<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/owner/ememiom</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/owner/ememiom" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1273/denoncer-les-abus-sexuels-dhommes-connus-un-phenomene-qui-depasse-infiniment-chaque-cas-particulier</guid>
	<pubDate>Sat, 16 May 2026 10:49:22 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1273/denoncer-les-abus-sexuels-dhommes-connus-un-phenomene-qui-depasse-infiniment-chaque-cas-particulier</link>
	<title><![CDATA[Dénoncer les abus sexuels d&#039;hommes connus, un phénomène qui dépasse infiniment chaque cas particulier.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>L’animatrice Flavie Flament annonce porter plainte contre Patrick Bruel pour viol. Les faits se seraient produits lorsqu’elle était mineure. </p>

<p>L’animatrice Flavie Flament annonce ce vendredi dans un message posté sur Instagram porter plainte pour viol contre le chanteur et acteur Patrick Bruel.</p>

<p>« J’ai de nouveau rendez-vous avec mon passé. Et un homme qui a pillé mon adolescence. Je porte plainte contre Patrick Bruel pour viol. Pour que la vérité éclate, pour que justice soit rendue », écrit la journaliste sur Instagram, autrice du livre « La Consolation », où elle révélait avoir été violée à l’âge de 13 ans par le célèbre photographe David Hamilton.</p>

<p>L’effacement du père : le commencement du désert. </p>

<p>Il n’y a plus de pères en Occident. Il y a des hommes fatigués, des géniteurs hésitants, des adultes qui demandent pardon d’exister, des éducateurs terrorisés à l’idée d’interdire, des vieillards adolescents poursuivant jusque dans les chairs les plus jeunes le mirage obscène de leur propre survivance. Mais le père, lui, a disparu. Et sa disparition n’a pas produit la liberté promise : elle a ouvert un désert.</p>

<p>Depuis #MeToo, les morts parlent. Ou plutôt : les spectres. Les noms remontent à la surface comme des cadavres gonflés rejetés par une mer longtemps tranquille. Harvey Weinstein, ogre hollywoodien dont tout le monde connaissait pourtant les appétits ; Roman Polanski, génie sanctifié malgré les ombres ; Gabriel Matzneff, longtemps célébré dans les salons littéraires comme un esthète de la transgression avant que Vanessa Springora ne révèle ce que cachait cette prose parfumée de culture : le corps d’une adolescente livré au narcissisme d’un homme vieillissant ; Gérard Depardieu, titan déchu ; Patrick Bruel ; Flavie Flament racontant les blessures anciennes ; et derrière eux une foule d’acteurs, de chanteurs, de producteurs, d’humoristes, de journalistes, d’influenceurs, toute une aristocratie de la célébrité soudain traversée par les voix tardives de celles qui furent jeunes, très jeunes, parfois presque des enfants.</p>

<p>Et l’on voudrait réduire cela à des dossiers judiciaires, à des mensonges, à des règlements de comptes, à des vengeances différées, à des ambiguïtés sentimentales. Certes, il y a parfois du ressentiment, parfois des souvenirs reconstruits, parfois des intérêts troubles ; il y a même cette misère contemporaine qui pousse certains à convertir leur souffrance en capital moral. Mais ce serait une erreur de croire que l’essentiel réside là.</p>

<p>Car ce qui remonte aujourd’hui n’est pas seulement la parole des femmes : c’est le refoulé d’une civilisation entière.<br />L’Occident moderne aura voulu abolir toute verticalité. Il aura pris la limite pour une oppression, l’autorité pour une violence, la transmission pour une domination. Dans sa haine du patriarcat, il n’a pas seulement détruit certains abus : il a détruit jusqu’à la légitimité même de transmettre. Le père fut assimilé au tyran ; le maître à un humiliateur ; l’interdit à une pathologie morale.<br />Alors on a élevé des enfants sans frontières intérieures.<br />L’enfant-roi : cette créature publicitaire du narcissisme démocratique. L’adolescent transformé en petit souverain émotionnel. La jeune fille livrée dès douze ou treize ans au marché planétaire du regard. Car les réseaux sociaux ne sont pas seulement des outils : ils sont les bordels affectifs d’une civilisation épuisée. On y expose des corps avant même que des consciences aient commencé à naître. On y apprend à des adolescentes que leur valeur réside dans la visibilité, dans le désir suscité, dans l’image offerte.</p>

<p>Et face à elles se tiennent désormais des adultes qui ne veulent plus être adultes.<br />Des hommes vieillissants qui ne cherchent plus à transmettre mais à séduire ; non plus à protéger mais à consommer ; non plus à initier au monde mais à se nourrir narcissiquement de la jeunesse des autres comme des vampires fatigués aspirant encore un peu de sang avant la nuit finale.<br />Autrefois, le père symbolique se dressait précisément à cet endroit. Il disait non. Non parce qu’il méprisait le désir, mais parce qu’il connaissait sa violence. Il savait qu’un être encore inachevé ne peut porter seul le poids de son propre consentement. Il savait qu’une adolescente fascinée par un homme célèbre, puissant ou admiré n’est pas libre au sens où le prétend la mythologie contemporaine.<br />Car qu’est-ce qu’un consentement lorsqu’on n’a pas encore achevé de se construire soi-même ?<br />Question devenue presque obscène dans un monde qui a sacralisé le désir individuel comme autrefois les religions sacralisaient Dieu.<br />Oui, certaines de ces jeunes filles semblaient consentantes. Certaines croyaient aimer. Certaines défendaient même ceux qui les séduisaient. Mais précisément : c’était à l’adulte de résister. C’était à lui d’assumer la limite. Or notre époque a remplacé la responsabilité par la jouissance et la maturité par le narcissisme.</p>

<p>Il faut relire aujourd’hui certaines pages des années soixante-dix pour comprendre l’étendue du désastre. Toute une génération intellectuelle célébrait alors la transgression comme une délivrance. L’écart d’âge devenait poésie ; la précocité sexuelle, émancipation ; la corruption des frontières morales, signe de modernité. Celui qui rappelait qu’une enfant devait être protégée passait pour réactionnaire, catholique honteux ou fasciste latent.</p>

<p>La bourgeoisie libertaire croyait détruire les prisons morales ; elle préparait surtout un monde sans défenses.</p>

<p>Et maintenant les voix remontent. Lentement. Tardivement. Confusément parfois. Des femmes devenues adultes racontent avec des mots nouveaux ce qu’elles avaient vécu adolescentes : l’emprise, la fascination, la sidération, la honte, le sentiment d’avoir participé elles-mêmes à ce qui les détruisait. Certaines hésitent encore. D’autres se rétractent. D’autres accusent avec une violence absolue. Peu importe au fond : le phénomène dépasse infiniment chaque cas particulier.</p>

<p>Ce qui se révèle ici, c’est une civilisation incapable de protéger ses enfants parce qu’elle ne croit plus à la légitimité de l’adulte.<br />Et ce vide ne demeure jamais vide.</p>

<p>À mesure que disparaît le père symbolique surgissent d’autres absolutismes : militantismes hystériques, religions identitaires, fanatismes moraux, radicalités politiques, idéologies victimaires, gourous numériques. L’activiste wokiste, le militant palestiniste exalté, l’étudiant ivre de pureté morale ne sont pas les enfants de la révolution : ils sont les enfants du vide. Leur rage tient lieu de verticalité. Leur indignation remplace la transmission. Leur morale est celle d’orphelins cherchant désespérément une Loi dans un monde qui n’ose plus en formuler aucune.</p>

<p>Ainsi l’Occident oscille désormais entre deux barbaries : la permissivité sans limites et le retour du sacré fanatique.</p>

<p>D’un côté, le marché intégral du désir ; de l’autre, la tentation de systèmes autoritaires promettant enfin des frontières claires, des interdits, une structure, une hiérarchie. Car l’homme ne vit jamais longtemps dans le pur relativisme : lorsqu’aucune limite juste ne subsiste, il finit toujours par désirer des limites tyranniques.<br />Le drame contemporain n’est donc pas seulement moral ou sexuel. Il est métaphysique.</p>

<p>Une civilisation qui ne sait plus dire non abandonne fatalement ses enfants aux prédateurs, aux manipulateurs, au marché des corps, à la pornographie affective des réseaux, aux adultes narcissiques qui confondent encore leur désir avec un droit.<br />Et derrière chaque scandale, derrière chaque plainte tardive, derrière chaque adolescente livrée trop tôt au regard des hommes, revient la même question — terrible, immense, silencieuse :<br />qui protège encore l’enfance lorsque plus personne ne veut assumer la charge d’être adulte ?</p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1272/presidentielle-2027-jean-luc-melenchon-se-la-joue-francois-mitterrand</guid>
	<pubDate>Sat, 16 May 2026 10:18:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1272/presidentielle-2027-jean-luc-melenchon-se-la-joue-francois-mitterrand</link>
	<title><![CDATA[Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon se la joue François Mitterrand.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><i>"La force tranquille", le retour ?</i></p>

<p>Jean-Luc Mélenchon, désormais candidat à la présidentielle, met en avant son expérience en mode « force tranquille », n'hésitant plus à faire référence au président socialiste des années 1980-1990.</p>

<p>Derrière le pupitre violet siglé « l’Union populaire », le soir du 10 avril 2022, Jean-Luc Mélenchon avait haussé les épaules, les bras levés vers le ciel. Puis il avait dit « Faites mieux », avec un geste de la main qui voulait dire que c’était à eux de reprendre le flambeau, ceux qui étaient là, devant lui et à côté de lui. Las, l’injonction valait pour tous, le chef y compris, explique aujourd’hui la France insoumise. Comprendre : Jean-Luc Mélenchon va lui-même tenter de faire mieux qu’en 2022. Et pourquoi diable doit-il s’y coller, lui l’apôtre de la Nouvelle France qui ne lui ressemble guère ? « L’expérience », bien sûr.</p>

<p>« Dans le contexte de guerre, de changement climatique et de crise sociale, nous pensons que les Français confieront la barre à la personne la plus expérimentée », justifie doctement le leader insoumis dans les colonnes de La Tribune Dimanche. Et de développer ladite expérience, tirée de l’exercice de ses multiples mandats et de son âge avancé – 74 ans.</p>

<p>Apparaître comme le seul à même de réunir la gauche derrière lui<br />Raison pour laquelle le leader insoumis convoque la figure de François Mitterrand ? Sur X, il se compare à l’ancien socialiste, citant un article de l’Express : « Les angles mobilisés contre moi étaient exactement les mêmes contre Mitterrand en 1980 ! » Une identification qui répond à deux objectifs : apparaître comme le seul à même de réunir la gauche derrière lui, comme « le Vieux » en son temps. Et rassurer l’électorat qui se serait éloigné, rebuté par la radicalité du tribun insoumis, désormais à deux doigts de ressusciter « la force tranquille ».</p>

<p>À LIRE AUSSI : Jean-Luc Mélenchon, Dassault et "Le Figaro" : les intimes compagnons de route</p>

<p>« L’atout de Jean-Luc Mélenchon, c’est cette notoriété XXL couplée à un mouvement jeune et dynamique », décrit Stéphane Fournier, directeur d’études chez Cluster 17. Quand d’autres figures de la gauche radicale, si elles sont « plus appréciées » dans les enquêtes d’opinion à l’image de François Ruffin, souffrent toujours d’un déficit de leadership.</p>

<p>Par <a href="https://www.marianne.net/auteur/aurore-malval"><br />Aurore Malval<br /></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1271/je-veux-presenter-mes-excuses-au-nom-des-francais-pour-avoir-enfante-la-french-theory</guid>
	<pubDate>Sat, 16 May 2026 10:13:07 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1271/je-veux-presenter-mes-excuses-au-nom-des-francais-pour-avoir-enfante-la-french-theory</link>
	<title><![CDATA[Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Échange intéressant sur X à propos de la responsabilité des écrits de Foucault, Deleuze et Derrida dans l’émergence du wokisme </p>

<p>Brivael Le Pogam [co-fondateur d’Argil (Créer des vidéos captivantes grâce à l'IA), qui permet aux entrepreneurs de développer leur audience sans infrastructure] a publié ce texte sur X, qui a été applaudi par Elon Musk:</p>

<p>« Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme).</p>

<p>Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l'après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l'élégance de notre langue, l'arme idéologique qui paralyse aujourd'hui l'Occident.</p>

<p>Il faut comprendre ce qu'ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n'existe pas, qu'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l'institution médicale, l'école, la prison, la sexualité, tout n'est qu'une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n'ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l'auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu'il fallait préférer le rhizome à l'arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l'être, la différence à l'identité.</p>

<p>Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison.</p>

<p>Car voici ce qui s'est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l'Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n'existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s'est mariée à ce substrat, et l'enfant de ce mariage s'appelle le wokisme.</p>

<p>Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l'intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n'y a pas de vérité, il n'y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable.</p>

<p>Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n'ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d'exploitation à une génération entière d'activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d'être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l'opinion.</p>

<p>C'est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu'il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu'il existe un bien distinct du mal, la croyance qu'il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n'a jamais appris à construire. Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part.</p>

<p>Je m'excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C'est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n'auraient jamais traversé l'océan. Nous avons exporté le doute comme d'autres exportent des armes.</p>

<p>Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre.</p>

<p>Alors pardon. Et au travail. »</p>

<p>JC Monnerville lui a répondu :</p>

<p>« Caricaturer Michel Foucault en disant qu’il niait toute vérité est réducteur. Il interrogeait les conditions de production du savoir. On peut juger que cette critique a parfois ouvert la voie à des excès relativistes, mais il n’écrivait pas : «tout se vaut». </p>

