L’Allemagne s’effondre en silence : l’impuissance d’un pouvoir qui ne veut rien changer.

En Allemagne, les trains ne circulent plus à l’heure, des ponts autoroutiers sont fermés pour raisons de sécurité et le géant Volkswagen, symbole de l’industrie allemande, prépare la suppression d’environ 100 000 emplois dans le monde, dont une grande partie sur le territoire national. Face à ce déclin, le gouvernement répond par des réformes timides et des haussements d’épaules, habillés de belles paroles sur la modernisation.

L’article du Spectator décrit une Allemagne qui s’effondre tranquillement, sans drame spectaculaire, mais avec une fatalité inquiétante. Les passagers bloqués dans les gares haussent les épaules quand on leur demande leur avis sur les pannes répétées de la Deutsche Bahn. Les citoyens apprennent que des ponts majeurs sont fermés du jour au lendemain sans que cela ne suscite d’indignation particulière. C’est devenu « la normale ».

Le projet pharaonique de la gare de Stuttgart 21, lancé il y a plus de vingt ans, ne sera pas terminé avant 2031 au mieux. Un pont sur le Rhin, artère vitale, a été fermé sans préavis parce qu’il était structurellement dangereux. Dans le cœur industriel du pays, un pont autoroutier sur trois nécessite des travaux urgents. Et pourtant, rien ne semble vraiment changer.

Volkswagen, incarnation de la puissance industrielle allemande, se retrouve vulnérable face à la concurrence chinoise des voitures électriques bon marché, après des années de transition énergétique trop brutale et trop rigide. Le gouvernement, au lieu de reconnaître les erreurs de stratégie, propose des réformes fiscales et sociales limitées, qui ressemblent surtout à des ajustements techniques déjà imposés par les tribunaux. Sur le sujet central des prix de l’énergie, qui pénalise lourdement l’industrie, le silence est total.

Le chancelier Friedrich Merz, arrivé au pouvoir avec la promesse d’un « grand bond en avant » pour la compétitivité allemande, semble incapable d’enrayer ce mouvement. Son gouvernement se contente du plus petit dénominateur commun entre partenaires de coalition réticents. Résultat : un pays qui se croyait le moteur de l’Europe perd progressivement sa capacité à entretenir ses infrastructures et son tissu industriel.

Ce qui est peut-être le plus triste dans ce constat, c’est que cette impuissance persiste alors que les dirigeants sont souvent ceux que l’on peine le plus à évincer. Comme en France, les responsables les plus installés ou les plus visibles politiquement ne sont pas forcément ceux dont on arrive à se débarrasser, même quand leur action (ou leur inaction) contribue à affaiblir le pays. On a parfois le sentiment que tout cela suit une trajectoire presque inéluctable : une désindustrialisation progressive, une perte de souveraineté économique, et à terme un alignement toujours plus étroit sur un modèle technocratique européen où les nations perdent peu à peu la maîtrise de leur destin.

L’article du Spectator conclut que tant que la classe politique allemande continuera à traiter ces problèmes comme des détails gênants plutôt que comme l’enjeu central, le fatalisme des Allemands ne fera que s’aggraver. Et l’Allemagne continuera à s’effondrer… tranquillement.

Source : The Spectator, article de Henry Donovan, 6 juillet 2026.


Source : https://www.facebook.com/share/p/1DzLnoRbo6/