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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Idées]]></title>
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	<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 09:41:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Shlomo Sand, Deux peuples pour un État ?, Relire l’histoire du sionisme, Paris, Seuil, 2024, 256 p., 21 €.]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="para" id="pa1"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa1">1</a> Professeur émérite à l’université de tel-aviv, l’historien israélien shlomo sand, auteur du remarqué Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), signe avec Deux peuples pour un État ? Relire l’histoire du sionisme un ouvrage stimulant qui ne peut qu’inviter à la réflexion tous les citoyens qui regardent avec effroi le conflit israélo-palestinien et son cortège de victimes, qui ne cesse de s’alourdir depuis l’attaque meurtrière du Hamas du 7 octobre et la riposte brutale de l’armée israélienne à Gaza.</p><p class="para" id="pa2"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa2">2</a> Dans son avant-propos, rédigé avant les attaques du 7 octobre, l’historien de gauche, figure du camp de la paix et longtemps partisan d’une solution à deux états, exprime ses doutes devant ce qu’il qualifie désormais de « mantra » et de « formules creuses » qui l’ont poussé à se replonger dans les débats du siècle dernier pour relire l’histoire du sionisme : « Les grands penseurs des courants pacifistes du sionisme […] avaient rejeté l’idée d’un état juif exclusif sur une terre majoritairement peuplée d’Arabes et […] ont soutenu, par conséquent, les démarches d’édification d’une entité politique binationale. […] l’élite des intellectuels de diverses époques a craint que l’avenir d’une petite Sparte juive en armes face à un Moyen-orient hostile ne soit pas du tout assuré. Ils pensaient plutôt que seule l’intégration égalitaire dans le cadre d’un pouvoir commun serait à même de garantir qu’Israël puisse être un refuge sûr pour tous ses habitants » (p. 10).</p><p class="para" id="pa3"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa3">3</a> Shlomo Sand revient d’abord sur la genèse du nationalisme juif. Le mouvement national juif prend racine à l’est de l’Europe où il s’oppose aux positions autonomistes des socialistes du Bund, qui défendaient la formation d’un peuple yiddish, doté d’une langue et d’une culture spécifique et ouverte aux autres.</p><p class="para" id="pa4"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa4">4</a> Fondé sur la construction imaginaire et rétrospective d’un peuple juif quasi intemporel, le sionisme se distingue des nationalismes français, allemand ou italien de l’époque – qui s’appuient eux aussi sur une histoire nationale mythifiée – par son ethnocentrisme rigide : « La cause première de ce phénomène est liée au fait que le nationalisme hégémonique en Europe centrale et orientale a toujours été, du fait de ses faiblesses, un nationalisme ethnocentrique, et non inclusif et politique, englobant tous ses citoyens » (p. 25). Cet ethnocentrisme rigide sépare aussi le nationalisme juif des modèles belge, suisse ou canadien, qui ont su créer un consensus civique et constituer des nations fédérales en dépit de leurs fractures culturelles et de leurs différences linguistiques.</p><p class="para" id="pa5"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa5">5</a> L’un des premiers adversaires de cet ethnocentrisme juif qui ne pouvait qu’amener les Juifs à ériger une « muraille d’acier » autour d’Eretz Israël (la terre d’Israël) selon la formule de vladimir Jabotinsky, le fondateur de la droite sioniste, s’appelle Ahad Haam, originaire d’Ukraine et contemporain de theodor Herzl. Membre des amants de Sion, Ahad Haam se rend en Palestine en 1891 et publie à son retour un article très  critique sur ceux qu’il appelle les « colonistes » et leur comportement vis-à-vis de la population arabe. opposé aux conceptions d’Herzl, ahad Haam fonde en 1896 le journal Hashiloah, qu’il dirige jusqu’en 1902. Il estimait que l’avenir de la majorité des Juifs serait beaucoup mieux assuré en Amérique qu’en Palestine. S’il croyait en la nécessité d’établir un centre spirituel du judaïsme en Palestine, il considérait que le projet sioniste d’y établir un foyer national juif relevait d’une démarche colonisatrice et conduirait tôt ou tard à un affrontement avec des autochtones dépossédés de leurs terres.</p><p class="para" id="pa6"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa6">6</a> La lucidité d’Ahad Haam se retrouve aussi dans les positions du groupe Brit Shalom (Alliance pour la paix), fondé en 1925, dans lequel on retrouve le philosophe Hugo Bergmann, né à Prague et ami de Franz Kafka, qui deviendra recteur de l’Université hébraïque de Jérusalem. « L’héritage d’Ahad Haam battait dans le cœur des membres de l’association et orientait leur stratégie », note Shlomo Sand (p. 65). Logiquement, Bergmann et ses amis désapprouvent la déclaration Balfour dans laquelle ils voient une démonstration de force impérialiste dont la logique discrimine les autochtones. Aux côtés d’Hugo Bergmann, il faut citer le nom d’Hans Kohn, secrétaire de Brit Shalom, originaire de Prague, pacifiste et antimilitariste convaincu. admirateur de Gandhi, Hans Kohn imaginait une structure binationale arabo-juive au Moyen-orient, sur le modèle de la suisse.</p><p class="para" id="pa7"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa7">7</a> Shlomo Sand évoque plus loin au chapitre quatre les noms des philosophes Martin Buber et Hannah Arendt, qui se sont tous deux opposés au plan de partage de 1947 et aux affrontements qui en résulteraient. Au chapitre cinq, Sand évoque Léon Magnes, ce rabbin réformateur américain né en 1877 en Californie, qui s’installe à Jérusalem en 1922 avant de devenir le premier chancelier de l’Université hébraïque de Jérusalem. Dirigeant académique hors pair guidé par les principes des droits de l’homme et des pères fondateurs du libéralisme américain, Leon Magnes est acquis à l’idée binationale et très critique des modes de colonisation et d’appropriation des terres par la communauté juive. En 1942, avec Martin Buber, il fonde le groupe Ihoud (Union) qui lutte contre un nationalisme juif « tristement chauvin, d’esprit étroit et terroriste » (p. 120).</p><p class="para" id="pa8"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa8">8</a> Le chapitre six de l’ouvrage de Shlomo Sand s’intéresse au Parti communiste palestinien, fondé en 1919 sous l’appellation de Parti ouvrier socialiste hébreu, qui devient le PCP et adhère à l’Internationale communiste (IC) en 1922. Fidèle aux orientations de l’IC, le PCP a toujours récusé le sionisme, considéré comme un mouvement colonialiste illégitime, appelant à l’indépendance d’un état démocratique à majorité arabe en Palestine, dans lequel les Juifs seraient des citoyens à égalité de droits. Le PCP se divise en 1943 avec le départ d’adhérents arabes qui fondent la Ligue de libération nationale sous la direction d’émile touma, reprochant au groupe de Shmuel Mikounis d’avoir évolué vers l’acceptation d’un état binational, et donc, de fait, de l’existence d’une entité juive. Les deux groupes finissent par se réunifier en 1947, après l’acceptation du plan de partage de la Palestine élaboré par l’onu, entérinant la création de deux états séparés, juif et arabe : c’est l’acte de naissance du Parti communiste israélien (Maki).</p><p class="para" id="pa9"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa9">9</a>  La guerre de 1948, qui place pendant dix-huit ans les 150 000 Arabes restés en Israël sous un régime d’administration militaire, et plus encore celle de 1967 changent radicalement la donne. Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza se retrouvent dans des territoires occupés. La gauche israélienne opte d’emblée pour le projet « deux états pour deux peuples », tandis que la droite pousse à l’annexion des territoires occupés où la première colonie, Kfar Etzion, est fondée dès le mois de septembre 1967.</p><p class="para" id="pa10"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa10">10</a> Dix ans plus tard, après la victoire du Likoud aux élections législatives de 1977, le Premier ministre Menahem Begin, favorable à l’annexion des territoires occupés, mais préoccupé par le risque qu’Israël ne devienne un état d’apartheid comme la Rhodésie, présente un plan visant à annexer les territoires palestiniens occupés, mais à accorder à l’ensemble des Palestiniens la citoyenneté israélienne et la liberté de circulation et d’installation. Ce plan qui aurait pu transformer Israël en état binational ne verra jamais le jour.</p><p class="para" id="pa11"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa11">11</a> En parallèle, l’oLP, fondée en 1964 et dont la charte rejette le partage de 1947 et toute existence d’un foyer juif évolue peu à peu. La résolution d’indépendance palestinienne rédigée par Mahmoud Darwich en 1988 reconnaît pour la première fois le plan de partage de 1947 et l’existence de facto de l’état d’Israël, ce qui aboutit en 1993-1995 aux accords d’oslo et à la naissance de l’Autorité palestinienne.</p><p class="para" id="pa12"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa12">12</a> Trente ans après les accords d’oslo, la poursuite de la colonisation a rendu impossible une solution à deux états : « 7,5 millions d’Israéliens-juifs dominent, par une politique d’expulsion, de déplacement, de répression et d’enfermement, un peuple palestinien-arabe de 7,5 millions de personnes, dont une grande partie est privée de droits civiques et des libertés politiques élémentaires ».</p><p class="para" id="pa13"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa13">13</a> Désabusé, Shlomo Sand note que les positions ethnocentriques, religieuses ou pseudo-religieuses de part et d’autre, font obstacle à toute possibilité de rapprochement culturel et politique entre les deux bords, alors que les organisations palestiniennes de résistance civique pacifique sont interdites et que les Israéliens qui s’indignent de la perpétuation d’une politique jugée raciste et discriminatoire sont vilipendés et accusés de trahison par leurs concitoyens.</p><p class="para" id="pa14"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa14">14</a> Shlomo Sand se refuse toutefois à perdre tout espoir : « Si l’on ne peut pas partager une terre, avec toutes les difficultés que cela représente, il nous faut apprendre à partager la souveraineté. Le binationalisme palestino-israélien doit, le moment venu, arracher de son cœur la muraille de haine édifiée comme une forteresse sur un amas de peurs, afin de nous permettre à tous, Israéliens et Palestiniens, de vivre ensemble » (p. 243).</p><p class="para" id="pa15"> <a class="no-para" href="https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-1-page-134?lang=fr#pa15">15</a> Alors que la riposte israélienne à Gaza a déjà fait plus de 33000 victimes depuis les attentats sanglants du 7 octobre, que la perspective d’une paix au Proche-orient s’éloigne de jour à jour et qu’en France les partis de gauche se divisent sur le vocable à employer, il y a urgence à lire l’ouvrage de Shlomo Sand, qui ouvre des pistes de réflexion à même d’irriguer tous les partisans de la paix.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 15:05:27 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Les Frères musulmans, les Émirats arabes unis et les universités britanniques » Entretien de Razika Adnani avec Atlantico – Razika Adnani]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Publié le 18 janvier 2026</p>
<p>© Le contenu de ce site est protégé par les droits d’auteurs. Merci de citer la source et l'auteure en cas de partage.</p><p class="has-lightgrey-background-color has-background">Les Émirats arabes unis suppriment les bourses à leurs étudiants souhaitant intégrer des universités britanniques car le risque qu’ils y soient radicalisés par les Frères musulmans est trop grand…<a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/emirats-arabes-unis-suppriment-bourses-etudiants-souhaitant-integrer-universites-britanniques-risque-radicalises-par-freres-musulmans-trop-grand-entrisme-islamisme-fondamentalisme-radicalisation-Europe-Moyen-Orient-France-Razika-Adnani">Atlantico</a></p><p>Atlantico – Les Émirats arabes unis ont décidé de restreindre les bourses accordées à leurs étudiants souhaitant intégrer des universités britanniques, invoquant un risque de radicalisation lié à la menace des Frères musulmans sur les campus. Que révèle cette décision, prise par un État étranger, sur l’état réel des universités européennes sur la question de l’islamisme et sur la perception internationale de leur capacité à contenir l’islam politique ?</p><p>Razika Adnani – Les Émirats arabes unis sont en rivalité politico-religieuse avec le Qatar qui soutient les Frères musulmans et avec les wahhabites saoudiens, même si depuis 2014 ils se sont rapprochés de l’Arabie saoudite qui a déclaré la Confrérie comme « organisation terroriste ». Leur décision de restreindre les bourses à leurs étudiants souhaitant intégrer des universités britanniques rentre dans le cadre de cette rivalité. Ils craignent que leurs ressortissants soient endoctrinés par les Frères musulmans, leurs ennemis, dans les universités britanniques et veulent également que l’Angleterre prenne des décisions au sujet des Frères musulmans. C’est une décision met l’Angleterre devant la réalité de ses universités qui n’est pas un secret y compris dans les pays musulmans. Les proches des étudiants, dans les universités britanniques mais aussi françaises, remarquent souvent quand ils rentrent chez eux que leur rapport à la religion est devenu plus strict, voire plus fondamentaliste. En Algérie, on a commencé à le remarquer dès la fin des années 1990.</p><p>Les Émirats arabes unis sont un État musulman pratiquant un islam politique, c’est-à-dire un islam qui n’est pas séparé de sa dimension politique, car c’est cela le sens de l’islam politique. Ils stipulent dans l’article 7 de leur Constitution que l’islam est la religion de l’État et que la charia est la source principale de leur législation. Dans les universités des Émirats arabes unis, les femmes sont toutes voilées et la Constitution ne reconnaît pas l’égalité entre les hommes et les femmes. La décision des Émirats est une preuve que la lutte contre les Frères musulmans n’est pas une lutte contre l’islam politique, mais contre une forme d’islam politique celle des Frères musulmans.</p><p>Cette décision révèle également que les Frères musulmans agissent en Occident comme ils ont agi dans les pays musulmans, c’est-à-dire en ciblant les universités. C’est donc une erreur de croire que les Frères musulmans ont, en Occident, un mode d’action différent de celui qu’ils ont dans les pays musulmans comme le prétendent certains. </p><p>Atlantico – Plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, affirment que des phénomènes de radicalisation idéologique se développent dans certaines universités européennes. Quels sont, selon vous, les mécanismes concrets par lesquels l’université peut devenir un lieu de diffusion de l’islam politique ?</p><p>Razika Adnani-Les mécanismes sont nombreux. Le plus logique : si les étudiants arrivant à l’université sont nombreux à être dans un rapport à l’islam plus conservateur et plus extrémiste, donc plus politique, cela va imprégner l’atmosphère universitaire d’autant plus que les islamistes s’activent davantage dans les milieux universitaires.</p><p>Il y a aussi le fait que l’université européenne est aujourd’hui un lieu où s’expriment des idées wokistes. Dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme j’explique comment l’idéologie « woke » a corrompu les valeurs d’égalité et de liberté et a fourni ainsi aux musulmans fondamentalistes et islamistes des arguments pour s’imposer. Défendre par exemple le port du voile, l’arme de guerre des islamistes, au nom de l’égalité alors qu’il est la pratique de discrimination par excellence.</p><p>L’université devient un lieu de diffusion de l’islam extrémiste et politique quand elle ne permet plus la pensée libre et créatrice dans le domaine de l’islam. Pas seulement à cause de l’activisme des islamistes, mais aussi à causes des idées et des concepts qu’elle-même produit qui empêchent cette pensée libre et créatrice de s’exprimer ainsi que tout regard critique porté sur l’islam.</p><p>Au XXe siècle, l’université française a produit le concept d’islamisme qui s’est par la suite propagé dans les autres universités européennes. Il s’inscrit parfaitement dans le projet des conservateurs et des islamistes  de mettre l’islam à l’abri de tout regard critique. Leur objectif est de contrer la réforme de l’islam et la modernisation des sociétés musulmanes voulues par les modernistes. Dans mon ouvrage j’évoque également le concept d’islamophobie.</p><p>Je m’explique. C’est à l’université française qu’on a décidé de changer le sens du terme islamisme qui désignait au départ la religion musulmane. Ils ont décidé qu’il signifiait l’islam politique qu’ils ont présenté comme la cause de tous les problèmes. Ils ont surtout décidé, et c’est là que c’est devenu un problème, que l’islamisme était un mouvement contemporain, né notamment avec la création des Frères musulmans, et qu’il n’avait rien à voir avec l’islam. Cette distinction entre l’islam et l’islamisme qui n’a aucun fondement scientifique, ne permet pas d’interroger l’islam ou de mener un travail en son sein pour lui permettre d’évoluer, pour le réformer. Voilà comment ce concept, forgé par les universitaires européens, a joué un rôle important dans le fait qu’aujourd’hui, c’est ce que je constate, la voix des musulmans qui portaient en France le projet de réformer l’islam est en recul net.</p><p>Atlantico – Des données publiques montrent que le Qatar est l’un des principaux financeurs étrangers d’universités occidentales, notamment aux États-Unis, mais aussi indirectement en Europe. Ces financements ont-ils une influence potentielle sur les orientations idéologiques, académiques ou institutionnelles des universités ? (Quels liens factuels peut-on établir entre ces financements, l’orientation idéologique de certains programmes ou partenariats universitaires, et la tolérance envers des courants liés à l’islam politique ?)</p><p>Razika Adnani- Là où il y a financement, il y a influence. Les pays pétroliers du Golfe le savent et ils ne sont pas radins sur ce plan et cela ne se limite pas au Qatar. Le concept d’islamisme comme je viens de le dire est une preuve importante de cette influence étant donné qu’il répète le discours des conservateurs musulmans, en premier lieu des Frères musulmans.  Même si l’influence n’est pas forcément financière ni forcément frériste.</p><p><br />Atlantico – En France, certaines grandes écoles et universités, dont Sciences Po, sont régulièrement citées dans le débat public sur l’islamisme, l’entrisme, le militantisme idéologique et la liberté académique. Quels faits objectifs permettent aujourd’hui d’évaluer la situation française, et observe-t-on des similitudes ou des différences avec le cas britannique ? </p><p>Razika Adnani- L’université est le milieu où l’islamisme extrémiste agit et s’active et pas uniquement en Europe, mais également dans les pays musulmans. Je l’ai vu et vécu en Algérie. C’est donc une similitude qui va au-delà de la France et l’Angleterre. Le port du voile par les étudiantes est assurément le premier fait objectif qui permet d’évaluer cette situation. Dans mon ouvrage je parle de « voilomètre », car le voile permet de mesurer le degré de pénétration de l’islam politique et conservateur dans une société.</p><p>Les débats publics en France ne sont pas des éléments suffisamment et scientifiquement fiables pour évaluer une situation étant donné qu’ils sont de plus en plus orientés par l’affect et la guerre politique entre la gauche et la droite. Dans ces débats publics, on cherche les preuves de ses convictions et c’est la meilleure manière de se tromper.  </p><p>La France, dans sa lutte contre l’islamisme, cible de plus en plus les Frères musulmans qui représentent pourtant une partie de l’islam politique et non tout l’islam politique ou l’islamisme. C’est la preuve que la rivalité entre les Frères musulmans et les autres mouvements islamistes (c’est-à-dire ceux qui ne séparent pas l’islam de la politique) s’est bien installée en France. L’intérêt de l’Occident, et en particulier de la France, n’est pas de se mettre du côté de l’un ou de l’autre, mais de lutter contre toute intrusion de l’islam dans le domaine politique et de permettre l’émergence d’un islam laïc, c’est-à-dire séparé de sa dimension politique et cela ne se fera qu’avec un travail au sein de l’islam.</p><p>Razika Adnani</p>
<p>Lire également</p>
<p>© Le contenu de ce site est protégé par les droits d’auteurs. Merci de citer la source et l'auteure en cas de partage.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1233/la-revolution-iranienne-de-1979-ou-le-discours-de-leffacement-du-feminisme-au-nom-dune-vision-grandiose</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 21:42:14 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La révolution iranienne de 1979 ou le discours de l&#039;effacement du féminisme au nom d&#039;une vision grandiose.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>À l’automne 1978, alors que le régime du Shah s’effondrait sous le poids du coup d’État, Michel Foucault se rendit en Iran comme correspondant spécial du Corriere della Sera. Ce qu’il y découvrit le bouleversa. Il était convaincu d’assister à un phénomène négligé par la théorie politique moderne : une révolution non pas mue par la lutte des classes, la technocratie ou le rationalisme occidental, mais par ce qu’il nommait « spiritualité politique ».</p>

