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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Monde]]></title>
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	<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 20:11:19 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’infériorité quasi ontologique du Juif dans la psyché arabo-musulmane paraît difficile à dépasser.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"On peut considérer sans grand risque, et entre gens raisonnables, que la solution à deux États paraît la moins mauvaise des solutions. Voire la plus logique. Mais voilà près de quatre-vingt-dix ans déjà qu’on le dit car, a contrario des idées reçues, la partie arabe a refusé depuis 1937, et à six reprises, le partage de la Palestine en deux États. Refus du plan Peel en juillet 1937, refus du Livre blanc britannique de mai 1939 qui prévoyait pourtant l’indépendance de la Palestine dans un délai de dix ans. Refus de la résolution 181 des Nations unies du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine en deux États. Et trois « non » successifs à la proposition d’un État palestinien au côté d’Israël émise par les premier ministre israélien Ehud Barak en 2000 et 2001 et Ehud Olmert en 2007. Le projet de 2001 rétrocédait aux Palestiniens 95% du territoire de la Cisjordanie et acceptait le principe d’une cosouveraineté sur Jérusalem. Tout se passe comme si accepter l’État palestinien revenait, de fait, à accepter le fait national israélien et c’est là que le bât blesse pour une grande part de l’opinion arabe qui ne souhaite qu’un seul État. Mais à la place d’Israël.</p>

<p>Pourquoi cet État de Palestine réclamé aujourd’hui comme le remède à tous les maux de la région n’a-t-il pas vu le jour entre 1949 et 1967, en Cisjordanie et à Gaza où il n’y avait alors ni Juif ni Israélien ? Deux territoires dont nul ne disait à cette époque qu’ils étaient palestiniens et qui ne le sont devenus qu’avec l’occupation israélienne de juin 1967. Maintes fois posée, cette question demeure sans réponse.</p>

<p>Comprendre ces blocages implique d’en référer à la place du Juif dans l’économie psychique du monde musulman où, par-delà l’abolition de la dhimma, cette condition minorée et dominée perdure dans les esprits. Quand un système de croyances s’effondre, il ne disparaît pas mais prend d’autres formes, et à cet égard, l’infériorité quasi ontologique du Juif dans la psyché arabo-musulmane paraît difficile à dépasser.</p>

<p>Depuis 1948 toutefois, elle est durement démentie par un État d’Israël souverain dont l’armée inflige défaite sur défaite à des musulmans. Au sens premier du terme, c’est là un impensable qui rend compte de déclarations outrancières, mais sincères sur le fond, balançant entre le déni de réalité (« l’entité sioniste ») et les appels sans filtre à la destruction de l’État juif. Un conflit prend sa source dans les mentalités sédimentées qui constituent son substrat culturel le plus profond. C’est là qu’en commence l’analyse. [...]</p>

<p>Dans une époque sans projet collectif structurant, convoquer le combat des grands ancêtres semble donner sens à une réalité médiocre. Mais la « reductio ad <br />Hitlerum » est aussi le signe d’une inculture historique et d’une paresse intellectuelle quand, au lieu de penser à nouveaux frais une réalité nouvelle (le présent par définition étant ce qui n’a jamais été vécu), on plaque sur elle des schémas anciens en prenant le risque de ne rien comprendre ni au présent que nous vivons ni au passé que l’on convoque.</p>

<p>C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’usage du mot génocide à propos du conflit à Gaza. Mais pas seulement car l’usage de ce mot, dès qu’il s’agit d’Israël, est aussi ancien que l’État d’Israël lui-même. En France par exemple, c’est dès 1948 que la vieille extrême droite collaborationniste qui commence à redresser la tête, accuse l’État d’Israël par la voix de Maurice Bardèche de « génocide contre les Arabes ». Pour autant, la matrice principale de cette accusation est ailleurs, dans la propagande soviétique communiste mâtinée de vieil antisémitisme russe (cf. le procès Slansky tenu à Prague en novembre 1952 où 9 des 12 accusés, tous juifs, étaient accusés de « sionisme cosmopolite », et à Moscou même, en 1952-1953, le <br />« complot dit des Blouses blanches ») qui publie à partir de 1950, dans une multiplicité de langues, des millions de brochures « antisionistes » où « le sionisme de Tel-Aviv » (sic) est accusé de mettre ses pas dans ceux du nazisme.</p>

<p>La rhétorique arabe reprend à son compte cette accusation délirante tout en accueillant à bras ouverts, en Syrie et en Égypte en particulier, les anciens nazis devenus conseillers en matière de répression. À l’image d’Aloïs Brunner, dernier commandant du camp de Drancy, qui assiste le Syrien Hafez el-Assad dans ses œuvres de mort.</p>

<p>Les plus incultes, qui voient dans l’antisionisme une idéologie « progressiste », ignorent sans doute que l’antisionisme apparaît dès la tenue du premier congrès sioniste (Bâle, 1897) dans les milieux nationalistes d’extrême droite et cléricaux intégristes. Après la Grande Guerre et jusqu’en 1945, le nazisme et le IIIe Reich se font les champions de l’antisionisme comme le montre l’idéologue Rosenberg dès 1920 et Hitler lui-même dans Mein Kampf en 1925. Hitler, qui promet à plusieurs reprises qu’avec lui jamais un État juif ne verra le jour. À l’inverse, c’est à Paris qu’est créée fin 1946 la Ligue française pour la Palestine libre (au sens d’un État juif), qui compte parmi ses membres Jean-Paul Sartre, Jules Romains, Vercors, Raymond Aron, Simone de Beauvoir, Paul Claudel, Vladimir Jankélévitch, Louis Jouvet, Emmanuel Mounier, André Breton, Paul Éluard, François Mauriac, Maurice Merleau-Ponty et Raymond Queneau. [...]</p>

<p>Si aujourd'hui, la « reductio ad Hitlerum » se fait au détriment des Juif, c’est moins un paradoxe qu’une évolution logique que l’on voit ici à l’œuvre quand il s’agit de retourner notre culpabilité contre les Juifs dont la seule présence rappelle le crime commis par nos ascendants. Cette culpabilité est lourde à porter. Accuser les Juifs d’aujourd’hui d’un crime dont leur peuple a failli périr tout entier, c’est une habile façon de se débarrasser de ce poids moral. [...]</p>

<p>Les références aux années 1930 ou à la Seconde Guerre mondiale omniprésentes dans le débat public traduisent en premier lieu une perte de repères et réfère à un processus plus large de dépolitisation qui transforme l’histoire en tribunal et l’historien en procureur. En réalité, c’est tout le champ du politique qui migre aujourd’hui vers le terrain d’un moralisme fadasse, cette posture du bien dans laquelle se fige une conscience fière d’elle-même. Ces dernières semaines, le conflit israélo-arabe a donné lieu à la publication de nombreuses tribunes où des « Juifs sublimes » venaient dire combien l’action de l’armée israélienne à Gaza avait <br />« endolori leur judaïsme ». Mais sans nous dire comment venir à bout d’une organisation islamiste totalitaire et de nature génocidaire qui use de sa population civile pour protéger ses armes. À ce sujet, tout a déjà été dit et documenté ad nauseam, mais apparemment en vain. Car la situation était piégée dès le 8 octobre et l’État d’Israël ne pouvait pas éviter ce piège. Qu’il attaque ou non, il avait déjà perdu la bataille de l’opinion face au Hamas qui espérant de son côté le plus de victimes civiles possible, savait qu’il entraînerait l’État juif dans sa chute et dégraderait son image internationale. Cela, tout le monde le sait aujourd’hui. D’où cette question : pourquoi chez certains, le besoin ostentatoire de vertu, par souci de posture sociale, a-t-il contribué à occulter la complexité de cette guerre ? [...]</p>

<p>Alors qu’il y a cinquante ans, la Shoah existait à peine dans la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui le conflit mondial est souvent ramené à la Shoah. C’est un écran au double sens du terme qui permet de voir en même temps qu’il empêche. Cette tyrannie de la mémoire dont parlait souvent Pierre Nora contribue à rendre notre présent plus opaque encore. C’est ainsi qu’à propos du Rassemblement national, on convoquera sur-le-champ le régime de Vichy, et qu’à propos de Giorgia Meloni, on évoquera le fascisme italien. Récemment, un de ces « Juifs sublimes » écrivait de Netanyahou qu’il était l’héritier de Menahem Begin, et ce dernier de Jabotinsky, celui-là même, expliquait-il, dont les militants s’entraînaient jadis dans une base navale de l’Italie fasciste. CQFD. Netanyahou est donc bien l’héritier de la <br />« marche sur Rome » de 1922. Cette stupidité généalogique enferme dans les racines quand la vie, elle, les transcende pour prendre le visage d’identités en mouvement. [...]</p>

<p>L’accusation réitérée de génocide lancée contre l’État d’Israël est inséparable de la vieille accusation de déicide. À ce grief des temps religieux correspond dans les temps séculiers le crime suprême de génocide, deux crimes qui vous excluent de l’espèce humaine.</p>

<p>Seule l’histoire de la longue durée permet de comprendre que la menace existentielle qui pèse sur l’État d’Israël est la même depuis 1948, et que depuis cette date elle n’a qu’une seule cause, indéfiniment répétée et indéfiniment masquée, le refus arabe d’une souveraineté juive sur une partie de cette terre. Ce refus a beau être maquillé de mille façons et déguisé en combat anticolonialiste et progressiste, il reste un combat raciste au sens de l’impossibilité d’accepter les Juifs sur un plan d’égalité. Un combat « sudiste » (Nathan Weinstock) incapable d’accepter l’émancipation des anciens dominés. Un combat injuste quand celui qui a tout dispute des miettes de territoire à un peuple qui n’a rien.</p>

<p>L’histoire désaliène quand elle met à nu la formidable inversion qui caractérise ce conflit et qui, à ce titre, mérite notre admiration. Quand l’agresseur est grimé en agressé, quand le colonisateur est grimé en colonisé et quand le partisan de la dhimma (cf. l’article 31 de la Charte du Hamas) est maquillé en victime de l’ <br />« apartheid israélien ». Alors qu’au terme d’une sourde purification ethnique, il ne reste aujourd’hui quasiment plus de Juifs dans le monde arabe. On retrouve cette inversion dans l’histoire de la démonologie antisémite quand ce « peuple d’élite » accusé de dominer le monde comme l’assuraient les Protocoles des Sages de Sion  (1903), est anéanti quarante ans plus tard à Treblinka comme un « pauvre <br />troupeau ». C’était donc ça les « maîtres du monde » ? Des foules sérialisées et anéanties plongées dans une déréliction sans appel.</p>

<p>C’est la même inversion à laquelle on assiste aujourd’hui entre une puissance grimée en « colonialiste génocidaire » et la réalité d’un îlot de peuplement juif menant un combat existentiel au cœur d’un Proche-Orient arabe et musulman. Un État accusé de génocide quand c’est précisément le crime qu’on rêve de lui faire subir comme le montrent les déclarations des chefs du Hamas. Et du régime iranien. Mais le réel ici n’a plus de prise, il n’a même plus aucune importance, car <br />« l’important n’est pas ce qui est vrai, mais ce qui est cru » (Talleyrand). Le vrai a disparu pour laisser place au bien.</p>

<p>L’histoire aide à comprendre à la condition de ne pas commencer l’étude d’une situation par la fin. Ici par la désolation de Gaza en 2025. Mais de partir du milieu du dix-neuvième siècle quand le sursaut hébraïque (et national) venu de la Palestine ottomane (rejoint par le mouvement sioniste né en Europe orientale), se voit opposer un refus inentamé et quasi inentamable d’émancipation sur la terre des ancêtres. Un refus déguisé aujourd’hui en combat anticolonial.</p>

