" ?  En effet, ce sont bien des misérables. »<br />-<br />(Texte de Rodolphe Sebbah ; merci à Antoine Desjardins pour le partage.)</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/201/le-projet-de-loi-%C2%AB-separatismes-%C2%BB-%C2%AB-inspire-une-certaine-tristesse-et-un-sentiment-d%E2%80%99inconfort-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Mon, 25 Jan 2021 05:28:12 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/201/le-projet-de-loi-%C2%AB-separatismes-%C2%BB-%C2%AB-inspire-une-certaine-tristesse-et-un-sentiment-d%E2%80%99inconfort-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[&quot;Le projet de loi « séparatismes » « inspire une certaine tristesse et un sentiment d’inconfort »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je suis pas sûr d'avoir parfaitement compris mais je crois que ce texte est absolument intéressant</p>

<p>"Le projet de loi « séparatismes » « inspire une certaine tristesse et un sentiment d’inconfort » selon la philosophe Ayyam Sureau</p>

<p>Nous n’avions pas imaginé que des principes ancrés au plus profond de nous-mêmes, et qui sont à la source de la Constitution, auraient un jour besoin d’être confortés, se désole la philosophe dans une tribune au « Monde ».</p>

<p>Tribune. Le projet de loi « confortant le respect des principes de la République » inspire une certaine tristesse et un sentiment d’inconfort. Après plusieurs changements de titre, un exposé des motifs plutôt bavard trahit encore la difficulté de traiter, dans un texte de portée générale, des menaces d’une idéologie particulière sans la nommer.</p>

<p>L’islamisme progresse en France depuis les années 1980. Qu’il soit devenu urgent et indispensable, après quarante ans de compromissions, de renforcer par des lois explicites, des sanctions plus sévères, des mécanismes de contrôle plus efficaces, les manquements à des principes qui nous paraissaient aller de soi, personne ne peut encore en douter.</p>

<p>Le projet de loi s’immisce dans la vie privée, abolit le droit ancien d’enseigner à ses enfants à domicile, invente la notion comique de vie « en état de polygamie », fait du « rejet de la haine » un principe républicain. Il y aurait beaucoup à dire et cependant on préférera se taire.</p>

<p>La grande habileté de l’islamisme est d’attendre que la défense de ses intérêts coïncide avec celle des défenseurs de la liberté. C’est là notre faiblesse. Nos ennemis l’ont repérée depuis longtemps. Ils nous prennent à revers, nous obligeant à admettre des restrictions à nos propres libertés pour les priver de celle de nous détruire. Est-ce si difficile de leur dire que la liberté, telle qu’elle est individuellement aimée, constitutionnellement garantie et politiquement espérée en France, a fort peu à voir avec celle qu’ils revendiquent ?</p>

<p>Le « contrat » n’a rien à faire ici<br />D’où viennent la tristesse et l’inconfort ? La tristesse de ce que nous n’avions pas imaginé que des principes, ancrés au plus profond de nous-mêmes et qui sont à la source de la Constitution, auraient un jour besoin d’être confortés. L’on s’adresse aux Français comme à un peuple à qui on imposerait, pour le rendre meilleur, des lois étrangères à sa culture.</p>

<p>Peut-on lire sans tristesse au sein d’un dispositif de lois françaises, au XXIe siècle, l’article consacré à l’interdiction de délivrer des certificats de virginité ? Cette intrusion de la loi entre les jambes des femmes est destinée à les protéger. On le sait, on y consent sans retenue. Une nausée nous envahit et l’on croit reconnaître l’étrange obscénité – dans le même temps émancipatrice et humiliante – du législateur colonial. Voilà pour la tristesse.</p>

<p>Quant à l’inconfort, il provient pour l’essentiel du « contrat d’engagement républicain », introduit dans l’article 6. « Toute association désireuse d’obtenir une subvention s’engagera par un contrat d’engagement républicain, à respecter des principes et valeurs de la République, en particulier le respect de la dignité de la personne humaine, le principe d’égalité, notamment entre les femmes et les hommes, le principe de fraternité et le rejet de la haine ainsi que la sauvegarde de l’ordre public. » L’Etat soumettait déjà l’octroi d’un financement public à trois conditions : l’objet d’intérêt général, le fonctionnement démocratique et la transparence financière. Le projet de loi y ajoute la signature d’un contrat visant à obtenir le respect des principes républicains.</p>