<p>Même chose pour Jacques Derrida : la déconstruction n’était pas initialement un programme militant RH pour multinationales californiennes.</p>

<p>L’ironie,  et elle est immense, c’est que ces penseurs, souvent anti-capitalistes ou profondément critiques de la société marchande, ont vu leurs concepts recyclés par les plus grandes entreprises américaines : diversité managériale, langage corporate, signalement moral sur les réseaux sociaux, bureaucraties universitaires. Google, Meta Platforms ou Disney n’incarnent pas exactement l’héritage romantique de Gilles Deleuze.</p>

<p>En revanche, là où le texte touche juste, c’est sur un point : une partie de notre époque a érigé le soupçon en réflexe intellectuel permanent. Déconstruire est devenu plus valorisé que comprendre. Délégitimer plus gratifiant que transmettre. Et une civilisation qui ne produit que des procureurs culturels finit effectivement par s’épuiser. »</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1270/sansal-et-l%E2%80%99agonie-du-%C2%AB%C2%A0progressisme%C2%A0%C2%BB</guid>
	<pubDate>Fri, 15 May 2026 11:18:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1270/sansal-et-l%E2%80%99agonie-du-%C2%AB%C2%A0progressisme%C2%A0%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[Sansal et l’agonie du « progressisme »]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Sansal rend hommage à Orwell. 2084 reprend la tâche là où Orwell l’avait laissée : il annonce le monde nouveau, l’Abistan remplace Oceana et Abi a pris la place du Grand Frère. Orwell et Sansal font tous les deux le terrible constat de la fin d’un espoir, de la transformation du paradis en enfer.</p>
<p>À découvrir</p>
<p>Le socialisme ou le communisme du xxe siècle a forgé une cage d’acier brisant toute activité du peuple, épié, surveillé, terrorisé par les opérations de la police politique et les camps d’internement – un retard au travail pouvait vous valoir trois ans de déportation à l’époque stalinienne. L’émancipation des peuples colonisés et soumis à l’impérialisme a débouché sur des tyrannies, souvent calquées sur le modèle stalinien, même s’il arrivait qu’elles fussent moins terribles que celle du moustachu géorgien. Encore que… La Chine et le Cambodge ont fait ce qu’il fallait pour « rattraper et dépasser » l’URSS. L’Algérie, Cuba et la Corée du Nord sont les témoins de ce passé des illusions qu’on rêvait libératrices.</p><p>Orwell et Sansal, pour avoir peint sans fard la réalité de ces prétendues émancipations sociales et libérations nationales, ont dû affronter les critiques et les calomnies des « progressistes ». Les staliniens et leurs agents d’influence n’ont pas manqué d’accuser Orwell d’être un agent de la CIA. Sansal est qualifié d’agent du colonialisme et de l’extrême droite. Les procédés sont les mêmes contre ces deux auteurs qui demandent de se réveiller aux hallucinés consommateurs de cette drogue que la caste dirigeante veut faire ingérer au peuple pour le rendre totalement apathique et incapable de révolte.</p><p>Orwell fut qualifié d’anticommuniste et, dès sa sortie, en 2015, le 2084 de Sansal était catalogué « islamophobe » par Paris Match ! Orwell avait combattu le franquisme en Espagne et il avait pu juger sur pièces la manière dont les communistes traitaient ceux des républicains qui n’étaient pas d’accord avec eux. Sansal a vécu de près l’offensive des islamistes du FIS pendant la décennie sanglante : Le serment des barbares en témoigne. Comme Orwel était devenu un antistalinien intraitable, Sansal a tiré de son expérience une opposition catégorique à l’islamisme sous toutes ses formes.</p><p>Les « progressistes », hallucinés du « sens de l’histoire », n’aiment pas qu’on brise les idoles. La mort de Staline et le « rapport attribué au camarade Khrouchtchev » en 1956 les ont précipités vers les illusions de rechange. Ils furent castristes, trouvant toutes les grâces à ce stalinisme tropicalisé qui organisait un quadrillage systématique de la population. Ils devinrent maoïstes et tombèrent à bras raccourcis sur cet autre « élève d’Orwell » qu’était Simon Leys. Ils se mirent à adorer les immigrés musulmans, promus nouvelle avant-garde prolétarienne par Alain Badiou, par ailleurs chantre des Khmers rouges.</p><p>Les voilà qui sautent bientôt dans le train de la révolution islamique de Téhéran. L’ayatollah Khomeiny, solution de rechange américaine pour contrarier les rêves de grandeur du Shah, fut promu nouveau leader révolutionnaire mondial par une partie de l’intelligentsia gauchiste ou pseudogauchiste – car c’est un abus de langage de qualifier Foucault de gauchiste. Entre temps, Alger était restée « la Mecque de la révolution », comme l’a rappelé l’inénarrable Rima Hassan.</p><p>Mais patatras ! Comme Orwell avait exhibé les cadavres du placard stalinien, comme Simon Leys avait montré ce qu’habillaient Les habits neufs du président Mao, suscitant l’ire de tous les maoïstes mondains, Boualem Sansal démasque l’islam, prétendue religion des pauvres et des colonisés. Cela ne saurait lui être pardonné.</p><p>L’emprisonnement de Boualem Sansal et les cabales montées après sa libération ont pleinement révélé ce qu’était ou était devenue l’intelligentsia progressiste. Il est loin le temps où l’on défendait le capitaine Dreyfus contre une conspiration de l’état-major, loin le temps où l’on pouvait d’une âme pure défendre les dissidents soviétiques, les Sakharov, Girgorenko ou Pliouchtch, loin le temps de la solidarité avec Solidarnosc.</p><p>Désormais, on ferme les yeux sur la répression des écrivains par le régime kleptocratique militariste d’Alger : où sont les protestataires, les pauvres « victimes » de Bolloré, après la peine prononcée contre Kamel Daoud ?   Libé peut titrer sur « le fragile printemps de Téhéran » en guise de commentaires d’une nouvelle vague d’exécution. Tout est là.</p><p>Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas été prévenus. Boualem Sansal a dit ce qu’il y avait à dire.</p><p>D. C.</p>
<p>La rédaction vous conseille</p>

<p>Envie de lire tous les articles ?</p>
<p class="col-lg-8 mx-auto fs-5 text-muted">Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1269/immigration-notre-societe-vacille-sur-son-socle-mais-pour-l%E2%80%99instant-reste-a-peu-pres-en-place-jusqu%E2%80%99a-quand</guid>
	<pubDate>Fri, 15 May 2026 11:15:30 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1269/immigration-notre-societe-vacille-sur-son-socle-mais-pour-l%E2%80%99instant-reste-a-peu-pres-en-place-jusqu%E2%80%99a-quand</link>
	<title><![CDATA[Immigration,  notre société vacille sur son socle mais pour l’instant reste à peu près en place. Jusqu’à quand ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Un livre essentiel pour sortir du déni et de l’aveuglement volontaire sur l’épineux sujet de l’immigration !<br /><a href="https://www.fayard.fr/livre/immigration-mythes-et-realites-9782213733883/"><br />"Immigration : mythes et réalités" , Nicolas Pouvreau-Monti, Fayard.<br /></a><br />Voilà un livre qu’il faut absolument lire avec attention, car il traite avec rigueur du sujet de l’immigration qui reste malheureusement tabou pour une grande partie de l’échiquier politique. Nicolas Pouvreau-Monti n’élude aucun aspect dans l’objectif d’informer de manière complète et de mettre en évidence notre situation française en la comparant aux autres pays européens. Contrairement aux reproches déjà lus et entendus, vraisemblablement de personnes n’ayant pas pris le temps de la lecture de l’ouvrage à moins qu’elles ne soient mal intentionnées, les données sont toujours sourcées et ne sortent pas de nulle part : l’INSEE, l’INED, issues du recensement de la population évidemment, le ministère de l’intérieur et bien entendu, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie. </p>

<p>Tout est donc vérifiable et ne demande qu’à l’être afin que les détracteurs de cet ouvrage puissent asseoir leurs critiques sur leur vraie motivation : l’idéologie !</p>

<p>Car évidemment quand il est sujet d’immigration, la posture idéologique n’est jamais très loin. Mais voilà, l’auteur ne nous dit pas comment penser : il dresse le constat de notre situation et nous laisse maîtres de nos propres idées pour affirmer notre pensée librement. C’est sûrement cela qui dérange le plus, la liberté de ton et la liberté donnée au lecteur de penser par lui-même… pas vraiment l’habitude des idéologues à la posture accusatrice, alliant bien pensance et bonne conscience contre procès d’intention au camp d’en face !</p>

<p>Là, rien ! Aucune intention mise à part celle de montrer la réalité. D’ailleurs il tord le cou à une fausse rumeur toujours répétée pour mieux faire taire ceux qui refusent l’aveuglement volontaire : les statistiques ethniques ne sont pas interdites en France, leur utilisation est strictement encadrée, mais elles existent et certaines données sont très intéressantes. C’était déjà le cas d’ailleurs il y a plus de trente ans, lorsque je les utilisais ou les consultais à l’INED pour faire mes études en géographie de la population sur la natalité et la fécondité selon les origines des mamans.</p>

<p>Quand on préfère cacher bien loin le thermomètre, c’est manifestement qu’on n’a pas très envie de connaître la température ! L’amour du déni sans doute ou la peur du réel, peut-être…</p>

<p>Ainsi, nous pouvons lire page 96 : <br />« Contrairement à ce que l'on imagine souvent, malgré les fortes restrictions que le droit français fait peser sur les "statistiques ethniques", I'INSEE entretient un large appareil de données publiques selon les origines migratoires des populations. Elles traitent de leurs niveaux respectifs d'emploi, de qualification de leur situation de logement… » Autant de thèmes importants pour analyser les facteurs d’intégration ou non et leurs degrés de réalisation selon les populations étudiées.</p>

<p>Nicolas Pouvreau-Monti aborde donc le nombre, le coût, l’intégration ou non des populations immigrées, la transformation de la société à travers l’école, les valeurs plus ou moins éloignées entre les sociétés d’origine et notre pays… selon des données chiffrées, explicitées et souvent très simples à comprendre. Sur l’importance de la population concernée, voir par exemple page 36 : « Cette dynamique d'accumulation se retrouve dans le nombre total des titres de séjour en circulation. Au 31 décembre 2025, 4,3 millions de titres et documents provisoires de séjour (hors Britanniques) étaient en cours de validité. Ce nombre est supérieur de 39 % à ce qu'il était en 2017, lors de la première élection d'Emmanuel Macron ; de 65 % par rapport à 2012, au début du mandat de François Hollande ; de 83 % par rapport à 2007, lorsque Nicolas Sarkozy est entré à I'Élysée. »</p>

<p>A propos de notre système de protection sociale, deux points ont retenu mon attention car ils sont assez significatifs de l’ensemble et portent souvent la parole publique dans les débats politiques : l’AME et l’hébergement d’urgence.</p>

<p>Pages 133-134, « Il faut prendre la mesure de ce que cela signifie : l'État finance la mise à l'abri gratuite et sans limites de durée des dizaines de milliers d'étrangers en situation irrégulière, qui sont nombreux à demeurer durant plusieurs années dans ces dispositifs.</p>

<p>Pareille situation pose des questions graves de trois ordres. La première est budgétaire : la prise en charge des clandestins dans l'hébergement d'urgence coûte un milliard d'euros par an selon la Cour des comptes. La deuxième, sans doute plus sérieuse encore, est liée à l'éviction induite pour les autres profils qui pourraient avoir besoin d'une telle mise à l'abri. Concrètement : des Français (ou des étrangers réguliers de longue date) en situation de grande vulnérabilité se voient refuser un toit pour la nuit. La troisième question porte sur l'appel d'air généré par une telle "exception française". Il fait peu de doutes qu'une telle singularité, conjuguée à d'autres, contribue puissamment à l'attractivité de la France pour certains profils migratoires à motivation sanitaire et sociale. »</p>

<p>Sur l'AME et notamment sur les pratiques dans d'autres pays d'Europe, page 143, « À l'inverse, au Royaume-Uni, certains soins "non urgents" ou "non immédiatement nécessaires" sont payés par les étrangers irréguliers à hauteur de 150 % de leur coût - et ce avant d'être dispensés. En Belgique, le médecin et la structure de soins sont responsabilisés financièrement selon l'urgence des soins. Au Danemark, les soins ordinaires liés à la grossesse des femmes clandestines ne sont pas couverts, saut en cas de complications urgentes. La Suisse ne leur propose aucun système national de prise en charge et compte essentiellement sur des décisions facultatives, d'ordre caritatif ou définies au niveau de chaque canton.</p>

<p>Aucun de nos voisins européens ne connait pourtant d'épidémie majeure liée à ces mesures plus restrictives. »</p>