<p>Peut-être étudiera-t-on demain comme un cas d’école cette inversion de la réalité telle qu’on la voit à l’œuvre dans les systèmes totalitaires. En 1933, au plus fort de l’Holodomor, le quasi-génocide par la faim organisé en Ukraine par le Parti communiste de l’URSS, le premier responsable de cette catastrophe, Joseph Staline, évoquait devant le comité central de son parti « l’homme, ce capital le plus <br />précieux ». Si l’histoire, dont Paul Valéry se méfiait au plus haut point, a quelque fonction, c’est au moins celle-là, démonter les supercheries du loup déguisé en agneau et du combat réactionnaire déguisé en lutte anticoloniale de libération."</p>

<p>Georges Bensoussan, propos recueillis par Alexandre Devecchio, pour Le Figaro, le 26 juin 2025.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 07:41:44 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Emmanuel TODD :&quot;L’Europe a choisi la guerre.&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>MERCI #vincenthoudou </p>

<p>Une interview magistrale d’Emmanuel Todt</p>

<p>Chaque jour, je prie pour que les Russes ne s’énervent pas.</p>

<p>Je la recommande vivement !</p>

<p>L’Europe a choisi la guerre. C’est une guerre curieuse, en partie imaginaire, c’est-à-dire qu’elle ne mourra pas, mais qu’elle fournira aux Ukrainiens tout ce dont ils ont besoin pour tuer le plus de Russes possible. Il semble que l’Europe et les États-Unis aient décidé de se battre jusqu’au dernier Ukrainien. Chaque jour, je prie pour que les Russes ne s’énervent pas. Je pense que les Russes sont intelligents, je pense que les Iraniens sont intelligents, je pense que les Chinois sont intelligents, et je pense qu’ils ont compris les règles du jeu qu’ils doivent jouer. Donc, logiquement, ils devraient jouer pour l’effondrement du système ennemi afin d’être tranquilles, dit l’historien, démographe et anthropologue français Emmanuel Todt.</p>

<p>Et plus encore :</p>

<p>- L’Ukraine est finie. C’est un pays qui n’existera pas. L’Ukraine est un pays qui disparaîtra à long terme. La grande différence entre les Occidentaux et les Russes, c’est qu’ils n’ont pas la même conception du temps. C’est-à-dire que les Russes pensent à long terme, comme des historiens du temps long. Maintenant, les Russes attendent la crise finale de l’Union européenne. Et dès que l’Union européenne entrera en crise – cela pourrait être une crise de pays à pays ou au sein de différentes sociétés –, le régime ukrainien sera livré à lui-même, il s’effondrera et ce sera la fin de l’Ukraine, de l’Ukraine telle que nous la connaissons.</p>

<p>- Ce que les gens voient, c’est que la Russie est entrée en Ukraine, qu’il y a eu une invasion et je comprends pourquoi les gens réagissent comme ça, c’est-à-dire qu’il y a une visibilité directe de l’invasion. Mais la réalité, la raison de cette invasion, c’est que les Ukrainiens voulaient reconquérir tout le Donbass, qui, bien sûr, se trouvait dans les frontières administratives de l’Ukraine soviétique, mais qui était peuplé de Russes. Par conséquent, en termes ethnopolitiques, nous, les Occidentaux, soutenons une guerre agressive. En Iran, les États-Unis sont l’agresseur. D’abord, ils ont envoyé les Israéliens, ensuite ils y sont allés avec les Israéliens, mais la réalité, c’est qu’il y a un Occident malade, extrêmement violent, qui vit très mal son déclin global en tant que puissance économique et qui se comporte de manière très dangereuse. Mais l’idée qu’il faille prier Poutine, les dirigeants iraniens et les Chinois de rester calmes reste quand même très étrange.<br />------<br />La première étape de l’analyse, c’est que nous sommes effectivement passés à un système oligarchique. Il est vrai qu’il y a des gens très riches, très protégés. En fin de compte, faire la guerre économiquement à la Russie, c’est recréer les problèmes qui ont été créés pour les « gilets jaunes » avec l’augmentation de l’accise sur le carburant, mais maintenant en mettant des gens qui sont au bord de la survie dans une situation où ils vont mourir. Mais avoir des classes dirigeantes qui nous gardent et nous jettent dans le conflit, nous y maintiennent, contre tous nos intérêts, en nous privant d’abord de l’énergie russe, puis de l’énergie du golfe Persique, et qui s’en fichent et obéissent aux Américains, parce que l’idée d’une dissidence européenne est une blague, l’OTAN est toujours dirigée par les Américains, c’est un jeu de marionnettes, une marionnette c’est l’OTAN, une autre marionnette c’est la CIA et les Européens obéissent toujours aux Américains. Ce n’est jamais clair si nos dirigeants, les dirigeants français, obéissent aux Américains ou aux Allemands. C’est clair qu’ils n’obéissent pas aux Français. Je me demande comment c’est possible. Et ce n’est pas une question d’intérêt, ce n’est pas pour gagner plus d’argent.</p>

<p>- Il y a de la servilité.</p>

<p>- Il y a de la servilité, du sadisme, le mot nihilisme est une forme d’autodestruction et ici nous revenons à l’histoire de la décadence religieuse. Ce qui vient après le stade de la religion active et le stade de la religion zombie, c’est la religion zéro, et la religion zéro signifie zéro patriotisme. Donc, ce qui doit vraiment être expliqué à propos de la France et de nombreux pays, c’est le manque de patriotisme. Apparemment, les gens ont oublié que le patriotisme était une force économique.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 20:42:50 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1280/il-n%E2%80%99y-aura-pas-d%E2%80%99accord-entre-les-usa-et-l%E2%80%99iran</link>
	<title><![CDATA[Il n’y aura pas d’accord entre les USA et l’Iran.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les négociations ont 60 jours pour aboutir à un accord qui ne viendra jamais.</p>

<p>Les dizaines de milliers d’Iraniens massacrés, les Iraniennes violées de façon industrielle, la menace terroriste mondiale spécialement existentielle pour Israël, la colonisation du Liban via les terroristes du Hezbollah, constituent des critères négligés par les analystes, qui doivent plaquer leur propre amoralité sur Donald Trump pour lui prêter une absence d’humanité.</p>

<p>Il n’y aura aucun accord pour deux raisons.</p>

<p>Jamais les Pasdaran ni le Hezbollah ne respectent de cessez-le-feu.</p>

<p>Ils le violent copieusement et continueront à le faire.</p>

<p>L’Iran aura la bombe nucléaire pour la rentrée si l’accord est finalisé.</p>

<p>L’opération devait avoir lieu en juin et elle a été avancée en février à cause de l’avancement du nucléaire chiite.</p>

<p>Les 24 mds prévus lors des negociations, les 100 mds dégelés, les 300 mds d’investissements, les 3 mds gagnés par mois, vont donner aux excellents ingénieurs militaires iraniens tout ce dont ils ont besoin.</p>

<p>Beaucoup d’installations souterraines sous les montagnes sont intactes, il a suffit de déblayer les accès.</p>

<p>Cette trêve a un excellent motif tactique.</p>

<p>L’opposition interne politique américaine rendait la poursuite de la guerre intenable.</p>

<p>Une dénonciation des accords, en raison des violations du cessez-le-feu, permettrait à M. Trump de se libérer de cette opposition en disant « j’ai donné sa chance à la paix ».</p>

<p>Il a fait la même chose en janvier 2025 pour libérer les otages du HamaSS, en imposant à Israël un traité catastrophique et aucune des clauses apocalyptiques n’a été appliquée car le HamaSS n’a pas respecté le cessez-le-feu.</p>

<p>En 6 ans de pouvoir Trump a toujours combattu l’islamisme.</p>

<p>Il a détruit DAESH, il a asséché le terrorisme palestinien et les Mollahs, il a fait signer les Accords d’Abraham dont il prépare l’extension à 95% du monde musulman par la paix à Gaza.</p>

<p>Les ors de Versailles et le concert médiatique sont des diversions.</p>

<p>Conclusion.</p>

<p>Donald Trump n’a pas trahi le peuple iranien, Israël, ses électeurs, les USA et le monde, il n’offrira pas aux Pasdaran l’arme suprême à l’automne.</p>

<p>La guerre et le blocus reprendront, en tordant le bras de l’opposition US et mondiale, jusqu’à la chute des Mollahs.</p>

<p>L’option contraire implique l’auto-sabotage de l’héritage MAGA, auquel seuls peuvent croire les victimes de la peste cognitive débilitante de la détestation anti-Trump.</p>

<p>Sir Winston Churchill a livré à la Gestapo la Résistance de Dunkerque pour faire croire aux Nazis que le Débarquement y aurait lieu, laissé bombarder Coventry pour préserver le secret du décodage du code Enigma.</p>

<p>L’alternative était de précipiter la fin du régime en détruisant le réseau énergétique et condamner l’Iran Libre à la pauvreté.</p>

<p>Reza ARDESTANI<br />Marjan ABADIE<br />Stephane GOLDIN<br />Mona JAFARIAN<br />Hervé GHANNAD<br />Guy MILLIERE<br />Michel FAYAD<br />Alexandre DEL VALLEE<br />Jean-Marie MONTALI</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1279/comment-donald-trump-et-benyamin-netanyahou-ont-organise-le-renversement-des-mollahs-avec-90-de-bluff</guid>
	<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 20:36:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1279/comment-donald-trump-et-benyamin-netanyahou-ont-organise-le-renversement-des-mollahs-avec-90-de-bluff</link>
	<title><![CDATA[Comment Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont organisé le renversement des Mollahs avec 90% de bluff.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Et comment ils vont réussir malgré ce que pense quasiment le monde entier.</p>

<p>En janvier dernier, l’opération a été reportée à cause du manque de moyens pour protéger les États du Golfe des missiles et drones iraniens.</p>

<p>L’operation devait être déclenchée en ce mois de juin mais c’était trop tard pour contrer l’avancement nucléaire et balistique iranien, donc elle a été déclenchée en février.</p>

<p>Si la France avait rallié Israël et les USA, le monde aurait suivi, la Guerre de Libération de l’Iran aurait été gagnée depuis des mois, des dizaines de milliers de vies iraniennes épargnées et des milliards de pertes économies évitées.</p>

<p>Les missiles intercepteurs coûtent très chers, les missiles bien moins chers, les drones encore moins chers, les stocks d’intercepteurs de plusieurs années ont été épuisés sans possibilité de les reconstituer assez vite.</p>

<p>Sans troupe au sol, des bombardements ne suffisent pas à renverser un régime.</p>

<p>C’est pourquoi la stratégie israélo-US repose sur un Coup d’État intérieur dirigé par le Mossad, avec certains dirigeants les dizaines de milliers de soldats ayant promis à Reza Pahlavi de combattre le régime.</p>

<p>Ces dirigeants organisés par l’équipe de M. Pahlavi et les résistances Perses, Kurdes, Baloutches, Kurdes et Arabes formeront une plateforme de transition ; d’ici 2 ans les Iraniens voteront pour le régime laïc et démocratique de leur choix.</p>

<p>Cette guerre se mène dans l’ombre et son coup final ne peut se déclencher que lorsque la chute des Mollahs semble inéluctable, car l’échec signifie la mort de pas familles de tous les insurgés.</p>

