<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=100</link>
	<atom:link href="https://ememiom.fr/iom/blog/all?offset=100" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1127/reponse-du-philosophe-charles-rojzman-a-la-tribune-de-delphine-horvilleur</guid>
	<pubDate>Thu, 15 May 2025 19:28:48 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1127/reponse-du-philosophe-charles-rojzman-a-la-tribune-de-delphine-horvilleur</link>
	<title><![CDATA[Réponse du philosophe Charles Rojzman à la tribune de Delphine Horvilleur.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"On ne peut rien comprendre aux réactions d’une partie du monde juif contemporain sans regarder en face un paradoxe aussi ancien que ravageur : celui d’un judaïsme qui rêve de pureté dans un monde qui ne lui a jamais accordé le droit d’exister. Ce n’est pas la peur qui anime certains intellectuels juifs face à la guerre à Gaza. Ce n’est pas la lâcheté non plus. C’est plus insidieux : le désir d’un judaïsme impeccable — un judaïsme aux mains propres, c’est-à-dire sans mains.</p>

<p>Car l’Histoire ne nous enseigne pas qu’on peut vaincre la barbarie par des principes seuls. Le nazisme n’a pas été vaincu par la vertu, mais par la force — au prix de villes allemandes rasées, de millions de civils morts, et d’une Europe en ruines. Le Japon impérial n’a pas capitulé face à des sermons, mais face à une puissance de feu sans précédent. La guerre est cruelle. Mais quelle autre voie aurait permis de rester moral face à l’inhumanité nazie ? Un judaïsme sans mains est un judaïsme mort — tout comme une morale sans courage est une morale vide.</p>

<p>Delphine Horvilleur, dans une tribune récemment publiée, incarne cette tendance avec une éloquence qui fascine autant qu’elle désarme. Face aux bombardements à Gaza, face aux accusations de crimes de guerre, elle choisit de distinguer son judaïsme de celui des autres, de ceux qui soutiennent Israël dans l’épreuve, de ceux qui refusent de se dérober derrière une morale abstraite. Elle écrit comme si le judaïsme devait se laver les mains de tout, pour rester « fidèle à ses principes », même au prix d’un abandon. Mais de quels principes parle-t-on, quand on parle en surplomb de ceux qui vivent dans la terreur des sirènes, des missiles et des tunnels creusés pour tuer leurs enfants ?</p>

<p>Ce que revendique Horvilleur, c’est un judaïsme qui « témoigne » sans se mêler, qui observe sans participer, qui condamne pour se distinguer. Elle oppose une morale désincarnée à la complexité d’une guerre réelle, tragique, dont aucun peuple ne sortira intact. Et ce faisant, elle reproduit un vieux mécanisme : pour être accepté, il faudrait se désolidariser, se purifier, devenir l’exception morale du peuple juif.</p>

<p>Mais cette posture est une illusion — et une trahison.<br />Car un judaïsme sans solidarité, sans force, sans attachement à la terre, n’est plus qu’un mot creux. Un slogan acceptable pour les salons intellectuels d’Occident, mais totalement inopérant face aux roquettes et aux pogroms. Il ne s’agit pas ici de défendre aveuglément un gouvernement. Il s’agit de rappeler que le droit d’Israël à se défendre est non négociable. Et que le rôle du judaïsme, dans cette heure tragique, n’est pas d’accabler son propre peuple pour sauver son image morale.</p>

<p>Lorsque Delphine Horvilleur parle de « désarroi moral », on l’écoute, car elle parle en poétesse. Mais ce désarroi devient poison quand il se transforme en accusation publique, non pas malgré son judaïsme, mais au nom de celui-ci. Elle semble dire : « Regardez comme je suis juive autrement. » Elle semble vouloir prouver, à chaque phrase, que son judaïsme n’est pas celui qui bombarde, mais celui qui s’indigne. Mais ce judaïsme-là est un luxe de paix. Il n’est d’aucune utilité dans un monde où des enfants juifs doivent être cachés dans des écoles, où l’on tabasse à cause d’un prénom, où l’on tue pour une étoile.</p>

<p>La tradition juive n'enseigne pas la pureté. Elle enseigne la responsabilité. Elle ne dit pas de rester innocents ; elle appelle à agir justement, dans un monde qui ne l’est pas. Et cette justice-là ne consiste pas à accuser Israël avec les mots de ses ennemis — colonialisme, apartheid, génocide — mais à porter la complexité de son histoire, la légitimité de son existence, le droit de ses citoyens à vivre.</p>

<p>Aujourd’hui, certains Juifs croient qu’en condamnant Israël, ils se protègent. Mais ils se trompent. Ce qu’ils obtiennent, ce n’est pas l’estime lucide du monde, mais une admiration convenue, qui flatte l’image morale à laquelle ils aspirent — au prix d’un renforcement sourd, mais violent, de la haine contre Israël. Une haine d’autant plus légitimée qu’elle semble validée par une rabbine censée incarner la spiritualité juive elle-même.<br />Le combat n’est pas seulement de défendre un État. Il est de défendre le droit du peuple juif à se défendre, à se tenir debout, à ne pas s’excuser d’exister.</p>

<p>Delphine Horvilleur rêve peut-être d’un judaïsme admirable. Mais sans engagement, sans peuple, sans terre, ce judaïsme est un mirage. Et ceux qui s’y réfugient s’aveuglent eux-mêmes.<br />Il est temps de rappeler que la morale juive n’interdit pas la force — elle l’encadre. Elle ne rejette pas la défense — elle la structure. Elle ne condamne pas l’action — elle l’exige, quand l’existence est menacée. Ce n’est pas un luxe intellectuel. C’est un impératif de survie. "<br /><object data="https://www.youtube.com/embed/srohcW6tiC0" type="text/html" width="640" height="360"><br /></object></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1126/lantisionisme-la-jouissance-de-trouver-enfin-un-coupable-commode</guid>
	<pubDate>Thu, 15 May 2025 19:09:14 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1126/lantisionisme-la-jouissance-de-trouver-enfin-un-coupable-commode</link>
	<title><![CDATA[L&#039;antisionisme,  la jouissance de trouver enfin un coupable commode.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je parle souvent d’Israël ici, et certains n’y voient qu’une forme d’obsession, voire un réflexe de défense inconditionnelle. Je vais donc être clair. Je ne suis pas sioniste — pas au sens galvaudé, caricatural, presque hystérique que ce mot a pris aujourd’hui dans les bouches militantes. Le sionisme historique, celui de Herzl et des rescapés des pogroms, celui qui visait à offrir un refuge aux Juifs persécutés depuis deux mille ans, a atteint son but : Israël existe. Et ce but n’était pas une opinion, mais une nécessité vitale. Une réponse politique à une persécution que personne d’autre ne voulait voir.</p>

