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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Culture]]></title>
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	<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 20:48:38 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1198/plus-le-langage-est-pauvre-moins-la-pensee-existe</link>
	<title><![CDATA[Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.</p>

<p>La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression. </p>

<p>Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.</p>

<p>Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.</p>

<p>Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.</p>

<p>Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. </p>

<p>Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.</p>

<p>L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.</p>

<p>Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.</p>

<p>Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ?</p>

<p>Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? </p>

<p>Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu?</p>

<p>Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.</p>

<p>Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.</p>

<p>Christophe Clavé.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 19:30:51 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/file/view/1184/belattar-macron</link>
	<title><![CDATA[Belattar Macron]]></title>
	<description><![CDATA[]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 19:09:40 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Pendant 2 ans, cet employé de l’Élysée et un gardien du Louvre ont volé la porcelaine de la présidence sans être inquiétés]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Pendant de longs mois, des pi&egrave;ces pr&eacute;cieuses ont disparu de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e sans alerter imm&eacute;diatement les services comp&eacute;tents. En effet, des objets utilis&eacute;s lors des d&icirc;ners officiels les plus prestigieux se sont volatilis&eacute;s. Comment un tel syst&egrave;me a-t-il pu fonctionner aussi longtemps sans &ecirc;tre d&eacute;tect&eacute; ?</p><p>Car ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s de nombreux &eacute;carts constat&eacute;s que l&rsquo;alerte a finalement &eacute;t&eacute; donn&eacute;e. Selon <a href="https://www.lindependant.fr/2025/12/19/tasses-soucoupes-assiettes-largentier-de-lelysee-volait-des-pieces-de-porcelaine-a-la-presidence-en-complicite-avec-son-compagnon-et-un-gardien-du-13119775.php" rel="nofollow noopener" target="_blank">L&rsquo;Ind&eacute;pendant</a>, cette affaire de porcelaine vol&eacute;e se termine d&eacute;sormais devant la justice.</p><p>Un employ&eacute; de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e au centre d&rsquo;un vaste vol de porcelaine</p><p>Le principal mis en cause est un quadrag&eacute;naire occupant un poste cl&eacute; &agrave; l&#39;&Eacute;lys&eacute;e. Ma&icirc;tre d&rsquo;h&ocirc;tel et argentier &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, il &eacute;tait charg&eacute; de g&eacute;rer les <a href="https://www.mariefrance.fr/actualite/societe/arts-de-la-table-made-in-france-ou-pouvez-vous-trouver-des-pepites-1027751.html" rel="noopener" target="_blank">arts de la table</a> lors des grandes r&eacute;ceptions officielles. Selon les &eacute;l&eacute;ments r&eacute;v&eacute;l&eacute;s, il est soup&ccedil;onn&eacute; d&rsquo;avoir d&eacute;rob&eacute; plus d&rsquo;une centaine de pi&egrave;ces de porcelaine. Notamment des tasses, des soucoupes et des assiettes utilis&eacute;es lors des d&icirc;ners d&rsquo;&Eacute;tat.</p><p>Jeudi 18 d&eacute;cembre, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris. &Agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s se trouvaient deux autres pr&eacute;venus. Il s&rsquo;agit de son compagnon, antiquaire, et une connaissance qui r&eacute;side &agrave; Versailles. Ces deux derniers sont poursuivis pour recel de vol. D&rsquo;apr&egrave;s Le Parisien, qui a r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;affaire, les faits se seraient &eacute;tal&eacute;s sur pr&egrave;s de deux ans. Deux ann&eacute;es sans que le syst&egrave;me soit imm&eacute;diatement d&eacute;tect&eacute; par les services de s&eacute;curit&eacute; de la pr&eacute;sidence.</p><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-1105963">Les voleurs ont d&eacute;rob&eacute; la porcelaine de l&#39;&Eacute;lys&eacute;e pendant deux ans.</p><p>Un r&eacute;seau discret et des &eacute;changes suspects autour de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e</p><p>L&rsquo;enqu&ecirc;te d&eacute;bute apr&egrave;s un signalement interne <a href="https://www.mariefrance.fr/news-people/brigitte-macron-reagit-histoire-amour-fille-tiphaine-auziere-cyril-hanouna-stupefaction-1142242.html" rel="noopener" target="_blank">&agrave; l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e</a>, &eacute;voquant un possible vol d&rsquo;objets class&eacute;s au patrimoine. Alert&eacute;s, les gendarmes de la section de recherche de Paris orientent rapidement leurs investigations vers l&rsquo;argentier en chef. En examinant ses &eacute;changes, ils d&eacute;couvrent des conversations jug&eacute;es suspectes avec un collectionneur de porcelaine install&eacute; &agrave; Versailles.</p><p>Ce collectionneur, Ghislain M., &acirc;g&eacute; de 30 ans, est d&eacute;crit comme &eacute;tant &laquo; f&eacute;ru de porcelaine &raquo;. Selon les enqu&ecirc;teurs, il aurait pris contact avec Thomas M. via les r&eacute;seaux sociaux au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 2024. C&rsquo;est &agrave; partir de cette relation que le m&eacute;canisme se serait mis en place. Le journal pr&eacute;cise que &laquo; le tout &raquo; se serait d&eacute;roul&eacute; &laquo; avec la complicit&eacute; du compagnon de Thomas M. &raquo; Ce qui implique directement le cercle proche de l&rsquo;employ&eacute; de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e.</p><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-1103131">Les pi&egrave;ces vol&eacute;es &agrave; l&#39;&Eacute;lys&eacute;e sont class&eacute;es au patrimoine national.