<p>Evidemment l’origine des populations diffère et il faut bien sûr distinguer plusieurs immigrations pour plus de rigueur et de finesse dans l’analyse. Aussi, une population de plus en plus d’origine africaine ou de culture musulmane ne s’intègrera pas de la même manière qu’une population d’origine asiatique ou de confession catholique… Il ne s’agit pas de tomber dans le piège des leçons de bonne conduite mais simplement d’exposer que la différence entre deux cultures fait qu’il est inévitablement plus difficile de passer de l’une à l’autre quand elles sont très éloignées. Cela amène l’auteur à questionner la transformation de la société d’accueil, ici la France, en rapport justement avec les modes de vie et la culture des diverses immigrations. Pareillement, il est inéluctable que certaines idées se diffuseront davantage dans la population française si elles sont très ancrées dans les pays d’origine, notamment les relations entre les hommes et les femmes, la place des homosexuels ou encore le rapport à la religion.<br /> <br />Car la question de l’immigration ne vaut que si on interroge son impact sur la société d’accueil, sans quoi cela pourrait être un refus purement et simplement assimilé à juste titre à de la xénophobie. Il importe donc de mesurer le coût, la place dans la vie quotidienne en termes de sécurité, d’école, de logements sociaux… et bien entendu l’éventuelle transformation de notre rapport au monde. Des immigrations successives se sont très bien intégrées et ont apporté autant à la France que la France leur avait donnée.</p>

<p>Au sujet de l’école par exemple, il est noté les difficultés du système scolaire dont les résultats ne cessent de chuter, pour de multiples raisons bien sûr, mais dont l’immigration n’est pas à exclure. Nous lisons page 149 : «Mais c'est peut-être à l'école que le choc est le plus violent, bien que le plus tu. L'Éducation nationale, sanctuaire de la République, est en première ligne face à une transformation démographique fulgurante. Ces conséquences sont d'abord quantitatives : elles ont à voir avec l'influence croissante des flux migratoires sur la démographie des jeunes générations. Plus d'un élève de CM1 sur cinq parle habituellement une autre langue que le français à la maison. » Puis page 152 : « Ces faits reposent notamment sur les données issues de la très scrutée "enquête PISA", conduite par I'OCDE dans plus de quatre-vingts pays, qui permet de mesurer l'effet de l'immigration sur les performances éducatives. Leur analyse est formelle: si l'immigration tire le niveau moyen vers le bas dans près des trois quarts des pays étudiés, la France est l'un des pays où cet impact est le plus marqué. Une année d'études équivalant à environ 40 "points PISA", on observe, chez les jeunes âgés de quinze ans, un écart moyen de 47 points en mathématiques entre élèves autochtones (selon les termes de l'OCDE) et enfants d'immigrés et de 60 points entre élèves autochtones et immigrés, soit l'équivalent d'un an et demi de retard scolaire. »</p>

<p>La situation actuelle décrite par Nicolas Pouvreau-Monti devient très difficile car le nombre n’a jamais été aussi important et que le décalage entre nos sociétés n’a jamais été aussi grand, ce qui conjointement remet très clairement en cause l’intégration de ces populations à la société française. Cela pose la question dans l’autre sens, à savoir la nécessité de changer la France pour qu’elle s’adapte à ces nouveaux venus. Là est le nœud gordien car de cette inversion de posture nait une forte incompréhension de la population française, à laquelle on demande des efforts pour faciliter l’accueil d’une partie de l’immigration qui souhaite vivre à sa façon, comme dans la société d’origine, voir notamment page 170 : « L'immigration n'est pas une parenthèse enchantée ni un phénomène marginal. Elle redessine notre paysage urbain, sollicite les services publics, bouscule nos codes culturels et la sécurité du quotidien. Dire qu'une telle transformation n'a "pas d'impact sur la vie quotidienne" n'est pas seulement un mensonge politique ; c'est une insulte à l'intelligence de ceux qui vivent ces mutations au plus près, jour après jour. »<br /> <br />D’autant que les dynamiques des populations immigrées en termes de natalité ne sont pas du tout les mêmes que celles des populations françaises ou installées de longue date : « La natalité "native" se contracte fortement, alors que la natalité issue de l’immigration extra-européenne augmente de manière très significative. Depuis l'an 2000, le nombre annuel d'enfants nés sur le territoire et issus de deux parents eux-mêmes nés en France a diminué de 28% ; mais, dans le même temps, les naissances issues d'au moins un parent né hors UE ont augmenté de 36 % et celles issues de deux parents nés hors UE ont augmenté de 73 %. » (page 178).</p>

<p>Autant la France a toujours été accueillante, autant l’implicite était l’adaptation de l’immigration à notre mode de vie. Là, depuis une vingtaine d’années, les flux de population sont tels qu’une réelle volonté d’exiger des changements pour réussir l’intégration est absolument nécessaire pour être effectivement constatés. Sans cela, comme c’est le cas actuellement, les populations les plus éloignées de notre société le restent et forment des communautés à l’intérieur, de plus en plus nombreuses, et de plus en plus éloignées de notre modèle… Cela ne sera pas sans poser de réels soucis de cohésion nationale. Pour les mêmes raisons, notre système de protection sociale est à bout de souffle et si nous n’exigeons pas certains délais comme le font les autres pays, nous serons tôt ou tard obligés de remettre en cause l’ensemble du modèle qui s’effrite de partout. Cela pose également la question de l’acceptation de la population et de l’aval démocratique nécessaire à la poursuite de cette politique immigrationniste.</p>

<p>Aussi, l’immigration est bien un sujet central qui devrait interroger chacun de nous, politiques, économistes ou autres acteurs de la société, car de la réussite de l’intégration de populations toujours plus nombreuses dépend la pérennité de notre société telle que nous la connaissons et telle que nous avons mis de nombreux siècles à la construire. Dès la quatrième de couverture, « Des villages bretons en pleine mutation aux quartiers où les commerces, la langue, les codes vestimentaires, les pratiques religieuses ont changé en quelques années, il [l’auteur] montre comment l’immigration façonne déjà la France de demain… »</p>