<p>Mais aujourd’hui, ce mot est devenu un chiffon rouge. Un épouvantail. Un prétexte pour délégitimer non pas une politique, mais une existence. Il ne s’agit plus de contester les choix d’un gouvernement, ce qui est sain et salutaire, mais de remettre en cause le droit même de cet État à exister. Il ne s’agit plus de critiquer des décisions, mais de construire une fiction paranoïaque et victimaire où Israël incarnerait le Mal pur, et ses ennemis, même les plus obscurantistes, seraient systématiquement disculpés.</p>

<p>Je parle d’Israël parce que je connais le terrain, je connais les gens, les colères, les blessures, les contradictions. J’y suis allé. Souvent. J’y ai vu des familles brisées des deux côtés. J’ai parlé avec des Israéliens qui dénoncent leur propre gouvernement, j’ai parlé avec des Palestiniens épuisés de survivre entre la répression, la misère, et l’instrumentalisation religieuse. J’ai organisé des dialogues entre ennemis. J’ai lu les textes sacrés, les manifestes politiques, les témoignages des extrémistes comme des pacifistes. J’ai fait ce que la plupart des militants sur internet ne feront jamais : regarder la complexité en face, sans fuir dans les slogans.</p>

<p>Et ce que je vois aujourd’hui, c’est une nouvelle forme de haine. Une haine élégante, maquillée en indignation morale. Une haine qui se croit du bon côté de l’Histoire parce qu’elle a des likes, des hashtags, et des indignations sur commande. On déteste Israël non pas malgré sa réussite, mais à cause d’elle. Parce que ce pays dérange, parce qu’il réussit, parce qu’il pense, parce qu’il débat, parce qu’il expose les échecs de ses voisins sans avoir besoin de les nommer.</p>

<p>Ce prétendu "antisionisme" est devenu le masque acceptable d’un antisémitisme recyclé. Une obsession maladive, sélective, qui ne s’intéresse qu’aux crimes juifs supposés, et ferme les yeux sur les dictatures arabes, les massacres internes, les enfants syriens gazés par leur propre État, les femmes lapidées à Kaboul, les journalistes assassinés au Caire, les opposants torturés à Téhéran.</p>

<p>Mais non, ce qui mobilise les foules, c’est Israël. L’unique démocratie du Moyen-Orient. Le pays où un Arabe peut être juge à la Cour suprême ou médecin en chef dans un hôpital. L’unique pays où l’on manifeste contre son propre gouvernement sans risquer la prison ou la mort.</p>

<p>Ce que j’entends chez certains, ce n’est pas la révolte contre l’injustice — c’est la jouissance de trouver enfin un coupable commode. Et de se donner à bon compte une posture morale. La propagande moderne, ne vous y trompez pas, ne ment pas frontalement. Elle sélectionne les faits qui servent le récit. Elle vous montre Gaza sous les bombes, mais jamais les roquettes tirées depuis des écoles. Elle vous montre la détresse palestinienne — réelle, insupportable — mais jamais la corruption de leurs dirigeants, les millions détournés, les enfants endoctrinés.</p>

<p>Et que dire de ceux qui idéalisent le Hamas ou le Hezbollah au nom de la « résistance » ? Depuis quand la liberté passe-t-elle par la soumission des femmes, la haine des Juifs, la loi de la terreur ? Depuis quand peut-on, au nom des opprimés, défendre ceux qui veulent imposer un totalitarisme religieux ?</p>

<p>Je ne défends pas Israël pour me rassurer. Je le défends parce que j’en connais les limites, les défauts, mais aussi la vitalité, le courage, les contradictions vivantes. Parce que j’ai vu la réalité – pas celle des écrans, mais celle du terrain. Et parce qu’on ne peut pas construire la paix sur une haine ritualisée et une ignorance satisfaite.</p>

<p>La souffrance palestinienne est réelle. Elle me touche. Je l’ai vue. Mais je l’ai vue aussi ailleurs : dans des pays arabes où l’on meurt dans l’indifférence générale, écrasé par ses propres dirigeants, ou par des clans adverses, sans qu’aucun militant occidental ne s’en émeuve. Il y a dans cette indignation sélective une obscénité, un aveuglement volontaire, une paresse intellectuelle.</p>

<p>La vérité, c’est que beaucoup ne veulent pas voir le réel. Ils veulent des figures, des symboles, des coupables. Israël leur fournit tout cela. Et peu importe la vérité. Peu importe la complexité. Peu importe la douleur des deux peuples.</p>

<p>Moi, je continuerai de parler. De dire ce que je vois. Même si cela dérange. Surtout si cela dérange.</p>

