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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Monde]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 13:48:02 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1010/entre-empire-et-nations</link>
	<title><![CDATA[&quot;Entre empire et nations&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>J'approfondis la lecture d'"Entre empire et nations" (publié en 2004) du regretté ambassadeur Gabriel Robin, qui fut notamment représentant permanent de la France au Conseil de l'OTAN. Je partage l'essentiel de ses observations et de sa grille de lecture. Quelques perles : "Quand l’aigle européen se sera doté d’un bec acéré et de serres puissantes, qui osera se souvenir qu’il n’a qu’une cervelle d’oiseau ? (...)  De défensive qu’elle était, l’alliance (atlantique) est devenue interventionniste. Faites pour préserver le statu quo, elle n’aspire désormais qu’à le bouleverser. Sa mission était circonscrite à des lieux et à un temps déterminé, ses prétentions n’ont plus de limites. Elle servait de bouclier à des nations, et la voici devenue fer de lance d’un empire. La mutation ne s’est pas faite d’un coup ni sans tâtonnements, mais elle est aujourd’hui plus qu’aux trois quarts accomplie. (...) Car, si l'empire n'a pas encore son empereur, il a déjà ses sujets. Il n’y a qu’à voir avec quelle hauteur l’Europe traite ses voisins et comment, au mépris de leur souveraineté fraîchement recouvrée, elle les range à sa porte, en longues files d’attente, pour solliciter humblement une adhésion dont elle fixe, seule, toutes les conditions. Et si l’une ou l’autre, la petite Suisse ou la petite Norvège, se permet de rester à l’écart, il ne perd rien pour attendre."                                               Car, si l'empire n'a pas encore son empereur, il a déjà ses sujets. Il n’y a qu’à voir avec quelle hauteur l’Europe traite ses voisins et comment, au mépris de leur souveraineté fraîchement recouvrée, elle les range à sa porte, en longues files d’attente, pour solliciter humblement une adhésion dont elle fixe, seule, toutes les conditions. Et si l’une ou l’autre, la petite Suisse ou la petite Norvège, se permet de rester à l’écart, il ne perd rien pour attendre. »Car, si l'empire n'a pas encore son empereur, il a déjà ses sujets. Il n’y a qu’à voir avec quelle hauteur l’Europe traite ses voisins et comment, au mépris de leur souveraineté fraîchement recouvrée, elle les range à sa porte, en longues files d’attente, pour solliciter humblement une adhésion dont elle fixe, seule, toutes les conditions. Et si l’une ou l’autre, la petite Suisse ou la petite Norvège, se permet de rester à l’écart, il ne perd rien pour attendre. »</p>

<p><img src="https://s1.odilejacob.fr/couvertures/9782738115195.jpg" alt="image"></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1006/que-faire-face-a-trump</guid>
	<pubDate>Tue, 28 Jan 2025 19:33:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1006/que-faire-face-a-trump</link>
	<title><![CDATA[Que faire face à Trump?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je me place du point de vue des intérêts français. <br />En 1864, Bismarck a lancé une guerre contre le Danemark pour lui voler le Schleswig-Holstein; sept ans plus tard, il avait déclaré la guerre à la France et annexé l'Alsace et une partie de la Lorraine. </p>

<p>Je transpose dans le monde actuel. Donald Trump menace le Danemark qui ne veut pas lui vendre le Groenland. Laisserons-nous faire, comme en 1864? Ou bien monterons-nous une coalition diplomatique européenne pour faire barrage à la nouvelle forme d'impérialisme américain que déploie Trump? </p>

<p>Je vois venir en effet la suite: Trump ou l'un de ses successeurs voudra mettre la main sur nos territoires d'outre-mer, à commencer par les Antilles et la Guyane. Les ganaches qui sont censées nous gouverner ont totalement négligé ces territoires (l'incompétence actuelle dans les secours portés à Mayotte est caricaturale), qui seront une proie facile pour un président américain.  </p>

<p>Qu'on me comprenne bien: je détestais autant le comportement de l'administration Biden. Je ne me suis jamais caché de désapprouver le soutien de Macron &amp; Cie à la guerre d'Ukraine et aux sanctions anti-russes. Je ne comprends pas la lâcheté du gouvernement allemand devant la destruction américaine de NordStream. </p>

<p>Mais là nous parlons du nouveau président américain. Il va traiter, sans consulter l'Europe, avec Poutine. Et il entend compenser la défaite humiliante de l'OTAN en Ukraine par une prédation qui remplace les ressources sur lesquelles l'Occident ne mettra pas la main en Ukraine: après tout, le sous-sol du Groenland et les céréales canadiennes, ça fait l'affaire quand on perd l'Ukraine... </p>

<p>Je n'ai aucune confiance dans la plupart des dirigeants européens. Ils sont soit nostalgiques de l'impérialisme version Biden, soit regardent Trump avec des yeux enamourés. </p>

<p>Comme souvent dans son histoire, la France va se retrouver seule, sans amis. Et en plus nous sommes surendettés, donc vulnérables. </p>

<p>Pourtant, je suis sûr que les choses ne vont pas être aussi faciles que Trump l'imagine: la négociation avec la Russie sera dure et longue; la prédation du Groenland, du Canada, du canal de Panama, si elles se réalisent, vont avoir un coût politique supérieur aux gains économiques, pour l'instant hypothétiques, qu'en attend le président américain. </p>

<p>Je sais bien que beaucoup, sincèrement, en France, attendent une grande libération de Trump. Ils sont convaincus qu'il va nous aider à nous débarrasser de la caste centriste qui paralyse la France. Mais c'est une illusion. </p>

<p>D'une part, Trump est un patriote, et même un nationaliste américain, qui est obsédé par le fait de sauver son pays; il nous fera d'autant moins de cadeaux qu'il a 78 ans et doit économiser ses forces, se concentrer sur l'essentiel. </p>

<p>Plus important, c'est une illusion de croire, d'autre part, que nous puissions être libérés par une puissance extérieure. En 1944, c'est de Gaulle qui nous a libérés. S'il n'avait pas été là, Roosevelt nous aurait soumis (monnaie d'occupation, cession prévue  de territoires français à l'Italie et à la Belgique). Trump ressemble beaucoup plus à Roosevelt que ce qu'on croit et il n'hésitera pas à piétiner la France si cela sert les Etats-Unis.  </p>

<p>Pourtant, l'instabilité créée par Trump est notre chance. C'est la première fois depuis longtemps que nous pouvons envisager de nous libérer de la caste qui nous entrave et des contraintes extérieures qui nous ligotent. En réalité, tout va dépendre de notre volonté, comme citoyens. Je suis convaincu que c'est possible. Mais il y a des impératifs à remplir: </p>

<p>1. Trump est un danger politique aussi nocif que le macronisme. C'est la tendance à diviser les Français au lieu de les unir face à la caste au pouvoir. Aujourd'hui, deux blocs se font face, qui flanquent le macronisme à droite et à gauche. L'un porte la révolte de la France périphérique; l'autre celle du peuple des métropoles. La prééminence donnée au débat "ethno-culturel" a dressé ces deux France l'une contre l'autre, en particulier avec le débat sur l'immigration et celui sur l'islam. Il faut revenir au génie français. Nous sommes des héritiers de Rome. Nous savons faire une nation civique à partir de toutes les origines, de toutes les religions. </p>

<p>Voilà pourquoi il faut repousser de toutes nos forces l'ingérence d'un Musk dans la politique française et européenne! Son tropisme anglo-saxon le pousse à encourager chez nous des forces de droite qui s'ingénieront à entretenir la division du peuple français, empêchant notre libération et le redressement du pays. Alors qu'il faut une convergence de toutes les révoltes sociales de la période Macron, de toutes les luttes, celles de la France des campagnes et des petites villes et celles de la France des grandes villes.  Aucune grande politique ne pourra être menée si les Français n'ont pas d'abord été réconciliés. </p>

<p>2. Trump va susciter un durcissement de tous les Etats. Il nous va falloir nous endurcir comme les autres. Je m'attends en particulier à un raidissement de l'Allemagne, quel que soit le prochain chancelier. Deux tendances contradictoires vont s'affronter. D'une part, une aspiration à renforcer la solidarité européenne, contre Trump; d'autre part un autoritarisme allemand pouvant aller jusqu'au chantage de quitter l'Union Européenne, si Berlin n'obtient pas satisfaction. </p>

<p>Il y a là une occasion extraordinaire à jouer pour la France, consistant à créer des coalitions européennes solides pour renforcer la solidarité européenne, au besoin en mettant l'Allemagne en minorité dans les instances européennes. Evidemment, Paris devra en profiter pour négocier une refonte totale des politiques énergétiques de l'UE et un nouveau marché de l'électricité. Nous avons urgemment besoin de retrouver des marges de manœuvre financières et le prix de l'énergie, grâce à une relance du nucléaire, est notre meilleur atout. </p>

<p>3. Ne nous faisons pas d'illusions. Ce que nous dit l'élection de Trump, c'est que l'époque de la gouvernance supranationale et du multilatéralisme est passée. Nous allons vers un monde polycentrique. Et l'Europe ne saura s'affirmer comme un centre du monde multipolaire que si elle retrouve elle-même le secret de sa force passée: son propre polycentrisme. La force des nations européennes, voilà ce qu'il faut retrouver. Priorité doit être donnée aux intérêts français de long terme, dans toutes les décisions que nous prenons, y compris dans le cadre des concertations européennes.</p>

<p>Prenons Trump à son propre piège: il demande aux Européens une augmentation de leur effort de défense? Bien entendu, la France va le faire, mais pas dans le cadre d'une défense européenne que l'Allemagne a toujours inféodée aux Etats-Unis! <br />Nous devons revenir  à l'esprit des années gaulliennes: moderniser notre force de dissuasion, développer par nous-mêmes l'arme hypersonique, investir massivement dans les drones, etc... Nous devons aussi innover: de Gaulle, c'était la Guerre Froide. Le grand défi de notre époque, c'est la défense et la mise en valeur du domaine maritime français, notre "outre-mer". </p>

<p>4. Les grandes périodes françaises sont celles où nous trouvons un équilibre entre notre engagement en Europe et notre engagement maritime. Actuellement, nos gouvernants sans imagination sont absorbés à 90% par l'Europe. Il va falloir rééquilibrer! </p>

<p>5. Et puis ce serait l'occasion de devenir un peu sérieux sur le sujet de l'immigration. Vous pouvez toujours maudire les quarante dernières années et leur immigration nombreuse. Vous pouvez aller, comme certains jusqu'à fantasmer: les "déportations" à la Trump, voilà le modèle.  <br />Ou bien vous pouvez vous rappeler que l'état de droit, n'en déplaise à Bruno Retailleau, c'est une réalité objective. Et que la France est profondément "romaine" dans sa capacité à faire une seule nation de personnes d'origines diverses.</p>