<p>Notre société vacille sur son socle mais pour l’instant reste à peu près en place. Jusqu’à quand ?<br />                                                                                                          Le 2 mai 2025, <br /><a href="https://frontpopulaire.fr/auteurs/nicolas-bourez_au341645?fbclid=IwVERDUARz3dNleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZAwzNTA2ODU1MzE3MjgAAR7YODepaBtAKCQp3k0PtuYbf0iY0C0Pp1kLsfDTOwYIQAKcA9eY6C8aR2_VpQ_aem_gKjerEke1naxlXqpApxByw"><br />Nicolas Bourez</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1268/je-parle-du-voile-integral</guid>
	<pubDate>Sun, 10 May 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1268/je-parle-du-voile-integral</link>
	<title><![CDATA[Je parle du voile intégral]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Je ne m’estime tenu par aucune convention d’écriture, de style ou de sujet sitôt que je m’installe à mon clavier. Cela ne changera pas pour l’année qui vient. Si donc mes antis vœux ont déplu je n’en suis nullement désolé. Je ne regrette surtout le recul du sens de l’humour que certains revêches affichent en commentaires, et  l’idée somme toute assez pauvre qu’ils se font du rôle d’un porte parole politique et d’un blog émancipé. Pour cette fois-ci je vous propose un texte sur le port du voile intégral que j’ai travaillé depuis plusieurs jours. Je le publie ce soir, alors même que je ne l’ai pas vraiment fini comme je le voulais, parce que demain matin je vais être interrogé sur la matinale de Canal Plus et que je veux pouvoir y renvoyer ceux que mon analyse intéresse. Je ne voudrai pas en rester aux quelques phrases nécessairement fugaces d’un entretien télévisé. Surtout que les journalistes du matin sont plutôt toniques ce qui colle mal avec les exigences assoupissantes d’une démonstration léchée ! Je parlerai donc plus tard d’un coup de fil ce matin reçu de Nouvelle Calédonie. J’ai eu José Bové, Jean Désessard et louis Kotra Urégueï. Ils se démènent sur place avec une délégation des Verts pour la mise en liberté de Joddard le secrétaire général du syndicat USTKE qui a été emprisonné. José Bové mène un beau combat constant et persévérant sur cette affaire et je me mets dans son sillage sur ce dossier, avec Martine Billard. De mon côté j’étais avec les Conti à la conférence de presse qu’ils organisaient à la bourse du travail. C’était rude de voir ensuite aussi peu d’images le soir à la télé alors qu’il y avait tant de caméras sur place ! Le 13 janvier je serai à la manifestation de soutien à Amiens. Tous les premiers de cordée de chaque parti de gauche témoigneront au procès en appel, sauf le PS mais il sera représenté par Benoit Hamon ! J’en viens au voile intégral. Je me propose de dire d’abord comment j’entre dans le débat qui a commencé, puis comment je travaille intellectuellement pour formuler une réponse. Si je parle d’entrer dans le débat c’est que je voudrai d’abord en déblayer l’accès.</p><p> LE CONTEXTE </p><p>En effet, je ne suis pas dupe du contexte dans lequel ce débat est mis en scène. Je veux donc marquer ma distance  avec quelques uns de ceux qui ont déjà exprimé une opinion. Ainsi nombre des membres de la majorité parlementaire UMP qui se sont saisis du débat sur le voile intégral et réclament une loi d’interdiction ne sont pas crédibles dans le rôle laïque et féministe qu’ils endossent pour l’occasion. Les mêmes ne se sont jamais émus du recul du droit à l’avortement ou des entorses au principe de parité. J’exagère ? Qui a nommé un héraut de l’anti avortement, condamné pour cela à 18 mois de prison dont 9 fermes, à la tête d’un important établissement de santé publique sinon ce gouvernement ! Qui ferme  trois importants centres d'IVG en ile de france qui accomplissaient le quart des IVG de la région? Qui propose une remise en cause aussi brutale de la parité dans les élections sinon ce gouvernement lorsqu’il veut instaurer le scrutin uninominal à un tour pour les élections territoriales? Et qui a fait l’apologie du retour du religieux dans la vie de la cité et remis davantage en cause la laïcité républicaine que Nicolas Sarkozy avec ses sornettes vaticanes sur « la laïcité positive » dans son discours de Latran par exemple ! Pour finir, je vois bien comment cette affaire est conduite pour fournir du picotin au fumeux débat sur l’identité nationale. Dans ce cadre il s’agirait de refuser le voile intégral au nom l’identité française, puisque selon la définition absurde qu’en a donnée le chef de l’état celle-ci serait « une culture, des mœurs ». A l’opposé de ce cortège d’hypocrites, s’exprime un ethnicisme insidieux souvent blindé de bonnes intentions. Là, on crie que l’interdiction  stigmatiserait une communauté ! On discriminerait une population en lui interdisant une pratique qu’elle aurait choisi de s’appliquer librement. Mais que disent-ils du contenu de cette pratique ? Rien. Et si le voile intégral était bien une atteinte à la dignité humaine ? Il faudrait se taire. Seules celles qui se l’appliquent en seraient juges !  Dans un tel angle de vue il n’y a plus de droits universels de la personne humaine. On ne saurait recréer de façon plus choquante un nouvel indigénat. On déclarerait son humanité limitée puisque dans son cas on admettrait une dispense d’application des droits humains universels. Il y a là une façon de « respecter les différences » qui confine au racisme.</p><p>Enfin je n’aurai pas la naïveté de penser le problème posé hors du contexte de l’offensive des religieux que l’on voit se déployer. Dans le monde entier, les agressions politiques des églises catholiques contre le droit à l’avortement, la dérive vers le sectarisme évangéliste des protestants dorénavant scellée en France, les émeutes des fondamentalistes juifs en Israël, l’expansion généralisée de l’islamisme politique sont trop évidents ! La multiplication des voiles intégraux dans nos rues a une origine et une conséquence aussi politique que religieuse. </p><p>Principe</p><p>A ces préalables on comprend quels seront mes repères pour réfléchir. D’une part l’universalité des droits de la personne humaine, d’autre part la défense du caractère laïque de la République française. C’est par celle-ci que j’entre dans mes solutions. La république ne se mêle pas de la vie des religions ni des pratiques religieuses. Elle ne permet ni n’interdit rien en la matière. Mais elle garantit l’essentiel : la liberté absolue de conscience ! Une des façons de garantir  cette liberté c’est aussi de s’interdire d’avoir des appréciations sur les pratiques religieuses. Ainsi ce n’est pas à nous de dire si le port du voile intégral est ou non un impératif de la religion musulmane. C’est l’affaire des musulmans d’en connaitre. Ayons la franchise de dire qu’en toute hypothèse cela ne changerait rien. Les témoins de Jéhovah inscrivent dans leurs dogmes le refus des transfusions sanguines. Ils sont légitimement inculpés et condamnés pour non assistance à personne en danger. La liberté religieuse est totale. Tout est permis. Sauf ce qui trouble l’ordre public, contrevient à la loi ordinaire ou porte atteinte aux droits de l’homme. Les droits de l’homme sont préalables et supérieurs à toute autre norme et la loi elle-même doit y être soumise. Le port du voile intégral y contrevient-il ? Voila la question. Son origine religieuse ne change rien à la qualification de l’acte qui consiste à en affubler quelqu’un. La loi dit que certaines pratiques religieuses doivent être considérées comme des délits du fait des maltraitances qu’elles occasionnent. D’ailleurs les membres des  sectes qui crucifient des adhérents ou torturent des nourrissons par exemple sont condamnés pour le crime de droit commun qu’ils commettent sans que leur vocation religieuse soit considérée comme des circonstances atténuantes. Le port du voile intégral est-il un traitement dégradant ? C’est le critère déclencheur de l’action publique, le seul qui soit respectueux des principes au nom desquels on peut être conduit à interdire le port de ce voile. Si une loi concernait cet accoutrement, elle ne devrait donc en aucun cas mettre en cause une religion ou un groupe religieux en tant que tel. En République, il n’est pas de loi particulière, mais seulement des normes générales et impersonnelles, applicables à tous.</p><p>UNE PRESSION POLITIQUE</p><p>Ce n’est donc pas au nom des usages de nos ancêtres les gaulois, d’une quelconque culture particulière ou de valeurs prétendument occidentales que je combats le port du voile intégral. Mon point de départ est que le port de ce voile est un traitement dégradant pour la personne qui s’y soumet. Mais je n’oublie pas que,  dans les faits, le porter en public n’est en rien une pratique purement personnelle. Il impacte lourdement son environnement. Le voile intégral a une fonction idéologique et politique. La violence symbolique qu’il produit dans l’espace public viole ostentatoirement la norme laïque qui gouverne notre vie sociale commune. Le voile intégral est en effet un moyen pour ses promoteurs d’imposer leur loi « particulière » dans l’espace public, à la place de la loi commune. Dans la logique de ses promoteurs, il s’agit de cette façon de pointer du doigt toutes celles qui ne le portent pas, de jeter sur elles le doute et la suspicion. Le prescripteur se voit par la même reconnaitre une domination particulière, au dessus de la loi. C’est de cette façon qu’ils pensent contraindre un nombre croissant de femmes à une appartenance non consentie et obtenir leur allégeance. Convaincre quelqu’un d’accepter un traitement contraire à son intérêt ou mettant en danger sa personne est un acte de conditionnement qui peut en lui-même être puni. La loi le prévoit.  L’article 223-15 du code pénal, déduit de la loi Picard-About contre les violences des sectes, condamne lourdement la mise en état de sujétion et l’abus de faiblesse pour ceux qui s’en rendent coupables : trois ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende. Deux condamnations au titre de cet article du code pénal conduisent à l’interdiction de la secte impliquée. Ainsi la loi démontre que notre régime de liberté de conscience absolue n’ignore pas les abus auquel il peut donner lieu et qu’il les réprime.  </p><p>Un traitement discriminatoire</p><p>Le voile intégral fait de la femme qui le porte un être de seconde zone, susceptible de se voir infliger en public un traitement dégradant. Mais en toute impunité jusqu'à ce jour ! Pourtant la loi en France punit de telles pratiques ! Quand bien même la personne concernée en est satisfaite ! C’est ce qui a conduit à l’interdiction du « lancer de nain » dans une discothèque  de Morsang sur Orge. Le nain était pourtant tout a fait consentant et furieux d’être privé de son job. La loi punit aussi l’exhibition sexuelle. Faut-il que nous lancions la mode de se promener nu dans la rue pour constater qu’il n’est pas admis de le faire ? Promener son propre enfant nu dans la rue est considéré comme une maltraitance punie par la loi. Ainsi, toute voilée serait légale et toute nue prohibée ? Qui ne voit comment deux points feraient alors bel et bien une ligne où le corps de la femme est le motif de son asservissement ? Certains disent ici : ces femmes affirment vouloir porter « librement » le voile intégral. Et alors ? La servitude si elle est volontaire n’en est pour autant ni plus acceptable ni plus légitime. Une société d’êtres libres n’autorise aucune enclave de servitude. Même consentie. Permettrait-on qu’une seule personne se donne librement en esclavage ?  Le désarroi mental de cet esclave volontaire doit-il nous faire admettre que quelqu’un puisse être maitre d’esclave ?  Invoquer la liberté pour tolérer le voile intégral, c’est nier l’égalité des droits ou en réduire infiniment la portée au point de considérer que certains ont moins de droits en raison de leur particularité supposée. J’affirme donc ceci : c’est fondamentalement le port du voile intégral qui discrimine la femme par rapport à ses semblables, et non pas son éventuelle interdiction.  </p><p>UN ACCOUTREMENT OBSCENE</p><p>Pourquoi le port du voile intégral est-il un traitement dégradant pour les femmes ? D’abord parce qu’il est obscène. Il réduit celle qui le porte au seul statut de proie sexuelle potentielle. Comme on ne propose pas de crever les yeux des hommes, seule la dissimulation permettrait de soustraire l’objet du désir à la concupiscence naturelle, et donc légitime, de tous ceux qui les regardent. Notons combien cela est également injurieux pour les hommes réputés ainsi être nécessairement prédateurs obsédés. Quoiqu’il en soit, un statut humiliant de propriété d’autrui est attaché à la femme voilée. Car quand bien même celui qui la dévisagerait se contenterait de cela, le profit qu’il tire de son seul regard est considéré comme un abus. Il diminuerait en effet l’usage exclusif de regarder, réservé à celui qui affirme avoir des droits sur cette femme du fait même qu’elle est voilée. Littéralement ce dernier à un « droit de regard » exclusif sur la femme concernée. La clôture annonce ici aussi la propriété, avec le droit « d’user et d’abuser » qui s’y attache. Mais une personne humaine ne peut être la propriété d’une autre. Cela est contraire aux droits de l’homme qui proclament que les êtres humains naissent libres et égaux en droit.</p><p>UNE NEGATION DE SOI</p><p>Ensuite la dissimulation dans le but d’être rendu méconnaissable aux yeux des autres est au sens littéral une annulation de l’identité. Qui est là devant moi ? Non seulement je ne peux pas le savoir, mais je ne dois pas le savoir ! La femme  voilée est niée comme personne particulière, parce que l’originalité physique qui singularise chacun de nous est rendue invisible. Dès lors, le voile intégral annonce que la personne ainsi vêtue n’existe pas. Non seulement parce qu’il est impossible de l’identifier mais parce que le sachant la voilée proclame ainsi qu’elle se nie elle même comme sujet autonome, c'est-à-dire apte au statut d’adulte lequel consiste à conduire personnellement sa vie parmi les autres. Le spectacle donné d’une telle auto-humiliation est un trouble manifeste à l’ordre public. D’ailleurs nous ressentons tous le même malaise en croisant les malheureuses que nous avons déjà observées dans cet accoutrement.</p><p>LEGIFERER ? POURQUOI PAS ?</p><p>S’il est admis que le port du voile intégral porte atteinte à la dignité de la personne humaine, est-il possible de l’interdire et comment ? Je l’ai dit, il existe déjà en droit français des normes qui encadrent les comportements, les messages et signes et même directement l’apparence physique, afin de préserver l’ordre public et la dignité de la personne humaine. J’ai mentionné l’arrêt du Conseil d’Etat qui a validé l’interdiction d’un spectacle de « lancer de nain », au motif que celui-ci portait atteinte à la dignité de la personne humaine. J’ai rappelé les dispositions de la loi de Catherine Picard et Nicolas About. J’ai dit que le code pénal punit également le délit d’exhibition sexuelle, dans la mesure où celle-ci porte atteinte à la pudeur publique. Il punit de même tous les messages « de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine » qui constituent des contraventions de 4ème classe.</p><p>Il n’est donc pas impossible ni contraire aux libertés publiques et droits fondamentaux de légiférer sur les pratiques vestimentaires si la défense de l’ordre public et de la dignité humaine le justifie. La dissimulation complète du visage pose problème de ce double point de vue. Elle empêche toute reconnaissance des personnes concernée, ce qui trouble l’ordre public. Et elle les prive aussi d’existence sociale et porte atteinte à leur intégrité physique et morale ce qui met en cause la dignité de la personne humaine. C’est donc sur cette double base que la loi pourrait affirmer l’obligation d’avoir le visage découvert dans tous les lieux publics. Jean-Marie Le Pen affirme que les dispositions actuelles de la loi suffisent et qu’il n’y a donc pas besoin d’une loi de plus. Quelle hypocrisie ! Si le port du voile est déjà interdit qu’est ce qui empêche alors de le dire de nouveau dans le cadre d’une loi,  qui en rassemblerait toutes les dispositions aujourd’hui éparses, sur le sujet ? La vérité est évidemment que Le Pen ne veut pas d’une loi de plus qui renforcerait le caractère laïque de la république française ! Resterait ensuite à définir l’éventuelle sanction de la violation de cette obligation par la dissimulation complète du visage. Pour respecter la nécessité des peines et ne pas aggraver l’absurde surenchère pénale actuelle, cette violation devrait plutôt relever de la contravention que du délit. Au total donc il ne s’agirait donc pas pour la loi d’interdire en particulier le port du voile intégral, mais d’affirmer le principe général de la non dissimulation du visage dans l’espace public, au nom de l’ordre public et du respect de la dignité humaine. Bien sûr c’est un choix politique. Mais la République n’est pas un régime neutre ! Et puisque nous voici à l’ouvrage, je n’en resterai pas là. </p><p>ETENDRE LE CHAMP DE LA LAÏCITE</p><p>Si l’objet de la nouvelle loi est bien de garantir la liberté, l’égalité et la dignité de toutes les femmes qui vivent sur notre territoire, d’autres mesures seraient opportunes dans ce cadre.  Si une proposition de loi est débattue, je pense que les parlementaires de gauche devraient les proposer par amendements. Le but serait d’étendre le champ d’application de l’impératif laïque. Ainsi  faut-il interdire à tout patient de récuser le personnel soignant à l’hôpital et punir les interventions des personnes qui y inciteraient un patient. Je pense aux cas des personnes qui refusent ou font refuser un soignant parce qu’il s’agit d’une personne de sexe opposé. Après cela il est temps aussi d’imposer l’obligation de mixité des lieux publics et services publics. En effet le principe de mixité n’est pas aujourd’hui garanti par la loi, y compris à l’école. Par exemple, on ne peut accepter le maintien et l’extension des horaires de piscine non mixtes, ou bien les heures d’accès au sport réservées aux seuls hommes ou aux seules femmes, chacun de leur côté. Enfin, si législateur voulait afficher la constance de ses principes et la cohérence de sa pensée pour notre pays, il pourrait, pour conclure la nouvelle loi laïque, étendre l’application de la loi de 1905 outre-mer et en Alsace Moselle. Mais je crains que le nombre des républicains conséquents  ne soit pas assez grand dans nos assemblées pour cela !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1267/la-chine-et-liran-peuvent-ils-ebranler-le-pouvoir-du-dollar</guid>
	<pubDate>Sun, 10 May 2026 15:06:31 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1267/la-chine-et-liran-peuvent-ils-ebranler-le-pouvoir-du-dollar</link>
	<title><![CDATA[La Chine et l&#039;Iran peuvent-ils ébranler le pouvoir du dollar]]></title>