<p>Charles Rojzman</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1125/le-scandale-von-der-leyen-ou-l%E2%80%99autopsie-d%E2%80%99une-trahison-europeenne-%E2%80%93-telegraph</guid>
	<pubDate>Mon, 12 May 2025 21:30:27 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1125/le-scandale-von-der-leyen-ou-l%E2%80%99autopsie-d%E2%80%99une-trahison-europeenne-%E2%80%93-telegraph</link>
	<title><![CDATA[le scandale Von der Leyen ou l’autopsie d’une trahison européenne – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Cyrille de LATTRE</p>
<p>À l'heure où l'Union Européenne s'enlise de partout dans les contradictions de ses principes, vacille sur le socle même de sa légitimité démocratique, et s'efforce de dissimuler les séquelles d'une gestion calamiteuse de la pandémie de Covid-19, le nom d’Ursula von der Leyen émerge, non plus auréolé des oripeaux de la rigueur technocratique, mais sali par le soupçon, l'opacité, et la collusion. Cette semaine, un événement décisif se joue en coulisses : la Cour de Justice de l'Union Européenne <a href="https://www.ftm.eu/articles/interview-eu-court-sms-von-der-leyen" target="_blank">doit statuer</a> sur le contenu des fameux SMS échangés entre la présidente de la Commission et Albert Bourla, PDG de Pfizer, dans le cadre d’un contrat vaccinal astronomique de plusieurs milliards d’euros, signé au nom de tous les peuples européens, mais dans les ténèbres, loin de toute lumière démocratique.</p><p>Ce que l’on nomme désormais le « Pfizergate » ne relève plus du simple embarras institutionnel, mais bien d’un réquisitoire historique contre une gouvernance européenne qui a trahi ses propres fondements. Car ce ne sont pas de banales missives que la Cour est appelée à examiner, mais le cœur d’une entente suspecte qui a engagé l’Union dans l’achat de 1,8 milliard de doses du vaccin Pfizer-BioNTech, dont 900 millions fermes et autant en option, pour une livraison en 2022 et 2023. Une commande démesurée, aussi précipitée que suspecte, décidée dans l’intimité numérique d’une conversation cryptée entre deux figures dont l’allégeance semble avoir davantage concerné les intérêts industriels que la santé publique.</p><p>« Cette décision de justice pourrait marquer un tournant pour la transparence au sein de l'UE », a déclaré Shari Hinds, de Transparency International. Que faut-il entendre là, sinon l’aveu glaçant que, jusqu’à ce point, la transparence fut piétinée ? Alors que l’UE a été trompée sur toute la ligne pendant la crise du Covid-19 – sur la nature du virus, sur l’efficacité des mesures, sur le sérieux scientifique des vaccins devenus aujourd’hui des poisons –, voilà qu’un nouveau front s’ouvre, plus pernicieux encore : celui du secret institutionnalisé, de la dissimulation systématique, et d’une politique sanitaire pilotée dans l’ombre.</p><p>Le Covid et sa crise n’était qu’un prémice de ce qui attend les européens dans les mois et les années à venir, nous l’avions dit, nous avions parlé à l’époque mais nous avions raison trop tôt, c’est ce que l’on appelle « le complotisme »…</p><p>Le nœud du scandale tient dans cette question : un SMS entre la présidente de la Commission Européenne et le PDG d’un laboratoire pharmaceutique, lorsqu’il engage un contrat de plusieurs milliards, est-il un document officiel ou une conversation privée ? Ursula von der Leyen et sa Commission soutiennent l’hypothèse absurde que ces échanges ne relèvent pas de la documentation publique, contredisant ainsi toutes les règles élémentaires de transparence. Mais il ne s’agit pas ici d’une simple erreur de classification administrative ; c’est un refus délibéré, obstiné, de rendre des comptes. La Médiatrice européenne, Emily O’Reilly, a jugé que l’attitude de la Commission relevait de la « mauvaise administration », soulignant que « la transparence avait régressé sous le règne de von der Leyen ».</p><p>Il n’est en effet pas rare de voir Ursula Von der Leyen caricaturée en Reich Führer… Il n’y a pas de fumée sans feu.</p><p>Car oui, la gestion von der Leyen de cette crise sanitaire fut tout sauf exemplaire. Signataire du plus gros contrat de vaccins de l’Union européenne, elle préside l’institution même qui est censée faire respecter les principes de transparence et de responsabilité. Cette double casquette la place aujourd’hui en porte-à-faux avec le droit européen et avec la morale politique la plus élémentaire. Les juges du Tribunal de l’UE ont déjà censuré la Commission pour avoir expurgé de larges portions des contrats de vaccins, invoquant fallacieusement la protection de la vie privée des fonctionnaires ou les intérêts commerciaux des entreprises.</p><p>Et comment oublier que l’affaire ne prend cette tournure que parce qu’un journaliste du New York Times, ancien chef du bureau de Bruxelles, a décidé de porter plainte en 2022, après que la Commission a refusé de publier lesdits SMS ? Leur existence même fut d’abord niée, puis dissimulée, avant d’être maladroitement reconnue dans un éclat de rire glacial, au milieu d’une audience à Luxembourg. « Nous ne nions pas qu’ils \[les textes] existent », lâcha alors l’avocat de la Commission, Paolo Stancanelli, devant des juges de plus en plus impatients face à tant d’esquive. Cette phrase suffirait à elle seule à illustrer la farce tragique qui se joue.</p><p>Et pourtant, Von der Leyen ne cesse de clamer son attachement aux principes de transparence, d’efficacité et de probité. Une déclaration d’intention contredite par les faits, les silences et les absences. Absente, elle le fut lors de l’unique audience consacrée à l’affaire. « L’éléphant qui manquait à l’appel », déclara la médiatrice. Comment interpréter ce refus de comparaître, sinon comme un aveu implicite ? La seule personne capable de tout expliquer, celle qui a tenu la plume et scellé l’accord, choisit le silence comme refuge.</p><p>Mais ce silence est tonitruant. Il résonne avec les milliards gaspillés, les stocks de vaccins inutilisés, les effets secondaires longtemps minimisés, les décisions sanitaires prises dans la précipitation et sous influence. Il évoque aussi les souffrances silencieuses des citoyens victimes d’effets indésirables, les entreprises ruinées par des confinements absurdes, les enfants enfermés, masqués, traumatisés, au nom d’une science instrumentalisée. Et dans ce concert dissonant, les SMS de Von der Leyen et Bourla font figure de partition secrète : une musique pour initiés, composée dans l’arrière-boutique de la démocratie, et dont les citoyens furent tenus à l’écart.</p><p>Alors que les peuples européens peinent à se relever des séquelles de la crise, que les dettes explosent, que les systèmes hospitaliers s’effondrent, que les libertés reculent sous les coups de boutoir d’un biopouvoir technocratique, reste suspendue une question simple et terrible : à quoi ont servi ces milliards ? Et qui en a profité ? Ces contrats, conclus dans la pénombre, ont enrichi les actionnaires de Pfizer, mais laissé les citoyens dans l’ignorance et les États dans l’impasse. Ce n’est plus seulement une erreur, c’est une trahison.</p><p>Tilly Metz, députée écologiste et l’une des cinq élues à avoir porté l’affaire devant le Tribunal, résume la stupeur généralisée : « Si l’on veut que le public ait confiance dans les politiques et dans leurs actions – et dans leurs contacts avec l’industrie –, il faut privilégier la transparence. » Mais cette transparence, Von der Leyen s’en est détournée, préférant la dissimulation, le contrôle, l’arrogance technocratique. Même dans l’urgence sanitaire, « situation très nouvelle » selon ses défenseurs, il aurait fallu garder la tête froide, respecter les procédures, garantir une traçabilité démocratique.</p><p>À présent, il est trop tard. Les faits sont là, irréversibles, accablants. L’Europe s’est faite berner, manipulée par des intérêts privés, abandonnée par ceux-là mêmes qui devaient la protéger. Ursula von der Leyen, en engageant seule l’avenir sanitaire de 450 millions d’Européens sans rendre de comptes, a dévoyé la fonction qu’elle incarnait. Elle a démontré que, dans les hautes sphères de Bruxelles, le pouvoir se prend, se concentre, se garde, mais ne se partage pas. Elle a fait de la présidence de la Commission un bastion opaque, une forteresse imprenable aux allures de laboratoire pharmaceutique.</p><p>Et l’histoire, cruelle, retiendra que dans un moment critique où l’UE aurait pu incarner une gouvernance moderne, éthique et responsable, elle a choisi la voie du soupçon, du secret et du mépris citoyen. La justice dira, peut-être, le droit. Mais le jugement de l’histoire, lui, est déjà scellé. Von der Leyen ne laissera pas derrière elle un héritage de rigueur et d’intégrité, mais celui d’un immense scandale, d’un mensonge vaccinal orchestré au plus haut niveau, et d’un gâchis dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. Il est des poisons plus lents que les virus : celui du mensonge d’État en est un.</p><p>Le constat est alarmant, et nous ne parlons ici que du Covid, nous excluons de cet article tout ce qui touche à l’Ukraine et à la Russie, dont il faudra, un jour, que cette même commission, rende des comptes, sonnants et trébuchants.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1124/evaluation-des-avertissements-emis-par-le-foreign-affairs-sur-les-risques-d%E2%80%99une-allemagne-raffermie-et-remilitarisee</guid>
	<pubDate>Thu, 08 May 2025 12:32:17 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1124/evaluation-des-avertissements-emis-par-le-foreign-affairs-sur-les-risques-d%E2%80%99une-allemagne-raffermie-et-remilitarisee</link>