<p>Depuis le début les stratèges Israéliens et US savent que les stocks d’intercepteurs seront épuisés et que le seul moyen de victoire était l’étouffement économique, ou précipiter la fin du régime en détruisant ses capacités énergétiques en pétrole et en électricité, condamnant ainsi la Perse à la pauvreté 3 à 5 ans.</p>

<p>Pour éviter ce scénario, il faut acheter du temps auprès de l’opinion domestique US et des marchés, la pression politique anti-guerre ne faisant que monter jusqu’à devenir intenable.</p>

<p>La variable d’ajustement est cette fausse négociation, où il suffit de laisser les Pasdaran se discréditer eux-mêmes en ne respectant pas leurs engagements et retourner l’opposition politique intérieure.</p>

<p>L’opposition politique intérieure exigeant la fin de la guerre était intenable, l’échec de l’accord permettra de prolonger le blocus qui fait perdre 500 millions de dollars par jour aux Pasdaran et rend intenable leur position.</p>

<p>Vendredi l’accord est sensé être finalisé, on saura vite si le Président Trump est devenu islamiste en offrant la bombe nucléaire aux Mollahs, ou s’il les a roulé dans la farine, avec les analystes du monde entier au passage.</p>

<p>Marjan ABADIE<br />Stephane GOLDI<br />Mona JAFARIAN<br />Hervé GHANNAD<br />Guy MILLIERE<br />Michel FAYAD<br />Alexandre DEL VALLEE<br />Jean-Marie MONTALI</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1278/%C2%ABukraine-europe-and-global-security%C2%BB-19-june-2026</guid>
	<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 09:36:11 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1278/%C2%ABukraine-europe-and-global-security%C2%BB-19-june-2026</link>
	<title><![CDATA[«Ukraine, Europe and Global Security», 19 June 2026]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>This article by Sergey Lavrov was initially planned to be published in the Brussels-based “Politico-Europe”, but via a last minute decision of the outlet's editorial team the publication was canceled.</p>

<p>Some Reflections on Resolving the Ukrainian Crisis, Europe and Global Security</p>

<p>At a meeting in London on 7 June 2026, the leaders of Britain, France, and Germany, as well as Vladimir Zelensky, laid out five preconditions for Russia to secure a "just and lasting peace" in Ukraine. The united Europe now presents this list of demands as the basis for dialogue with Moscow.</p>

<p>Background</p>

<p>More than two decades of negotiation with Europe, as part of the collective West, leads to only one conclusion: engaging Russia in dialogue has served as a diplomatic smokescreen for the geopolitical expansion of Western institutions, above all NATO and the European Union, eastwards, right up to Russia's borders.</p>

<p>Europe's complicity in fuelling the Ukrainian crisis is undeniable. Together with the United States, European countries orchestrated the Orange Revolution in Kiev in 2004. To create an anti-Russian bridgehead in Ukraine, they spent years buying off politicians and entire parties, rewriting history and educational curricula, cultivating and nurturing Ukrainian nationalism, and went to great lengths to pull away Ukraine away from Russia.</p>

<p>In 2013, the European Union rejected outright our proposal for a compromise on the association agreement – a deal Brussels had long been pressing Viktor Yanukovich to sign. It is worth recalling: Ukraine was offered unilateral market opening, without reciprocal commitments – terms that would have proved incompatible with Kiev's continued membership in the CIS free-trade zone. When Viktor Yanukovich requested a deferral, the Europeans incited street riots which swiftly escalated into a coup d'état in Kiev in February 2014.</p>

<p>Germany, France and Poland then proved themselves to be equally treacherous. Having guaranteed that the agreement struck between the opposition and Viktor Yanukovich would be honoured, they washed their hands of it the instant that same opposition, their own handiwork, took power. "Democracy," they shrugged, "takes unexpected turns."</p>

<p>Europe thereafter lent its backing to the new authorities. In Odessa on 2 May 2014, the burning alive of dozens of innocent supporters of closer ties with Russia did not draw a single word of condemnation from European capitals.</p>

<p>As co-guarantors of the 2015 Minsk Agreements, France and Germany effectively encouraged the Ukrainian regime to sabotage its own commitments. As Angela Merkel and François Hollande later conceded – after the special military operation had already begun – the implementation by Kiev of the Minsk Agreements, unanimously approved by the UN Security Council, was never genuinely intended. The objective, they admitted, was merely to buy time: to shore up the Armed Forces of Ukraine and flood them with Western weaponry.</p>

<p>Russia, for its part, explored every diplomatic avenue to defuse Europe's security crisis. However, in January 2022, the United States and NATO rejected Russia's proposal for legally binding mutual security guarantees. European NATO members actively endorsed that rebuff.</p>

<p>Following the launch of the special military operation, the united Europe threw its support behind the British Prime Minister's efforts to sabotage the Istanbul negotiations between Russia and Ukraine. Boris Johnson's appeal to Kiev – "don't sign anything, just fight" – slammed the door on genuine diplomacy for the foreseeable future. </p>

<p>Current Situation</p>

<p>So what has prompted European leaders to suddenly shift their rhetoric and start talking of negotiations and what are they aiming for with these statements? For instance, the EU diplomacy head Kaja Kallas has stated: the purpose of any dialogue with Russia is to dictate Europe's terms. These include: paying "reparations" to Ukraine; withdrawing troops from Transnistria and the South Caucasus; abolishing the "foreign agents" law; and accept hard limits on the size of the Russian Federation's Armed Forces. In her framing, "there can be no just and lasting peace without accountability for Russia." During the UN Security Council session on 19 May 2026, an EU representative made the point unequivocally: "supporting Ukraine militarily does not contradict the pursuit of peace, but rather serves as a fundamental prerequisite for any credible, good-faith negotiations."</p>

<p>Europe's plan is to talk with Russia while simultaneously pressing ahead with a campaign of legal warfare orchestrated through the Council of Europe. Within this once-respected organization, an entire infrastructure is being assembled for the express purpose of "holding Russia accountable": a Register of Damage, a Claims Commission, and a Special Tribunal.</p>

<p>The European Union has also given the green light to detaining merchant vessels on the high seas. Several incidents have already taken place in the Baltic and the Atlantic. At the same time, the West studiously averts its gaze from the terrorist acts of sabotage perpetrated by the Armed Forces of Ukraine in the Black and Mediterranean Seas.</p>

<p>The real objective of Europe's leaders, then, is not to negotiate with Russia. It is to shore up the Zelensky regime and preserve it as a launchpad for continued confrontation against Russia. With this in mind, European leaders are scrambling to secure a ceasefire as quickly as possible and for one reason only: to prevent the collapse of Armed Forces of Ukraine on the battlefield. The plan is to "freeze" the conflict without addressing its root causes, and then rapidly deploy military contingents from the Anglo-French "coalition of the willing" onto Ukrainian soil.</p>

<p>It is widely known that European elites have invested their "political capital" in the confrontation with Russia, pouring hundreds of billions of dollars into propping up the Kiev regime and on ramping up the military budgets of EU member states and NATO. Europe now aims to achieve "defence readiness" against Russia by 2030. Until then, they mean to buy time by whatever means available. In a strikingly candid remark this April, Belgium's chief of staff put it bluntly: "We still have a few years. Thanks to the courage and blood of the Ukrainians, who are buying us that time."</p>

<p>The united Europe continues to dream of expansion. It intends to absorb Ukraine and Moldova, while pulling Armenia into its sphere of influence. NATO has already expanded eastward, swallowing up Finland and Sweden. As for Ukraine, it is increasingly eyed as the "striking fist" of a future European military force, independent of the United States and independent of NATO.</p>

<p>Risks to Global Security</p>

<p>This state of affairs poses serious threats to global security. A direct confrontation between NATO and Russia could rapidly escalate into an exchange of nuclear strikes, with catastrophic consequences.</p>

<p>Under the banner of "strategic autonomy," Europe is witnessing a significant build-up of its military capabilities, including in the nuclear sphere. Paris's intention to extend its "nuclear umbrella" to several EU and NATO member states is a source of deep concern. This will do nothing to strengthen the security of France itself or the recipients of its so-called protection.</p>

<p>For all that, Europe's political and military establishment continues to attribute aggressive plans to Russia – plans that, they claim, reach far beyond Ukraine. The Russian President has stated on numerous occasions that all of this is nonsense, provocation, and disinformation, all aimed solely at extracting budget funds for the fight against Russia. That is scarcely the climate for substantive dialogue.</p>

<p>Russia's Position</p>

<p>As for negotiations, Vladimir Putin reiterated at the St. Petersburg International Economic Forum that Russia is not opposed to contacts with any party. We see Europe, however, as a party bent on Russia's defeat – a stance the Europeans themselves openly avow. Dialogue with Europe, therefore, cannot be conducted as though it were an impartial third-party observer.</p>

<p>Russia would prefer to achieve the goals of the special military operation through diplomacy. That requires reliably guaranteeing security along Russia's western borders and ensuring respect and dignity for our citizens and compatriots, including the right to speak their native Russian language and practice Orthodox Christian faith. Further military, political and economic expansion by the West is unacceptable: it runs counter to the imperatives of a multipolar world.</p>

<p>European leaders should recognize that the model of regional security built in Europe over decades, ever since the adoption of the Helsinki Final Act in 1975, has been destroyed by their own hands. And it will never be restored. We must now move toward creating a continent-wide security architecture open to all Eurasian countries and that reflects today's multipolar reality.<br />The principle of equal and indivisible security trampled upon by the Euro-Atlantists, can be embodied within a new Eurasian architecture. When the time is ripe, Europe too will be able to join this great effort.</p>

<p>The key point is that meaningful dialogue requires the restoration of trust, shattered by the anti-Russian actions of the West, and Europe as part of it, in the post-Cold War era. Trust can be recovered only through concrete steps that demonstrate a sincere commitment to move away from using diplomacy as a cover for expansionist ambitions. Trust cannot be restored, nor can dialogue be resumed, through ultimatums such as the one issued to Russia in London on 7 June 2026.</p>

<p>P.S.: It is noteworthy that the London ultimatum was unequivocally reaffirmed by the ambassadors of Britain, France and Germany at the meeting at the Russian Foreign Ministry on 11 June 2026, – a meeting they had so insistently requested. That was the sole purpose of their visit to the Ministry.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1276/ah-quil-est-mechant-poutine-cest-bien-un-dictateur</guid>
	<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 11:15:21 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1276/ah-quil-est-mechant-poutine-cest-bien-un-dictateur</link>
	<title><![CDATA[Ah qu&#039;il est méchant Poutine, c&#039;est bien un dictateur....]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Zelensky "tend régulièrement la main" à Poutine, qui immanquablement la lui refuse. "Ah qu'il est méchant Poutine, c'est bien un dictateur, voyez il veut toujours pour la guerre.. "<br />Qui a lu le "mage du Kremlin" ?  Poutine n'a rien d'un sauvage inculte de la Toundra, il sait que ces offres de Zelensky, ne valent pas un pet de lapin. </p>

<p>D'abord l'Ukraine ne cesse de pilonner les bases pétrolières et gazières russes. Y compris maintenant avec des missiles Allemands  Torus. La Russie répond en pilonnant les bases des commandements militaires de l'Ukraine. </p>

<p>Ensuite l'Ukraine et ses copains la bande de "canards sans tête" de l'UE dont les peuples - non consultés -  sont saignés à coup de milliards d'euros extraits des budgets sociaux pour la guerre "contre la Russie", pensent ainsi tout simplement montrer que le "criminel" c'est Poutine. "Voyez comment il refuse la main tendue" ? "Voyez comment il refuse la Paix" ?</p>