<p>La nouveauté ne réside pas dans le contenu des conditions imposées – depuis toujours – par l’Etat, mais dans la notion même de « contrat ». Si les mots signifient encore quelque chose, le « contrat » n’a rien à faire ici. L’Etat paraît négocier l’adhésion aux principes qui inspirent la loi alors même qu’il a l’obligation de les faire respecter. Qu’en est-il des associations qui ne sont pas subventionnées – c’est-à-dire la très grande majorité d’entre elles ? Resteront-elles libres de bafouer les principes si elles n’ont pas signé ?</p>

<p>Mais on se demande surtout s’il est acceptable que l’Etat puisse disposer de ces principes comme de la matière d’un contrat. L’Etat, l’ensemble des institutions qui le constituent, est mandaté par la Nation pour défendre les principes de la République. En serait-il devenu le propriétaire ?</p>

<p>« Ceux qui sont visés par le projet de loi n’en seront pas plus affectés qu’auparavant »</p>

<p>Avec ce contrat, le projet de loi inverse les rôles. Il considère l’Etat comme le détenteur de principes auxquels les citoyens doivent se soumettre. Il est, à l’évidence, à la fois constitutionnellement contestable et politiquement blâmable d’ériger « la sauvegarde de l’ordre public », avec tout le vague que cette notion comporte, en principe de même nature, par exemple, que l’égalité des hommes et des femmes.</p>

<p>La liberté des citoyens, de contester, d’imaginer, de créer, d’agir, de s’associer – sans laquelle la République ne serait qu’un corps inerte – suppose un engagement et une responsabilité personnelle, un désir de servir l’intérêt général qui puise sa légitimité ailleurs que dans la soumission à l’autorité administrative.</p>

<p>Perte d’honneur et de liberté<br />Si la République avance peu à peu vers ce que Hugo appelait « plus de civilisation », si elle a cessé de torturer, si elle a aboli le bagne et la peine de mort, si elle continue de combattre les discriminations, de corriger les injustices, elle le fait parce que les citoyens libres, puisant dans les sources obscures de leur conscience, l’ont aidée à progresser dans la voie qu’elle a choisie. Quel autre motif y aurait-il à défendre la liberté de la presse et la liberté d’association si ce n’est que l’avenir de la République en dépend ? Celle-ci ne peut être que cette « promesse tenue d’avance » qui confie et garantit aux citoyens eux-mêmes la responsabilité de cette République à jamais perfectible et les moyens de l’assumer.</p>

<p>Un « contrat » par lequel l’Etat obligerait les citoyens, et les associations qu’ils forment librement, à consentir aux principes qui les animent ? Non. Ceux qui sont visés par le projet de loi, et dont les comportements transgressent nos lois n’en seront pas plus affectés qu’auparavant. Ceux qui s’honorent d’être républicains seront obligés de reconnaître à l’Etat le pouvoir, c’est-à-dire à la fois l’autorité et la compétence, d’exiger l’adhésion à quelque principe que ce soit, fût-il le leur. Ils perdront alors, en s’engageant par avance à obéir à l’autorité administrative, la liberté et l’honneur de servir la République.</p>

<p>Ayyam Sureau est philosophe. Elle a fondé, en 2008, l’Association Pierre Claver, pour l’intégration des réfugiés en France."</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/199/retranscription-de-l%E2%80%99intervention-d%E2%80%99alain-finkielkraut-au-sujet-de-l%E2%80%99affaire-duhamel</guid>
	<pubDate>Sun, 17 Jan 2021 00:24:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Retranscription de l’intervention d’Alain Finkielkraut au sujet de l’affaire Duhamel]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>David Pujadas : Vous m’avez dit Alain Finkielkraut ce qui retient d’abord mon attention c’est que je suis contre un lynchage généralisé, que voulez-vous dire ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : Commençons par le commencement, le père d’Albert Camus a dit un jour « un homme ça s’empêche », quand j’ai lu cette phrase dans le Premier Homme je me la suis immédiatement appropriée, j’y ai vu l’article premier de la morale. Un homme ça s’empêche, c’est la définition de ce qu’en yiddish on appelle un Mensch. Si mû par une passion inattendue ou par une pulsion irrépressible Olivier Duhamel n’a pas su, pas pu, ou pas voulu s'empêcher, il n’a pas seulement commis un acte répréhensible, ce qu’il a fait est très grave, il est inexcusable.<br />En même temps, j’observe que notre époque dévore goulument un M le maudit par trimestre. Et je me dis qu’au lieu de se gargariser de sa moralité supérieure elle devrait commencer à se poser des questions sur son régime alimentaire… M le maudit c’est un film génial, M le maudit c’est du lourd. Cet homme est un tueur de petite fille, il dérange car il terrorise la ville, il dérange les truands dans leur entreprise. Ceux-ci réussissent à la capturer et au terme d’un procès expéditif ils l’exécutent.<br />Ce qu’on peut retenir de ce film c’est deux choses, ce n’est jamais un progrès quand une société refait son unité autour d’une victime expiatoire, cette victime fut-elle coupable. D’autre part, ce qui est aussi important : quand la justice sort du prétoire, elle sort en même temps de la civilisation, voilà pourquoi je parle en effet de lynchage.</p>