	<description><![CDATA[<p data-path-to-node="1">L'attaque des États-Unis contre l'Iran a de nouveau soulevé une vague de discussions sur le déclin du dollar. L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz et a commencé à prélever un tribut sur les pétroliers en yuans chinois et en stablecoins. Les Émirats arabes unis, lors de négociations privées avec le Trésor américain, ont prévenu qu'ils pourraient basculer les règlements pétroliers vers le yuan. Cela ressemble à une apocalypse financière pour le dollar. Mais la vérité, comme toujours, est bien plus complexe.</p><p data-path-to-node="2">Octobre 1973. L'Égypte et la Syrie attaquent Israël lors du Yom Kippour. Les États-Unis transfèrent d'urgence des armes à l'armée israélienne. En réponse, les membres arabes de l'OPEP annoncent un embargo pétrolier contre Washington et ses alliés. En quelques mois, le prix du baril passe de 3 à 12 dollars, soit une hausse de 300%. Aux États-Unis, les files d'attente s'allongent aux stations-service, l'industrie est en plein marasme et la confiance dans l'architecture financière de l'après-guerre, déjà ébranlée par la fermeture de la fenêtre or par Nixon en août 1971, tombe à zéro. C'est précisément à ce point de vulnérabilité maximale de la puissance américaine que naît le système qui définira l'organisation des finances mondiales pour le demi-siècle suivant.</p><p data-path-to-node="3">En juin 1974, le secrétaire d'État Henry Kissinger arrive à Riyad. De l'autre côté de la table se trouvent le prince héritier Fahd et le ministre des Finances Abdulaziz al-Qasim, agissant au nom du roi Fayçal. Les détails concrets de l'accord restent partiellement classifiés à ce jour - Bloomberg n'a révélé certains documents qu'en 2016, plus de quarante ans après la signature - mais son architecture est bien connue. L'Arabie saoudite s'engage à vendre son pétrole exclusivement contre des dollars américains et à réinvestir les revenus pétroliers, les pétrodollars, dans les obligations du Trésor américain. En échange, Washington garantit au royaume une protection militaire, des fournitures d'armes et une couverture politique. En septembre de la même année, des accords similaires sont conclus avec les autres membres de l'OPEP. Le système du pétrodollar devient le fondement de ce que les économistes appelleront plus tard le privilège exorbitant de la monnaie américaine.</p><p data-path-to-node="4">Le mécanisme fonctionnait avec une élégance mathématique. Tout pays souhaitant acheter du pétrole, et tout le monde en a besoin, est obligé de se procurer d'abord des dollars. Cela crée une demande constante, structurelle et intarissable pour la monnaie américaine à travers le monde. Les États-Unis obtiennent la possibilité de financer leur déficit budgétaire et leur déficit commercial simplement en imprimant de l'argent que le monde entier est obligé d'accepter, car sans lui, il est impossible d'acheter de l'énergie. Ce n'est ni une métaphore ni une théorie du complot, c'est de la macroéconomie fondamentale. La Fed émet des dollars, ils partent à l'étranger en échange de pétrole, puis reviennent dans les titres du Trésor américain et la boucle est bouclée. C'est pourquoi les États-Unis maintiennent depuis des décennies un déficit commercial qui aurait ruiné n'importe quel autre pays : en 2024, il s'élevait à environ 918 milliards de dollars, mais le dollar reste la monnaie de réserve mondiale.</p><p data-path-to-node="5">Cinquante ans plus tard, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon les estimations de la Banque des règlements internationaux et de plusieurs centres d'analyse indépendants, la part du dollar dans le commerce mondial du pétrole et des produits pétroliers se maintient durablement entre 80 et 85%, et n'a pratiquement pas changé depuis le milieu des années 1970. Et ce, alors que durant cette période, l'économie mondiale a connu l'effondrement de l'URSS, la création de la zone euro, l'ascension de la Chine au rang de deuxième économie mondiale, plusieurs crises financières globales et des tentatives incessantes des puissances alternatives de réécrire les règles du jeu. Aucune de ces tentatives n'a abouti à un succès significatif dans le commerce pétrolier.</p><p data-path-to-node="6">La situation des réserves est un peu plus complexe, mais confirme globalement la même logique. Selon les données du FMI pour le troisième trimestre 2025, la part du dollar dans les réserves mondiales officielles était de 56,92%. C'est nettement inférieur au pic de 71,19% enregistré en 1999, lorsque l'euro venait de naître et n'avait pas encore pris sa place. L'euro contrôle actuellement 20,33% des réserves, le yen japonais 5,82%, la livre sterling environ 4,7%, et le franc suisse environ 2,7%. Quant au yuan, malgré les efforts politiques et diplomatiques colossaux de Pékin, il n'occupe que 1,93% - un chiffre qui, bien qu'intégré au panier du FMI dès 2016, stagne de fait depuis quelques années. Parallèlement, le volume total des réserves mondiales à la même période a atteint un record de 13 billions de dollars, ce qui signifie que le volume absolu des réserves en dollars dans le monde reste immense malgré une part relative en baisse.</p><p data-path-to-node="7">Une précision fondamentale est ici nécessaire, sans laquelle l'interprétation des données serait incorrecte. Une part importante de la baisse nominale de la part du dollar dans les réserves est un artefact statistique généré par la dynamique des taux de change, et non par un abandon réel du dollar par les banques centrales. L'indice DXY, qui reflète la valeur du dollar face à un panier de six grandes devises, a chuté de plus de 10% au premier semestre 2025 - sa plus forte baisse semestrielle depuis 1973, date de naissance du système du pétrodollar. Le mécanisme de distorsion est simple : quand l'euro s'apprécie par rapport au dollar, la valeur des réserves européennes exprimée en dollars augmente automatiquement, et la part du dollar dans le gâteau global diminue, même si aucune banque centrale n'a vendu de dollars ni acheté d'euros. Le FMI effectue des calculs spéciaux ajustés aux variations de change, et ils donnent une image radicalement différente : au cours de ce même troisième trimestre 2025, la baisse ajustée de la part du dollar n'était que de 0,12 point de pourcentage. Ce n'est pas un effondrement du statut de réserve, c'est un bruit statistique.</p><p data-path-to-node="8">Les tentatives pour miner le système du pétrodollar ont été menées à plusieurs reprises, de manière cohérente et avec une intensité croissante, mais les résultats sont restés invariablement modestes. La Russie après 2014, avec une accélération marquée après 2022, a transféré une part importante de son commerce avec la Chine, l'Inde et d'autres partenaires vers le rouble et le yuan. L'Iran, en raison des sanctions, a dû chercher des mécanismes de règlement alternatifs dès les années 1990. Le Venezuela de Maduro tente de s'éloigner du dollar pour ses transactions pétrolières. La Chine a lancé en 2018 des contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans à la Bourse internationale de l'énergie de Shanghai - le fameux pétroyuan - et a assuré leur convertibilité en or, créant un outil que de nombreux analystes qualifiaient de menace pour l'hégémonie du dollar. Néanmoins, en 2025, les contrats à terme en yuans de Shanghai ne représentent qu'environ 8 à 10% du volume des transactions de l'ICE de Londres et du NYMEX américain. Le yuan n'est jamais devenu une monnaie pétrolière significative à l'échelle mondiale.</p><p data-path-to-node="9">Les raisons de la résilience du système ne résident pas dans la politique ou la puissance militaire des États-Unis, bien que les deux jouent un rôle, mais dans l'économie structurelle. Premièrement, la liquidité. Le marché des obligations d'État américaines est le plus vaste et le plus liquide au monde, avec un volume dépassant 27 billions de dollars. Aucun autre instrument au monde ne permet à une banque centrale de placer ou de retirer instantanément des dizaines de milliards sans mouvement de prix substantiel. Deuxièmement, l'effet de réseau. Comme la majorité des acteurs du marché effectuent déjà leurs règlements en dollars, il est rationnel pour chaque nouvel arrivant de faire de même ; les coûts de transition vers une monnaie alternative incombent à celui qui change le premier. Troisièmement, l'absence d'alternative réelle. L'euro est soutenu par une zone euro politiquement fragmentée, dépourvue d'obligations unifiées en volume suffisant. Le yuan est une monnaie non convertible avec des restrictions de capitaux : Pékin refuse délibérément d'ouvrir son compte de capital par crainte de la volatilité, mais c'est précisément ce qui rend le yuan inapte à être une monnaie de réserve au sens plein du terme.</p><p data-path-to-node="10">Cela ne signifie pas que le système soit invulnérable. Il possède des vulnérabilités réelles et non fantasmées. L'utilisation du dollar comme arme de sanctions - le gel des réserves russes d'un montant d'environ 300 milliards de dollars en 2022 a été un événement sans précédent - a poussé de nombreuses banques centrales à réfléchir à la diversification. Selon le Conseil mondial de l'or, les banques centrales ont acheté de l'or à un rythme record entre 2022 et 2024 : plus de 1000 tonnes par an, les principaux acheteurs étant la Chine, l'Inde, la Turquie et plusieurs pays du Moyen-Orient. C'est une diversification réelle des réserves, mais vers l'or, pas vers des monnaies alternatives. La fragmentation géopolitique, que le FMI décrit par le terme de fragmentation géoéconomique, crée des chaînes financières parallèles qui réduisent progressivement la part des règlements en dollars dans certains flux commerciaux bilatéraux.</p><p data-path-to-node="11">Pourtant, il y a un gouffre entre l'affaiblissement et l'effondrement. Le système créé par Kissinger et Fayçal en 1974 a survécu au choc pétrolier de 1979, à la crise de la dette des pays en développement des années 1980, à la crise asiatique de 1997, à l'éclatement de la bulle internet, à la crise des subprimes de 2008 et à la pandémie de 2020. Chaque crise, paradoxalement, a renforcé le dollar : dans les moments d'incertitude maximale, les capitaux du monde entier fuient vers les titres du Trésor américain, cette fameuse fuite vers la qualité que les économistes observent sans cesse. Le pétrodollar n'est pas seulement un accord politique. C'est un système auto-entretenu dans lequel sont intégrées des incitations pour tous les participants à continuer de jouer selon les règles établies. Et c'est précisément pourquoi, cinquante ans après la poignée de main de Riyad, 80 à 85% du pétrole mondial se négocie toujours en dollars.</p><p data-path-to-node="12">Le dollar chutait toute l'année puis Trump a frappé l'Iran</p><p data-path-to-node="13">Au cours de l'année 2025, le dollar américain a perdu environ 8% de sa valeur. Au début de 2026, la baisse s'est poursuivie. Le monde a commencé à parler de la stratégie Vendre l'Amérique - une fuite des capitaux sans précédent hors des actifs américains sur fond de guerre commerciale mondiale, d'attaques contre les alliés et de la volonté de Washington d'utiliser sa puissance financière comme arme politique.</p><p data-path-to-node="14">Mais dès que les bombardements sur l'Iran ont commencé, la situation a changé instantanément. Le dollar a interrompu sa chute et a progressé d'environ 2%. La raison est simple et immuable depuis des décennies : au moment de toute crise géopolitique, les investisseurs du monde entier sortent des actifs risqués pour se repositionner sur le dollar, considéré comme l'actif le plus liquide et le plus sûr. L'afflux de capitaux étrangers vers les actions et obligations américaines durant cette période a été le plus important enregistré au cours des 25 dernières années.</p><p>Le détroit d'Ormuz en otage : 20 % du pétrole mondial menacé</p><p data-path-to-node="1">Le détroit d'Ormuz, d'une largeur de seulement 33 kilomètres à son point le plus étroit, n'est pas qu'un simple point géographique sur la carte du golfe Persique. C'est le goulot d'étranglement par lequel transite une part considérable de l'énergie mondiale et, avec elle, toute l'architecture de l'ordre financier global instauré par les États-Unis après 1973. Chaque jour, environ 21 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers y transitent. Selon les données de l'administration américaine de l'information sur l'énergie pour 2023-2024, cela représente environ 20 à 21 % de la consommation mondiale et près de 25 % de l'ensemble du commerce maritime de pétrole. À titre de comparaison, le canal de Suez transporte environ 12 % du pétrole mondial et le détroit de Malacca environ 16 %. Aucun autre couloir maritime ne concentre une charge énergétique aussi critique. C'est pourquoi tout changement des règles du jeu dans cette région qu'il s'agisse d'une escalade militaire, de l'introduction de nouveaux mécanismes de paiement ou d'un changement de devise de facturation résonne immédiatement dans tout le système financier mondial.</p><p data-path-to-node="2">Les menaces iraniennes de fermer le détroit d'Ormuz ne sont pas nouvelles : elles retentissent avec la régularité d'un métronome depuis le début des années 1980. Pendant la première guerre des pétroliers entre 1984 et 1988, l'Iran a attaqué plus de 200 navires, faisant exploser les primes d'assurance et provoquant des soubresauts nerveux sur les prix mondiaux du brut. Après 2018, avec le rétablissement de la pression des sanctions par l'administration Trump, ces menaces se sont précisées : l'armée iranienne a mené des exercices démonstratifs, capturé des pétroliers comme le Stena Impero britannique en 2019 et posé des mines. Cependant, la situation a aujourd'hui qualitativement changé. Il ne s'agit plus seulement d'un chantage militaire, mais de l'intégration de nouveaux instruments financiers dans la logistique de transport régionale. Les informations selon lesquelles l'Iran perçoit auprès de certains pétroliers des taxes en yuans et en stablecoins créant de fait une redevance de transit parallèle marquent l'introduction institutionnelle inédite de devises alternatives dans les règlements du trafic d'Ormuz. C'est un précédent dont l'importance est difficile à surestimer.</p><p data-path-to-node="3">Pour comprendre pourquoi les signaux provenant des Émirats arabes unis ont produit un tel effet sur le Trésor américain, il faut revenir à la mécanique fondamentale du système du pétrodollar. Après que Nixon a rompu l'accord de Bretton Woods en 1971 en détachant le dollar de l'or, Washington a dû garantir une nouvelle demande pour sa monnaie. Les accords de 1973-1974 avec l'Arabie saoudite, souvent appelés pacte du pétrodollar, ont résolu ce problème avec élégance : le pétrole est vendu exclusivement en dollars, et ces dollars retournent dans le système financier américain via l'achat de bons du Trésor et des investissements dans des actifs américains, ce que l'on appelle le recyclage des pétrodollars. Selon le FMI et diverses études académiques, ce système permettait aux États-Unis de financer un déficit chronique de la balance courante à des conditions inaccessibles à tout autre pays. En moyenne, le Trésor américain se finançait à un coût inférieur de 50 à 100 points de base par rapport à ce qui aurait été possible sans le statut de monnaie de réserve du dollar. Selon différents calculs, la rente du pétrodollar apportait à l'économie américaine un bénéfice annuel compris entre 100 et 700 milliards de dollars, selon la méthodologie et la conjoncture.</p><p data-path-to-node="4">Le chiffre de 80 millions de dollars de manque à gagner quotidien pour le recyclage des pétrodollars, évoqué à propos des Émirats arabes unis, mérite explication. Les Émirats exportent environ 2,5 à 2,7 millions de barils par jour. Environ 35 % de ce flux, soit près de 900 000 barils quotidiens, est destiné à la Chine selon les données de Kpler et S&amp;P Global pour 2024-2025. Avec un prix moyen du baril de Murban autour de 80-85 dollars, la valeur quotidienne du volet chinois s'élève à environ 70-80 millions de dollars. Si ces transactions passent au yuan, ce volume de dollars cesse d'être généré et donc de chercher à s'investir dans les obligations d'État américaines. À l'échelle d'une journée, cela semble modéré. Mais à l'échelle d'une année, cela représente environ 25 à 30 milliards de dollars qui n'alimentent plus le marché de la dette américaine. Et ce ne sont que les Émirats. Si l'on applique la même logique à l'Arabie saoudite qui exporte 1,7 à 1,8 million de barils par jour vers la Chine, ou à l'Irak, les chiffres changent d'ordre de grandeur.</p><p data-path-to-node="5">La préparation infrastructurelle à une telle transition est sans doute l'aspect le plus sous-estimé du débat. On considère souvent que la dédollarisation des règlements pétroliers est une perspective lointaine se heurtant à l'absence d'infrastructures de compensation alternatives. Pourtant, les faits prouvent le contraire. La plateforme mBridge, développée sous l'égide de la Banque des règlements internationaux avec les banques centrales de Chine, de Hong Kong, de Thaïlande et des Émirats, a achevé sa phase pilote et est passée en 2024 au stade de produit minimum viable. Selon la BRI, les transactions pilotes de 2022 ont totalisé environ 22 millions de dollars. Si la somme est symbolique, le fait est là : le mécanisme de règlement direct entre monnaies numériques de banques centrales sans passer par le réseau de correspondance en dollars a été validé. En 2024, la BRI s'est retirée en tant que coordinateur, mais les pays participants ont déclaré leur intention de poursuivre le développement de la plateforme de manière autonome, un signal particulièrement éloquent.</p><p data-path-to-node="6">Parallèlement, le système chinois CIPS, l'analogue du SWIFT pour le yuan lancé en 2015, se développe. Fin 2024, plus de 1 400 participants directs et indirects de plus de 100 pays y étaient connectés. Le volume des transactions est passé de 34,4 billions de yuans en 2020 à plus de 100 billions de yuans en 2023, soit une multiplication par trois en trois ans. Cela reste incomparable avec le SWIFT, qui traite environ 5 billions de dollars de messages interbancaires par jour, mais le rythme de croissance du CIPS est crucial : le système a prouvé sa capacité à monter en charge. La présence des grandes banques d'État chinoises à Abou Dabi assure l'infrastructure opérationnelle nécessaire sur place : comptes de correspondance, assistance juridique et lettres de crédit en yuans.</p><p data-path-to-node="7">Le contexte du futur pétrolier en yuans est également important. En mars 2018, la bourse internationale de l'énergie de Shanghai a lancé des contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans. En 2023-2024, le volume quotidien moyen des transactions y a atteint 300 000 à 400 000 contrats, ce qui en fait la troisième bourse pétrolière mondiale. Le pétrole russe livré à la Chine après 2022 est payé majoritairement en yuans et en roubles. L'Iran, sous sanctions depuis des années, a élaboré des schémas de règlement parallèles. Son expérience sert de laboratoire pour tester les mécanismes que les pays du Golfe étudient désormais avec intérêt.</p><p data-path-to-node="8">La question centrale demeure : la menace est-elle réelle et à quelle vitesse ce basculement pourrait-il se matérialiser ? Les arguments en faveur d'une transition graduelle sont convaincants : le yuan reste une monnaie non convertible, la Chine contrôle strictement les mouvements de capitaux et les pays du Golfe détiennent une part importante de leurs réserves souveraines en actifs libellés en dollars. Un revirement signifierait une dépréciation de leurs propres avoirs. De plus, le parapluie militaire américain sur la région reste un argument de poids. Néanmoins, les signaux venant d'Abou Dabi ne doivent pas être perçus comme du bluff. C'est un langage de négociation : les pays du Golfe fixent des lignes rouges et le prix de leur loyauté. Alors que la politique commerciale américaine de 2025 a créé une incertitude sans précédent, les marges de manœuvre de Washington se réduisent.</p><p data-path-to-node="9">La transformation structurelle observée ne se manifeste pas comme une explosion soudaine, mais comme l'accumulation d'une masse critique d'accords alternatifs. Selon le FMI, la part du dollar dans les réserves mondiales est tombée de 71 % en 1999 à environ 58 % en 2023. La part du yuan, bien que modeste à 2,3 %, progresse. Le détroit d'Ormuz, mBridge, le CIPS, les contrats à terme de Shanghai, les règlements sino-russes et la taxe de transit iranienne ne sont pas des événements isolés, mais les éléments d'un même système formant lentement un squelette financier alternatif pour le commerce mondial des énergies.</p><p data-path-to-node="10">Pétroyuan : percée ou bulle médiatique</p><p data-path-to-node="11">L'idée du pétroyuan n'est pas nouvelle, mais les chiffres réels invitent à la prudence. À la mi-2025, la part du yuan dans les règlements pétroliers mondiaux reste inférieure à 5 %. Le dollar continue de servir 80 à 90 % du commerce mondial de brut. Même dans les échanges sino-russes, où le yuan est très actif, sa part reste limitée par rapport au volume total des transactions mondiales.</p><p data-path-to-node="12">Le problème fondamental du yuan est sa non-convertibilité. Recevoir des yuans pour du pétrole est une chose, mais pouvoir les investir librement en est une autre. C'est pourquoi les monarchies pétrolières du Golfe convertissent souvent leurs revenus en or via la bourse de l'or de Shanghai pour se prémunir contre les restrictions du marché chinois. En comparaison, la part du dollar dans les opérations de change mondiales est de 89 %, et environ 70 % de la dette mondiale en devises étrangères est libellée en dollars. Remplacer une telle infrastructure est une tâche comparable au remplacement de l'anglais par le chinois comme langue de communication internationale.</p><p data-path-to-node="13">Pourquoi le pétrodollar n'est plus vraiment pétrolier</p><p data-path-to-node="14">Une erreur courante consiste à croire que le lien pétrole-dollar est la seule base de la monnaie américaine. En réalité, les livraisons physiques de pétrole ne représentent qu'une fraction du marché pétrolier mondial. La majorité des transactions porte sur des dérivés financiers traités sur les bourses américaines et britanniques en dollars. Même si tout le Golfe passait au yuan demain pour ses livraisons physiques, l'essentiel du marché financier resterait en dollars.</p><p data-path-to-node="15">De plus, le pétrodollar a perdu de son importance relative face aux flux commerciaux asiatiques. En 2025, l'excédent commercial de la Chine a atteint un record de 1,189 billion de dollars. Ce sont les exportateurs de biens manufacturés d'Asie, et non les exportateurs de pétrole arabes, qui sont devenus les principaux acheteurs d'actifs en dollars ces dernières décennies pour maintenir la compétitivité de leurs économies liées au cours du dollar.