<p>Zelensky vient de bombarder St Petersburg, la ville du Tzar Pierre le Grand qui l'avait construite sur la Baltique pour s'ouvrir vers l'Ouest et l'Europe au début des années 1700. St Petersburg n'était pas protégée, car jamais les Russes ne pensaient pas qu'elle serait bombardée en raison de son prestige historique et culturel et dans laquelle il y a toujours des milliers de touristes ébahis. </p>

<p>Zelensky veut la victoire! Avec toujours 20% de son territoire occupé par les Russes. Zelensky se croit le roi du" monde nouveau de Trump". Il se positionne dans le sillage des guerres de Trump, au Moyen Orient, en Afrique.. Il veut transformer son pays en bunker militaro-industriel et vendre ses services militaires à l'étranger partout où il y a des guerres ou des affrontements.</p>

<p>Question : Zelensky est-il un homme de Paix ? Non. Et Poutine le sait. Ils ont la même culture, mais pas la même histoire. Car celui qui vénère et fait des cérémonies en faveur de la mémoire des nazis ukrainiens des années 1941/1943, et qui sont responsables de "la shoah par balles" la première extermination des juifs s'est faite en d'Ukraine, c'est Zelensky, qui ce mois ci a rapatrié les restes d'officiers ukrainiens nazis officiants sous l'uniforme allemand, et leur a offert une cérémonie provocatrice aux yeux du monde. Zelensky n'a aucun tabou.</p>

<p>Qui s'en est offusqué ? La Pologne, qui elle aussi à subi les exactions nazis ukrainiennes lors de la 2ème guerre mondiale, contre la population polonaise juive ou non, et Israël qui bien que soutenant Zelensky, à trouvé qu'il allait quand même un peu loin.</p>

<p>Cette ou plutôt ces propositions de Paix réitérées par Zelensky répondent à ce que demande Trump depuis 2 ans, "un cesser le feu", et veulent ternir l'image de Poutine dans le monde hors européen. <br />Raté. En règle générale le monde des BRICS - les 2/3 de l'humanité et 40% du Pib mondial en parité mondiale de pouvoir d'achat contre 27% pour les pays du G7 - soutient la Russie, parce qu'il a besoin du pétrole, du gaz et des technologies russes pour se développer, et du soutien des Russes et Chinois contre les vomissures guerrières d'un Trump dont les pays du "Sud"  se méfient ..</p>

<p>Zelensky a pensé faire tilt en bombardant St Petersburg, en réalité il agressé les représentants de pays qui venaient à un symposium invités par Poutine. <br />Quand les ministres européens sont arrivés en Ukraine ces jours-ci "pour protéger l'Ukraine", Poutine ne les a pas bombardé.</p>

<p>Or militairement et politiquement, sauf pour l'Europe suicidaire,  Poutine a gagné la guerre. Hélas, Zelensky ne doit sa survie qu'à la bêtise et la haine d'Européens qui veulent "finir la deuxième guerre mondiale" en rasant la Russie, s'ils le pouvaient.</p>

<p>Et la question reste toujours : Qu'est-ce que l'on peut faire, nous les Européens ? Eh bien  - contrairement à l'Allemagne ou Schröder, Merkel et les Allemands qui s'expriment pour la Paix, où en Italie et en Espagne, Rien en France où les élus ont même accepté majoritairement de démultiplier le budget militaire "défense" en taillant dans le budget social. Ils ont succombé à la Doxa en cours : "la Russie va nous attaquer".</p>

<p>Entrée dans sa 5ème année de guerre et soutenue par l'UE, l'Ukraine est à bout de force moralement, physiquement, et les Ukrainiens sont de plus en plus réfractaires à la conscription. Ils continuent d'émigrer et manifestent régulièrement contre le pouvoir corrompu : ils sont victimes de leur gouvernement qui joue sur leur fibre nationaliste, jusqu'à quand ?</p>

<p>Par contre on voit chez les européens une fébrilité toute guerrière. Mais ils n'ont pas les hommes ni les armes pour entrer directement dans le conflit contre la Russie. La situation en devient en fait plus dangereuse. Certains de l'Otan envisagent que c'est peut-être le moment de mettre quelque nucléaire "tactique" dans les têtes de missiles" etc..</p>

<p>Si la guerre se poursuit, c'et parce que nous ne faisons rien pour qu'elle s'arrête. Mais la guerre finira tôt ou tard, et l'on pourra établir clairement les responsabilités des uns et des autres : Boris Johnson, Biden, Trump, Poutine, Zelensky, Von der Leyen, Kallas, Macron, etc.. et les autres têtes vides de quelques canards européens qui ne font que caqueter.</p>

<p>Quand le capitalisme est en crise, quand il juge que le rapport Capital/Travail s'amenuise pour le Capital, ou qu'il veuille au contraire augmenter ses marges de bénéfices profitant des faiblesses du mouvement du Travail, il génère des guerres. Nous sommes en plein dedans.</p>