	<title><![CDATA[Évaluation des avertissements émis par le Foreign Affairs sur les risques d’une Allemagne raffermie et remilitarisée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Andrew Korybko − Le 25 avril 2025 − Source <a>korybko.substack.com</a></p><p></p><p>Quelle est la probabilité qu’une Allemagne potentiellement ultra-nationaliste « se remette à négocier ses frontières ou outrepasse les délibérations qu’affectionne l’UE pour passer au chantage militaire ? »</p><p></p><p><a href="https://archive.is/uS7fa">Foreign Affairs</a> a émis début avril un avertissement : une Allemagne <a href="https://korybko.substack.com/p/itll-be-a-lot-easier-said-than-done">reprenant courage</a> et <a href="https://korybko.substack.com/p/the-rearm-europe-plan-will-probably">remilitarisée</a> pourrait poser un nouveau défi envers la stabilité de l’Europe. Foreign Affairs est convaincu que le « <a href="https://korybko.substack.com/p/olaf-scholzs-manifesto-for-foreign">Zeitenwende</a> » [changement d’ère historique] d’Olaf Scholz, l’ancien chancelier, « est cette fois-ci concret » au sens où son successeur Friedrich Merz dispose désormais du soutien parlementaire et populaire pour <a href="https://korybko.substack.com/p/germany-is-rebuilding-fortress-europe">transformer son pays en Grande Puissance</a>. Une telle transformation pourrait supposément bénéficier à l’Europe et à l’Ukraine, mais ne serait pas sans poser trois risques importants.</p><p>Selon les deux auteurs de l’article, ces risques impliqueraient : davantage de guerre hybride menée par la Russie contre l’Allemagne ; une montée du nationalisme dans les pays voisins de l’Allemagne, induite par cette montée de l’Allemagne ; et une possible explosion de l’ultra-nationalisme en Allemagne. Le catalyseur de tout cela est <a href="https://korybko.substack.com/p/the-eus-military-industrial-plans">le désengagement progressif</a> des États-Unis hors de l’OTAN, induit par la re-priorisation par l’administration Trump de la zone Asie-Pacifique. Au fur et à mesure de la diminution de l’influence étasunienne, des vides politiques et sécuritaires vont se faire sentir, et d’autres acteurs vont entrer en compétition pour les remplir.</p><p>Précisons que l’article traite davantage des avantages d’une mise en œuvre retardée du « Zeitenwende » de Scholz, que les auteurs présentent comme voué à se produire depuis longtemps, et comme une réponse naturelle au catalyseur susmentionné, vu que l’Allemagne constitue de facto d’ores et déjà le pays dirigeant l’UE. Dans le même temps, évoquer les risques raffermit aux yeux de certains lecteurs leur crédibilité, leur permet d’en faire subtilement porter l’ombrage à Trump, et fait apparaître les auteurs comme prescients dans l’occurrence où ces risques devaient se concrétiser.</p><p>Prenons pour commencer le premier des trois risques. Il est prédit que l’Allemagne et la Russie vont mener l’une contre l’autre davantage d’opérations de renseignements si la première assume le rôle de dirigeante du continent en contenant la seconde, chose que celle-ci considérerait bien sûr comme une menace latente pour des raisons historiques évidentes. L’article ne fait aucune mention de la manière suivant laquelle un tel nouveau rôle allemand poserait problème aux intérêts russes, et dépeint fallacieusement toute réponse potentiellement apportée par Moscou comme une agression non provoquée.</p><p>L’article se montre plus juste au sujet du deuxième risque de montée du nationalisme dans les pays voisins en réaction à une Allemagne reprenant du poil de la bête et remilitarisée, mais n’apporte guère de détails à cet égard. La Pologne constitue sans doute le candidat le plus probable pour cela, car de tels sentiments sont déjà en cours de développement dans sa société. Il s’agit d’une réaction à la coalition libéro-globaliste au pouvoir, à sa <a href="https://korybko.substack.com/p/poland-is-poised-to-play-an-important">soumission perçue</a> à l’Allemagne, et à des préoccupations de ce qu’une Allemagne potentiellement dirigée par l’AfD <a href="https://x.com/BeataSzydlo/status/1667147293680599043?lang=en">puisse essayer de revendiquer</a> ce que la Pologne considère comme ses « Territoires Récupérés ».</p><p>Le dernier risque s’établit sur ce que les auteurs décrivent comme le scénario du pire d’« un appareil militaire allemand d’abord renforcé par des gouvernements politiquement centristes et pro-européens [tombant] entre les mains de dirigeants désireux de revenir sur les frontières de l’Allemagne, ou d’abandonner les délibérations menées dans le style de l’UE pour recourir à un chantage militaire. » C’est cette potentielle conséquence qu’il est le plus important d’évaluer, car celle-ci reste incertaine, alors qu’on peut s’attendre à ce que les deux premières soient des traits durables de cette nouvelle ère géopolitique en Europe.</p><p>Il faut s’attendre à ce que le résultat des élections présidentielles polonaises, le mois prochain, détermine fortement la dynamique à venir des relations polono-allemandes. Si le conservateur sortant se voit remplacé par le candidat libéral, la Pologne va sans doute soit se subordonner encore davantage à l’Allemagne, soit compter sur la France pour jouer l’équilibre entre elle-même et les États-Unis, soit <a href="https://korybko.substack.com/p/frances-next-quarterly-nuclear-drills">se tourner vers la France</a>. Une victoire des candidats conservateur ou populiste, au contraire, diminuerait la dépendance envers l’Allemagne soit en équilibrant celle-ci avec la France, soit <a href="https://korybko.substack.com/p/poland-is-once-again-poised-to-become">en remontant la priorité des États-Unis</a>.</p><p>Il est prévu que la France apparaisse de manière plus marquée dans la politique étrangère de la Pologne dans tous les cas, au vu du partenariat historique liant ces pays depuis l’ère napoléonienne, ainsi que de leurs préoccupations actuelles partagées au sujet de la menace aux deux pays que pourrait provoquer une Allemagne raffermie et remilitarisée. Les Français sont dans l’ensemble moins soucieux que certains Polonais de voir l’Allemagne revendiquer des territoires, et se montrent nettement plus anxieux à l’idée de perdre leurs chances de diriger l’Europe ou bien dans son ensemble ou bien en partie après que le <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/heres-what-i-learned-from-analyzing-the-new-cold-war-every-day-for-three-years-straight">conflit ukrainien</a> aura trouvé sa fin.</p><p>La France, l’Allemagne et la Pologne sont en compétition <a href="https://korybko.substack.com/p/france-germany-and-poland-are-competing">les unes contre les autres</a> à cet égard, les débouchés les plus probables de cette compétition étant soit une hégémonie allemande suivant la vision « Zeitenwende », soit une prise de contrôle conjointe par la France et la Pologne de l’Europe Centrale et Orientale, soit le retour d’un « Triangle de Weimar » pour diriger l’Europe de manière tripartite. Tant que resteront en vigueur les libres échanges de personnes et de capitaux au sein de l’UE, chose qui n’est évidemment pas garantie, mais reste probable, les chances de voir une Allemagne menée par l’AfD s’employer à revisiter ses frontières avec la Pologne sont faibles.</p><p>En effet, les Allemands suivant ce raisonnement pourraient simplement acheter des terres en Pologne et s’y installer selon leur bon vouloir, certes en s’assujettissant aux lois polonaises, qui ne sont guère différentes des lois allemandes pour ce qui concerne la vie quotidienne. En outre, si l’Allemagne projette certes de mener une escalade militaire sans précédent, la Pologne a déjà bien entamé la sienne, et ce de manière particulièrement réussie, puisque le pays est devenu <a href="https://notesfrompoland.com/2024/07/16/poland-has-natos-third-largest-military-new-figures-show/">la troisième armée de l’OTAN</a> en nombre l’été dernier.</p><p>Il est également <a href="https://korybko.substack.com/p/what-comes-next-after-the-us-withdrawal">peu probable</a> que les États-Unis se retirent totalement de Pologne, et encore moins de l’ensemble de l’Europe centrale et orientale, et des soldats étasuniens vont sans doute rester toujours sur place, tenant lieu de dissuasion mutuelle face à la Russie et l’Allemagne. Aucun de ces pays ne compte envahir la Pologne, si bien que cette présence serait en grande partie symbolique, dans l’objet de rassurer psychologiquement la population polonaise, historiquement traumatisée, qu’elle vit en sûreté. En tous cas, on peut en retenir que le scénario du pire évoqué par les auteurs ne va très probablement pas se produire.</p><p>En résumé, les causes en sont que : la Pologne va soit se subordonner à l’Allemagne après les prochaines élections, ou compter davantage sur la France pour équilibrer l’Allemagne (si elle ne remonte pas la priorité des États-Unis au-dessus de celles de ces deux pays) ; la libre circulation des personnes et des capitaux induite par l’UE va sans doute continuer d’exister au moins un certain temps ; et les États-Unis ne vont pas abandonner l’Europe centrale ni orientale. Ces facteurs vont donc : apaiser ou équilibrer une Allemagne ultra-nationaliste (par exemple, dirigée par l’AfD) ; et dissuader un potentiel révisionnisme allemand (que celui-ci soit légal ou militaire).</p><p>Pour conclure, on peut donc affirmer que le nouvel ordre qui est en cours de façonnement en Europe ne va probablement pas conduire à un rétablissement des risques de l’entre-deux-guerres évoqués par le scénario du pire établi par Foreign Affairs, mais plutôt à la création de sphères d’influence sans tensions militaires. Que la Pologne s’affirme fermement seule, qu’elle s’allie à la France, ou qu’elle se subordonne à l’Allemagne, il ne faut s’attendre à aucun changement de frontière que ce soit à l’Ouest ou <a href="https://korybko.substack.com/p/ukraines-western-borders-are-unlikely">à l’Est</a>, et toutes les formes de compétition germano-polonaise restent envisageables pour l’avenir.</p><p>Note du traducteur : quand les Français vont redécouvrir la notion de géopolitique et l’existence des rapports de force, ils vont véritablement tomber des nues en ouvrant les yeux sur ce type de problématique. D’ici là, continuons d’être uniformément européistes, de refuser de voir le monde tel qu’il est, et agitons nous sur notre chaise en criant : « l’Europe, l’Europe, l’Europe ». Tant que l’orchestre continue de jouer, on peut continuer de s’auto-effondrer en bons somnambules.</p><p>Andrew Korybko est un analyste politique étasunien, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la <a href="https://lesakerfrancophone.fr/thesaurus#guerre-hybride">Guerre hybride</a>.</p><p>Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1123/</guid>
	<pubDate>Wed, 07 May 2025 18:10:25 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1123/</link>
	<title><![CDATA[[unable to retrieve full-text...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[unable to retrieve full-text content]</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1122/gilles-kepel-le-figaro-le-05-mai-2025</guid>
	<pubDate>Tue, 06 May 2025 05:16:23 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1122/gilles-kepel-le-figaro-le-05-mai-2025</link>
	<title><![CDATA[Gilles Kepel, Le Figaro, le 05 mai 2025]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"L’assassinat monstrueux du jeune Aboubakar Cissé, poignardé de 57 coups de couteau dans la mosquée Khadija de La Grand Combe, commune déshéritée, et autrefois minière, du Gard, a donné lieu, par-delà l’émotion et la compassion parfaitement légitimes pour la victime, exprimées par les médias comme le public, à un « recodage » politique stupéfiant. Celui-ci témoigne à la fois de la polarisation identitaire aveuglante dont est otage le débat national à l’approche d’échéances électorales majeures, et aussi de la traduction sur notre sol de l’exacerbation délétère des haines ethnico-religieuses qui se déchaînent sur la planète et dans le monde virtuel depuis le 7 Octobre en Israël et Palestine, prolongées par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et le bouleversement du monde qu’il met en œuvre. Ce crime a été érigé par la gauche radicale en emblème d’une « islamophobie » qui structurerait notre société, conférant ainsi à la France Insoumise et ses alliés une posture morale mettant en porte-à-faux le Parti socialiste. La manifestation parisienne en protestation contre le meurtre, place de la République, a vu le député et porte-parole de ce parti Jérôme Guedj se faire agresser violemment en référence à sa judéité. Entre-temps, dans le village d’Anduze, à quelques kilomètres de La Grand-Combe, un septuagénaire coiffé d’une kippa a été roué de coups et objet d’insultes antisémites par un individu ivre. L’enquête a été diligentée dans les deux cas gardois avec efficacité par le procureur de la République d’Alès, M. Abdelkrim Grini. (...)</p>