<p>Foucault n’était pas le seul à être fasciné. Une grande partie de la Nouvelle Gauche européenne, désabusée par le communisme soviétique et lasse du néolibéralisme, observait l’Iran avec une sorte de nostalgie. Là, semblait-il, se levait une révolution non pas au nom du socialisme bureaucratique, mais en opposition à celui-ci ; non pas pour l’abondance matérielle, mais pour le sens. </p>

<p>Foucault décrivait les foules en des termes quasi mystiques, s’émerveillant de leur volonté d’affronter la mort et de leur refus d’exprimer leurs revendications dans le langage familier de la politique moderne. Il croyait assister à une rupture dans l'histoire, une forme de révolte qui échappait à la dialectique éculée de la gauche et de la droite.</p>

<p>Mais alors même que Foucault se laissait séduire par cette vision, des Iraniennes – féministes, écrivaines et militantes – avertissaient déjà qu'une menace plus sombre se profilait. Elles n'étaient pas dupes de la rhétorique de la transcendance. Bien avant que l'ayatollah Khomeini ne consolide son pouvoir, les féministes iraniennes avaient identifié et dénoncé le mythe central de la révolution : l'idée que la libération pouvait être atteinte par un retour à l'authenticité religieuse et que la subordination des femmes était une condition nécessaire à la résistance anti-impériale. Lorsque Foucault loua le soulèvement comme une révolte contre la modernité occidentale, ces femmes y entendirent autre chose : le discours familier d'un intellectuel idéalisant leur effacement au nom d'une vision grandiose.</p>

<p>En mars 1979, quelques semaines seulement après la victoire de la révolution, des milliers de femmes iraniennes ont envahi les rues de Téhéran pour protester contre l'imposition du voile obligatoire. Elles ont été accueillies par des coups, des menaces et des slogans tels que « le voile ou un coup de poing ». La promesse de la révolution s'est concrétisée avec une brutalité fulgurante. Ce que Foucault avait décrit comme un soulèvement spirituel s'était transformé en une législation sur le corps des femmes, une répression de la dissidence et une fusion entre théologie et violence d'État.</p>

<p>La réaction de Foucault fut frappante, non par sa cruauté, mais par son absence. Confronté aux critiques, y compris celles des Iraniennes en exil, il s'est retranché. Il n'a publié aucune analyse approfondie du régime qu'il avait jadis encensé. Au contraire, il a insisté sur le fait que les observateurs occidentaux devaient s'abstenir de juger les révolutions non occidentales selon des critères occidentaux. L'implication était claire : critiquer le traitement des femmes par la République islamique revenait à imposer des valeurs étrangères, à méconnaître une logique civilisationnelle différente. Des écrivaines comme Simin Behbahani, Azar Nafisi et d'autres, certaines encore en Iran, d'autres déjà contraintes à l'exil, comprenaient que le discours sur la différence culturelle était instrumentalisé contre elles par des figures comme Foucault et les réseaux militants européens. Elles constataient avec quelle rapidité « authenticité » devenait un euphémisme pour la coercition, et avec quelle facilité les intellectuels occidentaux excusaient la misogynie lorsqu'elle se dissimulait sous un vernis de rhétorique anti-impérialiste.</p>

<p>Ce qui les indignait le plus, ce n'était pas tant que Foucault se soit trompé, mais plutôt qu'il se soit trompé d'une manière familière. Elles reconnaissaient un schéma où la souffrance des femmes était traitée comme une contradiction secondaire, à résoudre après la révolution – ou jamais. Le monde avait déjà vu cela en Algérie, à Cuba, en Chine : des révolutions qui promettaient l'émancipation universelle tout en exigeant des femmes qu'elles attendent, endurent ou disparaissent. La fascination de Foucault pour la mort, le sacrifice et la transcendance leur semblait être une philosophie exaltée, confortablement installée à distance.</p>

<p>La critique des féministes iraniennes dépassait le simple désaccord politique. Elle révélait une faille au sein même de la pensée occidentale post-1968. Foucault avait consacré sa carrière à l'analyse du pouvoir, de la discipline et des mécanismes de régulation des corps par les institutions. Pourtant, en Iran, il ne reconnut pas un régime dont le projet central était précisément celui-ci : la régulation des corps (et des esprits) par la loi religieuse, appliquée par l'État. Celui qui avait mis en garde contre la violence insidieuse des systèmes totalisants se retrouvait désormais à en défendre un, tant qu'il paraissait extérieur à l'Occident.</p>

<p>Foucault, comme nombre de ses contemporains, en était venu à considérer l'universalisme libéral comme un masque dissimulant la domination. Les féministes iraniennes comprenaient, par l'expérience vécue, ce qu'une grande partie de la théorie occidentale avait oublié : le pouvoir ne devient pas bienveillant simplement parce qu'il rejette le langage libéral. La mainmise demeure sur la nuque, même lorsqu'elle parle au nom de Dieu.</p>

<p>L'histoire a rendu son verdict avec une patience implacable.</p>

<p>L'histoire de Foucault et de l'Iran ne se résume pas à l'échec d'un seul penseur. Aujourd'hui, alors que les Iraniennes descendent en masse dans la rue pour défier un régime qui, depuis des décennies, impose une ségrégation sexuelle, l'absence de soutien de la part des mouvements féministes occidentaux est frappante. On ne constate aucun élan durable de solidarité envers les Iraniennes qui s'opposent aux religieux totalitaires. La conclusion est difficile à éviter : les principes que ces mouvements prétendent défendre ne sont pas des engagements universels, mais des postures conditionnelles, activées de manière sélective et mises de côté lorsqu'elles entrent en conflit avec un discours politique privilégié. Ce qui subsiste, ce n'est pas un féminisme comme engagement pour les droits des femmes, mais un féminisme comme affiliation. Et c'est précisément cette substitution du principe à l'affiliation contre laquelle les féministes iraniennes de la fin des années 1970 mettaient en garde.</p>