<p>Et vous pouvez vous dire aussi qu'au moment où nous devons nous rouvrir au vaste monde, au moment où les BRICS défient tranquillement l'Occident, des Français qui n'ont pas oublié l'origine de leurs parents ou de leurs grands parents peuvent devenir d'extraordinaires ambassadeurs du génie français partout dans le monde.  </p>

<p>La poursuite du macronisme, quel que soit le zombie qui sert de Premier ministre, c'est l'extinction lente de notre pays. Mais il n'y aura pas, contrairement à ce que certains imaginent, de "trumpisme à la française". Cela déboucherait sur une sujétion qui ne vaudrait guère mieux que l'actuelle. En revanche, il peut y avoir un "anti-trumpisme" intelligent, à la française. Nous avons une occasion unique (1) de mettre fin au débat ethno-culturel qui nous paralyse depuis les années 1980; (2) de reprendre la maîtrise de notre destin au sein de l'UE, en profitant de l'affaiblissement et du raidissement de l'Allemagne; (3) d'inventer notre place dans le monde de demain qui sera beaucoup plus façonné par les BRICS que par les Etats-Unis d'Amérique. </p>

<p>Si nous comprenons ce qui se passe, le désordre à la fois brutal et loufoque, que va causer la politique de Trump en Europe est une gigantesque occasion à saisir pour réussir la prochaine révolution française.</p>