<p>Avant de se précipiter dans la récupération électoraliste d’un drame humain, il importe de restituer le contexte social. La victime, arrivée du Mali clandestinement comme mineur isolé, avait tenté sa chance comme des centaines de milliers d’immigrants illégaux, trouvant dans la mosquée un emploi précaire – comme l’a rappelé la procureure de Nîmes dans son point de presse, lorsqu’elle a repris le dossier. Le suspect, né en France il y a vingt ans, est le cadet d’une fratrie de onze enfants également arrivée illégalement en France, en 2001, en provenance de Bosnie, et originaire de la communauté Rom de ce pays, qui y vit dans un état de dénuement extrême. En septembre 2005, le tribunal administratif de Lyon a annulé l’arrêté d’expulsion pris à l’encontre de son père, Safet Hadzovic, après le rejet de sa demande d’asile politique – même si aucune opération de reconduite à la frontière n’avait été entreprise. Cette décision de justice qui arguait que l’expulsion portait <br />« une atteinte disproportionnée » à son droit « au respect de sa vie de famille » permit ainsi, selon le média 20 minutes en ayant alors rendu compte, que « la famille Hadzovic reste unie en France ». Le suspect, vivant du RSA, adepte de réseaux sociaux violents qui lui avaient valu un signalement au site Pharos, se projetait psychologiquement comme tueur en série selon ses déclarations en ligne. (...)</p>