<p>Samuel J Hyde</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1230/%C2%ABla-guerre-des-12-jours-une-autre-victoire-pour-les-mollahs-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 12:22:24 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1230/%C2%ABla-guerre-des-12-jours-une-autre-victoire-pour-les-mollahs-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«La guerre des 12 jours, une autre victoire pour les mollahs ?»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Si l’Iran est sorti de la guerre de 12 jours contre l’État hébreu avec des pertes considérables, le régime chiite iranien n’a jamais été autant glorifié, aimé et soutenu par les populations musulmanes, analyse Razika Adnani, philosophe et islamologue.</p><p class="fig-paragraph">Razika Adnani est philosophe et islamologue. Son dernier ouvrage Sortir de l’islamisme (éditions Erick bonnier, 2024). </p><p class="fig-paragraph">Beaucoup d’analystes géopolitiques ont affirmé que <a href="http://www.lefigaro.fr/international/make-iran-great-again-donald-trump-brandi-la-menace-d-un-changement-de-regime-20250623" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le régime chiite iranien</a> était sorti affaibli de la dernière guerre, dite la guerre des 12 jours, qui l’avait opposé à Israël et aux États-Unis. En effet, l’Iran en est sorti avec des pertes considérables. Sur le plan de la politique internationale, cette guerre a révélé un Iran isolé, étant donné que ni la Russie, ni la Chine, ni les pays musulmans sunnites ne lui ont manifesté leur soutien. Sur le plan militaire, elle a montré un Iran incapable de protéger sa population en situation de guerre et qui a encaissé beaucoup de pertes. Cependant, si on analyse la situation selon l’idéologie du chiisme, l’histoire de l’islam politique, la doctrine politico-religieuse de Khomeiny et du point de vue du monde musulman, on arrive plutôt à une autre conclusion.</p><p class="fig-paragraph">L’Iran est le pays qui compte aujourd’hui <a href="https://www.lefigaro.fr/international/comment-l-iran-s-appuie-sur-les-chiites-pour-asseoir-son-influence-regionale-20200109" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le plus de chiites</a> dans le monde et dont le pouvoir est aux mains d’un clergé chiite. Le chiisme est une version de l’islam qui est née à Médine, aujourd’hui en Arabie saoudite, en 632, le jour même de la mort du prophète d’un différend politique entre Ali, son gendre et son cousin, et les autres compagnons du prophète. Ali a revendiqué son droit légitime de succéder au prophète comme guide politique et spirituel des musulmans, que les autres compagnons du prophète ne lui ont pas reconnu. Ils ont alors désigné Abou Baker comme calife, ensuite Omar, ensuite Othman et enfin Ali. Non seulement Ali est arrivé en quatrième position, mais son pouvoir lui a été également contesté par le gouverneur de Damas Muawiya et une guerre civile qui a duré cinq ans les a opposés. Elle a fini par la victoire du dernier qui fonda la dynastie des Umayyades. Ali a été assassiné en 661 par ses anciens partisans et, en 680, son fils al-Hossein a été massacré par les Umayyades lors de la bataille de Karbala. Des événements politiques que les chiites n’ont jamais oubliés. Le chiisme, qui était une doctrine politique, est alors devenu une théologie et une idéologie constituant un islam à part entière et surtout en opposition à l’islam sunnite qui était celui de l’État.</p><p class="fig-body-link">À lire aussi <a class="fig-body-link__link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/israel-a-agi-dans-la-legalite-contre-l-iran-20250703" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">«Israël a agi dans la légalité contre l’Iran»</a></p><p class="fig-paragraph">Dans toute leur histoire, les chiites ont été animés par le désir de venger Ali et son fils al-Hossein, de reprendre le commandement politico-religieux du monde musulmans usurpé par les sunnites et de récupérer les deux villes saintes de l’islam : <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/arabie-saoudite-les-pelerins-affluent-a-la-mecque-pour-accomplir-le-rite-du-tawaf-20250602" target="_blank" data-fig-type="NewsFlash" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">La Mecque</a> et Médine. Ils ont réalisé des avancées importantes dans certaines étapes de l’histoire musulmane dont le Califat fatimide qu’ils ont créé au Xe siècle (909 -1171). Le problème, c’est qu’ils ont toujours été minoritaires dans le monde musulman et les villes saintes ont continué d’être dans les mains des sunnites, leurs ennemis ancestraux, faisant que leur désir de vengeance n’a jamais été réellement assouvi.</p><p class="fig-paragraph">Le chiisme s’est implanté en Iran et est devenu la religion officielle du pays en 1501 où la population majoritairement sunnite a été forcée de se convertir au chiisme. Les dignitaires religieux chiites se veulent toujours des descendants du prophète, ce qui leur donne un statut social et politique spécifique, mais aussi une légitimité pour porter l’idéologie et le combat du chiisme, le vrai islam selon eux, contre le sunnisme, le mauvais islam. En 1979, la branche la plus conservatrice et fanatique, guidée par Khomeiny (1902-1989), arrive à prendre le pouvoir en Iran. L’événement était grandiose pour tous les musulmans conservateurs et notamment les militants islamistes, c’est-à-dire ceux qui refusent toute séparation entre le politique et le religieux en islam. Pour les Mollahs iraniens, c’était une étape historique vers la réalisation de leur objectif final : unifier les musulmans pour constituer un seul peuple musulman indivisible sous l’autorité de l’Imam et donc du chiisme, comme l’affirme Khomeiny dans Le petit livre vert de l’Ayatollah Khomeiny.</p>
<p>Même les populations du Moyen-Orient qui ont craint l’embrasement de la région et ont voulu que la guerre s’arrête ont exprimé de l’admiration pour le régime iranien et les Mollahs</p>
<p class="fig-paragraph">Ainsi, si <a href="http://www.lefigaro.fr/international/apres-l-elimination-de-hauts-grades-iraniens-l-ayatollah-ali-khamenei-sait-qu-il-n-est-plus-intouchable-20250615" target="_blank" data-fig-type="Article" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">Khomeiny </a>évoque la guerre sainte contre l’Occident, dont fait partie Israël selon lui, qu’il présente comme le monde du mal, de l’impérialisme et de l’injustice, en finir avec l’Occident et Israël n’est pas la finalité de son idéologie qui est d’unifier tous les musulmans sous l’autorité de l’Imam, mais un des moyens vers sa réalisation. Pour les Mollahs, le conflit israélo-palestinien est ce que l’histoire leur a offert pour réaliser cette finalité. Afficher une hostilité à Israël et ses alliés les États-Unis, ce que la majorité des pays musulmans sunnites ne font plus, est le moyen le plus efficace pour influencer les populations musulmanes sunnites et les avoir dans leur camp ou même les voir se convertir au chiisme.</p><p class="fig-paragraph">Ils n’ont pas eu tout à fait tort. Le régime chiite iranien n’a jamais été autant glorifié, aimé et soutenu par les populations musulmanes - sunnites et chiites confondus - que cette fois-ci. Pour la plus grande partie, les Mollahs sont des héros. Ils sont les seuls à avoir tenu tête à Israël depuis la guerre du Kippour de 1973, à lui infliger des dégâts sur son propre territoire et à ne pas se faire petit devant l’arrogance des États-Unis. Même les populations du Moyen-Orient qui ont craint l’embrasement de la région et ont voulu que la guerre s’arrête ont exprimé de l’admiration pour le régime iranien et les Mollahs. Très rares sont les populations qui en Syrie, au Liban et en Irak ont rejeté les Mollahs en rappelant leur entrisme et les malheurs qu’ils ont causés à leur pays.</p><p>

</p><p class="fig-paragraph">Le régime iranien et par conséquent les Mollahs ne sortent pas affaiblis de <a href="http://www.lefigaro.fr/international/iran-des-funerailles-nationales-pour-les-morts-de-la-guerre-des-douze-jours-20250628" target="_blank" data-fig-type="NewsFlash" rel="noopener" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">cette dernière guerre</a> qui les a opposés à Israël et aux États-Unis même si elle leur a démontré que l’idée du gouvernement islamique universel dont parle Khomeyni semblait plus compliquée à réaliser. Cependant, elle leur a permis d’avoir une image positive auprès d’une grande partie des populations musulmanes chiite et sunnite compris, ce qui est pour eux une victoire de plus dans leur marche vers la réalisation de la finalité de leur doctrine : gouverner spirituellement et politiquement le monde musulman.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1228/citations-de-l%E2%80%99ayatollah-khomeini-publiees-apres-la-revolution-de-1979</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 21:58:29 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1228/citations-de-l%E2%80%99ayatollah-khomeini-publiees-apres-la-revolution-de-1979</link>
	<title><![CDATA[Citations de l’ayatollah Khomeini, publiées après la révolution de 1979]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cette série de citations de l’ayatollah Khomeini, publiées après la révolution de 1979, explique contre quoi le peuple iranien se bat : </p>

<p>« Nous exporterons notre révolution dans le monde entier. Jusqu’à ce que le cri “Il n’y a de dieu que Allah” résonne sur toute la Terre »… </p>

<p>« Le Coran ordonne : “Guerre ! Guerre jusqu’à la victoire !” Une religion sans guerre est une religion boiteuse. » « Tuer les infidèles est l’une des missions les plus nobles qu’Allah ait réservées à l’humanité. » </p>

<p>« L’établissement de l’État islamique dans le monde entier fait partie des grands objectifs de la révolution. » </p>

<p>« Nous nous sommes fixé comme but la diffusion mondiale de l’influence de l’islam et la suppression de la domination des conquérants du monde. » </p>

<p>« Nous souhaitons faire dépérir les racines corrompues du sionisme, du capitalisme et du communisme dans le monde entier. Nous souhaitons, comme le veut Dieu Tout-Puissant, détruire les systèmes fondés sur ces trois piliers, et promouvoir l’ordre islamique du Prophète… dans le monde de l’arrogance. » </p>

<p>« L’islam impose à tous les hommes adultes, à condition qu’ils ne soient ni handicapés ni incapables, de se préparer à la conquête des pays afin que la loi de l’islam soit obéie dans chaque pays du monde. » </p>

<p>« Ceux qui étudient la Guerre Sainte islamique comprendront pourquoi l’islam veut conquérir le monde entier. » </p>

<p>« On ne peut rendre les gens obéissants qu’avec l’épée ! L’épée est la clé du Paradis, qui ne s’ouvre que pour les Guerriers Saints ! »</p>

<p>Aucun de ces propos n’est un langage codé.</p>

<p>Il n'y a aucune métaphore dans ces discours qui sont clairs comme du cristal. C'est l'islam.</p>

<p>D'un mur ami</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1225/mahyar-monshipour-sur-le-voile-a-trop-vouloir-inclure-on-risque-de-rendre-invisibles-celles-qu%E2%80%99on-pretend-defendre</guid>
	<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 22:18:49 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1225/mahyar-monshipour-sur-le-voile-a-trop-vouloir-inclure-on-risque-de-rendre-invisibles-celles-qu%E2%80%99on-pretend-defendre</link>
	<title><![CDATA[Mahyar Monshipour sur le voile : &quot;À trop vouloir inclure, on risque de rendre invisibles celles qu’on prétend défendre&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Alors que Teddy Riner appelle à la tolérance sur le port du voile dans le sport, Mahyar Monshipour, ancien champion du monde de boxe, prend une tout autre voie. Né à Téhéran et fort de son expérience, il alerte auprès de « Marianne » sur la dimension idéologique d’un symbole qu’il refuse de banaliser.</p>

<p>Alors que Teddy Riner s’est récemment exprimé sur le port du voile dans le sport en appelant à la tolérance et à la relativisation, d’autres voix, beaucoup plus rares, mais ô combien plus courageuses, choisissent de regarder la réalité en face. Mahyar Monshipour en fait partie.</p>

<p>Champion du monde de boxe, français né en Téhéran, il parle en connaissance de cause. À rebours des discours consensuels, il boxe avec les mots comme il le faisait avec les poings : le voile n’est pas un simple bout de tissu, mais l’instrument visible d’un système profondément patriarcal, liberticide, codifié dans des textes religieux que bien peu osent encore critiquer frontalement.</p>

<p>Là où le monde du sport reste largement silencieux – par prudence, ignorance ou par souci d’inclusion mal comprise – Mahyar, lui, prend position, tel qu’il l’explique à Marianne. Il parle du voile, de l’islam, du Coran, et de ce que signifie vraiment l’acceptation de certains symboles dans l’espace public, en particulier dans les arènes sportives. Car derrière le voile, dit-il, il n’y a pas que de l’identité ou de la foi : il y a un projet. Et ce projet, si on n’y prend garde, pourrait bien fissurer ce que la République a mis des décennies à construire. Il le fait sans haine, mais avec clarté. Et avec une franchise rare. Et un amour pour la France et son modèle de laïcité. Tout était au fond, dans le titre de son livre, publié en 2007 : La rage d'être Français (Grasset).</p>

<p>Marianne : Vous êtes l’un des rares, dans le monde du sport, à tenir ce genre de propos sur le voile, tel que vous l’avez fait en réponse à Teddy Riner. Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu seul, malheureusement ?</p>

<p>Mahyar Monshipour : Oui, je le suis. Pour deux raisons. D’abord parce que nos compatriotes ne savent pas ce qu’est le voile. Notamment ceux qui sont eux-mêmes de culture musulmane. C’est un sujet que je connais bien. J’ai quitté l’Iran à cause de cela. Il m’habite. C’est devenu l’un de mes centres d’intérêt, j’ai beaucoup lu, beaucoup réfléchi sur la question.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Port du voile avec la robe : saisi par un syndicat d'avocats, le Conseil d'État confirme l'interdiction</p>

<p>J’en parle souvent avec des amis, parfois eux-mêmes issus de milieu musulman. Et je vois bien à quel point c’est compliqué pour eux d'en parler. Parce que, quand ta mère est voilée, quand ta sœur l’est aussi, même si tu n’adhères pas entièrement à l’idéologie du voile, cet objet abject, il y a quelque chose de profondément intime qui est touché. Et donc, forcément, en parler, le critiquer, ça devient délicat. Il y a une réaction émotionnelle.</p>

<p>Il y a ceux qui sont ignorants – et j’utilise ce mot sans mépris – parce qu’ils ne connaissent pas, parce qu’ils viennent d’un contexte judéo-chrétien où le voile n’a pas le même sens, la même charge symbolique. Et puis il y a ceux qui, sans vraiment pratiquer ou adhérer à la religion, se laissent porter par le « move », par une forme d’air du temps, sans recul critique. Donc oui, je suis un des seuls à m’exprimer ainsi. Mais je me le permets parce que je connais très bien ce dont je parle.</p>

<p>Et justement, est-ce que vous pouvez nous parler des conditions dans lesquelles vous avez quitté l’Iran ?</p>