<p>David Pujadas : Dans ce cas d’espèce, avez-vous le sentiment en l’occurrence que l’on cherche un coupable expiatoire ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : On s’unit contre lui, tous les plateaux de télévision de ces derniers jours étaient des tribunaux avec une surenchère dans la condamnation, c’est à dire que c’est un rebut de l’Humanité, c’est un monstre etc…  Qu’est-ce que c’est que la justice dans les prétoires ? C’est l’instruction à charge et à décharge, c’est le contradictoire, et c’est aussi les avocats. Là il n’y a pas d’avocats et il ne peut pas y avoir de contradictoire, car ni la victime ni l’accusé ne parlent. L’un des mérites du livre de Camille Kouchner c’est de le rappeler. Ce livre il ne l’a pas voulu et à chaque fois qu’on lui en parle, lui dit « arrêtez de m'embêter », « moi je veux regarder devant, c’est comme ça que je veux faire ma vie. »</p>

<p>David Pujadas :  Pardon mais c’est aussi souvent et malheureusement un réflexe des victimes, la honte, la volonté de ne plus regarder malgré…</p>

<p>Finkielkraut (le coupant) : Écoutez non. C’est surtout que dans notre Cité victimaire une victime qui déroge à sa fonction christique est mal vue. On considère même que c’est une trahison, et je pense que ce n’est pas comme cela qu’il faut raisonner. Ce que fait la Justice aussi c’est qu’elle recherche le cas dans sa singularité. Et là on ne peut pas, d’abord on n’a pas les éléments, et quand on essaye de le faire… Y a-t-il eu consentement, à quel âge ça a commencé ? Y a-t-il eu une forme de réciprocité ? On vous tombe immédiatement dessus.</p>

<p>Pujadas : Parce que l’on parle d’un enfant de 14 ans !</p>

<p>Alain Finkielkraut : Et alors ? D’abord on parle d’un adolescent, ce n’est pas la même chose. Même pour spécifier le crime il faut savoir s’il y a eu consentement ou non. À chaque fois que vous voulez faire une distinction ça apparait comme une absolution. À chaque fois que vous recherchez la spécificité ou vous accuse à peu près de complicité, de crime. Or la Justice dans son exercice s’appuie sur une vertu intellectuelle que les Grecs appelaient la phronesis, l’intelligence des cas particuliers. Cette sagesse pratique est aujourd'hui complètement balayée par la furie de la pitié, ce mot c’est Michelet qui l’écrit à propos de la maladie des hommes de 1793. Cette maladie les a conduits à édifier une tribune révolutionnaire sans avocat. C’est cette furie de la pitié qui se déchaîne aujourd’hui. Il y a eu une émission très intéressante sur France Culture. Un philosophe fringant disait que ce n’était pas seulement un crime mais un crime contre l’humanité. On a inventé cette notion après Auschwitz et maintenant c’est Olivier Duhamel. Et une avocate, Marie Dosé [David Pujadas lance l’intervention de Marie Dosé sur France Culture : intervention de Marie Dosé : « en 48h tous les registres sont mêlés. Finalement, ça n’est plus une œuvre littéraire que nous lisons mais un débat de société, un sujet de société ou quelque chose qui confirme ou infirme une enquête. C’est en réalité l’imprescriptibilité qui va finir par protéger la présomption d’innocence, le secret de l’information, le secret de l’enquête, parce que finalement le lynchage est tel et l’impossibilité de se défendre d’une accusation qui de toute façon est prescrite sur le plan judiciaire, c’est finalement l’imprescribilité qui redonner un peu de présomption et d’encadrement à ce type d’accusations »].</p>