<p>Le prénom de son père, qui vient de l’arabe safiya par le turc ottoman safiet, signifiant « pureté » ou « innocence », est caractéristique des Bosniaques et des Albanais musulmans dans les Balkans. Son patronyme signifie « fils <br />de hajj » (pèlerin). Ces éléments de contexte, qui ne sauraient préjuger de la croyance ou de l’identité religieuse individuelle du suspect, devraient toutefois inciter à ne pas prononcer de jugements hâtifs - dans l’attente de l’instruction puis du procès. Les déclarations de l’intéressé, diffusées en ligne, selon lesquelles il allait viser « un Noir », puis en blasphémant par l’insulte à « Allah de m… » une fois le crime commis, ouvrent à un vaste spectre de haines, y compris raciales – sans exclure la haine de soi. Celles-ci se sont cristallisées sur la profanation de l’islam en poussant l’horreur criminelle au paroxysme, perpétrant le meurtre sacrificiel à l’intérieur du lieu de culte et sur la personne d’un paisible fidèle en train de prier, sauvagement massacré. « Mon fils est fou », déclara son père au lendemain de l’acte, en exprimant ses excuses publiques. L’enquête l’examinera et le verdict du procès en jugera. (...)</p>

<p>L’environnement social et culturel de ce drame monstrueux s’avère ainsi d’emblée plus complexe que les conclusions idéologiques qui en ont été immédiatement tirées. L’enjeu pour certains était d’abord d’imposer, à l’occasion d’un drame décrit comme paradigmatique, la notion « d’islamophobie » comme un crime dans le droit français, à l’instar du racisme ou de l’antisémitisme. Or, si les agissements illégaux contre des musulmans du fait de leur appartenance (réelle ou supposée) à leur religion sont punissables, le terme même d’islamophobie ne se limite pas à cela. Dans son usage moderne, il vient de l’anglais Islamophobia : les adeptes de l’islam politique outre-Manche, et notamment la mouvance des Frères musulmans et de leurs alliés issus de la jamaat-e islami du Pakistan en faisaient usage dès les dernières décennies du vingtième siècle pour frapper d’interdit toute objection à leurs actions, et toute lecture critique du dogme musulman. Les militants islamistes du continent européen leur ont emboîté le pas, au moment de l’affaire du « voile islamique » en France, depuis 1989 jusqu’à la commission Stasi. Dans ce dernier sens, il ne s’agit plus de prohiber et punir des crimes ou délits dont des musulmans seraient victimes du fait de leur appartenance confessionnelle, mais de favoriser le contrôle d’une religion par des acteurs politiques particuliers. Or c’est une liberté fondamentale que la critique licite de toute doctrine, profane ou sacrée, de même que le droit de changer de religion, ou de ne pas en avoir – notamment au regard de la laïcité française.  (...)</p>

<p>L’environnement social et culturel de ce drame monstrueux s’avère ainsi d’emblée plus complexe que les conclusions idéologiques qui en ont été immédiatement tirées. L’enjeu pour certains était d’abord d’imposer, à l’occasion d’un drame décrit comme paradigmatique, la notion « d’islamophobie » comme un crime dans le droit français, à l’instar du racisme ou de l’antisémitisme. Or, si les agissements illégaux contre des musulmans du fait de leur appartenance (réelle ou supposée) à leur religion sont punissables, le terme même d’islamophobie ne se limite pas à cela. Dans son usage moderne, il vient de l’anglais Islamophobia : les adeptes de l’islam politique outre-Manche, et notamment la mouvance des Frères musulmans et de leurs alliés issus de la jamaat-e islami du Pakistan en faisaient usage dès les dernières décennies du vingtième siècle pour frapper d’interdit toute objection à leurs actions, et toute lecture critique du dogme musulman. Les militants islamistes du continent européen leur ont emboîté le pas, au moment de l’affaire du « voile islamique » en France, depuis 1989 jusqu’à la commission Stasi. Dans ce dernier sens, il ne s’agit plus de prohiber et punir des crimes ou délits dont des musulmans seraient victimes du fait de leur appartenance confessionnelle, mais de favoriser le contrôle d’une religion par des acteurs politiques particuliers. Or c’est une liberté fondamentale que la critique licite de toute doctrine, profane ou sacrée, de même que le droit de changer de religion, ou de ne pas en avoir – notamment au regard de la laïcité française. (...)</p>

<p>La notion « d’atmosphère de la politique » a été créée par le regretté sociologue Bruno Latour en 2006, dans un ouvrage collectif sous ce titre, auquel j’avais contribué. Par « djihadisme d’atmosphère », j’ai voulu identifier une nouvelle phase du terrorisme islamiste, après le GIA dans les années 1990, Al Qaïda dans les années 2000, puis Daech dans la décennie 2010. On faisait face alors à des opérations organisées, avec des commanditaires et des exécutants. Avec les assassinats des professeurs Samuel Paty en 2020 et Dominique Bernard en 2023, on a changé de registre : des individus qui se socialisent au djihadisme par leurs fréquentations et les réseaux sociaux prennent eux-mêmes la décision de passer à l’acte, du fait d’une « atmosphère » telle que décrite, sans médiation organisationnelle. La polarisation identitaire que j’ai mentionnée plus haut favorise indéniablement la multiplication de comportements de ce type, et « l’atmosphère » internationale depuis le 7-Octobre y contribue pour beaucoup, avec les identifications aux victimes et la diabolisation de l’adversaire dans chaque camp. En Terre Sainte, chacun accuse l’autre de génocide ou d’holocauste, ce qui constitue un argument à forte capacité persuasive, à partir de déterminants identitaires. Entre la razzia pogromiste du Hamas et l’hécatombe sans fin de M. Netanyahou contre la bande de Gaza, s’est engagée une spirale catastrophique. (...)</p>