</p><p>Deux ans de vols au sein de l&rsquo;Elys&eacute;e sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;s</p><p>Pendant presque deux ans, le stratag&egrave;me fonctionne. L&rsquo;employ&eacute; de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e aurait discr&egrave;tement sorti les objets de leur lieu de stockage pour les ramener au domicile du collectionneur. Selon les informations r&eacute;v&eacute;l&eacute;es, il aurait m&ecirc;me falsifi&eacute; les inventaires afin de masquer les disparitions r&eacute;p&eacute;t&eacute;es. Un proc&eacute;d&eacute; audacieux, qui a permis aux vols de se poursuivre sans &eacute;veiller imm&eacute;diatement les soup&ccedil;ons. Ce sont finalement les &eacute;carts trop importants constat&eacute;s dans les registres qui ont alert&eacute; les services de s&eacute;curit&eacute;. L&rsquo;accumulation d&rsquo;anomalies a fini par d&eacute;clencher une enqu&ecirc;te approfondie. Interpell&eacute;s mardi 16 d&eacute;cembre, les trois hommes ont reconnu les faits lors de leur garde &agrave; vue. Plac&eacute;s sous contr&ocirc;le judiciaire, ils se sont engag&eacute;s &agrave; restituer l&rsquo;ensemble des pi&egrave;ces encore en leur possession.</p><p>La perquisition men&eacute;e au domicile de Ghislain M. a permis de retrouver une grande partie de la porcelaine d&eacute;rob&eacute;e. Ce dernier travaillait comme gardien de salle au <a href="https://www.mariefrance.fr/news-people/bijoux-accuse-avoir-vole-louvre-samuel-etienne-devoile-alibi-image-commence-circuler-1213812.html" rel="noopener" target="_blank">mus&eacute;e du Louvre</a>. Aujourd&rsquo;hui, il lui est interdit de poursuivre son activit&eacute; au sein du mus&eacute;e. L&rsquo;argentier de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e, quant &agrave; lui, aurait pr&eacute;sent&eacute; sa d&eacute;mission &agrave; la fin du mois de novembre. Toutefois, le dossier n&rsquo;est pas encore clos. L&rsquo;affaire a &eacute;t&eacute; renvoy&eacute;e au mois de f&eacute;vrier 2026, le temps que l&rsquo;ensemble des &eacute;l&eacute;ments soit vers&eacute; au dossier. En attendant, cette histoire rocambolesque rappelle que m&ecirc;me au c&oelig;ur des institutions les plus surveill&eacute;es, des failles peuvent exister.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 19:03:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1182/l%E2%80%99elysee-territoire-perdu-de-la-nation</link>
	<title><![CDATA[L’Elysée territoire perdu de la Nation.]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a class="embed-insert" href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1184/belattar-macron"><img alt="Belattar Macron" class="elgg-photo" height="100%" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1184/medium"></a></p><p>L&rsquo;Elys&eacute;e territoire perdu de la Nation.</p><p>De Sa Majest&eacute; des Mouches &agrave; Sa Majest&eacute; des Moukhabarates ! Un pr&eacute;sident de porcelaine !</p><p>&Eacute;lys&eacute;e, municipalit&eacute;s, territoires perdus de la Nation aux mains de baltaguias et de moukhabarates !</p><p>Apr&egrave;s l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e, territoire perdu de la Nation, il y a eu Bobigny, autre lieu qui voyait l&rsquo;alliance des politiques locaux et des racailles.<br />
Cela allant des indig&eacute;nistes locaux &agrave; des membres du gang des barbares ayant particip&eacute; au rapt d&rsquo;Ilian Halimi.</p><p>D&rsquo;abord, revenons sur l&rsquo;affaire Benalla arr&ecirc;t&eacute; en pleine ascension et qui &eacute;tait devenu tout puissant aupr&egrave;s du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et qui &eacute;tait charg&eacute; de restructurer la protection de ce dernier. Ce qui a conduit &agrave; des tensions entre l&rsquo;&eacute;quipe actuelle charg&eacute;e de prot&eacute;ger le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et le tout puissant Benalla qui faisait trembler pr&eacute;fets et hauts fonctionnaires au plus haut sommet de l&rsquo;&Eacute;tat.</p><p>Benalla, ne doutant de rien, avait r&eacute;ussi le tour de force d&rsquo;embaucher Makao, un colosse proche de Jawad Bendaoud, le fameux logeur de Daesh fier d&rsquo;avoir &laquo; niqu&eacute; la justice &raquo;!</p><p>Macron avait aussi nomm&eacute; le &laquo; comique &raquo; Bellatar, au Conseil Pr&eacute;sidentiel des villes. Celui-ci est coutumier des insultes racistes et des menaces de mort, comme ce fut le cas &agrave; l&rsquo;intention d&rsquo;&Eacute;ric Zemmour, Jean Messiha, Bruno Gaccio et Alexandre Devecchio.</p><p>Une enqu&ecirc;te sous la forme d&rsquo;un livre est sortie il y a quelques ann&eacute;es sous le nom &laquo; Le maire et les barbares &raquo; r&eacute;v&egrave;le les accords pass&eacute;s entre Jean Christophe Lagarde et des nervis de l&rsquo;indig&eacute;nisme, mais aussi des membres du gang des barbares afin de r&eacute;genter la ville.</p><p>L&rsquo;alliance des ca&iuml;ds et des &eacute;lus pour administrer des villes sous haute tension communautaire et gangren&eacute;s par l&rsquo;islamisme et l&rsquo;indig&eacute;nisme, semble &ecirc;tre une &eacute;quation qui a tent&eacute; le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</p><p>On pourrait aussi &eacute;voquer Saint Denis et l&rsquo;embarrassant d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;galit&eacute;, Majid Messaoudene, activiste de la mouvance d&eacute;coloniale, qui invitait &agrave; pleurer le deuil de la famille Merah plut&ocirc;t que de rendre hommage aux victimes du meurtrier.</p><p>Combien d&rsquo;&eacute;lus, pour calmer les &laquo; jeunes sensibles &raquo; des quartiers populaires ont int&eacute;gr&eacute; des activistes proches de la mouvance d&eacute;coloniale, des Fr&egrave;res Musulmans?<br />
Combien sont celles qui ont pay&eacute; des voyous sous l&rsquo;appellation &laquo; grands fr&egrave;res &raquo; esp&eacute;rant ainsi acheter la paix sociale?<br />
Combien de grands fr&egrave;res ont &eacute;volu&eacute; dans les administrations municipales et ont r&eacute;ussi &agrave; dominer les &eacute;lus et &agrave; avoir carte blanche?</p><p>Les &eacute;lus, sensibles &agrave; la force autoritaire de ces jeunes hommes et ayant peur d&rsquo;un embrasement de leurs quartiers, semblent s&rsquo;&ecirc;tre soumis &agrave; ces autorit&eacute;s qu&rsquo;elles estiment l&eacute;gitimes, et leurs laissent carte blanche pour agir comme bon leur semble.<br />
La puissance n&rsquo;est pas du c&ocirc;t&eacute; des &eacute;lus mais du c&ocirc;t&eacute; des activistes, ca&iuml;ds et autres grands fr&egrave;res.</p><p>M&ecirc;me Belattar a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; d&eacute;missionner de son poste de conseiller pr&eacute;sidentiel aux villes, il a en fait cong&eacute;di&eacute; Macron car il estime que la mue communautaire que la France va conna&icirc;tre n&rsquo;est pas prise en compte par l&rsquo;ensemble des ministres.<br />