<p>Alain Finkielkraut : Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce raisonnement. Simplement, ce que je constate, c’est qu’un auditeur a tweeté, « j’aime pas beaucoup ce philosophe mais là bravo il a raison et Marie Dosé en taule ». C’est très intéressant car Marie Dosé s’est inquiétée aussi du phénomène #metoo. Elle a dit attention, la justice est contradictoire, ce n’est pas sur les réseaux sociaux. Mais là, justement, « avocat en taule », c’est justement la justice d’après parce que l’avocat met forcément un peu en doute la parole de la victime, ou en tout cas il l’interroge, il la questionne, il la contextualise. Cela est vécu comme une offense, comme une insulte insupportable. Mais il n’y a pas que cela...</p>

<p>David Pujadas : La question que je voudrais vous poser sur l’aspect judiciaire, c’est comment faire, pour la société, quand justement il y a prescription, qu’il ne peut pas y avoir de procès mais qu’il y a témoignage, témoignage a priori parce qu’il y a eu une douleur qui a été trop longtemps contenue, comment peut faire la société sans être accusée de lynchage ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : Quand il y a prescription, la société doit respecter la prescription. Elle doit d’autant plus le faire aujourd’hui que la victime, je le répète, ne demande rien et que Camille Kouchner a l’honnêteté de le dire, elle le dit vraiment.</p>

<p>David Pujadas : Donc la société devrait passer sous silence, les témoignages existent mais elle devrait observer une réserve selon vous ...</p>

<p>Alain Finkielkraut : Vous dites « la société ». C’est très intéressant parce que s’il y a un tribunal, ce n’est pas un tribunal de truands comme dans M le Maudit, c’est un tribunal de compatissants. Ils ne sont pas seulement compatissants parce que vous imaginez que Le Monde n’a pas publié un article énorme avec une annonce en première page simplement par compassion. Ce sont des célébrités. Et cela sollicite en nous, à la fois notre pitié et notre voyeurisme. C’est une alliance de compassionnel et de salace. Je peux vous dire que nombre de lecteurs qui n’ont aucune indulgence pour le type de comportement reproché à Olivier Duhamel ont été étonnés d’avoir à lire cela dans une presse haut de gamme. J’ai pensé à un propos de Soljenitsyne dans un discours de Harvard qui a pris tout le monde de court. Parce qu’à Harvard, ce dissident s’en est pris à la presse. Il a dit, cette presse qui viole impudemment la vie privée des célébrités en invoquant le droit de savoir. C’est un slogan mensonger au siècle des mensonges. Parce qu’au-dessus du droit de savoir, il y a un droit bien supérieur, qui est un droit de ne pas savoir, de ne pas encombrer son âme avec des ragots ou avec un déballage d’intimité. Il faut aussi songer à cela. J’ajoute, cela c’est pour la gauche « morale », qui invente un genre de presse tout à fait étranger, le trou de serrure vertueux. Mais j’en ai autant au service de la droite, une certaine droite. Ivan Rioufol dans le Figaro, lui qui défend semaines après semaines le peuple en colère contre l’élite corrompu, « ah ben voilà, la voilà votre gauche caviar ! ». Donc là encore, on ne veut pas de la spécificité, la machine à généraliser se met en marche, en action. Voilà, c’est comme cela que se comporte les « people ».</p>

<p>David Pujadas : Vous m’avez dit aussi, dans cette affaire et contrairement à ce que l’on entend partout, il n’y a pas d’omerta.</p>

<p>Alain Finkielkraut : Je finis sur les « people », c’est très intéressant car Éric Drouet, le gilet des gilets jaunes - et Ivan Rioufol est le porte-parole du peuple en colère - a été condamné, je crois, à 5 mois de prison pour violences sur son beau-fils. Cela n’a pas fait les gros titres car ce n’est pas les « people », ce n’est pas les célébrités, ce n’est pas croustillant. Mais devrais-je dire moi que cela veut dire que tous les gens sur les ronds-points qui revendiquaient un peu de visibilité, de dignité en disant « la France ce n’est pas seulement les métropoles et les quartiers dit populaires », ce serait des violeurs et des violents ? Bien sûr que non. Ça n’a aucun sens.</p>