<p>Cette situation interdit toute solution ou négociation en situation de crise si ce n’est par l’extermination de l’autre, fût-ce son sacrifice expiatoire – voyez aussi aujourd’hui ce qui se passe en Syrie pour les minorités alaouites, druzes et chrétiennes, que les djihadistes paradent pour les humilier en public avant de les exécuter devant les téléphones portables dont les images envahissent ensuite les réseaux sociaux dans le monde entier, jusque dans notre pays… Je note que, dans l’affaire de La Grand-Combe, le suspect, qui a filmé son acte puis l’a diffusé en ligne tout en se montrant aux caméras de surveillance de la mosquée, semblait être en interaction permanente avec les réseaux sociaux dans lesquels il se représentait comme un personnage à l’intersection entre les mondes virtuel et réel – donc dans une « atmosphère ». (...)</p>

<p>La solidarité de la société est cruciale, pour montrer que les victimes font partie de nous-mêmes : nous faisons collectivement leur deuil. Et l’action des institutions est aussi déterminante. Il me semble que le premier enjeu, c’est l’application de la loi car il doit être clair qu’elle est la même pour tous. Sinon nous ne composons plus une société, mais nous nous fragmentons selon les lignes de faille d’un communautarisme délétère dont le Levant et l’ex-Yougoslavie nous ont donné des exemples terribles durant le demi-siècle écoulé. Qui sème le vent récolte la tempête. </p>

<p>L’émotion face à l’horreur a été considérable. Mais je ne suis pas convaincu que la façon dont tentent de la canaliser à leurs fins ces acteurs politiques sera fructueuse, ni constituera nécessairement un tournant. Car rappelons-nous qu’il s’agit d’abord à ce stade d’un enjeu judiciaire. Le suspect, dont la personnalité ne se réduit pas aux schémas simplistes attendus, n’a pas encore été extradé de l’Italie où il a été arrêté, et donc pas présenté au juge d’instruction qui le soumettra à un interrogatoire. Depuis le milieu des années 1990, soit trois décennies, nous avons été traumatisés par une quantité d’attentats terroristes – ce qui n’est pas la qualification retenue pour cette affaire, dont le Parquet national anti-terroriste (PNAT) ne s’est pas saisi. Il faut indéniablement prendre les mesures nécessaires pour que des faits pareils ne se reproduisent pas et ne fassent pas d’émules – ce qui suppose que les lieux de culte musulmans soient adéquatement sécurisés, et que les mesures idoines soient prises tout en gardant la tête froide face à la menace. C’est ainsi que notre société a vaincu le djihadisme, c’est ainsi que seront découragés et réprimés selon les rigueurs de la loi les actes criminels contre des musulmans en tant que tels."</p>

<p>Gilles Kepel, Le Figaro, le 05 mai 2025.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1116/</guid>
	<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 15:25:27 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1116/</link>
	<title><![CDATA[[unable to retrieve full-text...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[unable to retrieve full-text content]</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1115/quand-les-elephants-du-ps-rampaient-a-l%E2%80%99ambassade-americaine</guid>
	<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 20:11:00 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1115/quand-les-elephants-du-ps-rampaient-a-l%E2%80%99ambassade-americaine</link>
	<title><![CDATA[Quand les éléphants du PS rampaient à l’ambassade américaine]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"Les documents révélés par Wikileaks montrent en effet que les « éléphants » de la rue de Solférino étaient des habitués de l’ambassade des États-Unis à Paris et y tenaient des propos d’une extrême complaisance à l’égard de Washington, jusqu’à critiquer la position de la diplomatie française à la veille de la guerre d’agression contre l’Irak en 2003."<br />--<br />Extrait de l'enquête de BLAST, Le souffle de l'info :</p>

<p>"La volonté de montrer patte blanche à Washington est tellement appuyée qu’on ressent de la gêne à la lecture du télégramme.</p>

<p>Plus embarrassant encore, l’eurodéputé Pierre Moscovici s’était entretenu quelques jours plus tôt avec la néoconservatrice forcenée Victoria Nuland, alors représentante permanente des États-Unis auprès de l’Otan. Il vaut la peine de citer un large extrait du télégramme rendant compte de cette rencontre qui a eu lieu le 29 mai 2006 à Bruxelles, siège à la fois de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord et de l’Union européenne :</p>

<p>« Moscovici a affirmé que la direction du PS était favorablement disposée à l’égard des États-Unis et a décrit le PS comme étant en fin de compte moins anti-américain que Chirac. Bien qu’il soit susceptible d’être plus dur sur les questions de principe, il a estimé que le PS serait plus souple dans la pratique. Il a dépeint Chirac comme un dogmatique qui s’est trop plié à l’opinion nationale [sic] et l’a accusé d’avoir activement travaillé contre les États-Unis dans la période précédant la guerre en Irak et d’avoir menacé de mettre son veto “trop tôt”, avant que l’ONU n’ait eu l’occasion d’explorer toutes les voies possibles. Bien que le PS soit également opposé à la guerre en Irak, il a soutenu que, contrairement à Chirac, il n’aurait pas non plus rompu le dialogue avec les États-Unis. Moscovici a affirmé que, historiquement, c’est lorsque la gauche était au pouvoir que les relations entre la France et les États-Unis avaient été les plus fortes, principalement parce que le PS n’adoptait pas certaines attitudes négatives à l’égard des États-Unis. Le PS, a-t-il dit, fondera ses relations avec les États-Unis sur une analyse froide plutôt que sur l’émotion, en tenant compte des valeurs fondamentales que partagent l’Europe et l’Amérique. »</p>

<p>Au moment où le secrétaire national aux relations internationales du PS tient ces propos, la guerre soutenue par la fauconne Victoria Nuland a déjà coûté la vie à plusieurs centaines de milliers d’Irakiens (l’armée US dévastait par ailleurs l’Afghanistan depuis 2001, une intervention qui avait évidemment le plein aval de la diplomate). Mais défions-nous de « l’émotion » et enorgueillissons-nous des « valeurs » partagées...</p>