Plus tard il affirmera que l&rsquo;assimilation n&rsquo;est pas pour les musulmans et &laquo; nous avons pr&eacute;par&eacute; nos enfants &raquo;.&nbsp;</p><p>Ces diff&eacute;rents proches et ex proches du pouvoir &eacute;lys&eacute;en ou municipal, ne fonctionnent que par le rapport de force et l&rsquo;intimidation.<br />
Parfois, sans &ecirc;tre dans une &eacute;quipe municipale, ils peuvent y intervenir comme Youcef Brakni &agrave; Bagnolet et agonir d&rsquo;insultes Marie Laure Brossier, &eacute;lue de cette ville, sans qu&rsquo;aucun membre de l&rsquo;&eacute;quipe municipale n&rsquo;intervienne pour la d&eacute;fendre et sortir l&rsquo;&eacute;nergum&egrave;ne en mode ca&iuml;d.</p><p>Ces affaires sont les marqueurs d&rsquo;une d&eacute;rive de nos politiques qui bradent la R&eacute;publique avec des individus violents et dangereux id&eacute;ologiquement.</p><p>Ces proc&eacute;d&eacute;s me rappellent les fonctionnements des pays arabes o&ugrave; les dictateurs disposent d&rsquo;hommes de main qui font trembler les ministres, et hauts fonctionnaires, il s&rsquo;agit des baltaguias.</p><p>Dans le monde arabe, un baltaguia est un homme de main, pay&eacute; par le pouvoir en place pour lutter contre l&rsquo;opposition politique de toutes les mani&egrave;res. Ce terme peut &ecirc;tre transcrit par baltajiyya comme en Alg&eacute;rie ou avec une syllabe plus dure, baltaguiya, baltagueya&nbsp; comme en &Eacute;gypte.<br />
Au Maroc on les nomment moukhabarates.</p><p>Yacine Belattar est revenu en gr&acirc;ce car gagnant en puissance ca&iuml;dale !<br />
En effet, condamn&eacute; pour menaces de mort, et proche du CCIF, il aurait conseill&eacute; Macron afin qu&rsquo;il ne &laquo; marche pas &raquo; contre l&rsquo;antis&eacute;mitisme, &eacute;tait donc du dernier grand voyage diplomatique au Maroc !</p><p>Sauf que l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e avait omis de signaler sa pr&eacute;sence dans la liste des parasites qui accompagnent Sa Majest&eacute; des Mouches !</p><p>Panique chez le Makrout qui a communiqu&eacute; une nouvelle liste int&eacute;grant le loukoum de l&rsquo;islamisme ricanant.<br />
Et de d&eacute;couvrir &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des images du gros gras barbant en baskets survet donnant ses directives &agrave; un S&eacute;bastien Lecornu, ministre des arm&eacute;es de cette p&eacute;riode, jouant ainsi les chefs de chantier d&rsquo;une R&eacute;publique en ruine.</p><p>Le profil inqui&eacute;tant du clown sinistre a tout pour plaire au Pr&eacute;sident adolescent qui s&rsquo;offrait ainsi son moukhabarate local, pouvant ainsi se comparer aux dictateurs du monde arabe.</p><p>Et comme si cette d&eacute;rive n&rsquo;&eacute;tait pas d&eacute;j&agrave; suffisamment grotesque et inqui&eacute;tante, les r&eacute;v&eacute;lations r&eacute;centes venues de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e ach&egrave;vent de donner raison &agrave; cette intuition premi&egrave;re : le pouvoir n&rsquo;est plus tenu, il est p&eacute;n&eacute;tr&eacute;.</p><p>On apprend en effet que l<a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1183/pendant-2-ans-cet-employe-de-l%E2%80%99elysee-et-un-gardien-du-louvre-ont-vole-la-porcelaine-de-la-presidence-sans-etre-inquietes">e grand argentier de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e, cens&eacute; &ecirc;tre l&rsquo;un des gardiens les plus fiables du c&oelig;ur mat&eacute;riel et symbolique de l&rsquo;&Eacute;tat, vendait depuis plusieurs ann&eacute;es la vaisselle nationale &agrave; un voyou, dans un syst&egrave;me organis&eacute;, durable, discret, presque bana</a>l. De la porcelaine de la R&eacute;publique &eacute;coul&eacute;e comme de la marchandise de recel, sans que cela n&rsquo;&eacute;meuve, n&rsquo;alerte ou ne mobilise l&rsquo;ensemble de la haute fonction publique pr&eacute;sente &agrave; l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e.</p><p>Ce qui sid&egrave;re n&rsquo;est pas seulement le vol.<br />
Ce n&rsquo;est m&ecirc;me pas la dur&eacute;e.<br />
C&rsquo;est le silence, l&rsquo;aveuglement ou la complaisance d&rsquo;un appareil d&rsquo;&Eacute;tat entier, pourtant satur&eacute; de contr&ocirc;les, de proc&eacute;dures, de hi&eacute;rarchies, de dipl&ocirc;mes, de grands mots sur l&rsquo;&eacute;thique et la morale r&eacute;publicaine.</p><p>Tout cela s&rsquo;est produit sous le nez d&rsquo;Emmanuel Macron, dans ce palais qu&rsquo;il habite et gouverne, et dont on nous explique pourtant qu&rsquo;il serait le centre nerveux d&rsquo;un &Eacute;tat strat&egrave;ge, rationnel, moderne, manag&eacute;rial. En r&eacute;alit&eacute;, on y retrouve les m&ecirc;mes m&eacute;canismes que ceux d&eacute;crits plus haut : zones grises, hommes-liges, circuits parall&egrave;les, loyaut&eacute;s personnelles, intimidation diffuse et sentiment d&rsquo;impunit&eacute;.</p><p>Quand la vaisselle de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e devient un butin, quand les ca&iuml;ds gravitent jusque dans les antichambres du pouvoir, quand des figures violentes ou id&eacute;ologiquement radicalis&eacute;es sont tol&eacute;r&eacute;es, int&eacute;gr&eacute;es, promues ou prot&eacute;g&eacute;es, ce n&rsquo;est plus une simple d&eacute;rive morale.<br />
C&rsquo;est un mode de gouvernement.</p><p>La R&eacute;publique n&rsquo;est pas seulement brad&eacute;e dans les quartiers ou les municipalit&eacute;s sous tension communautaire.<br />
Elle est d&eacute;pec&eacute;e de l&rsquo;int&eacute;rieur, morceau par morceau, par ceux-l&agrave; m&ecirc;mes qui pr&eacute;tendent l&rsquo;incarner.</p><p>De Sa Majest&eacute; des Mouches &agrave; Sa Majest&eacute; des Moukhabarates, il n&rsquo;y avait finalement qu&rsquo;un pas.<br />
Il est d&eacute;sormais franchi &mdash; porcelaine comprise.</p><p>&nbsp;</p><p><a href="https://www.causeur.fr/author/davidduquesne">David DUQUESNE</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1148/comment-sadresser-a-une-future-retraitee-qui-ne-fait-pas-son-age</guid>
	<pubDate>Sat, 09 Aug 2025 17:57:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1148/comment-sadresser-a-une-future-retraitee-qui-ne-fait-pas-son-age</link>
	<title><![CDATA[Comment s&#039;adresser à... une future retraitée qui ne fait pas son âge]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Elle s’appelle Mylène, Nathalie ou Isabelle. Et non pas Mégane, Héloïse ou Talia. Elle porte encore beau, mais allez-y piano : tout lui est douleur.</p>