<p>Bien sûr. Et je vais vous dire : je suis arrivé dans de très bonnes conditions grâce à la France. Je suis arrivé ici en 1986, j’avais dix ans. Je suis arrivé à Poitiers, et à l’époque, j’étais ce qu’on appelait un allophone – le seul de mon établissement. À ce moment-là, ce n’était pas courant. Les élèves issus de l’immigration étaient pour la plupart originaires d’anciennes colonies francophones. Mais un enfant qui arrive à dix ans, qui ne parle pas un mot de français, c’était rare. Aujourd’hui, on a vu arriver des vagues venues de Tchétchénie, de Géorgie, du Soudan, d’Afghanistan ou de Syrie. Mais il y a quarante ans, c’était très différent.</p>

<p>À LIRE AUSSI : 2 ans de la mort de Mahsa Amini : en Iran, les femmes desserrent l'étau... et surtout leur voile</p>

<p>Moi, je suis arrivé dans des conditions extrêmement favorables. Mon père voulait me protéger. J’ai quitté l’Iran avec un visa d’études. À dix ans. Je ne suis pas arrivé sur un bateau, ni caché sous un camion. Non, je suis arrivé comme si je venais faire des études universitaires. J’ai eu cette chance. Et je n’oublie pas que c’est une exception.</p>

<p>Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi, selon vous, le voile sert à invisibiliser le corps des femmes et à les extraire du monde du sport ?</p>

<p>Regardez, au-delà des débats d’opinion sur l’islam ou des hadiths – du type « on ne sait pas si c’est vrai » – il y a un fait incontournable : dans le livre sacré de l’islam – je n’ai même pas envie de le nommer – celui que les croyants considèrent comme la parole divine, ces règles sont écrites noir sur blanc. C’est dans ce texte, considéré comme intouchable, sacré. Évidemment, pour moi, c’est une parole d’homme, pas une parole divine.</p>

<p>Mais ce texte, il ne contient pas seulement des prescriptions sur le voile. Il contient aussi des passages sur l’esclavage, ce que Daesh a reproduit dans les territoires conquis : vendre des femmes sur les marchés aux esclaves, ça ne sortait pas de nulle part. C’était codifié, il y a 1400 ans. Codifié. Et dans ce même texte, à plusieurs reprises, il est dit que les femmes doivent cacher leur corps à la vue des hommes pubères – sauf à certains membres masculins de leur famille.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Le prix de la créativité : la guerre de l’Iran contre les chanteuses, rappeurs et poètes</p>

<p>Ça veut dire qu’il y a une hiérarchie religieuse définissant qui a le droit de voir une femme « normalement » et devant qui elle doit se cacher. On a là un système qui construit une forme d’invisibilisation des femmes dans l’espace public.</p>

<p>Et ça va plus loin. Le même livre stipule qu’une fille hérite de la moitié de ce qu’hérite son frère. Il affirme que le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme. J’aime bien rappeler ça aux Français, souvent peu au fait de ces réalités. Quand on les touche personnellement, ils réalisent. Je le dis à vous cher ami journaliste : imaginez que votre sœur témoigne dans une affaire d’agression, qu’elle soit en face de son agresseur, et que lui aussi témoigne. Son témoignage à lui vaudra le double du sien. Donc oui, c’est un système profondément misogyne.</p>

<p>Donc, l’islam est, selon vous, intrinsèquement misogyne ?</p>

<p>Misogyne, esclavagiste, oui. Et là vous me direz « oui mais ce n’est pas cela qu’on autorise ». C’est là que ça devient dangereux : si, sur une base d’ « inclusion » mal comprise, on permet le port du voile dans le sport, alors dans quelques années, ce sera la même chose à l’école. Et tout ce qu’on aura construit pourra s’effondrer.</p>

<p>Parce que ce qu’on fait, c’est tenter de faire cohabiter notre modèle républicain avec des prescriptions moyenâgeuses, misogynes et oppressives. Ce sont des textes écrits il y a plus de mille ans. Et ce qui me sidère, c’est de voir des gens – des personnalités publiques, des athlètes – parler du voile sans en comprendre la signification. Je l’ai écrit en réponse à Teddy : « Cher Teddy, tu ne sais même pas de quoi tu parles. Tu crois que le voile, c’est juste un bout de tissu ? Mais non. Le voile, c’est tout ça. C’est un système. »</p>

<p>Et la religion, ce n’est pas un menu à la carte. Ce n’est pas comme à la cantine, où on peut dire « je prends l’entrée, mais pas le plat, juste le dessert aujourd’hui ». Quand tu entres dans une religion avec ses préceptes, tu es censé les suivre de A à Z. C’est d’ailleurs l’objectif des Frères musulmans et d’autres mouvances fondamentalistes : que tout soit appliqué. Et si on laisse une brèche – si on accepte une petite concession – c’est là que le ver entre dans la pomme. Et la pomme finit par pourrir de l’intérieur.</p>

<p>Donc pour vous, ce modèle français de laïcité, c’est une vraie richesse ? Et il faut se battre pour le préserver, y compris dans le sport ?</p>

<p>Mais bien sûr ! Qu’est-ce qu’elle est belle, la France. On a un modèle unique, précieux.</p>

<p>Je le dis souvent : il y a trois piliers de l’éducation. La famille, l’école et ensuite la culture et le sport. Regardez l’école : c’est formidable. Jusqu’au bac, tant qu’un élève n’a pas 18 ans, même s’il redouble, on considère qu’il doit être protégé des influences religieuses. Et puis, à la majorité, il entre à l’université, et là, il peut s’habiller religieusement comme il veut. C’est ça, la liberté à la française. Une loi belle, équilibrée. Elle n’interdit pas une religion, elle ne discrimine pas. Elle dit simplement : « Chaque chose à sa place. » Et c’est ainsi qu’on protège la liberté de conscience.</p>

<p>Est-ce que vous ne pensez pas qu’il faudrait, pour le sport, une loi un peu équivalente à celle de 2004 sur l’école ? Quelque chose de clair, qui fixe les règles ?</p>

<p>C’est justement ce que vise le fameux amendement en cours de discussion. Il a été adopté au Sénat et concerne l’interdiction des signes religieux ostensibles dans la pratique sportive – mais uniquement en compétition, pas dans le cadre des clubs ou du loisir. L’amendement est passé au Sénat, et j’espère qu’il passera aussi à l’Assemblée nationale.</p>

<p>Et qu’est-ce que vous voudriez dire aux sportifs, au-delà de Teddy Riner, qui tiennent un discours assez relativiste sur le voile ? Ceux qui disent : « Après tout, dans certains pays, ça se passe bien. » ?</p>

<p>Je pense qu’ils se trompent. Avec le concept d’inclusion – que tout doit être accepté, accueilli, intégré – on est en train, sans le vouloir, de préparer la future exclusion des femmes. À trop vouloir inclure sans discernement, on risque de rendre invisibles celles qu’on prétend défendre.</p>

<p>Etienne Campion, journaliste à Marianne<br />Par Etienne Campion</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1204/sanctions-personnelles-de-lue-sous-regime-extralegal</guid>
	<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 22:14:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1204/sanctions-personnelles-de-lue-sous-regime-extralegal</link>
	<title><![CDATA[Sanctions personnelles de l&#039;UE, sous régime extralégal]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>L'inscription par l’UE sur la liste des sanctions contre la Russie de Jacques Baud (analyste, commentateur politique et ancien colonel de l'armée suisse), a été un choc dans le milieu des médias alternatifs. Il figure parmi les nouvelles personnes sanctionnées, aux côtés notamment du franco-russe Xavier Moreau.C’est le deuxième Suisse à être sanctionné, après Nathalie Yamb, militante suisse-camerounaise contre le néocolonialisme.</p>

<p>«Être inscrit sur la liste des sanctions de l'UE est un coup dur pour les personnes concernées, surtout si elles résident dans un pays de l'UE ou un État étroitement associé comme la Suisse, la Norvège ou le Royaume-Uni. Cela signifie que leurs comptes bancaires seront gelés, leurs cartes de crédit annulées, qu'elles ne pourront plus conclure de contrats avec des entreprises ou des particuliers liés à l'UE, et qu'aucune entreprise de l'UE ne sera autorisée à faire affaire avec elles, ce qui, en théorie, les empêchera même d'acheter du pain et d'autres produits de première nécessité. De plus, de nombreuses entreprises internationales suspendent tous leurs services, y compris les services postaux, les plateformes de réseaux sociaux, etc. Même les banques suisses gèlent ou clôturent les comptes, craignant des sanctions en cas de non-respect de la réglementation européenne».</p>

<p>Les sanctions contre les citoyens et résidents de l'UE sont-elles illégales ?</p>

<p>Début janvier 2025, 59 personnes figuraient sur la liste des sanctions de l'UE contre la Russie. Initialement, cet outil ne visait que les hommes d'affaires russes et les personnes résidant en Russie (ce qui était déjà problématique), mais depuis 2024, l'UE utilise les sanctions comme un instrument de pression politique pour réprimer diverses formes de dissidence. Yamb a été sanctionnée pour son activisme contre le néocolonialisme français en Afrique, et Dogru pour son engagement en tant que journaliste allemande en faveur de la cause palestinienne.</p>

<p>Dans une société libre et libérale, fondée sur l'État de droit, les sanctions contre les citoyens et résidents sont illégales. Le député européen Michael von der Schulenburg a commandé un rapport dont la conclusion est claire: les sanctions violent le droit européen en vigueur relatif aux libertés individuelles.</p>

<p>Cependant, si les sanctions violent certains droits de l'UE, le Conseil Européen utilise d'autres droits de l'UE pour prendre ces mesures. D'un point de vue procédural, l'UE ne viole pas ses compétences parce que les sanctions ne sont pas une question de police nationale mais *une décision de politique étrangère*.</p>

<p>Politique Étrangère, À Des Fins Intérieures</p>

<p>Aucune loi, ni dans l'UE ni dans ses États membres, n'interdit les activités menées par les personnes figurant sur la liste des sanctions contre la Russie. Au contraire. Nombre de ces activités, comme l'activisme citoyen (Nathalie Yamb), le journalisme (Hüsseyin Dogru) ou la publication d'analyses géopolitiques (Jacques Baud), relèvent explicitement des libertés fondamentales.</p>

<p>C'est là le point crucial. Puisque les actes commis ne constituent pas des crimes, les sanctions prononcées à leur encontre ne sont pas non plus des mesures judiciaires. L'UE l'affirme clairement sur sa page d'information relative aux sanctions : Les mesures restrictives, ou « sanctions », qui sont prises à l'unanimité par le Conseil de l'Union, sont un outil essentiel de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE pour répondre aux défis et aux évolutions mondiales qui vont à l'encontre de ses objectifs et de ses valeurs. </p>

<p>Les sanctions ne sont pas punitives et visent plutôt à modifier la politique ou le comportement des personnes visées, afin de promouvoir les objectifs de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE.</p>

<p>«L'UE est parvenue à créer un système permettant au pouvoir exécutif, dans le cadre légal de sa politique étrangère, de qualifier le comportement de ses citoyens d'«indésirable» et d'imposer ensuite les mesures les plus draconiennes qui soient, le tout sans procès ni condamnation. Tout ce que Baud, Yamb, Dogru et d'autres ont fait (et font encore) est parfaitement légal au sein de l'UE. Mais le Conseil de l'Union européenne a le pouvoir de leur imposer des mesures coercitives pour «encourager» un changement de comportement. Et comme les États membres sont tenus par traité d'appliquer les sanctions de l'UE, les victimes ne disposent d'aucun recours devant les tribunaux nationaux ».</p>

<p>Non illégales. Extralégales.</p>

<p>Les sanctions ne sont pas illégales au sens d’une violation du protocole. Elles relèvent des pouvoirs conférés au Conseil de l’UE par le traité de Lisbonne et s’appuient sur une procédure établie et bien définie. Elles créent un régime permettant de contourner les garanties contre la persécution politique. En ce sens, elles doivent être considérées comme des mesures extralégales. Elles ouvrent la voie à une persécution de personnes en dehors du  système juridique que nous connaissons.</p>

<p>C’est pourquoi tous les principes habituels de la justice, tous les fondements du système juridique  sont inopérants  : le respect des droits de la défense, la présomption d’innocence, le droit d’être entendu avant toute condamnation, etc., ne s’appliquent pas car les sanctions elles-mêmes ne constituent pas des mesures judiciaires.</p>

<p>Le seul recours des victimes de ce système est de saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Mais la CJUE se contente de vérifier la cohérence formelle de la décision de sanction. Elle ne vérifie pas la proportionnalité des accusations et du régime de sanctions imposé, ni leur conformité aux droits fondamentaux des personnes sanctionnées. La CJUE s'assure uniquement de la validité de la justification fournie. Autrement dit, la CJUE ne pourra ordonner au Conseil de l'UE de les radier de la liste que si les victimes peuvent démontrer l'inexactitude factuelle des informations figurant dans la base de données des sanctions. En revanche, si les accusations sont fondées, la CJUE confirmera les sanctions. Par conséquent, tant que le Conseil ne ment pas dans sa justification des sanctions, presque tout est possible. La CJUE s'en remet au Conseil de l'UE quant à l'importance politique de la sanction.</p>

<p>Mais même si la CJUE constate que le Conseil a utilisé un raisonnement erroné (autrement dit, que les accusations sont mensongères), ce dernier peut, à tout moment, réinscrire les personnes sur la liste des sanctions en se basant sur un raisonnement modifié. Dès lors, le cirque juridique recommence pour les victimes, qui doivent saisir à nouveau la CJUE. C'est ce qui est arrivé, par exemple, à Petr Aven et Mikhail Fridman, deux hommes d'affaires russes qui ont obtenu gain de cause contre le Conseil de l'UE en 2024, mais qui figurent toujours sur la liste des sanctions, malgré un raisonnement modifié. Le Conseil de l'UE dispose ainsi d'un pouvoir quasi absolu et illimité sur les personnes sanctionnées.</p>