<p><a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Husson_(historien)"><br />Édouard HUSSON<br /></a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1003/entre-ambitions-diplomatiques-et-realites-complexes-partie-ii</guid>
	<pubDate>Sun, 26 Jan 2025 10:19:01 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1003/entre-ambitions-diplomatiques-et-realites-complexes-partie-ii</link>
	<title><![CDATA[Entre ambitions diplomatiques et réalités complexes Partie II]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1002/entre-ambitions-diplomatiques-et-realites-complexes-partie-i"><br />Retour sur la première partie</a></p>
<p>En outre, Trump joue le jeu du bâton et de la carotte, pour essayer de forcer la Russie à négocier, encore faudrait-il savoir quoi, comment et avec qui.</p><p>La Russie a toujours fait savoir qu’elle était prête à négocier, et ce depuis le début. La vraie question est donc de savoir pourquoi les négociations de 2022 ont été abandonnées sur ordre de Boris Johnson… Même Arestovitch à reconnu qu’ils avaient sablé le champagne quand ils ont vu ce que la Russie était prête, en 2022 à négocier. Ne prenez surtout pas ceci pour une parque de faiblesse de la part de la Russie, non, mais comme une volonté de stopper ce conflit. Aujourd'hui, la donne est différente, bien différente, la Russie a appris ses leçons et depuis 2022 sait à qui elle a affaire.</p><p>Le narratif et la doxa occidentale, vous dira toujours que la Russie voulait ce conflit, mais en fait la réalité est à l’opposé : La Russie à tout fait pour éviter ce conflit et à plusieurs reprise a essayé de négocier avec les maîtres des Ukrainiens, l’OTAN. Hier j’ai publié un article sur l’histoire de la Crimée et la façon dont ne présente jamais l’affaire de la Crimée, ignorant volontairement l’histoire pour mieux la réécrire. En mars 2021, Zelensky a pris un décret, stipulant que dans l’année à venir, l’Ukraine mènerait des opérations militaires pour reprendre possession de la Crimée et du Donbass. Ce n’est, pour faire un peu plus court, que fin novembre 2021, que Vladimir Poutine comprit que quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise, l’Occident et l’Ukraine ne voulait pas de la paix.</p><p>Ignorer l’histoire, ignorer les faits, ignorer l’implication de l’Occident dans ce conflit, l’affaire Burisma, les bases secrètes de la CIA en Ukraine, les bio labs et les expériences monstrueuses faites sur les civils russophones du Donbass par les américains puisque sur leur propre territoire c’est illégal, le support militaire et logistique à l’Ukraine, ne pourra pas aider Kellog à régler ce conflit.</p><p>Alors aujourd’hui la Russie est toujours prête à écouter ses partenaires (c’est le terme qu’utilise avec magnanimité Vladimir Poutine pour parler de l’Occident, mais aussi des autres interlocuteurs de la Russie), mais la Russie ne négociera rien qui ne lui soit pas bénéfique, et elle a tout à fait raison de procéder ainsi, sachant comment à chaque fois l’Occident a essayé de lui faire à l’envers le sketch, qui finalement abouti à aujourd’hui.</p><p>Alors avec qui ? avec qui voudra, et il est évident que cela doit avoir lieu avec l’Ukraine, sauf que l’Ukraine ne veut pas négocier avec la Russie. Zelensky est illégal et illégitime, et de plus, Zelensky n’a toujours pas fait sauter les décrets qui stipule que ni lui ni aucun autre ukrainien ne peut négocier avec poutine et/ou la Russie. Enfin, s’il est vrai que cette paix pourrait se négocier avec la Russie et les USA, elle ne peut se faire sans l’Ukraine et un représentant légal et légitime de l’Ukraine.</p><p>Quant aux velléités de la France de faire partie du processus de paix au titre des garanties de sécurité de l’UE et de la France, macron peut aller se railler, la France n’a jamais été une cible de la Russie, pas plus que l’UE du reste, c’est un narratif et une doxa utilisée par la France te l’UE pour justifier de leurs actions en Ukraine et susciter la peur parmi la population pour mieux leur faire accepter cet état de fait. La France et l’UE se sont mis en positions de danger eux-mêmes et de leurs propres chefs et n’ont jamais été à la base une cible de la Russie.</p><p>L’état de cobelligérant actif de la France et de l’UE en général cessera d’être un danger quand ces pays cesseront ce qu’ils font, ou, cessera quand ils cesseront de mettre en place ce qu’ils prévoient de mettre en place, à savoir un soutien militaire actif à l’Ukraine, l’envoi de troupes au sol en Ukraine et l’utilisation des forces spéciales française dans les « blacks ops » en Ukraine contre la Russie. Quand tout ceci cessera, le danger s’en ira tout seul. Il n’y a donc pas besoin d’inclure la France et Macron dans ce processus de paix, sauf si la Russie le souhaite, la France de Macron étant totalement insignifiante diplomatiquement et politiquement.</p><p>Les obstacles à une paix durable</p><p>Cependant, les propositions américaines se heurtent à des exigences rigides de la Russie. Vladimir Poutine a clairement exprimé ses conditions pour une « paix à long terme », incluant la reconnaissance des territoires acquis depuis 2014, tels que la Crimée, les oblasts de Donetsk et de Louhansk, ainsi que les régions de Kherson et Zaporijjia. En contrepartie, l’Ukraine ne recevrait qu’un arrêt des combats, sans aucune garantie de sécurité à long terme, ce qui n’est pas tout à fait faux car dans le processus de démilitarisation et de dénazification de l’Ukraine, celle-ci ne sera pas envahie, sauf par l’Occident et ses investisseurs, j’y reviendrai un peu plus loin, puisque cela a à voir avec la neutralité de l’Ukraine, tant vis-à-vis de l’OTAN (ça, c’est jamais !).</p><p>La Crimée à toujours été russe, même l’ancien patron de la DGSE, Alain Juillet n’hésite pas à le dire publiquement et sur les médias. Je vous renvoie aussi à mes articles d’hier sur ce même sujet. Concernant les autres territoires, que cela plaise ou non à l’Occident et à Zelensky, il y a eu des référendums, bien évidemment non reconnu par ce même occident, à l’instar de ceux du Kosovo (juste pour rappel), et ces territoires font aujourd’hui partis de la Fédération de Russie. Jamais ils ne seront rétrocédés. Jamais ! c’est d’abord anti constitutionnel, et la constitution russe est parfaitement claire à ce sujet</p><p>De son côté, Kiev refuse catégoriquement d’abandonner un quart de son territoire. Peut-être que Zelensky devrait relire les accords de paix ratifiés en Turquie… Si l’Ukraine avait été souveraine, elle ne se serait pas laissée influencer par ceux qui veulent que le conflit continue…</p><p>L’idée d’un report à long terme de l’adhésion à l’OTAN, bien que soutenue par certains experts américains, n’est pas non plus suffisante pour apaiser les tensions. Evidemment, Zelensky sait que ses jours sont comptés et il veut à tout prix que le conflit continue, d’une part parce qu’il sait que les bandéristes vont lui tomber dessus s’il n’obtient pas le retour des territoires et pareil si l’Ukraine ne rejoint pas l’OTAN, ce qui n’arrivera pas en ce qui concerne l’OTAN. Comme je l’ai dit plus haut, l’OTAN ce n’est jamais, ni aujourd’hui, ni demain, ni dans 20 ans. Jamais ! Pour l’UE, c’est différent, la Russie n’y est pas opposée, mais cela serait du suicide pur et simple d’accepter un pays comme l’Ukraine dans l’UE, considérant son taux de corruption endémique et systémique, nous n’en avons pas besoin et les accepter c’est la garantie d’un vol gigantesque rendu légal. Les positions des deux camps restent ainsi diamétralement opposées, rendant les perspectives de négociations compliquées, mais pas impossible, à partir du moment ou pour les deux camps, et pas seulement pour la Russie, c’est une paix à long terme qui est choisie et non un simple cessez-le feu sans règlement en profondeur, car dans un tel cas cela revient à garantir la reprise des combats dans quelques temps.</p><p>Le rôle central des États-Unis et les défis internes</p><p>La position de Donald Trump est également influencée par les divisions internes au sein du Parti Républicain. Si l’aile isolationniste, incarnée par des figures comme JD Vance, prône un retrait partiel des États-Unis de l’aide à l’Ukraine, une autre frange du parti considère le soutien à Kiev comme un enjeu stratégique majeur. L’abandon de l’Ukraine serait, selon ces derniers, une victoire non seulement pour la Russie, mais aussi pour la Chine, renforçant leur position sur la scène internationale. Ce serait aussi une énorme perte pour les investisseurs en Ukraine comme BlackRock et Vangard, sans parler des Monsanto, Cargill et Dupond, puisqu’une des raisons de ce soutien occidental à l’Ukraine sont ses ressources naturelles, qui, dans l’esprit des américains, compte tenu des sommes en jeu, justifient largement une guerre civile jusqu’au dernier ukrainien, comme l’a rappelé Lindsay Graham.</p><p>Par ailleurs, l’héritage de Trump en matière de relations avec l’Ukraine est marqué par des controverses. Sa tentative de faire pression sur ce pays en échange d’une enquête sur Joe Biden avait conduit à sa première procédure de destitution. Cette histoire ajoute une couche de complexité à sa relation avec Volodymyr Zelensky et le gouvernement ukrainien. Si Trump à la volonté affichée de détruire le deep state américain, il est clair que celui-ci est encore très bien ancré, et que cela prendra du temps pour s’en défaire, si jamais cela était possible.</p><p>Le retour de Trump au pouvoir pourrait marquer une nouvelle ère d’isolationnisme dans la politique étrangère américaine. En 2024, il avait bloqué pendant plusieurs mois le vote de l’aide militaire à l’Ukraine par le Congrès, mettant en avant une priorité nationale sur les intérêts internationaux. Toutefois, ses ambitions diplomatiques actuelles nécessitent une approche plus nuancée, cherchant à équilibrer les intérêts des différentes factions politiques et les réalités du terrain.</p><p>Le Groenland, et le canal de Panama en sont des exemples frappants.</p><p>Pour autant, s’il vient de bloquer pour 90 jours toute aide à l’Ukraine, il serait illusoire de croire une seule minute que cela stoppera le complexe militaro industriel américain de fournir de l’armement à l’Ukraine, cela passera par l’UE, reste à savoir comment cela sera financé ? certainement via les intérêts des assets russes gelés en Europe, si ce n'est pas en utilisant directement ces assets, qui, d’une façon ou d’une autre seront utilisés pour garantir des prêts à l’Ukraine, dont on sait d’ores et déjà que l’Ukraine ne pourra jamais les rembourser.</p><p>Pourtant beaucoup d’analystes, dont je fais partie, ont déjà alerté sur le danger d’utiliser, de voler ces fonds à la Russie, tant le retour de bâton pourrait avoir un impact destructeur sur la France et l’UE en général.</p><p>En conclusion, la promesse de Donald Trump de mettre fin à la guerre en Ukraine reflète un mélange d’ambitions personnelles, de calculs politiques et de réalités géopolitiques. Alors que ses déclarations publiques insistent sur une solution rapide, les négociations en coulisses révèlent une reconnaissance tacite de la complexité du conflit. Si Trump veut tenir sa promesse, il devra naviguer habilement entre les exigences des différentes parties prenantes, tout en gérant les pressions internes et les attentes internationales. L’histoire jugera si son approche, mêlant pragmatisme et rhétorique, peut vraiment mettre un terme à l’un des conflits les plus dangereux de ce siècle, car cela ne si limite pas au théâtre ukrainien, il y a aussi les actions de l’OTAN dans la Baltique, qui ressemble de plus en plus à une tentative déguisée de blocus, ce qui, là aussi, ne sera pas accepté par la Russie et qui pourrait malheureusement ouvrir un nouveau front, sur fond de bataille navale au mieux, mais pas pour le meilleur. En effet, la tentative de blocus par l’OTAN de la flotte de navire marchands russes, ou même de sa flotte de pétrolier, constitue, de par les textes régissant cette partie du globe comme un acte de guerre.</p>
<p>Auteur : <a href="https://notrepays.today/cyrille-de-lattre">Cyrille de LATTRE</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1002/entre-ambitions-diplomatiques-et-realites-complexes-partie-i</guid>
	<pubDate>Sun, 26 Jan 2025 10:14:39 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1002/entre-ambitions-diplomatiques-et-realites-complexes-partie-i</link>
	<title><![CDATA[Entre ambitions diplomatiques et réalités complexes Partie I]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Depuis son retour sur la scène politique américaine, Donald Trump a multiplié les <a href="https://www.lefigaro.fr/international/les-pistes-de-l-administration-trump-pour-arreter-la-guerre-en-ukraine-20250124" target="_blank">déclarations</a> fortes concernant la guerre en Ukraine. Affirmant pouvoir mettre fin au conflit en vingt-quatre heures, l’ancien président des États-Unis fait face à une réalité diplomatique bien plus complexe, puisque de 24h nous sommes passés à 100 jours, alimentée par les exigences légitimes de la Russie et les dynamiques géopolitiques en jeu.</p><p>Un appel pressant à la fin des hostilités</p><p>Dans une série de messages publiés sur son réseau social, Truth Social, Donald Trump a appelé la Russie à mettre un terme rapide à la guerre en Ukraine. « Je vais faire une très grande faveur à la Russie, dont l’économie est en faillite, et au président Poutine. Réglez la question maintenant et mettez fin à cette guerre ridicule ! Elle ne fera qu’empirer », a-t-il martelé. Reprenant son ton habituel, Trump a évoqué son attachement à la Russie et au peuple russe, rappelant leur rôle crucial pendant la Seconde Guerre mondiale. « Nous ne devons jamais oublier que la Russie nous a aidés à gagner la Seconde Guerre mondiale, en subissant près de 60 millions de pertes humaines », a-t-il ajouté.</p><p>Nous connaissons tous, effectivement le style de Trump, pas toujours en adéquation avec la diplomatie, ce qui en fait un personnage clivant. On aime, ou on n’aime pas, c’est à chacun. Ici, ce qui est important de noter, c’est que j’espère que ses conseillers soient d’une autre trempe que ceux de Macron, sinon la situation va empirer rapidement. Or, dans ces deux citations, on comprend vite, qu’il y a une méconnaissance du sujet. D’abord, l’économie Russe est loin d’être en faillite. Mais très loin, à l’instar de celle de la France ou de la dette américaine, qui ne survit que par la planche à billets, et, il faut le reconnaitre, par la capacité des USA de générer de la croissance malgré une dette géantissime, et ceci passe par la guerre et le complexe militaro industriel… Second point, contrairement à ce que dit Trump, cette guerre n’est pas ridicule, ce qui est ridicule, c’est que si l’occident avait écouté la Russie depuis des décennies, ce conflit ne serait peut être pas arrivé, et en tous cas peut être pas pour ces raisons. Non cette guerre n’est pas ridicule, elle est triste, mais force est de constater que l’occident à tout fait pour que cela arrive, et ce bien avant 2022, les USA largement en tête avec l’OTAN, la CIA et le reste de l’occident.</p><p>Enfin, troisième point sur la seconde guerre mondiale, si nous ne pouvons que remercier Trump de reconnaître le rôle clé que la Russie joua durant cette guerre, à savoir que s’il n’y avait pas eu le front de l’Est, jamais le D-Day n’aurait pu avoir lieu, et jamais il n’aurait pu réussir. Alors en fait la Russie n’a pas eu 60 millions de morts, mais seulement 27. Pardonnez-moi le mot « seulement », sachant qu’un mort est un mort de trop. Rappelons à nos fins historiens, que les USA sur le front européen n’ont perdu que 450.000 hommes, à savoir moins de la moitié de ce que l’impérialisme américain a couté en vie Ukro-bandéristes, pour satisfaire son désir de guerre contre la Russie par proxy interposé. J’ai déjà largement publié et écrit sur les causes profondes de ce conflit en Ukraine, s’il est toujours nécessaire de rappeler les causes profondes, ce n’est pas l’objectif de cet article.</p><p>Malgré cette apparente sympathie pour Moscou, Trump a exprimé son intention de prendre des mesures fermes si les négociations ne progressaient pas. Il a ainsi menacé d’imposer « des niveaux élevés de taxes, de droits de douane et de sanctions » sur les exportations russes, une pression supplémentaire dans un contexte où les relations commerciales entre les deux pays sont déjà au plus bas depuis la guerre froide.</p><p>Pareil, ici il faut encore remettre les choses dans leur contexte. Les USA et leur hégémonie passant par l’extra territorialité de ses lois, font que dans la plupart des sanctions appliquées par les USA et reprises en cœur par une UE plus stupide que jamais, comportent toutes des exceptions pour le bien des USA, que ces idiots d’européens n’ont pas repris, se tirant ainsi une balle dans le pied, quand ce n’est pas directement du suicide. Ainsi le pétrole russe, puisque dès décembre 2022, les USA avaient dit que si le pétrole russe était raffiné dans un pays tiers, alors il était possible que les USA en achètent… Pareil pour le gaz. Les sanctions ne touchaient pas le combustible nucléaire pour les centrales américaines qui en dépendent. De même pour le Titanium russe si nécessaire à l’industrie, notamment aéronautique et militaire. Oui, charité bien ordonnée commence par soi-même, et les USA connaissent mieux que personne cet adage.