</p><p>États-Unis : le plus grand producteur de pétrole de l'histoire de l'humanité</p><p data-path-to-node="1">Un autre facteur a radicalement modifié l'équilibre des forces. L'Amérique n'achète plus de pétrole moyen-oriental en volumes significatifs. Grâce à la révolution du schiste, les États-Unis sont devenus le plus grand producteur de pétrole de l'histoire mondiale.</p><p data-path-to-node="2">Selon les données de l'EIA pour l'année 2025, la production américaine s'est élevée à 13,58 millions de barils par jour, contre 9,51 millions pour l'Arabie saoudite et 9,87 millions pour la Russie. Ensemble, ces trois pays assuraient 39 % de la production mondiale. Les États-Unis produisaient presque autant de pétrole que le Canada, l'Irak et la Chine réunis.</p><p data-path-to-node="3">Cela signifie qu'une crise énergétique provoquée par le blocus du détroit d'Ormuz frappe l'Europe, l'Asie et les pays du Golfe eux-mêmes de manière incomparablement plus dure que l'Amérique. Les États-Unis en sont protégés structurellement et c'est précisément pour cette raison qu'en période de crise, les capitaux du monde entier affluent vers les actifs en dollars plutôt que de les fuir.</p><p data-path-to-node="4">L'or au lieu du dollar ? Les banques centrales votent avec leur portefeuille</p><p data-path-to-node="5">Parallèlement aux discussions sur le pétroyuan, une autre tendance se dessine, plus discrète mais plus lourde. Les banques centrales des pays émergents achètent massivement de l'or. Selon J.P. Morgan, la part de l'or dans les réserves mondiales officielles a environ doublé au cours de la dernière décennie, passant de 4 % à 9 % pour les marchés émergents, et jusqu'à 20 % pour les pays développés. Les principaux acheteurs sont la Chine, la Russie, la Turquie et l'Inde. Selon les prévisions de plusieurs analystes, les prix de l'or se dirigent vers la barre des 4 000 dollars l'once d'ici la mi-2026.</p><p data-path-to-node="6">Il ne s'agit pas d'un remplacement du dollar, mais d'une assurance. Les pays qui craignent les sanctions ou la dévaluation diversifient leurs réserves vers un actif neutre qui ne dépend ni de Washington ni de Pékin.</p><p data-path-to-node="7">Le paradoxe majeur : les ennemis du dollar gardent leur argent en dollars</p><p data-path-to-node="8">Le fait le plus éloquent sur la puissance du dollar est le comportement de ses adversaires. Les pays qui réclament le plus bruyamment la dédollarisation luttent en réalité non pas contre le dollar, mais pour la levée des sanctions et le retour dans le système du dollar. L'Iran, la Russie et le Venezuela souffrent avant tout d'être coupés des règlements en dollars, et non d'y participer.</p><p data-path-to-node="9">Selon les données de la Banque de réserve fédérale de Saint-Louis, environ trois quarts des investissements publics étrangers dans les titres américains appartiennent à des pays ayant des liens militaires ou des alliances avec les États-Unis. Les adversaires géopolitiques de Washington n'ont tout simplement pas d'alternatives attrayantes au dollar à l'échelle requise, car l'euro appartient aux alliés des États-Unis, le yen également, et le yuan n'est pas convertible.</p><p data-path-to-node="10">La propriété étrangère sur le marché des obligations d'État américaines est passée de plus de 50 % lors de la crise financière de 2008 à environ 30 % au début de 2025. C'est une tendance réelle. Mais 30 % d'un marché de 27 billions de dollars représentent toujours une somme colossale. Le Japon détient à lui seul plus de 1,1 billion de dollars de bons du Trésor américain.</p><p data-path-to-node="11">Ce qui tuera le dollar, mais pas aujourd'hui ni demain</p><p data-path-to-node="12">La menace pesant sur le dollar existe. Elle est réelle. Mais elle est lente, structurelle et se mesure en décennies, et non par les cycles d'actualité sur la guerre en Iran.</p><p data-path-to-node="13">La part du dollar dans les réserves mondiales est tombée de 71 % en 1999 à 57 % actuellement. C'est une baisse de 14 points de pourcentage en un quart de siècle. Si la tendance se poursuit au même rythme, dans 25 ans, la part du dollar sera d'environ 43 %, ce qui reste important, mais ne constitue plus une domination absolue.</p><p data-path-to-node="14">Le dollar n'est pas détruit par ses ennemis, mais par ses alliés, ou plus précisément par les actions de l'Amérique elle-même. Les attaques contre l'indépendance de la Réserve fédérale, la pression sur les tribunaux, les guerres commerciales avec les alliés et l'utilisation du système du dollar comme arme géopolitique via les sanctions sapent la confiance envers les institutions mêmes qui font du dollar ce qu'il est : l'État de droit, la libre circulation des capitaux et la prévisibilité de la politique monétaire.</p><p data-path-to-node="15">Tant que la guerre en Iran ne sera pas terminée, le dollar tiendra bon : la crise pousse toujours l'argent vers le refuge le plus liquide. Mais dès que les tirs cesseront, le cours reprendra sa baisse. Les monarchies pétrolières dépenseront leur argent pour la reconstruction plutôt que de l'investir dans les titres américains. Les importateurs asiatiques de pétrole paieront leur énergie trop cher pendant des années et restructureront leur économie pour atteindre l'indépendance énergétique.</p><p data-path-to-node="16">En attendant, la réponse la plus précise à la question "quand le dollar s'effondrera-t-il ?" est la suivante : tout le monde utilise le dollar parce que tout le monde l'utilise. Il est possible de briser cette logique, mais ce n'est pas une tâche pour une seule guerre, ni même pour un seul mandat présidentiel.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1266/the-atlantic-council-a-de-grands-projets-pour-une-guerre-entre-les-etats-unis-et-l%E2%80%99iran</guid>
	<pubDate>Sun, 10 May 2026 14:54:53 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1266/the-atlantic-council-a-de-grands-projets-pour-une-guerre-entre-les-etats-unis-et-l%E2%80%99iran</link>
	<title><![CDATA[The Atlantic Council a de grands projets pour une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Brandon Smith − Le 26 octobre 2024 − Source <a href="https://alt-market.us/the-atlantic-council-has-big-plans-for-a-war-between-the-us-and-iran/">Alt-Market</a></p><p></p><p>Les globalistes, en tant qu’entité organisée, ont l’habitude de déplacer leurs efforts entre diverses institutions de façade afin d’éviter un examen approfondi. Par exemple, en 2020, ils ont intensifié la machine à faire peur sur la pandémie Covid et le Forum économique mondial a joué un rôle de premier plan dans cet effort. Klaus Schwab était partout dans les médias, utilisant la pandémie Covid comme excuse pour promouvoir toutes les mesures autoritaires imaginables.</p><p>Lorsque cet agenda a échoué (confinement refusés, obligations de port de masques ignorés, passeports vaccinaux rejetés et CDC pris en flagrant délit de gonflement des chiffres de vaccination), le WEF et Klaus Schwab ont commodément disparu du radar médiatique.</p><p>Lorsque les globalistes ont tenté de faire des critères ESG un mode de vie permanent pour les entreprises, ils ont créé le Conseil pour un capitalisme inclusif, dirigé par Lynn de Rothschild et associé au Vatican. Lorsque ces critères ESG ont été révélés pour ce qu’ils étaient réellement (un pont vers le communisme intégral dans lequel les entreprises mettent en œuvre une ingénierie sociale d’extrême gauche), le CIC a disparu des feux de la rampe aussi rapidement qu’il était apparu.</p><p>Cela dit, il y a un groupe globaliste qui est toujours resté en arrière-plan pendant la plupart de ces opérations : The Atlantic Council. Chaque fois qu’une campagne de propagande est mise en œuvre pour tromper le public occidental, chaque fois qu’une initiative politique est prise pour supprimer vos libertés, chaque fois qu’une guerre régionale risque de dégénérer en guerre mondiale, je finis toujours par trouver les empreintes digitales de The Atlantic Council.</p><p>Le Conseil a été profondément impliqué dans la propagande Covid à partir de 2020 et il a également ses mains dans la propagande sur le changement climatique, mais son pain et son beurre sont les guerres régionales par procuration.</p><p>Dans mon récent article intitulé « <a href="https://lesakerfrancophone.fr/les-globalistes-tentent-dintensifier-la-guerre-en-ukraine-pour-en-faire-une-troisieme-guerre-mondiale-avant-les-elections-americaines" rel="bookmark">Les globalistes tentent d’intensifier la guerre en Ukraine pour en faire une troisième guerre mondiale avant les élections américaines</a> », j’ai expliqué comment le Conseil est profondément impliqué dans l’escalade de la guerre en Ukraine par le biais de son Centre Eurasia et de son Centre Scowcroft. Ils attisent les conflits dans la région depuis au moins une décennie dans l’intention d’entraîner les forces de l’OTAN dans une confrontation directe avec la Russie.</p><p>Dans un rapport publié par The Atlantic Council en 2014 et intitulé « <a href="https://atlanticcouncil.org/wp-content/uploads/2014/07/A_Roadmap_for_Ukraine.pdf">Une feuille de route pour l’Ukraine : tenir les promesses du Maïdan</a>« , le groupe note :</p><p>À l’automne dernier, alors que les Ukrainiens se massaient sur le Maïdan pour réclamer un meilleur gouvernement et des liens plus étroits avec l’Europe, The Atlantic Council a commencé à se mobiliser sur l’Ukraine. Une délégation du Conseil s’est rendue à Varsovie et à Kiev en mars pour définir notre stratégie et, lors de la visite du Premier ministre ukrainien Arseniy Yatsenyuk au Conseil ce même mois, nous avons lancé une campagne de cent jours pour galvaniser la communauté transatlantique derrière l’avenir démocratique de l’Ukraine au sein de l’Europe.<br />Alors que la crise s’aggravait, nous nous sommes réunis au plus haut niveau, établissant des liens vitaux entre les décideurs et les leaders d’opinion ukrainiens, américains et européens. Nous avons déployé notre grande expertise pour lancer des exercices d’« équipe rouge » qui ont anticipé les actions de la Russie et défini des stratégies pour répondre aux scénarios probables. Nos groupes de travail de réaction rapide (« tiger teams ») ont formulé des recommandations sur des questions fondamentales pour la réussite de l’Ukraine. Une délégation du Conseil a remis ce rapport, qui rassemble toutes ces conclusions, au Premier ministre Yatsenyuk et à d’autres dirigeants à Kiev au cours de la première semaine de juillet. Les conclusions sont également partagées avec les décideurs politiques américains et européens…</p><p>En ce qui concerne la politique de sécurité de l’Ukraine, le Conseil a conseillé les responsables de l’OTAN et de l’Ukraine. Le document décrit ensuite comment l’OTAN pourrait s’engager ouvertement et secrètement auprès de l’Ukraine pour renforcer ses chances d’adhérer à l’UE au fil du temps, ce qui, selon Vladimir Poutine, est l’une des raisons mêmes de son invasion du Donbass. Enfin, le document décrit comment l’OTAN pourrait favoriser une guerre par procuration contre la Russie à travers l’Ukraine sans déclarer directement la guerre à la Russie. Comme l’indique le Conseil :</p><p>L’agression de la Russie offre une opportunité de clarté stratégique et d’urgence qui devrait être utilisée pour accélérer la construction d’un établissement de défense et de sécurité ukrainien robuste, moderne et compétent…</p><p>Je pense que The Atlantic Council est l’instigateur de tous les plans globalistes visant à déclencher une guerre plus importante entre l’Est et l’Ouest. Leur scénario idéal semble être la création d’un conflit par procuration qui agirait comme le premier domino d’une chaîne menant à une guerre mondiale, un peu comme la « <a href="https://lesakerfrancophone.fr/la-distraction-de-la-guerre-commerciale-huawei-et-la-theorie-de-linchpin">théorie de Linchpin</a> » de la DARPA sur laquelle j’ai écrit dans le passé.</p><p>Pour être clair, le Conseil ne s’intéresse pas seulement à l’Ukraine et à la Russie. Il est heureux d’entraîner les Américains dans une guerre plus vaste chaque fois qu’il le peut.<br />La semaine dernière, le Conseil a publié un autre rapport sur un scénario de guerre concernant l’Iran, intitulé « <a href="https://www.atlanticcouncil.org/wp-content/uploads/2024/10/The-future-of-US-strategy-toward-Iran.pdf">L’avenir de la stratégie américaine à l’égard de l’Iran : Une feuille de route bipartisane pour la prochaine administration</a>« . L’objectif de ce rapport est d’influencer une nouvelle doctrine de défense avec pour mission d’insérer les Etats-Unis directement au milieu de la guerre naissante entre l’Iran et Israël.</p><p>Comme l’indique le rapport :</p><p>En termes simples, l’objectif était de développer une politique américaine à l’égard de l’Iran, et non une politique Démocrate ou Républicaine. Nous avons appelé cet effort le Projet de stratégie pour l’Iran (ISP). Lorsque nous avons commencé à recruter des experts pour rejoindre notre comité consultatif et notre groupe de travail, nous l’avons fait en gardant à l’esprit deux principes primordiaux. Premièrement, la diversité idéologique et le bipartisme ne pouvaient pas être de simples sujets de discussion, ils étaient indispensables. Les fluctuations sauvages de la politique américaine à l’égard de l’Iran au cours de la dernière décennie ont créé d’importantes lacunes politiques que l’Iran a exploitées pour faire progresser plus rapidement son influence régionale malveillante et son programme nucléaire…</p><p>[embedded content]</p><p>L’idée d’une position « bipartisane » sur l’Iran repose sur l’hypothèse qu’il existe un terrain d’entente entre les conservateurs et les gauchistes lorsqu’il s’agit d’une guerre dans la région. Certes, les Démocrates et les néo-conservateurs sont d’accord sur la plupart des points. Mais les néo-conservateurs ne sont pas des conservateurs et la base politique des deux côtés de l’allée n’a que peu d’intérêt pour une nouvelle guerre au Moyen-Orient.</p><p>Le joker, c’est Trump. Les médias de l’establishment rapportent que l’Iran a piraté les stratégies électorales de la campagne Trump et les a transmises au camp Harris. Les agences de renseignement américaines répandent également des rumeurs selon lesquelles l’Iran travaillerait à l’assassinat de Trump. Ces affirmations sont-elles fondées ? Il existe peu de preuves publiques pour le démontrer.</p><p>Peut-être que l’Iran veut vraiment faire tomber Trump. Ou bien cela fait partie d’un complot visant à s’assurer que Trump soutiendra une guerre totale avec l’Iran s’il remporte les élections. Trump a déclaré à plusieurs reprises qu’il avait l’intention de mettre fin à la guerre en Ukraine dès son retour à la Maison Blanche. Cela ruinerait plus d’une décennie de planification par The Atlantic Council. Mais que se passerait-il s’ils parvenaient à entraîner les États-Unis dans un autre conflit, avec le même potentiel de guerre mondiale ? C’est ce qu’est l’Iran – une autre cheville ouvrière.</p><p>Le Conseil affirme qu’il cherchera à lier inexorablement les États-Unis au destin d’Israël en positionnant une force militaire américaine permanente dans la région :</p><p>La dissuasion de la menace posée par l’Iran et ses mandataires nécessite une approche à multiples facettes qui inclut le maintien d’une présence militaire adéquate dans la région et la volonté de répondre par une force appropriée aux attaques contre les intérêts américains et ceux des alliés américains ; la collaboration avec les alliés pour renforcer la coopération en matière de sécurité régionale ; la collaboration avec les partenaires sur les moyens de réduire les conflits et l’instabilité qui créent des ouvertures que l’Iran peut exploiter ; et l’expansion de la coopération en matière de sécurité au-delà des domaines traditionnels.</p><p>Ils souhaitent également que les États-Unis créent leur propre ligne rouge : si l’Iran obtient des armes nucléaires, l’Iran doit être détruit (n’oubliez pas qu’il est confirmé qu’Israël possède déjà son propre arsenal nucléaire).</p><p>Les États-Unis doivent maintenir une politique déclaratoire, explicitement énoncée par le président, selon laquelle ils ne toléreront pas que l’Iran se dote d’une arme nucléaire et utiliseront la force militaire pour empêcher ce développement si toutes les autres mesures échouent. Pour soutenir cette politique, les États-Unis devraient s’abstenir de souligner qu’ils ne cherchent pas le conflit avec l’Iran ; ils devraient annoncer qu’ils mèneront chaque année des exercices conjoints avec Israël, tels que Juniper Oak.</p><p>Juniper Oak est un exercice de guerre à balles réelles organisé conjointement par les forces de défense américaines et israéliennes en 2023, considéré comme un essai théorique d’attaque contre l’Iran. La guerre entre l’Iran et les États-Unis est un objectif recherché par les globalistes depuis longtemps, mais il me semble qu’ils sont particulièrement intéressés par le fait d’impliquer Trump dans ce programme. La déclaration suivante, tirée du rapport de The Atlantic Council, est très suspecte :</p><p>Parce que les complots d’assassinat contre des responsables américains actuels ou anciens constituent une menace directe pour la souveraineté des États-Unis, et afin de renforcer la dissuasion, les États-Unis doivent envisager une politique permanente de réponse militaire cinétique contre l’Iran en représailles à un complot réussi – ou même proche de l’être…</p><p>Il semble qu’il s’agisse d’une référence ou d’un message direct à Trump concernant les rumeurs selon lesquelles l’Iran aurait commandité sa mort. Étant donné qu’il y a eu au moins deux tentatives d’assassinat contre Trump jusqu’à présent, je ne serais pas surpris si, après qu’il ait remporté l’élection, de nouvelles informations sont soudainement publiées liant l’Iran à au moins une attaque. Je m’attends également à une attaque terroriste majeure aux États-Unis au cours de l’année prochaine (qu’elle soit réelle ou sous fausse bannière).</p><p>Cela ne veut pas dire que Trump veut la guerre ; je ne peux pas encore l’affirmer. À son crédit, il a été l’un des rares présidents à éviter l’expansion des conflits américains au cours de son premier mandat. Mais comme je l’ai signalé en 2016, il y avait BEAUCOUP de goules dans son cabinet qui lui murmuraient à l’oreille. Tenir The Atlantic Council (entre autres) à l’écart du bureau ovale et de Trump devrait être une priorité en 2025.</p><p>Le Conseil semble se préparer à une guerre sous l’une ou l’autre administration – une guerre avec la Russie sous Harris ou une guerre avec l’Iran sous Trump. Je ne suis pas un fan du fondamentalisme islamique, mais un conflit entre les États-Unis et l’Iran est exactement ce que veulent les globalistes, car il peut facilement se métastaser comme un cancer.</p><p>Le conseil note qu’il y a déjà 40 000 soldats américains répartis au Moyen-Orient, et que cette force pourrait être réorganisée en un contingent pour une réponse rapide à l’Iran, ainsi que de nouvelles troupes ajoutées au fil du temps. Bien entendu, ils reconnaissent que la situation de l’Iran a changé au fil des ans, avec des associations stratégiques beaucoup plus étroites avec la Chine et la Russie :</p><p>Il faut donc reconnaître que les relations de l’Iran avec la Russie et la Chine ont évolué d’une manière telle qu’il est difficile de convaincre l’un ou l’autre pays de soutenir de nouvelles restrictions économiques ou militaires à l’encontre de l’Iran…</p><p>En d’autres termes, le Conseil comprend qu’une guerre avec l’Iran pourrait dégénérer en un conflit plus large avec la Russie et peut-être la Chine.</p><p>La lutte entre Israël et plusieurs nations du Moyen-Orient ne me concerne pas. Je n’ai aucun intérêt dans le succès de l’une ou l’autre des parties. Je suis Américain et je me soucie de l’Amérique, mais il y a des gens puissants qui VEULENT que nous nous investissions dans des guerres étrangères. Ils veulent que nous choisissions un camp et que nous encouragions les troupes américaines à se battre et à mourir dans ces conflagrations étrangères.</p><p>La plus grande inquiétude est qu’un jour, ces guerres par procuration et ces guerres régionales explosent et débouchent sur quelque chose qui se produise à notre porte. Dans le passé, les Américains ont été attirés par l’apathie lorsqu’il s’agissait de conflits étrangers, parce qu’ils n’avaient jamais à y faire face dans leur vie quotidienne. Ils ont toujours été loin des yeux et de l’esprit. Lors de la prochaine guerre, nous n’aurons peut-être pas ce luxe.</p><p>Brandon Smith</p><p>Traduit par Hervé pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1265/le-general-de-gaulle-pour-laccueil-des-cendres-du-marechal-lyautey-aux-invalides</guid>
	<pubDate>Sun, 10 May 2026 11:13:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1265/le-general-de-gaulle-pour-laccueil-des-cendres-du-marechal-lyautey-aux-invalides</link>
	<title><![CDATA[Le Général DE GAULLE pour l&#039;accueil des cendres du Maréchal Lyautey aux Invalides :]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>10 mai 1961, superbe discours du Général de Gaulle à l'occasion de la cérémonie d'accueil des cendres du Maréchal Lyautey aux Invalides :</p>