<p>Nous n'avons donc qu'un seul choix : LA PAIX.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1256/y-a-t-il-ou-y-aura-t-il-des-negociations-entre-les-etats-unis-et-l%E2%80%99iran</guid>
	<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 07:24:26 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1256/y-a-t-il-ou-y-aura-t-il-des-negociations-entre-les-etats-unis-et-l%E2%80%99iran</link>
	<title><![CDATA[Y a-t-il ou y aura-t-il des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Alastair Crooke – Le 26 mars 2026 – Source <a href="https://conflictsforum.substack.com/p/are-there-or-will-there-be-us-negotiations">Conflicts Forum</a></p><p>La réponse courte est « non« . Trump fabule quand il dit qu’il est déjà en négociations avec « d’importants iraniens« .</p><p>Il y a une histoire récurrente dans le « narratif des négociations » étasunien ; lors des cycles précédents de « négociations » centrées sur le conflit ukrainien, Trump suggérait régulièrement que des négociations politiques avec la Russie étaient en cours, alors qu’en réalité, Witkoff et Kushner ne faisaient qu’engager une série de pourparlers sans fin avec les Européens sur l’établissement d’un cessez-le-feu et le rôle putatif de « maintien de la paix« , dirigé par les Européens, que les Européens réclamaient. En fait, aucun « plan de paix » n’a jamais été partagé, ni montré au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.</p><p>Un « cessez-le-feu » prolongé a ensuite été considéré par la Maison Blanche comme la stratégie de contournement pour tenter de résoudre les problèmes d’architecture de sécurité enracinés entre la sphère des intérêts de sécurité de l’OTAN et de la Russie. La Russie a simplement dit « non » à la tentative de Trump de « renverser l’architecture de sécurité« .</p><p>Le même schéma de dissimulation était évident dans les pourparlers sur le cessez-le-feu à Gaza : des cessez-le-feu ont été proposés sans préciser aucun détail sur ce qui pourrait suivre dans la phase deux du cessez-le-feu.</p><p>Le week-end dernier, Witkoff et Kushner ont dressé leur liste de souhaits pour un autre cessez-le-feu, avec l’Iran cette fois, avec quelques « indices » lancés au sujet de discussion ultérieure. Même histoire. Même confabulation. Un <a href="https://finance.yahoo.com/economy/policy/articles/us-awaits-response-peace-plan-080146084.html">plan de paix en quinze points</a>, élaboré par Witkoff et Kushner, a été soumis aux médiateurs, l’affaire étant décrite par Trump comme “de très bonnes conversations productives concernant une résolution complète et totale des hostilités” car l’Iran “veut désespérément un accord”.</p><p>L’Iran, au grand dam de Trump, <a href="https://english.almayadeen.net/news/politics/tehran-rejects-talks-with-us---let-them-negotiate-with-missi">a dit « non » à cette proposition</a> ; Ebrahim Zolfaghari, porte-parole de l’armée iranienne, a déclaré “Notre premier et notre dernier mot sont les mêmes depuis le premier jour, et cela restera ainsi”.</p><p>L’Iran n’a aucun intérêt à un compromis, à ce stade, car il n’a pas atteint <a href="https://conflictsforum.substack.com/p/irans-audacious-strategic-moves-declared">son ambition stratégique</a> (audacieuse) de renverser la domination militaire et financière américano-israélienne sur la région du Golfe et de la remodeler en une vaste sphère d’intérêt économique et militaire iranienne.</p><p>En tout état de cause, l’Iran détient la domination croissante dans ce conflit – grâce à des décennies de préparation et de planification. L’Iran a déjà démontré qu’il contrôlait les vingt pour cent du pétrole mondial exporté via le détroit d’Ormuz. Il dispose donc des outils (régulation du passage des navires par la voie navigable) pour gérer le volume de pétrole exporté, et, tout aussi important, sinon plus, a la capacité d’influencer les prix à l’échelle mondiale (alors qu’avant, seuls les États-Unis pouvaient le faire).</p><p>En plus d’avoir une composante majeure de l’économie mondiale sous sa coupe (le pétrole), l’Iran dispose également d’un effet de levier sur une grande partie des chaînes d’approvisionnement mondiales et de production de matières premières : hélium ; engrais ; la nourriture et l’acide sulfurique dépendent tous dans une certaine mesure d’Ormuz, et sa fermeture pendant plus de trois semaines crée des pénuries paralysantes qui ne disparaîtront probablement pas rapidement.</p><p>La manipulation du levier économique pétrolier, ainsi que l’insistance de l’Iran pour que les navires transitant par le Détroit paient à la fois des frais élevés et prouvent que leurs cargaisons ont été achetées en Yuans, frappent également au cœur de la vulnérabilité politique de Trump, c’est-à-dire l’économie américaine, à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis.</p><p>Un rapport régional met en garde :</p><p>L’Iran a un plan pour établir des points de contrôle permanents dans le détroit d’Ormuz afin de compenser ses pertes. Si les menaces de Trump se matérialisent, l’Iran bloquera le détroit d’Ormuz, fermera les routes de la mer Rouge et le front yéménite agira pour sceller Bab al-Mandeb. L’Iran est également prêt à s’emparer des ports bahreïnis si la situation l’exige.</p><p>Trump a dit un jour que perdre l’hégémonie du dollar serait pire pour l’Amérique que de perdre une guerre majeure. Pourtant, c’est précisément ce qui est en jeu dans ce « jeu de poule mouillée » que Trump a entamé avec l’Iran, mais dont il ne sait plus comment sortir, sans humiliation dommageable.</p><p>« Washington est sous le choc », <a href="https://www.maariv.co.il/news/politics/article-1300860">écrit Anna Barsky</a>, correspondante politique en chef de (en hébreu) Ma’ariv en écho <a href="https://www.wsj.com/livecoverage/iran-war-us-israel-news-updates-2026/card/iran-sets-high-bar-in-cease-fire-talks-here-s-what-tehran-is-asking-for-cSJzK3OI8jdqvmKUao0L">à un article du Wall Street Journal</a> décrivant la liste des contre-demandes que les représentants iraniens ont transmises, par l’intermédiaire de médiateurs à l’équipe Trump, comme étant les conditions préalables de l’Iran pour un règlement :</p><p>Les responsables de la Maison Blanche ont décrit les demandes comme étant « une liste de souhaits sans lien avec la réalité sur le terrain ».</p><p>Avec ces cartes économiques déjà entre les mains de l’Iran, et sa capacité soutenir l’escalade des bombardements israélo-américains avec ses propres frappes de missiles de représailles sur les infrastructures des États du Golfe, il semble improbable que Trump obtienne une sortie plausible de cette guerre ; notamment parce que « Israël a son mot à dire » dans cette affaire, et Israël est maintenant passé de l’espoir d’un « changement de régime » à l’insistance pour que les États-Unis s’emparent de l’île de Kharg.</p><p>Israël <a href="https://conflictsforum.substack.com/p/jerusalem-believes-the-path-to-victory">a reconnu</a> que son objectif de changement de régime espéré en Iran avait échoué, écrivent les principaux commentateurs israéliens (<a href="https://www.ynet.co.il/news/article/yokra14719188">Ronen Bergman</a> et <a href="https://www.maariv.co.il/news/politics/article-1299691">Anna Barsky</a>). Ainsi, il recalibre ses objectifs — “Jérusalem [croit maintenant] que le chemin de la victoire [israélienne] passe par le contrôle de l’île de Kharg”, écrit Barsky :</p><p>Selon cette ligne de pensée, si la campagne [américano-israélienne] ne conduit pas au renversement du régime, un geste beaucoup plus tangible est nécessaire — un geste qui privera l’Iran à la fois de la capacité d’exporter du pétrole à une échelle normale et de sa capacité à menacer efficacement le trafic maritime.</p><p>Cette discussion mène à une autre conclusion : sans une présence physique à un point clé, il est très difficile d’empêcher l’Iran de revenir au même schéma … Pour changer la réalité, un contrôle réel doit être créé. Dans ce contexte, Kharg est présenté comme une cible dont la prise de contrôle pourrait simultanément priver l’Iran à la fois de revenus stratégiques et de marge d’action.</p><p>Mais, note Barsky, « On estime cependant que la vraie difficulté n’est pas du côté opérationnel mais à Washington » :</p><p>La question n’est pas de savoir si les États-Unis peuvent atteindre Kharg et prendre le contrôle de l’île. La question est de savoir si Trump est prêt à maintenir une force là-bas pendant longtemps, avec la possibilité de pertes parmi les forces américaines.</p><p>L’ancien officier de la CIA, Larry Johnson, <a href="https://sonar21.com/is-trump-serious-about-negotiations-with-iran/">écrit qu’une intervention américaine</a> à Ormuz est probablement imminente et serait désastreuse (c’est-à-dire entraînerait de nombreuses victimes américaines) :</p><p>[à] moins que Donald Trump ne reconsidère l’affaire, nous verrons probablement les États-Unis tenter de s’emparer des îles Kharg et Qeshm. Si vous lisez <a href="https://sonar21.com/looks-like-donald-trump-is-serious-about-puting-us-boots-on-the-ground-in-iran/">mon article précédent</a>, il semble que Trump utilisera à la fois la Delta Force et la Seal Team 6, ainsi que deux bataillons de Rangers et l’équipe de combat de la 1ère Brigade aéroportée de la 82e, pour s’emparer des îles.</p><p>La 31e Unité expéditionnaire militaire sera en place dans la mer d’Oman, vendredi. J’ai [maintenant] appris que Trump a annulé sa visite au CPAC ce week-end et qu’il n’assistera pas à une collecte de fonds à Mar-a-Lago vendredi soir….</p><p>« On dirait que [Trump] sera occupé à autre chose à partir de vendredi », spécule Larry Johnson :</p><p>Et puis alors ? Ces troupes seront des cibles fixes et courront un risque sérieux d’être coupées de tout ravitaillement. Si l’Iran libère un tsunami de mines, alors la seule option sera le réapprovisionnement aérien, ce qui signifie probablement que ces avions seront confrontés à des tirs dévastateurs venant des batteries côtières iraniennes et des systèmes de défense aérienne. Au lieu d’ouvrir le détroit d’Ormuz, l’action militaire américaine anticipée rendra pratiquement impossible pour tout navire d’entrer ou de sortir du golfe Persique. La fermeture complète du détroit d’Ormuz aggravera encore les dommages économiques causés à l’économie mondiale.</p><p>L’amiral iranien Ali Akbar Ahmadian a réagi à la menace de « bottes américaines sur le terrain » à Ormuz :</p><p>Depuis des années nous attendons [une invasion américaine]. Maintenant, nous n’avons qu’un message pour les soldats américains : Approchez.</p><p>Entre dans mon salon, dit l’araignée à la mouche.</p><p>Alastair Crooke</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1252/la-societe-iranienne-en-mouvement</guid>
	<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 16:24:57 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1252/la-societe-iranienne-en-mouvement</link>
	<title><![CDATA[La société iranienne en mouvement]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Merci de me convier à partager l’expérience que j’ai de l’Iran. Ce n’est pas l’expérience d’un politologue mais plutôt celle d’un chercheur en sciences sociales. J’étudie la géographie de l’Iran, j’essaie de comprendre pourquoi les lieux ont de l’importance, pourquoi Téhéran n’est pas le Baloutchistan, Yazd n’est pas Tabriz, Ispahan n’est pas Chiraz et pourquoi leurs habitants sont différents.</p>