<p>Évitez les questions qui fâchent. « Il te reste combien de trimestres ? », « Tu dois travailler jusqu’à quand avant le taux plein ? ». Évacuez tout ce qui a trait à des décisions immobilières horribles (« Tu crois que tu pourras rester rue des Platanes ? »). Ce n’est pas seulement l’effondrement économique qui menace, mais le ralentissement de sa vie sociale. Le toboggan vers l’Ehpad (espérance de vie moyenne : trois ans et quatre mois).</p>

<p>Quant au physique, de grâce, même si bien servie (mince avec chevelure opulente), abstenez-vous de tout commentaire : « Il t’a bien réussi la couleur, cette fois », « La couperose ? La dermato t’enlève ça d’un coup de laser », etc. Si vous avez moins de 35 ans, épargnez-lui les références high-tech déstabilisantes (7G, Bluetooth, Starlink). Ne lui parlez pas de votre mère (« Tu l’adorerais », « Elle aussi kiffe Élisabeth Quin »). N’utilisez pas de vocabulaire moderniste obscur (gaslighting, call out, bails, « je m’en balec », « elle m’a tunnellisé »). N’évoquez aucun chanteur/acteur/milliardaire/influenceur né après 2000 (ne sait pas qui c’est). Parlez moins vite. Plus fort.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Écartez les contrefaçons, anticipez les déceptions : mode d'emploi pour approcher une chaudasse </p>

<p>Ne commentez ni n’observez grossièrement l’écran de son iPhone quand elle l’éclaire (lettres énormes, notifications humiliantes : « Catherine, préparer sa retraite est essentiel » et pubs odieuses : devis monte-escalier, convention obsèques…). Ne gloussez pas si par mégarde vous tombez sur son passeport (on dirait sa fille ou une photo filtrée), sa carte Vitale, son billet de TGV ou sa fiche de paie (date de naissance : la gaffe !).</p>

<p>Tenez-lui la porte, aidez-la à enfiler son manteau vintage Alaïa ou son peignoir de ville Mugler (gestes mal coordonnés, dos raide). Mais ne vous précipitez pas pour lui céder la place dans le bus, surtout s’il y a une ancêtre plus légitime dans les parages.</p>

<p>Un peu de discrétion si, par inadvertance, vous tombez sur son sac ouvert, véritable pharmacie de vieille Sioux : Jouvence de l’Abbé Soury (circulation sanguine), crème anticerne (initialement prévue pour réduire les hémorroïdes), cachets multivitaminés (B12, E, A, D… de quoi réveiller les hormones d’une momie), lunettes correction loupe avec chaînette pour ne pas les perdre, prospectus pour cliniques esthétiques en Grèce orné de sirènes nues, voire lubrifi ant intime (chez les aventurières ou utopistes).</p>

<p>À LIRE AUSSI : Le flatter pour le mener à la faute, monter les autres contre lui... Comment gérer un con ?</p>

<p>Maniez le compliment avec une infinie précaution. Quand on a connu les hommages les plus enflammés (« Vous êtes mon idéal féminin »), la litote (« Encore très bien », « Gracieuse », « D’une élégance rare ») vous crucifie. Ne dites rien. Néanmoins, si vous appartenez à une catégorie sociale interlope (dragueur de rue, jeune à cagoule, chauffeur de taxi en goguette, BCBG ivre), peu soupçonnable de tartufferie mondaine, vous pouvez oser un clin d’œil égrillard. Il sera accueilli très favorablement en son for intérieur.</p>

<p>Attention aux références cinéphiliques. Modérez votre vénération pour les actrices antédiluviennes ou trépassées (Charlotte Rampling, Dominique Sanda, Virna Lisi, Delphine Seyrig). Elle pourrait y percevoir une perfidie caramélisée. Tapez dans la « sexa sexy » : vous trouvez Juliette Binoche « super excitante », Monica Bellucci « incroyable », Michelle Pfeiffer « carrément sublime ». À manier avec précaution : Isabelle Huppert (teigne de 1,12 m), Emmanuelle Béart (trop refaite), Tilda Swinton (trop strange).</p>

<p>Ne demandez jamais « C’était quelle année ? » (qu’elle a passé le bac, acheté son appart, s’est cassé les deux pieds à Biarritz). Déni total sur le temporel (amnésie chic). Sujet épineux : la famille. Si elle vous apprend que son petit frère a eu un AVC, n’investiguez pas : « Mais il a quel âge ? » (52 ans). Si vous êtes épris, ne faites pas le fier, ne vous rajeunissez pas. Au contraire, détaillez sans chichi vos bobos (prostate, cataracte, arthrose du genou, diabète type 2). Minaudez : « Mais vous, vous êtes toute jeune, vous n’avez pas encore ces problèmes. »</p>

<p>À LIRE AUSSI : Pas de familiarité, ni de paparazzade en douce : mode d'emploi pour approcher "un people"</p>

<p>N’imaginez pas qu’elle se brade ou qu’elle soit devenue plus indulgente avec les années. Sa méfi ance est intense, ses regrets sont éternels et sa rancune (contre son ex, l’âge, sa future pension riquiqui) est tenace. Bref, c’est une peau de vache. Elle ne laisse rien passer. Quand on lui fait des mamours, elle pense qu’on veut lui emprunter de l’argent. Sentimentalement, c’est Alcatraz. Sexuellement, la banquise : les vieux la dégoûtent (poils dans le nez, oreilles qui poussent…), les jeunes lui font horreur (tabou de l’inceste).</p>

<p>N’appuyez pas sur ses lacunes. Elle souffre en montant l’escalier, a des bouffées de chaleur, des trous de mémoire, mal à la hanche, ne retrouve pas les noms propres et s’agace de les avoir « sur le bout de la langue ». Enchaînez avec une cordiale solidarité : « Ça m’arrive tout le temps aussi. »</p>

<p>Épousez ses centres d’intérêt. Elle a moins de curiosité pour la politique, la mode, les magazines féminins (sauf pages santé, yoga et cuisine), l’érotisme, les sorties en boîte, les guéguerres entre collègues… Tout cela l’ennuie. En revanche, elle se passionne pour la métaphysique, le bouddhisme et les ouvrages tournés vers l’avenir (« Dieu existe », « Les mystères de l’Univers », « L’au-delà pour les nuls »)</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 22:04:47 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[production-de-vin.webp]]></title>
	<description><![CDATA[]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 22:02:40 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La filière viticole française présente les grandes lignes de son plan de relance]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les organisations professionnelles ont commencé il y a 18 mois par établir un diagnostic du secteur, confronté à une chute de la consommation de vin en France (-70% depuis les années 1960), à un essoufflement des exportations et aux aléas climatiques.</p>
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1049/production-de-vinwebp" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="production-de-vin.webp" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1049/medium"></a></p>
<p>"De gros nuages s'amoncellent sur l'ensemble de la filière", résume Bernard Farges, président du Comité national des interprofessions des vins (CNIV). Face à ce constat, partagé par les différents acteurs malgré la diversité des situations le vin rouge est par exemple plus affecté que le champagne, une feuille de route collective a été tracée.</p>
<p>Valoriser et moderniser l'image du vin</p>
<p>Elle a notamment pour ambition de "valoriser et moderniser l'image du vin", afin d'attirer les nouvelles générations, qui s'en sont progressivement éloignées. "L'objectif (...) est de rapprocher les jeunes des vins en désacralisant le produit et en favorisant sa consommation dans les moments de convivialité et de plaisir", détaille le plan de relance, intitulé "Cap Vins".</p><p>Parmi les autres axes identifiés figurent l'innovation (packaging, vins sans alcool...), la mise en avant des efforts environnementaux des viticulteurs, des stratégies plus ambitieuses à l'exportation ou une adaptation de l'offre à la demande. Face à la crise, un dispositif d'aide à l'arrachage a été mis en place mi-octobre par le ministère de l'Agriculture pour résorber la surproduction. Malgré l'urgence apparente, la filière ne s'est pas fixé de calendrier précis.</p><p>En ce moment :</p><p>"Notre mission, c'est de tracer un cap", explique Bernard Farges, du CNIV. "Il y a 18 mois, nous aurions été incapables de venir devant vous (les médias) pour dire que la filière viticole devait réduire la voilure, qu'elle devait innover... Le mot de relance n'était pas encore dans notre vocabulaire."</p><p>"On a dû partager une vision, ce qui n'était pas forcément simple. Cela a nécessité beaucoup de discussions, de consensus", affirme Jérôme Bauer, président de la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlées (CNAOC).</p><p>"On est arrivés à un point de maturité où on est tous alignés", souligne-t-il, défendant le plan présenté malgré le manque de mesures concrètes pour le moment. "Ce n'est pas un document creux. C'est une ambition affichée et partagée."</p><p> (Avec AFP)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 21 Dec 2024 05:56:28 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le wokisme n’est pas une lutte contre les discrimations, c&#039;est une régression intellectuelle.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le wokisme n’est pas la lutte contre les discrimations comme propagé  hier sur France Info, radio de Service public qui affiche la volonté de lutter contre les fake news. C’en est une.<br />Si le wokisme était la lutte contre les discriminations; nous serions une majorité à l’être et  les wokistes en France ne nieraient pas son existence.<br />Le wokisme est une idéologie anglo-saxonne qui, au nom de la lutte contre les discriminations, a comme singularité d’ enfermer  les individus dans des minorités, supposées être « dominantes »  ou « dominées ».<br />L’individu n’est plus jugé selon ce qu’il dit, ou fait, mais selon sa « race », couleur de peau, religion, genre  et pratique sexuelle.<br />Les minorités devraient être jugées  selon leurs degrés de discriminations. Elle tiennent ensemble par « l’intersectionnalité » , leur fédération contre un ennemi commun : l’homme blanc, hétérosexuel et néo-colonial.<br />Le wokisme est un identitarisme,  un racisme qui justifie et permet l’antisémitisme au nom de la lutte des « racisés » et antisionistes.<br />Le wokisme pourfend à la fois l’universalisme présenté comme un outil de domination de l’ « homme blanc » et le débat contradictoire au nom de la « cancel culture ». </p>