</p><p>La stratégie en coulisses : des négociations sous conditions</p><p>Donald Trump a confié la responsabilité des négociations à l’ancien général Keith Kellogg, une figure proche de l’administration Trump. Ce dernier, bien que dépourvu d’expérience diplomatique, a été chargé de trouver une solution négociée au conflit dans un délai de cent jours. Reconnaissant implicitement que les « vingt-quatre heures » promises relevaient davantage d’un slogan électoral que d’une réalité concrète, Trump semble désormais privilégier une approche mêlant fermeté et compromis. Trump est un fonceur, un businessman, pas un politique et encore moins un diplomate. Les conseilleurs n’étant jamais les payeurs, je me permettrai néanmoins de lui conseiller de bien se pencher sur la psychologie russe, leur nature profonde, l’orthodoxie, et leur façon de fonctionner, sinon il va aller la tête dans le mur à Mach 2.</p><p>Au cours de l'été dernier, Keith Kellogg a présenté son analyse de la situation ukrainienne dans un essai publié par le think tank America First Policy Institute, une organisation étroitement liée à Donald Trump. Dans ce texte, il critique sévèrement Joe Biden, l'accusant d'avoir échoué à prévenir le déclenchement du conflit tout en se montrant incapable de le résoudre. Selon Kellogg, les erreurs de Biden, notamment ses déclarations confuses, ses tentatives de conciliation mal perçues, son hésitation à fournir un soutien militaire substantiel à l'Ukraine et l'impression de faiblesse donnée par le retrait chaotique d’Afghanistan, ont contribué à convaincre Vladimir Poutine de lancer son offensive. Une fois l’invasion enclenchée, le rapport dénonce l’approche hésitante de l'administration Biden, qui s'est limitée à soutenir l'Ukraine dans une stratégie purement défensive, sans lui offrir les moyens de remporter le conflit.</p><p>Rien que d’écrire cela prouve que ce pauvre malheureux n’a aucune connaissance des racines de ce conflit, et donc n’a aucune idée de la façon de faire ou de la piste à suivre pour en sortir.</p><p>Le plan envisagé par Trump repose sur une série de pressions et d’incitations : une dépendance accrue de l’Ukraine à l’aide américaine pour engager des négociations, et des promesses de levée partielle des sanctions pour convaincre la Russie de participer. Les discussions, selon ce schéma, devraient être accueillies par des pays neutres comme la Suisse ou la Slovaquie.</p><p>Il faudrait que Trump comprenne que la Russie, ce n’est pas la France de Macron ! nous ne fonctionnons pas à coup de carottes et de bâtons. Si tu veux sortir ton bâton, sorts le, et attends le retour… La Russie vit sous plus de 20.000 sanctions depuis 2014, et aujourd’hui, grâce à ces sanctions, l’agriculture Russe caracole en tête, et que cela plaise ou non, le monde ne peut se passer des ressources naturelles russes, c’est juste une question d’offre et de demande, et les USA le savent bien, sinon ils n’auraient pas prévu toutes ces exceptions dans les sanctions déjà imposées à la Russie.</p><p>Alors bien évidemment, je ne vais pas dire que ces sanctions ne nous font rien. Si, elles nous ralentissent, mais elles nous obligent aussi à aller de l’avant et à travailler, ce qui a pour but de porter ses fruits, car à chaque fois que des sanctions sont portées contre la Russie, celle-ci fait de grands bons en avant.</p><p><a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1003/entre-ambitions-diplomatiques-et-realites-complexes-partie-ii">
La suite en seconde partie</a>
</p>
<p>Auteur : <a href="https://notrepays.today/cyrille-de-lattre">Cyrille de LATTRE</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Tue, 21 Jan 2025 20:14:03 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La vérité derrière l&#039;OMS, le retrait des USA et la crise du COVID-19]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dans le tourbillon d'informations et de désinformation qui a caractérisé la pandémie de COVID-19, une voix s'est élevée avec une clarté et une conviction qui ont surpris beaucoup. David Martin, un nom peut-être moins connu du grand public mais d'une importance capitale dans la dissection des manœuvres derrière la gestion mondiale de la crise sanitaire, a récemment fait des déclarations fracassantes sur l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces révélations, ont jeté un nouvel éclairage sur les dessous de cette crise mondiale.</p><p>David Martin est un entrepreneur et un innovateur, surtout connu pour son travail dans le domaine de la propriété intellectuelle et de l'innovation technologique. Cependant, son rôle dans la crise du COVID-19 dépasse largement ces compétences, médicales, mais pas dans son cœur de métier, loin de là justement. Martin a été l'un des premiers à sonner l'alarme sur les manipulations potentielles autour de la pandémie, en se penchant sur les brevets, les financements et les collaborations qui ont précédé et accompagné l'émergence du SARS-CoV-2. Son analyse a révélé des liens troublants entre des institutions financières puissantes comme la Fondation Rockefeller, le Wellcome Trust, et la Fondation Carnegie, et l'OMS, qu'il décrit comme une « organisation criminelle de racket » fondée par des eugénistes.</p><p>Selon Martin, l'OMS n'a pas été créée dans un vide philanthropique mais a été façonnée selon un agenda eugéniste, un héritage direct d'Andrew Carnegie, qui a financé et promu des idées eugénistes au début du 20ème siècle. Ces fondations, associées à des figures comme Ted Turner, George Soros, et Bill Gates, ont été récompensées par des médailles pour leur philanthropie, mais Martin souligne que leur implication avec l'OMS dépasse largement la simple générosité. Il s'agirait, selon lui, d'une entreprise dédiée à la promotion des vaccins, avec des intérêts commerciaux bien définis derrière chaque décision.</p><p>Les accusations de Martin prennent une résonance particulière à la lumière des récents événements. En effet, le président des États-Unis, Donald Trump, a récemment retiré son pays de l'OMS, une décision qui a été interprétée de diverses manières mais qui, pour certains, confirme les critiques de Martin. Trump a souvent accusé l'OMS de partialité envers la Chine et de mauvaise gestion de la pandémie, des critiques qui résonnent avec l'analyse de Martin sur l'influence et les intérêts derrière l'organisation.</p><p>Pourquoi aujourd'hui Martin fait-il ces déclarations ? Selon lui, il est crucial de comprendre qui finance l'OMS et quels sont les intérêts en jeu. « Ce qui manque, c'est de savoir qui fait les chèques », a-t-il souligné. Cette transparence est essentielle pour démystifier les motivations réelles derrière les recommandations de l'OMS, notamment en ce qui concerne la gestion de la pandémie de COVID-19 et la promotion massive des vaccins.</p><p>Les vaccins anti-COVID, en particulier ceux basés sur la technologie ARNm comme ceux de Pfizer et Moderna, ont été au centre de controverses depuis leur introduction. Martin critique sévèrement ces vaccins, non seulement pour leur développement rapide mais aussi pour les effets secondaires rapportés. Des études ont identifié des effets secondaires multiples et graves, graves comme la myocardite et la péricardite après vaccination par les vaccins à ARNm, ainsi que le syndrome de Guillain-Barré et la thrombose des sinus veineux cérébraux après l'utilisation du vaccin AstraZeneca, depuis absolument interdit, sans parler des turbo cancers et encore d’autres maladies que nous le découvriront au cours du temps. Ces données, bien que représentant un risque extrêmement faible en termes absolus, souvenez-vous des mensonges de nos politiques, Veran, Attal, Borne, Macron, et tous les autres (la liste est malheureusement longue), y compris tous ceux, qui aujourd’hui encore, n’hésitent toujours pas à pousser à l’injection, y compris en mélangeant des vaccins incompatibles entres eux comme celui de la grippe et du COVID, soulèvent des questions importantes sur la balance bénéfice-risque des campagnes de vaccination massives imposées par l'OMS et les gouvernements du monde entier.</p><p>La crise du Covid fut effectivement la plus grande expérience sociale de ces dernières années et malheureusement cette expérience fut riche, bien trop riche sur ce que l’on a pu en apprendre sur l’être humain. Oui, ceux qui manipuleront la prochaine fausse pandémie savent d’ores et déjà jusqu’où ils pourront pousser le curseur de la connerie, l’expérience de Milgram étant ici un balbutiement de ce que l’on peut faire.</p><p>La critique de Martin s'étend également sur la gestion de la pandémie par l'OMS, qui selon lui, a servi les intérêts de ceux qui ont financé l'organisation plutôt que la santé publique mondiale. Il cite notamment le partenariat signé en 2023 entre Rockefeller et l'OMS pour préparer la « prochaine pandémie », ainsi que les scénarios établis par Rockefeller dès 2010 pour un agenda pandémique, prévoyant un contrôle accru et une gouvernance plus autoritaire. Ces éléments, selon Martin, montrent une préparation orchestrée non pas pour la santé publique mais pour le contrôle social et économique sous couvert de santé globale. Encore une fois, le futur s’écrit dans le passé, souvenez vous de la fabrique du consentement, Edouard Baynes, savait parfaitement de quoi il parlait et comment faire.</p><p>La vidéo montre Martin dans un cadre formel, probablement lors d'une conférence ou d'un panel, où il développe ses arguments avec une précision chirurgicale, mettant en lumière des documents et des preuves qu'il a rassemblés au fil des années. La force de son discours réside dans sa capacité à relier des points de données apparemment disjoints pour former une image cohérente de manipulation et de contrôle.</p><p>La critique envers l'OMS ne se limite pas à Martin. Des voix dans le monde entier, y compris des professionnels de la santé et des chercheurs, ont commencé à remettre en question les politiques de l'OMS, surtout après des décisions controversées comme celles concernant les mesures de confinement, les masques et les vaccinations obligatoires. Ces critiques soulignent un manque de transparence, une influence excessive de donateurs privés, et des décisions qui semblent parfois plus dictées par la politique que par la science.</p><p>L'impact des révélations de David Martin et des critiques similaires a commencé à ébranler la confiance publique dans l'OMS. Les questions sur l'indépendance de l'organisation et sur les véritables motivations derrière ses recommandations se sont intensifiées, surtout dans le contexte d'une pandémie qui a bouleversé des vies et des économies à travers le monde. La sortie des États-Unis de l'OMS sous Trump peut être vue comme un symptôme de cette perte de confiance, mais aussi comme un signal fort envoyé aux autres nations et aux institutions internationales sur la nécessité d'une réforme profonde, tout comme son financement, au regard du nombre d’habitant par pays membres.</p><p>Martin insiste sur le fait que l'OMS, avec son financement majoritairement privé, est devenue un outil pour les intérêts commerciaux plutôt qu'un gardien de la santé mondiale. Il souligne que les contributions volontaires, qui dépassent maintenant les contributions fixes des États membres, viennent souvent avec des conditions ou des orientations spécifiques dictées par les donateurs. Par exemple, la Fondation Bill et Melinda Gates, deuxième plus gros contributeur après les États-Unis, a été accusée d'influencer les priorités de l'OMS, en particulier en ce qui concerne les politiques de vaccination et la recherche sur les maladies transmissibles. Comme on dit chez nous, « celui qui paye, commande la musique ».</p><p>Le cas des vaccins à ARNm est particulièrement révélateur. Ces vaccins, bien qu'innovants et ayant montré une totale inefficacité contre le COVID-19, ont été développés et distribués à une vitesse sans précédent, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à la rigueur des essais cliniques et la surveillance des effets secondaires à long terme, et pour cause, de façon à s’affranchir des contraintes de tests, il a été décidé d’interdire tous les médicaments pouvant fonctionner contre le Covid, ce qui fut bien pratique, puisque, dans un tel cas, cela permet justement de s’affranchir légalement de toutes les barrières de sécurité. C’est ce qui fut fait en France par exemple.</p><p>Martin et d'autres critiques ont pointé du doigt un possible conflit d'intérêts, où le développement rapide des vaccins a pu être motivé par des profits potentiels plutôt que par une véritable urgence sanitaire. Les effets secondaires, s’avèrent dévastateurs, et personnes ne sera tenu responsable.</p><p>De plus, la dépendance croissante de l'OMS envers des fonds privés pose des questions éthiques. Les contributions de la Fondation Gates, par exemple, ne sont pas seulement financières mais viennent avec une influence sur les programmes de recherche et les initiatives globales de santé. Cela a conduit à des accusations de « philanthropie dirigée », où les donateurs privés orientent les politiques de santé publique selon leurs propres agendas, souvent liés à des intérêts dans le secteur pharmaceutique ou biotechnologique.</p><p>Martin ne se contente pas de critiquer, il propose également des solutions. Il appelle à une transparence totale des financements de l'OMS, à une réduction de la dépendance aux contributions privées, et à un retour à un financement principalement étatique pour assurer que l'organisation serve véritablement les intérêts de la santé publique et non ceux des entreprises. Il suggère également une réévaluation des relations entre l'OMS et les grandes fondations philanthropiques, pour garantir qu'il n'y ait pas de conflits d'intérêts non déclarés.</p><p>La critique de Martin contre les vaccins anti-COVID et les technologies ARNm ne se limite pas à leur développement précipité ou aux effets secondaires. Il remet en question la philosophie même de la vaccination de masse, surtout dans le contexte d'une pandémie où les variants du virus évoluent rapidement. Selon lui, cette approche pourrait avoir été poussée non pas par une nécessité scientifique mais par un désir de contrôler la population via des politiques de santé publique. Cette perspective, bien que malheureusement toujours controversée, trouve un écho dans les mouvements « antivax » et chez ceux qui craignent une érosion des libertés individuelles sous couvert de santé publique. Force est de constater que les fameux « antivax » avaient bien raison, sans pour autant remettre en cause tous les vaccins, bien qu’il faille aujourd’hui se poser la question de savoir ce que ces vaccins contiennent comme produit nocifs.</p><p>Les implications de ces critiques sont vastes. Si l'OMS est perçue comme étant compromise par des intérêts privés, cela pourrait non seulement affecter la confiance dans les recommandations de l'organisation mais aussi dans les institutions de santé publique en général. Cela soulève la question de savoir comment restaurer cette confiance. Pour Martin, cela commence par une réforme radicale de l'OMS, en rétablissant sa mission première de serviteur de la santé mondiale, libre des influences commerciales. Nous avons besoin de vaccins, oui, mais pas de saloperie. Or, et c’est là tout le dilemme du complexe pharmaceutique, pourquoi avoir de bons vaccins, quand il est évidemment plus rentable de vendre des médicaments. Souvenez-vous des guignols de l’info, ils avaient vu le piège dès la grippe H1N1</p><p>Les révélations et critiques de David Martin, mettent en lumière une problématique profonde au sein de l'Organisation Mondiale de la Santé. La question n'est plus seulement celle de la gestion de la pandémie de COVID-19, mais celle de la structure même de l'OMS, son financement, et son influence sur les politiques de santé mondiale. Martin a mis le doigt sur une faille systémique où la santé publique pourrait être subordonnée aux intérêts financiers et idéologiques de quelques-uns, ce qui soulève des questions éthiques et morales cruciales.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 21 Jan 2025 06:03:06 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1000/tournant-mondial</link>
	<title><![CDATA[Tournant mondial]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Les dirigeants français et européens adeptes depuis quarante ans du néo-libéralisme, à l’aise dans leur écosystème social baptisé « boboland »,  découvrent, ou feignent de découvrir que les USA  sont un des états les plus nationalistes de la planète.<br />Or avec Trump, c’est la méthode qui change, pas le fond.</p>