<p>Pierre Moscovici est aujourd’hui premier président de la Cour des comptes, nommé par Emmanuel Macron, après avoir été ministre de l’Économie et des Finances sous la présidence de François Hollande, puis commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière au sein de la commission Juncker. Gageons qu’il a ferraillé dur avec Washington dans ces fonctions."</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1114/le-moment-trump-ou-lempire-emancipe</guid>
	<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 20:06:55 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1114/le-moment-trump-ou-lempire-emancipe</link>
	<title><![CDATA[LE MOMENT TRUMP ou L&#039;EMPIRE EMANCIPE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Eh bien, voilà. Il l'avait bien dit, Donald, qu'il réglerait la question en 24 heures, et en fait cela ne lui a pris que quelques minutes.<br />Simplement, on avait omis de lui faire préciser quelle était exactement la question relative à la guerre en Ukraine qu'il entendait solder.<br />Les Américains, eux, en ont vu d'autres : Vietnam, Irak, Somalie. Quand ils lâchent leurs domestiques ou leurs mercenaires, ils le font en général rapidement, et sans trop de manières.<br />Là, bien sûr, il s'agit de quelque chose de différent.<br />Trump est le nom de ce moment où, pour éviter la faillite d'un empire qui ne tient plus, il devient vital de le libérer de ses devoirs et privilèges qui le relient au reste du monde, surtout à ses vassaux, depuis trois quarts de siècle.<br />Cela ne se fait pas sans crises ni sans drames, mais cela doit se faire, c'est tout.<br />Il en a été de même lorsque Hadrien a construit son mur breton, ou lorsque Charles De Gaulle s'est résolu à abandonner l'Algérie et liquider l'empire français d'Afrique.<br />C'était même pire car il y avait en Algérie un million d'Européens de nationalité française, plus quelques centaines de milliers de musulmans fidèles à la France, qu'il fallait sacrifier aussi violemment qu'Agamemnon Iphigénie. De surcroît, De Gaulle avait été rappelé au pouvoir grâce à Soustelle, Massu et les militaires d'Alger, qui comptaient surtout sur lui pour maintenir les départements d'Algérie au sein de la souveraineté française. <br />Pourtant il en a été ainsi, car il ne pouvait pas en être autrement. <br />Et on sourit aujourd'hui, quand on lit ce qu'écrivaient Bidault, Debré, Lacoste ou Mitterrand (oui, Mitterrand) sur l'ignominie que constituerait le renoncement à vouloir hisser vers l'universel Arabes, Berbères et Africains ainsi que le danger que cela ferait courir à la grandeur française.<br />Avec Trump, c'est à la fois plus facile et plus difficile.<br />Plus facile parce qu'il n'y a pas un million d'Américains qui vivent en Ukraine, et qu'on peut solder ce protectorat mafieux et impécunieux à très bon compte (même si les minerais et les terres rares sont surtout un prétexte commode).<br />Plus difficile parce que les Européens, comme les Japonais, ont les moyens - jusqu'à un certain degré, toutefois - de fragiliser la valeur de la dette obligataire américaine, et donc la valeur de change du dollar elle-même, en les vendant massivement sur les marchés secondaires (mais ça, peut-être que Trump le recherche justement sans le dire, car cela permettrait d'accompagner sa politique protectionniste de redressement du commerce extérieur tout en reprenant le contrôle sur la gouvernance de la Réserve Fédérale).<br />Pour autant, cela ne changera rien à la suite du film.<br />Trump a une mission à accomplir, et il va la mener à terme.<br />Cet homme que ses ennemis disent versatile, ignare et abruti a quand même suffisamment les pieds sur terre pour savoir qu'une Ukraine rattachée à l'Europe n'a pas plus de sens qu'un Texas redevenu mexicain ou indépendant.<br />Ce qui affole les Européens, en vérité, c'est qu'il les met au pied du mur.<br />"Vous voulez vraiment vous battre pour les margoulins de Kiev et les ukronazis de Galicie ? Eh bien, ma foi, allez-y. On va voir ce que vous savez faire, et si vous êtes prêts à risquer la vie de vos enfants et/ou ruiner vos économies défaillantes pour mettre Poutine en échec. Moi, j'ai des choses sérieuses à faire ; les Chinois sont autrement plus retors que vous. Si vous voulez initier des conquêtes dans le pré carré moscovite, ce n'est pas moi qui vous y aiderai. On a assez ri, et en Ukraine beaucoup trop pleuré. Bye bye, pauvres larbins vindicatifs ; on se reverra peut-être dans un autre millénaire."<br />24 heures ?<br />Non : cinq minutes, et l'affaire est réglée. Pas assez sûr de lui, Donald.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://ememiom.fr/iom/blog/view/1111/ukraine-les-revelations-du-new-york-times</guid>
	<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 14:33:20 +0000</pubDate>
	<link>https://ememiom.fr/iom/blog/view/1111/ukraine-les-revelations-du-new-york-times</link>
	<title><![CDATA[UKRAINE : LES RÉVÉLATIONS DU NEW YORK TIMES]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Le New York Times avait déjà enquêté par le passé sur le rôle secret des USA, de la CIA en particulier, en Ukraine, lors de la guerre du Donbass, c'est-à-dire avant l'invasion russe. J'avais donné ici même un résumé en français de cette enquête. Fin mars, le journal américain a sorti une nouvelle enquête. Elle porte cette fois sur le rôle secret des USA depuis l'invasion russe de 2022 (ou, du moins, une partie de ce rôle secret). J'en donne ci-dessous, à nouveau, une brève synthèse en français.<br />Peu après l'invasion russe de février 2022, Washington décide de coordonner la guerre en Ukraine depuis ses bases en Europe, dans le cadre de l'OTAN. C'est ainsi que des généraux ukrainiens sont conviés à Wiesbaden, en Allemagne. C'est le quartier général américain pour les opérations militaires en Europe et en Afrique. Un partenariat est scellé. Pour coordonner cette alliance : un général ukrainien, Zabrodskyi (photo de droite), et un général américain, Donahue (photo de gauche). Sous Donahue s'organise un état-major de l'OTAN, avec un général polonais comme adjoint, un général britannique affecté à la logistique et un général canadien commis à la formation des unités ukrainiennes. Les différents services de renseignement américains intègrent ce commandement. De leur côté, les Ukrainiens implantent à Wiesbaden près d'une vingtaine d'officiers d'état-major. La guerre sera donc dirigée depuis l'Allemagne par un quartier général conjoint.<br />Le mode de fonctionnement est le suivant. Les Américains recueillent du renseignement sur les Russes, par leurs espions, par leurs satellites, par leurs écoutes des communications... Ce renseignement leur permet de désigner des cibles à frapper sur le terrain. Ils livrent aux Ukrainiens des armements aptes à cette mission : des drones navals, de l'artillerie, des lance-roquettes à longue portée... Et les Ukrainiens détruisent les cibles russes désignées par les Américains. Quelques exemples. Le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, le Moskva, coulé en pleine mer ; le commandement de la redoutable 58e armée russe décapité par une frappe sur l'état-major ; la base navale de Sébastopol ciblée, grâce au travail de la CIA, par des drones qui endommagent plusieurs navires et contraignent les Russes à se replier sur un port plus éloigné (les USA avaient fourni à cet effet à l'Ukraine le prototype d'un drone destiné à s'opposer, dans le futur, à une invasion chinoise à Taïwan).<br />Le New York Times conclut que l'action américaine dans la guerre en Ukraine s'inscrit dans la longue suite de confrontations avec Moscou par pays interposés, comme les conflits du Vietnam et d'Afghanistan ; et que cette guerre est d'un grand intérêt pour les USA car elle leur permet de valider, ou pas, les tactiques et les armements en usage, et de tirer d'utiles leçons en vue des conflits du futur. En cela, le journal new-yorkais apporte de l'eau au moulin de Moscou qui considère que le conflit n'est pas une guerre entre la Russie et l'Ukraine mais entre la Russie et l'OTAN, l'Ukraine faisant office de ce qu'on appelle aujourd'hui un proxy, c'est-à-dire un intermédiaire au service des USA.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>