<p>Le droit des personnes sanctionnées de faire appel devant la CJUE n'est, au mieux, qu'un prétexte fallacieux permettant à l'UE de faire croire à l'existence d'un véritable recours juridique. En réalité, accorder aux victimes ce faux accès à la CJUE rend (probablement) encore plus difficile pour elles d'obtenir gain de cause devant d'autres juridictions. Par exemple, étant donné que les sanctions constituent une grave atteinte à leurs droits humains, il ne fait aucun doute que les tribunaux des droits de l'homme (il en existe plusieurs) pourraient être saisis pour contester le régime. Cependant, pour que ces tribunaux puissent agir, l'un des principaux obstacles est de prouver que tous les recours internes ont été épuisés. Par conséquent, avant que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ne soit saisie, les chances pour les victimes de voir leur affaire examinée par un tribunal des droits de l'homme semblent relativement minces (il s'agit néanmoins d'une voie que les victimes devraient probablement explorer avec leurs avocats).</p>

<p>Retourner les armes vers l'intérieur</p>

<p>Ce n’est pas la première fois que les pays de l'UE et les États-Unis utilisent les sanctions depuis pour exercer des pressions extralégales sur les militants et les journalistes en Afrique et ailleurs. En réalité, il s'agit d'un comportement néocolonial classique.</p>

<p>Les États-Unis, eux aussi, utilisent les sanctions comme un outil pour réprimer des comportements légaux, comme en témoignent leurs attaques contre le personnel de la Cour pénale internationale (CPI) ou, plus récemment, les sanctions imposées à la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.</p>

<p>A l’instar du Patriot Act, adopté après le 11 septembre, qui a donné au gouvernement américain le pouvoir d'utiliser à l'intérieur du pays des services de sécurité initialement destinés à protéger la nation uniquement contre les ennemis extérieurs, «l'extension des sanctions de l'UE contre des personnes au sein de l'UE (ou de l'espace Schengen) transforme un instrument de politique étrangère douteux en un instrument de politique intérieure encore plus abject».</p>

<p>Les armes utilisées pour lutter contre les injustices extérieures sont désormais retournées contre nous. C'est un exemple flagrant qui illustre pourquoi le silence face aux crimes commis par nos États à l'étranger finira par nous rattraper sur le plan intérieur.</p>

<p>«À l'heure actuelle, divers commentateurs, aussi bien dans la blogosphère que dans les médias traditionnels, tiennent des propos qui s'apparentent à : «Bien fait pour eux, ces traîtres !» Ces mêmes personnes comprendront un jour ce que signifie ce système si on le laisse se développer et s'étendre dans toute sa splendeur draconienne. Il sera alors trop tard. Soit cela cesse immédiatement, soit l'avenir de la liberté et de la démocratie au sein de l'UE est sombre ». </p>

<p>La mort eurocratique de la démocratie</p>

<p>«Mon seul espoir réside dans la révolte populaire contre ce régime de sanctions funeste. La répression politique exige des réponses politiques. Cependant, il faudra beaucoup d'efforts pour revenir en arrière. Même au niveau national, les États membres semblent se satisfaire de ce nouvel outil.</p>

<p>Florian Warweg, un courageux journaliste allemand,  a interrogé les porte-parole de son gouvernement lors de la Conférence fédérale de la presse (Bundespressekonferenz) le 17 décembre, au sujet de l'affaire Jacques Baud et de sa légalité. La réponse suffisante qu'il a reçue de Martin Giese, du ministère allemand des Affaires étrangères, en dit long sur la façon dont ces bureaucrates opaques perçoivent leurs actions et sur ce qu'ils nous réservent :</p>

<p>(…) les personnes qui commettent de tels actes peuvent être sanctionnées si le fondement juridique le permet et si le Conseil de l'Union européenne prend une décision en ce sens. C'est ce qui s'est passé lundi dernier, cela continuera de se produire, cela s'est déjà produit, et quiconque œuvre dans ce domaine doit s'attendre à ce que cela puisse également lui arriver. (…)<br />Tous ceux qui contestent ces sanctions disposent de tous les recours légaux possibles. Ils peuvent faire appel auprès du Conseil et saisir la Cour de justice de l'Union européenne.</p>

<p>« Voilà. C'est ainsi que la démocratie meurt (une fois de plus). Par décret et avec la suffisance bureaucratique. Bravo, Union européenne».</p>

<p><a href="https://x.com/PLottaz">Pascal Lottaz</a> est un professeur suisse associé à l'Université de Kyoto, où il étudie <a href="https://neutralitystudies.com/">la neutralité dans les relations internationales</a>. Il analyse ici le régime de sanctions de l’UE contre ses propres citoyens et résidents.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1152/les-uns-comme-des-victimes-eternelles-et-les-autres-comme-des-bourreaux-par-nature</guid>
	<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 15:28:36 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1152/les-uns-comme-des-victimes-eternelles-et-les-autres-comme-des-bourreaux-par-nature</link>
	<title><![CDATA[Les uns comme des victimes éternelles et les autres comme des bourreaux par nature.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pour LFI, à l'instar de cette frange perdue de la gauche, sa lutte n'est pas directement contre les ultra conservateurs, les transphobes et les anti-avortement. Elle n'est même pas contre le fascisme.</p>

<p>Sa lutte s'appuie d'abord sur l'origine ethnique, la couleur de peau et la religion des individus. Elle n'acceptera donc pas les idées des suprémacistes blancs, des intégristes chrétiens et de l'extrême droite nationaliste en général. En revanche, elle soutiendra ces mêmes idées (ou, au mieux, les relativisera) si elles émanent de l'extrême droite musulmane et/ou des "non blancs" (pour reprendre leur terme).<br />C'est ce que nous appelons le néoracisme, le racisme victimaire.</p>

<p>Ce racisme ne part plus du haut pour considérer l'autre comme inférieur. Il part du bas pour considérer l'autre comme oppresseur. Ce changement de paradigme, en percevant les uns comme des victimes éternelles et les autres comme des bourreaux par nature, permet d'accepter voire de défendre des ultra conservateurs, des transphobes et des anti avortement s'ils sont "non blancs" ou se présentent comme "musulmans".</p>