<p>La doctrine fondée par Woodrow Wilson et Franklin Roosevelt à l’occasion des deux conflits mondiaux du XXº siècle consistait à bâtir l’empire américain sans en avoir l’air. Bons sentiments, discours anti- colonial pour casser les vieux empires européens, organisations mondiales pour garantir le «  droit international », en réalité dominées par l’intérêt américain.</p>

<p>Complété depuis les années 80 par le règne mondial sans partage du capitalisme financier et par son corollaire, le déplacement massif de main d’œuvre à bas coût, la majorité des dirigeants français et européens a adhéré à ce système politique et idéologique si commode. Il permet de faire le contraire de ce que l’on dit mais avec le bon esprit de bienveillance, de tolérance, et d’ouverture à l’autre, et surtout de s’enrichir de façon exponentielle.</p>

<p>Mais voici  que l’Oncle Sam a décidé que toute cette mécanique lui coûtait désormais trop cher. D’abord parce qu’elle ravage la nation américaine elle-même. Ce système est devenu socialement et économiquement insupportable aux deux tiers du peuple américain, comme d’ailleurs en Europe.Mais chez nous on n’est pas « nationaliste » . <br />D’autre part, les « machins » de l’ONU  ( UNESCO, OMS, etc…) ont tout naturellement basculé sous l’influence des puissances montantes qui réclament leur part du gâteau.<br />La ligne Trump, c’est le retour sans détour à la vérité des prix et des rapports de force au service de l’ « America first ».</p>

<p>Gageons qu’à l’instar des dirigeants des GAFA, qui après avoir massivement soutenu le monde enchanté de Kamala Harris viennent désormais faire amende honorable au nouveau président américain, les dirigeants européens et français vont finir par se rendre à la réalité. </p>

<p>Ils ont cependant un problème de reconversion : il leur va falloir admettre qu’il n’y a pas de puissance économique sans État ni frontières pour la garantir et que l’Union Européenne est notre « machin » à nous.  Manifestement, toujours en retard d’une époque , cela leur prend du temps.</p>

<p>Gageons aussi qu’ils sauront comme d’habitude se couler dans le moule : tenter de combiner le retour à la nation avec le maintien d’une logique économique  inégalitaire et un autoritarisme d’Etat : la logique dite «  libertarienne » de Trump et de Musk qui semble désormais enchanter aussi bien l’AFD allemande, la nouvelle droite anglaise qu’une une partie de la droite française.</p>

<p>Le peuple américain est notre ami. Ses gouvernements sont des alliés , pas des amis. Seul compte l’intérêt de la France.  Il appartient donc aux souverainistes de saisir l’occasion de ce nouveau contexte stratégique pour réaffirmer à contrario que les frontières et les nations sont là pour garantir tout aussi bien la démocratie qu’une logique économique au bénéfice de tous.</p>

<p>François MORVAN</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/992/neom-the-line-cette-folie-doit-cesser-maintenant</guid>
	<pubDate>Fri, 03 Jan 2025 20:26:52 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/992/neom-the-line-cette-folie-doit-cesser-maintenant</link>
	<title><![CDATA[NEOM, The Line : cette folie doit cesser maintenant.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>NEOM, présenté comme une révolution architecturale et un modèle de développement durable, dissimule en réalité une situation alarmante. Il abrite des conditions de travail inhumaines qui s'apparentent à de l’esclavage moderne : des milliers de travailleurs migrants endurent des abus effarants, nombreux sont ceux qui y perdent la vie.</p>

<p>Comment les grandes entreprises françaises, actrices de ce projet controversé, peuvent-elles fermer les yeux ?</p>