<p>Quant à l’omerta, j’ai lu très attentivement le livre de Camille Kouchner. Sa mère a été prévenue 20 ans après les faits. Ses enfants n’étaient plus des enfants, n’étaient plus des adolescents, ils avaient leurs vies faites. Elle n’a strictement rien couvert, elle a d’autant moins couvert les choses que le fils répétait sans cesse qu’il ne voulait pas porter plainte. Tous ceux qui ont été prévenus tard avaient aussi cette injonction du fils. Même Marie-France Pisier, qui semble-t-il était très fâchée contre l’attitude de sa sœur qui a voulu rester avec Olivier Duhamel et qui a dit à sa fille « je l’aurais quitté si tu me l’avais dit à temps », là elle était très malade, elle avait sombré dans l’alcoolisme après le suicide de sa propre mère, Olivier Duhamel l’aidait à vivre. Elle n’a pas voulu le quitter. Mais même Marie-France Pisier n’est pas allée à la police. C’était l’injonction de celui que Camille Kouchner appelle Victor pour le protéger dit-elle alors que j’imagine que sur internet, tout le monde peut voir son nom, son prénom, sa situation de famille et la profession qu’il exerce. Il n’y a pas d’omerta, il y a le désir exprimé par la victime. Quand on parle d’omerta, c’est parce qu’on veut en faire, non pas un cas spécifique, mais un cas symbolique et exemplaire. Souvent dans les familles incestueuses, on parle d’omerta.<br />Un mot sur l’inceste : il faut quand même rappeler qu’Olivier Duhamel n’est pas le père naturel de la victime. Alors peut-être est-ce un inceste...</p>

<p>David Pujadas : Même s’il n’est pas le père biologique, il avait une autorité paternelle sur ces enfants. Il en était le beau-père.</p>

<p>Alain Finkielkraut : Bien sûr mais écoutez, vous avez lu sans doute ou vu Phèdre de Racine. Phèdre est l’épouse de Thésée. Hyppolite est son beau-fils. Phèdre tombe folle amoureuse d’Hippolyte. C’est une passion qu’elle juge criminelle. Mais imaginez Phèdre amoureuse de son propre fils ! C’est tout simplement irreprésentable parce que nous avons en nous très fort le tabou de l’inceste. Je ne dis pas cela pour excuser, je dis qu’il faut savoir faire des différences, que c’est ainsi que l’on pense et que c’est ainsi que s’exerce la justice.</p>

<p>David Pujadas : Pour être sûr de bien comprendre, je voudrais vous montrer la réaction d’une figure de l’intelligentsia de gauche comme on dit, la philosophe Catherine Clément qui a tweeté sur le coup « Décidément je n’aime pas la délation, surtout familiale, ça me répugne. » [apparaît sur l’écran le tweet de Catherine Clément]. Est-ce que vous diriez la même chose ?</p>

<p>Alain Finkielkraut : Ce tweet comme on dit me révolte. Le livre de Camille Kouchner n’est pas un acte de délation. Ce n’est pas non plus, comme on l’a dit un peu souvent, un acte de courage. Le courage, c’est de défier le pouvoir et de défier l’opinion. Il est clair que ce n’est pas le cas. C’est un acte de vengeance. Je ne dis pas ça pour le délégitimer. Olivier Duhamel occupait des postes très importants, une grande visibilité médiatique, ça nourrissait sa souffrance et elle a dit « c’est pas possible ». Mais en tout cas, jamais, jamais je ne parlerai de délation. On ne peut pas s’exprimer en ses termes, d’autant plus que si l’on s’exprime en ces termes, cela veut dire vraiment qu’on appelle à l’omerta dans toutes les familles dans lesquelles il se passe des choses un peu litigieuses pour le coup. Je ne suis pas de ce camp-là du tout.</p>

<p>David Pujadas : Un livre de vengeance, peut-être de libération pourrait-on dire même si cela a mis des années à pouvoir se faire.</p>