<p>Le wokisme représente une régression intellectuelle et un danger pour la liberté d’expression, de création, d’interprétation et les échanges interculturels au nom de du refus de ce qu’ils appellent « l’appropriation culturelle ». </p>

<p>On assiste aux Etats-Unis et au Canada à une terrible régression  dans les universités et médias. </p>

<p>Cela a commencé en France mais reste limité à la petite bourgeoisie intellectuelle déclassée par le néolibéralisme.</p>

<p>Ce dernier ramenant les Sociétés à des parts de marchés d’individus atomisés  devant sans cesse s’adapter au présent a fait du wokisme son abri, sa voiture balai idéologique.</p>

<p>C’est pourquoi néolibéralisme et wokisme prospèrent aux mêmes endroits comme à Sciences-po Paris.</p>

<p>Le wokisme est un poison lent contre la République qui ne reconnaît que des individus libres et égaux en droits, des citoyens, la démocratie et les libertés publiques.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Sun, 20 Aug 2023 20:20:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/922/la-disparition-de-la-gauche-laisse-place-a-des-humeurs-tristes</link>
	<title><![CDATA[La disparition de la gauche laisse place à des humeurs tristes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'écrivain Nicolas Mathieu prétend que le monde le passionne trop pour qu'il puisse imaginer le transformer. Mais son regard aide à saisir les humeurs qui traversent la société française. Interview.</p><p>Nicolas Mathieu a reçu le prix Goncourt 2018 pour Leurs enfants après eux, qui explorait la vie d’adolescents dans l’est de la France des années 1990. La force de ses romans chorals naît de sa capacité à croquer des strates très différentes de la société française, aux regards, aux aspirations et aux intérêts divergents, illustrant le principe énoncé par Jean Renoir : « Le problème, dans la vie, c’est que chacun a ses raisons. » Il avait publié en 2014 Aux animaux la guerre, un polar (adapté en série télé avec Olivia Bonamy et Roschdy Zem) dans lequel une inspectrice du travail faisait office de détective privée dessalée à l’américaine, et un délégué du personnel, de bad boy.</p><p>Son troisième roman, Connemara, caracole en tête des ventes. Une histoire d’amour, toujours dans l’est de la France… Entre une consultante, qui est partie faire une école de commerce, a vécu à Paris, avant de revenir s’établir à Nancy, et son béguin de jeunesse, star de l’équipe de hockey sur glace d’Épinal, qui lui, est resté – tous deux subissant le déclassement d’une région en crise. Le titre du roman évoque « Les Lacs du Connemara » de Michel Sardou, cette rengaine que « tout le monde connaît mais qui ne dit pas la même chose quand elle est diffusée dans un bal populaire que quand on la passe dans une soirée HEC ».</p>
<p>Le personnage féminin de Connemara, Hélène, est ce qu’on appelle un transfuge de classe. Et on a aujourd’hui l’impression que moins il y a de transfuges de classe dans cette société… </p>
<p>Nicolas Mathieu :... Plus on en parle… Je m’interroge également là-dessus, c’est assez mystérieux. Autrefois, un transfuge de classe, c’était quelqu’un qui, grâce à l’école républicaine, changeait de milieu. Aristide Briand, fils de bistrotier qui devient le maître de la diplomatie française pendant vingt ans en est le meilleur exemple. Ils entraient dans les livres d’histoire. Aujourd’hui, ça existe toujours, mais s’il y avait dix places dans l’ascenseur social, il n’y en a plus que deux. Est donc née une espèce de passion pour les histoires de transfuges sociaux, auxquels pas mal de lecteurs s’identifient. Mais une société se raconte toujours beaucoup de mensonges sur elle-même pour se rendre supportable à ses propres yeux. Ce goût pour les parcours de transfuges est le dernier mensonge en date avec lequel notre société profondément reproductrice des inégalités s’automystifie. Ça lui permet de continuer à parler de liberté et de méritocratie. J’ai d’ailleurs parfois eu l’impression que mes romans intéressaient moins que le récit de ma vie. L’impression de subir des interviews douanières, où l’on me demandait mes papiers d’identité, où l’on me ramenait à ce que je peux représenter, à ce que mon parcours signifie. J’essaie d’esquiver, de ne pas devenir le transfuge de classe de service.</p>
<p>On vous présente souvent comme le romancier des classes populaires, alors que dans vos romans vous évoquez des milieux sociaux très différents. Pourquoi, à votre avis ?</p>
<p>N. M. : On me dit tout le temps que je parle de la France d’en bas, des couches les plus modestes de la société, d’une sorte de lumpenprolétariat. Plusieurs journalistes m’ont parlé des chômeurs que je mets en scène dans Leurs enfants après eux… alors que tous les personnages travaillent ! Ils n’ont peut-être pas des vies très éclatantes, mais ce sont celles de gens qui ne s’en sortent pas si mal. Les mondes que j’essaie de constituer marchent par strates, les écarts de classe sont subtils, il y a des frontières, certes, mais également des circulations, des passages souterrains. </p>
<p>Comment faites-vous pour construire ces mondes ?</p>
<p>N. M. : Je pars du réel que j’observe, pas des livres de sociologie que je lis ou d’une idée de la société que je me ferais. Il y a de moi un peu partout, des souvenirs de potes, des gens que j’observe. Et je me lance de plus en plus dans des dispositifs d’enquête. Je ne suis pas Florence Aubenas, je ne fais pas des immersions de six mois… Pourtant, pour Connemara, j’ai rencontré des consultants, lu des bouquins sur le sujet, passé du temps avec l’équipe de hockey à Épinal, dans les vestiaires, à faire des entretiens. C’est documenté pour produire un effet de justesse. Pas avec l’ambition d’épuiser un sujet, comme certaines biographies américaines, mais pour planter les bons pitons dans le mur avant de tendre ma toile.</p>
<p>Annie Ernaux, l’autrice de l’Événement et de Passion Simple, adaptés au cinéma en 2021, présentée elle aussi comme un transfuge de classe emblématique, fait exactement l’inverse : elle parle d’elle en se mettant à distance, en se regardant comme une sorte d’objet sociologique.</p>
<p>N. M. : Cela correspond à un moment de la littérature française. Dans les années 1970-80, la fiction, c’était trahir, fasciner les foules à peu de frais. On n’avait plus le droit d’écrire comme Balzac. Pour ma part, à chaque fois que je recommence à écrire en disant « je », ça retombe à plat. Donc, je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, mais que ce n’est pas mon truc ; je creuse mon sillon.</p>
<p>Dans Connemara, comme dans Leurs enfants après eux, la rencontre, le brassage social, naît du désir, du sexe. Comme dans Feu de Maria Pourchet, succès de la rentrée littéraire 2021, ou dans beaucoup de romans de Houellebecq…</p>