<p>Ces derniers temps ont été marqués par l’émergence d’une société iranienne très active. Les média nous montrent régulièrement des femmes iraniennes qui, malgré la loi qui leur est imposée, réussissent à prendre leur place dans la vie sociale. Aujourd’hui, les femmes iraniennes sont plus nombreuses que les garçons à l’université (62%), elles ont moins d’enfants que les Françaises. On observe donc un changement très important dans la sociologie féminine qui, évidemment, a une traduction politique.</p><p>On peut aussi parler d’une société qui bouge avec les jeunes, non sans avoir rappelé que l’Iran est, après Israël et le Liban, le pays le plus vieux du Moyen-Orient. La baisse de la fécondité depuis 1986 a entraîné la chute du nombre d’enfants de moins de quinze ans. Les générations les plus nombreuses ont entre vingt-cinq et trente ans (même si l’Iran est plus jeune que la France et si les jeunes Iraniens restent nombreux).</p><p>En 1999, des émeutes étudiantes avaient rassemblé pendant quelques semaines des jeunes gens qui n’avaient pas réussi à convaincre leurs parents de les suivre. Aujourd’hui, dans la rue, on voit, à côté de quelques jeunes, de nombreux adultes de trente-cinq à quarante ans, c’est pourquoi ce mouvement est important. Si la société iranienne bouge, c’est justement parce que l’Iran n’est pas un pays de jeunes, mais un pays de jeunes adultes, ce qui est fondamentalement différent dans la dynamique sociale et dans la durabilité de ce mouvement. La révolution date de trente ans et les moins de quarante ans, environ 75% de la population, n’ont jamais connu le régime du Shah. Autrement dit, on est dans un phénomène nouveau où la majorité de la société n’a plus la nostalgie du « temps jadis », la référence au passé a disparu. A l’époque du Shah, il y avait en Iran 170 000 étudiants, il y en a 2 500 000 aujourd’hui. La population a doublé et le nombre d’étudiants a été multiplié par quinze. Le niveau scolaire est ce qu’il est mais, aujourd’hui, une fille de la classe moyenne passe son bac à dix-huit ans et peut dire à ses parents : « J’accepte de ne pas aller à l’université, c’est trop loin. Mais je veux préparer un BTS de chimie à l’IUT proche… ». Après son BTS de chimie, elle aura vingt ans et n’épousera pas le cousin à qui elle était promise, elle poursuivra par une licence dans un College et, sa licence terminée, passera un doctorat. A vingt-cinq ans, elle épousera qui elle voudra. Les choses ont beaucoup changé en matière d’éducation et cette population éduquée se trouve également dans les campagnes où 80% des femmes rurales sont alphabétisées. Ce changement culturel montre que l’Iran est entré dans une mondialisation qui reste par ailleurs virtuelle : c’est par la connaissance, par le livre, par la radio, la télévision, internet que les Iraniens ont connaissance de ce qui se passe dans le monde car ces Iraniens des classes moyennes et populaires ou des petites villes demeurent aujourd’hui coupés du reste du monde.</p><p>Donc, la société bouge, s’active, regarde ce qui se passe à l’extérieur. La société est mécontente. Même ceux qui ont voté Ahmadinejad récemment sont mécontents. L’économie marche mal, l’inflation est gigantesque, le chômage n’en finit plus de monter. Mais entre le mécontentement social et le changement politique, le passage est difficile à faire dans un pays qui n’a pas de structures politiques. « Ils n’ont qu’à faire la révolution ! Ils n’ont qu’à changer de gouvernement ! » entend-on. Cela ne se fait pas si facilement.</p><p>Il s’est passé quelque chose de très important au mois de juin dernier.</p><p>En Iran, les élections avaient pour fonction principale de légitimer le vainqueur qui suscite un consensus. Il était élu avec quelques 75% des voix et tout le monde rentrait chez soi sans trop de problèmes, même si le vaincu n’était pas content, même si les fraudes étaient, comme d’habitude, assez importantes.</p><p>Or, cette fois-ci, pour la première fois, les élections avaient un enjeu parce que Barack Obama avait dit quelques mois avant les élections : « Je reconnais la République islamique d’Iran, je ne suis pas d’accord avec vous mais je respecte votre opinion ». Il a ainsi commis un « attentat politique », en quelque sorte, contre la République islamique en démolissant l’un de ses piliers : l’opposition aux États-Unis. Ceci a complètement perturbé le jeu politique. Au lieu d’opposer, comme d’habitude les plus ou moins à droite, les plus ou moins à gauche et les plus ou moins islamiques, les élections avaient pour la première fois un enjeu stratégique : la possibilité de mettre fin à trente ans de guerre froide contre les États-Unis, donc de stabiliser la République islamique. En effet, si les États-Unis ne s’opposent plus à cette république, elle a vocation à pouvoir continuer et celui qui serrera la main d’Obama sera le deuxième fondateur de la République islamique.</p><p>Or l’opposition n’était pas préparée à cela. Les quelques opposants habituels, les has been : Monsieur Karoubi, un vieux mollah, les amis de Monsieur Rafsandjani, un ancien au pouvoir depuis 30 ans, Moussavi, l’ancien premier ministre du temps de la guerre et de la soviétisation de l’économie, avaient pour vocation d’être celui qui serrerait la main d’Obama, mais cette opposition était divisée et surtout ne représentait pas l’avenir, la nouvelle société. Elle a fait cependant ce qu’elle a pu, et a même fait un travail magnifique dans les trois semaines qui ont précédé les élections, la « vague verte » a mobilisé les foules, mais on ne change pas un système politique en trois semaines, ni en trois mois.</p><p>Ahmadinejad a été un « bon » président, il a changé les préfets, les sous-préfets et les responsables de cantons en vue de contrôler l’élection, il était donc capable de « gagner » cette élection, en les contrôlant, comme d’habitude… Être élu avec 63% des voix (contre 75% d’habitude) n’est pas exceptionnel. Mais cette fois-ci, les gens sont descendus dans la rue, ils ont dit : Non, je n’accepte pas l’élection. Où est mon vote ? Ils ont considéré que l’habituelle fraude était cette fois-ci inacceptable parce qu’il y avait un véritable enjeu. C’est ce qui a donné à la société iranienne le courage d’aller dans la rue : Les États-Unis nous soutiennent, ils ne vont pas casser la dynamique comme ce fut le cas à l’époque où l’Amérique avait refusé plusieurs fois la main tendue par Khatami, soumettant les Iraniens au despotisme d’Ahmadinejad.</p><p>Cet enjeu explique pourquoi la foule était dans la rue – un ou deux millions à Téhéran -, mais la protestation a eu lieu et continue dans toutes les villes et les villages d’Iran. Elle sera durable parce que ce ne sont pas des étudiants qui font la révolution mais des gens comme vous et moi, qui sont mariés, ont deux enfants et travaillent. Ils ne font pas la révolution pour le plaisir mais poussés par une contrainte vitale et stratégique.</p><p>La situation est donc tout à fait nouvelle en Iran, avec une société qui passe au politique et qui est frustrée par des élections qui auraient dû entraîner ce passage au politique, à une nouvelle politique.</p><p>Ce passage à un changement politique a-t-il des chances d’aboutir ?<br />J’analyse souvent la politique iranienne selon ses trois composantes importantes :<br />La composante islamiste, conservatrice, traditionnelle. Depuis trente ans les mollahs contrôlent le pays.</p><p>De l’autre côté de l’échiquier politique, la tendance mondialiste ou internationale rassemble les gens qui, par le pétrole, par l’éducation, par la science, voient l’Iran comme une puissance régionale importante, un pays moderne qui peut vivre au XXIe siècle.</p><p>Entre les deux il y a les nationalistes.<br />La révolution contre le Shah, allié des États-Unis, avait uni les islamistes et les nationalistes contre les mondialistes. Contre l’impérialisme américain, des nationalistes iraniens s’étaient associés aux islamistes. Khomeyni et les intellectuels de gauche firent tomber le Shah en 1978, et depuis lors, le gouvernement iranien est dirigé par cette alliance islamistes-nationalistes. Le fait nouveau est que les nationalistes, ont été « libérés » par Obama qui a déclaré ne plus être leur « ennemi », ils peuvent donc aujourd’hui se rapprocher de « l’international » qui, désormais, n’est plus adversaire de l’Iran. Cette translation de la masse du nationalisme iranien de l’islamisme vers l’international était à mi-chemin au moment des élections en juin. Le balancier continue aujourd’hui parce qu’il est durable, à condition que la politique américaine continue dans le même sens. Si la politique américaine s’arrête, le balancier s’arrêtera et risque de repartir vers l’islamisme associé au nationalisme. Le jeu continue. La situation, en pleine mutation, est assez délicate.</p><p>Qui décide en Iran ?<br />Les Iraniens avaient sur la table une solution au problème nucléaire. Mais en Iran, aujourd’hui comme hier, personne ne décide. En effet, le système des mollahs consiste à trouver un consensus : on discute, on réunit un conseil à huis clos jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord. C’est-à-dire jamais. Traditionnellement, chaque mollah est en effet indépendant de ses collègues, il y a donc division a priori. Tout le monde se dispute et on sort de la salle avec un consensus minimum, toujours radical : Mort à l’Amérique ! Mort à Israël ! Cette capacité de dire non, ce conservatisme au vocabulaire « révolutionnaire » a été caractéristique de l’Iran jusqu’à aujourd’hui.</p><p>Le problème est que les États-Unis ont changé de stratégie politique et qu’il faut répondre vite en raison de l’importance du calendrier nucléaire. Ahmadinejad a choisi une solution à la chinoise : il a bunkerisé la République islamique. Les opposants sont jetés en prison, on verrouille le système, les Gardiens de la Révolution bloquent la machine et la République islamique est « sauvée » parce qu’elle est mise au congélateur, incapable de bouger et que la société est bloquée par la répression. Il peut alors serrer la main d’Obama et accepter un accord ponctuel sur le nucléaire. Il peut faire l’ouverture internationale parce que le cœur du système est bloqué.</p><p>Mais, je l’ai dit tout à l’heure, la société continue et continuera de bouger. Il sait donc qu’il ne peut pas faire n’importe quoi, mais il n’est pas capable de compromis et répond par la fuite en avant. L’Iran n’est pas la Chine populaire et cette méthode de gouvernement fondée sur la seule répression semble vouée à l’échec, mais pour l’heure, elle est efficace.</p><p>Les opposants essaient de se structurer et d’avancer mais, pour l’instant, ne prennent pas de décision parce qu’ils n’en ont pas la capacité : il n’y a pas de parti politique structuré en Iran.</p><p>Les religieux redoutent plus que tout que les États-Unis – c’est-à-dire les pays Occidentaux, rentrent en Iran. Ils savent que si les États-Unis mettent un pied dans le pays, c’est tout le système politique et culturel de la République islamique qui risque de tomber. Ils craignent par dessus tout « l’invasion culturelle occidentale » Ils sont donc opposés à toute négociation.</p><p>Au milieu, Ahmadinejad n’a pas la capacité politique d’imposer sa volonté parce qu’il n’a avec lui ni la rue, ni l’opposition libérale, ni les mollahs, ni même les Gardiens de la Révolution.</p><p>Jusqu’à maintenant, les anciens généraux des Gardiens de la Révolution, de bons musulmans, des nationalistes, qui ont aujourd’hui cinquante ou cinquante-cinq ans, qui ont fait la guerre Irak/Iran (1980-1988), sont restés silencieux. Ils ont combattu pour défendre la patrie, ils sont maintenant docteurs, ingénieurs, ils font du business. Ce ne sont pas des anges mais, en tant que vainqueurs de la guerre Irak/Iran et que défenseurs de l’islam, ils ont la capacité de dire aux Gardiens de la Révolution actuels les plus durs et aux mollahs, qu’ils ont la volonté d’ouvrir la main vers les États-Unis parce qu’ils veulent que l’Iran soit un grand pays moderne. L’un d’entre eux, Rezaï, commandant en chef des Pasdarans était candidat contre Ahmadinejad en 2009, Mohammad Bagher Qalibaf, actuel maire de Téhéran était candidat aux élections contre le même Ahmadinejad en 2005, il sera peut-être le Bonaparte iranien qui, si l’anarchie se prolonge et si les États-Unis n’obtiennent pas de réponse rapidement, prendra le pouvoir par un coup d’État avec le concours du Guide qui n’aura pas d’autre choix que de le soutenir pour sauver le régime.</p><p>Le scénario est assez pessimiste, assez dur. Des conflits sont possibles, voire un coup d’Etat militaire. D’autres solutions, démocratiques sont rêvées. Il est difficile de faire un pronostic.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 16:23:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’Iran et l’arme nucléaire - Fondation Res Publica]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je serai d’autant plus libre de ma parole que je m’exprimerai en « off ».<br />Je ne suis ni avocat ni procureur. Ce qui m’intéresse dans cette affaire, au-delà des raisons, ce sont surtout les conséquences et la façon de les prévenir.</p>