<p>Cette vidéo s’adresse également aux architectes impliqués dans ce projet, pour les encourager à prendre position face à cette catastrophe humaine et environnementale.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/982/les-origines-du-reve-californien</guid>
	<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 21:21:28 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/982/les-origines-du-reve-californien</link>
	<title><![CDATA[Les origines du rêve californien]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://laviedesidees.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2024-10-31_a_09.32_21.png" type="image/png"></a></p>
<p>Louis S. Warren enseigne à l’Université de Californie à Davis l’histoire de l’Ouest américain et de la Californie, l’histoire environnementale et l’histoire des États-Unis. Son prochain livre s’intitule Blood Money : California’s Indian War Bonds and the Making of the Settler State. Son livre le plus récent, God’s Red Son : The Ghost Dance Religion and the Making of Modern America (Basic, 2017), a reçu le prix Bancroft 2018 d’histoire américaine. Ses autres livres comprennent The Hunter’s Game : Poachers and Conservationists in Twentieth-Century America (Yale, 1997) et Buffalo Bill’s America : William Cody and the Wild West Show (Alfred A. Knopf, 2005). Il est également éditeur d’un manuel, American Environmental History (deuxième édition : Blackwell, 2021). De 2009 à 2013, il a été co-éditeur, fondateur et premier rédacteur en chef d’un magazine trimestriel interdisciplinaire à comité de lecture intitulé Boom : A Journal of California, qui a reçu le prix du meilleur nouveau magazine du Library’s Journal en 2011. En 2023-2024, il a été Andrew W. Mellon Foundation Fellow au Center for Advanced Study in the Behavioral Sciences (CASBS) de l’université de Stanford.</p><p>La Vie des idées : Quelles sont les origines historiques du rêve californien ?</p><p>Louis Warren : Le terme de « rêve californien » est aujourd’hui largement débattu dans les médias populaires et les hommes politiques en parlent très régulièrement. L’avenir du rêve californien suscite de nombreuses inquiétudes. D’une manière générale, la plupart des gens font remonter ce rêve à la ruée vers l’or. La plupart du temps, lorsque les gens utilisent ce terme, ils supposent qu’il trouve son origine dans la ruée vers l’or, qui est la grande explosion de production de richesses qui annonce la naissance de l’Amérique et de la Californie en tant que partie intégrante des États-Unis.</p><p>Mais en fait, le terme de « rêve californien » n’est pas apparu avant les années 1960. Il est assez fascinant de constater que la Californie s’est développée depuis la ruée vers l’or jusqu’à l’époque du Spoutnik et du projet Apollo avant d’être affublée de ce terme de « rêve californien ».</p><p>Le rêve californien représente le sentiment que la Californie est un endroit à part. C’est l’idée d’une sorte d’exceptionnalisme californien, le sentiment que la vie peut être meilleure en Californie. D’une manière générale, le rêve de la plupart des gens est que la Californie offre un endroit où l’on peut s’enrichir, mais aussi s’amuser, vivre dans le confort des banlieues, tout en menant une vie qui a quelque chose d’authentique, qui a du sens, ce qui est peut-être plus difficile, voire impossible, dans d’autres endroits.</p><p>Ce sont ces éléments du rêve californien qui circulent, généralement de manière implicite, dans les conversations qui mobilisent ce terme. Et la plupart du temps, lorsque les gens invoquent ce terme, ils déplorent également que le rêve californien est en passe de disparaître ou qu’il a déjà disparu. Il est donc invoqué souvent de manière ironique, à la fois pour le rappeler à l’esprit de leur interlocuteur et de leur public, mais aussi pour en faire le deuil.</p><p>La Vie des idées : La richesse de la Californie a-t-elle commencé avec la ruée vers l’or du milieu du XIXe siècle ?</p><p>Louis Warren : Pour la plupart des gens, lorsqu’ils pensent à la Californie aujourd’hui, cela évoque dans leur esprit certaines associations : la richesse et la réussite notamment, car la Californie est le plus grand État des États-Unis, sa population est supérieure à celle du Canada, c’est l’État le plus riche et, à bien des égards, c’est le symbole de la réussite américaine au moins depuis la fin du XXe siècle. Certains vont jusqu’à dire que c’était une sorte de symbole avant cela. La plupart des gens pensent que la croissance, le développement et le succès de la Californie remontent à la ruée vers l’or, que c’est là que tout a commencé, que la Californie a commencé à croître et à s’enrichir, et qu’elle a continué à croître et à s’enrichir jusqu’à aujourd’hui.</p><p>Or c’est totalement faux. La Californie a bien connu une poussée de croissance lors de la ruée vers l’or, qui commence en 1848, mais elle prend fin en 1852. C’est une période très courte. Comme je le dis toujours à mes étudiants, la ruée vers l’or a duré aussi longtemps que votre séjour à l’université.</p><p>Par la suite, la Californie n’a pas connu une croissance aussi rapide. Les pourcentages de croissance semblent très élevés, comparés à la croissance actuelle. Certes, lorsque des centaines de milliers de personnes immigrent en Californie au début des années 1851 et 1852, il s’agit d’une croissance très rapide pour un État américain de l’Ouest. Mais par la suite, la croissance ralentit considérablement. Et bien qu’elle nous paraisse rapide aujourd’hui, dans les années 1860, 1870 et 1880 les politiciens californiens étaient très inquiets, car l’État ne se développait pas aussi vite que les autres États de l’Ouest. Elle n’avait plus une économie alimentée par l’or, facile à extraire pour les gens ordinaires, et elle manquait d’une grande économie agricole ouverte à une large classe moyenne d’agriculteurs.</p><p>La Californie connaît ainsi une sorte de croissance lente et une quasi-stagnation pendant une longue période : dans les années 1890, elle croît plus lentement que tous les autres États de l’Ouest ; le seul État de l’Ouest qui croît plus lentement que la Californie dans les années 1890 est le Nevada, qui voit décroître sa population dans les années 1890. Ce n’est donc pas une période qui inspire une sorte de vision de la réussite de la Californie comme un endroit où l’on peut s’enrichir. La littérature, les chansons et la poésie de cette époque ne parlent pas du rêve californien. Les gens parlent du « rêve d’or », qui est un produit de la ruée vers l’or.</p><p>Dans les années 1840 et 1850, les gens commencent à parler du rêve doré de la Californie, et nombreux sont ceux qui supposent qu’il s’agit d’une version antérieure du rêve californien, et que les deux expressions sont synonymes. Mais en réalité, le rêve d’or est presque toujours invoqué comme une mise en garde : il exprime ce qui s’empare des gens lorsqu’ils imaginent qu’ils vont devenir riches très rapidement, et l’espèce de frénésie dans laquelle ils se lancent quand ils commencent à chercher de l’or n’importe où et n’importe comment – en prenant une pelle et un pic et en creusant des rochers pour chercher de l’or dans le Maine, par exemple, plutôt qu’en Californie.</p><p>Le terme exprimait le sentiment de frustration et de déception des gens. C’était donc un avertissement. Parler du rêve doré de la Californie, c’était avertir les gens de ne pas adhérer à ce mythe de la ruée vers l’or, où des gens ordinaires partaient, croyaient-ils, faire fortune en grattant un peu la terre. C’est un terme qui désigne la Californie comme une grande mystification, plutôt que comme un lieu de réussite, de richesse et de satisfaction.</p><p>Une façon de réfléchir à la puissance du terme « rêve » au XXe siècle et à la façon dont il évolue depuis le sens qu’il avait au XIXe siècle vers les types de significations que recouvre le rêve californien est de penser au « rêve américain », et aux usages de ce terme. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui vous diront que le rêve américain commence avec la fondation de la nation en 1776, ou même avant ; ils en parleront comme faisant partie des colonies de la Nouvelle-Angleterre, ou ils l’enracineront quelque part dans un passé assez lointain. Mais les historiens qui se sont penchés sur le rêve américain, Sarah Churchwell, par exemple, dans son livre sur le rêve américain, constate que la première fois que le terme a été utilisé, c’était en 1895.</p><p>C’est au début du XXe siècle qu’il commence à prendre tout son sens pour les Américains. Et ce n’est que vers les années 1930, dans un livre très célèbre du romancier James Truslow Adams, que ce rêve est réellement articulé, évoqué et en quelque sorte défini comme le rêve d’un pays dans lequel les gens peuvent s’élever au niveau de leurs mérites, plutôt que d’un pays simplement motivé par l’avidité matérielle.</p><p>Il s’agit d’abord du rêve d’un pays anti-consumériste, enraciné dans une sorte de sens moral de la valeur personnelle et de l’accomplissement personnel et individuel, et ouvert, comme l’a dit James Truslow Adams, aux hommes et aux femmes de tous horizons : c’est ainsi que s’articule le rêve américain. Ce terme, tel que je viens de le décrire, est formulé dans un livre intitulé The Epic of America (L’épopée de l’Amérique), publié en 1931.</p><p>Cela vous donne une idée de l’évolution du terme « rêve » dans les années 1930. Les films commencent à façonner le sens du passé et de l’avenir collectifs, des films qui ressemblent beaucoup à des rêves dans cette lumière vacillante sur un écran : on commence à comparer les films aux rêves, et de fait, les gens commencent à discuter du rêve hollywoodien dans les années 1920, ce rêve de venir en Californie, de venir à Hollywood et de devenir une star de cinéma, un rêve qui remonte en fait aux années 1920.</p><p>C’est à partir de là que l’idée selon laquelle le rêve est nécessaire pour réussir dans le monde moderne commence à se faire jour. Et c’est là, je pense, qu’une grande partie de la signification du rêve californien s’enracine.</p><p>La Vie des idées : Comment la culture populaire a-t-elle façonné le rêve californien ?</p><p>Louis Warren : L’expression « California dream » commence à apparaître dans la littérature populaire, dans les journaux et les magazines, à partir de 1966 environ, et cela correspond précisément à la sortie de la chanson pop classique California Dreamin’ des Mamas and the Papas, qui est sortie à la fin de l’année 1960, le 5 décembre 1965, et qui est devenue un des dix premiers succès aux États-Unis en 1966 ; et il est impossible d’échapper à la conclusion que c’est la chanson qui a inspiré l’utilisation de l’expression. En effet, à mon sens, les chansons et les paroles des chansons sont des documents historiques.</p><p>Elles sont le produit de leur époque. Ce que dit l’auteur de la chanson permet de suivre les angoisses, les idées et les influences populaires à travers ces paroles. Comme n’importe quel autre document historique. Mais les chansons pop sont des documents d’un ordre particulier. Et, comme l’historien Josh Kun l’a écrit dans son livre Audiotopia, les chansons pop ont une façon spécifique d’entrer dans notre imagination ; c’est très différent de la lecture d’un autre type de document historique : si je lis des documents du State Tax Board en 1966, c’est un type de document particulier. Il peut y avoir beaucoup de choses qui me renseignent sur l’état des choses en 1966. Mais ces mots n’entrent pas dans la tête des gens, ni dans leur sens collectif, ni dans leur sens individuel, comme le fait une chanson pop. Les chansons pop sont des moyens de créer dans nos esprits, comme le montre Josh kun, un espace qui est une sorte de réalité alternative où nous nous réimaginons nous-mêmes et notre relation à l’ordre social, et même où nous ré-imaginons les États-Unis et le monde comme une sorte d’endroit très différent.</p><p>Il se passe beaucoup de choses lorsque les gens chantent des chansons pop dans leur voiture, sous la douche ou ailleurs, ils sont à ce moment-là, dans une sorte d’espace audiotopique qui produit une réalité alternative dans leur imaginaire, qui engendre une nouvelle façon de voir le monde. C’est ce qui se passe avec California Dreamin’, chanson qui commence par décrire une promenade dans la ville de New York par un froid glacial, le narrateur passe devant une église, entre à l’intérieur et le prêtre se réjouit qu’il fasse froid dehors, parce que cela gardera la personne dans l’église.</p><p>Alors le chanteur se met à genoux et fait mine de prier. Toute la chanson est un réquisitoire contre ce monde froid et étranger, dans lequel nous appartenons à des institutions creuses et où nos dévotions, du moins dans la chanson, sont souvent vides ; nous nous y accrochons parce que nous n’avons pas d’autre choix.</p><p>Et l’alternative, c’est la Californie, où nous pouvons être authentiques et vrais, où, comme le dit la chanson : je serais en sécurité et au chaud si j’étais à Los Angeles. C’est l’alternative à ce froid glacial de New York. Tel est le paysage sonore tellement puissant qui est évoqué dans cette chanson. Et ce ne sont pas seulement les paroles, c’est la musique elle-même et le type d’émotions qu’elle suscite qui emportent l’auditeur.</p><p>Et c’est cela qui en a fait l’une des chansons pop les plus durables. Elle a été reprise des centaines de fois par différents artistes au cours des années qui ont suivi sa sortie, et elle est vraiment au cœur de ce moment où l’on réimagine la Californie comme un lieu de confort matériel : je serais en sécurité et au chaud si j’étais à Los Angeles ! Un endroit qui est également teinté d’étranger, d’exotisme et de cette allusion à un avenir possible différent pour les États-Unis dans le monde. Il y a là de très nombreuses allusions à la beauté de la Californie et à la beauté potentielle d’un monde qui pourrait ressembler à la Californie.</p><p>La Vie des idées : Quel type d’anxiété le rêve californien suscite-t-il ?</p><p>Louis Warren : Le rêve californien est un concept populaire lorsqu’il émerge à la fin des années 1960 – et il se répand comme une traînée de poudre, des livres sont publiés à son sujet autour de 1968, et il est invoqué partout. Mais encore une fois, presque toujours dans un sens ironique. Si je mentionne le rêve californien, c’est que j’évoque pour vous cette vision de la Californie, de la beauté, de la réussite et de la croissance californiennes ; mais en même temps, on l’invoque de manière sarcastique, parce que nous savons tous qu’il est sur le point d’échouer. La Californie est au bord de l’effondrement. Et si on s’inquiète lorsqu’on redoute l’effondrement de la Californie, c’est que la Californie s’est développée très rapidement.</p><p>En 1900, l’Union comptait 45 États et la Californie se classait au 21e rang en termes de population. Elle s’en est plutôt bien tirée depuis ses origines liées à la ruée vers l’or. C’est respectable, mais ce n’est pas extraordinaire. En 1962, la Californie est devenue le plus grand État du pays. Sa population dépasse alors officiellement celle de l’État de New York. Elle devient le mastodonte de la côte Ouest et du pays tout entier.</p><p>Elle a conservé ce statut depuis lors. Mais au milieu des années 1960, alors que cet événement se produit et que la Californie devient le plus grand État, on s’inquiète beaucoup de la rapidité de la croissance de l’État. La population doublait tous les 20 ans. Et cette fois-ci, elle a atteint un point culminant. Elle était passée de 1,5 million d’habitants en 1900 à 20 millions en 1970.</p><p>Et la crainte était que l’on atteigne rapidement les 40 millions, et cela semblait insoutenable. On a alors le sentiment qu’il est impossible, si l’on y réfléchit de manière abstraite, qu’un seul endroit puisse continuer à croître de la sorte éternellement. Il y a eu une énorme construction de banlieues en Californie au cours de cette période. La construction d’autoroutes est gigantesque.</p><p>Il y a énormément de voitures, la crise de la pollution de l’air, en particulier à Los Angeles, mais aussi dans la baie de San Francisco, devient une préoccupation pressante et urgente. On a donc vraiment l’impression que la Californie va atteindre une limite quelque part. Ce sentiment crée une anxiété largement partagée. Par les écologistes, par exemple. Les personnes qui ont tendance à être très ouvertes à toutes les formes de diversité raciale et culturelle peuvent s’inscrire dans ce cadre parce qu’elles s’inquiètent de la dégradation de l’environnement qu’elles constatent autour d’elles et se sentent très concernés par ce problème.</p><p>Mais le même thème est aussi adopté par les personnes qui sont ouvertement racistes, parce que l’une des façons de formuler cette anxiété à propos de la croissance de la Californie est qu’il y a trop de gens qui viennent ici, et qu’il faut les arrêter. La croissance doit s’arrêter. Et si l’on demande aux gens qui sont en trop grand nombre, on obtient des réponses très différentes.</p><p>L’augmentation de l’immigration en provenance du Mexique, par exemple, et de l’Amérique latine suscite beaucoup d’inquiétude. Et lorsque je parle d’anxiété à propos de l’immigration en provenance du Mexique, je parle évidemment de l’anxiété de certains segments de la population blanche. Il y a toujours de l’anxiété, une anxiété populaire en Californie à propos de la proximité de l’Asie et des migrations en provenance de l’Asie en tant que facteur, de sorte que vous pourrez commencer à critiquer la croissance de la Californie et dire « c’est la fin du rêve californien », et vous aurez beaucoup de gens avec des visions du monde très différentes qui adhéreront à cette phrase et qui seront d’accord avec vous. Mais si vous commencez à analyser ce qui les inquiète réellement, vous obtiendrez de ces personnes un sentiment très différent quant à la menace réelle qui pèse sur la Californie.</p><p>La déploration de la fin du rêve californien est également à double tranchant. On peut l’utiliser pour parler, d’une part, d’un État qui a été submergé : c’est la critique conservatrice que l’on entend souvent, selon laquelle la Californie, le rêve californien, est en train de mourir en raison d’un excès d’immigration. Il y a trop d’immigrants, et trop de démocrates. La Californie est un État dominé par le parti démocrate, du moins au cours des 30 dernières années.</p><p>Autre critique : il y a trop de réglementations. L’excès de réglementation est à l’origine de tous les problèmes auxquels la Californie est confrontée. Voilà comment les auteurs conservateurs ont utilisé la mort du rêve californien comme une sorte d’outil pour formuler ces autres critiques.</p><p>D’un autre côté, à gauche, on dit souvent que le rêve californien est mort ou en train de mourir à cause des inégalités sociales flagrantes dans l’État, et que ce dont nous avons besoin, c’est d’un État où les richesses sont réparties plus équitablement, où la croissance est plus durable du point de vue de l’environnement. Il y a une sorte d’espoir dans les critiques du rêve californien qui émanent généralement de la gauche politique.</p><p>Et je dois dire que le terme « rêve californien » est associé par beaucoup à une Californie des années 1960, lorsque la Californie était un État beaucoup plus blanc qu’il ne l’est aujourd’hui. Dans les années 1960, la Californie comptait environ 75 % de Blancs, non hispaniques, alors qu’aujourd’hui, les Latinos représentent environ 40 % de la population.</p><p>C’est un État où environ 40 % de la population parle à la maison une autre langue que l’anglais. Pour certains, c’est un désastre et c’est la fin du rêve californien tandis que pour d’autres, c’est précisément cela, le rêve californien. Tout ce que nous devons faire, c’est le faire fonctionner et l’améliorer pour un plus grand nombre de personnes qui sont ici. Et nous sommes « dorés », pour reprendre une expression californienne.</p><p>La Vie des idées : Quelle est la part sombre du rêve californien ?</p><p>Louis Warren : Je pense qu’une façon de s’interroger sur la complexité de l’histoire de la Californie et sur la signification de cette histoire pour les habitants de la Californie aujourd’hui est d’examiner l’idée du rêve californien et de se demander quelle est la popularité de cette idée. Les gens y croient-ils vraiment ? Des chercheurs de l’université de Californie ont réalisé des sondages sur cette question, et j’ai trouvé cela fascinant parce que je présupposais que les Californiens blancs seraient les plus convaincus, les plus fervents zélateurs du rêve californien.</p><p>Or, il est fascinant de constater que plus de la moitié des Californiens blancs non hispaniques de l’échantillon interrogé, soit environ 59 ou 57 %, ont déclaré que le rêve californien avait encore un sens pour eux et leur famille aujourd’hui. Des chiffres plutôt bons. Mais dans les familles hispaniques, afro-américaines et d’origine asiatique, les chiffres étaient beaucoup plus élevés.</p><p>Ainsi, parmi les Latinos et les Afro-Américains, plus de 60 % des personnes interrogées ont déclaré que le rêve californien avait une signification pour elles et leur famille aujourd’hui. Parmi les Américains d’origine asiatique, plus de 70 % des personnes interrogées. Toutes ces personnes de couleur en Californie sont conscientes du passé discriminatoire de la Californie, de sa violence, qui est profonde dans la fondation de la Californie, la violence étant une constante et un élément fondamental, pas seulement un fil conducteur, mais une sorte de fondement de la dépossession, de l’expulsion et du génocide des peuples indigènes. Mais aussi l’exclusion de beaucoup d’autres, des Mexicains, des Latino-Américains, des Chinois et des Japonais. La Californie a une longue histoire de relations raciales féroces.</p><p>En même temps, l’histoire de la Californie est celle d’un endroit où de très nombreux peuples différents ont élu domicile et auquel de très nombreux peuples différents restent très attachés et pour lequel ils éprouvent une grande affection. Il existe un sens profond et largement partagé de la beauté de la Californie : même si cela signifie différentes choses pour différentes personnes, que les gens pensent à différents endroits de la Californie.</p><p>Certains endroits sont plus attrayants que d’autres, et selon les uns ou les autres. Mais le sentiment est largement partagé que la Californie est toujours un endroit que de nombreuses personnes non seulement considèrent comme leur maison, mais espèrent considérer comme leur maison dans le futur, un lieu auquel on est très attaché.</p><p>Je pense qu’il est essentiel qu’aucun lieu, aucune personne, aucun moment, aucune période ne soit tout l’un ou tout l’autre. « C’était la meilleure des époques. C’était la pire des époques ». Ce genre de complexité est essentiel pour raconter l’histoire de tout lieu.</p><p>Ils sont tellement frappants en Californie, où l’atrocité de l’histoire est si sombre et l’histoire de la bienveillance et de la beauté est si brillante. Et lorsque vous constatez que tout cela se passe au même endroit, et que beaucoup de ces choses ont des racines communes, les paradoxes sont ce qui fournit une certaine tension narrative pour conter l’histoire de cette région.</p><p>La Vie des idées : Quel est le rôle de la Californie dans l’histoire du capitalisme américain ?</p><p>Louis Warren : Si la Californie reste aujourd’hui l’État le plus riche, en revanche, si l’on tient compte du prix du logement, c’est aussi, paradoxalement, l’État le plus pauvre. La Californie compte une plus grande proportion de personnes sans logement que n’importe quel autre État.</p><p>En ce qui concerne la violence, de nombreuses personnes évoquent différentes tendances et évolutions dans l’histoire de la Californie. Le XIXe siècle californien est particulièrement violent. La menace était particulièrement grave pour les autochtones de Californie dans les années 1850, 1860 et 1870. Aujourd’hui, les gens se plaisent à citer de nouveau Mike Davis, qui souligne la taille des services de police dans des endroits comme Los Angeles et l’armement que ces services de police ne se contentent pas de porter, mais qu’ils possèdent.</p><p>Il y a beaucoup de façons d’envisager la violence et l’inégalité en Californie qui, encore une fois, nous ramènent à l’idée que la Californie est un endroit pour film noir. Je pense cependant que lorsque nous considérons les États-Unis dans leur ensemble, il est toujours important de se rappeler que la dénonciation des échecs de la Californie a été un moyen particulièrement puissant pour dénoncer les échecs des États-Unis.</p><p>Wallace Stegner a dit un jour que la Californie était l’Amérique au carré, c’est-à-dire que l’histoire des États-Unis semblait être prédite dans l’histoire de la Californie de manière encore plus extrême. Et un commentaire que nombre de nos auteurs, penseurs et commentateurs produisent sur la condition américaine consiste à critiquer la Californie : si la Californie échoue sur quelque point, qu’est-ce que cela signifie pour les États-Unis ?</p><p>Si la Californie est l’endroit où, à bien des égards, l’histoire américaine semble atteindre son point culminant, où tant de gens ont possédé à un moment tous ensemble une vie bonne, mais que la situation s’assombrit, avec une menace d’échec ou d’effondrement imminent, alors c’est une façon de mettre en garde contre les États-Unis dans leur ensemble.</p><p>C’est très puissant, mais aussi potentiellement très trompeur d’utiliser un endroit particulier pour critiquer l’ensemble des États-Unis. Il faut donc nous montrer prudents et montrer d’où vient la violence et où elle se trouve, d’où viennent les échecs et où ils se trouvent, à chaque moment, plutôt que de désigner un État, un seul endroit, comme le porteur du destin commun à tous les autres.</p><p>[embedded content]</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/981/brics-la-grande-desillusion</guid>
	<pubDate>Sun, 03 Nov 2024 13:49:19 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/981/brics-la-grande-desillusion</link>
	<title><![CDATA[BRICS, La grande désillusion]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Source : <a href="https://antipresse.net/articles/nouveau/">ANTIPRESSE</a> 466                                                                               LE GRAND JEU par <a href="https://antipresse.net/jean-marc-bovy/"><br />Jean-Marc Bovy</a></p>