<p>N. M. : On peut très bien avoir envie de quelqu’un qui n’est pas de notre monde, et s’il est d’accord, ça produit des effets. Le désir a une puissance révolutionnaire ! C’est une transgression des frontières sociales qui échappe au politique, à toutes les règles. Mes personnages sont des corps avant tout. Nous ne sommes que des corps, jusqu’au bout. Et, quand on n’a plus rien, on a encore un corps. Donc je pars de là, j’essaie de rendre ce que leurs corps éprouvent. Les affects par lesquels ils sont traversés, leurs perceptions : le sexe, la sueur, l’odeur du pain grillé, etc. Je ne suis pas très intellectuel, en fait (rire). Mais, même si je ne suis pas Céline, la question de l’écriture, du style, ne m’est pas indifférente du tout. Produire des affects avec la langue, c’est peut-être même ce qui m’intéresse le plus.</p>
<p>Invité à l’émission de France 5 « C’est politique », vous opposiez une « gauche hypokhâgne » à une « gauche bac pro ». Que vouliez-vous dire par là ?</p>
<p>N. M. : Faire de la politique, ce n’est pas seulement trouver des solutions, gérer. C’est aussi représenter dans l’arène les différentes manières d’être qui existent dans le pays. Et il y a une manière d’être populaire. La gauche doit renouer avec une de ses missions historiques qui est de représenter les intérêts de ces classes populaires. Jusqu’aux années 1980, le Parti communiste les structurait culturellement et intellectuellement. Il n’a jamais vraiment eu de chance d’accéder au pouvoir, mais ses 30 % aux élections et la puissance de la CGT donnaient un cadre. Depuis, le PC est mort, et le PS a emprunté une autre trajectoire… En conséquence, les classes populaires sont à l’extrême droite ou abstentionnistes.</p>
<p>C’est donc le Rassemblement national qui représente aujourd’hui cette manière d’être ?</p>
<p>N. M. : La disparition du PC et d’une certaine gauche a laissé la place à des passions dangereuses, à un profond sentiment d’abandon et à des humeurs tristes. La gauche avait un souci profond d’égalité qu’il n’y a pas chez Marine Le Pen, qui au contraire ne cesse d’établir des hiérarchies. </p>
<p>Existe-t-il encore un tissu associatif qui pallierait la disparition des structurations politiques ?</p>
<p>N. M. : Dans les petites villes, des gens comme le maire de Connemara, il y en a encore plein. Dans les municipalités, les associations, on voit se développer des solidarités interpersonnelles, intergénérationnelles. J’ai des parents âgés, par exemple, et autour d’eux il y a tout un dispositif départemental, amical, familial, formant une nébuleuse qui fait que ça tient. La défiance que l’on constate actuellement va du bas vers le haut. Elle ne s’exprime pas entre les gens, qui eux se tiennent les coudes en permanence. Les Gilets jaunes, c’était un peu ça, des catégories sociales dominées qui ont joui à un moment d’éprouver leur force. D’être ensemble.</p>
<p>Les gens comme Hélène, branchés sur la capitale, la mondialisation, ne peuvent-ils pas eux aussi apporter quelque chose à la province ?</p>
<p>N. M. : Hélène a tenté de s’arracher à sa région d’origine, avec laquelle elle a un rapport ambivalent… Et puis elle a fait un burn out, elle est revenue, et finalement elle ne trouve pas ça si mal, même si elle a des difficultés à renouer avec ce monde. Quand j’effectuais des travaux alimentaires, j’ai écrit des procès-verbaux de comités d’entreprise, puis des comptes rendus liés à la fusion des régions. J’ai vu les gens du conseil débarquer avec leurs enquêtes, leurs slides, leurs organigrammes… D’une certaine manière, ce sont eux – ces gens qui ressemblent à Hélène, burn out en moins – qui sont devenus les députés macronistes de 2017. Ils sont emblématiques d’un phénomène plus ancien. La chose publique est contaminée par les logiques de l’entreprise. Et Macron, c’est simplement le Comex suprême… Ses outils de pensée sont les outils de management et de gestion des ressources humaines. Le cours d’éco a remplacé le cours d’histoire ou de droit comme école du pouvoir. C’est une idéologie transparente à elle-même, c’est-à-dire que les gens qui la pratiquent considèrent que ce n’est pas une idéologie mais une forme de pragmatisme. Pour eux, l’économie est un fait de nature. Il y a l’économie comme il y a de la pluie. Alors que ce sont des constructions humaines qui pourraient être changées politiquement. Mais ils préfèrent accompagner le monde, parce que dans le fond ce monde leur convient. </p>
<p>Tout cela vous donne-t-il envie de vous engager ?</p>
<p>N. M. : Non, et ce n’est pas qu’une question intellectuelle, c’est une question de métabolisme : je ne suis pas fait pour ça. Convaincre, ça ne m’intéresse pas, la chicane, encore moins. Fondamentalement, je suis très peu acteur. Je suis un voyeur depuis toujours. Et puis je n’ai pas d’idée très précise de ce que serait un monde meilleur. Le critique de cinéma Serge Daney disait en substance : « Je suis de gauche, mais je manque un peu d’imagination pour être révolutionnaire. » Disons que le monde me passionne trop pour que je pense à ce qu’il devrait être. Je me roule dedans. J’appartiens en fait à une gauche mélancolique qui ne se fait pas tellement d’illusions sur la nature humaine et les possibilités de progrès, qui sont toujours assez ténues. Même si cette lutte doit être menée, constamment. </p>
<p>La littérature est-elle capable de donner les clés pour dépasser les différences sociales ?</p>
<p>N. M. : Elle ne soigne pas, et ce n’est pas le but. Mais elle permet de comprendre ce qui nous meut et nous traverse. Pourquoi là, on est mal à l’aise ? Pourquoi, quand on se retrouve à une table avec des gens qui ne sont pas de notre monde, on a peur de commettre des impaires ? La littérature permet de démystifier les choses. De voir que ce n’est pas notre médiocrité qui s’exprime, que c’est le résultat d’un rapport de force, d’un système. Donc elle ne soigne pas, mais elle nous rend moins bêtes, moins aliénés, moins esclaves de certaines illusions.</p><p>Dans Connemara, Hélène adolescente admirait Christophe parce qu’il était beau mec, que c’était un champion de hockey. Et puis la vie a rééquilibré les choses. Quand on accomplit un parcours de transfuge, on se dit : « Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui… » On aimerait rejouer sa jeunesse avec les armes de l’âge adulte. Un fantasme qui s’exprime de manière très éclairante dans la saga Retour vers le futur. </p><p>Retrouvez l'interview complète de Nicolas Mathieu dans <a href="https://boutique.ladn.eu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le numéro 30 de la revue L'ADN – que vous pouvez vous procurer ici</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/880/%C2%ABpeut-on-dire-que-toutes-les-musiques-se-valent-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Tue, 06 Sep 2022 18:41:40 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/880/%C2%ABpeut-on-dire-que-toutes-les-musiques-se-valent-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Peut-on dire que toutes les musiques se valent ?»