<p>Je me concentrerai sur le dossier nucléaire. Les relations avec l’Iran comportent bien d’autres dimensions mais c’est le dossier nucléaire qui nous occupe le plus en ce moment et c’est celui sur lequel une horloge est en train de tourner.</p><p>Je commencerai par commenter les faits rapportés par l’AIEA, récemment encore, dans son rapport de la semaine dernière.</p><p>Le premier fait est la poursuite par l’Iran de son programme d’enrichissement en violation des cinq résolutions du Conseil de sécurité et de neuf résolutions de l’AIEA et sans vocation civile identifiable. Aujourd’hui l’Iran produit de l’uranium faiblement enrichi qui n’a pas d’usage civil et n’en aura pas avant longtemps. Comme l’ambassadeur Nicoullaud l’a dit, le jour où la centrale de Bouchehr entrera en fonctions, elle utilisera de l’uranium russe pour la durée de vie du réacteur. Aujourd’hui il n’y a pas d’autre projet de réacteur iranien. Aucun ne sera réalisé avant de longues années. L’usine de Natanz est comme une raffinerie qui produirait de l’essence pour des voitures qui sortiront dans vingt ans. On ne voit pas d’usage industriel prévisible. D’autres pays qui disposent de réacteurs nucléaires, comme la Corée du Sud, ont fait le choix de ne pas développer l’enrichissement parce que ce n’est pas rentable. Ils préfèrent acquérir l’uranium sur le marché. Je ne dis pas que l’usine de Natanz a des fins militaires mais qu’elle n’a pas de fins civiles identifiables.</p><p>Jusqu’en 2002, c’était un programme clandestin : ces usines ont été développées en secret, elles ont été révélées en 2002 par un groupe iranien puis l’Agence internationale de l’énergie atomique les a inspectées. Ce programme a donc été développé pendant dix-huit ans dans la clandestinité.</p><p>Il s’est appuyé sur le réseau A. Q. Khan, du nom d’un scientifique pakistanais, dit « le père de la bombe pakistanaise », assez peu connu pour sa contribution au développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire. Il a coopéré avec la Libye, avec la Corée du Nord, il a coopéré avec l’Iran.</p><p>Le premier élément réside donc dans les inquiétudes liées à ce programme d’enrichissement qui se poursuit sans but visible.</p><p>Le deuxième fait est le problème des contrôles. L’ambassadeur Nicoullaud a parlé des contrôles de l’AIEA : Non, l’Iran n’applique pas pleinement les contrôles de l’AIEA. Par exemple, il n’applique pas le protocole additionnel qui donne à l’Agence des pouvoirs d’inspection renforcée lui permettant d’aller dans les sites où il n’y a pas de matière nucléaire (alors que les accords habituels limitent les inspections aux sites qui renferment des matières nucléaires).</p><p>L’Iran ne répond pas aux questions de l’Agence sur ses activités nucléaires passées et présentes. Je citerai en particulier les activités pouvant être liées à la conception et à la fabrication des armes nucléaires, qui occupent une place croissante dans les rapports de l’AIEA. Les rapports de l’AIEA décrivent par exemple une étude sur l’intégration d’une charge sphérique dans un cône de missile et des expérimentations effectuées sur ce qu’on appelle un implosoir, une technologie qui permet de créer une onde sphérique à partir d’explosifs. D’autres études ont porté sur l’explosion de « quelque chose » à 600 mètres d’altitude. Le directeur général adjoint de l’AIEA, Monsieur Heinonen, qui fait un travail remarquable, a présenté aux Etats membres de l’AIEA, il y a deux ans, une vidéo montrant cette explosion à 600 mètres d’altitude. A moins que ce ne soit pour des feux d’artifice, on n’y voit pas d’usage civil.</p><p>Bref, l’AIEA explore toutes les informations reçues de plus d’une dizaine d’Etats membres et qu’elle juge suffisamment cohérentes, crédibles et détaillées pour que l’Iran doive expliquer la finalité de son programme. Mais l’Iran ne répond pas à ces questions, ne donne pas accès aux gens, ne donne pas accès aux installations ni aux documents. Les Iraniens se contentent de dire que ce sont des faux mais ce n’est pas l’avis de l’AIEA.</p><p>Le dernier point inquiétant est l’affaire du deuxième site d’enrichissement, découvert à proximité de la ville de Qom, sous une montagne, dans un camp des Pasdarans. Construit dans la clandestinité la plus totale jusqu’à la révélation de son emplacement, fin septembre, c’est un très petit site : il ne pourrait pas contenir plus de 3000 centrifugeuses. Pour vous donner un ordre de grandeur, l’usine de Natanz peut contenir 54000 centrifugeuses, sachant qu’elle est loin d’être pleine. 54000 centrifugeuses permettraient de produire en un an du combustible pour un réacteur nucléaire. 3000 centrifugeuses, c’est une bombe par an. Le site de Qom n’est pas une réplique du site de Natanz comme le prétendent les Iraniens (si Natanz était bombardée, ils auraient, disent-ils, ce deuxième site en réserve). On voit bien que son usage ne peut être civil.</p><p>Le dernier point n’est pas nucléaire. L’Iran poursuit un programme très actif de missiles, sur deux technologies : les missiles à propulsion liquide et les missiles à propulsion solide. Il faut en retenir que la portée s’accroît entre 1500 et 2000 kilomètres. Or, à 2000 kilomètres, on dépasse le cadre régional, on commence à atteindre la Roumanie et la Bulgarie. Cela n’a peut-être pas de sens du point de vue stratégique mais la réalité technique est là : la portée de ces missiles s’accroît.</p><p>Tout cela montre le déficit de confiance que la communauté internationale a dans le programme de l’Iran et donc le travail à accomplir pour restaurer la confiance, ce qui est l’objectif.</p><p>Pourquoi tout ceci est-il très préoccupant ?</p><p>D’abord en raison de la menace très forte pour la sécurité régionale.<br />Le programme nucléaire iranien fait craindre deux risques :<br />Le risque de détournement. L’Iran utilise-t-il clandestinement des installations pour produire une arme ?<br />Le risque de rupture : Que se passera-t-il si un jour l’Iran, comme la Corée du Nord, expulse les inspecteurs de l’AIEA ? Cette possibilité théorique doit être gardée à l’esprit.<br />Les risques pour la région sont de deux ordres :<br />Les risques que susciterait la politique étrangère d’un Iran nucléaire. C’est la thèse des effets de la sanctuarisation. C’est sans doute ce qui inquiète le plus les pays de la région. Quel serait le comportement de l’Iran sanctuarisé par l’arme nucléaire ou la capacité nucléaire ?</p><p>Monsieur le ministre a évoqué le risque d’une cascade de prolifération dans la région, une éventualité qu’on n’a pas envie de voir se réaliser. Paradoxalement, ce qu’Israël n’a pas fait – pousser un certain nombre de pays de la région à se doter de l’arme nucléaire – l’Iran pourrait le faire. Je voudrais noter que, de ce point de vue, il n’y a pas tellement de différence entre un Iran « au seuil », c’est-à-dire perçu comme ayant une capacité nucléaire, et un Iran effectivement doté de l’arme nucléaire. Si la différence correspond à un délai de six mois, un Etat de la région pourrait vouloir se doter de la capacité nucléaire dans les mêmes conditions. Si on aboutit à un Moyen-Orient truffé d’installations d’enrichissement prêtes, en cas de crise grave, à être affectées à des fins militaires, on passera assez rapidement d’une prolifération virtuelle à une prolifération réelle.<br />Ce sont des risques et notre tâche est de prévenir ces risques.</p><p>La deuxième catégorie de menaces a déjà été évoquée, c’est la menace pour le régime de non-prolifération nucléaire.</p><p>Au mois de mai aura lieu la conférence d’examen du TNP. Tous les cinq ans, les Etats membres du Traité de non-prolifération nucléaire se réunissent pour faire le point sur la mise en œuvre du traité. Le TNP est l’un des traités les plus universels (quatre Etats n’en font pas partie). Seules la charte des Nations Unies et la charte des droits de l’enfant ont plus de signataires.</p><p>Mais ce traité est soumis à un certain nombre de tensions et la crise nucléaire iranienne en cristallise plusieurs. Le traité repose sur un certain nombre d’échanges : le désarmement et la non-prolifération, la non-prolifération et le développement des usages pacifiques du nucléaire. On voit que l’Iran, effectivement, met en cause les aspects de non-prolifération, notamment les contrôles de l’AIEA, l’action de vérification, et ne coopère pas pleinement avec l’agence. On a mentionné le cas passé de la Corée du sud, le cas de Taïwan, le cas de l’Egypte, mais il y a une énorme différence ! Outre une différence de taille, d’ampleur, puisque ni la Corée du sud ni Taïwan n’ont développé d’installation d’enrichissement clandestines, ces pays, quand l’AIEA les a interrogés, ont ouvert leurs portes, tout comme l’a fait la Libye. Ils ont montré où étaient les scientifiques, où étaient les documents et les matières, ce que l’Iran ne fait pas.</p><p>Donc, le premier point est la mise en cause de l’AIEA.</p><p>Le deuxième point est la question de l’enrichissement et du retraitement. Ces technologies très « duales » peuvent assez facilement passer d’un mode civil à un mode militaire, elles font donc l’objet d’une sensibilité particulière.</p><p>Si on accepte que l’Iran développe des installations d’enrichissement et de retraitement sans usage civil identifiable, que dira-t-on demain aux autres ? Si d’autres pays de la région viennent nous voir en brandissant leur droit inaliénable à l’enrichissement, que leur répondra-t-on ? Au-delà de l’Iran, il y a tout le contexte régional.</p><p>A la clef de cette crise nucléaire iranienne, il y a littéralement l’avenir de nos efforts de non-prolifération.</p><p>Le troisième aspect est la menace pour la sécurité internationale. Cette question est liée à ce qui précède : si le régime de non-prolifération s’écroule, si le Moyen-Orient devient nucléaire, la sécurité internationale sera gravement atteinte. Mais, au-delà, il y a aussi l’atteinte portée aux instruments de sécurité collective : l’AIEA et le Conseil de sécurité. Ce n’est sans doute pas la première fois que l’autorité du Conseil de sécurité est battue en brèche mais, dans ce cas ce sont cinq résolutions à l’unanimité qui ne sont pas appliquées. Pour nous qui attachons une énorme importance à la sécurité collective, c’est un problème majeur.</p><p>C’est en raison de toutes ces inquiétudes qu’en 2003 la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont pris l’initiative d’offrir à l’Iran une voie de sortie négociée. La découverte d’une installation d’enrichissement clandestine aurait dû être suivie par les sanctions du Conseil de sécurité. La France et ses partenaires ont fait un autre choix, proposant à l’Iran une négociation qui a abouti à un premier accord, en octobre 2003. Après un certain nombre de difficultés de mise en œuvre de cet accord, un deuxième accord a été signé en novembre 2004. C’est à partir de l’élection d’Ahmadinejad que tout s’est écroulé. Les trois Européens ont été rejoints en 2006 par la Russie, les États-Unis et la Chine. Ce n’était pas un mince exploit car l’administration Bush avait été extrêmement critique vis-à-vis des Européens pour leur tentative de dialogue avec l’Iran. Conscients que, sans les États-Unis, il n’y aurait pas d’accord, nous avons fini par convaincre les Américains de la nécessité de soutenir cette tentative.</p><p>Les six ont commencé à travailler ensemble en juin 2006. Leur approche repose d’une part sur un objectif clair, partagé, qui est d’empêcher l’Iran d’acquérir une capacité nucléaire militaire, d’autre part sur une méthode qu’on appelle parfois, faute de mieux, la « double-approche », qui mêle fermeté et dialogue.</p><p>L’élément de dialogue consiste à proposer à l’Iran d’engager des négociations à la condition qu’il suspende ses activités d’enrichissement. En effet, si l’Iran continue à enrichir pendant qu’on négocie sur l’avenir du programme nucléaire, les résultats de la négociation sont biaisés car il crée du fait accompli.</p><p>L’objectif de la négociation est un accord de long terme de coopération nucléaire incluant le nucléaire civil. Le contenu des offres faites d’abord par les Européens en juin 2005, puis par les six en 2006 et de nouveau en 2008, est très vaste et même inédit : aucun pays ne s’est jamais vu offrir un tel paquet de coopération (surtout un pays pris sur le fait comme l’Iran). La lettre des six ministres envoyée à l’Iran en juin 2008 (donc signée également par la Secrétaire d’Etat américaine) exprimait clairement la volonté des six Etats de changer complètement leurs relations avec la République islamique, lui reconnaissant donc ce caractère islamique, ce qui, pour les États-Unis, n’allait pas de soi. Les Iraniens n’ont pas réagi à cette lettre.</p><p>La « double approche » consiste donc en une offre de coopération qui se muera en pression, en sanctions, si l’Iran persiste dans son refus de négocier. Cinq résolutions du Conseil de sécurité, dont trois de sanctions, ont été votées par les Russes et les Chinois, ce n’est donc pas simplement une affaire occidentale comme parfois les Iraniens le présentent.</p><p>Où en sommes-nous ?</p><p>Depuis le début de l’année 2009 trois évolutions majeures se sont produites.<br />La première, c’est l’offre historique américaine de dialogue, la « main tendue » d’Obama, une évolution que nous souhaitions, que nous soutenons et qui représentait un réel changement dans le paysage. Cette offre, jusqu’à présent, n’a pas été saisie. Les Américains ont fait passer par tous les canaux leur volonté de discuter avec l’Iran, sans pré-condition et sans réponse…</p><p>Le deuxième élément, sans doute lié au précédent, ce sont les élections, avec les fraudes qui s’y sont déroulées et la répression qui a suivi. Toute négociation suppose un interlocuteur. Sans doute le régime avait-il déjà du mal à décider, compte tenu de sa structure, mais on peut craindre que, dans ce contexte de compétition politique encore accru, il lui soit encore plus difficile de décider.</p><p>Le troisième élément est, malheureusement, la poursuite du progrès du programme nucléaire. C’est là où la notion du temps est importante. Cette affaire n’a pas commencé au mois de septembre, depuis sept ans on essaye d’arrêter les Iraniens qui, pendant ce temps, de façon très systématique, très méthodique, ont fait avancer leur programme nucléaire, additionnant les centrifugeuses, améliorant leur savoir-faire, produisant de la matière. Dans la prolifération nucléaire, le point-clef est la matière : la capacité technique de faire une bombe n’est pas un verrou, pas plus que les missiles. Le verrou c’est l’acquisition de la matière, en raison de son coût. Donc, lentement mais sûrement, l’Iran avance.