<p>Voilà pourquoi, par exemple, LFI déteste Charlie Kirk mais n'a aucun problème à s'afficher et parader avec le militant d'extrême droite musulmane Elias d'Imzalene.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1144/michel-onfray-analyse-de-son-anti-communisme</guid>
	<pubDate>Sat, 28 Jun 2025 06:02:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1144/michel-onfray-analyse-de-son-anti-communisme</link>
	<title><![CDATA[Michel Onfray : Analyse de son anti-communisme]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, Michel Onfray semble croire que les communistes ont longtemps collaboré avec les nazis. Ses idées viennent indéniablement abreuver l’argumentaire de plusieurs sites et blogs politiques qui se revendiquent ouvertement anticommunistes. Pour ces derniers, Michel Onfray est une aubaine, car cet homme de par son statut de philosophe médiatisé, a l’avantage d’apporter l’indispensable caution intellectuelle à l’entreprise réactionnaire.</p><p>Simultanément, le pouvoir actuel vient d’initier une campagne anti « fake news » appelées également “contre-vérités” auxquelles sont assimilées aussi les “théories du complot”. Or de toute évidence, cet anticommunisme “post-factuel”, pour reprendre la terminologie actuelle, ne sera lui jamais menacé par la nouvelle législation, ni même par une mise à l’index. Aussi, c’est dans ce contexte propice à une confusion généralisée qu’il nous a semblé utile de revenir sur certaines affirmations de Michel Onfray contraires à des faits pourtant établis.</p><p>Ainsi écrivait-il en 2011 : « Quand les communistes russes et les nazis signent le pacte germano-soviétique, le PCF obéit à la décision de Staline. Dès lors, le Parti se réjouit de la défaite de juin 40. Selon eux, elle signe l’échec de la démocratie parlementaire, du capitalisme juif, de la bourgeoisie d’affaire. De plus, elle prépare la France à la révolution bolchevique ardemment souhaitée. L’Allemagne peut donc envahir la Pologne, puis la France, l’URSS ne bouge pas, les communistes français approuvent »… La suite est du même acabit, disponible <a href="http://www.democratie-royale.org/article-michel-onfray-je-ne-suis-pas-contre-la-monarchie-aucontraire-je-pense-qu-elle-est-bonne-88602537.html">ici</a> en intégralité sur l’archive de son site.</p><p>Premier postulat : Onfray emploie l’expression « Pacte germano-soviétique » pour parler du traité de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique</p><p>Il y a tout d’abord lieu de noter que le terme “pacte”, tel qu’employé dans l’expression « Pacte germano-soviétique », présente l’avantage de favoriser la diabolisation. Mais surtout, Onfray omet de préciser qu’il y a une antériorité à ce traité de non-agression connue sous le nom d’ « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Munich">Accords de Munich »</a>. Et comme vous l’aurez remarqué dans ce cas, le discours dominant est moins négatif puisqu’automatiquement, le terme “pacte” est éclipsé au profit du terme “accord”. Et pour cause, les “Accords de Munich” <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/LACROIX_RIZ/12194">qui ont totalement isolé</a> l’URSS, furent ratifiés par Adolf Hitler, Führer du IIIème Reich allemand, Édouard Daladier qui représentait la France, Neville Chamberlain qui représentait le Royaume-Uni, et Benito Mussolini Président du Conseil des ministres d’Italie. Le Parti communiste de l’Union soviétique et le Gouvernement tchécoslovaque furent tout bonnement évincés des discussions. La Tchécoslovaquie sera donc offerte à Hitler qui immédiatement profitera de l’occasion pour mettre la main sur l’industrie de ce pays en particulier les usines <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tatra_(entreprise)">Tatra</a> et Škoda qui fabriquaient les chars tchèques devenus <a href="https://www.net-maquettes.com/fr/pictures/panzerkampfwagen-38t-walk/">Panzerkampfwagen 35 et 38</a> qui déferleront sur la Pologne la Belgique et la France. Skoda fournira également des <a href="https://encyclopedie-des-armes.com/index.php/unites-mobiles/camions/1499-camions-lourds-allemands">camions lourds</a> aux Allemands et un tracteur d’artillerie spécialement conçu pour servir dans les conditions difficiles du front de l’Est. L’entreprise tchèque de construction aéronautique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aero_Vodochody">Aero</a> sera, elle, contrainte de travailler pour <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Focke-Wulf">Focke-Wulf</a>, célèbre constructeur d’avions de chasse au service de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Luftwaffe">Luftwaffe</a> (Armée de l’Air allemande). Partant de là, la Tchécoslovaquie va s’avérer être la tête de pont pour l’invasion de l’Europe orientale dont les dominos vont tomber les uns après les autres, jusqu’à Stalingrad qui sonnera le glas des ambitions d’Hitler. La trahison est d’autant plus claire si nous voulons bien nous rappeler que <a href="https://www.babelio.com/livres/Bonnet-De-Munich-a-la-guerre--Defense-de-la-paix/931980">Georges Bonnet</a>, le ministre des Affaires étrangères français, disait « Il faut laisser l’Allemagne se perdre dans les sables du Danube« . Clement Attlee, chef du parti travailliste britannique, <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=1238&amp;razSqlClone=1">écrira</a> lui : « Les diplomates britanniques et français ont traité le gouvernement soviétique avec une telle désinvolture que nous aurions, nous travaillistes, agi comme Staline« . Visiblement, Attlee avait également compris que ce « pacte germano-soviétique » n’annulait pas le traité franco-soviétique d’assistance mutuelle. Dans l’immédiat, il isolait le Japon impérial et n’empêchait pas l’alliance France-Angleterre-URSS. Afin de dissiper tout malentendu, rappelons que <a href="http://tpe-resistance.e-monsite.com/pages/a-role-des-communistes-1.html">Maurice Thorez</a> (dirigeant du PCF) écrira dès l’annonce du pacte « (…) Si Hitler, malgré tout déclenche la guerre, alors qu’il sache bien qu’il trouvera devant lui le peuple de France uni, les communistes au premier rang, pour défendre la sécurité du pays, la liberté et l’indépendance des peuples. »</p><p></p><p>Lorsqu’Hitler attaqua la Pologne, le 1er septembre 1939, si la Grande-Bretagne et la France déclarèrent formellement la guerre au IIIème Reich, la <a href="http://institut-etudes-slaves.fr/products-page/histoire/la-pologne-dans-la-deuxieme-guerre-mondiale-archives-temoignages-oublis/">commission militaire britannico-française</a> d’Abbeville du 12 septembre 1939 décida qu’il n’y aurait ni offensive militaire contre l’Allemagne, ni même bombardement du Reich, et les troupes françaises qui avaient déjà commencé à pénétrer en territoire allemand profitant du fait que la quasi-totalité de la machine militaire allemande était engagée sur le front polonais, reçurent l’ordre de revenir le long de la frontière française. C’est donc dans ce contexte que l’URSS prit le 17 septembre 1939 la décision d’occuper les régions orientales de la Pologne, alors que les troupes allemandes avaient déjà dépassé <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vistule">la Vistule</a> que le « pacte » germano-soviétique avait pourtant établi comme ligne séparant les zones d’intérêt stratégique allemande et soviétique. Nous constatons ainsi que les « démocraties » occidentales, après avoir trahi leur allié tchécoslovaque, trahirent leur allié polonais, tandis que les Allemands avaient de leur côté dépassé la ligne qu’ils avaient pourtant reconnue trois semaines auparavant comme celle devant délimiter leur secteur d’occupation, des territoires qu’ils étaient censés considérer comme nécessaires pour la défense de l’URSS. Ce qui explique que même Churchill allait en novembre 1939 déclarer devant la Chambre des Communes que la décision de Staline de pénétrer en Pologne orientale était tout à fait justifiée du point de vue de l’intérêt stratégique de l’Union soviétique.</p><p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Viatcheslav_Molotov">Viatcheslav Molotov</a> est le diplomate qui signa le traité dit “Pacte germano-soviétique”. Selon lui les négociations permirent à l’URSS de gagner un temps très précieux, de quoi convertir son industrie lourde et obsolète en une industrie de guerre efficace. Quoi que l’on puisse penser des propos de Molotov, les chiffres qui vont suivre nous éclairent sur le niveau d’implication de l’URSS dans la guerre contre Hitler : 80% des pertes de la Wehrmacht seront subies sur le front russe. Les pertes militaires de l’Union soviétique représenteront 88% du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3%, France 2.3% et Etats-Unis 2.2%). Le total des pertes militaires seules de l’Allemagne et de l’Union soviétique réunies représentera 84% du total de toutes les pertes militaires subies en Europe. A la question “Quel est le pays qui a le plus contribué à la défaite des Nazis ?”, <a href="http://www.slate.fr/story/88935/defaite-nazis-sondage">pour 61% de la population française</a> interrogée en août 1944, c’était l’URSS.</p><p>D’autre part, nous rappellerons aux obsédés du pacte germano-soviétique que le futur président <a href="https://blogs.mediapart.fr/brigitte-pascall/blog/060614/6-juin-1944-ce-qu-ne-vous-dira-pas">Harry Truman</a>, déclarait en 1941 alors qu’il était sénateur :  » Si l’Allemagne gagne, nous devons aider la Russie et si la Russie gagne, nous devons aider l’Allemagne, afin qu’il en meure le maximum de chaque côté. » De plus, nous savons, grâce notamment à l’historien <a href="https://www.babelio.com/livres/Pauwels-Big-Business-avec-Hitler/666049">Jacques Pauwels</a> que de très nombreuses multinationales américaines ont directement collaboré avec Hitler, et pas seulement au début de la guerre, parmi lesquelles DuPont, Ford, Union Carbide, Westinghouse, General Electric, Goodrich, Singer, Kodak, ITT, ou JP Morgan et qu’il y avait même tout au long de la guerre, à Bâle, en Suisse, la Banque des règlements internationaux (BRI) qui du reste existe toujours. La BRI avait pour directeur un américain, <a href="https://www.letemps.ch/opinions/thomas-mckittrick-un-banquier-americain-service-nazis">Thomas McKittrick</a>, et son vice-directeur était un allemand nazi qui s’appelait Paul Hechler. Le rôle de ce dernier était d’assurer les transferts de fonds entre les filiales allemandes des entreprises américaines produisant pour le front de l’Est et utilisant la main-d’oeuvre servile fournie par le IIIème Reich, et les sièges sociaux de leurs maisons-mère aux USA. Après que Hitler eut décimé les syndicats et les partis d’opposition, la surexploitation des travailleurs et déportés permis à ces sociétés américaines d’engranger des profits colossaux. D’ailleurs à l’instar de <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2013/08/LACROIX_RIZ/49584">beaucoup d’autres</a>, l’historien <a href="https://www.letemps.ch/monde/ford-general-motors-accuses-davoir-servi-darsenal-nazisme">Bernard Snell</a> démontre avec certitude que les constructeurs <a href="https://www.thenation.com/article/ford-and-fuhrer/">Ford</a> et General Motors furent la pierre angulaire de la puissance militaire du IIIe Reich. « General Motors a été de loin plus important pour la machine de guerre allemande que la Suisse », déclare l’historien qui explique que sans les tanks, les camions et les avions produits sur les chaînes de montage allemandes de Ford et General Motors, jamais Hitler n’aurait pu envahir la Pologne et lancer sa campagne contre l’URSS. Et les historiens sont formels : les décisions stratégiques se prenaient bien à Detroit, siège des deux compagnies. Mais pour la guerre-éclair, il fallait aussi du carburant, et le problème pour Hitler était l’absence de ressources pétrolières en Allemagne même. Qu’à cela ne tienne, les firmes américaines <a href="http://renaissance.communiste.66.over-blog.com/2015/06/les-usa-et-la-seconde-guerre-mondiale-par-jacques-pauwels.html">Texaco et Exxon</a> lui fournirent ce pétrole à la demande. Pour en savoir plus : <a href="https://www.liberation.fr/planete/1998/12/04/ford-fournisseur-du-iiie-reich-le-groupe-americain-employait-prisonniers-et-deportes-en-produisant-p_254762">Libération</a> – <a href="http://www.historia.fr/parution/mensuel-669">Historia</a> – <a href="https://www.la-croix.com/Archives/2001-02-14/Le-role-d-IBM-dans-l-Holocauste-est-controverse-_NP_-2001-02-14-127079">La Croix</a> – <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/LOWY/14601">Le Monde diplomatique</a> – <a href="https://www.thenation.com/article/ford-and-fuhrer/">The Nation</a> – <a href="https://www.theguardian.com/world/1999/aug/20/julianborger1">The Guardian</a> – <a href="http://www.spiegel.de/einestages/henry-ford-und-die-nazis-a-947358.html">Spiegel</a>.</p><p>Deuxième postulat : Onfray prétend que les communistes se réjouissaient de l’échec du « capitalisme juif” et de la “bourgeoisie d’affaire »</p><p>Dans ce passage, Onfray sans la moindre retenue affirme que les communistes étaient à la fois antisémites, fanatiques, et prêts à tout pour éliminer la bourgeoisie. Nous touchons là aux aspects les plus pervers du discours de Michel Onfray. En 1939 beaucoup de cadres du parti communiste étaient juif. A ce propos, le terme “judéo-bolchevisme” qui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolcheviks">fusionne</a> juifs et bolchéviques, <a href="https://www.amazon.com/Russian-Roots-Nazism-Socialism-1917-1945/dp/0521070058">utilisé par les russes blancs</a>, fut récupéré ensuite par les nazis. Dans ce contexte, rappelons que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Dassault">Marcel Dassault</a>, au demeurant juif et “tête de gondole” de l’industrie française, fut incarcéré à Buchenwald. Pendant toute sa vie, Dassault affirma qu’il avait été sauvé (avec d’autres) par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Paul">Marcel Paul</a>, l’un des Chefs de la résistance clandestine du camp de Buchenwald. Pour Marcel Paul, qui était membre du Comité Central du PCF, Marcel Dassault par son génie et ses qualités d’entrepreneur, représentait la future relance économique française. De ce fait tout devait être mis en place pour le protéger. C’est pourquoi <a href="http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50530">Marcel Dassault ne cessa jamais de témoigner sa reconnaissance à Marcel Paul</a>.</p><p><a href="https://www.humanite.fr/24-octobre-1934-la-naissance-du-front-populaire-nantes-555608"></a>Quant à l’invariable obsession anti-bourgeoise dont seraient atteints les communistes, l’histoire nous rappelle qu’aux cris de « Parlement pourri, politiciens véreux, régime corrompu… », des ligues d’extrême droite antiparlementaire manifestent le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_6_f%C3%A9vrier_1934">6 février 1934</a>, faisant plusieurs victimes. Dans les jours qui suivent on assiste à de nouveaux affrontements qui voient la liste des victimes s’alourdir. Cette crise qui fait vaciller la République est si forte qu’elle provoque la chute du second gouvernement Daladier. Le constat est sans appel : l’extrême droite menace la République et la patrie, aussi à la suite de ces évènements un collectif qui rassemble des intellectuels socialistes, radicaux, communistes et des syndicalistes voit le jour. Il s’appelle “<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_de_vigilance_des_intellectuels_antifascistes">Comité de vigilance des intellectuels</a>”. Ce rassemblement, qui avait donc pour dénominateur commun la lutte contre l’extrême droite, va servir de base institutionnelle à un très grand mouvement politique baptisé “Front populaire”, avec pour leitmotiv la lutte contre la misère et le fascisme. Le premier à parler de la « création d’un large front populaire » est le secrétaire général de PCF Maurice Thorez. Voilà pourquoi l’argument présenté par Onfray « les communistes français étaient prêts à tout pour détruire la bourgeoisie » ne repose sur aucun fondement. Indéniablement les communistes furent à l’origine d’une alliance avec la SFIO et les Radicaux qui représentaient une grande partie de la classe politique bourgeoise. C’est pourquoi la proposition de Thorez déboucha le 24 octobre 1934 <a href="https://www.humanite.fr/24-octobre-1934-la-naissance-du-front-populaire-nantes-555608">sur la naissance du Front populaire</a>. Cette initiative sera approuvée a posteriori par Georges Dimitrov, secrétaire général de l’Internationale communiste, qui avait compris la nécessité en 1935 de rompre avec la tactique dite <a href="https://www.humanite.fr/node/332523">«de classe contre classe»</a>. Une posture qui ne fut pas évidente pour la totalité des organisations communistes puisque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Th%C3%A4lmann">Ernst Thälmann</a>, leader du PC allemand (mort en 1944 à Buchenwald) refusa, pour des raisons <a href="https://blogs.mediapart.fr/velveth/blog/150109/il-y-a-90-ans-etait-assassinee-rosa-luxemburg">spécifiques à l’histoire allemande</a>, l’alliance avec les socio-démocrates contre Hitler.