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Sur France Culture, la ministre Rima Abdul Malak a déclaré que toutes les musiques se valaient. Pour le compositeur et journaliste, ce n'est pas le genre qui donne à une musique sa valeur intrinsèque, mais la manière dont on la conçoit, et le but pour lequel on la compose.</p><p>Benjamin Sire est compositeur et journaliste. Son dernier album, Electronica Cinematic est sorti le 8 avril dernier.</p><p>La ministre de la Culture, <a href="https://www.lefigaro.fr/culture/la-ministre-rima-abdul-malak-souhaite-amplifier-le-developpement-de-notre-cinema-20220521">Rima Abdul Malak</a>, savait bien que sa phrase ferait le buzz sur les réseaux sociaux. Elle l'a immédiatement reconnu quand Guillaume Erner, qui la recevait ce jeudi sur le plateau de France Culture, le lui a fait remarquer. La phrase ? «Toutes les musiques se valent [...] Chacun peut trouver son bonheur.»</p><p>Et ça n'a pas manqué. Les internautes se sont écharpés sur cette question de valeur, les uns mettant en avant la prédominance de l'émotion dans la perception que nous avons de l'écoute, quand d'autres se sont méchamment gaussés du sacrilège d'une possible comparaison entre Bach et Booba, entre le classique et le rap, entre la culture supposée savante et la culture populaire, entre les conservateurs et les modernes. Éternel débat qui aura déjà concerné tous les domaines artistiques et ne cessera sans doute pas avant l'anéantissement du monde.</p><p>Mais en la circonstance, le propos de la ministre dépasse la simple question des appétences des uns et des autres, ou de la complexité de telle ou telle partition, et interroge le relativisme qui irrigue notre société toute entière et pour lequel tout tend à se valoir. Les faits ne parviennent plus à se démarquer de la simple opinion, la science des croyances, le débat de l'agression. Là est sans doute la raison du courroux qu'a pu engendrer une telle sentence, en plus d'oublier qu'en matière culturelle, le goût est une chose qui s'éduque, ce qui implique que cela soit possible. Et c'est en cela que Rima Abdul Malak commet une petite faute au regard de sa fonction. En flattant les auditeurs de chaque style et en reconnaissant à toutes les musiques une égale capacité d'édification, elle enferme chacun dans sa bulle, chacun dans sa «culture», et n'encourage pas à cette ouverture d'esprit précieuse au «vivre ensemble», bien que la réalité soit plus complexe et moins signifiante.</p><p>À l'arrivée, le relativisme reproduit une forme de domination, en plus de creuser encore davantage les divisions qui fracturent notre pays.</p>
<p>Benjamin Sire</p>
<p>Mais il y a de ça. En considérant les choses sous cet angle, la bourgeoisie peut jalousement conserver son privilège de classe et s'enorgueillir de son raffinement, tout en ayant accès à l'ensemble des genres (on envisage, sans prétendre en avoir la preuve scientifique, qu'on écoute bien davantage de rap dans le 16e arrondissement, que de Vivaldi à Bobigny), tout en regardant avec condescendance le gamin de banlieue, ou du péri-urbain, assigné à résidence identitaire entre rap, variété, basket et foot. À l'arrivée, cela reproduit une forme de domination, en plus de creuser encore davantage les divisions qui fracturent notre pays. C'était déjà la grave erreur de Jack Lang, pape du relativisme culturel, au détail près que lors de sa prise de fonction, en 1981, il était vraiment nécessaire de mettre un coup de projecteur sur certaines formes de cultures urbaines méconnues de nombre de gens, alors même qu'elles étaient déjà très prisées dans certains milieux. Aujourd'hui, la situation est bien différente. Les cultures hip-hop (rap, graphisme, danse, mode) ou manga (animés, BD, Kpop, Jpop, etc.), prises au sens large, pour ne citer qu'elles, sont entrées dans tous les domaines du mainstream en plus d'être au cœur des tendances qui pointent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Selon les données de Spotify en 2020, le premier opérateur d'un streaming qui représente désormais 67% de l'ensemble des écoutes (source : SNEP), le rap représente 69,7% de celles-ci dans les charts, loin devant la pop (17,7%), l'électro (8,8%), tandis que le rock et la variété française touchent à peine 1% des auditeurs (le jazz et le classique n'étant pas comptabilisés dans les principaux charts). Même si ces données ne considèrent pas les écoutes radio, dont les programmations font la part belle à la chanson française, elle montre à quel point, il est moins urgent de faire découvrir une culture... déjà dominante, à la veille du monumental concert que le rappeur Booba s'apprête à donner au Stade de France. L'ironie du sort veut justement que ce sont désormais les autres musiques qui se terrent dans des niches spécifiques aux classes sociales supérieures ou représentant les fameux boomers. Ce sont donc elle qu'il faudrait désormais démocratiser avec le plus grand soin et donner en partage à ceux qui se voient enfermés avec une supériorité complaisante dans leurs ghettos culturels. Et, pour en avoir fait l'expérience dans un cadre associatif, je sais combien, par exemple, la découverte de la musique classique et de ses instruments peut produire d'émerveillement auprès d'un jeune public lui étant totalement étranger et préalablement débarrassé de désagréables a priori.