</p><p>Après la révélation sur le site clandestin de Qom (le 25 septembre), les six ont rencontré l’Iran à Genève le 1er octobre, pour la première fois depuis quinze mois. Monsieur l’ambassadeur a condamné l’usage de la carotte et du bâton. Force est de constater que les Iraniens bénéficient depuis mars 2008, date de la dernière résolution de sanction, d’une phase de dialogue, sans la moindre sanction. Solana a passé de longues heures à parler aux Iraniens, il s’est rendu en Iran. Depuis l’arrivée de l’administration Obama, cet effort s’est accru.</p><p>Lors de cette réunion du 1er octobre à Genève un certain nombre d’éléments ont été agréés en principe :<br />1° Une visite sur le site de Qom, qui a eu lieu, suivie d’une deuxième.<br />2° La proposition d’approvisionner en combustible le petit réacteur de recherche (à des fins médicales) de Téhéran. Il s’agit de valoriser le combustible produit par l’usine de Natanz. La Russie et la France étaient prêtes à participer à ce schéma qui constituait une mesure de confiance (puisqu’on utilisait de l’uranium dont les fins civiles n’étaient à l’origine pas identifiables). Comme cela a été constaté, non seulement il n’y a pas eu de réponse positive mais les rumeurs qui courent depuis plusieurs semaines augurent un rejet de l’offre. Pourtant, le directeur général de l’AIEA s’est vraiment engagé dans cette affaire, la Russie y a investi un capital politique considérable. En effet, aucun des six ne souhaite, plus que la Russie, désamorcer la tension. Les États-Unis et la France l’ont soutenue pleinement, y voyant une bonne chose pour l’Iran et une amorce de retour à la confiance. Mais pour des raisons difficiles à analyser, il n’y a pas eu d’accord. Ce refus a tendance à accroître nos doutes.<br />3° Une reprise du dialogue avec les Iraniens sur le dossier nucléaire. Or, vous l’avez constaté, les Iraniens, à ce stade, n’ont pas envie de dialoguer sur le dossier nucléaire.</p><p>Que faire aujourd’hui ?</p><p>Les six ministres réunis à New-York ont prévu d’évaluer la situation et d’en tirer les conséquences avant la fin de l’année. En langage clair, cela annonce de probables nouvelles sanctions.<br />On attend de l’Iran un changement profond de comportement sur le dossier nucléaire.<br />Les Iraniens sont-ils prêts ou non à négocier sérieusement sur le programme nucléaire ?<br />Veulent-ils ou non normaliser leurs relations avec les États-Unis ?</p><p>Ceci sous-entend trois questions :<br />La première concerne leur perception de la situation. S’ils se sentent en position de force ils ne voudront peut-être pas négocier.<br />La deuxième concerne leur volonté réelle de négocier.<br />La troisième porte sur la possibilité de décider, dans les circonstances présentes, pour un système, qui, structurellement, a du mal à prendre des décisions stratégiques.<br />Ces questions sont aujourd’hui sans réponse.</p><p>Le risque, si aucun progrès n’est constaté à la fin de l’année, c’est qu’on s’achemine vers une nouvelle phase de sanctions.<br />Les sanctions ne sont pas une fin en soi, elles ont deux objectifs :</p><p>Le premier c’est essayer de convaincre l’Iran, sous la pression, qu’il a intérêt à négocier. Or ce régime réagit à la pression : en 2007, les menaces de sanctions avaient amené l’Iran à conclure rapidement avec l’AIEA un plan pour éclaircir les questions en suspens. C’est donc un régime qui réagit à la pression et le temps est peut-être venu effectivement d’accroître la pression. Encore faut-il qu’elle soit conséquente. Jusqu’à présent la logique des sanctions a été très progressive, très incrémentale, notamment à cause des Russes et des Chinois. Peut-être cette fois-ci, ces sanctions devront-elles être d’une ampleur et d’une nature différente si on veut attirer l’attention des dirigeants iraniens.</p><p>Le deuxième aspect qu’il ne faut jamais négliger est le contexte régional. Il est très important de montrer aux pays de la région que nous sommes déterminés à obtenir un règlement négocié de cette affaire. En effet, l’inquiétude monte, non seulement en Israël mais aussi dans nombre de pays de la région. La pression fait partie de cette démarche pour éviter d’autres options que personne n’a envie de voir.</p><p>Pour conclure je dirai que nous avons encore un peu de temps. Nous sommes dans le temps de la prévention, ce scénario peut encore être évité. Il importe que les six soient aussi unis que possible, sans oublier tous les autres pays du monde qui sont conscients, non seulement du problème de l’Iran mais aussi des conséquences plus larges sur le régime de non-prolifération nucléaire.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1250/conclusion-de-jean-pierre-chevenement-fondation-res-publica</guid>
	<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 16:22:42 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1250/conclusion-de-jean-pierre-chevenement-fondation-res-publica</link>
	<title><![CDATA[Conclusion de Jean-Pierre Chevènement - Fondation Res Publica]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Merci, Monsieur Briens, pour cet exposé très bien documenté et éclairant.</p>
<p>Avant de passer la parole à la salle, je voudrais dire à mon tour que nous avons un peu de temps. Il ne faut pas céder à une dramatisation excessive. L’Iran dispose de ressources d’uranium limitées. Au total ses gisements représentent 2000 tonnes d’uranium et il en produit à peu près 75 par an. Il a importé 500 tonnes d’uranium de Namibie dans les années 1970. Tout cela ne permet de réaliser qu’un nombre d’armes relativement réduit, à supposer que l’Iran en ait les moyens. Or aujourd’hui on sait qu’il dispose de centrifugeuses de première génération dont beaucoup ne fonctionnent pas. La quantité d’uranium faiblement enrichi dont dispose l’Iran, 1300 kilos, n’est un secret pour personne. Cela permet peut-être de réaliser un engin après enrichissement à 90%. D’après les services secrets israéliens, l’Iran ne pourrait pas se doter d’un engin nucléaire – unique – avant 2014. L’expérimentation éventuelle détruirait la totalité de cet arsenal ! En considérant que la production d’UFE (uranium faiblement enrichi) est de 70 kilos par mois, nous pouvons conclure que nous avons un peu de temps.</p><p>La difficulté vient, me semble-t-il, – il n’y a ici ni défenseur, ni procureur – de ce que l’Iran est un pays très susceptible, peut-être légitimement susceptible, comme nous l’ont expliqué plusieurs intervenants. Le nationalisme iranien est très largement partagé y compris par l’opposition. L’intransigeance iranienne risque de faire manquer l’opportunité que constitue la présence de Monsieur El Baradei à la tête de l’AIEA. En effet ses fonctions arrivent à expiration à la fin de ce mois. C’est un Japonais qui prendra la suite, ce qui ne rendra pas forcément les choses plus faciles du point de vue de l’Iran.</p><p>Ce qui m’intrigue, c’est qu’un éventuel refus viendrait, semble-t-il, de gens comme Moussavi et le président – réputé conservateur – de la Commission de la défense du Parlement iranien. Curieusement, Ahmadinejad semblait plus ouvert (son directeur de cabinet faisait des déclarations qui allaient même au-delà de ce qu’on lui demandait !). Je m’interroge sur la manière dont cette affaire est traitée sur le plan intérieur. Comme l’a dit tout à l’heure Monsieur Hourcade, la société iranienne a besoin d’être débloquée. On voit très bien ceux qui voudraient la débloquer et ceux qui ne le souhaitent pas. L’affaire du nucléaire est bel et bien instrumentée à des fins de politique intérieure.</p><p>Sur le plan de la politique extérieure, les États-Unis ont besoin de l’Iran pour se dégager de l’Irak. Loïc Hennekinne nous avait rappelé en d’autres temps, que l’Iran dispose de moyens de pression importants puisque plus de la moitié de la population irakienne est chiite et que de nombreux partis chiites sont très influencés par Téhéran. Le retrait en bon ordre des forces américaines d’Irak dépend donc de la bonne volonté iranienne.</p><p>On pourrait en dire autant de l’Afghanistan. Si l’Iran n’a jamais entretenu de bonnes relations avec les Talibans, il a de très bons rapports avec le Hezb-i-islami, le mouvement de Gulbuddin Hekmatyar, lui- même très proche des Talibans. Si l’on ajoute à cela l’influence des minorités tadjikes et hazaras, on constate que l’Iran a des moyens de pression en Afghanistan ainsi qu’ailleurs qu’au Moyen-Orient (au Liban à travers le Hezbollah, à Gaza à travers le Hamas).</p><p>On ne peut négliger la menace d’une frappe israélienne qui serait désastreuse à tous égards, pernicieuse du point de vue de l’ordre mondial et suicidaire pour Israël.</p><p>Au point où nous en sommes, je pense que les Iraniens ont à prendre une position raisonnable. Nous ne pouvons que souhaiter la normalisation de nos rapports avec l’Iran. Depuis la destruction de l’Irak, ce pays a une position dominante dans sa région.</p><p>J’exprimerai quelques nuances sur les rapports complexes entre l’Irak et l’Iran. Au départ c’était l’eau et le feu. Les Occidentaux – particulièrement les Américains – ont certainement encouragé l’Irak mais il faut rappeler que l’ayatollah Khomeiny avait refusé la résolution des Nations Unies de 1982, faisant traîner la guerre jusqu’en 1988, date à laquelle il but la « coupe de poison ». Six ans de guerre sur huit sont imputables à l’entêtement iranien.</p><p>Dans la situation actuelle, nous avons intérêt à une normalisation, nous avons intérêt à la stabilité de la région et le risque de la prolifération doit être conjuré.</p><p>Comme l’avait dit le Président Chirac (1), je pense que l’Iran ne pourrait pas faire grand-chose d’une arme nucléaire : la dissuasion fonctionne, la Cinquième flotte est présente et l’Iran est cerné par des pays dotés de l’arme nucléaire ! Mais ce serait un encouragement à la prolifération pour des pays comme l’Arabie saoudite, qui en a les moyens financiers. Il faut aussi les techniciens, que d’ailleurs l’Iran n’a pas en nombre suffisant. C’est l’une des faiblesses iraniennes, avec l’hostilité de la communauté scientifique iranienne au régime.</p><p>Nous devons essayer de conjurer le risque de prolifération.</p><p>Le TNP a considérablement ralenti la prolifération. Kennedy déclarait au début des années 70 qu’il y aurait à la fin du siècle plus de vingt-cinq pays détenteurs de l’arme nucléaire. Il n’y en a que neuf. De ce point de vue, le TNP a joué un rôle de « ralentisseur » (comme on dit en technologie nucléaire) tout à fait efficace. L’intérêt de l’humanité n’est pas de voir partout des Etats nucléaires. Un Moyen-Orient dénucléarisé serait certainement préférable mais cela impliquerait évidemment beaucoup de changements par rapport à la situation actuelle.</p><p>Je crains (cet avis n’engage que moi) que si l’Iran ne modifie pas sa position rapidement, des sanctions nouvelles – dont je ne sais jusqu’où elles iront (on a évoqué un embargo sur les produits pétroliers raffinés) -soient inévitables.</p><p>Quoi qu’il en soit, il faut laisser la porte ouverte à la négociation parce qu’il y a derrière cette affaire nucléaire beaucoup d’éléments – notamment de politique intérieure – qui nous échappent. Je ne pense pas que l’intérêt de l’Iran soit de s’entêter dans cette perspective. L’Iran n’a pas à craindre d’agression par les États-Unis, vaccinés par le fiasco irakien contre toute tentative d’invasion terrestre. L’intérêt d’Israël n’est pas dans une frappe qui ralentirait le programme iranien sans l’anéantir, créerait un désordre inimaginable dans la région et coaliserait un très grand nombre de pays contre Israël.</p><p>Je pense donc qu’il faut « laisser un peu de temps au temps » et laisser à l’Iran le soin de changer de position.</p><p>Peut-être y a-t-il une manière de procéder et j’introduirai une nuance avec la politique actuelle. Je crois que l’expression que nous donnons souvent n’est pas heureuse et je rejoins ce que disait l’ambassadeur Nicoullaud. Si on veut aboutir dans une négociation, il ne faut pas employer constamment des langages de vexation et d’humiliation. On a quelquefois l’impression que nous allons plus loin que l’administration Obama elle-même. C’est une question de tonalité qui me paraît importante et devrait être rectifiée. Cela dit, tous les éléments évoqués par Monsieur Briens me paraissent correspondre à une réalité qui ne peut pas ne pas nous interpeller.</p><p>Il n’y a nulle volonté de ma part d’aggraver une situation déjà préoccupante et je ne vois pas d’autre solution que de maintenir ouverte la porte de la négociation et de chercher un résultat en employant le langage le plus adéquat. Si, comme l’a dit Monsieur Briens, l’Iran est sensible à la pression, Monsieur Nicoullaud rappelait que c’est une question de diplomatie.</p><p>Il y a de nombreux diplomates dans cette salle. Je vais leur donner la parole. Ils en savent plus que moi sur ce sujet.</p><p>——-<br />1) Interrogé début 2007, le chef de l’Etat notait que « si l’Iran possédait une bombe nucléaire et si elle était lancée, elle serait immédiatement détruite avant de quitter le ciel iranien. Il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition. C’est tout le système de la dissuasion nucléaire ».<br />Ce « qui est très dangereux, martela Jacques Chirac, c’est la prolifération ».</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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