<p>Une Russie que l’on dit isolée du monde et, avec elle, son président ostracisé, ont dû se réjouir en cette fin de saison d’accueillir vingt chefs d’État dans la ville de Kazan pour le sommet des BRICS (voir AP465). Les BRICS semblent aujourd’hui rallier à eux la majorité de ce qu’on désigne par le Sud global ou ce qu’il conviendrait mieux d’appeler le Non-Occident. Mais des soupçons commencent à poindre quant aux visées réelles de ce mouvement.</p>

<p>À l’origine en 2009, l’organisation réunissait le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, auxquels est venue rapidement s’ajouter l’Afrique du Sud.<br />Début 2024, quatre nouveaux États ont été admis comme membres à part entière, soit l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Égypte et l’Éthiopie. À l’heure actuelle, plus de 30 pays se pressent aux portes de l’organisation, dont la Turquie pourtant membre de<br />l’OTAN. Un véritable succès? C’est à voir.</p>

<p>Sur leur site internet appelé <a href="https://www.katyusha.org"><br />Katioucha</a> les patriotes de Russie n’ont pas tardé à réagir à la Déclaration de Kazan, un document de 43 pages publié à l’issue du grand raout sur la Volga. Leur communiqué est intitulé «La Déclaration de Kazan faite par les Leaders des BRICS: un agenda clairement globaliste sous couvert de multipolarité». Pour les souverainistes de Katioucha, «il est évident que les buts de l’union des pays qui se posent en alternative au bloc atlantiste sont pratiquement les mêmes que ceux du “Pacte du Futur” de l’ONU adoptés cette même année à New York (…). Ce qui nous est proposé est le modèle tristement familier de la mondialisation, appliqué non plus seulement aux pays du bloc atlantique et à leurs<br />satellites, mais à l’Eurasie et au “Sud global”. (…) Les BRICS sont une sorte de sous-projet en main des mêmes curateurs».</p>

<p>A la lecture de la Déclaration de Kazan, il saute aux yeux que son vocabulaire est emprunté à la novlangue globaliste. Ses rédacteurs semblent s’être formés à l’école de Davos, avec toute la panoplie du lexique branché qui va du développement durable à l’inclusivité, en passant par la création d’une infrastructure numérique unique à toute la société. À plusieurs reprises, la Déclaration réaffirme le<br />rôle directeur de l’ONU, de l’OMS, du FMI et de l’OMC, grâce auxquels, selon Katioucha, «les mondialistes sont à la manœuvre pour prendre le contrôle de la gouvernance sur l’humanité tout entière».</p>