<p>« C'est en terre française, à Paris, aux Invalides, que le Maréchal Lyautey va poursuivre son dernier sommeil. Pour lui, il paraît donc sembler que tout soit définitif. Il n'en est rien cependant. Si noble que puisse être le décor offert finalement à ses cendres, l'esprit et les actes de Lyautey ne sauraient être ensevelis. Dans un monde où tout change, la flamme qui l'animait est vivante, l'exemple qu'il donna reste bon, la leçon qu'il a léguée, demeure féconde. Vingt-sept années après sa mort, années qui virent se transformer de fond en comble les conditions de son époque, voici qu'il nous apparaît comme un homme d'à présent car ce que fit ce grand romantique de la pensée et de l'action, porte l'empreinte d'une œuvre classique, c'est-à-dire valable en tous cas et en tous temps parce que ce fut une œuvre immense.</p>

<p>Saint-cyrien, officier de troupe, officier d'état- major investi de missions militaires, administratives, politiques, dont l'importance allait en croissant, ministre de la guerre au pire moment d'une grande épreuve, mais aussi homme parmi les hommes, c'est avant tout de ses semblables qu'il était sans cesse occupé. Il l'était d'abord et de la manière la plus attrayante et la plus éclatante, dans son comportement personnel. Passionné d'idées, prodigue de sentiments, ayant eu le génie du contact, il excella à séduire les esprits, à s'attacher les cœurs et à susciter les efforts.</p>