</p><p>Troisième postulat : Les communistes sont entrés en résistance après la rupture du “pacte” germano-soviétique le 22 juin 1941</p><p><a href="https://www.humanite.fr/lentree-des-communistes-dans-la-resistance-avant-le-22-juin-1941-la-preuve-par-le-sang-575005"></a>Dans notre article précédent consacré à la mémoire injustement oubliée de <a href="https://anticons.wordpress.com/2018/09/10/marie-claude-vaillant-couturier-merite-elle-aussi-le-pantheon/">Marie-Claude Vaillant-Couturier</a>, nous nous sommes attardés sur le rôle que joua l’Union des jeunes filles de France (UJFF) dans la mise en place de la future résistance communiste clandestine, du simple fait que la plupart des Communistes (hommes) aient été soit mobilisés ou incarcérés par le pouvoir politique. A l’instar de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Danielle_Casanova">Danielle Casanova</a> et Marie-Claude Vaillant-Couturier, un bon nombre de femmes organisèrent des manifestations pour la libération des prisonniers, et travaillèrent à la publication de communiqués clandestins. Il s’agissait là, tout simplement, des premiers pas de la Résistance. L’exemple le plus spectaculaire est celui de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Martha_Desrumaux">Martha Desrumaux</a>, qui est à l’origine de plusieurs arrêts de travail dans le bassin minier. Après avoir réorganisé le PCF dans la région lilloise, avec d’autres camarades, Martha lance une grève générale fin mai-début juin 1941 et, le 3 juin, 100 000 mineurs cessent le travail. Des dizaines de personnes sont fusillées, 450 sont arrêtées et parmi elles, 244 mineurs sont déportés en Allemagne. Martha Desrumaux est arrêtée le 27 août 1941 et déportée, le 28 mars 1942 à Ravensbrück. Cette femme admirable ne mériterait-elle pas elle aussi le Panthéon ? <a href="https://information.tv5monde.com/terriennes/pantheon-qui-peur-de-martha-desrumaux-215823">Panthéon : qui a peur de Martha Desrumaux ?</a> Début mai 1941 le Parti communiste français crée <a href="http://www.pcf84danielecasanova.fr/article-le-vrai-front-national-par-mathilde-filloz-106454944.html">Le Front de lutte pour la libération et l’indépendance de la France</a> (le “vrai” Front National). <a href="http://lesmaterialistes.com/non-nazisme-pas-socialisme-gabriel-peri-avril-1941">Gabriel Péri</a> devient le responsable du service de politique étrangère du journal L’Humanité dans sa version clandestine. En avril 1941, il écrit « Non, le nazisme n’est pas le socialisme ». Arrêté par la police française en mai 1941, Gabriel Péri est exécuté par les Allemands en décembre 1941. Les communistes sont donc rentrés en résistance bien avant le 22 juin 1941. Vous pouvez trouver <a href="https://www.humanite.fr/lentree-des-communistes-dans-la-resistance-avant-le-22-juin-1941-la-preuve-par-le-sang-575005">ici un complément d’information</a>.</p><p>Quatrième postulat : <a href="http://www.gauchemip.org/spip.php?article2203">Onfray</a> va jusqu’à prétendre que pendant deux années, les communistes français ont collaboré</p><p>Tout d’abord ouvrons le <a href="http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/la_collaboration/35120">dictionnaire</a> pour partir de la définition communément admise : « Collaboration : Politique de coopération avec l’Allemagne pratiquée par le gouvernement de Vichy et certains milieux politiques français sous l’Occupation (1940-1944), pendant la Seconde Guerre mondiale ». <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/vote-80.pdf">Le 10 juillet 1940</a>, l’Assemblée nationale représentée par un éventail qui va du parti socialiste à la droite donnera les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Parmi les 846 inscrits, il y aura 544 députés et 302 sénateurs. 569 votèrent oui à Pétain, 80 furent contre l’adoption et 20 s’abstinrent. Dès lors, à l’exception du PCF et de quelques autres <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale">structures</a> d’extrême gauche, les partis politiques se transformèrent tous en manufactures acquises à la Collaboration. Il faut bien comprendre que le 10 juillet 1940, le gaullisme n’existe pas encore, tant qu’au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_d%27action_socialiste">Comité d’action socialiste</a> il va se structurer progressivement au cours des années 1941 et 1942 pour déboucher en 1943 sur la SFIO clandestine. Alors bien entendu en 1940, il y a aussi dans la Résistance des gens de droite, d’extrême droite, des radicaux, des socialistes, des royalistes et tout simplement des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9moignage_chr%C3%A9tien">chrétiens</a>. Cependant cela reste très épars en 1940. La résistance de droite, centriste, ou encore socialiste, est dans cette première époque, représentée par aucun étendard. Le Parti communiste lui, fut interdit dès <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Parti_communiste_fran%C3%A7ais#Septembre_39_-_Juin_40_:_De_la_dissolution_du_Parti_%C3%A0_l'entr%C3%A9e_des_Allemands_dans_Paris">le 26 septembre 1939</a>. A cela, ajoutons que le décret-loi du 9 avril 1940 préfigurait les années de persécution des communistes de la période Pétain. Pour preuve : Présenté au Président de la République par <a href="http://pcf-1939-1941.blogspot.com/2014/03/decret-loi-du-9-avril-1940-dit-decret_26.html">le ministre SFIO Albert Sérol</a>, ce texte de loi qui fut ratifié par la droite, et la gauche au pouvoir prévoyait la peine de mort pour propagande communiste. Ce décret va donc perdurer avec l’arrivée au pouvoir de Pétain et sa fameuse « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale">Révolution nationale</a> » (juillet 1940 à août 1944), pour laquelle les Communistes, les Juifs et les francs-maçons sont tous considérés comme des traîtres à la patrie. Pour ces raisons, le PCF ne réapparaîtra dans sa forme officielle qu’après la Libération. “Collabo et interdit” ? Il fallait oser… et Onfray l’a fait. Ce dernier aurait été mieux inspiré de rencontrer <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/02/les-archives-de-la-police-sous-vichy-seront-numerisees-et-mises-en-ligne_1381904_3224.html">Françoise Gicquel</a>, Commissaire divisionnaire qui était jusqu’en 2017 responsable de la section archives de la préfecture de Police. Elle est formelle quand elle nous dit : “A son arrivée au pouvoir, en 1940, le maréchal Pétain, anticommuniste fervent, va mettre les brigades à contribution pour éradiquer l’ennemi « communo-terroriste », selon la terminologie de l’époque.”</p><p>Cinquième Postulat : les communistes ont saboté l’effort de guerre</p><p>Des historiens tels que <a href="https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1984_num_2_1_1671">Jean-Pierre Azéma</a> signalent depuis bien longtemps que les actes de sabotage « furent très peu nombreux ». Même l’anti-communiste notoire <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_fran%C3%A7ais_pendant_la_dr%C3%B4le_de_guerre">Stéphane Courtois</a> est contraint si l’on en croit Wikipédia de conclure que « le dossier sabotage est dans l’ensemble assez peu fourni, pour ne pas dire inexistant ». En 1987, Philippe Buton estime à son tour qu’il n’existe qu’un unique cas signalé dans les usines Farman. Vous admettrez que le ratio est très faible si nous prenons en considération le fait qu’en 1939, quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il y a environ 270 000 adhérents <a href="http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2015/05/1945-l-apogee-du-parti-communiste-francais-par-roger-martelli-l-humanite-8-mai-1945-l-espoir.html">communistes</a>. Aussi Onfray n’a pas d’autre choix que de s’appuyer sur un livre de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier qui prétendent avoir mis la main sur un « <a href="https://www.amazon.fr/Juin-n%C3%A9gociation-secr%C3%A8te-Jean-Pierre-Besse/dp/2708238663">document d’un exceptionnel intérêt historique</a> « . Ce carnet de notes révèle selon les auteurs l’argumentaire qui servit de base à la négociation entre Maurice Tréand, représentant du PCF, et Otto Abetz, représentant de l’occupant nazi en France. Dans ce carnet il est écrit :  » le Juif Mandel après Daladier nous a emprisonnés. Fusillé des ouvriers qui sabotaient défense nationale ». Premièrement, la date de rédaction et les circonstances de la prise de notes ne sont pas connues. Deuxièmement, il ne s’agit pas de la preuve d’un fonctionnement mais plus justement d’un épisode éphémère (si il est confirmé) qui ne concerne que très peu de personnes. Troisièmement, concernant ce sabotage, Besse et Pennetier concluent ce chapitre par une formule plutôt lapidaire qui donne à la soi-disant bombe d’Onfray des allures de pétard mouillé. Lisez vous-même : « Seule une exploitation systématique des archives départementales permettrait […] de mesurer la réalité de ces sabotages ou de ces appels à sabotages et d’en déterminer la chronologie ». Il convient également d’ajouter que cette polémique n’est pas récente puisqu’en 1949, un rapport du secrétariat du PCF alertait déjà qu’il s’agissait d’une grossière erreur, surtout eu égard au sort de leurs camarades allemands, massivement internés dès 1933 dans des camps de concentration. Selon le Professeur d’histoire Alfred Wahl, <a href="http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Parti%20communiste%20d%27Allemagne/fr-fr/">15000 communistes allemands</a> furent arrêtés pour la seule année 1935.</p><p><a href="https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/juillet-1939-journaliste-de-lhumanite-lucien-sempaix-fusille-1941-nazis-denoncait-collusion-temps-figaro-services-allemands/"></a>Il est important de savoir que le 18 juillet 1939 dans l’Humanité, <a href="https://www.initiative-communiste.fr/tag/lucien-sampaix/">Lucien Sampaix</a> (fusillé le 15 décembre 1941 par les nazis), dénonce en une du journal la connivence entre des responsables nazis (en particulier l’ambassadeur d’Allemagne à Paris, Otto Abetz) et des journalistes du Temps et du Figaro. “Ils battent, écrit Sampaix, les records de l’impudence “. Ainsi de « l’espion Aubin », « découvert au Temps, où il jouait un rôle important. Ce traître avait livré à Hitler des documents sur notre Défense nationale. Pour son acte infâme, il avait reçu la somme de 3 500 000 francs » (environ 5 300 euros). Quant au journaliste du Figaro accusé des mêmes faits, il aurait touché, lui, un million de francs (1 500 euros). Ces mêmes journalistes vont faire traduire le secrétaire général de l’Humanité Lucien Sampaix devant la 12e chambre correctionnelle de la Seine. Le 28 juillet 1939, l’Humanité écrit “loin de se placer sur la défensive, il établit un véritable réquisitoire contre les agents directs et indirects de Hitler en France”. S’ensuit la plaidoirie des avocats. Après une heure de délibéré, les juges relaxent Lucien Sampaix. Le lendemain, l’Humanité titre sa chronique: “Acquittés ! l’Humanité et <a href="https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/juillet-1939-journaliste-de-lhumanite-lucien-sempaix-fusille-1941-nazis-denoncait-collusion-temps-figaro-services-allemands/">Lucien Sampaix</a> avaient donc raison.”</p><p>Pour être complet sur l’influence d’Otto Abetz, nous devons aussi nous intéresser au <a href="http://www.karimbitar.org/lambauer">Comité France-Allemagne</a>, un cercle d’influence à la solde de l’Allemagne nazie qui influençait la société française sous le prétexte d’échanges culturels. Cette fondation accueillait en son sein une liste de personnalités prestigieuses parmi lesquelles nous retrouvons le commandant L’Hôpital, ancien officier d’ordonnance du maréchal Foch, ou ses vice-présidents Ernest Fourneau, de l’Académie de Médecine, et Gustave Bonvoisin, directeur général du Comité central des allocations familiales, ou encore le journaliste diplomatique Fernand de Brinon. En 1938, juste après les Accords de Munich, ce comité par l’intermédiaire d’Otto Abetz va servir de plateforme au Ministre des affaires étrangères allemand Joachim von Ribbentrop en déplacement diplomatique à Paris, pour signer un accord franco-allemand. A cette occasion, <a href="https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2002-1-page-55.htm">L’Union fédérale des anciens combattants</a> qui était partie prenante de cette opération, déclarera dans un bref mais explicite communiqué : « La persécution antijuive en Allemagne suscite la protestation de nos consciences, mais elle ne saurait interdire un accord franco-allemand politique et économique ». Le Comité donnera un <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7590018s/f2.image.r=%20comit%C3%A9%20France%20Allemagne%20%20.langFR">déjeuner</a> en l’honneur de Von Ribbentrop, auquel assisteront l’épouse du ministre des affaires étrangères Georges Bonnet (qui votera les pleins pouvoirs à Pétain), Anatole de Monzie (qui votera les pleins pouvoirs à Pétain), Charles de Pomaret (qui votera les pleins pouvoirs à Pétain), et les représentants d’Édouard Daladier, Président du Conseil. Seuls les communistes, les royalistes, et quelques personnalités de droite s’insurgeront contre l’activité du Comité France-Allemagne.</p><p>La Collaboration signifiait donc beaucoup plus que simplement d’essayer de faire vivre légalement un journal. La collaboration c’était avant tout voter les pleins pouvoirs à Pétain à un moment clé de la politique française, comme nous venons de le voir. Et si L’Huma est finalement resté clandestin jusqu’à la fin de la guerre, ce ne fut pas le cas de journaux tels que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Croix">La Croix</a>, qui continuera de paraître jusqu’au 21 juin 1944, ou du journal <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Figaro">Le Figaro</a> qui paraîtra jusqu’en novembre 1942.</p><p>Sixième Postulat : Guy Môquet était le contraire d’un résistant</p><p>Onfray, inspiré par un livre de Jean-Marc Berliaire et Franck Liaigre, titre la chronique qui jusque là nous sert d’étude “<a href="https://blogs.mediapart.fr/jcg/blog/151111/quand-michel-onfray-se-pique-de-parler-pour-lhistoire-contre-guy-mocquet-les-ar">Guy Môquet, le contraire d’un résistant</a>”. En substance selon Onfray « Guy Môquet ne fut pas résistant, il est le fils d’un cheminot qui doit son ascension sociale au Parti Communiste auquel il voue un culte. (…) Le PCF obéit à la décision de Staline. (…) Les tracts distribués par Guy Môquet n’appellent pas à la résistance : ils épargnent les nazis, accablent les capitalistes français, justifient le pacte germano-soviétique, attaquent l’Angleterre et les Anglais, insultent de Gaulle, font de l’URSS le pays de la liberté et de la démocratie. Onfray ajoute “Guy Môquet est arrêté par la police de Vichy le 13 octobre 1940, non pas comme résistant, mais comme communiste stalinien appelant à pactiser avec l’occupant nazi.”(…) … avec l’assentiment du général de Gaulle… Guy Môquet fut un moment idéal dans le dispositif légendaire communiste.”</p><p>1/ Tout d’abord, essayons de suivre Onfray dans sa logique : Guy Môquet collabore c’est certain, et du fait qu’il collabore, il est arrêté par la police de Vichy qui cela va de soi collabore elle aussi. Toujours aussi logique, pour féliciter ce jeune homme de 17 ans qui collabore et qui donc adhère corps et âme au projet nazi, les Allemands le fusillent le 22 octobre 1941.