</p><p>Reste la question épineuse de la valeur intrinsèque de la musique elle-même, qui est, disons-le de suite, un faux débat... que nous allons néanmoins très sommairement ouvrir. Toutes les cultures, tous les pays, ont produit leurs musiques plus ou moins populaires, plus ou moins savantes, et n'ont eu de cesse de les faire se rencontrer, si l'on pense par exemple à <a href="https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/11/19/03015-20131119ARTFIG00209--orsay-bela-bartok-pris-dans-les-toiles.php">Bela Bartók</a>. Envisagé par beaucoup comme un compositeur élitiste, il a pourtant puisé une part considérable de son inspiration dans la musique de danse populaire hongroise. Et que dire d'un Rabih Abou-Khalil, génie libanais du Oud, qui a jeté son dévolu sur le jazz pour mixer les musiques orientales avec les sonorités populaires slaves et baltes ? Dans le grand concert des nations, l'Europe classique, n'a par ailleurs nullement la palme de la complexité harmonique ou rythmique. La musique populaire indienne est un casse-tête rythmique et de métrique qui peut donner le tournis à un docte élève du conservatoire, idem concernant le Mozambique qui, contrairement à ce que son nom indique, est une musique de carnaval prenant ses racines dans le Cuba des années soixante, ou certains genres africains. Quant à la musique arabe, avec ses gammes fortement altérées, et ses glissements par quarts de tons, son appréhension est des plus délicates pour nous autres, tandis que le jazz manouche, avec ses successions d'accords de sixième, tout joyeux et dansant soit-il, n'est pas un modèle de dépouillement. Car à la vérité, notre musique européenne, qui alimente tout aussi bien les concertos de Bach que les «instrus» d'Orelsan, bien qu'offrant une infinité de possibilités mélodiques, est loin d'être parmi les plus riches harmoniquement. Fondée sur les modes grecques (dorien, mixolydien, mode lydien, éolien etc.), elle s'appuie sur les sacro-saintes sept notes et leurs cinq altérations (dièses et bémols, qui ne présentent aucune différence joués sur un clavier tempéré), dont la valeur d'usage n'a pas à être questionnée. Après tout, un do dans l'œuvre de Mozart ou dans celle d'Aya Nakamura reste un do.</p><p>Ce n'est donc pas le genre qui donne à une musique sa valeur intrinsèque, mais la manière dont on la conçoit, et le but pour lequel on la compose.</p>
<p>Benjamin Sire</p>
<p>La différence peut en revanche se manifester à travers cette question : pourquoi, dans quel but produit-on de la musique, bien que chacun espère voir son travail rencontrer le succès ? Certaines musiques ont pour vocation d'arpenter le champ de la recherche, tandis que d'autres jouent sur les seuls terrains de l'émotion et du signifiant. Elles peuvent d'ailleurs appartenir au même genre, si l'on pense au débat passionné qui a déchiré le monde du jazz, entre la période swing, simple et efficace, propre à l'avant seconde guerre mondiale, et le be-bop, puis le jazz-rock, beaucoup plus riches et complexes à l'oreille. Il en fut de même quand la musique classique dû affronter l'émergence de la musique contemporaine, faisant passer Beethoven pour un compositeur de bluettes. D'un côté, souvent l'émotion appelle la simplicité et l'utilisation de formules maîtrisées, quand le signifiant passe, lui, par les mots. Cela donne la chanson sous toutes ses formes, tout comme le rap. Quant à la recherche, son but est de pousser plus loin les frontières des mondes connus et son appréhension musicale ne peut se faire sans une certaine éducation.</p><p>Pourtant, si le débat lancé par la <a href="https://www.lefigaro.fr/medias/culture-les-dossiers-chauds-de-la-nouvelle-ministre-20220523">ministre de la Culture</a> mérite une certaine attention, c'est qu'une autre donnée vient le parasiter, et non des moindres. Malgré l'énorme crise de modèle économique qui secoue le monde de la musique, jamais il n'en a été autant consommé. Et le choix du verbe «consommer» n'est pas innocent. La musique est devenue un marché conséquent et ultra-concurrentiel dont l'industrie est dominée par des mastodontes qui évitent au maximum la prise de risque et tendent à appauvrir ce qui arrive sur nos enceintes. Il en est de même dans le cinéma, rendu exsangue par la crise du Covid. Les indépendants mordent la poussière tandis que les blockbusters, de plus en plus chers, de plus en plus spectaculaires, ne peuvent plus se permettre la moindre fantaisie et obéissent à des cahiers des charges scrupuleux qui les voient tous un peu se ressembler, puisque leur recette de fabrication est seule garantie de... recettes financières. Or, que l'on considère le rap ou la pop produits en majors ou assimilés, les enjeux sont les mêmes. Quand les auditeurs reçoivent un morceau, le plus souvent poussé par une promotion multisupport et sans limite, les producteurs ont besoin que la sauce prenne immédiatement. Pour cela, rien ne vaut mieux que de sans cesse recycler les mêmes plats, d'appauvrir les usages harmoniques, de manière à ce que l'auditeur ait un sentiment de familiarité dès la première écoute d'un morceau. Et c'est là que l'on peut parler de valeur et de dépréciation du domaine ; le rap, pris en exemple par la ministre n'étant d'ailleurs pas, et de loin, le genre le plus concerné par ce problème, à l'inverse de la pop ou de la variété. Il n'y a nul hasard si une part considérable des plus grands succès internationaux entendus ces dernières années sont le fruit d'une seule et même structure de production, dirigée par l'énigmatique producteur suédois, Max Martin, l'homme qui aura sans doute le plus œuvré à l'appauvrissement de la musique dans le monde. Jugez plutôt d'une partie des noms figurant dans l'écurie du magna scandinave: Britney Spears, Céline Dion, Pink, Avril Lavigne, Katy Perry, Usher, Maroon 5, Justin Bieber, Taylor Swift, Shakira, Jennifer Lopes, Ariana Grande, The Weeknd, Selena Gomez, Justin Timberlake, Ed Sheeran, Lady gaga, Coldplay et on en passe. Ce n'est pas un mal en soi qu'une telle brochette de stars bénéficie des services d'un seul et même homme. Le problème est que celui-ci a établi une sorte de recette quasi algorithmique du succès, fondée sur l'application de onze postulats, qu'il applique à l'envi sur l'essentiel des titres dont il a la responsabilité, qu'importe le genre de ceux-ci. Il en a fait l'aveu en 2017, dans l'une de ses rarissimes interviews donnée à l'occasion d'une masterclass. Or parmi ces onze postulats (qui sont évidemment une synthèse approximative du travail du producteur), plusieurs expliquent l'appauvrissement d'une bonne part de la musique qui nous arrive. Parmi eux le fait de non seulement simplifier la mélodie au maximum, tout en la rendant la plus efficace possible – ce qui n'a rien d'évident – mais surtout de la décliner astucieusement à la fois dans les couplets et dans les refrains d'un même morceau. Là où vous croyez entendre une chanson aux différentes parties, c'est en réalité toujours la même qui vous revient sous des formes différentes, de manière à ce que, lorsque le refrain intervient, il vous paraît évident. Hélas, cela signifie aussi que la chanson sur laquelle vous vous balancez est obligatoirement d'une grande pauvreté musicale. Business is business...</p><p>Ce n'est donc pas le genre qui donne à une musique sa valeur intrinsèque, mais la manière dont on la conçoit, et le but pour lequel on la compose. Il en a toujours été ainsi et il en sera sans doute toujours ainsi. Peut-être hélas quand le but est uniquement financier…</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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