<p>Les patriotes de Russie, qui rêvent encore d’une souveraineté en tous domaines, ont perçu une petite lueur d’espoir à la lecture de la Déclaration. Celle-ci prévoit un système de paiement entre pays membres des BRICS basé sur leurs monnaies nationales, ainsi que la mise en place par les banques centrales d’un dispositif unique de compensation fondé sur un panier de devises, le but étant de se passer du dollar. De tels mécanismes financiers sont complexes et il faudra du temps pour dédollariser une bonne partie de la planète habituée à faire confiance au billet vert.</p>

<p>Il est aussi question de remplacer le système Swift de paiement interbancaire pour échapper aux sanctions occidentales, comme a dû le faire la Russie. Mieux encore: les BRICS ont le projet de créer une monnaie commune, sur le modèle de l’euro.</p>

<p>Dans une des réceptions du sommet de Kazan, Poutine a créé la surprise en agitant avec un sourire en coin un modèle de coupure aux couleurs des cinq États fondateurs des BRICS.</p>

<p>L’unité de cette nouvelle monnaie n’a pas encore de nom. Vient naturellement à l’esprit celui de «brique», qui devrait s’imposer face à la «buck» des Yankees. Trêve de jeux de mots, cette révolution monétaire s’annonce compliquée et pourrait aboutir à l’opposé du but recherché, qui était celui d’une indépendance du monde des BRICS par rapport au FMI et à la Banque mondiale.</p>

<p>Ces institutions qui règnent en maîtres du monde depuis Washington ne sont pas près de lâcher le morceau. Paradoxalement, elles peuvent compter à Moscou sur la complicité d’Elvira Nabioullina, cheffe de la Banque centrale de la Fédération de Russie, et sur celle d’Anton Silouanov, ministre des Finances. Tous deux font partie du camp des globalistes, que beaucoup en Russie identifient à une cinquième colonne obéissant à des impératifs étrangers, alors qu’ils prétendent défendre les intérêts de leur pays en appliquant seulement les règles de bonne gouvernance et les canons de la haute finance internationale.<br />Nabioullina, qui a été saluée par le FMI comme «la meilleure cheffe de banque centrale», entend participer dès l’an prochain à la mise en place des CBDC, à déchiffrer comme des monnaies numérisées de banques centrales (Central Bank Digital Currencies). La Russie donnerait ainsi l’exemple à l’ensemble des BRICS en participant au projet initié par le Forum économique de Davos et relayé par la Banque mondiale. On ne fait pas plus globaliste et moins alternatif.</p>

<p>Après avoir été éloigné du centre du pouvoir, l’économiste Sergueï Glaziev, ancien candidat aux présidentielles qui fut conseiller de Poutine de 2012 à 2019, avait accusé Nabioullina et Silouanov d’être «les assassins de l’économie nationale».</p>

<p>Qui pourrait lui donner tort lorsqu’on sait que le taux actuel de la<br />banque centrale russe est de 21 %, un des plus hauts de la planète? Avec son ministre complice, la super banquière au visage poupin est aussi soupçonnée de favoriser les oligarques qui ont mis leurs avoirs en sécurité et à l’abri des sanctions occidentales sur des plateformes offshore. Last but non least, sur l’initiative de Silouanov, les copieux bénéfices réalisés sur les exportations d’énergie et de matières premières ne sont pas incorporés dans le budget de la fédération pour être réinvestis dans l’économie, mais placés en grande partie auprès de la Banque fédérale de réserve des États-Unis.</p>

<p>Pour tous ceux qui s’intéressent au sujet, nous ne pouvons que conseiller le site francophone <a href="https://russiepolitics.blogspot.com/?m=1">Russiepolitics</a> de Karine Béchet-Golovko, professeur de droit public à l’Université d’État<br />de Moscou, qui vit l’actualité russe de l’intérieur. </p>

<p>Elle partage sur bien des points l’opinion des patriotes qui s’expriment sur Katioucha.<br />Sa dernière chronique consacrée aux BRICS est intitulée <br /> <a href="https://russiepolitics.blogspot.com/2024/10/billet-dhumeur-la-russie-et-le-monde.html?m=1"><br />«Les BRICS, ce nouveau Veau d’Or»</a>. Beaucoup s’interrogent avec elle sur les raisons qui poussent Poutine à ce laisser-faire.</p>

<p>Les chroniques en anglais de Rurik Slavsquat vont dans le même sens et sont bien documentées, même si elles peuvent paraître excessives et provocatrices.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 20 Oct 2024 17:31:54 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/980/facing-war-in-the-middle-east-and-ukraine-the-us-looks-feeble-but-is-it-just-an-act-adam-tooze</link>
	<title><![CDATA[Facing war in the Middle East and Ukraine, the US looks feeble. But is it just an act? | Adam Tooze]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Writing on-the-spot histories always comes with risks. But the urgency of the situation demands it. We need some explanation for why the US is not doing more to calm the situation in the Middle East and to push for negotiations between Ukraine and Russia.</p><p>There is one school of thought that says the Biden administration is muddling through. It has no grand plan. It lacks the will or the means to discipline or direct either the Ukrainians or the Israelis. As a result, it is mainly focused on avoiding a third world war.</p><p>If so, that is a sad testament to the decline of American hegemonic ambition. No wonder there are <a href="https://www.foreignaffairs.com/united-states/trouble-allies-richard-haass">calls in the US</a> for Washington to develop an “independent” foreign policy – independent, that is, of Ukraine and Israel.</p><p>But what if that interpretation is too benign? What if it underestimates the intentionality on Washington’s part? What if key figures in the administration actually see this as a history-defining moment and an opportunity to reshape the balance of world power? What if what we are witnessing is the pivoting of the US to a deliberate and comprehensive revisionism by way of a strategy of tension?</p><p>Revisionist powers are those that want to overturn the existing state of things. In an extended sense, this can also mean a desire to alter the flow of events; for instance, to redirect or halt the process of globalisation. Revisionism is often associated with resentment or nostalgia for an earlier, better age.</p><p>What makes us shrink from this interpretation of Joe Biden’s foreign policy is the sheer aggression of Russia since February 2022 and Hamas on 7 October. The US-led west is generally seen as reactive, not proactive. But focus not on the process but on the outcomes of US policy, and a different interpretation seems plausible.</p><p>Under Donald Trump, after all, the demand to make America great again was quite literally revisionist. He had no interest in the existing rules of the game. He tossed trade treaties out the window. He slapped <a href="https://www.bbc.co.uk/news/business-68201370">tariffs on China</a>. “America first” was the mantra.</p><p>By comparison with Trump, the Biden team boast of their commitment to a rules-based order. But when it came to the world economy and the rise of China, Biden has been every bit as aggressive as, perhaps more so than, his predecessor.</p><p>Under Biden, Washington has been committed to reversing years of decline apparently brought on by excessive favour shown to China. The US has tried to stop China’s development in tech. To do so, it has strong-armed allies such as the Dutch and the South Koreans. When the World Trade Organization dared to protest against US steel tariffs, the White House reaction was <a href="https://ustr.gov/about-us/policy-offices/press-office/press-releases/2022/december/statement-ustr-spokesperson-adam-hodge">contemptuous</a>. Bidenomics is Maga for thinking people.</p><p>In what is now called the Indo-Pacific, the US is not merely defending the status quo. The very definition of the strategic arena is new. In the Quad (Quadrilateral Security Dialogue), Washington is putting in place a new latticework of alliances that ties India, Japan and Australia to the US. If nothing else had happened in the past two years, the judgment would be clear. The geo-economic policy of the US towards China under Biden is a continuation of the revisionism first seen under Trump.</p><p>It was because it was focused on confronting China that the White House <a href="https://europeanleadershipnetwork.org/commentary/with-russian-american-detente-moving-forward-is-there-a-place-for-europe/">sought detente</a> with Russia in 2021. What spoiled that were two miscalculations made by Vladimir Putin. The first was to assume that his assault on Ukraine was a bagatelle. The second was to underestimate the willingness of the west to use Ukraine as a proxy against Russia. Two years into the war, the position of the west has hardened into its own revisionism. In relation to both Ukraine and Russia, the status quo ante is no longer acceptable.</p><p>In the Middle East, the situation is even more clear cut. Here, too, the Biden administration was not looking to escalate. Trump’s Abraham accords between the United Arab Emirates and Israel had opened up a promising vista. But Russia’s growing ties with Iran, and China’s involvement in the region darkened the picture. Once Hamas launched its attack on 7 October, and once the Israeli government’s determination to end the modus vivendi with Hamas and Hezbollah became clear, Washington gave the green light.</p><p>The US is paying for more than 25% of Israel’s rampage as it physically annihilates Gaza, victimises the West Bank and sets about uprooting Hezbollah. It has pulled allies such as Germany and the UK into line. It is shielding Netanyahu against the reach of international justice.</p><p>Of course, unlike in Ukraine, the US has continued diplomacy. But to what effect? First and foremost to keep Iran boxed in and the powerful Gulf states on side. Meanwhile, Israel is wiping out Iran’s network of influence and annihilating the <a href="https://news.sky.com/story/israel-hamas-war-what-is-the-two-state-solution-12985473">1990s vision</a> of a two-state solution.</p><p>In all three arenas – China, Ukraine and the Middle East – the US will say that it is responding to aggression. But rather than working consistently for a return to the status quo it is, in fact, raising the stakes. While insisting that it supports the rules-based order, what we are witnessing is something closer to a revival of the ruinous neoconservative ambition of the 1990s and 2000s.</p><p>With regard to China, the revisionist strategy was clear from the start. In Ukraine and the Middle East, Washington has responded to events. But that isn’t evidence against strategic intent. Using your enemy’s aggression, the desperation of your friends and the ruthlessness of your allies to your own advantage is simply smart policy. Washington has not been entirely reckless. Biden has resisted the most radical calls for engagement in Ukraine. He pulled out of Afghanistan and has refused to put American boots on the ground. At some point the White House may decide that ceasefires are necessary.</p><p>But there is more going on here than simply muddling through. First the Trump and now the Biden presidencies are willing contributors to the controlled demolition of the 1990s post-cold war order.</p><p>Do you have an opinion on the issues raised in this article? If you would like to submit a response of up to 300 words by email to be considered for publication in our <a href="https://www.theguardian.com/letters">letters</a> section, please <a href="mailto:mailto:guardian.letters@theguardian.com?body=Please%20include%20your%20name,%20full%20postal%20address%20and%20phone%20number%20underneath%20your%20letter.%20Letters%20are%20usually%20published%20with%20the%20author%E2%80%99s%20name%20and%20city/town/village.%20The%20rest%20of%20the%20information%20is%20for%20verification%20only%20and%20to%20contact%20you%20if%20your%20letter%20is%20used.">click here</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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