</p><p>2/ « Les tracts distribués par Guy Môquet n’appellent pas à la résistance : ils épargnent les nazis, accablent les capitalistes français » nous dit Onfray qui oublie, volontairement ou pas, de dire que les grands patrons français (donc les capitalistes) de la chimie, de la sidérurgie, de la métallurgie, de l’automobile, de l’aéronautique, du pétrole, des charbonnages ont collaboré massivement et consciemment au réarmement de l’Allemagne hitlérienne. « <a href="https://www.humanite.fr/culture/plutot-hitler-que-le-front-populaire-555149">Plutôt Hitler que le Front populaire</a> » était le mot d’ordre des capitalistes français. Comprenons également qu’en 1940 il n’y a pas de consignes de ralliement. Insidieusement Onfray a donc recours à des anachronismes. Il faut attendre 1941 et Jean Moulin pour percevoir <a href="http://www.france-libre.net/unification-resistance/">l’unification de la Résistance intérieure</a>. Et en France cette convergence fut en grande partie favorisée par le fait que <a href="http://cercle.jean.moulin.over-blog.com/tag/guerre%20d%27espagne/">Jean Moulin</a> avait agi dans la clandestinité quelques temps auparavant pour aider les Républicains espagnols, nous y reviendrons.</p><p>3/ Onfray associe Guy Môquet à Staline. Or Guy Môquet ne fait pas l’apologie de Staline, mais seulement les éloges du socialisme dont l’ADN puisé chez Marx est « Prolétaires de tous les pays unissez vous », une formule qui est à l’origine d’une autre formule « le soldat allemand n’est pas votre ennemi ». Dans le contexte l’ennemi c’est avant tout le capitalisme qui a permis à Franco et Hitler d’arriver au pouvoir. En revanche l’ADN du nazisme c’est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mein_Kampf">Mein Kampf</a> et sa théorie des races, ce que les tenants du capitalisme qui ont favorisé l’ascension d’Hitler ne peuvent pas ignorer dès les années 1930. Autre escroquerie: Staline sert dans le cas présent de point Godwin à Onfray. Il est implicitement présenté comme la figure du mal. Certes, mais le <a href="https://www.herodote.net/24_fevrier_1956-evenement-19560224.php">Rapport Khrouchtchev</a> qui incrimine Staline date de 1956. Et jusque dans les années 50, la plupart des intellectuels et artistes sont <a href="https://teleobs.nouvelobs.com/la-selection-teleobs/20130419.OBS6371/les-artistes-et-le-parti.html">des compagnons de route du Parti communiste</a>, et a posteriori il ne viendrait à l’idée de personne de les traiter de “staliniens”.</p><p></p><p>4/ Les fameux tracts de Guy Môquet attaquent l’Angleterre, insiste Onfray. Visiblement sur ce point il joue sur le fait que rétrospectivement le lecteur associe inconsciemment l’Angleterre à Churchill, symbole de la Résistance à Hitler. Mais Onfray, qui a décidément une sérieuse tendance à décontextualiser, semble ignorer que le père de Guy est arrêté en octobre 1939, et que Guy est arrêté en octobre de l’année suivante, c’est-à-dire en plein dans la période où l’homme du Traité de Munich <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Neville_Chamberlain">Neville Chamberlain</a> vient à peine de terminer son mandat de chef du gouvernement. Bien avant Guy Môquet, le premier à avoir traité Chamberlain de traître c’est finalement… <a href="http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/winston-churchill-bons-mots-piques-et-saillies-08-10-2011-1382196_53.php">Winston Churchill</a> lui même, juste après les accords de Munich. Souvenons-nous en aussi, car à l’instar des louanges accordées par Onfray aux éditions Larousse, c’est aussi dans tous les bons livres d’Histoire : “Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. » Churchill qui nous l’avons vu, justifia lui aussi le “Pacte” germano-soviétique. Mais du contexte, Onfray n’a que faire : En 1936 <a href="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.fndirp.asso.fr/juillet%25201936.htm&amp;title=%C2%AB%C2%A0Sur%20le%20chemin%20de%20l%27engagement%C2%A0%C2%BB%2C%20%C2%AB%C2%A0Le%20Patriote%20r%C3%A9sistant%C2%A0%C2%BB">Prosper Môquet</a> est alors Député Front Populaire. Il se déplace à Hendaye avec toute sa famille pour assurer la liaison avec ses camarades communistes espagnols qui se battent pour obtenir la République. Dans la même période le gouvernement britannique de Stanley Baldwin décide de ne pas intervenir en faveur des Républicains, avec pour prétexte un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Non-intervention_(guerre_d%27Espagne)">accord de non-intervention</a>. Accord pour le moins hypocrite qui fut totalement ignoré par l’Allemagne d’Hitler et l’Italie de Mussolini, qui fournirent de l’armement à Francisco Franco et ses forces nationalistes. En 1937, Chamberlain deviendra le nouveau Premier Ministre et poursuivra la politique de son prédécesseur. Dans la roue du gouvernement Daladier, en mars 1939 Chamberlain reconnaît inconditionnellement <a href="https://www.theguardian.com/century/1930-1939/Story/0,,102943,00.html">les autorités franquistes</a> en tant que gouvernement légal de l’Espagne, signant ainsi l’arrêt de mort de la République espagnole. A cette époque, Joachim Von Ribbentrop (condamné à mort à Nuremberg) <a href="http://seconde-guerre-mondiale.over-blog.com/2018/03/neville-chamberlain-le-fils-de-joseph-chamberlain-et-le-frere-d-austin-chamberlain-est-ne-en-1869-un-de-ses-cousins-se-souvient-plus">considérait M. Chamberlain</a> comme un pro-allemand. Dés lors, comment ne pas comprendre que Guy Môquet, en septembre 40, alors âgé de 16 ans, dont le père Prosper Môquet vient d’être incarcéré avec 44 autres Députés par l’Etat français pour délit d’opinion, ne porte pas vraiment dans son coeur l’Angleterre très droitière et colonialiste de Baldwin et Chamberlain, qui a capitulé à Munich devant Hitler seulement un an avant <a href="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.fndirp.asso.fr/juillet%25201936.htm&amp;title=%C2%AB%C2%A0Sur%20le%20chemin%20de%20l%27engagement%C2%A0%C2%BB%2C%20%C2%AB%C2%A0Le%20Patriote%20r%C3%A9sistant%C2%A0%C2%BB">l’arrestation de son père.</a></p><p>5/ Onfray dépeint de Gaulle complice des communistes en 1944 pour faire de Guy Môquet un résistant alors qu’il était en fait collabo. C’est grotesque une fois de plus car ce furent plutôt les hauts fonctionnaires et les patrons les grands bénéficiaires de <a href="https://www.humanite.fr/node/145498">la mystification de l’après-guerre</a>. La preuve que de Gaulle fut touché par l’histoire de Guy Môquet est peut-être dans <a href="http://www.amicale-chateaubriant.fr/article.php?id_article=63">ce courrier</a> qu’il envoya à Prosper Môquet après le décès de la maman de Guy : “Mon cher Môquet, De tout cœur, je m’associe à votre chagrin. Je ne vous ai pas oublié depuis Alger, et je n’ai certes, pas perdu le souvenir de votre jeune fils Guy, mort si bravement et cruellement pour la France. Madame Moquet, elle aussi prit part à notre combat. Veuillez croire, mon cher Môquet, à mes sentiments bien cordiaux et très attristés. Signé : Ch. De Gaulle.” Ce courrier date de 1956, et nous voyons mal de Gaulle continuer à jouer la comédie par l’entremise d’un message aussi intime 12 ans après la libération.</p><p>A ceux et celles qui seraient tentés de croire Onfray lorsqu’il dit que Guy Môquet et ses compagnons n’étaient pas des patriotes, <a href="http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/guy-moquet">les Archives Nationales</a> nous indiquent que le 22 octobre 1941, les vingt-sept otages furent fusillés en trois groupes dans la carrière de la Sablière, à la sortie de Châteaubriant. Ils avaient refusé qu’on leur bande les yeux et, dans leur dernier souffle, ils crièrent « Vive la France ». <a href="https://www.liberation.fr/france/2007/10/22/la-lettre-de-guy-moquet-le-texte-integral_12258">La lettre intégrale de Guy Môquet</a> avant sa mort témoigne d’elle-même, pour ceux qui croiraient encore Onfray lorsqu’il dit que Guy Môquet était un fanatique.</p><p>L’escroquerie Onfray va jusqu’à nier la mobilisation des militants, des cadres et des jeunes communistes dès juin 1940.</p><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=IPWMnZo0avE">Un jour avant de Gaulle</a>, <a href="https://www.humanite.fr/node/811">Charles Tillon</a>, membre du Comité Central du PCF, lance l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Appel_du_17_juin_1940">Appel du 17 juin 1940</a>. Sans détour Tillon écrit : « Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie… Et maintenant, ils livrent la France. Ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler, livrer le pays entier au fascisme. Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme ». Dans la foulée, le 21 juin 1940, les résistantes communistes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudine_Chomat">Claudine Chomat</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Danielle_Casanova">Danielle Casanova</a> annoncent à Charles Tillon qu’il est désigné pour succéder à Benoît Frachon à la tête du parti en zone Sud. <a href="https://www.humanite.fr/node/83339">Le 10 juillet 1940</a> c’est au tour de Jacques Duclos et Maurice Thorez d’appeler au nom du Parti communiste français le peuple français à ne pas s’agenouiller «devant une équipe de valets prêts à toutes les besognes… C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale.» Rappelons le préambule de ce chapitre : Ce même jour, le 10 juillet 1940, à une écrasante majorité, les députés et sénateurs donnaient les pleins pouvoirs à Pétain…</p><p>Le mot d’ordre des cadres du parti fut parfaitement suivi par les étudiants communistes puisque <a href="https://www.humanite.fr/node/12441">la première manifestation anti-collaboration et antinazie</a> du 11 novembre 1940 fut impulsée à la suite d’une autre manifestation au Quartier latin le 8 novembre 1940. <a href="https://www.humanite.fr/node/231156">Suzanne Djian</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Cohen_(journaliste)">Francis Cohen</a> et <a href="https://www.humanite.fr/node/12441">François Lescure</a> tous les trois membres d’un triangle clandestin de l’Union des étudiants communistes furent sans nul doute des instigateurs majeurs de cette initiative qui à l’origine fut motivée par l’incarcération par la Gestapo du physicien et humaniste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Langevin">Paul Langevin</a> qui deviendra en 1944 membre du PCF. Ce rassemblement composé d’un panel de personnes venues de tous les horizons politiques manifesta sur le boulevard Saint Michel aux cris de «Vive la France», «Libérez Langevin», «A bas Pétain et Hitler». Pour l’occasion les Jeunesses Communistes de la Région Parisienne éditeront un tract rassembleur dont l’original est conservé au <a href="http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/editeur/Etudiant%20pdf%2011%20novembre%201940.pdf">Musée de la Résistance</a>.</p><p>L’escroquerie Onfray nous amène insidieusement à penser que la Résistance débute seulement à partir du moment où l’insoumission devient spectaculaire avec les actions de sabotage et la lutte armée</p><p>Toute formation politique, qui plus est clandestine, ne peut pas passer de la vitesse 1 à la vitesse 4 en éclipsant les vitesses 2 et 3. Les Communistes ont donc dû surmonter plusieurs difficultés liées à l’isolement. Nous avons vu en exergue que beaucoup étaient mobilisés dès 1940 alors que d’autres soit avaient été emprisonnés, soit étaient entrés dans la clandestinité et cela depuis 1939. De ce fait, les premières structures (<a href="http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Organisation%20sp%C3%A9ciale/fr-fr/">Organisation spéciale</a>) créées en octobre 1940 et mises en place par la direction du PCF, avaient pour principale vocation la récupération d’armes, d’explosifs, la distribution de tracts et le collage d’affiche. Au niveau local, la base de ces <a href="http://histoire-et-genealogie.over-blog.com/2015/06/les-francs-tireurs-et-partisans-francais-3.html">organisations</a> se composait de simples unités de trois militants agissant en “triangle”. Le 3 avril 1941, l’ordre fut donné par la direction du PCF de se regrouper pour créer un mouvement national que l’on baptisera ainsi que déjà mentionné <a href="http://www.pcf84danielecasanova.fr/article-le-vrai-front-national-par-mathilde-filloz-106454944.html">Front National</a> (de la Résistance). Dès lors, la Résistance communiste sera impulsée par un autre type de résistant dont beaucoup de leaders eurent la particularité d’être jeunes et quelquefois aguerris à la lutte armée puisque beaucoup d’entre eux avaient participé à la guerre d’Espagne au sein des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigades_internationales">Brigades internationales</a> aux côtés des Républicains contre les rebelles nationalistes. Parmi ces résistants nous retrouverons de nombreux communistes : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Rol-Tanguy">Henri Rol-Tanguy</a> (responsable FFI de Paris en 1944), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Georges">Pierre Georges</a> (alias « colonel Fabien »), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Artur_London">Artur London</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Lamant">Marcel Lamant</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Langer_(1903-1943)">Marcel Langer</a>, ou encore <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Epstein">Joseph Epstein</a> (surnommé « colonel Gilles »).</p><p>Si nous concédons à Onfray que l’attaque allemande contre l’Union soviétique fut pour beaucoup un motif supplémentaire pour entrer en Résistance, il nous semble important de rappeler ici trois autres <a href="http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/bac/2GM/sujets/02resistance.htm">facteurs</a> secondaires qui ont favorisé l’insoumission: 1/ L’établissement du Service du travail obligatoire (STO) qui a poussé certains réfractaires en septembre 1942 à rejoindre les maquis. 2/ L’invasion de la zone Sud par la Wehrmacht en novembre 1942. 3/ La capitulation de la VIe Armée allemande à Stalingrad qui stoppa le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht. Ajoutons que dès juin 1941 les actes de Résistance spectaculaires furent favorisés par la diminution des <a href="http://siteedc.edechambost.net/Paxton/Annexe_effectifs.htm">effectifs allemands</a> sur le sol français, beaucoup de divisions (les meilleures) rejoignant le Front de l’Est après le début de la première contre-offensive soviétique.</p><p>Conclusion : </p><p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k879173n/f1.item.zoom"></a>N’en déplaise à Michel Onfray, dès septembre 1939, en expédiant de facto le PCF dans la clandestinité, le décret Sérol a par la même occasion poussé les Communistes à constituer la première force de Résistance à l’occupant. Pour appréhender au mieux l’histoire de la Résistance communiste, il est impératif de comprendre que la mécanique a pris forme dans l’ascension de paliers successifs. L’insoumission, communiste ou pas, fut bien plus manifeste et plus visible en 1945 qu’en 1940. Il serait illusoire de penser ou de prétendre que les groupes de Résistants purent déclencher une phase de Résistance accrue voire coordonnée sans avoir au préalable défini un plan de route cohérent. S’il n’est pas question pour nous de glorifier le PCF, qui a pris quelquefois des décisions discutables, nous estimons qu’au regard de l’attitude des autres formations politiques françaises, le bilan du PCF durant les années d’Occupation est plus qu’honorable. Au final, pour s’en convaincre il nous suffit de reprendre la biographie des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:R%C3%A9sistant_communiste_fran%C3%A7ais">Résistants communistes français</a>.</p><p>C’est pourquoi la méthode utilisée par Onfray, qui consiste à sélectionner astucieusement des anecdotes, des faits mineurs ou bien des erreurs de jugement dans un contexte difficile, s’apparente à du révisionnisme. Sous couvert de contre-histoire, notre homme qui ne revient jamais à la première cause d’un problème, s’évertue à faire oublier des éléments prépondérants de l’Histoire en focalisant l’opinion sur des semblants de preuves collectées le plus souvent ici et là par le ouï-dire. En conséquence le but de Michel Onfray n’est ni plus ni moins que de réorienter le récit historique.</p><p>Et le Révisionnisme anti-communiste s’inscrit dans une tradition plus ancienne communément appelée « contre-révolution ». Depuis la Révolution française, les contre-révolutionnaires se sont opposés à tous les groupes politiques à l’origine des processus d’émancipation susceptibles de changer fondamentalement les sociétés. Mais pour être efficace, il faut avancer masqué. Pour cela quoi de plus adapté que le costume de l’observateur irrévérencieux et iconoclaste qui égratigne ça et là le paysage politique, gauche et droite confondues.</p>
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	<pubDate>Wed, 07 May 2025 18:10:25 +0000</pubDate>
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