<p>Mais s'il voulait conduire les autres — quel chef fut plus chef que lui — il brûlait de les servir. Tout ce qu'il fit, tout ce qu'il dit, témoigna de la passion qu'il avait d'élever ceux à qui il avait offert de mettre, suivant ses propres termes, une parcelle d'amour dans chacune des entreprises qu'il construisait avec eux.</p>

<p>Officier, c'est le rôle social offert à celui qui commande qu'il pratiquait et qu'il mettait en relief. Colonisateur, c'est, je le cite, l'action constructive et bienfaisante au profit et avec l'aide des populations intéressées, leur progrès social, moral, économique, le souci de les comprendre, le devoir de respecter leurs mœurs et leurs traditions, qui l'animaient et qu'il prescrivait.</p>

<p>Politique, ce n'est pas du tout à l'abaissement d'un empire et à la domination d'un pays qu'il tendit son action de résident général de France au Maroc, mais au contraire à la consolidation d'un Etat souverain, au développement d'une élite et d'un peuple pour les aider à devenir capables de porter un jour les responsabilités de l'indépendance et de la civilisation.</p>

<p>Voici en quels termes il exprimait cela dans un rapport au gouvernement : « Il faut regarder bien en face, écrivait-il, la situation du monde, notamment du monde musulman et ne pas se laisser devancer par les événements. Ce n'est pas en vain qu'ont été lancées à travers le monde les formules du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et les idées d'émancipation<br />et d'évolution dans le sens révolutionnaire. Il faut bien se garder de croire que les Marocains échappent ou échapperont longtemps à ce mouvement général. »</p>

<p>Qu'y eut-il de plus clairvoyant et de plus fort que ce que le maréchal écrivait sur l'ensemble de l'Afrique du Nord en 1920, c'est-à-dire au moment même où notre victoire dans la grande guerre plaçait au plus haut notre confiance en nous-mêmes et notre prestige dans<br />l'univers : « Il y a lieu de prévoir, disait-il, qu'en<br />un temps plus ou moins lointain, l'Afrique du Nord, évoluée, vivant de sa vie autonome~ se détachera de la métropole. Il faut qu'à ce moment-là, ajoutait-il, cette séparation se fasse sans douleur et que les Africains continuent toujours de se tourner vers la France. »</p>

<p>Parce que son œuvre était humaine elle fut essentiellement française. L'ascension et l'affranchissement des pays sous-développés, affranchissement et ascension réalisés par la France de ces pays sous-développés qu'elle avait pris sous son aile, bien loin qu'il y vit les effets de la faiblesse ou de l'abandon, étaient pour lui, bien au contraire, des objectifs dignes des desseins et de la puissance d'un grand peuple. Mais il était réaliste en même temps que généreux et ne confondait pas du tout le respect qu'on doit avoir des autres, avec la démagogie.</p>

<p>C'est ainsi que pour réaliser son grand but, la naissance du Maroc moderne, il appliqua à la fois la fermeté du gouvernement — rien en effet ne se crée que dans l'ordre — l'influence de la culture, car tout procède de l'esprit, le sort de l'économie dont il fit une sorte de miracle, car il savait bien qu'il n'y a pas d'avenir ailleurs que dans le développement, enfin et surtout la force et la gloire des armes, parce que jamais parmi des peuples immobiles ne fut frayée la route aux réformes et aux progrès sinon par l'effort, les peines et le sang des soldats. La marque que Lyautey mit à la réussite, c'était donc l'empreinte que la France en définitive et à travers toutes les secousses, met en tout temps et partout à ce qu'elle veut accomplir.</p>

<p>En vérité, le maréchal Lyautey n'a pas fini de servir la France. »</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1264/9-mai-%C2%AB-journee-de-leurope-%C2%BB-commemorant-la-%C2%AB-declaration-schuman-%C2%BB-oui-mais</guid>
	<pubDate>Sun, 10 May 2026 06:35:34 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1264/9-mai-%C2%AB-journee-de-leurope-%C2%BB-commemorant-la-%C2%AB-declaration-schuman-%C2%BB-oui-mais</link>
	<title><![CDATA[[9 mai : « journée de l&#039;Europe » commémorant la « déclaration Schuman ». Oui, mais...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[9 mai : « journée de l'Europe » commémorant la « déclaration Schuman » du 9 mai 1950 à l'origine de la création de la CEE, ancêtre de l’UE]</p>

<p>Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, publiait une déclaration co-écrite avec son principal conseiller Jean Monnet, dans laquelle il proposait de mettre en commun les productions française et allemande de charbon et d'acier.</p>

<p>Cette déclaration déboucha sur la création, en 1951, de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), puis sur celle, en 1957, de la Communauté économique européenne (CEE). Elle est donc considérée comme l’acte fondateur de la construction européenne.</p>

<p>En vérité, c’est indéniable aujourd’hui, cette « naissance de l’Europe » fut le début de la mort des Nations !</p>

<p>Et le parcours des hommes qui ont créé la CEE est édifiant !</p>

<p>Voyez plutôt…</p>

<p>Robert Schuman, né allemand puisque la Moselle était alors allemande, d’un père allemand et d’une mère luxembourgeoise, n’était devenu français qu’en 1919. Cette même année, il se fit élire député et le resta pendant 30 ans. Se sentant plus européen que français, il était naturellement européiste, convaincu que la paix ne pourrait s’installer en Europe qu’à la faveur de la construction d’un organisme fédéral au sein duquel les pays européens mutualiseraient leur politique économique (une économie libérale, évidemment…). En juin 1940, sous-secrétaire d'État aux Réfugiés dans le gouvernement Reynaud, il fut avec le maréchal Pétain un des principaux partisans de l'armistice. Le 10 juillet 1940, à Vichy, il fit partie des parlementaires qui lui accordèrent les pleins pouvoirs. À la Libération, en 1944, il fut déchu de ses droits civiques. Il écrivit au général de Gaulle pour le supplier de les lui rendre, ce que ce dernier fit grâce à l’intervention de quelques résistants gaullistes qui avaient connu Schuman avant-guerre. Il put ainsi continuer sa carrière politique comme député en 1945 puis président du Conseil et ministre des Affaires étrangères en 1947.</p>

<p>Jean Monnet, de son côté, était fils de commerçant et commerçant lui-même. Très tôt, il considéra lui aussi que le meilleur moyen d’installer la paix était de mondialiser les échanges commerciaux. Dès 1904, il partit vivre à Londres, où il devint négociateur en cognac. Pendant la Première Guerre mondiale et dans les années 1920, il vécut à New York et devint haut fonctionnaire à la Société des nations, puis banquier. Il passa ensuite l’entièreté de la Seconde Guerre mondiale à Washington comme collaborateur du président Roosevelt, dont il entretint la méfiance à l’égard du général de Gaulle, au point qu’en 1944, à la Libération, les Américains ont tenté - heureusement en vain - de faire de la France un territoire administré par leurs soins, à la manière du Japon ! Il était convaincu que les États-Unis étaient l’avenir de la planète et que les pays européens devaient se placer sous leur protection, pour ne pas dire sous leur autorité. En 1945, une fois la guerre finie, il revint vivre en France après plus de 40 ans à avoir vécu à Londres, New York et Washington et devint le plus proche collaborateur de Schuman.</p>

<p>Afin de bâtir cette Europe qu’ils appelaient de leurs vœux, ces deux hommes travaillèrent étroitement avec Walter Hallstein, un ancien soldat de la Wehrmacht parti après la guerre aux États-Unis, où il fut incorporé, comme beaucoup d’autres anciens nazis, à des groupes de travail américains lors desquels ils transmirent à l’administration américaine toutes les connaissances scientifiques et économiques qu’ils avaient accumulées en travaillant au sein du IIIe Reich.</p>

<p>Schuman, Monnet et Hallstein furent surnommés « les pères de l’Europe » et sont aujourd’hui encore vantés comme tels par l’UE et par tous les européistes… qui se gardent bien de rappeler leur passé, tout en ayant le toupet de clamer sur tous les toits que la création de la CEE est l’œuvre de résistants soucieux d’éviter le retour de l’extrême droite et de la guerre sur le continent européen !</p>

<p>Les décennies qui suivirent la création de la CECA de la CEE, journalistes et hommes politiques ont enjolivé tout cela et mis sous le tapis les éléments gênants, qui n’apparaissent pas davantage dans les manuels scolaires, où l’on décrit la construction européenne d’une manière très édulcorée.</p>

<p>Nos dirigeants font en sorte, via les programmes scolaires, de persuader chaque nouvelle génération que la raison pour laquelle la paix perdure en Europe depuis 1945, c’est la CEE puis l’UE. Cela pour nous faire avaler leur politique mondialiste, européiste, libérale, atlantiste et multiculturaliste !</p>

<p>Mais tout cela est faux.</p>

<p>Si nous sommes en paix aujourd’hui, c’est surtout parce que le chancelier allemand Konrad Adenauer, très proche du général de Gaulle, a eu l’intelligence politique de décider d’en finir avec les visées expansionnistes de l’Allemagne, qui duraient depuis un siècle et avaient donné lieu à trois guerres.</p>

<p>La raison pour laquelle nous vivons une paix durable aujourd’hui, c’est parce que l’Allemagne et l’Italie, après la guerre, sont enfin devenues de véritables démocraties et se sont réconciliées avec la France et l’Angleterre. L’amitié entre les peuples : voilà ce qui fait la paix. Et certainement pas la globalisation économique et le règne de l’argent-roi.</p>

<p>L’Union européenne est une énorme escroquerie. Comme disait De Gaulle, c’est un « machin » voulu par les États-Unis pour soumettre les nations européennes à leurs désirs.</p>

<p>Parler de souveraineté européenne est un parfait oxymore. Il ne peut pas y avoir de souveraineté européenne, car il n’y a pas de peuple européen. L’Europe est un continent, rien de plus. En démocratie, la souveraineté appartient au peuple, et ce qui définit un peuple, c’est l’appartenance à un pays, à une Nation. Non, il n’y a pas (et il n’y aura jamais) de peuple européen, pas plus qu’il n’y a de peuple américain, asiatique, africain ou océanien ! C’est d’ailleurs pourquoi, si l’expression « souveraineté européenne » est un oxymore, l’expression « souveraineté nationale » est quant à elle un pléonasme. La souveraineté est forcément nationale, puisque la souveraineté, C’EST la Nation ! La démocratie, c’est le peuple souverain. C’est au peuple, par l’intermédiaire de ceux qu’il élit, de décider du sort du pays, et à personne d’autre. Et certainement pas à une instance supranationale imposée aux peuples par les élites !</p>

<p>La CEE n’a été créée, comme son nom l’indique, que pour des raisons économiques, et a toujours été soumise aux États-Unis, notamment via l’OTAN. C’est ce que De Gaulle a toujours dénoncé et c’est pourquoi il avait retiré la France de l’OTAN en 1966 et entretenait ostensiblement des relations avec l’URSS et la Chine sans se préoccuper de ce qu’en pensaient les Américains. Hélas, après son départ, ses successeurs ont fait le choix de retourner dans le giron américain et, depuis, la France s’est complètement fondue dans l’idéologie mondialiste, européiste, libérale, atlantiste et multiculturaliste. Elle a même réintégré l’OTAN (sur décision de Sarkozy) !</p>

<p>Mais déjà, dès après la Première Guerre mondiale, sous l’influence de Jean Monnet (déjà lui !), les dirigeants français successifs avaient abandonné les idéaux républicains et cédé à la globalisation et au libéralisme que les Américains appelaient de leurs vœux, imposant au peuple français une politique dont il ne voulait majoritairement pas.</p>

<p>Comme on peut le voir, le passage du général de Gaulle à la tête de l’État (mai 1958-avril 1969) n’a donc finalement été qu’une parenthèse républicaine dans le régime libéral, technocratique et mondialiste dans lequel nous sommes englués depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Et, la parenthèse De Gaulle exceptée, il n’y a plus vraiment de République en tant que telle en France depuis Clemenceau, soit depuis plus d’un siècle, car il n’y a pas de véritable République sans souveraineté du peuple, or, le peuple est continuellement bafoué et son opinion ignorée depuis des décennies maintenant…</p>

<p>L’amitié entre les peuples, oui ! La coopération entre pays européens, oui ! La confiscation des souverainetés nationales par une poignée de technocrates non-élus plaçant l’économie (libérale, de surcroît) avant la politique et expliquant, via des directives, aux dirigeants comment ils doivent gouverner leur pays, non !</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>