<p>Alain Finkielkraut :  Peut-être que pour elle c’est une libération. Mais d’un autre côté, et c’est aussi le sens de la prescription, il y a un moment où c’est trop tard pour juger parce des gens meurent. Evelyne Pisier n’est plus là pour témoigner de ce qu’elle a fait ou de ce qu’elle n’a pas fait. Marie-France Pisier non plus. Et quand Camille Kouchner ne dit pas qu’avant de mourir, Marie-France Pisier avait une terrible récidive de son cancer et qu’elle pensait ne pas pouvoir le subir, elle a l’air de laisser entendre qu’elle s’est suicidée aussi à cause de cette affaire. Et quand elle dit qu’Evelyne Pisier a été atteinte d’un cancer et que c’est Olivier Duhamel qui a préconisé absurdement l’opération fatale, elle a l’air non seulement de l’accuser des faits qu’il a commis mais d’être responsable de la mort des deux sœurs. C’est un peu charger la barque quand même. Cela étant, il y a quelque chose de très authentique dans l’entreprise qui a été la sienne.</p>

<p>David Pujadas : Il nous reste quelques minutes pour parler de Donald Trump et des réseaux sociaux. Il fallait prendre le temps, Alain Finkielkraut, parce qu’on est sur une ligne de crête, une pensée complexe qui ne se prête pas aux raccourcis.</p>

<p>Alain Finkielkraut : Je sais, je sais ce que l’on risque à dire cela. Un dernier mot : parce que justement, cette ligne de crête, on va dire, écoutez regardez ce type. Il défend tous les prédateurs. Il a défendu Polanski, il défend maintenant Olivier Duhamel. J’ai défendu Polanski en m’alignant sur la position de Samantha Geimer, la victime au nom de laquelle on veut sa mort définitive. C’est elle qui raisonne en ces termes, c’est elle qui dit « il a payé, c’est déplacé » et qui le félicite à chacune de ses récompenses. Pour Olivier Duhamel, je ne le défends pas. Je ne le défends pas. Ce que je dis, c’est mon allergie au lynchage. Un jour j’ai lu cette phrase du poète Bernard Delvaille, « je n’ai jamais hué personne ». Et bien cette phrase, je l’ai faite mienne. Je ne veux jamais huer personne.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/198/la-perte-de-confiance-envers-l%E2%80%99ordre-politique-et-economique-est-peut-etre-definitive</guid>
	<pubDate>Sat, 16 Jan 2021 11:39:45 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La perte de confiance envers l’ordre politique et économique est peut-être définitive.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Ce jour, paraît un entretien dans L'Echo réalisé par Simon Brunfaut, à propos de certains enjeux de "L'Ère de l'individu tyran. La fin d'un monde commun" (Editions Grasset et Fasquelle).<br />« Plus qu’un complotisme généralisé, nous vivons un moment de désillusion collective, une perte de confiance, peut-être définitive, à l’égard d’un ordre politique et économique en place depuis quatre décennies. Chacun en est arrivé à ne plus s’en remettre qu’à soi, à se construire ses récits, alimentés par un foisonnement de canaux d’information et l’usage ad nauseam desdits "réseaux sociaux". Il s’est opéré une atomisation des croyances rabattues à ses propres souffrances. <br />Concernant la science, cela fait bien longtemps que celle-ci a été redéfinie, devenant une "technoscience". Depuis l’après-guerre, la science s’est moins développée en termes de recherche fondamentale qu’en termes de productions techniques aux fins d’être commercialisées. Le monde scientifique s’est vu complètement inféodé au monde économique et, plus tard, à l’industrie numérique. C’est pourquoi, j’avais avancé que la technique n’existe plus. Il n’existe plus que le "technico-économique", érigé dans le seul but de générer des profits. La science, en tant qu'entité "pure" uniquement vouée à la recherche de la vérité et au bien de tous, n’existe plus depuis bien longtemps. <br />Cette situation a progressivement entrainé une défiance qui va aujourd’hui jusqu’à une paranoïa généralisée. C’est regrettable et inquiétant. Cependant, il ne faut pas s'étonner que ces réactions aient lieu. Trop d’expériences passées ont démontré des formes d’irresponsabilité du monde technoscientifique et les conflits d’intérêts à l’œuvre, notamment dans le monde pharmaceutique. Cette longue histoire, faite de tant de dévoiements, nous en payons aujourd’hui le prix.»<br />"La perte de confiance envers l’ordre politique et économique est peut-être définitive", entretien avec Simon Brunfaut, L'Echo, 16/01/21.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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